OsservatorioBC

OBC Transeuropa è un think tank che si occupa di sud-est Europa, Turchia e Caucaso ed esplora le trasformazioni sociali, politiche e culturali di sei paesi membri dell’Unione Europea (UE), di sette paesi che partecipano al processo di Allargamento europeo e di buona parte dell’Europa post-sovietica coinvolta nella politica europea di Vicinato.

  • Cubani lungo la rotta balcanica: un’intervista
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Balcani/Cubani-lungo-la-rotta-balcanica-un-intervista-218621

    A poco più di due mesi di distanza da un articolo sul viaggio degli esuli cubani verso l’UE, torniamo sull’argomento con le voci dei diretti interessati raccolte a Bihać, in Bosnia Erzegovina. Con un focus particolare: la comunità LGBT

    • voir aussi :
      Le goût « vintage » de l’Histoire

      Cela faisait plusieurs semaines que je suivais la « route des Balkans » en Serbie, l’itinéraire que des milliers de réfugiés empruntent à travers la péninsule balkanique pour rejoindre l’Europe et y demander l’asile. C’était en 2014. Au centre pour réfugiés d’Obrenovac, à quelques dizaines de kilomètres de Belgrade, ma présence était devenue habituelle. Un soir, le directeur me demande de l’aider à trouver des personnes parlant espagnol pour traduire un texte. C’est ainsi que je fais la connaissance de Yaite et Jany, deux « filles » du pays de Fidel Castro. L’une était dentiste, l’autre infirmière.

      J’étais surpris par leur présence dans ce lieu et encore plus bouleversé par le fait que deux Cubaines demandaient l’asile en Serbie… En effet, selon de vieux accords qui remontent à l’époque de Tito, les ressortissants cubains peuvent voyager en Serbie sans demander de visa. Quelle meilleure opportunité que celle-ci pour fuir Cuba et tenter sa chance dans le continent européen ? Ces deux femmes, après avoir été exploitées comme barmaids au Monténégro, avaient décidé de se remettre en route et de quitter les Balkans.

      Quelques jours plus tard, dans un autre centre, je rencontre Mayte, une doctoresse cubaine. Avec son mari, elle avait abandonné l’île de l’économie planifiée et décidé de se rendre en Serbie pour tenter sa chance, en tant que médecin, dans une économie libre. En pleurant, elle me confie : « J’avais lu sur Wikipédia que la Serbie était un grand pays, en forte expansion économique... » Quelques heures après notre rencontre, Mayte et sa famille, après bien des désillusions en Serbie, se sont confiés à un passeur pour rejoindre la Hongrie et y déposer leur demande d’asile. Il fut un temps où les dissidents communistes étaient les bienvenus dans ce pays. L’histoire a parfois un goût vintage.

      https://www.lacite.info/hublot/decembre-2016

      #réfugiés_cubains #Balkans #route_des_Balkans #Cuba

    • Exils : qui sont les Cubains de la route des Balkans ?

      Perdus dans le flot des réfugiés venus du Moyen-Orient et d’Afrique, personne ou presque ne parle d’eux. Mais des Cubains, fuyant la répression du régime castriste, s’engagent aussi depuis plusieurs années sur la route des Balkans. Dont de nombreux membres de la communauté LGBT. Témoignages.

      « Nous sommes partis à cause de la répression à Cuba et notamment la discrimination envers les homosexuels », raconte Ramon. « Les gens de la communauté LGBTQI ne trouvent pas de travail et peuvent être arrêtés à tout moment. Nous nous sentions en danger à cause de notre orientation sexuelle. Parfois, on vous met en prison pendant des semaines, voire des mois ou des années... Mon fiancé est resté en prison pendant deux mois. Il travaillait dans un club en tant que drag queen, et la police l’a arrêté alors qu’il rentrait chez lui à pied. Ils se fichaient bien que ce soit son travail. Ils l’ont accusé d’exploiter la prostitution masculine. » « Ce passage en prison a été très dur, j’ai même tenté de me suicider », ajoute son ami Luis.

      « La dictature cubaine n’accepte pas les personnes homosexuelles. Bien sûr, il y a des familles plus compréhensives que d’autres, mais tu peux tomber sur des gens prêts à te frapper dans la rue », poursuit Ramon. « Tu ne sais pas comment te défendre, tu ne peux pas faire appel à la police, car cela risquerait d’être pire. Les droits des gays sont niés. »

      La Havane-Moscou-Belgrade
      « Quand le Covid est arrivé à Cuba, les choses allaient déjà très mal. La situation était particulièrement difficile pour les homosexuels, identifiés comme des ennemis publics. Le régime était contre eux, d’autant plus que Cuba reste un pays catholique. Avec la pandémie, l’ennemi numéro 1 est devenu le virus, mais les conditions de vie se sont effondrées, beaucoup de gens ont perdu leur travail, alors que l’inflation devenait galopante. Seuls ceux qui ont de la famille aux États-Unis peuvent s’en sortir », explique Jose, qui a participé aux manifestations de l’été 2021 contre le régime. « J’ai été emprisonné durant deux semaines et battu par la police. Je suis mannequin, mais cela faisait deux ans que j’étais au chômage. Quand les manifestations ont commencé, on pensait que les États-Unis pouvaient nous aider, mais cela s’est avéré être un faux espoir. Personne ne s’intéresse à ce qui se passe à Cuba. »

      Le trajet des exilés cubains est généralement toujours le même : ils partent en avion pour la Russie, puis de là pour la Serbie, car ils peuvent accéder sans visa à ces deux pays. « Je suis arrivé en Russie il y a huit mois avec ma petite sœur, qui avait un contrat là-bas, mais elle est repartie à Cuba à la fin de celui-ci. Le billet pour Moscou coûte 1000 dollars, mais au moins, on peut séjourner légalement en Russie. C’est la seule destination européenne [avec un vol direct] qui nous soit ouverte, et c’est là que j’ai découvert que beaucoup de Cubains utilisaient cette voie pour rejoindre l’Europe », raconte Jose. « En Russie, les Cubains sont traités comme des chiens », nuance toutefois Ramon, qui est resté un mois là-bas avec son compagnon Luis, en travaillant au noir.

      “J’avais trouvé un sosie en Espagne, mais ça coûtait trop cher, près de 1000 euros.”

      « Beaucoup de Cubains prennent ensuite l’avion pour la Serbie, car ils n’ont pas besoin de visa non plus pour ce pays, puis ils continuent vers le Monténégro et de là, ils arrivent en Grèce », explique José. « En Grèce, vous achetez un billet pour l’Espagne et vous êtes dans l’UE. Ça marche comme ça : il faut trouver quelqu’un qui vous ressemble en Espagne, et cette personne envoie sa pièce d’identité à son alter ego cubain en Grèce. C’est comme ça que de nombreux Cubains, présentant des passeports et parlant couramment l’espagnol passent sans être inquiétés à l’aéroport. J’avais trouvé un sosie en Espagne, mais ça coûtait trop cher, près de 1000 euros… De plus, les autorités grecques ont commencé à comprendre le mécanisme et à faire plus de vérifications. À mon arrivée en Serbie, je pensais aller tout de suite en Grèce, mais on m’a dit que la situation était problématique là-bas, que ce n’était plus si facile de quitter le pays... En Serbie, j’ai rencontré un compatriote qui m’a expliqué comment faire pour se rendre en Europe, où traverser la frontière. »
      « Nous sommes restés trois mois en Serbie, en travaillant au noir dans une usine sans gagner grand-chose. Nous avons finalement passé la frontière à pied et nous voilà en Bosnie-Herzégovine depuis deux mois. Nous avons déjà tenté trois fois le game », explique Ramon. Le « game », c’est le passage clandestin en Croatie, toujours aussi dangereux. « Beaucoup de Cubains franchissent la frontière entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine en payant un passeur cubain pour traverser la Drina. Moi, je suis passé tout seul, mais la police m’a trouvé et m’a envoyé ici, à Bihać.

      “La violence de la police croate est incroyable. Je ne pensais pas qu’une telle chose pouvait exister en Europe.”

      « Entrer de la Serbie en Bosnie-Herzégovine, c’était vraiment facile », poursuit Jose. « Je pensais que je pourrais rejoindre l’Italie ou l’Espagne en une dizaine de jours. Je pensais que c’était comme d’aller de Cuba au Nicaragua et de là aux États-Unis, ce qui est assez simple : vous payez le passeur et vous y arrivez rapidement. Quand j’ai tenté le game pour la première fois, j’ai compris que c’était vraiment difficile. Je n’ai essayé que deux fois, mais la troisième je veux absolument la réussir. »

      Puis il ajoute : « Les Cubains ont tendance à suivre toujours les mêmes chemins, c’est pourquoi la police les attrape. Je connais l’itinéraire grâce à d’autres personnes qui nous ont donné des suggestions. On a essayé avec des femmes, avec des enfants, mais la police s’en fichait. (...) La dernière fois que des Cubains ont essayé, ils se sont cachés dans la forêt, puis ont appelé l’OIM, qui a à son tour alerté la police croate qui les a expulsés vers la Bosnie. Les responsables de l’OIM ont déclaré qu’ils ne pouvaient rien y faire... »
      « La violence de la police croate est incroyable », confirme Ramon. « Je ne pensais pas qu’une telle chose pouvait exister en Europe. Nous sommes tombés trois fois sur elle. Nus étions avec des femmes. Ils ne nous ont pas battus, mais ils ont volé tout ce que nous avions. Nous avions tellement peur et ne savions pas quoi faire. (...) Les policiers nous ont volé notre nourriture, notre eau, notre argent. (...) À chaque fois, nous avons essayé de demander l’asile en Croatie, mais la police nous hurlait ’go, go’… »

      “L’Union européenne connait-elle la situation des exilés cubains ?”

      « Personne ne nous a vraiment expliqué le voyage que nous allions entreprendre. Nous avions juste échangé des informations entre Cubains, mais rien de précis. Nous n’avons passé que quelques jours à Sarajevo, puis nous sommes venus à Bihać. Nous sommes également passés à Banja Luka, où on ne nous a pas embêtés. À Mostar, en revanche, on percevait de la haine contre les migrants », précise Ramon.

      « L’Union européenne connaît-elle la situation des exilés cubains ? », s’interroge-t-il. « Si elle connaissait la situation à Cuba, elle nous accueillerait. » « Nous voudrions obtenir l’asile dans l’Union européenne et pouvoir enfin vivre tranquillement », explique Luis, son compagnon. « Nous voulons trouver un endroit où nous cesserons enfin d’être victimes de discriminations à cause de notre orientation sexuelle, en Italie ou en Espagne... J’ai déjà des parents installés à Trévise, en Italie. J’aimerais bien y trouver du travail dans un local gay. »

      Jose aussi irait bien faire sa vie en Italie. Il a des amis installés à Trieste et à Rome, tandis que Carlos préfère se rendre en Espagne où l’attend son fiancé. « En réalité », conclut José, « je suis prêt à m’installer n’importe où. Pour peu que j’aie des papiers en règle, je suis prêt à faire n’importe quel travail ».

      https://www.courrierdesbalkans.fr/LGBT-paroles-d-exiles-cubains-sur-la-route-des-Balkans

    • Les Cubains s’exilent jusqu’en Serbie, qui les exempte de visas

      Le pays des Balkans n’exige pas de visas aux Cubains, qui sont nombreux à fuir leur pays en crise. Une communauté cubaine s’est donc établie en Serbie. Certains y voient une porte d’entrée vers l’Union européenne, d’autres s’y installent. Comme cette jeune femme qui témoigne sur le site indépendant de La Havane “14ymedio”.

      Peu de Cubains sauraient placer la Serbie sur une carte du monde. Et encore moins donner le nom de sa capitale, Belgrade, ou raconter toutes les guerres et les démembrements qui lui ont donné sa forme actuelle.

      Le souvenir de l’ère soviétique et d’un pouvoir resté trop longtemps entre les mains d’un seul homme fort (le maréchal Tito, pour les Serbes ex-Yougoslaves) est sans doute le seul point commun entre le pays des Balkans et l’île des Caraïbes.

      Si les Cubains s’intéressent aujourd’hui à la Serbie, c’est pour une seule raison : ce pays est l’un des rares à ne pas leur demander de visa, et cela, combiné à sa proximité (et à son adhésion potentielle) avec l’Union européenne, suffit à en faire une destination de choix pour les candidats à l’émigration.

      “J’ai entendu parler de la Serbie par des amis cubains qui avaient émigré quelques années plus tôt”, explique Diana, jeune Havanaise installée à Novi Sad, sur les bords du Danube, depuis un an :

      “Le voyage a été long et cher, mais j’ai fini par y arriver.”

      (#paywall)
      https://www.courrierinternational.com/article/migrants-les-cubains-s-exilent-jusqu-en-serbie-qui-les-exempt