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« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • « Quelle idéologie derrière l’intégration européenne ? »

    Entre libéralisme autoritaire et neutralité de façade, Thibault Biscahie revient sur les origines méconnues de l’#UE
    https://qg.media/2022/12/01/quelle-ideologie-derriere-lintegration-europeenne-par-thibault-biscahie

    À rebours des platitudes selon lesquelles l’Union européenne aurait été fondée sur des idéaux de « paix et de prospérité », Michael Wilkinson, théoricien du droit à la London School of economics, livre un ouvrage fondamental sur les stratagèmes développés dans l’après-guerre pour contenir les peuples et assurer un ordre de fer sous couvert de neutralité et de démocratie. Centré sur la façon dont le libéralisme autoritaire a été le véritable moteur de cette intégration, depuis la République de Weimar jusqu’aux diktats de l’actuelle BCE, le livre n’est pas encore traduit en français. Le site de QG vous en propose en avant-première la recension approfondie tant il entre en résonance avec le climat actuel de déliquescence de l’UE, aboutissement d’un programme de cadenassage de la souveraineté populaire et de dépolitisation de l’économie datant de la Guerre froide

    En Allemagne, le « libéralisme autoritaire » fut une doctrine mise en œuvre au début des années 1930 pour tenter de sauver un système chancelant. Dans un contexte de « crise organique », les libéraux eurent recours à des stratégies plus rigides, tandis que des fractions paramilitaires de la classe dirigeante multipliaient leurs attaques contre les parlementaires. La restructuration constitutionnelle qu’ils orchestrèrent fit la part belle aux élites militaires vieillissantes, à la bureaucratie et aux grandes entreprises. L’idée selon laquelle l’État libéral était « neutre » apparaissait comme une supercherie : insensible aux inégalités socio-économiques, il était contrôlé par une classe qui légiférait par décrets et œuvrait à la dépolitisation des conflits sociaux menaçant les intérêts capitalistes. Ce libéralisme outrancier était intolérant à la dissension, méfiant à l’égard du parlementarisme, viscéralement anti-marxiste et craintif face à la démocratie de masse. Tolérée par les sociaux-démocrates, la cure d’austérité imposée par ce régime provoqua la déflation, et la marginalisation du parlement encouragea le recours à la violence. Dans ce contexte d’état d’urgence et de pouvoirs d’exception, les Nazis se présentèrent en recours, précipitant l’effondrement de la démocratie libérale.