• Nous n’étions pas en nombre suffisant hier, à Saint-Denis, pour empêcher les camions casseurs de grève des éboueurs de sortir du centre de traitement Veolia. La police après avoir bloqué la rue, a déployé son arsenal en menaçant de nous gazer.

    Jouer les martyrs et s’engager de façon aussi caricaturale dans la logique défensive répression/anti-répression (que je connais bien), en tout cas, pour toutes les personnes présentes, (syndicalistes CGT et Solidaires, non encarté·es, hommes, femmes, jeunes), c’était non merci. Passer des journées devant les commissariat pour exiger la « libération de camarades » c’est autant de temps perdu à ne pas mener la lutte de façon offensive. J’assume totalement cette position.

    Le matin même, à Vitry les moyens les plus violents avaient été mis en « œuvre » pour déloger un autre piquet de grève.

    Le même jour, d’autres actions de blocage avaient lieu au centre de traitement des déchets de La Courneuve Derichebourg. Les camions ne sont pas sortis de ce dépôt et aucune violence policière n’a eu lieu. Il faut savoir que, contrairement à Veolia, les salariés de cette entreprise sont syndiqués et qu’ils ont pu imposer que leur employeur ne joue pas au briseur de grève. Qu’en sera-t-il si l’État réquisitionne ?

    Nous en revenons toujours à la même problématique.

    Les violences de l’État pour réprimer le mouvement social ne constituent en rien une découverte mais nous serions plus à même de les combattre sans les subir si nous étions plus nombreux·ses à participer aux actions directes de grève et de blocage.

    Ne serait-ce que d’un strict point de vue numérique, il n’y aura jamais assez de force de l’ordre pour réprimer grèves et blocages si ces actions sont déployées en même temps sur tout le territoire, pour bloquer les réseaux de circulation économique et marchands, de façon décentralisée et massive.

    Mais ça, il faut reconnaître que c’est beaucoup moins sexy que les images de poubelles en flammes (carburant essentiel pour la presse et autres pièges à clic sur Youtube et consort).

    • Bon, sinon, je n’ai pas pu y aller mais j’ai eu des retours sur le blocage du périph de ce matin et on m’a dit que ça c’était super bien passé :)))

    • @arno @cabou

      C’est dans des moments comme ça qu’on se dit : "Putain avec tous ces gentils ingenieurs informatiques « mobilisés » : « quand est ce qu’ils débranchent tout ??? » c’est à dire qu’ils hackent le bordel ??? feux de signalisation, vidéo-surveillance, transmissions radios, téléphonie, aiguillages de trains etc...

    • les militants pourraient aussi apprendre des pratiques de luttes.
      d’autant que : pas en nombre suffisant hier, mais pas non plus ce matin, avec 200 personnes ce matin à la Tiru d’Ivry, la police est intervenue.
      l’utilisation du 49.3 implique d’accroître la répression contre les blocages, les grévistes, les manifestants. une réunion national des préfets &a d’ailleurs eu lieu ce matin.
      la mobilisation des GJ, l’avait à nouveau montré, c’est aussi en tâchant d’être imprévisible qu’il est possible de lutter.

      hier, à Rennes, Nantes, Lyon, Paris Marseille et ailleurs des milliers de manifestants ont brulé des poubelles dans un nombre incroyable de rues des quartiers riches de centre ville
      une petite vidéo sur les manifs parisiennes après le rv de Concorde https://www.journaldemontreal.com/2023/03/17/retraites-310-interpellations-en-france-circulation-provisoiremen

      c’est pas antinomique avec une présence sur les blocages de boites et des axes de transport (hier matin, Rennes, c’était 45 kms de bouchons durant quelques heures) ou de hubs logistiques.

      le rapport de forces repose nécessairement sur des pratiques diverses.

      par ailleurs, l’un des moyens de limiter la répression c’est de multiplier les initiatives mobiles (hier soir, le canon à eau à Rennes n’a servi à rien : pas de foule immobile à cibler).

    • Les militants - si tant est que la catégorie ait quelque pertinence en matière de lutte sociale (ce qui reste à prouver) - devraient avoir toujours l’esprit assez ouvert pour apprendre.

      J’étais tout à l’heure (en début d’après-midi) au TIRU d’Ivry ParisXIII : https://seenthis.net/messages/994748

      Il y avait beaucoup plus de monde qu’hier à St Denis et la configuration n’a pas grand chose à voir. Hier, très peu de grévistes sur un site où il fallait empêcher des camions de sortir et aujourd’hui un autre où on soutien des grévistes ultra majoritaires qui empêchent l’incinérateur de fonctionner. J’ai des informations assez contradictoires depuis les réseaux sociaux sur le TIRU d’Ivry. Il semblerait qu’hier des étudiants de Tolbiac en départ pour ce site ont été interpellés. je ne m’en tiendrais donc qu’à ce que j’ai vu de mes propres yeux sur place.

      Plus de 250 interpellations à Paris juste pour la soirée d’hier, je trouve que c’est cher payé pour cramer des poubelles. mais peut-être que cela correspond à une stratégie qui m’échappe. Pourquoi pas.

      S’il y a des personnes qui pensent que le jeu en vaut la chandelles, grand bien leur fasse, pour moi c’est non. Je ne porte aucun jugement - étant révolutionnaire, je ne réprouve pas la violence - mais je pense que la gauche radicale ferait bien de se débarrasser de ses sempiternelles rengaines et rituels martyrologiques et machistes (là dessus rien de nouveau depuis 40 ans).

      Faire le pied de grue devant le comico, si je peux éviter je ne m’en porterais que bien mieux. Je maintiens que la spirale répression-anti-répression qui n’a pas été inventée par le macronisme est une dynamique totalement contre-productive.

      Ceci étant, je n’ai pas envie de m’empailler avec d’autres camarades alors que nous entrons dans une étapes décisive.

      Alors va pour les pratiques diverse et vive la lutte.

    • ne nous empaillons pas :-) avant-hier, dans l’ensemble, les interpellations ont été réalisées place de la Concorde, la où la police détient la maîtrise de l’espace et l’initiative. les feux de poubelles ont eu lieu après cette phase, en en créant une autre, ailleurs. il en est de même ce soir (des petits feux jusqu’à Châtelet), bien moins de monde réussissant à quitter la place en raison d’une fixette absurde sur l’assemblée nationale et le barrage policier qui en interdisait l’accès, durant un temps que la police a mis à profit pour bouler la Concorde puis charger/gazer, avant d’interpeller, semble-il en masse.

      il a de quoi giletjauner.

    • Oui de toute façon plus il y aura d’actions décentralisées de différentes sortes (le vrai sens du mot « masse » pour moi) plus ce sera efficace
      Je pense qu’on s’oriente vers ça :-)

    • Les rassemblements place de la Concorde ont plus une valeur symbolique qu’autre chose.
      Par contre si on veut une stratégie payante pour désorienter la flicaille :
      https://threadreaderapp.com/thread/1636864153330634753.html

      Euh par contre la Concorde là... Vous êtes au courant que si il y a une place en face d’une institution régalienne c’est que tout a été fait pour que rien je puisse jamais atteindre vraiment l’institution en question et que tout est prévu pour écraser tout ce qui s’y trouve ?
      Je veux dire c’est de la stratégie de base, pourquoi cette place est jamais occupée à votre avis ? Surtout si vous prévenez en avance c’est prévu pour vous cabaner vite
      Attendez ça sera plus clair avec une carte. Les accès courbés et redondants empêchent une barricade efficace mais permettent l’encerclement. Même en barricadant au Nord, vous êtes coincés par le Sud où le palais est trop proche du quai pour rassembler une force suffisante


      Sans parler du fait que Bourbon est en axe perpendiculaire, eonc deux accès simples. Pour faire clair : même la barricade devient un piège
      Et le croisement Champs/Royale est très large, idéal pour faire passer des véhicules lourds de répression, vous pouvez pas compter sur du compte gouttes pour gérer le flux
      Ah et j’ai oublié mais si la place a en plein milieu un énorme monument c’est pas que pour l’esthétique. C’est un obstacle, un récif qui force nécessairement la foule à se diviser à cet endroit
      L’occasion de rappeler qu’on ne fait surtout pas de feu au milieu d’une place de rassemblement : ça casse la cohérence quand elle est nécessaire. On prépare des feux pour protéger une retraite, sinon on fait ça secur sur les bords
      Et niveau surveillance dites vous que c’est la chambre d’enregistrement du gouvernement en plus d’être un piège a touristes : c’est blindé de caméras sur des kilomètres
      Attendez je vais vous comparer ça a une place pas loin : le forum des Halles.
      Notez qu’aucun axe de taille suffisante n’y mène directement, c’est un dédale de ruelles où la manœuvre est compliquée. C’est truffé d’accès, et c’est un HUB économique majeur bien au delà du centre com
      Le forum n’est pas forcément idéal à cause des carrés de jardins à l’intérieur mais c’est pour montrer une disposition géographique différente, avoir un moyen de comparaison

    • Rien de plus logique que d’immoler des poubelles quant il faudrait « Paris en feu » pour que le gouvernement recule.

      Tenir cette place est une fausse question. Elle a en revanche été le point de départ de manifestations peu gouvernables, ce 16 mars, ou le 17 novembre 2018.
      La quitter pour sillonner les beaux quartiers demande de tourner le dos à la baudruche de l’A.N. Un analyste aura noté l’erreur tactique du jour, ces appels « à l’assemblée nationale » qui allaient occuper un temps les esprits. La police a pris son temps pour d’amasser de quoi boucler la place.
      Se décider à partir, puis ne pas traîner, c’est celui a pas eu lieu hier, sauf pour de rares manifestants.

      Pour ce qui est du virilisme, il est contredit par toutes sortes d’ententes et de frictions, portées au sein des ag des réus et des cortèges par de nombreuses jeunes femmes, et pas que. Il me semble que les garçons les moins socialisés dans l’activité politique y étaient les plus enclins lors des dernières grosses manifs.

      L’exemple des Halles, ça a été un autre cas ces dernières années. Après des virées en ville il peut être opportun de se fondre dans les quartiers de la soif les plus fréquentés. À défaut d’arriver à les promouvoir comme base arrière provisoire, comme cela arrive cycliquement à Rennes.

      De toutes façons, pour l’instant, l’État garde la main, faute d’espaces multiples où se cristalliserait le refus (on prend soin d’évacuer tout ce qui peut l’être, de fermer administrativement les facs etc.)

      À Paris, depuis deux jours, le pouvoir a fait procéder à des centaines d’arrestation. contre l’action directe des premier.e.s concerné.e.s, on fait planer la menace d’une incarcération de masse (façon gilets jaunes)