• Chômeurs : par ici l’addition ! | Alternatives Economiques
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    Le texte de 2019, dont plusieurs volets ont déjà fait l’objet de reports à cause de la pandémie, a beau avoir été ripoliné dans une nouvelle version plus soft, la pilule ne passe toujours pas.

    « Nous sommes comme des géographes face à des gens qui pensent que la terre est plate », tempête François Hommeril, le leader de la CFE-CGC. « On a un gouvernement qui considère qu’avec un bon coup de pied au cul, c’est-à-dire en baissant leurs allocations, les chômeurs iront travailler. C’est totalement faux ! Les organisations syndicales l’ont toutes dit et répété à la ministre, en des termes plus choisis. On sait, grâce à de nombreuses études scientifiques en France et dans le monde, que maintenir un bon niveau d’indemnisation n’empêche pas les gens de chercher du boulot. En revanche, Esther Duflo, prix Nobel d’économie, l’a également rappelé, quand les minima sociaux sont trop bas, on consacre toute son énergie à manger et à se loger. »

    Quelque 840 000 demandeurs d’emploi (soit 38 % des allocataires) devront pourtant bientôt se serrer la ceinture. Au 1er juillet, le nouveau calcul du salaire journalier de référence (SJR) sera appliqué. Résultat, les nouveaux inscrits et toutes celles et ceux qui auront épuisé leurs droits devraient perdre en moyenne 20 % de leur allocation, selon les calculs de l’Unédic.

    Retoqué en novembre dans sa première version par le Conseil d’Etat qui le jugeait manifestement trop inégalitaire, ce calcul aboutira à ce que les allocations ne soient plus divisées par quatre dans certaines situations, mais « seulement » par deux (dans le pire des cas), avec un plancher fixé à 57 % pour les périodes non travaillées.

    « Au lieu de prendre en compte toutes les périodes travaillées et non travaillées, ce qui diminuait considérablement le montant des allocations, le cabinet nous a expliqué que le calcul n’intégrera que 57 % des périodes non travaillées », détaille Michel Beaugas, secrétaire confédéral de Force ouvrière chargé de l’emploi. « Si par exemple une personne n’a pas travaillé douze mois au cours de la période de référence, seuls sept mois seront retenus pour calculer le montant. »