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Le Grand Mix est une scène de musiques actuelles (labellisée SMAC par le Ministère de la Culture et de la Communication) à Tourcoing. Cette salle de 650 places ouverte en 1997, est gérée par l’association La Passerelle. L’association mène un projet culturel et artistique dans la salle de spectacles (et hors les murs) [...]

  • Tourcoing : au Grand Mix, des jeunes autistes s’émancipent avec la musique
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    ❝Tourcoing : au Grand Mix, des jeunes autistes s’émancipent avec la musique
    Cinq jeunes de l’IMpro du Roitelet participent à une résidence musicale, en partenariat avec le Grand Mix. Un moment libérateur et dépaysant pour ces ados présentant des troubles autistiques.

    Mostefa Mostefaoui | Publié le 28/04/2021

    Tel un groupe de rock, Alan et ses acolytes donnent le maximum sur la scène du Grand Mix. Les adolescents jouent du synthé, de la guitare, chantent. Et, possèdent même leur nom de scène : Les Serpent Roller. Deux fois par semaine, ces cinq jeunes accompagnés par l’Institut Médico-professionnel (IMpro) du Roitelet s’initient à la musique, de près ou de loin.

    « À la base, c’est sonore. Mais ils participent avant tout à un parcours artistique. Par exemple, ils créent leur propre t-shirt de sérigraphie. Une technique utilisée par les groupes pour leur tenue de scène », détaille Frank De Quengo, musicien et coordinateur du projet « Musiques brutes et Handicap », organisé par la salle de concert.

    Frank De Quengo épaulent les jeunes dans leurs créations musicales.
    Ici, pas de règles comme le solfège ou une école de musique. Chaque jeune s’exprime comme bon lui semble. « Ce n’est pas de la musique académique. Ils viennent deux jours par semaine pour inventer des choses. Certains vont expérimenter. D’autres voudront quelque chose de plus structuré, en écrivant des paroles. Le but est qu’ils exposent leurs émotions », analyse Thomas Masse, éducateur spécialisé à l’IMpro.

    Bousculer les habitudes, susciter des vocations

    Pour ces ados ayant des troubles autistiques , ce projet les aide à appréhender l’imprévu. Une chose pas évidente, contenu de leur handicap. « Ils aiment avoir leurs habitudes. Mais, notre rôle c’est de les adapter à la vie de tous les jours. En venant ici, ils sortent de leur zone de confort. Pour quelqu’un, c’est même la découverte d’une passion », poursuit le travailleur social. C’est le cas d’Alan, résident de l’IMpro justement. Pour lui, participer à la résidence, c’est « faire autre chose que d’habitude » : « j’ai appris à jouer de la guitare et même la fabriquer moi-même, même si j’ai eu de l’aide. Je vais aussi fabriquer une émission radio avec les autres jeunes. » L’éducateur perçoit des changements d’attitude chez les jeunes : « Certains sont sensibles aux sons et portent des casques pour se protéger du bruit. Ici, c’est différent. Peut-être parce que c’est un autre lieu ? », se questionne-t-il.

    Le Grand Mix n’en est pas à son coup d’essai. La salle de spectacle a l’habitude d’aller au contact de publics éloignés de la culture. Une dizaine d’initiatives similaires sont menées chaque année. « On bosse avec tous les milieux : le handicap, les écoles ou encore, le monde carcéral. Le tout est de trouver des projets adaptés, où les personnes s’épanouissent. Ce sont aussi des expériences enrichissantes pour les artistes », explique Juliette Callot, responsable des actions culturelles.

    À l’issue de cette résidence, les jeunes de l’IMpro du Roitelet repartiront avec leurs compositions enregistrées sur CD.