• Après une grève très suivie dans l’éducation nationale, Emmanuel Macron joue l’apaisement

    Le principal danger d’une campagne présidentielle, c’est l’imprévu. Cet adage, que garde en tête la majorité présidentielle pour se préserver de tout excès de confiance, s’est confirmé jeudi 13 janvier.

    Personne, au sommet de l’Etat, n’avait anticipé une grève nationale des professeurs et des personnels de l’éducation. Personne n’avait imaginé que le mouvement serait suivi par 31 % des enseignants, selon le décompte du ministère de l’éducation nationale, et par plus de 60 % d’entre eux, selon les syndicats, mettant près de 80 000 manifestants dans la rue, selon le ministère de l’intérieur.Plus gênant encore, à moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, personne n’avait prédit que les représentants de parents d’élèves seraient associés à l’exaspération des professeurs face à un protocole sanitaire jugé trop lourd, trop complexe et trop mouvant.

    Depuis la rentrée de janvier, Jean-Michel Blanquer s’abrite, de fait, derrière les autorités sanitaires, qui ont recommandé le protocole mis en place à l’école, déjà amendé à trois reprises par le gouvernement. Quant aux difficultés qu’ont rencontrées les parents à se procurer des tests pour leurs enfants, il s’agit d’« un sujet logistique de santé », s’est-il défendu, mardi 11 janvier, sur BFM-TV. Une contre-attaque adressée à son confrère de la santé, Olivier Véran, qui s’est soldée par une algarade entre les deux ministres le lendemain.

    Quand bien même les torts seraient partagés, l’exécutif multiplie les signaux laissant entendre que Jean-Michel Blanquer aurait à endosser la responsabilité de cette crise. Après les mots d’Emmanuel Macron dans un entretien au Parisien le 5 janvier, « donnant le point » à une enseignante agacée d’apprendre le jour pour le lendemain les modifications du protocole sanitaire, le chef de l’Etat laisse entendre qu’il pourrait porter, lors de la campagne présidentielle, un projet de réforme de l’éducation nationale qui ne serait pas en ligne avec les idées du ministre. Il s’agirait de « redonner du sens » à la profession d’enseignant plutôt que d’insister sur le rétablissement de leur autorité, comme le défend M. Blanquer.

    Une partie des enseignants, inquiète de la propagation du Covid-19, cherche à renforcer le protocole sanitaire, quand les parents d’élèves restent, au fond, favorables au mantra du gouvernement : maintenir le plus possible les écoles ouvertes. Reste une échappatoire. Que le pic de la vague Omicron soit rapidement atteint pour que le sujet sanitaire s’éteigne de lui-même, avant que des revendications plus profondes sur l’école n’émergent.

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