Nidal

“Actually, throughout my life, my two greatest assets have been mental stability and being, like, really smart.”

  • Angry Arab a publié (avant la confirmation de la mort de Wissam Hassan) un background de ce personnage controversé. Rapide traduction maison. Flash : Wissam Hassan visé par l’explosion de Beyrouth
    http://angryarab.blogspot.fr/2012/10/flash-wisam-hasan-targeted-in-beirut.html

    Mise à jour : il est mort. Il est confirmé que le chef de la sécurité de Hariri (et coordinateur du renseignement séoudien au Liban), Wissam al-Hassan, a été visé par l’explosion de Beyrouth. Un reporter présent sur place témoigne que Hassan a été sérieusement blessé. Al-Hassan a été chargé par le renseignement séoudien de faciliter l’armement et le financement de l’Armée syrienne libre au Liban. Son nom est lié à un bateau, le Lutfallah II, qui a été intercepté alors qu’il transportait des armes pour les rebelles syriens au Liban. Cet ancien garde du corps de Rafic Hariri est rapidement monté en grade et est devenu le chef d’un appareil sécuritaire principalement sunnite (Shu‘bat Al-Ma‘lumat, ou Services de renseignement) qui a reçu des dizaines de millions de financement américain occulte. Hassan a été initialement suspecté dans l’assassinat de Hariri parce qu’il était absent ce jour-là et parce qu’il avait une longue histoire de liens avec les services de renseignement syriens. Il avait déclaré aux enquêteurs qu’il étudiait pour un examen ce jour-là.

    PS. Les médias occidentaux ne rapporteront PAS sous un autre angle que celui-là : que le service de renseignement de Hassan était responsable de l’arrestation de nombreux espions et terroristes au service d’Israël au Liban.

    PPS. C’est le troisième assassinat (ou tentative) visant des chefs du Service de renseignement.

    Note : il y a beaucoup de mentions de Hassan dans mon flux sur Seenthis sur plusieurs années.

    • Voir aussi ce qu’en dit Malbrunot, qui ne fait pas mystère des ombres et des mystères qui entourent le personnage aux yeux des services français, ce qui ne semble pourtant empêcher que son rôle dans l’aide à l’ASL soit apprécié :

      Wissam el-Hassan ne se trouvait pas dans le convoi qui accompagnait Hariri le jour du drame. Cette absence avait immédiatement soulevé de vives interrogations sur sa loyauté au chef du gouvernement libanais, pas de la part de Saad Hariri, qui hérita ensuite du pouvoir à Beyrouth, mais surtout de la veuve Nazeq et de Jacques Chirac proche ami de la victime, qui était alors président de la République. Malgré les démentis, ces derniers ne furent jamais vraiment convaincus de son innocence. Il faut dire que Wissam el-Hassan s’en expliqua fort mal lorsqu’une enquête de la télévision canadienne relança l’affaire il y a trois ans.
      [...]
      Au Liban, ses adversaires se comptent essentiellement parmi le camp pro-syrien, notamment au sein du Hezbollah, le parti chiite allié de Damas et de l’Iran. Son service permit en août dernier d’arrêter l’ancien ministre libanais pro-syrien Michel Samaha, accusé d’avoir fomenté un complot terroriste visant à déclencher une guerre confessionnelle dans le pays. Une accusation que certains jugeaient peu credible, notamment en France parmi la communaute du renseignement qui connaissait bien Michel Samaha. Quoi qu’il en soit, Wissam el-Hassam et son service etaient egalement critiques pour faciliter l’acheminement des armes aux rebelles syriens, via le Liban.

      http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2012/10/beyrouth-un-attentat-cible-con.html

    • Les évocations de l’affaire Samaha dans les portraits de Hassan sont très intéressantes, parce qu’elles révèlent une contradiction dans les récits actuels. Il n’apparaît pas que Samaha ait voulu « déclencher une guerre confessionnelle », ça c’est ce que racontent les 14 Mars depuis les premières minutes suivant l’arrestation ; la lecture des fuites de ses confessions dans le quotidien de Murr indiquent au contraire que la motivation centrale, c’est de perturber l’arrivée d’armes vers les rebelles syriens depuis le Liban, et de zigouiller les responsables les responsables du trafic et les opposants libanais directement impliqués dans l’insurrection. Il y a quelques phrases très cyniques sur des dommages collatéraux, et dans l’ensemble c’est affreux, mais ça n’est pas du tout la même chose que vouloir ouvertement déclencher une guerre confessionnelle.

      De fait, la mort de Hassan entre dans cette même logique : apparemment, zigouiller quelqu’un qui a la haute main sur les livraisons d’armes au rebelles syriens.

      Or, ce que justement révèle l’affaire Samaha, c’est que le régime syrien ne peut pas du tout compter sur le Hezbollah pour effectuer ce genre de basses œuvres. Alors qu’évidemment le parti dispose de moyens et de compétences infiniment plus adaptées à une exécution politico-militaire, l’appareil sécuritaire syrien occulte au Liban se réduirait désormais à un politicien comme Samaha.

      Donc, évoquer l’affaire Samaha, qui démontre que les syriens ne bénéficient pas des services du Hezbollah pour exécuter pour ce type d’exécution, et en même temps évoquer le Hezbollah comme possible responsable de l’assassinat de Hassan, c’est une grosse contradiction. D’autant que les réactions officielles du Hezbollah à l’arrestation de Samaha sont pour le moins timide.

    • intéressante remarque.
      Le Monde ne fait pas dans la dentelle sur Hassan et est bcp moins loquace que G. Malbrunot sur les ombres du personnage de Hassan. Quant à Issa Goraieb dans l’OJ, qui voit en lui un « superflic » n’en parlons pas.
      http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/10/20/la-presse-libanaise-craint-le-pire-apres-l-attentat-de-beyrouth_1778464_3218
      http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/783681/Requiem_pour_un_superflic.html