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  • Violences sexuelles sur mineurs : l’association de la PJ dénonce une « trahison » de Darmanin | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/violences-sexuelles-sur-mineurs-lassociation-de-la-pj-denonce-une-trahi

    L’Association nationale de police judiciaire (ANPJ) dénonce ce dimanche « l’hypocrisie » et « la trahison » de Gérald Darmanin, après sa note au ministre de l’Intérieur détaillant les défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs par les services d’enquête.

    L’Association nationale de police judiciaire (ANPJ) dénonce ce dimanche « l’hypocrisie » et « la trahison » du garde des Sceaux Gérald Darmanin, « resté place Beauvau plus de quatre ans », après sa note au ministre de l’Intérieur détaillant les nombreuses défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs par les services d’enquête. « C’est bien son propre bilan de ministre de l’Intérieur que l’actuel ministre de la Justice torpille aujourd’hui », estime dans un communiqué l’ANPJ.

    « Ces constats et alarmes sont justifiés »
    Dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs et de formation : dans cette longue note datée du 29 juillet, révélée samedi par _Le Mond_e et consultée par l’AFP, Gérald Darmanin synthétise à Laurent Nuñez les remontées d’informations établies par les parquets généraux sur ce contentieux devenu la priorité de son ministère depuis la vague d’indignation provoquée par l’affaire Lyhanna.

    Cette collégienne de 11 ans avait été retrouvée morte en juin dans le Gers, le principal suspect de sa mort, Jérôme Barella, mis en examen pour viol et meurtre d’une mineure, avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur des mineures sans être inquiété.

    « Ces constats et alarmes sont justifiés », considère l’ANPJ, qui « fustige l’hypocrisie et dénonce la trahison de l’ex-ministre de l’Intérieur, véritable Docteur Darmanin et Mister Gérald ».

    « Dans ce rapport, Docteur Darmanin, ministre de la Justice, se livre à un exercice d’inventaire des lacunes des services de police judiciaire du ministère de l’Intérieur, si longtemps occupé par Mister Gérald, resté place Beauvau plus de quatre ans, soit plus qu’aucun de ses prédécesseurs depuis 50 ans », cingle l’ANPJ.

    « Personne n’a créé autant d’effectifs aux policiers »
    Le ministre « dénonce à raison aujourd’hui le déficit alarmant d’enquêteurs, y compris dans les unités spécialisées, et l’accumulation de procédures en souffrance », poursuit l’association, qui regroupe des enquêteurs de la PJ chargés de la délinquance de haut spectre (criminalité organisée, financière, etc.), hostiles à la réforme de la police menée en 2024.

    Le garde des Sceaux a publié dimanche sur X un courrier de trois pages envoyé à Laurent Nuñez ainsi qu’à la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist, « pour que nulle fake news n’existe ». Ce courrier résume la note de 12 pages consultée samedi par l’AFP.

    « Personne n’a créé autant d’effectifs aux policiers et aux gendarmes (plus de 8 000 !), donné autant de moyens, sous l’autorité du président de la République, et s’est intéressé autant à la protection des mineurs que lors de mon passage à l’Intérieur voilà deux ans », se défend-il dans un message sur ce réseau social.

  • Violences sexuelles sur mineurs : le gouvernement se penche sur les défaillances des enquêtes
    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/080826/violences-sexuelles-sur-mineurs-le-gouvernement-se-penche-sur-les-defailla

    Dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs... Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a transmis à son homologue de l’Intérieur une note qui détaille des défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants.

    • Dans le courrier de 12 pages daté du 29 juillet, révélé samedi par Le Monde et consulté par l’AFP, le garde des Sceaux synthétise à Laurent Nuñez les remontées d’informations établies par les parquets généraux sur ces contentieux devenus la priorité de son ministère depuis la vague d’indignation provoquée par l’affaire Lyhanna.

      Il en ressort une litanie de dysfonctionnements « d’ordre structurel », écrit M. Darmanin, qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain ».

      Principale défaillance découverte par les procureurs : un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

      Le stock révèle l’écart entre le nombre de procédures dont les parquets ont connaissance et celles détenues par les services d’enquêteurs.

      – « Purement et simplement perdues » -

      A Nîmes, par exemple, les procureurs ont découvert 1.275 procédures « fantômes », 905 à Caen, tandis qu’à Agen, « un nombre important de procédures en cours » n’a « donné lieu à aucune information du parquet ».

      A Melun, « de très nombreuses procédures (ont été) laissées sans investigation pendant des mois, voire des années, alors même que l’auteur était souvent désigné ou aisément identifiable ».

      Les « écarts entre extractions de données effectuées par les tribunaux judiciaires et la réalité des services sont systématiques », relève le ministre. Ailleurs, à Bourges, une quinzaine de procédures ont été « purement et simplement perdues ». C’est 17 à Angers, six à Annecy, 23 « non localisées » à Paris...

      Au vu des défaillances identifiées, Gérald Darmanin suggère au ministre de l’Intérieur une rencontre le 3 septembre afin « d’engager un échange constructif avec l’ensemble des services ».

      Les chantiers mis en lumière par les parquets généraux sont nombreux.

      Le manque d’effectifs est le plus criant, avec un « sous-dimensionnement parfois extrême » pour un enjeu théoriquement prioritaire : « Cinq OPJ (officiers de police judiciaire) et un APJ (agent de police judiciaire) au groupe de protection des familles du Mans pour plus de 4.000 procédures ».

      Autre enjeu qui peut avoir des conséquences graves sur le traitement de certains dossiers : la formation des enquêteurs.

      A Bordeaux, un réserviste auditionnait des enfants de moins de 10 ans par téléphone, tandis qu’à Besançon, on signale « la persistance d’auditions de mineurs victimes mal faites, avec des questions fermées ou des observations déplacées ».

      – « Flux qui explosent » -

      Le manque d’intérêt de certains commissariats ou gendarmeries, où la « hiérarchie (faisait) manifestement primer des priorités locales, notamment d’ordre public », a également été pointé.

      A Limoges, le parquet général a relevé un « investissement professionnel insuffisant, y compris dans les unités spécialisées », selon le courrier.

      Sollicité par l’AFP, le ministre de l’Intérieur a fait savoir par son entourage qu’il « regrette la fuite prématurée de ce document qui est un document de travail en cours d’expertise par ses services, qui s’appliquent à élaborer des solutions avec rigueur et pragmatisme ».

      Ludovic Friat, président du principal syndicat de magistrats (USM), voit dans le courrier la confirmation « des constats » mis en lumière par l’USM, en particulier « sur les moyens, notamment des services d’enquête ».

      « On a des portefeuilles saturés, des flux qui explosent et font augmenter le stock, un manque d’enquêteurs » et « des outils pas adaptés », résume à l’AFP Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Un1té police FO.

      Les ministres qui se sont succédé place Beauvau, dont Gérald Darmanin, sont « les responsables » des difficultés des services d’enquête, estime Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, « pas mes pauvres collègues qui ont un ordinateur qui s’allume une fois sur deux », « 300 procédures à gauche, 300 procédures à droite », « des horaires de dingues » et « sont essorés ».

      Les deux responsables syndicaux dénoncent la succession de réformes de la police qui « déstabilise le système ».

      « Perdre un dossier, c’est parfois perdre une chance de protéger un enfant », a souligné le président de l’association de protection de l’enfance Les Papillons, Laurent Boyet, sollicité par l’AFP, qui estime que « la responsabilité est avant tout celle d’un système qui n’a pas pris la mesure de l’ampleur du phénomène ».

      Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, a été mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans.

      Après l’onde de choc suscitée par cette affaire, Gérald Darmanin avait révélé l’existence de 85.047 plaintes en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs.

  • Mortalité infantile : un rapport d’abord dissimulé dévoile la gravité de la situation en France | Mediapart
    https://www-mediapart-fr.bnf.idm.oclc.org/journal/france/070826/mortalite-infantile-un-rapport-d-abord-dissimule-devo
    https://static-mediapart-fr.bnf.idm.oclc.org/etmagine/og/journal/files/2026/08/07/260807-img-mortalite-infantile-un-rapport-d-abord-

    « On a quand même des enfants qui tombent malades constamment. Je me souviens d’un bébé de 8 mois qui est mort d’une insuffisance respiratoire en 2025. Elle était hébergée dans un de ces lieux et tombait malade constamment et allait d’infection en surinfection… », rapporte la sage-femme.

    Le docteur Patrick Daoud est le président du réseau périnatal Naître dans l’Est francilien (Nef) et chef du pôle femme enfant du groupement hospitalier Grand Paris Nord-Est. Il exerce depuis trente ans en Seine-Saint-Denis, l’un des départements les plus pauvres de France et les plus touchés par la mortalité infantile.

    Depuis une dizaine d’années, il constate quotidiennement un accroissement de la grande précarité. Cela se traduit par une hausse du nombre de femmes à la rue, vivant dans des bidonvilles ou dépendantes du 115. Outre les problèmes majeurs de logement, ces dernières rencontrent aussi des difficultés pour se nourrir correctement, ce qui aggrave les facteurs de risque comme l’obésité et le diabète. Certaines présentent aussi plus de risques de complications vasculo-placentaires.

  • Aux Etats-Unis, un militant anti-police et écologiste poursuivi pour avoir supprimé les données de son smartphone – franceinfo
    https://www.franceinfo.fr/monde/usa/aux-etats-unis-un-militant-anti-police-et-ecologiste-poursuivi-pour-avoir

    Après avoir donné au policier un faux mot de passe qui a écrasé toutes les informations de son téléphone, un militant est poursuivi pour « destruction de preuves ». Cette histoire illustre les atteintes aux libertés civiles qui se multiplient aujourd’hui aux Etats-Unis.

    #Graphene #surveillance

  • Sa7ten (parfois Sa7tein), c’est la translittération extrêmement courante de صحتين (littéralement « deux santé », pour « bon appétit ») en « arabizi » : la translittération devenue extrêmement populaire pour écrire de l’arabe en alphabet latin sur téléphones portables, certains caractères adoptant un chiffre ressemblant à un caractère arabe n’ayant pas d’équivalent dans l’alphabet latin : ح (ḥāʾ) devient « 7 », ع (ʿayn) devient « 3 », et ء (hamza) devient « 2 ».

    https://albilanguage.com/about-sa7tein

    Sa7tein literally means “two healths” and you will hear this said whenever and wherever food is being enjoyed. Your hosts may say it to you before beginning the meal and you can also say it to someone in the middle of eating when you approach them. The response is 3a 2albak! (when said to a man) 3a 2albik! (to a woman) 3a 2albkon! (to more than 1 person).

    La translittération standard (antérieure) serait quelque chose comme ṣaḥtayn ou ṣaḥtēn, mais essaie un peu de saisir « ḥ » avec le clavier de ton vieux Nokia.

    • Pour mémoire : parce que selon le Crif :
      https://www.leparisien.fr/societe/le-crif-demande-linterdiction-dune-marque-de-vetements-en-laccusant-de-fa

      L’organisation affirme que l’écriture « Sa7ten » devrait se lire « Sa 7 ten », soit « samedi 7 » et « ten » pour « October », y voyant un lien direct avec le 7 octobre.

      (Et apparemment, en France, on n’a pas assez de locuteurs arabophones dans la presse pour vérifier d’où vient « Sa7ten »).

    • Le Crif recycle plusieurs mois après la campagne lancée par Sword of Salomon et Bob Hasbara contre Gallagher Fenwick.

      [CheckNews] Pourquoi le journaliste Gallagher Fenwick est-il la cible d’un raid numérique déclenché par deux militants pro-israéliens ? [article du 14 avril 2026]
      https://www.liberation.fr/checknews/pourquoi-le-journaliste-gallagher-fenwick-est-il-la-cible-dun-raid-numeri

      L’autre partie des attaques contre Gallagher Fenwick vise directement la fille du journaliste, accusée d’être liée à une marque de vêtements supposément pro-Hamas. Auprès de CheckNews, Me Morel dénonce une stratégie de doxxing. « Ces accusations n’ont aucun lien avec le travail de Gallagher Fenwick », fustige-t-il, ajoutant qu’« aucun tribunal n’a statué » sur les allégations visant l’association Sa7ten, dont il dénonce « les interprétations malveillantes » visant à présenter ce nom comme une référence au samedi 7 octobre 2023. Il ajoute que le journaliste « ne commentera pas les rumeurs visant sa famille » et « reste concentré sur son travail », tout en faisant confiance à la justice.

      […]

      A ses débuts, l’association Sa7ten, lancée en janvier 2024 à Paris par le cuisinier palestino-ukrainien Omar Radejko, organisait des dîners faisant la promotion de la culture palestinienne, ce qui explique le recours à cette expression courante pour souhaiter un bon appétit. Il existe d’ailleurs, à travers le monde, de nombreux restaurants empruntant ce nom. L’association a depuis organisé des expositions à Paris, Londres et Berlin mais aussi des soirées festives pour récolter des dons pour aider la population de Gaza.

      […]

      Interrogé sur le recours à ce symbole, Hussein Amri assure qu’il ne s’agit pas d’une référence à des groupes armés, mais que « pour Sa7ten, le triangle est une référence pacifique au drapeau palestinien, dont il est un symbole national de longue date. Son utilisation symbolise l’identité culturelle et la solidarité, et non un soutien à la violence ou à un quelconque groupe armé. Des affirmations similaires ont été formulées concernant d’autres symboles palestiniens, tels que la pastèque, ce qui témoigne d’une tendance plus large à présenter les expressions culturelles comme de l’extrémisme. »

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3) | Élodie Safaris
    https://www.arretsurimages.net/articles/concert-interrompu-de-barbara-butch-la-parole-aux-personnes-presente

    C’est un emballement médiatique qui cristallise quelques-uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l’antisémitisme et la liberté d’expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s’est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique Source : Arrêt sur images

  • Incendie et incompétence à tous les étages
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/incendie-et-incompetence-a-tous-les-etages

    « Soyez fiers d’être des amateurs », avait déclaré Macron à ses députés qui avaient voté contre l’allongement des congés pour les parents ayant perdu un enfant, en 2020. « Amateur » est synonyme d’inhumain et dangereux, dans la langue du pouvoir. Une nouvelle preuve avec la gestion des gigantesques incendies en Gironde.

    Une préfète qui ne sait pas combien d’habitants évacuer

    La préfète de Gironde se nomme Sophie Brocas, et elle a semblé improviser lors de ses différentes apparitions. Lors d’une conférence de presse donnée le 24 juillet, elle était interrogée sur le nombre de personnes à évacuer face à l’incendie, et s’est mise à bégayer : « Heu, les communes à venir, je ne sais pas, il faut qu’on regarde » puis : « Le nombre d’habitants que je demande d’évacuer ? Vous regarderez sur Wikipedia. Je n’ai pas fait le décompte ».

    Cette dame a fait carrière au sein du PS, elle est passée par le Sénat, puis à l’Élysée sous Hollande et a été conseillère d’Élisabeth Borne avant de se reconvertir dans l’administration préfectorale. Elle écrit aussi des romans, comme l’ont abondamment rapporté divers média. Un passe-temps moins dangereux, pour une personne qui oublie ses notes en pleine chaos climatique.

    La ministre de la santé donne des conseils dangereux

    Le monoxyde de carbone est un gaz qui peut se dégager d’une combustion, et il est très nocif car il provoque une asphyxie sans que l’on s’en rende compte. Il cause d’abord des maux de tête, nausées, fatigue, vertiges puis, si rien n’est fait, le coma et la mort.

    Notre ministre de la Santé, la personne qui gère le soin pour toute la population, a expliqué tranquillement à propos du monoxyde : « L’avantage, c’est que c’est quelque chose que l’on sent ou que l’on voit. Si vous sentez le brûlé ou si vous voyez un gros nuage de fumée, si vous avez des fragilités, il vaut mieux mettre un masque FFP2, que vous pouvez trouver dans les pharmacies ». Des propos rassurants mais totalement faux. Le monoxyde de carbone est justement dangereux car il ne se voit pas et ne sent rien, contrairement à d’autres gaz. Et un simple masque ne protège pas d’une intoxication.

    Pendant des jours, les urgences de Bordeaux ont vu « arriver des patients haletants après avoir été exposés aux fumées des incendies ravageurs dans la région », certaines ayant respiré du monoxyde de carbone, et ont été « mises sous oxygène pour chasser l’intoxication et éviter le coma » explique Reporterre.

    La ministre de la Transition écologique part en vacances

    Monique Barbut pourrait être une caricature de cartoon, mais elle existe bel et bien. Au début de l’été, elle a mis en scène une fausse démission après la ré-autorisation de pesticides hautement toxiques par le gouvernement, avant de retourner à son poste illico. Elle doit considérer que la paie et les privilèges valent plus que conserver un peu de dignité.

    Depuis le début des incendies, Monique Barbut n’a tout simplement rien fait. Elle n’est pas intervenue publiquement, n’a livré aucune analyse sur le chaos climatique, n’a pris aucune mesure face à l’écocide en cours. Elle n’était même pas aux réunions de crise : elle a préféré aller prendre des vacances dans sa villa dans le Var ! C’est une révélation du Canard Enchaîné : Monique Barbut est partie le 22 juillet, et n’est pas revenue malgré les méga-feux. Elle s’est contentée de participer « en visio » aux réunions depuis son transat.

    Le 20 juin déjà, au début de la première canicule qui a causé des milliers de morts, la ministre était absente. Elle avait préféré maintenir un déplacement dans les Pyrénées-Orientales, où elle a prononcé un discours de 12 minutes, mangé chez un traiteur de luxe, avant de décommander le TGV qui lui avait été réservé pour prendre un trajet en avion.

    Le Premier ministre traite les habitants sinistrés de complotistes

    La commune du Porge est le village martyr de l’incendie : 183 habitations anéanties sur 240. Les habitants en sont certains, « le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île du Cap Ferret », lieu privilégié et hors de prix où se trouvent les villas de célébrités et de grands patrons. Un collectif de 700 habitants s’est d’ailleurs constitué pour déposer plainte, afin d’établir les responsabilités et d’en savoir plus sur leur abandon.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a balayé ces critiques avec dédain, le 1er août, en parlant d’une douleur « instrumentalisée par des complotistes », ajoutant que « c’est irresponsable ». On l’a compris, tout ce qui ne va pas dans le sens du narratif macroniste est « complotiste », et poser des questions face à l’incurie du gouvernement est « irresponsable » et sera bientôt interdit.

    Bruno Retailleau se vante d’avoir refusé une base de Canadairs

    L’ancien Ministre de l’Intérieur d’extrême droite assume tout. Lorsqu’il était au gouvernement, Retailleau avait annulé la construction d’une base permanente de Canadairs à Mont-de-Marsan dans les Landes. C’était l’année dernière, et cette base serait bien utile dans une région aussi exposée aux sécheresses, et avec des forêts de pins particulièrement inflammables. Interrogé à ce sujet, il dit qu’il ne regrette pas son choix. Forcément, entouré de ses policiers et gardes du corps, personne n’ira lui faire payer son comportement.

    Macron découvre que les Canadairs ne volent pas la nuit

    Le 27 juillet, au plus fort des incendies, Macron organisait un show retransmis sur toutes les chaînes : il apparaissait dans le QG des pompiers, l’air grave. Le directeur du SDIS de Gironde lui expliquait : « Si l’on pouvait avoir un appui aérien complémentaire la nuit, ce serait vraiment une plus-value ». En effet, les incendies nocturnes avançaient brutalement, ce qui compliquait encore les interventions le lendemain. Macron semblait découvrir que les Canadairs n’interviennent pas la nuit pour des raisons de sécurité, et qu’aucun moyen de compensation n’a été envisagé. Il est pourtant au pouvoir depuis 9 ans, et a connu de nombreux incendies, tous aussi mal gérés les uns que les autres.

    Lors de cette séquence, un responsable en tenue glissait à côté de Macron, comme pour montrer que le gouvernement réagit : « On est en train d’analyser des offres de sociétés privées qui nous proposent des appareils pouvant voler la nuit ». Une illustration de cette époque d’incompétence néolibérale : toutes les politiques vitales ont été abandonnées au profit d’entreprises privées qui se remplissent les poches sur le désastre.

  • Situation des écoulements des petits cours d’eau | Office français de la biodiversité
    https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau

    Au 1er août 2026, 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs.

    Situation des écoulements des petits cours d’eau
    Une forte dégradation pour toutes les régions

    Une forte dégradation pour toutes les régions
    À la fin du mois de juillet 2026, la situation s’est fortement dégradée. Au total, 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs, soit 554 de plus que le mois précédent. Toutes les régions sont concernées, avec des dégradations très marquées le long d’un axe allant de la Vendée à la région Grand Est, qui s’étendent désormais à la partie centrale du sud de la France. Les départements les plus touchés sont notamment la Creuse, la Vendée, la Loire-Atlantique, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Nièvre, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

    Un situation critique
    Les observations réalisées fin juillet confirment une situation exceptionnelle. Avec 43 % de ruptures d’écoulement et d’assecs, le réseau ONDE enregistre la situation la plus critique jamais observée à cette période. Elle dépasse celle de la sécheresse de 2022, avec 112 cours d’eau supplémentaires asséchés ou sans écoulement, et est plus de deux fois plus dégradée que celle observée l’année passée à la même période.
    Au-delà de la disponibilité de la ressource en eau, les ruptures d’écoulement et les assecs affectent directement le fonctionnement des milieux aquatiques et la biodiversité qui en dépend.

    • La journaliste Mona Chollet, liée par sa lignée maternelle à la région, dénonce la « politique de la ruine » mise en œuvre par Israël, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les décombres de leur maison dans le camp de réfugiés d’Al-Chati, à l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps délaissée comme objet de pensée, la maison occupe une place centrale dans nos existences. Chérie, hantée, perdue, fantasmée, elle est une membrane qui tantôt nous protège, tantôt nous enferme, elle est traversée par les enjeux de l’époque et souvent les matérialise. C’est pourquoi, cet été, Libération a invité des philosophes, écrivains, anthropologues… à examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? Emmène-moi là-bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figé. Emmène-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les écrans, sur le papier, au téléphone… »

      Ces lignes éperdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) écrite durant son exil à Paris, dans les années 1980, à son ami Samih al-Qassem (1939-2014) resté en Palestine, et publiée dans leur correspondance, les Deux Moitiés de l’orange. Je les ai citées dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la Découverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps à l’abri des intempéries, se protéger des intrusions, préserver son intimité, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identité en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille… C’est tout cela que nous offre un lieu.

      Née à Genève d’un père suisse, je pourrais être intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, à peine le seuil franchi, formait déjà un abri à elle toute seule. Mais c’est ma lignée maternelle – grand-père palestinien, grand-mère née en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inévitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique à forte tonalité orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mère, et tant d’autres plats et pâtisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-même en Egypte, qu’elle achetait en quantités industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait à moitié, mon frère et moi, à la moindre insomnie ; les mélopées de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises à tue-tête par ma mère… Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dépeint par les réalisateurs Marya Zarif, Syrienne exilée au Québec, et André Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet héritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en œuvre par Israël, à une échelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      Gaza a été rasée ou endommagée à plus de 80 %

      A Jérusalem-Est, des Palestiniens sont expulsés pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a été sortie sur un brancard. Au même moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetés dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israéliens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique à plein volume pour fêter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagénaire du quartier de Silwan, s’y est refusé. Devant un tas de décombres, il désigne l’endroit où, enfant, il s’asseyait avec sa mère pour boire le thé en revenant des champs : « Ils ont démoli mon enfance, l’odeur de ma mère, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      Rasée ou endommagée à plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est évidemment la partie de la Palestine où cette politique a été poussée le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgré l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements réguliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grâce à leur front de mer si convoité – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a raconté le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a été transformé en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, écocide, scolasticide, génocide…) qui peuvent s’appliquer à ce qu’y fait l’armée israélienne, il y a le « domicide », défini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menée au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargés de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont été déclenchés dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasé des pâtés de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont été tuées. Nous étions à cinq kilomètres et nous avons entendu les détonations comme si elles avaient lieu à côté de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restées debout ont perdu toute capacité à protéger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptères (petits drones). Le 16 août 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, étendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans à ses côtés, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimité aussi devient impossible. Une nuit de l’été 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a été réveillée en sursaut : entré par la fenêtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 août 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation. Des soldats israéliens se filment dans les maisons de familles tuées ou déplacées, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs à lingerie. Sans parler de la pratique consistant à déféquer dans les intérieurs (sur les tables, dans les marmites), documentée dès le siège de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalée récemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). Après la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvé sa maison dévastée, jonchée d’excréments et souillée de graffitis : « Brûlez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 août 2014)…

      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dû fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mémoire. Les draps à fleurs et à cœurs roses deviendront un décor ridiculisé dans des vidéos méprisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a été détruite par un bombardement israélien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a mené les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tâches à l’extérieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au début de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. Déplacée au camp de réfugiés de Khan Younès, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguée et effrayée, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillité : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’être « écroulée » en recevant la vidéo qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvérisé par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consœur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un présent dystopique en se remémorant les moments où elle se blottissait sur son lit avec un café et sa série préférée (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israélien interdisant l’entrée de matériaux de construction, elle vit désormais, comme de très nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et étouffante en été, envahie par les eaux usées lors des fortes pluies, où les rats dévorent les réserves de nourriture et mordent les bébés durant la nuit, où les amputés se traînent faute de prothèses, où des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a été bombardé le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, évacuée de Gaza il y a un an et désormais étudiante à Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poèmes intitulé Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais été /Des décombres. /Ceci est ma maison. »

      Réfugié en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son émotion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliés en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilité d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)…

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardée, il a édifié avec des matériaux de récupération un chalet doté de fenêtres où il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en démontrant une parfaite maîtrise des codes du réseau social : rituels matinaux, tâches ménagères expédiées avec panache, pauses-café, couchers de soleil… Ils parviennent à cultiver quelques plantes et légumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente décorée de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs éclatantes accroché à une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au réveil, jouant avec son chat avant d’émerger à l’extérieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et délicieux qu’il prépare pour sa petite sœur et son petit frère sur un réchaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le réalisateur Abbas Fahdel rend compte jour après jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, où il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient été abattus un à un par des soldats israéliens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-être la plus belle des réponses : planter là où l’ennemi avait arraché, faire grandir là où il avait voulu stériliser la vie. Car la véritable force n’appartient pas à celui qui détruit. Elle appartient à celui qui replante. »

  • La sécheresse prive la Hongrie d’électricité, le ministre de l’Énergie redécouvre les jeux de société
    https://reporterre.net/Secheresse-l-arret-d-une-centrale-nucleaire-force-la-Hongrie-a-la-sobrie

    L’ironie climatique est brutale. La canicule qui sévit — plus de 41 à 42 °C par endroits — fait grimper le recours à la climatisation, tandis que la sécheresse étrille la principale source d’électricité censée l’alimenter. Les panneaux solaires (8 gigawatts de puissance installée fournissent un tiers de l’électricité du pays) soulagent le réseau électrique le jour, puis s’effacent quand les habitants rentrent chez eux le soir. Entre 17 et 22 heures, la production solaire chute quand la consommation, elle, monte.

    Le gouvernement a donc appelé chacun à reporter ses machines à laver, lave-vaisselle, recharge des voitures électriques et climatisation lorsque cela est supportable. Les administrations sont passées au télétravail, les éclairages décoratifs ont été éteints et les trains de marchandises mis à l’arrêt. Même la présidente de la République par intérim, Ágnes Forsthoffer, a mis la main à l’interrupteur : fermeture des volets et extinction de l’illumination nocturne au palais.

    Sur ses réseaux sociaux, István Kapitány, le ministre de l’Énergie — ancien haut dirigeant de Shell, plus habitué aux stations-service qu’aux veillées à la bougie — a relayé des témoignages de familles qui ont ressorti les jeux de société plutôt que d’allumer leur poste de télévision. Ironique comme un ancien dirigeant pétrolier se retrouve ainsi à organiser, sous la contrainte d’un Danube exsangue, la première grande expérience hongroise de sobriété électrique. En temps normal, le faible prix de l’électricité — 10 centimes par KWh, contre 22 centimes en France — n’incite pas aux économies.

  • Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

    • Tiens c’est marrant je me souviens d’Emmanuel Todd qui disait il y a un certain nombre d’années que l’indicateur principal qui lui avait permis de « prédire » la chute de l’URSS était l’augmentation notable de la mortalité infantile.

  • Après plus de dix ans à écrire des billets de blog et des textes destinés à un public plus large, j’ai profité de cette année pour reprendre, actualiser et rassembler une partie de ces réflexions. Le résultat est un petit livre non technique « La Société au prix du risque — Assurance, algorithmes et climat à l’âge de la prédiction » https://freakonometrics.github.io/risk-priced-society/fr

    À mesure que les données deviennent plus fines et les modèles plus puissants, l’assurance peut mieux distinguer les personnes, les comportements et les territoires. Mais mieux prévoir ne dit pas encore comment répartir les pertes, quelles différences doivent être tarifées, ni ce qui doit rester mutualisé.
    En partant de l’histoire de l’assurance, des pratiques actuarielles, des algorithmes de décision et des risques climatiques, ce livre montre que la précision technique ne supprime jamais les choix politiques. Elle peut soutenir la prévention et renforcer la protection, mais aussi individualiser des vulnérabilités produites collectivement.
    L’enjeu n’est donc pas de renoncer aux modèles, mais de décider ce qu’ils peuvent faire, quelles conséquences leur attacher et comment éviter que chacun ne soit laissé seul avec son risque.

    Le livre est disponible en open review jusqu’en décembre. Tous les commentaires, critiques et suggestions sont les bienvenus. Il suffit de créer un compte sur https://hypothes.is puis d’annoter le livre...

    • merci @freakonometrics

      l’ouverture d’un compte – et donc, l’accès aux commentaires – est, apparemment, soumis à approbation et il me semble qu’elle n’est pas accessible aux e-mails du tout venant ; j’ai dû fournir une adresse en .edu

      sinon, plein de choses alléchantes qui méritent une lecture attentive, néanmoins, le survol du sommaire m’a conduit à sauter au 3ème paragraphe du chapitre 12…
      à relire de façon plus attentive et en tenant compte du contexte

    • arg... c’est bizarre, je n’ai pas de courriel en .edu, et j’ai réussi à créer un compte sans aucun problème. Je vais regarder ! et je vais relire le paragraphe en question... en tous cas, n’hésite pas à m’envoyer un courriel si tu vois des passages qui te surprennes ! (pour la première fois, j’ai tenté d’être vigilent sur le fait que des phrases pouvaient être lues un peu hors de leur contexte - je ne fais pas ça d’ordinaire - mais j’ai peu être raté des choses)

    • Ah bé en commençant à lire je me suis reconnu immédiatement :
      – on vient d’acheter au printemps, et dans notre prêt à la banque, la condition était qu’on prenne au démarrage aussi l’assurance habitation (en plus de l’assurance du crédit) chez cette banque, alors que plus cher qu’ailleurs
      – mais le courtier a dit qu’ensuite après genre 3 mois à laisser couler, on n’avait aucune obligation à rester chez eux et qu’on pourrait partir ailleurs moins cher
      – sauf que 3 mois ça faisait juin, et on a laissé trainer comme des cons… et entre temps le mois suivant : le plus gros feu français depuis plus d’un siècle s’est arrêté PILE devant la limite de notre commune
      – en te lisant la probabilité est maintenant forte qu’en allant toquer à d’autres assureurs, on ne trouve finalement pas du tout moins cher que notre contrat actuel 😭

      Et un peu anecdotique mais ce même matin, Jancovici dit la même chose dans son compte-rendu du jour :
      https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid0uwGqR7SkEM7YSLQuweTSp4hTvmskLhpGDJMAVCnPeLXcK8kbmSbeapi2gXL6qX6Hl

      Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d’ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d’être ralentis par les restrictions d’eau.

  • ShieldFont : la police d’écriture pour bloquer le scraping IA - Numerama
    https://www.numerama.com/tech/2305671-des-designers-creent-une-police-decriture-gratuite-pour-lutter-con

    Avec ShieldFon, lancé fin juillet 2026, un texte reste lisible à l’écran, mais devient trompeur pour les robots qui l’aspirent. Une nouvelle arme typographique contre l’entraînement des IA sur le web.

    • De ce que je comprends, ça utilise une fonctionnalité standard des polices de caractères qui permet de remplacer une suite de lettres par une ligature. Le texte de base est modifié avec de faux mots, mais ces faux mots font partie de la table des ligatures de la police, et lors de son affichage elle fait apparaître les vrais mots en croyant simplement appliquer les ligatures.

    • Voilà une police qui veut compliquer la vie des IA. ShieldFont est un projet gratuit et open source conçu pour protéger les contenus publiés en ligne contre la collecte massive de données par les entreprises d’intelligence artificielle.

      Présenté fin juillet 2026, son principe est simple : le texte reste parfaitement lisible pour un humain, mais sa version récupérée par un robot peut être différente — et suffisamment crédible pour ne pas être écartée immédiatement.

      Le projet s’inscrit dans une réaction plus large contre le scraping du web. Ses créateurs, le studio brésilien Seneda & Abrucio et la fonderie danoise Playtype, partent d’une idée : publier un texte en ligne ne devrait pas automatiquement valoir autorisation de l’utiliser pour entraîner une IA.

      Comment fonctionne ShieldFont ?

      ShieldFont ne repose pas sur une illusion visuelle. À l’inverse de #Ghost_Font, une autre police anti-IA qui dissimule son message dans une animation, celle-ci s’appuie sur les fonctions de substitution des polices #OpenType.

      En pratique, le texte publié dans le code HTML n’est pas le texte que l’auteur souhaite montrer. Il est d’abord encodé : certains mots sont remplacés par d’autres, de même nature grammaticale et de fréquence comparable. La phrase reste donc suffisamment cohérente pour ne pas ressembler à du charabia.

      La police intervient ensuite au moment de l’affichage dans le navigateur. Elle donne aux mots leurres la forme visuelle des mots d’origine. L’internaute lit donc la phrase prévue par son auteur, tandis qu’un scraper qui se contente de récupérer le HTML obtient une autre version du texte.

      Les remplacements ne sont pas choisis au hasard. ShieldFont échange un nom contre un autre nom, un verbe contre un autre verbe, ou encore un adjectif contre un adjectif proche. Le résultat peut rester grammaticalement correct tout en modifiant le sens d’une affirmation.

      Selon la page GitHub du projet, le remplacement d’environ 25 % des mots suffit à altérer sensiblement le texte récupéré par les robots. Dans leurs tests, le texte encodé n’impliquait plus la même chose que l’original pour 55,8 % des articles de presse, 51,9 % des contenus du web général, 34,5 % des œuvres de fiction et 31,1 % des œuvres de fiction anciennes.

      Une limite importante : ShieldFont ne prend actuellement en charge que l’anglais. Le projet prévoit d’étendre ses substitutions à d’autres langues, dont le français.

      Une protection qui a ses limites

      Pour autant, ShieldFont ne bloque pas magiquement tous les robots. Un #scraper qui analyse le rendu visuel d’une page, par capture d’écran et OCR par exemple, peut retrouver le texte réellement affiché. De même, un acteur qui cible spécifiquement un site peut télécharger la police et en reconstituer les correspondances.

      La méthode peut aussi avoir des effets secondaires importants : les moteurs de recherche, les outils de traduction, le copier-coller et les lecteurs d’écran s’appuient eux aussi souvent sur le contenu brut de la page. ShieldFont déconseille ainsi de l’utiliser sur les pages que l’on souhaite faire remonter dans Google.

      Pour eux, finalement, ShieldFont répond surtout à une limite des outils existants : les consignes de « robots.txt » qui demandent aux robots de ne pas explorer un site, restent faciles à ignorer. Plutôt que de compter sur leur bonne volonté, la police cherche ainsi à rendre les contenus aspirés moins exploitables.

      #ShieldFont #typographie #IA #anti-IA #intelligence_artificielle #police #technologie #résistance

    • Effectivement, j’ai un peu creusé et on trouve facilement la liste des ligatures trafiquées  :
      – récupérer la fonte (identifiée avec dev tools/inspect)  : https://shieldfont.org/fonts/shieldfont-alpha-500.woff2
      – la charger dans un analyseur en ligne  : https://fontdrop.info
      – dans le tab ligatures, la liste des mots échangés va apparaître... bien que je soupçonne le site de n’en afficher qu’une partie.

    • Autrement dit : pour masquer un texte pour l’IA, on rend alors le texte entièrement anti-accessible, pour tous les humains qui ont un handicap visuel, et accessible uniquement à celleux qui sont capables de le lire sur écran.

      Dérisoire et inutile, dans 3 mois (ou 6 mois peu importe) des robots sauront le lire aussi.

      Où comment utiliser du temps et de l’énergie pour empirer les problèmes, ou au moins pour rien, alors que le temps et l’énergie ne sont pas infinis et qu’on en a peut-être besoin ailleurs.

    • Pour avoir accompagné les étudiants en création typographique pendant quelques années à l’école Estienne, j’ai pris l’habitude de voir ressurgir des « sujets à la mode » chaque année. Reposant généralement sur l’idée très crédule qu’Opentype allait résoudre les problèmes sociaux de l’humanité et promouvoir les idées progressistes. Pour les soutenances, l’équipe d’enseignants aidait les étudiants à éviter de tomber dans ces sujets bateaux déjà traités les années précédentes. Mais sur internet, évidemment, chacun fait ce qu’il veut, et ça buzze assez facilement parce que les sujets à la mode, hé ben c’est à la mode.

      Bref jusqu’à récemment, on avait droit avec une régularité d’horloge aux polices « inclusives », gros succès d’estime, mais à l’intérêt à mon avis négatif (pour moi : moins lisibles que de simplement mettre un « petit point » dans les mots). Avant, on avait les polices pour économiser l’encre des imprimantes quand tout le monde a commencé à gueuler contre l’arnaque des cartouches d’encre. Et maintenant ce sont les polices prétendument anti-IA.

      Perso, dans les idées à la mode, je préférais quand la mode concernait les polices visant à faciliter la vie des personnes souffrant de divers handicaps visuels/cognitifs, ou pour les enfants en phase d’apprentissage de la lecture, parce que la question de la lisibilité, c’est effectivement une question centrale de la création typographique. Mais quand on prétend résoudre des problèmes de société, justement dans l’air du temps, avec Opentype, je suspecte assez rapidement qu’on va faire dans le bullshit.

    • @rastapopoulos, je ne sais pas ce que ça vaut mais dans leur FAQ il y a ça:
      What about screen readers and accessibility?
      Screen readers read the source code rather than the words displayed by the font, so the current <Shield> component uses aria-hidden to stop the substituted text from being read aloud. We have a built-in alternative, in beta and on by default, which allows users to spawn the real words on the page through an aria button only screen readers reach. The reader’s browser solves a compute-costly puzzle for the key, taking a few seconds. It works in our Dynamic Websites tier and requires JavaScript, which is part of the point: most scrapers never run any. Tested with VoiceOver and an automated screen reader.

    • Accessibilité problématique (on se passe la main droite par dessus la tête pour se toucher l’oreille gauche pour réussir à rendre le texte d’origine visible, mais en bloquant les robots, ce qu’on aurait pu faire dès le départ, c’est un peu le principe d’Anubis), mais aussi tout usage classique d’un texte rendu très casse-gueule. Basiquement : copier-coller.

    • Le projet tel qu’il fonctionne aujourd’hui est effectivement une machine à gaz et alourdi considérablement le poids d’une page, en plus des problèmes d’accessibilité que vous avez pointé, donc ça n’en fait pas une solution à utiliser massivement, mais je trouve l’idée intéressante et qui peut avoir des applications spécifiques.

      Le fait de pouvoir empoisonner subtilement une IA et sans qu’un humain qui l’utiliserait ne puisse facilement s’en rendre compte est assez bien trouvé et je ne connais pas d’autres méthodes pour arriver au même résultat aussi efficacement.

      Pour comparaison, Anubis aussi est une incongruité informatique à se tapper la tête contre les murs de désespoir, mais son utilité n’est pourtant pas à démontrer en 2026.

  • La crise climatique est une question de nourriture plus que de température
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/la-crise-climatique-est-une-question-de-nourriture-plus-que-de-tempe

    Prenons un produit de consommation courante, utilisé au quotidien par la plupart des gens : l’huile d’olive. Cet été des oliveraies ont brûlé en Grèce, en Italie et au Portugal. D’autres sont indirectement affectées par les émanations de fumée et par la sécheresse, provoquant une baisse de la production. Le bouleversement climatique favorise également la prolifération de parasites et de maladies. Résultat : le prix de l’huile d’olive, qui a déjà explosé ces dernières années, risque de monter massivement dans les mois à venir. Sarah Vachon, fondatrice du Citizens of Soil olive oil group, explique : « À moins que les conditions climatiques ne reviennent bientôt à la normale, il faut s’attendre à une augmentation du prix de l’huile d’olive dès cet automne ». Et le « retour à la normale » n’est pas prévu.

    L’huile d’olive n’est qu’un exemple. Les élevages ont été durement touchés par la chaleur, et le secteur de la volaille a perdu entre 2,5 et 3 millions de têtes rien que lors de la première vague de chaleur dans l’ouest. Une hécatombe qui se répercutera sur les prix. Un produit aussi banal que la salade aussi devient une denrée rare. Le Parisien explique que les producteurs ont subi des pertes massives, un maraîcher du Finistère dit n’avoir pu récolter une seule salade depuis plusieurs semaines, faute d’irrigation. Un autre cultivateur explique sur TF1 avoir perdu la moitié de sa production. Chez Carrefour, le prix d’une salade fraîche a augmenté de 50%.

    Dans un bulletin du 10 juillet, le syndicat de producteurs Légumes de France, lié à la FNSEA, estimait qu’entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu. Cette chute de la production atteint 30% des récoltes de fraises, 20 à 30% des carottes, y compris pour les productions d’automne car les semis ont brûlé, 50% des poireaux de printemps, 20 à 30% en navets, 30 à 40% des pois et haricots. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, ce bulletin date d’il y a un mois, et il n’a toujours quasiment pas plu une goutte sur la majorité des terres cultivables françaises. D’autres légumes de base, comme les oignons, sont aussi concernés. Les vignes sont aussi touchées, ce qui se répercutera sur le prix du vin dès cet automne.

  • J’essaye d’anticiper sur le feuilleton estival.
    1/ Juin. La canicule, c’est à cause qu’on n’a pas de clim.
    2/ Juillet. Les incendies, c’est à cause des salauds qui mettent le feu.
    3/ Août. Les coupures d’eau potable, c’est à cause que les éco-terroristes sont contre les méga-bassines.
    4/ Septembre. Les glissements de terrain/inondations, c’est horrible de voir toutes ces voitures sous l’eau.

  • Virginie Despentes, Cher Connard, Grasset
    page 72

    On supporte très bien l’idée que les femmes soient tuées par les hommes, au seul motif qu’elles sont des femmes. Sauf si elles sont de petites filles ou de vieilles dames. Ce qui veut dire qu’on supporte très bien l’idée qu’une femme soit victime d’un homme tant qu’elle est en âge d’avoir une sexualité active. Même si elle est mariée, même si elle est maman, même si elle est bonne sœur - à partir du moment où elle est pubère et jusqu’à ses soixante quinze ans - elle est une victime acceptable.
    Et je crois que c’est parce qu’elle est éventuellement sexuelle. La société comprend l’assassin. Elle le condamne, évidemment. Mais avant tout elle le comprend. C’est plus fort que lui. Que ce soit sa femme ou une inconnue.
    Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuées par les hommes, il s’agisse d’employés tués par leurs patrons. L’opinion public se raidirait davantage. Tous les deux jours, la nouvelle d’un patron qui aurait tué son employé. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’être étranglé ou criblé de coups ou abattu par balles. Si tous les deux jours un employé tuait un patron ce serait un scandale national. Pense à la gueule des gros titres : le patron avait déposé trois plaintes et obtenu un ordre d’éloignement mais l’employé l’a attendu devant chez lui et l’a abattu à bout portant. C’est quand tu le transposes que tu te rends compte que le féminicide est bien toléré. Les hommes peuvent te tuer. Ça flotte au-dessus de nos têtes. On le sait. C’est comme si on te recommandait de jouer à la roulette russe. Je n’ai jamais eu envie de mourir mais j’ai aimé les drogues dures, les hommes violents et la vitesse. On m’aura beaucoup plus sermonnée sur les drogues dures que sur les hommes.

    #transposition #féminicide #violences

    • faites donc cher sombre, trollez, il en restera toujours quelque chose

      Mais ce n’est pas que grasset et grobollet qui chie sur les auteurices. Ce sont les intellectuelles et les artistes que cette société maltraite en leur expliquant concrètement qu’ils ne servent à rien.

      Il faudrait que je liste ici tous les modes d’abandon mis en place pour que les auteurices ne puissent plus survivre financièrement. Alors que ces métiers étaient considérés comme à protéger et bénéficiaient de quelques protections exceptionnelles. Les auteurices sont devenues des entreprises indépendantes reliées à l’urssaf qui n’ont ni chomage, ni congés et bossent quand on daigne leur acheter leur production ou leur faire une commande. Quant aux factures electroniques avec recapitulatif trimestriel cela ne va pas aider.

    • Le terrain était bien préparé, socialement et philosophiquement par les libéraux. On est bien domestiqué avec des œillères Travail, l’obligation tacite de ce commerce de la sueur à la monnaie passe par le salariat employé/patron. Et surtout ne pas avoir le temps de penser. Continuité de l’esclavage dans le sens ou même ton avenir rendu plus glorieux et même joyeux dans l’acceptation de ce deal se concrétise dans une vie de non homme libre . Puis on ratisse tout autour et on fait tomber les têtes des « libres » : chomeurs, précaires, artistes, auteurices ...
      Je fréquente pas mal de gens qui ont vécu ou vivent dans la rue, oui c’est dur et violent mais ce sont de vraies personnes pas du chiqué baratineur cochon d’inde dans sa roue que beaucoup devienne une fois intégré au monde du travail où il n’y a pas plus le temps de revenir à Ah mais keskejefaila ?
      Le process des politiques des hypermarchés. On accepte le contrat car on le croit pratique et plus économique jusqu’à ce que l’idée même du paysan disparaisse de nos mœurs, remplacé par nos chaines en bétons.
      Je perds mon sang froid, tatatata.
      Ma vue me joue des tours, j’ai lu le macronisme est un traumatisme , c’est bien la réalité.

  • #Ceuta : une soit disant crise migratoire bien instrumentalisée par l’internationale réactionnaire ?

    Ce post de Mr Mondialisation sur FB (je n’ai pas trouvé l’article correspondant sur leur site) et cet article de l’Huma (sous #paywall) :

    https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid0fjHJR3QnKoeSdQQoZzfwUWKSxSsaYqXu6aZdvKehLBbBQuUtkQs2MUks77a1PLPsl

    Comprendre l’opération de déstabilisation de l’Espagne qui se joue depuis plusieurs jours par une guerre d’images parfaitement organisée.
    Pendant que certains médias parlent d’une simple « vague migratoire », les images racontent une autre histoire. De nombreuses vidéos montrent des camions et des autocars déposant des milliers de jeunes hommes en même temps, à proximité immédiate de Ceuta, avant leur ruée organisée vers la plage du Tarajal.
    Les vidéos montrent surtout que les autorités Marocaines aident à la logistique sur la route, sans les arrêter. Une logistique de cette ampleur n’a rien d’un déplacement spontané de candidats à l’exil. Nombre de ces jeunes arrivent en rigolant, avec des bouées et même des sticks pour filmer leur exploit et les publier en ligne parfois en direct. Plusieurs ont perdu la vie en sous estimant le risque de contourner ce simple bras de terre. Ces individus n’ont rien de migrants classiques en situation d’exil, ce qui devrait à minima alimenter des questions. Pourtant, tous les médias ont un narratif unique axée sur la peur : la vague migratoire est à nos portes. Ce n’est pas le cas.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la technique est utilisée. En 2021 déjà, lors de la crise de Ceuta, le relâchement soudain et volontaire des contrôles frontaliers par Rabat avait été largement interprété comme un moyen de pression diplomatique sur Madrid dans le contexte du Sahara occidental. À la différence que cette fois, des dizaines de camions ont déversé ce flot humain sur les plages au même moment, poussant certains à la noyade.
    En résumé, des jeunes sont utilisés pour faire pression à la frontière de manière à générer un choc politique par l’image. La majorité d’entre eux sont rentrés chez eux le soir même, faute de nourriture, en passant la frontière dans l’autre sens.
    Une question demeure : comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles se retrouver simultanément devant une frontière parmi les plus surveillées d’Afrique sans une organisation logistique ? Les vidéos montrant des véhicules transportant des groupes de jeunes méritent, à elles seules, une enquête approfondie. Les médias officiels restent pourtant discrets sur la question et ne publient pas ou peu ces images.
    Que chacun se fasse son opinion. Mais présenter ces événements comme un simple mouvement migratoire pour faire peur occulte les buts de l’opération : isoler l’Espagne de la scène internationale tout en alimentant la montée réactionnaire en Europe, favorable aux intérêts
    capitalistes. Par ailleurs, le contrôle du Détroit reste un enjeu économique majeur dans la région, y compris pour les Etats-Unis. Trump et Israël, alliés du Maroc, sabrent le champagne devant cette opération médiatique de grande envergure qui divise l’Europe.

    https://www.humanite.fr/monde/espagne/afflux-de-migrants-a-ceuta-le-gouvernement-espagnol-attaque-par-une-extreme

    L’arrivée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l’enclave espagnole, la semaine dernière, même éphémère, a déchaîné les paniques racistes de l’extrême droite mondiale. Ce qu‘il s’est passé soulève des questions sur l’utilisation de l’immigration comme levier de déstabilisation mais aussi sur l’attitude des autorités marocaines.

    https://justpaste.it/e53bt

    • https://seenthis.net/messages/1184811

      La construction du récit de « l’invasion »

      Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

      Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

      Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    • https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-instrumentalisation-de-la-situation-a-ceuta-vire-a-la-caricature-de

      Plusieurs sources, dont l’AFP, laissent plutôt entendre que l’afflux massif de ces derniers jours résulte d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, à l’heure où le Premier ministre espagnol essaie de se rapprocher de l’Algérie plutôt que du Maroc. Pedro Sanchez était à Alger il y a dix jours à peine pour essayer de tourner la page de quatre années difficiles. Dans ce contexte, un journaliste de l’agence de presse française affirme que des jeunes Marocains, rassemblés à la lisière de Ceuta, lui ont expliqué avoir entendu que « la frontière avait été ouverte ».

      Un contexte qui rappelle inévitablement la précédente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers de Marocains avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un premier différend diplomatique avec l’Espagne. À l’époque, le Maroc avait reproché à Madrid l’accueil, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario (soutenu par l’Algérie contre le Maroc).

      D’ailleurs, Pedro Sanchez - qui doit se rendre à Ceuta ce vendredi - a déjà expliqué que « des mesures pour le transfert » vers le Maroc seront prises pour « toutes les personnes qui sont entrées illégalement » dans l’enclave espagnole, après ce qu’il qualifie « d’attaque contre la souveraineté » de son pays. Du reste, nombre d’entre elles, 25.000 selon les premières évaluations, sont déjà retournées au Maroc, ce vendredi. Ce que ne disent pas les réactions françaises, promptes à qualifier ces migrants de danger imminent, quand bien même ils se trouvent actuellement sur un autre continent, dans une zone qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, à 1 000 kilomètres du territoire français, de l’autre côté de la Méditerranée.

      Qu’importe, la pression porte ses fruits. Laurent Nunez s’est empressé ce vendredi matin d’annoncer que la France allait immédiatement renforcer ses contrôles aux frontières, « en profondeur », avant d’être appuyé par Emmanuel Macron, qui a demandé à la mi-journée à ce que « toutes les dispositions soient prises pour renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Quitte à donner le point aux nationalistes et à leurs raccourcis.

    • La menace ne vient pas des immigrés de Ceuta, mais de nos propres dirigeants !

      L’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de jeunes Marocains à Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, a immédiatement provoqué un déchainement de mensonges. Non seulement la droite et l’extrême droite, mais aussi la plupart des gouvernants européens rejoints par Trump aux États-Unis, ont brandi la menace d’une « invasion » dont il faudrait se défendre.

      Le fait qu’il y ait eu une centaine de morts ne leur a pas tiré une larme. Pas plus le fait que les migrants soient restés dehors, avec les seuls vêtements qu’ils portaient pendant leur traversée, sans argent ni accès à un minimum d’hygiène, en butte aux violences des militaires et de certains habitants. « On croyait atteindre le paradis, et on s’est retrouvé en enfer », résumait l’un d’eux, avant de regagner le Maroc, comme l’ont fait la très grande majorité d’entre eux.

      Liberté de circulation pour tous les travailleurs !

      Ces jeunes, parmi eux de nombreux adolescents de moins de 15 ans, ont voulu fuir la pauvreté, le chômage, qui touche, au Maroc, près de la moitié de la jeunesse. Pouvoir travailler et réaliser ainsi leurs rêves était leur seul but, le même que tous les jeunes de leur âge dans le monde. La liberté de se déplacer et le droit de s’installer là où les travailleurs peuvent gagner leur vie devrait être un droit élémentaire. Que des jeunes soient obligés, pour cela, de risquer la mort est révoltant !

      Le Premier ministre espagnol Sanchez a annoncé l’envoi de policiers, de militaires et de blindés, évoquant « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Mais que dire de l’intégrité du territoire marocain, alors que les enclaves de Ceuta et Melilla constituent des vestiges du colonialisme espagnol !

      Tous les dirigeants européens savaient très bien que ces milliers de jeunes ne pouvaient pas se rendre en Espagne ni dans l’Union européenne. En effet, Ceuta est soumis à un statut dérogatoire tel que l’accès au reste de l’Europe est aussi difficile qu’à partir du Maroc. Mais Macron a tout de même multiplié par cinq le nombre de policiers et de gendarmes à la frontière franco-espagnole.

      Les mensonges des dirigeants européens

      La palme du cynisme revient à la Première ministre italienne d’extrême droite Meloni, qui a annoncé la suspension de la libre circulation de l’espace Schengen à l’Espagne, avec laquelle l’Italie ne partage pourtant aucune frontière. La quasi-totalité des autres dirigeants de l’Union européenne lui ont emboité le pas. Tous ont délibérément menti car ils sont d’accord pour faire comme si l’immigration était aujourd’hui le danger principal. C’est une diversion ignoble, mais aussi dangereuse, utilisée par l’extrême droite, championne du repli sur soi, et par bien des politiciens.

      Tous veulent faire croire aux travailleurs que les immigrés constitueraient une menace et que les frontières pourraient protéger du chômage et de la pauvreté. Mais le responsable du chômage, de la précarité et des bas salaires est d’abord le patronat, et le faire reculer dépend exclusivement des luttes que le monde du travail est capable de mener pour s’opposer à sa rapacité. Ceux qui répètent qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde » nous prêchent en réalité la résignation et veulent nous faire accepter, comme une fatalité qu’on ne pourrait pas changer, l’état catastrophique des hôpitaux et de tous les services publics les plus vitaux…

      Combattre les vrais responsables de la misère

      Les véritables responsables de la misère, en France comme dans les autres pays, ce sont les actionnaires des géants du CAC 40 dont les profits ont augmenté de plus de 44 % au premier semestre 2026, pour atteindre à 74,93 milliards d’euros. Une minorité de richissimes bourgeois, 153 familles milliardaires, accapare les richesses produites par des millions de travailleurs. Une minorité de capitalistes et les gouvernants à leur service organisent l’exploitation de tous les peuples et le pillage des ressources des pays pauvres. Avec leurs rivalités et leurs guerres, des régions entières du monde sont détruites et rendues invivables.

      C’est tout cela qu’on voudrait nous faire oublier avec l’épouvantail de l’immigration. Garantir à tous une vie à la hauteur des immenses possibilités que recèle la société ne sera possible qu’en renversant le capitalisme. Quelles que soient leur nationalité, leur origine et leur religion, les travailleurs doivent refuser les divisions pour pouvoir mener ce combat commun contre leurs exploiteurs.

      Nathalie ARTHAUD

      https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/menace-vient-immigres-ceuta-propres-dirigeants-196142.html

    • Issu de https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/01/comment-se-positionnent-les-pays-europeens-face-a-la-crise-de-ceuta

      La lettre en question  : «  Vingt-deux chefs d’État et de gouvernement ont cosigné une lettre initiée par l’Italie et le Danemark, exigeant une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur. Ces derniers se retrouveront en visioconférence mardi 4 août.

      Si l’exclusion de l’Espagne de la zone Schengen n’est plus évoquée, les 22 s’en prennent à la politique de régularisation massive menée par l’Espagne, qu’ils accusent d’avoir provoqué un appel d’air ayant concouru à cette intrusion.  »

      La France qui envoie sa police pourchasser des migrants aussi imaginaires que les dahuts dans les Pyrénées fait partie des états les plus compréhensifs vis-à-vis de l’Espagne. Mon petit doigt me dit que ça doit bien lui arracher la gueule à notre pauvre Macron de pas hurler avec les loups, mais dérouler 700km de barbelés n’étant pas envisageable dans l’immédiat, il a du prendre sur lui. J’espère quand même que l’on va lui ouvrir une cellule psychologique à l’Élysée pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve.

    • Évidemment ce bon vieux Rudy s’est immédiatement fendu d’un article défendant Israël, mais il faut tout lire et ça donne des sources :
      https://www.conspiracywatch.info/ceuta-le-reflexe-complotiste.html

      Le raisonnement à l’œuvre est un condensé de logique complotiste : on part des bénéficiaires supposés de l’événement (le fameux « is fecit cui prodest ») pour remonter aux commanditaires, et l’on tient la satisfaction affichée par certains pour un aveu. Or, comme l’écrit le politologue américain Michael Shurkin, « la Schadenfreude [« joie malsaine » − ndlr] n’est pas une preuve de complicité ou de responsabilité ». Il poursuit : « Je trouve fascinant que tant de gens sautent à la conclusion que cela doit forcément concerner Israël. Comme si le Maroc et l’Espagne n’étaient pas capables d’avoir leurs propres différends sans rapport avec Israël, ou comme si le Maroc était incapable d’agir ainsi pour ses propres raisons. »

      Sans surprise, les réseaux prorusses se sont emparés de l’affaire. Le centre de recherche Cyfluence a documenté l’amplification de la thèse du complot « israélo-américain » par des comptes alignés sur Moscou ainsi que sa reprise par RT et par le réseau de sites « Pravda ». Un seul post a cumulé des millions de vues et plus de 4 400 retweets.

      À supposer même que cet afflux ait été téléguidé, le Maroc n’a besoin de personne pour « arsenaliser » les migrants − ainsi que l’ont déjà fait Moscou et Minsk contre la Pologne. En mai 2021, Rabat avait laissé plus de 8 000 personnes entrer à Ceuta en quarante-huit heures pour punir Madrid d’avoir discrètement hospitalisé le chef du Front Polisario (mouvement luttant pour l’autodétermination du Sahara occidental, soutenu par Alger). Ni Israël ni les États-Unis ne s’en étaient mêlés.

    • Crise de Ceuta : pourquoi les révolutionnaires défendent l’ouverture des frontières ? Billet d’Anasse Kazib
      https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-de-Ceuta-pourquoi-les-revolutionnaires-defendent-l-ouvert

      Anasse Kazib, candidat à l’élection présidentielle de 2027, réagit aux questions d’électeurs de gauche depuis le début de la tragédie de Ceuta, où plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Il revient sur la nécessité de défendre l’ouverture des frontières, à rebours d’une gauche institutionnelle qui s’adapte aux politiques de l’Europe forteresse.

      Les frontières permettent de fabriquer une main-d’œuvre privée de droits, notamment les sans-papiers, que le patronat peut surexploiter avec des salaires plus bas, des horaires plus longs et la menace permanente de l’expulsion. Cette pression ne s’exerce pas seulement contre les travailleurs immigrés : elle tire aussi vers le bas les conditions de l’ensemble de la classe ouvrière.

      On nous répète sans cesse que les frontières sont là pour protéger les travailleurs. En réalité, elles protègent avant tout les intérêts des classes dirigeantes. Le capital, lui, ne connaît pas de frontières. Les multinationales déplacent leurs usines là où les salaires sont les plus bas, investissent où les profits sont les plus élevés, spéculent d’un continent à l’autre et pillent les ressources du monde entier sans passeport ni visa. Les marchandises et les capitaux circulent librement.

      La classe ouvrière n’a pas d’intérêt à défendre les frontières de sa bourgeoisie. Son intérêt est de s’unir au-delà des nationalités et des origines pour combattre ceux qui vivent de son exploitation. Il faut refuser un monde où l’argent est libre de circuler, ou le patronat peut exploiter qui il veut ou il veut mais où les êtres humains sont enfermés derrière des barbelés. Il faut exactement l’inverse : lutter contre le capital, garantir à toutes et tous la liberté de circulation et d’installation, et construire l’unité internationale des travailleurs...

    • Ceuta : une frontière impériale devenue un tombeau

      Ceuta n’a jamais été une simple limite administrative. Elle est à la fois le produit d’une histoire impériale ancienne et le point de rencontre de décisions économiques beaucoup plus récentes. Ni l’une ni les autres ne peuvent être traitées uniquement avec des clôtures, des patrouilles et des procédures d’éloignement.

      Que faire ?

      D’abord, établir les faits. Chaque mort doit être identifiée. Chaque disparition doit être documentée. Chaque usage de la force doit pouvoir être examiné. Le contrôle d’une frontière ne suspend ni le droit à la vie ni l’obligation de rendre des comptes.

      Ensuite, reconstruire une véritable politique économique frontalière.

      L’Union européenne et l’Espagne ne peuvent demander au Maroc de contenir les départs tout en considérant la situation sociale de Fnideq comme une affaire exclusivement marocaine. Une coopération crédible devrait financer des emplois formels, des formations professionnelles, des infrastructures productives et des activités susceptibles de remplacer durablement l’ancienne économie de contrebande.

      Enfin, il faut donner une réalité aux voies régulières de mobilité.

      L’Espagne dispose déjà de programmes de gestion collective des recrutements dans les pays d’origine, le dispositif dit « GECCO ». En 2025, 25 767 travailleurs étrangers ont participé à ces dispositifs de migration circulaire dans dix-sept pays partenaires, en hausse de 25 % en un an. Ces programmes démontrent qu’une mobilité organisée, assortie d’un contrat de travail et d’un cadre public, est possible.

      Ils ne sont pas exempts de critiques. La dépendance envers l’employeur, les conditions d’hébergement et les risques d’exploitation, notamment dans l’agriculture, doivent être combattus. Mais la réponse à ces insuffisances n’est pas de renoncer aux voies légales. Elle consiste à les étendre, à les diversifier et à mieux protéger ceux qui les empruntent.

      Le travail, les études, la formation et la circulation temporaire ne supprimeront pas tous les départs irréguliers. Ils permettront au moins de retirer aux passeurs, aux rumeurs et aux crises diplomatiques le monopole du calendrier migratoire.

      L’Europe a progressivement délégué une partie de sa politique migratoire aux États chargés d’empêcher les départs. Ce modèle crée une dépendance dangereuse. Lorsque le contrôle se relâche, volontairement ou non, la frontière cesse en quelques heures d’apparaître comme une protection : elle devient un piège.

      L’histoire ne se répète pas. Elle lègue des lieux, des institutions et des frontières.

      En 1415, la conquête de Ceuta ouvrait l’expansion portugaise outre-mer. En 1578, Ksar el-Kébir en révéla les limites sanglantes. En 2026, la ville est devenue, pour une partie de la jeunesse marocaine, un horizon visible à l’œil nu et pourtant presque inaccessible.

      L’écho entre ces dates n’est pas celui d’une prétendue guerre de civilisations.

      Il est celui d’une géographie héritée de la puissance sur laquelle viennent aujourd’hui se briser les inégalités économiques et l’inégale liberté de circuler.

      Une Europe fidèle aux droits qu’elle proclame ne peut se contenter de mieux fermer cette frontière.

      Elle doit agir pour qu’aucun mur, aucune digue et aucun bras de mer ne redeviennent un tombeau.

      https://blogs.mediapart.fr/alexis-vessat/blog/070826/ceuta-une-frontiere-imperiale-devenue-un-tombeau

  • Les IA vont-elles tuer les liens hypertextes, ces briques fondamentales du Web ?
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/02/les-ia-vont-elles-tuer-les-liens-hypertextes-ces-briques-fondamentales-du-we

    (...) pourquoi cliquer sur ces [liens] puisque tout peut être servi à votre porte ? Le 22 juillet, Google a déployé en France ses « aperçus IA » (« AI Overviews »). Quand elle est activée, la fonctionnalité relègue l’antique liste des « 10 premiers liens » au fond de la première page de résultats du moteur de recherche et la remplace par un résumé, écrit automatiquement par l’intelligence artificielle (#IA) Gemini.

    Résultat : de nombreux éditeurs de sites Internet craignent pour l’avenir de leurs activités en ligne. En Allemagne, où l’option était déjà en place, la société de référencement Sistrix enregistrait une chute de 6,6 % du nombre de clics en provenance du Google. Mais plus encore qu’une problématique de modèle économique pour les sites Internet, la question est presque philosophique. Le #Web s’est bâti sur le concept même de #liens qui, par leur multiplication, forment ce qu’on appelle communément la « Toile ». Si ces liens ne sont plus parcourus, ont-ils encore une raison d’exister ?

    [...]

    « Les hyperliens et l’hypertexte [la technologie qui les sous-tend] ont été mis au défi par le tournant commercial du Web », complète Valérie Schafer, évoquant la transformation d’un « réseau de pages et documents » en un « réseau de services et plateformes, où sont incorporés de multiples outils, contenus et liens cliquables dont certains sont fournis par les plateformes, ou encore générés par des machines ».
    En parallèle, d’autres mécanismes mettent à mal les principes initiaux de l’hypertexte.
    « Les réseaux sociaux, les applications mobiles, les environnements derrière un paywall… ont érodé la notion de liens ouverts, souvent pour des raisons uniquement commerciales »_, explique au Monde Alberto Di Meglio, responsable de la stratégie numérique du CERN. Les choix de développement de ces plateformes ont, souvent, consisté à faire rester le plus longtemps possible leurs utilisateurs dans leur environnement, et dévalorisé les liens externes permettant de s’en échapper.
    Et cette tendance se poursuit : les utilisateurs qui conversent avec les agents conversationnels comme ChatGPT (OpenAI) ou qui se voient proposer les résumés par IA de Google n’ont en théorie plus de raison de cliquer sur des liens puisque les réponses à leurs interrogations leur sont fournies clés en main.

    https://justpaste.it/abrgm

    #hypertexte #hyperliens

    • Pour une fois que les femmes ne disparaissent pas de l’histoire du web note l’apparition bienvenue de ces chercheuses :
      #Anne_Helmond, de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) Historiographie de l’hyperlien » parue en 2018
      #Olia_Lialina, artiste russe parmi les pionnières de l’art en ligne
      #Valérie_Schafer, historienne des télécommunications, de l’informatique et des cultures numériques

    • Avec l’introduction des « aperçus IA », « le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation numérique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/avec-l-introduction-des-apercus-ia-le-web-et-les-applications-mobiles-pourra

      Est-il imaginable que les #médias ferment leurs contenus aux fournisseurs d’IA, comme la plateforme Reddit semble désormais vouloir le faire aux Etats-Unis ? Peu d’acteurs disposent d’un tel pouvoir de négociation. Pour la plupart des médias, le dilemme est redoutable : accepter que leurs #contenus alimentent ces nouveaux systèmes au risque de perdre leur audience, ou s’en retirer au risque de devenir progressivement invisibles dans les interfaces qui structureront demain l’accès au #savoir. Et dans cette lutte, il n’est pas certain que Google gagne à ne pas rémunérer équitablement les producteurs d’information.

      En effet, si les interfaces d’IA promettent de rendre l’information plus accessible que jamais, leur succès conduit à fragiliser ceux qui produisent cette information. Elles risquent de compromettre, à terme, la ressource dont elles se nourrissent. Une société qui ne finance plus la production des faits ne pourra pas longtemps bénéficier de la qualité de leurs synthèses.

      Déplacement du pouvoir

      Ce que l’introduction des AI Overviews traduit, c’est l’effacement du Web, qui avait lui-même remplacé une partie des médiations traditionnelles. Il devient une infrastructure invisible, tout comme les applications mobiles qui s’effacent également derrière des interfaces conversationnelles. Le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation #numérique.

      https://justpaste.it/dtnq8

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • La plus grande victoire de la mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.

  • Les plans de travail en quartz, à l’origine d’une crise de santé publique aux États-Unis et dans le monde
    https://theconversation.com/les-plans-de-travail-en-quartz-a-lorigine-dune-crise-de-sante-publi

    Souvent commercialisée sous le nom de « quartz », la pierre reconstituée est un produit synthétique contenant jusqu’à 95 % de quartz finement broyé, mélangé à des résines polyester ainsi qu’à des pigments. Derrière l’apparente facilité avec laquelle on peut se procurer ce matériau se cache un fait ignoré des consommateurs : les ouvriers qui découpent, meulent et polissent ces plans de travail s’exposent au risque de développer une maladie redoutable qui détruit leurs poumons, la silicose. Cette maladie évitable, pour laquelle il n’existe aucun remède, est mortelle, et il n’existe aucun remède.

    Rien qu’en Californie, plus de 550 travailleurs ont reçu un diagnostic de silicose causée par cette pierre reconstituée depuis 2019. Parmi eux, au moins 100 ont subi une greffe pulmonaire ou sont en attente d’en recevoir une. Cette intervention, complexe, ne fait cependant que prolonger leur vie, sans pouvoir offrir de guérison durable. Entre 2019 et 2026, au moins 30 sont morts de silicose.

  • How Anti-Imperialists Copy Empire’s Anti-Arab Hatred
    https://bettbeat.substack.com/p/how-anti-imperialists-copy-empires

    A pattern becomes unmistakable: Arab is a word reserved for failure. And any attempt to reclaim it for courage, resistance, or steadfastness, will make Westerners step in to correct you. Those positive examples, they insist, simply do not count as Arab.

    That absence matters. Arab identity becomes visible when there is humiliation to assign and invisible when there is courage to acknowledge.

    • Israël est une nation d’assassins d’enfants.

      Ce qui ne signifie pas qu’il n’existe pas une courageuse petite minorité qui résiste.
      Mais le massacre (assassinats de Palestiniens de tous ages) est l’outil d’Israël depuis son origine.

  • 60,000 orphans and counting: Inside Gaza’s shattered childhoods
    https://www.newarab.com/features/60000-orphans-and-counting-inside-gazas-shattered-childhoods

    In Gaza, orphanhood is no longer a private family tragedy unfolding one household at a time. It has become a mass condition of war.

    Speaking to The New Arab, Director General of Taawon Dr Tareq Emtairah said the number of children orphaned by the war has reached close to 60,000 — around six percent of Gaza’s child population — a scale he described as unmatched by anything the Palestinian non-profit development organisation had seen in earlier assaults on the enclave.

    The estimate is detailed in Taawon’s new report, Lighting the Path for Orphaned Children in Gaza – A Call to Action, which warns that the unprecedented number of children who have lost one or both parents will require sustained, long-term support extending far beyond the immediate humanitarian response.

    “Orphan care is not new to Taawon,” Dr Tareq said. “We’ve been involved in this after every crisis that Gaza has gone through; Taawon has jumped in, but this war is entirely different. The scale of orphanhood is huge. We’re talking about close to 60,000 children.”

    The percentage was alarming not only in itself, but because of the speed with which so many children had lost one or both parents “in a short period of time — probably the fastest growth ratio in the world.”

    The death toll in Gaza since Israel began its genocidal assault in October 2023 has topped 73,250. Almost all of Gaza’s two million residents have been displaced multiple times and now live in makeshift camps and damaged buildings.

    The numbers alone are staggering, but they only tell part of the story.

    “A lot of the basic care infrastructure has been destroyed: schooling, healthcare, nurseries, all types of support infrastructure to us has been destroyed,” Dr Tareq explained, adding that repeated displacement had made the situation even more acute, with families moving “5, 6, 7, 8 times to different locations in Gaza.”

    In that sense, orphanhood in Gaza often means losing not just a mother or father, but the wider structure of care that makes childhood possible.

    It is also changing the shape of family life for those who remain. Many households, he said, have effectively become single-mother households overnight, with widowed mothers or female relatives trying to hold together families under bombardment, hunger and displacement.