• Les jeux d’Hitler - Vidéo dailymotion
    https://www.dailymotion.com/video/x4q52ho


    https://s2-ssl.dmcdn.net/v/H28NS1SlN9dlFsh_D/526x297

    Lors de l’été 1936, les Jeux Olympiques de Berlin offrent au monde l’image d’une Allemagne ouverte et pacifique. Ce documentaire instructif, montre comment Hitler a su duper ses hôtes.

    Je viens de voir Les Jeux d’Hitler, un documentaire d’Arte par Jérôme Prieur. Il est question de politique et d’esthétique. J’ai appris que c’est Goebbels qui a inventé le parcours de la flamme depuis Olympie. Ou que des jeunes sportives avaient accès au village olympique, alors très masculin, avec promesse que les bébés seraient pris en charge par le régime. Autre #propagande : les femmes ont le droit d’avoir des jupes plus courtes, les vitrines juives sont nettoyées et les discriminations abolies pour quinze jours, le jazz est autorisé, les flics en tenue de ville et les journalistes qui rappellent ce qu’est l’Allemagne nazie sont accusés de #mensonges.
    #olympisme #sport #nazisme #Leni_Riefenstahl mais pas que...


  • Les enfants volés d’Angleterre sur France 5

    https://www.france.tv/documentaires/societe/951473-les-enfants-voles-d-angleterre.html

    Au Royaume-Uni, les services sociaux sont financièrement encouragés à retirer leurs #enfants à des parents soupçonnés de maltraitance ou jugés à l’avance incapables d’assumer leur rôle, à l’instar des #mères_célibataires ou des couples désargentés. Proposés à l’adoption, ces enfants ne retrouveront jamais leur famille. En 2015, 7740 enfants étaient en attente d’adoption par des couples, aux revenus aisés, qui peuvent dresser en ligne leur profil idéal de recherche. La loi impose le silence aux parents et aux journalistes qui ne peuvent raconter leur drame sous peine de condamnations judiciaires.

    réalisé par : Pierre Chassagnieux, Stéphanie Thomas

    Il faut voir ce documentaire accablant sur les #maltraitances infligées aux enfants (et à leurs parents). On y voit les services sociaux anglais complices de #traffic_sexuel des enfants. Un #tabou non relayé.

    #documentaire #enfance_volée #services_sociaux #pédophilie #prostitution #reification_liberale #guerre_aux_pauvres #vols_de_bébés


  • Il y a quelques mois mon frère rigolait en m’offrant un iPhone, je serais conquise par Apple et je devrais me rééquiper chez le génial fournisseur. Eh bien non, pas vraiment.

    J’ai beaucoup de bugs sur mon téléphone, des merdes auxquelles mon ordi sous Debian ne m’avait pas habituée. (D’autant plus quand j’ai été privée de WiFi et de mises à jour, six semaines, c’était comme six mois de retard, plus rien ne fonctionnait bien.) Et surtout, quand ça se passe bien, c’est agréable mais... cette sensation que tout est choisi pour moi à l’avance. “Hé, mais non, ne faites pas ça !” « Pardon madame, Apple pensait que vous seriez beaucoup mieux comme ça. »

    L’impression de vivre dans un hôtel. Les ratés font râler, on aurait fait ça mieux soi-même. Et derrière les sourires hospitaliers, difficile d’oublier qu’il s’agit d’une industrie. Non, je ne suis pas trop convaincue. Et ça tombe bien, je n’ai pas les moyens de me rééquiper avec des produits aussi chers !


  • Service et féminité.
    #IA #AI

    Can Humans Change the Direction of Gendered AI? | Bitch Media
    https://www.bitchmedia.org/article/gendered-artificial-intelligence

    Dr. Miriam Sweeney, an assistant professor at the University of Alabama and digital-media scholar, researches how the feminization of AI plays proxy to society’s embedded patriarchal attitudes about women’s “natural” work. Service and caregiver jobs, which rely heavily on emotional labor and the maintenance of social relationships, are disproportionately held by women as a hangover from women’s historical bondage to the domestic sphere: the home. The feminization of AI becomes the natural next step in hardwiring a connection between domestic labor and “women’s work.” It also depicts our understanding of what the perfect model of service should look like: docile, passive, obedient, feminine. This depiction, Sweeney maintains, tacitly approves men’s fantasies of sexual domination and aggression. While slapping a waitress’s butt might be met with conflict or punishment, asking Siri about her bra size won’t have any real-life consequences.


  • Marche post-électorale des femmes #trans en #Indonésie.

    Trans Women March for Their Rights in Conservative Indonesia
    https://www.voanews.com/a/trans-women-march-for-their-rights-in-conservative-indonesia/4894550.html

    Khanza Vina, an activist from Young Trans Women Studio (SWARA), an NGO that focuses on empowering trans women, said there are more than 700 recorded cases of violence against people in the LGBTIQ community since 2016.

    “These cases including discrimination, violence, eviction from their own homes,” she told VOA.

    In one case involving trans women last year, 12 who worked at different hair salons in Aceh, Indonesia’s most conservative province, were arrested by the police. Their heads were shaved and they were beaten and paraded around the neighborhood and forced to denounce their female identity.

    In May last year, four trans women in Cianjur, West Java, were detained by people from a hardline Islamic organization, they were interrogated and forced to take off their clothes. The video later became viral on social media. Meanwhile in Bekasi, West Java, last November, two trans women were beaten and harassed.

    According to Julia Suryakusuma, an author and feminist activist, since the beginning of 2016, there has been a moral panic directed at the LGBT community in Indonesia.

    “This moral panic is not dissipating and it is clearly connected with the rise of conservative Islam in the Indonesian political arena,” she wrote.


  • Etihad Airways : Is plastic-free flying the future ? - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-48025070

    Mr Calder pointed to “The Residence” - a three-room “suite in the sky” offered by Etihad that comes complete with butler service - as one of the most harmful services offered by airlines.

    Etihad says it is committed to improving its environmental policies beyond the Earth Day flight, pledging to reduce single-use plastic usage by 80% across the entire organisation by the end of 2022.

    But Mr Calder said that the aviation industry and its customers still had a long way to go on all matters “green”.

    Les compagnies d’aviation s’engagent pour limiter l’usage des produits jetables en plastique. Pour le mode de vie aéroporté des élites et de la petite bourgeoisie mondialisée, on repassera... (Je dis ça mais j’ai prévu quinze heures de vol dimanche prochain.)

    #plastique #aviation #greenwashing


  • Les origines répressives du capitalisme - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Les-origines-repressives-du-capitalisme.html

    L’historien propose également une histoire globale des formes de criminalités à partir de l’observatoire londonien. Bien plus que l’œuvre d’E. P. Thompson qui demeurait centrée sur l’Angleterre, celle de #Linebaugh se déploie d’emblée à l’échelle globale. La vie économique de la capitale britannique dépend en effet des circulations d’hommes et de matières à grande distance, qu’il s’agisse de la soie déjà mentionnée, du coton, du tabac, du bois, ou du sucre. Une grande part des matières chapardées circule via des navires entre plusieurs continents. C’est pourquoi les matelots, marins et ouvriers des arsenaux et des ports, occupent une place décisive dans une histoire qu’on appellerait peut-être aujourd’hui globale ou transnationale, tant les incessants jeux d’échelle sont importants dans l’analyse. L’auteur montre notamment comment les expériences lointaines des rébellions d’esclaves et des insurrections coloniales, mais aussi les souffrances des marins au long cours, ont pu façonner le prolétariat londonien. Une grande partie de la population londonienne entretient en effet des liens étroits et quotidiens avec ce monde des marins, comme avec d’anciens esclaves. Linebaugh rappelle ainsi l’importance de la communauté afro-américaine de Londres, généralement négligée lorsqu’il s’agit d’étudier l’histoire du radicalisme et du mouvement ouvrier outre-Manche. Citons le cas d’Olaudah Equiano, natif du Nigéria, esclave dans une plantation de sucre à la Barbade puis dans une plantation de tabac de Virginie, avant de devenir « l’un des principaux militants de Londres » (p. 462).

    #livre

    • La thèse fondamentale du livre est que l’essor du capitalisme industriel n’est pas seulement le résultat du développement pacifique du commerce, ou le fruit direct d’une révolution technologique, mais aussi le produit d’une politique de terreur via l’utilisation de la peine capitale comme « instrument de la destruction de l’économie domestique » (p. 497) et des coutumes qui réglaient les relations de travail avant l’essor du salariat.

      #capitalisme #Histoire #justice #Londres


  • Des féminicides qui auraient pu être évités | Panoramiques | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/enquete-sur-des-feminicides-qui-auraient-pu-etre-evites

    Le 8 octobre 2018, Ludovic comparaît au tribunal de grande instance du Puy-en-Velay. Il lui est proposé une composition pénale – une alternative aux poursuites – dans laquelle il devra verser une amende de 500 euros au Trésor public, accomplir à ses frais un stage de responsabilisation* Ces modules, dits de « responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple ou sexistes », ont été institués par la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. C’est un complément au suivi individuel mené avec les conseillers d’insertion et de probation (SPIP)., mais aussi reverser 1 429,95 euros à son ex-femme, notamment au titre du préjudice moral et matériel.

    Sylvia meurt en novembre. Et quand Ludovic passe aux aveux un mois plus tard, en décembre 2018, le juge des libertés et de la détention le place sous contrôle judiciaire. « En 44 ans de carrière, je n’avais jamais vu ça. C’est surréaliste de ne pas incarcérer un mari qui a tué sa femme », rapporte Yves Sauvayre, l’avocat des parties civiles.

    « Il n’avait plus rien à perdre et pouvait très bien venir s’en prendre à nous, estime Lucia, l’une des soeurs. J’ai enchaîné des nuits blanches à cauchemarder. » La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Riom a fait appel de cette décision et son placement en détention a finalement été ordonné le 20 décembre, dans l’attente du procès. Contacté, l’avocat de Ludovic n’a pas répondu à nos questions.


  • L’UE crée un gigantesque fichier biométrique : un « point de non retour » ?
    https://usbeketrica.com/article/l-ue-cree-un-gigantesque-fichier-biometrique-un-point-de-non-retour-1

    Le Parlement européen a donné son feu vert à la création d’un gigantesque fichier qui centralisera des données incluant des informations biométriques - empreintes digitales et images faciales - des citoyens européens et non-européens. L’ONG Statewatch avait alerté en mai dernier sur la création d’une « Europe Big Brother ». Le 16 avril, le Parlement européen a voté à Strasbourg un ensemble de mesures permettant d’« améliorer l’échange de données entre les systèmes d’information de l’UE pour gérer les (...)

    #anti-terrorisme #biométrie #migration #surveillance #voyageurs #Statewatch

    ##voyageurs


  • « À Lille, la police n’a pas aimé cette fresque (peinte par des artistes mexicains du collectif Tlacolulokos) et veut la faire censurer. Du coup, ce serait ballot si, par une sorte d’effet Streisand, elle était relayée un peu partout... »


    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/lille-3000-eldorado-tous-flics-sont-connards-fresque-va

    C’est bien sûr le « ACAB » qui a irrité le syndicat Alliance. On attend évidemment la mobilisation nationale de tous les « Charlie » ... ;)


  • Inégalités de genre, présentéisme, temps de travail et #travailleuses.

    Women Did Everything Right. Then Work Got ‘Greedy.’ - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/04/26/upshot/women-long-hours-greedy-professions.html

    Women don’t step back from work because they have rich husbands, she said. They have rich husbands because they step back from work.

    Ça éclaire sous un nouveau jour ce fait qu’en France les hommes qui ont plus d’enfants réussissent mieux professionnellement : parce qu’ils ont de meilleures raisons de demander à leur meuf de tout faire que s’il y a moins de contraintes à la maison.

    It’s only in the last two decades that salaried employees have earned more by working long hours. Four decades ago, people who worked at least 50 hours a week were paid 15 percent less, on an hourly basis, than those who worked traditional full-time schedules. By 2000, though, the wage penalty for overwork became a premium. Today, people who work 50 hours or more earn up to 8 percent more an hour than similar people working 35 to 49 hours

    A big driver is the widening gap between the highest and lowest earners, and increasingly unstable employment. More jobs requiring advanced degrees are up-or-out — make partner or leave, for example. Even if they aren’t, work has become more competitive, and long hours have become a status symbol.

    “The reward to become the winner is a lot higher now than in the past,” Ms. Cha said. “You have to stick out among workers, and one way is by your hours.”

    For Ms. Jampel and Mr. Schneid, both 35, two more equal and less time-intensive jobs weren’t an option, they said. For one, they’re hard to find in corporate law: “At the end of the day, these jobs are client service jobs, so if you’re not responding to your clients, someone else might be more responsive to them,” said Mr. Schneid, who does commercial real estate law.

    Also, they would be leaving money on the table — both now and later, because by putting in long hours now, he’s setting himself up for higher future earnings. If he had a 40-hour-a-week job and she had her current half-time job, they would be working 60 hours a week total — but earning significantly less than he now earns working 60 hours, they said.

    There’s no gender gap in the financial rewards for working extra long hours. For the most part, women who work extreme hours get paid as much as men who do. But far fewer women do it, particularly mothers. Twenty percent of fathers now work at least 50 hours a week, and just 6 percent of mothers do, Ms. Cha and Ms. Weeden found.

    Today, a smaller share of college-educated women in their early 40s are working than a decade ago.

    Working mothers today spend as much time with their children as stay-at-home mothers did in the 1970s. The number of hours that college-educated parents spend with their children has doubled since the early 1980s, and they spend more of that time interacting with them, playing and teaching.

    Certain changes would lighten parents’ demands at home, like universal public preschool, longer school days, free afterschool care and shorter school breaks. But the ultimate solution, researchers say, is not to make it possible for mothers to work crazy hours, too. It’s to reorganize work so that nobody has to.

    Younger men say they want more equal partnerships and more involvement in family life, research shows. Women are outperforming men in school, but employers are losing out on their talents. And people increasingly say they are fed up with working so much.

    Voilà qui est un peu optimiste parce que c’est bien gentil, l’égalité, mais au final, avoir le pouvoir sur l’autre, c’est une motivation importante du patriarcat et de ses sbires. Ça n’est pas la faute des hommes qui sont méchants mais ce n’est pas non plus seulement la faute à l’organisation du travail.

    “I think I’d be happier in life if I was home more with my children and if I didn’t have the same stress at work,” he said, “but I think this was the best decision for our family.”

    Ms. Jampel feels angry that the time she spends caregiving isn’t valued the way paid work is. “No one explains this to you when you’re 21, but in retrospect, it was not a smart decision” to go into debt for law school, she said.

    Le type parle d’être à la maison avec ses gosses, pas avec des chaussettes sales, un sol à nettoyer et des légumes à éplucher... Quality time !

    #backlash


  • Les abeilles se portent à merveille à Cuba, grâce à l’embargo américain Romane Frachon/oang - 27 Avril 2019 RTS _
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/10384093-les-abeilles-se-portent-a-merveille-a-cuba-grace-a-l-embargo-americain.

    Alors que la disparition des abeilles inquiète partout et notamment en Europe, elles se portent à merveille à Cuba. L’explication est à chercher notamment du côté de l’embargo américain, qui a empêché l’importation de pesticides.
    Des études ont confirmé ces dernières années les effets nocifs des néonicotinoïdes sur les populations d’abeilles, qui sont en net déclin notamment en Europe, menaçant du même coup la biodiversité. Ces insecticides dits « tueurs d’abeilles » sont montrés du doigt comme l’une des causes de la disparition des abeilles.

    Mais, contrairement à la situation sur le Vieux Continent, ces insectes se portent parfaitement bien à Cuba. L’île, qui a dû renoncer aux pesticides pour cause d’embargo américain et de chute du bloc soviétique dans les années nonante, est devenue le paradis de l’apiculture et compte aujourd’hui près de 200’000 ruches. Elle a ainsi produit plus de 10’000 tonnes de miel en 2018.

    Un concept général d’agroécologie
    Et il s’agit d’un miel parfaitement écologique (lire encadré). « Nous faisons de l’apiculture au sein du concept d’agroécologie », explique un apiculteur travaillant avec la coopération suisse dans l’émission Tout un monde. « Les néonicotinoïdes, les antibiotiques transgéniques, génèrent toute une atmosphère qui s’avère agressive pour l’abeille. Elle requiert et souhaite vivre dans une atmosphère propice, plus naturelle. Là bas [en Europe], elle est exposée à davantage de menaces écologiques, à plus de pollution. »

    Mais le renoncement aux pesticides n’est pas le seul facteur de bien-être des abeilles cubaines. « Il y a un facteur environnemental, et un facteur de gestion. L’organisation est très importante dans l’apiculture et Cuba a su mettre l’accent sur l’organisation dans le système apicole », souligne un apiculteur de la province d’Artemisa.

    Une politique étatique de protection des abeilles
    Car, contrairement à d’autres secteurs agricoles du pays, le miel peut être vendu à l’exportation. Cela permet de faire entrer des devises dans un pays sous embargo. L’entreprise d’Etat ApiCuba génère ainsi environ 20 millions de francs chaque année.

    Le pays a donc mis en place une véritable politique de protection des abeilles. « Le décret 176, émis par l’Etat, a pour objectif la protection de l’apiculture et de la fleur amaryllis (qui attire les abeilles). C’est notre stratégie de production », explique le directeur scientifique d’ApiCuba, organisme qui chapeaute tous les apiculteurs : « Augmenter le nombre de ruches, pour augmenter la production, en s’appuyant sur la reforestation. »

    Les apiculteurs cubains croisent des abeilles domestiques avec des abeilles africanisées résistantes au parasite Varroa, qui avait fait des ravages en Europe. Ils ont ainsi immunisé leurs colonies contre les menaces naturelles.

    Prévention sanitaire contre les maladies
    Et le service vétérinaire cubain est clairement préventif : « L’idée est de ne jamais arriver à l’étape de guérison, en réalisant un suivi constant de chaque bactérie qui pourrait apparaître », souligne encore Dayron Lopez d’ApiCuba. « L’abeille doit être nourrie les 365 jours de l’année avec des aliments à base de pollen et nectar de haute qualité, sans aucun résidu qui pourrait causer un problème de santé pour l’abeille. Une colonie bien nourrie est une colonie saine. Comme on dit ici : la santé entre par la bouche. »

    Reste que le miel cubain n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles : les ouragans se font de plus en plus réguliers sur l’île et le réchauffement climatique affecte chaque année les ruches.

    Un miel certifié écologique par l’UE
    Le miel cubain est certifié biologique par l’Union européenne et le premier pays importateur de miel cubain est l’Allemagne. La demande est du reste grandissante en Europe.

    « Ils utilisent notre miel comme matière première », explique la directrice commerciale d’ApiCuba Milia Concepcion. « Ils la mélangent à leur miel de basse qualité pour la consommation. »

    #abeilles #pesticides #agriculture #apiculture #environnement #miel #néonicotinoïdes #santé #monsanto #bayer #agrobusiness #toxiques #perturbateurs_endocriniens


  • Allocution de Macron : tout ça pour ça ? par les Pinçon-Charlot - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/04/26/allocution-de-macron-tout-ca-pour-ca-par-les-pincon-charlot_1723542

    Le couple de sociologues réagit aux annonces faites par le chef de l’Etat jeudi soir. Spoiler : ils n’ont pas apprécié.

    –---

    Le président des ultra-riches - Éditions Zones

    https://www.editions-zones.fr/livres/le-president-des-ultra-riches

    Quand la peste se fout de la gueule du cholera

    « Macron, c’est moi en mieux », confiait Nicolas Sarkozy en juin 2017. En pire, rectifient Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

    • En effet, Emmanuel Macron a constitué un « comité d’évaluation des réformes sur la fiscalité du capital » qui doit rendre un rapport à l’automne 2019 dans le cadre du projet de loi de finances 2020. Ce comité est installé à France stratégie depuis le 20 décembre 2018, et son commissaire général, Gilles Jacquin de Margerie, est un des généreux donateurs de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, ayant été nommé à ce poste par décret le 12 janvier 2018. Ce comité, qualifié de « comité de suivi indépendant », comprend quatorze membres et est piloté par France stratégie, mais aussi par le Conseil d’analyse économique, deux organes d’expertise économique rattachés à Matignon – c’est dire qu’il mérite son statut d’« indépendant » ! On peut donc faire l’hypothèse d’une évaluation extrêmement positive de la suppression de l’ISF sur l’investissement économique et productif.

    • #auto-évaluation, @simplicissimus.

      La flat-tax demeure et les revenus du capital resteront imposés de manière forfaitaire et donc sans progressivité à 12,8%, une imposition inférieure à la première tranche de fait d’imposition sur les revenus du travail à 14%. Il n’a pas été non plus question, dans cette allocution, des coûts financiers liés à la fraude fiscale et à la délinquance financière.

      #fiscalité #justice_fiscale

      La suppression de l’ENA est la plus forte des mesures sur le plan symbolique dans la tentative du président de la République de mettre fin au mouvement des gilets jaunes, lesquels ont manifesté en janvier devant le siège de l’ENA à Strasbourg. Mais il faut se méfier des prestidigitateurs de la manipulation. L’instrumentalisation de certaines revendications du peuple en colère contre une oligarchie prédatrice peut aboutir à accentuer le projet ultralibéral de Macron grâce au démantèlement, avec la suppression de cette grande école de la République, d’encore un peu plus d’Etat pour offrir, d’une manière plus franche et assumée, la gestion de ce qui relève des grands corps de l’Etat, notamment l’économie et les finances publiques, à des acteurs privés chargés de piller l’Etat en tout cynisme. Ainsi, le contre-pouvoir qu’exerce encore la Cour des comptes disparaîtrait et les multinationales Vinci, Eiffage et Albertis, qui possèdent sous forme de concessions 9 000 kilomètres d’autoroutes, pourraient engranger des bénéfices fabuleux sur le dos des automobilistes sans craindre le moindre contrôle des pouvoirs publics. « Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps » car « nous n’avons plus besoin de protections à vie », une bonne façon de mettre fin au pantouflage et à sa commission de déontologie !

      L’entre-soi de l’énarchie est l’aboutissement de la naissance dans les beaux quartiers, des écoles puis des lycées d’excellence, et relève de déterminismes sociaux et économiques qu’il est impensable de bouleverser avec la simple suppression du dernier étage de cet entre-soi. Brandir le drapeau de la méritocratie contre l’héritage, dont la suppression relève d’une révolution anticapitaliste, permet de masquer la vraie réforme des grandes écoles, celle de la disparition de la pensée critique, du souci de l’intérêt général et du bien public, voire de l’absence de pensée tout court avec la survalorisation de la performance économique et financière. Avec la suppression de l’ENA et de son concours qui garantit le mérite, Emmanuel Macron veut accentuer encore plus la mainmise du privé, avec la cooptation entre héritiers, sur ce qui relève encore de l’Etat et des forces publiques. La pieuvre oligarchique aura donc de nouvelles terres à défricher.

      Ça, si c’est pas de la #démagogie...

    • Eh bien je pense que beaucoup de gens pouvaient s’attendre à un président à la Barack Obama ou à la Justin Trudeau : des libéraux qui ne luttent pas très fort contre la réduction des inégalités mais qui font avancer certains sujets sur ce que certains appellent des front secondaires, femmes ou minorités. Ou de bons gestionnaires qui ne font de cadeaux à personne pour atteindre l’orthodoxie budgétaire. Mais pas du énième pimpin trop content d’y être (Chirac, Sarko) et qui en profite comme un jouisseur, notamment en faisant des cadeaux à ses potes. Je pense que beaucoup d’électeurs et d’électrices n’avaient pas signé ce chèque-là, notamment en ce qui concerne les illégalismes et la disparition des libertés civiles. Mais certainement qu’il y avait aussi les classes aisées qui trouvent le travail des prols trop cher (50 la journée de plombier ? non mais vous rigolez, pour ce prix-là je me paye un restau), ceux-là qu’ils crèvent en avalant de travers.

      Je ne sais pas comment les vrais libéraux qui ne se sont pas méfiés vivent ça. Un proche très proche des idées libérales, très pro business, s’est méfié et a refusé de voter y compris au second tour.Sinon je ne connais que mon oncle, qui regarde le JT de TF1 tous les soirs et qui est trop fier de ne pas se plaindre devant sa retraite (confortable) amputée et qui pense que les manifestant·es peuvent être blessé·es ou tué·es pour l’atteinte qu’ils et elles font à la sécurité de l’État.

      Je pense qu’il faut arrêter de se dire qu’on a les élus qu’on mérite, on n’est pas aussi pleins de merde que ça. Y compris des gens que je n’aime pas et dont l’ethos de classe me semble digne de la poubelle. Il faut critiquer la captivité intrinsèque au jeu électoral, d’autant plus en France où la vertu politique est rare et l’art du mensonge récompensé.

    • Je pense qu’il faut arrêter de se dire qu’on a les élus qu’on mérite, on n’est pas aussi pleins de merde que ça.

      Et ce n’est évidemment pas ce que je voulais dire dans mon commentaire. Je n’ai l’intention de donner de leçon à personne en matière de bienséance électorale.
      Parlons plutôt de la captivité intrinsèque du jeu électoral. La constitution de 1958, inspiré du régime présidentialiste à l’américaine fut taillée sur mesure pour le général De Gaulle , homme « providentiel » s’il en fut. Elle portait en elle toutes les possibilités de dérives autoritaires et maffieuses qui adviennent aujourd’hui . La constitution de la Vème république est le dévoiement parfait de ce que nous serions en droit d’attendre d’une république et de son caractère un tant soit peu démocratique. Or celui qui dénonçait un « coup d’état permanent » s’est fort bien adapté 20 ans plus tard à cet état de fait en intégrant les règles de ce jeu de dupes. Qui plus est, les réformes du jeu électoral (raccourcissement du mandat à 5 ans et synchronisation des scrutins présidentiel et législatif) ont permis aux élites dirigeantes de réduire à quasi néant toute velléité d’expression des contre-pouvoirs.
      La répression policière en cours n’est que la traduction en gestes du caractère profond de ce régime. La situation paroxysmique que ce pays a atteint avec le mandat Macron n’en est qu’une étape. Macron se prend pour un président directeur général d’une entreprise qu’il voudrait faire passer pour « disruptive ». Or de « disruption », point. Ce que nous connaissons n’est que l’aboutissement logique d’un enchaînement de causes et d’effets.

      Sur ce, joyeuse fête du travail ... Camarades ;-)


  • Recyclés ? Non, nos déchets plastiques inondent l’Asie du Sud-Est - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2019/04/27/recycles-non-dechets-plastiques-inondent-asie-sud-et

    En juillet 2017, la Chine annonce à l’OMC ne plus accepter sur son territoire les déchets en plastique qui y étaient jusqu’alors retraités. L’opération « Épée nationale » prend effet le 1er janvier suivant et a pour but la « protection de la Chine, de son environnement et de la santé de ses citoyens ». Les industriels s’affolent puis se tournent alors vers les pays pauvres adjacents, lesquels n’ont pas encore fermé leurs portes à ces importations.

    #déchets #Malaisie #Indonésie #pollution #Chine #plastique #recyclage

    • #merci @aude_v ! la photo du drapeau américain extrait des immondices est géniale.

      La combustion de ces plastiques libère dans l’atmosphère de la dioxine, du furane, du mercure ou des polychlorobiphényles (PCB). ces produits sont toxiques, pour la plupart très volatiles ou liposolubles, susceptibles de contaminer l’environnement et de s’accumuler dans le corps humain où il sont responsables de cancers et de troubles hormonaux ou du système nerveux.

      Quand je vois repartir du magasin bio des personnes ( consommateurs censés être plus attentionnés ) avec des packs d’eau minérale en #bouteilles_plastiques, je leur demande toujours si ils vont les recycler dans leur chambre. Comme ils me regardent étonnés, j’ajoute que lorsqu’ils les brûleront pour sen débarrasser qu’ils pensent à bien fermer leurs fenêtres pour profiter pleinement de leur achat. (Je crois que c’est de F.Lepage dans une conférence gesticulée)

    • Ah ah @touti ! Ceci dit, Biocoop a arrêté les bouteilles d’eau depuis quelques années, ça aurait pu donner l’exemple.

      Et oui, le drapeau c’était énorme mais pas un bol de fou : ils l’ont gardé pour le montrer à tous les gens, journalistes ou activistes, qui visitent cette décharge-là, à portée de scooter de chez Ecoton. Les gens de l’asso font un peu pareil en triant les emballages les plus évidemment signés comme venant de tel ou tel pays et en les mettant sur les réseaux sociaux en demandant aux pays en question de les reprendre.

      Certaines de mes références sont déjà passées ici.
      – Livia Albeck-Ripka, « 6 Things You’re Recycling Wrong« , 29 mai 2018, The New York Times.
      https://www.nytimes.com/2018/05/29/climate/recycling-wrong-mistakes.html
      – Livia Albeck-Ripka, « Your Recycling Gets Recycled, Right ? Maybe, or Maybe Not« , 29 mai 2018, The New York Times.
      https://www.nytimes.com/2018/05/29/climate/recycling-landfills-plastic-papers.html
      – « Discarded : Communities on the Front Line of the Global Plastic Crisis« , GAIA, avril 2019.
      https://wastetradestories.org
      – Dominique Mosbergen, « She Wanted Her Town To Breathe Clean Air. She Got Death Threats Instead. How neighbors in a small town exposed the dirtiest secrets of our broken recycling system« , 27 mars 2019, HuffPost.
      https://www.huffpost.com/entry/malaysia-jenjarom-activists-plastic-recycling_n_5c99e86ce4b0d42ce3606110
      – « The Recycling Myth : Malaysia and the Broken Global Recycling System« , Greenpeace South-East Asia, novembre 2018.
      https://www.greenpeace.org/southeastasia/publication/549/the-recycling-myth

      Et https://seenthis.net/messages/775193 pour une compil d’articles de presse locaux.

    • Lettre ouverte de Prigi Arisandi au président des USA, traduction Google révisée à la louche.

      Open letter
      Wringinanom, Tuesday kliwon 30 April 2019
      To the honorable Donald Trump
      President of the United States of America
      On the spot,

      Regarding: Garbage processing suggestions in the United States

      With respect

      Regarding the findings of plastic garbage that was thrown away by your residents in the region of fiver Brantas (including to times porong and river Surabaya) we are concerned because we have to burn some difficult garbage to be processed like baby diapers, adult diapers, female pads, hanger clothes, wraps, cottonbud, visa card, broken shoes, broken t-shirt, wrap sachet dog food, corn wrap, glove. There are some garbage that we can recycle like a bottle of Coca Cola bottle of Pepsi and a bottle of drink, bottles of White Container Soap, milk container, Clorox Container, Oil Container, container container. Many de pak trump garbage plastinya. Household Trash Type of plastic from the United States circuit in the used paper that the paper factory bought in jatim, it is breaking our rules uu management garbage 18/2008 which forbids insert plastic garbage

      We wish you will increase education to the community to propagate the garbage bank in the United States, for more details can learn at RT-RT and rw rw in East Java because they already have garbage management ability with garbage bank methods.

      I also suggest that Mr. Donald Trump develops ecobrick (although not the priority of the completion of garbage problems) I propose held a race race in villages or wards in the United States, in order to reduce the garbage of sachet, the plastic bag and the multilayer garbage that is thrown into the time. Plastic garbage from USA is processed but there is a mikroplastik generated from this process of processing, mikroplastiknya is thrown into the time.

      We posted that the time of Brantas is an important river for Jatim because there are 5 million consumers of water users Brantas as raw taps materials. We hope the United States is no longer sending plastic garbage (I repeat plastic garbage) from the type of food packaging, personal care and household product, if you can be frankly do not use smuggling.

      We recommend that these garbage are sent to mars or another planet close to the sun because it will ease the burning process, considering you have NASA and the outside flight technology angkasara will be able to cut your domestic trash removal fee.

      Thus our letter of attention we say thank you.

      Wassalam
      Prigi Arisandi
      Bracsip Coordinator
      Brantas Coalition Stop Import Plastic Trash

      SURAT TERBUKA
      Wringinanom, Selasa Kliwon 30 April 2019
      Kepada Yang Terhormat Donald Trump
      Presiden Amerika Serikat
      Di Tempat,

      Perihal : Usulan Pengolahan Sampah di Amerika Serikat

      Dengan Hormat
      terkait temuan sampah-sampah plastik yang dibuang oleh penduduk anda di Wilayah Kali brantas (termasuk bantaran kali Porong dan Kali Surabaya) kami prihatin karena kami harus membakar beberapa sampah yang sukar untuk diolah sepeti popok bayi, popok dewasa, pembalut wanita, hanger baju, bungkusan cottonbud, kartu VISA, sepatu rusak, kaos rusak, bungkus sachet makanan anjin, bungkus jagung, sarungtangan. ada beberapa sampah yang bisa kami daur ulang seperti botol coca cola botol pepsi dan botol minuman, botol-botol putih wadah sabun, wadah susu, wadah clorox, wadah oli, wadah shampoh. banyak de pak trump sampah plastinya. Sampah rumah tangga jenis plastik dari Amerika serikat disusupkan dalam kertas-kertas bekas yang dibeli pabrik kertas di Jatim, hal ini melanggar aturan kami UU pengelolaan sampah 18/2008 yang melarang masukkan sampah plastik
      Kami berharap anda lebih meningkatkan edukasi kepada masyarakat untuk menggalakan BANK SAMPAH di Amerika Serikat, untuk lebih detailnya bisa belajar di RT-RT dan RW RW di Jawa Timur karena mereka sudah punya kemampuan pengelolaan sampah dengan metode BANK SAMPAH.
      Saya juga menyarankan agar Pak Donald Trump mengembangkan Ecobrick (meski bukan prioritas penyelesaian problem sampah) saya mengusulkan diadakan lomba Ecobrick di Desa-desa atau kelurahan di Amerika Serikat, agar bisa mengurangi sampah sachet, tas kresek dan sampah multilayer yang dibuang ke Kali brantas. sampah plastik dari USA diolah namun ada mikroplastik yang dihasilkan dari proses pengolahan ini, mikroplastiknya dibuang ke Kali brantas.
      kami infokan bahwa kali Brantas adalah sungai penting bagi Jatim karena ada 5 Juta konsumen pengguna air Brantas sebagai bahan baku PDAM. Kami berharap Amerika serikat tidak lagi mengirimkan sampah plastik (saya ulangi sampah plastik) dari jenis food packaging, personal care dan household product, kalo bisa terus terang aja jangan pakek diselundupkan.
      Kami Menyarankan agar sampah-sampah ini dikirim aja ke MARS atau planet lain yang deket dengan matahari karena akan memudahkan proses pembakaran, mengingat anda memiliki NASA dan teknologi penerbangan luar angkasara akan bisa memangkas biaya penghilangan sampah domestik anda.

      Demikian surat kami atas perhatiannya kami ucapkan terima kasih.

      Wassalam
      Prigi Arisandi
      Koordinator BRACSIP
      Brantas Coalition Stop Import Plastic Trash

      C’est assez rigolo, ce mec qui envoie une lettre ouverte en indonésien avec salutation musulmanes pour demander à Trump qui s’en tape d’arrêter d’envoyer ses poubelles mais Prigi, c’est lui à gauche, qui reçoit un prix environnemental des mains de Barack Obama.

    • Sinon, moins diplomatique.

      ‘We will declare war’: Philippines’ Duterte gives Canada 1 week to take back garbage - National | Globalnews.ca
      https://globalnews.ca/news/5194534/philippines-duterte-declare-war-canadian-garbage

      The president of the Philippines says if Canada doesn’t take back tonnes of trash within the next week he will “declare war” and ship the containers back himself.


  • Le privilège végétarien - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-privilege-vegetarien

    Je voudrais pour finir rappeler deux choses : beaucoup de personnes dans le monde se procurent des protéines comme elles peuvent et n’ont pas besoin des bons conseils de citadin·es incapables de faire pousser autre chose qu’un basilic. Et puisque notre impact environnemental suit de manière assez mécanique notre revenu, devinez qui pourrit le plus la planète, du couple de paysan·nes qui gagne un Smic pour deux dans la vallée ou de l’amateur de faux gras à 5 euros les 200 g de levure ? De la foodie qui court les restaus végans ou de la famille d’autochtones malaisien·nes qui est la première génération à profiter d’une relative abondance alimentaire ? C’est une des raisons pour lesquelles, avec mon revenu et mon statut, j’aurais honte de refuser les anchois séchées dans le plat de riz du matin.

    #végétarisme #végan #animaux #chasse #agriculture

    • Entièrement d’accord. Très bon dossier dans le dernier numéro de la revue « Nature et Progrès ». Les modes et autres phénomènes de manipulation de l’opinion deviennent de plus en plus inquiétants, d’autant que l’on sait qu’ils n’ont rien d’innocent et préfigurent de l’alimentation industrielle de demain (revoir le film « Soleil vert »).

    • Très bon article mais juste un point sur lequel je tique un peu : le respect des sols par l’agriculture biologique. Il semble que le labour est encore pas mal pratiqué en bio (hormis en permaculture a priori) ce qui pose problème pour la conservation des sols. Je ne sais pas si les pratiques sont en train d’évoluer ou non donc je me plante peut-être mais ça me semble être pour le moment le gros point noir de l’agriculture bio.
      Le mouvement vegan, comme tu le soulignes Aude, a clivé de façon assez violente les positions et on peut difficilement discuter désormais (soit on est un bobo hipster d’un côté, soit un meurtrier carniste mangeur de cadavres de l’autre) alors qu’il y a quand même un consensus assez général pour toute personne un peu soucieuse d’écologie sur le fait qu’il faut manger moins de viande/poisson et certains autres produits animaux. Il y a aussi une sur-représentation médiatique de ce mouvement du fait des gens qui le soutiennent, j’en discutais ce week-end avec un pote vivant au fond de la Corrèze, il n’a jamais croisé de vegans dans sa vie sauf chaque semaine à la télé/radio.

    • Claude Aubert, l’un des papes de l’agriculture bio, recommandait dès les années 70 l’abandon du labour et l’absolue nécessité de ne pas bouleverser les couches du sol. C’est vrai qu’actuellement les pratiques sont diversifiées. Il y a encore beaucoup de tatonnement et d’expérimentation. Certains agriculteurs « reconvertis » ont du mal à changer toutes leurs pratiques. Le problème dépend aussi de la profondeur du labour et de la manière dont on utilise la charrue. En maraichage, avec une terre vivante sur une couche superficielle un peu épaisse un brassage du sol, modéré, est sans conséquences sur la vie du sol. Sur les terrains légers mieux vaut simplement griffer. Sur une terre fortement argileuse, griffer après l’hiver ce n’est pas toujours facile.
      Le véganisme est une hystérie collective urbaine dans un pays où certains n’ont pas d’autres problèmes persos à gérer, ou veulent à tout prix se faire remarquer. Nous sommes adhérents à un réseau d’accueil de voyageurs (Work Away) et nous accueillons volontiers les végétariens mais pas les végans. Trop chiants et à côté de leurs pompes (en carton). Je suis d’accord avec Aude sur le fait que le véganisme arrange bien les affaires de l’agro industrie qui en a plein le dos des éleveurs et des petits fermiers toujours après revendiquer...
      On se sert dans un réseau « voisin de panier », proche sur le principe d’une AMAP. La viande bio est chère, surtout le porc : on compense en en mangeant moins.
      Là-dessus, je vais surveiller la cuisson du Rosbeef : nous recevons de nouveaux workawayers ce midi !

    • Et puis un autre problème qui est souvent mis sous le tapis, il semble quand même qu’un paquet de vegans, même très consciencieux, ont des problèmes de santé (anémie, troubles de la digestion etc.) dus à leur régime évidemment assez peu adapté aux omnivores que nous sommes (et les compléments alimentaires ne sont pas suffisants pour tout le monde), problèmes qui finissent par faire abandonner ce régime parfois très rapidement. La plupart des vegans cachent ces problèmes ou refusent de les attribuer à leur régime mais on commence à voir émerger des témoignages dans ce sens (sur Youtube on trouve une compilation ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLQfSnI373SjcahyaA6ZcrciVHVMUt7at1 ).
      J’ai tendance à penser que le problème de cette idéologie, c’est qu’elle est très attirante sur le papier (celui ou celle qui y adhère ne peut que se voir immédiatement comme supérieur moralement) mais malheureusement complètement déconnectée de la réalité de ce qu’est la vie (et la mort) sur Terre.

    • Sur le clivage, @alexcorp : oui, il pourrait y avoir de quoi s’entendre sur la réduction des produits d’origine animale dans l’alimentation. Jocelyne Porcher dit dans On achève bien les éleveurs :

      La masse de produits qui existe aujourd’hui, ce n’est pas pour nous nourrir, c’est pour nous les vendre. On ne les achète pas pour nous nourrir, mais parce qu’on nous dit d’acheter. On n’est pas obligé de bouffer du saucisson à quatre-heures, des produits laitiers à tous les repas. Il faut voir les linéaires de produits laitiers dans les supermarchés ! Ça peut être rare, de manger de la viande. Ça supposerait que l’alimentation redevienne importante, que l’animal redevienne quelque chose d’important dans le lien social et dans notre alimentation et qu’on soit pas dans un truc ludi-capitaliste, un truc évanescent, joli, du packaging, qui n’a rien à voir avec ce qu’il y a dedans.

      Du temps qu’elle documentait les ravages de l’industrie porcine, tout le monde était content. Et ce qu’elle dit a du sens, notamment pour les gens qui ne supportent pas l’élevage : sortir de l’idée qu’il faut manger autant de produits animaux, apprendre à bouffer autrement, créer une culture plus végétale. C’est plus intéressant si tu as cent personnes conscientisées à ça qui mangent deux fois moins de produits animaux que trois vegans trop fièr·es d’eux-mêmes. Mais comme c’est un truc identitaire et que l’écologie n’a pas grand chose à voir avec tout ça, eh bien elle s’en prend plein la gueule depuis des années et elle aussi devient elle aussi plus dure, agressive, à mesure qu’elle subit des agressions comme Aymeric Caron qui lui a hurlé dessus lors de cet entretien que je n’ai pas lu (#paywall). Depuis, je me dis que ce mec est dangereux...

      Pourquoi faudrait-il être végan ?
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/21/pourquoi-faudrait-il-etre-vegan_5288594_3232.html

      Le véganisme, à la fois pratique alimentaire excluant la consommation de produits d’origine animale et mouvement de défense des animaux qui connaît un développement important en France, commence à être remis en cause.

      Marrant, ton exemple des ruraux qui ne voient des vegans qu’à la télé. Parce que moi, à part ceux que je vois dans les restaus vegans et dont je ne sais rien du régime, je ne vois que des anars qui se sentent super radicaux et qui ne saisissent pas le changement de société à l’œuvre et à quel point leur bonne idée est un avatar de l’industrialisation de l’agriculture. Et ne saisissent pas à quel point il ne s’agit pas d’une pratique subversive mais que leur succès vient d’ailleurs. Mais ça ne m’étonne pas, les vegans à la télé.

      J’ai croisé une vegane dans mon village de Malaisie, au fait, sa mère avait l’air quand même un chouia fière de l’engagement de sa fille et me disait que c’était difficile, de faire la touriste à 200 euros le paquet de 48h à quinze heures de vol de chez soi, quand on est vegane, snif. J’ai résisté à l’envie de lui dire merde et de changer ma chute où je parlais déjà de cette indécence.

      Jocelyne dit qu’elle croise beaucoup de wannabee vegans qui ne passent jamais le pas ou d’ex à qui ça n’a pas fait beaucoup de bien... Je ne sais pas, j’ai un couple d’ami·es vegan·es et anti-indus qui mangent un œuf de temps en temps et qui font gaffe à bien nourrir leurs enfants, quitte à faire des entorses. Il et elle ne veulent surtout pas de complément alimentaire et préfèrent admettre que les êtres humains sont mieux avec de légers apports d’origine animale.

      Moi je croise beaucoup de gens qui se flagellent parce qu’ils pensent honnêtement que c’est le truc le plus écolo du moment. Et leurs scrupules, leur culpabilité par rapport à des vegans qui sont inconséquent·es sur le plan écologique, m’attriste.

      @la_feuille, je vais finir par venir chez vous un de ces jours, vous avez l’air de savoir recevoir ! J’ai fait trois séjours Work Away dans ma vie (Indonésie, Pologne et Norvège) et je me tâte pour refaire ça en Suisse à l’occasion. Et je connais bien les Voisins de panier, j’ai fait le bouquin avec les gens du Pic-Bois (fromages, yaourts et pain).

    • Je pense que ton couple d’amis pourrait facilement se faire insulter par les plus extrémistes des vegans ! C’est un problème aussi les étiquettes qu’on donne et qu’on se donne. Pour ce qui est des vegan dans les medias, Aymeric Caron en est un bon exemple de figure médiatique qui la ramène sans cesse sur le sujet mais il y en a plein qui viennent faire les beaux sur les plateaux, ça fait tout de suite du buzz et du débat bien tendu comme les chaînes de télé (ou radio) aiment en faire. Sinon pour ma part j’en croise assez peu aussi, hormis effectivement dans les milieux anars/alternatifs et sur internet.

    • @aude_v Tous les gens qui aiment la nature sont bienvenus chez nous. Suffit de prévenir quelques jours avant... Des arbres, des livres... plein de feuilles en quelque sorte. N’hésite pas à venir faire un saut !
      Ces braves gens du Pic Bois (dont j’ai lu avec plaisir la participation au bouquin) nous régalent chaque semaine de leurs pains, de leurs brioches et de leurs excellents fromages ! Le boulanger, collectionneur de blés anciens, a aussi participé au film sur les graines... Leur ferme est à 25 km de chez nous.

    • Trois commentaires sur le sujet :
      1) concernant la fertilité des sols (même si c’est une parenthèse de ton bllet et pas le thème majeur) : il y a bien une possibilité d’accroître et de maintenir la fertilité des sols également par des amendements non animaux, et ce pas uniquement en zone intertropicale. Les gens qui bossent en TCS (quand ils ne se ratent pas car là aussi il y a théorie et pratique) peuvent en témoigner, de même que les gens du réseau maraîchage sur sols vivants qui développent une approche très intéressante depuis quelques années.

      Les biomes "spontanés" d’Europe de l’Ouest sont des forêts, c’est à dire que là où tu cesses toute activité humaine aujourd’hui, la dynamique du vivant qui s’y développe amène au bout de quelques années/décennie à former une forêt. Ce vivant y est depuis pas mal de millénaires avant nous et a développé des cycles et des interactions qui produisent de la fertilité à base de racines mortes, de feuilles mortes et de bois mort. Un des enjeux de l’agricuture non-indus est de comprendre ces cycles et interactions-là, s’y insérer élégamment sans les mettre cul par dessus tête, dans le but d’y faire pousser ce qui nous intéresse.
      Il y a deux grandes façons de flinguer ces cycles et interactions : déstructurer complètement l’écosystème du sol (à base de labour profond puis rotovator pour casser les mottes), et l’intoxiquer à base de pesticides et engrais azotés. La combinaison des deux a réduit d’un facteur 10 la biomasse de vers de terre des sols agricoles en six ou sept décennies (et sans vers de terre on meurt aussi sûrement que sans abeilles).

      Par réaction, aux débuts de l’agriculture "explicitement" bio (c’est à dire celle dans une démarche active de différenciation vis à vis de l’agriculture indus à base de machines de guerre et de produits à tête de mort - car l’agriculture d’il y a un siècle ou celle pratiquée actuellement par la majorité de l’humanité est bio de fait) il y avait deux grands courants : l’un que mentionne @la_feuille focalisé sur la non-perturbation du sol, l’autre focalisé sur le non usage de produits de synthèse. Pour des raisons bêtes que je connais pas en détail, les deux courants se sont scindés, et c’est le second qui a donné les labels bio qu’on connaît aujourd’hui, faisant passer à la trappe la question de la non-perturbation du sol.
      Là où l’élevage (je parle ici de l’élevage non-indus) de ruminants sur prairie se pose, d’autant plus s’il est bio, c’est qu’il arrive à combiner les deux : pas de labour, pas de pesticides, rep à ça petit végan urbain avec tes saucisses au soja Bayer d’Argentine.
      Sauf qu’il reste plein de questions auxquelles ce mode d’élevage ne répond pas, par exemple combien de personnes par hectare un tel système peut-il nourrir (pas lourd, il faut sacrément de place, du coup ça pose question dans un monde à 7 milliards d’humains), ou qu’en est-il du consentement réel desdits ruminants à se faire flinguer ou enlever leur progéniture, telles des républicaines accouchant chez les nonnes en Espagne en 1950. On est là dans une autre question que l’agronomie ou l’écologie quantitative, celle de la #domestication et ses corollaires, dont on a longuement discuté il y a queques années ici, et sur laquelle les tenants du “vivre avec les animaux” préfèrent se raconter des histoires à base de don et contre-don plutôt que d’assumer le processus.
      Et (en revenant à l’agronomie) là où ça peut glisser un peu, c’est quand les défenseurs de l’élevage de ruminants sur prairie se posent en seuls garants sérieux de la biodiversité et de la vie des sols, ignorant (sciemment ou pas) que la production végétale sans labour ni pesticide est possible aussi (aupa Felix https://reporterre.net/Le-paysan-chercheur-Felix-Noblia-invente-l-agriculture-sans-pesticides-e ).
      Mais dans des zones où le climat est de toute façon trop rude pour envisager une production végétale significative (exemple les pelouses d’altitude, ou les Causses du sud du Massif Central aux conditions steppiques), René Riesel est bien avisé d’élever de la brebis, sans pour autant en faire du #solutionnisme.

      Pour terminer sur cette queston de la fertilté, le fumier c’est au départ de la paille sur laquelle tu récupères des déjections d’herbivore puis tu empiles ça en tas de la bonne façon pour que bactéries et champignons en fassent un truc intéressant. Végétal sec + végétaux digérés + microbes. Ça s’est fait pendant des décennies voire siècles avec des animaux (c’était même la fonction première des animaux d’élevage dans certaines régions faiblement peuplées et à sol pauvre et acide comme les Landes de Gascogne ou la Carélie), mais depuis déjà pas mal d’années on sait faire aussi bien sans, et en s’épargnant le boulot de forçat et ses dommages collatéraux que constitue l’élevage sur une petite ferme. Cf le courant de la bio qui mettait l’accent sur la non-perturbation du sol, les TCS, le maraîchage sur sol vivant, la méthode Jean Pain, etc.

      [parenthère sur les TCS : elles restent considérées avec pas mal de suspiscion par le courant bio actuellement majoritaire - celui qui focalise sur l’exclusion des produits de synthèse - car en TCS ça demande de la jouer finement si par exemple tu veux pas que la vesce te trolle la récolte de blé, ou si tu veux pas que le ray-grass intercalaire pousse trop vite et t’empêche de récolter le soja. Et comme tout ça dépend aussi de la météo et d’autres contingences logistiques, si tu rates la bonne fenêtre pour intervenir t’as plus qu’à y foutre du désherbant, et c’est là que ça clive : les TCSistes te diront qu’un coup de désherbant une fois dans l’année ça pèse pas lourd par rapport à l’aggradation du sol que le non-labour permet, et que labourer routinièrement est bien plus grave pour le sol en plus d’être 10 fois plus énergivore par surface (140 litres de gasoil par hectare pour un itinéraire de labour, 14 litres en TCS). Mais les tenants du bio majoritaire te diront que si t’en es rendu à balancer de la merde cancérigène sur ton sol c’est que tu fais fausse-route]

      2) le "signifiant" social de la viande
      Comme on le sait, pendant des siècles en Europe, la consommation quotidienne de viande était un privilège de riches, et elle est en train de le redevenir.
      Ce n’est que depuis quelques décennies qu’on surproduit de la viande indus (notamment bovine), mais c’est comme si du fait du privilège passé des riches, la conso quotidienne de viande était devenue, dans un premier temps pour les baby-boomers prolos, un signe extérieur de réussite sociale au même titre que le pavillon individuel. Et cette approche-là est encore vachement prégnante dans la génération suivante (nés dans les 1970s 80s), notamment chez les mecs. Combien de fois ai-je entendu "ah ça c’est de la vraie bouffe, pas un truc de nana" parce-qu’il y a une pièce de viande (on sentait qu’il allait dire “pas un truc de pédé” mais il s’est retenu en préférant étaler sa mysoginie plutôt que son homophobie cachée), ou alors “jamais je serai végé ça va pas, moi il me faut mon sauciflard/ mon steak/ etc” de la part de mecs qui sont capables de dire des trucs un peu plus argumentés sur d’autres sujets. #virilo-carnisme comme dit @mad_meg
      La barbaque quotidienne a remplacé “le pain quotidien” d’autrefois, avec cette espèce de valeur sacrée d’acquis intouchable qui distingue le prolo classe moyenne du pauvre. Dans une approche ou en avoir à chaque repas compte beaucoup plus que de savoir comment a grandi la bête et comment elle a été abattue.
      Et quand je vois se développer d’une part la promotion de l’élevage bio et/ou de label paysan, et d’autre part les techniques de producton de viande in vitro, dans cette période de gros accroissement des inégalités, je rejoins le propos de @monolecte : retour à l’ancien régime, avec la viande bio paysanne pour les bourges, et la merde indus et les maladies qui vont avec pour les pauvres.

      3) le “signifiant” social du véganisme me semble quant à lui moins univoque. Là où ton expérience des végans est farcie de pédants qui semblent se faire une identité avant-gardiste à base de leur régime alimentaire auto-perçu comme émancipateur, la mienne est celle de vieux punks qui ont occupé divers lieux en Pays Basque depuis les années 1980, où la cuisine collective et la débrouille font parte du quotidien, et où l’option végane est comme tu le notes la meilleure pour produire des repas collectifs bon marché et accessible à tou·tes. Je termine sur un cas d’occupation rurale, celui du village de Lakabe : les premières années tout le monde était peu ou prou végane, et ils atteignaient l’autonomie alimentaire (avec quelques excédents de blé selon les années). Plus tard les enfants ont demandé à avoir un peu de viande, et ils ont élevé des cochons, qui sont assez flexibles sur la bouffe et peuvent en théorie se contenter de trucs que les humains ne mangent pas, mais en pratique avec l’arrivée des cochons le village s’est vu contraint d’importer de la bouffe.
      Donc peut-être que dans certains cas ne pas avoir recours à l’élevage est un caprice de gens qui peuvent se permettrent de choisir, mais dans d’autres c’est une nécessité là où on ne peut pas se permettre de faire des caprices.

    • Merci @koldobika pour les précisions (qui dépassent largement mon niveau de connaissance du sujet). Ça m’étonnerait que Riesel fasse du solutionnisme ! Ce que je reproche à pas mal de monde, c’est de refuser que des gens vivent dans des environnements variés où il n’est pas possible de faire partout la même agriculture, et de penser que des expériences d’horticulture végane sont à imposer d’un bout à l’autre de la planète. J’ai vraiment entendu cet argument des gens de montagne, steppe ou désert qui devraient se considérer comme d’affreux colons qui seraient sortis de leur niche naturelle et devraient aller habiter comme « chez nous ».

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Sur le virilo-carnisme, bien d’accord, ça fait partie de la construction de la masculinité. Mais j’ai discuté de ça avec les gens d’une cantine wannabee végé qui essaient de faire venir tout le monde pour ne pas rester dans l’entre-soi et en y réfléchissant ils se sont rendu compte que ce qui comptait, pour plein de gens normaux, c’était de pouvoir mettre un coup de couteau parce qu’un truc mou (dahl ou purée) leur donnait l’impression de ne rien avoir mangé. Et des tartes convenaient aussi bien. Ils ont donc pensé à mettre un truc qui se coupe dans chaque menu. (Hier une copine me disait pareil de la nourriture en petits morceaux des woks asiatiques : des personnes d’autres cultures ont l’impression de ne rien avoir mangé si elles ne mangent que ça.)

      Bref, long débat et j’entends ton exemple de la communauté végane, bien différente de celle décrite dans Meat qui passaient la tondeuse et commandaient des quantités monstrueuses de tahin. Mais ils devaient avoir très peu de terres, non ? Ou avoir mal choisi leurs animaux ? Les poules mangent aussi bien des déchets, elles font des œufs qui semblent être le seul produit animal indispensable pour l’humain, et elles sont peut-être plus faciles à gérer qu’un gros cochon ?

      Sur l’argument des terres, là encore l’élevage permet d’utiliser plus de terres (pauvres ou montagneuses) alors ce n’est pas (on est d’accord) l’argument ultime, c’est plutôt : souvent oui mais pas forcément, ça dépend du type d’agriculture et de sols.

    • C’est vrai que c’est un peu bizarre de se lancer dans l’élevage de porcs comme ça alors que la volaille est beaucoup plus simple à gérer (en plus d’avoir de nombreux atouts par ailleurs) mais il y avait peut-être d’autres raisons qu’on ignore.
      Sur le semis sous couvert végétal, ça fait un peu solutionnisme là aussi, du genre tout le monde va passer à ça et tout va bien. Sauf que la réalité n’est jamais aussi simple (cf https://www.produire-bio.fr/articles-pratiques/techniques-culturales-simplifiees-couverts-vegetaux-on-bio). Je constate d’ailleurs que l’agriculteur mis en exergue est aussi éleveur et apiculteur, ce serait intéressant de savoir pourquoi il a aussi ça comme activités et ce qu’il fait des déchets organiques.
      Je me suis rappelé aussi de cet article qui résume pas mal de choses, avec pas mal de références quand il avance certaines idées (ce qui change de beaucoup d’articles qui parlent sans avancer la moindre étude/preuve) : https://www.jfdumas.fr/Stop-au-bourrage-de-crane-Le-mode-de-vie-vegan-n-est-ni-ecologique-ni-ethiqu
      Pour moi le problème principal reste que nous sommes omnivores et que la plupart des gens semblent mal supporter un régime végan, à partir de ce principe on est déjà mal sur l’idée de vouloir généraliser ça, au delà des considérations sur l’agriculture (qui est un point presque aussi important cependant). Les végan ont cependant raison sur un point : le végétarisme implique forcément d’exploiter des animaux et d’en tuer un certain nombre (mais ça reste un moindre mal).

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Notre responsabilité est celle de notre propre survie, ce qui implique normalement de respecter notre environnement. Il semble qu’on ait un peu de mal à appréhender ça, finalement comme toutes les espèces invasives qui finissent par crever d’avoir tout bouffer sans penser à préserver un minimum ce qui les nourrit.

    • Déprimant ! Je renchéris sur cette histoire de don et contre-don. D’abord c’est pas une lubie, c’est l’aboutissement d’années de pratiques et de recherches, d’observation de relations humain-animal. Pendant ce temps, Florence Burgat la philosophe antispé avoue ingénument qu’elle n’a jamais interrogé un éleveur. Ensuite ça n’empêche pas de se poser des questions. Baptiste du Pic Bois en parle bien dans le bouquin. L’abattoir mais aussi l’idée de contrôler la mort des animaux, la théorie du don lui semble juste sans le dédouaner.

    • Ouais enfin ya quand même un soucis très basique, car ok chez les intellectuels antispés yen a pas beaucoup qui ont interrogé des éleveurs (et encore moins des animaux), mais de l’autre côté :
      1) connaitre et interroger des éleveurs c’est indispensable pour en parler, mais de fait, ça sera toujours n’avoir que le point de vue des dominants, de ceux qui utilisent et tuent. Imagine-t-on parler de la relation hommes-femmes en ne connaissant que le point de vue des hommes ? Sauf que par principe, on ne saura jamais ce qu’en pense les animaux (y compris les antispés hein), ça ne sera toujours que des suppositions et de l’anthropomorphisme au final (« ils ont l’air de se plaire à ceci », « ils sont consentants pour cela »), et là je vois pas comment ça peut être un argument, dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs.
      2) par ailleurs des années de pratique et de recherche c’est bien, mais on peut parfaitement rechercher pendant des années en ayant déjà une lubie dans la tête, en ayant déjà une direction précise et ne faire que ça, donc ça n’est pas totalement un argument non plus (mais en partie, par rapport à ceux qui ne connaissent vraiment rien à ce monde)

    • Pour ma part je ne parle pas que des éleveurs et de recherche agronomique, il y a d’ailleurs un autre sujet important concernant ce sujet, à savoir que l’idéologie végane interdit toute utilisation d’animaux donc par conséquence toute traction animale. J’ai un couple d’amis qui fait de la polyculture, essentiellement du maraîchage mais aussi quelques poules essentiellement pour les œufs. Les poules ont d’ailleurs l’air assez à l’aise dans leur environnement, faudrait être sacrément de mauvaise foi pour dire le contraire. Pour cultiver leurs parcelles, ils ont besoin de leur âne pour tirer la charrue et sûrement d’autres choses (ils ne font pas de couvert végétal mais ce serait toujours tout aussi utile) car ils refusent toute mécanisation. Admettons qu’un vegan passe par là (chose improbable car comme je l’ai dit, au fin fond de la campagne ça n’existe quasiment pas), il va leur faire la leçon sur le consentement de l’âne et leur dire d’acheter un tracteur ? En fait si tout se passe bien, le veganisme n’existera plus dans plus ou moins 20 ans parce que le pétrole sera rationné et qu’on sera revenu en grande partie à une agriculture paysanne qui a ses contraintes propres et irréductibles.

    • @rastapopoulos, je ne dis pas que les éleveurs sont l’alpha et l’omega de la question mais que leur rapport aux animaux est très particulier et mérite l’intérêt des personnes qui interrogent cette relation.

      Par exemple, dans la lignée de Carol Adams il y a beaucoup de monde qui te dit que la consommation de viande, c’est masculin (culturellement, parce que biologiquement, c’est les femmes pendant la grossesse ou les règles qui ont le plus besoin de viande), donc l’élevage c’est masculin. Et des éleveurs montrent que c’est une activité de soin qui porte plutôt des valeurs considérées comme féminines. Ces malentendus, pour le dire poliment, c’est le résultat du refus d’aller voir comment font les autres.

      Quant au point de vue des animaux, tu le dis bien, personne ne le connaît. Mais enfin, les éleveurs que je rencontre me disent qu’ils voient bien ce que les animaux aiment et n’aiment pas, quand ils apprécient et quand ils refusent (d’aller ici ou là, de manger ci ou ça). Et que quand ils n’aiment pas, ça leur pose question. Il y a des nécessités qui déplaisent aux deux parties. Donc pour parler d’élevage, il faut avoir observé tout ça, la porte de la grange à aller fermer pendant l’orage à 3h du mat, comme dit Porcher, le trajet vers l’abattoir à 5h et l’abandon des animaux dans un lieu « qui pue la mort » comme dit Baptiste, les actes de soin, les actes de coercition. Ou il faut avoir demandé aux éleveurs comment ils le vivaient et avoir passé du temps à essayer de comprendre comment les animaux le vivaient.

      Et là, mystère. Un peu comme l’effet Koulechov, il est possible de mettre ce qu’on veut derrière un bêlement de chèvre...

    • C’est clair qu’on ne peut pas faire partout la même agriculture, ça va même à l’encontre d’une approche un tant soit peu écosystémique, qui observe comment tournent les cycles présents avant d’y insérer le nôtre.
      Du point de vue agronomique « quantitatif », le très gros point noir dans la question de la production animale au sens large c’est l’usage démesuré de terre arable pour la production de fourrage (plus des deux tiers de la SAU en Europe y est consacrée, notamment pour l’orge le maïs et le soja), au détriment de la production d’aliment consommable directement par l’humain.
      Une étude y a été consacrée il y a quelques années, et montre à quel point on gaspille, en terme de calorie finale consommée par hectare, des terres parmi les plus fertiles du monde (celles des latitudes moyennes de l’hémisphère nord en climat continental, MidWest US et Europe centrale pour faire court), pendant que l’Afrique et l’Asie intertropicales ne peuvent se permettre un tel luxe, et cultivent essentiellement des choses à consommer directement
      https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/8/3/034015/pdf

      En prenant le truc à la truelle, on a d’un côté des obèses qui gaspillent leur SAU pour produire du steak qui n’a jamais posé un sabot sur terre, et de l’autre 80% de l’humanité qui doit se démerder avec le peu qu’elle a. Et sachant qu’en termes d’impact écosystémique et climatique, une des actions à fort levier parmi les plus immédiates est d’adapter son régime alimentaire, sachant aussi qu’en moyenne 83% des émissions de GES liées à notre bouffe correspondent à sa production (donc tout au plus 17% au transport, si on ne compte pas le suremballage le gaspillage et le reste), le végan urbain qui cuisine au lait de coco a un impact GES final bien moindre que le babyboomer qui mange deux fois par jour du cochon hors-sol de Bretagne.
      Ceci est bien sûr schématique et s’accompagne de mille nuances (en premier lieu le fait qu’une part croissante des 80% de l’humanité forcée de se démerder avec le peu qu’elle a est aussi sous nos latitudes), mais la tendance de fond est celle-là.

      Concernant la SAU, elle ne regroupe pas (dans la plupart des estimations) l’ensemble de ce qui est à caractère agricole : il y a pas mal d’endroits où le sol est trop maigre, trop caillouteux, trop pentu, trop sec, trop acide etc. pour envisager d’y planter une fourche-bêche, mais que les animaux peuvent mettre à profit sans entrer en compétition avec la production de bouffe consommable directement. Si l’élevage d’herbivores à 4 pattes pouvait avoir lieu uniquement sur ce type de zones, ça serait déjà un énorme désengorgement pour le sol cultivable.
      Toujours concernant la SAU mondiale : elle se réduit comme peau de chagrin. Il y a une vingtaine d’années on en était à une moyenne de 2600m2 par humain, aujourd’hui je ne serais pas étonné qu’on soit en dessous de 2000. Manger de l’animal nourri avec des cultures fourrragères fait exploser cette valeur et fait directement ou indirectement pression sur les pauvres.

      [tout ce qui s’observe à l’échelle macro ne se transpose pas en micro, loin de là, mais en tout cas dans le cas présent ce mésusage de la terre arable correspond assez bien avec ce que j’ai connu des petites fermes à l’ancienne en polyculture et élevage https://seenthis.net/messages/196837#message197111 à savoir une perte d’énergie énorme due à l’élevage de grand bétail en grande partie nourri au fourrage. À l’époque la dépense d’énergie était directement subie par les rotules et les lombaires de l’éleveur (et de sa famille), depuis c’est le gasoil et les machines qui pallient, avec au passage le remplacement du fumier (utile au sol) par le lisier (majoritairement contre-productif pour le sol et néfaste pour le reste), et même si par la force des choses on commence mollement à revenir sur certaines erreurs, on est encore loin de la remise en question de la culture fourragère.]

      Je ne suis pas expert de chacune de ces questions mais en rassemblant ce que j’ai pu observer ça et là, un modèle qui donnerait à l’élevage (non-indus) une place à la marge dans les zones de plaine arable (par exemple pour mettre à profit des sous-produits comme le tourteau d’oléagineux), et une place centrale seulement dans les zones non arables, donnerait une sacrée marge de manoeuvre supplémentaire pour nourrir les humains. Ça revient peu ou prou à ce que @nicolasm appelle l’élevage par défaut, dont un des meilleurs exemples est l’association rizières + maraîchage + canard en Asie du Sud Est.
      Et en parallèle sortir du modèle indus (de façon concertée ou forcée par la pénurie énergétique), ce qui implique aussi « dé-remembrer » et refaire vivre plus de monde à la campagne et donc restaurer le réseau ferré + tous les services publics en conséquence, soit tout le contraire de la métropolisation à l’oeuvre depuis une quarantaine d’années... Bref on est pas rendus, et une fois de plus ce seront les mêmes qui paieront la facture.

    • même avis que @rastapopoulos concernant le « consentement animal ». J’ajouterais que dans la mesure où ce sont des espèces hautement modifiées depuis des millénaires par sélection humaine, et donc l’instinct animal a été fortement altéré (on peut même dire effacé concernant les races les plus récentes, crées par et pour l’industrie), même si on pouvait avoir accès à ce qu’elles pensent on ne pourrait en conclure à un consentement réel et éclairé.
      Mais plus pragmatiquement, comme le note @alexcorp avec la pénurie énergétique qui se profile, si on veut pouvoir ne serait-ce que transporter du bois de chauffage, ces questions éthiques passeront très probablement au second plan.
      Encore que, je viens de tomber sur ce texte (pas encore lu) sur le sujet https://www.terrestres.org/2019/03/05/vivre-avec-les-animaux-une-proposition-politique


  • Des usages de l’#histoire par les régimes autoritaires.

    https://www.washingtonpost.com/outlook/2019/04/23/why-far-right-populists-are-war-with-history

    Why do populist leaders want to forgive or displace the actual history of Nazism? Because as these leaders draw from the well of fascist ideology, rhetoric and tactics, they have to neuter the history of fascism to normalize their politics. Revising the history of fascism then renders it mythical rather than historical, presenting the fascism of the past as not that bad — or not even fascism at all.

    Rewriting history is central to the populist project. Bolsonaro is doing it not just with the Nazi past, but with his own country’s history as well. He wants to officially celebrate the 1964 coup that led to the most murderous military dictatorship in its history. Moreover, he falsely presents this dictatorship as the one that established democracy in Brazil, and even argues that it was no dictatorship at all.

    It is yet unclear how far down this path from populism to fascism Bolsonaro will go. Beyond celebrating the memories of fascism and dictatorships, right-wing populists like Bolsonaro do not automatically translate their radical rhetoric into fascist or dictatorial practice. Of course, populists like Bolsonaro, Orban, Donald Trump and Italy’s Matteo Salvini execute policies of discrimination, violence and increasing inequality. But they have done it, so far, without breaking democracy as a whole.

    Their most anti-democratic moves are symbolic. Attacks on political enemies do not generally move beyond words. And herein lies a difference between fascism and populism.

    When he wants to celebrate dictatorship and whitewash the Nazi past, he looks very little like classic populists like Peron and much more like Hitler and Mussolini.

    Will Brazil create a 21st-century fascism? It is not yet clear, but Bolsonaro’s troubling embrace of increasingly extreme fascist rhetoric should be a signal to those who believe in democracy that they must resist rising illiberalism not only with votes and demonstrations, but also with a defense of history.

    Il est beaucoup question du Brésil de #Bolsonaro mais aussi du révisionnisme des régimes dits populistes : Orban, Netanyahou.


  • « Les hommes se disent en crise mais ils possèdent 70 % des richesses mondiales et 80 % des terres de la planète ! » – Anti-K
    https://www.anti-k.org/2019/04/16/les-hommes-se-disent-en-crise-mais-ils-possedent-70-des-richesses-mondiales-

    L’identité masculine serait en péril, menacée par l’ « inquisition féministe » ou le « totalitarisme » de mouvements comme #metoo. C’est ce que répètent écrivains ou éditorialistes réactionnaires, jusqu’à des groupes haineux de « célibataires involontaires », se référant souvent à – ne rigolez pas – la virilité mythifiée des chasseurs préhistoriques. Ce discours ne date pas d’hier : il était déjà tenu dans la Rome antique ou à la fin du Moyen Âge, « dès que les femmes veulent s’affranchir des normes », nous explique Francis Dupuis-Déri, auteur de La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace. « La crise de la masculinité est une rhétorique politique visant à ré-affirmer la domination des hommes. » Entretien.

    Basta ! : Que disent ceux qui affirment qu’il y a une crise de la masculinité ?

    Francis Dupuis-Déri [1] : Les tenants de ce discours – que l’on peut croiser autant dans les grands médias, sur les forums internet que dans les discussions en famille – affirment que les hommes et les garçons vont mal, en tant qu’hommes, à cause de la féminisation de la société, et du féminisme en particulier. Il n’y aurait plus de modèles masculins. Les mères domineraient les pères. Parmi les symptômes de cette crise, on invoque les difficultés scolaires des garçons, le chômage des hommes, les difficultés des hommes à draguer des femmes, la violences des femmes contre les hommes, et tous ces suicides d’hommes poussés à bout par des femmes qui les ont rejetés. Il y a enfin le discours de certains groupes de pères séparés, qui affirment qu’ils vont mal à cause des tribunaux de la famille, qui seraient tous anti-pères.

    On apprend dans votre ouvrage que la crise de la masculinité sévit depuis très longtemps. Des hommes s’en plaignaient déjà dans la Rome antique. Puis en France et en Angleterre à la sortie du Moyen Âge, et ailleurs en Europe ensuite…

    J’ai été très étonné de découvrir, au cours de mes recherches, que la masculinité a toujours été en crise, et ce quelque soit le régime économique, culturel, religieux ou juridique. Dans la Rome antique par exemple, les femmes n’avaient pas de statut juridique autonome, elles appartenaient à leur père, puis à leur mari, au même titre que les esclaves. Elles n’avaient pas le droit d’occuper une fonction publique. Ce qui n’a pas empêché l’homme politique et écrivain Caton l’ancien, en 195 avant J.-C., de se sentir menacé par les femmes qui demandaient alors le droit de conduire des chars et de porter des vêtements colorés.
    En 195 avant J.-C., à Rome, Caton l’ancien se sent menacé par les femmes qui demandaient alors le droit de conduire des chars et de porter des vêtements colorés

    « Les femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public », écrivait-il. Idem sous les régimes monarchistes européens de la fin du Moyen Âge. En France, où les femmes sont écartées du droit de monter sur le trône au 14ème siècle, les hommes s’inquiètent qu’elles portent des pantalons, ou se coupent les cheveux. En fait, il ne faut vraiment pas grand chose pour que les hommes se disent en crise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont – prétendument – continuellement en crise….

    Les arguments fantaisistes ne manquent pas pour appuyer la thèse de la crise de la masculinité. Au Québec, les hommes seraient en crise à cause de leur défaite contre les Anglais. Aux États-unis à cause de la mécanisation. D’autres évoquent enfin la nostalgie du temps des cavernes…

    Parmi les mythes invoqués pour expliquer la crise de la masculinité, il y a effectivement celui de l’âge des cavernes, temps au cours duquel les femmes restaient chez elles, dans leurs grottes, pendant que les hommes allaient chasser. Certains ouvrages de psychologie – qui ont un grand succès – se réfèrent à cet âge des cavernes totalement mythifié, pour expliquer qu’il serait dans la nature des hommes de diriger leur famille et leur couple et même d’user de leur force. Cela expliquerait aussi pourquoi l’homme ne répond pas à sa conjointe quand il regarde le sport à la télévision : il concentre toute son attention sur le téléviseur comme son ancêtre lointain qui observait la savane à la recherche d’un mammouth. En France, on retrouve des références à l’âge des cavernes chez plusieurs polémistes. Alain Soral, parle par exemple de la « division primitive » sexuelle du travail. Éric Zemmour évoque « notre passé d’homme des cavernes », « notre bestialité », « notre virilité ».
    « Certains affirment que la vraie masculinité trouve son origine dans l’âge des cavernes et même dans la chasse au mammouth. Tout cela est ridicule et n’a aucune base scientifique »

    Au Québec, nous avons Yvon Dallaire, psychologue, qui affirme que la vraie masculinité trouve son origine dans l’âge des cavernes et même dans la chasse au mammouth. L’homme aurait appris à être silencieux en chassant le mammouth alors que la femme aurait développé l’art de la parole à l’époque où elle se terrait avec les enfants dans la caverne conjugale. Tout cela est ridicule et n’a aucune base scientifique. Les vestiges archéologiques ne disent rien de la division sexuelle du travail. Qui s’occupe des enfants ? Qui va à la chasse ? Comment sont prises les décisions ? Qui les prend ? Y a -t-il un vote ? On ne saura jamais. On se base sur nos modèles familiaux, et on projette.

    Vous défendez le fait que le discours sur la crise de la masculinité est un discours de dominants, et qu’un « état de crise » surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Pouvez-vous préciser ?

    La crise de la masculinité est déclarée quand les femmes ne sont pas ce que l’on voudrait qu’elles soient. Quand elles sortent des normes vestimentaires par exemple, ou de coiffure, ou qu’elles décident d’exercer un métier que l’on voudrait réservé aux hommes. C’est une rhétorique politique de culpabilisation des femmes. De par leur non respect des normes, elles provoqueraient de la souffrance, de l’angoisse, de la panique chez les hommes. Ce qui met les hommes dans un tel état peut être tout à fait anodin, comme nous l’avons vu. C’est un discours qui est à rapprocher du masculinisme, qui est clairement un contre-mouvement face au féminisme qui milite pour la liberté et l’égalité des femmes et des hommes.

    Pourtant les faits sont têtus… Les hommes continuent de dominer largement les sphères politique, économique et culturelle. Cela y compris dans des sociétés présentées à tort comme « matriarcales »…

    On entend souvent parler du Québec comme d’une société matriarcale, où les femmes auraient pris le pouvoir. Historiquement, cela s’expliquerait par le fait que les hommes quittaient le domicile familial pendant de longues périodes pour de lointains chantiers de bûcheronnage, laissant leurs femmes gérer seule la maisonnée et développer leur pouvoir. Mais ces prétendues matriarches n’avaient pas de salaire, pas le droit de voter ni d’être élues, pas le droit de divorcer ni d’ouvrir un compte en banque. Les hommes possédaient les banques, les terres agricoles, les moulins, les scieries. Ils étaient maires et curés, médecins et journalistes. Les mères imposaient donc le matriarcat depuis leur cuisine ? C’est vraiment un aveuglement volontaire.
    « En 2016, le club select des milliardaires de la planète comptait 88% d’hommes »

    Encore aujourd’hui au Québec, ce sont les hommes qui commandent la police, les entreprises, les universités, et qui gagnent le plus d’argent. Le pays a été dirigé par 36 premiers ministres, dont 35 hommes. Même si les femmes ont gagné beaucoup d’avantages, notamment dans nos pays occidentaux et qu’elles sont désormais des sujets juridiques, les hommes restent largement avantagés et détiennent encore la majorité des postes de pouvoir. En 2016, le club select des milliardaires de la planète comptait 88% d’hommes. Environ 70% de toutes les richesses mondiales sont entre les mains des hommes, et ils possèdent environ 80 % des terres de la planète !

    Vous expliquez que les gens démunis et peu instruits sont les relais plus que les instigateurs de l’antiféminisme, lesquels sont plutôt blancs et fortunés. Est-ce que cette rhétorique de la crise de la masculinité ne renvoie pas, finalement, au vieux concept du bouc émissaire ?

    Si, bien sûr. Les hommes qui affirment qu’ils sont en crise ne sont pas nécessairement les plus misérables de la société, au contraire. Ils appartiennent plutôt à l’élite intellectuelle et économique. Ils diffusent cette idéologie qui est ensuite reprise par les hommes de classes sociales inférieures. On a vu cela aux États-Unis au moment de l’élection de Donald Trump, où les jeunes hommes blancs déclassés socialement auraient eu besoin de prendre leur revanche, en élisant un homme blanc leur promettant qu’ils allaient être pris en considération. Ce mouvement des jeunes hommes blancs en colère est apparu dans les années 1980 aux États-unis, où le président Ronald Reagan accusait d’ailleurs les femmes d’être responsables du chômage des hommes, en leur prenant un travail qui leur serait normalement destiné.
    « La rhétorique de la crise de la masculinité permet de faire porter la responsabilité de la détresse sociale, réelle, aux femmes ou encore aux immigrés »

    C’est une logique qui permet de faire porter la responsabilité de la détresse sociale, réelle, aux femmes ou encore aux immigrés. Il semblerait plus logique que ces hommes en détresse dirigent leur colère contre le patronat et les banquiers, l’élite politique ou même les chefs syndicaux trop modérés. Qui prend les décisions économiques aux États-unis, comme en France et partout ailleurs dans le monde ? Qui signe les traités commerciaux, qui décide de délocaliser la production industrielle et de fermer les usines ? Ce sont en grande majorité des hommes. Dans ces conditions, il semble pour le moins inapproprié d’accuser les femmes.

    Vous revenez également sur une insulte récurrente des tenants du discours de la masculinité : celle de « féminazie », pour désigner le mouvement féministe. Vous vous insurgez contre cette insulte, évoquant le fait que le terme de « mascunazi » serait plus approprié. Pourquoi ?

    C’est effectivement une insulte que l’on croise régulièrement. On traite aussi régulièrement les féministes de « menace totalitaire », ou génocidaire, établissant un parallèle avec les mouvements politiques les plus meurtriers du 20ème siècle. Les hommes seraient victimes de ce pseudo-totalitarisme féministe. C’est une insulte envers les victimes du nazisme, et envers les victimes des violences masculines qui meurent par centaines chaque année. C’est aussi une insulte absurde, puisque le féminisme est sans doute l’un des mouvements politiques les moins violents du monde. Alors même que les femmes étaient privées de tellement de droits – et qu’elles le sont encore dans bien des régions du monde –, elles n’ont jamais mené de lutte armée. Ailleurs dans le monde, si des êtres humains avaient été privés de tellement de droits, on aurait facilement compris qu’ils mènent une lutte violente.
    « Les hommes seraient victimes d’un pseudo-totalitarisme féministe. C’est une insulte envers les victimes des violences masculines qui meurent par centaines chaque année »

    De plus, les mouvements néo-nazis portent et diffusent le discours de la crise de la masculinité. Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien d’extrême droite qui a perpétré les attentats d’Oslo et d’Utoya qui ont fait 77 morts et 151 blessés le 22 juillet 2011, faisait largement état dans son manifeste de sa haine des femmes et des féministes. Et il est entré au tribunal en faisant le geste nazi. Dans ces conditions le terme de « mascunazi » me semble tout à fait approprié. La crise de la masculinité est souvent mêlée à un discours raciste : les hommes efféminés ne seraient plus capables de défendre leur patrie et leurs enfants. Et les femmes, encore elles, ne font plus assez d’enfants. Résultat : on serait « envahis » par des « étrangers » qui, eux, font des enfants. Sexisme et racisme se font souvent écho et l’appel à enrayer le déclin de la nation ou de la race est souvent lancé du même souffle que l’appel à stopper le déclin des hommes.

    Vous évoquez enfin un discours de légitimation des violences faîtes aux femmes, lié à ce mythe de la crise de la masculinité. Pouvez-vous préciser ?

    Ces dix dernières années, on a assisté en Amérique du Nord à des crimes commis par des hommes se revendiquant des « incels », ces célibataires malgré eux [contraction du terme anglais involuntary celibate, ndlr], qui tuent des femmes parce que d’autres femmes ont refusé d’avoir des relations sexuelles avec eux. On sait l’importance de l’impunité et du soutien d’autres hommes dans le passage à l’acte violent. Si l’on se trouve au sein d’un groupe – amis, collègues, pairs – qui tiennent des propos misogynes, estimant que tel comportement des femmes mérite une baffe, on se sent légitime à commettre des violences. Et avec les plateformes web, cet effet est démultiplié. On se retrouve avec des réseaux de discussion de plusieurs milliers de personnes où ceux qui commettent des meurtres contre les femmes sont présentés comme des héros, et des sources d’inspiration qu’il faudrait suivre. Quand des incels commettent des meurtres de masse, ils sont présentés comme des héros. Et on a un autre meurtre de masse commis quatre ans plus tard par un autre homme, qui se revendique du précédent assassin. Il y a une influence, un encouragement mutuel.

    Slogan marketing présent dans les lessives de la marque Lenor (groupe Procter & Gamble) en 2009 / CC Laurent Neyssensas

    Par ailleurs, la violence physique et sexuelle des hommes contre les femmes et les enfants est considérée comme un symptôme de la crise, car elle démontrerait que les hommes sont incapables d’autodiscipline et que la masculinité est hors de contrôle. C’est souvent ce discours qui est repris pour expliquer les meurtres conjugaux. Comme l’ont montré des universitaires féministes comme Mélissa Blais et Patrizia Romito, la psychologisation de la violence des hommes contre les femmes permet de la présenter comme une perte de contrôle de ces hommes en crise, alors qu’il s’agit en réalité d’une prise de contrôle et d’une ré-affirmation de la domination masculine [2].

    Propos recueillis par Nolwenn Weiler


  • LE #MANIFESTE ACADÉMIQUE POUR LA GRÈVE FÉMINISTE DU 14 JUIN 2019 EN SUISSE

    Nous sommes des #scientifiques de différentes disciplines et nous allons nous mettre en grève le 14 juin 2019. Les femmes* sont systématiquement et massivement sous-représentées au sein des universités et des hautes écoles spécialisées suisses. Cet état de fait a des conséquences fondamentales sur les processus de production et de transmission du savoir. Nous portons les revendications suivantes en lien avec notre environnement de travail :

    – Jusqu’à ce que 50 pourcent des postes professoraux soient occupés par des femmes* dans toutes les disciplines, chaque université et haute école suisse doit pourvoir les #postes_professoraux nouvellement mis au concours par des femmes* à hauteur de 50 pourcent. Les femmes* ne doivent pas être renvoyées à des emplois moins bien dotés. Le même principe vaut pour tous les organes directeurs et postes académiques des hautes écoles et des universités.
    – Nous exigeons un #salaire égal pour un travail égal, sans distinction de genre. Pour cela les classifications salariales individuelles et les #barèmes_salariaux doivent être rendus transparents.
    – Chaque poste professoral doit permettre le job sharing. Toutefois, le #job_sharing n’équivaut pas à fournir la même quantité de travail pour la moitié du salaire. Seule une réelle réduction de la charge de travail permet une meilleure compatibilité des activités professionnelles et extra-professionnelles.
    – Au minimum 50% des postes faisant suite au doctorat et financés par les universités doivent être de durée indéterminée.
    – L’#enseignement et la #recherche doivent être rémunérés à leur juste valeur. Le fait que les privat-docents doivent enseigner gratuitement afin de ne pas perdre leur titre doit être immédiatement aboli. Les titulaires de contrats d’enseignement et de mandats ne doivent pas avoir à attendre la fin du semestre pour recevoir leur rémunération.
    – La #parité de genre est requise au sein de chaque commission de recrutement, de chaque jury et de chaque organe décisionnel du Fonds national suisse #FNS de la recherche scientifique, ce pour chaque discipline.
    – Afin de garantir des procédures de recrutement équitables et une gestion du personnel sensible aux dimensions de genre, nous exigeons des #formations_continues obligatoires pour les personnes siégeant dans des commissions de recrutement ou qui occupent des fonctions de cadres.
    – L’enseignement de même que les procédures administratives au sein des universités et hautes écoles suisses doivent être attentives aux questions de genre. Nous exigeons pour cela des mesures de #sensibilisations adaptées aux fonctions de chaque groupe professionnel concerné au sein des hautes écoles et des universités suisses. L’enseignement doit sensibiliser à un usage de la langue prenant en compte les questions de genre.
    – Nous appelons à des mesures globales pour une meilleure compatibilité des activités professionnelles et extra-professionnelles.
    – La #mobilité (notamment pour les mesures d’encouragement) doit être promue, mais ne doit pas constituer un impératif.
    – Les #obligations_professionnelles régulières, telles que les réunions ou les séances administratives liées à l’institution doivent avoir lieu durant la semaine et se terminer à 17 heures.
    – La #vie_familiale doit être rendue possible dans les universités et les hautes écoles et les familles doivent être soutenues. Nous exigeons l’introduction et le développement du #congé_parental, afin qu’un partage équitable des #gardes_d’enfants et des tâches éducatives soit réellement possible.
    – La couverture légale et financière du congé parental doit également être assurée dans le cadre des projets financés par des fonds tiers. Le congé parental ne peut être déduit de la période de recherche définie pour le projet au détriment des chercheuses et chercheurs.
    – Les infrastructures pour la garde d’enfants au sein des hautes écoles et des universités doivent être renforcées. Un nombre suffisant de places de #crèche à des prix abordables doit être garanti, de même qu’une offre suffisante d’espaces parents-enfants.
    – Nous exigeons que les acquis pour lesquels le mouvement féministe s’est battu - comme la mise en place d’études genre dans les universités ainsi qu’au sein de différentes disciplines - soient étendus et non pas démantelés.
    – Nous exigeons davantage de moyens pour la prévention et la répression du #harcèlement_sexuel au sein des institutions universitaires.
    – L’instrument d’encouragement qui soutenait spécifiquement les femmes* en lien avec leur situation familiale aux niveaux doctoral et post-doctoral (Marie Heim-Vögtlin) a été aboli par le FNS au profit d’un format se réduisant à l’#excellence à partir du niveau post-doctoral. Nous appelons à la création de nouveaux instruments d’encouragement et au renforcement des instruments existants, afin que les jeunes chercheuses et chercheurs indépendamment de leur situation familiale ou de leur genre et des réseaux professionnels liés au genre, bénéficient des mêmes perspectives professionnelles.
    – Les #coming_out forcés, les imputations erronées de genre et les assignations de genre superflues doivent être combattues au sein des hautes écoles et des universités. Nous exigeons des adaptations administratives et institutionnelles pour les personnes non-binaires, trans et inter ; par ex. adaptations simplifiées ou suppression de l’indication de genre et toilettes non-genrées. Nous exigeons des formations à destination du personnel ainsi que des services compétents sur ces questions dans toute université et haute école.
    – Les #discriminations liées au genre et à l’#identité_de_genre sont étroitement liées à d’autres types de discriminations telles que celles fondées sur la racialisation, la religion, les origines sociales ou géographiques, l’orientation sexuelle, l’âge ou le handicap. Nous demandons à ce que les discriminations liées au genre au sein des établissements de recherche soient combattues dans une perspective multidimensionnelle et intersectionnelle.
    – Enfin, nous exigeons des mécanismes et des mesures de contrôle réels et contraignants pour mettre en œuvre l’#égalité des genres.

    Nous nous solidarisons avec le personnel non-académique des hautes écoles et des universités qui s’engage pour des conditions de travail meilleures et égalitaires, ainsi qu’avec les étudiant-e-s en grève. Nous soutenons par ailleurs toutes les autres revendications émises dans le cadre de la grève des femmes*.

    https://www.feminist-academic-manifesto.org
    #grève #grève_féministe #Suisse #14_juin_2019 #université #femmes #féminisme #lutte #résistance #genre #rémunération #travail #salaire


  • La Malaisie à nouveau sur les rails de la Chine ? - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2019/04/21/malaisie-rails-chine-tgv-mahathir-mohamed

    A l’annonce de la reprise des travaux, certains observateurs avancent que la nouvelle a du rendre le sourire à Xi Jinping. Certes, l’accord consolide ses « Nouvelles Routes de la Soie » en Asie du Sud-Est, mais il en démontre aussi le caractère parfois contraint. En effet, si la Malaisie a accepté de relancer l’ECRL, ce n’est que pour éviter de payer des pénalités d’annulation estimées à 4 milliards d’euros. S’il y a bien un gagnant à ces négociations avec Pékin, il s’agit de Mahathir.
    Car la Malaisie a conforté ses positions internationales. Dans un article paru dans Forbes, l’économiste Panos Mourdoukoutas encense la stratégie malaisienne. De nombreux projets liés à la BRI ne sont pas viables économiquement, pointe-t-il, et font peser le risque d’un endettement insoutenable pour les pays qui les accueillent. C’est notamment le cas du Sri Lanka avec le port Hambantota construit par des entreprises chinoises avant de leur être concédé pour 99 ans car le gouvernement sri-lankais n’était pas en mesure de supporter les frais de construction. Un risque similaire pèse sur le Pakistan et les Philippines. Contrairement aux dirigeants de ces pays, note Panos Mourdoukoutas, Mahathir a eu l’audace de s’opposer à la Chine et de négocier pour que la BRI profite aussi à l’économie malaisienne et non uniquement à Pékin.

    #Chine #Malaisie #rail #chemin_de_fer #équipement #BRI #route_de_la_soie


  • Man-made crisis: toxic masculinity drives climate change, ...
    http://news.trust.org/item/20190426155839-d89my

    From storms named after women that cause more damage because people prepare for them less to men who refuse to recycle because they think it looks girly, climate damage is riven with toxic masculinity, a new exhibition argues.

    Climate change is a man-made crisis in every sense, with male-dominated culture fuelling damaging behaviour while women and girls disproportionately pay the price, said the creative team behind the London-based art show.

    They hope to shed light on the issue with an exhibition responding to themes of gender and climate by 30 artists who are women or do not identify as male or female.

    “Climate change is sexist: it disproportionately affects women and girls precisely because they are already marginalised in our societies,” said Ashley Johnson, a member of Do The Green Thing, the environmental group which organised the show.

    “There’s gendered consequences, there’s gendered causes and there’s gendered solutions. We wanted to explore that as an idea and offer artists the chance to respond to it.”

    Experts say women and girls suffer more than men from the effects of climate change. According to the United Nations they account for 80 percent of those displaced as a result and their vulnerabilities are exposed during disasters.

    #masculinisme #art #féminisme #climat


  • Je suis gendarme et j’ai décidé de parler… | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/160419/je-suis-gendarme-et-j-ai-decide-de-parler

    Dans les jours qui viennent de s’écouler, des gradés de la police ou de la gendarmerie ont pris publiquement la parole. Alors que le colonel de gendarmerie Michael Di Meo a par exemple reconnu en termes pesés l’existence « de violences policières » contre les GJ, le directeur de la police nationale Eric Morvan n’a pas tardé de justifier l’action des CRS contre les manifestants. La troupe elle, par discipline forcée a gardé jusque là le silence. Pour une des toutes premières fois, nous publions ici l’ITV que nous a adressée un simple gendarme qui porte l’uniforme depuis plus de 17 ans. Comme il nous l’a demandé, nous avons évidemment décidé de respecter totalement son anonymat, pour lui éviter les foudres d’une hiérarchie qui n’accepte pas que la parole puisse prendre la liberté de s’exprimer.

    Ce témoignage que j’ai recueilli me ramène en partie au travail que j’avais effectué pour mon documentaire « dans le secret du Burn out » avant le mouvement des Gilets jaunes, maladie qui touche plus qu’on ne le pense des membres des forces de l’ordre. Le rôle que le pouvoir fait jouer aux forces de polices, toutes catégories confondues, n’est pas pour soigner un corps profondément malade. Ce témoignage nous plonge au coeur du mouvement social des Gilets jaunes qui secoue le pays. Il est question de souveraineté, de relation entre « forces de l’ordre » et peuple, de Nation et de son avenir…


    • C’était gratiné !

      Voici le tract que nous n’avons pas pu lire en raison de la violence du service d’ordre :

      Européennes : Soumettez-vous aux Mâles !

      C’est éperdue de reconnaissance que La Barbe salue ces Hommes qui font corps. OUI, c’est émue que la Barbe vient s’incliner devant Jacques, François-Xavier, Benoit, Michel, Philippe, Bruno, Eric qui déploient leurs esprits virils pour insuffler l’espérance aux faibles, aux femmes notamment, et qui dialoguent, en notre nom, sur l’Europe.

      Le Mâle est LE bien commun, l’alpha et l’oméga, la source de toute idée en ce 21ème siècle. Les porteurs de pénis sont nos Valeurs actuelles et nos Eveilleurs de conscience, comme le montre majestueusement ce plateau.

      A ceux qui doutent, la Barbe dit : SOU-MIS-SION au verbe masculin. Phallocratie pour toutes ! Notre Dame brûle et ils soufflent un air frais. Quel panache en ces temps de mixité rampante, Messieurs, d’afficher votre glorieuse et exclusive masculinité ! Démultipliée et unie dans l’espace du Cirque d’Hiver.

      Vous êtes sept et pourtant vous n’êtes qu’un ! Ah, ce beau corps, mâle, blanc, mûr, ce rempart contre les turpitudes modernes ! La citadelle Europe, assiégée, menacée par l’invasion du politiquement correct, se projetant vers l’avenir grâce à ce noble cénacle ! Quels symboles vous êtes !

      Jacques Attali, visionnaire inlassable depuis le siècle dernier, déjà ; François Xavier Bellamy, fougueux missionnaire de l’hétérosexualité chancelante ; Benoit Duteurtre, chantre de Play Boy et de La Vie Catholique ; Michel Houellebecq, Particule élémentaire de génie en fusion, notre guide à Toutes, La carte et le territoire qui remet les choses, donc les femmes, à leur place !
      Bruno Le Maire, parangon de vertu capitaliste, notre clef vers LES paradis ; Eric Zemmour, d’un Z qui veut dire Zemmour, plume exaltée de la Frônce, celui qui a soufflé à La Barbe son 1er cri de ralliement : « Le racisme, c’est bien, le sexisme, c’est mieux ! ». Philippe de Villiers, enfin, fier apôtre des valeurs familiales et fraternelles.

      Pour vous, La Barbe réclame l’immuabilité : LA CONSECRATION. LE MARBRE.

      La BARBE

      #la_barbe #all_male_panels

    • Elles sont courageuses ces barbues. Les réactions masculinistes contre la barbe me semblent de plus en plus violentes et l’indifférence médiatique vis à vis des actions de le barbe de plus en plus forte.

    • ouaouh !

      Les Eveilleurs d’Espérance ont annoncé leur intention de porter plainte pour « cris séditieux proférés en un lieu public ». Mission réussie, donc.

      Je ne suis pas certain que l’incrimination pour #cris_séditieux soit toujours d’actualité et soit utilisable par une autre partie que le ministère public.

      Une recherche sur le contenu de Légifrance donne UNE référence (arrêt de la Cour de cassation cassant la condamnation pour des raisons de procédure d’un gugusse qui avait crié À bas l’Assemblée nationale ! en 1871,…)

      Et avec gg sur les sites .gouv.fr, la première page donne 10 entrées sur des sites de diverses archives à des dates entre 1816 et 1869 (et sans doute avant, certaines des références non datées provenant d’un fond démarrant en l’an IX (1800-1801)…

      Bonjour la #Réaction !

    • Elles insistent pour dire qu’elles se font régulièrement virer mais après avoir causé dans le micro et jamais aussi violemment. Ceci dit, c’est parce que d’habitude elles vont chez des libéraux leur mettre le nez dans le caca et que là c’était des #fascistes qui sont ouvertement en faveur du #sexisme, des autres hiérarchies sociales et de la #censure. Le fait qu’ils aient panaché leur panel de non-fascistes n’y change pas grand chose : elles sont allées interpeller des gens qui assumaient quand d’habitude les organisateurs sont un peu piteux de constater leur entre-soi.


  • Women paint their clothes with red in protest against the J. Marion Sims statue in New York, known as the “father of modern gynaecology” the protestors highlighted the doctor performed painful surgeries on enslaved black women without consent or anaesthesia


    https://twitter.com/womensart1/status/1121671458327896065

    La statue a été déplacée en 2018

    New York City’s Public Design Commission voted unanimously on Monday to remove the statue of J. Marion Sims, a 19th century surgeon who conducted experimental operations on female slaves, from its place of honor in Central Park.

    It was the first decision to alter a prominent New York monument since Mayor Bill de Blasio called for a review of “symbols of hate” from city property eight months ago, in the wake of the white supremacist protest in Charlottesville, Va., that left one person dead.

    A commission that Mr. de Blasio created to make recommendations about how to evaluate the city’s monuments and other public images had proposed that the Sims statue be removed.

    The Parks Department will remove the statue, at 103rd Street, near the northeast corner of Central Park, at 8 a.m. Tuesday, according to Natalie Grybauskas, a mayoral spokeswoman.

    https://www.nytimes.com/2018/04/16/nyregion/nyc-sims-statue-central-park-monument.html

    Déplacée pour la seconde fois mais toujours debout

    A bronze statue by Ferdinand Freiherr von Miller (the younger), depicting Sims in surgical wear,[42] was erected in Bryant Park, New York, in 1894, taken down in the 1920s amid subway construction, and moved to the northeastern corner of Central Park, at 103rd Street, in 1934, opposite the New York Academy of Medicine.[23][43] The address delivered at its rededication was published in the Bulletin of the New York Academy of Medicine.[44] This is the first statue erected in the United States in honor of any physician. The statue became the center of protests in 2017 due to Sims’ operations on enslaved black women.[45] Vandals defaced the statue with the word RACIST and painted the eyes red.[46] In April 2018, the New York City Public Design Commission voted unanimously to have the statue removed from Central Park and installed in Green-Wood Cemetery, near where Sims is buried.[43]

    https://en.wikipedia.org/wiki/J._Marion_Sims

    #grand_homme #chirurgie #racisme #gynécologie #femmes
    #James_Marion_Sims


  • Comment sont tués les cyclistes à Paris - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/04/24/comment-sont-tues-les-cyclistes-a-paris_1722899

    Les accidents mortels dans la capitale sont très genrés : toutes les femmes cyclistes tuées l’ont été par des poids lourds.

    Comment sont tués les cyclistes à Paris


    Comment sont tués les cyclistes à Paris ? Pour le savoir, nous avons étudié la base de données des accidents corporels de la circulation qui court de 2005 à 2017. Sur cette période, 42 cyclistes ont été tués à Paris (soit moins de 2% du total de cyclistes morts sur les routes en France).
    Les femmes cyclistes principalement tuées par des poids lourds tournant à droite

    Dans la capitale, 24 cyclistes sont morts après une collision avec un poids lourd, parmi lesquels 16 femmes. Presque toutes les femmes cyclistes tuées à Paris l’ont été par un poids lourd. Les femmes cyclistes à Paris sont donc deux fois plus nombreuses à avoir été tuées par des poids lourds que les hommes (16 contre 8). Dans la quasi-totalité des cas, elles sont victimes d’un poids lourd tournant à droite à un carrefour. En revanche, contrairement aux hommes, aucune femme n’a été victime de véhicule particulier sur cette période.

    Infographie : les cyclistes tués à Paris selon le type de véhicule impliqué

    Un phénomène similaire se produit en banlieue proche (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), où les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être victimes de poids lourds. Et lorsqu’on prend en compte les blessés graves, les femmes sont encore près de deux fois plus nombreuses à être victimes de poids lourds (60 contre 34). Il s’agit d’une particularité de la capitale et des départements proches étant donné que dans la France entière, les femmes cyclistes sont plus de deux fois moins nombreuses à êtres tuées par les poids lourds que les hommes.
    La situation parisienne ressemble beaucoup à celle d’autres grandes villes, et notamment à celle du centre de Londres. Un rapport des transports en commun londoniens émettait l’hypothèse que les femmes sont surreprésentées dans les cyclistes tués par des poids lourds parce qu’elles sont moins susceptibles de griller les feux rouges que les hommes. En effet, les cyclistes hommes sont généralement plus enclins à prendre des libertés avec le code de la route lorsqu’il s’agit de se rendre visibles des autres engins motorisés, et à se mettre devant eux pour redémarrer. Et dans certains cas, le respect strict du code de la route force à rester dans un angle mort. Par ailleurs, indique le rapport, le cycliste est plus en sécurité dans le flux de circulation s’il se déplace à la même vitesse que les motorisés. A Londres, dans la plupart des cas, les accidents se produisent lorsque le poids lourd renverse le cycliste en tournant à gauche (et à droite à Paris).

    On peut espérer que les sas vélos, lorsqu’ils seront réellement respectés par les véhicules motorisés, permettront de réduire ce genre de drame. Au Parlement, des députés prévoient à ce sujet de discuter d’amendements à la loi mobilité pour réduire le danger des poids lourds pour les cyclistes et les piétons. L’un, qui aura probablement peu d’impact, a pour but d’imposer des autocollants sur les angles morts des poids lourds. L’autre, probablement plus efficace mais moins succeptible d’être adopté, proposerait l’interdiction de la circulation aux poids lourds sans dispositifs de détection.
    De plus en plus de cyclistes tués en France

    Si l’on prend l’évolution du nombre de tués sur la route en France depuis une dizaine d’années, on constate une baisse suivie d’un plateau à partir de 2014. En revanche pour la population cycliste, c’est une autre histoire : le nombre de tués est resté stable des années mais il augmente drastiquement depuis l’année 2017.

    Infographie : les tués sur la route en France

    Quand on représente l’évolution en base 100 depuis décembre 2007, cela permet de voir le décalage entre les cyclistes tués et l’ensemble des tués sur la route. Certes, en valeur absolue, ils ne représentent qu’entre 2,9% et 5,75% des tués selon les mois. Mais l’augmentation est de 34% depuis décembre 2007 alors que le nombre tous usagers confondus est en baisse de 31%.

    Infographie : évolution du nombre de cyclistes tués sur la route (base 100)

    L’on peut supposer que la pratique du vélo a augmenté récemment, comme en témoignent les chiffres de vente du secteur, ce qui expliquerait le décalage avec le reste des usagers. Selon la sécurité routière sur ces derniers mois, c’est surtout sur les routes hors agglomération que l’on compte les cyclistes tués. La remontée globale est aussi attribuée à un relâchement des comportements.

    Ces chiffres ne doivent pas vous décourager de faire du vélo, notamment pour vous rendre au travail, car plus les cyclistes sont nombreux sur la route, moins il y a d’accidents, selon le principe de la masse critique. Les premières victimes de la route à Paris sont d’ailleurs les piétons, suivis de près par les deux-roues motorisés, puis les automobilistes.

    • Cet article élude totalement la question de la #violence_au_volant, surtout pour un sujet qui traite de #genre. Il parle des comportements des personnes tuées, pas du tout des conducteurs, c’est donc toujours à charge contre les victimes. Peut-être qu’il y a un vide total de ce côté là, qu’il n’y a aucune étude sur la #violence_masculine favorisée par les publicités de bagnole et pousse les hommes à exacerber leur #masculinité au volant au mépris de la vie des autres, et surtout des femmes.
      Je ne vois pas comment une société favorisant le féminicide ne donnerait pas lieu à ce genre de répercussions sur la route.
      En tout cas, si on voit comme moi la bagnole ou le poids lourd comme un instrument de domination.
      D’autant que ces tanks civils permettent de tuer en toute impunité juridique, attention je ne dis pas que c’est volontaire, je souligne juste que la justice relaxe les criminels de la route.

    • La situation parisienne ressemble beaucoup à celle d’autres grandes villes, et notamment à celle du centre de Londres. Un rapport des transports en commun londoniens émettait l’hypothèse que les femmes sont surreprésentées dans les cyclistes tués par des poids lourds parce qu’elles sont moins susceptibles de griller les feux rouges que les hommes. En effet, les cyclistes hommes sont généralement plus enclins à prendre des libertés avec le code de la route lorsqu’il s’agit de se rendre visibles des autres engins motorisés, et à se mettre devant eux pour redémarrer. Et dans certains cas, le respect strict du code de la route force à rester dans un angle mort. Par ailleurs, indique le rapport, le cycliste est plus en sécurité dans le flux de circulation s’il se déplace à la même vitesse que les motorisés. A Londres, dans la plupart des cas, les accidents se produisent lorsque le poids lourd renverse le cycliste en tournant à gauche (et à droite à Paris)

    • C’est un sujet qui me touche pas mal. C’est déjà difficile de rester indemne face aux micro-agressions de la vie urbaine, alors quand n’importe laquelle de ces micro-agressions peut t’envoyer à la morgue ou à l’hosto...

      Oui, la route sert de soupape à toutes les frustrations de la vie quotidienne. Il m’arrive de croiser dans la vraie vie des gens qui ont des fantasmes sur les cyclistes, des frustrations qui ne demandent qu’à s’exprimer violemment et ça leur semble justifié par les divers comportements qu’ils voient et les généralisations qu’ils en tirent. J’entends bien qu’il y a des cyclistes indélicats (une copine avec enfant se fait insulter par un cycliste dangereux sur un passage piétons où elle a la priorité) mais il y a beaucoup de cyclistes dont les gens (y compris ceux qui leur mettent des prunes à 90 euros) ne comprennent pas la manière de circuler parce qu’elle est différente de ce qu’ils connaissent. Elle est différente de ce qu’ils croient savoir (et ignorent) du code de la route : on roule au milieu de la voie, pas à droite, et les cyclistes peuvent rouler à plusieurs de front si ça leur chante. Elle est différente de comment roulent les voitures qui n’ont pas les mêmes besoins dont celui de se placer en tête de voie dans les sas et qu’illustre très bien cet article (#merci !).

      Donc au milieu de ce paquet
      –d’ignorance crasse,
      –de négligence coupable,
      –de violence revancharde (cyclistes-bobo, cyclistes-sans-foi-ni-loi, cyclistes à achever),
      faire du vélo est plus que pénible nerveusement. Je ne l’envisage que de manière transitoire, en attendant de trouver une vie moins bête que celle que je mène. Alors qu’a priori je trouve que la vie urbaine, la densité, le vélo sont un plaisir...

      Je voudrais ajouter ce truc que me glissait Laurent Castaignède, l’auteur d’Airvore, un super livre à charge contre la bagnole d’aujourd’hui (côté techniques et écologie). En matière de sécurité, c’est la fuite en avant pour sa gueule et les politiques publiques ne sont pas très ambitieuses, merdent sur leur communication ou se privent d’expertises précieuses mais non automobiles.

      C’est une des raisons pour lesquelles l’achat de SUV (sports utility vehicle, je sais pas si c’est parce que 4x4 ça faisait trop boueux qu’on a adopté récemment l’expression anglaise) grimpe en flèche : en cas de collusion, vaut mieux être dans le véhicule qui bousille les autres. Le fait que des classes aisées s’équipent ainsi met en danger tout le monde et fait tache d’huile puisque tellement de monde s’est déjà équipé pour blesser en cas de collusion. La loi de la jungle, mais en métal.

      Et encore ceci : les voitures sont désormais construites avec les phares qui s’allument quand tu démarres. Déjà la nuit et quand il fait sombre, on était emmerdé par ce truc : par facilité, les automobilistes ne regardent plus les autres véhicules et les piéton·nes pour s’assurer que la voie est libre mais les paires de phares (moins en ville mais bien plus hors-agglo). Ce n’est même pas une question d’intensité lumineuse parce qu’un gros phare de moto ne suffit pas pour être repéré par le cerveau d’un·e automobiliste, c’est un problème cognitif. Alors imaginez la bonne nouvelle que c’est, pour les non-paires de phares, surtout les peu puissantes, de savoir qu’une bagnole, ça sera une paire de phares quelle que soit l’heure de la journée. Pareil pour les piéton·nes, ces gros signaux de présence d’autrui vont invisibiliser les autres usagèr·es.

      Bref, y’a du boulot et personne pour le faire...

    • ...ces gros signaux de présence d’autrui vont invisibiliser les autres usagèr·es.

      Tout à fait d’accord avec toi @aude_v
      Il faut se souvenir qu’au moment de l’instauration de cette mesure (l’allumage permanent des phares ) l’argument mis en avant par l’administration française était : « En Scandinavie où l’allumage des phares de jour est la règle, le taux d’accident est plus faible »
      Sauf qu’en Scandinavie cette mesure répond à une situation particulière : la moitié de l’année le soleil est très bas sur l’horizon entrainant un éblouissement (qu’on expérimente occasionnellement en France au moment du coucher du soleil) et c’est pour palier à ce manque de visibilité dû à l’éblouissement que l’allumage permanent des phares a été instauré dans les pays nordiques.
      Le taux d’accidents est en réalité totalement décorrélé, les conducteurs scandinaves étant déjà à l’époque beaucoup plus respectueux des autres usagés.
      L’administration française à juste trouvé dans l’exemple scandinave un biais de confirmation dont on mesure aujourd’hui les effets délétères.

    • En ville, on devrait interdire les feux de croisement : plus les feux sont faibles, plus les vitesses baissent pour assurer la sécurité autrement qu’en mode automatique je regarde les feux des autres et c’est tout. C’est une intuition que j’ai qui vient d’expériences couronnées de succès : par exemple aux Pays-Bas l’idée d’enlever toute signalisation dans des quartiers (pas des axes de circulation) a fait baisser la vitesse et les accidents parce que ça obligeait à réfléchir au lieu de suivre automatiquement les consignes sans s’intéresser au reste de l’environnement.

      C’est un truc que plein d’ingés comme Castaignède sont capables de comprendre, que les réponses les plus évidentes ne sont pas les meilleures.

      Et sur la violence masculine routière, il y aurait tellement à dire, @touti, de ces substituts de zizi...

    • Je note pour ma part que la grosse majorité des morts sont des hommes - la violence masculine est aussi une violence des hommes contre les autres hommes (et contre soit, donc, j’imagine, pour un certain nombre de ces morts...).

      J’étais en Allemagne ces jours-ci. C’est particulier la quiétude que l’on ressent dans les rues des villes. Les voitures s’arrêtent et te laissent passer, sans besoin de forcer le passage. Et même quand toi même tu conduis, les autres véhicules te laissent manœuvrer tranquillement. Sans parler des autoroutes, où les chauffards roulant à 170 te laissent tranquillement faire tes manœuvres de dépassement à ton rythme de français (130), sans cligno comminatoires (illégal là bas, figurez-vous) ni appels de phares. De retour en France, la différence était flagrante et désespérante.

    • @biggrizzly, les combats de zizi font beaucoup de victimes, la violence est une gloire débile de la masculinisation. Quand on sait que de +90% des prévenus sont des hommes, c’est très inquiétant sur l’état de l’éducation française où on continue de ne pas respecter les enfants et de les frapper.
      Il y a toujours une source d’enfance pourrie, et dans la violence une façon inconsciente de frôler la mort qui pue la douleur de ne pas être autre chose qu’un amas de frustration et de développement pas bien terminé.
      En corollaire il y avait une étude, mais je ne remets pas la main dessus, qui montrait que le nombre de victimes de la route ayant subies des violences enfants étaient plus nombreuses, un contre-coup des traumatismes subis.

      Et je m’éloigne un peu, mais quand même. La route est un espace public fortement inconscient avec 10 morts par jour en france. Il n’y a aucune étude ou campagne qui aborde la dimension culturelle ou qui se questionne sur ce qui génère cette violence. Moi j’aimerai bien comprendre pourquoi je trouve que c’est la même inconscience que pour l’espace du sexe, maintenant que l’on a commencé à lever le voile et reconnu que le sexe est politique, pour sortir de l’inconscient faudrait peut-être s’atteler à voir que la conduite aussi est politique.
      #victimes

    • Je viens de regarder une vidéo postée sur Twitter et le cycliste (militant à GoPro) voit un camion de flics pile sur le sas à vélo, ayant dépassé la ligne sur laquelle les bagnoles doivent s’arrêter - et derrière laquelle sont les autres bagnoles. Il les double et va attendre le feu vert devant eux sur le passage piéton (mauvaise pratique, hein, mais les flics ont pris sa place). Au bout d’un moment, les flics comprennent qu’il s’agit d’un acte de lèse-majesté et klaxonnent (interdit) puis mettent leur gyrophare (interdit) pour griller le feu (interdit) et le redoubler. Ils s’arrêtent ensuite au milieu de la chaussée et descendent. J’ai arrêté là, pas besoin de voir une vidéo avec un cycliste qui explique à des cognes ce qu’est un sas à vélo et voir les brutes sauver leur ego meurtri derrière de la mauvaise foi ou pire, de la violence.

      Les problèmes qu’on a avec la culture de la violence routière ne doivent pas être étrangers à la manière dont la police fait respecter le code de la route. Et le respecte elle-même ! (Le nombre de camions de flics que je vois stationnés sur les pistes cyclables...)


  • J’ai voulu savoir qui avait vendu mes données personnelles et je suis tombée dans un puits sans fond
    https://www.numerama.com/tech/476311-jai-voulu-savoir-qui-avait-vendu-mes-donnees-personnelles-et-je-sui

    En fouinant dans l’onglet sur les préférences publicitaires de Facebook, je suis tombée sur des noms d’entreprises qui utilisent mes données. Problème : je n’ai jamais été leur cliente. C’était le début d’une longue descente aux confins de l’antre de la protection des données personnelles. Au mois de février, j’ai eu une soudaine envie d’aller fouiller dans l’onglet « préférences publicitaires » de mon compte Facebook. J’ai découvert que je suis identifiée comme une personne intéressée par des thèmes aussi (...)

    #Facebook #données #publicité #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #BigData #marketing (...)

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