« Une forme de doute subsiste dans l’esprit des Français au sujet du dérèglement climatique »
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Oui, je ne m’attendais pas à voir un tel effet négatif : l’usage des réseaux sociaux désinforme, fait baisser en compétences sur ces questions. Je ne m’y attendais pas pour deux raisons, la première, c’est que, dans le sondage, je n’ai pas opposé les canaux d’information : une personne pouvait déclarer s’informer régulièrement sur le climat sur les réseaux sociaux et, en même temps, via les médias généralistes.
Et la deuxième raison, c’est que sur les réseaux sociaux, on peut aussi trouver de très bonnes informations sur le climat comme, par exemple, le compte Twitter de Valérie Masson-Delmotte, climatologue au Giec, qui fait de la vulgarisation. Je m’attendais à ce que cela modère l’effet potentiellement négatif, mais ce n’est pas le cas. C’est une question de probabilité statistique : si vous vous informez sur le climat via les réseaux sociaux, vous augmentez votre probabilité de vous trouver confronté à des contenus de mauvaise qualité, trompeurs ou manipulateurs. Alors qu’aujourd’hui, dans les médias généralistes en France, vous avez très peu de probabilités de tomber sur des propos clairement climatosceptiques ou qui nient l’effet humain.
Et ça, c’est nouveau, car les médias généralistes n’ont pas toujours été bons sur la question. Les journalistes avaient aussi l’impression de bien faire leur travail en donnant la parole à tous les camps. On avait un phénomène, qu’on constate encore aujourd’hui sur d’autres débats, où une position minoritaire d’un point de vue scientifique avait la même représentativité dans les débats médiatisés que l’opinion consensuelle sur la question. Et, donc, le public avait une représentation biaisée de la connaissance puisqu’on donnait la parole à tous les camps de la même façon. Là-dessus, les médias ont progressé et sont montés en compétence sur les questions climatiques. On le voit avec l’apparition de journalistes spécialisés sur ces questions.
