AF_Sobocinski

Géographe-géomaticien, historien. Joueur de go

  • Le versement des aides aux producteurs bio ont pris deux ans de retard
    https://www.bastamag.net/Le-versement-des-aides-aux-producteurs-bio-ont-pris-deux-ans-de-retard

    Les agriculteurs bio n’en peuvent plus d’attendre le versement des aides qui leur sont dues, depuis souvent deux ans. Le 25 octobre, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) a décidé de saisir le défenseur des droits pour qu’il mette fin à cette situation. « Le gouvernement annonçait dès juin 2018 avoir réglé 97% des aides 2015, mais le traitement des dossiers 2016 patine, confronté à des difficultés inattendues : en moyenne, à ce jour, un tiers seulement des dossiers ont été gérés », (...)

    En bref

    / #Europe, L’Europe sous la coupe de l’austérité, #Alimentation_et_agriculture_biologique, Services (...)

    #L'Europe_sous_la_coupe_de_l'austérité #Services_publics


  • Cancer du sein : « Les détracteurs du dépistage sont irresponsables » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/sante/cancer-du-sein-les-detracteurs-du-depistage-sont-irresponsables-06-11-201

    En France, moins d’une femme sur deux participe au dépistage organisé. Ce chiffre est-il satisfaisant ?

    PROFESSEUR NORBERT IFRAH. Non, d’autant moins satisfaisant que l’on a perdu 2 % de participation en deux ans et que nous sommes loin des recommandations européennes qui en préconisent 70 %. Qu’un débat scientifique existe sur les limites du dépistage, c’est sain. Mais on assiste en France à une campagne de dénigrement surréaliste, notamment sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs, peu nombreux mais très actifs, sont irresponsables. N’oublions pas que 59 000 nouveaux cancers du sein sont détectés chaque année et que 12 000 femmes en meurent.

    Le dépistage est notamment accusé de surdiagnostic. En clair, de détecter des lésions qui n’auraient pas forcément évolué en cancer…

    Aujourd’hui, un certain nombre de cancers localisés n’évoluent pas, sans que l’on sache pourquoi. C’est un sujet majeur de recherche. Mais 80 % vont évoluer, d’où la nécessité d’un suivi régulier. Je ne dis pas qu’il y a zéro opération inutile, mais elles sont très peu nombreuses. En revanche, on sait qu’avec le dépistage organisé, on épargne à près de 12 % des femmes une chirurgie lourde et qu’un tiers « seulement » auront une chimiothérapie contre plus de la moitié hors dépistage. Pour les concernées, ce n’est pas rien !


  • Pour accroître l’efficacité de ses missions de #paix, l’#ONU recrute davantage de #femmes officiers de #police | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2018/11/1028551

    Pour être plus efficaces, les missions de #maintien_de_la_paix des Nations Unies ont besoin de recruter davantage de femmes au sein de leurs effectifs de police, a insisté mardi devant le Conseil de sécurité un haut responsable de l’ONU.


  • Qu’y a-t-il dans votre burger ? Réfléchissez-y | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2018/11/1028701

    Les recherches montrent également que les Américains mangent environ trois #hamburgers par semaine. Si un de ces hamburgers au #bœuf était remplacé par un hamburger au substitut de bœuf à base de #plantes pendant un an, cela équivaudrait à supprimer les émissions de gaz à effet de serre de 12 millions de voitures pendant un an.


  • Les ultrariches, grands gagnants de la fiscalité Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/12/les-ultrariches-grands-gagnants-de-la-fiscalite-macron_5368373_823448.html

    Voilà qui devrait relancer une fois de plus la polémique sur le « président des riches », étiquette qui colle à Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Alors que les députés viennent d’achever en commission des finances l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2019, et que le texte sera débattu dans l’Hémicycle à partir de lundi 15 octobre, l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche indépendant, a publié, jeudi 11 octobre, une évaluation approfondie des conséquences des mesures fiscales et sociales contenues dans les deux premiers budgets de l’ère Macron.

    Leurs conclusions sont sans appel : les effets cumulés des réformes 2018 et 2019 mèneront à une perte de « revenu disponible » – c’est-à-dire de pouvoir d’achat – pour les 20 % de Français les plus modestes (recul de l’ordre de – 0,5 % à – 1%). Pour les 60 % de ménages « intermédiaires » (entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches), il y aura un gain, jusqu’à près de 1 %. Le manque à gagner le plus important est enregistré par les 20 % les plus aisés (près de – 1 %), à l’exception notable des 1 % de ménages ultrariches : ces derniers verront leurs revenus dopés de près de 6 %.


  • #Parcs_naturels_régionaux : un modèle à conforter, estime le #Cese
    https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250281751246
    https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/BlobServer?blobkey=id&blobnocache=false&blobwhere=1250

    Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a adopté ce 9 octobre un avis sur les parcs naturels régionaux (#PNR) qui dresse un bilan très favorable de l’action des parcs. Face à la montée en puissance d’autres structures concurrentes, il appelle les PNR à multiplier les partenariats avec les autres acteurs territoriaux, y compris sur le plan financier.

    #aménagement_du_territoire #consommation_foncière #paysages


  • #Indonésie : l’armée ne veut pas des équipes de secours étrangères
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/09/les-equipes-de-secours-etrangeres-invitees-a-quitter-le-terrain_5366704_3244

    Dans un communiqué envoyé mardi 9 octobre au matin aux secouristes qui ont proposé leur #aide_humanitaire en #Indonésie, l’agence AHA, chargée de coordonner leur action, « conseille à toutes les #ONG étrangères ayant deployé des équipes sur le terrain de les rapatrier immédiatement ». La décision ne surprend pas de nombreux secouristes français, qui ont été ralentis dans leurs opérations par l’armée indonésienne, soucieuse d’éviter une ingérence étrangère après le séisme du 28 septembre.



  • #Lanceurs_d’alerte  : Pourquoi la #France a du mal à reconnaître leurs mérites ? Un sénateur s’interroge | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/lanceurs-d-alerte-pourquoi-la-france-a-du-mal-a-reconnaitre-leurs-merite

    Alors que s’ouvre lundi 8 octobre, le procès de la banque suisse UBS pour « blanchiment de fraude fiscale » et « démarchage bancaire illicite », le sénateur communiste Éric Bocquet tenait une conférence de presse en présence du lanceur d’alerte Nicolas Forissier, toujours en attente d’une réhabilitation professionnelle et d’une reconnaissance de la France.


  • Le #Danemark n’acceptera plus de #migrants en 2018 — RT en français
    https://francais.rt.com/international/54406-danemark-nacceptera-plus-migrants-2018

    Le Danemark n’accueillera plus de migrants pour permettre aux nouveaux arrivants déjà présents de s’installer et de s’intégrer convenablement. Selon le ministre de l’#immigration, « il y en a encore trop qui ne subviennent pas à leurs besoins »


  • La justice allemande interdit le déboisement de la forêt de Hambach
    https://reporterre.net/La-justice-allemande-interdit-le-deboisement-de-la-foret-de-Hambach

    La #justice allemande a interdit, vendredi 5 octobre, à l’énergéticien RWE de déboiser la #forêt de #Hambach, dans l’ouest du pays, tant que le recours sur le fond de ce projet n’aura pas été jugé.

    Occupée depuis six ans par des dizaines de militants écologistes, cette forêt de l’ouest du pays proche d’Aix-la-Chapelle cristallise les débats allemands autour de l’exploitation du lignite, source d’énergie bon marché et très polluante. L’expulsion de la Zad avait commencé au milieu du mois de septembre. Un jeune blogueur avait trouvé la mort en tombant d’une passerelle alors qu’il cherchait à filmer une intervention de la police.

    Se prononçant en appel et en référé, la cour régionale administrative de Münster a estimé que RWE « n’avait pas le droit de déboiser la forêt de Hambach » tant que la justice n’aura pas examiné le recours déposé sur le fond par l’association environnementale Bund.

    Comme Bund s’oppose à l’agrandissement de la mine exploitée par RWE en invoquant une directive européenne sur la protection de la faune et la flore, la justice doit « décider de questions complexes, qui ne peuvent être tranchées en référé », précise la cour administrative.

    Or, comme le projet de #RWE implique de raser la moitié des 200 derniers hectares de cette forêt, commencer les travaux dès maintenant porterait une atteinte « irréversible » à ce territoire, « injustifiée » aux yeux des magistrats.

    #tralalère


  • Un témoin licencié après la diffusion d’ «Envoyé Spécial»
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-m/l-edito-m-03-octobre-2018


    #whistleblower #lanceurs_d'alerte

    Encore une fois, les deux maisons médicalisées dont Hella a osé parler aux médias n’ont aucun lien avec l’hôpital où elle devrait être en train de travailler ce matin. Encore une fois, ça fait des mois qu’elle y travaillait déjà. Seulement voilà, au lendemain du reportage, son employeur met fin, sans explication, à sa période d’essai. Cela est-il lié ? Peut-être.


  • Elle fait don de ses organes à quatre patients, trois meurent d’un #cancer - 20/09/2018 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/09/20/2872484-fait-don-organes-quatre-patients-trois-meurent-cancer.html?mediego

    Pourtant, seize mois après avoir été greffée, une première patiente de 42 ans ayant reçu les poumons de la donneuse, est hospitalisée pour des troubles liés à sa greffe. Les médecins découvrent alors des cellules cancéreuses dans ses ganglions lymphatiques et la patiente décède en 2009. En 2013 et 2014, la bénéficiaire du rein gauche et celle du foie meurent également de la même tumeur maligne. Pour ces trois personnes, le cancer s’est propagé à l’ensemble du corps.


  • http://www.rfi.fr/ameriques/20180919-washington-president-duda-polonais-plaide-base-americaine-pologne

    La #Pologne aura-t-elle prochainement son « Fort #Trump » comme l’a suggéré le président Duda ? Elle redouble en tout cas d’efforts pour l’obtenir. Le chef de l’Etat polonais en visite à la Maison Blanche a annoncé que son pays était prêt à débourser au moins deux milliards de dollars pour l’implantation d’une #base_militaire américaine sur son sol. Une offre que le président américain affirme étudier très sérieusement.

    #us_army #États-Unis_d'Amérique #Russie #otan


  • L’#Azerbaïdjan qualifié de « dictature » par « #Cash_investigation » : un Etat ne peut pas poursuivre en diffamation, dit la justice française
    https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/09/19/l-azerbaidjan-qualifie-de-dictature-par-cash-investigation-un-etat-ne-peut-p

    « Pour nous, cette décision aboutit à ce que toute personne puisse tenir des propos diffamatoires voire racistes ou antisémites sans qu’un Etat puisse se défendre », a réagi mercredi Laurence Dauxin, l’une des avocates de l’Etat caucasien. « C’est un déni de justice », a-t-elle estimé, précisant que son client réfléchissait à un pourvoi en cassation ou à lancer une nouvelle procédure, au civil.

    A contrario, pour Juliette Félix, avocate de France Télévisions et d’Elise Lucet, l’arrêt de la cour d’appel est « une très bonne décision » qui « garantit la #liberté_d’expression des journalistes dénonçant les exactions commises par les dictatures et autres Etats autoritaires ». « C’est une très bonne nouvelle pour la démocratie. Les dictatures ne peuvent pas exporter leur #censure en France », a renchéri Virginie Marquet, avocate de M. Richard.


  • Dans la restauration, le « tu marches ou tu te casses » ne séduit plus - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/09/18/dans-la-restauration-le-tu-marches-ou-tu-te-casses-ne-seduit-plus_1679334

    Il suffirait donc de traverser la rue pour trouver un boulot ? Voilà donc un discours du chef de l’Etat, proche de celui du patronat, qui depuis des mois, ressasse ses « difficultés à embaucher ». Tour d’horizon des métiers dits en tension, où l’offre ne rencontre pas toujours la demande.

    Trouver un emploi dans la restauration ? Aussi simple que de traverser la rue, selon le président de la République, à en croire son petit échange avec un jeune chômeur, dimanche. Parmi les premiers à rebondir, Didier Chenet, le président du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie-restauration (GNI-Synhorcat), a salué la sortie d’Emmanuel Macron : « Nous avons la diversité des métiers dans l’hôtellerie et la restauration qui fait que nous sommes capables d’accueillir les professionnels de tous les horizons. » Y compris, donc, les demandeurs d’emploi formés à l’horticulture, comme l’interlocuteur du chef de l’Etat.

    Avec un déficit de salariés estimé à 125 000, selon Didier Chenet, le secteur leur ouvre les bras. Tout comme, en juillet, il demandait à pouvoir embaucher plus aisément des migrants. Roland Heguy, de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), lui, chiffre le nombre de postes non pourvus entre 50 000 et 100 000, évoquant « une pénurie historique de main-d’œuvre ». Pour Pôle emploi, d’ici 2022, 308 000 postes seront à pourvoir dans les deux secteurs. Bonne nouvelle pour endiguer le chômage, aujourd’hui à 9% ? Las, « l’offre et la demande ne se rencontrent pas », pointe le responsable de l’Umih. Ce que confirme Pôle emploi, notant que les employeurs des métiers de l’hôtellerie et de la restauration « rencontrent des difficultés de recrutement supérieures à la moyenne des métiers ».

    « Des insultes, un traitement inhumain »

    « Rien de nouveau », réagit Laurent Bigot, secrétaire national de la CFDT Services. Selon lui, ce « problème d’attractivité » est lié aux conditions de travail : « Il faut travailler le soir, les dimanche, certains salariés ont de longues coupures dans leur journée de travail, cela ne peut pas aller à tout le monde. » « On a des contraintes, mais pas plus qu’ailleurs, souligne Didier Chenot, côté patronal. La différence, c’est que nous sommes à contre-courant : plus c’est la fête, plus on bosse. » Et de pointer « la nouvelle génération » qui, selon lui, serait plus regardante sur les conditions de travail, avant d’accepter une offre. Un discours que l’on retrouve dans le message posté sur Facebook, fin août, par les gérants d’un restaurant audois. Expliquant devoir mettre la clé sous la porte pour cause de difficultés de recrutement, ils y dénoncent le turnover et le comportement d’employés : « Le déséquilibre entre l’offre et la demande fait qu’aujourd’hui les salariés se sentent libres de faire ce que bon leur semble. »

    « Serveur, c’est un métier très dur. A 45 ans, certains ne peuvent plus exercer. Ils ont mal au dos, à l’épaule, à force de marcher, de porter. C’est pareil pour les femmes de chambre dans l’hôtellerie, souligne de son côté Laurent Bigot. « On n’a aucun avantage, aucune considération, et beaucoup de pression », résume, en colère, une serveuse brestoise, la trentaine, qui vient de quitter un poste et d’en débuter un nouveau. Elle raconte son quotidien : « Des supérieurs odieux, des insultes, un traitement inhumain. » La faute, en partie, estime-t-elle, au stress de la profession, et au manque d’effectif qui fait que la tâche est encore plus dure pour ceux qui sont en poste. « Un chef cuisinier, il fait du 8 heures-minuit minimum. Certains prennent de la drogue pour tenir », raconte-t-elle. Si elle « aime son métier », elle « comprend donc que les gens n’aient pas envie d’y travailler ».

    « Coup de pied dans le cul »

    « Les choses changent un peu, nuance Laurent Bigot, de la CFDT. Mais dans certaines TPE, on est encore sur une gestion paternaliste, avec des exigences fortes. C’est la culture du coup de pied dans le cul, du "Tu marches ou tu te casses". Mais eux aussi voient la nécessité de changer cette image. » Reste une chose qui évolue, en revanche, peu : les salaires. « Dans la majorité des cas, les gens sont au smic », explique le cédétiste. C’est environ ce que gagne la serveuse brestoise, au bout de quinze ans d’expérience. Parmi les revendications de la CFDT, à défaut d’augmentation salariale : des contreparties au travail du dimanche, pour l’heure inexistantes, du fait de règles dérogatoires.

    « On est dans la moyenne basse, mais on n’est pas plus mauvais que d’autres », se défend Didier Chenet, du GNI-Synhorcat, arguant que le secteur offre les « derniers métiers où l’ascenseur social fonctionne, avec 80% des cadres passés par le premier échelon ». Sans convaincre le responsable de la CFDT : « Les employeurs ne se sont jamais penchés sur les parcours professionnels. Certains salariés se retrouvent sans perspectives d’évolution, alors ils vont voir ailleurs. » Autre argument du patronat pour séduire : la prépondérance des CDI. Avec un taux de CDI des salariés de l’hébergement et de la restauration (hors intérim) de 82,1%, le secteur est en effet à peu près dans les clous, par rapport à la moyenne nationale (88,2%). Mais aujourd’hui, 86% des embauches s’y font en CDD. Et 60% des projets de recrutement sont saisonniers. Ce qui fait du secteur un des plus coûteux pour le régime de l’assurance chômage. Et aussi un terreau potentiel à précarité.
    Amandine Cailhol

    Alors cette citation là elle va faire partie de mon best of je crois :

    ils y dénoncent le turnover et le comportement d’employés : « Le déséquilibre entre l’offre et la demande fait qu’aujourd’hui les salariés se sentent libres de faire ce que bon leur semble. »

    Quant à la drogue, pour avoir bossé un moment dans ce milieu, je confirme que ça consomme à fond dans les cuisines.

    #restauration #exploitation #chômage #pôle_emploi #travail #macron

    • Quant à la drogue, pour avoir bossé un moment dans ce milieu, je confirme que ça consomme à fond dans les cuisines.

      Dans le bâtiment aussi je suis tombé, une fois, sur une équipe qui tournait à la coke. Elle posait des ouvertures en PVC. 2 appart par jour, va suivre..


  • Canada : Les surdoses mortelles d’opioïdes continuent d’augmenter Marie Vastel - 19 Septembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/537059/les-surdoses-mortelles-aux-opioides-continuent-d-augmenter

    Le nombre de décès causés par des surdoses liées aux opioïdes continue de se multiplier au Québec et au Canada. À tel point que, si la tendance des trois premiers mois de l’année se maintient, le nombre de morts surpassera celui de l’an dernier.
 

    Le Canada a maintenant perdu plus de 8000 vies, depuis janvier 2016, à cause de la crise des surdoses d’opioïdes qui sévit particulièrement à l’ouest du Québec, rapportait mardi l’Agence de la santé publique du Canada.


    Au cours des trois premiers mois de l’année 2018 seulement, ce sont 1036 personnes qui ont perdu la vie apparemment à cause d’une consommation d’opioïdes – une augmentation constante par rapport aux mêmes périodes en 2017 et en 2016. Au Québec, 82 décès liés à une consommation d’opioïdes ont été constatés entre janvier et mars 2018 : 320 en Ontario, 203 en Alberta et 390 en Colombie-Britannique.

    À ce rythme, pas moins de 328 personnes pourraient ainsi perdre la vie au Québec en 2018. En 2016, 235 décès avaient été constatés. En 2017, le gouvernement fédéral n’avait reçu que des chiffres incomplets du Québec, répertoriant seulement les décès survenus pendant la deuxième moitié de l’année, et ceux-ci s’élevaient à 181 décès.

    La tendance à la hausse est la même dans les provinces les plus touchées par ce phénomène. L’an dernier, 3996 personnes sont décédées de surdoses d’opioïdes au Canada (1473 en Colombie-Britannique et 1265 en Ontario), tandis que le chiffre atteignait 3005 personnes en 2016 (1011 en Colombie-Britannique et 867 en Ontario). Si on extrapole les statistiques du comité consultatif fédéral-provincial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, dévoilées mardi, plus de 1500 personnes pourraient ainsi décéder en Colombie-Britannique cette année, plus de 800 en Alberta et près de 1300 en Ontario.

    Des décès constatés entre janvier et mars dernier, 94 % ont été classées comme des surdoses accidentelles. Et 73 % de celles-ci impliquaient la drogue #fentanyl (une drogue de synthèse qui peut être 100 fois plus forte que la morphine et qui est intégrée à certaines drogues du marché noir à l’insu des consommateurs).

    La ministre Petitpas-Taylor a déploré l’état de la crise. « Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas de solution magique pour la crise des opioïdes. On va continuer de travailler en étroite collaboration avec les provinces et territoires, et aussi les gens qui travaillent dans la rue avec ces gens qui sont souvent affectés par la crise des opioïdes », a-t-elle réagi mardi.

    #Quebec #opioïdes #overdose #big_pharma #pharma #drogues #drogue #opiacés #overdose #santé #santé_publique #marché_noir


  • Le « verrou de #Bercy » en partie supprimé
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/19/le-verrou-de-bercy-en-partie-supprime_5357485_823448.html

    Par 112 voix pour et 5 abstentions, les députés ont approuvé en première lecture l’article du projet de #loi #antifraude qui instaure un mécanisme de transmission automatique au parquet des affaires ayant donné lieu à des pénalités administratives importantes. Le montant de la #fraude déclenchant cette transmission est fixé à 100 000 euros. Le gouvernement a salué une « avancée décisive ».


  • Un lanceur d’alerte révèle un grave danger d’explosion d’un site industriel en Alsace
    https://reporterre.net/Un-lanceur-d-alerte-revele-un-grave-danger-d-explosion-d-un-site-industr

    Mais l’ambiance se durcit à son égard au sein de la mutuelle d’assurance. Plutôt que de subir les foudres de ses supérieurs, pour qui il semble poser des questions embarrassantes, l’inspecteur décide de faire profil bas. L’idée lui vient de jouer la montre en attendant que s’applique le décret sur les lanceurs d’alerte implémenté par la loi Sapin II, soit le 1er janvier 2018. Cette date une fois passée, il alerte le déontologue de Groupama Grand Est, et transmet successivement le dossier à l’Agence française anticorruption, au directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et à la Dreal Grand Est. Il ne reçoit pas de réponse.

    Pourtant, la Dreal effectue bien une visite de la coopérative agricole le 9 février 2018, sans toutefois en publier le compte-rendu. Un choix surprenant alors que tous les comptes-rendus de ce genre sont d’ordinaire disponibles en ligne sur le site de l’institution. On peut ainsi lire les rapports antérieurs concernant la CAC, jusqu’à 2014 seulement.


  • Zéro végétation sur les voies, la SNCF cherche une alternative au glyphosate - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/zero-vegetation-sur-les-voies-la-sncf-cherche-une-alternative-au-glyphosate


    Un « train brosseur » nettoie les voies entre Saint-Pierre-des-corps et Vierzon, le 18 novembre 2016
    afp.com/Guillaume SOUVANT

    Peut-on trouver un meilleur exemple d’#externalisation ?
    C’est beaucoup moins cher quand «  personne  » ne paye les coûts induits par l’utilisation du produit…

    Il y a urgence, car le coût du traitement des voies et des pistes sans glyphosate atteindrait environ 500 millions d’euros par an, avec les moyens actuellement à disposition. Certes, cette facture pourrait, selon Michel Morin, être réduite à 350 millions « si on dégradait (les) standards », mais la note serait particulièrement douloureuse par rapport aux 30 millions actuels...
    […]
    Le groupe teste notamment des herbicides alternatifs, et en particulier des produits de biocontrôle — des désherbants naturels —, qui n’ont pas encore fait leurs preuves... et ne sont pas homologués. Idem pour d’autres produits de synthèse proposés par les fournisseurs, qui pourraient au final être plus dangereux que le glyphosate.

    Un certain nombre de robots ont aussi été mis à contribution, comme Vitirover, un petit coupeur d’herbe autonome venu de Saint-Emilion essayé sur les pistes qui longent le TGV Nord. Les premiers tests sont «  prometteurs  », juge M. Morin.

    Toujours pour les pistes, la pose de géotextiles — des matériaux synthétiques — pourrait aussi être une solution, ajoute-t-il.

    Sur les voies de service, on teste également des techniques d’ensemencement choisi, en laissant délibérément pousser des plantes que l’on maîtrise. Une thésarde est sur le coup.

    SNCF Réseau entend aussi explorer pour les voies les effets herbicides du courant électrique ou des ondes électromagnétiques, et aussi du thermique.

    Le thermique est d’ailleurs déjà employé sur une partie des 1.000 km de voies (sur un total de 50.000) où l’on doit se passer de produits chimiques. Des trains, très lents, passent par exemple de la vapeur d’eau pour désherber du côté de Vittel. Ce qui est très cher, et finalement peu écologique.

    «  Aujourd’hui, ça fait deux ans qu’on fait des recherches. Mais on est encore très loin de l’industrialisation de ces techniques alternatives  », soupire Michel Morin. Et faute d’avoir trouvé des solutions efficaces avant 2021, il frémit à l’idée de devoir «  arracher des touffes d’herbe à la main  ».


  • CNRS/sagascience - #Agriculture intensive et #déforestation au banc des accusés
    https://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapC_p3_d1&zoom_id=zoom_d1_1

    La #forêt est le sanctuaire de nombreux virus. Elle joue un rôle non négligeable dans le maintien de la circulation des #virus, tel que la fièvre jaune par exemple. Son régime pluviométrique et son humidité constante font que les animaux vecteurs y sont actifs toute l’année.

    Cependant, une forte #biodiversité forestière implique de nombreuses interactions entre les espèces (chaîne alimentaire, compétition…), régulant les vecteurs des virus (moustiques, tiques…) et leur contact avec les populations réservoirs amplificatrices (les singes dans le cas de la fièvre jaune) donc les épidémies animales. C’est pourquoi les populations humaines vivant en milieu forestier sont rarement atteintes par ces maladies. Ce n’est pas le cas des populations humaines qui vivent à la lisière des forêts. Pourquoi ? Parce qu’en lisière de forêt, la déforestation, souvent à des fins agricoles (culture, élevage), peut modifier les interactions entre le virus, les animaux hôtes et leur environnement. Des modifications qui peuvent être propices à l’émergence de maladies, induisant de nouvelles rencontres entre espèces et la pullulation d’espèces hôtes contaminées …

    #maladies_infectieuses


  • L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes - Population et Sociétés - Ined - Institut national d’études démographiques

    https://www.ined.fr/fr/publications/population-et-societes/europe-spectre--migrations-subsahariennes/#tabs-2

    le graphique est très compliqué à lire, mais quand on a compris, c’est vraiment très intéressant.

    L’Europe doit-elle se préparer à une « ruée » prochaine de migrants subsahariens ? Cette prophétie repose sur un modèle de vases communicants qui méconnaît trois données de base :

    1/ comparée aux autres régions, l’Afrique subsaharienne émigre peu, en raison même de sa pauvreté ;

    2/ lorsqu’elle émigre, c’est à 70 % dans un autre pays subsaharien ;

    3/ si l’on intègre les projections démographiques de l’ONU, les migrants subsahariens occuperont une place grandissante dans les sociétés du Nord mais resteront très minoritaires : environ 4 % de la population vers 2050 – très loin des 25 % annoncés par certains.

    #migration #démographie #Population


  • Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/contre-prix-eleves-dacces-aux-publications-scientifiques-mur

    Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur

    En plein essor du libre accès aux publications scientifiques, de nouveaux outils émergent pour aider à trouver facilement – et sans payer – des articles placés derrière un coûteux « paywall » ou une autre forme d’abonnement

    Les sciences ont-elles perdu leur caractère ouvert et universel ? Le mouvement de l’open access ou accès libre, dans lequel les publications scientifiques sont disponibles gratuitement et non plus contre d’onéreux abonnements, semble en tout cas en témoigner.

    L’open access, porté par des plateformes telles que PLoS, acronyme anglais pour Bibliothèque publique des sciences, constitue une alternative aux éditeurs scientifiques classiques et privés comme Elsevier, Springer Nature ou Wiley dont les tarifs, régulièrement revus à la hausse, irritent le milieu académique qui cherche des parades.

    En 2017, le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), tout comme l’Union européenne, s’est ainsi fixé l’objectif de rendre disponible en open access, à partir de 2020, la totalité des publications scientifiques qu’il finance. Le 4 septembre, onze fonds européens de financement de la recherche ont même publié un « Plan S » qui rendra cela obligatoire. Le fonds suisse soutient ce plan mais veut l’étudier juridiquement avant de le signer.
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    Sciences

    Sans abonnement, les chercheurs et le public font face à des paywalls qui obligent à payer en moyenne une trentaine de francs par article, ou plusieurs milliers de francs pour des bouquets d’abonnements à l’année. « Pour la bibliothèque de l’Université de Genève, cela représente plus de 4,5 millions de francs par année pour l’ensemble des ressources électroniques (journaux, livres, bases de données) », estime Jean-Blaise Claivaz, coordinateur open access et données de recherche à l’Université de Genève.
    Disruption illégale

    Ce marché figé a donné des idées à certains. En 2011, Alexandra Elbakyan, une chercheuse kazakhe, a créé Sci-Hub, une plateforme qui donne accès gratuitement – et illégalement – à plus de 70 millions d’articles scientifiques. Début 2016, 164 000 articles y étaient téléchargés chaque jour.

    « Actuellement, en Suisse, il n’est pas illégal de télécharger sur Sci-Hub, le téléchargeur n’est pas punissable, explique Jean-Blaize Claivaz. A l’Université de Genève, nous pourrions arrêter tous les abonnements et utiliser Sci-Hub. Ce n’est pas une position que l’université est prête à endosser mais nous ne pourrions pas être poursuivis. »

    Une autre façon légale de contourner les paywalls des éditeurs scientifiques est de chercher l’article dans les nombreuses archives numériques ouvertes des bibliothèques. Ces dernières contournent les abonnements en permettant aux chercheurs de verser leurs propres articles et de les rendre accessibles gratuitement – quoique en une version « brouillon » dépourvue des ultimes modifications apportées par les éditeurs avant publication. Mais faire sa bibliographie sur ces plateformes reste long et fastidieux, car il faut faire ses recherches sur chaque archive.

    C’est pour pallier ce problème que sont récemment apparus de nouveaux outils capables d’automatiser le processus, des sortes de moteurs de recherche qui vont simultanément interroger un grand nombre d’archives. Certains sont à visée commerciale (Kopernio, Anywhere Access), d’autres à but non lucratif (Open Access Button, Unpaywall). Si chacun possède ses particularités, le principe est le même : face à un paywall, ces outils (qui peuvent prendre la forme d’une extension de navigateur web) se chargent de trouver une version de l’article hébergée dans une archive ouverte, quelque part dans les méandres d’internet.
    Unpaywall mis en place à Genève

    Pour Jean-Blaize Claivaz, « le côté non lucratif d’Unpaywall et la présence dans son équipe de grands noms de la scène open access attirent la sympathie et une certaine confiance de la communauté scientifique. Ça lui donne un certain avantage face à ses concurrents. »

    La bibliothèque de l’Université de Genève a d’ailleurs récemment intégré un bouton Unpaywall à son système de recherche d’article scientifique. « Nous avons comparé l’accès avec et sans Unpaywall à l’Université de Genève et nous avons constaté que cette solution augmentait l’accès à la littérature scientifique en sciences de la vie d’environ 25% », ajoute-t-il.

    Les grandes entreprises du secteur voient plutôt d’un bon œil l’arrivée de ces petits acteurs qui s’inscrivent dans une position moins radicale que Sci-Hub, qui collectent des données monétisables et qu’il est possible de racheter pour mieux contrôler.

    Kopernio a été racheté en avril par Clarivate Analytics, entreprise peu connue du grand public mais propriétaire du Web of Science, rassemblement de sept grandes bases de données bibliographiques qui est derrière le calcul du fameux facteur d’impact des journaux. Fin juillet, Elsevier et Impactstory, la société éditrice d’Unpaywall, ont conclu un accord qui permet à l’éditeur d’intégrer Unpaywall dans sa propre base de données.

    Mais ces solutions demandent toutes de faire un effort d’installation et d’intégration. Malgré ses démêlés judiciaires et pour l’heure, Sci-Hub semble rester la solution la plus simple pour accéder à l’ensemble, ou presque, de la littérature scientifique.

    #sciences


  • Pourquoi on risque de manquer de #chocolat en 2050
    https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/pourquoi-on-risque-de-manquer-de-chocolat-en-2050_2940959.html

    Plus de chocolat d’ici 2050 ? Le scénario d’une crise majeure serait en tous cas hautement plausible, à en croire plusieurs articles récents. La pénurie serait causée par un double effet : d’un côté, l’accroissement de la demande mondiale, et de l’autre, le tarissement de l’offre.


  • « En tant que bibliothécaire, on n’a pas un rapport administratif aux gens » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/09/13/en-tant-que-bibliothecaire-on-n-a-pas-un-rapport-administratif-aux-gens_1

    Laurène Pain-Prado est responsable du numérique dans une bibliothèque de Bobigny. Elle raconte à « Libération » comment son service devient peu à peu le dernier recours pour des usagers démunis face au tout-informatique.

    Laurène Pain-Prado est bibliothécaire, responsable du numérique à la bibliothèque Elsa-Triolet de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle est notamment en charge des dix ordinateurs en libre-service au premier étage du bâtiment. Un équipement qui constitue le seul point d’accès gratuit à l’informatique et Internet dans cette ville de 51 000 habitants. Mais le travail de Laurène Pain-Prado, 31 ans, va bien au-delà. Tous les jours, elle aide des usagers, souvent démunis, à remplir des demandes de prestations sociales. CAF, #CMU, #RSA, autant de sigles qui n’ont (presque) plus de secrets pour elle. Car si la dématérialisation des procédures s’accélère, la fracture numérique, elle, demeure. Tout autant #bibliothécaire qu’assistante sociale, la jeune femme raconte à Libération ce bricolage permanent pour faire subsister un semblant de service public.

    Est-ce que le développement du numérique complique l’accès aux droits sociaux ?

    Dès que je suis arrivée à ce poste, il y a six ans et demi, j’ai compris qu’il y avait un problème. On fait face à des demandes qui nous dépassent complètement : écriture de CV, inscription à la caisse d’allocations familiales (CAF), actualisation sur le site de Pôle Emploi. Et cela s’accélère avec la dématérialisation des procédures. Par exemple, il y a deux ans, quand les caisses de retraite sont passées au tout-numérique, on a eu la visite d’une cinquantaine de personnes âgées dans les semaines qui ont suivi. Elles ne maîtrisaient pas du tout l’outil informatique, et il a fallu leur ouvrir des adresses mail. Et comme elles n’avaient pas de numéro de mobile non plus, je donnais donc le mien. On a vraiment l’impression d’être le dernier maillon de la chaîne. Si on n’était pas là, plein de gens ne feraient pas les démarches pour accéder à des prestations auxquelles ils ont droit. On voit aussi souvent des enfants de 10 ou 12 ans faire les démarches de couverture maladie universelle (CMU) ou de RSA de leurs parents, c’est assez incroyable.

    Qui sont les gens qui viennent vous demander de l’aide ?

    Il s’agit souvent d’un public cumulant les difficultés : des gens à la rue, des handicapés mentaux… On se retrouve aussi à faire des demandes de revenu de solidarité active (RSA) avec des gens qui ne parlent pas bien le français, voire pas du tout. Un exemple : une femme devenue veuve, qui ne sortait jamais de chez elle, et qui a besoin de faire les démarches administratives après le décès de son mari. Le premier endroit où elle va, c’est la bibliothèque. Ou encore un monsieur qui me ramène toutes ses fiches de paie pour monter un dossier de demande de CMU. Évidemment, je l’ai rempli parce que, sinon, il ne pourrait pas se faire soigner.

    Pourquoi se tournent-ils vers vous ?

    Quand les usagers parlent un peu français et que leur situation n’est pas trop compliquée, la CAF ou Pôle Emploi les aident. Sinon… Souvent, les gens nous disent eux-mêmes qu’ils ont été orientés vers nous par les services sociaux, les conseillers CAF ou Pôle Emploi. J’ai coutume de dire qu’on est des Bisounours en bibliothèque. On n’a pas un rapport administratif aux gens et c’est souvent dans cette brèche qu’ils s’engouffrent. On est victimes de notre succès parce qu’on a dix ordinateurs en accès libre et qu’on est plutôt sympathiques.

    Quelle est la nature de vos échanges avec Pôle Emploi ou la CAF ?

    On a tenté de monter des partenariats avec eux, mais c’est très compliqué. On a l’impression que les conseillers sont débordés, ils nous donnent rarement de leurs nouvelles. Ce n’est pas un problème de responsabilité individuelle, mais bien plus structurel. Ils ont des portefeuilles de demandeurs d’emploi trop fournis. La CAF vient de nous proposer de former dix bibliothécaires à faire des demandes sur leur site. Je ne pense pas qu’on devrait accepter.

    Jusqu’où aidez-vous les gens qui viennent vous voir ?

    J’en suis à créer des mots de passe pour les adresses mail des gens, que je leur recopie sur un petit bout de papier pour qu’ils s’en souviennent. Par ailleurs, ma boîte mail est l’adresse de secours de pas mal de personnes. J’ai déjà pris des rendez-vous en ligne à la préfecture sur mon temps personnel, parce que la bibliothèque est fermée le lundi, mais que les créneaux s’ouvrent en début de semaine. Pour les impôts, les gens viennent à la bibliothèque avec leurs bulletins de paie et font leurs déclarations de revenus sur place. Ils n’ont aucun problème avec ça ! Lors d’un atelier de formation au numérique, je me suis déjà retrouvée à faire des simulations du site des impôts sur un vidéoprojecteur avec mon propre numéro fiscal.

    Cette fracture numérique peut-elle être accentuée par les sites des administrations eux-mêmes ?

    C’est sûr. Certains sites sont de telles usines à gaz que même quand on maîtrise l’informatique, c’est compliqué, sans parler des bugs. A cet égard, le site de la préfecture est le pire. Les télédéclarations de revenus peuvent aussi s’avérer délicates. Par exemple, quand on clique sur « Je déclare », ça ouvre une nouvelle fenêtre. Les gens éloignés du numérique ne captent pas et cliquent plusieurs fois, sans comprendre ce qui se passe.

    Votre formation vous a-t-elle préparée au travail que vous effectuez réellement ?

    Absolument pas. La situation est insatisfaisante, car ce n’est pas dans nos missions. On n’est ni chargés d’insertion ni travailleurs sociaux. On bricole, et parfois on fait des bêtises. A mes débuts, par exemple, j’ai déclaré des revenus de gens qui avaient bossé au noir, parce que je n’avais pas le réflexe de leur demander si le boulot était déclaré ou non. Et puis ça nous empêche aussi de faire le boulot pour lequel on est formés. Un bibliothécaire fournit un service culturel, pas un service social.
    Sylvain Mouillard

    Il y a des situation décrites qui sont complètement dingues. Et le coup de la Caf qui bien gentiment propose de les former WTF !! Évidemment qu’ils ne doivent pas accepter. C’est scandaleux ! Ça me révolte au plus haut point cette organisation faite pour que les gens ne bénéficient pas de leurs droits les plus élémentaires en terme d’aide sociale. D’autant plus que le taux de non recours est clairement prévu pour que le budget destiné à ces aides soit minoré.
    Et on parle d’assistés ! Ce sont des délaissés !

    #aides_sociales #pauvreté #fracture_numérique #CAF #bibliothèque #culture