François Isabel

Ni dieu, ni maître, nirvana

  • Les Rolling Stones décident de ne plus jouer la chanson « Brown Sugar », accusée de racisme
    https://www.nouvelobs.com/musique/20211014.OBS49844/les-rolling-stones-decident-de-ne-plus-jouer-la-chanson-brown-sugar-accus

    Les Rolling Stones ont supprimé pour leur tournée américaine leur tube légendaire « Brown Sugar », dont les paroles évoquent l’esclavage, mais qui sont depuis longtemps taxées de racisme.

    « Vous l’avez remarqué hein ? », a répondu, un brin énigmatique, Keith Richards, le guitariste du groupe britannique, dans un récent article du « Los Angeles Times », où on lui demande pourquoi le morceau ne figure plus sur la liste des chansons jouées lors de leur tournée qui a démarré le 26 septembre, un mois après la mort de leur batteur Charlie Watts.

    « J’essaie de comprendre avec les autres où est le problème. Personne ne comprend que c’est une chanson sur les horreurs de l’esclavage ? Mais ils veulent l’enterrer. Pour le moment, je ne veux pas de conflit avec toute cette m… », a ajouté Keith Richards, cité par le quotidien californien.

    Pour autant, le guitariste de 77 ans ajoute : « J’espère que nous pourrons ressusciter le bébé un jour ». Et le chanteur Mick Jagger d’ajouter : "« Nous avons joué “Brown Sugar” tous les soirs depuis 1970, alors parfois on se dit “nous allons l’enlever pour l’instant et voir ce que ça donne” […]. Nous pourrions le remettre »."

    « Je me serais probablement censuré »

    Sorti en 1971, « Brown Sugar », l’un des morceaux les plus connus des « Stones », parle d’esclavage, de sexe et de drogue, à travers des images de femmes fouettées et d’hommes qui en profitent pour satisfaire leurs fantasmes.

    Ces dernières années, les critiques se sont fait de plus en plus entendre contre la chanson, jugée « raciste ». En 2015, « Brown Sugar » fut qualifiée de « grossière, sexiste et d’une stupéfiante violence pour les femmes noires », dans un article du « New York Magazine ».

    En 1995, dans une interview au magazine Rolling Stone, Mick Jagger avait concédé qu’il n’aurait « jamais écrit cette chanson aujourd’hui » : « Je me serais probablement censuré […] Dieu sait de quoi je parle dans cette chanson. C’est un tel bazar. Tous les sujets les plus obscènes réunis d’un seul coup »