• Oppression et libération de la grosseur – dièses
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    Il n’y a pas à proprement parler d’approche sociologique de l’oppression de la grosseur. Bien qu’il existe à l’heure actuelle une sociologie du « corps », la discipline consacrée à cette problématique demeure sans voix sur la signification sociologique du corps gros3. À notre connaissance, seule l’analyse de Claude Fischler, qui se situe dans le domaine de la recherche scientifique, amorce une réflexion sur la « lipophobie » des sociétés modernes4, sans tenir compte toutefois de la situation des femmes dans ces sociétés. Il faut souligner ainsi l’un des points intéressants dans cette étude de Fischler, à savoir que la grosseur n’a jamais été à travers l’histoire en manque de signification. Le sociologue montre bien que, quelles que soient les connotations péjoratives ou mélioratives accolées historiquement à ce trait physique, la grosseur a toujours été contextuellement signifiante. Même si Fischler analyse les iconographies comme cas précis de cette pratique signifiante qu’il inscrit surtout au début du XXe siècle, il semble opportun, dans le cadre de cet article, de rapporter d’autres cas de la fin du XXe siècle et la façon dont les discours peuvent interpréter dans une conjoncture donnée le trait physique de la grosseur.