Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #miranda_yardley : Comment le féminisme « moderne » ou « de la troisième vague » profite aux hommes.
    https://tradfem.wordpress.com/2021/10/10/comment-le-feminisme-moderne-ou-de-troisieme-vague-profite-aux-ho

    On m’a demandé de vous expliquer pourquoi je pense que le féminisme « moderne » ou « de la troisième vague » profite aux hommes. Voici le résultat. C’est une esquisse, ou un « brain-dump », imparfait et teinté d’opinions.

    Connu sous le nom de féminisme « de la troisième vague » ou du « libre choix », le mouvement féministe populaire contemporain est fondé sur les concepts d’égalité, d’intersectionnalité et de choix personnel. À ces trois égards, il diffère du mouvement féministe « de la deuxième vague », qui a débuté dans les années 1960.

    L’accent mis sur l’ »égalité » constitue un écart fondamental par rapport à la philosophie libératrice du féminisme de la deuxième vague. La libération est synonyme de liberté, tandis que l’égalité est un terme relatif (« dans une prison, tout le monde est égal, mais pas libre »). Les avantages (même pour les hommes) de la libération des femmes de l’oppression masculine ne sont pas une idée nouvelle ; voir « De l’assujettissement des femmes » de John Stuart Mill, rédigé en 1858. Le concept d’égalité déplace donc l’objectif de la lutte contre un problème structurel (l’oppression) vers une lutte contre la discrimination. Étant donné que cette dernière se rapporte à des détails plutôt qu’à des structures générales et qu’elle peut être aussi bien positive que négative, aucun avantage n’est de ce fait conféré aux femmes et elles ne peuvent que maintenir le statu quo ou aggraver leur situation ; les femmes n’ont de contrôle que sur les droits qu’elles souhaitent abandonner. Le féminisme de la deuxième vague attribue la racine de l’oppression féminine à la biologie féminine ; le sexe biologique des femmes est instrumentalisé en vue de l’oppression des femmes. Une distinction est établie entre le sexe biologique (rôle reproducteur) et le genre (attentes culturelles basées sur le sexe), et le genre est l’outil que les hommes utilisent pour opprimer les femmes sur la base de leur potentiel reproducteur.

    Miranda Yardley est un homme transgenre proféministe.
    Traduction : #Tradfem
    Version originale : mirandayardley.com/en/how-modern-or-third-wave-feminism-benefits-men/ ?