Sombre

The point, as Marx saw it, is that dreams never come true. (Hannah Arendt)

  • On clame à tout va que le variant #Omicron pourrait mettre fin à la pandémie. Déjà, ce genre d’assertion qui mise sur l"immunité collective me fait dresser les poils.
    Mais voilà qui peut-être modèrera l’enthousiasme des « start uppers » :

    Plus contagieux mais moins virulent que Delta, Omicron annonce-t-il la fin de la pandémie ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/221993/plus-contagieux-moins-virulent-variant-delta-omicron-fausse-bonne-nouvelle-cov

    Aujourd’hui, alors que la question ne semble même plus être « Serons-nous (re)contaminés ? » mais « Quand serons-nous (re)contaminés ? », on peut se dire que cette nouvelle vague participerait encore à renforcer notre immunité cellulaire (celle qui nous protège contre les formes graves) en vue d’un prochain variant (lui-même rendu probable par une large circulation).

    Cette version optimiste de l’évolution pandémique nous donnerait à espérer que les prochaines mutations du SARS-CoV-2 se comportent comme la grippe saisonnière, sans faire trop de dégâts au sein de la population, nous conduisant à l’avenir à ne devoir protéger que les seules personnes les plus à risque. Au bout de près de deux ans, nous devons bien reconnaître que ce type de scénario est plus que séduisant et que nous avons tous envie d’y croire.
    Grosse tempête à venir sur l’ensemble du système de santé

    Pour autant, nous ne saurions céder à l’euphorie ni à l’insouciance. Même s’il apparaît difficile d’estimer avec précision son taux de reproduction (R0), Omicron est autrement plus contagieux que la grippe saisonnière dont le R0 est estimé à moins de 2 (généralement de l’ordre de 1,5). Alors même que les mesures barrières et sanitaires sont en place pour atténuer le R effectif d’Omicron, il provoque plus de contaminations que la grippe avant 2020.

    Une épidémie de grippe saisonnière n’infectait pas beaucoup plus que 5% à 10% de la population, avec un taux de mortalité en excès de l’ordre de 1 pour 1.000, soit en moyenne 6-7 millions de cas et 6.000 décès (la mortalité directe par grippe était de quelques centaines de certificats de décès par an en France avant 2019). Or, lors des épidémies de grippe saisonnière les plus fortes, la France est submergée par la vague, les plans blancs sont régulièrement déclenchés pour passer le pic, puis tout rentre dans l’ordre.

    Mais ici, la vague Omicron est en passe d’infecter un segment beaucoup plus large de la population, cumulant son effet avec la queue de la vague Delta qui n’a pas dit son dernier mot (en France). Il n’y a pas beaucoup de doutes pour penser que la tension va s’accroître très fortement durant ces prochaines semaines sur l’ensemble du système de santé. Peut-être pas un cyclone, mais une grosse tempête quand même.
    Cela signifie qu’en dépit des contraintes et de nos efforts, Omicron risque fort de causer un nombre important de cas modérés, engorgeant les cabinets de médecine de ville, et des cas plus graves saturant les urgences hospitalières et nécessitant parfois une hospitalisation, voire un transfert en réanimation et pour certains, l’évolution vers le décès.C’est là le cynisme ou l’inconscience de ceux qui pensent qu’il serait profitable de laisser circuler le virus. Cette vague d’infections sévères affectera à l’évidence les personnes non vaccinées ou dont l’immunité est défaillante. Parmi elles, un grand nombre d’enfants, à commencer par les moins de 5 ans inéligibles à la vaccination, mais aussi les personnes immunodéprimées du fait d’une pathologie ou de leurs traitements, et les personnes âgées immunosénescentes. Cela est évidemment éthiquement inacceptable.

    On espère juste que ça déclenchera un vague soubresaut de l’activité électrique cérébrale chez les épidémiologistes de mes fesses ...

    (genre le mec qui se retweete lui-même) https://twitter.com/FJolivet36/status/1481201537313644547

    Le COVID19 circule et va circuler. Et alors ? J’ai la conviction que nous devons changer notre façon de lire les chiffres. La courbe des contaminations compte bien moins que celle des réanimations. Rendons la vaccination obligatoire et apprenons à vivre avec le virus.