• COVID -19 : Un excès de mortalité de 20% oui mais | santé log
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      « Déconfiner » au bon moment est le premier enseignement de l’étude qui suggère que les politiques de déconfinement dès début avril dans certains États sont peut-être responsables des pics constatés en juin et juillet dans ces mêmes états : « Un signal d’alarme qui doit nous inciter à ne pas répéter cette erreur à l’avenir ». Ici, si les auteurs ne peuvent prouver la relation de cause à effet entre les déconfinements précoces et ces « poussées épidémiques estivales ». Mais cela semble tout à fait probable et la plupart des modèles sont en faveur de mesures plus affirmées, écrivent les chercheurs.

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      « Certaines personnes qui n’ont jamais été infectées sont décédées à cause des dysfonctionnements causés par la pandémie ». Ainsi de nombreuses urgences aiguës, suites de maladies chroniques comme le diabète ou troubles émotionnels ayant conduit à des overdoses ou des suicides n’ont pas pu être normalement pris en charge. L’analyse montre notamment :
      une augmentation significative des décès liés à la démence et aux maladies cardiaques : les décès liés à la maladie d’Alzheimer et à la démence ont ainsi fortement augmenté non seulement en mars et en avril, au début de la pandémie mais à nouveau en juin et en juillet au début de la seconde vague de COVID-19.

      Les données et analyses à plus long terme pourraient révéler un impact plus large de la pandémie sur les taux de mortalité. Les patients cancéreux dont la chimiothérapie a été interrompue, les femmes dont la mammographie a été retardée - les décès évitables et précoces pourraient augmenter dans les années à venir...

      Les décès ne sont qu’une mesure possible de la santé

      Comme récemment leurs collègues de l’Université de Floride du Sud (USF), les chercheurs de Virginie soulignent que le nombre d’années de vie en bonne santé perdues, en raison de la pandémie est une mesure probablement plus légitime des conséquences sanitaires de COVID-19. Car de nombreuses personnes qui survivent à la pandémie, faute de traitement à temps, vont vivre avec des complications à vie. C’est notamment le cas de victimes d’AVC non prises en charge, de patients diabétiques ayant développé des complications durant le confinement, ou encore des personnes souffrant de détresse émotionnelle ou de syndrome de stress post-traumatique….
       
      « Ce n’est donc pas une pandémie impliquant un virus unique », indiquent les chercheurs, mais une crise de santé publique avec des effets systémiques et durables, dont l’équipe va poursuivre la surveillance à long terme.

    • Une difficulté avec ce type d’article, c’est que beaucoup de gens (y compris des journalistes et des politiques) les utilisent pour conclure que beaucoup de gens sont morts à cause du confinement, et pas à cause de Covid.

      Or, le confinement est imposé justement pour limiter (généralement trop tard) l’effondrement du système hospitalier. Avec le confinement on a une désorganisation et une saturation du système de santé. Sans le confinement on aurait un effondrement pur et simple. Dans les deux cas, on aurait donc cet effet « secondaire » de gens qui souffrent ou meurent non pas directement du virus, mais du fait que l’hôpital est inaccessible. Avec cette différence que sans le confinement, on pense que ce serait infiniment pire.

      Le titre de l’article, « Un excès de mortalité de 20% oui mais », d’ailleurs, laisse la porte grande ouverte à ce type de récupération avec son « oui mais ». Parce que « oui mais non », en fait, il n’y a pas grand chose de mystérieux qu’on nous cacherait quand on évoque la « surmortalité » liée à Covid (c’est même pour ça qu’on recourt à cette notion statistique de « surmortalité »).