• MÉNOPAUSE : DES STÉRÉOTYPES D’UN AUTRE ÂGE
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    Le 18 octobre est la journée internationale dédiée à la ménopause. Le mot est lâché et c’est déjà une victoire. Dans l’imaginaire collectif, cette période de la vie des femmes qui signe la fin de la fertilité est souvent vécue comme la porte d’entrée dans la vieillesse. Heureusement les représentations commencent à bouger.

    Brigitte Carrère co autrice du guide joyeusement illustré “la ménopause début d’une nouvelle vie” affiche la volonté de faire changer les mentalités sur ce bouleversement hormonal. “Nous avons fait le constat que le sujet était peu traité ou de façon didactique et médical”. C’est d’ailleurs à un médecin français que l’on doit le terme. Charles de Gardanne publie en 1816 “Avis aux femmes qui entrent dans l’âge critique“, un ouvrage qui marquera du sceau médical cette période de la vie des femmes. Cécile Charlap, sociologue, autrice de “La fabrique de la ménopause” (CNRS Éditions) évoque un concept d’exclusion. “Les recherches montrent que dans bon nombre de sociétés la physiologie vient construire le système des rapports sociaux de sexe et vient construire la place des femmes. Et on voit bien que c’est si important, qu’à la ménopause leur place peut changer”.
    Une vision positive de la ménopause

    Pour Brigitte Carrère il est urgent de reconstruire une vision positive de la ménopause. “C’est une étape normale de la vie des femmes, il ne s’agit pas d’une rupture totale”. Alors pourquoi la parole est si tabou sur ce sujet ? L’autrice constate que les femmes souffrent d’un réel déficit d’information. “A partir du moment ou une femme comprend ce qui se passe dans son corps, elle est plus à même d’y faire face”. Car ce sont souvent les premiers symptômes, bouffées de chaleur en tête qui donnent l’alerte. L’autrice a enquêté dans les forums, auprès de ses amies et est formelle. “la majorité avait l’impression que ça leur tombait dessus comme une punition”.
    Libérer la parole

    Alors que la parole s’est libérée sur les règles, il n’en est pas de même concernant la ménopause. Ce silence de la société est l’écho d’une absence de transmission dans la sphère intime. Peu de mères parle à leurs filles de la fin de la fécondité. “Autant parler de la puberté avec sa fille c’est l’amener vers le futur de sa vie, autant parler de sa ménopause c’est évoquer son vieillissement”, nettement moins enthousiasmant renchérit Brigitte Carrère. Car au delà des signes les plus visibles, d’autres doivent être pris au sérieux. L’ostéoporose et les risque de maladies cardio vasculaires sont trop souvent associés au grand âge.
    la ménopause marqueur de la vieillesse des femmes

    L’ ex enseignante en sciences médico-sociales estime cependant que ce sujet ne constitue plus systématiquement un sujet de moquerie. “Même si on m’a demandé si je comptais quand même faire des dédicaces en librairie !”. Dans un article récent, la journaliste Corine Goldberger titre “La ménopause, nouveau combat féministe”. Une prise de conscience qui dépasse largement les stérotypes négatifs qui s’attachent à la ménopause. Et marque l’invisibilisation des femmes à compter de cette période. Tout particulièrement dans la sphère professionnelle. Laetitia de Gaulle, Conseil en management des organisations et RH atteste que les femmes de plus de 45 ans en recherche d’emploi sont aussi jugés sur leur physique. “Alors qu’une candidate cochait toutes les cases du poste, le DRH a soulevé la question de son surpoids !”.

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    A partir de la cinquantaine, il faudrait oublier la sexualité, ultime tabou. Les autrices “La ménopause début d’une nouvelle vie” y consacre un chapitre. Un abécédaire de “l’épanouissement sexuel” impulse un nouvel élan dans le champ amoureux. “La libido ne dépend ni de l’âge ni de la ménopause”. Débarassées des règles et des risques de grossesse, les femmes pourraient vivre leur sexualité sans concrainte. C’est également ce qu’écrit La psychanalyste Catherine Grangeard pour qui le désir des femmes, passé 50 ans, n’intéresse pas la société.
    Déconstruire joyeusement les stéréotypes

    Afin de déconstruire joyeusement les stéréotypes, Brigitte Carrère a choisi de parler également des effets de la ménopause dans la relation aux autres. “On a essayé de parler aussi d’autres sujets comme la relation dans le couple, l’évolution de la libido, en évitant d’avoir un catalogue de malheurs”. Car faut-il le rappeler les symptomes qui accompagnent ces transformations hormonales ne sont pas systématiques. Tout comme la perception de la société. “Nous sommes dans un entre deux, il y a des sociétés où la femme ménopausée ne sert plus à rien”. Dans d’autres, comme le Japon, le mot de ménopause n’existe même pas.

    La ménopause début d’une nouvelle vie – Charlotte Attry, Brigitte Carrère, PrincessH, Bamboo Edition