Sombre

The point, as Marx saw it, is that dreams never come true. (Hannah Arendt)

  • Petit précis d’immunologie par Claude-Alexandre Gustave, biologiste médical, ancien assistant hospitalier universitaire (AHU) en microbiologie, assistant hospitalier au CHU de Lyon.

    A Thread from C_A_Gustave : « 1/51 Je me permets de rebondir sur ces données de terrain pour insister sur l’importance de la 3ème dose [...] »
    https://threader.app/thread/1457679903537737728

    Je me permets de rebondir sur ces données de terrain pour insister sur l’importance de la 3ème dose vaccinale pour tous.
    Je ne parle pas d’obligation, de pass... Mais bien de protection et d’accès à cette 3ème dose, alors voici qqes rappels immuno pour aider à comprendre...

    Toute la discussion ici : https://twitter.com/C_A_Gustave/status/1457679903537737728

    • Environ 20 jours après la 2ème dose 💉 nous atteignons notre pic de production de ces anticorps neutralisants.
      Ceci se traduit par un pic de protection atteint vers J30 après la 2ème dose.

      Puis un mécanisme physiologique se met en place...

      La stimulation immunitaire qui a conduit à la production de ces anticorps neutralisants a disparu depuis de nombreux jours (seulement qqs jours après la 2ème injection).

      Les cellules productrices de ces anticorps subissent alors 2 évolutions parallèles :...

      Ces cellules sont appelées « plasmocytes » (elles sont dérivées des lymphocytes B) et vont :
      1) se désactiver et mourir [.,,]

      [..,]

      2) Une fraction des « plasmocytes » ne va pas mourir mais se convertir en cellules « mémoires » (leurs progéniteurs, lymphocytes B, vont faire de même) et persister en nous (parfois toute la vie), et venir compléter notre « répertoire immunitaire » ou « mémoire immunitaire »...

      C’est là qu’il y a une mauvaise compréhension fréquente, y compris dans la communauté médicale, qui associe la pérennité de cette mémoire, à la pérennité de la protection !
      Et ce n’est pas du tout la même chose...

      Pour le comprendre il faut se rappeler que la protection contre la covid s’appuie sur les anticorps neutralisants, qui doivent être en concentration suffisante pour bloquer efficacement l’amplification virale et sa diffusion dans nos tissus...

      On dit que le « corrélat de protection vaccinale » sont les anticorps neutralisants.[…]

      Vous avez probablement entendu « oui, mais on a nos cellules mémoires, et ça suffira »... 🤡

      [..,]

      L’argument des cellules mémoires traduit une certaine méconnaissance de l’immunologie et surtout de l’immunologie anti-infectieuse !

      Quel est le rôle des cellules mémoires ???
      (et dans le cas qui nous intéresse des Ly B et plasmocytes mémoires)...

      Ces cellules vont permettre de produire plus rapidement ces anticorps neutralisants lors d’une future ré-exposition au virus, en environ 7-10 jours, au lieu de 15-20 jours lors de la 1ère exposition...

      En cas de future infection, le système immunitaire va se réactiver tout comme la 1ère fois.
      Le même cheminement va se produire dans notre organisme MAIS en parallèle, il va aussi réactiver ces Ly B et plasmocytes mémoires qui vont alors à nouveau...

      1) Proliférer et maturer (pour les lymphocytes B) et donner de nouveaux plasmocytes producteurs d’anticorps
      2) S’activer et sécréter de nouveaux anticorps (pour les plasmocytes mémoires, déjà matures)...

      C’est d’ailleurs grâce à ce phénomène que la 3ème dose 💉 nous permet d’atteindre des niveaux d’anticorps en moyenne 15x supérieurs à ceux qu’on obtient après la 2ème dose !!!...

      Mais là encore, cela PREND DU TEMPS !
      Après la 2ème dose, ce « pic » d’anticorps est plus modeste et atteint en ~20j.
      Après la 3ème dose, il est en moyenne 15x plus élevé et atteint en ~10j.

      Que se passe-t-il alors si on ne fait pas cette 3ème dose ???

      Notre taux d’anticorps anti-Spike ↘️ avec le temps, et ↘️ notre protection à partir de 180 à 200 jours selon les sources (à l’échelle populationnelle !!! A l’échelle individuelle, ça peut être bcp plus rapide, ou bcp plus lent)...

      Quand notre concentration d’anticorps anti-S repasse sous le seuil critique de protection, nous retrouvons un niveau de risque (de covid grave) qui tend à redevenir tel qu’il était AVANT notre vaccination.

      « Pourtant nos cellules mémoires devraient prendre le relai ? »...

      Oui, elles le font, mais trop tardivement par rapport à l’invasion virale (devenue d’ailleurs fulgurante depuis Delta), ce qui laisse trop de temps au virus pour se répliquer et diffuser toujours plus profondément dans nos tissus...

      Une illustration de ce problème de « retard » se trouve dans l’usage des anticorps monoclonaux. […]

      Ces anticorps monoclonaux ne sont rien de plus que des anticorps neutralisants [..,]

      Et quelle est leur plus grande limitation ???
      Ils ne protègent que s’ils sont administrés très PRÉCOCEMENT...

      […]..
      I
      L’immunité cellulaire antivirale repose notamment sur les lymphocytes T CD8+, aussi appelés « cytotoxiques » dont la fonction est simple : repérer les cellules infectées et les tuer !

      Vous avez donc là 2 problèmes majeurs :...

      Non seulement ces T CD8+ ne peuvent pas empêcher l’amplification virale (ils n’agissent que sur des cellules où le virus est déjà entré et s’y est répliqué), MAIS, ces T CD8+ agissent en détruisant nos propres cellules !...

      Et quand l’infection est déjà avancée, cela s’associe à une destruction tissulaire, une réponse fortement inflammatoire...
      Et quand cela survient dans nos poumons... On peut finir sur le ventre avec un tube en plastique dans la trachée...

      C’est pour cela que la vaccination, et la 3ème dose, a un rôle CRUCIAL, pour maintenir le taux d’anticorps anti-Spike suffisamment haut pour que l’invasion virale soit D’EMBLÉE freinée !...

      Sans cela, nous restons alors dépendant de notre immunité cellulaire (avec une dépendance qui ↗️ à distance de la 2ème dose 💉 avec la ↘️ de nos anticorps anti-Spike), et on tend à retrouver notre niveau de risque initial... C’est-à-dire celui que nous avons connu en 2020 🤷‍♂️

      Si ce n’est pas très clair, imaginez que l’invasion virale (source de covid grave) est un cheval lancé au galop, et que nos anticorps neutralisants sont la haie par-dessus laquelle le cheval (virus) doit sauter...

      37/51
      Tant que la haie est trop haute pour le cheval (taux d’anticorps anti-S suffisamment élevé), on NE RISQUE RIEN (sauf à se faire tartiner la figure de virus mais là c’est parce qu’on se submerge tellement de particules virales qu’aucun système immunitaire ne peut suivre)...

      38/51
      Plus on s’éloigne de notre 2ème dose 💉, plus la haie se rabougrit (notre taux d’anti-S ↘️) et le cheval (virus) retrouve la faculté de sauter par-dessus (l’invasion virale est à nouveau possible) et on retourne à notre niveau de risque initial...

      39/51
      Avec la 3ème dose, on replante une haie... mais juste 15x plus haute qu’après la 2ème dose ! 🤷‍♂️
      Alors oui, elle va se rabougrir aussi (en moyenne, elle va ↘️ de moitié tous les 70 jours = demi-vie sérologique observée pour les anti-S)...

      40/51
      Mais cette fois, on partira de 15x plus haut !
      Et avec une demi-vie de 70 jours, ça signifie une moyenne de 270 jours supplémentaire de protection qui viennent s’ajouter à la moyenne de 200 jours obtenus avec la 2ème dose...

      41/51
      Ce qui veut dire qu’en moyenne, à l’échelle de la population, sous-réserve qu’on n’ait pas de nouveau variant échappant à l’immunité, on aura une protection moyenne de 15 mois (470j), au lieu de 6 mois (~200j) !!!
      Mais ce n’est pas tout...

      42/51
      Pour finir ce fil, il faut aussi parler de la protection contre la transmission (c’est-à-dire la ↘️ de contagiosité chez les infectés qui sont infectés).
      On sait que pour une même quantité de virus excrétée (charge virale), un vacciné excrète moins de virus INFECTIEUX...

      [.,,]

      44/51
      Le phénomène repose encore sur les anticorps neutralisants !
      Un vacciné infecté, excrète des virions (particules virales) dont les Spike sont partiellement recouvertes de ces anticorps neutralisants qui masquent la « clé » que le virus utilise pour entrer dans nos cellules...

      C’est pour cela également que cette efficacité contre la transmission s’estompe aussi avec le temps (à partir de 2 mois post-D2, et disparaît après 6 mois), car elle suit la ↘️ de notre taux d’anti-Spike...

      46/51
      Si vous avez suivi ce fil, vous devriez avoir donc anticipé la conclusion : avec la 3ème dose, et une ↗️ x15 de la production de ces anti-Spike, on rétablit également une efficacité anti-transmission, à la fois plus forte ET plus durable

      47/51
      « Plus forte » car ayant bcp+ d’anti-S, on masque bien plus de Spike à la surface des virions qu’on excrète (leur infectiosité ↘️↘️↘️).

      « Plus durable » car partant de 15x plus haut, on met bcp plus de temps à repasser sous le seuil d’efficacité/protection.

      […]

    • The Flawed Science of Antibody Testing for SARS-CoV-2 Immunity | Infectious Diseases | JAMA | JAMA Network
      https://seenthis.net/messages/936505

      Concernant l’immunité mémoire, il est affirmé ici qu’elle permet d’éviter les formes graves ;

      Offit explained that reinfection with the virus activates memory B cells to differentiate into antibody-secreting cells. Because this process can take 3 to 5 days, it doesn’t stop SARS-CoV-2 infections from occurring, but it does help tamp down severe COVID-19. And that’s a success story, in his view: “The goal of the vaccine is to protect you against serious illness.”