• Robots-journalistes : 10 questions éthiques | Meta-media | La révolution de l’information
    http://meta-media.fr/2015/03/27/robots-journalistes-10-questions-ethiques.html
    http://meta-media.fr/files/2015/03/shutterstock_67987204.jpg

    Dimanche soir, les robots-journalistes du journal Le Monde produiront — comme la semaine dernière *— résultats et fiches d’élections par milliers, très rapidement. Au lieu de ricaner, saluons cette initiative libératrice, qui arrive après celle de l’agence américaine Associated Press (AP) laissant depuis quelques semaines des machines écrire les résultats financiers ou sportifs. Car les journalistes sont enfin disponibles pour des tâches plus gratifiantes, à plus forte valeur ajoutée. Vérifier, donner du sens, notamment. Ce qu’on leur demande, d’ailleurs !
    Il n’empêche ! Des questions légitimes, souvent éthiques, se posent. Tom Kent, directeur adjoint de la rédaction d’AP, responsable des standards d’écriture et des guides de style de l’agence de presse, vient d’en lister 10. Avec son autorisation, nous les reproduisons ici

    • 1. Les données d’origine sont-elles fiables ?

      La source des #données est-elle un ministère ou une agence du gouvernement ? Puise-t-on dans les document publics d’une entreprise cotée en bourse ? Dans ces cas, les données sont probablement fiables (il demeure nécessaire, bien sûr, de vérifier si leur transmission se fait toujours correctement). Les sources, cependant, ne sont pas toujours crédibles. Les données sur le soccer amateur peuvent être fournies par des parents qui assistent aux parties de leurs enfants, par exemple. Pouvez-vous faire confiance en tout temps à ce type de collecte de données ?

      2. Avez-vous les droits sur les données ?

      Vos fournisseurs de données ont-ils le droit de vous les faire parvenir ? Avez-vous le droit de les traiter et de les publier ? Si oui, vos droits s’étendent-ils sur l’ensemble des plateformes sur lesquelles vous diffusez ? Et ces #droits sont-ils éternels ou limités dans le temps ?

      3. Les récits automatisés sont-ils répétitifs ?

      Des faits différents racontent une histoire différente. Le #logiciel dont vous vous servez devrait être en mesure d’utiliser des approches différentes en fonction de ce que racontent les données.

      4. Votre démarche est-elle transparente ?

      Il va de soi que vous informerez vos lecteurs que ce qu’il lisent a été rédigé automatiquement par un logiciel. Mais vous pouvez faire davantage : fournir des hyperliens pour permettre au public d’identifier la source des données et de comprendre comment fonctionne votre robot.

      5. Votre robot suit-il vos normes ?

      Vos récits automatisés sont-ils rédigés en fonction des mêmes normes que ce qu’écrivent les journalistes en chair et en os ? Si ce n’est pas le cas, cela pourrait donner l’impression à vos lecteurs que vous laissez le robot écrire n’importe comment (et, par extension, n’importe quoi).

      6. Êtes-vous prêt à défendre ce qui est écrit par un logiciel ?

      Si des lecteurs remettent en question les faits à la base d’un article automatisé, ou encore le choix des faits qui a été effectué par votre logiciel, pouvez-vous expliquer pourquoi (ou obtenir une explication rapidement de la part de vos fournisseurs de données ou du concepteur de votre robot) ? Répondre : « C’est la faute de l’ordi » ne suffira pas. Serez-vous prêts à divulguer, par exemple, que dans vos comptes-rendus automatisés de soccer amateur, vous programmez votre logiciel pour qu’il mette l’emphase sur les bons coups afin d’encourager la pratique du sport chez les jeunes ?

      7. Qui surveille le robot ?

      Des pépins avec les données de base, ou encore avec le logiciel de rédaction, peuvent engendrer des erreurs qui, à leur tour, peuvent se traduire par des centaines, voire des milliers d’articles erronés. Faites de nombreux tests avant de publier quoi que ce soit. Dans les premières phases de l’#automatisation, assurez-vous qu’un véritable journaliste vérifie les textes du robot avant de les publier. Une fois la période de rodage terminée, les articles pourront être automatiquement mis en ligne avec, toutefois, des vérifications sporadiques par des rédacteurs humains.

      8. Songez-vous à la production automatisée de contenu multimédia ?

      Certains systèmes créent automatiquement des vidéos ou des galeries de photos pour accompagner des textes. Dans ces cas, avez-vous les droits sur le matériel vidéo et/ou photo que vous diffuserez ? Comment vous assurerez-vous, avant leur mise en ligne, que les vidéos et/ou photos en question ne contreviennent pas à vos politiques éditoriales (matériel obscène, haineux, de mauvais goût, etc.) ?

      9. Votre logiciel résume-t-il correctement de longs textes ?

      Faites des test exhaustifs, car il est possible que certains éléments importants d’un long texte échappent à votre logiciel lorsqu’il tentera de le résumer. Tom Kent rapporte que l’Associated Press a entré le texte de la Genèse, par exemple, dans un logiciel qui fait des sommaires automatisés. Dans ce que le logiciel a produit, il n’y avait aucune mention du jardin d’Éden !

      10. Êtes-vous prêt pour la suite ?

      Le #journalisme_automatisé n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Il y a fort à parier qu’on s’en servira éventuellement pour couvrir des sujets controversés comme des campagnes électorales. Un politicien pourrait demander de savoir pourquoi il a été couvert de telle ou telle façon. Il pourrait demander (comme pourrait le faire toute personne ou groupe qui fait l’objet de vos reportages automatisés) de voir quels paramètres sont utilisés par votre robot en exigeant de consulter le code source. Essayez d’anticiper toutes les possibilités avant qu’elles ne surviennent.

      #médias #presse #robotisation #journalisme




  • Comment faire payer Google et Amazon ? - Rue89
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/113421871090

    https://31.media.tumblr.com/c6298f6cc65e6e5cc67b94868b6ce9c0/tumblr_inline_nl3d3ymRYt1qz6b8d.jpg

    Avec une belle infographie, Andréa Fradin pour Rue89 détaille le casse-tête de la fiscalité numérique. Comment taxer les géants américains du Net ? Les propositions se succèdent mais n’avancent pas. La raison : c’est toute l’économie qui est devenue globale à l’heure du numérique et qui échappe aux taxes nationales. Les espoirs reposent désormais sur l’OCDE, qui mène une réflexion pour empêcher “la double non-imposition”, c’est-à-dire le fait que les grandes entreprises du numérique ont tendance à ne payer aucun impôt ni au niveau national, ni ailleurs. La question à l’heure du numérique est toujours la même : où localiser la valeur des choses ? 

    #fiscalité #mondialisation


  • Oubliez les panneaux solaires, voici le tournesol photovoltaïque
    http://www.tomsguide.fr/actualite/tournesol-solaire,46674.html
    http://media.bestofmicro.com/C/O/482568/gallery/smartflower1_w_500.jpg

    Combinant l’esthétique à l’efficacité, cette plante est composée de 12 pétales formés par des panneaux solaires pliables. L’ensemble étant monté sur un pilier motorisé qui renferme un onduleur. Grâce à son système Plug & Play, il suffit de la brancher et le tour est joué. L’utilisateur peut ainsi auto consommer sa production électrique. Pour cela, le tournesol cumule le maximum d’énergie durant la journée afin de la convertir en électricité. II suffit d’appuyer sur un bouton pour qu’il replie ses pétales durant la nuit. Contrairement aux installations classiques, celui-ci a pour avantage d’assurer un rendement supérieur à 40%.


  • Des protocoles pour faire valoir les savoirs traditionnels face à la biopiraterie
    http://www.actu-environnement.com/ae/news/biopiraterie-protocole-savoirs-traditionnels-autochtones-24042.p
    Comment faire reconnaître les droits coutumiers des populations autochtones sur le terrain afin d’éviter l’appropriation de leurs savoirs traditionnels sans leur consentement préalable et sans le partage des avantages et des bénéfices qui en résultent ?

    Malheureusement #Paywall...
    @odilon
    #biopiratrie #droit_coutumier #bigpharma




  • They were never there: Russia’s silence for families of troops killed in Ukraine | World news | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2015/jan/19/russia-official-silence-for-families-troops-killed-in-ukraine

    Yelena Tumanova, a hospital orderly from Russia’s Mari El republic, said her son Anton Tumanov told her by phone on 10 August that his army unit was being sent to Donetsk. On 20 August, a coffin came back to Mari El with a small window through which she could see his face. His legs had been torn off by an artillery strike, his comrades told her. He was 20 years old.
    (…)
    Tumanov’s death certificate from a Rostov morgue said only that he died at “the place of temporary deployment of military unit 27777 … of massive blood loss [from] multiple shrapnel wounds”, the independent newspaper Novaya Gazeta reported.
    (…)
    The “volunteer” service Putin referred to is often anything but, according to several rights advocates. They say soldiers have told them that they were pressured to sign documents to go on a “business trip” to eastern Ukraine or “volunteer” in other ways. Tumanov told his mother that his commanders offered a 400,000-rouble bonus to sign up to fight in Ukraine, then simply ordered them forward when volunteers weren’t forthcoming. Some captured Russian paratroopers recounted that they had gone on a supposed training mission in armoured carriers and only later realised they were in Ukraine.

    It is unclear how many Russian servicemen have been killed in eastern Ukraine, but soldiers’ rights advocates say the number is likely to be in the hundreds. Besides Open Russia’s 260-name working list, the independent television channel Dozhd has confirmed the deaths of 34 soldiers named in a list on its website.


  • Excel Tutorial - Easy Excel 2010

    http://www.excel-easy.com

    http://www.excel-easy.com/ogi/tutorial.png

    Je ne sais pas si c’est bien, j’ai pas regardé, mais j’ai pensé que ça pourrait servir à certains d’entre nous. Je signale, donc :)

    Welcome to Excel Easy

    We offer a tutorial (Introduction, Basics, Functions, Data Analysis and VBA) on how to use Excel. Below you can find a complete overview. Want to learn much more about Excel? You can find related examples and features (300 Examples) on the right side of each chapter. We keep it easy!

    #excel #tutorial



  • Antonio Casilli : peut-on encore aimer #internet ? - Rue89
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/107391887633

    Très stimulante interview du sociologue Antonio Casilli sur Rue89… Peut-on encore aimer Internet ? 

    "Internet est moins le lieu d’une communication agressive, que celui d’une communication ambiguë, complexe, créatrice de malentendus, et pour laquelle nous n’avons pas encore tous les codes." (…)” Nous avons eu ce moment d’aveuglement nécessaire, ce moment où nous avons cru aveuglément en Internet, et les conséquences de ce moment ne sont pas négligeables. Car si le but, consistant par exemple à établir les conditions d’un débat vraiment démocratique, n’est pas encore atteint, nous avons tout de même fait le premier pas consistant à considérer ce but comme souhaitable. C’est un peu grâce à Internet si on considère comme souhaitable l‘“empowerment” citoyen, la transparence, l’ouverture des données, la rupture (...)

    #politique




  • Les lourdes conséquences des prêts étudiants aux Etats-unis
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140610trib000834453/les-lourdes-consequences-des-prets-etudiants-aux-etats-unis.html

    Le montant total des prêts étudiants américains a fortement augmenté. En effet, depuis 2008, l’encours (stock actuel de dette) des prêts étudiants a augmenté de +50% et s’élève dorénavant à près de 1’000 milliards de dollars, soit environ 750 milliards d’euros. Ainsi, la dette moyenne par étudiant universitaire aux Etats-Unis est de 25’000 dollars. Dans ce cadre, le montant total des crédits étudiants sont certes inférieurs aux crédits immobiliers, mais ils sont maintenant supérieurs aux autres types de crédits tels que les crédits automobiles ou les crédits à la consommation.

    Les raisons qui expliquent cet emballement des prêts étudiants sont doubles :

    Tout d’abord, cette évolution traduit une hausse du coût des études avec une augmentation des frais d’entrées à l’université allant de +30% dans les établissements privés à +40% dans les établissements publics.
    La hausse de l’endettement des étudiants reflète également la chute parallèle des bourses étudiantes accordées de -20%.

    La hausse des taux d’intérêts sur ces prêts a récemment augmenté. En effet, alors qu’auparavant le taux de crédit garanti par l’Etat fédéral pour les étudiants remplissant certaines conditions de ressources était de 3,4%, ce taux a été doublé depuis le 1er juillet 2013 pour s’élever dorénavant à 6,8%. La hausse du taux de crédit pour ces étudiants entraîne un surcoût moyen de 4,600 dollars par étudiant.

    Le défaut de paiement atteint des niveaux inquiétants. En effet, le nombre des crédits contractés au titre du financement des études augmente progressivement année après année pour s’élever à 11% en 2012. Autrement dit, un crédit étudiant sur dix ne peut actuellement pas rembourser correctement.

    #dette #éducation


  • Nostalgie nostalgie : ce doit être le second site qu’on a réalisé avec Diala (mars 2005) : Le Comptoir commercial du Sénégal, toujours là tel quel :
    http://www.ccs.sn

    C’est du SPIP 1.8.1, pas de jQuery, conçu pour tourner sur des écrans de 800 pixels de large… Et de très chouettes animations assez inédites pour l’époque (et c’est du HTML, il n’y a pas de Flash là-dedans). Par exemple, cliquer sur les liens de la colonne de gauche :
    http://www.ccs.sn/-Sanitaire-
    les blocs se redimensionnent – ohhh
    (recharger, aussi : il y a des calculs aléatoires dans la maquette).

    #SPIP-1.8.1


  • Les merveilles des îles Salomon
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-merveilles-des-iles-salomon

    Cette région méconnue du Pacifique fait pour la première fois l’objet d’une exposition en France. L’occasion de découvrir des objets à l’esthétique unique, dont certains sont encore utilisés de nos jours, comme l’explique Sandra Revolon, conseillère scientifique de l’exposition visible jusqu’en février au musée du quai Branly.


  • « Yoann Spicher, doctorant en Sciences de l’information et de la communication, signe dans nos colonnes une tribune sur « l’Internet, zone de non-droit ». Une critique si souvent adressée par les politiques que cet ancien permanent de la Quadrature du Net retourne savamment. »

    http://www.nextinpact.com/news/91498-tribune-ne-laissons-pas-internet-devenir-zone-non-droit.htm

    #libertés #Internet #non-droit



  • La propagation des néologismes suit des frontières culturelles préexistantes - Medium
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/105426337151

    Est-ce que les nouveaux mots, les abréviations à l’heure des médias sociaux globaux se répandent uniformément ? C’est la question qu’ont posé les linguistes autour de Jacob Eisenstein du Georgia Tech d’Atlanta, rapporte l’excellent ArXiv Blog. Pour cela, le chercheur et ses équipes ont observé la propagation de néologismes sur Twitter pour observer si langue converge vers un seul #langage commun. Et bien pas du tout ! Les dialectes électroniques sont aussi nombreux que les dialectes réels et recoupent d’ailleurs les mêmes lignes de fracture que ceux du monde réel. Pour cela, ils ont étudié 107 millions de messages provenant de plus de 2,7 millions de comptes américains en les associant aux 200 grandes régions métropolitaines américaines. Ils ont observé la fréquence des mots pour suivre leur évolution et ont (...)

    #réseaux_sociaux


  • Un lycée se mobilise pour ses élèves qui dorment dans la rue
    http://www.bastamag.net/A-Paris-des-lyceens-sans-abris

    Comment suivre une scolarité sans encombre quand on dort dans une station de métro ? Sans-papiers, arrivés récemment en France, ils seraient entre 50 et 150 lycéens parisiens à appeler tous les soirs le 115, à s’abriter sous les ponts du métro ou à être hébergés dans les bureaux de la Fédération indépendante démocratique lycéenne (Fidl). Pour la plupart, ils sont laissés pour compte par les pouvoirs publics, et notamment l’Aide sociale à l’enfance de la municipalité de Paris. Cette dernière se fie à des tests (...)

    En bref

    / #Île-de-France, #Migrations, #Luttes_sociales, #Logement


  • http://www.theguardian.com/world/2014/dec/11/-sp-isis-the-inside-story?CMP=share_btn_fb
    Traduction de Isis : the inside story . Yamine Makri

    L’Etat islamique e l’Irak et du Levant vu de l’intérieur
    Martin Chulov, The guardian

    (Un article du Guardian que j’ai traduit qui donne quelques précisions sur cette organisation.)

    L’un des commandants supérieurs de l’Etat islamique révèle des détails sur les origines de cette organisation à l’intérieur même d’une prison irakienne, juste sous le nez de leurs geôliers américains.

    À l’été 2004, un jeune djihadiste enchainé marche lentement dans la prison du Camp de Bucca, dans le sud de l’Irak. Il est nerveux lorsque deux soldats américains le conduisent à travers trois bâtiments lumineux et un dédale de couloirs, dans une cour ouverte. D’autres hommes portant des uniformes de prison aux couleurs vives reculent prudemment, en le regardant.

    « J’ai reconnu certains d’entre eux tout de suite » m’a-t-il dit. « J’avais craint le camp de Bucca. Mais quand je suis arrivé, c’était beaucoup mieux que ce que je pensais. »
    Le djihadiste, qui utilise le nom de guerre d’Abû Ahmad, est arrivé au Camp de Bucca lorsqu’il était jeune homme il y a une décennie, il est maintenant un haut fonctionnaire dans l’État islamique (Isis), avoir gravi tous les échelons avec aussi la plupart des hommes qui avaient servi à ses côtés en prison. Comme lui, les autres détenus avaient été capturés par des soldats américains dans différentes villes d’Irak et conduit à cet endroit qui était déjà tristement célèbre : une prison-forteresse au milieu désert qui restera un des héritages de la présence américaine en Irak.

    Les autres prisonniers étaient également terrifiés par le camp de Bucca, mais ils se sont vite rendu compte que, loin de leurs pires craintes, la prison américaine pouvait être une opportunité extraordinaire : « Nous ne pourrions jamais être tous réunis comme ceci à Bagdad, ou n’importe où ailleurs » dit-il. « Cela aurait été incroyablement dangereux et risqué. Ici, nous n’étions pas seulement en sécurité, mais nous étions aussi à quelques centaines de mètres des uns des autres avec l’ensemble des dirigeants d’Al-Qaida. »

    C’est au Camp de Bucca qu’Abû Ahmad a rencontré Abu Bakr al-Baghdadi, l’émir de l’Etat islamique qui est maintenant décrit comme le chef terroriste le plus dangereux du monde. Dès le début, « d’autres hommes dans le camp semblaient s’en remettre à lui. Mais aucun de nous ne savait qu’il allait finir en tant que leader. »

    Abû Ahmad était un membre essentiel dès la première incarnation du groupe. Jeune homme, il militait contre l’occupation américaine qui essayait d’imposer un changement de pouvoir en Irak en favorisant la population chiite du pays au détriment des sunnites dominants. (…)

    Abû Ahmad a accepté de parler publiquement après plus de deux années de discussions, au cours de laquelle il a révélé son passé comme l’un des militants les plus redoutables de l’Irak – il a voulu partagé sa profonde inquiétude pour l’Isis et l’avenir de la région. Avec l’Irak et la Syrie en feu, tous le Moyen-Orient est apparemment condamnés à une nouvelle génération de troubles et d’effusions de sang. La brutalité d’Isis est de plus en plus en contradiction avec ses propres idéaux.

    Ses doutes au sujet de ce que l’État islamique est devenu l’ont conduit à parler au Guardian en une série de conversations expansives, qui offrent une perspective unique sur son leader énigmatique et la naissance du groupe armé - qui s’étend de 2004, quand il a rencontré Abu Bakr al -Baghdadi au Camp de Bucca, à 2011, lorsque l’insurrection irakienne a traversé la frontière vers la Syrie.

    Au début, de retour du Camp de Bucca, le prisonnier qui allait devenir l’homme le plus recherché du monde s’était déjà mis à l’écart des autres détenus. Mais, Abû Ahmad nous rappelle, que les geôliers américains avaient une très différente impression de Al-Baghdadi. Ils le voyaient comme une personne influence, conciliante et apaisante dans un environnement incertain et ils se tournèrent vers lui pour les aider à résoudre les conflits entre les détenus. « J’avais ce sentiment qu’il nous cachait quelque chose. Il était à l’opposé des autres émirs qui étaient beaucoup plus facile d’accès. Il se tenait à distance, loin de nous tous. »

    Baghdadi est né Ibrahim ibn al-Badri Awwad al-Samarrai en 1971, dans la ville irakienne de Samarra. Il a été détenu par les forces américaines à Falloujah, à l’ouest de Bagdad, en Février 2004, quelques mois après qu’il ait contribué à fonder un groupe militant, Jaysh Ahl al-Sunna wal-Jama‘a, qui avait pris racine dans les communautés sunnites agitées autour de sa ville natale.

    « Il a été capturé dans la maison de son ami », a déclaré le Dr Hisham al-Hashimi, un analyste qui conseille le gouvernement irakien sur l’Isis. « Le nom de son ami était Nasif Jasim Nassif. Puis il a été déplacé à Bucca. Les Américains n’ont jamais su qui ils étaient. La plupart des autres prisonniers avec Baghdadi - quelques 24 000 hommes, répartis en 24 camps – semblaient ne pas le savoir non plus. La vie dans la prison était organisée selon des règles strictement hiérarchiques. La couleur des uniformes permettait aux geôliers et aux prisonniers de reconnaître la place de chaque détenu dans cet ordre hiérarchique. « La couleur des vêtements que nous portions reflète notre statut, a déclaré Abû Ahmad. Si je me souviens bien, rouge était pour les gens qui avaient fait des choses mal en prison, blanc était un chef, vert était pour les longues peines et jaune et orange étaient pour les autres. »

    Lorsque Baghdadi, 33 ans, est arrivé à Camp de Bucca, l’insurrection anti-américaine sunnite prenait de l’ampleur à travers l’Irak central et occidental. Une invasion qui avait été vendu comme une guerre de libération était devenue une guerre d’occupation. Les sunnites irakiens, privés de leurs droits par le renversement de Saddam Hussein, s’engageaient dans la lutte contre les forces américaines et ils commençaient à tourner leurs armes vers les bénéficiaires du renversement de Saddam Hussein, la majorité de la population chiite du pays.
    Le petit groupe militant qui a dirigé Al-Baghdadi était l’un des dizaines qui ont germé à partir d’une large révolte sunnite dont beaucoup allaient bientôt se réunir sous le drapeau d’al-Qaïda en Irak, puis l’Etat islamique d’Irak. C’étaient les précurseurs de ce mastodonte maintenant connu simplement comme l’Etat islamique, qui a, sous le commandement de Al-Bagdhadi, envahi une grande partie de l’ouest et du centre du pays et est de la Syrie, et qui a finalement provoqué le retour de l’armée américaine dans une région profondément déstabilisé, moins de trois année après l’avoir quitté, jurant à l’époque de ne plus jamais revenir.

    Mais à l’époque de son séjour à Bucca, le groupe de Al-Baghdadi était peu connu, et il était une figure beaucoup moins importante que le chef de file théorique de l’insurrection, l’impitoyable Abou Moussab al-Zarqaoui, qui est venu à représenter la somme de toutes les peurs pour beaucoup en Irak, en Europe et aux États-Unis. Al-Baghdadi, cependant, avait une façon unique de se distinguer des autres leaders potentiels à l’intérieur et à l’extérieur de Bucca et dans les rues de l’Irak :il revendiquait d’une ascendance d’une lignée directe au Prophète Muhammad. Il avait également obtenu un doctorat en études islamiques de l’Université islamique de Bagdad, ce qui légitimera sa demande sans précédent de devenir le calife du monde islamique en Juillet 2014.

    « Al-Baghdadi était une personne calme » dit Abû Ahmad. « Il a un charisme. On sentait qu’il était quelqu’un d’important. Mais s’il n’y avait pas d’autres éléments qui étaient bien plus importants. Honnêtement, je ne pense pas qu’il en serait arriver là. »

    Al-Baghdadi semble aussi avoir une influence sur ses ravisseurs américains. Selon Abû Ahmad, et deux autres hommes qui ont été emprisonnés au Camp de Bucca en 2004, les Américains voyaient en lui un élément qui pourrait résoudre les différends entre factions rivales haineuses et de garder ainsi le camp calme.

    « Mais avec le temps, à chaque fois qu’il y avait un problème dans le camp, il était lui-même au centre du problème. » Abû Ahmad dit ainsi : « Il voulait être le chef de la prison, et avec le recul maintenant, il s’est en fait imposé en divisant et il a pu obtenir ce qu’il voulait. » En Décembre 2004, Al-Baghdadi a été jugé par ses geôliers américains ne poser aucun risque supplémentaire et sa libération a été autorisée.

    « Il était beaucoup respecté par l’armée américaine » nous dit Abû Ahmad. « S’il voulait visiter des personnes dans un autre camp, il le pouvait, mais nous, nous ne pouvions pas. Et pendant ce temps, sa nouvelle stratégie, de construire l’État islamique s’organisait. S’il n’y avait pas eu cette prison américaine en Irak, il n’y aurait pas eu l’Etat islamique. Bucca était une usine où s’élaborait le projet. Ils y ont construit notre idéologie. »

    Isis a été conduit par des hommes qui ont passé du temps dans les centres de détention américains pendant l’occupation américaine de l’Irak. En plus de Bucca, il y avait le Camp Cropper, près de l’aéroport de Bagdad, et, la tristement célèbre prison d’Abou Ghraib dans la banlieue ouest de la capitale. Plusieurs officiers supérieurs américains qui dirigeaient les opérations de détention ont admis que les prisons avaient un effet incendiaire sur l’insurrection et radicalisaient ceux qui y séjournaient.

    Abû Ahmad précise : « En prison, tous les émirs se réunissaient régulièrement. Nous sommes devenus très proches de ceux avec qui nous étions emprisonnés. Nous connaissions leurs capacités. Nous savions ce qu’ils pouvaient et ne pouvaient pas faire, comment les utiliser pour une raison quelconque. Les personnes les plus importantes dans Bucca étaient ceux qui avaient été près de Al-Zarqaoui. » Il a été reconnu en 2004 comme étant le leader du jihad.

    « Nous avons eu beaucoup de temps pour nous asseoir et planifier », a-t-il poursuivi. « C’était l’environnement parfait. Nous avions tous convenu de nous réunir quand nous sortirons. »

    Selon Hisham al-Hashimi, l’analyste basé à Bagdad, le gouvernement irakien estime que 17 des 25 plus importants chefs d’Etat islamiques exécutant la guerre en Irak et la Syrie ont été incarcéré dans les prisons américaines entre 2004 et 2011. Certains ont été transférés par la garde américaine dans les prisons irakiennes, où une série d’évasions au cours des dernières années ont permis à de nombreux hauts dirigeants de s’échapper et de rejoindre les rangs des insurgés.

    Abou Ghraib a été le théâtre de la plus grande - et la plus dommageable - évasion en 2013, avec un maximum de 500 détenus, beaucoup d’entre eux avaient été remis par l’armée américaine aux autorités irakiennes lors de leur départ. Après la prison a été prise d’assaut par les forces de l’État islamique, qui ont lancé simultanément, et avec autant de succès, d’autres raids à proximité sur la prison de Taji. Le gouvernement irakien a finalement fermé Abu Ghraib en Avril 2014.
    (…) La révélation des abus à Abou Ghraib a eu pour effet de radicaliser de nombreux Irakiens. Alors que Bucca avait déjà eu de nombreuses plaintes pour abus avant sa fermeture en 2009, ces prisons ont été perçu par les Irakiens comme un puissant symbole d’une politique injuste, qui a balayé des maris, des pères et des fils - certains d’entre eux des non-combattants – capturé lors de raids militaires. Beaucoup resteront en prison pendant des mois ou des années.

    À l’époque, l’armée américaine rétorquait que ses opérations de détention étaient valides, et que des pratiques similaires ont été déployés par d’autres forces contre les insurrections - tels que les Britanniques en Irlande du Nord, les Israéliens à Gaza et en Cisjordanie, et les régimes syriens et égyptiens (!!!).

    Même maintenant, cinq ans après que les États-Unis aient fermé Bucca, le Pentagone défend le camp comme un exemple de politique légale pour une période turbulente. « Pendant les opérations en Irak de 2003 à 2011, les forces américaines a incarcéré des milliers de détenus de guerre », a déclaré le lieutenant-colonel Myles B Caggins III, un département américain de la Défense porte-parole de la politique des détenus. « Ce type de détentions sont une pratique courante pendant les conflits armés. Détenir des personnes potentiellement dangereuses est la méthode juridique et humaine d’assurer la sécurité et la stabilité pour les populations civiles. »

    Quelque temps après qu’Al-Baghdadi a été libéré de Bucca, Abû Ahmad a également été libéré. Après avoir atterri à l’aéroport de Bagdad, il a été contacté par les hommes qu’il avait rencontrés au Camp de Bucca. Ils l’ont emmené dans une maison dans l’ouest de la capitale, où il a immédiatement rejoint le djihad, qui s’est transformé d’une lutte contre une armée d’occupation en une guerre sans retenue contre les chiites irakiens.

    Les escadrons de la mort étaient alors courants à Bagdad et une grande partie de centre de l’Irak, tuant des membres de groupes opposés et exilant les résidents des quartiers qu’ils dominaient. La capitale était vite devenu un endroit très différent de la ville qu’Abû Ahmad avait laissé un an plus tôt. Mais avec l’aide des nouveaux arrivants au camp de Bucca, ceux de l’intérieur de la prison avaient été en mesure de planifier chaque nouveau développement dans le déroulement de cette guerre sectaire.

    Al-Zarqaoui voulait intensifier le conflit par quelque chose qui mènerait la lutte au cœur de l’ennemi. En Février 2006, et de nouveau deux mois plus tard, les hommes de Zarqawi ont donc détruit le mausolée de l’imam al-Askari à Samarra, au nord de Bagdad. La guerre sectaire a été totalement enflammé et les ambitions de Al-Zarqawi réalisées.

    Interrogé sur le bien-fondé de cette provocation violente, Abû Ahmad dit qu’« Il y avait une raison pour l’ouverture de cette guerre. Ce n’était pas parce qu’ils sont chiites, mais parce que les chiites coopéraient avec l’armée américaine ce qui a facilité la prise de contrôle américaine de l’Irak. Ils étaient, en coopération l’un avec l’autre. »

    (…) Malgré les réserves qui avaient déjà commencées en 2006, Abû Ahmad était devenu une partie d’une machine à tuer qui fonctionnera à pleine vitesse pendant la majeure partie des deux années suivantes. Des millions de citoyens ont été déplacées, des quartiers ont été nettoyés selon des lignes sectaires, et une population entière impliquée dans des brutalités incontrôlées.

    Cet été là, les États-Unis ont finalement repéré Al-Zarqaoui, avec l’aide des renseignements jordaniens, le tuant dans un raid aérien au nord de Bagdad. Dès la fin 2006, l’organisation était en perte de vitesse - entravée par une révolte tribale qui a déraciné son leadership de Anbar et a diminué sa présence ailleurs en Irak. Mais selon Abû Ahmad, le groupe a bien révélé son pragmatisme, en plus de son idéologie extrémiste. Pour Isis, les années relativement calmes entre 2008 et 2011 représentaient une accalmie, pas une défaite.

    A cette époque, Abou Bakr al-Baghdadi a su devenir une aide de confiance à son chef, Abou Omar al-Baghdadi, et son adjoint, le jihadiste égyptien Abu Ayub al-Masri. Abû Ahmad a déclaré que Isis a effectué une approche auprès de certains cadres du parti Baas de l’ancien régime - adversaires idéologiques mais qui partageaient un ennemi commun : les États-Unis et le gouvernement dirigé par les chiites.

    Les liens de la Syrie à l’insurrection sunnite en Irak ont été régulièrement soulevés par les autorités américaines à Bagdad et par le gouvernement irakien. Tous deux étaient convaincus que le président syrien, Bachar al-Assad, a permis aux djihadistes d’utiliser l’aéroport de Damas, où les responsables militaires les escortaient jusqu’à la frontière avec l’Irak. « Tous les étrangers que je connaissais sont entrés en Irak de cette façon, ce n’était pas un secret. »

    A partir de 2008, lorsque les États-Unis a commencé à négocier la transition de ses pouvoirs aux institutions de sécurité affaiblies de l’Irak - et donc ouvrir la voie à sa propre sortie. L’un d’eux était le major-général Hussein Ali Kamal, le directeur du renseignement au sein du ministère de l’Intérieur du pays. Un Kurde laïque qui avait la confiance de l’établissement chiite, l’une des nombreuses fonctions de Kamal était de sécuriser Bagdad contre les attaques terroristes.

    Comme les Américains, le général Kamal était convaincu que la Syrie cherchait à déstabiliser l’Irak, une évaluation basée sur les interrogatoires de djihadistes qui avaient été capturés par ses troupes. Tout au long de 2009, dans une série d’entretiens, Kamal illustrait son témoignage, en utilisant des cartes qui ont tracé les itinéraires utilisés par les djihadistes de traverser la frontière à l’ouest de l’Irak.

    Comme l’activité de l’Isis redoublait en Irak, il était devenu de plus en plus obsédé par deux réunions qui ont eu lieu en Syrie au début de 2009, qui a réuni les djihadistes irakiens, des responsables syriens et baasistes des deux pays.
    Lorsque je l’ai rencontré en 2009, il était préoccupé par les transcriptions des enregistrements qui avaient été faites lors de deux réunions secrètes dans Zabadani, près de Damas, au printemps de cette année. Les participants comprenaient des hauts baasistes irakiens qui avaient trouvé refuge à Damas depuis que Saddam a été renversé, des officiers militaires syriens de renseignement, et de hauts responsables dans ce qui était alors connu sous le nom d’al-Qaïda en Irak. Les Syriens avaient développé des liens vers les djihadistes depuis les premiers jours de l’insurrection anti-américaine et les avait utilisés pour déstabiliser les Américains et leurs plans pour l’Irak.

    « Au début de 2004/05, certains djihadistes et baasistes privés de leurs droits commençaient à se réunir », a déclaré Ali Khedery, l’ancien conseiller aux ambassadeurs américains et les commandants supérieurs à Bagdhad. « Ils étaient disciplinés, bien organisés, ce sont des gens qui connaissaient la configuration du terrain. Et au fil du temps, certaines personnes qui étaient baasistes sont devenus de plus en plus islamistes et l’insurrection a fait rage. En 2007, le général [David] Petraeus a dit que la coopération entre le renseignement militaire syrien et les djihadistes étaient évident. »

    Dans nos conversations, Abû Ahmad a souligné le lien syrien à l’insurrection en Irak. « Les moudjahidines ont transité par la Syrie » a-t-il dit. « J’ai travaillé avec beaucoup d’entre eux. Ceux du Camp de Bucca arrivaient par Damas. Un très petit nombre venait via la Turquie ou l’Iran. Mais la plupart sont venus en Irak avec l’aide des Syriens. »

    Cette connexion a été vu par les responsables irakiens comme une vraie menace existentielle pour le gouvernement iraquien et a été la principale source de la relation compliquée entre Nouri al-Maliki, alors Premier ministre de l’Irak, et Bachar al-Assad.

    « Nous avions une source à la réunion secrète de Zabadani, disait le général Kamal à l’époque. « Pour autant que nous sachions, c’est la première fois qu’il y avait eu une réunion à ce niveau stratégique entre tous ces groupes. Cela marque un nouveau tournant. »

    Les baasistes dirigeaient la réunion. Leur objectif, selon la source de général Kamal, était de lancer une série d’attaques spectaculaires à Bagdad et ainsi saper le gouvernement de Maliki à majorité chiite, qui avait pour la première fois commencé à affirmer un peu d’ordre dans l’après-guerre civile en Irak. Jusque-là, al-Qaida en Irak et les baasistes avaient été ennemis idéologiques féroce, mais la montée en puissance des chiites - et leurs bailleurs de fonds en Iran - les a réunis pour planifier une grève majeure sur la capitale.
    (…)

    En Mars 2010, les forces irakiennes, agissant sur une demande des Etats-Unis, a arrêté un chef de file de l’Etat islamique appelé Munaf Abdul Rahim al-Rawi, qui s’était révélé être l’un des principaux commandants du groupe à Bagdad, et l’une des rares personnes qui ont eu accès au chef, Abou Omar al-Baghdadi. Al-Rawi a parlé. Et dans un rare moment de collaboration, trois organes principaux de renseignement de l’Irak, y compris la Division du renseignement du général Kamal, ont pu organiser un dispositif d’écoute et placer un tracker GPS dans la cachette d’Abou Omar.

    Après il a été confirmé qu’Abou Omar et son adjoint, Abou Ayoub al-Masri, étaient présents à une maison six miles au sud-ouest de Tikrit, il a été attaqué par un raid américain. Les deux hommes se sont fait exploser pour éviter d’être capturés. Des messages à Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahiri ont été trouvés sur un ordinateur dans la maison. Le repaire d’Abou Omar n’avait pas de connexions Internet ou lignes téléphoniques - tous les messages importants ont été réalisés à l’intérieur et par seulement trois hommes. L’un d’eux était Abou Bakr al-Baghdadi.
    « Abu Bakr était un messager pour Abou Omar » affirme Abû Ahmad. « Il est devenu son plus proche collaborateur. Lorsqu’Abou Omar a été tué, Abu Bakr a été, de faite, le nouveau leader. »

    Les décès d’Abou Omar al-Baghdadi et Abu Ayub al-Masri ont porté un coup sérieux, mais les places qu’ils avaient libérés ont été rapidement remplis par les anciens élèves du Camp de Bucca. « Pour nous, c’était une académie » Abû Ahmad continue « mais pour eux - les hauts dirigeants – c’était une école de planification. Ce n’était pas un vide du tout, parce que de nombreuses personnes avaient été encadrées en prison. »

    « Lorsque [la guerre civile en] la Syrie est devenue grave, a-t-il poursuivi, ce ne était pas difficile de transférer toute l’expertise pour une nouvelle zone de combat. Les Irakiens sont les personnes les plus importantes dans les conseils de direction de l’Isis maintenant, et c’est à cause de toutes ces années de préparation. J’ai sous-estimé Al-Baghdadi. Et l’Amérique a sous-estimé le rôle qu’il a joué en en faisant ce qu’il est. »

    Abû Ahmad reste un membre d’Isis ; il est actif dans les activités du groupe en Irak et en Syrie. Tout au long de nos discussions, il s’est présenté comme un homme réticents à rester avec le groupe, et pourtant pas disposé à risquer toute tentative de le quitter.

    La vie avec Isis signifie pouvoir, l’argent, les femmes et le statut - tous des leurres attrayants pour les jeunes armés d’une cause - mais cela signifie aussi tuer pour une vision du monde dans laquelle il ne croit plus avec tant de ferveur. Il fait remarquer que des centaines de jeunes hommes comme lui, qui ont été attirés par un djihad sunnite après l’invasion américaine, mais ne croient pas, après dix ans de guerre, que ce djihad soit resté fidèle à ses idéaux.

    « La plus grande erreur que j’ai fait est de me joindre à eux », mais il ajoute que quitter le groupe signifierait que lui et sa famille seraient certainement tués.
    « Ce n’est pas que je ne crois pas au Jihad » a-t-il dit. « Mais quelles sont les options que je ai ? Si je pars, je suis mort. »

    L’implication de Abû Ahmad dans ce qui est maintenant le groupe terroriste le plus menaçant du monde reflète beaucoup d’autres qui occupent maintenant des postes de direction dans le groupe : d’abord une bataille contre une armée d’invasion, puis un compte à régler avec un ancien ennemi sectaire, et maintenant, une guerre qui a peu de sens.

    Dans le monde des anciens de Bucca, il y a peu de place pour le révisionnisme, ou la réflexion. Abû Ahmad semble se sentir emporté par les événements qui sont maintenant beaucoup plus grand que lui, ou quelqu’un d’autre.

    « Ce ne sont pas des idéologues », a-t-il dit, se référant aux membres supérieurs d’Isis à proximité de Baghdadi. « Ce sont des gens qui ont commencé au Camp de Bucca, comme moi. Et puis c’est devenu plus grand que n’importe quel d’entre nous. Cela ne peut pas s’arrêter maintenant. C’est hors du contrôle de n’importe quel homme. Al-Baghdadi ou quelqu’un d’autre dans son entourage. »

    Martin Chulov covers the Middle East for the Guardian. He has reported from the region since 2005

    Source : http://www.theguardian.com…/…/11/-sp-isis-the-inside-story…

    #Syrie #Martin_Chulov #Isis #jihadism


    • « C’est en sélectionnant uniquement des fleurs qui vivent plus de dix jours dans un vase que les roses ont perdu leur parfum », précise Jean-Claude Caissard

      (...) Le parfum a toujours été un caractère extrêmement fragile et difficile à préserver d’une fleur à l’autre. « Sur une descendance de roses, 90 % ne garderont pas le parfum de leurs parents. C’est ce qu’on appelle un caractère génétique quantitatif », précise Jean-Claude Caissard. Dans 10 % des cas, la rose garde une odeur mais qui n’est pas forcément celle prévue : « Le parfum que va avoir une rose est toujours une surprise ! Certaines sentent l’ananas par exemple », ajoute le chercheur.

      (...) « Le problème des roses parfumées est qu’elles ont des pétales plus fragiles. Elles supportent donc mal les voyages en avion », explique Blandine Veith. Dans une logique de marchandisation massive, le commerce des roses est devenu international. L’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Est concentrent l’essentiel des grandes fermes mondiales. Un seul critère sur place : la #rentabilité. « Au Kenya, on produit des roses en toute saison, inodores et à des coûts salariaux très inférieurs à ceux de l’Europe », ajoute la sociologue. En bout de course, ces roses inondent les fleuristes du Nord et « aboutissent à la commercialisation d’uniquement deux types de roses standardisés », explique Blandine Veith. L’évolution de la rose, première plante à avoir pu être brevetée, dépendrait donc surtout d’enjeux économiques…

      #parfum #roses #fleurs #sélection


    • ??? Ils sont parfaitement vaccinés contre les oreillons.

      Crosby received a booster shot against the virus before travelling to Russia for the Winter Olympics in February and initial tests done a couple of weeks ago indicated Crosby was not in any danger.

      “It came as a bit of a surprise,” team doctor Dharmesh Vyas said. “Every indication was that he was well protected against the disease.”

      C’est juste la preuve que le vaccin ne protège pas toujours. Pour certains contradicteurs, il serait parfois même à l’origine de la maladie en entrainant également une déficience du système immunitaire.

    • Oreillons — Wikipédia
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Oreillons

      La vaccination a presque complètement supprimé les formes de l’enfance et a paradoxalement augmenté le nombre de cas chez l’adulte jeune, souvent ayant reçu une vaccination incomplète, mais parfois correctement vaccinés.

      La note de ce paragraphe renvoie vers un article de 2008
      Recent Resurgence of Mumps in the United States
      http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0706589

      http://www.nejm.org/na101/home/literatum/publisher/mms/journals/content/nejm/2008/nejm_2008.358.issue-15/nejmoa0706589/production/images/large/nejmoa0706589_f1.jpeg

    • Le vaccin contre la polio est aussi à l’origine de nouveaux cas comme de la propagation de la maladie via une contamination féco-orale. Le poliovirus se distingue entre un sauvage et un vaccinal.
      Je laisse wiv-isp.be expliquer ce processus particulier de propagation.

      Institut Scientifique de Santé Publique (Belgique)
      Poliomyélite – version Décembre 2013
      https://www.wiv-isp.be/matra/Fiches/Polio.pdf

      Au sujet de la poliomyélite vaccinale

      Les risques associés au Vaccin Polio Oral OPV comprennent la poliomyélite paralytique post-vaccinale (PPPV), les flambées épidémiques causées par des poliovirus circulants dérivés de la souche vaccinale, et le portage à long terme de virus dérivés de la souche vaccinale par les immunodéprimés.
      Lors de la vaccination OPV (vivant atténué), la souche non virulente se réplique dans l’intestin le temps que l’organisme développe des anticorps. Dans les zones d’assainissement inadéquat, la souche vaccinale peut se disséminer dans la population (ce qui permet une vaccination passive de cette population) et qui s’éteint spontanément.
      En de rares cas, si la couverture vaccinale est très faible, la souche peut survivre sur une plus longue période et peut muter (si elle circule au moins 12 mois). Ces modifications génétiques peuvent aboutir à des souches virulentes pouvant provoquer une paralysie. La résolution de ces épidémies passe par une vaccination à large échelle de la population pour obtenir une couverture vaccinale empêchant la propagation du virus.
      Après administration du vaccin atténué oral, une réversion du virus vaccinal ou un terrain immunodéprimé peut être à l’origine de la survenue exceptionnelle de paralysies chez le sujet vacciné (dans les trente jours suivant la vaccination) ou dans son entourage non vacciné (dans les soixante jours). En France, ce risque a été estimé à environ un cas sur 7,8 millions de doses distribuées chez le vacciné et un cas sur 5,5 millions de doses distribuées chez les contacts (surtout poliovirus de sérotype 3). Rappelons que le vaccin oral n’est plus disponible en Belgique, mais qu’il est utilisé par l’OMS dans les campagnes d’éradication de la poliomyélite.
      Le nombre annuel de cas de PPPV est actuellement estimé à 250-500 par an, estimation basée sur le chiffre de 2 à 4 cas de PPPV par million de naissances attendues par an.


  • Sauvegarder et restaurer son disque dur avec Clonezilla

    http://bit.ly/1wPJohK

    Clonezilla is a partition and disk imaging/cloning program similar to True Image® or Norton Ghost®. It helps you to do system deployment, bare metal backup and recovery. Two types of Clonezilla are available, Clonezilla live and Clonezilla SE (server edition). Clonezilla live is suitable for single machine backup and restore. While Clonezilla SE is for massive deployment, it can clone many (40 plus!) computers simultaneously. Clonezilla saves and restores only used blocks in the harddisk. This increases the clone efficiency. With some high-end hardware in a 42-node cluster, a multicast restoring at rate 8 GB/min was reported.

    #backup #tools #open_source

    • Oui, je suis tombée dessus en cherchant comment changer de disque dur. L’idée serait de cloner mes deux partitions actuelles (/ et /home) pour les réinstaller sur un nouveau disque dur, mais je ne suis pas certaine que ce soit la bonne démarche. J’ai un SSD de 60 Go qui a 5 ans et qui commence à être vachement étroit. Je pourrais repartir sur une instal propre et copier le /home, mais il y a tous les logiciels qui ne sont pas dans les dépôts, les configurations un peu sioux peaufinées au fil du temps. Sans compter la difficulté de trouver un bon SSD : d’après ce que j’ai compris, il y en a différentes sortes, plus ou moins durables et fiables.
      Bref, ça me prend la tête depuis des mois.

    • Remarque ingénue : /home devrait être à l’intérieur de /, non ? C’est pas une seule partition au lieu de deux ?

      Sinon, il faut que je passe au SSD aussi, et la référence que je retiens pour l’instant c’est [pub]Crucial MX100 ou M550[/pub] (par ordre de prix et de qualité apparemment).

      Et pour la copie, j’ai l’impression qu’en plus de garder ta configuration personnalisée, ce sera plus facile de cloner tout le disque plutôt que de sélectionner uniquement certains dossiers...

      Une piste pour un MBP 13’’ début 2011 : www.lesnumeriques.com/ordinateur-portable/tutoriel-installer-ssd-dans-macbook-pro-a1856.html

      Et je ne sais pas du tout ce que ça vaut mais pour l’info, sur Crucial ils vendent un kit de transfert.

      #SSD

    • Non, non, j’ai fait une install d’Ubuntu il y a plusieurs années, donc avec 4 partitions : un swap, le boot, la racine et le /home à part. Quand je suis passée en ext4, on m’a fait remarqué que ce n’était plus nécessaire de mettre le /home à part, mais j’ai tellement été traumatisée par Windows et ses sous-dossiers persos de c :\ que tu perds quand Windows devient fou et qu’il faut tout formater que j’ai toujours conservé les données persos à part.

      Et puis, déjà en SSD, on est très rapide. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la durée de vie et là, c’est pas pareil : http://www.lesnumeriques.com/glossaire/memoire-mlc-slc-tlc