• Le privilège du fusil, la plage interdite et les décisions de Paris - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
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    Sans consensus ni débat parlementaire, la chasse a été autorisée pour tirer le sanglier, le cerf, le chevreuil... Une dérogation, concédée dès le 31 octobre par le ministère de la Transition écologique, puis déclinée dans chaque département par des arrêtés préfectoraux, selon le fameux impératif de « régulation du grand gibier ». Dans les faits, Willy Schraen, l’influent patron de la Fédération nationale des chasseurs, a beaucoup pesé. Pour la Macronie, il s’agit notamment de renverser la tendance avant le scrutin de 2022 : à l’exception de quelques zones spécifiques du Sud-Ouest comme l’Aude et la Gironde, les chasseurs s’étaient mobilisés en nombre en 2017 en faveur de Marine Le Pen, dès le premier tour, avec plus 30 % de bulletins pour la candidate frontiste.

    Du point de vue sanitaire, ce privilège du fusil ne tient pas la route : pas besoin d’une longue enquête pour constater que, réunis allègrement dans leurs fameuses « maisons de chasseurs », à mesure que se déverse le pastis dans les verres, tous se débarrassent des masques et oublient vite les gestes barrières. Mais aucun n’aura à craindre les « enquêtes » des chaînes d’informations en continu, pourtant si zélées lorsqu’il s’agit de dénoncer les jeunes et leurs fêtes clandestines. De leur côté, les pravdas locales comme la Dépêche du Midi, loin de dénoncer cette injustice évidente, ressassent le débat éculé du « pour ou contre la chasse afin de réguler la prolifération des sangliers ? »