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Fil d’actualités Covid19-Migration-santé (veronique.petit@ird.fr) relié à CEPED-MIGRINTER-IC MIGRATIONS.

  • Fin de partie pour Novak Djokovic en Australie ?
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    Fin de partie pour Novak Djokovic en Australie ?Le numéro un mondial du tennis a finalement vu son visa annulé une deuxième fois, « sur des bases sanitaires et d’ordre public ».Retour à la case zéro pour Novak Djokovic. Pour la seconde fois en neuf jours, le numéro un mondial du tennis, non vacciné, devrait être placé en rétention migratoire par les autorités australiennes. Le gouvernement conservateur, victime d’un camouflet en mondovision, lundi 10 janvier, quand le tribunal fédéral de Melbourne avait donné raison au Serbe en rendant caduque l’annulation de son visa, a lancé une nouvelle procédure d’expulsion vendredi 14 janvier.Mais, cette fois-ci, c’est le ministre de l’immigration, Alex Hawke, qui est passé à l’offensive en usant de son pouvoir discrétionnaire d’annuler un visa : « Aujourd’hui, j’ai exercé mon pouvoir (…) sur des bases sanitaires et de respect de l’ordre, au motif qu’il était dans l’intérêt général de le faire », a expliqué Alex Hawke dans un communiqué. Novak Djokovic devrait faire appel. Le temps presse pour le nonuple vainqueur de l’Open d’Australie : le premier Grand Chelem de l’année débute lundi à Melbourne. S’il ne dépose pas de recours, il pourrait être expulsé rapidement.Ces derniers jours, des révélations embarrassantes sont venues fragiliser sa défense. Avant d’embarquer pour Melbourne, le no 1 mondial a fêté Noël à Belgrade puis fait un crochet par Marbella (Espagne) pour s’entraîner – comme en attestent des images publiées sur les réseaux sociaux –, un détour qu’il n’a pas précisé dans le formulaire d’entrée sur le territoire australien, rendu public mardi. Mercredi, dans un communiqué publié sur Instagram, le Serbe a expliqué que son agent avait rempli le document en commettant une « erreur humaine, certainement pas délibérée ».Autre élément dérangeant : une enquête de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel publiée mardi est venue jeter le doute sur la date du test positif de Djokovic, émettant l’hypothèse qu’il n’aurait pas eu lieu le 16 décembre mais le 26 décembre.Les autorités australiennes ont pris le temps de creuser ces deux pistes auxquelles s’en est ajoutée une troisième : le non-respect des règles d’isolement, en Serbie, dans la foulée de son test PCR du 16 décembre. Car le numéro un mondial a agi au mépris des règles sanitaires. Ce jour-là, Djokovic s’est affiché sans masque lors de la présentation d’un timbre à son effigie par la poste serbe. Le lendemain, il a remis des trophées à des jeunes dans son académie à Belgrade, posant au milieu d’eux une fois encore non masqué. « J’étais asymptomatique (…) et n’ai reçu l’information de mon test PCR positif qu’une fois cet événement terminé », s’est justifié mercredi le joueur, qui a admis une « erreur de jugement » en recevant un journaliste et un photographe du quotidien L’Equipe le 18 décembre.Lundi 10 janvier, estimant que le tennisman avait manqué d’équité dans la procédure, le juge chargé d’étudier l’affaire avait ouvert la porte à sa participation à l’Open d’Australie. La police des frontières lui avait refusé son entrée sur le territoire national au motif qu’il n’avait pas présenté les documents requis pour justifier d’une exemption médicale à la vaccination contre le Covid-19, obligatoire pour être autorisé dans le pays. La justice avait donné raison au Serbe et lui avait rendu sa liberté de mouvement, estimant que cette décision était « déraisonnable » et qu’il n’avait pas eu assez de temps pour « consulter d’autres personnes » et l’aider à défendre sa cause.Mais les avocats du gouvernement avaient immédiatement fait état de la possibilité d’une nouvelle procédure d’expulsion. Plusieurs personnalités avaient mis en garde le gouvernement contre l’utilisation de ce pouvoir discrétionnaire. A commencer par le juge Anthony Kelly, qui avait estimé, lundi, qu’une telle procédure risquait d’attiser les tensions et de priver le patron du circuit du droit d’entrée sur le territoire australien pendant trois ans.Depuis le début du « Djokogate » et à moins de cinq mois des élections législatives, l’exécutif est accusé d’avoir politisé l’affaire en jouant sur le sentiment d’injustice des Australiens qui ont dénoncé une politique de deux poids, deux mesures lorsqu’ils ont appris la venue du joueur notoirement hostile à la vaccination. « Il ne doit y avoir aucune règle d’exception pour Novak Djokovic. Aucune, d’aucune sorte », avait insisté Scott Morrison alors que le tennisman était déjà dans l’avion, mercredi 5 janvier, muni d’une exemption délivrée par la Fédération australienne de tennis et l’Etat du Victoria pour pouvoir participer au tournoi. Novak Djokovic avait obtenu ce laissez-passer en justifiant d’une infection au SARS-CoV-2 dans les six mois précédant la compétition sans savoir que ce motif ne lui permettrait pas de recevoir une dérogation aux frontières qui, elles, sont gérées par l’Etat fédéral. Pour le gouvernement, l’occasion était trop belle. Scott Morrison ne s’attendait peut-être pas à ce que l’athlète riposte, en déposant un recours, et encore moins à ce qu’une erreur de procédure lui offre une improbable victoire judiciaire. Le retour de boomerang a été immédiat pour le premier ministre, accusé d’avoir ridiculisé l’Australie sur la scène internationale. Une mauvaise opération alors qu’il était déjà très critiqué pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19. Mais la multiplication des révélations pouvait difficilement rester sans conséquences. « Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé », a déclaré M. Morrisson vendredi dans un communiqué. « La grande majorité des Australiens (…) n’aiment pas l’idée qu’un autre individu, qu’il soit joueur de tennis, roi d’Espagne ou reine d’Angleterre, puisse venir ici et bénéficier d’un ensemble de règles différents de celui auquel tous les autres doivent se plier », a de son côté résumé, jeudi, le vice-premier ministre, Barnaby Joyce.

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