• Immunité croisée entre les coronavirus des rhumes et SARS-CoV-2 : la fin de la pandémie ? - VIDAL - Actualités
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    Récemment, deux articles ont été publiés en préprint, portant sur la réaction immunitaire cellulaire chez des patients souffrant de COVID-19. Ces deux études ont également exploré une éventuelle réaction immunitaire de ce type chez des personnes n’ayant pas été exposées à SARS-CoV-2.

    Chez 34 à 60 % de ces sujets, les immunologistes ont pu mettre en évidence une réaction des lymphocytes CD4 et CD8 envers des épitopes issus de SARS-CoV-2. Les auteurs émettent l’hypothèse d’une réaction immunitaire croisée entre un ou plusieurs coronavirus responsables des rhumes et SARS-CoV-2. En effet, l’ensemble des personnes non exposées étudiées présentaient également des anticorps dirigés contre ces coronavirus.

    Néanmoins, les personnes non exposées qui ne réagissaient pas aux épitopes de SARS-CoV-2 présentaient, elles aussi, des anticorps contre les coronavirus des rhumes. Ainsi, une immunité humorale contre ces coronavirus ne garantit pas une immunité cellulaire croisée contre SARS-CoV-2.

    Cette immunité croisée protège-t-elle contre les formes symptomatiques de la COVID-19 ? Rien ne permet de l’affirmer aujourd’hui et la découverte de cette immunité croisée ne suffit pas à justifier les prédictions que font certains sur la fin imminente de la pandémie.

    De plus, parce qu’il existe divers éléments pointant vers une moins bonne immunité envers les coronavirus des rhumes chez les personnes âgées, la question se pose, à la fois du lien entre cette moindre immunité et la plus grande vulnérabilité des personnes âgées vis-à-vis de la COVID-19, et aussi du risque d’une deuxième vague dans cette population particulière.

    #immunité #immunité_croisée

    • Serions-nous mieux immunisés à la Covid que prévu ?
      https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus-la-chronique/radiographies-du-coronavirus-du-mercredi-27-mai-2020

      Comme le soulignait l’enquête de l’Institut Pasteur, seuls 5,7% des Français auraient produit des anticorps. Une nouvelle étude américaine souligne que cette immunité pourrait en réalité passer par une immunité croisée, laquelle pourrait équivaloir actuellement à 40-60% de la population.

      [..] C’est par exemple ce qui se passe pour la grippe : le virus de la grippe mute rapidement, c’est pour cela qu’il est nécessaire de se faire vacciner chaque année, pour être protégé contre la nouvelle souche en circulation. Néanmoins, lorsque vous avez attrapé la grippe une année et que vous avez déclaré les symptômes, il est possible que vous soyez immunisé l’année suivante grâce à cette immunité croisée. En bref, vos anticorps vont reconnaître l’une des deux protéines de la grippe, le H ou le N de (H5N1, ou H1N1, ou H7N9) même si le virus n’est plus tout à fait le même.

      Cette immunité croisée, ce n’est pas une nouveauté, elle est tout à fait connue en immunologie. Ce qui est vrai pour les anticorps est aussi vrai pour la réponse adaptative cellulaire, et notamment les lymphocytes T spécifiques, CD4 et CD8, qui ont été ciblés par l’étude publiée dans la revue Cell.

      Et cette étude, justement : que dit-elle ? Cell déjà, c’est une revue de microbiologie très sérieuse. L’étude a été publiée le 14 mai dernier, et a pour ambition de tester la production de lymphocytes T en réaction à certains antigènes du SARS-CoV2.

      Quel est le protocole ? Les chercheurs essayent initialement de quantifier la réponse immunitaire en lymphocytes T chez des patients convalescents Covid mais guéris et ils trouvent bien des lymphocytes T CD4 et CD8 spécifiques au SARS-CoV2 chez 70 et 100% des patients Covid de l’étude. Mais la surprise vient du fait que dans le groupe contrôle, entre 40 et 60% des donneurs jamais exposés au virus présentaient également des CD4 et CD8 spécifiques.

      Conclusion : entre 40 et 60% des patients non infectés par le SARS-CoV2 pourraient être naturellement protégés du fait de ces mécaniques d’immunité croisée. Résultat qui sont corrélés à l’étude dont je vous parlais lundi sur les macaques rhésus, étude dans laquelle les chercheurs ont trouvé une sérologie anticorps positive au CoV2 sur des individus qui n’y avaient pourtant jamais été confrontés.

      [...] même s’il est séduisant d’imaginer que nous soyons déjà tous immunisés et proche de l’immunité de groupe, cela reste pour le moment une hypothèse, et une hypothèse plutôt fragile. Pourquoi ?

      Eh bien parce que, comme je vous le disais, cette constatation sur le groupe contrôle ne permet en fait que d’émettre une hypothèse, et n’est en aucun cas une preuve de cette immunité croisée. Pour que cela puisse être une preuve, il aurait fallu « inoculer » le groupe témoin avec le SARS-CoV2 pour faire preuve d’une différence de réaction à l’infection, et d’une efficacité réelle de cette détection de lymphocytes T spécifiques sur la prévention de la propagation du virus dans l’organisme des personnes jusqu’alors non infectées.

      Il semble possible que des cibles virales autre que la protéine Spike, puissent rappeler une immunité antérieure, une cross-réactivité de l’immunité cellulaire, sur d’autres protéines, les protéines M et N qui sont respectivement des protéines de la matrice et du nucléocapside (qui protège le génome viral). En gros, le système immunitaire ne réagirait pas qu’à l’antigène S mais également à d’autres protéines, moins spécifiques.

      Donc une fois de plus, si cette option de l’immunité croisée via une sensibilisation précédente à des protéines homologues du SARS-CoV2 via d’autres betacoronavirus, comme les rhinovirus qui sont responsables du rhume hivernal, est très séduisante. Il faut encore être très prudent sur ces conclusions, qui ne sont à l’heure actuelle qu’une hypothèse sans aucun élément de preuve.

      #Immunité_de_troupeau #Immunité_de_groupe #Immunité_collective