• Quand le « manger mieux » creuse la fracture alimentaire | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/169200/alimentation-manger-mieux-philosophie-individualisme-inegalites-classes

    Auprès des participantes et participants, elle a constaté un effet pervers des appels à consommer bio : « Avec le débat sur le bio et les pesticides, certaines personnes utilisent cette information selon laquelle les fruits et légumes peuvent contribuer à l’apport de contaminants pour ne plus en acheter et ne plus en donner à leurs enfants. On marche un peu sur la tête. On a oublié de dire que manger des fruits et légumes qui ne sont pas bios, c’est mieux que de ne pas en manger du tout, ou en quantité trop faible. »

    Les prix élevés du bio –79% plus cher que le conventionnel pour un panier de fruits et légumes, selon une étude de 2017 de l’UFC-Que choisir– rebutent les ménages au budget serré, d’autant plus lorsqu’ils sont touchés par la précarité alimentaire, qui concerne une personne sur cinq en France, d’après un récent baromètre Ipsos-Secours populaire.

    Christophe Brusset n’en est que trop conscient : « Je viens d’un milieu ouvrier et pauvre, je sais ce que c’est que de jongler avec les fins de mois. J’ai connu ça toute ma jeunesse. » C’est pourquoi son « guide », présenté dans Et maintenant, on mange quoi ?, s’attache à montrer la voie vers les produits les « moins pires » en supermarché, sans augmenter le montant du ticket de caisse. Hors de question pour lui de « culpabiliser » les consommateurs et consommatrices : « C’est l’industrie qui est coupable, ce ne sont pas les clients. »

    #égologie #alimentation


  • « La thèse du ruissellement, selon laquelle plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous est illusoire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/26/la-these-du-ruissellement-selon-laquelle-plus-l-offre-culturelle-sera-riche-

    Les milliards investis dans les équipement de l’Etat ou l’offre numérique croissante n’y font rien : ce sont surtout les milieux aisés et cultivés qui en profitent.
    LE MONDE | 26.10.2018 à 06h37 • Mis à jour le 26.10.2018 à 09h47 | Par Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)

    Chronique. Olivier Donnat est sociologue au ministère de la #culture. Il est un loup dans la bergerie, l’ennemi de l’intérieur, le gars qui casse le moral, fait tomber les illusions. Et les deux études qu’il vient de publier, sur le livre et la musique, ne vont pas arranger sa réputation. Le problème est que ce qu’il écrit depuis trente ans est exact. Ce qu’il a prophétisé s’est vérifié. Ce qu’il annonce est inquiétant.
    En spécialiste des pratiques culturelles, il a montré que les milliards investis par l’Etat pour construire musées, opéras, théâtres, salles de spectacle ou bibliothèques, n’ont servi qu’à un Français sur deux – aisé, diplômé, Parisien, issu d’un milieu cultivé. Ceux qui restent à la porte, souvent aux revenus modestes, s’en fichent ou pensent que cette culture axée sur les traditionnels « beaux-arts » est déconnectée de leurs envies.
    « L’excellence conduit à privilégier des créations exigeantes auxquelles les personnes les plus éloignées de la culture ne sont pas préparées »
    Ce constat, on le lit dans l’enquête sur les pratiques culturelles des Français que le ministère publie tous les dix ans. Olivier Donnat a piloté celles de 1989, 1997 et 2008. La prochaine est pour 2019, qui se fera sans lui – il part à la retraite dans deux mois.

    Le fossé se creuse
    Elle devrait être tout autant déprimante. Car ce qu’a montré notre sociologue, c’est que le fossé se creuse. La construction frénétique de musées ou de théâtres en trente ans a provoqué une forte augmentation de la fréquentation, mais ce sont les aficionados qui y vont plusieurs fois, tandis que les ouvriers et les jeunes de banlieue y vont moins.
    C’est dur à entendre, car l’Etat culturel s’est construit sur l’illusoire thèse du ruissellement : plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous. Aussi le ministère et les créateurs ont longtemps nié cette étude. « Il y a eu des tensions, se souvient Olivier Donnat. J’ai été vu comme un rabat-joie, on me disait que j’avais tort. »
    Aujourd’hui, cette dure réalité est acceptée puisque les cinq derniers ministres de la culture ont fait du combat pour la diversité des publics leur priorité. Mais Olivier Donnat a montré que dans les faits, rien n’a bougé. D’abord parce que ça se joue ailleurs, dans la cellule familiale, à l’école aussi – deux foyers d’inégalités. Mais un obstacle se trouve aussi au sein même du ministère de la culture, armé pour soutenir son offre prestigieuse, très peu pour capter un public modeste.

    Contradiction
    Olivier Donnat pointe aussi une contradiction. « Nos grands lieux culturels visent logiquement l’excellence. Sauf que l’excellence conduit à privilégier des créations exigeantes auxquelles les personnes les plus éloignées de la culture ne sont pas préparées. Parler à ces personnes est très compliqué. La Philharmonie de Paris y parvient en décloisonnant les genres musicaux. »
    Prenons le contre-pied. La France se doit d’avoir les meilleurs musées, opéras ou théâtres, tant mieux pour ceux qui aiment, et tant pis pour les autres. On ne va pas fermer ces lieux qui contribuent au prestige de la nation et dopent le tourisme. Et puis sans ces équipements, la situation serait sans doute pire. Enfin, pourquoi vouloir qu’une pièce novatrice, un film expérimental et un art contemporain pointu plaisent à tous ?
    Sauf que cette offre est financée avec de l’argent public et qu’au moment où les fractures sociales n’ont jamais été aussi fortes, une telle posture est jugée élitiste et a du mal à passer. Ajoutons qu’il existait, dans les années 1960 à 1980, un riche tissu culturel local (MJC, associations) qui, en trente ans, a été broyé sans que l’Etat bouge le petit doigt au motif qu’il n’est pas de son ressort, alors qu’en fait il le méprise. Ce réseau avait pourtant l’avantage d’offrir aux jeunes un premier contact avec la culture.
    Pour Olivier Donnat, l’avenir s’annonce noir pour le théâtre classique ou contemporain, les films français d’auteurs ou la lecture de romans
    En pot de départ, Olivier Donnat nous confie que le pire est à venir. Car les plus gros consommateurs de notre culture d’Etat sont les baby-boomers – ils ont du temps, de l’argent, lisent beaucoup, vont intensément au spectacle. Sauf qu’ils ont 60 ans et plus. « Dans dix ou vingt ans, ils ne seront plus là, et nos études montrent qu’ils ne seront pas remplacés », dit Olivier Donnat, qui annonce un avenir noir pour le #théâtre classique ou contemporain, les films français d’#auteurs ou la lecture de romans.
    Le numérique, dont les jeunes sont familiers, peut-il favoriser la #démocratisation culturelle ? Eh bien non, répond Olivier Donnat avec ses ultimes études sur « l’évolution de la diversité consommée » dans le livre et la musique (à télécharger sur le site du ministère de la culture ou sur cairn.info).
    « Le numérique produit les mêmes effets »
    L’offre en livres et en musiques a pourtant considérablement augmenté en vingt-cinq ans. Mais les ventes baissent. Et puis, qui en profite ? « Le numérique, porté par les algorithmes et les réseaux sociaux, ouvre le goût de ceux qui ont une appétence à la culture, mais ferme le goût des autres, qui, par exemple, ne regardent que des films blockbusters », explique Olivier Donnat, qui en conclut : « Le numérique produit les mêmes effets que les équipements proposés par l’Etat : ce sont les milieux aisés et cultivés qui en profitent. »
    Olivier Donnat prolonge la déprime en décryptant les ventes de livres et de musiques. Tout en haut, les heureux élus sont moins nombreux et à la qualité incertaine – best-sellers pour les livres, compilations pour les CD. Tout en bas, et c’est récent, le sociologue constate une hausse phénoménale de #livres et musiques pointus, vendus à moins de cent exemplaires ou à moins de dix exemplaires.
    Et au milieu, il y a quoi ? Des paquets d’œuvres souvent de qualité, dont les ventes sont également en baisse, noyées dans la #surproduction. Ces œuvres du « milieu » font penser aux films « du milieu », ainsi nommés quand ils étaient fragilisés, coincés entre les blockbusters et les films marginaux. Les œuvres du milieu, qui définissent une « qualité française », forment justement le cœur de cible du ministère de la culture. Elles seront demain les plus menacées. Déprimant, on vous dit.


  • “Je n’ai pas lu le rapport” : la désarmante légèreté d’un député
    https://www.telerama.fr/television/mon-pays-fabrique-des-armes-je-me-suis-confrontee-six-mois-a-lomerta-de-lad

    J’ai décidé d’interroger Jean-Charles Larsonneur, député LREM et membre de la commission Défense, alors élu depuis six mois, en contact régulier avec les industriels, et ancien du Quai d’Orsay. Il m’a semblé être la personne idéale. Il était en outre tout à fait prévenu que je m’intéressais aux exportations.

    https://www.youtube.com/watch?v=iiT2KaOMszI

    Ce jour-là, j’arrive donc avec le rapport, sur lequel j’ai mille questions à poser. Notamment sur les ventes à l’Arabie saoudite, classée par le rapport comme notre deuxième client. L’interview à peine commencée, il me dit qu’il ne l’a pas lu ! A ce moment-là, la journaliste en moi se dit que c’est vraiment une information importante. La citoyenne, elle, est abasourdie. Cela faisait six mois que je me confrontais à l’omerta de l’administration. Si les gens qui nous représentent, qui sont en capacité de poser les questions, ne prennent même pas le temps de lire le rapport, c’est extrêmement grave.

    J’ai tenu à continuer l’interview malgré tout. Et là, la situation devient ubuesque : il me reparle lui-même du rapport, avec ses éléments de langage, en en vantant les mérites, comme s’il l’avait lu ! C’est proprement scandaleux. Après le tournage, il m’a fait comprendre qu’il ne serait pas correct de garder le passage sur l’Arabie saoudite, car il n’est pas spécialiste du rapport. Mais je ne suis pas d’accord : qui pose les questions alors ?


  • Le #capitalisme raconté par le nugget ! (Et par Christophe Colomb) - Entretien avec Raj Patel - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Ge0YJug5XXU


    Une vision claire et globale, qui intègre le même type de constat que ceux amenés par Federici, par exemple.

    « Le nugget de poulet est le produit capitaliste parfait : originaire d’une volaille qui vivait à l’état sauvage dans la jungle asiatique, on l’a transformé cet animal en objet, avec un poitrail tellement important qu’il ne peut plus marcher ! Ce poulet moderne est un résumé de ce que nous pouvons faire à la nature : prendre tout ce que bon nous semble, le transformer, et le jeter à la poubelle. » Rencontre et entretien avec l’économiste Raj Patel autour de son dernier livre : « Comment le monde est devenu cheap ? »

    #exploitation #racisme #sexisme #hiérarchisation #malbouffe #énergie #transports #économie #société

    • http://rajpatel.org/2018/05/21/chicken-for-christs-sake/#more-4196

      The most telling symbol of the modern era isn’t the automobile or the smartphone. It’s the chicken nugget. Chicken is already the most popular meat in the US, and is projected to be the planet’s favourite flesh by 2020. Future civilisations will find traces of humankind’s 50 billion bird-a-year habit in the fossil record, a marker for what we now call the Anthropocene. And yet responsibility for the dramatic change in our consumption lies not so much in general human activity, but capitalism. Although we’re taught to understand it as an economic system, capitalism doesn’t just organise hierarchies of human work. Capitalism is what happens when power and money combine to turn the natural world into a profit-making machine. Indeed, the way we understand nature owes a great deal to capitalism.


    • Ça doit être de la philo parce que je ne comprends pas le sens de ses paroles, s’il veut une réponse ou Bob l’éponge. Oui, c’est assez gerbant. C’est une meuf qui a plein d’arguments intéressants au sujet du racisme ambiant, y compris d’État, il a de la matière s’il veut combattre ses propos. Elle a tout à fait le droit de vouloir écrire pour d’autres personnes que lui ! Et sous d’autres registres que #Twitter, un espace violent, majoritairement sexiste et raciste.

    • Au moins, on sait pourquoi ce pauv’ type a accès au crachoir : parce qu’il sait se comporter comme un troll bête et méchant, c’est à dire comme un étron qui s’ignore.

      « On » nous parle de fake news, on s’en lamente, mais « on » est incapable d’admettre que les premiers à créer de la confusion sont ces élites qui se lamentent... à faire le nécessaire pour que les vraies informations ne se voient pas (secret des affaires...), à faire le nécessaire pour créer des guerres sans en avoir l’air (Syrie, Libye, Irak...), à nous enfumer (NSA...)... et les « qui parlent dans le poste » qui se comportent comme des crétins malveillants, incapables de débattre sérieusement de choses pour lesquelles ils auraient un minimum de crédibilité...


  • « J’ai voyagé en Israël, alors je vais t’expliquer le Rroumous » : Houmous, cuisine et diplomatie
    https://www.franceinter.fr/vie-quotidienne/houmous-cuisine-et-diplomatie

    Le houmous, définition

    Première chose, il faut savoir le nommer. Houmous se prononce _ROU_mous, car en hébreu comme en arabe, le « h » se prononce "r". Le houmous est une préparation à base de pois chiche réduite en purée avec du citron, de l’huile d’olive et du « tahiné » (une purée de sésame).

    J’ai voyagé en Israël, où on en consomme beaucoup.

    Je te rappelle que j’avais commis ceci en 2008 : Loubnan ya Loubnan : Le Rrrizbollah aime le rrroumous
    http://tokborni.blogspot.com/2008/10/le-rrrizbollah-aime-le-rrroumous.html

    Savez-vous comment on peut reconnaître un journaliste qui vient soit de se faire expliquer le danger islamiste, la dhimmitude et l’Eurabia par l’ambassadeur d’Israël à Paris, soit de trouver l’inspiration après plusieurs heures de visionnage de Guysen TV ? C’est très simple, et il n’est pas nécessaire de recourir à une théorie du complot trop compliquée. Ce journaliste se reconnaît aisément : il dit « Rrrezbollah » (ou, pire, « Rrrizbollah ») et « Rrramas », au lieu de « Hhezbollah » (« h » expiré) et « Hhamas » (même « h » expiré).

    [...]

    Bref, n’importe qui dira : « Hhassan Nasrallah du Hhezbollah aime le Hhoumous ». Si un éditorialiste analyse : « Rrrassan Nasrallah du Rrrizbollah aime le Rrroumous », maintenant vous le savez : c’est un thuriféraire du sionisme.

    C’est d’autant plus idiot, pour les analystes sionistes, de se faire piéger aussi facilement que, par ailleurs, il ne leur viendrait pas à l’idée de prononcer « Rafiq Rrrariri ». C’est la même lettre. Au pire, ils diront « Rafikariri » d’une seule traite, mais pas « Rrrariri ». (Pourtant, Rafiq Rrrariri aimait beaucoup le rrroumous.)

    Prononcer « Rrrizbollah », ça vous trahit le propagandiste sioniste aussi sûrement que s’il disait « Eretz Yisrael » au lieu de « régime illégitime qui occupe al-Quds » au journal de 20 heures...


  • Boulogne : le député gabriel attal distribue le courrier pour soutenir les « facteurs qui font le job » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/boulogne-le-depute-gabriel-attal-distribue-le-courrier-pour-soutenir-les-

    Sous le fameux gilet jaune de La Poste, le costume et la cravate d’un parlementaire. Ce jeudi matin, Gabriel Attal, député (LREM) des Hauts-de-Seine, a symboliquement distribué le courrier dans une résidence de Boulogne-Billancourt, ville très touchée par le mouvement de #grève entamé le 26 mars dernier par le syndicat Sud Poste, dans le département.

    Entre #jaune (par intérim) et nervi soft, il y a là aussi comme dans l’affaire Benalla, usurpation, pas tant pour le gilet que pour la distribution de courrier pour laquelle ce monsieur n’est pas habilité. Le message est transparent : chacun est appelé à participer au #maintien_de_l'ordre et à tous les retours à la normale possibles.

    #postiers



  • La vaisselle à 500 000 euros du couple Macron ou le retour à l’Ancien Régime !
    https://le-bon-sens.com/2018/06/18/ces-questions-hallucinantes-quen-marche-pose-a-ses-militants-dans-un-so

    La vie du couple Macron à l’Elysée prend décidément une teinte de plus en plus monarchique. Après avoir refusé la visite d’enfants de Seine-Saint-Denis pour ne pas être dérangés dans « leur » palais, voici que Brigitte et Emmanuel Macron ont décidé de commander un service de vaisselle dont le prix avoisinerait voire dépasserait les 500 000 euros selon le Canard enchaîné.Ils ont en effet décidé de se procurer 1 200 assiettes de la manufacture de Sèvre pour un prix à la pièce de 400 à 500 euros selon l’hebdomadaire.

    Il est vrai qu’alors que le chômage est reparti à la hausse au premier trimestre, l’urgence pour notre pays est évidemment de s’assurer que le président et sa compagne puissent manger dans de belles assiettes qui soient dignes de leur rang. Certes, ils en avaient déjà. Mais elles ne leur plaisaient pas. Choisies par René Coty et Jacques Chirac, elles commençaient à être un peu démodées. Et, surtout, à présenter des signes d’usure. Malheur ! Notre président et sa chère femme que « les Français adorent » et qui « semble fasciner le monde » (selon le Journal de France) méritent mieux !

    Mais rassurez-vous : il ne leur en coûtera pas un sou. Car bien sûr, ce service ne sera pas payé de leur poche. Il ne le sera même pas par le budget de l’Elysée. Non, en fait c’est en quelque sorte nous tous qui allons faire aux Macron ce beau cadeau. Car c’est la manufacture de Sèvre, désormais nommée « Cité de la céramique-Sèvres et Limoges », qui prend en charge l’ardoise. Un établissement public dont l’essentiel du budget est financé par des subventions de l’Etat, c’est à dire notre argent.

    Décidément, nous voici revenus à l’Ancien Régime : le peuple paie pour le roi, la reine et les privilégiés. Pour nous, la hausse de la CSG, la baisse des APL, la suppression de plus de 100 000 emplois aidés, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Pour le roi et la reine Macron, la vaisselle toute neuve à 500 000 euros. Pour les privilégiés ultrariches, la suppression de l’impôt sur la fortune, la suppression de l’exit tax(qui luttait contre l’évasion fiscale) et la mise en place de la flat tax(pour taxer moins les revenus de la spéculation boursière).

    Vivement les Etats Généraux !


  • Auteurs d’un journal satirique, des collégiens sont convoqués devant le TGI d’Albi - 08/06/2018 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/06/08/2814070-quand-humour-collegiens-passe-mal-manque-finir-tribunal-albi.html

    Cinq élèves du collège du Val-Cérou, à Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn, ont été convoqués devant le tribunal de grande instance d’Albi suite à une plainte de deux membres du corps enseignant. Au cœur de la discorde  : un petit journal satirique réalisé par les collégiens.

    Peut-on encore rire de tout  ? Des collégiens de l’établissement du Val-Cérou peuvent, pour leur part, répondre que non.

    L’an passé, à la fin du mois de mai 2017, alors qu’ils se trouvent en permanence, des collégiens s’amusent à rédiger un journal satirique. Ils y parlent de politique, de sport ou de culture. Marine Le Pen en prend pour son grade, Emmanuel Macron aussi. L’équipe enseignante est également la cible de leurs critiques et est source d’inspiration pour les adolescents… « Des histoires de gamins », pour le père d’un garçon incriminé, de « l’humour potache », pour le maire de la ville, Paul Quilès.

    Les collégiens ont présenté leurs excuses fin mai 2017
    C’est alors qu’un des surveillants présents intercepte le canard et le photocopie. Le conseiller principal d’éducation (CPE) et le corps enseignant sont mis au courant. Certaines blagues ne passent pas, et les élèves se retrouvent aussitôt dans le bureau du principal, Pascal Précigou. Ceux-ci présentent leurs excuses, et l’un d’eux écrit même une lettre à ses professeurs. Ils assurent que l’exemplaire, unique de surcroît, n’avait pas été diffusé en dehors de leur cercle d’amis, ni publié sur les réseaux sociaux ou internet. Certains parents apprennent l’incident par leurs enfants et pensent alors que cela a été réglé par la réprimande du directeur. D’autres ne le découvriront que plus tard, en recevant la convocation des gendarmes.

    « S’il y a un problème avec un gamin, la moindre des choses pour la direction c’est d’appeler les parents », déplore Frédéric Masselin, le père d’un des enfants convoqués, qui fustige le « manque de communication de la direction ».

    Une plainte déposée pour « injure non publique »
    L’histoire aurait pu s’en arrêter là. Mais au lieu de cela, le CPE et sa belle-sœur, professeur d’allemand au collège, décident de porter plainte pour « injure non publique ». La machine est lancée.

    À la fin du mois de juin 2017, les collégiens reçoivent des convocations à la gendarmerie de Cordes-sur-Ciel pour s’expliquer. Les militaires transmettent le résultat des dépositions au parquet. Et voilà que, près d’un an après, les enfants reçoivent de nouveau une convocation, cette fois du délégué du procureur. Avec pour certains, des rendez-vous la veille de leur examen du brevet.

    Alors que l’affaire est révélée un mercredi par Le Canard enchaîné, un nouveau rebondissement intervient le lendemain.

    « J’ai reçu une annulation de la convocation en date du 1er juin. J’ai appelé le tribunal pour savoir si c’était une annulation définitive ou si c’était juste un report, personne ne peut me répondre », regrette M. Masselin.

    Alain Berthomieux, le procureur de la République d’Albi, explique, quant à lui, avoir fait « annuler les convocations car elles étaient à la veille d’un examen ». Et d’ajouter  : « Ce dossier sera réexaminé ultérieurement ».

    La direction de l’établissement n’a pas souhaité répondre à nos questions. L’inspection académique du Tarn ne communique pas encore. 

    Le syndicat des enseignants Unsa, au travers sa secrétaire départementale, Cécile Alibert, souligne que « les faits reprochés aux enfants sont assez graves ».

    Pour autant, relèvent-ils de l’injure non publique et donc, sont-ils constitués juridiquement  ? C’est une autre histoire, dans la mesure où les personnes visées n’étaient pas censées lire le « journal » incriminé, qui n’avait pas pour but de les blesser.

    Quoi qu’il en soit, l’émotion suscitée par sa découverte inoppinée révèle au moins une chose selon la syndicaliste  : « Il y a des collègues qui sont en souffrance. »

    Ce qui a mis le feu aux poudres
    Sur la fameuse double page rédigée par les jeunes, on pouvait par exemple lire  : « La classe de 4e L fait un arrêt cardiaque général suite à l’exercice impossible de géographie ». 

    Un bulletin météo fait état « d’une sévère pluie de grêlons (sperme gelé) "qui" se serait abattue sur le Tarn suite à une éjaculation précoce du CPE ».

     On y parle aussi d’une prof « analphabète » et d’Emmanuel Macron qui « a fait son premier caca à l’Elysée ». 

    Marine Le Pen, devenue « Marine Lapine » y est également évoquée dans une caricature qu’une légende précise  : « Le peuple français a évité le pire. »

    Qu’est-ce qu’une injure non publique ?
    L’injure non publique est celle qui est :

    – soit adressée par son auteur à sa victime sans qu’aucune tierce personne ne soit présente (par exemple, dans un SMS),

    – soit prononcée par son auteur devant un cercle restreint de personnes partageant les mêmes intérêts, en la présence ou en l’absence de la victime.

    Les membres de ce cercle restreint étant tous liés par un même élément, qui peut être la relation professionnelle, ou familiale, ne sont considérés comme des tiers par rapport à l’auteur de l’injure et à la victime. Par exemple, les injures entre conjoints au domicile familial, ou celles prononcées lors d’un comité d’entreprise ne sont pas publiques, car prononcées devant un nombre restreint de personnes appartenant à une même instance.

    Dans certains cas, les injures prononcées sur un réseau social peuvent être considérées comme non publiques. Si l’injure a été diffusée sur un compte accessible uniquement à un nombre restreint d’"amis" sélectionnés par l’auteur des propos, il s’agit d’une injure non publique.

    Source : www.service-public.fr

    #école #collégiens #atelier_d'écriture #humour #injure_non_publique #Justice #vivelafrance


  • Demain, tous crétins ? Ou pas.
    http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/demain-tous-cretins-ou-pas

    Le documentaire « Demain, tous crétins ? », diffusé le 11 novembre 2017 sur Arte, a employé les grands moyens pour faire paniquer la population française : l’intelligence (mesurée par les scores de quotient intellectuel, QI) serait en train de décroître dramatiquement, et les causes en seraient différents facteurs environnementaux, en particulier les perturbateurs endocriniens. Dans cet article, nous réévaluons les données présentées à l’appui de l’hypothèse selon laquelle les scores de QI seraient en train de baisser.

    Depuis quelques années, une poignée de chercheurs s’alarment de ce que, non seulement les scores de QI ne progresseraient plus, mais ils commenceraient même à régresser. Edward Dutton (longuement interrogé dans le documentaire) et Richard Lynn sont le fer de lance de ce discours catastrophiste, qui invoque tantôt les effets de la malbouffe, de la dégradation de l’environnement, du dysgénisme (sélection des variants génétiques associés à une faible intelligence) ou encore de l’immigration1,2. Pourtant, un examen rigoureux de l’ensemble des données internationales portant sur l’évolution des scores de QI ne vient pas à l’appui de ce discours.

    Un constat très partial
    La première remarque importante à faire est que le constat de Dutton et Lynn ne s’appuie que sur les études menées dans un nombre limité de pays, notamment plusieurs pays scandinaves, ainsi que la France. Si l’on regarde les données de l’ensemble des pays du monde, on observe que les scores montent dans certains pays, stagnent dans d’autres, et diminuent seulement dans une minorité d’entre eux, ou dans une minorité d’études au sein de chaque pays.3,4 Par exemple, les scores de QI continuent globalement à progresser aux Etats-Unis, alors que ce pays semble a priori plus concerné que bien des pays européens par la malbouffe, l’exposition aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens, et est tout autant concerné par l’immigration. Pourquoi ces facteurs ne produiraient-ils pas le même effet aux Etats-Unis qu’en Finlande ou en France ? Mystère.


  • affordance.info : Le jeune président de la Start-up Nation était en fait un vieux con comme les autres.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/05/jeune-president-vieux-con.html

    Ce pari de l’humiliation de la jeunesse, s’il était mené à son terme, serait une victoire éclatante : la victoire des managers. Car toute cette histoire n’est rien d’autre qu’un conditionnement, une préparation aux formes routinières de management par le stress qui attend cette jeunesse et que réclame le Medef.

    Comme dans tout pari osé bien sûr il y avait un risque. Le risque d’une rébellion. Et que cette rébellion prenne. Toute étincelle si faible qu’elle soit devait immédiatement être douchée.

    Ils sont une vingtaine de lycéens et de lycéennes, tous et toutes mineur(e)s, à avoir passé 48 heures en garde à vue et à être aujourd’hui mis en examen. A 17 ans. Motif ? Refus de résignation. Refus d’humiliation. Refus du bâillon. Ils ont, avec des adultes dont certains sont enseignants, osé tenté d’occuper un lycée parisien. Je dis bien « tenté d’occuper ». Pacifiquement qui plus est. Le jeune président et son ministre de l’intérieur cacochyme, mais le jeune président avant tout, a collé en garde à vue et mis en examen plus d’une vingtaine de lycéens mineurs parce qu’ils ont voulu manifester leur sentiment d’humiliation devant une machinerie sociale qui craque de toute part et où chaque repère est patiemment foutu en l’air par une agitation qui se veut « réformatrice » et qui n’est que destructrice.

    On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. On n’est pas sérieux, on n’est pas en garde à vue, on n’est pas mis en examen. La honte et la colère que je ressens ce soir n’est pas prête de s’éteindre. Mais ma colère ne compte pas.

    #parcoursup


  • Covoiturage : bienvenue dans un capitalisme de crevards
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Covoiturage-capitalisme-de-crevards

    Mais depuis que le covoiturage est devenu une pratique commune, je rencontre plutôt des personnes qui me prennent pour un billet de banque. Les conducteur les plus sympa que je croise désormais, c’est ceux qui ont la fibre commerciale et ont investi dans une plus grosse voiture pour prendre plus de monde et maximiser leur profit. Je finis par adopter le masculin au lieu de l’écriture épicène parce que dans mon expérience (j’ai beaucoup covoituré vers 2010-2011) les conducteurs sont souvent des hommes et les passagères des femmes. Et ça se sent.

    #covoiturage #capitalisme #transport #train


  • It’s time to rebuild the web - O’Reilly Media
    https://www.oreilly.com/ideas/its-time-to-rebuild-the-web

    The web was never supposed to be a few walled gardens of concentrated content owned by Facebook, YouTube, Twitter, and a few other major publishers. It was supposed to be a cacophony of different sites and voices. And it would be easy to rebuild this cacophony—indeed, it never really died. There are plenty of individual sites out there still, and they provide some (should I say most?) of the really valuable content on the web. The problem with the megasites is that they select and present “relevant” content to us. Much as we may complain about Facebook, selecting relevant content from an ocean of random sites is an important service. It’s easy for me to imagine relatives and friends building their own sites for baby pictures, announcements, and general talk. That’s what we did in the 90s. But would we go to the trouble of reading those all those sites? Probably not. I didn’t in the 90s, and neither did you.

    Yes, there would still be plenty of sites for every conspiracy theory and propaganda project around; but in a world where you choose what you see rather than letting a third party decide for you, these sites would have trouble gaining momentum.

    I don’t want to underestimate the difficulty of this project, or overestimate its chances of success. We’d certainly have to get used to sites that aren’t as glossy or complex as the ones we have now. We might have to revisit some of the most hideous bits of the first-generation web, including those awful GeoCities pages. We would probably need to avoid fancy, dynamic websites; and, before you think this will be easy, remember that one of the first extensions to the static web was CGI Perl. We would be taking the risk that we’d re-invent the same mistakes that brought us to our current mess. Simplicity is a discipline, and not an easy one. However, by losing tons of bloat, we’d end up with a web that is much faster and more responsive than what we have now. And maybe we’d learn to prize that speed and that responsiveness.

    #HTML #Web #Design

    • Je pense qu’il se trompe totalement de sujet. Le problème n’est pas la difficulté technique, mais l’économie de l’attention.

      Avant que « tout le monde » se mette à publier sur Facebook, il y avait les « blogs », y compris centralisés, tels que Blogspot. Aujourd’hui il y a Medium (et d’autres). Si on veut publier en dehors de Facebook, techniquement, c’est simple, c’est puissant et c’est beaucoup plus joli.

      Et en dehors de ça, il y a toujours la possibilité de se mettre à plusieurs pour faire un site ensemble, ce qui est une aventure particulièrement enrichissante, et techniquement pas usante (si vraiment on veut s’exprimer dans ce cadre, hé ben on trouve le ou la geek du groupe qui te configure le truc et voilà).

      Les gens « publient » sur Facebook parce qu’on a développé un fantasme de l’audience et de l’attention. Les gens postent leurs vidéos où ils prétendent commenter sérieusement l’actualité au milieu des vidéos de chats sur Youtube plutôt que sur n’importe quel autre plateforme parce qu’on leur promet que l’audience est là, pas parce que ce serait plus difficile sur Vimeo par exemple. On veut s’exprimer sans bosser (hop, je balance mon indignation à deux balles sur n’importe quel sujet) sur des plateformes qui promettent une grosse audience, voire une audience captive. Et les militants vont aussi sur Facebook pour exactement les mêmes raisons : parce qu’on leur dit qu’ils y feront de l’audience. Genre à ce train, il faudra aussi penser à aller « militer » sur Musically…

      Et je suspecte que beaucoup de « militants » vont sur Facebook ou Twitter parce que ce sont des plateformes fliquées où l’on peut facilement s’exprimer à sens unique, sans gros risque de contradiction, parce que les « réponses » sont perdues dans un marigot de conneries crasses, avec une interface bien conçue pour que personne ne les lise.

      Tant qu’on ne s’interroge pas sur la réalité et la qualité de l’attention dont on croit bénéficier sur Facebook, on n’ira nulle part. On peut bien vouloir décentraliser, revenir à un beau bazar de Web, mais tant que la logique qu’on oppose à cela est systématiquement « oui mais “les gens” sont sur Facebook », c’est mort. Tant qu’on ne se demandera pas quel est le niveau d’attention réel de ce qui est compté comme une « vue », ou même un « like » sur Facebook ou Twitter, c’est peine perdue.

      Si on regarde la photo, à une époque Flickr est presque mort de sa médiocrité, malgré son audience, et les photographes avec une (petite) prétention à la qualité sont partis ailleurs (500px par exemple). Idem pour les vidéos : si tu as une prétention artistique, tu fuis Youtube et tu vas sur Viméo. Pourquoi la question ne se pose-t-elle pas (ou pas encore) pour les gens qui cherchent une qualité de lecture, d’attention et d’échange avant d’aller sur Facebook (ou même Twitter) ?

    • Puisque je suis lancé…

      – La question du personal branding (« marketing personnel »), que je pense fondamentale dans les nouveaux supports de publication. Facebook semble être idéal pour cela, en ce qu’il a dès le début promu l’« identité réelle », mais aussi la confusion volontaire entre vie publique et vie privée (alors que, pour ma génération, aller balancer des propos politiquement engagés au même endroit où l’on échange des photos de ses gamins avec ses beaux-parents et où l’on garde le contact avec ses anciens élèves et ses relations du boulot, c’était une idée totalement crétine).

      Le changement de support de publication s’est aussi accompagné de ce changement de comportement (on se souviendra des vieux de la vieille bataillant pour tenter de pouvoir rester sous pseudo sur Facebook). Dans le bazar des années 90, nous avions tous des pseudos et nous tenions au pseudonymat (théorisé par certains – on a un texte sur uZine à ce sujet – comme la seule façon d’écrire de manière réellement libre). Dans les années 2000, chacun son blog, mais avec la mise en place d’un vedettariat. Désormais c’est terminé. Écrire sous pseudo est largement suspect et irresponsable et fake-news et tout ça…

      – La disparition des liens hypertexte. Je mets ça dans les années 2000, où les gens se sont mis à ne plus faire de liens entre blogs. On cite des gros médias sérieux, on les commente, on y répond, mais on ne rebondit pas « entre blogueurs » aussi facilement qu’on le faisait dans les années 90. Une sorte de dramatisation du lien hypertexte, accentué par la paranoïa anti-confusionisme et anti-complotisme chez les blogueurs engagés à gauche. Oh là là, mon image-personnelle-super-brandée va s’effondrer si je fais un lien vers un autre site qui, un jour, pourrait faire un lien vers quelqu’un de pas bien ou, pire, qui pourrait dire un truc qui ne me conviendrait pas !

      À partir du milieu des années 2000, quand on avait encore un site indépendant/militant, la seule source de visites à peu près régulière a été le Portail des copains. Pour un site militant, avoir un billet référencé ou pas sur le Portail, ça revenait à être lu par quelques centaines ou milliers de visiteurs eux-mêmes militants, ou pas lu du tout. Je suppose qu’au bout d’un moment, hé ben les gens vont à la soupe sur Facebook, parce que « c’est là que sont les gens » et que l’écosystème de l’hypertexte est déjà perverti depuis un bon moment ; même si ça me semble largement illusoire d’être lu sérieusement entre deux considérations sur les photos de vacances des cousins, et si c’est politiquement mortifère.

    • Et du coup, deux aspects qui pourraient redonner goût aux gens engagés à retourner au bazar…

      – À force de paranoïa anti-fake news, la visibilité des médias « non marchands », « indépendants », « alternatifs » sur Facebook va de plus en plus dépendre de leur adhésion à une vision du monde validée par les grands médias, au travers des contrats de traque aux fake-news que ces grands réseaux ont signé avec les Decodex et Décodeurs… L’effort énorme de chasse aux propos hétérodoxes sur les réseaux est en train de faire un massacre de ce côté, avec des changements volontaires des algorithmes de classement. (Le fait qu’une partie de cette paranoïa anti-fake-news ait été largement menée par la gauche aux États-Unis et ici est, je dois dire, assez croquignolesque.) Constater, par exemple, qu’on n’a déjà qu’une très faible visibilité pour les médias alternatifs sur un machin comme Google News.

      – Le principe même de réseaux qui vendent de la publicité et qui, dans le même temps, sont des outils de marketing personnel, amène au rétrécissement de l’expression non-sponsorisée sur ces réseaux (Facebook annonçant par exemple restreindre la visibilité naturelle des « pages » dans les flux personnels, mais pas une réduction de la quantité de publicité dans ces mêmes flux…). En dehors des quelques indignations préformatées qui continueront à « buzzer », parce qu’il faut bien continuer à faire croire que ces réseaux servent à s’exprimer, il devient de plus en plus évident que, pour récupérer de la visibilité dans les flux des usagers, il faudra payer. Je suspecte qu’il existe déjà des gens qui achètent de la visibilité sur Facebook pour avoir plus de « like » sur leurs photos de mariage, et je pense que dans quelques années, ce sera une pratique aussi banale que de, justement, payer un photographe pour avoir de belles photos de mariage… alors cette faramineuse audience qu’on te promet sur Facebook, ça risque d’être un peu compliqué. (Sinon, il te reste l’option d’aller relancer le niveau de buzz – et donc le revenu afférent – en allant, arme à la main, foutre le dawa chez Youtube.)

      Du coup, ce double mouvement de chasse aux expressions hétérodoxes (« chasse », en revanche, très tolérante pour les foutaises mainstream fascisantes) et d’obligation de passer à la caisse pour récupérer de la visibilité, ça pourrait être l’occasion d’une renaissance d’un Web un peu plus éclaté et joyeusement foutraque (#ou_pas).

    • Merci pour cette analyse @arno. J’étoile pour tes commentaires.

      Comme cela y fait écho, j’ajouterai ici (quoique sa conclusion ne me semble pas du tout prendre en compte l’étendue de l’emprise et la difficulté à s’en défaire individuellement et collectivement) une réflexion d’Olivier Ertzscheid, qui proposait récemment une histoire de « 30 ans de web en 10 mots-clés » :
      https://seenthis.net/messages/671173

      1. PUBLICATION. Tout commence en Mars 1989. La matrice originale du web. Un média de la publication. Du rendu public. D’un rendu réellement public qui présuppose que chacun puisse disposer d’une page et d’une adresse. La promesse originelle. Cette utopie concrète que fut le web, qui paradoxalement commença de s’étioler alors que venait d’être publié l’un des textes les plus féconds de son imaginaire partagé.

      2. ATTENTION. Des années 1994 à 2000. L’arrivée de l’économie. D’un business model. Celui de l’économie de l’attention. Amazon est lancé en 1994. Adwords sera lancé en Octobre 2000.

      3. INTENTIONS. A partir de 2003. La base de donnée des intentions comme l’appelle John Battelle depuis 2003. Un an avant le lancement de Facebook. Comme un animal préparant sa mue prochaine. Et comme le dit en 2008 le responsable de la recherche chez Yahoo ! « We don’t need taxonomy of knowledge. We need taxonomy of desire. A marketplace of intent. » (Source)

      4. RÉVÉLATION / 5. MIGRATION / 6. RÉTENTION. Le tournant 2006-2007. La suite c’est ce double mouvement de révélation et de rétention. En 2006, la révélation c’est Wikileaks. La migration c’est celle du « Cloud ». Amazon Web Service sera lancé en 2007. Nos données, toutes nos données, publiques, privées, celles relevant de l’explicite et du déclaratif, mais également celles permettant de caractériser la nature de notre attention et la logique de nos intentions, toutes nos données sont captées et retenues, détenues dans ces énormes centres de (r&d)étention que sont les Data Centers. Rétention. Les grandes plateformes sont déjà passées à la phase suivante.

      7. PRÉDICTION. Circa 2010-2012. La prédiction est l’autre face de l’intention. Connaître la seconde c’est s’assurer de la fiabilité de la première. De cette corrélation nourrie de nos données va naître une chaîne de causalité inédite à cette échelle, à l’échelle de l’humanité connectée. Prévisible comme elle l’est depuis la nuit des temps, mais avec pour la première fois un déterminisme causal de la chaîne de prédictibilité des comportements dont les éléments tiennent presqu’entièrement dans le giron de quelques jardins fermés. « La sociologie est un sport de combat ». Nous le savions. Ce que nous ignorions c’est que combinée aux mathématiques statistiques et à l’algorithmie elle allait devenir une arme de destruction matheuse. « Predpol », emblématique algorithme de « police prédictive » convoquant l’imaginaire de Minority Report est lancé en 2011.

      8. ÉMOTIONS. Une autre base de donnée en construction. Nouvelle tour de Babel des annonceurs. En 2012 paraît « Opinion Mining et Sentiment Analysis » de Dominique Boullier et Audrey Lohard qui annonce la couleur de ce qui est déjà en train de devenir une véritable industrie. En 2017, dans « Le web affectif : une économie des émotions », Camille Alloing et Julien Pierre font un premier état des lieux. L’industrie se porte bien. Nous, peut-être un peu moins.

      9. ADDICTION. 2016 et après. Car puissante est la voix du côté obscur. Et que bien sûr la fabrique du consentement ne peut faire l’économie d’une fabrique de l’addiction. Fabrique par ailleurs parfaitement documentée par des repentis de plus en plus nombreux. Et comme on dit dans le grand banditisme, s’il y a des repentis, c’est bien qu’il y avait une mafia. Les révélations de Tristan Harris mais aussi celles du livre « Chaos Monkeys » ouvrent une brèche qui n’est toujours pas refermée aujourd’hui.

      10. DÉTENTION. Le passage d’un web libre, ouvert et décentralisé à des navigations carcérales dans les plateformes silos. Depuis 2010 le fondateur du web n’a de cesse de dénoncer et d’alerter sur le danger de ce qu’il nomme des « Walled Gardens ». En 2010 j’écrivais : « Choisir le web que nous voulons : l’exploration ou la prison ». Il semble que par défaut ce choix ait été fait. Et que nous n’en finissions plus d’explorer nos prisons.

      Se remettre à publier.

      Se défaire de cette chaîne. Remonter le cours. Comment ? Simplement. Se remettre à publier. Mais à publier ailleurs. Ailleurs que dans le giron des plateformes. Simplement sur une adresse que l’on aurait achetée chez un indépendant (par exemple Gandi). A publier sur autre chose que sur nos simples intentions. A réagir sur autre chose que sur nos simples émotions. Se remettre à publier donc. Le web restera un média de la publication. Gafa ou pas Gafa, plateformes hyper-centralisées ou architecture décentralisée, rien ne tient sans cette logique première de la publication. Se remettre à publier. Alors on se remettra à lire.

    • @arno Pas nécessairement pour te relancer, encore que, depuis ce matin je bois un peu tes paroles comme du petit lait, mais je remarque ceci. Ce que tu exprimes ici avec une clarté dont je suis jaloux et qu’il m’arrive donc aussi de défendre de façon pus obscure, est de manière tellement fréquente, en fait, disqualifié d’un revers de main qui entend ringardiser de tels propos. Je suis souvent frappé que ces tentatives visant à faire fi de tels avertissement aux accents de Cassandre comme on me dit si souvent émanent naturellement de personnes qui n’ont pas le centième du quart du tiers de nos compétences techniques (surtout des tiennes plutôt que des miennes, dont je ne doute pas qu’elles datent un peu), et ce sont les mêmes personnes axquelles il ne me viendrait pas à l’esprit de reprocher cette plus faible aptitude technique, qui vont ensuite dévouvrir que vraiment ce que font les plateformes de leurs réseaux asociaux avec leurs données personnelles, c’est quand même pas très bien. Naturellement, des ringards cassandriens comme toi et moi (surtout moi) tentons de saisir l’opportunité de telles réalisations tardives pour leur dire que peut-être ce serait le bon moment pour changer de lunettes, mais alors tombe, tel une masse sur une mouche, l’argument qu’ils et elles ne peuvent pas partir de la sorte de ces plateformes et qu’ils et elles vont perdre tous leurs amis et suiveuses. Et tout ce petit monde retourne dans le grand bain dans la pleine connaissance qu’il grouille de requins et sans doute se rassure en pensant que cela concernera un ou une autres et que statistiquement, dans la masse, il est peu probable que le requin viennent les croquer elles et eux, quand le vrai danger n’est pas tellement les requins mais les amibes, parfaitement invisibles et autrement plus contagieux, et, in fine, léthaux.

      Je n’insiste pas sur le fait que leur faible niveau de prophylaxie numérique éclabousse quotidiennement leurs proches, qui elles, et eux, si cela se trouve, prennent, au contraire, certains précautions.

      Enfin, dans ce grand dessein de reconstruire Internet, je remarque que très rarement la question de la convservation de ressources certaines anciennes est évoquée or il me semble que c’est une question importante. Combien de fois cela me ravit quand à la faveur de la recherche d’un renseignement précis, il m’arrive de tomber sur des sites aux esthétiques du millénaire précédent, tout en Times et les liens en bleu souligné. Et dans cette masse profuse sur laquelle se sont aglutinés des sédiments plus récents, il y a des pépites dont je me demande combien de temps encore les navigateurs contemporains pourront encore les interpréter justement sans les interpréter et les dénaturer.

    • On a encore les codes d’uZine si jamais :)

      Perso je veux juste réagir sur un point de l’article de départ : geocities c’était pas hideux (ou pas seulement), c’était inventif et festif. Avec un revival chez https://neocities.org qui a une approche très sympa (notamment un backend #ipfs pour la pérennité)


  • Le plus grand organe du corps humain vient d’être découvert

    https://www.courrierinternational.com/article/le-plus-grand-organe-du-corps-humain-vient-detre-decouvert

    Un réseau de canaux transportant des fluides dans le corps humain vient d’être mis en évidence. Il constituerait le plus grand organe et pourrait aider à comprendre comment les cellules cancéreuses se propagent.

    “La découverte a été faite par hasard, au cours d’une endoscopie de routine, une technique qui implique de faire passer une petite caméra dans le tube digestif d’une personne”, commence New Scientist. La découverte dont il est question, est décrite dans la revue spécialisée Scientific Reports, le 27 mars. Il s’agirait d’un organe du corps humain composé d’un réseau de “canaux” transportant des fluides, et qui n’avait jamais été identifié en tant que tel jusque-là.

    En plus d’être candidat pour devenir le quatre-vingtième organe du corps humain, il s’agirait du plus grand, derrière la peau. “Ce nouvel organe, est une fine couche de tissu conjonctif dense, intercalée juste en dessous de notre peau, et qui enveloppe chacun de nos viscères”, explique au Daily Beast Neil D. Theise, chercheur à l’école de médecine de l’université de New York, qui a mené les travaux.

    Mais comment se fait-il qu’un élément présent dans tout le corps humain ait pu passer inaperçu si longtemps  ? “Les méthodes traditionnelles de traitement et de visualisation du tissu humain assèchent les canaux et font s’effondrer sur elles-mêmes les fibres de collagène qui forment la structure du réseau. Résultat, ces canaux apparaissaient comme une paroi dure de tissu protecteur dense, et non comme un coussin rempli de liquide”, explique New Scientist.

    Appelé interstitium, le plus grand de nos organes serait une couche de tissu remplie de fluide circulant dans l’ensemble du corps, restée invisible jusqu’à aujourd’hui en raison des techniques de microscopie utilisées. Une découverte qui pourrait expliquer la propagation de certains cancers.

    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/qu-est-ce-que-l-interstitium-le-potentiel-80e-organe-du-corps-humai

    #interstitium


  • Un principe du journalisme-avec-AFP : traiter sur un pied d’égalité les fascistes et ceux qui s’opposent aux fascistes. Aujourd’hui, une bonne dizaine de reprises du titre de l’AFP : #Montpellier : face-à-face tendu entre antifascistes et identitaires
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/universite-de-montpellier-face-a-face-tendu-entre-antifascistes-et-identi

    Tu lis cet article, et tu regretterais presque que ces gentils fascistes n’aient pas pu faire leur mignonne petite manifestation en centre-ville, sans se faire agresser par les vilains agités de « l’autre camp ». (Et de mettre des guillemets pour savoir si c’est bien juste de traiter de milice fasciste les types masqués qui sont allés fracasser la tronche des étudiant·es de la fac de droit l’autre soir.)

    À ce moment-là, j’étais environ 400 mètres plus loin, au Peyrou, avec mes enfants, pour mon petit verre du dimanche midi. Merci à ceux qui se sont levés ce matin pour refuser la normalisation des miliciens identitaires de la Ligue du Midi.

    Et merde aux trous du cul de l’AFP qui voient un « face à face tendu » entre les abrutis fachos dont le sport favori est l’agression à la chaîne de vélo, et ceux qui refusent le retour de la bête immonde.


  • Deux docus sur Brassens un peu particuliers.

    Le regard de Georges Brassens
    Une documentaire basé entièrement sur de nombreuses images tournées par Brassens lui-même, car il a très tôt eu une caméra, même avant son succès quand il était très pauvre, et il adorait filmer son quotidien. Jusqu’à ce qu’il devienne célèbre et qu’il ne sorte plus de chez lui…
    https://www.youtube.com/watch?v=pexEyHksjZs

    Georges Brassens - Pourquoi t’as les cheveux blancs ? (1973)
    Un vrai-faux documentaire d’époque, de 1973, où dans un petit village de campagne hors du temps, un jeune garçon un peu dur n’arrête pas de lui poser des questions, auxquelles il répond, entrecoupé de chansons pas des plus connues.
    https://www.youtube.com/watch?v=fCiGpbEu6Ts

    #musique #chanson #Georges_Brassens #documentaire #vidéo


  • Antarctique : la fonte d’un glacier grand comme la France inquiète les scientifiques

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2018/03/21/01008-20180321ARTFIG00308-antarctique-la-fonte-d-un-glacier-grand-comme-la-

    Le glacier Totten, le plus grand de l’Antarctique oriental, est en train de fondre à un rythme plus élevé qu’évalué jusqu’alors par les chercheurs. Sa disparition totale pourrait entraîner une hausse de trois mètres du niveau des mers.

    Pour étudier sa structure, les chercheurs ont provoqué artificiellement des ondes sismiques. « Dans certains endroits où l’on pensait que la calotte reposait sur la terre, nous avons décelé l’océan au-dessous, ce qui indique que le glacier est de fait en train de flotter », explique le professeur à la Central Washington University Paul Winberry. Des études récentes ont déjà montré que le glacier était érodé par en dessous en raison de l’existence de canaux apportant de l’eau de mer chaude. Au fil du temps, la proportion du glacier flottant sur l’eau ne cesse d’augmenter, accélérant ainsi la vitesse de la désintégration.

    D’après la Nasa, l’Antarctique a perdu près de 125 gigatonnes de glace par an entre 2002 et 2016. « Depuis les années 1990, le niveau global de la mer a augmenté d’une vingtaine de centimètres et d’ici la fin du siècle, il devrait s’accroître de presque un mètre. Mais tout ceci est très incertain, c’est pourquoi il est important d’étudier les glaciers comme le Totten », observe Ben Galton-Fenzi. Autre conséquence probable : une dessalinisation des mers du globe en raison de la fonte des glaces du continent blanc, qui concentre 62% des réserves d’eau douce de la planète. Cela entraînerait l’extinction de nombreuses espèces marines.


  • Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une vitesse « vertigineuse »
    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineus

    Attribué par les chercheurs à l’intensification des #pratiques_agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des #jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du #suramendement au #nitrate permettant d’avoir du blé #sur-protéiné et à la généralisation des #néonicotinoïdes », ces fameux #insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des #abeilles et la raréfaction des #insectes en général.

    Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié au cours des deux dernières années.

    #extinction_de_la_nature


  • «I’m a digital worker, killing an arab. Chronique de la guerre algorithmique.»
    http://www.affordance.info/mon_weblog/2018/03/im-a-digital-worker-killing-an-arab.html

    Il y a quelques années de cela, de nouvelles « #Captcha » sont arrivées. Sous forme de tableau découpé en 9 ou 12 cases, on y voit des paysages, des immeubles d’habitation, des panneaux de signalisation, et l’on nous demande de « cliquer » sur les cases qui comportent ou ne comportent pas tel ou tel élément.

    Et puis à la faveur d’un article de Gizmodo (https://gizmodo.com/google-is-helping-the-pentagon-build-ai-for-drones-1823464533) publié le 6 Mars 2018, on apprend ce dont nous nous doutions déjà vaguement sans y prêter une attention particulière, à savoir que #Google collabore avec le département de la défense américain (Department of Defense ou « #DoD » ci-après). Comme plein d’autres sociétés au travers de programmes de recherche militaires. Jusque-là donc rien de très nouveau.

    Mais nous apprenons aussi que cette collaboration consiste notamment à fournir des technologies d’#intelligence_artificielle permettant de faire du guidage de #drones de combat sur des terrains d’opérations militaires. Cela s’appelle (dans sa première phase en tout cas) le projet Maven.

    (...) Le point commun entre une attaque militaire menée par des drones et l’accès à une vidéo cachée derrière un captcha où il faut reconnaître différents éléments d’une image ? Google. Et notre participation à l’effort de guerre en tant que tâcherons bénévoles et captifs.

    Si la plupart des Captchas utilisent des images représentant des panneaux de signalisation, des paysages, des environnements urbains ou montagneux ou désertiques, si l’on nous demande de « reconnaître » des panneaux, des immeubles, des habitations, des voitures, des montagnes et ainsi de suite, c’est aussi pour entraîner des drones de combat, qui eux-mêmes devront ensuite être capables de les reconnaître sur un théâtre d’opération, en (bonne ?) partie grâce à nous. Et ce « aussi » fait toute la différence.


  • Les vélos en libre-service, une double « tragédie des communs »
    http://theconversation.com/les-velos-en-libre-service-une-double-tragedie-des-communs-92638

    Un système avec stations fixes comme celui des Vélib’ oblige les individus à considérer l’espace public comme une ressource rare et « rivale » (une borne de stationnement occupée par un Vélib’ ne peut l’être par un autre). Les vélos en free floating modifient cette perception en faisant de l’espace une ressource en apparence « abondante », puisque n’importe quel coin de trottoir devient un point de stationnement potentiel.

    Les villes qui ont expérimenté les vélos en free floating connaissent généralement des désordres semblant donner raison à Hardin

    #vélo #urban_matter #biens_communs


  • This Neural Net Hallucinates Sheep - Facts So Romantic
    http://nautil.us/blog/this-neural-net-hallucinates-sheep

    If you’ve been on the internet today, you’ve probably interacted with a neural network. They’re a type of machine learning algorithm that’s used for everything from language translation to finance modeling. One of their specialties is image recognition. Several companies—including Google, Microsoft, IBM, and Facebook—have their own algorithms for labeling photos. But image recognition algorithms can make really bizarre mistakes.Janelle ShaneMicrosoft Azure’s computer vision API added the above caption and tags. But there are no sheep in the image of above. None. I zoomed all the way in and inspected every speck. Janelle ShaneIt also tagged sheep in this image. I happen to know there were sheep nearby. But none actually present.It hasn’t realized that “sheep” means the actual animal, not just a (...)


  • Couverture médiatique de la Ghouta : ou comment faire le jeu des djihadistes !
    https://www.les-crises.fr/couverture-mediatique-de-la-ghouta-ou-comment-faire-le-jeu-des-djihadiste

    Comme à chaque fois que les djihadistes (hors Daech) perdent du terrain en Syrie (interventions aériennes russes en 2015, libération d’Alep en 2016…), nous subissons une intense propagande médiatique visant à influencer l’opinion publique pour lui faire prendre parti dans la complexe guerre civile syrienne. Ce parti étant évidemment celui du Quai d’Orsay (administration noyautée par la pensée néoconservatrice) qui abonde quasi systématiquement dans le sens de la politique extérieure des États-Unis.
    Rien de bien nouveau, je vous renvoie à l’ouvrage central de Noam Chomsky : La fabrication du consentement.

    J’en profite également pour rappeler les principes de la propagande de guerre que l’historienne Anne Morelli a énoncés à partir des écrits durant la guerre de 1914 du député travailliste Arthur Ponsonby :

    - Nous ne voulons pas la guerre.
    - Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.
    - Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »).
    - C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.
    - L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement.
    - L’ennemi utilise des armes non autorisées.
    - Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes.
    - Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.
    - Notre cause a un caractère sacré.
    - Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

    On voit très facilement que la plupart de ces principes s’appliquent parfaitement à la guerre de communication livrée actuellement dans nos médias contre le gouvernement syrien (quoi qu’on pense de lui – et ici nous n’en pensons pas du bien) à propos de la bataille de la Ghouta.

    Où comment L’Immonde [mais pas que] joue avec les cartes ! Edifiant ! @odilon

    #propagande_de_guerre #Syrie #éléments_de_langage #propagande_cartographique

    • Boycottons L’Immonde ! Arrêtons de référencer ces articles !

      Delphine Papin, Responsable du service Infographie-cartographie au Journal Le Monde.

      Mais revenons au Monde. Que fait alors un média mainstream quand les faits viennent contrarier sa propagande de guerre ? Eh bien il tord les faits dérangeants, ou plutôt, il les passe sous silence (un média professionnel de la propagande évitera toujours le pur mensonge, qui peut être assez risqué).

      Illustration : dans la carte précédente, la zone microscopique en bleu est tenue par Ahrar Al-Cham, et il est indiqué que son affiliation est… Ahrar Al-Cham, ce qui ne veut rien dire. " C’est une petite erreur qui a été corrigée " ; Ahrar Al-Cham est donc bien classé “salafiste”, ce qui boucle la boucle…

      Mais avez-vous noté comme le Monde ne s’est pas contenté de modifier l’affiliation de ce groupe ; il a également modifié autre chose qui a toute son importance :
      Eh oui, il en a profité au passage pour “dés-islamiser” Faylaq Al-Rahman, qui est devenu “neutre” ; et donc une bonne partie de la Ghouta semble désormais préservée des islamistes…

    • Il est vrai que l’urgence au Monde, c’est de se moquer du Média, petit média citoyen.

      L’épilogue :
      Après ce grand moment de déontologie, d’honnêteté de l’information et de lutte contre la propagande islamiste, je ne résiste pas pour conclure à vous montrer le tweet de Delphine Papin qui suivait sa carte :


      Petit média citoyen, qui a une énorme différence avec le Monde : il n’a pas de gros moyens (d’où cette petite erreur d’un point de quelques milimètres trop bas) ; mais il est à noter que ces moyens ont été apportés par [les citoyens socios .]

      Car si Le Monde était privé des subventions de l’État, des subventions des actionnaires milliardaires, et des subventions de Facebook et compagnie, il y a belle lurette que ce journal aurait rejoint ses prédécesseurs tels l’Aurore, le Matin ou le Temps, et madame Papin devrait prendre ses crayons de couleur et aller faire des piges ailleurs…


  • Quand on ne me donne rien à faire au boulot, je m’occupe en m’autoformant et en faisant des trucs utiles :D

    J’ai trouvé que c’était bête d’avoir un paquet de feuilles avec les accords de piano dessus, à l’heure des smartphones, des ordis...

    Du coup, je suis partie du clavier de piano réalisé par Felipe Fiahlo (https://www.felipefialho.com/piano).

    Et j’en ai fait une app pour avoir les accords de piano, avec le son et le visuel. Vous pouvez la tester ici : https://aureliet.github.io/piano-chords/dev

    Et le code est par-là : https://github.com/aureliet/piano-chords

    #piano #app #chords #html #javascript #github


  • North Pole surges above freezing in the dead of winter, stunning scientists - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/news/capital-weather-gang/wp/2018/02/26/north-pole-surges-above-freezing-in-the-dead-of-winter-stunning-scie

    The sun won’t rise at the North Pole until March 20, and it’s normally close to the coldest time of year, but an extraordinary and possibly historic thaw swelled over the tip of the planet this weekend. Analyses show that the temperature warmed to the melting point as an enormous storm pumped an intense pulse of heat through the Greenland Sea.

    Temperatures may have soared as high as 35 degrees Fahrenheit (2 degrees Celsius) at the pole, according to the U.S. Global Forecast System model. While there are no direct measurements of temperature there, Zack Labe, a climate scientist working on his PhD at the University of California at Irvine, confirmed that several independent analyses showed “it was very close to freezing,” which is more than 50 degrees (30 degrees Celsius) above normal.

    #climat #arctique