• Violences, mensonges et maintien de l’ordre
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    « Quand ils sont arrivés c’était des étudiants, là on attaque le conditionnement » qui passe par un « déconditionnement ».

    Lors d’une fête dans une salle de l’école de police de Sens, les élèves portent un toast en chantant « vas te faire enculer, vas te faire enculer, vas te faire enculer, vas te faire enculer… »

    La formation passe par des discours qui, le croit la hiérarchie, doit être faite de soumission et humiliation en faisant hurler les ordres qui s’opposent aux « gémissements de gonzesse » car le lieutenant est sûr que les CRS arriveraient à faire crier « une gonzesse plus fort ».

    « La peur que l’on suscite chez les autres et qui nous sert un maximum ».

    « Nos “clients” potentiels doivent penser que nous sommes des brutes ».

    « Nous sommes peut-être des brutes, mais des brutes professionnelles, nous sommes des techniciens ».

    Les CRS sont issues des « groupes mobiles de réserve » qui étaient les groupes de maintien de l’ordre sous Vichy.

    « Le CRS est celui qui empêche de manifester, c’est celui qui cogne ».

    « Ne remettez jamais en question l’autorité des gens qui vous commandent ».

    Nous trouvons, jusqu’à la caricature, tous les stéréotypes des représentants du maintien de l’ordre que sont les CRS. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un court métrage humoristique. Nous y trouvons soumission et humiliation, sexisme, idéologie de la virilité et volonté de terroriser et de punir. Autant de caractéristiques qui ne peuvent que questionner sur les orientations politiques des agents de la force publique mais aussi sur les structures psychiques visées par le conditionnement. De plus, l’apologie de la brutalité, si ce n’est de la violence, y est faite avec le sentiment du travail accompli. Pire sans doute, fier d’être celui qui empêche de manifester, le CRS l’est tout autant d’être celui qui fait peur ! Nous y trouvons également l’exacerbation de la virilité qui permet d’anéantir le courage de résister aux ordres les plus discutables, tant sur les plans politiques, qu’idéologiques et moraux [2], l’esprit de corps. Peut-on réellement vivre et évoluer dans un système démocratique lorsque les forces de coercition ont pour mission de faire peur aux contrevenants ou à ceux qui ont le droit de manifester ? Il n’est pas ici question de savoir si la manifestation possède ou non des limites mais de percevoir que la finalité de l’action des CRS est d’effrayer les citoyens et, au besoin, si l’uniforme, le bruit, les casques, l’armement ne suffisent pas, la brutalité, la violence peuvent alors être « légitimement » convoquées afin de remplir la mission qui n’est pas seulement celle du maintien de l’ordre, mais celle du maintien d’un ordre déterminé, animée comme on l’a souvent constaté, d’un sentiment de vengeance et d’une volonté de punir à peine feinte.