7h36

Chaque matin, par email, une sélection de seenthis

  • Musicians Algorithmically Generate Every Possible Melody, Release Them to Public Domain - VICE
    https://www.vice.com/en_us/article/wxepzw/musicians-algorithmically-generate-every-possible-melody-release-them-to-publi

    Two programmer-musicians wrote every possible MIDI melody in existence to a hard drive, copyrighted the whole thing, and then released it all to the public in an attempt to stop musicians from getting sued.

    Programmer, musician, and copyright attorney Damien Riehl, along with fellow musician/programmer Noah Rubin, sought to stop copyright lawsuits that they believe stifle the creative freedom of artists.

    (…) Riehl explained that to get their melody database, they algorithmically determined every melody contained within a single octave.

    To determine the finite nature of melodies, Riehl and Rubin developed an algorithm that recorded every possible 8-note, 12-beat melody combo. This used the same basic tactic some hackers use to guess passwords: Churning through every possible combination of notes until none remained. Riehl says this algorithm works at a rate of 300,000 melodies per second.

    Once a work is committed to a tangible format, it’s considered copyrighted. And in MIDI format, notes are just numbers.

  • Linky : deux avocats toulousains lancent une procédure collective contre Enedis (La Tribune)
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/16967-linky-deux-avocats-toulousains-lancent-une-procedure-collective-con

    Bonjour à toutes et à tous, à part de coronavirus et d’autres sujets qui eux on peut d’importance pas grand-chose dans l’actualité ce matin, aussi spartou se propose de vous partager ce billet sur la suite du feuilleton Linky, je rappelle à titre d’info que je n’ai pas pu m’opposer à son installation.

    https://toulouse.latribune.fr/initiatives/2020-02-24/linky-deux-avocats-toulousains-lancent-une-procedure-collective-c

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Compteur Linky : un espion dans le placard (Franceinfo)

    Crashdebug.fr : Quand la police exploite le big data pour résoudre ses enquêtes (Le Figaro)

    Crashdebug.fr : Le « big data » ou la recette secrète du succès d’Emmanuel Macron ?

    Crashdebug.fr : Cash investigation : Marketing : les stratégies secrètes (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

    • Action collective contre Enedis : « Le compteur Linky mesure aussi le comportement des consommateurs »
      https://www.youtube.com/watch?v=lLiT5WosLyU

      Entretien du 25/02/2020 avec Christophe Léguevaques, avocat au barreau de Paris. Il était invité à s’exprimer sur l’action collective en justice d’avocats contre Enedis, l’entreprise chargée de gérer le réseau d’électricité en France, suite à une pétition signée par 12 000 personnes. Il affirme, en se basant sur la loi française, que les consommateurs n’ont pas d’obligation légale d’avoir ce compteur chez eux, et que cette action collective a pour but de les protéger.

    • "Ce compteur dit intelligent est une intelligence de surveillance et non pas une intelligence au service du consommateur. Linky est équipé d’un dispositif qui détecte l’utilisation de tout appareil électrique dans un logement. Ainsi, Enedis peut connaître votre comportement au quotidien (...) À terme, Enedis veut devenir un courtier de la data en revendant les données à un tiers. Nous avons les preuves que l’opérateur exploite déjà les données des consommateurs" , alerte maître Durant.

      Selon le duo, c’est une manière d’analyser le comportement des consommateurs avant que l’État ne mette en place, à terme, une nouvelle fiscalité sur la consommation électrique pour compenser la perte de recettes fiscales qui sera liée à la baisse de consommation des énergies fossiles.

  • Benoît Delépine, Corinne Masiero et Blanche Gardin font souffler l’esprit des gilets jaunes sur la Berlinale [photos] - Charente Libre.fr
    https://www.charentelibre.fr/2020/02/24/benoit-delepine-corinne-masiero-et-blanche-gardin-font-souffler-l-espr

    Pour leur 10e long-métrage, Benoît Delépine et Gustave Kerven (« Mammuth ») se sont appuyés sur notre rapport au monde numérique pour brosser un tableau actuel, entre ubérisation du travail, exploitation des données personnelles, développement de l’intelligence artificielle… Le film suit une mère de famille victime d’un chantage à la sextape, un père surendetté dont la fille est victime de harcèlement et une chauffeur de VTC dépitée par sa faible note professionnelle. Tous trois se sont connus sur un rond-point, un des lieux de contestation des gilets jaunes, deux ans plus tôt. Ecrasés par leurs problèmes d’argent, ils passent leur temps sur leurs portables à tenter de revendre des objets, à répondre aux sollicitations de démarcheurs appelant du bout du monde, à comparer les tarifs des mutuelles ou à appeler des numéros verts surtaxés.

    #cinéma #film #gilets_jaunes #contestation

  • Tremble, HADOPI ! – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2020/02/24/tremble-hadopi

    Le 12 février dernier, le Conseil d’État a accepté notre demande de transmettre au Conseil constitutionnel une question sur la constitutionnalité des pouvoirs de la HADOPI. Cette question porte sur le pouvoir donné à ses agents pour accéder aux données permettant d’identifier les internautes à partir de leur adresse IP. Ce même pouvoir qu’à plusieurs reprises, la Cour de justice de l’Union européenne et le Conseil constitutionnel ont déjà jugé contraire aux droits fondamentaux dans d’autres cas semblables. (...)

    #HADOPI #CJUE #LaQuadratureduNet

  • Sources: US-proposed GERD deal sets Ethiopia water release at 37 bcm, major disputes remain | | Mada Masr
    https://madamasr.com/en/2020/02/17/feature/politics/sources-us-proposed-gerd-deal-sets-ethiopia-water-release-at-37-bcm-major-

    A draft agreement prepared by the United States and the World Bank regarding the construction and filling of the Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) is expected to be sent to Egypt, Ethiopia and Sudan on Monday, according to a source in an international development organization close to the talks. The three sides will have around three days to review the terms and send their comments back to US officials, the source says.

    The source, who spoke to Mada Masr on condition of anonymity, says that the US-prepared proposal aims to bridge disputes over a number of key issues, including the annual release of water from the Blue Nile through the dam to the downstream countries of Sudan and Egypt, the latter of which has repeatedly expressed concern over water shortages that would result from the dam’s construction.

  • Is bad data killing women?
    https://www.bbc.co.uk/sounds/play/w3csynkn

    The impact of leaving women’s bodies out of research ranges from phones that are too big for female hands, to women being more likely to die if they’re in a car accident. Kim Chakenetsa talks to Caroline Criado Perez and Lauren Klein, two women investigating the data gender gap and how to resolve it. Source: BBC Sounds

  • La Mongie – Ils ont viré le siège réservé à Emmanuel Macron | La Semaine des Pyrénées
    https://www.lasemainedespyrenees.fr/2020/02/24/la-mongie-ils-ont-vire-le-siege-reserve-a-emmanuel-macron


    Un télésiège réservé… les gus qui rêvent manifestement d’une bonne grosse #monarchie.

    Suite à l’échec des négociations avec le Ministère du Travail, les salariés continuent leur mobilisation. Dans la matinée, ils se rendront à la Préfecture pour y déposer, le fameur « siège présidentiel », aux couleurs tricolores réservé à Emmanuel Macron et son aéropage, à chaque fois qu’il vient skier à La Mongie et qu’il utilise le télésiège du Béarnais.

  • Adèle Haenel : « La France a complètement raté le coche » de #MeToo - The New York Times
    https://www.nytimes.com/fr/2020/02/24/movies/adele-haenel-metoo-francais.html

    Certaines personnalités politiques ont regretté que vous vous soyez initialement exprimée dans les médias plutôt que de porter plainte. Pourquoi ce choix ?

    Parce qu’on a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité. Des personnalités politiques ont exprimé leur surprise, mais savent-ils ce que c’est, aujourd’hui, pour une femme, de se retrouver dans le système judiciaire en France ? Est-ce qu’on prend en compte les grandes difficultés qui jalonnent le parcours d’une femme victime de violences sexuelles ?

    Mon dossier est maintenant traité de manière idéale, avec des gendarmes et des policiers attentifs et bienveillants. Je souhaite ce traitement à toutes les victimes.

    Quel regard portez-vous sur la façon dont ces dossiers sont habituellement traités en France ?

    La loi française définit le viol comme un acte sexuel commis au moyen de violence, de surprise, ou de contrainte : elle est centrée sur la technique employée par l’agresseur, pas l’absence de consentement de la victime. Or, si une victime est sidérée pendant l’agression, comment fait-on pour obtenir justice ?

    On doit aussi croire toutes les femmes qui parlent. Dès qu’une femme a moins de pouvoir qu’un homme, on la soupçonne de vouloir se venger. On n’a rien à gagner à se dire victime et les conséquences sur la vie privée sont très négatives.

    Emmanuel Macron a évoqué une société française « malade du sexisme » et s’est engagé à combattre les violences faites aux femmes et de faire de l’égalité hommes-femmes la « grande cause du quinquennat ». Quel est votre avis sur l’action du gouvernment à cet égard ?

    Il n’y a pas assez de moyens alloués pour changer la situation, et on a dans le gouvernement actuel un représentant qui a été accusé par différentes femmes d’agressions sexuelles et d’abus de faiblesse.

    La lenteur de la réactivité du gouvernement face au phénomène #MeToo laisse penser que les pouvoirs publics tolèrent une marge de violence sur les femmes. Cela reste dans une certaine mesure encore accepté.

  • Émilie a fait de la garde à vue

    #Emilie_Rolquin est étudiante en école d’animation. Le 8 décembre 2018, elle fait partie des 974 personnes placées en garde à vue à Paris à l’occasion de l’acte 4 des Gilets jaunes. Ces 24 heures de privation de liberté, les cellules sales, sa rencontre avec la police, c’est tout cela qu’elle raconte admirablement dans ce petit film d’animation.


    https://www.youtube.com/watch?time_continue=82&v=n4fnRmLzH8E&feature=emb_logo

    #film_d'animation #lumière #odeurs #témoignage #fouille #bruit #attente #dignité #haine #police #audition #droits #droits_humains #épreuve_mentale

  • Depuis sa cellule de la nouvelle Bastille, Valentin écrit une lettre d’amour à la démocratie.
    « On étouffe ! On étouffe ! »
    https://lundi.am/On-etouffe-On-etouffe

    Valentin B. est accusé d’avoir incendié La Rotonde, ce restaurant où le président Emmanuel Macron est venu fêter son accession au second tour de l’élection présidentielle. Incarcéré à la prison de la Santé, nous publions ici sa première lettre publique.

    Selon les sondeurs, encore une ou deux enquêtes d’opinion et Emmanuel Macron deviendra le président le plus impopulaire de la Ve République. Nul besoin d’être un fin observateur, ni même d’attendre d’autres sondages, pour pouvoir affirmer que l’actuel chef de l’Etat s’impose chaque jour comme le plus détesté. Si personne n’aimait Hollande, celui-ci n’était guère aussi haï que celui qui fut son Ministre. Loin de la posture bravache qu’il adopte devant ses proches (« qu’ils viennent me chercher », « Ils me tueront peut-être d’une balle, mais jamais d’autre chose ») il s’en était parait-il ému quand en décembre 2018, à la faveur d’un déplacement au Puy-en-Velay, il avait été hué et le cortège présidentiel poursuivi. Un épisode qui a dû lui revenir en mémoire quand en janvier dernier il fut exfiltré d’une représentation théâtrale dans le Xe arrondissement (c’était le mouvement social qui cette fois toquait à la porte).

    Selon le journal le Parisien, c’est pourtant un autre événement qui a marqué le couple présidentiel ce soir-là : l’incendie partiel de la Rotonde, brasserie du 105 bd de Montparnasse. Si l’on cherche les symboles qui accompagnèrent la prise de pouvoir du manager Macron, il faut se plonger en mai 2017. On a alors en tête peut être la longue marche dans la cour du Louvre, mais certainement aussi cette petite sauterie deux semaines plus tôt, qui rassembla ses soutiens et fidèles, c’était à la Rotonde, son Fouquet’s à lui...

    • On étouffe ! On étouffe !
      Laissez-nous respirer, laissez-nous être, laissez-nous vivre ! Libres ! Dignes ! Debouts !

      Quand la douleur se heurte au mépris et au cynisme. Quand l’autoritarisme prend le masque de la démocratie, alors, oui, il peut monter le coup de colère, elle peut venir l’envie d’effacer, même pour un instant, ce sourire serein et moqueur du visage de cette élite auto-proclamée qui détruit tout et de griffer le masque de tyran qui les inspire.

      Ils crachent sur le peuple et piétinent nos droits dans le silence feutré des salons de velours rouge.

      A ces « élites », que désormais seule la violence d’État et les propagandes éditoriales/publicitaires protègent, pour tous ceux qui souffrent pas votre faute, je veux dire ceci :

      Sachez que nous ne baisserons pas les yeux, nous n’aurons pas honte devant vos injonctions aux condamnations morales et que nous continuerons de rêver, que nous continuerons de lutter, car notre cause est belle, car notre cause est juste, car nous portons en nous l’invincible espoir d’un monde meilleur, où brille la lumière de la liberté.

      Tous ceux qui « condamnent la violence » sans jamais en interroger les causes, ces éditorialistes, ces petites moralistes d’état, tous ceux qui obéissent au clergé médiatique et s’offusquent entre gens de bonne compagnie traitent l’action symbolique d’« attaque contre la démocratie ». « Mais où va-t-on ? », « Mais ce n’est pas comme ça que l’on exprime sa colère en démocratie ». Démocratie. Démocratie ?
      Mais laquelle ?
      Nous sommes au contraire un cri d’amour pour la démocratie, qui ne demande qu’à naître. Enfin ! Car la démocratie est aujourd’hui confisquée par une petite mafia qui se distribue tous les pouvoirs et manipule les consciences.
      Oui, un cri de révolte lancé à la face de ceux qui se pensent au dessus des lois, au dessus des gens, prisonniers qu’ils sont de leur petit monde de compromissions et de corruption.
      Un cri. Un cri pour tenter de les réveiller.
      Enfin !

      Puisse la fumé noire qui monte des rues de Paris, le samedi, le jour et parfois la nuit, leur remonter jusqu’au narines et peut-être leur rappeler que partout dans ce pays des gens souffrent en silence et ne parviennent plus à vivre.

      Puisse le feu de la colère qu’ils ont allumé eux-même éblouir leurs yeux aveugles, si possible, et purifier leur âme corrompue... et pourquoi pas leur rappeler que l’on ne répond pas à la colère légitime d’un peuple par la violence et la mutilation de masse en toute impunité.
      Ah oui ! Voilà les véritables attaques contre la démocratie. Sanglantes !
      Qui sera jugé pour ces crimes de sang ?
      Et par quelle justice ?
      Où se cachent le(s) responsable(s) ?
      Où faut-il venir le(s) chercher ?
      Non, non, quand la violence disproportionnée et illégitime est utilisée systématiquement pour écraser le peuple souverain, il ne faut pas s’étonner que le ton de la résistance se durcisse un peu, non ?
      État, « élites », je veux dire encore un mot, quand même.
      Si notre violence est toujours proportionnée, symbolique, mesurée, la votre est criminelle : c’est bien notre sang que vous avez sur les mains ! Et aucune assurance ne remboursera le prix du sang versé. Dans ce combat, des gens honnêtes et droits engagent leur vie pour la dignité de toutes les autres. Et vous ? Que faites-vous ?
      Vous qui condamnez la main qui jette l’allumette, drapés que vous êtes dans votre petite morale bon marché, ignorants que vous êtes de l’histoire des luttes et des révolutions, vous qui vous tenez pour toujours du côté des maîtres, des esclavagistes, des tyrans, des petits marquis poudrés, vous qui vous indignez de la perte provisoire de l’un de vos repères à huitres, vous restez muets, et aveugles – et lâches ! - devant la misère, la violence sociale et la répression sanglante que votre monde inflige à des gens vertueux, courageux, qui se battent pour la liberté et pour le droit de tous à vivre dignement. Oui, juste dignement ! Ne serait-ce pas la solution pour que cessent toutes violences ? Dignement.

      Nous sommes un cri. Un cri dans la nuit. Un cri d’amour, un cri pour la vie. Un cri vibrant d’espérance.

      Un cri : nous ne sommes plus à genoux devant vous. Nous vous voyons. Nous n’avons plus peur.

      À tous ceux qui se battent pour leurs droits, qui souffrent dans leur chair mais qui se tiennent debout, qui paient cher leur soif de justice, je dis : merci. Nous sommes le futur.

      Valentin

  • Casey est de retour ! Nouveau groupe, Ausgang, nouveau clip (ci-dessous), nouvel album le 6 mars prochain, concerts le 17 mars à La Maroquinerie, le 10 avril à Ivry, et à suivre...

    Chuck Berry
    Ausgang (Casey, Marc Sens, Manusound, Sonny Troupé)
    https://www.youtube.com/watch?v=ijPK6pLKy1E

    Me demande pas si je suis à ma place, j’ai déjà brûlé la scène
    Te voiler la face, c’est te faire croire que l’inventeur du rock n’a pas du tout mes gènes
    Et dans les champs au bas de l’échelle, oui c’est mon peuple qui portait les chaînes
    Plutôt qu’faire ça dans la rock, attitude de toute la bourgeoisie parisienne
    Moi, j’aime le cuir, le blanc de mes pompes, le bleu de mon jean, c’est de l’hygiène
    Paraître pauvre, c’est un caprice, un privilège que les riches aiment
    Ma race a mis dans la musique sa dignité de peur qu’on lui prenne
    A fait du blues, du jazz, du reggae, du rap pour lutter et garder forme humaine
    Et l’Occident qui avait honte a inventé le punk s’est haï lui-même
    Tu as le cuir, la coupe, les clopes, les bottes et la Fender
    Les anecdotes, Les Enfants du Rock, la collection de vinyles de ton père
    Je l’ai dans la chair, je l’ai dans les veines, qu’est-c’que tu crois ? Cette histoire est la mienne

    J’ai dit Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry

    Je fais du rap, je fais du rock où je vais, je suis moi-même
    Ces deux milieux sont jamais prêts pour le show que je produis chaque fois qu’je m’amène
    Anomalie du 93 avec une gueule caribéenne
    J’ai un penchant, j’l’ai jamais caché pour les textes qui autopsient ma haine
    Ma bouche a tout, toujours des cartouches à cracher et du coup cela créé le malaise
    Et je suis noire dans un monde blanc, c’est impossible que je le taise
    Sur la guitare, la batterie et la basse, je viens casser l’ambiance et rapporter la crasse
    Le rock est sans défense, je bouge dans tous les sens, l’ai arrosé d’essence, lui ai donné la chasse
    Oui, j’ai l’aisance, je l’ai dans le sang, dans mon élément, ça me va comme un gant
    On m’a pas invité, c’est pas moi qu’on attend, je viens représenter le clan des combattants
    Dispo pour ma diaspora pillée par des types mourants
    J’l’ai dans la chair, j’l’ai dans les veines car cette histoire est la mienne

    #Casey #Ausgang #rap #rock #Musique #Musique_et_politique #France #Chuck_Berry

  • Soins psychiques : l’État va-t-il exclure du service public la majorité des enfants et adolescents ?
    https://www.bastamag.net/Etat-ARS-demanteler-CMPP-centres-psychologiques-enfants-adolescents

    En Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de #Santé_veut obliger les centres psychologiques pour enfants et adolescents à changer de fonctionnement. Et à exclure du soin des milliers d’enfants, pour les renvoyer vers le secteur privé. Le conflit est révélateur d’un tournant pris depuis plusieurs années par les instances du secteur public de la psychiatrie. Fin 2019, en Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de santé (ARS) a transmis un nouveau « cahier des charges » aux directions des centres (...) #Résister

    / Quel avenir pour nos protections sociales ?, Santé , #Services_publics, A la une

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

    • « Le document dit qu’il faut orienter soit en Rased, soit vers des professionnels exerçant en libéral. Mais la plupart des enfants que nous accompagnons n’ont pas les moyens d’aller en libéral, et les Rased, il y en a de moins en moins. Nous avons déjà aujourd’hui de plus en plus de cas où nous ne pouvons pas réorienter les enfants vers d’autres », précise à Basta ! la psychologue de Nouvelle Aquitaine. « Ce qu’ils appellent les cas légers, les "non-TND" [troubles du neuro-développement], ne seront pas soignés, ou alors renvoyés vers le privé. Les cliniques privées vont avoir le champ ouvert », alerte de son côté Martin Pavelka, pédopsychiatre en hôpital public et représentant de l’Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile (API). L’ARS d’Aquitaine a indiqué qu’elle ne souhaitait pas communiquer sur le sujet pour le moment.

  • Caisse d’Epargne teste le statut de banquier « auto-entrepreneur » | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/exclusif-caisse-depargne-teste-le-statut-de-banquier-auto-entrepreneur-1172

    Selon nos informations, la banque souhaite mener des tests en Bretagne et dans les Pays de la Loire pour employer des conseillers indépendants, en partie rémunérés aux commissions. L’expérience est inédite en France, et fait déjà grincer les syndicats au sein du groupe BPCE, filiale des Caisses d’Epargne. Dans un secteur en pleine transformation, bousculé par le numérique, l’évolution des usages et les taux négatifs, les banques cherchent la parade. Et imaginent toutes les solutions pour continuer à (...)

    #conditions #finance #travail #Ubérisation #banque

  • Une alternative à Gmail se prépare pour 2020, en Suisse - TOOLinux
    https://www.toolinux.com/?Une-alternative-a-Gmail-se-prepare-pour-2020-en-Suisse

    La société basée à Genève annonce qu’elle proposera dès le troisième trimestre 2020 des adresses email gratuites qui permettront de synchroniser facilement contacts et calendriers sur tous les appareils. Les internautes souhaitant utiliser une alternative à Gmail, Yahoo ! ou encore Outlook pourront ainsi gratuitement bénéficier de cette solution « indépendante et développée entièrement en Suisse ».

    Ce n’est pas une première dans le pays, puisque Protonmail propose déjà une offre gratuite (limitée), mais sans possibilité de synchroniser aisément ses contacts et ses rendez-vous. La raison : le cryptage de toutes les communications rendant impossible la synchronisation via les protocoles classiques.

  • Enquête sur Didier Lallement, le préfet de police à poigne d’Emmanuel Macron*, Ariane Chemin et Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/23/enquete-sur-didier-lallement-le-prefet-de-police-a-poigne-d-emmanuel-macron_

    C’est Emmanuel Macron en personne qui, au cœur de la crise des « gilets jaunes », l’a choisi pour devenir préfet de police de Paris. Républicain autoritaire et fan de la Légion étrangère, Didier Lallement est aussi un habile politique.

    Une casquette. Elle devance l’homme, comme le prolongement de l’être. Large visière arrimée à une coiffe bleu nuit brodée de feuilles de chêne et de laurier en cannetille dorée : depuis un an, elle mange le visage allongé et osseux de Didier Lallement – tour de tête 56 cm : un petit coiffant, comme on dit. Lorsqu’il descend dans la rue, impossible de le rater : le couvre-chef le dévore, comme une galette trop grande pour lui. « La taille réglementaire », assure le préfet de police de Paris.
    Il faut le prendre au pied de la lettre : en matière d’uniformes, il s’y connaît. « La circulaire Castaner qui nous fait changer d’habit, c’est quand même à cause de lui ! », s’amuse un préfet de la région parisienne en citant l’arrêté de novembre 2019 qui propose une « tenue opérationnelle » aux hauts fonctionnaires allant sur le terrain. Il fallait quand même une alternative au « veston croisé de cérémonie », cette tenue officielle, vieille de Vichy, « période amiral Darlan » ! Didier Lallement préfère la veste droite, façon Jean Moulin. En 2012, l’ex-secrétaire général du ministère de l’intérieur avait déjà tenté de faire valoir ses talents de créateur de la préfectorale devant le cabinet de Manuel Valls, mais le locataire de Beauvau avait d’autres priorités.
    Sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes », la casquette du préfet Lallement est devenue un mème, détournée, agrandie, moquée. Comme une métonymie du nouvel ordre policier incarné par cet homme jusque-là inconnu du grand public. A 63 ans, ce père de deux enfants a réalisé son fantasme : « PP » pour préfet de police, comme on dit « PR » pour le président de la République : le Graal de la préfectorale. En 2015, au cœur des attentats, le visage de François Molins, procureur de la République de Paris, avait incarné aux yeux des Français le bouclier de la justice face au terrorisme. Celui, raide et austère, de Didier Lallement symbolise désormais le maintien de l’ordre à Paris.

    « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles »
    Le temps est à l’orage social et le président de la République raffole des grandes gueules. Didier Lallement n’a pas besoin de forcer son caractère pour jouer le « bad cop », le méchant. Sur la route de ses affectations, il laisse des souvenirs de colères froides et de mots cinglants. Parmi les scènes épiques, cette réunion à la préfecture de Bordeaux, début 2018. Lallement est alors préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est mécontent du travail d’un des services de police. « Vous allez finir sur un croc de boucher », lance-t-il à l’un des commissaires du service lors d’une réunion hebdomadaire de sécurité intérieure. Silence pétrifié. « Le lendemain, on a tous regretté de ne pas s’être levés », raconte l’un des fonctionnaires présents.
    « Je ne veux plus vous voir ! » A son arrivée sur l’île de la Cité, le 20 mars 2019, six mots lui ont suffi pour congédier l’un des collaborateurs de Michel Delpuech, son prédecesseur. A la Préfecture de police de Paris, les secrétaires apprennent à courber l’échine. « C’est un homme qui fait pleurer », regrette l’un de ses amis. « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles », tranche Lallement devant la directrice adjointe de son cabinet. « Moi, ce qui m’émeut, c’est le drapeau tricolore qui flotte au vent, le visage des hommes et des femmes qu’on passe en revue… »

    « Pour nourrir la geste des “gilets jaunes”, Lallement est parfait », sourit l’ancien ministre chiraquien Dominique Perben, qui a guidé sa carrière. Le chef des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, l’a traité de « préfet psychopathe » et accusé d’« organiser le désordre et la pagaille » dans les rues de la capitale. Maxime Nicolle, alias Fly Ryder, a porté plainte contre le PP après une garde à vue jugée arbitraire, le 14 juillet 2019. Une autre figure des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, parle même de la « Gestapo de Lallement »…
    Le pouvoir apprécie : un vrai paratonnerre. Sur les pancartes, c’est le portrait du préfet, casquette vissée sur la tête, qu’on brandit pour dénoncer les violences policières. « Tant mieux », commente-t-il, bravache : « Pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet », ce général de brigade surnommé le « Massacreur de la Commune ». 

    Didier Lallement est là pour mater les black blocks, empêcher les « gilets jaunes » de monter à l’assaut de l’Elysée et « permettre aux manifestants d’arriver à destination, quand les précortèges les en empêchent ». Et tant pis s’il faut noyer les défilés sous les lacrymos, comme le 1er mai 2019. « Cette crise, il la vit comme une sorte d’opportunité. Il se veut le rempart contre le désordre et un climat insurrectionnel, comme sous la IIIe République », analyse l’historien de la Préfecture de police, Olivier Renaudie, par ailleurs professeur de droit à l’école de La Sorbonne.

    « Je suis là pour protéger le président »
    « Alors, vous n’avez pas peur de pénétrer dans l’antre du dragon ? », aime provoquer M. Lallement en fermant la porte de son bureau. En ce début février, il reçoit Le Monde dans une salle de réunion. Commence par s’étonner qu’on ait servi un café matinal, un simple verre d’eau aurait suffi. Poursuit par cette scène peu banale : « Ce n’est pas vous qui allez poser les questions, c’est moi qui vais parler. Pour comprendre qui je suis, c’est ici », lance-t-il en faisant glisser sur la table une carte en plastique. Au verso du portrait héroïque d’un « képi blanc », les sept articles du code d’honneur de la Légion étrangère. « Lisez le 6 : “La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.” » Explicite, en effet.

    Le président Macron et le préfet Lallement, lors de la commémoration du 11-Novembre, en 2019, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP
    « Evidemment, je ne suis pas à Camerone [défaite concédée au XIXe siècle par une soixantaine de « képis blancs » face à plus de 2 000 soldats mexicains]. Et je ne vais pas mourir, ajoute le préfet, encore que… » Trois mois avant sa nomination en remplacement de Michel Delpuech, le palais de l’Elysée a manqué de « tomber », en décembre 2018. Plus aucun « gilet jaune » ne doit ainsi s’en approcher. « Quand je l’ai reçu dans mon bureau, confie la maire de Paris, Anne Hidalgo, j’ai été frappée par cette phrase qu’il m’a lâchée : “Je suis là pour protéger le président.” »
    Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve par exemple l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre
    Didier Lallement est venu rétablir l’ordre face à la « chienlit », comme disait le général de Gaulle, un auteur qu’il aime lire entre deux livres de science-fiction. Un de ses modèles, avec « le Tigre », Georges Clemenceau – « l’homme le plus détesté de la IIIe République, mais qui a sauvé la France ». Il aime autant les blagues de l’ancien président du conseil – « Pour mes obsèques, je ne veux que l’essentiel, c’est-à-dire moi » – que son sens du devoir. « Je suis le commissaire du gouvernement auprès de la Fondation Musée Clemenceau », glisse-t-il fièrement.

    « La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener. » Christophe Castaner ne pouvait pas trouver meilleure citation le jour de l’intronisation de Didier Lallement. « Ça m’a plu », convient le PP. Même s’il n’a pas l’air pressé d’appliquer la « réforme » qui lui a été confiée en plus du maintien de l’ordre : délester la Préfecture de police d’une partie de ses immenses prérogatives. Seul changement pour l’instant, le logo. Il est désormais surmonté du sigle du ministère de l’intérieur, façon d’assurer symboliquement la loyauté de cette institution souvent qualifiée d’« Etat dans l’Etat ». Décidément, Didier Lallement aime marquer de son fer l’imagerie de la République.

    Le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité
    Les caricatures dans lesquelles on s’enferme découragent parfois d’aller au-delà. Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve, par exemple, l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre, « une arme du faible au fort », lâche-t-il. Certains l’ont même entendu parler d’« arme à la con ». Au passage, il livre sa version personnelle – et saugrenue – des nombreuses blessures à la tête lors des défilés de « gilets jaunes » : la vitesse du projectile est inférieure à celle du son et pousserait la cible à se baisser en entendant la détonation…
    Contrairement à l’image qui lui colle à la peau, le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité. L’idée des fameuses BRAV-M, ces brigades de répression de l’action violente motorisées, sorte de pelotons de voltigeurs dépossédés du « bidule », leur longue matraque en bois, n’est, en réalité, pas la sienne. C’est Michel Delpuech, limogé du jour au lendemain après le saccage du Fouquet’s, le 16 mars 2019, qui avait créé les détachements d’action rapide (DAR). Didier Lallement s’est seulement chargé d’améliorer l’efficacité du dispositif et d’y apposer un nouveau sigle.

    Dans le petit cénacle de la haute fonction publique, il était connu pour la création de toutes pièces, entre 2007 et 2010, du grand ministère de l’écologie, dont il fut secrétaire général sous Jean-Louis Borloo. Et, surtout, pour son expertise de la mécanique interne de l’Etat. « Didier a été directeur de cinq administrations centrales, c’est rare pour un préfet, rappelle l’ancien patron de l’Inspection générale de l’administration, Marc Abadie, qui l’a choisi pour témoin de mariage et parrain républicain de l’un de ses enfants. Il peut vous disséquer un programme budgétaire et vous expliquer ce qui va “bouger” entre le titre 2 et le titre 3. » L’orfèvre des codes administratifs est aussi l’un des fondateurs de l’intercommunalité. « Avec François Lucas, il est de ceux qui m’ont aidé à mettre en place la loi de 1999 qui a redessiné le paysage français », rappelle l’ancien ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement.

    C’est lui, le « Che », qui lui permet de « prendre la casquette », comme on dit. C’est même la dernière nomination de préfet du ministre Chevènement : en 2000, il offre à Lallement son premier poste dans l’Aisne, juste avant trois années passées à la tête de l’administration pénitentiaire. La maison est réputée difficile : « Un milieu où tout est plus intense qu’ailleurs », glisse le préfet, qui n’a oublié aucun détail de la « belle » d’Antonio Ferrara, exfiltré à l’explosif de la prison de Fresnes par un commando. C’est durant ces années 2001-2004 qu’apparaît pour la première fois le nom de Lallement en « une » du Journal du dimanche, inscrit sur… les banderoles des puissants syndicats de la pénitentiaire. Didier Lallement quitte les prisons en laissant derrière lui la création des Eris, ces unités d’élite chargée d’intervenir en milieu carcéral. Et, tiens, un drapeau de l’institution, dessiné à sa demande…

    Il collectionne les médailles
    « Cet homme a une carapace. Sous la casquette, il y a un mystère », souffle un préfet. Reprenons les étapes qui ont forgé ce « républicain autoritaire ». « En 1979, j’étais permanent des jeunes du CERES, ce centre d’études de l’aile gauche du Parti socialiste [PS] dirigé par Chevènement. Lui en était un des chefs et un bon organisateur », raconte Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. « Il adorait les opérations de maintien de l’ordre », assure un des animateurs du Crayon entre les dents, le journal des étudiants. « Il frappait surtout par son profil sévère, sérieux, pas très rigolo : “social triste”, on disait à l’époque », ajoute le journaliste Eric Dupin. « Le CERES a été un moule à moines soldats rugueux et souvent insensibles au fait d’être minoritaire ou incompris », note le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, un autre ancien.

    Jusqu’à la guerre du Golfe, en 1991, Didier Lallement a sa carte du PS. Et pour le « petit banlieusard » de la région parisienne, la vie étudiante – il est inscrit à l’Ecole supérieure de gestion –, c’est d’abord « la découverte de l’intelligentsia ». Ses parents sont, en effet, « des gens modestes qui n’avaient pas le bac », confie-t-il. Son père est représentant de commerce (« on a déménagé 18 fois »), sa mère a fini « chef des caisses de La Samaritaine ». Après les jeunes du CERES, les « frères » maçons du Grand Orient de France sont ses écoles de formation.

    « Dans ma famille, la réussite, c’était d’avoir le badge rouge, raconte le préfet. “Si un jour tu deviens chef de rayon, tu l’auras”, me disait ma mère. » Une clé pour tenter de comprendre l’énigme Lallement ? Sur le revers de son costume, le préfet de police porte la rosette de commandeur de l’Ordre national du mérite – bien mieux que le badge rouge. Déjà, au secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports, sous François Mitterrand, on se souvient combien ce jeune chef de cabinet raffolait des cérémonies de remise de médailles. Il collectionne lui-même les breloques en tout genre, mais refuse d’en livrer le chiffre précis : « Vous savez bien que le nombre de décorations est inversement proportionnel à la santé de la prostate. » Une blague de corps de garde, on ne se refait pas. Cet amateur de grosses bécanes a fait graver l’insigne de la Légion étrangère sur la plaque d’immatriculation de sa dernière Harley-Davidson.

    « Je suis fana mili », rit-il souvent. En 1984, en soutien à la révolution sandiniste, Lallement s’était rendu au Nicaragua : comme une partie de l’extrême gauche, le CERES y envoyait les jeunes aider à résister à l’impérialisme américain. Pourquoi donc n’avoir pas « fait » l’armée, plutôt qu’une école de commerce ? Faute de guerre. Les trois générations qui l’ont précédé ont eu chacune la leur. Son arrière-grand-père a combattu en 1870, son grand-père en 1914 – le préfet a gardé ses courriers adressés au ministère de la guerre au sujet d’une Légion d’honneur qui ne venait pas –, son père durant la seconde guerre mondiale. L’imaginaire de Didier Lallement est peuplé de fantômes. « Verdun, Chartres… Il y a des ossements de Lallement partout, même en Italie. »

    Un oncle à Monte Cassino
    Ils ont failli lui coûter cher. Le samedi 16 novembre 2019, acte 53 des « gilets jaunes », des manifestants s’en prennent à la stèle du maréchal Juin, aux abords de la place d’Italie. Quoi ? Ils ont profané un héros de la guerre d’Italie ! Dans la salle de commandement de la Préfecture de police où il prend désormais place tous les samedis, face aux écrans de contrôle, le sang du préfet Lallement ne fait qu’un tour : l’un de ses oncles a été tué lors de la bataille de Monte Cassino, en 1944, sous les ordres de celui qui dirigeait le corps expéditionnaire français. Didier Lallement ne connaissait pas le monument mais, dès le lendemain, il décide de venir rendre les honneurs sur place, blouson sur le dos, casquette sur la tête, au garde-à-vous.

    Alors qu’il s’éloigne, une femme l’interpelle. « Je savais que c’était le préfet de police, on le voit partout à la télé, raconte au Monde Laetitia Bezzaouia, 61 ans, qui se présente comme responsable d’une association d’aide aux victimes. Moi, je parle à tout le monde. » Cette habitante du XIIIe arrondissement s’apprête à attraper un bus pour faire son marché à La Courneuve, où « il y a des supertrucs pas cher ». Le préfet tend sa main. « Comment ça se fait que vous arrivez pas à les arrêter les black blocks ? », interroge Mme Bezzaouia. « On les a arrêtés », répond Lallement. Le dialogue s’engage quand, tout à coup, l’œil du préfet aperçoit un pin’s « gilet jaune » sous l’écharpe de son interlocutrice, et son sac fluo « I love Paris ».
    – Vous avez un joli gilet jaune, lance le préfet, comme s’il s’était fait prendre.
    – Oui, je suis “gilet jaune”, répond Mme Bezzaouia.
    – Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame, cingle Didier Lallement, qui reprend illico sa route et jette un « ça suffit » martial en guise de salut.

    Une équipe de BFM-TV a surpris la longue silhouette de Didier Lallement. La scène tourne en boucle sur les réseaux. Une amie fidèle gronde le préfet : « A quoi ça sert de jouer le caïman à sang froid si c’est pour prendre un coup de chaud à la première occasion ? » Ceux qui n’ont pas oublié que Lallement ne vient pas de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et du sérail, les jaloux et ses nombreux ennemis s’en donnent à cœur joie : enfin, la saynète montre sa vraie nature. « Que voulez-vous, il les a coiffés au poteau en se montrant odieux avec tout le monde », s’amuse une préfète. « Lallement est un stratège sans manières. Il sait affirmer la place de l’Etat mais a des manières de brute », résume un commissaire.

    « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime à dire le préfet de police.
    Aux réunions du conseil de Paris, on se fait mal à sa nonchalance. Le préfet de police est contraint, statutairement, d’y assister : il reçoit une partie de son financement des caisses de la mairie. Dire que Didier Lallement s’y ennuie est un euphémisme. Il s’y morfond. Pouce dans la ceinture, vaguement avachi, œil vague dernière ses fines lunettes, il répond négligemment aux questions des élus sans prendre aucune note. Ses relations avec Anne Hidalgo deviennent vite exécrables. « Mon patron, c’est le ministre de l’intérieur, ce n’est pas la maire de Paris », oppose-t-il. D’ailleurs, il juge « surannée » cette présence imposée au conseil municipal de la capitale.

    Le temps d’un drame, Anne Hidalgo et lui ont pourtant fait la paix. Une vraie trêve. Le 3 octobre 2019, six mois après l’installation de Lallement, Mickaël Harpon, l’un des agents de la direction du renseignement, est abattu dans la cour de « sa » Préfecture, après avoir assassiné quatre fonctionnaires au couteau. Didier Lallement débarque immédiatement sur la scène de crime. « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime-t-il dire. Le spectre d’une infiltration islamiste au cœur de l’institution censée incarner la sécurité se met à planer sur l’île de la Cité.

    Trois mois plus tard, Cédric Chouviat, livreur à moto, père de cinq enfants, meurt après un plaquage au sol par quatre fonctionnaires lors d’un banal contrôle routier. En ce mois de janvier 2020, la polémique sur les violences policières repart de plus belle et Didier Lallement se retrouve pointé du doigt, d’autant que l’épisode de la place d’Italie n’est pas oublié. A l’issue de ses vœux à la presse, le 15 janvier, Emmanuel Macron lui décoche un petit blâme : « La police, ce n’est pas un camp », confie le chef de l’Etat à quelques journalistes qui l’interrogent sur le préfet. « Une faute », reconnaît ce dernier devant Le Monde. Vite pardonnée.

    Depuis 2002, Dominique Perben fait sa carrière
    « Aucun problème Lallement », assure son ministre de tutelle, Christophe Castaner, le 19 février. Didier Lallement fait partie de ces grandes gueules volontiers impolies, irrespectueuses ou « provos » que la macronie dit « disruptives », dont Emmanuel Macron raffole, et qui peuplent déjà le quinquennat. Entre le général Jean-Louis Georgelin, chargé de surveiller les travaux de reconstruction de Notre-Dame, et le nouveau préfet de police de Paris, flotte un air de famille. Le nouveau pouvoir excuse facilement leur mépris des politiques ou des experts et leurs excès, puisqu’ils sont là pour ça. Et eux savent qui les a nommés.
    L’histoire était restée secrète. Nous sommes le samedi 16 mars 2019. Dominique Perben rentre chez lui, près de la place de l’Etoile. Excédé. Une nouvelle fois, c’est l’émeute dans son quartier. La tenture du Fouquet’s, la fameuse brasserie des Champs-Elysées, a pris feu. Vers 19 heures, l’ancien ministre de la justice, un RPR devenu macroniste, dégaine son téléphone et envoie un message sur le numéro privé du chef de l’Etat. « Monsieur le Président… » Comment, avec les hommes qu’il a, peut-il rétablir l’ordre ? Deux minutes plus tard, petit bip, message : « Qui voyez-vous ? »

    Dominique Perben ne met pas longtemps à répondre. Depuis 2002, il fait la carrière de Didier Lallement. A son arrivée place Vendôme, Lallement est le seul directeur à rester en place, aux prisons. Deux ans plus tard, Perben supplie Nicolas Sarkozy de lui redonner un poste de préfet. « Ton mec, il est de chez Chevènement ! », râle le ministre de l’intérieur. « Alors nomme-le chez moi en Saône-et-Loire », répond Perben, qui l’accueille à Mâcon. En 2005, Perben lui propose de diriger son cabinet au ministère de l’équipement et des transports. « Il faut que j’en parle à Chevènement », répond Lallement. « Moi à Chirac », rit Perben. A l’équipement, Lallement supprime la direction des routes, fusionne le corps des ponts et du génie rural, impressionne son ministre. Ce 16 mars 2019, sur son téléphone, Perben glisse donc un nom à Macron : « Lallement ».

    Campagne et visite de courtoisie
    Emmanuel Macron connaît déjà le bonhomme : il l’a reçu en 2017, après l’élection présidentielle. Les hauts fonctionnaires aguerris se comptent sur les doigts d’une main, et le nouveau chef de l’Etat se mêle personnellement de la nomination des directeurs comme des préfets. Lallement est alors à la Cour des comptes. Il a quitté depuis trois ans le secrétariat général de la Place Beauvau. Avec Manuel Valls, les affaires roulaient, même si la relation avec Thierry Lataste, son directeur de cabinet, était tendue. Mais sous Bernard Cazeneuve, le courant ne passait pas. Ses visites de courtoisie à l’Elysée, Matignon ou l’intérieur pour gagner l’île de la Cité après la retraite de Bernard Boucault, à l’été 2015, avaient agacé tout le monde. « Mener une vraie campagne pour devenir PP, ça ne se fait pas du tout », rapporte un témoin. Ses efforts ne paient pas, et Lallement négocie seul sa nomination à la Cour, où il ronge son frein.
    La victoire d’Emmanuel Macron lui offre la chance de sortir du purgatoire. « L’Etat que je rencontre en 2017 me plaît, dit-il. Il a le souci des réformes. » Comme tout le monde, le nouveau président de la République a entendu parler des ambitions de Didier Lallement. Il pourrait lui confier les Pays de la Loire, où les zadistes de Notre-Dame-des-Landes donnent du fil à retordre à l’Etat, ou bien la région PACA. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, n’est pas chaud. Bordeaux, alors ? Averti, son maire Alain Juppé sonne Perben, qui l’a aidé lors de sa campagne des primaires du parti Les Républicains : « Dis donc, il paraît qu’on m’envoie un nazi ? » Perben éclate de rire et tresse l’éloge de son ami.

    La fin du récit, on peut la lire dans l’escalier qui mène à son bureau. Le nouveau venu y a fait installer côte à côte tous les portraits de ses prédécesseurs, comme c’est l’usage dans les autres préfectures, et déjà ajouté le sien. « Regardez les dates des nominations, glisse-t-il à un visiteur. Notez que cela correspond souvent à des moments de crises dans l’histoire de la République. » En 2017, c’est une banale chute de vélo de Michel Cadot, le préfet en place, qui avait propulsé Michel Delpuech. Le nouveau PP est certain de ne pas être le fruit d’un accident, mais l’homme du moment. Il fouille dans sa formation de base pour citer Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte : « Les hommes font l’histoire, ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. »

    #Police #maintien_de_l'ordre #répression #paratonnerre

  • #Philippe_Lévy : « L’#hôpital va s’effondrer comme une barre obsolète de banlieue »

    Dans une tribune au Parisien - Aujourd’hui en France, le professeur des universités Philippe Lévy « lance une #alerte de plus afin que le grand public perçoive les enjeux de ce qui est en train de se dérouler » à l’hôpital.

    « De tous les centres hospitalo-universitaires (#CHU) et de la majorité des #centres_hospitaliers généraux s’élève la même plainte. L’#épuisement du #personnel, la #perte_de_sens et — c’est nouveau — l’#insécurité_des_soins y sont décriés. L’#AP-HP est emblématique car c’est le plus grand établissement hospitalier d’Europe. Je souhaite par ces quelques lignes lancer une alerte de plus afin que le grand public perçoive les enjeux de ce qui est en train de se dérouler.

    Le personnel non médical — infirmier(e) s, aide-soignant(e) s, psychologues… — est écrasé en raison de #salaires de misère, de plannings sans cesse modifiés, de l’impossibilité de se loger à proximité des hôpitaux, de la destruction des équipes attachées à un service, ne permettant pas une #formation adéquate ni la #transmission_du_savoir ni la #solidarité. Les infirmières n’ont plus les moyens d’accomplir leurs tâches dans le temps imparti… On doit fermer des lits par secteurs entiers, restreignant les capacités d’accueil. Il n’y a plus d’assistantes sociales pour accompagner la prise en charge des patients précaires.

    Dans les hôpitaux, il manque des manipulateurs radio. L’AP-HP remplace les #secrétaires par des #logiciels qui font des courriers. Mais les secrétaires organisent le temps des médecins, sont capables de distinguer l’urgence de l’accessoire, de gérer l’angoisse… L’#encadrement ne contrôle plus le #soin. Il est saturé par la gestion des plannings, les glissements de tâches. L’AP-HP a été sévèrement touchée par la #réforme_des_pôles qui a détruit les #unités_fonctionnelles qu’étaient les #services autour du #chef_de_service. La création des #pôles a généré d’innombrables réunions, des mises en place d’#indicateurs de #performance. Les super #pôles_interhospitaliers ont été inventés avec un responsable médical et un #cadre_paramédical très éloignés des différents services et de leurs préoccupations. Les #super_pôles ont encore moins bien fonctionné que les pôles. Puis on a créé, sans plus de succès, les #départements_médico-universitaires. Les jeunes #médecins sont maintenus dans un état précaire pendant des années. Malgré des besoins évidents de titulaires, ils restent #contractuels et sont renouvelés (ou non) tous les six mois. Ce sont pourtant des bacs +10, responsables de vies humaines !

    Les rapports avec les directions sont de plus en plus difficiles. Elles ne sont plus au service des équipes médicales, c’est l’inverse. Il nous faut remplir des #objectifs, expliquer des déficits, signer des contrats qui n’engagent que le #corps_médical. Il y a à l’AP-HP un #administratif pour deux médecins…

    On le comprendra, le problème de l’hôpital ne se limite pas aux urgences. C’est être aveugle que de le croire, de le dire, voire de le clamer. Voilà, mesdames et messieurs les futurs usagers, rapidement brossé le paysage dévasté de ce qui est fait de l’#hôpital_public censé pourtant assurer les soins au plus haut niveau de tous, pauvres comme riches, et assurer la recherche d’excellence et la formation. Nous sommes à un #point_de_non-retour où l’hôpital public va s’effondrer comme une barre obsolète de banlieue sous le regard avide de l’#hospitalisation_privée. Le #corps_médical et paramédical ainsi que la population doivent dire stop et se lever. Plus que temps ! »❞

    http://www.leparisien.fr/societe/philippe-levy-l-hopital-va-s-effondrer-comme-une-barre-obsolete-de-banlie
    #effondrement #privatisation #macronisme #santé #hôpital_public #accès_aux_soins #soins #précarité #new_management_public #néo-libéralisation #services_publics

  • « On nous demande de soigner le patient le plus rentable »
    https://usbeketrica.com/article/on-nous-demande-de-soigner-le-patient-le-plus-rentable

    Quelques fois ça nous arrache, c’est difficile. Alors on fait de notre mieux, on opère la nuit, parce qu’on n’a pas assez de salles d’opération, on allonge nos temps de travail, on fait jusqu’à 14/15 heures en salle d’opération pour opérer les patients qui attendent, et après pour le lit, on verra. Donc la rentabilité, on en fait fi, mais c’est l’abnégation qui fait qu’on en fait fi. Là je crains que ce système n’ait raison un jour de l’abnégation du corps soignant, c’est ça qu’on peut craindre. Quand vous mettez les êtres humains dans un état de tension tel, bien évidemment vous prenez ce risque.

    Bien sûr je me fais beaucoup d’ennemis en disant ça, tout comme je me fais des ennemis quand je dis qu’il faut reverser un peu du privé au public, mais quand même, ça en vaut la peine… Parce que le système public actuel, c’est quoi ? Vous gagnez 1 200 euros par mois, vous avez un problème cardiaque grave et vous pouvez être opéré par le plus grand chirurgien cardiaque d’Europe, du pays, croyez-moi, ce sont les meilleurs du monde, et vous ne paierez pas un centime. Ce système-là, est-ce qu’il y a plus précieux que ça ? Si on va vers ce néolibéralisme qui est en train de poindre, ça veut dire que ce ne sera plus possible, ça veut dire que si vous n’avez pas un salaire de 4 ou 6 000 euros par mois, vous ne pourrez pas payer une mutuelle à grands frais, et vous ne pourrez pas vous offrir les meilleurs.

    Et si les meilleurs quittent le service public dans l’avenir pour aller dans le secteur privé, qui va former les jeunes ? La mort du service public hospitalier universitaire, ce n’est pas possible. Car qui va apprendre ? Les instituts privés, les professeurs qui vont être salariés par Google ou Medtronic ou Axa ? Ou Bayer ? Non, c’est impossible. Le CHU doit rester universitaire, c’est un creuset de formations, c’est un creuset artisanal, c’est un atelier.

    • ... je suis pessimiste. J’ai l’impression que la machine est très puissante et qu’on va finalement arriver vers les systèmes qui vont ressembler à ceux des Etats-Unis. La France est encore très attachée à un système où chacun contribue à la santé de l’autre... Peut-être qu’il y aura un réveil. Mais je n’en suis pas certain, parce que face à des billets de banque, qui ne plie pas ?

      #gâchis #criminel #France #santé #médecine

    • En Allemagne on a déjà exactement ce résultat de la privatisation des soins et hôpitaux.

      Et si les meilleurs quittent le service public dans l’avenir pour aller dans le secteur privé, qui va former les jeunes ? La mort du service public hospitalier universitaire, ce n’est pas possible. Car qui va apprendre ? Les instituts privés, les professeurs qui vont être salariés par Google ou Medtronic ou Axa ? Ou Bayer ? Non, c’est impossible. Le CHU doit rester universitaire, c’est un creuset de formations, c’est un creuset artisanal, c’est un atelier.

      A Berlin la quasi totalité des employés médecins et infirniers d’une unité de soins HIV et d’autres infections graves vient de quitter l’hôpital public à côté de chez moi pour ouvrir un nouveau service dans un hôpital privé.

      Voici le premier billet sur cette histoire : https://seenthis.net/messages/827456

      Cet hôpital privé acceuille aussi bien les patients du régime d’assurance général comme les patients privés qui ne constituent sans doute qu’une petite partie des personnes dépendantes de drogues et victimes d’une infection HIV. Dans le cas présent la situation pour les patients va vraisembleblement plutôt de s’améliorer. Les hôpitaux se trouvent à une distance d’à peine trois kilomètres et sont accessibles par les moyens de transport en commun.

      En même temps les employés des services auxiliaires du plus ancien et plus célèbre hôpital public de Berlin « Charité » font grève pour la énième fois afin de se faire ré-intégrer dans la structure commerciale de l’hôpital même afin de toucher enfin le salaire du tarif des institutions publiques. Dans le même hôpital « Charité » les infirmières et infirmiers ont fait grève récemment non pour des salaires plus élevés mais pour une réduction du nombre de patients par infirnmier.

      Entretemps pour les assurés du régime général gesetzliche Krankenversicherung la durée d’attente pour voir un spécialiste peut atteindre plusieurs mois.

      Nous ne sommes pas encore dans une situation comme aux USA mais les petits gens paient déjà les frais de ce sytème de cleptocrates en blouse blanche.

      #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • Senior Google engineer reveals privacy bombshell in Android’s preinstalled apps | PI
    https://privacyinternational.org/news-analysis/3330/senior-google-engineer-reveals-privacy-bombshell-androids-prei

    Maddie Stone, formally a Senior reverse engineer and tech lead on the Android security team, shockingly revealed a number of examples of how pre-installed apps on Android devices can undermine users privacy and security in her BlackHat USA talk in August 2019. The video of the talk only recently became available to the public in late December 2019. The apps in question come preloaded on a device when it is purchased and often can’t be removed. Stone reveals a litany of abuses carried out by (...)

    #Google #Android #malware #smartphone #data #écoutes #PrivacyInternational

    • Almost every manufacturer, includ ing Google, disabled Google Play Protect without warning the user in order to bypass an issue in provisioning devices, a feature in newer versions of Android that is supposed to stop apps behaving maliciously and ultimately protect user privacy and security. Other manufacturers left code on their devices that would allow anyone to execute code remotely - allowing any malicious actor aware of this able to read the contents of your phone without ever needing to physically access to it and without the user knowing. Some manufacturers even modified the Android OS and API’s to allow them to get access to every URL that was accessed on the devices, for unclear purposes, a clear breach of users trust and privacy.

      Stone even explains how, astonishingly, pre-installed apps are used via supply chain interference from malware developers to distribute their code. There is no need to trick a user into installing malware if it already comes packaged and pre-installed on a phone.

      Most disappointing of all is the fact that this presentation shows Google has known about this problem for some time, brought to light by one of its own respected engineers, but has yet to act. We cannot find a single reason why Google continues to enable an ecosystem that exploits people who own Android phones when the dangers have been so clearly articulated.

    • Dans les phrases du type "Tout le monde fait comme ça" tu as aussi la culpabilisation du « Il faut vivre avec son temps ».
      https://pratiques.fr/Injonction-a-Doctolib

      Hier je croise une voisine, Plus de 75 ans qui s’occupe de sa fille polyhandicapée depuis 45 ans, je dis ça, parce que je pense qu’elle fait partie de celleux qui ont autre chose à faire que de comprendre comment fonctionne un téléphone.
      Elle me dit qu’elle va engueuler la boutique qui lui a vendu un téléphone avec des applications qui lui donnent l’impression d’être suivie en permanence puisqu’elle reçoit des injonctions personnalisées pour émettre son avis sur tel ou tel lieu où elles vont se promener.
      J’ai tenté de lui expliquer qu’en fait le pov’type de la boutique lui a vendu un téléphone avec le GPS et d’autres merdes activées et que cela est fait par défaut.
      Sur mon téléphone, j’ai passé une bonne heure à désactiver toute appli qui n’est pas pour téléphoner, c’est presque impossible pour un·e novice.

  • Comment l’argent de la Banque mondiale pour les pays pauvres s’évapore vers les paradis fiscaux
    https://www.latribune.fr/economie/international/corruption-comment-l-argent-de-la-banque-mondiale-pour-les-pays-pauvres-s-


    David Malpass, président de la Banque mondiale depuis avril 2019, prononce une allocution lors d’une table ronde sur le thème « Apprendre la pauvreté : jeter les bases du capital humain » à la réunion annuelle de fin 2019
    Crédits : Reuters

    Le « taux de fuite » moyen de l’aide envoyée vers les pays pauvres (en clair : l’argent détourné) est estimé à environ 7,5%, ont calculé des chercheurs au détour d’une étude réalisée pour le compte de la Banque mondiale. La publication de cette étude a créé quelques remous après que le magazine britannique « The Economist » a avancé qu’elle pourrait être l’une des raisons de la démission de l’économiste en chef de la Banque mondiale, Pinelopi Koujianou Goldberg.

    L’aide débloquée par la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres semble déclencher des transferts de fonds en direction de comptes offshore, ce qui suggère un détournement de cette aide, selon une étude publiée mardi par l’institution financière.

    « Ces versements d’aide vers les pays les plus dépendants coïncident avec une augmentation importante de transferts vers des centres financiers offshore connus pour leur opacité fiscale », comme la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïman et Singapour, expliquent les auteurs de l’étude.

    Le « taux de fuite » moyen est estimé à environ 7,5% de l’aide, estiment-ils.

    Comparaison des données de la Banque mondiale avec celles de la BRI
    Cette étude s’est concentrée sur 22 des pays les plus pauvres — principalement en Afrique — en comparant les chiffres de la Banque mondiale avec ceux des versements à l’étranger compilés par la Banque des règlements internationaux.

    La publication de cette étude a provoqué des remous après que le magazine britannique The Economist a avancé la semaine dernière qu’elle pourrait être l’une des raisons de la démission de l’économiste en chef de la Banque mondiale, Pinelopi Koujianou Goldberg.

    Mais l’institution financière s’est défendue contre les rumeurs selon lesquelles elle avait voulu étouffer sa publication.

    Son brouillon « a été relu plusieurs fois et s’en est retrouvé amélioré », a-t-elle dit dans un communiqué.

    Des transferts d’argent qui « coïncident » dans le temps
    Si elle ne précise pas quelles sont ces améliorations, une première version de l’étude expliquait que les versements d’aide « causaient » des transferts d’argent vers l’étranger.

    La version finale du document préfère dire qu’ils « coïncident avec » ces transferts d’argent.

    L’étude suggère que plusieurs explications sont possibles pour ces fuites, mais elle en élimine la plupart.

    « L’aide détournée par les politiques au pouvoir, les bureaucrates et leurs acolytes est cohérente avec la totalité des schémas observés », se contente-t-elle de souligner, ajoutant que les effets « sont plus importants pour les pays les plus corrompus ».

  • La surconsommation d’opioïdes est liée à la pauvreté, selon une étude, Chloé Hecketsweiler
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/20/la-surconsommation-d-opioides-est-liee-a-la-pauvrete-selon-une-etude_6030149

    Ce travail inédit, réalisé en France, révèle également que les politiques de lutte contre la précarité ont un effet positif sur la réduction de l’usage des antalgiques opiacés.

    La #pauvreté incite-t-elle à consommer davantage de médicaments #opiacés ? Ou ces antalgiques entraînent-ils certains patients dans une spirale d’addiction et de déclin ? Pour la première fois, des économistes se sont penchés sur le cas de la France, et pour eux, dans l’Hexagone du moins, la première hypothèse est la bonne.

    Lire aussi Antalgiques : les chiffres inquiétants de l’addiction aux opiacés en France
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/02/22/antalgiques-les-chiffres-inquietants-de-l-addiction-aux-opiaces-en-france_54

    Selon leurs calculs, l’augmentation du taux de pauvreté de 1 % dans un département se traduit par une augmentation de 10 % de médicaments opiacés. Ces chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) ont exploité les données de vente d’antalgiques en France entre 2008 et 2017 – jusque-là jamais exploitées à l’échelle départementale – et plusieurs indicateurs socio-économiques : le taux de pauvreté (14 % en moyenne dans le pays), le taux de chômage, la densité de population ou le niveau d’éducation. Cette approche leur a permis d’étudier l’influence de ces différentes variables, et de comparer les départements entre eux.

    « Morts de désespoir »

    « Ce résultat valide l’hypothèse des “deaths of despair” [morts de désespoir] américains », commente Mathias Dewatripont, l’un des coauteurs de l’étude, qui n’a pas encore été publiée. Conceptualisée par le Prix Nobel d’économie Angus Deaton et sa consœur Anne Case, cette hypothèse explique la surmortalité liée aux drogues et aux médicaments par le blues de la « working class » américaine, prise au piège d’une économie en berne. Aux Etats-Unis, les antalgiques opiacés ont ainsi causé au moins 200 000 décès depuis 1999. Près de 100 milliards de comprimés ont été distribués pour la seule période 2006-2014.

    Cette crise pourrait-elle se propager en Europe ? En matière de consommation d’opioïdes, la France arrive en quatrième position, après le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne, mais les autorités s’inquiètent de l’engouement des patients pour certaines molécules. En janvier, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a ainsi placé sous surveillance le Tramadol, après avoir constaté une augmentation des mésusages et des décès. Il s’agit de l’antalgique opiacé le plus consommé en France, avec des prescriptions en hausse de près de 70 % en dix ans. « Les gens dans la pauvreté, qui se sentent abandonnés des services publics parce qu’ils sont dans les zones rurales, qui sont moins éduqués et donc ont du mal à se réadapter au marché du travail, représentent une population à risque », souligne M. Dewatripont, ancien directeur de la Banque nationale de Belgique.

    Pour corroborer leurs résultats, les auteurs se sont intéressés aux changements induits par la mise en place du revenu de solidarité active (RSA) à partir de 2007 dans une partie des départements et à partir de 2009 partout en France. « Il y a un effet positif de cette politique en termes de réduction de la consommation d’opioïdes », note Mathias Dewatripont. « Si vous avez mal au dos, et que vous êtes moins pauvre, vous avez davantage les moyens de vous payer un abonnement au fitness », schématise-t-il. ["davantage de moyens" grâce au RSA, le propos est délirant, peut-être font ils référence à la prime d’activité... ndc]

    Cette étude suggère d’autres pistes possibles pour réduire la consommation d’opioïdes. « Sensibiliser les médecins et les inciter à prendre davantage de précautions avec les patients à risque est une première piste », avance Ilaria Natali, l’une des coauteurs. « Il faudrait aussi améliorer la pharmacovigilance, afin de détecter les patients qui font du shopping auprès de plusieurs docteurs et pharmacies », poursuit-elle.

    « Prendre en charge le patient et pas seulement la douleur »
    Cette analyse à l’échelle nationale confirme ce que les médecins observent sur le terrain. « La précarité sociale rend plus vulnérable à certaines maladies associées à des #douleurs_chroniques » , témoigne le professeur Nicolas Authier, qui dirige le centre de la douleur au CHU de Clermont-Ferrand et l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA). Une étude menée par son équipe en 2015 sur 120 patients avait révélé qu’un sur cinq était en situation de vulnérabilité sociale et un sur six en situation de précarité.

    Le médecin évoque l’impact du mode de vie, notamment le tabagisme, plus élevé chez les personnes défavorisées. Une étude publiée en 2017, portant sur près de 190 000 personnes, avait ainsi révélé que les cancers du poumon ou du larynx frappaient davantage les plus pauvres. Or 30 % des opioïdes forts sont prescrits en cancérologie. De même, le diabète, dont les complications peuvent être très douloureuses, touche davantage les plus défavorisés.

    « Soigner suppose de prendre en charge le patient douloureux dans sa globalité, avec ses problèmes financiers, de logement, et pas seulement la douleur », insiste M. Authier. « Le temps d’écoute est très important. Or la place des travailleurs sociaux dans le parcours de soins est insuffisante pour une bonne prise en charge », regrette ce psychiatre, qui plaide pour la création de structures intermédiaires entre les médecins de ville et les centres de la douleur.

    Les patients doivent aujourd’hui attendre entre trois et neuf mois pour obtenir un rendez-vous dans son centre. « C’est trop long », déplore-t-il. Pour certains antalgiques opiacés, un phénomène de dépendance peut apparaître après seulement quelques semaines de traitement. Et le sevrage est d’autant plus difficile qu’ils ont un effet anxiolytique ou antidépresseur qui peut être recherché par les patients une fois leur douleur disparue.

    Examinée à la loupe par les économistes de l’ULB, la consommation d’#oxycodone – un antalgique deux fois plus puissant que la morphine – n’est pas liée aux taux de pauvreté. Multipliée par sept en dix ans, elle s’expliquerait par d’autres facteurs non pris en compte par leur modèle, comme l’impact du #marketing des #laboratoires. « On sait qu’il y a un lien. Les laboratoires ne paient pas des commerciaux pour rien. Il n’y a qu’à voir les chiffres de ventes du Tramadol et de l’oxycodone », avance le professeur Authier.

    En France, l’oxycodone est notamment commercialisé sous la marque OxyContin par Mundipharma, filiale de la firme américaine Purdue, bien connue pour ses dérapages. « La situation en France n’a rien à voir avec celle des Etats-Unis. Mais est-elle épargnée ou juste en retard ? », s’interroge Mathias Dewatripont. En 2015, près de 10 millions de Français, soit 17 % de la population, avaient reçu une prescription d’opioïdes.

    #opioïdes

  • Hassina Mechaï sur Twitter : "Je cherchais à quoi cette séquence de #LCI où Me Bouzrou est présenté avec un bonnet d’âne...Bingo, iconographie coloniale où les enfants apprenaient à lire « Ali est un âne ». Ces journalistes n’ont fait qu’ânonner elles-aussi." / Twitter
    https://twitter.com/HassinaMechai/status/1230468506870784001

    #racisme #France