• Richard A. Gardner — Wikipédia
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    Gardner met en avant deux évolutions dans la société américaine au tournant des années 1980 : le fait qu’en cas de divorce, la garde des enfants n’est plus systématiquement confiée à la mère, et l’apparition d’un nombre croissant de révélations ou accusations d’abus sexuels sur enfants, y compris dans des cas de divorce. Il fait l’hypothèse dans un premier article paru en 1985, puis dans son ouvrage The Parental Alienation Syndrome and the differentiation between fabricated and genuine child sex abuse (1987) que les accusations d’abus sexuels dans le cadre de divorce seraient le plus souvent inventées, et dues à un mécanisme d’autodéfense des mères pour pouvoir conserver la garde de leurs enfants. Il est aussi confronté dans sa pratique professionnelle à un nombre de cas croissants d’enfants exprimant un fort rejet, allant jusqu’à la haine, du parent auquel la garde n’est pas attribuée. Il introduit alors l’idée d’un syndrome d’aliénation parentale (abrégé en SAP). Ce #SAP est décrit comme un trouble de l’enfant qui, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon Gardner, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement (« lavage de cerveau » et endoctrinement inconscient) par l’autre parent, les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé et des facteurs environnementaux. En parallèle, il propose dans le même ouvrage un outil pour permettre de déterminer si les abus sexuels avancés sont avérés ou inventés, outil qu’il appelle Sexual Abuse Legitimacy Scale (SALS), ce qu’on peut traduire en français par « Échelle de légitimité des abus sexuels ». Cette échelle s’appuie sur 84 critères, relatifs à l’enfant, au père et à la mère, classés selon 3 niveaux d’importance et aboutissant à un score additionnel final6. Certains facteurs relatifs à la mère font partie intégrante de sa définition du syndrome d’aliénation parentale.

    #SAP

    • Les travaux de Gardner sont imprégnés par ses croyances. En 1992, il expose dans True and false accusations of child sex abuse l’idée que les déviances sexuelles (dont pédophilie, sadisme, viol, nécrophilie, zoophilie et coprophilie) sont des facteurs qui contribuent à la survie de l’espèce humaine, en ce qu’« elles améliorent le niveau général d’excitation sexuelle dans la société »4.

      En ce qui concerne les femmes, il suggère que celles-ci, en raison de leur physiologie et de leur conditionnement, sont des victimes susceptibles d’apprécier les violences subies lors de viols, car ce serait le prix à payer pour être gratifiées en retour d’un apport de sperme.

    • Dans le même ouvrage, True and false accusations of child sex, Gardner écrit que « la pédophilie a été considérée comme étant la norme par la vaste majorité des individus dans l’histoire du monde10 » et qu’il s’agit là « d’une pratique largement répandue et acceptée parmi littéralement des milliards de personne10. » Selon lui - et contrairement à toute la littérature scientifique disponible à ce sujet - les abus sexuels n’auraient pas forcément des conséquences traumatisantes pour les enfants concernés, les effets dépendraient des attitudes sociales vis-à-vis de la pédophilie11. Il s’est déclaré favorable à ce que la découverte d’un abus sexuel ne soit pas automatiquement dénoncée aux autorités et a milité pour que des fonds fédéraux soient attribués pour assister ceux qui sont accusés à tort d’abus sexuel11. La position de Gardner relative à la pédophilie s’inscrit dans sa théorie personnelle sur la sexualité, d’après laquelle la violence sexuelle masculine dans son ensemble serait « bénéfique du point de vue reproductif » pour l’humanité dans une perspective évolutionniste

    • En 1996, le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, la revue de l’American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (en), a alerté les professionnels de la santé sur le contenu de l’ouvrage de Richard A. Gardner intitulé Protocols for the Sex-Abuse Evaluation. Cette revue scientifique souligne notamment le fait que l’ouvrage est une recette de prêt-à-penser pour conclure que les allégations d’abus sexuels sont fausses, sous prétexte d’objectivité scientifique.