alimielle

Les filles sages finissent au paradis, les autres vont où elles veulent.

  • un appel afin de ne plus présenter l’attestation de circulation

    https://www.lasemainedespyrenees.fr/2020/03/31/bigorre-renaud-de-bellefon-ne-veut-plus-presenter-son-attestati

    N’abandonnons pas notre dignité dans une attestation de circulation
    Parce que notre parole a autant de valeur que notre stylo ;

    parce que nous imposer à chaque contrôle de présenter un papier qui ne dit rien d’autre que ce que nous pouvons déclarer oralement ;

    parce que ce contrôle tatillon nie notre responsabilité et notre sens de l’intérêt commun ;

    parce que la rédaction quotidienne, ou presque, de cette attestation normalise à terme un contrôle permanent ;

    parce que présenter systématiquement ce document aux forces de l’ordre nous fait incorporer ce geste, tend à en faire une habitude ;

    parce que l’absence, l’oubli de ce document ne peut pas faire de nous un délinquant (la ministre de la justice ne voulait-elle pas que la non-présentation de l’attestation soit justement un délit ?)* 1 ;

    parce que stigmatiser une partie des citoyens, c’est instaurer la suspicion généralisée ;

    parce que créer des boucs-émissaires, mauvais Français qui sortent sans raison, c’est détourner des vraies responsabilités, des manquements du gouvernement dans cette crise ;

    parce que cette obligation va à l’encontre des demandes de plus de transparence, de démocratie qui montent dans la société ;

    parce qu’instaurer un Etat policier n’incite pas à la responsabilisation mais à l’évitement, au « jeu » du chat et de la souris, aux réactions mesquines et individualistes ;

    parce que la normalité de demain qui nous est proposée, et imposée désormais – un monde policier et de contrôle encore plus quotidien – n’est pas celle que nous espérons ;

    parce qu’accepter de se soumettre, c’est cautionner un autoritarisme aveugle, et les dérives usurpant nos codes de valeurs ;

    parce que c’est une manière de dire que nous refusons la soumission, la servitude volontaire, et de le dire en acte, de prendre conscience et refuser d’être la grenouille dans l’eau qui chauffe ;

    parce que ce refus participe à l’ébauche d’une autre normalité demain, une normalité d’après la crise ;

    parce qu’aussi il y a aujourd’hui de nombreuses personnes, notamment parmi les populations les plus en difficulté déjà, qui sont devenues des délinquantes pour rien ;

    parce que refuser de présenter une attestation n’est pas refuser un confinement responsable ;

    Refusons en nombre, au moins une fois, de présenter l’attestation de circulation.

    Contestons l’amende et nous défendrons notre position devant les tribunaux. Plus nous serons nombreux, plus notre démarche sera entendue, et plus nous regagnerons notre dignité

    #refus

  • Témoignage de baby-sitter : « Avec le coronavirus j’ai perdu mon job et on me propose de travailler gratuitement ! »
    https://www.revolutionpermanente.fr/Temoignage-de-baby-sitter-Avec-le-coronavirus-j-ai-perdu-mon-jo

    Étudiante étrangère et précaire, je me suis retrouvée dans une des villes les plus chères au monde, afin de pouvoir avoir accès à une éducation de qualité absente dans mon pays. Néanmoins, pour vivre je suis contrainte à travailler 15 heures par semaine comme baby-sitter.

    Comme plusieurs jeunes qui font de la garde d’enfant, je craignais le moment où les écoles fermeraient à cause du Coronavirus car l’avenir de mon boulot était incertain. Plusieurs possibilités se présentaient, soit devoir travailler plus d’heures soit on ne plus travailler du tout car l’utilisation des transports en commun m’exposerait trop à l’épidémie. Mes employeurs ont décidé, eux, de partir dans le Sud, chez leurs parents, sans se préoccuper de comment j’allais faire pour survivre à la fin du mois.

    Sans aucune connaissance de mes droits, je contacte l’entreprise de baby-sitting qui m’emploie pour savoir si j’ai le droit à une certaine indemnisation, ce à quoi ils répondent : « votre employeur ne sera pas tenu de vous rémunérer durant cette période. Mais pas de panique ! Vous pourrez, sous certaines conditions, demander un arrêt de travail auprès de l’ARS afin de pouvoir obtenir une compensation financière ». Conditions qui sont, bien évidemment, que mes employeurs (ou moi) soient atteints du Coronavirus…

    Suite à cela, l’entreprise Yoopies pour laquelle je travaille a envoyé un mail proposant aux baby-sitters de se porter volontaires durant cette période pour aider les travailleurs qui ne peuvent pas se permettre de payer une garde d’enfant toute la journée.

    #précarité

  • Sortir du capitalisme - Pour un féminisme anti-carcéral
    http://www.sortirducapitalisme.fr/sortirdupatriarcapitalisme/308-pour-un-feminisme-anti-carceral

    A contre-courant de l’instrumentalisation sécuritaire et raciste des violences patriarcales et du féminisme carcéral, une critique du système pénal et des prisons dans une perspective féministe intersectionnelle à partir de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019) – avec l’autrice, Gwenola Ricordeau, professeure assistante en justice criminelle à la California State University et également autrice sur ce sujet de Les détenus et leurs proches. Solidarités et sentiments à l’ombre des murs (Autrement, 2008).

    L’émission (40 minutes) comporte :

    Une définition de l’abolitionnisme pénal et carcéral comme visant à une abolition de ces systèmes (et non du travail du sexe) ;

    Une critique de l’argumentaire du féminisme carcéral en réponse aux violences sexuelles ;

    Une mise en exergue de l’existence d’une charge matérielle, mentale et émotionnelle des femmes suite à l’emprisonnement ou à la mise sous bracelet électronique de leurs proches ;

    Une discussion autour des « réformes » au système carcéral, qu’il s’agisse du bracelet électronique ou des luttes des prisonnier-e-s et de leurs proches ;

    Une analyse du traitement différencié des femmes (notamment pauvres, racisées, trans, lesbiennes et/ou homicides) au sein du système pénal et carcéral ;

    Une mise en exergue des angles morts du féminisme carcéral et de l’abolitionnisme pénal et carcéral androcentré ;

    Une critique de « l’innocentisme » comme stratégie abolitionniste ;

    Un rappel du caractère non-moralisateur de l’abolitionnisme pénal ;

    Une présentation de la « justice transformative » comme alternative féministe intersectionnelle au système punitif des tribunaux et des prisons et à la « justice réparatrice ».

    http://www.sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/gwenolafeminisme.mp3

    #féminisme #viol #anti-carcéral #prison #audio

  • Colette Magny (1926-1997), colère géante
    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/colette-magny-colere-geante-1926-1997

    Chanteuse et compositrice éclipsée des mémoires, la voix jugée trop provocante de Colette Magny fut longtemps bannie des ondes.

    Vingt ans après sa disparition, c’est par les rappeurs français que son héritage refait surface. Figure de la contestation politique, Colette Magny laisse une œuvre complexe et foisonnante.

    Chez Magny, le sujet se veut aussi révolutionnaire que la forme, elle explore le répertoire afro-américain et le free jazz, met en chanson des textes poétiques, élabore des collages sonores et crée la forme des « enquêtes », chansons d’actualité où elle crie la vie des opprimés.

    Véritables documents historiques et poétiques, on entend dans ses textes l’histoire des luttes des années 1960 aux années 1990 : de la révolution cubaine à mai 68, de la guerre du Vietnam aux combats des Black Panthers, des luttes ouvrières au péril écologique.

    http://rf.proxycast.org/da8dd5c0-758f-4c84-896f-9ea15e6fb3e3/10471-07.03.2020-ITEMA_22301330-0.mp3

    #musique #chanson #politique #Colette_Magny #France_Culture #audio #radio

  • Les nouveaux déserteurs - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Les-nouveaux-deserteurs

    Pour Nolan, l’armée était « un rêve de gosse ». Les classes ? « J’ai kiffé. » Le désenchantement est venu plus tard, quelques mois après son affectation dans l’artillerie. « Pour te recruter, ils te vendent du rêve, des photos d’hélicoptère. Ils ne te disent pas que tu vas faire la boniche, passer ton temps à récurer l’escalier de la caserne avec les ongles pendant que tes chefs te disent que t’es qu’une merde. »

    Un jour, la petite amie de Nolan a été hospitalisée pour une grossesse extra-utérine. On ne l’a pas laissé aller la voir. Le soldat n’était pourtant pas en mission de l’autre côté du globe. Sa section était en France, en exercice, jouant simplement à « bouffer de la terre ». Puis Nolan s’est blessé au genou : « Les sous-offs me disaient que la douleur était dans ma tête ! » Dépité, fatigué de ses collègues « cassos » (« cas sociaux ») qui tuent l’ennui en picolant, Nolan finit par ne pas rentrer de permission. Il est signalé déserteur.

    Ce 17 février 2020, au tribunal de Marseille, Nolan attend son procès. En théorie, il risque trois ans de prison ferme. Pendant l’état d’urgence, assimilé à un temps de guerre, les déserteurs risquaient dix ans de cabane.

    Il n’existe plus, en France, de tribunaux militaires à proprement parler. À la place, il y a des chambres spécialisées, où des magistrats civils jugent les infractions commises par les bidasses dans l’exercice de leurs fonctions et les affaires strictement militaires. Cet après-midi-là à Marseille, sur huit affaires examinées, six concernent des désertions. Le quota habituel.

    #armée #militaires #justice

  • Italie - Épidémie et guerre sociale – ACTA
    https://acta.zone/italie-restonsalamaison-mais-ne-restons-pas-silencieux

    L’état d’urgence fonctionne comme le lit de Procuste1 : ceux qui sont trop courts ou trop longs pour les mesures de prévention contre le coronavirus sont étirés ou mutilés. Une torture culpabilisatrice attend tous ceux qui ne correspondent pas exactement aux dimensions du lit du tortionnaire. Nous sommes témoins d’une violence sans précédent dont le discours du Premier ministre, Giuseppe Conte, retransmis hier en simultané sur toutes les chaines, est la revendication explicite. Les milliers de prisonniers en révolte dans les prisons italiennes – parmi lesquels plus de 10 morts et des centaines de blessés – n’existent pas dans l’allocution de Conte. Ces personnes à qui l’on rappelle chaque jour à la télévision de ne pas fréquenter les lieux bondés, mais qui sont contraintes d’entrer dans des cellules surpeuplées, ces personnes qui, si elles tombent malades, ne sont même pas emmenées à l’hôpital mais placées en isolement, des personnes à qui l’on demande, en somme, de tomber malades en silence, sans pouvoir communiquer, même avec leurs proches. Des personnes qui sont massacrées, en un mot, des personnes qui n’existent pas.

    À cette génération de barmans, de kinés, de guides touristiques, de profs remplaçants, de pizzaiolos, d’orthophonistes, de coachs sportifs qui sont laissés sans salaire du jour au lendemain, obligés de payer un loyer, de continuer à se soigner, de continuer à consommer, on ne parle que fêtes nocturnes. Les seuls mots qui les concernent sont des invitations à ne pas sortir le soir. Même les parents ne peuvent plus confier leurs enfants à leurs grands-parents mais doivent continuer à aller travailler. Ils n’existent pas non plus.

    #coronavirus #guerre_sociale

  • Sur jefklak.org : Pour une grève permanente des loyers
    Locataires en lutte et auto-organisation des sans-abri en Californie

    Par Julian Francis Park

    La baie de San Francisco subit une crise du logement sans précédent. La hausse vertigineuse des loyers et les incendies monstres qui ravagent la Californie ont conduit 29 000 personnes à dormir dans la rue, tandis que presque la moitié des habitant·es envisage de quitter la région en raison du coût élevé des locations.

    Face aux expulsions massives dues à cette double catastrophe sociale et écologique, les sans-abri se sont regroupé⋅es en campements autogérés et les locataires ont créé des syndicats pour déclarer la grève des loyers. Retour sur ces pratiques de lutte contre la gentrification et la spéculation immobilière, où les plus précaires – en grande partie non blanc⋅hes – s’auto-organisent, au grand dam des élites économiques et politiques.

    https://www.jefklak.org/pour-une-greve-permanente-des-loyers

  • Piratebox, ou comment échapper au Big Brother de l’Internet - ritimo
    https://www.ritimo.org/Piratebox-ou-comment-echapper-au-Big-Brother-de-l-Internet

    Et si lors d’un prochain évènement, manifestation ou meeting, contre l’austérité ou l’oligarchie des « 1% », en plus des habituels appels à mobilisation et textes plus ou moins subversifs qui encombrent poches et sacoches des participants, les organisateurs proposaient une alternative ? Disposer une ou plusieurs piratebox autour du lieu de l’événement, puis inviter les manifestants à s’y connecter pour télécharger directement sur leur téléphone argumentaires, informations citoyennes, livres de référence ou documentaires engagés. Les piratebox permettent en effet de créer localement un réseau Wi-Fi, déconnecté d’Internet et donc des programmes de surveillance gouvernementaux tels que Prism (Etats-Unis), Frenchelon (France) et autres. Tous ceux qui le souhaitent, s’ils sont à proximité (quelques dizaines de mètres), peuvent s’y connecter de manière anonyme et accéder aux contenus mis à disposition. A l’abri de tout programme de traçage.

    #informatique #numérique #internet

  • Marquer les chairs et les esprits
    Un podcast documentaire en 2 parties de Violette Voldoire et Tristan Goldbronn pour Radio Parleur

    Partie 1 : https://radioparleur.net/2019/11/18/blesse-manifestation-violences-policieres-gilets-jaunes
    https://file.ausha.co/WBY77fGI6VoU4cPuMd1nYXtVzsgwkE33MiVz8Ye8.mp3?token=P3Ni7S2M8cWoIw5StvnYVg

    Partie 2 : https://radioparleur.net/2019/11/22/gilets-jaunes-violences-policieres-marquer-les-chairs-et-les-esprits-p
    https://file.ausha.co/wv13hSojwdhIpgjgFVuG4ywFud8lEy0j3IwQrXD2.mp3?token=7NKwni7uzP37sl0jTueN8A


    (photos : Pierre-Olivier Chaput pour Radio Parleur)

    Pour la première partie, le micro est tendu aux mutilé-e-s, comment ils ont vécu le choc, comment il cicatrisent ou non, comment certains s’organisent, aussi, désormais, contre les violences policières :

    David Breidenstein, blessé le 16 mars 2019, Gwendal Leroy, blessé le 19 janvier 2019, Xavier, blessé le samedi 20 avril 2019, Alain Hoffmann, blessé le 1er décembre 2019, et Laurent Théron, blessé le 15 septembre 2016. Cinq récits sur ce tir qui a brisé quelque chose en eux, en l’espace d’un éclair. Aujourd’hui ils se reconstruisent. Certains tentent le retour à la normale. D’autres le combat politique qui donne une épaisseur à ce trauma qu’ils surmontent.

    Dans la seconde partie il est plus questions des armes, et de la terreur, aussi. Attention, un passage est particulièrement difficile à écouter...

    Il vaut mieux aller écouter ça directement sur le site qui contient beaucoup de liens-ressources en plus des documents sonores.

    #violences_policières #maintien_de_l'ordre #mutilé-e-s_pour_l'exemple

  • La ménopause : une construction sociale ?
    https://www.gazettedesfemmes.ca/15384/la-menopause-une-construction-sociale

    En fait, la médicalisation de la ménopause est le prolongement de celle de la puberté, des grossesses, etc. Le corps féminin est contraint par des instances médicales et des injonctions sociales, beaucoup plus que celui des hommes. Il paraîtrait complètement incongru pour un médecin de demander à un jeune homme de parler de la qualité et de la quantité de son sperme, alors que l’investigation sur tous ces aspects biologiques très intimes semble normale chez les #femmes dès la puberté.

    #médecine #contrôle

  • #Julie_Bindel : Que faire lorsque l’on regrette sa transition sexuelle ?
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/06/que-faire-lorsque-lon-regrette-sa-transition-sexuelle

    Livia, 23 ans, vit comme transhomme depuis cinq ans. À 20 ans, elle a subi une double mastectomie, une hystérectomie et une ovariectomie (ablation des ovaires). Et elle le regrette aujourd’hui. Elle fait partie d’un panel de sept jeunes femmes qui discutent de leurs sentiments face à la transition lors de la toute première réunion du Detransitioner Advocacy Network (DAN) (Réseau de défense des droits des personnes en détransition, plus tôt ce mois-ci.

    Depuis la création du réseau, en octobre dernier, plus de 300 femmes qui regrettent d’être passées du statut de femme à celui de (trans)homme se sont manifestées pour obtenir du soutien et des conseils. C’est un nombre extraordinaire. Mais il n’est peut-être pas si surprenant quand on voit qu’au cours des dix dernières années, on a observé une augmentation de 3 200 % du nombre d’enfants qui se croient transgenres au Royaume-Uni, dont les trois quarts sont des filles. Une recherche rapide sur le site de sociofinancement GoFundMe montre que plus de 26 000 filles et femmes cherchent actuellement de l’argent pour subir la « chirurgie du haut » (une double mastectomie élective) afin d’acquérir une apparence plus masculine.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://unherd.com/2019/12/the-nhs-is-failing-trans-kids
    #détransition_transgenre #identité_de_genre #féminisme #transgenre

    • Il semble que Livia souffrait de dysmorphie corporelle, un désordre qui amène les gens à croire que leur corps est défectueux ; cette condition devient de plus en plus fréquente en raison de la pression exercée sur les jeunes femmes pour qu’elles se conforment à des stéréotypes féminins. Mais on l’a plutôt amenée à croire qu’elle souffrait d’une dysphorie de genre, un trouble où des gens en viennent à penser c’est leur sexe biologique qui n’est pas « le bon », ce qui conduit à vouloir subir une chirurgie irréversible, souvent à un âge jeune et impressionnable.

      Ayant fait son coming out en tant que lesbienne à l’âge de 11 ans, Evans se sentait mal à l’aise face à la réaction négative de garçons et de filles à l’école. Elle a enduré leur cruauté et leurs remarques homophobes pendant plusieurs années, puis, à l’âge de 14 ans, elle a découvert que plusieurs membres de son groupe d’amis passaient du statut de femme à celui d’homme, une perspective qu’elle dit avoir trouvée irrésistible.

      « J’ai suivi le mouvement », me dit Evans. « J’aime les autres filles et j’aime les armes, les camions et la boue, je n’aime pas avoir les cheveux longs et je suis vraiment bordélique, et ma chambre ressemble à une chambre de garçon, donc je dois être un garçon. »

      « Aujourd’hui, j’ai accepté celle que je suis vraiment : une femme non conforme à son sexe. Je ne crois pas que j’aurais dû vivre une transition médicale pour en arriver à ce constat. »

      #lesbophobie #homophobie #misogynie

  • Au dépôt de bus d’Ivry, « c’est devenu une drogue de venir sur le piquet »
    https://www.revolutionpermanente.fr/Au-depot-de-bus-d-Ivry-c-est-devenu-une-drogue-de-venir-sur-le-

    Il est 4h45 quand nous arrivons sur le piquet du dépôt de bus d’Ivry, en grève depuis le 5 décembre. Une soixantaine d’agents grévistes sont là pour tenir le piquet, discuter et préparer cette semaine, qui, de l’avis de tous et toutes, sera « décisive ». Petit à petit, le piquet s’installe et les grévistes reprennent leur droit sur : un brasero s’allume, à grand renfort de palettes et de sapins de Noël abandonnés, qui s’embrasent dans la nuit froide de ce début de mois de janvier. Sur les 171 bus prévus pour le 07 janvier, seuls 60 sortiront. Depuis le 31 décembre, les relations entre la direction et les grévistes sont plus tendues que jamais : alors que tous les grévistes des dépôts du sud de Paris avaient été appelés à bloquer le centre, la direction avait autorisé les forces de l’ordre à entrer dans le dépôt, n’hésitant pas à dégoupiller leurs grenades lacrymogènes, asphyxiant les grévistes. 62 agents s’étaient alors mis en droit de retrait face aux violences policières contre leurs collègues. Même à 5 heures du matin, la tension est palpable entre les salariés et leur direction locale : chaque fois que le DRH ou la directrice passent en plein milieu du dépôt, les conversations s’arrêtent, et les regards se concentrent sur eux.

    « Pour l’avenir de nos enfants »
    Ici, la grève est tout sauf corporatiste : pour tous, il s’agit de défendre l’avenir de ses enfants. Qu’ils aient la trentaine ou qu’ils soient proche de la retraite c’est contre un modèle de société et pour l’avenir des prochaines générations qu’ils ont décidé de se battre ; c’est le cas de JP, 53 ans, à la régie depuis 1995 : « la retraite c’est dans cinq ans. Je ne suis pas concerné, mais j’ai deux gamins quand même : un qui a 23 et l’autre qui a 6 ans. Je pars du principe qu’il faut se battre pour ses enfants, explique-t-il, après avoir évoqué l’expérience de son père dans le comité de grève de Luxeuil-les-Bains en mai 68. Je suis arrivé sur le marché du travail avec des acquis, que j’ai eu grâce à mes grands-parents et mes parents, je veux que mes enfants aient les mêmes ». Quel monde allons-nous leur laisser ? s’inquiètent les grévistes, pour lesquels la question du projet de société de Macron dépasse de loin le seul sujet des retraites.

    #grève #solidarité #transport

  • L’autre pays qui manque, c’est les amours - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/L-autre-pays-qui-manque-c-est-les

    Dans le cadre contraint d’ateliers menés en prison, chez les mineurs des Baumettes, à Marseille (filles), et du Pontet, près d’Avignon (garçons), et pour esquiver les chicanes du droit à l’image, on a eu l’idée de convoquer l’imaginaire du carnaval, de la transgression, du désir inavoué. On, c’était Claire Castan de l’Agence régionale du Livre (ARL-Paca) ; Yohanne Lamoulère la photographe ; Brigitte Briot la faiseuse de masques et accessoires ; et moi le collecteur de mots.

    Masquer, ce n’est pas forcément cacher, ni faire la gueule. Ça peut être le contraire : tout donner et puis s’enfuir, s’en moquer, pour de rire. Le hasard (vraiment ?) a fait que les quatre garçons étaient des Français musulmans de cités du Sud et les quatre filles des Gitanes originaires des Balkans vivant en caravane. Grâce à ces jeunes détenu.es qui ont pris le jeu à leur compte en parlant cash et en révélant des fêlures intimes autant que sociales, on a pu opérer des allers-retours de taule à taule. Ce qui a permis d’instaurer un éphémère dialogue à distance, fait de défiance et de sentiments communs. C’est comme ça que, grimée, la plus secrète s’est faite puissante apparition. Travesti, le plus affranchi a cassé les codes du genre. Par moments, c’était même un peu la révolution du passe-muraille.

    Le résultat de ce chassé-croisé à la sortie de l’hiver est un livret en forme de portrait collectif qu’on peut télécharger au format PDF sur le site de l’ARL-Paca. Comme une méchante montée de sève doublée d’un appel d’air.

    #prison #mineurs

    • Nous produisons, nous décidons, c’est beau comme le communisme. Et pourtant. Prenons la chose par un autre bout, là où la CGT EDF décide de tout, et l’écart revendiqué se résorbe pour échouer dans la normalité, y compris sous ses formes les plus abjectes.
      La caisse centrale de l’action sociale d’EDF GDF du comité d’entreprise EDF GDF est financée par 1% des recettes de ces entreprises. Contrairement aux autres comités d’entreprise, celui-ci est dirigé exclusivement par les représentants du personnel. Quelle belle exception ! Le patron c’est la CGT, le syndicat maison, c’est la CGT. Avec les privatisations, le nombre de centres de vacances de ce qui fut longtemps le premier employeur de #saisonniers de France a diminué de 40%, passant de 600 à moins de 400 structures (à la louche). La CCAS reste néanmoins un des employeurs d’#intermittents_du_spectacle les plus appréciés. Obtenir un contrat pour une tournée nationale de projections de films, de concerts ou de représentations en ces lieux, c’est s’assurer de bons nombre de cachets pour ouvrir droit au chômage. Dans ces centres prédomine une gestion féodale de personnes dépendants des salaires versés (agents techniques, personnels de salle, ouvriers, #animateurs). Dans des régions où l’emploi est rare, on aura à coeur de garder le sien ou de ne pas hypothéquer la saison, le contrat d’après. Un machisme étouffant y règne (observez une fois le SO central de la CGT et complétez le tableau pour entrevoir leurs moeurs au quotidien), jusqu’à un informel et aléatoire droit de cuissage. On y gouverne le personnel par la trouille, l’humiliation, et depuis que le harcèlement est devenu un délit, quelques « affaires » encombrent les instances de direction. Les centres locaux n’ont pas le monopole de ces rapports de pouvoir, après avoir été harcelée, une employée du siège à Montreuil s’est suicidée. Les direction territoriales font la promotion de k’égalité hommes femmes, du féminisme (campagne d’office et d’info tout à fait réussies), pendant qu’elles ont à mettre sous le tapis de nombreuses situations où des femmes employées par la CCAS sont violentées par leur hiérarchie, avec des directeurs de centres qui pratiquent l’humiliation privée et publique (un théâtre destiné à faire obéir tous les autres).

      À ce gouvernement par la peur s’adjoint un lien plus intégrateur, une connivence des subalternes avec les directeurs et le fonctionnement des centres locaux, obtenue par corruption croisée des uns et des autres, chacun à hauteur du pouvoir qui lui est concédé participant à des pratiques de détournement des fournitures, contrats, règles, etc.
      Cette boite reposait et repose encore sur un accord productiviste noué après guerre. Jamais les agents d’EDF n’ont réellement mis en jeu leur pouvoir sur la production par des grèves ou actions décisives, jamais l’aristocratie ouvrière d’EDF, les conducteurs de centrales nucléaires, n’a fait défaut aux régimes successifs.

      Cet été, tous les centres de la CCAS de France présentaient aux « bénéficiaires » et à leur visiteurs une expo photo poétique empreinte de nostalgie sur la centrale de Fessenheim (des portails d’ouvriers et techniciens dévoués au bien de la population, des oiseaux, des paysages).

      Je les préfère évidemment lorsque, bien rarement, ils coupent le jus à des boites ou des décideurs, comme c’est le cas ces jours-ci ; lorsque, bien rarement aussi, ils font les Robins des bois en rétablissant le courant aux privés d’électricité ou font basculer en heures creuses la tarification de milliers de foyers.

      #électricité #productivisme #EDF #PCF #cogestion #CGT #clientélisme #nucléaire

    • L’impact des grèves dans les raffineries et les transports n’est pas négligeable pour la #surproduction. Maintenant si les « privilégié.e.s » de la grande turbine décidaient le black-out des principaux sites de production, de commerce, de pouvoir...?
      Faut pas trop rêver, les sapins clignoteront encore ce noël !


      Je me souviens d’un mec qui bossait pour €DF, sur les pylônes, sa maison était éclairée comme un hall d’aéroport. Le plafond du garage couvert de néons, t’en avait même sur les murs. Comme tout à chacun, tu éteins la lumière quand tu quittes une pièce. Ben pas lui, sa baraque brillait de la cave au grenier.
      À propos de la photo du sapin dans la forêt, l’autre jour après une énième mission intérimaire de merde où le taulier me dit : « si t’es pas content, tu dégages » Comme je suis déjà grillé aux assedics, j’ai récupéré mes clous et basta, la tchav ! Puis v’là que je pomme en sortant du bled (Mordelles à côté de Rennes) je m’engage sur une route qui s’avère une impasse et je tombe sur une première maison éclairée comme un sapin de noël, c’est le cas de le dire. Puis une deuxième, une troisième…
      J’ai fini par faire demi tour entouré de lutins et de guirlande clignotantes et quitter ce hameau qui est peut-être un repaire d’anciens employés de la grande turbine. Bastards !

  • En Irak, le mouvement d’une jeunesse courageuse qui n’a plus rien à perdre
    https://www.revolutionpermanente.fr/En-Irak-le-mouvement-d-une-jeunesse-courageuse-qui-n-a-plus-rie

    Les manifestations populaires contre la corruption, le chômage et pour des services publics de qualité avaient commencé le 1er octobre dernier. Mais entre-temps elles s’étaient calmées. Vendredi dernier cependant la contestation en Irak a repris avec beaucoup de force. Et la répression tout autant. On estime que depuis le début des mobilisations, plus de 200 personnes ont été tués dont 70 depuis vendredi dernier. On compte plus de 8000 blessés. Les forces de sécurité irakiennes tirent à balles réelles sur les manifestants, ils les frappent et mutilent avec des méthodes barbares. Certains manifestants ont été tués à la suite de tirs de projectiles de gaz lacrymogènes directement au visage ou sir la tête à bout portant. Des scènes littéralement de guerre avec l’armée, la police et les milices soutenues par l’Iran tirant à balles réelles sur la foule circulent sur les réseaux sociaux.

    Cependant, malgré cette féroce répression les manifestants tiennent héroïquement. Ils font face aux gaz et aux balles car ils n’ont plus rien à perdre. C’est en effet surtout la jeunesse précaire ou au chômage qui est le moteur de la contestation, dans un pays où 60% de la population a moins de 25 ans. Ces jeunes dénoncent une classe politique, installée au pouvoir à la suite de l’invasion nord-américaine, totalement corrompue et incapable d’assurer du travail et des services publics de qualité à ses habitants.

    #Irak #jeunesse #répression #manifestations

  • Vague mondiale de colère - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/vague-mondiale-de-colere-12754

    Les peuples se soulèvent partout !

    Le ciel de la capitale chilienne est rouge : des bâtiments et des métros ont brulé toute la nuit. À Hong Kong, les barricades n’en finissent pas de barrer les rues de la métropole. À Barcelone, la police perd le contrôle. À Quito, le président de l’Équateur doit reculer, après avoir été chassé de la capitale par l’insurrection. Nous ne voyons quasiment que ça depuis plusieurs jours, de nos fils d’actualités jusqu’aux médias dominants. Les vidéos des différentes révoltes à travers le monde. Partout autour du globe, les populations se soulèvent contre leurs dirigeants, contre la corruption et l’injustice. Tour d’horizon :

    – Au CHILI, un mouvement insurrectionnel a lieu contre l’augmentation du prix des transports (déjà très cher), et plus globalement contre les mesures du gouvernement ultralibéral. Innombrables sabotages et incendies. L’État d’urgence est décrété : l’armée est dans les rues. Une première depuis la dictature. Mais le gouvernement tremble, et l’augmentation du ticket de métro a déjà été annulée.

    – En CATALOGNE, la colère est forte depuis le référendum pour l’indépendance écrasé par la répression espagnole. La condamnation d’indépendantistes à de lourdes peines de prison jette des centaines de milliers de personnes dans les rues. Barricades, incendies, affrontements très durs et blocages. Barcelone a vécu des nuits de feu. Des centaines de personnes ont été blessées ou arrêtées. Trois ont perdu un œil.

  • Abandon de poste
    http://autographie.org/blog/2019/10/12/abandon-de-poste

    Tout a échoué. Le capitalisme, ses réformes, la république, ses normes, le travail, ses syndicats, les collectifs sympas et leurs modes de vie cool. Tout. La citoyenneté, le supermarché, les élections, l’éducation, la police, les éco-villages, les pesticides et les panneaux solaires, logent dans une grande fosse commune dont il y aurait de quoi se réjouir. Ça devrait être la joie, la liesse, la foire. Car plus rien ne tient. Source : Autographie.org

    • Il suffirait de ne pas se lever, de ne pas aller travailler, pour une fois… D’aller faire une balade en forêt, de prendre une vague ou un verre, de s’étreindre, de crier, de souffler et d’abandonner son poste. Personne n’y croit plus, ni au système ni à son changement. Même les riches, ces exploiteurs esclavagistes écocidaires, ont perdu le goût de vivre et sont terrassés par la peur du soulèvement. Et nous, on attend, on persiste sans conviction, alors que l’air est vicié, que l’eau manque, que les usines toxiques explosent, que la forêt crame, que pôle-emploi nous flique et que les flics nous éborgnent. Il n’y a pas besoin d’être convaincu de quoi que ce soit ou de rallier les masses. Il n’y a plus besoin de faire de la pédagogie, le chaos parle de lui-même, il suffit de tendre l’oreille. Tout, autour de nous, est déjà parti en fumée, les murs en poussière, les croyances aux oubliettes, les sols et les plafonds se sont dérobés sous nos yeux et nos pieds. Le champ est ouvert, même si l’herbe est grillée.

  • La charité et le volontariat comme thérapie de choc pour un grand remplacement des services publics. Acte 3 Carlos Perez - 17 Sep 2019 - Investigaction

    De plus en plus souvent, les missions de l’État providence sont perçues comme un fardeau qui entraîne des « dépenses publiques ». Ces dernières doivent être réduites drastiquement. Carlos Perez nous explique au contraire que ces dépenses sont un investissement qui augmente la plus-value d’une nation. Poursuivant sa réflexion sur la charité et le volontariat, il souligne l’importance d’un secteur non marchand qui échappe en grande partie à l’appétit des capitalistes. Et c’est bien là qu’est tout le problème… (IGA)


     
    Le volontariat en guise de salariat ou comment tirer nos acquis vers le bas en nous faisant croire le contraire. Attention aux réformes des philanthrocapitalistes, l’enfer chez ces gens-là est pavé de bonnes intentions. Ce n’est pas un hasard si la proportion de bénévoles aux États-Unis est la plus forte au monde. La « décence ordinaire » chère à Orwell et le don de soi seraient-ils plus prononcés dans ce pays que dans le reste du monde ? Bien sûr que non.

    Dans les pays anglo-saxons, le don de soi et la philanthropie ont une action bien plus pragmatique et surdéterminée politiquement. Leur mission est de servir de cache-sexe à la misère sociale. Pas besoin de citer Tocqueville et Hayek, adeptes de l’ordre spontané à l’inverse de Rousseau et son contrat social, pour comprendre à quel point la charité et le mécénat sont enracinés dans l’idéologie de l’élite de ces pays. La charité et le don de soi nourrissent les sentiments que se plaisent à éprouver les riches à l’égard des pauvres. Ils pallieraient efficacement, selon ces bourgeois, les actions de l’État.

    Bien qu’il a largement montré ses limites, ce mode de pensée est inscrit dans leurs Constitutions et s’est trouvé stimulé par tous les présidents des États-Unis, démocrates ou républicains. Chacun avec leurs spécificités, ils ont incité le mécénat et le volontariat contre l’État providence qui est une véritable menace pour les capitalistes et leurs représentants au pouvoir. Et ils ne se gênent pas pour le faire savoir.

    « Le service citoyen n’appartient à aucun parti, aucune idéologie. C’est une idée américaine à laquelle tout Américain peut souscrire », affirma le président Clinton lors de son discours d’investiture. Se retournant vers l’ancien président Bush, il ajouta alors déplorer le peu de précédents de ce genre dans l’histoire de l’Amérique.

    C’est pourtant vrai, ce qui nous réunit en tant que citoyens est plus important qu’une personne, un parti, une élection, une idéologie. 

    Les différents présidents des États-Unis ont toujours eu en commun de détester l’État providence. Que ce soit les républicains avec leur bénévolat privé ou les démocrates avec leur bénévolat public, ils ont intégré les associations de bénévoles dans leurs programmes de politiques sociales, de santé, de logement ou d’éducation. Il faut passer par des associations caritatives bénévoles ou volontaires pour finalement ne pas financer de véritables services publics ni rétribuer correctement des salariés pour assurer les missions. En somme, chez les capitalistes et plus particulièrement chez les Anglo-saxons, la charité et les colis alimentaires doivent remplacer une vraie politique d’équité et de droits sociaux.

    Réduire les dépenses publiques est un leitmotiv des capitalistes, quitte à répéter inlassablement les mêmes mensonges. Comme si la dépense dans les services sociaux, la santé, le logement ou l’éducation n’était pas un investissement dans le patrimoine utile et nécessaire qui augmente la plus-value d’une nation. Le but de la manœuvre de ces escrocs est de privatiser le bien commun, l’air, l’eau, les sols et les semences, le patrimoine public et immobilier, les routes, la santé, l’éducation… Bref, tout ce qui peut être commercialisé doit devenir la propriété de quelques multinationales. L’État doit rester subsidiaire, en dernier recours. Son rôle doit être ramené à quelques strictes fonctions régaliennes comme la police, l’armée ou la justice. Les services sociaux, eux, doivent être sous-traités à des bénévoles et des associations, tout en encourageant le mécénat privé.

    Voilà ce que nous disait déjà le mouvement du solidarisme initié en France par Jean-Jacques Rousseau dans son contrat social. L’escroquerie était déjà très claire pour les militants des droits sociaux et les pauvres au 18e siècle. « Pour l’essentiel, Bouglé et Fouillée opposent à la charité une éthique des droits : « L’absolue liberté de la charité est », dit Fouillée, « un préjugé religieux et moral qui vient d’une insuffisante analyse des droits ». C’est à ce titre qu’ils s’élèvent avec vigueur contre la charité chrétienne, son injustice, ses aspects culpabilisateurs, son moralisme. Bouglé insiste sur le fait que ce sont les « déshérités » eux-mêmes qui condamnent la charité « Les déshérités qui crient « À bas Ia charité » montrent une colère farouche contre cette pourriture chrétienne qui entretient l’injustice. »

    La bourgeoisie, cette classe de parasites et de prédateurs, veut nous faire croire que soutenir nos services sociaux est une gabegie qui va coûter beaucoup d’argent aux contribuables. C’est faux. C’est même tout le contraire qui se produit, les fonctionnaires sont responsables de la production de la valeur d’usage non lucrative éminemment utile à la collectivité. Le fonctionnaire ne produit pas de plus-value pour le capital marchand et pour les prédateurs, mais pour la société. La part des services non marchands augmente, ce qui est une très bonne chose, car tout n’est pas forcément à vendre. Et si la part des services marchands diminue, c’est tant mieux. Notre terre et nos vies ne sont pas à vendre.

    Dans l’économie aujourd’hui, le tiers du PIB est produit en dehors de la pratique capitaliste. La fonction publique et ses services sociaux, c’est une autre façon de produire de la valeur. Pour le dire autrement, les fonctionnaires sont les producteurs de la monnaie qu’on leur paie, ils produisent l’impôt qui les finance. Les fonctionnaires socialisent déjà 45% du salaire, mais plus de 800 milliards d’euros, soit 40% du PIB relève d’une production non capitaliste[1]. En gros, les 40% du PIB relèvent d’une production de valeur d’usage non lucrative produite par les fonctionnaires dans le cadre des services publics et de la sécurité sociale. Ces travailleurs ne sont pas productifs pour le capital, mais ils sont productifs pour le public, le paiement est collectif et validé socialement.

    « Face à cette offensive qui vise à détricoter par tous les bouts le manteau collectif qui protège la société, tous les intellectuels dignes de ce nom devraient joindre leurs forces pour expliquer que les travailleurs dans les services non marchands sont productifs », relève l’économiste Jean-Marie Harribey[2]. » Eux, qui fournissent éducation publique, santé publique, services municipaux, services dans les associations à but non lucratif, etc. produisent des choses utiles que l’on peut qualifier de valeurs d’usage. Mais ils produisent aussi de la valeur économique, qui est monétaire, bien que non marchande, et qui n’est pas un prélèvement sur la production marchande. On peut le démontrer logiquement. La part du non marchand par rapport au marchand dans la production totale augmente tendanciellement grosso modo depuis la Seconde Guerre mondiale. L’idée même qu’une part déclinante puisse financer une part croissante est un non-sens. Que faut-il en déduire ? Lesdits prélèvements obligatoires sont effectués sur un PIB déjà augmenté du fruit de l’activité non marchande, et non pas sur le seul produit marchand. »

    « Les impôts et cotisations sociales sont le prix collectif, socialisé, des services non marchands. Ils jouent le même rôle que les prix des marchandises achetées et payées individuellement. La différence est que, dans un cas, la validation de l’existence et du paiement collectif de services non marchands passe par une décision politique collective démocratique (pour des besoins sociaux à satisfaire), et que, dans l’autre cas, la validation sociale passe par le marché (pour des besoins solvables, bien que tous ne le soient pas). »

    La contribution des fonctionnaires à l’économie n’est absolument plus à mettre en doute, sauf pour les réformateurs qui s’aperçoivent du danger qui pourrait se généraliser à tous les secteurs. La peur de perdre des parts de profits lucratifs est la hantise des classes capitalistes et la généralisation d’un système non lucratif comme celui de la fonction publique est à tout prix ce qu’il faut éviter pour ces réformateurs.

    Les fonctionnaires et leur caisse de cotisation sociale, cette grande invention révolutionnaire de la classe ouvrière, ne ponctionne pas par le profit ni par la rémunération capitaliste de la force de travail, ces deux institutions rapaces du capitalisme. Ils les remplacent pour financer une croissance non capitaliste. La collectivité investit dans ces fonctionnaires pour générer de la valeur d’usage utile socialement. Voilà la bonne façon, juste, honnête et véritablement révolutionnaire, d’appréhender cette question. Les fonctionnaires créent une valeur d’usage non lucrative socialement utile et autrement productive. C’est indispensable à l’émancipation des classes populaires en diminuant très fortement la croissance des inégalités sociales d’un pays.

    Vouloir à tout prix remplacer les services sociaux par de la charité, c’est-à-dire un droit collectif par une aumône individuelle et des colis alimentaires ; limiter et contraindre l’État aux seuls services régaliens en limitant le financement des services sociaux au strict minimum… C’est le propos que se sont assigné les capitalistes qui souhaitent d’une certaine manière le retour d’un État féodal et font de Germinal leur programme social. 
     
    [1] https://www.cairn.info/revue-mouvements-2013-1-page-60.htm
    [2] https://www.liberation.fr/futurs/2013/10/28/les-fonctionnaires-createurs-de-richesse_942937

    Source : https://www.investigaction.net/fr/la-charite-et-le-volontariat-comme-therapie-de-choc-pour-un-grand-re

    #services_publics #privatisation #service_public #travail #surveillance #santé #femmes #économie #police #politique #éducation #droits_sociaux_-_santé_-_services_publics #eau #charity_business #guerre_aux_pauvres #pauvreté #fiscalité #sécurité_sociale #charité

  • [critiquer pour mieux converger]
    Lettre ouverte aux militant-e-s d’Extinction Rebellion
    « Ce n’est pas uniquement aux mouvements sociaux de faire un pas vers les écolos »
    La rédaction de Grozeille a reçu et publie cette lettre ouverte aux militant-e-s de Extinction Rebellion France participant à la Rébellion Internationale d’Octobre (RIO).
    par des jeunes de Désobéissance Ecolo Paris, et signée par d’autres collectifs : ACTA, Cerveaux non disponibles, le CLAQ, et le Comité Adama.
    https://grozeille.co/lettre-ouverte-aux-militant-e-s-de-extinction-rebellion

    Ce n’est donc pas en tant qu’adversaires, ou critiques acerbes tirant un plaisir particulier du fait de dénigrer tout ce qui ne leur paraît pas être assez radical, que nous nous adressons à vous aujourd’hui.

    C’est plutôt en tant que celles et ceux, qui ayant noué des liens avec vous, sommes préoccupé-e-s par la tournure que pourrait prendre votre mouvement et qui, nous le craignons fort, enterrerait toute convergence réelle entre les divers mouvements sociaux se battant pour un monde plus juste et le mouvement écolo en France. Pourquoi des paroles si alarmantes, demanderez-vous ?

    Malgré l’atmosphère festive des premiers jours de la Rébellion Internationale d’Octobre, certaines des attitudes militantes et de leurs modes de fonctionnement nous interpellent, voire nous indignent. Nous considérons essentiel que ces questions précises puissent être réglées sincèrement et de bonne foi, pour nous permettre de continuer à nous allier de plein gré et sans sacrifier nos principes contre la morbidité omniprésente.

    Les voici :

    - Banalisation des violences policières
    – Violence invisible de la non-violence dogmatique
    – Le manque d’inclusivité du cadre d’action envers les classes populaires
    – Massification ou apolitisme ?
    – Une écologie du non-dérangement ?
    – Quelques propositions pour fuir les lignes toutes tracées

    #Convergence19 #ExtintionRebellion #RebellionWeek #RIO #ecologie

  • #Portfolio | Maintien de l’ordre, le délire autoritaire de Macron
    Avec une #photo de Ricardo Parreira hallucinante de la personnalisation de son holster par un membre de la BAC : en plus d’être « non-réglementaire », l’utilisation de la figure du croisé en dit très très très long sur la vision que se fait de son rôle ce policier...
    https://www.lamuledupape.com/2019/09/06/maintien-de-lordre-le-delire-autoritaire-de-macron |+ http://archive.is/EsK3F

    Le reste des illustrations, du même photographe-auteur, rappelle où en est non-pas le #maintien_de_l'ordre mais bien la #guerre menée contre la contestation politique...

    Ce petit portfolio a pour but de montrer que les violences d’État ou les mécanismes de répression psychologique que nous condamnons en Ukraine, en Israël ou en Russie, sont dans les faits pratiqués en France, masqués derrière les exigences de la République et du maintien de l’ordre public.

    #violences_policières #armes

  • VIDEO : VIOLENTE EXPULSION D’UN BATIMENT REQUISITIONNE
    La clinique de l’Union à Vaulx-en-Velin est réquisitionnée depuis le 31 août : appel à soutien - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/La-clinique-de-l-Union-a-Vaulx-en-Velin-21048

    les habitants, contraints par les force de l’ordre, se sont réfugiés sur le plus haut toit du bâtiment. Les flics essayent sans succès de les déloger en dépit du danger que cela fait courir à la quarantaine de personnes bloquées sur ce toit. Plus d’une centaine de personnes sont réunies dans les rues adjacentes pour soutenir les habitants, après que les flics les aient virer violemment(coups de tonfa, gazages etc) de devant le bâtiment. La détermination des soutien comme des habitants est intacte. On vit ici on reste ici !

    https://archive.org/details/expulsionunion

    #violences_policières #répression #migration #sans-papier.es #squats #réquisition #logement

  • Quel avenir pour les sites « low-tech » ? – Graphisme & interactivité
    https://graphism.fr/quel-avenir-pour-les-sites-low-tech

    Nombreux sont les articles qui disent que le numérique, Internet et le web émettent des gaz à effets de serre et donc que toute cette immatérialité (apparente) contribue à détruire notre environnement. Vous en avez sûrement déjà lu. Je ne reviendrai pas sur le sujet.

    Alors faut-il arrêter d’aller sur Internet ? Faut-il arrêter de faire des sites web ? Le métier de webdesigner (et de designer dans son ensemble, mais ça, je reviendrai dessus avec d’autres articles) est-il condamné à disparaître… ou pourquoi pas à se réinventer ? Si oui, pour faire quoi ? Et comment ? Toutes ces questions, je me les pose, et chaque jour, je me demande s’il ne vaudrait mieux pas mettre un bon nombre de projets et d’actions sur pause (ou sur stop) pour éviter d’être contre-productif et éviter de détruire ce qu’il reste à détruire.

    #low-tech #internet #ressources #graphisme