Le 17 janvier, le service communication de lâĂlysĂ©e avait invitĂ© dix journalistes vedettes Ă dĂ©jeuner avec Macron. Il sâagissait de leur distiller la bonne parole prĂ©sidentielle sur les retraites, et la façon de la rĂ©percuter : les fameux « Ă©lĂ©ments de langage ».
Les invitĂ©s â dont #Guillaume_Tabard du Figaro, #Françoise_Fressoz du Monde, Nathalie Saint-Cricq de #France-TĂ©lĂ©vision, #Dominique_Seux des Ăchos et de #France_Inter, #Benjamin_Duhamel de #BFM-TV⊠â avaient promis de ne pas dire avoir rencontrĂ© Macron.
Bien avant que la chose sâĂ©bruite, #Macron avait vite pu vĂ©rifier que les grands mĂ©dias faisaient passer le message. Ainsi, le soir mĂȘme, un Ă©ditorialiste de France Inter titrait sa chronique : « Macron ne croit pas Ă une victoire de lâirresponsabilitĂ© », une formule reprise ensuite mot pour mot par Le Monde, BFM-TV, etc.
Cela ne surprend pas. Car, sâil nâexiste plus de #ministĂšre_de_lâInformation comme sous de Gaulle, le pouvoir politique a bien des moyens de se faire entendre dans les salles de rĂ©daction. Mais il y a une cause autrement plus fondamentale Ă la #servilitĂ©_des_mĂ©dias, et elle est sociale.
La solidaritĂ© de classe des mĂ©dias, de leurs propriĂ©taires et de ceux qui mettent leur plume Ă leur service sâaffirme sans Ă©tat dâĂąme. Et cette solidaritĂ© sâexprime non pas tant avec le gouvernement, dont la couleur peut changer du fait des Ă©lections, quâavec la bourgeoisie en tant que telle, dont le pouvoir nâest pas soumis aux alĂ©as Ă©lectoraux.
Mille liens personnels, familiaux, professionnels, de mode de vie, de façon de penser et de considĂ©rer la sociĂ©tĂ© unissent de façon concrĂšte Ă la classe possĂ©dante celles et ceux « qui font lâopinion », surtout ceux que ce systĂšme a promus au premier rang.
Quand ils « travaillent » lâopinion jour aprĂšs jour pour faire accepter aux travailleurs la rĂ©forme pro-patronale des retraites portĂ©e par Macron, ce sont les intĂ©rĂȘts de la bourgeoisie que servent les mĂ©dias. Il en va de mĂȘme quand ils veulent persuader la population que lâimpĂ©rialisme secourt la dĂ©mocratie en Afrique ou en Ukraine, alors quâil ne fait quây dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des grands groupes capitalistes.