ARNO*

I’m very careful, you know, when I walk downstairs, like I’m on stairs, like these stairs, they’re very… I walk very slowly.

  • « Une forme de doute subsiste dans l’esprit des Français au sujet du dérèglement climatique »
    https://www.20minutes.fr/planete/4018746-20230121-forme-doute-subsiste-esprit-francais-sujet-dereglement-cl

    Oui, je ne m’attendais pas à voir un tel effet négatif : l’usage des réseaux sociaux désinforme, fait baisser en compétences sur ces questions. Je ne m’y attendais pas pour deux raisons, la première, c’est que, dans le sondage, je n’ai pas opposé les canaux d’information : une personne pouvait déclarer s’informer régulièrement sur le climat sur les réseaux sociaux et, en même temps, via les médias généralistes.

    Et la deuxième raison, c’est que sur les réseaux sociaux, on peut aussi trouver de très bonnes informations sur le climat comme, par exemple, le compte Twitter de Valérie Masson-Delmotte, climatologue au Giec, qui fait de la vulgarisation. Je m’attendais à ce que cela modère l’effet potentiellement négatif, mais ce n’est pas le cas. C’est une question de probabilité statistique : si vous vous informez sur le climat via les réseaux sociaux, vous augmentez votre probabilité de vous trouver confronté à des contenus de mauvaise qualité, trompeurs ou manipulateurs. Alors qu’aujourd’hui, dans les médias généralistes en France, vous avez très peu de probabilités de tomber sur des propos clairement climatosceptiques ou qui nient l’effet humain.

    Et ça, c’est nouveau, car les médias généralistes n’ont pas toujours été bons sur la question. Les journalistes avaient aussi l’impression de bien faire leur travail en donnant la parole à tous les camps. On avait un phénomène, qu’on constate encore aujourd’hui sur d’autres débats, où une position minoritaire d’un point de vue scientifique avait la même représentativité dans les débats médiatisés que l’opinion consensuelle sur la question. Et, donc, le public avait une représentation biaisée de la connaissance puisqu’on donnait la parole à tous les camps de la même façon. Là-dessus, les médias ont progressé et sont montés en compétence sur les questions climatiques. On le voit avec l’apparition de journalistes spécialisés sur ces questions.

    • Habituellement c’est la réaction que j’ai avec ce genre de propos, mais pour le coup j’ai trouvé que le bonhomme s’exprimait avec précaution (j’ai inclus la partie « les médias généralistes n’ont pas toujours été bons sur la question » justement pour faire ressortir ça).

    • Je pense qu’il manque aussi (dans l’interview en tout cas) la mention du monde politique, qui pour le coup me semble très largement responsable. Sur l’aspect politique, il mentionne ceci, mais dans l’interview ça ne va pas plus loin :

      Quels sont les profils des climatosceptiques ?

      Ce sont plutôt des personnes plus âgées, politiquement qui se situent à droite ou à l’extrême droite du cercle politique.

      Alors que bon, on a tout de même un gouvernement qui se démène pour qu’on ne sache pas qu’il est multi-condamné pour inaction climatique, encore pour la « date-butoir » du 31 décembre dernier :
      https://reporterre.net/Le-gouvernement-n-a-plus-que-sept-jours-pour-repondre-de-son-inaction-cl
      Et donc le jour-même de cette « date-butoir », notre cheffissime s’est fendu de son fameux :

      Qui aurait pu prédire la crise climatique ?

      Du coup, ne pas évoquer le rôle du gouvernement français dans le climatoscepticisme, c’est passer à côté du fait qu’une bonne partie du négationnisme des réseaux sociaux, « à droite du cercle politique », en fait ça consiste justement à assurer la défense du gouvernement lui-même (et on sait que le macronard est un crevard sur les RS).

    • C’est comme d’habitude le choix du titre par la rédaction qui nous enduit de perplexitude et trahit finalement la finesse des propos réels :-)

      Pourquoi ces doutes subsistent-ils ?

      D’un côté, il y a peut-être un peu un effet de sondage , c’est assez courant que les gens n’aiment pas donner des réponses trop extrêmes. Mais je pense qu’il y a une tradition en France de climatoscepticisme, qui a eu voix au chapitre dans les grands médias et qui avançait beaucoup cet argument de la naturalité du dérèglement climatique. Claude Allègre , qui avait une bonne image publique, a beaucoup fait passer ce message.

      Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, cet argument du phénomène naturel continue d’être régulièrement exposé sous des formes parfois anodines. Par exemple, pendant la canicule, on voyait beaucoup de posts de gens qui s’inquiétaient des températures extrêmes et dessous, d’autres répondaient : « oui, il fait chaud c’est l’été » pour ramener ce qu’on était en train de vivre à quelque chose de normal et naturel.

      Le propos c’est : « effet sondage » puis « les politiques », et enfin, « les commentaires des crétins sur les réseaux sociaux ».

      Ne retenir que « les commentaires des crétins sur les réseaux sociaux », c’est un petit peu vite dédouaner ceux qui font les sondages, puis les politiques qui profitent de leur rôle public pour déblatérer leur inculture.