ARNO*

Geek dilettante habitant une belle et grande propriété sur la Côte d’améthyste

  • Il faut que je te montre ça : il y a 3 mois, il y a eu une petite expo à l’atelier En traits libres, où l’on passe régulièrement dire bonjour à Sandra Vérine avec les enfants. Le principe était qu’ils avaient imprimé un « fanzine avec des textes » écrit par Zelda Hadener, et que des artistes, auteurices de bédés et autres illustrateurices avaient librement illustré chacun son exemplaire.
    https://www.facebook.com/events/306576040137637

    Alors avec les enfants, on a fait pareil : on s’est procuré un exemplaire de « J’ai fait un fanzine avec des textes », et mes ch’tit·es artistes l’ont illustré à leur façon. Chaque enfant (7 ans, 7 ans et 9 ans au moment de l’exploit) avec un stylo de couleur différente. Initialement ils sont partis sur le principe que personne ne dessine sur le dessin d’un·e autre, mais rapidement ils ont vu que quand ils dessinaient à plusieurs sur le même dessin, c’était drôlement plus chouette.


  • Il y a quelques mois, une conversation sur Seenthis a conduit les participants au fil à s’échanger ce qu’ils pensaient être les bonnes suggestions de lectures de bandes dessinées, les trucs à ne pas rater, les livres d’exception.
    Cette conversation, en me propulsant d’une certaine manière trente ans en arrière, m’a attristé à un point difficilement descriptible (un peu comme si une conversation à vingt sur la musique avait conduit à réécrire le palmarès hebdomadaire de nrj).
    Ne sachant même pas par où commencer une réponse ici, j’ai décidé de me désinscrire de Seenthis, pensant que je n’avais sans doute pas grand-chose à y faire : puissant et nécessaire organe de construction politique, Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.
    Après avoir quitté les lieux pendant tout ce temps, j’ai vaqué à mes occupations, dessiné beaucoup, écrit copieusement sur les bandes dessinées (je vous en causerai peut-être), et oublié seenthis.
    Et puis j’ai décidé de revenir en commençant simplement par publier des articles que j’ai écrit pour Pré Carré , que la plupart d’entre vous ne connaissent pas, et qui pas à pas vont dessiner les contours politiques, éthiques, artistiques, d’une position, de ma position. C’est à partir de ces publications que quelque chose, pour moi, pourra commencer à être échangé sur les bandes dessinées si le cœur vous en disait. C’est la solution que j’ai trouvée pour que, d’une manière ou d’une autre, ma présence ici continue à avoir du sens. Je commence donc par l’article ci-dessous, publié dans le Pré Carré 12, qui répond très directement à la quasi totalité des suggestions de lecture et des raisons qui les motivaient, quand il fut question sur Seenthis de constituer une bibliothèque de bd :

    " La création d’une collection au Lombard appelée Petite bédéthèque des savoirs entérine un changement de paradigme du mépris pour la bande dessinée tel qu’il s’amorce déjà depuis quelques années par la multiplication de publications pédagogisantes ou documentarisantes.
    Que quelques humiliés de classe culturelle s’imaginent, et avancent, qu’on sauve la bande dessinée du regard condescendant porté sur elle par la pédagogie, par les grands sujets historiques ou sociaux, ceci ne fait qu’exposer la parfaite nullité de leur regard sur notre discipline et sa puissance propre : il y a mille fois plus à apprendre dans deux pages de Bertoyas, de Bicéphale ou de Musturi, PAR la bande elle-même comme pratique du monde sur lui, que dans l’intégralité des pensums thésards qui rougissent de fierté d’aborder des grandes questions .
    Moyens archaïques de narration, placés, toujours, dix crans au-dessous de tout plan de recherche, ils en sont le reflet timoré, désuet et lourd à l’encre, ce qui est tout-à fait, hélas logique, puisque les bandes sont invitées à l’illustrer et non à en être le cadre expérimental ou déictique.
    Ce rapport instrumentalisant aux bandes est hanté par l’objet , le faisant déborder toute la sphère discursive. Faye et bien d’autres ont pu dire dans les années 70 qu’un tel rapport à la forme atteignait vite cette aporie : il n’y aurait de roman plus moderne que de science-fiction... Mais c’est qu’on pouvait être soucieux de ce qu’une forme prise pouvait faire et changer du monde, probablement parce qu’on n’y méprisait pas le fait même d’écrire .
    Il faudrait être fou, pense-t-on à juste titre, pour consacrer sa vie à une pratique dont on a honte. Et pourtant, nos publieurs de bande dessinée la méprisent plus encore que ceux auxquels leur mode de réévaluation est censé répondre. S’il s’appliquait au cinéma, ce principe éditorial reviendrait à sanctifier le journal de vingt heures en exigeant de Kerrigan, de Maddin ou d’Ishii un bon sujet ancré . Mais c’est exactement sur des valeurs inverses que s’est bâtie l’histoire du cinéma, et c’est devant Fellini ou Tarkovski que les documentaristes ont eu tant de peine à exister ; c’est seulement parce qu’ils accordent un supplément de puissance à leur discipline que Epstein, Franju, Le Tacon, Massart, Ruiz, Pelechian, ou Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel apparaissent là où les autres documentaristes sont minorés.
    S’imaginer qu’on sauve (comme si elles devaient l’être) les bandes par l’Histoire, le social, la pédagogie, « les grands sujets », c’est croire que ce qui sauve la peinture du XXe siècle c’est le réalisme socialiste ou que le meilleur de la littérature du XXe, c’est Maurice Druon.

    Il y aurait là un vaste sujet possible de travail sur les malentendus entretenus par les acteurs de notre scène eux-mêmes, encore plus bêtes, bornés, aveugles à la beauté et à la force de la bande dessinée que ceux qui n’en lisent pas. Il suffit de se souvenir avec quels livres, les brandissant comme des emblèmes de leur jugement, s’est photographiée une ribambelle d’auteurs blessés dans je ne sais quelle représentation de leur amour-propre pour répondre à Finkielkraut  ; celui-ci ne leur en demandait pas tant quand il cracha publiquement ce jour-là sur une de ces milles petites choses dont il ignore tout, la bande dessinée. Nous avons eu le droit dans ces selfies vengeurs à tout ce qu’on pourrait imaginer de plus convenu comme petite bédéthèque des savoirs avant l’heure, inventaire mou, centriste, prof, cucul, honorable et diplômé, de bandes dessinées censément exemplaires.

    Pour défaire l’affirmation de la merdicité de la peinture et de son manque d’ampleur, vous gifleriez votre adversaire avec Bouguereau ou avec Sigmar Polke ? Vous hésiteriez une demi-seconde ? Et pourtant, ce jour-là, tous nos auteurs avaient sorti leur Bouguereau pour convaincre de la noblesse des beaux sujets. Sans doute parce qu’ils ignorent eux-mêmes l’existence, dans les bandes, de nos Polke.
    –--------
    références : Une bd pour Finkie :
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/une-bd-pour-finkie-fluide-glacial-refait-l-039-education-du-philosophe/49036

    la sinistre PBS : http://www.lelombard.com/bdtk

    aimer, traquer, trouver : https://www.du9.org/dossier/angouleme-2019

    il y a dix ans : https://www.le-terrier.net/bibliographie

    #bande_dessinée #culture #petite_bourgeoisie_de_la_gauche_culturelle

    • Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.

      Ça c’est du « statement » comme on dit à l’ONU. Fichtre !

      Alors bonne arrivée [à nouveau] comme on dit à Ouaga (mais aussi à Bobo-Dioulasso), je me réjouis de te relire en espérant ne pas être - par mes choix culturels souvent très ringards, je reconnais à l’aise - à l’origine de ton prochain re-départ.

      J’espère aussi que tu sauras profiter de la belle et puissante intelligence collective qui sévit en ces lieux pour les thématiques qui ne te sont pas familières.

    • Toujours un mot aimable.

      Guillaume Trouillard, dessinateur et éditeur, a été sollicité il y a quelques années par La Revue dessinée pour proposer un reportage en BD, de ceux que tu dénigres. Il s’est plié à l’exercice avec son état d’esprit habituel : engagé, conciliant mais pas sur le dessin. Au bout du compte, un livre dont la forme étonne ses lecteurs et lectrices qui n’avaient peut-être pas à la maison un livre de dessin sans une bulle.

      Moi aussi j’ai été un peu étonnée par cette liste et peut-être déçue par les goûts de personnes avec qui j’ai des discussions aimables. Mais de là à leur vomir à la gueule... C’est une autre forme de laideur.

      Et pour revenir à Guillaume, c’est le seul artiste autour de moi qui ne se sent pas obligé de manquer d’empathie pour les autres et c’est la troisième raison pour laquelle nous sommes ami.es. Rien à voir avec ce stéréotype, étrangement vivace vu son grand âge, d’artiste au dessus de la basse humanité.

    • Et donc faisons des liens pour contextualiser :
      https://seenthis.net/messages/739053

      Pour continuer l’analogie, je ne mettrais pas toute cette liste sur NRJ : clairement certaines seraient plutôt sur FIP ou France Culture. Ce qu’on peut parfois critiquer aussi bien sûr, mais pour d’autres raisons que NRJ.
      Et en ce qui me concerne, je ne passe pas ma vie à écouter uniquement que de la musique bruitiste, expérimentale. Ça m’arrive quand même plus souvent d’écouter Mingus, Erykah Badu, Anouar Brahem ou pas mal de rap. Ce sont des choix de vie…

      Et allons plus en détail : certaines comme pour Fred et quelques autres, sont dans votre propre bibliographie du Terrier !
      https://www.le-terrier.net/bibliographie/fred.htm

      Alors il y a un peu de mauvaise foi dans le lot. :)
      (Et un peu de mépris aussi, en tout cas lorsque c’est formulé comme ça à l’écrit. Il faudrait en discuter à l’oral en plus.)

      #bande_dessinée #bd

    • @rastapopoulos pour le supposé mépris, on en reparlera dans 30 ans, quand la quasi intégralité des conversations, critiques, commentaires, études, qu’elles soient laudatives ou pas, bienveillantes ou pas, auront perdu ce mépris substantiel pour ma discipline et la façon pateline, ascendante, papamaman, sociocharcutière, de la tenir dans les instruments d’optique culturelle. Tous ceux qui parlent des bandes, à un moment ou à un autre, s’en excusent, parasitent la conversation de paralogismes culturels la subordonnant à autre chose, qu’il s’agisse de son histoire, de sa puissance à produire des mondes, des singularités de ses productions etc.
      Cette inversion tordue de l’axe de la condescendance, par exemple, est supposée m’édifier dans la belle histoire parfaitement hors-sujet de Aude, pur artifice rhétorique de bullshitage traditionnel, conte déconnecté de tout ce que l’article de Pré Carré pouvait dire de spécifique sur une guerre de position, storytelling pas du tout mais alors pas du tout petit-prof-bien-dans-son-éthique, celle de Guillaume Trouillard bossant honnêtement, si sincèrement et avec son bon coeur pour cette saloperie terminale que sont les Cahiers dessinés. Oh le vilain lldemars qui condescend grave. Ah ? Franchement, c’est ça, le sujet ? Je ne ferai même pas semblant de discuter de toutes ces conneries avec quelqu’un d’autre que Guillaume lui-même quand l’occasion se présentera.
      Franchement, on reparlera du mépris et de sa polarité si évidente, si évidemment distribuée, semble-t-il, quand, précisément, des entreprises comme celles des Cahiers dessinés et de la Petite Bédéthèque (mot pathétique, dévoré de refoulement, trahissant le mépris de soi de tous ceux qui font des bandes dessinées sans parvenir à les considérer elles-mêmes comme des livres) cesseront d’incarner un état adulte, accompli, noble, des bandes.
      Je considère que le fond invisible, non-dit, imperceptible à la majorité des intervenants de cette conversation qui m’avait fait fuir ici même, est précisément un mépris qui s’ignore (je n’imagine évidemment pas que tout le monde ici regarde les bds comme une paralittérature gentiment débile, hein, je parle de mouvements de fonds bien plus sournois que ça !) de la bande dessinée dans les plus grandes largeurs. Et c’est bien parce qu’il s’ignore, ce mépris, que ma position était si compliquée, et que je ne voyais même pas comment l’aborder ici (ou ailleurs, mais ici c’était plus douloureux).
      Je doute que la publication de quelques articles aille bousculer grand-chose d’un siècle de malentendus entretenus, mais je veux, par exemple, me rendre la vie possible sur Seenthis en signifiant ce à quoi je ne répondrai plus jamais à propos de bandes dessinées (très notamment les paraboles méritocratiques sur les humbles dessinateurs au service du Bien pour Tous de Aude et ses innombrables semblables ; les demandes de modestie de cette farine accompagnent toute vie de dessinateur de bd du jour où il dessine sa première planche jusqu’à sa mort. Fais pas l’artiste, coco, c’est la bédé, reste à ta place quand même, fais nous des beaux dessins et la ramène pas trop avec tes aspirations supérieures ). Et si au passage j’arrivais à rendre sensibles quelques aspects du traitement général critique paresseux réservé aux bandes, de ce manque constant d’exigences éditoriales et critiques dû à un problème fondamental de considération pour elles, hé bien je serais content.
      Voilà voilà. Bon.
      quand à la biblio du Terrier, elle a dix ans, elle est née dans un certain contexte et l’intro me semble assez claire sur ses objectifs très ciblés (ce qui explique l’absence de choses qui seraient évidentes à un lecteur déjà bien équipé, historiquement notamment). De ça aussi, de la demande elle-même comme de la façon de considérer certaines évidences de la réponse, il faudrait beaucoup dire (de n’importe quelle autre discipline ayant été soumise à la même demande, toute réponse aurait été précédée de mille précautions pour encadrer un minimum le dialogue. La bd, pas besoin, on s’en fout, allez hop, y’a pas besoin. C’est la bd, quoi ! et la bd, c’est la bd !)
      Quand à Nrj, c’est l’incarnation pour moi de l’esprit de palmarès et de tout ce que ça nous dit de rapport au monde, à une société, à l’idée statistique qu’on s’en fait etc. Manque effectivement à cette comparaison la conscience de classe culturelle de France Culture et les dégâts qui en résultent sur l’ouverture aux productions artistiques des marges (celles qui exigent un regard de marge, une attention de marge, pas celles qui sont destinées à pimenter exotiquement la construction culturelle du moment et mobilisent les mêmes outils de mesure que le reste. On se contentera d’y ajouter la petite étiquette « mauvais genres », sans autre soucis de ce que ça pourrait vouloir ne pas dire).

    • Je perçois la colère, la tristesse et la rancoeur. Dommage que cela t’amène à confondre ignorance et mauvaise foi, ou encore connaissance et autorité.
      #on_ne_convainc_pas_les_gens_en_les_engueulant
      Mais je suis content de ce retour vu que tes seens m’ont souvent permis de découvrir des mondes et pensées inconnu.e.s de moi jusqu’alors.

      Suske_qui_lit_tout_2semaines_plus_tard

    • @suske quand je suis en colère, je n’essaie de convaincre de rien d’autre que ma colère. Je pense que je t’en ai bien convaincu.
      Quand à l’ignorance avancée ici, je ne vois pas très bien comment prendre cette hypothèse au sérieux dans un cadre comme celui dont je parle : une série de conseils de lecture. Des conseils, donc. Depuis l’ignorance ? Ok. Cool. Et précisément, à part dans le cas où on ne suppose aucune espèce de connaissance à acquérir parce que le domaine est supposé léger léger léger, quand donne-t-on des conseils depuis l’ignorance ?
      Ce n’est pas avec de la mauvaise foi (notion qui apparait où, d’ailleurs, dans ce que je dis ?) que je confonds (tu le dis) l’ignorance, mais avec une subtile variété chromatique du mépris de classe culturelle dans un cas ou de subordination d’une pratique artistique à des objets supposés supérieurs à elle dans l’autre.
      Je ne fais pas appel à une autorité (inconstituable devant les exigences d’une matière en perpétuel mouvement) mais à une position (stratégique, spéculative, interrogative), à chercher, à constituer.
      Et ce que je dis, donc, c’est qu’une série de textes me permettront pas à pas de présenter la mienne (pas qu’ils établissent un quelconque modèle !). Pas forcément pour convaincre de la rejoindre ou d’y acquiescer. Juste, de la présenter.

    • Tu as raison, « mauvaise foi » était mal choisi. C’était une tournure pour mettre en balance une approche probablement légère avec une approche pointue. Passons à la suite :-). Je découvre ici des pans entiers de vie, d’arts et d’engagements que je ne connais que trop peu. Et je suis souvent assoiffé d’élargir mon cadre de références.



  • Cougar : cette espèce est désormais éteinte - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/cougar-cette-espece-est-desormais-eteinte_968401.html

    Le puma de l’est américain a été déclaré officiellement éteint aux Etats-Unis mercredi.

    C’est un acte de décès. Le puma de l’est américain a été déclaré mercredi officiellement éteint par les Etats-Unis. Aussi appelé cougar aux Etats-Unis, cet animal était sur la liste des espèces menacées depuis 1973 mais sa disparition était suspectée depuis les années 1930. 

    Les services américains de la pêche et de la faune (U.S. Fish and Wildlife Service) ont passé en revue toutes les informations disponibles et conclu mercredi que le puma de l’est américain était effectivement éteint. Ils ont recommandé que ses sous-espèces ne figurent plus sur la liste des animaux menacés d’extinction.


  • Renaud Duterme : « Le fil rouge de l’effondrement, c’est l’explosion des inégalités »
    http://cqfd-journal.org/spip.php?page=pages_mobiles&squelette_mobile=mobile/article&id_article=2542

    Le discours sur l’effondrement est très dépolitisé, à l’image des best-sellers de Pablo Servigne ou de Jared Diamond. Comme s’il ne fallait pointer ni le capitalisme ni les classes dirigeantes dans le désastre en cours...

    « En ce qui me concerne, c’est justement après la lecture du livre de Jared Diamond que j’ai eu l’idée d’écrire sur le sujet. Dans son livre pourtant volumineux, on ne trouve en effet aucune mention du capitalisme et très peu d’analyses en termes de rapports de classes et d’exploitation (du moins quand il parle de notre civilisation). Il n’y a somme toute rien de surprenant, car Diamond ne s’est jamais fait remarquer pour ses opinions de gauche.

    C’est différent pour Raphaël Stevens et Pablo Servigne. Je connaissais ce dernier personnellement avant qu’il ne sorte Comment tout peut s’effondrer et il ne s’est jamais caché de ses tendances libertaires. Pourtant le mot “capitalisme” est également absent de son livre. En fait, lui et son co-auteur ont préféré adopter une posture scientifique et non partisane dans le but de toucher un maximum de personnes. Si je peux comprendre cette posture “fédératrice”, il est clair que c’est un désaccord que j’ai avec une grande partie de cette mouvance dite “collapsologique”.

    Au regard des facteurs objectifs qui nous conduisent au désastre, il est en effet clair que la logique capitaliste, l’accaparement des richesses et l’explosion des inégalités sont les causes fondamentales de l’impasse dans laquelle nous sommes. Il est d’autant plus important de le souligner que les catastrophes à venir vont encore davantage creuser le fossé entre une infime minorité et le reste de la société, tout en permettant au grand capital et aux classes dominantes d’accentuer leur emprise sur l’ensemble de la société. Naomi Klein a parfaitement analysé ce qu’elle nomme très justement le “capitalisme du désastre”. »

    Dans La Stratégie du choc [4], Naomi Klein démontre que le néo-libéralisme mondialisé se nourrit des catastrophes naturelles et des soubresauts politiques. Cela semble remettre en cause cette idée récurrente selon laquelle un effondrement permettrait d’enfin tourner la page de la course à l’abîme capitaliste...

    « Si le capitalisme est empêtré dans ses contradictions, il ne risque pas de s’effondrer de lui-même. Au contraire : on voit que le désarroi et l’insécurité économique et sociale favorisent la mainmise du capital sur l’ensemble de la société. La Grèce illustre bien cette tendance. On a vu comment une crise économique est utilisée par les classes dominantes pour justifier des politiques antisociales drastiques. C’est somme toute ce qu’il s’est passé dans les nombreux pays du Sud qui ont vu intervenir le FMI dans leurs affaires intérieures.

    Par ailleurs, le sentiment d’insécurité (réel ou fantasmé) qui accompagne nécessairement les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou sociales, fournit de nouvelles niches pour des capitaux à la recherche de rentabilité. Le contrôle des frontières, les dispositifs de surveillance et le gigantesque marché de la sécurité laissent ainsi entrevoir ce que Mathieu Rigouste nomme un keynésianisme sécuritaire, qui a probablement de beaux jours devant lui. »

    Au regard de ces perspectives, on voit également surgir des appels à un contrôle radical de la démographie. Vous êtes très critiques à ce sujet...

    « C’est une problématique qui revient souvent dans les débats. Il est clair que résoudre les problèmes auxquels l’humanité fait face est plus compliqué sur une planète à 7,5 milliards d’habitants que sur une à 2 milliards. Cela dit, la plupart des néo-malthusiens ne veulent pas admettre l’évidence : mettre cette question au centre du débat revient implicitement à envisager une solution autoritaire du style de celle qu’a mise en place le gouvernement chinois.

    Excepté une solution coercitive, la meilleure façon pour que les familles fassent moins d’enfants est d’améliorer les conditions économiques dans lesquelles elles vivent (sécurité sociale, démocratisation de la contraception, revenus décents) et de favoriser l’émancipation des femmes. En d’autres termes : si les fétichistes de la question démographique usaient autant d’énergie à combattre les inégalités et le néo-colonialisme qui ont appauvri les pays du Sud, la population finirait de facto par se stabiliser. »


  • Montpellier, ville du dispositif anti-SDF le plus agressif de France ? CB avec Daniel de Barros - 13 Février 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-ville-du-dispositif-anti-sdf-plus-agressif-

    Ce mercredi 13 février, la fondation abbé Pierre organisait la cérémonie des Pics d’Or. Un événement unique pour dénoncer les pires dispositifs anti-sdf. Dans la liste des nominés, l’Oursin, un équipement situé au pied d’un immeuble, boulevard Sarrail sur l’Esplanade de Montpellier.

    https://www.youtube.com/watch?v=9gPppkt_WYA

    Ce sont des pics de métal de plusieurs centimètres de haut. Installés à l’entrée d’un immeuble du boulevard Sarrail à Montpellier, ce dispositif est censé être un repoussoir pour sans domicile fixe.

    Mais pour Roberto, un SDF qui dort ici depuis quatre mois, ce n’est pas gênant, il s’adapte : « J’installe un couverture, des cartons et mon chien me protège avec mon sac »

    Une installation de « renommée nationale » 

    Cette installation, baptisée l’Oursin, concourt aux Pics d’Or à Paris organisés par la Fondation Abbé Pierre.

    Sa catégorie : l’installation la plus agressive.

    Le ton est satirique mais pour beaucoup de passants de l’Esplanade, l’Oursin ne fait pas rire : « je ne trouve pas ça normal, c’est cruel » explique un passant.

    Une jeune fille ne comprend pas comment on peut imaginer ce genre d’installations : « déjà qu’ils n’ont pas d’endroits où vivre, s’ils ne peuvent pas s’installer ici la nuit ce n’est pas normal ».

    Ironie de l’histoire, à quelques mètres de là est installé un « banc de la liberté » en pierre, il illustre une approche différente de l’aménagement urbain.

    Son objectif : favoriser l’échange entre les peuples...

    https://www.fondation-abbe-pierre.fr/nos-publications/communiques-de-presse/ceremonie-des-pics-dor-la-fondation-abbe-pierre-recompense-les

    #Montpelier #guerre_aux_pauvres #pauvreté #espace_public #anti-sdf #sans-abris #sans-abri



  • Les Etats-Unis veulent coûte que coûte arrêter le gazoduc entre la Russie et l’Allemagne
    https://www.bfmtv.com/economie/les-etats-unis-veulent-coute-que-coute-arreter-le-gazoduc-entre-la-russie-et-

    Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a déclaré mardi à Varsovie que les Etats-Unis allaient faire tout en leur pouvoir pour stopper le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne. Mike Pompeo a ainsi souligné l’absence de volonté de compromis de la part de Washington sur ce sujet, alors que l’Allemagne a opéré mardi un rapprochement avec les Etats-Unis, promettant d’importer dès les prochaines années du gaz naturel liquéfié américain et de construire l’infrastructure correspondante.


  • Oh, encore une loi pour « réguler » les réseaux sociaux en concevant des « règles de droit innovantes » avec… Facebook. Si c’est pas la définition du #peigne_cul, ça…

    Edouard Philippe annonce une loi pour réguler les contenus sur les réseaux sociaux "avant l’été"
    https://www.ozap.com/actu/edouard-philippe-annonce-une-loi-pour-reguler-les-contenus-sur-les-reseaux-sociaux-avant-l-ete/574697

    Après la loi anti-fake news, les réseaux sociaux toujours dans le viseur du gouvernement. Hier soir, depuis l’hôtel de Matignon, Edouard Philippe a tenu un discours inaugural lors de la première cérémonie de remise du prix Ilan Halimi, dédié notamment à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Au cours de ce discours, le chef du gouvernement a évoqué l’arrivée d’un nouveau dispositif de lutte contre les dérives observées sur les réseaux sociaux. « Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux », a annoncé Edouard Philippe.

    Ah, donc, toujours cette même lubie de la responsabilité des intermédiaires techniques (« la vieille classification des éditeurs »… ?) et la censure privée, conneries qu’on en bouffe depuis 25 ans…

    « La consultation régulière de ces réseaux montre que le travail est devant nous (...) Notre objectif est d’inscrire les mesures nécessaires dans un texte législatif qui sera présenté avant l’été et de faire en sorte de ne pas s’arrêter à la vieille classification des éditeurs pour pouvoir effectivement obtenir des résultats et responsabiliser ceux qui n’ont pas le droit de ne dire qu’ils sont responsables de rien de ce qui est publié », a détaillé le Premier ministre. Reste à voir quels seront les contours de l’arsenal législatif à venir. Le rapport de 20 propositions sur la lutte contre la haine sur internet, commandé par Matignon dans le cadre de son deuxième plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et remis par la député Laetitia Avia (LREM) en septembre dernier, semble tout désigné.

    Je signale à tout hasard que je n’ai pas 37,5 millions d’euros à dépenser sur Seenthis :

    Ce rapport propose notamment de s’aligner sur une loi allemande en obligeant les plateformes à retirer les publications signalées et qui apparaissent comme « manifestement » illégales dans un délai de vingt-quatre heures. Celui-ci serait ramené à seulement une heure pour les contenus à caractère terroriste. En cas de non-respect de cette disposition, les auteurs du rapport proposent une amende qui pourrait s’élever jusqu’à 37,5 millions d’euros. Ils préconisent également l’instauration d’un logo, qui serait commun à tous les réseaux sociaux et qui permettrait aux internautes de signaler la présence de contenus racistes.

    Et la très prévisible instrumentalisation de l’affaire de la « ligue du LOL », dont on sait pourtant très bien qui sont les acteurs, et lesquels d’entre eux sont désormais de respectables responsables dans de respectables journaux pas du tout anonymes…

    La question de l’anonymat pourrait aussi être un volet de la loi que prépare l’exécutif. Après l’éclatement de l’affaire de la « Ligue du LOL », Laetitia Avia s’est insurgée sur Twitter : « L’anonymat sur les réseaux sociaux encourage un sentiment d’impunité pour ceux qui s’autorisent à harceler, humilier et insulter ». « La loi contre la haine sur internet permettra de mieux lever cet anonymat lorsque ces délits sont commis » a-t-elle annoncé. Emmanuel Macron lui-même a fait connaître à plusieurs reprises sa position sur l’anonymat en ligne. Le 18 janvier dernier, à Souillac, le chef de l’État s’était dit favorable à « une levée progressive de toute forme d’anonymat (sur les plateformes) ».

    • Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux

      Suis-je seul à devoir me frotter les yeux pour comprendre cette phrase ? Est-ce que si je la transpose dans un autre contexte c’est plus facile à comprendre ? Je vais essayer.

      Nous allons lancer avec Total une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler la pollution en mer

      Nous allons lancer avec la BNP une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les marchés financiers

      Nous allons lancer avec la mafia une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler le commerce des stupéfiants.


  • Je ne vois pas comment ça pourrait mal tourner : #Montpellier : la CCI déploiera 130 agents de sécurité devant les commerces, samedi
    https://www.midilibre.fr/2019/02/12/gilets-jaunes-la-cci-deploiera-130-agents-de-securite-devant-les-commerces

    Action, réaction. Il annonce dans la foulée le déploiement de 130 agents de sécurité devant les commerces du centre-ville de Montpellier, samedi 16 février, de 12h30 à 19h30, créneau qui voit depuis plusieurs semaines les « gilets jaunes » manifester dans l’Ecusson, mouvement qui vire très souvent à la confrontation avec les forces de l’ordre, paralysant l’activité du centre-ville.

    « Il ne s’agit en aucune manière de compléter ou de suppléer les forces de l’ordre qui font un travail remarquable depuis le 17 novembre, mais d’apporter une réponse complémentaire à ce que vivent les commerçants et leur personnel samedi après samedi ».

    • Ah ah, comme tout les samedis, pour une raison encore obscure la flicaille enferme les clients dans les magasins (ceux qui n’ont pas fermés).

    • En fait, ici ça fait suite à la pétition-à-la-con des commerçants du centre-ville organisée par le même patron de la CCI exactement la semaine dernière, pour dénoncer les GJ comme leur faisant perdre de l’argent. (Oublieux, évidemment, du fait qu’essentiellement, c’est les gaz lacrymogènes des flics q’on se prend quand on se promène avec les enfants dans le centre ville.)

      Marrant, d’ailleurs, on a aussi maintenant des articles qui chouinent sur le fait que les commerces en périphérie du centre-ville auraient un gros ralentissement de leurs ventes. Alors que, selon la logique « c’est les manifs qui nous tuent », ces commerces ne devraient pas être impactés, voire même profiter de récupérer les gens qui ont peur d’aller dans le centre. L’explication tentée dans le journal, c’était : « l’incertitude économique à cause du mouvement des GJ ».

    • Effectivement, la tentative de retournement de situation est assez comique, vu l’augmentation des prix et les salaires de merde, y’a plus de fric. Mais on t’explique que ce n’est pas pour cette raison que les commerces ne marchent pas, ni parce que y’en a marre d’acheter des pulls en plastique moches et des jeans faits dans des camps de concentration en Chine. En fait, c’est juste la faute aux salauds de pauvres et aux gilets jaunes qui manifestent pour leur pouvoir d’achat (entre autres). La soupe servie par les médias comme la dépêche à Toulouse, est de pleurer pour les commerçants dont certains sont allés jusqu’à coller de fausses affiches « A vendre » sur leurs vitrines pour protester contre les manifs. Ça permet de participer à faire des GJ des mangeurs d’enfants et les responsables de la destruction des petits commerces (pas du tout parce que Toulouse est cernée d’hypermarchés gigantesques) , et hop, oublié les violences policières subies commanditées par le gvt.


  • Gilets jaunes : un boulanger placé en garde à vue - Le Point
    https://www.lepoint.fr/faits-divers/gilets-jaunes-un-boulanger-place-en-garde-a-vue-12-02-2019-2292769_2627.php

    VIDÉO. Un policier en civil portant un brassard s’était vu refusé l’accès à une boulangerie à cause de son arme. La scène avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

    La vidéo avait créé la polémique durant la douzième semaine de manifestation des Gilets jaunes à Paris près de la place de la République, le 2 février dernier. La séquence montrait un policier en civil porteur d’un brassard empêché de rentrer dans une boulangerie à cause de son arme. « Tu vois une arme là  ? demande au boulanger l’agent de la brigade anti-criminalité (BAC), c’est bon, on peut passer  ? » « Si vous n’avez pas d’arme, oui », répond le boulanger. « Je crois que je vais aller ailleurs, et à un autre moment de la journée, je vais aussi regarder ailleurs », s’indigne le fonctionnaire de police semblant signifier que si des casseurs s’en prennent à la boulangerie, il n’interviendra pas. Le boulanger a été placé en garde à vue ce mardi pour refus de vente et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Sur l’extrait, les charges retenues contre Emmanuel G., 32 ans, originaire de Montpellier n’apparaissent pas évidentes.

    Selon un témoin contacté par Le Parisien à l’époque des faits, la vidéo diffusée a été tournée quelques minutes après le début de l’altercation. « Nous étions en plein mouvement de foule (...) Une street-medic (des manifestants-secouristes, NDLR) blessée se trouvait à l’intérieur du magasin. Deux policiers ont débarqué, sans rien dire, armés et cagoulés. Le responsable du magasin a accepté de leur servir un café mais seulement s’ils enlevaient cagoules et armes. Et ils n’ont pas apprécié », a-t-il raconté au quotidien.



  • Je voudrais pas effrayer nos amis marcheurs, mais dès qu’il fait beau, les manifs re-grossissent à vue d’œil. Ici on a eu un temps printanier samedi, et la Comédie était remplie de monde…

    Quand il va faire beau comme ça dans toute la France, ils vont avoir du mal à continuer sur le thème du « mouvement illégitime qui s’essouffle » :
    https://actu.orange.fr/france/des-milliers-de-gilets-jaunes-et-quelques-heurts-avec-la-police-dans-le-sud-est-CNT000001c6Ib6/photos/des-gilets-jaunes-bloquent-les-voies-en-gare-de-beziers-le-19-janvier-20



  • J’ai toujours pensé que l’un des aspects les plus néfastes de la culture ricaine, ce sont les cheveux de ses animateurs et de ses politiciens. Si tu te souviens des brushings des types sur CNN à l’epoque de Clinton, tu vois de quoi je veux parler.

    Depuis Trump, l’horreur c’est cet uniforme blond-texan tendance Fox News. Comprend bien : c’est pas la couleur elle-même, les femmes font bien ce qu’elles veulent. On a bien le droit d’aimer Dolly Parton et de vouloir ressembler à une chanteuse de Country. Ce qui me fascine, c’est cette universalité dans le look à mi-chemin entre Barbie et le white-power.

    Et donc, à l’instant sur BFM :


  • Au kebab de la Comédie avec les enfants, ils passent Marine Le Pen sans le son sur les téloches. Mais why ?

    Comme y’a pas le son, j’essaie de deviner. Comme c’est BFM, je suppose qu’ils sont en train de lui reprocher de pas être assez à droite.


  • Les Etats-Unis confirment leur sortie du traité FNI sur les pitbulls intermédiaires
    S’aimer comme on se quitte : « J’ai vécu avec un missile nucléaire qui a fini par me sauter à la gueule »

    Les banlieues hésitent à rejoindre la guerre des poubelles
    Le mouvement des « gilets jaunes » aura bien lieu

    Grand débat national : Macron recevra les clients de prostituées la semaine prochaine
    La pénalisation des chefs de partis jugée conforme à la Constitution

    Les mesures controversées de la mondialisation est impossible
    Toute unanimité concernant les effets de la loi « anticasseurs »

    Présidentielle américaine : Eric Zemmour, invité vedette qui inquiète les anti-Trump
    Howard Schultz, le milliardaire de Laurent Wauquiez chez les Républicains

    Argentine : l’ex-chef des « stups » renonce à l’aide financière de l’Etat
    Enquête sur l’Eglise catholique : deux magistrats mis en cause

    « Gilets jaunes » : un acte XII dédié aux « gueules cassées » des négociations
    Assurance-chômage : le Medef va revenir à la table des manifestations, trois jours après l’avoir quittée

    LR : Wauquiez et Bellamy lancent le scénario d’un big bang sur le terrain
    La campagne des élections européennes dans les banques allemandes échauffe les esprits outre-Rhin

    Viande polonaise avariée, l’incroyable saga du silicone en France
    Faux seins et vrais scandales : au moins 150 kg vendus aux consommateurs
    #de_la_dyslexie_créative



  • Réaction à l’article du Point, pointé ici …https://seenthis.net/messages/756905 par @gjpvernant
    Macron : « Éric Drouet est un produit médiatique » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-229061
    … et en particulier, au chapeau de l’article :

    Le président de la République appelle les médias à se ressaisir et décortique l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets jaunes.

    Le " plan d’action " délirant de Macron n’est que la mise en musique de l’analyse faite pour la Fondation Jean Jaurès par Roman Bornstein

    Plongée dans les comptes Facebook des "gilets jaunes"
    https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

    EXCLUSIF. Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein s’est plongé à étudier les comptes Facebook de nombreux « gilets jaunes ». Edifiant.

    ou, ici, l’original, découpé en chapitres

    En immersion numérique avec les « Gilets Jaunes »
    https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes

    Comment une pétition en ligne et un appel Facebook, semblables aux milliers d’autres qui naissent et meurent chaque jour dans l’anonymat des réseaux sociaux et l’indifférence des médias, ont-ils pu aboutir en quelques semaines à la constitution d’un mouvement en fonction duquel l’ensemble des acteurs du jeu démocratique sont désormais contraints de définir leur ligne politique et éditoriale ? Le journaliste Roman Bornstein se livre à une analyse inédite.

    Le texte se focalise sur les outils numériques employés par les " Gilets Jaunes ". En véritable #intellectuel_organique, Roman Bornstein décline, vus du pouvoir, les thèmes " classiques ", sur le nouvel algorithme de FaceBook, les bulles cognitives, puis le rôle des médias traditionnels, rappelant d’ailleurs que si le démarrage du mouvement s’est appuyé sur l’outil FB, le véritable coup d’accélérateur a été donné par le passage de quelques GJ à BFMTV, acquérant à l’occasion un statut de leaders, car visibles. Puis, il remonte leurs affinités avec l’extrême-droite.

    De cette trame découlent la totalité des axes évoqués par E. Macron : contrôle des réseaux et des médias (" hiérarchisation de l’information ",…)

    Cette approche " théorique ", E. Macron et le groupe autour de lui la connaissent sans doute plutôt bien, ayant eux-mêmes utilisé les mêmes ficelles, particulièrement les médias, dans leur raid pour conquérir le pouvoir. Il y a d’ailleurs, un côté " c’est pas du jeu ! " à leurs réactions quand ces mécanismes actionnés par d’autres jouent contre eux. E. Macron, visiblement de plus en plus paniqué, sans prises sur le déroulement de la crise et voyant son pouvoir menacé, y ajoute l’indémodable et centenaire " main de Moscou " actualisée en usine à trolls. Notons que l’argument, le fameux #décorticage (!) se dispense du moindre élément de commencement d’indice et vient quelque peu télescoper celui de " la faute à FB " : à quel moment VVP ou ses sbires ont-ils acquis (ou hacké…) les données de FB ? Dans la même veine, par une (fausse) preuve par association, E. Macron nous ressort la " #russosphère " de l’inénarrable " étude " sur l’affaire Benalla pondue par #EU_Disinfolab (tiens, d’ailleurs, il est où, N. Vanderbielst, dont les mots exacts étaient l’écosystème russophile ?) Il est assez cocasse de voir le président invoquer une " information " parfaitement #bidon au profit de la #hiérarchie_de_la_parole,…

    Dans ce texte (de commande ?) et dans les déclarations de Macron, pas un mot de la multidécennale crise de la représentation, pas une analyse socioéconomique du mouvement (rien sur l’accroissement des inégalités au profit des " #premiers_de_cordée ", rien sur une Europe du capital (ou de la finance) partant à l’assaut de l’Europe du travail,…) Juste une focalisation sur les dynamiques des médias et des réseaux.

    Et pourtant, 4 mois auparavant, cette même Fondation Jean Jaurès sortait un texte, tout aussi repris par l’Obs qu’ils pourraient lire (peut-être, même, relire ? en tous cas en intégrer le sens) :

    Vers un exil fiscal de l’intérieur : comment Macron favorise la " #sécession_des_riches "
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180919.OBS2596/vers-un-exil-fiscal-de-l-interieur-comment-macron-favorise-la-secession-d

    Les mesures d’allégement de la fiscalité du capital, entrées en vigueur le 1er janvier dernier, ne sont-elles qu’une gigantesque niche fiscale ? Ces mesures, qui profitent aux 400.000 ménages les plus riches de France, sont la plus forte baisse d’impôts jamais accordée aux « 1% », dénonce ce jeudi 20 septembre une note de la Fondation Jean-Jaurès dont « l’Obs » publie ci-dessous des extraits en exclusivité. Le texte montre comment cette réforme va mécaniquement accentuer la concentration des revenus et des patrimoines aux mains des ménages du haut de l’échelle, pour un impact sur l’investissement et l’emploi plus qu’incertain.

    Dont le chapeau, relu à la lumière des événements ultérieurs, se révèle prémonitoire : la sécession des riches, vue de l’autre bord, est devenue une révolte des pauvres (on en revient à Agrippa Menenius,…, https://seenthis.net/messages/753604) le président Macron ayant réactivé un front de la lutte des classes chère à Warren Buffet.


  • C’est la petite musique qu’on entendait monter depuis des semaines : ça apparaissait hier dans une pétition de commerçants du centre ville de #Montpellier :
    https://e-metropolitain.fr/2019/02/01/non-aux-gilets-jaunes-a-montpellier-petitions-commercants-de-lecusso

    Ils dénoncent ces violences de casseurs, qui sont orchestrées par un groupe d’anarchistes montpelliérains bien connus de la police et de la justice…

    Ce que ces belles âmes indignées ne percutent pas, c’est que malgré ce « groupe d’anarchistes bien connus de la police » et le fait que les manifs ont systématiquement dérapé en fin de soirée tous les samedi :
    – les GJ (ceux pas anarchistes, pour faire simple) continuent à venir manifester, eux, tout en sachant que ça va se terminer de manière un peu olé-olé ; c’est vraiment fondamental dans cette histoire de « casseurs » et de cortège de tête : les manifestants ne se désolidarisent pas du mouvement, viennent tous les samedis, malgré la répétition des violences ;
    – les GJ (toujours les pas anarchistes) manifestent chaque semaine notamment contre les violences policières (encore aujourd’hui, c’était le thème) et en solidarité avec les blessés ; d’ailleurs quand tu te retrouves avec eux au moment du lâché des gaz, ils n’accusent pas un petit « groupe d’anarchistes », mais la répression policière ;
    – les gens qui se promènent en ville et qui se font gazer collatéralement le samedi n’attaquent jamais les GJ. Ça se voit, les gens sont tranquilles, et subissent les gazages et les palmiers en feu calmement. Je veux dire, depuis le temps que dure et que les médias se montent le choux sur les séditieux, si les gens (pas GJ) adhéraient à ce discours, il y aurait des règlements de compte un peu musclés, et les GJ ne pourraient pas traverser la ville en long et en large chaque semaine sans qu’il y ait quelques bagarres un peu spontanées. Je veux dire : ça n’arrive jamais, je n’ai jamais vu les manifestants se faire insulter, cracher dessus, ni encore moins molester.

    Et clairement, dans le discours sur la violence des casseurs, des anarchistes professionnels qui détourneraient le mouvement, ce qui énerve profondément les commentateurs, c’est bien que les GJ ne se lâchent pas l’affaire, continuent à rejeter la responsabilité des violences sur le gouvernement et les flics, et que la population non-GJ continue à considérer le mouvement avec sympathie. Cela malgré les dérapages et les violences absolument chaque semaine dans le centre-ville depuis des semaines et des semaines.


  • Le complotiste de l’Élysée par Frédéric Lordon (les blogs du diplo 2/02/2019)
    https://blog.mondediplo.net/le-complotiste-de-l-elysee

    On peut tenir pour l’un des symptômes les plus caractéristiques des crises organiques l’emballement des événements, et la survenue à haute fréquence de faits ou de déclarations parfaitement renversants. En moins de 24 heures, nous aurons eu les enregistrements Benalla, aussitôt enchaînés avec une rafale de propos à demi-« off » signés Macron, et la mesure du dérèglement général est donnée à ceci que, dans la compétition des deux, c’est Benalla qui fait figure de gnome. En fait, on n’arrive plus à suivre.

    Il le faut pourtant, car tout est magnifique. Macron en « off », c’est chatoyant. C’est qu’il est l’époque en personne, son plus haut point de réalisation : managérial, ignorant de tout ce qui n’est pas sa classe, le racisme social jusque dans la moelle des os, le mépris en toute innocence, et surtout l’absence complète de limite, de censure, de reprise de soi. C’est une compulsion venue de trop loin : dans l’instant même où il annonce sa propre réforme et jure de faire désormais « très attention » à ses « petites phrases », il se scandalise que le premier « Jojo avec un gilet jaune » ait « le même statut qu’un ministre ou un député » — « les petites phrases, j’arrête quand je veux », d’ailleurs « je commence demain ». Et c’est cet individu dont les « analystes » des grands médias se demandent « dans quelle mesure il tiendra compte des résultats du grand débat »… Mais peu importe, c’est tellement beau qu’on en reste émerveillé. Même une fiction à petit budget n’oserait pas se donner un personnage aussi énorme, aussi « cogné » — mais c’est sans doute le propre de cette époque que la fiction, même débridée, peine à se tenir au niveau de la réalité.


  • Off : Macron est complètement à la masse.
    https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-229061

    Selon lui, il est évident que les Gilets jaunes radicalisés ont été « conseillés » par l’étranger. « Les structures autoritaires nous regardent en se marrant, ajoute-t-il. Il ne faut pas se tromper. On est d’une naïveté extraordinaire. [...] Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. Nous n’avons pas construit, comme beaucoup de nations autoritaires, les anticorps au système. Donc, nous, on est des pitres ! La communication officielle ou celle de tous les mouvements traditionnels, elle est très peu active, très peu relayée. Les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes. Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C’est Russia Today, Spoutnik, etc. Regardez, à partir de décembre, les mouvements sur Internet, ce n’est plus BFM qui est en tête, c’est Russia Today. »

    • « Si on veut rebâtir les choses dans notre société, on doit accepter qu’il y ait une hiérarchie des paroles, reprend-il […] »
      […]
      « Il doit y avoir une capacité à rehiérarchiser les paroles. Ça, c’est fondamental. »

      On n’est pas sorti·e·s de l’auberge !

    • Parce que, sinon, le complotisme nourrit l’autoritarisme.

      Dit Jupiter en réclamant l’autorité d’être le seul à s’exprime et de choisir qui doit s’exprimé ou comment doivent parler les gitans.

      Mon passage préféré c’est quand il dit ; « Il y a un vrai travail sur ce qu’est la presse, sur ce qu’est la fonction politique, sur ce que sont les syndicats, les partis politiques. » 2 jours après Schiappa chez Hanouna.

      Il y a des trolls de la fachosphère, de la gauchosphère, de la russosphère mais je reconnais qu’illes n’arrivent pas à la cheville des trolls elyséens.

    • Sinon, encore un thème à la noix venu du shithole country : c’est un coup des russes. (La dernière lubie en date : vague de froid aux États-Unis, on est prié d’imaginer si les Russes ou les Chinois décident de pirater le réseau électrique et de couper le chauffage des Américains…).

    • Dans le droit de réponse de sputniknews.com

      En date du 1er février 2019, le magazine Le Point a publié un article contenant les propos du Président de la République française sur la place des médias dans la crise des Gilets jaunes. Comme le note le journaliste Emmanuel Berretta , le Président affleure la question de « la Russie de Poutine, à travers Russia Today ou Sputnik ».

      Concrètement, Emmanuel Macron déclare que « les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes. Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C’est Russia Today, Spoutnik, etc ».

      un droit de réponse légitime et à force de jouer au con, y’en a bien un qui va sortir son Beretta.


      https://encyclopedie-des-armes.com/index.php/armes/pistolets-modernes/185-9-mm-beretta
      #Macron ! 12 balles dans la peau

    • Je rêve de lire l’article qui fera enfin la jonction (sourcée, pas conspi) entre les pays & multinationales qui utilisent les usines à clics / trolls en russie, aux states, en israël, ici aussi, et comment celles-ci sont en train de faire basculer le World Wild Vraie Vie. Parce que Macron a beau jeu de crier aux vilains boots russes, que ce soit lui, Poutine, Trump et cie, tous, et bien d’autres, utilisent allègrement les #algorithmes comme ça leur chante et sont en train de négocier des accords qui avec google, qui avec facebook, etc. Alors c’est mega saoulant de les voir utiliser cet argument en mode conspirationniste seulement quand ça les chante
      #groumph

    • J’ai regardé le docu d’Arte sur le soft power russe et ça mélangeait tout : les médias russes en langues étrangères (genre France 24 en anglais sauf que nous on dit la vérité, pas ce qui nous arrange) et les usines à trolls étaient mises dans le même sac. Ça décrédibilisait complètement l’enquête sur les usines à trolls et les jeux d’influence en dessous de la ceinture, de remettre en cause les procédés d’influence ultra classiques comme les médias d’État internationaux. D’autant qu’ils ne décryptaient pas les biais de RT ou Spoutnik, ne dénonçaient pas un travail d’info frauduleux mais se contentaient de dire que c’est pas du jeu. Résultat : manque de crédibilité et manque de matière sur les médias en question parce qu’il fallait regarder de près leur travail, pas comme ça de manière surplombante.

      Sur le sujet, une copine US me dit que chez elle, dans les médias plutôt de gauche, on pense que les Gilets jaunes ont été téléguidés par les Russes. Je comprends qu’avec l’affaire Trump cette perspective soit flippante mais ce qu’il me semble, c’est que ce mouvement est vite devenu autre chose, une colère légitime, souvent basée sur des analyses simplistes mais sur des valeurs que je partage : démocratie, égalité. Et que c’est le seul obstacle qui s’est dressé devant la fascisation du pays quand Mélenchon reprend les recettes du FN (BBR, République étriquée, propos agressif sous prétexte de parler vrai), quand Macron poursuit dans le mépris et la manip. Si fascisation des Gilets jaunes il y a, c’est le fait des BFM et compagnie qui servent la soupe à ceux d’entre eux qui sont politisés à l’extrême droite. Il y a quelques semaines les intervenant.es d’une émission se fritaient pour savoir si ces modo fascistes de groupes FB avait profité de leur reconnaissance médiatique pour grossir ou s’ils avaient été reconnus médiatiquement parce qu’ayant grossi par reconnaissance de leurs pairs sur FB. La poule ou l’œuf. En tout cas, cette reconnaissance médiatique fait partie du cercle vicieux.

      En nous montrant des GJ fascistes ou en les accusant de ces trucs nauséabonds, ces salauds pensent éteindre une colère correctement exprimée (et au fond très républicaine, qui interroge le pays sur ses valeurs profondes et sa volonté de vivre ensemble - ce qui perso me laisse un peu indifférente mais c’est un moindre mal) et ne laissent comme perspective que la fascisation. Et ça, c’est inquiétant, qu’on ne rende audible que des colères fascistes et qu’on refuse d’entendre les autres.


  • Et zut alors, en voulant répondre à @philippe_de_jonckheere au sujet de ma grande et belle propriété en bord de mer, et comme c’est pas la « Côte d’Azur », j’ai dû googliser pas mal pour savoir comment se nomme la côte à #Montpellier-plages.

    Je te le donne Émile, parce que je suis sûr que tu le savais pas non plus : c’est la Côte d’améthyste
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Côte_d%27Améthyste

    Moins populaire, du coup, que la côte d’Azur, parce que personne ne se souvient comment ça s’écrit, et la plupart d’entre nous ne sait pas trop comment ça se prononce.

    #sérendipité, parce que sinon y’a aucun moyen que je sache une chose pareille. Et #merci_arno, parce qu’il est bon que tu le sachiasses.


  • Note : le formulaire interwebz qu’on met à ta disposition pour « exercez vos droits », titré « RGPD », la plupart du temps il contient une case « Je ne suis pas un robot », lui-même titré « reCAPTCHA ». Par exemple :
    https://finistere2point9.fr/formulaire-rgpd-exercez-vos-droits

    Et reCAPTCHA, c’est Google.

    (Accessoirement si je regardes plus généralement le nombre de cookies et de « pre-connect » qui se font à l’insu de mon plein gré dès que je veux exercer mon droit au retrait de mes infos personnelles en visitant cette seule page, c’est trop mignon.)

    Juste une autre fumisterie du côté des formulaires/avertissements RGPD.


  • Quand l’Office de lutte contre la cybercriminalité exige le retrait d’un photomontage visant Macron
    https://www.nextinpact.com/news/107547-quand-office-lutte-contre-cybercriminalite-exige-retrait-dun-phot

    L’office central de la lutte contre la criminalité informatique a réclamé le retrait sur Google+ d’un photomontage visant le président de la République à la place de Pinochet avec, derrière lui, Édouard Philippe, Premier ministre et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Contacté, l’organisme s’est refusé à nous livrer la moindre explication.