• Bernard Tapie : Le petit chat est mort – par Descartes
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    Source : Le blog de Descartes Selon le président de la République, il fut « une source d’inspiration pour des générations de français ». Pour le Premier ministre, « La première image qui me vient, c’est celle du combattant, pour ses idées, ses convictions ». Pour Jack Lang, « “il était synonyme de combat, de […]

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      On est prié de s’incliner devant lui et de l’ériger en exemple pour la jeunesse. Un politicien dont je tairai le nom par charité a même affirmé que « Tapie est l’exemple qu’un jeune d’origine modeste peut réussir dans notre pays ». Mais « réussir » à quoi, bon dieu ? A vendre de l’air ? A escroquer ses clients, ses employés, les adhérents du club qu’on dirige – et qui, comme le cocu content de la pièce, lui rendent un hommage unanime ? C’est ça, « réussir » dans notre société ? C’est cela le modèle de « réussite » qu’on propose à notre jeunesse ?
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      Tapie est l’incarnation d’une époque, celle des « années fric ». La gauche « libérale-libertaire » au pouvoir, fascinée par l’argent facile, avait jeté aux orties tout projet collectif, toute logique méritocratique pour se prosterner devant l’autel de la réussite individuelle mesurée en euros et en exposition médiatique. On dit que la gauche des années 1980 s’est réconciliée avec l’entreprise. On a tort : la gauche s’est réconciliée avec un type particulier d’entreprise – et d’entrepreneur. Pas avec l’entrepreneur qui construit des usines ou des laboratoires, qui développe des brevets, qui met en œuvre les dernières découvertes scientifiques et développe les technologies de l’avenir. Pas même l’entrepreneur qui prête des services utiles et crée des emplois. Non, la gauche a choisi un autre modèle d’entrepreneur, celui qui fabrique du vent, qui communique au point que la communication devient sa seule production.
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