ARNO*

Geek dilettante habitant une belle et grande propriété sur la Côte d’améthyste

    • Aujourd’hui, je vois énormément de choses évoquant le froid : avec le froid, le virus ceci-cela.

      Jusqu’à ce Martin Blachier dont c’est désormais la théorie centrale (oh là là, c’est parti d’un coup ce week-end, on l’a pas vue venir, c’est une grosse surprise…) :
      https://twitter.com/CNEWS/status/1320761088896651264

      https://video.twimg.com/amplify_video/1320760906125553666/vid/1280x720/lESZxNBzd4e7b3Bu.mp4

      Mais il faut voir cette courbe-là :

      On y constate qu’en échelle logarithmique, l’évolution du nombre de morts suit assez fidèlement une droite. C’est donc bien une progression exponentielle depuis le mois d’août.

      Le froid peut expliquer qu’on est maintenant légèrement au-dessus de la progression exponentielle initiale, mais en aucun cas le passage de l’été à l’automne n’a introduit de changement de nature dans la progression de l’épidémie. Cette évolution exponentielle, c’est la même, inexorable, depuis début août.

    • Vraiment, les gens ne comprennent pas le principe de l’exponentielle :
      – tu as 1 contaminé ;
      – une semaine après, ce contaminé a contaminé deux personnes,
      – la semaine suivante, ces deux personnes en ont contaminé 4 ;
      – puis ces 4 personnes en contaminent 8 ;
      – ces 8 en contaminent 16
      – puis 32
      – puis 64
      – puis 128
      – puis 256
      – puis 512
      – puis 1024
      – puis 2048

      La première semaine, on a donc 2 contaminations. Au bout de dix semaines, le même processus fait qu’on a 2048 contaminations en une semaine. C’est le même virus, le même processus de contamination, rien ne change réellement : c’est bien toujours « une personne en contamine deux »… L’« accélération » est dans sa nature même. Ce n’est pas un élément nouveau, extérieur, qui provoque l’accélération. C’est la dynamique même de l’épidémie.

      Bien comprendre ici que si on agit sur l’épidémie quand on a des chiffres très bas, ça a un impact immense sur l’évolution suivante. Parce que, ci-dessus, les 2048 ne sortent pas de nulle part, ce ne sont pas des contaminations « spontanées », ab initio, juste parce qu’il fait froid : elles sont l’héritage de la multiplication à partir de 1, 2, 4, 8… .

      N’avoir rien fait en septembre, au motif que les chiffres étaient très bas, en prétendant qu’il ne se passait rien, alors qu’on avait déjà la même progression exponentielle que maintenant, et alors que c’est justement sur ces chiffres faibles qu’il était possible d’agir, c’est proprement criminel.

    • ouille aouch aie aie aie

      Ok pour l’échiquier de Sissa raconté autrement. C’est clair.
      Mais je ne pige pas comment le rythme ne serait pas sujet à variations. Ici, les modifications de comportements (masques et distances qui ont contribué à freiner les contaminations, où, à l’inverse, enfermement dans les classes et les lieux de travail) ralentissent ou accélèrent la vitesse du doublement, non ?

      Sinon, ce Blachier et sa théorie du plateau n’inspire pas confiance. Benjamin des potiches télé, il a déjà dit pas mal de bêtises dans les média et promeut une boite de conseil dont il est cofondateur
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-qui-sont-les-experts-qui-nous-parlent-tous-les-jours-dans-l

      "On a l’avantage d’associer le domaine médical, l’épidémiologie et la compétence mathématique pour produire des modèles de simulation , explique-t-il à franceinfo. Modéliser les épidémies, c’est notre métier. Donc on a une longueur d’avance sur les autres."

      La page d’accueil est bancale
      https://www.ph-expertise.com
      mais pour avoir déjà émargé dans ou pour des institutions publiques ils promettent à l’industrie de bons résultats

      #santé_publique #esprit_de_lucre

    • Exponentielle : Le doublement arrive toujours, c’est juste une affaire de délai plus ou moins long, dépendant en effet de causes diverses (masques, aération...). Le fait que le R0 soit supérieur à 1 engendre une augmentation multiplicative, exponentielle.

      Quant à cette affaire de ces quelques noms qui sont utilisés par l’officialité pour assoir l’idée que la seconde vague n’existait pas, qu’elle existe, et que c’est une surprise, etc. Plus le temps passe, plus j’ai envie d’y voir un authentique complot, plus ou moins conscient. Nous avions des instituts de sondage bidons, n’annonçant que des résultats dans le sens des élites ? Nous avons désormais des instituts d’épidémiologie n’annonçant que des résultats qui vont à l’encontre d’un confinement que personne, et en particulier les milieux économiques ne veulent.

      Hier soir, sur France3, journal régional, le reportage mêlant micro-trottoir et rétrospective maladroite t’explique que le confinement, c’était dur, que vraiment, c’était la souffrance. Les morts et les hôpitaux n’ont pas eu l’opportunité de faire valoir leur point de vue dans ce long reportage. Et sur TF1, à l’avenant, j’étais parti depuis longtemps... mais de loin, j’entendais les mêmes poncifs sur « comment ne l’avons nous pas vue arriver ? » et sur « Macron a convoqué tous les partis »...

      Au point où nous en sommes, la raison voudrait que le confinement soit décrété et que la « suppression » du virus, au minimum, soit mise en œuvre, pour limiter tous les coûts. Mais en fait, les faits sont là : nous sommes bien gouvernés par les marcheurs, ceux là qui n’avaient jamais fait rien d’autre que de s’occuper de leur nombril et de leur petite affaire, et qui se sont retrouvés à devoir réfléchir au bien commun, truc qu’ils ont toujours confondu avec leur nombril... justement. Macron, quand il se balade en France, il ne rencontre que des gens qui lui expliquent qu’il ne faut pas confiner, il ne faut pas confiner. Ils sont des millions à être persuadés qu’il ne faut pas confiner. Qu’il n’y a pas de seconde vague. Que le virus est un complot islamo-gauchiste, comme ils disent sur FB et à la télé.

      Il se peut donc qu’il y ait un confinement. Mais il se peut aussi que l’on continue à coup de demi-mesures et que ce jour, la réception des différents partis, ce soit pour valider cette façon de procéder. Comme il n’y a que l’"extrême"-gauche pour avoir le point de vue du confinement, ça semble plié. A suivre...

    • Ce qui saute aux yeux est que depuis fin août, l’épidémie est sur une dynamique exponentielle. Avec un taux de croissance stable, voire légèrement croissant.

      Par ailleurs, le temps de réponse du système est long : les modifications de comportement éventuellement (!) induites par les «  mesures  » se font progressivement. Sans compter que les indicateurs dont nous disposons sont en retard sur la dynamique de la propagation (nouveaux cas de cinq à dix jours, hospitalisations d’une à deux semaines, décès de trois semaines à un mois).

      Avec le recul, si on compare au printemps, le passage à une propagation moins explosive est clairement dû à la quasi disparition des grands événements publics, mais la constance de la pente actuelle montre que subsistent les événements propagateurs bien identifiés maintenant : fêtes privées, écoles, … ainsi qu’un certain laxisme dans les mesures de précaution autour d’éventuels cas contact.

      La pente constante (et, je me répète, légèrement croissante) prouve également que nous sommes encore très loin d’une éventuelle immunité collective. En effet, les exponentielles ne montent pas jusqu’au ciel – on passe sur un modèle logistique bien avant de l’atteindre… Aussi, nos «  experts  » en modélisation, avant de parler de «  plateau  », pourraient commencer par guetter une éventuelle inflexion de la croissance.

      On est loin d’en être là…

    • Ceci dit, nous suivons fidèlement la trajectoire que redoutait l’experte épidémiologiste il y a 2 mois, je crois, qui expliquait que c’est quand il n’y a que peu de morts qu’il faut agir sans faiblir devant le côté «  rassurant  » de ce faible nombre. Une fois que c’est lancé, c’est trop tard.

      Désolé, je ne retrouve plus le lien, ça devient difficile à trouver vu l’abondance d’entrées avec les mots clés que j’utilise.

    • Un gars qui se découvre marcheur sans l’admettre :

      J’ai regardé le graphique des décès. Dans la norme des décès liés aux affection respiratoires et à la saisonnalité. Enfin, on rappellera l’âgé médian de 81 ou 82 ans avec tous les facteurs de comorbidité habituels.

      La grippe se fait juste voler la vedette par le méchant rhume.

      D’un point de vue anti-métaphorique, la covid n’existe pas car elle est avant tout une psychose¹.

      Bonne journée dans la peur :)

    • « Les personnes âgées on pourra évidemment pas les relâcher avant cet été », Blachier, en mission réduction des risques sur LCI le 29 octobre 2020.

      Edit « Olivier Véran ne se rend pas compte et dégâts du confinement » Blachier, 8 novembre, C News. avec un tee shirt « jeunes médecins », il défend la « protection ciblée » façon déclaration de Barrington

    • Ça te rassure tellement que ça de te dire que seuls ceux qui méritaient déjà de mourir meurent ? T’as jamais entendu parler de covid long ? Il va y avoir au bas mot 30000 morts de plus sur 2020 de cette maladie. En 2003, il y avait eu 15000 morts de la canicule, et personne n’avait eu le culot d’expliquer que c’était normal. Mais cette année ce n’est décidément pas pareil.

    • pour l’âge, les données quotidiennes de Santé Publique France sont remarquablement exploitées dans le fil pointé ici
      https://seenthis.net/messages/883715

      notamment :


      évolution de juin à octobre du taux d’incidence par tranche d’âge où l’on voit parfaitement la dynamique de la propagation à partir de fin juillet initiée par la tranche des 20-30 ans. En méditant sur ce graphique, on peut assez aisément anticiper l’efficacité du confinement light choisi par le gouvernement sur la contamination des anciens : quasi nulle. Avec en prime le discours moralisateur qui va bien et que l’on voit poindre déjà dans le gouvernement - et les opposants au confinement - on a laissé les jeunes se contaminer entre eux, on les a autorisé à visiter les anciens (on n’est pas des chiens) mais si ces derniers choppent la bête c’est de leur faute, jeunes ou anciens, ils n’avaient qu’à faire plus attention.

      pour les comorbidités, c’est (beaucoup) plus compliqué, celles-ci, mentionnées sur le certificat de décès sont délicates à exploiter et les résultats sont publiés avec un décalage de plus d’un an. Mais on voit bien, sous ta question, le discours récurrent : ce n’est pas le coronavirus qui les a tué·es mais leurs comorbidités. Sauf que s’ils ou elles n’avaient pas été infecté·es la plupart auraient survécu le délai habituel que leur laissent leurs pathologies. À part ça, la covid ne tue pas.

      Enfin, n’oublions pas les séquelles de la covid (covid-long). Exemple proche : homme la cinquantaine, actif, pleine santé, seule comorbidité de l’asthme ; il a survécu à quinze jours d’hospitalisation - sans intubation - lors de la première vague ; depuis perte totale de sensibilité aux deux bras et depuis la fin de l’été zona d’abord oculaire puis auriculaire (avec lésion permanente du nerf auditif). OK, ça n’a rien à voir, c’est le hasard et ce n’est qu’un cas,… Sauf que des comme ça, il y en a d’autres. Aux dernières nouvelles, on trouve aussi des atteintes cognitives.
      https://seenthis.net/messages/883701

    • @simplicissimus Merci pour les références.

      Je ne comprends pas bien ce qui te permet de dire que je penserais que « ce n’est pas le coronavirus qui les a tué·es mais leurs comorbidités ».

      Ce virus ne touche pas tout le monde de la même manière, semble-t-il. N’est-il pas intéressant d’essayer de comprendre comment et éventuellement pourquoi ?

    • Ah ! désolé si tu ne penses pas cela. Je suis tellement habitué à entendre cet argument, en général au milieu de l’enchaînement suivant :
      • c’est une grippette
      • on la soigne très bien
      • on n’en meurt pas
      • quand on meurt, c’est d’autre chose
      • d’ailleurs, il n’y a pas de surmortalité
      • de toutes façons les chiffres sont faux
      • et, option la totale, tout cela est pensé et piloté

      Bref, si on ne meurt pas du coronavirus, c’est que cette pandémie n’en est pas une.
      Ce qui, à tort certainement, ne m’avait pas semblé tellement éloigné de certaines de tes positions.