ARNO*

Geek dilettante habitant une belle et grande propriété sur la Côte d’améthyste

  • Coronavirus : 4,4% de la population française infectée, très loin de l’immunité collective
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/coronavirus-4-4-de-la-population-francaise-infectee-tres-loin-de-l-immuni

    Pour que le coronavirus ne représente plus un danger, il faudrait que 65 % des Français l’aient contracté. Or, selon le dernier bilan de l’Institut Pasteur, on est très loin de l’immunité collective avec 4,4 % exactement de la population infectée soit 2,8 millions de personnes. En Ile-de-France et dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées par l’épidémie, la proportion est estimée respectivement à 9,9% et 9,1%. 

    La stratégie de l’immunité collective semble bien derrière nous, abandonnée assez tôt par le gouvernement au profit du confinement. Notre système de santé n’aurait pas supporté un tel afflux de malades.

    De son côté, l’OMS ( Organisation mondiale de la Santé ) tire la sonnette d’alarme : rien n’indique que l’immunité de groupe fonctionne. On ne sait toujours pas si les personnes qui ont été malades sont vraiment immunisées et pour combien de temps.

    • Je vois très mal comment l’institut Pasteur peut affirmer qu’il y a 4,4% de la population qui a été infectée. Surtout exactement. Etant donné le nombre ridicule de tests, je ne sais pas comment on peut affirmer cela (surtout à la première décimale). J’imagine que ça été fait sur un échantillon, mais comme je n’arrive pas à trouver l’étude en question, c’est difficile à dire.

    • Ce sont des estimations d’après des modèles, effectivement, et des extrapolations à partir de cas où toute une population a été testée (bateau de croisière si je lis bien).

      Je vois un article apparemment plus complet ici :
      https://www.numerama.com/sciences/624020-covid-19-moins-de-francais-touches-que-prevu-linstitut-pasteur-loue

      Et pour l’étude elle-même, ce serait ceci :
      https://science.sciencemag.org/content/sci/early/2020/05/12/science.abc3517.full.pdf

    • Le 24/04, une analyse des échantillons de don de sang donnait 3% des donneurs de l’Oise (zone où l’épidémie s’est plus et plus tôt développée qu’ailleurs) présentant des anticorps.

      ENTRETIEN. Coronavirus : « Il nous reste encore à évaluer l’immunité »
      https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/entretien-coronavirus-il-nous-reste-encore-evaluer-l-immunite-6816504

      Quels sont les enseignements de l’étude sérologique que l’institut Pasteur a menée à Crépy-en-Valois ?
      661 personnes reliées au lycée (où un enseignant décédé fin février était le premier mort français du coronavirus) ont été testées fin mars. 26 % d’entre elles avaient été infectées : 41 % de celles fréquentant le lycée et seulement 11 % de leurs proches. Cela montre que l’immunité collective ne s’établira pas rapidement. Au moins 17 % de personnes étaient asymptomatiques. Nous avons par exemple trouvé des anticorps chez 3 % de l’échantillon de donneurs de sang de l’Oise (forcément asymptomatiques à ce moment). Nos tests, qui n’ont pas porté uniquement sur cette cohorte montrent aussi que 30 % des personnes ayant eu des signes peu marqués produisent des anticorps. Ce qui est notable.

    • Donc, ça ne vaut pas grand chose. Et j’avoue que mettre un taux d’infection à la première décimale n’a aucune sens et est légèrement ridicule.
      Les modèles ne sont que des modèles et en l’absence de données fiables ne valent à mon sens pas grand chose. C’est d’ailleurs un des problèmes depuis le début de l’épidémie : l’absence de données fiables et complètes que l’on aura probablement jamais (pour des raisons économiques, je sens mal les pieds-nickelés faire des tests sérologiques à au moins, disons, 10% de la population).
      A noter que ce 4.4265% est de l’ordre d’idée des 10% estimés au doigt mouillé, ce qui est assez normal, vu que c’est le but du confinement.
      Et c’est pour ça que les modèles employés pour déterminer le nombre de décès en cas de non-confinement ne valent que ce qu’ils valent. On n’a pas de taux de létalité fiable (et je ne parle pas du taux de létalité ventilé par tranche d’âge), pas de taux de propagation fiable, rien ... A tel point que la situation en Afrique est pour le moins surprenante.
      Là où je veux en venir, c’est que finalement, les gens qui disent que 30000 morts, c’est rien, n’ont peut-être pas complètement tort. Perso, je ne le pense pas, mais on n’a assez peu d’élément pour juger. Il pourrait être intéressant de faire une comparaison avec des pays ne pratiquant pas le confinement ou mal. Le Brésil pourrait être intéressant à observer, et aux dernières nouvelles, je ne sais plus trop si la situation est si catastrophique que ça (rapportée à la population).

    • D’ailleurs, puisque j’en parle (morts du virus par habitants - Source John Hopkins)
      – France (confiné) : 0.00055
      – USA (confiné moyen) : 0.00027
      – Brésil (confiné médiocre) : 0.00007

      D’où on pourrait en déduire que le confinement est carrément contre-productif.
      Sauf que USA et Brésil sont (a priori) sont en phase ascendante et que le Brésil pourrait bénéficier d’une moindre efficacité du virus en cas de chaleur/UV (tout au conditionnel, en somme).

      Bref, on devrait éviter de se référer à des chiffres balancés à tout va depuis mars, et, plus spécifiquement l’institut Pasteur devrait être un peu plus responsable (je ne parle même pas des media mainstream, comme France bleue, qui gèrent l’info comme lors des attentas (body count, en gros).

    • La France a 20% de sa population qui a plus de 65%. Le Brésil 9%. Je n’ai pas trouvé de chiffres pour les plus de 75/80 ans, mais ça doit être encore plus marqué comme écart. Or c’est désormais plutôt acquis : c’est l’âge le principal facteur de mortalité, pas les « comorbidités », ni même le niveau de revenu (qui joue, mais nettement moins que l’âge).

      De la même façon, ça a été commenté il y a déjà un moment : les vieux ne meurent pas de Covid-19 dans les pays africains, pour la simple raison qu’ils sont déjà morts d’autre chose bien avant.

      Pour les États-Unis, c’est un pays-continent. Si on revient à l’État de New-York, on a 10 000 morts pour 20 millions d’habitants.

    • C’est exactement ce que je dis. Il y a tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte (sans compter ceux qu’on ignore), qu’il est plus qu’hasardeux de sans cesse se référer à des chiffres - dans un sens ou dans l’autre - plus que provisoires.
      Je viens encore de me farcir une merveilleuse video expliquant l’excellence du confinement en montrant une courbe - estimée - des décès sans confinement, tellement exponentielle qu’elle aurait décimé au sens strict le pays d’ici fin juin.

    • C’est classe le Nigéria ...
      Y’a pas quelqu’un pour faire le calcul ? Mais il me semble que le ratio 9%/20% n’est pas suffisant pour expliquer le différentiel. Bref, on s’en fout, mais un peu de recul ne nuirait pas (désolé, mais cette orgie de chiffres balancés de droite à gauche me soule).

    • Nan, c’est plutôt l’inverse. Les choses complexes existent (et même, il n’y a que ça qui existe) mais il faut du temps (et des données) pour les décrire. Et, là, tout de suite, on a eu ni l’un ni l’autre.

    • Oh que non.
      A plusieurs niveaux ; en France, si le chiffre des décès commence à être correct, celui des infections continue à être inconnu. Et quand je dis inconnu, c’est inconnu. Je parle pas du taux de transmission ou de létalité, où on est obligé de s’en tenir aux chiffres chinois. Pas qu’ils soient (sciemment) faux, mais eux-mêmes limités. Bref, à ce stade, on sait des trucs, mais restent pas mal d’inconnues.
      Ensuite, sans vouloir jouer les Feyerabend du pauvre, il y a clairement un terrorisme des maths. On te balance des chiffres comme vérité d’Evangile, sans t’expliquer qu’il s’agit de modelisation obtenues à partir de données incomplètes etc ... Là, dans le cas de l’institut Pasteur, c’est grotesque. Pour des raisons évidentes, le 4.4% sort d’un échantillonnage+modélisation. Ce qui fait que le .4% est ridicule et n’a pas lieu d’être vu le protocole. Mais 4.4%, ça fait plus scientifique que 4%, plus sérieux. Il aurait pu aussi nous balancer du 4.425% pour montrer à quel point, il était scientifique ....
      Bref, L’institut Pasteur aurait dit « le taux d’infection serait de l’ordre de 5% », je n’aurais rien trouvé à redire, on fait avec ce qu’on a, c’est une hypothèse étayée, ok, normal.
      Tu me diras que de la part d’un organisme para-gouvernemental, il est important d’avoir l’air de maitriser quelque chose et de justifier a posteriori le confinement (comme s’il y avait besoin de le faire).