• Qu’est-ce qu’un animal ? / Gilles Boeuf -
    https://www.youtube.com/watch?v=ahM7UTLd6YA


    Pourquoi et comment la frontière séparant les êtres humains des animaux est-elle devenue plus floue ? Comment est-on passé d’un animal-outil à une « personne » animale dotée de presque toutes les compétences qui font l’homme ? Le monde animal est d’une grande diversité. Comment appréhender les différences et similitudes entre l’espèce humaine et les autres animaux ? Une conférence de Gilles Boeuf, biologiste, professeur à l’université Pierre-et-Marie Curie - Paris V, donnée à la Cité des sciences et de l’industrie dans le cadre du cycle « Révolutions animales : de la science au droit », Acte 1 « Un nouveau regard ».

    #nos_ennemis_les_bêtes


  • Nos déchets plastiques ne pourront plus inonder l’Asie du Sud-Est, selon la convention de Bâle (si elle est respectée) - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2019/05/16/nos-dechets-plastiques-inonder-asie-du-sud-est-convention-bale

    Lors de la conférence, la Norvège, suivant les recommandations d’ONG du Sud-Est asiatique, a proposé l’intégration des déchets plastiques à la convention de Bâle sur les déchets dangereux. C’est bien le cas de tous ces plastiques dont l’incinération libère des composants toxiques. Presque un million de signatures ont été recueillies par la pétition « Stop dumping plastic in paradise ! » Parmi les militants présents à Genève pour défendre cette position, Prigi Arisandi, de l’association indonésienne Ecoton, et Mageswari Sangaralingam, de la branche malaisienne de Friends of the Earth (Sahabat Alam Malaysia) et qui représente également Gaia (Global Alliance for Incinerator Alternatives, Alliance mondiale pour une alternative aux incinérateurs).

    (...)
    Il n’est désormais plus possible pour les pays occidentaux d’envoyer leurs déchets non-recyclables dans des pays signataires de la convention de Bâle et non-membres de l’OCDE. Et cela vaut aussi pour les États-Unis. Mais quelles stratégies adoptera l’industrie ? Avec un pétrole bon marché, le recyclage des plastiques reste peu avantageux. Va-t-elle orienter ses efforts vers l’innovation pour recycler également les plastiques dont on ne sait jusqu’à présent que faire ?

    • Asia Will No Longer Tolerate Being a Plastic Waste Dump | The Diplomat
      https://thediplomat.com/2019/05/asia-will-no-longer-tolerate-being-a-plastic-waste-dump

      Tribune de deux militant·es de Friends of the Earth.

      Over the last three decades, the top plastic waste exporters, including the United States, Japan, and the United Kingdom, sent abroad plastic waste weighting about 168 million tonnes, most of it to China. In 2018, China said “enough is enough,” and announced a ban on imports of plastic waste, setting off a crisis in the global waste system. The majority of this plastic was then redirected into Southeast Asia, with Malaysia, Vietnam, Thailand, and Indonesia being flooded with waste, at great environmental and human cost.

      Numerous countries in the Global North have since been unable to cope, resulting in dramatic price increases for exporting, and more plastic being incinerated, sent to landfills, or stockpiled. It is time for measures that focus on reducing the overall global production and consumption of plastics, and redesigning plastics for reuse and quality, such as toxic-free recycling.

      The murky reality is that much of the plastic that we throw into recycling bins is low-grade, dirty, and mixed type plastics, which are then dumped in countries in Asia. There, they are usually recycled unsafely and to low standards, and often simply incinerated, landfilled, or leaked into the environment. This is driven by brutal, short-term economics: exporting is often cheaper than reducing, sorting, cleaning, recycling, or reusing plastics locally.


  • Il n’y a pas de petit profit pour la Caf : si quelques étudiant·es peuvent oublier de faire cette démarche de plus qu’on leur impose, et si parmi elles et eux il en est encore qui préfèrent le #non-recours à une régularisation a posteriori, l’institution aura gratté quelques sous (en enlevant le travail supplémentaire dû à tou·tes les étudiant·es certes en retard mais qui sont à 500 euros près, les pauvres, et vont demander régularisation après coup).

    Bonjour,

    Vous êtes étudiant(e) et vous bénéficiez de l’aide au logement.

    Pour continuer à percevoir votre aide, vous devez nous indiquer si vous conservez votre logement pendant les vacances d’été.

    Rendez-vous dès maintenant sur caf.fr > espace Mon Compte ou sur votre appli mobile « Caf-Mon Compte » avec vos identifiants de connexion.

    A bientôt sur caf.fr,

    Votre caisse d’Allocations familiales.

    #dématérialisation #droits #logement


  • L’homme de Moscou derrière Benalla
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160519/l-homme-de-moscou-derriere-benalla

    Dans le feuilleton Benalla, il joue le rôle de l’homme de l’ombre. L’intermédiaire français Jean-Louis Haguenauer, qui fut l’architecte du contrat russe d’Alexandre Benalla du temps où celui-ci travaillait à l’Élysée, a développé depuis plus de trente ans un réseau d’influence unique en Russie, ainsi qu’une grande proximité avec les services secrets du pays. Révélations.

    #Enquête #Jean-Louis_Haguenauer,_affaire_Macron-Benalla,_FSB,_contrats_russes,_Poutine,_affaire_Benalla,_A_la_Une


  • Poachers fined RM1.56mil, the biggest yet for wildlife crime - Nation | The Star Online
    https://www.thestar.com.my/news/nation/2019/05/16/poachers-fined-rm156mil-the-biggest-yet-for-wildlife-crime
    https://www.thestar.com.my/~/media/online/2019/05/16/06/52/gjfgn.ashx/?w=620&h=413&crop=1&hash=44B7D3432456A7EEE50993B625A7F7934300C945

    Perhilitan arrested the two poachers on April 15 in Hulu Sungai Tersat in Taman Negara, Pahang and found them in possession of 141 individual parts of serow, leopard, tapir, sun bear, golden cat and wild boar, plus 22 snares.

    Perhilitan believes the animal parts belong to at least two Malayan tigers, two clouded leopards, three sun bears and 12 wild boar.

    The case was prosecuted by Mohd Khairul Mubin Ab Satar, Abd Aziz Mohd Yasin and Khadijah Mat Amin, from Perhilitan.

    Traffic South-East Asia director Kanitha Krishnasamy said the judgement marked a victory for the Malaysian government.

    "For the first time, fines exceeding RM1mil have been issued for wildlife crime.

    “There is hope in creating a deterrent effect,” Kanitha said.

    According to the Water, Land and Natural Resources Ministry, Malaysia has fewer than 200 wild tigers and the authorities have declared a war against poachers.

    “It all begins with investing in enforcement and having boots on the ground. Imagine what we could do with more,” said Perhilitan director-general Datuk Abdul Kadir Abu Hashim said.

    Dans le parc national d’Endau-Rompin, j’ai rencontré plusieurs personnes qui ont trouvé des braconniers sur leur chemin et me parlaient de « travailleurs » migrants de Thaïlande ou du Cambodge. Mais à chaque fois, le signalement a donné lieu à une visite de courtoisie de la police une semaine ou deux après, comme si tout le monde s’en fichait. Les frontières sont peut-être bien gardées, avec des saisies à la frontière, mais les parcs, pas trop. Pourtant, parmi les autochtones, il en est beaucoup qui vivent avec rien et seraient disponibles pour 50 RM la journée pour patrouiller dans cette forêt qu’ils connaissent et qu’ils aiment.

    D’autre part le tigre est un animal solitaire qui a besoin d’une grande surface sans congénère, alors il faut aussi préserver son habitat pour lui permettre de survivre.

    #braconnage #conservation #parc_naturel


  • Paul Ariès : « Le véganisme est une idéologie politique totalitaire » - Le Temps
    https://www.letemps.ch/economie/paul-aries-veganisme-une-ideologie-politique-totalitaire

    Pour lire depuis vingt-cinq ans beaucoup de textes liés à ce mouvement, j’ai remarqué que la haine y est un thème récurrent. On y qualifie les omnivores d’assassins, de nazis, les petits éleveurs reçoivent des menaces de mort… C’est très symptomatique de cette pensée qui a beaucoup de mal avec l’humanisme. Un psychanalyste genevois est aussi venu me voir après le débat pour me dire que, chez bon nombre de ses patientes véganes, il observe un refus d’avoir des enfants. J’y vois une posture désespérée et le symptôme d’un profond mal-être. On ne peut pas prétendre se situer du côté de l’écologie sans être du côté du vivant, de l’humain, de la transmission de la vie.

    Ça, c’est nauséabond mais le reste n’est pas pire.


  • C’est une lettre qu’un vieil homme batek, qui appartient à un peuple autochtone de chasseurs-cueilleurs en Malaisie péninsulaire, a souhaité adresser au monde. Il l’a donnée à Lye Tuck-po, une anthropologue qui délivre cette lettre et ce message dans son livre Changing Pathways. C’est une lettre orale, retranscrite en langue batek, traduite mot à mot et de manière plus littéraire en anglais par Lye Tuck-po et en français par mes soins. Le texte original est très elliptique et la traduction de Lye Tuck-po sonne très étrangement mais donne une idée de cette forme d’expression. Les Batek sont convaincu·es que les arbres font tenir le monde et que sans forêt, le monde disparaîtra. Ils et elles s’inquiètent non seulement de la disparition de leur milieu de vie mais aussi notre terre à nous tou·tes. Ce vieil homme utilise la deuxième personne du pluriel dans une forme tour à tour inclusive et exclusive que j’espère ne pas avoir traduite trop lourdement.

    Qu’on enlève la forêt et ce sera la fin monde. Nous voulons que les gens sachent que le monde peut finir. Il n’y a déjà plus d’arbres.
    Quand ils font exploser la dynamite, le dieu Gubar fait pleuvoir longtemps. Nous nous en souvenons.
    Ne prenez pas plus de forêt, posez là la limite. Nous avons tou·tes besoin de trouver à manger. Nous ne pouvons pas être cupides, nous devons ne prendre que ce dont nous avons besoin pour vivre. Nous ici, nous souhaitons discuter de cela.
    La rivière Temoh n’a déjà plus d’arbres, seulement de l’huile de palme.
    Nos âmes se nourrissent des arbres. La forêt, c’est les veines et les tendons de nos vies.
    Cette terre est une île. Comment peut-elle tenir sans arbres ?
    Par le passé, l’humanité vivait en paix et elle n’était pas en train de perdre le monde.
    Les êtres surhumains (les dieux) disent qu’ils ont créé le cœur de la terre.
    Les êtres surhumains se souviennent qu’ils sont nostalgiques.
    Ils ont pitié des Batek quand ils entendent leurs chants.
    Ils nous aiment tellement qu’ils nous préviennent de ce qui est en train de se passer.
    Nous ici, nous entendons ce qu’ils disent, nous nous raccrochons à leurs voix.
    Quand les arbres auront disparu, l’humanité n’aura plus nulle part où s’abriter.
    L’humanité peut se concerter. Nous nous rencontrons et nous discutons de ce qui peut être fait. Nous discutons, nous décidons et nous partons faire les choses. N’abandonnons pas le monde. Ne le perdons pas. Nous devons savoir de combien nous avons besoin pour manger, pour dormir.
    Les Malais pensent à des routes et posent des plantations de palmier à huile. Rendez-vous compte qu’ils tuent le monde. Où allons-nous tou·tes vivre ? Parce qu’ils tuent notre monde à tou·tes. Par le passé, l’humanité était en bonne santé. Maintenant nous ne pouvons plus espérer être en bonne santé. Donc tout le monde vit selon les mêmes règles.
    Nous ici regrettons les temps de paix. Nous nous souvenons et nous regrettons. Nous montrons comment.
    La terre est déjà coupée en morceaux. L’âme des rivières est bloquée. C’est important, de comprendre le danger. Les rivières ne peuvent plus couler, elles inondent leurs rives. Le sol devient mou et s’effondre. Ils ouvrent des canaux ailleurs, c’est par là que la terre se fissure.
    C’est comme si l’humanité cherchait sa nourriture – avec la nourriture nous sommes riches mais le monde est parti. Nous devrions savoir comment le garder. Nous ne pouvons pas devenir riches et tuer le monde. Nos vies sont raccourcies, nous ne vivons plus longtemps quand nous sommes trop cupides. Nous les Batek, nous savons comment garder le monde. Quand nous les humains gagnons nos vies, nous devons donner de la valeur à l’âme du monde. Mais s’ils ne savent pas donner de la valeur à l’âme du monde, je ne sais pas.
    Nous ici, nous pourrions être riches mais nous donnons de la valeur à l’âme du monde. Nous avons un peu changé maintenant mais nous nous souvenons toujours du passé. Aussi longtemps que nous vivons dans la forêt, nous donnerons ces conseils. Nous ne voulons pas nous battre, nous tuer les un·es les autres.
    Il y a des Batek qui veulent être riches. Ce n’est pas facile de vivre comme cela, nous souffrons. Mais c’est mieux que de tuer le monde, comme cela se fait hors de la forêt. La manière dont ils vivent entraîne la fin des vies.
    Nous les Batek allons à un endroit, puis nous nous en souvenons et nous y retournons. Les personnes domestiquées, elles tuent le monde. Les fonctionnaires qui encadrent les populations autochtones se moquent de nous parce que nous sommes libres, dans la nature sauvage. Ils ne savent pas comment penser. Je veux qu’ils sachent comment penser.

    Lye Tuck-po, Changing Pathways. Forest Degradation and the Batek of Pahang, Malaysia (Lexington Books, USA, 2005 et Strategic Information and Research Develoment Centre, Malaisie, 2018).
    #Malaisie #déforestation #peuples_autochtones #forêt


  • Ecologie : pourquoi la #technologie ne nous sauvera pas ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/ecologie-pourquoi-la-technologie-ne-nous-sauvera-pas

    Réchauffement climatique, pollution… Pourquoi le progrès ne nous sauvera-t-il pas ? L’ingénieur Philippe Bihouix, auteur de L’Âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014) et du Désastre de l’école numérique (seuil, 2016), revient avec Le Bonheur était pour demain (Seuil, 2019).

    Constituées en dix promenades rousseauistes, ces rêveries d’un ingénieur solitaire reviennent sur la promesse des scientifiques - une promesse devenue croyance politique - d’un #progrès qui sauverait l’humanité en repoussant les limites du possible, par des technologies capables de corriger les erreurs humaines et d’inventer un monde de bonheur pour tous.

    C’est pas trop mal. Bihouix est fidèle à lui-même, frustrant pour les #technocritiques exigeant·es mais très bon pour faire découvrir la question et documenter son propos.

    • How Google Keeps Its Power-Hungry Operations Carbon-Neutral
      https://www.wired.com/story/how-google-keeps-power-hungry-operations-carbon-neutral

      Google estimates that each search emits roughly 0.2 grams of CO2 into the atmosphere, due to the energy it takes to power the cables, routers, and servers that make Google work. That’s on par with the energy it takes to power a lightbulb for 17 seconds. Watching or uploading a video to YouTube is worse for the environment: 1 gram of carbon for every 10 minutes of viewing, according to The Guardian. Experts estimate that internet companies put out as much CO2 as the airline industry.1

      Contenu connexe, idem vis-a-vis les technocritiques. Cet article contient surtout de préciseuses références - dignes de la rubrique collapso de Dror@sinehebdo.


  • L’administration en ligne, France, 2019
    http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/seine-saint-denis-quand-les-rendez-vous-de-la-prefecture-s-achetent-au-ma

    C’est écrit en grand sur le site de la préfecture : « ATTENTION ! Toutes les prises de rendez-vous proposées sur ce site Internet sont gratuites. Soyez très vigilants, n’acceptez aucune prise de rendez-vous en ligne payante. » Gratuites mais rarissimes. Tous les essais que nous avons tentés de jour comme de nuit ont échoué, à l’instar de ces jeunes étudiants africains de 18 et 19 ans, rencontrés à Bobigny ce mois d’avril.

    « Cette convocation, j’ai essayé de l’avoir pendant trois mois mais ça n’a jamais fonctionné, alors j’ai payé 120 € à un homme qui a réussi à prendre rendez-vous pour moi », explique ce jeune majeur, candidat à une admission exceptionnelle au séjour. C’est l’ami qui l’accompagne qui avait trouvé la combine.

    Le rendez-vous monnayé 120 €
    « Moi j’ai essayé pendant un an, le jour, la nuit, quand j’étais en stage, mais je n’y arrivais jamais, finalement j’ai découvert sur Internet qu’il existait des rendez-vous payants. J’ai pris contact par mail, j’ai dû payer avec ma bourse trimestrielle de 170 €. Le jour où je récupérais ma convocation, il y avait cinq à six personnes comme moi qui avaient aussi payé 120 €. » Le rendez-vous était bien valide puisque ces deux étudiants ont obtenu à l’issue un récépissé. « C’est pitoyable d’en arriver là, mais sans ça on ne peut rien faire », confie le plus âgé. D’après le réseau éducation sans frontière (RESF), cela fait huit mois que la prise de rendez-vous par Internet est devenue quasiment impossible.

    La préfecture indique avoir porté plainte
    La préfecture est au courant. « Cette situation nous indigne d’autant plus que nous avons fait un très gros travail interne pour résorber les stocks depuis deux ans » commentait le préfet Pierre-André Durand, juste avant son départ. Pour lui, il s’agit « de malfaisants qui ont monté un système, soit avec des robots soit avec des petites mains, qui prennent les rendez-vous puis le revendent ». Le préfet assure qu’une plainte a été déposée « il y a trois mois » et qu’une enquête administrative est en cours, en même temps qu’une parade informatique recherchée. Au parquet de Bobigny, on n’a pas trace de plainte.

    Plutôt que de déposer plainte, l’administration devrait surtout revoir son système de prise de rendez-vous : http://www.seine-saint-denis.gouv.fr/Prendre-un-rendez-vous Car le problème, comme l’explique l’article du Parisien n’est pas tant un problème de manque d’agents et de disponibilités, que le fait que le système permette d’être surveillé par des robots et que des robots puissent s’inscrire à la place d’humains au prétexte de la règle du premier arrivé, premier servit !

    Profitons-en pour signaler que ce système de prise de rendez-vous n’est pas spécifique ni à la préfecture du 93 ni à la question de la demande de titres de séjour. A Paris, pour obtenir un passeport ou faire renouveler sa carte d’identité, il faut également passer par un site de prise de rendez-vous du même acabit (les nouvelles places ou les places libérées le sont visiblement le vendredi en fin de matinée) : https://rdv-titres.apps.paris.fr/eAppointmentCNI-internet/element/jsp/appointment.jsp - Ici, l’enjeu n’est pour l’instant pas suffisant pour être monnayé... mais allez savoir.

    Il faudra un jour en tout cas que l’administration en ligne se mette un peu dans la peau de l’usager, ça lui permettrait en tout cas de ne pas créer elle-même les malfaisants qui profitent de sa propre malfaisance !


  • Prélèvement à la source : à quand une réforme fiscale féministe ?
    https://www.liberation.fr/debats/2019/05/15/prelevement-a-la-source-a-quand-une-reforme-fiscale-feministe_1726928

    Quand on évoque le thème de la fiscalité, on se dit, de prime abord, que le féminisme n’a rien à faire là-dedans, qu’il s’agit simplement de calculs neutres appliqués aux revenus des individus peu importe leur sexe. Et puis, si on creuse un peu, on se rend vite compte que le patriarcat, comme dans tous les autres domaines, s’est immiscé à ce niveau-là aussi et de façon bien plus subreptice puisque largement non visible.

    Alors que pour chacune et chacun, c’est le moment de remplir sa déclaration de revenus 2018, arrêtons-nous donc un instant sur le mode de calcul de l’impôt sur le revenu, un mode de calcul laissé inchangé dans le cadre de la réforme du prélèvement à la source.

    Outre la prise en compte des ressources annuelles détenues par le foyer fiscal, le calcul de l’impôt sur le revenu s’effectue à la suite de l’application de deux mécanismes importants : le quotient conjugal et le quotient familial. Le quotient conjugal, qui consiste pour un couple marié ou pacsé à être imposé conjointement est un mécanisme qui n’a pas le même impact selon que les revenus au sein du couple sont égaux ou inégaux. En effet, du fait de l’application du quotient conjugal au barème tranche par tranche (1), la réduction d’impôt obtenue est d’autant plus forte que les revenus au sein du couple sont inégaux et que le revenu global est élevé (2). De fait, la division, puis re-multiplication par deux de revenus inégaux permet de réduire le taux d’imposition.

    Ainsi, plus les revenus du couple tendent vers l’égalité, moins le mécanisme de quotient conjugal n’apporte de réduction d’impôts et pour un couple dont les revenus seraient totalement égaux, le bénéfice est même totalement nul : en effet, le fait de diviser par deux le revenu du couple fait retomber chaque conjoint dans la même tranche d’imposition que s’il avait été seul.
    Trappe à pauvreté

    Non seulement, le système du quotient conjugal bénéficie davantage aux couples dont les revenus sont inégaux, mais il désincite aussi le conjoint dont les ressources sont les plus faibles, soit les femmes le plus souvent, à reprendre une activité ou bien à passer d’un mi-temps à un plein-temps puisque son revenu sera alors immédiatement imposé, lui aussi, à un taux élevé, autrement dit, dans les tranches hautes du barème.

    Or sachant que le revenu salarial net moyen des femmes est inférieur de 25 % à celui des hommes (3), qu’elles occupent 55 % des bas salaires et 63 % des emplois non qualifiés (4), il n’est pas difficile d’en conclure, qu’au sein du couple, ce sont majoritairement les femmes qui ont les ressources les plus faibles (5).

    Le quotient conjugal est donc un système qui décourage proprement le travail des femmes et les maintient dans l’occupation d’emplois précaires et faiblement rémunérés. Il agit comme une trappe à pauvreté mais uniquement à destination des femmes. Autant dire qu’une politique réellement soucieuse de l’égalité femmes-hommes devrait avoir depuis bien longtemps supprimé le quotient conjugal.

    A contrario, le choix, dans le cadre de la réforme actuelle, d’avoir évité une « "déconjugalisation" de l’impôt, qui aurait pénalisé les foyers où les revenus personnels sont déséquilibrés entre conjoints » (6) apparaît comme un choix délibéré en faveur d’une politique publique qui continue à favoriser les déséquilibres de revenus au sein du couple et donc, à maintenir bien souvent les femmes dans une situation de dépendance et de précarité. Réforme moderne, vraiment ?

    Quant au quotient familial, qui consiste à adapter le montant de l’impôt brut à l’importance du foyer et fonctionne selon le même modèle que le quotient conjugal, outre sa forte régressivité (7), il agit comme la mise en œuvre d’une véritable politique nataliste exhortant les femmes à faire des enfants et au moins trois si possible (8). Décidément, la politique fiscale française semble s’attacher à imposer certains choix de vie aux femmes, et ce, bien au-delà de la question de l’impôt sur le revenu.
    Conception conservatrice

    Il y a un terme qui unit et justifie les mécanismes de quotient conjugal et familial, c’est celui de foyer fiscal. Un terme qui résume à lui seul la conception conservatrice et patriarcale de la politique fiscale française et qui enferme les femmes dans des rôles sociaux et familiaux.

    Par exemple, une discorde, même longue entre époux, ne suffit pas à entraîner la dissolution du foyer fiscal. Ainsi, même séparée dans les faits de son conjoint (sans qu’il n’y ait eu divorce ou rupture de pacs), la femme doit donc continuer d’être rattachée au foyer fiscal. On imagine alors toutes les difficultés auxquelles peut faire face une femme dans le cas où elle subirait des violences (physiques, sexuelles) suite à cette séparation.

    Autre exemple : si une demi-part supplémentaire est attribuée pour le 1er enfant à charge des personnes seules, c’est seulement à condition que celles-ci ne vivent pas en concubinage. Une vision qui présuppose que lorsque la femme vit avec un concubin, alors celui-ci automatiquement partage la charge de l’éducation de l’enfant. Ce qui est loin d’être évident.

    En revanche, ce qui est évident avec ces deux exemples, c’est la volonté de la politique fiscale française de rattacher la femme à son conjoint, de la mettre sous tutelle, peu importe la situation. De fait, si la femme est séparée de son concubin, mais sans que la séparation soit officielle, alors elle reste rattachée à lui et si, situation inverse, la femme est seule mais vit avec un conjoint de façon non officielle alors elle est également rattachée à lui et perd sa demi-part. Dans tous les cas, elle n’a donc pas le choix et son autonomie est bafouée.

    Une réforme qui ne favorise pas l’émancipation des femmes, mais les maintient dans des situations de dépendance et de vulnérabilité, ce n’est pas une réforme moderne, mais la simple perpétuité d’une conception patriarcale de la société.

    Supprimer la notion de foyer fiscal et mettre en place une réelle individualisation de l’impôt sur le revenu constituent en revanche les premiers jalons d’une politique fiscale véritablement attentive à l’égalité femmes-hommes.

    • C’est une question super importante. Pour moi, c’est LE sujet avec les violences (et il ne lui est pas tout à fait étranger puisque l’imposition par foyer fiscal sert de laisse aux femmes). Mais il est un peu compliqué, j’ai eu du mal à le comprendre au premier abord. Je le comprends mieux quand j’imagine deux secondes vivre en couple et perdre le bénéfice des minima sociaux, et donc toute autonomie, parce que je serais « à charge » pour un conjoint (je mets au masculin parce que si j’emménage avec une meuf, la Caf imaginera a priori qu’on est coloc, alors que si c’est avec un copain gay elle supposera que nous sommes en couple, j’ai déjà écrit et signé un document expliquant que je ne couche pas avec mon coloc, c’est assez humiliant).

      Dans plein de pays est pratiquée l’imposition individuelle, on pourrait le faire chez nous. Ça ajouterait vraiment à l’autonomie des femmes et réduirait vraiment leur vulnérabilité aux violences conjugales...

      Non seulement, le système du quotient conjugal bénéficie davantage aux couples dont les revenus sont inégaux, mais il désincite aussi le conjoint dont les ressources sont les plus faibles, soit les femmes le plus souvent, à reprendre une activité ou bien à passer d’un mi-temps à un plein-temps puisque son revenu sera alors immédiatement imposé, lui aussi, à un taux élevé, autrement dit, dans les tranches hautes du barème.

    • Si on partage les impôts dans des couples en imposant autant des deux parties comme c’est le cas actuellement, l’état doit veiller à rééquilibré les comptes dans les couples inégalitaires qui font des déclarations conjointes. C’est à dire que si un·e conjoint·e gagne plus que l’autre, l’état veille à ce que l’argent soir répartie à 50/50 entre les deux et retire le surplus de l’un·e pour le versé sur le compte de l’autre. Si on te taxe comme si tu avait un revenu égale à ton·a conjoint·e, tu doit avoir ce revenu égale dans les faits.


  • M’sia must not bow to international pressure on LGBT issues, says Anwar - Nation | The Star Online
    https://www.thestar.com.my/news/nation/2019/05/15/msia-must-not-bow-to-international-pressure-on-lgbt-issues-says-anwar
    https://www.thestar.com.my/~/media/online/2019/05/15/06/52/iphone_img_0071.ashx/?w=620&h=413&crop=1&hash=189E0C389E00C61B3D6777DD9FAFF2D912EB8839

    Malaysia must not bow down to international pressure over lesbian, gay, bisexual and transgender (LGBT) issues, says PKR president Datuk Seri Anwar Ibrahim.

    He said although the country had to take into consideration the concerns of the international community, foreigners did not have any right to dictate terms on the issue.

    “We must be fiercely independent, decide what is best for our country, representing the aspiration of our own people,” he told reporters after attending the National Youth Conference 2019 on Wednesday (May 15).

    Clooney told talk show host Ellen DeGeneres that the boycott against Brunei was a “warning shot” to Indonesia and Malaysia should they consider introducing similar anti-gay laws.

    Malaysia does not have laws against homosexuality but criminalises unnatural sex under the Penal Code.

    Marzuki, in his response, said Malaysia was a Muslim-majority nation and the religion did not accept LGBT culture.

    Clooney’s remarks also drew the ire of Numan Afifi, president of the LGBT advocacy group Pelangi Campaign, who said the actor’s statement, while well-meaning, might be counterproductive.

    Je résume : Anwar est un élu malaisien qui depuis vingt ans est appelé aux plus hautes fonctions de l’État mais il est bi (ou gay et marié, on ne sait pas trop mais c’est attesté de toutes parts et jusqu’au MAE français) et a passé des années en prison pour sodomie. Il défend néanmoins un #hétéronationalisme assez puant et ignorant du fait que c’est d’abord les autorités coloniales qui ont réprimé l’homosexualité et que son Islam qui interdit l’homosexualité est nouvellement réimporté du golfe aux dépens d’un Islam régional plus ouvert.

    Et là dessus, une star du cinéma qui visiblement est assez ignorante (puisqu’elle croyait que l’homosexualité est punie de mort dans l’archipel) mais explique quand même comment ces pays non-occidentaux qu’il ne connaît pas doivent se comporter. Manière de rappeler que les droits humains sont la prérogative des pays occidentaux qui doivent les imposer au reste du monde, ce qui est assez contre-productif puisque la réponse des pays en question ne peut être que « oui oui, not’ bon maître » ou « non, nous on n’est pas dépravés comme vous ».

    Et c’est assez injuste, quand on a pu traîner ses guêtres aux USA et se rendre compte de l’énorme pression familiale et sociale qui pèse sur les personnes LGBT. J’avais l’impression à Portland de rencontrer des survivant·es échappé·es de leur bled et réfugié·es dans une ville très diversement accueillante. En Malaisie comme aux USA, j’ai rencontré des gens en détresse à cause de leur famille ou de leur milieu social qui ne les acceptait pas (et aussi des communautés LGBT très vivantes !). Plus qu’en France... Je ne sais pas quelle est la motivation de George Clooney, s’il s’engage contre l’#homophobie dans son pays ou s’il ne le fait qu’ailleurs, mais son attitude est celle d’une belle âme coloniale.


  • Des #journalistes enquêtant sur les #armes françaises au #Yémen menacés inquiétés - Amnesty International #France
    https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/des-journalistes-francais-menaces-pour-avoir-enquetes

    Avec 16 autres ONG, nous dénonçons aujourd’hui les menaces qui pèsent sur la #liberté de la #presse après la convocation par les services de renseignement français de trois journalistes français ayant enquêté sur la présence d’armes françaises dans le conflit au Yémen.


  • L’Anses confirme la toxicité de la lumière bleue émises par les lumières led
    https://www.batiactu.com/edito/anses-confirme-toxicite-lumiere-bleue-emises-par-lumieres-56408.php?MD5ema

    La toxicité d’une exposition aiguë à la lumière bleue sur la rétine est confortée, ainsi que les effets à long terme liés à une exposition chronique, qui augmentent les risques d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Autre aspect, les systèmes led sont sensibles aux fluctuations du courant d’alimentation, ce qui peut entraîner des variations de l’intensité de la lumière. L’Anses relève trois phénomènes particulièrement fréquents : le papillotement, l’effet stroboscopique et l’effet de réseau fantôme. Ces « modulations temporelles de la lumière » entraînent des migraines, de la fatigue visuelle ou des crises d’épilepsie. Les risques liés à l’exposition varient selon la température de couleur, ce qu’avait déjà noté l’Anses en 2010. « Plus une lumière tire vers le bleu, plus sa température en Kelvin est élevée et le risque de toxicité fort », explique Dina Attia chercheuse et cheffe de projet à l’Anses. « Les personnes les plus sensibles à l’exposition sont les enfants et les adolescents. A leur âge, le cristallin qui filtre la lumière bleue est encore très clair, et donc sujet à la phototoxicité », précise-t-elle.



  • Cinq ans d’atteintes au droit maritime

    Depuis 2014, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), près de 20 000 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations impropres à la navigation - une catastrophe humanitaire qui perdure et aurait pu être évitée si les Etats européens s’en étaient donné les moyens. A la veille des élections européennes, SOS MEDITERRANEE revient sur cinq ans de détérioration et d’atteintes au droit maritime international et au droit humanitaire en Méditerranée centrale.

    2013-2014 : MARE NOSTRUM, une opération de la marine italienne torpillée par l’Union européenne

    A la suite d’un terrible naufrage au large de Lampedusa, l’Italie lance l’opération de recherche et de sauvetage Mare Nostrum le 18 octobre 2013 afin de « prêter assistance à quiconque est trouvé en péril en mer ». Plus de 150 000 vies sont sauvées. Mais le 31 octobre 2014, l’Italie met fin à l’opération en raison du manque de soutien de l’Union européenne. Mare Nostrum est remplacée par Triton, dont le but premier n’est plus de sauver des vies mais de contrôler les frontières. Malgré l’absence de navires de secours en mer, les gens continuent à fuir la Libye. Résultat : plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants meurent noyés en tentant la traversée.

    Voir la vidéo - épisode 1 :
    https://www.youtube.com/watch?v=4X6nrVELQ00

    Depuis février 2017 : renforcement des garde-côtes libyens et création d’une zone de recherche et de sauvetage gérée depuis Tripoli

    En février 2017, les chefs d’Etat européens réunis à Malte adoptent la Déclaration de Malte prévoyant la formation, l’équipement et le financement des garde-côtes libyens afin qu’ils puissent intercepter les embarcations en détresse et les ramener de force vers la Libye. Au regard de la situation de chaos qui prévaut en Libye, ceci est totalement contraire au droit maritime et au droit des réfugiés.

    En juin 2018, une région de recherche et de sauvetage libyenne est créée dans les eaux internationales, ce qui provoque une grande confusion dans les opérations de sauvetage. Des milliers de personnes interceptées sont refoulées illégalement en Libye ; d’autres ne sont pas secourues car les garde-côtes libyens ne peuvent assurer des sauvetages efficaces et sûrs. Les rescapés sont ramenés dans des camps où ils sont soumis à des violations systématiques de leurs droits fondamentaux, à la torture, au viol, au travail forcé, à des exécutions arbitraires. L’obligation légale de conduire les survivants des sauvetages vers un « lieu sûr » est bafouée. A terre comme en mer, des milliers de personnes périssent.

    Voir la vidéo - épisode 2 :
    https://www.youtube.com/watch?v=Z9Lb--g2_s0

    Depuis 2017 : graves entraves à l’action des navires civils de sauvetage

    Créées en 2014 et 2015 par des citoyens européens pour combler le vide laissé par leurs gouvernements, les ONG de recherche et de sauvetage deviennent la cible de harcèlement administratif, politique et judiciaire qui les empêche de sauver des vies. Depuis 2017, plusieurs enquêtes sont lancées contre les navires et leurs équipages, sans que les accusateurs ne puissent prouver la moindre action illégale. Des navires tels que l’Aquarius de SOS MEDITERRANEE sont privés de pavillon suite à des pressions politiques. Alors que les sauveteurs sont entravés dans leur action, le devoir d’assistance en mer est bafoué, les témoins écartés.

    Voir la vidéo - épisode 3 :
    https://www.youtube.com/watch?v=eLfO5it4uPQ

    Depuis juin 2018 : fermeture des ports, les rescapés bloqués en mer

    Juin 2018 : après la fermeture des ports italiens aux navires de sauvetage, l’odyssée de l’Aquarius, contraint de débarquer à Valence en Espagne les 630 rescapés à son bord, inaugure une longue série de blocages en mer. Les navires, quels qu’ils soient, sont bloqués des jours voire des semaines avant qu’une solution de débarquement ad hoc ne soit proposée par quelques Etats européens, avec une répartition des rescapés par quotas. Le droit maritime prévoit pourtant que les navires doivent être relevés de la responsabilité du sauvetage aussi vite que possible et traiter les survivants humainement. En mer, les navires immobilisés ne peuvent secourir d’autres personnes en détresse. La capacité de sauvetage est encore réduite et la mortalité explose.

    Vidéo à venir.

    http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/5-ans-d-atteintes-au-droit-maritime
    #ONG #histoire #chronologie #Méditerranée #naufrages #sauvetages #mourir_en_mer #migrations #asile #réfugiés #frontières #mer_Méditerranée #vidéo #droit_maritime #Mare_Nostrum #Triton

    ping @reka


  • Regarder les #féminicides en face

    Le manifeste de la #grève du #14_juin évoque les #violences_domestiques et les meurtres de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint, traités jusqu’à très récemment comme des faits divers isolés. Nous prenons enfin conscience de la gravité du phénomène.

    Un cutter, un tournevis, une ceinture de peignoir, un fer à repasser. Les #armes de la violence domestique peuvent se révéler si banales. Les arguments aussi. « Elle m’avait trompé. » « J’étais jaloux. » « Elle m’a quitté. » Voilà à quoi tient parfois la vie d’une femme.

    Oui, des #hommes subissent aussi des violences, mais l’immense majorité des #victimes sont des femmes. Non, tous les hommes ne sont pas violents, mais là n’est pas la question. Les chiffres (qui ne reflètent qu’une partie de la réalité) ne fléchissent pas : en Suisse, une femme sur cinq est toujours victime de #violences durant sa vie de couple, et une personne meurt encore tous les 15 jours des suites de violences domestiques.

    Le « féminicide » entre dans le #dictionnaire

    Ces phrases, on les a tellement lues qu’on a tendance à les survoler sans en intégrer la gravité. Comme anesthésiés par la pseudo-fatalité de ces « accidents », traités jusqu’à maintenant comme l’agrégation de cas isolés qui animaient les conversations de comptoir et noircissaient les pages des #faits_divers. « Ah l’#amour, que voulez-vous », « C’est bien triste, mais que peut-on y faire ? » Pourtant, au vu des chiffres, il serait illusoire de croire que seuls les hommes violents sont responsables de ces assassinats : une société qui hausse les épaules en regardant ailleurs, se gardant bien de se demander comment on en est arrivé là, l’est aussi.

    Une #prise_de_conscience est en train de s’opérer. Le mot « féminicide » est entré dans le dictionnaire Robert en 2015, faisant émerger le caractère systémique et les racines profondes, logées dans notre #inconscient_collectif, de cet acte. Comme le souligne la #Convention_d’Istanbul sur les violences faites aux femmes, ratifiée il y a tout juste un an par la Suisse, cette indifférence est structurelle, « un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de #subordination ».

    Problème de l’#article_113 du #Code_pénal suisse

    Les sceptiques dénonceront un complot féministe international tandis que, en face, on poursuivra les comptes d’apothicaire : en France, un homme tue-t-il sa compagne ou ex-compagne tous les 3 jours, ou tous les 2,4 jours ? Sur combien de cas se basait vraiment l’étude américaine selon laquelle 90% des jeunes de moins de 18 ans tués par leur partenaire sont des filles ? (Réponse : 2188). Pendant ce temps-là, des conjoints continueront de frapper, de tuer et, devant les tribunaux (quand tribunaux il y a), d’invoquer l’émoi et le désarroi. Après tout, l’article 113 du Code pénal suisse sur « le #meurtre_passionnel », qui bénéficie de #circonstances_atténuantes, le leur permet. Qui s’en émeut ?


    https://www.letemps.ch/opinions/regarder-feminicides-face
    #féminicide #femmes #violences_conjugales #suisse #meurtres #assassinat


  • Acheter des abricots directement au producteur pourrait devenir impossible
    http://www.lefigaro.fr/conso/acheter-des-abricots-directement-au-producteur-pourrait-devenir-impossible-

    Selon la Confédération paysanne, la vente directe d’abricots du producteur au consommateur sera bientôt quasiment impossible. En cause, l’adoption par l’interprofession de la filière fruits et légumes d’une norme trop coûteuse.

    Acheter des abricots à la ferme ne sera bientôt plus possible, selon la Confédération paysanne. La vente directe d’abricots du producteur au consommateur pourrait être compromise, du fait d’une norme trop coûteuse pour être appliquée par les paysans, a dénoncé mardi la Confédération, pointant du doigt l’interprofession des fruits et légumes.
    Alors que la saison de l’abricot est sur le point de débuter dans les campagnes françaises, l’interprofession Interfel a voté mardi une norme qui impose à la vente directe d’abricots « les règles de calibrage et d’emballage actuellement en vigueur pour les détaillants », affirme la Confédération Paysanne. Cette norme suppose pour les paysans « de s’équiper en matériel de calibrage coûteux et de sceller tous les abricots à confiture dans des emballages fermés », dénonce le syndicat agricole dans un communiqué. Contacté par l’AFP, Interfel n’était pas joignable dans l’immédiat pour commenter ces informations.

    « Ces dispositions constituent une attaque contre la vente directe, véritable îlot de survie pour de nombreux producteurs qui tentent d’échapper au marasme des circuits longs. Elles vont en effet entraîner une augmentation du temps de travail et des investissements supplémentaires inutiles », déplore la Confédération paysanne.
    Les producteurs peinent à se rémunérer

    « Pour l’année qui se dessine, il y a eu peu de gel », explique André Bouchut, représentant de la Confédération paysanne à Interfel, lequel « ne serait pas surpris que les prix restent très bas » et peinent à rémunérer les producteurs, comme l’an dernier. « Si rien n’est fait, on va aller vers un déséquilibre énorme en abricots. Dans la Drôme, on va arracher des abricotiers. Tout ce qu’on arrache, c’est replanté en Espagne », craint-il. Avec son syndicat, André Bouchut réclame la mise en place en Europe de « prix minimum d’entrée », soit l’interdiction pour un pays voisin d’exporter ses produits en dessous d’un certain prix. Une manière d’atténuer les écarts de prix dans un secteur où la main-d’œuvre représente facilement 50% du coût.

    La Confédération paysanne a également pointé du doigt les autres syndicats agricoles, « pourtant prompts à dénoncer ‘le poids des normes’ », qui ont, selon elle, voté la mesure incriminée. Les détaillants, qui font également partie de l’interprofession, qui réunit l’ensemble des acteurs de l’amont à l’aval, « trouvent ainsi (...) l’occasion de voir contenter leur demande d’étendre cette norme à la vente directe », conclut la Confédération paysanne, qui craint « de nouvelles attaques contre les producteurs de fruits et légumes ».


  • Panthère Première » HP, l’ère du vide
    https://pantherepremiere.org/texte/hp-lere-du-vide

    par Sila B.

    Dans l’unité fermée où les patient·es passent 24h/24 pendant des semaines, parfois des mois, se trouvent leurs chambres, des chiottes, des douches, des bureaux pour les consultations (avec un psychiatre, deux internes et une psychologue) et pour les infirmières, ainsi qu’un «  lieu de vie  ». Pas franchement conviviale, cette grande pièce évoque plutôt des bureaux. Une partie est dotée de tables à tout faire dont la principale activité  : manger trois fois par jour. Dans un coin, une télévision reste toujours branchée sur TF1 et la clope est autorisée à l’intérieur – c’était dans les années 2000. Regarder Le maillon faible avec des gens qui vont mal et à qui la famille n’a pas pu ou voulu payer de meilleurs soins dans une clinique privée, voir l’animatrice humilier le maillon faible et les pubs qui défilent où il n’est question que de beaux cheveux, d’intérieurs bien tenus et d’automobiles filant dans des décors de cinéma. Regarder la télé et éprouver l’ennui absolu d’une discussion entre «  cas psy  » comme moi. L’administration n’a pas prévu de nous faire faire un tour dehors, en plein air, ni une activité physique ou créative qui donne un peu de plaisir et de fierté – ou qui, tout bêtement, maintienne dans une santé physique correcte. Maillon faible tu es, maillon faible tu resteras, avec un peu plus de gras autour du bide et des muscles atrophiés. Nous faisons l’objet d’injonctions contradictoires  : il faut s’habiller avec ses propres vêtements et ne pas rester en pyjama mais les fringues sales mettent dix jours à revenir de la buanderie  ; il faut passer la ma­tinée en-dehors des chambres mais il n’y a rien à faire dans les parties communes.

    #psychiatrie #HP #handicap #dépression #exclusion

    • Ouaip... C’est un peu dur à lire, les histoires de personnes psychiatrisées, mais c’est aussi assez dur à écrire. J’aimerais quand même faire un jour le lien entre ça

      À ma sortie, je reçois l’allocation adulte handicapé·e (AAH) qui me permet de poursuivre mes études jusqu’à un master pro, puis de chercher un boulot sans me mettre la pression, puis de me démotiver car me contenter de ce petit revenu est plus facile que de me confronter à la nécessité de gagner ma vie. J’occupe mon chômage par des engagements bénévoles. Ils me valent des collègues qui n’en sont pas vraiment, personnes en emploi ou en études pour qui notre engagement commun se cale dans les interstices d’une vie bien remplie. La mienne ne l’est toujours pas. Je peine à m’occuper et régulièrement la vacuité de mon existence me cause de sévères remises en question. La liberté dont je jouis – et profite – est aussi un grand vide. Je raconte les hauts et les bas de ma reche­r­che d’emploi au chef de service de l’HP, que je revois une fois par mois après ce séjour. Chaque fois, il écarte le sujet  : «  Parlons plutôt de vous  », comme si ce n’était pas de moi qu’il s’agissait au moment de me présenter à un employeur. Alors que l’HP et les asso­ciations offrent tout un tas d’aides aux patient·es pour leur permettre de surmonter les difficul­tés (y compris matérielles) de l’existence, je me conf­ronte seule à celles que, dépres­sive, je rencontre sur le marché de l’emploi. Maillon faible tu es, mail­lon fai­ble tu resteras, sans que soit recon­nu ton besoin de sim­ple­ment t’occuper.

      et la question du #revenu_garanti.


  • « Des marches pour le climat organisées sur Facebook aux hackathons de logiciels libres qui se font grâce à Meetup : pour changer le monde, les utopistes (comme nous !) s’organisent bien trop souvent sur les plateformes centralisées des géants du web. »

    #Framasoft lance une campagne de financement pour développer #Mobilizon, un logiciel libre qui servira à organiser manifestations, réunions, pique-niques, anniversaires et écoles d’été sans passer par les GAFA.

    https://framablog.org/2019/05/14/mobilizon-financons-un-outil-pour-sortir-nos-evenements-de-facebook

    Envoyez les sous ici :

    https://joinmobilizon.org


  • Forte hausse des signalements d’agressions anti-LGBT en 2018
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140519/forte-hausse-des-signalements-d-agressions-anti-lgbt-en-2018

    L’année 2018 a « été une année noire pour les personnes LGBT+ », marquée par une hausse de 9% des actes anti-LGBT recensés par l’association SOS #Homophobie. Les agressions physiques ont, elles, progressé de 66%. ""

    #GENRE


  • #Répression. «  Pour ma fille, les valeurs de la République sont parties en fumée  » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/repression-pour-ma-fille-les-valeurs-de-la-republique-sont-parties-en-fumee

    «  Ma fille a complètement lâché son bac, s’inquiète Malika, maman d’Imen. Elle était pourtant sérieuse, ses notes étaient bonnes au premier trimestre. Du jour au lendemain, elle me raconte que les professeurs ne sont pas là… La CPE m’a appelée pour ses absences à répétition.  » Le 6 décembre, la jeune Imen s’est fait fouiller, puis a été obligée de regarder, debout, ses camarades agenouillés au sol. C’était la première fois que l’adolescente avait affaire à la police. Bouleversée, elle a dû consulter un psychologue. «  Depuis, un basculement a eu lieu dans son esprit, assure Malika. Tout ce qu’on lui a appris à l’école sur les valeurs de la République est parti en fumée. Elle n’y croit plus.  »


  • #Émilie_Dubreuil : « Je pensais que j’étais transgenre »
    http://tradfem.wordpress.com/2019/05/13/je-pensais-que-jetais-transgenre

    Une dizaine d’études ont été menées à travers le monde et arrivent sensiblement aux mêmes résultats : la majorité des enfants qui vivent une dysphorie de genre se réconcilient avec leur sexe biologique à la puberté.

    On parle ici de « désistance ». Le mot n’est pas très français, mais c’est celui utilisé dans le vocabulaire spécialisé.

    Et toujours dans une vaste majorité, ces jeunes se révèlent homosexuels.

    Ces recherches divisent les spécialistes de la question, qui se disputent à coup d’études, publiées principalement par la revue scientifique International Journal of Transgenderism. Le ton y est plus ou moins courtois, ce qui est plutôt singulier dans le monde sobre des revues scientifiques.

    Une des critiques les plus retentissantes de ces études va même jusqu’à suggérer de ne carrément pas faire d’études longitudinales et de seulement écouter les enfants. Elle s’attaque aussi à l’étymologie des mots « persistance » et « désistance » entrés dans le jargon. Ces mots, dit cette critique, seraient péjoratifs.

    En Suède, un chercheur a été jusqu’à publier une étude dont la conclusion est pour le moins originale en science : il demande à ses collègues d’arrêter de se chicaner ! « Les enfants et leurs familles n’ont pas besoin de cliniciens qui s’engueulent, mais de traitements responsables basés sur des données solides », résume-t-il.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://ici.radio-canada.ca/info/2019/05/transgenre-sexe-detransitionneurs-transition-identite-genre-orientation/#

    • Elle et son ex-mari avaient accepté sans problème l’affirmation de leur fille de 11 ans lorsqu’elle leur a dit qu’elle était un garçon. Des mois plus tard, alors qu’aux nouvelles, on discute de la déclaration de Donald Trump « Just grab them by the pussy », l’adolescente déclare à sa mère :

      « Tu vois, c’est pour ça que je ne voulais pas être une femme, c’est incroyable comment on traite les femmes dans notre société ! »

      « Je lui ai demandé pourquoi elle parlait au passé », me raconte Brie Jontry de son appartement au Nouveau-Mexique. « Elle m’a dit qu’elle ne se sentait pas vraiment comme un gars, mais qu’elle trouvait que le monde était bien hostile aux femmes et qu’elle a pensé que ce serait mieux alors d’être un gars. Tout cela est si complexe. »

      Depuis trois ans, cinq médecins ont quitté le Gender Identity Development Service (GIDS) de Londres. Ils racontent au Times que beaucoup de jeunes gais et lesbiennes victimes d’intimidation croient que le fait de changer de sexe va leur éviter de subir les affres de l’homophobie. Et, selon leurs dires, cela touche particulièrement les jeunes lesbiennes. Les cliniciens s’inquiètent du fait qu’on mette sous traitement, potentiellement, beaucoup d’enfants tout simplement homosexuels et mal dans leur peau au point de se dire qu’il faudrait la changer. Des médecins racontent même que parmi les employés de la clinique, certains faisaient de l’humour noir en disant : « Il n’y aura plus de gais. » (There would be no gay people left)

      Néanmoins, ce lien entre homophobie intériorisée et identité de genre préoccupe. L’an dernier, des chercheurs de l’Université de l’Arizona ont voulu savoir si l’intimidation homophobe avait une influence sur l’identité de genre. Résultat : plus les jeunes étaient victimes d’homophobie (insultes, rejet, etc.), plus ils avaient tendance à vouloir changer de sexe.

      Tradfem a déjà traduit les témoignages intéressants d’une mère dont la fille reçoit des injonctions à transitionner car elle n’est pas assez féminine et une lesbienne butch qui s’inquiète de l’orientation des lesbiennes peu féminines vers la transidentité. Comme si la définition de la féminité devenait plus étriquée. C’est ce que font les autorités iraniennes : mieux vaut trans que gay... C’est inquiétant.

    • Au début, c’est formidable. Il se sent bien. Il s’habille désormais en femme. Il change son nom.

      « Je n’ai jamais eu autant de libido qu’à ce moment-là, c’était super chouette. C’était un projet, un rêve de devenir un nouvel être humain, j’étais euphorique. »

      Et puis le médecin qui le traite lui offre de passer à une autre étape : il subit l’ablation des testicules. Et là, rien ne va plus. Tout d’un coup, Jay n’est plus capable d’éjaculer. Ce problème va déclencher de l’anxiété et une grosse remise en question. Il sombre dans une dépression profonde et entreprend une thérapie.

      Chez son psychologue, Jay se rend compte qu’il a pris une mauvaise route. « J’étais gai et je ne l’acceptais pas. C’était aussi simple que ça. Je n’ai jamais été une femme. J’ai voulu me faire croire et j’ai fait croire à tout le monde que j’étais une femme parce que l’idée de changer de peau quand on n’est pas bien dans la sienne est tellement séduisante ! »

      « Aujourd’hui, j’ai des seins et un pénis, mon visage est peut-être celui d’une femme, ou d’un homme », soupire Jay, qui dit en plus subir la haine d’anciens amis transgenres pour avoir exprimé ses regrets. Il n’ose même plus se rendre à la piscine, effrayé à l’idée de montrer son corps aux autres.

      « Changer de sexe, cela devait me libérer, mais ça a fait l’inverse. J’ai une dépendance aux hormones pour le reste de ma vie. J’ai des chaleurs comme une femme ménopausée et je n’ai pas de relations sexuelles », dit-il.

      « Pourquoi personne ne m’a aidé à m’accepter comme un homme gai efféminé ? »

      – Jay

      #consentement #médecine

    • « Les évaluations ne vont pas aider à prévenir les détransitions. On ne peut pas prédire l’évolution du genre. Les évaluations sont très stéréotypées, basées sur des comportements clichés, binaires. Elles découragent une exploration libre et honnête », dit-elle. « Elles peuvent même pousser quelqu’un à mentir et à donner des réponses toutes faites au clinicien pour obtenir la transition voulue », ajoute-t-elle.

      La majorité des intervenants estime que le nombre de ceux qui regrettent leur transformation est trop peu élevé pour qu’on remette en question cette approche affirmative qui a fait ses preuves auprès des enfants dysphoriques.

      « Ce que nous constatons généralement chez les ados, c’est que le très faible pourcentage qui décident de revenir vers une expression de genre qui correspond au genre assigné à la naissance le font, non pas parce qu’il y a eu erreur, mais parce qu’ils vivent un rejet familial ou qu’ils sont la cible de transphobie », soutient par courriel la psychologue montréalaise Françoise Susset, membre, elle aussi, du Pediatric and Adolescent Gender Dysphoria Affirmative Working Group.

    • Jesse déplore les effets de la testostérone sur son corps. « J’ai des séquelles importantes autant physiquement que mentalement. Aujourd’hui, cette idée de changer de corps, qu’on dit progressiste, me semble paradoxalement rétrograde. Il y a de la place dans notre société pour des gens qui ne se conforment pas à leur genre biologique, mais qui peuvent être différents, non binaires, sans prendre des médicaments toute leur vie. »

      Il dépose donc un projet de recherche sur la désistance à la petite Université Bath Spa. La réponse : le sujet n’est pas politiquement correct.

      Le psychologue a décidé de poursuivre l’Université, ce qui a suscité quelque intérêt dans les médias britanniques et a valu à James Caspian des dizaines d’appels et de courriers électroniques acerbes. « Les activistes trans craignent que ces histoires-là fassent reculer les droits des jeunes trans », explique Caspian. Et cela, il le comprend, et il compatit, car il connaît les épreuves traversées par les personnes transgenres.

      Mais il invoque le serment d’Hippocrate. « Nous ignorons les voix de ces gens qui disent qu’on leur a fait du mal en leur prescrivant une transition qui s’est avérée non souhaitable. »

      C’est pour cela qu’il juge qu’il faut essayer d’avoir plus d’empathie pour ces jeunes qui changent d’idée.

      « Mes collègues me disent de m’abstenir de publier sur le sujet, car la question transgenre est une sorte de nouveau tabou. »

      La plupart des détransitioneurs à qui nous avons parlé nous ont raconté avoir été très militants lors de leur période trans. « C’est nous contre eux », raconte Jay. « Mes amis trans et moi, on s’encourageait à dénoncer tout ce qui pouvait être perçu comme une discrimination, à attaquer ceux qui utilisaient le mauvais pronom, à traiter de “transphobe” quiconque posait des questions. Ironiquement, je fais aujourd’hui partie de ce qu’ils considèrent comme un ennemi de la cause. »


  • #Julie_Bindel : Andrea Dworkin est la féministe radicale et visionnaire dont nous avons besoin en ces temps difficiles. Voici pourquoi.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/05/14/andrea-dworkin-est-la-feministe-radicale-et-visionnaire-dont-nous

    J’ai connu la vraie Dworkin, et notre amitié de dix ans m’a appris beaucoup plus sur l’amour que sur la haine. «  Je conserve dans mon cœur les récits des femmes  », me répondait-elle quand je lui demandais comment elle arrivait à demeurer saine d’esprit dans le travail qu’elle faisait. «  Ces récits m’exhortent à continuer et à rester concentrée sur ce qui doit être fait.  »

    Elle était motivée par un désir inné de débarrasser le monde de la douleur et de l’oppression. Si nous avions été plus nombreuses à écouter Dworkin pendant ses décennies de militantisme et à prendre son travail plus au sérieux, plus de femmes auraient adhéré à un féminisme intransigeant, par opposition au féminisme fun, qui se prête au genre de slogans qu’on peut lire sur les T-shirts de mode, celui qui vante le «  girl power  » individuel des filles et l’audace de porter le pantalon, plutôt qu’un mouvement collectif pour libérer toutes les femmes de la tyrannie de l’oppression.

    Nous nous sommes rencontrées en 1996. J’étais l’une des organisatrices d’une conférence internationale sur la violence faite aux femmes, et Dworkin était l’une des oratrices principales. Nous nous sommes tout de suite bien entendues, à cause d’un humour semblable et de quelques amies en commun. Le premier soir, nous sommes allées souper avec d’autres conférencières et nous avons rigolé haut et fort de nos différentes listes de souhaits sur des moyens de mettre fin au patriarcat. «  Avez-vous remarqué, nous a dit Dworkin le lendemain matin, qu’on nous appelées « ladies » à notre arrivée, « you guys » quand ils ont pris notre commande, et qu’on a probablement été bannies à vie en repartant  ?  »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2019/apr/16/why-andrea-dworkin-is-the-radical-visionary-feminist-we-need-in-our-ter
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #misandrie #patriarcat #violences_masculines #femmes_de_droite


  • Les revenus toujours plus inégaux au sein des pays de l’Union européenne agences/oang - 12 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10426688-les-revenus-toujours-plus-inegaux-au-sein-des-pays-de-l-union-europeenn

    Les inégalités de revenus ont augmenté ces dernières décennies au sein de l’UE, selon les dernières statistiques européennes. Ce sont les pays de l’ancien bloc de l’Est qui sont le plus touchés.
    Cette conclusion est tirée, sur la base des données pour 2017, par l’office de statistique de l’Union européenne (Eurostat). Ce dernier mesure, pour chaque pays, les inégalités de revenus sur une échelle entre 0 et 100 (coefficient de Gini).

    La Bulgarie en tête de liste
    En Bulgarie, pays le plus inégalitaire, ce coefficient culmine à 40 - soit bien au-dessus de la moyenne européenne de 31. Les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), les quatre principaux pays du Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie), la Roumanie et le Royaume-Uni complètent ce top 10 des pays de l’UE.

    L’Allemagne, la France et la Pologne sont, quant à elles, légèrement moins inégalitaires que la moyenne. La Slovaquie (avec un indice de 23), la Slovénie et la République tchèque sont les plus égalitaires, suivis par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande), la Belgique, les Pays-Bas et l’Autriche.

    Le revenu des plus riches augmente plus vite
    Entre 1980 et 2017, le revenu moyen des 1% les plus riches - au sein de l’UE - a crû « deux fois plus vite » que celui des 50% les plus pauvres, selon une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales (WIL) publiée en avril.

    L’organisme l’explique par des politiques européennes qui « peinent à promouvoir une croissance plus inclusive », car elles sont « focalisées sur la réduction des inégalités entre Etats-membres », délaissant les « inégalités à l’intérieur des pays ».

    La difficile transition entre socialisme et capitalisme
    C’est à l’Est que les inégalités ont, en moyenne, le plus augmenté. Les écarts de revenus y ont explosé pendant la « transition du socialisme au capitalisme » dans les années 1990, les privatisations bénéficiant à une « élite restreinte », selon le WIL.
    Région la plus égalitaire du continent en 1980, l’Europe de l’Est atteint aujourd’hui les niveaux d’inégalité de l’Ouest et du Sud.

    #UE #union_européenne #ruissellement de la #pauvreté #inégalités #économie #précarité #europe

    • Chiffres alarmants sur la pauvreté extrême
      Un total de 6,2% de la population de l’Union européenne est touchée par la pauvreté extrême, selon d’autres chiffres publiés la semaine dernière par Eurostat et portant sur l’année 2015.

      Avec 1,5% (2015), la Suisse se situe nettement en-dessous de la moyenne. Seuls la Suède et le Luxembourg comptent encore moins de nécessiteux.

      La Bulgarie, là aussi, ferme la marche : un habitant sur cinq y est touché. En Roumanie et en Grèce aussi, beaucoup ne mangent pas à leur faim. Dans ces deux pays, une personne sur six remplit les critères de l’UE concernant la grande pauvreté.

      Neuf indicateurs
      Selon l’Office européen des statistiques, une personne est dans cette situation si au moins quatre de ces neuf indicateurs s’appliquent :

      Impossibilité de régler le loyer ou les factures, de chauffer convenablement le domicile, de faire face à des dépenses imprévues, de consommer de la viande, du poisson ou un équivalent protéiné tous les deux jours, de partir en vacances hors du domicile une semaine par an, d’acheter une voiture, une machine à laver le linge, une télévision ou de payer une connexion téléphonique.


  • Charles Derry : Misandrie | Scènes de l’avis quotidien
    https://scenesdelavisquotidien.com/2019/05/06/charles-derry-misandrie

    Au premier abord, il semblerait que les hommes ne se sentent pas concernés quand les femmes sont violées, battues, blessées, bousculées, frappées, giflées, cognées, mordues, fauchées, attachées, enfermées, suivies, harcelées, humiliées, mutilées, torturées, terrorisées, tuées, frappées, étranglées et matraquées à mort par leurs maris, petits-amis et ex. A première vue, c’est comme si on s’en moquait tout simplement. Mais si on regarde de plus près, on s’aperçoit que le silence ou l’apathie généralisée dont font preuve la plupart des hommes concernant la violence masculine envers les femmes n’est qu’une façade. C’est un masque qui tombe au premier soupçon de résistance des femmes. Dès la moindre suggestion que les hommes ne devraient pas attaquer ou terroriser les femmes, la fine couche de désintérêt silencieux qui protège le privilège des hommes à abuser des femmes disparait.

    A la place, se déploie tout un arsenal de résistance masculine souvent assez ahurissant par son envergure, non seulement par le simple nombre de tactiques employées mais également par la sophistication avec laquelle elles sont exécutées. Ce qui semblait de prime abord être du désintérêt masculin s’avère alors être plutôt l’opposé. Les appels au secours passionnés et plein de colère lancés par les femmes se heurtent à un mur. Les hommes s’intéressent vraiment à la violence contre les femmes. Mais ils s’y intéressent d’une façon dont ils préfèrent ne pas parler. Les hommes ont intérêt à ce que la violence se produise et ils ont intérêt à ce qu’elle continue. Et franchement, ils en ont marre d’avoir à en entendre parler. Quand le sujet est abordé, les hommes se mettent en colère, peut-être pas immédiatement mais toujours à la fin, car en dernière instance ce sujet est un défi moral qui implique que nous abandonnions les privilèges qui découlent de notre position de pouvoir. Cela signifie que le sexisme doit cesser et peu d’hommes soutiendront cette idée. Le sexisme, après tout, est une bonne affaire pour les hommes.

    • Quand j’avais 17 ans, j’ai commencé à sérieusement me demander ce que cela signifierait si les femmes étaient vraiment mes égales. Au bout de deux minutes de réflexion j’ai atteint le cœur du problème. « J’aurais à renoncer à des trucs ». J’ai considéré cette éventualité pendant environ 30 secondes et puis j’ai décidé que « Nan, pourquoi je ferais ça ? ». En faisant ça, je décidais de continuer à adopter les attitudes, comportements et croyances culturellement acceptés chez les hommes et dans lesquelles j’avais déjà été complètement et confortablement endoctriné. Personne ne m’a vu prendre cette décision. Personne n’a questionné la justesse ou l’erreur de celle-ci. Je n’ai d’aucune manière été identifié comme criminel ou déviant. J’ai repris le cours normal de ma vie en ayant un peu plus conscience qu’il valait mieux être un gars qu’une fille. On me faisait peu de reproches. Les femmes étaient des femmes et j’étais un jeune gars cherchant d’abord un accès sous leurs jupes. (Je voulais aussi apprendre à les connaître, bien sûr. Moi je n’étais pas un « animal », après tout, contrairement à certains types que je connaissais). En gros, je me considérais comme un « type bien ».

      D’une certaine façon, nous (les hommes) sommes tout simplement meilleurs que vous (les femmes). C’est notre prérogative divine ou naturelle d’être obéi et écouté et craint, si nécessaire, pour poursuivre notre route ou simplement pour l’amusement que ça procure. En fait, si on résume, il s’agit d’obtenir tout ce qu’on veut et de passer un bon moment en même temps. Nous ne faisons que prendre du plaisir. Souvent les hommes l’exprimeront explicitement dans leur résistance aux plaintes des femmes face aux comportement sexiste. Les hommes diront, « Pfff, t’as pas d’humour ? C’était juste pour rire ». Et ils le pensent. Nous faisons ces choses aux femmes parce que c’est drôle. On crée du lien avec les autres hommes de cette façon. Mais on le fait sur le dos des femmes.

      Le rôle clé que jouent la violence et la contrainte dans le maintien du patriarcat est tellement ancré dans nos psychés individuelles et collectives que nous percevons toute remise en question de la violence masculine comme une menace vis à vis notre virilité individuelle. Et donc nous résistons.

      Le premier privilège du dominant est d’être dans le confort. Cela inclut de tranquillement violenter et « si nécessaire » de tuer celles qui ont moins de pouvoir. Si celles qui sont violentées se plaignent ou vont jusqu’à s’attaquer au pouvoir, c’est-à-dire mettent inévitablement mal à l’aise les puissants, ce sont celles qui génèrent cette confrontation qui finalement cassent « les règles » et donc « victimisent » les puissants. C’est depuis cette position de privilège confortable que les hommes répondent émotionnellement à la critique féministe.

      J’aime le fait que le sentiment de honte surgisse. Je pense que c’est toujours un bon signe. Je pense qu’il est assez commun, pour les hommes confrontés à la réalité de l’oppression masculine envers les femmes, d’éprouver de la honte. La honte s’associe à la responsabilité. Quand un homme ressent de la honte, c’est parce que, d’une certaine façon, il identifie sa responsabilité soit dans la perpétration des violences décrites ou dans leur soutien.

      Beaucoup d’hommes profitent du beurre et de l’argent du beurre à ce niveau. Ils sont les gars gentils – surtout auprès de leurs amies femmes. Ils peuvent jouir des privilèges accordés en vertu de leur genre sans avoir à violer ou à frapper une seule femme (enfin, sauf peut-être une fois il y a bien longtemps). Ils peuvent se poser et jouir des privilèges que le viol et les coups leur procurent. Pendant ce temps ils sont sûrs de participer au maintien de l’idéologie et du contexte nécessaires à la continuation de la violence, même s’ils déplorent sa fréquence. Pour leurs amies femmes, ils sont scandalisés par la violence des autres hommes, mais avec leurs amis hommes ils font toujours des « blagues de cul » ou continuent d’en rire. Et, bien évidemment, ils ne s’opposent pas à ce genre de blagues avec leurs potes. Le beurre et l’argent du beurre… c’est bon d’être le type bien. Tout le monde l’aime bien.

      Elle va me demander d’arrêter le porno et de faire la vaisselle et de sortir les poubelles et de faire la lessive des gamins, et bientôt elle voudra avoir maintenant son mot à dire sur les dépenses ou elle voudra la moitié des ressources, ce qui, je le sais, m’en laissera moins au bout du compte. Et bientôt je serai en compétition avec elle pour mon prochain entretien d’embauche ou ma prochaine promotion et c’est déjà assez galère d’être en compétition avec une seule moitié de la population, alors avec tout le monde c’est pire, donc c’est mort. Peut-être que je ferais mieux de me rassoir tranquille avant qu’on me voie en train de penser à ça.

      Quand vous vous « vous remuez pour agir contre le sexisme » en tant qu’homme, la première chose que vous voyez c’est votre privilège. Beaucoup, beaucoup d’hommes se rassoient simplement et reprennent leurs esprits quand ils réalisent à quel point ils ont dangereusement failli tout perdre. Et donc ils ne dépassent pas leur colère ou leur impression de victimisation. Ils s’assoient confortablement et se détendent.

      #proféministe #violence_masculine #patriarcat

      Ça me rappelle ce copain qui prenait souvent mon parti quand je m’en prenais plein la gueule de la part d’autres hommes mais quand lui n’a pas assuré en me laissant galérer devant un groupe très masculin et arc-bouté sur ses privilèges et quand je l’ai mis devant ses contradictions, il m’a rétorqué : « Tu ne me parles plus jamais comme ça. » Je n’ai rien dit mais en deux secondes il a cessé d’être mon ami. Quelques mois plus tard, il s’est reproduit et m’a envoyé un faire-part qui est parti direct à la poubelle. Il m’a relancé, tiens, je lui ai dit qu’il était arrivé chez mes parents. Et on a eu un dernier échange aussi trash, avec des relents d’#homophobie. Et ça y est, j’ai trouvé le texte à faire lire à cette petite raclure.