ARNO*

Geek dilettante habitant une belle et grande propriété sur la Côte d’améthyste

  • Circulaire du 19 novembre 2021 - Mesure du taux de CO2 dans les établissements relevant du MESRI (émise par la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle)
    https://services.dgesip.fr/fichiers/Circulaire_CO2_19112021.pdf

    dont j’extrais les parties imprimées en gras :

    1° La mesure du taux de CO2 n’a pas à être déployée de manière systématique et permanente mais constitue l’un des indicateurs qui permettent aux établissements d’ajuster leurs actions en matière de ventilation

    […]

    2° Le dépassement des taux de de CO2 recommandés n’est pas en soi un risque sanitaire.

    […]

    3° La politique à mettre en place dans les établissements en matière de taux de CO2 doit donc être appréciée au cas par cas.

    De manière tout à fait spectaculaire, ils ont choisi de ne graisser que les phrases négatives.

    • Au fond, trivialement, ce ne sont que de gros radins, pas une thune n’aura été, ni ne sera sérieusement investie dans la santé publique donc tout le monde se couvre.

      On ne pourra pas dire qu’ils n’ont rien fait en connaissance de cause : ils savaient, ils ont prévenu, mis en place les campagnes de com’ idoines « tester, alerter, protéger » (plutôt que « tester, tracer, isoler », bien trop contraignant) et depuis peu « aérez » (avec remboursement et non financement des actions relatives), qui n’engagent à rien, ne coûtent rien, renvoient aux responsabilités individuelles et les dédouanent politiquement.

      Individualisme et avarice, la bourgeoisie ne s’en porte pas plus mal.

      (Avec ici au passage de beaux et pieux mensonges de jésuite, ou mensonges par équivocité, qui permettent de se défausser avec bonne conscience, Macron à bonne école :

      « Le dépassement des taux de de CO2 recommandés n’est pas en soi un risque sanitaire. »

      « En soi » ce n’est pas faux, « en soi » ce n’est pas un risque sanitaire, mais en tant qu’indicateur de la présence et concentration potentielles du virus dans la pièce, devrait précisément conduire à prendre des mesures systématiques pour écarter le risque sanitaire.

      https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/281)

    • Je pense qu’ils sont coincés : le risque pour cette administration, c’est de se retrouver à obliger la fermeture complète de salles où une aération efficace ne serait pas possible. Et s’ils font une circulaire qui impose la présence de capteurs dans toutes les salles, et la suspension du cours au-delà d’un certain seuil, ils doivent se dire qu’ils vont se retrouver avec un pourcentage monstrueux de salles condamnées (disons, totalement au doigt mouillé, entre 10 et 40%), voire une très forte inégalité entre établissements (certains avec peu de salles condamnées, et d’autres dans une situation catastrophique, ce qui serait encore une situation politiquement ingérable).

      Et là la question elle est vite répondue : ils calculent qu’il vaut mieux fermer ponctuellement une classe pour une semaine parce qu’il y a des contaminations, que de fermer définitivement une classe parce qu’on ne peut pas l’aérer.

      À leur décharge, il est fort possible qu’une grosse grosse grosse proportion de parents préfèrent qu’on laisse leurs gamins dans des salles insuffisamment aérées que de se retrouver avec la classe du gosse fermée parce qu’on a installé un capteur dedans et qu’il n’y a pas moyen d’aérer correctement.

      Autre inquiétude possible : l’installation systématique de capteurs dans les classes deviendrait une sorte de « testing » en grandeur réelle, à l’échelle du pays, et sous les yeux des citoyens, de l’état réel des établissements scolaires, ce qui risquerait de faire ressortir que :
      – nos établissements scolaires pourraient bien être largement plus insalubres que d’autres pays pratiquant ce genre de mesures (t’imagines comparer l’état de nos collèges/lycées à ceux de l’Allemagne) ;
      – les établissements construits récemment et censés respecter des normes légales de ventilation, en fait, on pourrait avoir rogné là-dessus et ils ne seraient pas vraiment aux normes…