• Redneck blues
    http://www.laviedesidees.fr/Redneck-blues.html

    Le gros des commentateurs a vu dans Trump le candidat des Américains blancs pauvres. Le sociologue Isaac Martin pointe, à rebours, la longue tradition américaine consistant à accuser de #racisme les Blancs pauvres, comme pour mieux laisser prospérer celui des élites.

    Essais & débats

    / #inégalités, #White_trash, #anxiété_économique, racisme

    #Essais_&_débats

    • Les riches peuvent ainsi se délecter du manque de tact de leur candidat et se dire populistes, parce que la grossièreté est pour eux le signe de l’appartenance au monde des gens ordinaires.

    • Trump est donc un candidat prisé par les Blancs, mais pas particulièrement par les Blancs pauvres.

      Cela m’évoque une séquence du documentaire The Other Side réalisé par Roberto Minervini et sorti en salle l’année dernière.

      The Other Side est un film documentaire de Roberto Minervini qui plonge dans des eaux troubles et rarement parcourues de l’Amérique profonde. C’est d’une part le portrait d’un couple enfoncé jusqu’au coup dans les affres de la méthamphétamine, drogue bon marché et facile à préparer qui fait des ravages dans les populations déshéritées et finit par constituer un mode de vie à part entière. Mark et Lisa, tout aussi abîmés l’un que l’autre, dansent sur la corde raide entre désir de normalité et absence de perspective en ce sens. Leur entourage familial, amical, professionnel, constitue un échantillon de la classe des petits blancs pauvres dans les paroisses de la Louisiane à mille lieues des exubérances folkloriques vendues en tranches aux touristes de la Nouvelle-Orléans.
      Mais le documentaire bascule d’autre part dans d’autres contrées – en occurrence, le tout proche Texas – où se tiennent des jamborees d’un genre particulier puisqu’ils rassemblent des paranoïaques surarmés se préparant à l’invasion imminente de leur pays par les forces (sic) de l’ONU. Cette courte seconde partie fait alterner les séances de tir à l’arme lourde, les festivités orgiaques où sont convoqués les mêmes jeux alcoolisés et sexualisés que dans les universités de l’élite, et les groupes de parole où chacun confie sa rage et son angoisse de voir sa liberté piétinée de toutes parts.
      Roberto Minervini aborde ces deux mondes avec une certaine forme d’empathie manifeste. Tout au moins nous offre-t-il des éléments alimentant la nuance et la complexité de ses personnages, invitant par ce geste à chercher aussi dans leurs recoins les plus sombres des sources de questionnement plutôt que de condamnations a priori. Ainsi le racisme explicite des petits blancs – et la détestation particulière d’Obama – ne les condamne pas à se jeter dans les bras des républicains populistes puisque l’un d’entre eux fait même l’éloge d’Hillary Clinton comme héraut des pauvres. De même, les anciens combattants des guerres menées par les États-Unis au Moyen-Orient perçoivent bien qu’ils ont contribuer à l’ingérence et à la déstabilisation guidées par des motifs impérialistes. Ce choix de rendre compte sans manichéisme d’une réalité qui ne manque pas, par ailleurs, de susciter l’effroi, se traduit aussi dans une esthétique bien particulière : présence des corps, multiples couches sonores, superposition des arrières-plans...
      Ainsi, l’autre coté annoncé par le titre peut s’interpréter en de multiples réfractions. Il s’agit tout d’abord pour nous, public européen, de l’autre coté de l’Atlantique, cet ailleurs pourtant si proche qui nous permet de tenir à distance des démons partagés en feignant de les croire hors de portée. C’est aussi l’autre face du rêve américain, tout ce qui doit normalement être rejeté dans l’indicible et l’invisible pour que ce grand mythe demeure. C’est enfin la juxtaposition de deux aspects de la décomposition en cours d’une société qui se délite par tous les cotés et dont nous aurions tort de croire qu’elle nous est totalement étrangère.

      (Fragments d’une décomposition in Les Lettres françaises de décembre 2015)

    • Merci pour le repérage.

      La « hiérarchie des normes » a été théorisée par le philosophe #Hans_Kelsen. Elle s’opposait principalement à la doctrine de la « décision souveraine » formulée par le philosophe nazi Carl Schmitt. Elle affirme que même la démocratie ne peut voter n’importe quoi. Chaque norme juridique doit respecter une norme supérieure. Toute loi doit respecter la constitution et celle-ci une certaine conception des droits de la personne humaine.

      (...) Nous sommes dans un pays « de droit romain » qui donne la primauté à la loi sur le contrat entre partenaires sociaux, ce qui n’est pas le cas des sociales-démocraties de l’Europe du Nord, « de droit germanique ». Notre hiérarchie, c’est : droits de l’homme – Constitution – loi – conventions collectives de branche – accords d’entreprise. Chaque étage constitue un minimum pour l’étage inférieur. La dynamique du progrès social était donc initiée par un accord d’entreprise « pionnier » puis devenait de par la loi un minimum, « effet cliquet » qui interdisait le retour en arrière et protégeait les pionniers d’une concurrence par « dumping social ».

      (...) Ce choix est catastrophique pour l’avenir de la France dans la hiérarchie internationale. Car il existe une autre stratégie compétitive : la concurrence par la qualité et la productivité. Officiellement, c’est même la stratégie européenne, la stratégie de Lisbonne, la « compétitivité par la connaissance ». C’est plus concrètement la stratégie allemande, rhénane, scandinave.

      Il se trouve que ces pays considèrent que, dans la hiérarchie des normes, le contrat passe avant la loi. D’où l’idée, répétée depuis des décennies par la #CFDT, d’une supériorité congénitale du contrat sur la loi.

      Mais on peut montrer que les pays qui choisissent cette stratégie doivent maintenir un effet cliquet « vers le haut ». À défaut de loi… c’est l’accord de branche ! En Allemagne, longtemps il n’y a pas eu de smic, à cause de la « primauté du contrat sur la loi » dans sa hiérarchie des normes. Mais en contrepartie, l’accord de branche est sacré.

      (...) Quand la CFDT prétend que la loi El Khomri renforce la démocratie sociale (réduite à la négociation contractuelle), elle oublie que même les « pays-bons-élèves du contrat » ont dû se résoudre à mettre en place un plancher législatif. Et surtout ne pas renoncer à la primauté des conventions collectives de branche !

      (...) Le second problème avec la loi El Khomri, c’est la méthode. La hiérarchie des normes, française ou allemande, est le squelette des relations sociales et plus généralement du « vivre ensemble ». La remettre en cause implique soit une longue négociation, soit un acte d’autorité. Et dans ce second cas, on sort de la philosophie « Kelsen » pour la philosophie « Carl Schmitt », celle de la souveraineté sans limite du pouvoir politique, du « souverain » qui change la société par des lois d’exception. Carl Schmitt explique justement que le « souverain » est celui qui agit en état d’exception...

      Je ne dis pas que Mme El Khomri ou M. Valls seraient nazis ! Mais le renversement brutal de la hiérarchie des normes « à la Carl Schmitt » fait logiquement système avec l’usage du 49.3 et la prolongation indéfinie de l’état d’urgence.

      Discussion autour de la hiérarchie des normes ici
      http://seenthis.net/messages/494788

  • Finkielkraut expulsé, malaise à Libération
    https://blogs.mediapart.fr/fede-davout/blog/180416/finkielkraut-expulse-malaise-liberation

    Participant ce samedi aux activités de la Commission Acceuil et Sérénité, que nous n’avons aucune prétention à représenter (tout comme a fortiori la Nuit Debout, qui échappe précisément à la représentation incarnée), nous avons fait le choix d’assumer un rôle de médiation en s’interposant entre l’essayiste et les « quelques dizaines de béotiens excités » contre lesquels Libération – ainsi que la quasi-totalité des médias nationaux et régionaux - a choisi de consacrer un article accablant.

    Notre perspective au cœur de l’événement explique notre indignation à la lecture de l’analyse à laquelle le directeur de rédaction de Libération a cru bon de se livrer sur la base d’une vidéo de quelque secondes de mauvaise qualité. Comme l’exprime parfaitement la sage conclusion de M. Joffrin, « on aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autrement ».

    [...]

    En s’accrochant à ce tableau fantasmé d’un intellectuel chassé par une masse violente et « à court d’arguments », M. Joffrin s’est cru autorisé à décrire « l’invention d’une prohibition supplémentaire », d’une nouvelle atteinte aux droits fondamentaux :« l’interdiction d’écouter ». Alors que Libération évoque une « repolitisation sectaire » en rappelant pour les distraits une lapidaire définition de la démocratie, faisant écho à « la purge » dénoncée par Finkielkraut, nous nous interrogeons sur la manière dont une telle personnalité espérait être accueilli.

    [...]

    En exigeant que la Nuit Debout parvienne à s’extraire d’un débat dont le polémiste donne lui-même quotidiennement le ton sur les ondes – on ne rappelera pas ici ses sorties les plus célèbres – Joffrin feint d’espérer une invraissemblable table rase, attendant hypocritement du peuple rassemblé une impossible amnésie politique. La Nuit Debout n’a pas vocation à reproduire sur une place l’étouffant débat que remettent continuellement sur la table les quelques journalistes et politiciens dont le mouvement entend précisément se passer. Puisqu’il est visiblement nécessaire de le rappeller, ce rassemblement quotidien est directement issu d’un mouvement social s’opposant au projet de loi « travail ».

    [...]

    Usant de son art de la provocation, le polémiste a offert à ceux qui l’attendaient l’occasion d’accuser ce mouvement pluraliste et ouvert de sectarisme et d’intolérance. Nous avons rencontré ce soir-là des libertariens de droite comme des socialistes, des écologistes ou de simples curieux. Pourtant, seule la personne de Finkielkraut a suscité notre vigilance lorsque nous en avons été informé, les irritations que suscitaient sa présence étant évidentes et attendues, de part et d’autre.

    Tous ces éléments expliquent notre interrogation quant à l’intention ici de M. Joffrin : en se dissimulant derrière « la frange irresponsable des Anti-Nuit Debout » qu’il convoque, l’éditorialiste se sert de « la droite et l’extrême droite [qui] se servent de cet épisode pour condamner Nuit Debout », créant à partir de cette anecdotique confusion une ridicule polémique nationale. Rappeler la « bienveillance médiatique » dont le mouvement est censé bénéficier ne sert ici qu’à le menacer de retirer un soutien dont la Nuit Debout, on l’espère, saura se passer.

  • What if the FBI Tried To Crack An Android Phone? We Attacked One To Find Out | IFLScience

    http://www.iflscience.com/technology/what-if-fbi-tried-crack-android-phone-we-attacked-one-find-out

    The Justice Department has managed to unlock an iPhone 5c used by the gunman Syed Rizwan Farook, who with his wife killed 14 people in San Bernardino, California, last December. The high-profile case has pitted federal law enforcement agencies against Apple, which fought a legal order to work around its passcode security feature to give law enforcement access to the phone’s data. The FBI said it relied on a third party to crack the phone’s encrypted data, raising questions about iPhone security and whether federal agencies should disclose their method.

    But what if the device had been running Android? Would the same technical and legal drama have played out?

    We are Android users and researchers, and the first thing we did when the FBI-Apple dispute hit popular media was read Android’s Full Disk Encryption documentation.

    We attempted to replicate what the FBI had wanted to do on an Android phone and found some useful results. Beyond the fact the Android ecosystem involves more companies, we discovered some technical differences, including a way to remotely update and therefore unlock encryption keys, something the FBI was not able to do for the iPhone 5c on its own.

    #sécurité #smartphone #FBI #Apple #Android

  • Nootropics - Nutrients for Your Brain
    https://nootrobox.com

    Nootropics describe a broad classification of compounds with cognitive enhancing properties with minimal side-effects and appropriate for long-term use.

    la nouvelle mode des geeks US : le café à mâcher et les suppléments alimentaires pour booster le cerveau ; copains de Soylent et co.

    vu chez http://www.nytimes.com/2016/03/17/technology/at-sxsw-a-shift-from-apps-to-innovation.html

  • Fascinant récit de l’intérieur de la propagande gouvernementale sur l’Internet, par un ancien CM du gouvernement. Notez surtout la vision du monde par le gouvernement, entre bons citoyens qui RT ce qu’envoie le gouvernement et les mauvais, défenseurs des droits humains, fascistes et djihadistes.

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1491822-petitions-insultes-et-mp-de-djihadistes-j-ai-gere-les-rese

    #rézosocio #propagande #communication

  • Long, mais vaut la peine : You’re gonna need a bigger boat | Terrorismes, guérillas, stratégie et autres activités humaines
    http://aboudjaffar.blog.lemonde.fr/2016/02/16/sedan

    Cette réalité, bien connue des services mais manifestement pas des responsables politiques, a entraîné depuis des décennies la création de centaines de coopérations internationales. On échange des renseignements, on traite des sources en commun, on monte des opérations, on se désigne des cibles, on partage des analyses et des méthodes, et appeler à chaque nouveau carnage à une meilleure coopération revient à demander à un pilote de rallye s’il sait conduire. On peut, évidemment, toujours faire mieux, mais il convient de s’interroger sur les buts de ces coopérations appelées de leurs vœux par des ténors qui savent à peine combien la France compte de services, et quelles sont leurs missions.

    De quelle utilité, après tout, pourrait être une aide étrangère quand nos propres services se parlent parfois à peine, se concurrencent souvent, et éprouvent de grandes difficultés à traiter les renseignements qu’ils ont recueillis seuls ? Les échos qui remontent de tous les ministères décrivent ainsi des relations dégradées entre services, des analystes noyés – sans surprise – sous les données à exploiter, des opérationnels épuisés, des responsables n’ayant qu’une compréhension parcellaire de la menace qu’ils affrontent, le tout sous la pression de dirigeants qui ne veulent que des résultats et, sous l’influence de gourous aux qualifications mystérieuses, se refusent à obstinément à affronter des difficultés dont ils sont, après tout, comptables.

    Face au jihad, les services français – comme d’autres avant eux – avancent tant bien que mal, tirés par un attelage déséquilibré. Abondamment alimentés en renseignement technique, grâce à une loi votée il y a un an, qui devait nous apporter la sécurité et qu’il était donc suspect de questionner, nos services restent débordés. Ils le sont à la fois par l’ampleur de la menace elle-même et par les moyens incomplets qu’on leur a attribués. La focalisation sur l’indispensable recueil de renseignements a conduit à délaisser le renforcement des filières analytiques de nos services. On se souviendra que cet écueil a été celui sur lequel les Etats-Unis se sont échoués le 11 septembre, et c’est donc avec le rire du désespoir qu’on voit s’échouer à leur tour ceux qui, du haut de leurs certitudes, nous affirmaient depuis des années que la DGSE n’était pas la NSA, que la France avait sa propre culture du renseignement et que jamais-jamais-jamais-mon-pauvre-ami il ne nous arriverait une telle catastrophe. Sauf que si. Parler aux magistrats ou à certains responsables permet de mesurer la complexité excessive de la communauté française de la lutte contre le terrorisme, tiraillée entre les querelles de ministères, les inimitiés personnelles et, surtout, de trop nombreux services au sein d’une architecture qu’il faudra bien finir par qualifier d’incohérente, d’inutilement complexe et, en réalité, d’inadaptée.

    #terrorisme #DGSE #sécurité #attentats

    • Le concours national de foutaises, du n’importe quoi sans entrave, a tout dit de nous et de notre pays. Abou Omar n’avait pas tort en estimant qu’un attentat majeur infléchirait notre ligne diplomatique, mais s’attendait-il à la démonstration de non-résilience offerte par nos dirigeants, un grand nombre de nos intellectuels et la quasi-totalité des éditorialistes ? Comme je ne cesse de l’écrire et de le répéter, c’est nous, cibles, victimes, qui faisons le succès d’un attentat. Plus celui-ci est violent, meurtrier, et plus il est évident que nous éprouverons des difficultés à surmonter l’épreuve. A cet égard, l’admirable sobriété des victimes, l’exceptionnelle solidité de leurs familles sont ce que je veux retenir de mon pays après le 13 novembre. Je refuse, en revanche, d’assister aux séances de déni, aux discours martiaux de dirigeants oscillant entre la sidération du candide découvrant le monde et le cynisme d’un Frank Underwood de seconde zone. Le Premier ministre, qui prétend que l’état d’urgence sera maintenu tant que la menace durera, a-t-il compris la nature de ce combat ? S’il écoute son conseiller personnel, on peut en douter.

      Conscient, en tout cas, du caractère historique du moment, et n’écoutant que sa modestie, M. Valls a publié, le 6 janvier, ses discours de guerre. Tentant de mettre ses pas dans ceux de Georges Clemenceau, de Winston Churchill ou de Charles De Gaulle, il semble avoir oublié qu’on ne publie ses discours que quand la guerre est finie, et qu’on l’a gagnée. Ce n’est pas encore le cas. Pas vraiment, et il va donc falloir s’y mettre sérieusement.

  • Affaire Serge Aurier : ici, c’est Paris ? Non, ici, c’est Sevran ! | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/114135/affaire-serge-aurier-paris-sevran

    l aurait pu être pire encore, savez-vous, ce #Auriergate qui pimente l’avant-Chelsea. Vers la trente-neuvième minute de ce Periscope, désormais fameux web-dialogue entre une star du football et ses admirateurs rigolards, un internaute, @hamouarno de son pseudo (on lit mal à mon âge sur les copies d’écran), demande à Serge Aurier de faire une décidace « à Hitler ». Le message passe plusieurs fois. Le footballeur le voit enfin et s’amuse :

    « Franchement toi, chuis un renoi, crari je vais dédicacer à un mec qui s’appelle Hitler ? T’es chelou toi frérot. »

    Et puis il passe à autre chose. « Dédicace à Paul, on est ensemble ! »

    Sauvé poto, tu imagines, sinon ?
    Dewaere version Periscope

    Crari, c’est « genre », chez les jeunes. C’était au coeur de la nuit de son destin, Serge Aurier avait déjà, à ce moment, parlé de « fiotte » à propos d’un coach plus habitué à être surnommé « le Président », et qui embrassait jadis le crâne lisse d’un gardien de but au temps de notre gloire.

    Aurier n’aurait pas du. On était dans un monde suspendu. Il ne le savait pas. Il était bien et tout relâché, il rigolait avec son copain devant la webcam, sans se prendre le chou, tel Dewaere avec Depardieu dans Les Valseuses, décontractés du gland, ils banderaient quand ils auraient envie de bander. Il avait rappé, il montrait le logo de son maillot PSG, « ça bouge pas poto, on est ensemble », il rapperait encore, il allait juste se fâcher contre un autre internaute dont le message s’affichait sur l’écran : « Si tu refais le beau au stade vélodrôme, on TENCULE. » C’était du marseillais. « Oh eh ferme ta gueule toi marseillais de mes couilles, tu vas baiser qui toi ? Tu fais le malin derrière ton écran, tu vas baiser personne cousin, enculé toi ! »

    Cette vulgarité, quand même ! Je parle de la mienne bien sûr, juste un peu plus haut. Là, « bander », « le gland décontracté »... On a noté ? Mais ça passe, n’est-il pas, puisque celle-ci porte nos codes. On bandera quand on aura envie de bander, c’est du Blier, Blier, c’est du cinoche, c’est à nous, ce n’est plus sale. « Fiotte », en revanche, ou « enculé », dans la bouche d’un noir du football, ça vous sonne comme une agression culturelle, une barbarie sémantique, une invasion. On n’est pas loin des théorisations sur l’ennemi qui monte. Elle a déjà du venir, par-ci par-là. Il y avait aussi des « Mach a allah » dans les rires du joueur, et autres musulmaneries... Vous voyez ? L’avantage du milieu du ballon, c’est qu’il élimine par principe les digressions aventureuses. On dit « Aurier a mis en danger l’équipe », on dit « Aurier a déstabilisé le PSG avant un match important », ça réintègre l’affaire dans une compréhension laïque et on évite beaucoup de saloperies.

    #PSG #média #banlieue

  • Les reconversions militantes
    http://lmsi.net/Les-reconversions-militantes

    Du col Mao au Rotary Club, de Sartre à Rothschild : nombreux sont les ex militants, parfois issus des cercles les plus radicaux, qui, prenant des chemins souvent sinueux, sont venus rejoindre les cercles du pouvoir. Depuis le remaniement ministériel de jeudi dernier, le passage d’Act Up à Manuel (...) Source : Les mots sont importants

  • La #réforme du code du #travail
    http://www.laviedesidees.fr/La-reforme-du-code-du-travail.html

    Le gouvernement souhaite simplifier le code du travail, au profit de la négociation d’entreprise. Mais en éludant les dysfonctionnements de cette négociation, la réforme envisagée ne s’attaque pas aux causes institutionnelles profondes qui entravent le dialogue social en France.

    Essais & débats

    / travail, #marché_du_travail, #droit, réforme

    #Essais_&_débats

    • Un très bon article à lire absolument, en particulier pour la partie sur le problème de la #négociation ; de la répression del’#engagement_syndical ; de l’incompétence de certains syndiqués (#syndicalisme) :

      Les représentants élus lors des #élections_professionnelles (ayant lieu en général tous les quatre ans) siègent au sein des #instances_consultatives telles que le Comité d’Entreprise (CE), la Délégation du Personnel (DP), ou le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Ces instances peuvent parfois être fusionnées, par exemple au sein d’une Délégation Unique du Personnel. Elles peuvent comporter des représentants syndiqués et non syndiqués, et elles n’ont, sauf cas dérogatoires, pas vocation à négocier.La négociation est en principe le monopole des #Délégués_Syndicaux (DS). Ceux-ci sont désignés par les syndicats représentatifs, c’est-à-dire ceux ayant obtenus au moins 10% des votes aux élections professionnelles.

      [...]

      Selon la loi, les employeurs doivent négocier avec les délégués syndicaux de leur entreprise ou de leur établissement d’entreprise au moins une fois par an lors des #Négociations_Annuelles_Obligatoires (NAO) qui doivent obligatoirement inclure les thèmes des salaires et des conditions de travail. Ces négociations doivent en théorie avoir lieu dans tous les établissements d’entreprise de plus de 10 salariés dès lors que des délégués syndicaux sont présents.
      Premier problème : dans deux tiers de ces établissements, il n’y a tout simplement pas de délégués syndicaux L’absence de DS est quasiment la règle dans les établissements de 10 à 20 salariés. Ce qui est peut-être moins connu, c’est qu’elle reste encore le cas majoritaire dans les établissements plus gros, de 50 à 100 salariés Second problème : dans un établissement sur trois disposant de DS, les négociations n’ont pas lieu, alors même que ces négociations sont obligatoires, et que les DS sont principalement mandatés pour y participer. .

      [...]

      Troisième problème : lorsqu’il y a des négociations, elles n’aboutissent à un accord que dans deux tiers des cas.

      Mises bout à bout, ces statistiques impliquent que seuls 10% des établissements d’entreprise qui pourraient le faire signent des accords.

      [...]

      Dans ce contexte, vouloir étendre les prérogatives de la négociation d’entreprise apparaît comme largement prématuré.

      [...]

      De la discrimination syndicale, ou à tout le moins, de l’absence de perspective de carrière pour les représentants, découle une série de conséquences bien ordonnées qui engendrent un cercle vicieux :
      1. L’impossibilité même de tenir des élections professionnelles du fait de l’absence de candidats ou de demande de la part des salariés. Rares sont en effet les salariés prêts à prendre un mandat par crainte d’une stigmatisation.
      2. Dans les entreprises qui peuvent néanmoins tenir des élections, des candidats qui ne sont pas toujours représentatifs de la majorité des salariés, soit de par leur fort militantisme, soit parce qu’ils candidatent pour des raisons personnelles incompatibles avec l’intérêt général (éviter un travail pénible, bénéficier de la protection contre le licenciement, etc.)
      3. Des salariés qui de ce fait ne se reconnaissent que rarement dans l’action de leurs représentants, et qui considèrent dans 25 % des cas que les syndicats gênent le fonctionnement de leur entreprise.
      4. Des employeurs qui en conséquence ne reconnaissent pas la légitimité des représentants, qu’ils considèrent trop peu représentatifs, et dont ils tentent de contourner l’action, soit par des tentatives de corruption (acheter la « paix sociale »), soit par de la discrimination facilitée par le désintérêt des autres salariés.

      [...]

      Concluons par une dernière observation sur le code du travail : sur les quelque 1200 pages qu’il contient, la partie consacrée aux relations collectives au travail est la plus importante (environ 280 pages). Cette partie est notamment plus longue que celle dédiée aux relations individuelles au travail (environ 230 pages), qui est souvent considérée comme relativement courte en comparaison des Codes du Travail étrangers. C’est cette partie consacrée aux relations collectives qui doit d’abord être repensée et clarifiée, afin de faire en sorte qu’elle soit un peu plus respectée, et que les négociations collectives puissent se faire de façon effective dans le respect de l’ensemble des partenaires sociaux. Ensuite seulement, on pourra envisager d’étendre les prérogatives de ces négociations. Sans pour autant oublier que seule la loi reste à même d’offrir des protections garanties à l’ensemble des salariés. Si la négociation est utile pour s’adapter aux contingences locales, elle reste d’abord et avant tout à leur merci.

  • La ministre Najat et l’islamiste Idriss, ou la mécanique du scandale | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/113241/ministre-najat-islamiste-idriss-mecanique-scandale

    Pour ceux qui ont raté le psychodrame, les faits. Dimanche au « Supplément », on devait parler de Moussa, un jeune humanitaire français emprisonné au Bangladesh depuis décembre, arrêté alors qu’il venait aider des réfugiés Rohingyas –une de ces minorités atrocement persécutées, dont le sort n’atteint pas les consciences occidentales. La cause de Moussa passionne une part de l’opinion, palpable sur le web, et indiffère globalement les élites : il n’est pas du club, encore moins ceux qui l’emploient. Moussa est un géant noir converti à l’islam, qui distribuait la soupe aux SDF avant de devenir pilier de Baraka City, ONG humanitaire musulmane de stricte obédience religieuse et de belle efficacité. On allait forcément parler de Baraka city, aussi. Qui n’est pas seulement puissante, mais sulfureuse aux yeux de l’État, qui la guette, la perquisitionne, l’isole et la redoute : elle est, Baraka city, en Syrie et ailleurs, au contact de l’ennemi. On allait donc parler de l’islam. Et de nous. On y a eu droit.
    « Vous condamnez Daech ? »

    Sur le plateau, Idriss Sihamedi, patron de l’ONG, n’était pas loin de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation. On le voyait, Sihamedi, dans le sujet de présentation, plaisanter au milieu de ses troupes, ironiser sur l’obligation qui lui serait faite de « se désavouer » de Daech, et puis expliquer, plus sérieusement, qu’il était, lui, l’alternative au terrorisme : l’homme qui proposait aux jeunes au bord de la rupture de pratiquer un « djihad humanitaire », au lieu de basculer dans la violence. C’était spécieux, ou séduisant, intriguant. Retour plateau. Parler de Moussa. De Baraka. Impressionnante Baraka avec ses million de dons, ses footballeurs stars parmi les généreux. On devinait une vérité, sur notre monde, sur la réalité idéologique de nos vedettes. Parler de Moussa encore. Que les autorités hésitaient à défendre, parce qu’il était de Baraka. Et justement Baraka ?

    Il y a le camp des indignés, au fond ravis de tenir une preuve de plus de la dangerosité islamique, et le camp des réprouvés, partisans de Sihamedi

    Et Ali Baddou, présentateur de l’émission, se tourna vers Idriss Sihamedi. Était-il fiché S, son invité ? Il l’était, répondait-il, ou du moins le croyait. Et serrait-il la main des femmes, ce trentenaire ostensiblement barbu ? Sa réponse allait combler notre faim d’indignation. « Je ne serre pas la main des femmes, comme beaucoup de rabbins. » La question juive ! Sihamedi nous la donnait, sur le mode du deux poids deux mesures, du paravent, un classique. L’intégriste dévoilé s’agitait un peu. Il était au feu du plateau. Vous condamnez Daech, lui demandait-on ? Il ergotait. Il n’aimait pas la simplicité des choses. Vous condamnez ? « Est ce que vous poseriez la question au Grand Rabbin de Paris à propos des bombardements israéliens ? » Rebelote ! Tout était joué.
    Le malaise

    Interrogé sur Daech, Sihamedi répondait sur les juifs, l’excuse habituelle, l’obsession classique des antisémites.... Il pouvait bien, ensuite, se débattre, bougonner qu’on n’avait aucune raison de le mettre sur le gril, et le dire, si mal, que Daech n’était pas sa culture… Le temps du matador était venu. « Je suis gêné de la question », disait Idriss. « On est un peu gêné de la réponse », le coupait Ali Baddou et Sihamedi se taisait pour toujours, chassé du possible et de la gentillesse. Najat Vallaud-Belkacem était invitée à clouer le cercueil. Elle déclinait la facilité de la sainte colère. Elle séparait le cas de Moussa, français à protéger, de Baraka city, une association dont « la manière de voir les choses », qui n’était « pas la mienne », la mettait « mal à l’aise ». C’était pire qu’une harangue, cette modestie. Idriss Sihamedi ne valait même plus qu’on le condamne.

    Dans notre monde de vertus virtuelles, on se relève bien des morts médiatiques. Deux jours plus tard, les fleuves de l’opinion ont repris leur cours. Chacun se rassure de certitudes. Il y a le camp des indignés, au fond ravis de tenir une preuve de plus de la dangerosité islamique ; certains, au passage, chargent les media, qui font open bar aux extrémistes (pauvre Baddou, qui avait dompté le fauve, à peine exhibé !). D’autres accusent Najat Valaud-Belkacem de mollesse, on les connaît les socialistes, et la ministre a durci le ton, pour être conforme. En face, le camp des réprouvés, partisans de Sihamedi, organisant la défense et le réconfortant. Idriss a été piégé, Idriss ne se laissera pas faire, Idriss a raison de penser que l’on passe tout aux juifs et que l’on soupçonne les musulmans, et les morts de Gaza sont tout aussi sacrés que les victimes du terrorisme…

    #islamisme #médias

  • Les choses ont-elles une #valeur au #Moyen_Âge ?
    http://www.laviedesidees.fr/Les-choses-ont-elles-une-valeur-au-Moyen-Age.html

    Comment établir une valeur quand la monnaie manque ? Laurent Feller montre que, durant le haut Moyen Âge, les échanges étaient structurés par la valeur sociale des personnes et les liens de clientélisme ou de dépendance que ces échanges créaient ou maintenaient entre elles. La valeur apparaît comme indissociable de l’ordre social.

    Essais & débats

    / Moyen Âge, #argent, valeur, #reconnaissance, #classes_sociales

    #Essais_&_débats

  • http://data.blog.lemonde.fr/2016/01/18/comment-buzzfeed-et-la-bbc-ont-analyse-26-000-matchs-de-tennis

    Donc et article explique comment un analyste a fait (ce qui n’est d’ailleurs pas hyper sorcier d’un strict point de vue mathématique) pour obtenir le nom de seize joueurs qui manifestement de très gros tricheurs, le même article donne l’url depuis laquelle il a chopé les données, mais il ne veut surtout pas donner les noms de ces fieffés tricheurs.

    Est-ce que sur seenthis il n’y aurait pas une belle âme compétente qui comprend comment faire cette extraction de la base de données (domaine dans lequel je n’ai jamais rien compris) et partant de là, je me propose de faire un peu de journalisme sportif citoyen (en fait juste appliquer la méthode par ailleurs parfaitement expliquée)

    • Je cherche un petit peu, mais je ne vois pas très bien par quel moyen il est possible de récupérer la masse d’informations évoquée.

      Sans avoir de compte,
      – j’accède à l’historique des paris (Archived Results dans les Betting Tools de la marge de droite)
      – je choisis, au pif, le 1/4 de finale Monfils-Federer à Roland Garros 2009
      – je suis le lien qui ouvre le tableau ci-dessous
      – j’y trouve l’ensemble des books (ici, 7) avec les cotes finales, p. ex. BWin 3.82 et 1.22
      – pour avoir les cotes initiales, je dois me placer sur chaque cote et lire l’infobulle (ici, c’était3.48, elle a donc varié de +0.34)
      – et à côté, le 1.22 était initialement 1.27, soit -0.05

      J’imagine que quand on crée son compte, on dispose d’une vision un peu plus globale, parce que récupérer les 26000 cotes de cette façon à la mimine, c’est pas humain…

      Peut-être est-il possible de désanonymiser les joueurs (colonnes M et N du fichier csv) en repérant les cotes (après avoir désanonymisé d’abord les books (col. L)) ?
      Après tout, il « n’y a qu’à » repérer le bloc de 14 chiffres de l’image ci-dessus dans les colonnes D et E…

  • Guerre de succession pour les notes de Grothendieck
    http://www.liberation.fr/futurs/2016/01/14/des-gribouillis-de-genie-en-heritage_1426478

    Des notes d’Alexandre Grothendieck, le plus grand mathématicien du XXe siècle, décédé en 2014, font l’objet d’une guerre de succession entre ses enfants, la Bibliothèque nationale et l’université de Montpellier. La perspective d’un procès se dessine aujourd’hui.

    #propriété_intellectuelle cc @lewer

  • Lancement du premier épisode de la BD en ligne « Le Portrait d’Esther », « une bande dessinée numérique de Romain Bonnin et Pierre Jeanneau », consacrée aux biens juifs spoliés durant la guerre, pour le compte des Musées d’Angers :
    http://portrait-esther.fr

    C’est évidemment du #SPIP #HTML5 #responsive. Mais la grosse nouveauté ici, c’est la gestion d’une bande dessinée animée (« turbomedia », mélange de BD statique et d’animation) avec un outil que j’ai développé.

    Le principe de cet outil est de permettre d’ajouter des « scènes » (ou des « cases » si c’est une BD) dans les articles de SPIP, et à chaque scène d’ajouter (par glisser-déposer) des « couches » qui s’empilent les unes au-dessus des autres (façon Photoshop). Ça donne par exemple ce genre d’interface :

    La scène a une durée qui définit la durée des animations de l’ensemble des couches. Chaque couche a une situation de départ et une situation finale, le système fera l’animation en interpolant entre le départ et l’arrivée, éventuellement avec un délai défini pour chaque couche (par exemple l’apparition de plusieurs phylactère les uns après les autres).

    Les éléments qui peuvent être animés sont : position horizontale, position verticale, zoom, flou, opacité, visibilité.

    C’est très succinct parce que l’idée n’est pas de faire un outil d’animation de dessin animé, mais d’animer les scènes dessinées par l’illustrateur. C’est donc un outil conçu pour être simple pour que le dessinateur puisse lui-même concevoir les animations. Mais c’est déjà à mon avis plus amusant que les outils de « turbo-media » que j’ai vus pour l’instant (qui sont plutôt une succession d’images façon « click-click-click »).

    Bon, ce premier épisode n’est pas encore extrêmement animé, ce que j’ai vu de l’épisode II l’est déjà plus. On est en train d’apprendre ce qu’on peut faire avec l’outil (« nous » étant le dessinateur, le scénariste, Mosquito et moi) et quel équilibre trouver entre la narration « classique » et l’animation.

    Avec Emmanuel, on est très curieux d’avoir des retours là-dessus, des idées, tout ça. On se dit qu’il y a des choses intéressantes à faire avec ça, mais on n’a pas encore les idées très fixées.

    Sinon, un détail rigolo, c’est la première fois qu’on utilise mon réglage « Ken Burns » sur une image intégrée dans l’article. Ici sur le portrait de Pétain, effet de zoom lent :
    http://portrait-esther.fr/article11.html
    Le raccourci pour faire ça est :
    <img11|right|large|largeur=360|kenburns=1.4>

    • ça marche super bien, sur la bédé, les petites ruptures, les petits déplacements et décalages, l’arrivée des bulles dans un second temps.

      J’ai remarqué qu’en grand (grand) écran, le temps de chargement des images fait qu’on a d’abord l’image floue pendant un délai trop long… tu devrais peut-être précharger ?

      PS : pense à régler le favicon

    • Superbe !

      Pas de problème avec Chrome (47 me dit gg) que j’ai ouvert parce que j’en avais avec Safari (un vieux, 6.1.6, le tout sous MacOS 10.7.5) chargement un peu long, parfois affichage partiel de l’image).

      Du point de vue de l’interface, ce serait bien que le lecteur puisse savoir a priori s’il y a une animation ou pas.

      Dans les 2 environnements, je n’ai pas d’image du maréchal :-(
      Heureusement, j’ai (un bout) du son
      http://www.marechal-petain.com/sons/message30101940t.mp3

    • @azerttyu Oui, la présentation « mode planche », c’est une idée à développer.

      Je l’avais proposé, mais ce projet-là ciblait spécifiquement les téléphones portables, en fait. Du coup pas de mode planche. De plus, on se tâtait pour introduire différentes sortes de transitions entre les planches : actuellement c’est un fondu enchaîné, mais on se disait qu’on pourrait avoir différents effets (slide vers la gauche, slide vers le bas…). Et dans ce cas, le mode planche pouvait entrer en conflit avec des enchaînements de cases plus spécifiques (genre : on prévoit un slide vers le bas pour passer à la case du dessous, en utilisant un élément commun aux deux cases, histoire de faire un effet marrant, mais quand on passe en mode planche l’effet est tout cassé…).

      Bref : sur ce projet on l’a écarté, mais c’est tout de même quelque chose à voir.

    • @simplicissimus Il y a une petite animation (très discrète) en haut au centre de l’écran qui dure le temps que se déroule l’action. Pas d’animation si pas d’action.

      C’est pas super-visible, parce que sinon ça devient trop envahissant au détriment de la lecture de la BD. (Surtout sur un téléphone portable, on est quasiment sur le dessin.)

    • Superbe ! Nickel sur Chromium mais même souci que fil et intempestive sur Firefox (c’est super lent et je n’ai pas l’animation qui indique que ça charge) (Firefox à jour sur OSX).

    • Super intéressant ! Je serais curieux de voir l’outil côté privé.

      Pour avoir participé à une expérience turbomédia de mon côté je suis très curieux de voir apparaître ce genre d’outil, et sous spip en plus !

      Par contre comme il a été dit, j’ai buté de première abord sur le préchargement trop long, je ne sais pas si c’est prévu mais j’ai démarré sur mon ordi en plein écran directement et les anims saccadent bien chez moi... Je dois tester sur mon smartphone pour voir ce que ça donne.

      Niveau narratif je trouve les fondus pesants et inutiles. C’est un code cinématographique particulier qui marque l’ellipse, le passage d’une période à une autre... Donc, restons simple !!

      Avec ma petite expérience je peux confirmer que ce mode de lecture (le turbomédia et toutes ses formes) pousse le lecteur à cliquer assez rapidement (et c’est bien addictif pour le coup). Il faut donc impérativement que la machine suive et toute attente pour cause de chargement devient insupportable (si on reste dans l’esprit du turbomédia). La règle est qu’une anim ne doit pas dépasser 3 secondes dans ce cadre, c’est le max avant le prochain clic.

    • Très intéressant mais je ne sais pas si je profite de tout. Techniquement
      J’ai un vieux mac en 10.6.8 dont le processeur a crié très fort avec !
      – Firefox 43.0.4 ça bloque sur le premier écran qui reste en fond noir et où rien n’est cliquable.
      – Safari 5.1.10 c’est mieux mais les fondus sont par à-coups.
      – Opéra 12.16, le menu en colonne gauche reste ouvert et ça fait des sauts, le panneau en glissé horizontal n’existe pas (41).
      – Chrome, ok.

      Je suis curieuse du processus mais j’ai pourtant quelques critiques. Je comprends que c’est l’effet expérimental qui fait qu’entre BD/Animation/Internet/Interactivité/Films muets/ ça fait beaucoup à connaitre comme codes narratifs qui s’entrechoquent (6) mais je trouve pas ça très étonnant au final, comme si un code annulait l’autre. Il ne doit pas être facile que les « animations » soient pertinentes pour éviter notamment le renforcement de la linéarité du récit (un comble sur du numérique) comme avec une deuxième case qui est noire puis se remplit après (31). Le mode de lecture restreint l’action du lecteur au clic avancer/reculer, il pourrait cliquer pour autre chose peut-être ? Concernant les fondus, je me souviens que dans le montage film certains monteurs interdisaient d’utiliser les fondus de façon systématique parce que c’est trop facile et que ça ramollit, mais j’ai l’impression que c’est dut à mon ordi qui passe les panneaux en fondus. Une des scènes que je trouve la plus réussie est celle (70-73) où Jakob doit prendre la décision de se séparer du tableau.

      Ah, et aussi ce serait chouette d’avoir la possibilité de rejouer une animation avec un bouton recharger.

      Merci en tout cas de faire toutes ses recherches, j’avais abandonné avec regrets Director et Flash parce qu’ils ne correspondaient pas à une ligne politique aussi intéressante que celle de SPIP et j’espère retrouver des envies grâce à tes nouvelles idées !

    • il a fallut que je m’y reprenne à plusieurs fois pour que tout charge. J’avais l’impression à vos commentaires que je loupais quelque chose. Ce qui est perturbant c’est que je ne sais pas quand il faut que j’attende que ça charge ou quand je peux avancer dans l’histoire car c’est une image seule... J’ai aussi des pages blanches, je ne sais pas si c’est fait exprès. Puis cela clignote à partir des pages 68/69. A lire les posts précedents, il doit y avoir du son, que je n’ai pas. Je suis sous firefox 43.0 sous linux mint.

  • Jeunes, bobos, coupables : et si on n’avait rien compris à la gentrification ?

    Entretien avec Anne Steiner, qui revient sur cette notion fourre-tout de #gentrification. En gras, ce qui pour moi est éclairant dans cet article.
    http://i-d.vice.com/fr/article/jeunes-bobos-coupables-et-si-on-navait-rien-compris-la-gentrification

    Le souci, lorsqu’on déplore la gentrification, c’est qu’on se trompe de cible : on ne tape jamais sur les gens du 8ème ou du 6ème qu’on trouve très légitimes à vivre dans ces quartiers là ! La véritable bourgeoisie occupe de vastes appartements dans les arrondissements bourgeois (territoire assez étendu par rapport à la surface de Paris), vit dans l’entre-soi, et on ne lui reproche rien. Les analyses radicales de certains sociologues ou de certains journalistes sont en réalité extrêmement bénéfiques aux véritables classes dominantes : les membres de ces classes là sont épargnés, ne sont jamais accusés d’être illégitimes de vivre là où ils vivent. Ils habitent dans leurs quartiers historiques et achètent à leurs enfants dans ces mêmes quartiers.

    En revanche, on reproche à des jeunes diplômés qui gagnent 1500 euros par mois et qui se contentent de toutes petites surfaces, d’habiter ces quartiers de l’Est parisien. Eux sont considérés comme illégitimes sur des territoires dont ils priveraient le peuple ! Et bien, il faut accepter l’idée que le peuple c’est aussi cette jeunesse qui enchaîne les CDD, les stages, les statuts d’intermittents. Et fait parfois les fins de marchés pour se procurer des légumes frais. Alors oui, c’est une jeunesse qui s’habille bien, souvent pour pas cher dans les friperies, c’est une jeunesse qui est belle, comme on est beau à cet âge, qui boit en terrasse des cafés et qui vit avec pas grand chose, sans voiture, sans permis, sans équipement électro-ménager...etc. Mais cette jeunesse, c’est le peuple ! Une partie du peuple ! Je me demande comment ces gens qui pourfendent la gentrification au nom d’un certain peuple rêvent Paris. Si l’on réfléchit un peu sociologiquement, je suis le peuple et toi aussi tu es le peuple. En terme d’origine sociale et en terme de revenus, et aussi parce que plus d’un tiers de la population est aujourd’hui diplômée du supérieur. Donc ce n’est plus un critère permettant de tracer une ligne de démarcation entre peuple et non peuple. C’est une petite minorité qui fait partie de la véritable bourgeoisie. C’est à peine 10% de la population française. Le reste c’est le peuple. Celui qui n’a ni pouvoir, ni biens. Et qui a vocation à se soulever, à inventer un autre monde, c’est le peuple. Ce ne sont pas les seuls travailleurs manuels dont les effectifs ont drastiquement fondu. Le peuple n’est jamais semblable à ce qu’il a été. Il mute. Après, ce qui est déplorable, c’est que ces quartiers seront bientôt dépourvus de familles de classe moyenne car lorsqu’on a on a des enfants, qu’on est juste au-dessus des revenus qui permettent l’accès à un logement social, et qu’on doit vivre (contrairement aux jeunes) dans un espace suffisamment grand, Belleville n’est plus assez abordable. À partir du deuxième enfant, il faut souvent se résoudre à partir.

    Cette notion de #bobo me fait de plus en plus hurler. En fait, elle masque une mutation profonde qui est qu’on a de plus en plus de pauvres et de classes moyennes basses qui ont de hauts niveaux d’étude et des goûts culturels intermédiaires forts (ils ne se paient pas des abonnements annuels au premier rang des opéras hein, mais les items culturels, la vie des idées et la vie culturelle a beaucoup de place dans leur quotidien) entre culture légitime et culture populaire.

    Je pense souvent à des remarques qui sont faites à propos des gens qui n’ont pas la télé. T’as pas la télé, t’es un bobo et les grands écrans à crédit, c’est un truc de prolo. Sauf qu’en fait, on est dans le gros cliché là. Si tu prends les revenus, qui objectivent quand même les questions de classe sociale, plus rien n’est si simple.

    Par contre, où vont les priorités dans les dépenses, la distinction culturelle, l’habitus et l’éthos de classe des milieux populaires et moyens est entrain de changer pour une partie d’entre (j’allais mettre eux mais en fait non) nous. Pour ceux qui ont eu accès à la méritocratie scolaire et pour qui au final, ça ne change pas tant de chose en matière purement économique.

    Alors il y a des différences, sur la propriété par exemple, peut en être un - mais cela dépend encore des territoires - mais je suis frappée quand même, si je prends l’exemple de là où je vis : les revenus de l’imposition locale ne varient pas ce qui fait que malgré son image arty bobo, cette commune reste une des plus pauvres de Belgique (on peut également savoir qui est exonéré grâce aux passe-passe fiscaux - très peu de gens en l’occurrence).

    On y voit beaucoup de jeunes, des cafés, des gens d’autres quartier, mais au final, les grands bourgeois ne viennent pas vivre là. J’en ai entendu deux (français exilés fiscaux) au sortir d’une visite d’appartement dire à l’agent immobilier avec qui ils parlaient sur le trottoir : très bel appartement, mais on a été un peu surpris en venant, vous pensez que ce quartier est sur ? C’est un peu pauvre dans le bas, là.

    Ben oui, chou.

    • depuis quand 1500 euros deviennent la définition du bobo ?
      Un bourgeois bohème n’st plus un bourgeois ?
      C’est quoi la véritable bourgeoisie ?
      On a jamais tapé sur les bourgeois du 8 ou du 6 ?
      La gentrification n’est donc plus une colonisation des quartiers populaires par une classe bourgeoise ?

      Les bourgeois croissent sur un capital fixe et transmis alors que les bobos le font sur un capital financier et fluide lui aussi transmis.
      La bourgeoisie dans l’immuabilité de sa vision de la séparation sociale, l’accompagne par la fixité de la séparation spatiale fixe.
      le bobo est un colonisateur, c’est la bourgeoisie plus le sionisme. La marchandisation d’un territoire et le renvoie des populations dans des zones de contention.

      « Et qui devient Seigneur d’une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit point, qu’il s’attende d’être détruit par elle, parce qu’elle a toujours pour refuge en ses rébellions le nom de la liberté et ses vieilles coutumes, lesquelles ni par la longueur du temps ni pour aucun bienfait ne s’oublieront jamais. Et pour chose qu’on y fasse ou qu’on y pourvoie, si ce n’est d’en chasser ou d’en disperser les habitants, ils n’oublieront point ce nom ni ces coutumes... »
      Machiavel (Le Prince)
      #sociologie _de_comptoir #gentrification_intelectuelle

    • wp :
      Le mot peuple désigne un « ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d’origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes
      En français, le terme de peuple peut avoir aussi une connotation péjorative, envers ceux qui y appartiendraient ou non. Il désigne alors :

      les individus de condition modeste, par opposition aux catégories supérieures ou privilégiées par la naissance, la culture et/ou la fortune.
      les individus appartenant aux classes « inférieures » et éventuellement moyennes de la société, par opposition à l’« aristocratie
      La réponse à la question Qu’est-ce qu’un peuple ? n’est jamais neutre ou objectivable »

    • Quand un quartier décrépit et voit son revenu moyen diminuer et les bourgeois se casser, c’est du sionisme prolétarien le fait que le peuple moins nanti s’y installe ?

    • Bravo Suske, ça c’est envoyé.
      Tu veux dire que le processus d’installation des moins nantis dans des logements vacants car dépréciés et abandonnés est la même chose que chasser les locataires les moins nantis de quartiers à fort potentiel de plus-values.
      Mes félicitations encore une fois.

    • Steiner :"Je ne suis pas spécialiste de ces questions, mais je suis assez agacée par le terme de “gentrification” parce que, de toute façon, il y a une spéculation immobilière qui pousse les gens du centre vers les quartiers et même vers les localités périphériques. Présenter le processus de gentrification comme un complot venu d’en haut pour casser les solidarités populaires me semble tout à fait fantaisiste"
      http://endehors.net/news/anne-steiner-il-faut-faire-la-greve-generale-de-la-consommation
      Pour une non spécialiste elle a des avis bien tranchés.
      Et si on est pas en accord avec elle on est sociologue radical...

    • « À Paris, le discours sur la mixité sociale a remplacé la lutte des classes », Anne Clerval
      http://www.humanite.fr/anne-clerval-paris-le-discours-sur-la-mixite-sociale-remplace-la-lutte-des-

      Cet embourgeoisement de la capitale a été rendu visible par l’apparition des «  bobos  ». Un terme que vous prenez soin de ne jamais utiliser dans votre livre. Pourquoi ?

      Anne Clerval. Le terme «  bobo  », inventé par un journaliste réactionnaire aux États-Unis, n’a aucun fondement scientifique. Aucun chercheur en activité ne l’utilise. Je préfère utiliser les termes de gentrifieurs et de gentrification, qui ont été forgés en partie par un courant de géographie radicale anglophone. Cette notion désigne un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires par remplacement de population et transformation matérielle de la ville.

    • Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris
      http://cybergeo.revues.org/23231

      « La part des ouvriers et des employés (actifs ou retraités) parmi la population des ménages des IRIS parisiens en 1982, 1990 et 1999. »

      Cet article présente une carte de synthèse des dynamiques spatiales de la gentrification à Paris depuis les années 1960. Si la notion de gentrification a suscité de nombreux travaux depuis les années 1970, en particulier en Angleterre et en Amérique du Nord, rares sont les chercheurs qui ont travaillé en particulier sur les dynamiques spatiales du processus dans une ville donnée et qui en ont proposé une cartographie. Ce processus de gentrification commence seulement à être étudié comme tel en France. La carte de synthèse proposée ici est issue d’une approche globale et multiscalaire de la gentrification à Paris et se fonde sur trois sources différentes : des analyses statistiques sur les données des recensements de 1982, 1990 et 1999, les travaux de Daniel Noin et Yvan Chauviré présentés dans l’Atlas des Parisiens (1984), et des enquêtes de terrain menées dans trois quartiers de Paris situés à des stades différents du processus entre 2004 et 2007. Ces différentes sources permettent d’interpréter la gentrification comme un processus de diffusion spatiale centre-périphérie à partir du noyau historique des Beaux quartiers de l’Ouest parisien. Cela confirme l’analyse avancée par les travaux anglo-américains, selon lesquels la gentrification est un processus de conquête sociale qui prend la forme d’un front pionnier. L’objectif de cet article est d’en présenter une cartographie originale à partir de l’exemple de Paris.

    • « Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris », de Anne Clerval, souligne un fait notable : c’est la présence de nombreux #étrangers « non communautaires » (#pauvres) qui endigue, localement, l’#embourgeoisement à Paris (ville où a été inventé le "étrangers, ne nous laissez pas seuls avec les français" ).

      Ce qu’elle loupe en se basant sur les « catégories sociales » (#CS), et non les #revenus/patrimoine, c’est la #précarisation de nombreux Parisiens. Elle ne tient aucun compte du fait que l’on peut avoir le statut « cadre » ou être considéré, par exemple, comme membre des « professions intellectuelles supérieures » pour le recensement et... dépendre régulièrement ou par intermittence du RSA, du chômage mal ou pas indemnisé, et de divers emplois, missions ou contrats plus ou moins ponctuels, et dont les rémunérations peuvent être fort variables (et souvent faibles).

      Les sociologues, surtout si ils s’appuient sur la statistique (toujours en retard de quelques métros) font des photos, mais ils ne voient pas les films ; c’est d’ailleurs cette carence qui justifie l’expansion actuelle des études de « #trajectoires » et sur les « parcours de vie ».

      Taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France
      http://www.lagazettedescommunes.com/217534/les-taux-de-pauvrete-des-100-plus-grandes-communes-de-france/#methode

      Paris compte 14 % de pauvres en moyenne, mais le taux de pauvreté y atteint plus de 20 % dans des arrondissements qui regroupent 200 000 habitants

    • Un film, c’est exactement ce que fait Clerval, comme d’autres. Mais son art du montage et sa théorie ne me convainquent pas. Elle ne voit que le film qu’elle fait, avec les ingrédients de son taff. Les sociologues sont le plus souvent des gens de #métier qui défendent le métier, des « professionnels de la profession ». Angle mort.

      Il faut commencer par regarder dans les coulisses de la saisie #statistique par « catégorie sociale » dont cette #sociologie fait son miel.

      Et les coulisses de ce type de vision, sont fort étendues. Il y a même des chiffre qui le montrent !
      20% de pauvres (selon un seuil arbitraire), c’est un indicateur de la polarisation sociale dans cette #ville de riches. Si on ajoute ceux qui sont entre la pauvreté monétaire et les ceusses à 1500 boules et alentours dont cause Steiner ça fait du monde. Et à ce tarif, sauf patrimoine conséquent, on est un pas un bourge.

    • #agacement - @unagi j’étais sur une connexion pourrie, je n’ai pas pu réagir tout de suite. Le rapport avec le sionisme là, tu me l’expliques ? Est-ce qu’un rappel de définition serait nécessaire ? Quel est le rapport avec la sauerkraut ?
      (il n’y a pas d’émoticons sur seenthis mais si il y en avait le mien aurait un visage TRES fâché.) Je ne comprends pas le glissement de la conversation. Maintenant, sionisme c’est le mot générique pour désigner les mouvements de population dans un espace géographique ? Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Ou c’est encore un avatar du masque qui recouvre l’amalgame putride juif=bourgeois ?

      @colporteur j’ai pourtant l’impression que justement c’est ce qu’elle fait. Montrer que bien que pouvant être apparentés à des CSP+ compte-tenu des postes occupés et du niveau d’étude, une partie de la population parisienne reste pauvre, et si elle impacte la perception des quartiers populaires, à cause de ses pratiques culturelles, cette population n’est pas pour autant bourgeoise, parce que le bourgeoisie c’est capital culturel (qu’il faudrait encore définir, d’où mon histoire d’abo annuel à l’opéra) + capital financier et je dirais aussi une certaine proximité du pouvoir capitaliste (entreprises, politique etc.) + la propriété etc. Rien à voir avec les gens qui sont considérés comme des avant-gardes de la gentrification. Ce qui m’intéresse chez Steiner, c’est qu’elle montre aussi que certaines catégories sociales ont bougé - cela me fait penser au travail des Rambach sur les intellos précaires - que si les classes sociales recouvrent des réalités économiques similaires(revenus, imposition) elles ne recouvrent pas les même pratiques culturelles, ni les même métiers que par le passé.

    • je me suis expliqué mais tu a le droit d’être en colère.
      Vous devriez arrêter avec ce genre de procès d’intention. En dehors de la posture indignée vous n’êtes pas vraiment capable d’autre chose. Dans les minutes qui suivent le post je comprends, après une nuit un peu moins.
      Ce qui ne veut pas dire que je ne trouve pas sioniste plus que moyen, mais vu la teneur des réactions je n’ai pas grand chose d’autre à ajouter.

    • En dehors de la posture indignée vous n’êtes pas vraiment capable d’autre chose.

      Oh si je suis bien capable d’autre chose sur le sujet. Mais je connais aussi mes démons, et je ne pense pas que seenthis soit le lieu de ce genre de discussions, de débats ou de réflexion de fond sur le sujet, donc je n’ai fait que relever.

      Je remarque qu’après coup, tu trouves cela plus que moyen, cela t’honore.

      Et sur :

      Pour rappel judaïsme n’est pas sionisme, présenter le contraire est un amalgame et pas des plus sains.

      Oui, oui, je suis au courant. En revanche les deux sont absolument liés, pas superposables, mais liés.

    • @unagi ce n’est pas un procès d’intention, je ne comprends pas le rapport et aussi, je ne comprends pas tes explications. J’étais fâchée sur le coup et je le suis encore parce que je suis fatiguée des mots-godwin péremptoires. Je ne suis pas indignée, mais interloquée. Le sionisme est une idéologie politique spécifique et je ne vois pas le rapport là avec la conversation.

    • @supergeante C’est à Clerval et ses lecteurs « scientistes », prêts à donner foi à des stats objectivantes dont les catégories (CS) introduisent un biais important, devraient être critiquées depuis un travail sur d’autres données, du terrain (par exemple dans les centres d’action sociales parisiens) que j’objectais. @unagi n’a rien répondu quant à cette foi dans ces stats.

      Or il y a une population flottante, et de l’hétérogénéité non seulement internes à ces populations mais dans les trajets de nombreux individus dont l’existence ne se définit pas de l’occupation de tel ou tel emploi ou de telle ou telle incursion sur le marché (prestations etc.) à un moment donné. Ces stats là, comme l’ont montré des enquêtes collectives sur l’intermittence, par exemple, ne montrent rien de la #polyvalence sur le #marché_de_l'emploi (pour des postes qui concèdent pas avec une position donnée dans la #hiérarchie_des_qualifications) et moins encore de la forte #variabilité_des_salaires (ou ressources diverses) pour nombre de disponibles sur ce marché de l’emploi (et des « prestations »).
      Enquête socio-économique : première phase exploratoire de l’analyse statistique, novembre 2005
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=2604

      Afin de mieux rendre compte de cette variabilité importante des salaires, nous avons mesuré la variabilité des rémunérations journalières pour chaque intermittent.
      Seulement 5,72% des interrogés déclarent ne pas connaître de variations dans leurs rémunérations journalières.
      Ainsi, si pour quelques comédiens, les rémunérations par cachet sont stables, pour bien d’autres elles peuvent être très variables (l’indicateur de l’amplitude de cette variabilité prend respectivement les valeurs 0 et 23). Et l’on constate que c’est justement pour les catégories de métiers les moins bien rémunérées, en moyenne, sur l’année, que la variabilité des rémunérations journalières est la plus élevée : artistes dramatiques, artistes de la danse, de la musique et du chant.
      Comment, dès lors, le salaire pourrait-il être considéré comme une mesure de la valeur du « salarié », de son niveau professionnel ?

      Quant à Steiner, que tu parais évoquer à nouveau, si je ne partage pas ses positions sur bien des questions politiques, ce qu’elle dit sur la composition sociale de la population parisienne me parait fondé. J’avais d’ailleurs cité son point de vue contre le pseudo radical J-P Garnier il y a quelques jours
      http://seenthis.net/messages/446847

    • Alors on Fait quoi, pour qui ? HLM pour tous ? « Mietpreisbremse » ? Création de zones de gestion sociales urbanes (Quartiersmanagement, Sanierungsgebiet) ?
      Je pense que la gentrification et les discussions autour ne font que nous renvoyer vers la case dėpart : le modėle de la propriété privée nuit aux efforts pour loger tout le monde. Il faudra recommunaliser les espaces d’habitation et mettre fin à la propriété privée dans l’Immobilier. Il faudrait discuter les étapes pour y parvenir.

    • @colporteur Alors souvenons-nous et racontons comment c’était avant l’avènement du libre flux des fonds et la guerre totale du capital immobilier.

      La limitation des profits à tirer de la pierre et du béton par le #contrôle_des_loyers est le fruit des crises et de la pénurie de l’après-guerre. Il faut alors loger tout le monde dans les villes détruites, on impose donc les voisin et les colocataires aux habitants et les prix au propriétaires. Ces mesures sont surtout destinées au populations déjà sur place et, dans le cas de l’Allemagne, des « Heimatvertriebene » victimes de l’échec de la politique expansionniste allemande sous les Nazis.

      Apparamment en France les bidonvilles de maghrébins sont répandues jusqu’au milieu des années 60, période à laquelle les réfugiés allemands de l’Est sont condamnés à se loger dans des hébergements de fortune. Pour les anciens grands propriétaires terriens, les propriétaires d’immeubles et les épargnant nantis on établit un système de dédommagement ( Lastenausgleich ) qui leur permet de conserver leur place dans l’hierarchie sociale. Tout de suite après 1945 les familles nazies s’arrangent pour n’acceuillir que leurs semblables dans leurs appartements. Sur le plan économique ce comportement n’a que de valeur anecdotique, mais ils est important pour le développement de l’état d’esprit des Allemands au dela de l’après guerre immédiat.

      L’immobilier joue un rôle important comme moteur de la construction du capitalisme dans l’Allemagne d’après guerre. Jusqu’en 2004 l’état donne d’amples subventions Eigenheimzulage aux petits gens aspirant à l’aquisition d’un patrimoine immobilier familial. On fait d’une pierre deux coups : On ré-injecte dans l’économie une partie des impôts payés surtout par les classes moyennes et soutient l’industrie du bâtiment. En même temps on sème chez les ouvriers l’espoir d’accéder au statut de petit bourgeois. Par ce changement de perspective ils perdent de vue la solidarité prolétaire et se retirent dans leurs petite maisons individuelles qu’ils continuent à rembourser pendant toute leur vie active. C’est un élément clé du modèle allemand qui remplace la lutte des classes par la Sozialpartnerschaft .

      Dans mes yeux il s’agit de la méthode des chrétiens-démocrates et social-démocrates de poursuivre la construction d’une Volksgemeinschaft avec des entreprises organisées comme Betriebseinheit et des patrons mutés d’abord en Betriebsführer puis en Sozialpartner plus gentils . Pourtant, peu importe l’étiquette collée sur la marchandise, elle est toujours produite et manipulée dans l’intérêt et sous contrôle de l’élite capitaliste.

      Dans la partie de l’Allemagne d’après guerre sous contrôle des alliés de l’Ouest la libération des prix de l’immobilier se fait au fur et à mesure jusqu’au milieu des années 1980 , la prétendue disponibilité de logements adéquats pour tous servant de prétexte. Depuis, la croisade contre État-providence continue sous le drapeau libéral porté par les croisés de la main invisible. Dans leurs yeux le social est un facteur ouvertement économique qu’on fait valoir lors ce qu’il devient trop cher de l’ignorer. L’acccès à la propriété pour tout le monde n’est plus un objectif. Nous, si on suivait cette logique il faudrait mettre à feu et à sang les quartiers victimes de la gentrification .

      Bien sûr cela signifierait une politique au profit des spéculateurs immobiliers qui se saisiraient des quartiers détruits. Les révoltes spontanées des dernières années au Royaume Uni ne contribuent pas à la solution du problème fondamental, elles ne sont que le résultat de la guerre sociale menée contre les pauvres.

      Pour revenir au point de départ de ma réflexion : c’est la pénurie causée par le guerre et mise en évidence par par l’arrivée d’un nombre important de réfugiés. Les quartiers bombardés de Stalingrad, Caen, Berlin et Damas sont pareils, leurs habitants aux droits humains violés sont victimes de la même machine capitaliste et méritents tous notre solidarité. Il s’impose alors de trouver des solutions de logement pour les nouveaux arrivants victimes des guerres impérialiste et pour les gens défavorisés sur place.

      Ce contexte permet de faire entendre notre voix. Les partis et élites au pouvoir ne sont pas en mesure de proposer des solutions pour tout le monde, alors allons en avant et brisons l’hégémonie du discours néolibéral. C’est l’heure des solutions solidaires, il est temps de revendiquer qu’on utilise la richesse de nos sociétés pour construire plutôt que d’envoyer des troupes et des armes là où ils font fuire les gens.

      Bref : Il faut construire un nombre important d’appartments pas chers dans les villes .

      –---

      Volksgemeinschaft
      https://de.wikipedia.org/wiki/Volksgemeinschaft

      Betriebsführer
      https://de.wikipedia.org/wiki/Betriebsf%C3%BChrer

      Lastenausgleich
      https://de.wikipedia.org/wiki/Lastenausgleichsgesetz#Leistungen_im_Lastenausgleich
      https://de.wikipedia.org/wiki/Eigenheimzulage

      Modell Deutschland : Erfolgskonzept außer Balance
      http://www.boeckler.de/22333_22338.htm

      Schlafzimmer, Wohnraumbewirtschaftung
      https://de.wikipedia.org/wiki/Schlafzimmer

      Noch bis in das 20. Jahrhundert hinein waren besondere Schlafzimmer vor allem für Arbeiter ein unerschwinglicher Luxus. In Deutschland waren Schlafzimmer aufgrund der Wohnraumbewirtschaftung und Einquartierung von Flüchtlingen und Ausgebombten auch nach dem Zweiten Weltkrieg knapp. So waren viele Menschen gezwungen, im Wohnzimmer zu schlafen, dafür wurden spezielle Bettsessel und Schlafcouches entwickelt. In den 1960er Jahren entspannte sich die Situation, oft konnten neben den Eltern einer Kleinfamilie auch die Kinder ein eigenes Zimmer erhalten.

      Französische Besatzungszone, Wohnraumbewirtschaftung
      https://de.wikipedia.org/wiki/Franz%C3%B6sische_Besatzungszone#Wohnen

      Der Anteil zerstörten Wohnraums lag in der französischen Zone statistisch etwas niedriger als in der britischen und amerikanischen Zone. In den Groß- und Mittelstädten waren 45 Prozent völlig bzw. teilweise zerstört. Die Zentren von Koblenz, Ludwigshafen, Mainz und anderen verkehrswichtigen Städten waren zu mehr als 70 Prozent zerbombt. In ländlichen Ortschaften unter 10.000 Einwohnern waren 90 Prozent des Wohnraums noch intakt.

      Die Wohnraumbewirtschaftung der Zone war für fast sechs Millionen Deutsche, rund 175.000 „Displaced Persons“ (ehemalige Zwangs- und Fremdarbeiter, entlassene KZ- und Kriegsgefange usw.) zuständig. Dazu ab 1946 auch für eine Million Soldaten und Zivilisten der Besatzung, für deren Familien die komfortableren, besser eingerichteten Wohnungen zu beschlagnahmen waren; am 30. Juni 1948 berichtete der rheinland-pfälzische Ministerpräsident Altmaier dem französischen Gouverneur de Boislambert von einer Zunahme des beschlagnahmten Wohnraums von 67.083 m². Die Gesamtfläche der beschlagnahmten Wohnungen betrug 1.624.354 m² bei insgesamt 24.294.695 m² vorhandener Wohnfläche.

      Um den Wohnungsbedarf der Zonenbewohner zu regeln, wurden alle Personen, die ihren Wohnsitz erst nach 1939 in der französischen Zone aufgenommen hatten (Flüchtlinge und Evakuierte), aufgefordert, die Zone zu verlassen. Im Reg.-Bez. Koblenz z. B. waren das im November 1945 71.719 Personen. Darüber hinaus wehrten sich die deutschen Behörden gegen die Aufnahme von Vertriebenen und Volksdeutschen aus dem Osten, und begründeten ihren Widerstand mit Wohnungsmangel und Versorgungsproblemen, aber auch mit der Gefahr einer konfessionellen und andersartigen Überfremdung der einheimischen Bevölkerung.

      L’histoire du quartier Phoenix à Hambourg montre pourquoi les investissements publiques dans des quatier à problèmes ne constitue pas de solution tant qu’on accepte l’immobilier comme secteur de l’économie capitaliste.

      Phoenix-Viertel, Wohnraumbewirtschaftung
      https://de.wikipedia.org/wiki/Phoenix-Viertel#Zweiter_Weltkrieg_und_Nachkriegszeit

      Im Laufe des Zweiten Weltkrieges wurden viele Häuser im Phoenix-Viertel zerstört, so dass nach dem Krieg ein großer Wohnungsmangel herrschte. Infolgedessen wurde in den 1950er Jahren von staatlicher Seite viel für den Wohnungsbau getan. Unter anderem wurde der „öffentlich geförderte Wohnungsbau“ eingeführt, Wohnungen wurden mit Hilfe von öffentlichen Mitteln (Landesdarlehen) errichtet. Diese Wohnraumbewirtschaftung nach dem Zweiten Weltkrieg sahen viele Hauseigentümer im Phoenix-Viertel jedoch als problematisch an. Dadurch, dass viele Häuser im Viertel zerstört waren und mit der Hamburger Wohnungsbaukreditanstalt wieder aufgebaut werden mussten, wurden viele Wohnungen nur an sozial schwache Familien, oft auch mit vielen Kindern, vermietet.

      Zum Problem der Wohnungsraumbewirtschaftung kam, dass viele alte Häuser, die nicht zerstört waren, nach dem Krieg nicht renoviert wurden und so langsam dem Verfall ausgesetzt waren, was ebenfalls sozial schwächere Familien anzog, da die Mieten dementsprechend niedrig waren. Damit einher ging das Verschwinden der kleinen Handwerksbetriebe und Geschäfte im Viertel und die Entstehung von großen Supermarktketten. Viele Bewohner des Viertels hatten nicht viel Geld und mussten daher ihre Lebensmittel und Gebrauchsgüter des täglichen Bedarfs in den oftmals billigeren großen Supermärkten einkaufen. Durch die Verdrängung der kleinen Betriebe durch Supermärkte änderte sich das damals typische Bild des Phoenix-Viertels, das durch „Tante-Emma-Läden“ geprägt war, besonders stark.

      Gerade Straße

      Anfang der 80er Jahre wurde vom Hamburger Senat Geld in „städtebauliche Verbesserungen“ gesteckt, Einbahnstraßen wurden neu gestaltet sowie Spielstraßen eingerichtet. Das Viertel wurde jedoch immer mehr zum sozialen Brennpunkt Harburgs mit hoher Kriminalitäts- und Arbeitslosenrate, vor allem Ende der 90er Jahre häuften sich negative Schlagzeilen. 1999 fielen bei einem Bandenkrieg beispielsweise Schüsse in einem Coffee-Shop in der Hohen Straße, bei dem eines der Projektile eine Tür zur angrenzenden Wohnung durchschlug und den dortigen Mieter verletzte.

      P.S. Les événements de Cologne ne seraient pas arrivés si on avait bien acceuilli (avec tout ce que cela signifie comme encadrement) les pauvres au lieu de les stigmatiser et les menacer d’expulsion. Il est l’heure de revendiquer également un changement budgétaire fondamental. Il faut investir dans les hommes et les femmes au lieu de jeter l’argent public dans la geule des fabricants d’armes.

      #réfugiés #guerre #Allemagne #Europe #histoire #politique

    • @unagi disait :

      (...) Tu veux dire que le processus d’installation des moins nantis dans des logements vacants car dépréciés et abandonnés est la même chose que chasser les locataires les moins nantis de quartiers à fort potentiel de plus-values. (...)

      Non je ne veux pas dire ça, je retourne ta logique. Je note que la recherche et l’installation dans un logement est un « processus » pour les moins nantis. Là où tu trouves que les uns sont victimes et les autres coupables de recherche de plus-values et tenant d’une idéologie colonisatrice, je retourne que la recherche d’un logement est aussi un processus pour des plus nantis et qu’ils ne sont pas non plus dans une idéologie de colonisation... Que tu parles de « chasse » est pour le moins interpellant. A l’échelle individuelle c’est carrément violent.
      Du coup je préfère supposer que ton analyse à une visée généralisante et que tu utilises des figures de style réductrices dans le but de simplifier son expression.

      L’approche de @klaus me parait largement plus constructive et inclusive.

      Il y a un vrai problème avec le logement. Que les processus de gentrification créent des aboutissements d’exclusion de moins nantis est un de ces problèmes mais ce n’est pas non plus sytématique. J’ai vu à Bruxelles des ilots industriels abandonnés depuis 10 à 15 ans être transformés en logement par des gens « trop fortunés » pour rentrer dans un processus pour moins nantis mais trop conscients pour jouer au rachat de logements à rénover en vue de s’y installer. Sans exclusion et avec des projets communautaires solides et ouverts. Ces expériences positives restent dans le cadre du capitalisme et c’est l’idéologie personnelle des personnes qui les ont permises. Il est évident que l’inscription constitutionnelle du droit au logement (art. 53 Const. belge) rentre en conflit frontal avec un « marché immobilier » orienté profit. A fortiori dans un contexte de réduction des allocations sociales, de réduction des bugets et politiques sociales et d’augmentation des inégalités de revenu et de la dispersion de ceux-ci. Le problème est plutôt par là. Pas dans l’idéologie supposée d’une classe supposée de bobos supposés agissant selon des principes supposés consciemment destructeurs.

      Merci à @supergeante pour le lien et à tous pour les apports !

    • Il n’y a aucune logique particulière à ma réponse. Non, je n’ai pas l’impression de m’adresser à des idiots je ne vois pas l’"intérêt de la simplification". Me réponse pour faire court valait ta question.
      Les phénomènes identiques sont constatés et analysés pour Paris, Londre, New york pour ne parler que de quelques capitales. Donc je ne suis pas généralisant c’est la situation qui l’est, générale. On pourra développer si tu le veux.
      Je reviens sur un exemple qui m’est géographiquement proche.
      Je vis dans l’ex est berlinois. La situation près gentrification pour rejoindre klaus . des immeubles ou des parcs d’immeubles ou la propriété est une anomalie. Le marché de l’offre et de la demande est équilibré, il n’y a pas de déficit en surfaces de logement. Berlin devient une capitale attractive, elle attire les capitaux et les nouveaux habitants, la politique de la ville aide au changement, chaque appartement acheté correspond a un logement manquant sur le marché locatif, la nouvelle pression évidement a une influence sur le montant des loyers. Loyers qui sont accessibles à une population extérieure.
      Le secteur devient plus attractif devient une opportunité d’investissement. Les sociétés de gestion héritées de l’est revendent des lots d’immeubles à des investisseurs qui s’empressent de virer les anciens locataires, modernisent et revendent par appartement de standing.
      Un étage correspond grosso modo à 4 unités de 50 m carrés, unités qui après transformation deviennent des appartements qui ont entre 100 et 200 carrés. quand je regarde en face par ma fenêtre, l’immeuble face à moi a un appartement de 200 m carrés occupé par un couple, point barre.
      Les reventes enlèvent des logements au marché locatif, les loyers continuent de monter et ne sont plus accessible qu’à,etc, etc...
      Dans mon immeuble 17 appartements occupés, aujourd’hui 4.
      La population qui part est issue de Berlin est.
      Chômeurs, ouvriers, retraités, employés de bureau...
      Pour retrouver à se loger à un prix équivalent ils vont faire leur deuil de leur géographie pour aller s’excentrer, d’une qualité d’habitation, etc, etc...
      Les appartements les moins attractifs sont loués à ce que steiner appelle les bobos à 1500 euros.
      La gentrification est un phénomène financier mais aussi plus global. Entre sois communauté de pensée la société et l’occupation de l’espace.
      Les commerces originels sont sous une double difficulté.
      Ils ont une activité qui ne correspond plus á leur envirronement social et font aussi face à une augmantation de leur loyer.
      Prenons l’exemple d’un Kneipe, bar intergénérationnel, demi litre de bière à 1 euro 50, décoration approximative.
      Le prix du demi est rendu possible par la faiblesse des loyers. Les consommateurs partent, les loyers augmentent, le lieu appartient au passé et va être remplacé par une galerie ou une agence web, ou de communication, ou un magasin d’articles de Berlin est ou par...
      Il y a un club qui a participé à la construction de la légende Berlinoise, la nuit,l’underground toussa. Berlin ville cool.
      Une fois que les gens s’installent évidement la légende dérange. C’est aussi vrai pour l’appartement de 200 m que pour le bobo steiner à 1500 euros. La vie diurne devient contrôlée, la municipalité veut interdire les tables à l’extérieure, les plantations ornementales, etc, etc... Un mode de vie.
      La structure urbaine est incapable d’absorber le nouvel environnement social. exemple tu avais des familles avec aucune ou une voiture, aujourd’hui la norme est de deux.
      Avec tout ça je ne sais plus en suis.

    • @suske (et d’autres), il n’a jamais été question de « destruction » ou de « chasse » volontaire hein.

      La gentrification a toujours été décrite plutôt comme un phénomène dans laquelle une classe moyenne cultivée remplaçait petit à petit la population d’un quartier (sans que ce soit forcément en entier !) pour au moins deux raisons possibles (cumulables) : parce que c’est accessible à leur moyen-budget et parce que culturellement c’est cool d’être dans un quartier vivant, populaire, multiculturel.

      Sauf que la couille dans le pâté, c’est que faisant ça avec une augmentation constante, et du coup massive au bout d’un certain temps : ils détruisent (sans le vouloir) les raisons pour lesquels le quartier était attirant (au moins pour eux) : les prix augmentent (pas juste l’immobilier : TOUT, commerces, bars, restos, etc) + la population est plus uniforme, plus jeune, plus riche, plus blanche, etc (sans forcément que ce soit entièrement, je le répète, mais assez pour que ça se voit).

      Et pis bon, les études socios précises c’est bien hein, je dis pas, mais aussi, pas obligatoirement besoin de grande théorie pour voir la différence à Bordeaux entre Saint-Pierre et Saint-Michel il y a 15 ans, et aujourd’hui (et prochainement Belcier). Et la métropolisation joue à mort dans ce sens en plus (projets urbains, sociaux, économiques, etc).
      (Il me semble que j’avais des liens mais je trouve plus.)

    • Si si, il a été question de chasse volontaire, sauf à prétendre que la colonisation puisse être involontaire. Mais l’incident est clos.

      Pour le reste, oui :-). Je n’ignore pas ce qu’est la gentrification. Et les liens m’intéressent bien sûr : je suis sur #seenthis ;-)

    • Et je maintiens.
      Rastapopoulos a raison de pointer la métropolisation comme une des causes de la volonté de repousser les classes populaires. Pour le volontarisme voire aussi es chiffres des expulsions locatives.
      Un couple en bas de mon immeuble qui me pose des questions sur l’état des ventes des appartements. Tout a été vendu, déception mais quand je leur dit que 4 sont encore occupés par les anciens locataires il fallait voir leur mine choquée. Pourquoi ?
      Ca n’est qu’une anecdote et une petite, mais pour moi elle résume bien l’état d’esprit général. En dehors de environnement, de l’image, du passé, le processus d’acquisition est celui d’un investissement financier. ne pas se couper d’une opportunité et soigner son investissement pour soigner ses plus values et les deux points passent par la chasse des classes populaires.
      Pour reprendre un tag fameux ici, c’est chasse aux pauvres.

    • @unagi Tout ce qui concerne Molenbeek m’interesse :) + je comprends mieux ce que tu voulais dire avec ton dernier post. Thx.

      Ici, ce que je vois aussi, c’est que les maisons unifamiliales, où vivaient plusieurs générations - ce qui se fait encore beaucoup dans les populations d’origine méditerranéennes (espagne, portugal, grèce, maghreb, italie, turquie) issues de l’ancien exil, sont découpées en plus petits appartements, pour couples ou personnes seules.

      Par ailleurs, j’ai posté cet article surtout parce qu’il pointait la précarité de personnes que l’on taxe souvent d’être bourgeoises parce qu’elles ont fait des études et ont des pratiques culturelles visibles fortes. Je crois qu’on a parfois une vision de la société qui ne correspond plus à la réalité.

      #sociologie_de_comptoir
      Dans ma famille, il y a un plombier, un élagueur, et j’ai longuement discuté avec un copain électricien. Et bien, ils ont de plus hauts revenus que moi, et au niveau des pratiques culturelles, ils vont plus au théâtre, au cinéma etc. que moi et on lit à peu près le même type de romans.

      Je ne pense pas qu’ils soient exceptionnels, vu la conversation que j’ai eu récemment avec le mec qui a réparé ma machine à laver - mais bien parce que vous pouvez pas en racheter une et je sais pas combien de temps elle va tenir - immigré albanais dans les années 80, qui était là avec son fils, qui venait de le rejoindre dans la boite de réparation parce qu’il ne trouvait pas de boulot avec son diplôme.

      Ce que je veux dire, c’est qu’ouvrier ou artisan, avec une compétence particulière, ce n’est plus tout à fait comme avant. En fait, les populations qui se font virer, ce sont les gens les moins qualifiés, tirant la langue avec les aides sociales. Et là, on parle d’autre chose que du monde ouvrier.

    • On peut voir à culture dans un sens universaliste, culture populaire pouvant être un sous genre comme le film noir est un sous genre du cinéma. On peut voir la catégorisation culturelle comme sectorisation marketing ou comme élément excluant. J’évacue toute connotation à la définition quant à sa qualité et sa destination.
      Si on reste uniquement sur le fond de ce qui est présenté et sa teneur sociale et politique je fais le constat, c’est personnel, que l’accès se fait principalement à un art idéologique, lisse et à destination d’une certaine catégorie de la population.
      Voire aussi la teneur du cinéma français, cinéma bourgeois qui peine à quitter son nombril.
      Je généralise.
      On peut passer sa vie de films de merde, en expos de merde en pièces de merde. C’est toujours de la culture et à destination des mêmes.
      On ne voit plus les classes pauvres, parce qu’elle regroupe l’essentiel des idiots de notre société ou qu’elles en sont exclues ?

      Dans mon entourage un couple à forte rémunération qui travaille dans la médiation pour sociétés importante. Leur truc c’est de se consacrer une semaine culturelle par an dans une ville à l’étranger. Musées, etc, etc.. De quelle culture parle t’on.

    • Bruxelles : saccage au Quartier Midi

      http://www.dailymotion.com/video/x489pm_bruxelles-saccage-au-quartier-midi_news

      Plan de développement international de
      Bruxelles – Schéma de base
      http://www.quartier-midi.be/wp-images/PDI.pdf

      Tout un dossier chez Agone :
      Agone 38 et 39
      « Villes et résistances sociales » http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_431.pdf
      177. L’international sera le genre humain. Une expérience
      de planification néolibérale au quartier Midi (Bruxelles).
      Lond texte sur Marseille.

      Le Monitoring des Quartiers de la Région de Bruxelles-Capitale
      https://monitoringdesquartiers.irisnet.be

      Gentrification positive à Molenbeek
      http://www.ieb.be/IMG/pdf/bem246_25032011.pdf
      Mais aussi dans : Gentrification as policy – empirical frontiers
      http://belgeo.revues.org/7091

      Toujours Bruxelle :
      Urban studies in Belgium http://belgeo.revues.org/2102

      Radio Maritime - Le phare du Kanaal et la gentrification de Molenbeek - saison 2 episode 6
      https://www.mixcloud.com/Gsara_BxL/radio-maritime-le-phare-du-kanaal-et-la-gentrification-de-molenbeek-saison


      https://www.mixcloud.com/Souslespaves_Bruxelles

      Un article du diplo qui était pas mal sur ville durable et classe, malheureusement maintenant sous paywall :

      Dans le laboratoire de l’écolo-bourgeoisie https://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/CYRAN/20842

      Pour la dissolution de la Métropole http://www.lepostillon.org/Pour-la-dissolution-de-la-309.html

      Tout ca ne représente qu’un aspect du phénomène.

    • Oui pour le quartier midi, je suis bien au courant. Mais, concrètement, ça ne marche qu’en partie. Saint-Gilles reste une commune pauvre malgré tout ça, car peu de gens y paient de taxes locales. L’objectif actuel de la commune est de garder les familles. Ce qui est une sorte de marche arrière...

    • Les aveugles et l’éléphant : l’explication de la gentrification
      http://strates.revues.org/611#tocto1n10

      Aujourd’hui Smith admet en partie que sa position sur la gentrification comme résultat structurel du foncier et du marché immobilier est discutable. Il ne faut pas pour autant considérer que la thèse du différentiel de loyer était fausse. Seulement le différentiel de loyer n’explique au mieux que la moitié du problème, voire moins. L’existence de logements peu chers et dévalorisés est un élément nécessaire, mais loin d’être suffisant, d’une explication. De la même manière, l’explication par la production de gentrifieurs potentiels, leur culture, leur consommation et leur reproduction, est nécessaire mais insuffisante. Une explication exhaustive de la gentrification doit nécessairement prendre en compte l’origine des gentrifieurs et les raisons pour lesquelles ils gentrifient, la façon dont sont produits les quartiers et les immeubles à gentrifier, et les liens entre ces deux ensembles de conditions. Et il est fort possible que, quel que soit le rôle des acteurs sociaux institutionnels et collectifs comme les agents immobiliers, les promoteurs et les sociétés d’emprunts hypothécaires, les acteurs-clés dans le processus de gentrification aient été les gentrifieurs eux-mêmes. Il faut accepter que l’action individuelle explique une bonne partie de la gentrification et chercher à intégrer la production et la consommation, non en termes de causes structurelles ou d’effets individuels, mais en termes d’action individuelle et de structures.

    • A propos de l’état actuel du « sozialer Wohnungsbau », la version allemandes des HLM

      Les URL sdes sources d’information officielles viennent d’être déplacées, une partie a simplement disparu. On ne veut surtout pas que le public s’informe sur l’histoire de ce qui s’appelle actuellement Wohnraumförderung . La vignette qui est censée nous orienter vers les informations sur ce qui reste du sozialer Wohnungsbau montre une petite maison individuelle. Le lien vers « l’économie de l’immobilier » est symbolisé par l’image d’une de ces baraques que les promoteurs font pousser sur chaque bout de terrain encore libre dans les centre villes. C’est tout dire.
      Champage pour tout le monde ! Trop cher pour toi ? Mais on ne t’a pas adressé la parole. Alors de quoi tu te mêles.
      Parole de social-démocrate


      Bundesministerin Svenja Schulze

      Bauen | Stadt | Wohnen
      http://www.bmu.de/themen/bauen-stadt-wohnen

      Von Dezember 2013 bis März 2018 war das Ministerium unter der Bezeichnung „Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz, Bau und Reaktorsicherheit“ auch zuständig für Stadtentwicklung, Wohnen, ländliche Infrastruktur, öffentliches Baurecht, Bauwesen, Bauwirtschaft sowie Bundesbauten.

      Seit dem Erlass der Bundeskanzlerin vom 14. März 2018 ist das Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und nukleare Sicherheit, kurz BMU, nicht mehr für die Aufgabenbereiche Stadtentwicklung, Wohnen und Bauen zuständig. Informationen über Fördermöglichkeiten, Baukindergeld, Sanierung und anderen Bauthemen sind jetzt beim Bundesministerium des Innern, für Bauen und Heimat (BMI) abrufbar. Dort finden Sie jetzt auch den Wohngeldrechner, weitere Ratgeber und Leitfäden.

      Bisherige Meldungen zu Wohngeld, Bauen und Stadtentwicklung sind im Pressearchiv weiterhin nachzulesen:
      https://www.bmu.de/WS4585
      In der Chronologie haben wir die Meilensteine der Baupolitik in der 18. Legislaturperiode gesammelt: https://www.bmu.de/P3861
      Baupolitische Entwicklungen der letzten Jahrzehnte sind hier zusammengefasst:
      https://www.bmu.de/P3862
      Den Wohngeldrechner finden Sie bis auf Weiteres unter:
      https://www.bmu.de/service/wohngeldrechner

      Diese Themenbereiche finden Sie ab jetzt beim BMI:
      ...
      Wohnraumförderung
      https://www.bmi.bund.de/DE/themen/bauen-wohnen/stadt-wohnen/wohnraumfoerderung/wohnraumfoerderung-node.html


      Wohnen ist ein Grundbedürfnis des Menschen. Gute Wohnstandards und intakte Städte sind für die Lebensqualität des Einzelnen von ausschlaggebender Bedeutung. Sie tragen darüber hinaus auch wesentlich zu einem guten sozialen Klima in unserer Gesellschaft bei.

      Wohnungswirtschaft


      https://www.bmi.bund.de/DE/themen/bauen-wohnen/stadt-wohnen/wohnungswirtschaft/wohnungswirtschaft-node.html
      Dem Staat fällt die wichtige Aufgabe zu, die Funktionsfähigkeit der Wohnungsmärkte sicherzustellen. Im föderalen System der Bundesrepublik Deutschland tragen Bund, Länder und Gemeinden wohnungspolitische Verantwortung. Aufgaben des Bundes sind die Gestaltung der Rahmenbedingungen für Wohnungsmarkt und Fördersystem sowie die Beteiligung an der Finanzierung der Förderinstrumente zusammen mit Ländern und Gemeinden.

      #Sozialer_Wohnungsbau #Wohnraumförderung #HLM #vergessliches_WWW

  • Critique de la cartographie, notamment des cartes électorales. Un peu dur au début mais ça vaut la peine de s’accrocher. « Ainsi, #Meyrueis, charmante bourgade de la Lozère comptant 814 habitants et 651 électeurs, possède visuellement le même statut que Paris, l’une et l’autre occupant une superficie d’un peu plus de 100 km2 »

    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2015/12/29/faire-plus-ou-moins-mentir-les-cartes-electorales

    #cartographie #Front_National

  • Au Japon, à cause d’Apple, les emojis n’ont plus rien de cool | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/111975/pourquoi-japon-lasse-emojis

    Difficile aujourd’hui d’imaginer une communication en ligne sans emojis, même si leur popularité chez les anglophones n’a explosé qu’en octobre 2011, lorsque l’iOS 5 d’Apple a été mis à jour en donnant accès à ces petites icônes à des millions d’iPhones –Gmail permettait d’utiliser des emojis depuis des années, tout comme plusieurs autres applications d’autres entreprises, mais aucune n’avait déclenché leur adoption massive comme le fit la décision de les installer sur le clavier virtuel de l’iPhone. Devant un tel battage médiatique et une telle frénésie dans un laps de temps aussi court, on est en droit de se demander : sommes nous au milieu d’une bulle d’emojis ? Et à quoi pourrait ressembler la vie après les emojis ? Quelques réponses possibles nous attendent dans leur pays natal : le Japon.

    #histoire #emojis #Japon #Apple

  • Can Wikipedia Disrupt News As It Did Encyclopedias ?

    http://europe.newsweek.com/wikipedia-news-becomes-open-public-292613?rm=eu

    Wikipedia revolutionized the way people amass information. It provides a free, one-stop shop for the Internet’s collective knowledge on any given topic. Now, one of the site’s founders, Larry Sanger, is launching a ‘Wikipedia for news’ called Infobitt.

    Infobitt says it will be “the world’s first crowdsourced front page news site.” It calls on users to post news events and aggregate summarized facts for each story. The importance of each fact is determined by votes, which take the form of dragging and dropping the piece of information into a ranking of 10 slots. The collection of facts under each story is called a ‘bitt.’ The importance of each bitt is also voted on in this way.

    #info #fail #wikipedia

    poke @thibnton

  • Accro au smartphone ? C’est une question de design - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/12/08/accro-smartphone-cest-question-design-262401

    Si vous avez le sentiment d’être absorbé par votre écran, de passer beaucoup plus de temps que vous le souhaitez sur vos applications, ce n’est pas parce que vous avez la volonté d’une amibe, mais parce que des ingénieurs travaillent d’arrache-pied à ce que ce soit le cas.

    L’addiction à un site est une question de design, rappelle la journaliste américaine Natasha Singer dans le New York Times. Les ingénieurs et designers cherchent à maximiser le temps passé sur leurs sites ou leurs applications. Ainsi, comme le dit un ancien ingénieur d’Instagram à la journaliste :

    « Une fois que les gens arrivent, un effet réseau se met en place [phénomène par lequel l’utilité ou la valeur d’un service dépend de la quantité de ses utilisateurs, ndlr] et il y a alors une surabondance de contenu.

    Les gens cliquent un peu partout – il y a toujours un nouveau hashtag sur lequel cliquer. Et petit à petit, le service prend une vie propre, comme un organisme, et c’est alors que les gens peuvent devenir obsessionnels. »

    De l’autoplay de Netflix ou YouTube, qui lance automatiquement la vidéo suivante, au fil d’actualité de Facebook ou de Twitter, qui ne s’arrête jamais, ce sont des fonctionnalités de design précises qui facilitent l’absorption continue sur les écrans. Singer explique :

    « Il existe même un terme pour les experts qui travaillent continuellement à ajuster les applications et les sites pour mieux accrocher les consommateurs, s’assurer qu’ils reviennent et les persuader de rester encore plus longtemps. Ce sont les “growth hackers”. »

    Ces « experts » travaillent à capter et retenir votre attention par tous les moyens possibles.

    Un article à lire et à méditer la prochaine fois que vous vous flagellerez pour avoir encore perdu trois heures sur Facebook au lieu de faire quelque chose de votre vie.

    Car, comme le dit un designer également « philosophe produit » (« product philosopher », en anglais, même si on serait bien en peine de savoir ce que ça veut dire, concrètement) chez Google :

    « Quand on dit “je n’ai pas assez de volonté”, on oublie le fait qu’il y a 1 000 personnes, de l’autre côté de votre écran, dont le boulot est précisément de réduire à néant vos régulations personnelles. »

    #attention #volonté #design

  • Antoine Bueno : « Le village des Schtroumpfs est un archétype d’utopie totalitaire emprunt de nazisme et de stalinisme. » - Actua BD : l’actualité de la bande dessinée
    http://www.actuabd.com/Antoine-Bueno-Le-village-des

    C’est un livre sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux. C’est une distinction, pour moi, qui est importante. Pourquoi est-il sérieux ? Parce que je revendique le fait qu’il s’agit d’une véritable étude. Il s’agit d’une analyse fouillée. Je ne pars pas dans des délires, j’essaie d’être prudent, en particulier vis-à-vis des créateurs des Schtroumpfs et plus particulièrement vis à vis de Peyo : aucune accusation, aucun règlement de compte d’une quelconque manière, aucune envie non plus de désenchanter quoi que ce soit puisque moi-même, je reste enchanté.

    À mon avis, on peut superposer une grille de perception d’adulte à son émerveillement d’enfant. C’est ce qui m’arrive : j’aime toujours les Schtroumpfs et peut-être même davantage tout en les ayant passés au crible de ma formation. Moi, c’est la science politique, mais cela aurait pu être tout autre chose.

    En même temps, c’est une analyse qui ne se prend pas au sérieux parce qu’elle est effectuée sur un objet ludique, un objet de divertissement populaire. Si je tiens à ce balancement-là, c’est parce que je tiens à l’idée que l’on peut passer au crible n’importe quelle œuvre populaire et parce que ce n’est pas parce qu’elle est amusante, ludique, populaire et même faite pour les enfants qu’elle ne véhicule pas un certain nombre d’idées, une perception du monde, un Panthéon, une idéologie, etc.

    En réalité, vous aviez déjà abordé précédemment ce thème dans un roman que personne n’avait vu passer auparavant [1].

    Exactement, c’est pour cela que j’en ai fait un essai à part entière. Il y a un certain nombre de caractéristiques des Schtroumpfs qui ont attiré mon attention : Le faciès de Gargamel ; le fait que son chat s’appelle Azraël ; que Gargamel soit motivé par l’argent : il a besoin des schtroumpfs pour percer le secret de la pierre philosophale capable de changer n’importe quel métal vulgaire en or ; les habits rouges du grand Schtroumpf et le parfait communisme dans lequel les petits lutins bleus de Peyo semblent vivre. Ma première surprise est de m’apercevoir qu’il n’y avait pas d’analyse un peu fouillée, systématique, comme on en trouve pour Astérix ou Tintin.

    #schtroumpfs #BD #politique #utopie