• HEY ! #4 au Musée de la Halle Saint Pierre
    http://madmegblog.blogspot.com/2019/02/hey-4-au-musee-de-la-halle-saint-pierre.html
    HEY ! modern art & pop culture 4
    OUVERTURE 23 MARS - CLÔTURE 2 AOUT 2019
    AU MUSÉE DE LA HALLE SAINT PIERRE, PARIS

    Dans le cadre de cette exposition collective, pour la première fois mon plus grand dessin, le Feast Of Fools, sera exposé ! Pour vous mettre l’eau à la bouche voici une photo de la préparation de l’expo (photo : @lecoincoin ).

    #shamless_autopromo #mad_meg


  • La Horde – Lille : Rassemblement face à la soirée raciste organisé par la citadelle
    http://lahorde.samizdat.net/evenement/lille-rassemblement-face-a-la-soiree-raciste-organise-par-la-citad

    Le concept de la soirée est à l’image des pires sketchs de Michel Leeb, en effet une bière est offerte à chaque personne venant déguisée en djellaba ou en hidjab…



  • Lettre ouverte à Alain Finkielkraut, par Alain Badiou 18 Avril 2016 - nouvel obs
    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151112.OBS9357/lettre-ouverte-a-alain-finkielkraut-par-alain-badiou.amp

    "Vous vous êtes mis vous-même dans une trappe obscure. Et je crois deviner que vous commencez à comprendre que là où vous êtes, ça sent le moisi, et pire encore."

    Lors des discussions, publiques et publiées, que nous avons eues naguère, je vous avais mis en garde contre le glissement progressif de votre position, et singulièrement de votre crispation identitaire, que je savais être à l’époque sans doute déjà très réactive, mais que je considérais comme loyale et sincère, du côté d’un discours qui deviendrait indiscernable de celui des extrêmes-droite de toujours.

    C’est évidemment le pas que, malgré mes conseils éclairés, vous avez franchi avec le volume « l’Identité malheureuse » et le devenir central, dans votre pensée, du concept proprement néo-nazi d’Etat ethnique . Je n’en ai pas été trop surpris, puisque je vous avais averti de ce péril intérieur, mais, croyez-le, j’en ai été chagrin : je pense toujours en effet que n’importe qui, et donc vous aussi, a la capacité de changer, et – soyons un moment platoniciens – de se tourner vers le Bien.

    Mais vous vous êtes irrésistiblement tourné vers le Mal de notre époque : ne savoir opposer à l’universalité, abstraite et abjecte, du marché mondial capitaliste, que le culte, mortifère dès qu’il prétend avoir une valeur politique quelconque, des identités nationales, voire, dans votre cas, « ethniques », ce qui est pire.

    J’ajoute que votre instrumentation sur ce point de « la question juive » est la forme contemporaine de ce qui conduira les Juifs d’Europe au désastre, si du moins ceux qui, heureusement, résistent en nombre à cette tendance réactive ne parviennent pas à l’enrayer. Je veux dire, la bascule du rôle extraordinaire des Juifs dans toutes les formes de l’universalisme (scientifique, politique, artistique, philosophique…) du côté du culte barbare et sans issue autre que meurtrière d’un Etat colonial. Je vous le dis, comme à tous ceux qui participent à ce culte : c’est vous qui, aujourd’hui, par cette brutale métamorphose d’un sujet-support glorieux de l’universalisme en fétichisme nationaliste, organisez, prenant le honteux relais de l’antisémitisme racialiste, une catastrophe identitaire sinistre. 

    Dans le groupe des intellectuels qui vous accompagnent dans cette vilenie anti-juive, on me traite volontiers d’antisémite. Mais je ne fais que tenir et transformer positivement l’universalisme hérité non seulement d’une immense pléiade de penseurs et de créateurs juifs, mais de centaines de milliers de militants communistes juifs venus des milieux ouvriers et populaires. Et si dénoncer le nationalisme et le colonialisme d’un pays déterminé est « antisémite » quand il s’agit d’Israël, quel nom lui donner quand il s’agit, par exemple, de la France, dont j’ai critiqué bien plus radicalement et continûment, y compris aujourd’hui, les politiques, tant coloniales que réactionnaires, que je ne l’ai fait s’agissant de l’Etat d’Israël ? Direz-vous alors, comme faisaient les colons en Algérie dans les années cinquante, que je suis « l’anti-France » ? Il est vrai que vous semblez apprécier le charme des colons, dès qu’ils sont israéliens.

    Vous vous êtes mis vous-même dans une trappe obscure, une sorte d’anti-universalisme borné et dépourvu de tout avenir autre qu’archi-réactionnaire. Et je crois deviner (je me trompe ?) que vous commencez à comprendre que là où vous êtes, ça sent le moisi, et pire encore. Je me dis que si vous tenez tant à ce que je vienne à l’anniversaire de votre émission (à laquelle j’ai participé quatre fois, du temps où vous étiez encore fréquentable, quoique déjà avec quelques précautions), ou que je participe encore à ladite émission, c’est que cela pourrait vous décoller un peu de votre trou. « Si Badiou, le philosophe platonicien et communiste de service, accepte de venir me voir dans la trappe où je suis » - pensez-vous peut-être - « cela me donnera un peu d’air au regard de ceux, dont le nombre grandit, qui m’accusent de coquetterie en direction du Front National. »

    Voyez-vous, j’ai déjà été critiqué dans ce que vous imaginez être mon camp (une certaine « gauche radicale », qui n’est nullement mon camp, mais passons) pour avoir beaucoup trop dialogué avec vous. Je maintiens, sans hésitation, que j’avais raison de le faire. Mais je dois bien constater, tout simplement, que je n’en ai plus envie. Trop c’est trop, voyez-vous. Je vous abandonne dans votre trou, ou je vous laisse, si vous préférez, avec vos nouveaux « amis ». Ceux qui ont fait le grand succès des pleurs que vous versez sur la fin des « Etats ethniques », qu’ils prennent désormais soin de vous. Mon espoir est que quand vous comprendrez qui ils sont, et où vous êtes, le bon sens, qui, si l’on en croit la philosophie classique, est le propre du sujet humain, vous reviendra.

    Alain Badiou
    #Alain_Finkielkraut #Alain_Badiou


  • https://christinedelphy.wordpress.com/2019/02/19/antisemitisme-islamophobie-negrophobie

    On ne peut pas continuer à appeler à faire barrage au Rassemblement National en pratiquant la grille de lecture de l’extrême droite, tenir des propos qui légitiment le racisme que l’on prétend combattre, banaliser la parole islamophobe, critiquer Salvini en refusant de faire accoster l’Aquarius et en organisant la chasse à l’homme noir à nos frontières, déformer la laïcité à des fins d’exclusion, instrumentaliser l’antisémitisme pour stigmatiser les gilets jaunes et faire taire la protestation, accuser d’antisémitisme ceux qui critiquent la politique israélienne à l’encontre les palestiniens, dévoyer les revendications sociales sur le terrain identitaire, être sur le terrain du racisme en essentialisant les roms, les arabes, les musulmans, les noirs, les asiatiques, discourir sur l’égalité républicaine en ignorant les contrôles au faciès, les discriminations racistes à l’emploi et au logement, s’indigner de façon sélective en ignorant que ces dernières semaines et ces derniers mois des tags ont aussi appelé à tuer les arabes, à mettre dehors les nègres, les bicots, les arabes, les bougnoules à mettre l’islam dehors.

    J’ai découvert Christine Delphy il y a un mois lors de toute une série d’émissions d’ A Voix nue sur France Culture ( https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/christine-delphy-15-se-dire-feministe ) et franchement j’étais impressionné par la brillance de son intelligence. A propos du débat en cours, je verse sa tribune du côté de l’intelligence.

    Edit, 20 février, cette tribune est de Fabienne Haloui, ce qui est indiqué mais ne m’avait pas sauté aux yeux apparemment. Merci à @aude_v pour la correction.


  • Amérique latine, l’année de tous les dangers | ARTE

    Ce soir à 23h45 et sur le site jusqu’au 19/04/19.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078742-000-A/amerique-latine-l-annee-de-tous-les-dangers

    Pourquoi la gauche subit-elle aujourd’hui des revers retentissants en Amérique latine ? Marco Enriquez-Ominami, candidat socialiste malheureux à la présidentielle chilienne en 2017, interroge le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica et la Brésilienne Dilma Rousseff.

    Défaite cinglante au Venezuela, virage à droite en Argentine, à l’extrême droite au Brésil, manifestations d’opposition en Équateur, fin de règne à Cuba... : après une vague de succès fulgurants en Amérique latine, à l’aube du XXIe siècle, la gauche est à la peine et subit aujourd’hui des revers retentissants. Comment comprendre les difficultés qui l’accablent ? Candidat malheureux à l’élection présidentielle chilienne de 2017, Marco Enriquez-Ominami, héritier spirituel de ce courant progressiste, interroge ce bilan trouble et controversé. En allant à la rencontre de ses aînés, amis, modèles ou mentors – le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica, la Brésilienne Dilma Rousseff... –, parviendra-t-il à tirer les leçons de l’histoire ?

    Instabilité
    Au tournant du XXIe siècle, l’Amérique latine a connu un extraordinaire cycle de croissance économique et de développement social. Ce mouvement massif a radicalement changé le paysage et donné lieu à l’instauration d’une culture démocratique durable, à la mise en place d’États de droit, à une redistribution des richesses qui a fait reculer de manière impressionnante la pauvreté, à l’émergence de nouveaux leaders politiques. Mais, depuis quelques années, cette ère glorieuse a cédé la place à une période de grande instabilité. Depuis 2016, les politiques de ces dirigeants sont remises en question par les citoyens mêmes qui les avaient portés au pouvoir ; le gong marquant la fin des politiques de gauche de l’Amérique latine a sonné. La crise politique dans laquelle se sont englués plusieurs pays montre que les politiques hier opérantes ne sont plus adaptées aux défis qui s’annoncent. Comment éloigner les démons de la dictature ? Comment enrayer durablement la misère et les inégalités si profondément ancrées dans cette région ? Un tour d’horizon géopolitique qui questionne le passé pour mieux appréhender l’avenir.


  • Gilets jaunes : Commercy ouvre la voie du municipalisme - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-Commercy-ouvre-la

    « Ce gars qui avait lancé l’idée du municipalisme était venu à l’une de nos réunions. Je ne m’en souvenais même plus, mais c’était à propos des cheminots. On avait parlé de ça, l’idée lui était restée dans la tête, il avait lu là-dessus et les graines ont germé. Le 17 novembre, il y avait cinq cents personnes qui bloquaient toute la ville et le drapeau du municipalisme libertaire flottait sur le rond-point “des trois godelles” [“vache” en patois], à l’entrée de Commercy — notre rond-point avec ces statues de métal de trois vaches bleues est la curiosité de la ville, presque mondialement connu. C’était juste une banderole “Municipalisme libertaire” avec à côté “Macron démission” et “Halte aux taxes” (rires) — c’était un mélange assez bizarre ! Les Gilets jaunes le brandissaient, on a pris des photos avec et comme personne ne savait trop ce que c’était, on s’est mis à en discuter. C’était lancé ! »

    #Commercy #gilets_jaunes


  • Le 3 ème appel des gilets jaunes de Commercy contre le racisme, l’antisémitisme et toutes formes de persécutions
    https://www.youtube.com/watch?v=8XCVZrJtos4

    Depuis le 17 novembre, et même avant la grande mobilisation, notre mouvement citoyen a été qualifié de raciste et « beauf » tant par la presse que par le gouvernement.

    Même le Président Macron n’a pas hésité à nous qualifier de « foules haineuses » qui s’en prendraient aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers et aux homosexuels…quelle injure !

    Depuis quelques semaines, des actes inacceptables, sont perpétrés par des individus et repris largement par certains médias, discréditant, voir diabolisant notre mouvement !

    Nous Gilets Jaunes de Commercy, rappelons que l’indépendance vis à vis des partis et organisations est un de nos fondements.

    Cependant, nous condamnons très fermement tout acte ou expression de Racisme ou d’Antisémitisme, ainsi que toutes autres formes de persécutions quelles qu’elles soient.

    Il est insupportable que de tels actes puissent avoir lieu. Le silence qui les entoure nous rappelle les heures sombres que notre pays a traversé, et ça il ne faut jamais l’oublier.

    Nous devons être la petite lumière qui veille à ce que cela ne soit jamais banalisé.

    Chaque Homme, chaque Femme, chaque enfant doit pouvoir vivre en toute liberté et toute sécurité dans notre beau pays.

    Les gilets jaunes de Commercy

    #gilets_jaunes #gouvernement #racisme #antisémitisme


  • Cartographie | Le mythe de l’ “invasion”. Déconstruire une idée-reçue
    https://asile.ch/2019/02/19/cartographie-le-mythe-de-l-invasion-deconstruire-une-idee-recue

    Un sondage Eurobaromètre sur l’immigration dans l’Union européenne publié en avril 2018 montre que les populations européennes ont tendance à largement surestimer la présence d’étrangers non-européens dans leurs pays respectifs (lire éditorial). Quelques données et cartes visent ici à déconstruire le mythe d’une prétendue « invasion ». Les cartes ont été réalisées par Philippe Rekacewicz, […]


  • Super-tall, super-skinny, super-expensive: the ’pencil towers’ of New York’s super-rich | Cities | The Guardian
    https://www.theguardian.com/cities/2019/feb/05/super-tall-super-skinny-super-expensive-the-pencil-towers-of-new-yorks-

    The revamped laws also introduced the curious notion of transferable development rights (TDRs), also known as “air rights” – a mechanism that allows landowners to buy the unused air space of their neighbours and add it on to their own lot. It is the ultimate free-market planning clause: if your neighbour is not exploiting their potential to go skywards, you can buy it off them and make your building even taller. It seems fitting that in the cut-throat capital of capitalism, even the air is for sale.

    Crucially, the law specifies that the properties must share at least 10ft of boundary, but there is no limit on how many connected lots can be assembled, leading to a situation where a developer can snake their way around a block, piecing together a complex jigsaw puzzle of adjoining lots, buying up neighbour after neighbour’s spare air in secret. It has become one of the most lucrative currencies: in some cases, developers have paid the same price per square foot for air rights as they did to buy the land itself.

    #architecture #new-york (via Patrice R.)


  • Amnesty India staff complain of harassment and discrimination | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/2019/feb/15/amnesty-india-staff-complain-of-harassment-and-discrimination

    Prominent Indian rights activists have withdrawn their support for Amnesty India amid allegations of caste discrimination and harassment within the organisation, the Guardian has learned.

    The allegations include claims that staff were humiliated, ill-treated and discriminated against because of their caste, a system of social hierarchy among Hindus.

    A further 32 Indian lawyers and civil rights campaigners have written to Amnesty International’s secretary general in London to demand an independent investigation into the claims from staff members. Parts of the letter were seen by the Guardian.

    It comes after the human rights group released a report last week identifying a “toxic” work culture at Amnesty International with widespread bullying, discrimination, public humiliation and other abuses of power. The review of workplace culture was prompted by staff concerns after researcher Gaëtan Mootoo killed himself in his Paris office.

    #amnesty_international #Inde #caste #discriminations #harcèlement


  • Chèr⋅es ami⋅es, la récente remise sur le tapis du débat antisémitisme/antisionisme, la manif d’aujourd’hui, la loi que certaines personnes voudraient faire… tout cela me remue toujours, et me remémore un très modeste et très petit texte-manifeste que j’avais écrit en août 2014 en plein durant les bombardements sur Gaza. Écrit du point de vue d’une personne de culture juive, extérieur à Israël, donc.

    Je ne l’ai jamais vraiment publié ni donc diffusé. Je n’ai jamais trop su où le mettre, car je ne voulais pas spécialement le publier en mon nom, et j’aurais voulu que ce soit en plusieurs langues dès le départ. Je ne savais pas si je prenais un nom de domaine « juste » pour ça… et donc en devant payer. Au final je l’ai laissé dans un coin. Pourtant depuis 5 ans déjà, c’est possible que ça dise encore quelque chose, et je suis toujours à peu près d’accord avec moi-même.

    – Est-ce que c’est toujours pertinent, intéressant, de publier ça ?
    Si oui…
    – Est-ce que je dois le reformuler pour le rendre encore plus intemporel, ou est-ce que je dois laisser le contexte dans lequel il a été écrit, avec une phrase disant que c’est toujours d’actu quand même ?
    – Où le mettre ? Sur un nom de domaine dédié ? Mais du coup quoi, en français, en anglais ? Ou sur un Github avec un compte anonyme ? Ou Medium, ou autre ?

    Enfin bref, j’en sais rien. Et comme on est plus intelligent à plusieurs, si vous avez des remarques…

    Juif, pas Israélien

    Je suis juif, ou je viens d’une famille de culture juive, mais je ne suis pas Israélien.

    Je vis dans un autre pays quelconque du globe. Ma culture, mon éducation, est liée à l’endroit où j’ai fais ma vie.

    Le gouvernement ou les grands médias de l’endroit où je vis ne condamnent pas fermement, clairement, explicitement, les massacres et les crimes de guerre perpétrés sur la population palestienne. Ils ne demandent aucune sévère sanction contre l’État d’Israël à l’échelle des relations internationales.

    Pire encore, ils affirment que les personnes révoltées par ce qui se passe en Palestine, et notamment à Gaza, sont peu ou prou antisémites.

    Je tiens donc à affirmer que je ne supporte en aucun cas l’État israélien, ni les nombreux citoyens qui approuvent ses actions.

    Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

    Je condamne tous les discours assimilant ou liant indéfectiblement l’ensemble des juifs à l’État d’Israël, et en particulier ceux des gouvernements et associations qui défendent ou aident cet État.

    Je condamne l’utilisation de tout procédé linguistique ou argumentaire visant à faire croire à un conflit symétrique.

    Lorsque je pense à l’histoire européenne d’une partie de ma famille, je suis révolté lorsque je vois le Mur, les barbelés, les miradors, les humiliations, la ghettoïsation, les bombardements et les meurtres infligés aux Palestiniens.

    Tout ceci ne se fera pas en mon nom.

    Je vous invite, selon vos centres d’intérêts, à lutter politiquement, littérairement, artistiquement ou mystiquement contre ces injustices.

    Août 2014 / #JuifPasIsraélien #JewNotIsraeli

    #juif #Israël #Palestine #notinmyname

    • Cher @rastapopoulos

      Merci pour ce partage

      Et ici, sans doute, le mot « partage » n’est pas galvaudé.

      Ton texte si court soit-il sur un sujet si difficile a de belles qualités. Et on ne peut pas douter, pas une seule seconde, de ses intentions louables. En revanche je dois te dire que je lui préfère une argumentation plus développée qui est celle par exemple de Claude Askolovitch. signalée ici ( https://seenthis.net/messages/747159 )

      Je te donne un seul exemple. Quand tu écris

      Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

      On ne peut, en quelque sorte, que te donner raison. Singulièrement pour ce qui est de la politique actuelle, et même passée jusqu’à un certain point, d’Israël (je vais revenir sur ce certain point justement). Et de fait les bombardements de Gaza en 2014 ont été l’apogée sans doute de ce qui mérite d’être condamné, et de l’être sans ambiguïté ce dont nos gouvernements successifs se sont tous tenus très éloignés de faire pour des raisons de real politik qui les regardent mais dont ils devraient se demander aujourd’hui si justement le peu de représentativité de cette real politik forcenée n’est pas en train justement de leur exploser à la figure.

      Et je suis à peu près certain que tu dois être favorable, de ce que je sais de toi au travers de ce que je lis dans tes signalements et autres participations dans seenthis, à une solution dite à deux états. Et pour cela on pourrait te demander de te pencher sur toutes les cartes particulièrement nombreuses dans le temps du « partage » (le mot est mal choisi, je le fais exprès) des territoires entre ceux palestiniens et ceux israéliens. Or quelle que soit la carte, si reculée soit-elle dans le temps jusqu’en 1948, que tu choisiras, elle sera déjà celle d’une colonisation.

      Et je présume que je n’ai pas besoin de te rappeler que de 1945 à 1948, les Juifs d’Europe ayant survécu à la destruction n’avaient d’une part plus où que ces soit où aller et que le camp des vainqueurs n’a pas assumé sa responsabilité de libérateur des camps, côté Russe, n’en parlons pas, mais du côté de la Grande Bretagne et des Etats-Unis, les quotas pour accueillir les survivants étaient ridiculement bas, le sionisme alors était une question de survie. Avec toute l’hypocrisie qui la caractérise la Grande Bretagne a réglé le problème en abandonnant sa colonie palestinienne, ce qu’elle aurait sans doute pas fait si la même colonie avait eu certaines richesses à faire valoir.

      Le sionisme contemporain, singulièrement sa pratique coloniale dans les territoires occupés et au delà d’eux est abject et devrait oui, être viscéralement condamné, ce qui ne se produira jamais en Occident puisque nos pays sont englués à la fois dans des logiques et real politik et une mauvaise conscience qui n’est pas prête de s’éteindre, même avec les derniers et dernières survivantes de la destruction des Juifs d’Europe.

      Que les députés de la REM se ridiculisent et montrent une fois de plus leur manque édifiant de profondeur à la fois politique et historique est une chose, je tente de me rassurer en me disant que quelques filtres et autres fusibles devraient rendre l’adoption d’une telle loi très compliquée, parce qu’à ce moment-là j’imagine qu’il faudra également légiférer contre tant et tant de stigmatisations. En revanche la question est bien là, les antisémites en France se proclament antisionnistes, non pas qu’ils et elles soient particulièrement sensibles à la souffrance du peuple palestinien mais parce que cela leur permet de contourner l’illégalité de leur antisémitisme pour lequel nul n’a de doute.

      Quant au retentissement de ce qui est en train de devenir l’affaire des injures antisionnistes envers le philosophe Alain Finkielkraut, je suis frappé par le caractère hystérique des réactions d’une part, mais d’autre part aussi je suis étonné par le caractère admirablement artificiel et fabriqué de l’affaire. Je trouve très curieux d’une part que cette confrontation soit advenue fortuitement et quand bien même un tel accident statistique était advenu quelle est la probabilité pour qu’au même moment il y ait à la fois une équipe de télévision sur les lieux et un peloton de CRS pour s’interposer et prendre la défense du philosophe. Enfin quelle est également la probabilité pour que les insultes émanant d’une foule soit aussi respectueuse des limites de la légalité des insultes, « sale sioniste » (qui n’est pas interdit) en lieu et place de « sale juif » (qui est un délit) ?

      Et pour terminer il ne faut évidemment pas tomber dans le piège de dire ou même de sous entendre que Finkielkraut puisse mériter son sort, en revanche il ne me paraît pas injustifié de rappeler utilement que ses propos habituellement rances constituent une provocation continue pour laquelle il y aurait moyen de le poursuivre sans doute, qu’en l’état il bénéficie d’une immunité très douteuse et rappeler la phrase de Brecht à propos de la violence : on s’indigne beaucoup de la violence des crues, on ne parle jamais de celle des berges qui emprisonnent le fleuve dans son lit.

      Amicalement.

      Phil


  • Figures juridiques de la démocratie (1/9) : Essor et reflux de la démocratie économique
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/figures-juridiques-de-la-democratie-19-essor-et-reflux-de-la-democrati

    Comment « le travail indépendant pour tous », s’avère-t-il la base d’un régime démocratique, « que chacun puisse vivre, dans l’indépendance, du fruit de son travail » ? demande encore le juriste Alain Supiot. Quels sont les dispositifs en France, en Allemagne et aux Etats-Unis qui ont pu exprimer l’idée de démocratie économique à l’âge industriel ? Comment cette démocratie économique a-t-elle reflué sous l’effet du tournant néolibéral ?

    La Grande Bretagne du Brexit, l’Italie et son étrange coalition gouvernementale, la France des gilets jaunes, mais aussi la Suède et l’Allemagne, aux dernières élections de 2018, montrent tour à tour au fil des crises politiques et économiques qui les touchent, combien nos vieilles démocraties sont bousculées par le doute, la colère sociale et l’angoisse.

    Face à un laboratoire politique qui semble bien en panne, quelles questions se poser et comment nourrir sereinement le débat dans une approche plurielle et interdisciplinaire ?

    En train d’écouter cette riche série sur la #démocratie.


  • Je vous ai déjà parlé de ce site ? La bibli municipale de Lyon propose un service de réponse à toutes vos questions qui vaut au moins Seenthis (où @simplicissimus, @monolecte et d’autres sont capables de nous trouver des réponses à déjà beaucoup de questions). J’ai pris une question pas au hasard.

    Le Guichet du Savoir - Consulter le sujet - Pourquoi une femme en porte-jaretelles excite les hommes ?
    http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=79117&classement=recentes

    Croyez-le ou non, le porte-jarretelles n’a pas toujours alimenté les fantasmes érotiques masculins : en fait, quand il fut inventé sous Louis XIV, il était jugé inesthétique et porté uniquement pour des raisons médicales en remplacement de la jarretière (qui pouvait causer des problèmes de circulation sanguine).

    Ce n’est qu’à partir des années 30 que l’image du porte-jarretelles commence réellement à être associée au désir : le grand couturier Paul Poiret lui donne ses lettres de noblesse et l’affiche de L’Ange bleu présente Marlène Dietritch posant de manière provocante, vêtue de cette pièce de lingerie.


  • Vous avez peut-être suivi ça, Steve Salaita (américain d’origine Nicaraguayenne et Palestinienne), spécialiste entre autres du racisme anti-arabe aux USA, avait été embauché comme professeur de Science Politique à l’University of Illinois en 2013. Sa permanence avait été révoquée en 2015 à cause de quelques tweets critiques d’israel.
    https://seenthis.net/messages/381282

    Le processus avait été entaché d’irrégularités, mais Salaita avait négocié son départ contre une somme d’argent, ayant entre temps obtenu un poste à la American University of Beirut. Un an après, ce poste aussi n’avait pas été renouvelé et, black listé, aucune autre offre ne lui fut offerte.

    Aujourd’hui, il est chauffeur de bus, et il raconte cette expérience dans ce très beau texte (que je trouve quand même très triste) :

    An Honest Living
    Steve Salaita, le 17 février 2019
    https://stevesalaita.com/an-honest-living

    You hear ex-professors say it all the time and I’ll add to the chorus: despite nagging precariousness, there’s something profoundly liberating about leaving academe, whereupon you are no longer obliged to give a shit about fashionable thinkers, network at the planet’s most boring parties, or quantify self-worth for scurrilous committees (and whereupon you are free to ignore the latest same-old controversy), for even when you know at the time that the place is toxic, only after you exit (spiritually, not physically) and write an essay or read a novel or complete some other task without considering its relevance to the fascist gods of assessment, or its irrelevance to a gang of cynical senior colleagues, do you realize exactly how insidious and pervasive is the industry’s culture of social control.

    There are tragic elements to this adventure, sure. A political symbolism informs my academic career. After months without work, my family suffered financial hardship. And I didn’t matriculate through 22nd grade in order to land a job that requires no college. Then again, neither did I attend so many years of college in order to be disabused of the notion that education is noble.

    I pitched honest living to my parents when I told them about the new job. Despite being aware of academe’s ruthless memory, they hoped that I’d one day be a professor again. They probably still do. In a better world, my redemption would happen in the United States. I wanted to quell that expectation. “Even if Harvard offered me a job I’d say no,” I proclaimed with earnest hyperbole.

    They feigned support but didn’t believe me. I understand why. It’s hard to imagine coming of age in reverse. Hollywood doesn’t make inspirational movies about struggling to overcome material comfort. We don’t aspire to the working class. Personal fulfillment occurs through economic uplift. We go from the outdoors to the office, from the ghetto to the high-rise, from the bar rail to the capital. That’s the dream, to become a celebrity or a tycoon or, in humbler fantasies, a bureaucrat. But forward progress as material comfort is cultivated through the ubiquitous lie that upward mobility equals righteousness. Honest living is a nice story we tell ourselves to rationalize privation, but in the real world money procures all the honesty we need.

    For immigrants, these myths can be acute. I could see my parents struggling between a filial instinct to nurture and an abrupt recognition of their failure. My mom, a retired high school teacher, seemed interested in the logistics of transporting students, but my dad, the original professor, clenched his hands and stared across the table. It’s the only time I’ve seen him avoid eye contact.

    #Steve_Salaita #USA #Palestine #université #criminalisation_des_militants #censure


  • Des nouvelles de #Malaisie. Tiens tiens, la question raciale brandie par les politiques en mal de popularité et de projet économique consensuel...
    In the new Malaysia, signs of an older, uglier politics - CNN
    https://edition.cnn.com/2019/02/17/asia/malaysia-racial-politics-intl/index.html

    Possibly the best-known and widest reaching instrument of this goal was the New Economic Policy. Introduced in 1971, it gave Malays perks including cheaper housing, business loans and generous quotas to enter public universities. The aim was to get that community to control at least 30% of the national economy within 20 years. While the policy has since been revised, Bumiputera continue to receive most of the same privileges.
    Today, the Malaysian constitution still promises to “safeguard the special position of the Malays and natives of any of the states of Sabah and Sarawak.” The document considers all Malay to be Muslims, and multiple governments have pushed for policies which benefit Islam over Malaysia’s two main minority faiths, Buddhism and Christianity.


  • Quel métier choisir quand on est psychopathe ?

    The 10 professions with the most psychopaths
    https://www.businessinsider.fr/us/professions-with-the-most-psychopaths-2018-5

    In the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, or DSM-5, someone with a psychopathic personality type is defined as having an inflated, grandiose sense of themself, and a knack for manipulating other people. But a diagnosis is rarely simple.

    One thing psychopaths tend to have in common is the careers they go for. For example, you’re likely to find a lot of them in leadership positions because of their ruthlessness, charisma, and fearlessness. They’re very good at making snap decisions, but not so good at the empathetic professions like nursing or therapy.


  • A Toulouse, sur fond de gilets jaunes, resurgit le spectre d’une affaire Tarnac - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170219/toulouse-sur-fond-de-gilets-jaunes-resurgit-le-spectre-d-une-affaire-tarna

    Début février, une mise en examen pour association de malfaiteurs et deux perquisitions mobilisant plusieurs dizaines de policiers ont visé des militants de la sphère autonome. Un coup de pression, malgré un dossier vide, sur des éléments classés « anarchistes » et supposés actifs au sein des « gilets jaunes ».

    • Samedi 2 février, R. garde la fille d’une amie chez elle, dans un appartement situé dans le
      quartier de la préfecture. C’est le milieu de la journée, la manifestation de l’acte XII va bientôt démarrer.

      Voyant des policiers contrôler un groupe de personnes dans la rue, il descend fumer une cigarette et observer ce qui se passe. Interpellé pour une vérification d’identité, R. refuse de la décliner et de donner son ADN. Il en a le droit mais il s’agit d’un délit. Il est placé en garde à vue.

      Le 4 février, R. est présenté à la juge d’instruction Élodie Billot, l’un des deux magistrats qui, en janvier 2018, avaient rendu une ordonnance de non-lieu dans le dossier de la mort de Rémi Fraisse à Sivens. Il est mis en examen pour association de malfaiteurs et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Seysses.

      Mardi 19 février, la cour d’appel du TGI de Toulouse examinera son ordonnance de placement en détention provisoire. « On veut qu’il bénéficie au moins de mesures de contrôle judiciaire » lui permettant de sortir de prison, annonce son avocate Claire Dujardin.

      Qu’y a t-il dans le dossier ? Le procureur du TGI de Toulouse, Dominique Alzeari, nous oppose le secret de l’instruction en cours. Tout en confirmant l’interpellation, puis la mise en examen de R. pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de destruction et des dégradations graves » et pour « plusieurs délits connexes, dont le refus de se soumettre aux relevés d’empreintes, le refus de se soumettre aux examens génétiques ou encore l’usurpation d’identité d’un tiers ».

      Mais selon les informations que nous avons pu recueillir auprès de diverses sources proches de l’enquête, rien ne justifierait ce placement en détention. De nombreux « PV de contextes » relatant les manifestations depuis novembre figurent dans le dossier, mais aucune infraction, même mineure, impliquant R. n’y apparaît.

      « Cette association de malfaiteurs n’est caractérisée par aucun fait matériel, déplore son avocate. Pour une instruction pénale, il faut des indices sérieux et concordants ; là, il n’y a même pas le début d’un commencement. On sait que l’association de malfaiteurs est une infraction fourre-tout mais en général, il y a quand même quelques faits caractérisés permettant de faire le raccord. Là, non. » En lieu et place figurent surtout des notes blanches et des « éléments de contexte », dont certains évoquent, de fait, un mauvais remake de « l’affaire Tarnac ».

      Ainsi cette évocation d’un « groupe de 7 personnes, porteuses de sacs volumineux et présentant les caractéristiques des membres de l’ultragauche… »

      Des sacs qui s’avèreront dissimuler des duvets et des « denrées alimentaires sans intérêt »,
      mais peu importe : « Au vu des éléments de
      contexte, des renseignements recueillis et du profil de certains interpellés depuis les 12 samedis de manifestations toulousaines, il est permis de penser que les activistes d’ultragauche et des mouvements
      anarchistes constituent le noyau des casseurs “black bloc” et semblent constituer les leaders du mouvement insurrectionnel », est-il noté dans un procès-verbal.

      « Ce sont des fantasmes complets à coups de “il est permis de penser que…”, s’emporte Claire Dujardin. C’est du prédictif pur ! On suppose qu’il a peut- être, et probablement avec d’autres, commis des infractions… » Au cœur de ces supputations, un « jeu de clefs et de passes » trouvé sur le détenu qui serait, selon la police, « caractéristique du fonctionnement
      des activistes d’ultragauche pilotant le mouvement des gilets jaunes et leurs manifestations, en tout cas sur la
      ville de Toulouse ».

      Consultée par Mediapart, une avocate pénaliste ayant 20 ans d’expérience dans ce type de dossier s’étrangle :
      « C’est une honte absolue, je n’ai jamais vu un
      truc pareil ! Ce n’est pas un dossier de procédure pénale, ce sont des notes blanches déguisées en procédure pénale ! Je ne comprends pas comment un juge d’instruction peut mettre en examen sur de tels éléments. Mais on est où, là ? »

      Il semble que l’appartenance à la sphère autonome de R., de nationalité suisse et n’ayant jamais été condamné, et de G., la femme dont il gardait la fille le jour de son arrestation, ait suffit à éveiller les soupçons
      des enquêteurs. « Ça les excite… » soupire G. Au point que quatre jours après l’interpellation de R., mercredi 6 février, deux perquisitions sont simultanément menées dans leurs domiciles respectifs.

      Il est 20 heures lorsque la fille de G. et sa baby-sitter rentrent de la piscine. L’accès à l’immeuble est bouclé et les policiers ont commencé à s’attaquer aux serrures de la porte de l’appartement. « La personne qui accompagnait ma fille a tout d’abord
      souhaité repartir avec elle, mais ils ont menacé de l’embarquer ; ma fille a donné les clefs. » S’ensuit une perquisition qui va durer une heure et demie, en l’absence de G. « Ils ont saisi tout le matériel informatique, raconte cette dernière. Y compris celui de la baby-sitter, des brochures sur les gilets jaunes, un carnet de notes… Des policières ont demandé à ma
      fille si elle voulait jouer “au jeu des questions”… », provoquant l’incrédulité de l’adolescente de 13 ans, à qui ils ont aussi demandé si sa mère « écrivait ».

      Durant cette perquisition, bien obligés de constater qu’il n’y avait pas grand-chose, les policiers ont fait savoir qu’ils décommandaient les chiens ».

      Ce qui n’a pas été le cas à l’autre bout de la ville,sensiblement à la même heure. Dans la maison où R. vit en colocation avec des amis, ce même 6 février, vers 20 h 30, des policiers s’annoncent et pénètrent dans l’appartement en brandissant un bouclier. « On était en train de préparer à manger, ils sont entrés, non cagoulés, sans trop crier, sur un air du Velvet
      Underground », raconte L., l’une des trois colocataires présentes sur place à ce moment-là.

      Trois chiens sont déployés (a priori pour
      les stupéfiants, les explosifs et l’argent) dans
      l’appartement, dont les habitants sont cantonnés dans la cuisine sous la surveillance de deux policiers et en présence de R., menotté, leur pote détenu depuis deux jours et avec lequel ils n’ont pas le droit de communiquer.

      « Les autres policiers ont investi toutes les
      chambresau rez-de-chaussée et à l’étage, raconte L. D’autres étaient dans le jardin, sûrement pour sécuriser les accès. Il devait y avoir une quarantaine de policiers. Ils ne nous ont d’abord rien dit de ce qui se passait, aucun document ne nous a été présenté.

      À la fin, celui qui semblait être le chef, en civil avec un brassard de police, a fini par nous dire que c’était une perquisition pour une affaire qui concernait notre ami et une association de malfaiteurs. » Les policiers photographient, filment (« Ils nous ont filmés dans la cuisine pendant une heure et demie », assure L.) et finissent par emporter tout le matériel informatique et téléphonique présent dans la maison. « Et aussi des bouquins et des documents administratifs et personnels », ajoute D., un colocataire qui, absent
      ce jour-là, a pu sauver son téléphone mais n’a pas retrouvé son ordinateur en rentrant.

      À 23 h 30, les policiers s’en vont, puis reviennent quelques minutes plus tard et font un dernier tour au garage, avant de quitter définitivement les lieux.

      Deux perquisitions simultanées, des dizaines d’agents déployés, des attitudes intimidantes, des saisies massives, pour quel résultat ? « Les éléments résultant des perquisitions n’ont pas à ce jour donné lieu à mise en examen supplétive ou à des mises en examen d’autres personnes. L’instruction se poursuit », nous
      a répondu par mail, vendredi soir, 10 jours après les faits, le procureur Dominique Alzeari.

      Les paramètres très brumeux de cette séquence toulousaine résonnent avec les récentes consignes du parquet à Paris. Révélées par LeCanard enchaîné le 30 janvier dernier, elles invitent les magistrats à
      inscrire les personnes interpellées dans le cadre du mouvement des gilets jaunes au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), « même lorsque les fait ne sont pas constitués ».

      À l’échelle locale, cette focalisation sur une
      « ultragauche » qui serait à la manœuvre parmi les gilets jaunes semble faire écho aux préoccupations du maire de la ville qui s’est imposée comme l’un des principaux foyers du mouvement. Jean-Luc Moudenc, après s’être glissé en décembre dans le cortège « en tenue de motard », avait assuré avoir vu
      de ses yeux l’alliance des militants d’extrême droite et d’extrême gauche : « J’ai été frappé par le mano a mano entre extrémistes de gauche et de droite, unis pour lancer des projectiles contre les forces de l’ordre », expliquait-il à Libération début janvier.
      Une intuition assez nettement contredite samedi 9 février, lors de l’acte XIII, où une trentaine de militants d’extrême droite (notamment de Génération identitaire) ont attaqué le cortège, et précisément des
      militants de gauche. Mais c’est bien sur la sphère dite « autonome » que se sont abattues les foudres policières et judiciaires ces derniers jours, pas sur la « fachosphère » toulousaine.

      Mercredi 13 février, G. a adressé à la juge d’instruction un courrier demandant la restitution de ses affaires saisies et contenant une facture de la dégradation de la porte. Concernant R., des requêtes pour nullité de
      procédure sur son interpellation et sa mise en examen ont été déposées vendredi 15 février par son avocate, qui résume : « Je ne sais pas ce que l’on reproche à mon client. »

      La justice a deux mois pour se prononcer.

      Boite noire
      Nous avons rencontré à trois reprises plusieurs des personnes concernées par ces perquisitions et échangé ensuite par téléphone. Elles n’ont pas souhaité que leurs noms apparaissent dans l’article.


  • Pourquoi l’affaire de la Ligue du LOL ne sort que maintenant | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/173526/ligue-du-lol-enquetes-medias-temoignages-victimes-mecanisme-harcelement

    Depuis, la situation a changé pour nombre de victimes. Thomas Messias est devenu un journaliste lui-même influent sur les réseaux sociaux, de même que sa compagne Lucile Bellan, elle aussi victime. « Avec 5.000 abonnés et des relations, c’est plus facile de se défendre », dit-il. Les victimes ont fini par se connaître, se reconnaître entre elles, se parler. Du moins, elles étaient moins isolées. Rompre cet isolement, savoir qu’il existe autour de soi une communauté de gens qui partagent le même destin, les mêmes convictions, a beaucoup aidé certaines personnes à parler. « Je me sens capable d’en parler aujourd’hui car je ne suis plus seule, qu’il y a enfin un groupe pour répondre à ce groupe », me dit Lula.

    Depuis quelques années, de nombreux collectifs féministes se sont créés. Ils organisent des événements où ces femmes, ces victimes, ont pu se rencontrer. Une association comme Prenons la une, lancée en 2014, a aussi participé à rompre l’isolement.

    #presse #harcèlement #ligue_du_lol

    • Je poste aussi ça, l’article de #Vincent_Glad qui aurait mis le feu aux poudres : le harceleur couvre impeccablement une affaire de... harcèlement.

      Procès Nadia Daam : la « revanche de la réalité » - Libération
      https://www.liberation.fr/debats/2018/07/06/proces-nadia-daam-la-revanche-de-la-realite_1664362

      Avant, on pouvait dire qu’on ne savait pas. Qu’on n’imaginait pas qu’un simple commentaire sur un forum puisse mener au tribunal. Qu’on ne soupçonnait pas qu’un jour, un juge nous demande d’expliquer mot par mot pourquoi on a écrit « la milf brunette, je lui remplis sa bouche de mon foutre ». Qu’on ne se figurait pas qu’une menace de mort ou de viol proférée sur Internet « pour faire le malin » pouvait avoir des conséquences concrètes sur la vie de la personne visée. « TintinDealer » et « QuatreCentTrois », condamnés mardi à six mois de prison avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal de grande instance de Paris pour le harcèlement de la journaliste Nadia Daam, ont peut-être payé pour les autres, mais maintenant on sait.

      Dans ce texte fétichisé par la culture Internet, la règle 30 annonce ironiquement : « Il n’y a PAS de filles sur Internet. » Il y a bien sûr des filles sur Internet, mais c’est comme si elles ne comptaient pas, quand on est bien au chaud dans l’entre-soi masculin d’un forum de fans de jeux vidéo. Le procès Nadia Daam, c’est aussi le procès d’un web encore trop largement masculin.

      #proféministe (de merde)


  • FIL À DÉROULER par Nelly Terrier : « Rapide analyse des chiffres du traitement judiciaire du mouvement des #GiletsJaunes de l’ #ActeI le 17 novembre 2018 à l’ #ActeXIII du 9 février, soit 13 semaines. »

    = ➕ de 4000 privations de liberté abusives ou arbitraires ❗
    https://twitter.com/NellyTerrier/status/1096438162828812293

    Vu les chiffres cumulés des #violencespolicieres & #violencesjudiciaires, la moindre des décences médiatique serait de ne pas titrer sur un « essoufflement » du mouvement (*) mais de reconnaître l’endurance de cette résistance.

    • 2. Mardi 12 février le Premier ministre Édouard Philippe, en réponse à la question d’un député, annonce que : -1796 personnes ont été condamnées en 13 semaines du mouvement des #GiletsJaunes -1422 autres personnes sont en attente de jugement
      3.Donc, 1796+1422= 3218 personnes, qui ont fait l’objet de #poursuites_judiciaires sur 13 semaines. Soit une moyenne de 247 personnes par semaine
      4.Jeudi 14 février, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner annonce lors d’une cérémonie aux Invalides que depuis le 17 novembre début du mouvement des #GiletsJaunes -8400 personnes ont été interpellées, parmi elles : -7500 ont été placées en garde à vue.
      5.Donc 3218 personnes poursuivies (selon le Premier ministre) parmi 8400 personnes interpellées (selon le ministre de l’Intérieur) donne en treize semaines de mouvement des #GiletsJaunes : -5182 personnes interpellées sans poursuites, et parmi elles -4282 gardés à vue
      6. Ce qui fait une moyenne de 398 personnes interpellées chaque semaine sans poursuites, dont 329 ont été placées en garde à vue.

      #justice #garde_à_vue #statistiques #chiffres #interpellations #condamnations #privation_de_liberté


  • Le club des Têtes au Carré
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-15-fevrier-2019

    Sébastien Bolher viendra nous expliquer pourquoi notre cerveau risque aujourd’hui de causer notre perte. Dans son essai, le #Bug_humain, publié chez Robert Laffont, il explique que les neurones en charge d’assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir. Ainsi, nous sommes 8 milliards d’êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ?

    Dans les tests abordés, les femmes sont plus aptes au partage.

    #collapsologie #neurosciences


  • Renaud Duterme : « Le fil rouge de l’effondrement, c’est l’explosion des inégalités »
    http://cqfd-journal.org/spip.php?page=pages_mobiles&squelette_mobile=mobile/article&id_article=2542

    Le discours sur l’effondrement est très dépolitisé, à l’image des best-sellers de Pablo Servigne ou de Jared Diamond. Comme s’il ne fallait pointer ni le capitalisme ni les classes dirigeantes dans le désastre en cours...

    « En ce qui me concerne, c’est justement après la lecture du livre de Jared Diamond que j’ai eu l’idée d’écrire sur le sujet. Dans son livre pourtant volumineux, on ne trouve en effet aucune mention du capitalisme et très peu d’analyses en termes de rapports de classes et d’exploitation (du moins quand il parle de notre civilisation). Il n’y a somme toute rien de surprenant, car Diamond ne s’est jamais fait remarquer pour ses opinions de gauche.

    C’est différent pour Raphaël Stevens et Pablo Servigne. Je connaissais ce dernier personnellement avant qu’il ne sorte Comment tout peut s’effondrer et il ne s’est jamais caché de ses tendances libertaires. Pourtant le mot “capitalisme” est également absent de son livre. En fait, lui et son co-auteur ont préféré adopter une posture scientifique et non partisane dans le but de toucher un maximum de personnes. Si je peux comprendre cette posture “fédératrice”, il est clair que c’est un désaccord que j’ai avec une grande partie de cette mouvance dite “collapsologique”.

    Au regard des facteurs objectifs qui nous conduisent au désastre, il est en effet clair que la logique capitaliste, l’accaparement des richesses et l’explosion des inégalités sont les causes fondamentales de l’impasse dans laquelle nous sommes. Il est d’autant plus important de le souligner que les catastrophes à venir vont encore davantage creuser le fossé entre une infime minorité et le reste de la société, tout en permettant au grand capital et aux classes dominantes d’accentuer leur emprise sur l’ensemble de la société. Naomi Klein a parfaitement analysé ce qu’elle nomme très justement le “capitalisme du désastre”. »

    Dans La Stratégie du choc [4], Naomi Klein démontre que le néo-libéralisme mondialisé se nourrit des catastrophes naturelles et des soubresauts politiques. Cela semble remettre en cause cette idée récurrente selon laquelle un effondrement permettrait d’enfin tourner la page de la course à l’abîme capitaliste...

    « Si le capitalisme est empêtré dans ses contradictions, il ne risque pas de s’effondrer de lui-même. Au contraire : on voit que le désarroi et l’insécurité économique et sociale favorisent la mainmise du capital sur l’ensemble de la société. La Grèce illustre bien cette tendance. On a vu comment une crise économique est utilisée par les classes dominantes pour justifier des politiques antisociales drastiques. C’est somme toute ce qu’il s’est passé dans les nombreux pays du Sud qui ont vu intervenir le FMI dans leurs affaires intérieures.

    Par ailleurs, le sentiment d’insécurité (réel ou fantasmé) qui accompagne nécessairement les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou sociales, fournit de nouvelles niches pour des capitaux à la recherche de rentabilité. Le contrôle des frontières, les dispositifs de surveillance et le gigantesque marché de la sécurité laissent ainsi entrevoir ce que Mathieu Rigouste nomme un keynésianisme sécuritaire, qui a probablement de beaux jours devant lui. »

    Au regard de ces perspectives, on voit également surgir des appels à un contrôle radical de la démographie. Vous êtes très critiques à ce sujet...

    « C’est une problématique qui revient souvent dans les débats. Il est clair que résoudre les problèmes auxquels l’humanité fait face est plus compliqué sur une planète à 7,5 milliards d’habitants que sur une à 2 milliards. Cela dit, la plupart des néo-malthusiens ne veulent pas admettre l’évidence : mettre cette question au centre du débat revient implicitement à envisager une solution autoritaire du style de celle qu’a mise en place le gouvernement chinois.

    Excepté une solution coercitive, la meilleure façon pour que les familles fassent moins d’enfants est d’améliorer les conditions économiques dans lesquelles elles vivent (sécurité sociale, démocratisation de la contraception, revenus décents) et de favoriser l’émancipation des femmes. En d’autres termes : si les fétichistes de la question démographique usaient autant d’énergie à combattre les inégalités et le néo-colonialisme qui ont appauvri les pays du Sud, la population finirait de facto par se stabiliser. »


  • Vivre en autarcie dans la taïga russe : chronique d’une Robinsonne française - Russia Beyond FR

    https://fr.rbth.com/lifestyle/82379-taiga-russie-france-udege-nature

    cc @odilon @nepthys

    Marilia Petite s’est lancée dans un périple à vélo à la découverte des dernières forêts vierges de la planète, pour finalement s’enraciner dans un village de l’Extrême-Orient russe, dans lequel elle ne passera pas moins de sept années d’autarcie et de semi-nomadisme aux côtés du peuple udège. Alors que beaucoup rêvent de tout quitter en quête d’une harmonie perdue avec la nature, nous vous narrons aujourd’hui l’extraordinaire aventure de cette femme, qui n’a pu se contenter de simples songes.


  • What Happens When Techno-Utopians Actually Run a Country | WIRED
    https://www.wired.com/story/italy-five-star-movement-techno-utopians

    At every step along the way—from the creation of Grillo’s blog and the organization of the movement’s first mass protests to the construction of its direct-democracy platform, all the way to its recent turn toward nativist politics—Five Star’s course had been meticulously directed by a camera-shy cyber-­utopian named Gianroberto Casaleggio, the movement’s cofounder.

    Casaleggio, who died of brain cancer in 2016, was, in some ways, a familiar type. In the 1990s and early 2000s, he and a slew of other Internet Age prophets—many of them writing in this magazine—foretold a digital revolution that would flatten the priesthoods of politics, government, and journalism, and replace them with decentralized webs of direct participation. But Casaleggio, unlike his fellow pundits, actually went on to mount a revolutionary force that took over a country. Not only that, he directed this supposedly leaderless movement while drawing barely any attention to himself. So here’s the mystery at the heart of Five Star: Who the hell was Gianroberto Casaleggio—and how did he do it?

    #cinque_stelle #five_stars #Italie #politique_électorale #populisme

    • the fact that most astounded Canestrari as he took up his new position was this: “Grillo never wrote a single word on the blog,” he says.

      Grillo and Casaleggio would speak several times a day to discuss the contents of the daily posts, and Casaleggio might read out the final draft to Grillo over the phone, says Filippo Pittarello, another employee who helped to produce the site. But according to multiple sources, it was Casaleggio, not Grillo, who actually wrote the hottest blog in Italy.