O.A

Un peu ici, un peu ailleurs

  • Xi Jinping, le nouvel empereur rouge de la Chine (4mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-du-lundi-10-octobre-2022-6450042

    On le compare à Mao Zedong. Le président Xi Jinping est sur le point d’obtenir un troisième mandat à la tête de la Chine, lors du congrès du Parti communiste chinois, qui débutera le 16 octobre. Xi Jinping, le nouvel empereur rouge de la Chine, c’est un reportage de Sébastien Berriot.

    Au fond de cette petite grotte, à flanc de montagne, un matelas est posée à même le sol, avec au-dessus une photo de Xi Jinping adolescent. On est dans le petit village de Liang Jiahe, à 1000 kilomètres à l’ouest de Pékin. C’est ici, dans cette campagne très pauvre, que le jeune Jinping a vécu quand il avait 15 ans, envoyé de force à la fin des années 1960 dans le cadre d’un vaste programme de rééducation de la jeunesse.

    Xi Jinping a travaillé la terre pendant sept ans dans ce village qui est aujourd’hui transformé en musée et lieu de pèlerinage national à la gloire du président. Des bus emmènent chaque jour des milliers de visiteurs. On est cœur du système de propagande qui présente le président comme un enfant du peuple.

    Le discours de la guide est bien rodé : « Camarades, aujourd’hui, nous sommes venus ensemble à Liang Jiahe pour retracer les empreintes de notre nouvelle génération de dirigeants. Notre Secrétaire Général a dit que la vie ici pendant sept ans dans les montagnes était un grand exercice pour lui. Lorsqu’il était un jeune homme ordinaire âgé de 16 ou 17 ans, il a accompli un travail pratique pour améliorer le sort des gens dans le futur. Aujourd’hui, son idéal s’est effectivement réalisé. Je partage avec vous les mots de notre Secrétaire Général, ’Quand le pays va bien, la nation va bien, et tout le monde va bien »."
    Une légende construite au fil des années

    Prince rouge au milieu des champs, Xi Jinping a construit sa légende dans ces campagnes où le culte de la personnalité a bien produit ses effets. Ici, la conscience politique et les critiques sont quasiment inexistantes. Le président est vu comme un bienfaiteur. « Mes ancêtres vivent ici depuis des générations », indique un homme, âgé, qui n’a pas oublié le jeune Jinping*. « J’ai rencontré Xi quand il était un grand garçon, un adolescent. Nous avons travaillé ensemble, fait toutes sortes de travaux, planté des graines, des céréales et des légumes. Je suis content, parce qu’aujourd’hui, il pense aux paysans, cultivateurs*. »

    « Quand il est revenu en 2015, tout notre village l’a accueilli et tout le monde l’a immédiatement reconnu, comme si c’était un homme du village, revenu voir sa famille », ajoute sa compagne. « Je l’ai appelé Jinping comme avant. Je suis contente de son travail. Grâce à lui, la vie s’est améliorée. Avant on se nourrissait uniquement de mil. Maintenant, on utilise le blé, et la farine. »
    "Le modèle Poutine"

    Sa réélection est présentée comme une formalité. Après dix ans à la tête du parti, Xi Jinping a accumulé les pouvoirs. Une vaste campagne contre la corruption lui a permis d’éliminer ses opposants à la tête du parti. Quant à la base du PCC, elle est acquise à la cause du président de façon presque automatique, analyse un politologue chinois, dont nous ne publions pas l’identité. Cet ancien professeur de sciences politiques au sein de la prestigieuse université Tsinghua de Pékin est l’un des rares universitaires à continuer de critiquer publiquement le régime communiste.

    « Chaque cellule de base du PCC étudie en permanence les discours et les écrits de XI. Il a publié plus de 100 livres au cours des dix dernières années et d’après mes propres calculs, il prononce en moyenne deux discours importants par semaine, que les membres du parti doivent étudier », explique cet ancien professeur. « Cet apprentissage collectif est une sorte de lavage de cerveau. Depuis dix ans, les 90 millions de membres du PCC ont en fait progressivement perdu leur capacité à douter et à critiquer. La grande majorité des Chinois n’a pas conscience du danger que représente un tel parti et un tel dirigeant. »

    Ce politologue ose faire le lien entre Xi Jinping et Vladimir Poutine : « Cela suit exactement le modèle de Poutine. Sa réélection, son mode de contrôle sur la société. C’est en fait un exemple pour Xi, qui a rencontré Poutine 38 fois au cours des dix dernières années. Il a en fait son professeur. »

    Des questions que personne ne se pose dans le petit village de Liang Jiahe. Pour les paysans, le troisième mandat de Xi Jinping est simplement vécu comme une continuité de l’histoire.

    #Asie#Chine#Xi_Jinping#Communisme#Propagande#PCC#Poutine

    • Liangjiahe: Lifelong friends in a place that feels like home (10)


      This is the tenth episode of an audio rendition of the literary non-fiction work, Liangjiahe, which follows the early life of China’s president Xi Jinping, as he lived and worked alongside his fellow villagers at Liangjiahe for seven years since 1969.

      https://peoplesdaily.pdnews.cn/china/liangjiahe-lifelong-friends-in-a-place-that-feels-like-home-10-6

    • Série « Chine, une puissance contrariée »

      Épisode 1/4 : (58mn)

      XXe Congrès du PCC : le passage en force de Xi Jinping

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/20eme-congres-du-pcc-le-passage-en-force-de-xi-jinping-6788933

      Le 16 octobre se tiendra le XXe Congrès du PCC chinois, 5 ans après celui qui a aboli la limite de mandats présidentiels. Cet évènement crucial dans la vie du parti devrait cette année acter la reconduite de Xi Jinping à la tête du Parti et de la Présidence de la République Populaire de Chine.
      avec :

      – Alice Ekman (Analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne (EUISS))

      – Jean-Philippe Béja (sinologue, politologue, directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI/Sciences Po).)

      – Chloé Froissart (Professeure d’histoire et de sciences politiques au département d’études chinoises de l’Inalco).

    • Épisode 2/4 : (58mn)

      Logement, éducation, travail : les désillusions de la classe moyenne

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/logement-education-travail-les-desillusions-de-la-classe-moyenne-6432018

      Après le scandale Evergrande en septembre 2021, les mises à l’arrêt de chantiers de construction de logement se multiplient dans tous le pays. Au-delà des risques pour l’économie qui repose à 1/3 sur l’immobilier, les ménages de la classe moyenne pâtissent de la situation et commencent à protester.

      avec :

      – Jean-Louis Rocca (Professeur à Sciences Po et chercheur au CERI)

      – Frédéric Rousseau (Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry de Montpellier)

      –Tania Angeloff (Sociologue du travail à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

      Elle est au cœur du “rêve chinois” et de l’idéal de “prospérité commune” vantés par Xi Jinping depuis son accession au pouvoir. A mesure qu’elle s’est élargie à des millions de ménages accédant à la propriété et à la société des loisirs, la classe moyenne a incarné la réussite économique de l’Empire du milieu. Une réussite garante de la stabilité du projet politique de Pékin, aujourd’hui menacée par le ralentissement de la croissance et ses conséquences sociales. Manifestations de propriétaires confrontés à la crise immobilière ou jeunes diplômés désabusés par un marché de l’emploi ultra-concurrentiel et un culte du travail à outrance, tous pointent du doigt les limites d’un modèle chinois confronté à une nouvelle réalité : pour la première fois depuis 30 ans, la jeune génération chinoise est confrontée au spectre du déclassement.

      La panne de l’ascenseur social chinois est-elle momentanée ou risque-t-elle de durer ? Quelles peuvent en être les conséquences pour cette classe moyenne constituée autour du rêve de l’accession à la propriété et au consumérisme, mais aussi pour les ménages moins aisés, migrants intérieurs poussés à l’exode rural ou paysans et ouvriers de provinces moins développées ? Quels remous politiques la crise économique actuelle entraîne-t-elle pour Xi Jinping et le Parti Communiste chinois ?

    • Épisode 3/4 : Des Ouïghours aux Mongols : la question sensible des minorités

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/des-ouighours-aux-mongols-la-question-sensible-des-minorites-2371400

      En août 2022, quelques mois après la révélation des « Xinjiang Police Files » sur l’organisation de la répression exercée par le régime chinois sur la minorité ouïghoure, un rapport de l’ONU sur le même sujet est publié. Malgré les critiques, Pékin maintient sa politique envers les minorités.

      avec :

      – Rémi Castets (Maître de conférences et co-directeur de l’unité de recherche Dynamiques, interactions, interculturalité asiatiques à l’Université Bordeaux Montaigne)

      – Eric Darbré (Journaliste d’investigation )

      – Marie-Dominique Even (Chargée de recherche au CNRS, membre du laboratoire Groupe Religion, Société, Laïcité (GRSL) de l’École pratique des hautes études).
      En savoir plus

      « Il faut renforcer l’identification de tous les groupes ethniques avec la grande mère patrie, avec la nation chinoise, avec la culture chinoise et avec la voie chinoise du socialisme », les mots de Xi Jinping dans son discours lors du Symposium central sur le travail au Xinjiang en mai 2014.

      Il en est ainsi de toutes les grandes réunions politiques en Chine et le XXe Congrès du PCC, dimanche 16 octobre 2022 n’échappera pas à la règle : toutes les minorités ethniques seront là, dans des costumes chamarrés, et arborant leur plus beau sourire. Le cérémonial s’ouvrira sans doute, comme il y a cinq ans, par un film montrant combien ce Congrès suscite de passion jusque dans les campagnes les plus reculées, jusque dans les réfectoires des bonzes.

    • Épisode 4/4 : Hong-Kong : la fin d’un îlot de liberté

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/hong-kong-la-fin-d-un-ilot-de-liberte-7051853

      En 2022, plusieurs titres de presse alertent sur la fuite préoccupante des cerveaux à Hong-Kong. Désormais dirigée par un exécutif dévoué à Pékin et minée par la pandémie, Hong-Kong vit dans un climat accru de peur où toute opposition a été chassée ou muselée. Est-ce la fin de l’îlot de liberté ?

      avec :

      – Sébastian Veg (sinologue, directeur d’études à l’EHESS)

      – Eric Florence (Chargé de cours à l’Université de Liège, ancien directeur du Centre d’études français sur la Chine Contemporaine (CEFC) à Hong Kong (de 2015 à 2019))

      – Alessia Lefébure (Sociologue et spécialiste des politiques publiques et des réformes des systèmes universitaires à travers le monde).

      En savoir plus

      « Stopper la violence, enrayer le chaos et rétablir l’ordre : ce sont nos tâches les plus urgentes à Hong-Kong pour l’instant », les mots de Xi Jinping dans son discours lors du 11e sommet des BRICS en novembre 2019**.

      Pour répondre à ces questions, Julie Gacon reçoit Sebastian Veg, directeur d’études à l’EHESS et historien ainsi que Eric Florence, chercheur à l’université de Liège.

      C’est une reprise en main en deux ans et en deux temps. Deux réformes institutionnelles ont contribué à remettre un peu plus Hong-Kong dans le giron de Pékin malgré les garanties promises lors de la rétrocession en 1997. Il y a deux ans, en 2020, la loi sur la sécurité intérieure permettait aux autorités locales de contrôler et de punir la moindre opposition. Un an plus tard, en 2021, une réforme électorale réduisait le nombre de sièges élus au suffrage universel, au sein du Conseil législatif. De quoi achever d’enterrer la semi-autonomie et les libertés dont jouissent les 7 millions 200 mille habitants de Hong-Kong, et qui n’ont plus le droit ne serait-ce que de manifester, comme ils l’avaient fait par centaines de milliers en 2019, contre cette ingérence des autorités judiciaires chinoises dans les affaires de la cité-Etat.

      Quelles manœuvres à la fois législatives, politiques et institutionnelles Pékin a-t-elle engagées pour mettre au pas Hong-Kong ? La cité-Etat peut-elle croire à une résurgence du mouvement pro-démocratie ?

      "Le mouvement de protestation de 2019 était lui-même une réponse à l’érosion progressive d’un certain nombre de normes mises en place à Hong-Kong depuis la rétrocession. On ne peut donc pas dire que la Loi de Sécurité Nationale est venue réprimer les excès du mouvement de 2019 car en réalité, elle s’inscrit dans la suite de toutes ces érosions des normes de la société hongkongaise", affirme Sebastian Veg.

      "Aujourd’hui, les lignes rouges à ne pas dépasser sont particulièrement floues dans le système judiciaire hongkongais, ce qui est un élément nouveau à Hong-Kong et caractéristique des régimes autoritaires", observe Eric Florence.