• « Women’s march » à Kuala Lumpur - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Women-s-march-a-Kuala-Lumpur

    (illustration Caroline Sury)

    Ce qui préoccupe le plus les femmes malaisiennes ? En premier lieu, le mariage des petites filles. Pour Shamila*, une Malaise en couple avec une femme croyante et voilée, les deux animant un groupe de discussion pour femmes queer, le nœud du problème, celui dont découlent tous les autres, c’est la place de l’islam dans la société. Entre l’argent coulant à flots des pétro-monarchies arabes et la persistance des élites malaises à racialiser (1) les questions sociales et économiques dans un pays de large minorité chinoise (25 % environ), les électeurs et électrices malais·es musulman·es sont honteusement dragué·es par les politiques – ceux des États de l’Est, ruraux et conservateurs, comme ceux qui ont reçu à Oxford ou Cambridge une éducation élitiste parfaitement occidentale.

    De cet islamisme découlent de pesantes injonctions sur l’habillement des femmes et particulièrement le hijab, qui font que les Malaises sont habituellement voilées, quelle que soit leur adhésion à cette pratique. La prostitution fait également l’objet d’une répression sévère, quand bien même les prostituées, femmes trans ou cis, feraient état de leur fréquentation assidue par de sévères ustaz et autres sages musulmans portant manches longues, barbe éparse et morale en bandoulière. À la manif, pas de polémique sur la reconnaissance sociale de la prostitution et tout le monde crie : « Sex work is work ». La situation est trop grave pour faire des chichis.

    « Girls wanna have fun… damental rights », les filles veulent des droits fondamentaux, c’est le slogan qui s’affiche partout. Sur ce sujet aussi, le nouveau gouvernement démérite en se cachant derrière le fédéralisme pour refuser d’interdire le mariage des mineures.

    #Malaisie #femmes #8mars #LGBT


  • Dépaysages de palmiers à huile
    https://visionscarto.net/depaysages-de-palmiers-a-huile

    Seconde partie de la série d’aquarelles consacrée aux plantations de palmiers à huile géolocalisées. La première partie, Déforestation, plantations, ZAD proposait un ensemble de motifs utilisés ensuite pour représenter des peintures-cartes de plantations géolocalisées à partir de Google Earth. La série s’inscrit dans le prolongement du billet Petite géographie du palmier à huile. par Agnès Stienne Une petite légende pour commencer Pour les images suivantes, et sur la foi des différents reportages faisant (...)

    #Billets


  • Revealed : new evidence of China’s mission to raze the mosques of Xinjiang | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2019/may/07/revealed-new-evidence-of-chinas-mission-to-raze-the-mosques-of-xinjiang

    Another major community mosque, the Yutian Aitika mosque near Hotan, appears to have been removed in March of last year. As the largest in its district, locals would gather here on Islamic festivals. The mosque’s history dates back to 1200.

    l’effacement de plusieurs siècles de culture musulmane en #Chine, documenté par les images #satellites

    #islam #xinjiang


  • Quelle vie en entreprise après l’affaire France Télécom ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/quelle-vie-en-entreprise-apres-laffaire-france-telecom

    De 2007 à 2010, une vague de suicides à France Telecom a révélé les dysfonctionnements d’un management dur, dont s’ouvre cette semaine le procès. Analyse de ces violences et des enseignements qui ont pu en être tirés.

    http://rf.proxycast.org/1567073442254036992/13983-07.05.2019-ITEMA_22055250-3.mp3

    #audio #travail



  • Sommes-nous en démocratie ? - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Sommes-nous-en-democratie

    Un régime dans lequel la presse relaie la désinformation du gouvernement (comme on l’a vu le 1er mai 2019 avec l’affaire de la fausse « attaque » d’un hôpital mais les exemples abondent) et qui dénigre les formes d’organisation populaire et ses expressions (de la présence dans l’espace médiatique à la manif) a des caractères non-démocratiques.

    Au-delà de ce terrain plus ou moins propice au gouvernement du peuple par lui-même, les élections sont l’institution la moins démocratique, justement. Certes, élire, c’est choisir et exercer une certaine liberté. Mais élire, c’est choisir d’être représenté·e par de meilleurs que soi et c’est là un caractère aristocratique. L’élection est à vrai dire une sélection. C’est une manière d’acquérir le consentement des gouverné·es et c’est pour ça, et non pour des raisons de faisabilité, qu’elles ont été choisies par les constituants états-uniens et français de la fin du XVIIIe siècle aux dépens de procédures de démocratie directe. Et les critères de sélection avec lesquelles elle opère sont assez défaillants.

    Les soubresauts de la présidence Macron présentent tous ces caractères peu démocratiques-là, dont certains sont structurels et d’autres constituent de sérieuses dérives : incapacité au compromis et au règlement non-violent des conflits politiques, usage maximal des dispositions monarchiques de la Ve République, non-respect du droit notamment en matière de répression politique. Aux Philippines, Rodrigo Duterte mène une guerre contre la drogue en faisant exécuter sans procès les trafiquants, leurs famille et oups, leurs voisin·es ou les passant·es. Qu’est-ce qui différencie ces exécutions extra-judiciaires des atteintes graves contre les corps qui ont lieu en France à l’occasion des manifestations ?

    J’essaie de faire une courte critique de la représentation et des élections avant de passer à la question des dérives proto-fascistes.


    • C’est un très bon texte, merci. Vraiment, je préfère mille fois les soc-dem et les gestionnaires bon teint, façon EELV, à ces machos adeptes du #complotisme et de l’#homme_providentiel. Ce ne sont pas que des amitiés couillues qui les font dériver vers les idées autoritaires, c’est leur grille d’analyse qui focalise sur le manque de vertu des classes au pouvoir plutôt que sur les mécanismes du pouvoir. J’ai parfois présenté une conf sur ces mécanismes, invitée par des gens qui ne voulaient pas Chouard. Mais je l’ai peu montrée parce qu’elle est moins simplette, que je ne parle pas comme n’importe quel mec rassuré par sa socialisation et que j’ai moins de réseau que lui. Ces mecs prolifèrent aux dépens d’une multitude de militant.es mieux politisé.es et plus intéressant.es. Ils se retrouvent tous dans les mêmes trucs qui ne relaient que des hommes ou presque, comme cette chaîne YouTube en noir et blanc. Et qui est en partie critique et en partie contribue au problème de cette aristocratie macho.

    • « Je pense qu’il faut qu’on commence à faire des listes. De la même façon que je commence à faire des listes des personnes qu’il faudrait accuser. De la même façon que je fais des listes de mesures pour s’assurer que l’oligarchie perde le pouvoir très rapidement. »

      (pas vu la vidéo d’où est tiré cet extrait cité par rebellyon, 1h40 de monologue en gros plan fixe...)

    • Il y a quelques mots qui sont de vrais repoussoirs à mon goût au moment de lire un texte, et quand on souhaite penser clairement :
      pseudo-truc
      bobo
      confusion-niste/nisme
      – ...

      Le mot « confusionnisme » utilisé pour ostraciser, c’est lourdingue et ça n’apporte rien à la réflexion, surtout quand l’éventuelle confusion n’est trop souvent pas explicitée.

      Donc, voilà, j’ai pas lu le texte au-delà du mot « confusionnisme ». Tant pis pour moi. Et pourtant, j’ai pas grand chose à foutre de Juan Branco. Et pourtant, je pense qu’on gagnerait à réfléchir et échanger avec plus jeune que soit. Et pourtant, je n’ai pas la sensation qu’on demande à ce livre et à son auteur, autre chose que de nous édifier sur les mœurs délétères de nos « premiers de cordées ».

      Je causais de ce qui faisait que les gens professionnellement bossent avec telle ou telle société, plutôt qu’avec telle ou telle autre. Une conclusion était : les gens bossent avec d’autres gens plutôt qu’avec une société en particulier. Parfois, la société joue... mais souvent, c’est bien l’individu qui compte, même s’il se révèle in-fine moins compétent que d’autres sociétés. C’est pénible, mais la rationalité a parfois bien du mal à se frayer un chemin dans nos choix de délégation, ... et notre nature première d’être humain.

    • J’ai lu le paragraphe suivant, là où on trouve des « parce que ».

      Maxime Nicole, combien de divisions ?
      Etienne Chouard, combien de divisions ?

      Encore une réflexion centrée sur les individus. Encore une réflexion supposément stratégique, où l’enjeu serait « l’alliance » blablabla, avec celui-ci ou celui-là.

      Ce qui les emmerde, les anti-confusionnistes-prout, c’est qu’on ne les lit pas assez... Ils produisent de la super-réflexion-stratégique-anti-capitaliste-vraiment-utile, mais personne ne les lit. Pas comme Maxime Nicole ou Etienne Chouard, qui sont invités et lus, dont on se fout de ce qu’ils produisent, à partir du moment où... merde, ils vont là où on souhaite débattre avec eux. Et qu’ils ne sont pas au courant qu’il y a des endroits cacas. Parce que le monde il est fait d’endroits cacas-confusionnistes et d’endroits bien sous tous rapports conformes à la lutte des classes Label Rouge.

      J’avoue avoir toujours autant de mal avec l’ostracisme de certains milieux militants. Je me sais terriblement pragmatique, et soucieux d’opérationnalité, et j’entends les critiques faites à chacun de ces individus. Mais... un peu de sérieux dans la façon de critiquer bon sang. Qu’on sorte de l’ostracisme « prout ».

    • @biggrizzly je suis assez d’accord, c’est problématique ce genre d’attitudes pour rester « pur » (et puis mettre Lancelin, Chouard et Michéa dans le même sac c’est assez risible). Pourquoi ne pas inviter Branco et lui dire tout ça en face ? Je pense que ça dégonflerait la baudruche en plus de pouvoir préciser notre propre pensée politique (peut-être que ça aiderait Juan Branco à clarifier la sienne, qui sait ?). Parce que bon c’est facile de dire « c’est confus » mais je ne suis pas certain que beaucoup de militants sont capables d’expliquer très clairement leur pensée politique et leurs objectifs à court et moyen terme.
      En plus il y a des choses intéressantes à retenir dans son bouquin et toutes les personnes qui nous disent « on savait déjà » sont un peu présomptueuses, tout le monde n’est pas aussi bien informé que le militant d’extrême gauche lambda (ou toute autre personne « conscientisée »). Branco décrit bien la logique de classe à l’œuvre dans la bourgeoisie française, un sociologue écrirait tout ça en langage universitaire qu’on n’y trouverait rien à redire mais c’est juste que personne ne le lirait à part un petit milieu bien éclairé.
      Sur l’outing de Gabriel Attal je suis partagé, évidemment qu’outer quelqu’un est problématique mais à partir du moment où il y a un intérêt public à savoir, parce que cela touche à l’attribution de postes de pouvoir (et qu’a priori tout un milieu est au courant sauf le bas peuple), je serais moins catégorique sur le fait de ne pas outer, l’outing devenant en quelque sorte une question secondaire. Cela ne choque personne quand c’est fait pour des hétéros dans ce même cadre. On parle d’un homme qui a des responsabilités, qui a du pouvoir, qui fraye dans la bourgeoisie parisienne où l’homophobie est globalement plutôt mal vue désormais (enfin je crois), pas d’un mec au fond de son village pour qui un outing serait potentiellement catastrophique dans sa vie personnelle. Je n’ai pas d’avis définitif sur la question mais disons que je ne suis pas scandalisé outre mesure.
      Au final, on retient donc juste les choses qui déplaisent et on excommunie, on finit un jour par traiter de facho tous les sympathisants plus vite que son ombre, belle stratégie pour envoyer tout droit un tas de gens (ceux qui auront lu et apprécié le bouquin sans avoir tout l’appareil critique pour soulever tous les points problématiques) vers l’extrême droite, qui elle accueille à bras ouverts sans sourciller.

    • Non merci. L’outing est une méthode dégueulasse, pas seulement « problématique » !
      Cette interview de Philippe Mangeot à l’époque de la « menace » d’outing faite par Act Up (et d’ailleurs, sauf erreur de ma part, jamais mise en œuvre) délimite assez bien les contours du truc et les dangers qu’il y a à le manipuler :
      https://www.liberation.fr/france/1999/03/16/le-president-d-act-up-justifie-la-menace-d-outing-contre-un-depute-ceux-q

      Tu sembles vouloir retourner la culpabilité en disant qu’on enverrait les gens vers l’extrême-droite lorsqu’on critique ce genre de méthodes — mais ho ! S’ils en sont là c’est qu’ils y vont déjà de leur propre chef. Il faudrait accepter racisme, antisémitisme, homophobie etc pour « garder les gens à gauche » ? Ça n’a aucun sens…

      On pourrait se demander s’il n’y a pas aussi un léger soupçon de racisme social dans ton message, comme quoi l’homophobie serait plus grave au fond du village que chez les bourgeois parisiens. Merci de préciser d’où sort cette fulgurance, alors que ce qui est critiqué ici c’est justement cet acte homophobe avéré de la part d’un bourgeois parisien…

    • @fil je trouve juste que c’est aller vite en besogne que de qualifier d’extrême droite ou même d’homophobe Juan Branco. Encore une fois, l’outing en question est circonstancié, on en parle comme si c’était quelque chose d’abstrait mais Branco a juste dénoncé le fait qu’Attal a eu son poste en partie grâce à son compagnon, dévoilant au passage son homosexualité (c’est pour ça que je dis qu’il s’agit d’un point secondaire dans cette histoire). Et oui je pense et je maintiens que c’est plus simple et moins dangereux d’être homosexuel quand on est un bourgeois parisien que quand on est un prolo qui vit à la campagne (c’est bien pour ça que la plupart vont se réfugier dans les grandes villes) ce qui ne veut pas dire que ça ne pose aucun problème et que les bourgeois ne seraient aucunement homophobes. Mon opinion est peut-être faussée par le fait que je viens de la campagne et que je suis un prolo hein, je ne suis pas homosexuel mais j’ai bien vu la différence de traitements entre les deux environnements cités et le fait que le virilisme soit une valeur largement plus sollicitée à la campagne qu’en ville (et moi aussi c’est pour ça que je me réfugie en ville).

    • J’entends bien cet argument de la pureté, voir https://seenthis.net/messages/779430 le post de @rastapopoulos d’un texte de @vacarme. Oui, dans le type de militantisme identitaire, pour se donner une bonne image de soi, on se cherche des ennemi·es et on ne leur parle jamais. Le résultat, c’est du sectarisme et accessoirement (!) un une absence de stratégie à long terme et collective.

      J’aime plutôt chercher des points communs entre les gens et diffuser des idées d’un endroit vers l’autre. Notamment parce qu’il y a des trucs intéressants partout et qu’il est des stratégies qui peuvent se mener de front parce qu’elles s’adressent à des angles différents. J’ai participé à La Brique en revenant de croûter chez EELV et j’y ai publié le seul papier un peu sympa pour eux parce que c’était vrai, qu’ils avaient bien bossé. De même, je passe dans des endroits très différents et notamment je fais la soc-dem chez les anars. Et sans étiquette, on discute sur les faits, la stratégie et pas sur des étiquettes qu’on s’est mises sur la tête.

      Mais quand même, c’est inquiétant, l’autoritarisme et les coups de menton de la gauche qui accompagnent une dérive de tout le spectre politique vers l’extrême droite. Et j’ai l’impression que ça contribue à faire fuir les meufs des espaces généralistes vers le féminisme mais c’est une simple intuition.

      Le problème, c’est que les questions de démocratie ne se règlent pas avec des hommes providentiels et des élites vertueuses et c’est ça que nous vendent les stars de la contestation qui se diffusent vachement mieux que les analyses plus fines. Si j’ai bien compris, Branco fait le traître à sa classe (très bien), le journaliste d’investigation (moins bien), l’essayiste (pas bien écrit) et le politiste (léger). C’est peut-être plus rassurant, d’avoir tout en un, mais visiblement c’est vachement moins bien qu’un environnement dans lequel tu as des intellos et des journalistes qui sortent des enquêtes, des analyses pointues et très audibles, par exemple du temps de « Là-bas » sur Inter qui sollicitait ce genre de parole et a contribué à mon éducation. Entre Branco qui présente comme des révélations des ragots de bourges parisiens et les Pinçon-Charlot...

      C’est pas du complotisme anti-complotiste (il y en a !), c’est juger sur pièces. Chouard, il a lu Manin qui explique le principe d’élection-sélection, c’est très bien, et puis il est parti en vrille sur des discours élitistes moralisateurs et a abandonné les analyses systémiques pour une critique du pouvoir-en-place. C’est le problème, quand tout le monde a les yeux rivés sur la star, on est tributaire de son évolution politique qui sur ce coup-là n’a pas été fameuse. Mais c’est pas du spectacle, avec sachants (pas terribles) et public passif ou actif seulement en com, qui va diffuser les idées, ça doit être plutôt de l’éduc pop. Sinon, c’est des idées simplettes qui se baladent et qui, sur cette question à laquelle j’ai contribué de la démocratie, sont dangereuses.


  • Obscénité d’état : La REM persiste dans le mensonge gouvernemental de la Pitié-Salpétrière et continue de diffamer les nassé·es de l’hôpital, bien que tous les faits soient maintenant établis.

    Décidément, il n’y a pas une ou un député·es de LaREM pour relever le niveau (pathétiquement bas) des autres. Ce matin c’est au tour d’Olivia Grégoire, porte parole des député·es En Marche à l’assemblée, de nous affliger dans un entretien minable sur France Inter.

    Nous sommes six jours après les faits, la journaliste lui pose une question sur le couac castanérien de la Salpétrière (bien que ça ne soit pas le sujet de l’entretien dédié à sa responsabilité à la commission des finances).

    Et Olivia Grégoire ose confirmer les grossiers propos que Castaner a lui-même reconnu - à demi-mots certes, et du bout des lèvres - comme étant des gros mensonges.

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-06-mai-2019

    Olivia Grégoire :

    « j’ai beaucoup écouté Thomas Legrand (sic), je pense que [la déclaration de Castaner] est une maladresse ou une erreur de communication, en revanche, pour ce qui est de la Salpétrière, vous m’excuserez, pour avoir regardé les images en détail et en précision, on est sur de la sémantique, c’est important, c’est pas une attaque, c’est une intrusion violente ! [...] »

    Prise en flagrant délit de soutenir le gros gros mensonge de Castaner qui s’est lui-même engouffré dans la chaine de mensonges de la directrice de l’hôpital, du directeur de l’APHP et d’un médecin - par ailleurs conseillé médical pour le GIPN - qui a affirmé que du matériel informatique avait été dégradé et volé ce qui a été confirmé comme entièrement faux par l’hôpital : A l’heure où Olivia Grégoire parle, les nombreuses vidéos qu’elle a soi-disant regardé attentivement et les nombreux témoignages - y compris du personnel de l’hôpital ont permis d’établir que :

    – Ce n’était pas une intrusion violente, les manifestant·es violemment attaqué·es et maltraité·es par les forces de l’ordre cherchaient désespérément un refuge pour se protéger et respirer dans un espace avec moins de gaz lacrymogène.

    – Que la plupart des manifestant·es ne savaient même pas qu’elles et ils entraient dans l’enceinte d’un hôpital.

    – Que la grille n’a pas été forcé mais que le passage était libre, soit que la grille était déjà ouverte ou en tout cas pas bloquée

    – Que les manifestant·es ont été pousuivi·es dans cet espace par la police qui les a matraqué·es, violenté·es et gazé·es à nouveau (personne n’a mentionné que les forces de l’ordre ont tiré des palets lacrymogènes dans l’enceinte de l’hôpital en direction du service de réanimation, ce qui est très moyennement bon pour les malades)

    – Que la passerelle sur laquelle se sont réfugié·es les manifestant·es terrorisées était la seule issue possible pour elles et eux pour échapper aux matraques. Pratiquement aucune et aucun de ces manifestant·es ne savait que cet escalier menait à un service de réanimation.

    – Confirmé par le personnel de l’hôpital : il n’y a eu aucune intrusion, aucune violence, aucun vol ni dégradation de matériel par ces manifestant·es, tout s’est passé dans le calme.

    OG poursuit :

    « j’ai moi-même malheureusement beaucoup fréquenté les services de réanimation, je pense que se réfugier et/ou apporter de la violence et mouvements comme ça dans un hôpital a été problématique et je pense qu’il faut aussi écouter les mots qu’on a entendu, et je les ai entendu avec force "achevez-le" crié sur le CRS à terre, à quelques mètres de la salpé, et je crois qu’on aurait pu se l’éviter, même si le ministre de l’intérieur a parlé trop vite, il l’a dit lui même, je pense qu’un service de réa c’est grave, il faut du calme, il s’agit juste de la vie et de la mort »

    Ici ce qui est très grave, c’est l’amalgame. Il semble que les membres du gouvernement et les responsables LaREM aient été coaché·es sur cette affaire puisque Marc Fesnau, ministre chargé des relations avec le Parlement auprès du premier ministre tient exactement le même langage et cite aussi l’épisode du CRS à achevé alors qu’il était à terre et blessé dans une interview sur sud radio le 3 mai (ainsi que d’autres membres du gouvernements et d’autres député·es LaREM dont il semble qu’elles et ils soient prié·es de prendre leurs directives de communication à la même source).

    Il est bien évident que crier "achevez-le" alors qu’il est à terre est inacceptable et condamnable, mais le problème est que cet incident n’a rien à voir avec le mouvement de panique des manifestant·es dans l’enceinte de l’hôpital. L’épisode a lieu bien avant, et est un incident complètement séparé. C’est vraiment une mauvaise fois crasse et bien dégueulasse de la part de La REM de faire croire que les nassé·es de la Salpé aient eu quelque chose à voir avec ça. C’est vraiment du niveau de La Rem en général d’ailleurs : le niveau du caniveau. Aucun·e des manifestant·es n’ont insulté ou menacé les forces de l’ordre dans l’enceinte de l’hôpital (c’est d’ailleurs plutôt le contraire, car on entend sur les vidéo de nombreuses insultes et menaces proférées par les forces de l’ordre envers les manifestant·es).

    C’est troublant d’entendre aussi Marc Fesnau sur Sud Radio le vendredi soit deux jours après les événements, donc à un moment où l’essentiel des faits sont établis. Et en réalité lui, il est même pire qu’Olivia Grégoire parce qu’il travestit complètement les faits et la réalité. Comme ses patrons, c’est mensonges sur mensonges. Et c’est très grave car beaucoup sont tenté de croire qu’en effet "il n’y a pas de violence policière mais seulement du maintien de l’ordre" (répété dans cet entretien) :

    https://www.sudradio.fr/politique/marc-fesneau-ne-rentre-pas-dans-un-hopital-quel-que-soit-le-motif

    – Il prétend que Castaner est arrivé à la Salpé et s’est entretenu avec des personnel de l’hôpital qui avaient vécu cet événement de façon violente. C’est faux, tous les personnels ont témoigné du contraire, ont réaffirmé que tout s’était bien passé et qu’ils ne se sont jamais sentis en danger, que quand ils ont expliqué aux gens sur la passerelle qu’ils ne pouvaient pas les laisser rentrer, ils n’ont pas insisté et se sont laissé·es emmener par la police.

    Marc Fesnau poursuit :

    « Tout ça c’est le produit d’un certain nombre de manifestant qui ont fait de la violence toute la journée contre les forces de l’ordre, produisant ce qu’on a vu parfois, c’est-à-dire des actes de violence, à l’endroit parfois des syndicalistes, parfois à l’endroit des forces de l’ordre [...] et quand vous avez des acteurs aussi violents que ceux là, ça produit cette violence là et ça produit aussi parfois des mouvement de foule, et des gens qui, dans cette violence généralisée, peuvent aller dans tel ou tel établissement : y a quand même quelque chose d’étonnant, et c’est d’une certaine façon une violence à soi-même (sic) que d’entrer, même pour se réfugier dans un hôpital »

    Déjà le mec s’exprime comme un manche, rhétorique médiocre, il s’emmêle complètement les pinceaux en hésitant entre la version officielle qu’on lui demande de répéter comme un perroquet (la violence), et la réalité (mouvement d’une foule paniquée), ce qui montre que finalement, il ne croit pas vraiment lui même à ce qu’il dit : il répète cinq fois le mot « violence » [des manifestant·es] dans la même phrase :)

    Par ailleurs il affirme que les éléments violents ont « attaqué » le cortège syndical, ce qui est faux, c’est établi par les témoignages qui désignent encore une fois la police (à neuf reprises). Il décrit le cortège et les manifestant·es comme une bande de voyous et de voyelles incontrôlables qu’il fallait nécessairement ramener « à la raison » (justifiant la charge et le matraquage).

    « les mouvements de force de l’ordre se font pour réprimer une violence (ça fera donc six fois) qui s’exerce par les manifestants ». Ce n’était pas de la répression, c’était du maintien de l’ordre (quand il y a des violences - sept fois - on rétablit le calme)

    Le reste de l’entretien est de cet acabit, en vrac lui, comme Olivia Grégoire s’enfonce dans le mensonge, n’arrive même pas à se rattraper aux branches. Fesnau précise en fin d’entretien que Martin Hirsh, pourvoyeur du gros mensonge a porté plainte pour intrusion violente et que "donc vous voyez, il n’y a pas de fumée sans feu ect..."

    Ce qui est très grave à mon sens, entre autre chose, c’est que le gouvernement via ses caniches persiste à jeter le discrédit sur les manifestant·es de la Salpé alors qu’elles et ils savent très bien aujourd’hui la vérité, ils savent très bien ce qui s’est passé réellement, qu’aucune de ces personnes n’étaient ni violentes, ni mal intentionnées, ne cherchant légitimement que un refuge alors qu’ils se sentaient menacé·es dans leur intégrité physique, terrorisé à l’idée qu’on leur fasse mal. En somme, que ces gens n’ont absolument rien fait de mal ou de répréhensible.

    De ce point de vue mesdames et messieurs responsables ou ministres de LaRem, vous êtes vraiment bien cradoc. Vous leur devez les excuses de la République, cette république que vous êtes en train de pervertir en nous faisant croire que vous « assurer l’exercice de l’état de droit ».

    Gouverner par le mensonge n’est pas tout à fait « l’exercice de l’état de droit ».

    En plus

    Je n’ai pas parlé des étudiants qui habitaient dans la résidence et qui ont été aussi poursuivis et matraqués sans raisons. Nous y reviendrons.

    Je n’ai pas parlé des témoignages des gardés à vue de la Salpé qui ont subi beaucoup de violences, d’insultes et noté de nombreuses irrégularités au cours de leurs 30 heures passés en GAV. Nous y reviedrons aussi.

    #castaner #macron #violences_policières #mensonge_d_état #psychopathie_d_etat

    • Je pense qu’il faut absolument considérer qu’il ne s’agit pas du tout d’énoncer ce qu’on pense être une vérité. La notion de vrai ou de faux des faits, dans le cadre du discours politico-médiatique, n’a pas grand intérêt. Le principe, ici, c’est d’exprimer un marqueur d’attachement à un camp, pas à la véracité de ce qui est dit. Je m’en fous de ce savoir si c’est vrai : j’affirme que j’appartiens au camp qui défend cette position et c’est tout ce qu’on attend de moi.

      C’est le principe des foutaises de Trump : plus c’est gros, plus « ça passe », parce qu’en fait l’idée n’est pas l’énoncé du vrai ou du faux du fait, mais d’avoir une position (effet « dog whistle ») que les gens vont soutenir, dans le seul but d’afficher son attachement à son camp. Le fait que ce soit factuellement faux, de façon plus ou moins évidente, introduit un aspect « clivant » qui renforce cet aspect : si on s’accordait en gros sur la réalité des faits, il n’y aurait plus de marqueur d’attachement à telle ou telle version ; si je marque mon attachement à une version particulièrement contestable, là la « fidélité » à mon camp devient d’autant plus visible.

      Je pense que ça a toujours été le cas, y compris à gauche et très à gauche, mais ça fait plus de trente ans que j’en bouffe dans mes discussions de famille : tu peux dire ce que tu veux, au bout d’un moment on arrive où les faits sont résumés par : « oui mais de toute façon quand même ça se fait pas… », avec immédiatement l’énoncé de son attachement aux valeurs de l’ordre, le respect des flics, de la hiérarchie, de la bonté généreuse de l’État français à l’égards des indigènes basanés, etc.

      Ce qui m’a frappé, c’est la déclaration de Précresse, qui a explicité très exactement ce « oui mais quand même ça se fait pas… » :

      https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/pitie-salpetriere-le-ministre-de-l-interieur-a-un-peu-surreagi-mais-il-

      « Qu’est-ce qui justifie une intrusion dans un hôpital public ? s’interroge Valérie Pécresse. Peu importe l’intention ! Qu’est-ce qu’on en sait ? Qu’est-ce qu’on sait des dégradations qu’ils auraient pu commettre s’ils avaient pu rentrer dans ce service de réanimation ? Franchement, je suis désolée, je suis dans le parti de l’ordre et vous ne m’en ferez pas dévier. » "L’hôpital, c’est un sanctuaire, et il doit être respecté par les manifestants", conclut Valérie Pécresse.

      Difficile de mieux résumer l’énoncé systématique du populisme de droite : « peu importe », de toute façon je n’énonce cette fadaise que pour proclamer mon attachement au parti de l’ordre…



  • 7 nouvelles webapps sur mon site grâce @fil Merci @fil pour cette magnifique façon de faire voire mes dessins.

    http://www.madmeg.org/mb7


    Rabenmutterfestzauberlied (Chant magique de fête des mères corbeaux)

    Sort de magie mégère pour donner de la puissance aux mères qui ont un emploi. Mère corbeau (Rabenmütter) est une insulte sexiste allemande qui vise les mères qui ont un emploi alors qu’elles ont des enfants. Ce sort vise à retourner l’insulte en compliment. Le sort prend la forme d’une coiffe egypthienne.

    Sujet de sort qui m’avait été inspiré par @touti merci à toi :)

    –-----

    http://www.madmeg.org/mb8


    Ut se cogite qui in villam (Apprend comment ca se passe à la ferme)

    Sort de magie mégère pour retourner les injures sexistes qui animalisent les femmes. Chattes, grues, morues, thons, juments, poulettes, guenons… sortent les crocs et rendent les coups. Le sort prend la forme d’un bonnet d’âne.

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    http://www.madmeg.org/mb9


    Lumina Elementa Exordii Mulieribus (lanterne élémentaire des illustres femmes)
    Sort de magie mégère pour une lanterne propice à attirer l’inspiration de Marguerite Porete, Christine de Pisan, Aliénor D’Aquitaine et Hildegard Von Bingen.

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    http://www.madmeg.org/mb10


    Vade Retro Defecatores – (Arrière aux défécateurs)

    Sort de magie mégère de protection pour réduire l’impacte des injures sexistes faites aux femmes. Le sort prend la forme d’un disque hatorique portant le motif des 3 âges de la femme.
    –----

    http://www.madmeg.org/ma4


    Tatot et complimentarum (tarot de la complémentarité)
    Sort de magie mégère sur un tarot jouant de l’idée de complémentarité à l’avantage des femmes.

    –-----

    http://www.madmeg.org/ma5


    Codex Gonadus – (le codex des gonades)

    Sort de magie mégère pour qu’on arrête d’associé le courage et les couilles et que mes copines ne me disent plus qu’elles ont des couilles alors qu’elles veulent simplement dire qu’elles sont courageuses. Le sort prend la forme d’une page du codex de Léonard de Vinci.

    –---
    http://www.madmeg.org/ma6


    Rabenvatersschandzauberkapuze – (Coroza des pères corbeaux)

    Sort de magie mégère pour fabriquer une injure sexiste contre les pères qui ne s’occupent pas de leurs enfants. En allemand il y a une insulte contre les mères qui ont un emploi (Rabenmütter), mais rien pour désigner les pères qui se comportent de cette façon (alors que Rabenväter n’est pas plus difficile à prononcer). Le sort prend la forme d’une coroza, chapeau pointu que portaient les hérétiques espagnol·es avant de passer au bûcher.

    –----

    #shamless_autopromo #mad_meg #mégèrisme #féminisme


  • Une chronique du Washington Post (Travis M. Andrews) sur GoT et reprise par le South China Morning Post qui pose la question des peuples autochtones, de la colonisation et de la technique qui se retourne contre ses créateurs...

    Have we got the Game of Thrones’ Night King all wrong ? | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/magazines/style/news-trends/article/3008069/have-we-got-game-thrones-night-king-all-wrong

    For those who don’t remember, the Night King was once just another dude. Specifically, he was a First Man, which refers to the first humans to set foot on Westeros. They were objectively not good dudes. They slaughtered the Children of the Forest, who were native to the land, in a hungry real estate grab – so the Children of the Forest fought back. They created the Night King by stabbing a captive First Man with dragonglass in hopes of creating a weapon to fight the other First Men.

    That’s right: the Night King was created as a weapon. Not a person wielding a weapon but as a weapon himself. The inherent implication is that he is not a human but a tool. That tool is running on basic instinct, which might make him dangerous and destructive, but it doesn’t necessarily make him evil.


  • Trump, Macron et l’arrogance française
    https://tagrawlaineqqiqi.wordpress.com/2019/05/04/trump-macron-et-larrogance-francaise

    Ça n’est ni une nouveauté ni un mystère, nous, Français, sommes un peuple arrogant. Et après tout, personne, même pas un peuple, n’est tenu à être parfait. Nous sommes si arrogants que lorsque Trump a commencé ses trumperies, nous nous sommes gaussés. « Ah ! Ces Américains, tout de même ! Qu’ils sont cons avec leur président qui parle […]

    https://0.gravatar.com/avatar/fae7880a13ff373ef7ab14b76ec88027?s=96&d=identicon&r=G


  • Article de 2017 sur les innovations en matière de recyclage des plastiques.

    Only 14% of plastics are recycled – can tech innovation tackle the rest ? | Guardian Sustainable Business | The Guardian
    https://www.theguardian.com/sustainable-business/2017/feb/22/plastics-recycling-trash-chemicals-styrofoam-packaging

    Recycling the remaining 86% of used plastics could create $80bn-$120bn in revenues, says a recent report by the Ellen MacArthur Foundation. But those revenues will never be fully achieved without designing new ways to breakdown and reuse 30% (by weight) of the plastic packaging that isn’t recycled because the material is contaminated or too small for easy collection, has very low economic value or contains multiple materials that cannot be easily separated. Think of candy wrappers, take-out containers, single-serving coffee capsules and foil-lined boxes for soup and soymilk.

    Large companies have developed plant-based alternatives to conventional, petroleum-based plastic so that they can break down without contaminating the soil and water. The market opportunity has attracted small, young companies that focus on developing recycling technology to tackle that troublesome 30% of plastic packaging that is headed to landfills at best, and, at worst, to our rivers, lakes and oceans.

    #déchets #recyclage #plastique


  • Le patriarcat chez nos ancêtres est une invention sexiste d’archéologues hommes - VICE
    https://www.vice.com/amp/fr/article/wjv8j4/le-patriarcat-chez-nos-ancetres-est-une-invention-sexiste-darcheologues-hommes

    Vous avez « fouillé » pendant 10 ans. Votre livre, lui, se base sur les fouilles archéologiques menées par vos confrères dans 1733 tombes champenoises, datées de - 600 à - 200. Vous avez trouvé quelque chose d’intéressant ?
    Grâce aux tests ADN, on sait désormais avec certitude que certains hommes ont été enterrés avec des objets de parure, par exemple. Durant une période, des femmes ont également été ensevelies sous de grands tumulus avec des chars [supposément destinés à la guerre, ndlr], des offrandes animales et des céramiques, ce qui suppose un investissement important de la communauté. Par ailleurs, le seul druide (personnage qui aurait détenu du savoir et donc du pouvoir) dont on aurait hypothétiquement retrouvé la tombe a été incinéré : il est donc impossible de connaître son sexe.

    Ces vestiges funéraires sont donc insuffisants pour connaître les rôles sociaux de chacun. Par exemple, les objets de parure sont associés à l’élégance et à la féminité alors qu’ils sont peut-être symboles de pouvoir, de rang social ou d’identité communautaire. Nous-mêmes portons bien des vêtements différents en fonction de notre genre, certes, mais aussi de notre âge, de notre classe sociale, de la quantité d’argent que l’on dépense dans le paraître. Scientifiquement, on ne sait pratiquement rien de l’organisation de ces sociétés et des rapports sociaux en fonction du genre des individus. Je suis persuadée que, sans textes d’époque, on ne pourra jamais vraiment répondre à ces interrogations.

    • Une archéologue préhistorienne de l’auditoire a profité de votre intervention à la BNF pour rappeler que son champ d’étude est également peu perméable aux questions de genre, notamment « parce que ce sont des abbés qui ont fait toutes les premières découvertes ». C’est donc une constante de l’archéologie ?

      La gender archeology est portée à 90 % par des femmes, on le constate à chaque colloque. La notion de « genre » (comme outil théorique et méthodologique) nous permet de questionner la différenciation des sexes qui semblait « normale » aux chercheurs depuis deux siècle. Penser que des femmes puissent avoir tenu des rôles divers dans les sociétés anciennes questionne l’ordre établi. C’est déjà subversif.

      D’une manière générale, l’archéologie est encore dominée par des hommes. Il se trouve que la plupart ne se posent pas les mêmes questions, ne regardent pas les choses de la même manière que les femmes. Ils considèrent que leur position est objective, comme doit l’être la science – bien que l’étude des vestiges celtes montrent que les archéologues portaient aussi une idéologie. Les études de genre, elles, peuvent être vues à tort comme « militantes » et « non-scientifiques ».

      Ajouter à la compilation #archéologie et #sexisme :
      https://seenthis.net/messages/633249

    • @mad_meg je me suis fait la même réflexion. Il y a à la fois plein de boulot à faire en archéologie et anthropologie pour avoir une meilleure vision des répartitions des activités dans les autres cultures, c’est sûr, mais ce n’est pas pour autant que tout d’un coup le patriarcat ne serait que dans l’époque moderne. En même temps c’est un titre de Vice hein… on allait pas voir « le patriarcat chez certains de nos ancêtres… » ou ce genre de subtilités :)

    • Dans le livre d’Eliane Viennot, elle met au jour un point intéressant, le fait que la laideur soit une appropriation masculine pour se démarquer de la « beauté » des femmes. Elle ajoute que la mode vestimentaire masculine actuelle est héritière de cette dichotomie des genres.
      Mais effectivement @mad_meg, retrouver perruque et dentelles dans la tombe d’un bourgeois de la cour de louis XIV ne fait pas de cette période un moment égalitaire :)
      Cependant, scientifiquement et grâce à l’ADN, l’archéologie est bien obligée de remettre en question ses biais de genre. Je pense à ces tombes vikings qui sont maintenant reconnues comme étant celles de femmes de pouvoir.
      https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/des-guerrieres-vikings-ont-existe-la-preuve-par-la-genetique_116284

    • C’est une invention, pas une découverte, parce qu’il s’agit justement d’inventer (un peu comme on a inventé la tradition) une forme de société sur laquelle on avait peu d’informations.

      Quant aux concepts qui ne peuvent être utilisés que dans les sociétés qui les créent et les utilisent, je ne suis pas d’accord sur le fait que c’est une interdiction absolue, seulement sur le fait qu’il faut les utiliser avec modération et crainte de l’anachronisme. Car enfin, le sexisme, la misogynie et le patriarcat ont existé en dehors de leur conceptualisation. Et qu’à ce compte-là il serait même impossible d’exprimer des dynamiques sociales dans une langue qui n’est pas celle de la société en question.

    • Le patriarcat chez nos ancêtres est une invention sexiste d’archéologues hommes

      Ce n’est pas une tournure très heureuse, mais partant du fait que le passé s’écrit au présent, je dirais que les archéologues ont voulu inscrire l’Histoire sous le biais de leur genre et de leur époque, c’est à dire en oblitérant le plus souvent l’existence ou le rôle des femmes. Tout archéologue véhicule sa propre histoire jusque dans ses découvertes. Les interprétations des découvertes archéologiques ont permis de maintenir une continuité dans l’idéologie dominante, de dessiner la courbe d’un soit disant progrès ou d’une organisation sociale ancienne qui aurait perduré, comme le patriarcat et la domination des femmes.
      Donnant ainsi des arguments pour poursuivre la domination des femmes et assurer leur asservissement jusqu’à aujourd’hui.
      Je compare cette situation avec « l’oubli » des pharaons noirs.

      Penser que des femmes puissent avoir tenu des rôles divers dans les sociétés anciennes questionne l’ordre établi. C’est déjà subversif.
      Chloé Belard

    • Merci pour l’explication, je n’avais aucune idée de la signification du mot patriarcat. Ah ah.

      Ce n’est pas parce que misogynie existait au XIXe et pas sexisme que je vais me priver de mots plus opérants. La misogynie est de l’ordre de la haine, pas des biais d’interprétation. Le regard porté par les savants de l’époque sur les femmes et leurs capacités est très bien documenté...

    • @cjldx ce qu’on essaye de documenter sur seenthis et que j’ai essayé de faire le plus poliment ici même, c’est l’infini du #mansplaining. Situation que tu sembles considérer de ton poste masculin comme une curiosité sémantique à analyser et que nous nous prenons en tant que femme et personnellement #every_day_dans_la_gueule. Tu parles de documentation, on parle de notre mort programmée par les hommes.

    • Je ne me méprends pas et je reconnais que ce qui se nomme « le point de vue » est bien l’endroit d’où l’on regarde. Et cela reste dans le sujet de cette discussion sur le biais genré des interprétations, en l’occurrence celui des dominants.

    • Quelle arrogance et quel mépris ! Hé ho, si tu veux des débats académiques, @cjldx, ouvre un blog sur hypotheses.org. Parce que qu’évidemment que nos références sur Charcot et Freud, l’hystérie féminine et les biais sexistes des scientifiques du XIXe siècle, ne vont rien t’apprendre. (J’étais jeudi dans le bureau d’une anthropologue spécialiste des autochtones de son pays et qui a rejoint un département de gender studies. Nous dissertions sur le caractère patriarcal du groupe que nous avons toutes deux étudié et nous avons autant parlé de structure de pouvoir que de représentations associées aux femmes et aux hommes. Tu en déduiras que je ne suis ni dix-neuviémiste ni historienne des sciences.)

      Si tu veux des débats politiques avec des féministes, tu étais au bon endroit mais tu t’es comporté comme un mufle. Comme un petit garçon très fier de ses références d’usuels universitaires et incapable de considérer d’autres usages que ceux du dico alors que non seulement il y en a d’autres dans la littérature académique et que même il y a autre chose dans la vie que la littérature académique. Comme un imbécile fier de lui-même pour pas grand-chose : personne ne regarde personne sans préjugé, ne parle à une femme comme à un homme, à moins d’avoir été retrouvé·e la semaine dernière dans une forêt très étendue. Je n’ai ici aucune référence en psychologie expérimentale à ce sujet mais @touti, @monolecte et @mad_meg ont peut-être des souvenirs.

      Pour moi aussi, le débat est clos : on est ici en bonne compagnie. Il y a des spécialistes mais tout le monde s’intéresse à tout et les spécialistes ici apprécient le regard différent que des personnes qui ont des centres d’intérêt très larges (et une culture souvent impressionnante, notamment par sa variété) apportent sur leur pré carré. Alors les étudiant·es qui jouent les spécialistes avec leurs connaissances toutes fraîches et leur incapacité à entendre quoi que ce soit d’un peu différent de ce qu’ils et elles ont vu en cours, quelle fatigue ! Il y a plein d’autres endroits pour jouer les pédants fiers de se montrer plus rigoureux que la titraille d’un truc grand public. (Et je ne lâche rien, il n’y a pas de haine des femmes - misogynie - dans le fait de ne pas penser spontanément qu’un squelette lance en main pourrait être une femme. C’est un simple biais sexiste.)


  • #Athlétisme : feu vert pour la « police de la #testostérone »

    Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté ce mercredi le recours de la double championne olympique sud-africaine #Caster_Semenya. Les femmes qui, comme elle, produisent beaucoup de testostérone naturelle devront prendre des médicaments pour en faire baisser le taux, sous peine d’être exclues de certaines courses.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/010519/athletisme-feu-vert-pour-la-police-de-la-testosterone
    #genre

    • #Hyperandrogénie : le Tribunal arbitral du sport (TAS) donne raison à l’IAAF contre Caster Semenya

      Saisi par la Sud-Africaine Caster Semenya qui contestait les nouveaux règlements de la Fédération internationale concernant les athlètes hyperandrogènes, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a donné raison à l’IAAF.

      https://www.lequipe.fr/Athletisme/Actualites/Hyperandrogenie-le-tribunal-arbitral-du-sport-tas-donne-raison-a-l-iaaf-contre-caster-semenya/1014316
      #sport

    • Oui @aude_v, voici la formule :

      if (gagnante & is(noire) & is not(dopée) & is not(membre du G7) & is(lesbienne) & is not(soumise) ) then (dégage).

    • Le site de l’IAAF annonce « 6 core values »

      universality, leadership, unity, excellence, integrity and solidarity

      Je pense qu’on peut décerner un FAIL sur chacune.

    • C’est très intéressant d’imaginer toutes ces cogitations de #règlement_sportif pour trouver un biais soit disant législatif. Au début, ils se sont demandés si ils n’exigeraient pas un plat en sauce en moins d’une demie-heure avant le top départ, d’aucuns s’il ne fallait pas l’affamer sur plusieurs générations pour réduire sa hauteur. Un autre s’est levé pour proposer le viol par les membres du jury. Et si elle sait fabriquer un autre corps, c’est bien une femme. Le suivant, a proposé lors des courses une tenue réglementaire exhibant son sexe. Le chef a dit qu’en lui limant les dents et en réduisant sa machoire chirurgicalement, on pourrait considérer que ce n’est pas un homme. Ils ont tous approuvé l’injection de botox pour ses seins et ses hanches.
      Cependant, ils étaient toujours inquiets, elle avait encore une moustache et des poils sur les jambes. Obligation épilatoire ! cria l’un. Violons la cria l’autre, un troisième répliqua que c’était déjà fait. Nous sommes en danger, nous devons mener bataille pour défendre l’union phallique hétéro centré, pas question qu’une femme courre plus vite que nous. Exigeons la réduction des pieds cria l’un, allongeons lui le cou clama l’autre, tapons la ajouta le troisième, du moment qu’elle courre moins vite que nous. L’anus sacré du temple de la #testostérone ne peut accepter la pénétration d’une femme, on va leur montrer qu’on n’est pas des pédés et que le sport c’est du sérieux, de la couille.
      Le plus jeune proposa que les femmes ne soient admises aux jeux olympiques que si elles avaient remporté le concours de Miss, les autres éclatèrent de rire, quel ignorant, depuis 1980, elles peuvent courir librement.
      Non, les mecs, il nous faut un truc moderne hightech, un machin aux hormones pour lui faire diminuer sa soif de gagner et ses muscles disgracieux. D’autant que si elle accepte le breuvage chimique, c’est sous sa responsabilité après tout. Votons démocratiquement comme un seul homme pour la #castration_chimique obligatoire, déjà testé en laboratoire sur des chimpensées femelles, c’est miraculeux, elles deviennent blanches et perdent leurs poils.

    • Oui @Fil, on pourrait s’organiser un atelier cinéma lors d’une rencontre …
      Le réglement créé pour diminuer #Caster_Semenya est l’apothéose de toutes les inventions les plus terrifiantes pour maintenir les femmes sous la domination masculine.

    • #merci @mad_meg et @fil
      pour le film un comité de vigilance masculin fait des propositions autour d’un corps en 3D/hologramme d’une femme telle qu’ils veulent la définir. On entrecoupe le tout par des images et vidéos piochées sur le web. Comme celle-ci


      Todo - trouver des extraits de Free to Run qui raconte comment les femmes ont été empêchées de courir.

    • Et ça rejoint un peu cette question de la transidentité et des intersexes. Le pire qui puisse arriver dans cette histoire, avec l’exclusion de cette sportive qui serait aussi dramatique, ce serait l’ouverture d’une catégorie de trans ou personnes qu’on jugerait non ou mal genrées et qui concourrait dans des épreuves à part. On déciderait que les meufs qui ont trop de testostérone ne sont pas des meufs parce qu’être une meuf c’est être peu menaçante, y compris physiquement. Et avec les meilleures intentions du monde on aboutirait à la même conclusion, que pour être une femme il faut se conformer à des clichés et à des moyennes statistiques.

    • Je ne pense pas que ce soit la solution, @monolecte, puisqu’elle priverait les sportives de la reconnaissance de leurs performances, qui sont dans plein de sports moindres que celles des sportifs hommes. Mais dans certaines disciplines qui dépendent moins de la force physique (je ne sais pas lesquelles mais d’autres auront des idées) ce serait peut-être une bonne idée.

      Autre argument : si j’avais dû faire du basket avec des gars quand j’étais ado, j’aurais vite arrêté. Ils sont plus forts physiquement, ils m’auraient bouffé et j’aurais fini par en avoir marre (déjà que j’en ai eu marre des meufs qui me bouffaient sans être plus fortes physiquement !). C’est pareil pour les contraintes liées à l’âge : tu envoies des poussins faire du sport avec des juniors et c’est le carnage. En revanche, appliquer la ségrégation pour les poussins et les poussines qui ont des corps très semblables, ça contribue à cette manie de genrer trop précocement et trop fortement.

      Je crois qu’il faut aussi savoir reconnaître des contraintes physiologiques même si les différences de sexe sont souvent statistiques ou culturelles et pas toujours vérifiées.

      La #non-mixité, c’est aussi un outil de protection et de reconnaissance des femmes.

    • Jusqu’à la puberté, les enfants ont le même type de corps et parfois le même type d’entrainement. Ensuite, on les sépare et surtout, on n’entraine plus les filles comme les garçons, ce qui explique aussi en partie les différences de performances, ça et l’injonction à la maigreur et donc à une baisse des apports nutritionnels en dessous des besoins pour un bon développement.

      En gros, je pose l’hypothèse que les différences de performances n’expliquent pas la ségrégation sexuelle dans le sport, mais plutôt que la ségrégation sexuelle partout explique les différences physiques et de performances.

      En une génération, on verrait probablement les différences physiologiques régresser jusqu’à ne pas être plus significatives qu’entre deux individus lambda.

    • Le problème viens peut être aussi du sport, là je ne veux pas dire la pratique physique en elle même, mais la compétition qui l’accompagne. Si le principe du sport c’est de montrer qui a le plus gros taux de testosterone, ou qui est le kiki de tous les kikis, c’est logique que les femmes soient en retrait et beneficient de rémunérations et visibilité nulle ou ridicule.

    • Tout à fait d’accord avec @mad_meg. La plaie principale ça reste quand même la compétition à outrance, où il faut vraiment être le plus fort, le plus rapide, etc.

      Aaah, l’escalade et le cirque, mes deux champs d’activités physiques préférées. :) (ya le Parkour aussi où j’ai toujours vu un bon esprit pour l’instant)
      Bien sûr dans tout on peut trouver de la compétition (y compris entre artistes), mais yen a quand même où c’est beaucoup moins prégnant et où il s’agit plus de faire ensemble, de s’entraider, et d’atteindre des sommets personnels.

      Moi je suis pour le mélange de la pratique physique avec la pratique artistique/esthétique, où il ne s’agit rien de gagner, mais juste de construire quelque chose (qu’on décidera de montrer à d’autres ou pas).

      #compétition d’ailleurs (et l’athlétisme est le summum de l’esprit compétitif du sport)

    • Je colle ici quelques idées à ajouter au film à venir

      «  S’épiler les sourcils, se raser sous les bras… apprendre à marcher avec des chaussures à talons hauts, écrit Dworkin dans Woman Hating, se faire refaire le nez, raidir ou friser les cheveux — ces choses font mal. La douleur, bien sûr, enseigne une leçon importante : aucun prix n’est trop élevé, aucun processus trop répugnant, aucune opération trop douloureuse pour la femme qui souhaite être belle.  »

      On remplacera belle par femme.

    • D’un autre coté, être belle ca veut dire montrer des signes de soumissions. S’infliger des trucs douloureux qui coutent la peau des fesses et tout ca pour plaire à des dominants qui risquent de te pourrir encor plus la vie avec de la progéniture.


  • Interview de Françoise Dolto dans la revue Choisir la cause des femmes n° 44

    http://www.philap.fr/HTML/inconscient-sexuel/Annexes/dolto_choisir_la_cause_des_femmes.htm

    Cette interview a été souvent citée mais elle est très difficile à trouver dans son intégralité. Son existence a même parfois été niée du fait de l’extrême rareté des exemplaires du n° 44 de cette revue encore en circulation. Je l’ai photocopiée à la Bibliothèque Marguerite Durand, à Paris.

    Dans cet entretien hallucinant, Dolto n’hésite pas, entre autre, à nier la réalité des viols incestueux, à défendre les châtiments corporels et à affirmer que ce sont les maris des femmes battues qui doivent être aidés et non ces femmes elles-mêmes, qui « poissent » leur mari. J’ai donc décidé de mettre cet entretien en ligne afin que chacun puisse juger sur pièce (ci-dessous en pdf).

    Cet entretien fait partie du dossier « Les enfants en morceaux », une enquête réalisée par Annie Brunet, Béatrice Jade et Christine Pecqueur et publiée dans le numéro 44 (septembre-octobre-novembre 1979) de la revue « Choisir la cause des femmes ». Il s’agit de la revue de l’association du même nom, présidée par Gisèle Halimi. Cette enquête comporte un entretien avec le commissaire Lefeuvre de la brigade de la protection des mineurs, un entretien avec Monsieur Xuereb, juge pour enfants, un entretien avec la psychothérapeute Michèle Gounnot et le psychologue Joe Agbomson, un entretien avec la psychanalyste Françoise Dolto et il se conclut avec un commentaire critique de Béatrice Jade sur les propos tenus par Françoise Dolto. J’ai fait le choix de reproduire l’intégralité de ce dossier pour montrer que, contrairement à beaucoup de psychanalystes qui la défendent, Dolto n’était pas en avance sur son temps pour défendre les enfants, en tout cas en matière d’inceste. On constate en effet que, contrairement à Dolto, le commissaire Lefeuvre confirme la réalité de l’inceste et parle de viol et de chantage là où Dolto ne parle que de consentement de l’enfant. Que ce soit le flic plutôt que la psychologue qui comprenne la réalité de l’inceste en dit long sur le caractère réactionnaire des positions de la psychanalyse en matière de sexualité. Dolto applique à la lettre et sans la questionner le moins du monde la théorie de son maître Freud sur le complexe d’Œdipe.

    J’ai d’ailleurs montré dans mon livre L’érotisme ou le mensonge de Freud (p. 201 à 205) qu’il en allait de même pour Freud, présenté par les psychanalystes comme le courageux pionnier ayant défriché seul le terrain de la révolution sexuelle. Ses positions étaient en réalité rétrogrades par rapport à beaucoup de sexologues et de psychanalystes qui lui étaient contemporains et dont il combattait avec une grande férocité les idées progressistes.

    Voilà le dossier dans son intégralité :

    http://www.philap.fr/HTML/inconscient-sexuel/Annexes/dolto_interview_choisir_1979.pdf

    #inceste #culture_du_viol #psychanalyse #blamer_la_victime #inversion_patriarcale #catholicisme #domination_adulte #domination_masculine #femmes_de_droite

    • C’est les 30 ans de la mort de Dolto. Il y a eu un docu mensonger et hagiographique à la TV qui à bien sur oublié de rappelé qu’elle etait pro viols d’enfants, pour les violences contre les femmes et les enfants.

      http://www.liberation.fr/debats/2018/05/30/francoise-dolto-n-est-pas-une-petite-fille-de-conte-de-fees_1655057

      N’ayant pas lu une ligne de l’œuvre de Dolto et pas un mot de sa correspondance, les auteurs de ce documentaire la présentent comme une républicaine pur sucre, oubliant qu’elle était issue d’une famille de polytechniciens et de militaires adepte des idées de Charles Maurras et qu’elle fut élevée selon les principes de cette grande bourgeoisie dont l’opinion était façonnée par la lecture quotidienne de l’Action française. Ils oublient que si elle a pu s’arracher à son milieu en poursuivant des études de médecine et en croisant l’histoire du freudisme français, elle ne fut jamais ni féministe, ni engagée dans un combat politique, ni adepte de la laïcité républicaine. Dolto était un monument de paradoxes, hostile à l’avortement, familialiste, favorable aux écoles alternatives, attachée aux valeurs de la foi chrétienne et pourtant fascinante par la puissance de son amour vrai de l’enfance. Tous ceux qui ont suivi son enseignement savent à quel point elle savait entendre l’inconscient des enfants.

      Pourquoi alors l’identifier à Simone Veil, alors qu’elle n’a pas parlé de l’extermination des Juifs, ou à Simone de Beauvoir, alors qu’elle n’a jamais eu la moindre relation avec l’existentialisme ? On se demande d’ailleurs ce que viennent faire dans ce documentaire les témoignages de deux excellentes historiennes, l’une spécialiste des bagnes d’enfants et l’autre de l’émancipation des femmes et qui, à l’évidence, ne savent rien de l’itinéraire de la grande psychanalyste ? Restent quelques belles archives parmi lesquelles Bernard Pivot interrogeant Dolto avec vigueur ou Catherine Dolto, adolescente, parlant de la difficulté d’être fille de psychanalyste.

      Pour finir, notons ce commentaire qui résume le film : « Issue de la bonne société, elle aimait papoter avec les domestiques. » Françoise Dolto mérite mieux que cette insolente sottise. Il serait temps que d’autres émissions ou publications permettent de sortir Dolto de ce fatras de contre-vérités.


  • Thaïlande : la démocratie bâillonnée par les mots - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2015/09/21/thailande-la-democratie-baillonnee-par-les-mots

    Depuis, cette obsession de l’habillage linguistique des actes s’est manifestée presque quotidiennement. Au début de septembre, le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte et Premier ministre, a souhaité qu’il soit interdit d’utiliser l’expression thaï « khon rakya », que l’on pourrait traduire par « gens de la base » (l’équivalent anglais « grass roots » est plus proche du mot thaï). « C’est un terme qui crée des divisions au sein de la société », avait déclaré le bouillant officier en retraite, lequel avait proposé des expressions de remplacement comme « personnes à bas revenus » ou « personnes dotées d’un faible capital éducatif ».

    On pourrait multiplier les exemples. Les périodes de détention au secret dans des camps militaires sont baptisées « séances de méditation » ou « séance de recalibrage d’attitude ». Le rejet vers la haute mer des navires transportant les réfugiés Rohingya, fuyant l’ouest de la Birmanie, devient dans la bouche des généraux une « assistance humanitaire apportée aux voyageurs ».

    Un article ancien sur le #double_langage qui fait écho avec des réalités d’aujourd’hui...


  • Indonesian environmentalists accuse Australia of ’smuggling’ plastic waste following China ban - ABC News (Australian Broadcasting Corporation)
    https://www.abc.net.au/news/2019-04-30/australia-accused-of-smuggling-plastic-waste-to-indonesia/11054592?pfmredir=sm

    A waste import ban imposed by China in July 2017 has seen Australia instead export waste materials to nearer neighbours, including Vietnam, Malaysia and Indonesia.

    Millions of kilograms of Australia’s waste has ended up in Indonesia’s East Java province. During 2018, imports of waste materials to East Java from Australia reached 52,000 tonnes, a 250 per cent increase from 2014.

    Local environmental activist group Ecoton claims that plastic among the waste paper bales imported from Australia is routinely burned or dumped into the Brantas River, where fish ingest it.

    Paper processing factories find the paper bales often also contain other contaminants and household waste, Prigi Arisandi the head of Ecoton told the ABC.

    “There are violations of rules and ethics from other countries that import rubbish [to Indonesia]. We found human faeces, sanitary pads, diapers. Then there should have been compensation when Australia is deliberately using Indonesia as [their] recycling bin,” he said.

    #déchets


  • The unstoppable rise of veganism: how a fringe movement went mainstream | Life and style | The Guardian
    https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2018/apr/01/vegans-are-coming-millennials-health-climate-change-animal-welfare

    The high street is adapting with incredible speed. Big chains such as Marks & Spencer and Pret a Manger have introduced vegan ranges, Wagamama has a new vegan menu, Pizza Hut recently joined Pizza Express and Zizzi in offering vegan pizzas, while last year Guinness went vegan and stopped using fish bladders in its brewing process, after two and a half centuries. Scrolling through Twitter’s popular #veganhour (an hour of online recipes and ideas running 7-8pm every Tuesday, and trending at number seven nationally when I looked), alongside less surprising corporate interventions from Holland & Barrett and Heavenly Organics is a tweet from Toby Carvery, trumpeting its vegan cherry and chocolate torte. Sainsbury’s and Tesco have introduced extended new ranges of vegan products, while the latter recently appointed American chef Derek Sarno to the impressive job title of director of plant-based innovation.

    In May 2016, the Vegan Society commissioned Ipsos Mori to poll 10,000 people on their dietary habits and found that Britain’s vegan population had increased from 150,000 to 542,000 in the space of a decade (alongside a vegetarian population of 1.14 million). Of those, 63% were female and, significantly for veganism’s future growth, almost half were in the 15-34 age category. What is astonishing is that the pace of change in the two years since the survey was carried out has been seemingly exponential – it seems plausible to speculate the number may have doubled again in that time.

    “People feel empowered, it doesn’t feel like a sacrifice. That’s a huge shift. Whereas before, veganism may have been viewed like you were giving up something, now it’s been reframed as what you gain: you gain health, you gain a greater sense of living in bounds with your values, you gain all the environmental benefits.”

    The business world seems to agree. In the last few months, you can scarcely move on Forbes.com for articles with headlines such as “Here’s Why You Should Turn Your Business Vegan In 2018”. With this kind of money swirling around, and a combination of hipster entrepreneurs, hedge funds and major supermarket chains defining veganism in 2018, it’s easy to see why some vegans feel that the movement’s traditional association with anti-capitalism is a position rapidly disappearing in a fog of marketing hype.

    With a seemingly growing number of young people trying out vegan diets for personal health reasons (39% of the generally young, generally female Veganuary participants cited this as their motive), and its association with often controversial social media influencers, concerns have been raised that veganism provides a socially acceptable cover for disordered eating. “Are you depriving yourself or finding plant-based alternatives? This is where a lot of my problems lay,” wrote Lila Flint Roberts in an open letter on the Not Plant-Based blog. “I was just another individual who turned veganism into an eating disorder.”

    British Dietetic Association spokeswoman and registered dietician Linia Patel is more than familiar with the problem. “We do see this. It’s very easy for people who have problems with disordered eating to take on veganism as a mask for something deeper that’s going on, because it’s cutting out huge food groups and for them it’s a way to control their diet that’s socially acceptable.

    “At the moment, it’s so faddy, and there are Instagram influencers who are becoming vegan, and maybe it works for them, in their specific scenarios. The key point is always individualisation and research – to know why you’re doing it and how to do it properly, rather than just jumping on a trend. People can run the risk of being deficient in b12, even protein and iron.” She is keen to point out though that, done correctly, going vegan can be very good for health.

    Veganism is no longer niche or difficult and, as industrial agriculture bends to adapt to consumer demand and its own crisis of sustainability, it is only going to get more accessible – and more popular.

    • J’adore les petites lignes de la fin : « This article contains affiliate links, which means we may earn a small commission if a reader clicks through and makes a purchase. All our journalism is independent and is in no way influenced by any advertiser or commercial initiative. »

      Il faut aussi savoir que le Guardian a reçu une bourse (presque 900 000 $) de l’Open Philanthropy Project (qui a également financé L214 à hauteur d’1,1 millions de dollars) pour parler de l’élevage industriel et de la « cruauté envers les animaux d’élevage » : https://www.openphilanthropy.org/focus/us-policy/farm-animal-welfare/the-guardian-journalism-factory-farming
      Le journal mentionne les articles écrits grâce à ce financement (ce n’est pas le cas de celui-là).


  • Macron est-il populiste ? - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Macron-est-il-populiste

    Injustice, arbitraire et violences sociales, c’est exactement ce que nous craignons quand nous refusons l’extrême droite mais c’est depuis l’extrême centre que le fascisme et l’autoritarisme se déploient. L’ambassadeur français à Washington le résume bien : « Je suis vraiment convaincu que l’élection de Trump marque la fin de quarante ans de néolibéralisme. La période où le monde entier était convaincu que le libre échange, c’était le bien, que le marché, c’était le bien et les taxes le mal, l’intervention étatique le mal. Et tout à coup, avec l’élection de Trump, le Brexit et la vague populiste dans les pays occidentaux, dont la France, le signal que nos citoyens nous donnent : "Pas question, c’est fini." » Sauf que Macron semble arriver trente ans trop tard, en Chicago boy à contre-temps, et refuser d’entendre le message. Comment peut-il constituer un rempart à l’extrême droite alors qu’il lui prépare des lois et des esprits particulièrement bien disposés ?

    C’est un texte dont je ne suis pas très contente mais je n’arrive pas à faire mieux pour l’instant.

    • La suite, en préfiguration sur Seenthis.

      Il est entendu dans le sens commun que les régimes dans lesquels on choisit son gouvernement sont des démocraties. Et c’est ce que nous répètent à l’envi politiques et journalistes, pour qui les non-démocrates, ce sont les autres : groupes politiques minoritaires ou pays éloignés. Or, pour les historien·nes et les politistes, nos « démocraties libérales » ont bien des caractères démocratiques mais subtilement mélangés à d’autres qui tiennent plutôt de l’aristocratie (le pouvoir des meilleurs) et de la monarchie (le pouvoir d’un seul). On considère souvent que l’élection est le seul geste démocratique, dédaignant l’environnement dans lequel le peuple est amené à voter : liberté et vitalité de la presse, des structures dans lesquelles le peuple s’organise (partis, syndicats, associations, collectifs et groupes informels), diffusion de l’esprit critique dans des débats publics de qualité. Un régime dans lequel la presse relaie la désinformation du gouvernement (comme on l’a vu le 1er mai 2019 avec l’affaire de l’« attaque » d’un hôpital dans lequel s’étaient à vrai dire réfugié·es des manifestant·es paniqué·es par la violence de la répression mais les exemples abondent) et qui dénigre les formes d’organisation populaire et ses expressions (de la présence dans l’espace médiatique à la manif) a des caractères non-démocratiques.

      Au-delà de ce terrain plus ou moins démocratique, les élections sont une institution plus aristocratique que démocratique. Certes, élire, c’est choisir et exercer une certaine liberté. Mais élire, c’est choisir d’être représenté·e par de meilleurs que soi et c’est là un caractère aristocratique. L’élection est à vrai dire une sélection. Non seulement c’est une manière d’acquérir le consentement des gouverné·es et c’est pour ça, et non pour des raisons de faisabilité, qu’elles ont été choisies par les constituants états-uniens et français de la fin du XVIIIe siècle aux dépens de procédures de démocratie directe. Mais de plus les critères de sélection sont assez défaillants. J’ai présenté pendant quelques années une conférence sur ces questions et quand je demandais au public sur quels critères il souhaitait choisir ses gouvernants, les gens me répondaient : intégrité. Or, pauvres de nous, il est bien entendu que ce sont des qualités qui n’aident pas à gravir l’échelle du pouvoir dans un parti, à conquérir l’investiture pour une élection ni même à emporter le suffrage de ses concitoyen·nes…

      Alors que dans l’idéal, nous aimerions donner les clefs de la maison à des personnes intègres et respectueuses du bien commun, dans les faits le choix est contraint par toute une série d’éléments. Les sujets sur lesquels se décident des élections restent toujours peu ou prou la répartition des richesses : alors que le souci pour l’environnement ne cesse de grandir, il ne trouve pas de courroie de transmission politique, qu’il s’agisse du mouvement écologiste en politique ou de l’expérience d’un Hulot et de son président-philosophe qui lui promettait de mener une politique digne de ce nom en matière d’écologie pour éviter l’effondrement des populations d’insectes et la poursuite des émissions excessives de gaz à effet de serre. Ils n’ont pas démérité (enfin, pas trop), ni les Verts, ni Hulot. Le président-philosophe, si. À la trappe, ces questions, les électeurs et électrices sont contraint·es de choisir le ou la candidate du parti qui propose la répartition des richesses qui le convainc le mieux.

      Une autre contrainte est la notabilité. Il est préférable d’être connu·e ou investi·e par un parti qui a « fait ses preuves » car le goût des électeurs et électrices pour le changement est aussi fort que la peur de l’inconnu. D’autre part, le fonctionnement des institutions favorise les candidat·es qui ont des appuis politiques préexistants. Par exemple, dans l’élection de votre maire, il serait dangereux de voter pour une personne qui s’oppose trop frontalement à la majorité de la communauté de communes, vous y perdriez les menus avantages que s’accordent les élu·es qui jouent le jeu de l’intercommunalité. Du changement, certes, mais aussi beaucoup de continuité ! L’élection de Macron est à ce titre une curiosité qui s’explique par son inscription dans d’autres cercles du pouvoir que l’arène des partis.

      Les élu·es sont-ils et elles intrinsèquement supérieur·es aux personnes qui les élisent ? Moi qui ai travaillé pour un groupe d’élu·es aux standards relativement élevés (en matière d’intégrité et de maîtrise « technique » des dossiers), j’ai pu voir que, comme dit Didier Super, il y en a des bien. Mais il y en a aussi beaucoup qui sont franchement inquiétant·es ! Parce qu’au final, dépenser autant d’énergie pour arriver au pouvoir demande des capacités très particulières : ambition débordante, détermination, certitude de la valeur supérieure de sa personne et de ses idées. Je ne pense pas que quiconque ait envie d’avoir pour voisins les présidents qui se sont succédé au pouvoir ces dernières décennies…

      L’élection valorise donc ceux et celles qui veulent et savent se hisser au pouvoir, moins souvent les bon·nes technicien·nes de l’action publique, moins souvent encore les personnalités intègres (qui sont sûrement très pénibles à d’autres points de vue). Ce sont des personnes différentes de celles qu’elles représentent, sur le plan du mérite et très concrètement : il y a moins de femmes que d’hommes dans les assemblées et ce sont de manière écrasante des petit·es bourgeois·es blanc·hes dans la force de l’âge. Serait-ce que leurs électeurs et électrices, qui sont si différent·es, seraient des incapables ?

      Il est une institution qui en France est assez peu appréciée, c’est la conférence de consensus. C’est à mon avis l’institution la plus démocratique qu’on ait jamais inventée (voir ici pour la description d’un de ses avatars). Il s’agit de réunir des citoyen·nes choisi·es au hasard (pas moi, je ne suis pas inscrite sur les listes électorales) et de les faire plancher sur un sujet pendant trois week-ends : le premier pour découvrir, à travers un tour d’horizon des expert·es choisi·es par les organisateurs, le second pour approfondir et critiquer avec des expert·es et sur des questions choisies par les participant·es après leur découverte du sujet, le troisième pour se mettre d’accord. Les résultats montrent que tout le monde sait se saisir d’un sujet, même un peu technique, quand il ou elle est bien accompagné·e. (Au passage : ne vous inquiétez pas de la maîtrise des dossiers par votre élu·e mais de la qualité de son entourage, assistant·es parlementaires et cabinet, dont c’est le métier.) J’étais intervenue un jour à une procédure municipale inspirée de la conférence de consensus mais dont le maître d’œuvre n’avait pas bataillé sur le tirage aux sort des participant·es et dans la salle il y avait une majorité de vieux messieurs très professionnels qui tiraient les sujets vers leur domaine de compétences sans être capable de rien examiner sans préjugé. C’était bien plus grave que de tirer au sort parmi des dizaines de personnes une personne déficiente mentale ou peu adaptée à la vie sociale. Bien plus grave !

      C’est une bonne nouvelle, d’apprendre que nous valons au moins autant que les élu·es et que cette aristocratie est au fond assez toxique. C’en est une moins bonne de savoir que ce sont malgré tout toujours des élu·es qui font à notre place des choix importants.

      Un autre caractère non-démocratique, c’est le côté monarchique des gouvernements représentatifs, caractère particulièrement accentué dans le cas français et qu’on ne retrouve dans aucune autre constitution, à part peut-être le Chili de Pinochet. Une fois élu, le représentant a dans notre pays un chèque en blanc, ce qui n’est pas le cas ailleurs où ils et elles peuvent être parfois démis de leurs fonctions. Il n’a aucune obligation de rendre des comptes (comme vous quand vous avez décroché une subvention publique) ni de respecter son programme ou ses promesses de campagne, ce qui est une procédure très étonnante. Les inventeurs du gouvernement représentatif ont choisi cette procédure au motif que la conjoncture aussi bien que la qualité des débats dans les assemblées pouvait faire réfléchir un élu, atténuer la force de ses positions ou même le faire changer d’avis. Voilà qui est très intéressant mais dans la pratique, cela permet à des personnes élues par des scrutins de liste de changer de groupe politique en cours de mandat, y compris dans des institutions sur lesquelles ne pèse pas le poids de la tradition, comme le Parlement européen. C’est peu respectueux du suffrage mais c’est comme ça : les élus ne doivent de comptes à personne et sont maîtres chez eux.

      Dans le cas français, le scrutin majoritaire personnifie à outrance le débat politique et on a vu en juin 2017 se renouveler 577 fois le drame de l’élection présidentielle : celui qui arrive en tête du premier tour gagne l’élection, quand bien même il aurait remporté 24 % des suffrages. La menace que constitue un parti d’extrême droite n’a fait qu’exacerber le caractère très violent de cette procédure qui n’admet pas de voix minoritaires, de voix qui ne soient capables d’atteindre 50 % des suffrages exprimés dans une circonscription donnée. C’est une prime aux partis qui ont « fait leurs preuves » ou qui savent faire des alliances mais ces alliances sont bien inéquitables en France, où le mode de scrutin permet à des partis comme le PS de détruire leurs potentiels partenaires, histoire de gouverner seuls. Le premier remporte la mise, la vie politique se structure autour de lui et il a ensuite toute latitude. Le résultat, ce sont des politiques sans compromis et qui sont bouleversées à chaque élection, quand celui qui a déçu est remplacé par un autre qui décevra et qui imposera sa marque sans rien céder aux autres formations politiques et aux personnes qui n’ont pas voté pour lui.

      En 2002, par exemple, Jacques Chirac est élu avec 82 % des voix (un chiffre ridicule, qui m’a réjouie et auquel j’ai contribué, toujours sans regret aujourd’hui). Comme le ridicule ne tue pas, il annonce qu’il gouvernera sur les bases idéologiques qui lui ont valu cinq millions de voix au premier tour, sans compromis avec les vingt-cinq millions de personnes qui lui ont demandé de préserver des valeurs plus consensuelles que son néolibéralisme. Cette violence des gagnants sur les perdants se renouvelle à chaque élection. Elle est d’esprit peu démocratique et il se trouve qu’elle est très contre-productive, je le signale pour ceux qui aiment l’efficacité. Chaque gouvernement qui arrive au pouvoir fait sa politique, « vivre ensemble » et « réduction de la fracture sociale », etc. Comme cela change tous les cinq ans, rien n’est jamais stable et certain. Un expert comptable, spécialiste de l’implantation en France des entreprises étrangères, me disait qu’au fond, le pourcentage d’imposition des entreprises, faible ou très faible, les cadeaux qui sont donnés puis suspendus, tout cela importe peu pour les investisseurs. Ce qui compte, c’est de savoir à l’avance le taux d’imposition et que celui-ci ne varie pas selon les desiderata du dernier pimpin qui a été élu. Or, c’est tout notre monde qui change quand un nouveau venu gagne la course à l’échalote.

      Aristocratique, monarchique, le type de gouvernement qui fait florès en France et ailleurs est encore moins démocratique quand il s’écarte du droit. Rachida Dati, un temps ministre de la justice, a eu un jour ce mot fabuleux : « La légitimité suprême, c’est celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l’autorité » D’abord il n’y a pas de majorité de Français quand un président est élu avec moins de dix-neuf millions de voix au second tour. Ensuite on ne sait pas si ces perdus l’ont élu pour restaurer l’autorité ou pour « gagner plus » ou parce qu’ils n’aimaient pas sa concurrente et préféraient un gars. Et dernièrement, la légitimité suprême, c’est celle de la Constitution. Parce que les gouvernants sont limités dans leurs agissements par le droit, ce qui est un moindre mal au regard de leurs difficultés à faire des compromis et à respecter les autres… Le droit, c’est la Constitution mais aussi les conventions signées par la France et qui justifient qu’elle soit régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits [humains]. « Condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme », la France fait régulièrement entorse pour exiger l’empreinte génétique des personnes « mises en cause » dans des crimes ou des délits mineurs, pour refuser de reconnaître des enfants nés de mère porteuse, pour le « traitement dégradant » de mineurs étrangers isolés, pour refuser la reconnaissance du changement de sexe des personnes trans non opérées, pour des violences policières ayant entraîné la mort des personnes retenues, pour « traitement dégradant » des personnes incarcérées ou non-respect des droits des personnes gardées à vue. Etc.

      Les soubresauts de la présidence Macron présentent tous ces caractères peu démocratiques-là : incapacité au compromis et au règlement non-violent des conflits politiques, usage maximal des dispositions monarchiques de la Ve République, non-respect du droit notamment en matière de répression politique. Aux Philippines, Rodrigo Duterte mène une guerre contre la drogue en faisant exécuter sans procès les trafiquants, leurs famille et oups, leurs voisin·es ou les passant·es. Qu’est-ce qui différencie ces exécutions extra-judiciaires des atteintes graves contre les corps qui ont lieu en France à l’occasion des manifestations ? Une vieille dame est tuée à son balcon, une autre mise à terre par une charge de police, une autre très jeune femme rouée de coups qui ont endommagé son cerveau. Des personnes sont punies parce qu’elles manifestent, elles en meurent ou en ont des séquelles à vie. L’État sait depuis longtemps réprimer ceux et celles qui s’attaquent à lui en les mettant devant un tribunal mais aujourd’hui il laisse sa police frapper de manière indiscriminée et il n’a plus le droit – une institution qu’il a lui même créé ! – pour lui. Ses instances de contrôle ne servent plus à rien, Commission nationale consultative des droits de l’homme ou défenseur des droits alertent dans le vide, le pouvoir est en roue libre.

      Duterte aussi a été élu, et peut-être avec de meilleurs chiffres que Macron. Les agissements du président-philosophe, l’impunité de ceux qui commettent ces violences et la complaisance qu’ils reçoivent de la part des grands médias comme des électeurs et électrices de l’extrême centre, tout cela nous fait entrer dans un nouveau régime et fait de cette présidence un exemple de proto-fascisme.


  • #Journalisme : une tribune importante mais que je n’ai pas pu signer, je m’en explique à la fin :

    "Nous assistons à une volonté délibérée de nous empêcher de travailler" : plus de 350 #médias, #journalistes, #photographes, #vidéastes, indépendants ou appartenant à des rédactions dénoncent, dans une tribune publiée sur franceinfo.fr, les violences policières subies par leur profession depuis le début du mouvement. Ils alertent sur la précarisation de leurs conditions de travail et les agressions physiques et psychologiques vécues sur le terrain. Ils revendiquent leur droit à informer et la liberté de la presse.

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/tribune-nous-assistons-a-une-volonte-deliberee-de-nous-empecher-de-trav


    photo : Niclas Messyasz

    Cette tribune est doublement importante. Évidemment elle l’est car elle dénonce enfin, clairement et massivement, la volonté flagrante de mutiler les témoins de la répression.

    Il n’y a pas eu de manifestations ou de rassemblements ces derniers mois sans qu’un·e journaliste n’ait été violenté·e physiquement et ou verbalement par les forces de l’ordre.

    Par violence, nous entendons : mépris, tutoiement quasi systématique, intimidations, menaces, insultes. Mais également : tentatives de destruction ou de saisie du matériel, effacement des cartes mémoires, coups de matraque, gazages volontaires et ciblés, tirs tendus de lacrymogènes, tirs de LBD, jets de grenades de désencerclement, etc. En amont des manifestations, il arrive même que l’on nous confisque notre matériel de protection (masque, casque, lunettes) en dépit du fait que nous déclinions notre identité professionnelle.

    Toutes ces formes de violences ont des conséquences physiques (blessures), psychiques (psychotraumatismes) ou financières (matériel cassé ou confisqué). Nous sommes personnellement et professionnellement dénigré·e·s et criminalisé·e·s.

    Plus récemment, un cap répressif a été franchi. Plusieurs confrères ont été interpellés et placés en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », alors même que nous nous déclarons comme journalistes. Par ces faits, la police et la justice ne nous laissent ainsi que deux options :
    – venir et subir une répression physique et ou judiciaire ;
    – ne plus venir et ainsi renoncer à la liberté d’information.

    Cela fait des années qu’on le sait, qu’on le dit, un premier acte de solidarité avait été avorté en 2014 suite à la manif pour la #zad de Notre-Dame-des-Landes du 22 février à Nantes, suite à laquelle #Yves_Monteil et #Gaspard_Glanz avaient porté plainte, en vain, dans un silence assourdissant face au rouleau compresseur de la communication parlant uniquement d’une ville « dévastée » (image faussée à laquelle, ironie du sort, ce dernier avait contribué en parlant de guerre). Voir l’article de @bastamag à l’époque : Silence médiatique sur les dizaines de manifestants et de journalistes blessés à Nantes : https://www.bastamag.net/Silence-mediatique-sur-les

    Depuis, ça n’a fait que s’aggraver, forçant certain-e-s à bosser groupé-e-s sans être libres de suivre leur inspiration, forçant les autres à prendre de gros risques. Et pour témoigner de manière indépendante il ne reste que deux solutions : la première consiste à ne jamais aller au front, ce qui était mon cas, mais désormais le front est partout et des traumatismes en 2018 m’ont fait définitivement quitter le terrain des manifs. L’autre consiste à s’infiltrer dans le black-bloc, voire à faire du « #gonzo », au risque de devenir aussi la cible de celles et ceux qui, légitimement, veillent à l’anonymat des personnes présentes. De très nombreuses images de ces angles différents ayant permis aux flics de faire des « triangulations » et mettre en taule un paquet de militant-e-s, souvent avec des preuves très bancales et la complicité de la justice...

    Cette tribune est aussi importante car elle souligne, en ce #1er_mai, la précarité de la profession, allant jusqu’à entraîner parfois un asservissement volontaire et souvent des distorsions cognitives chez les candidat-e-s aux métiers du journalisme. C’est difficile sur le terrain mais c’est aussi difficile ensuite. Après le dérushage et le travail / indexage des images, il faut se battre pour vendre. A des tarifs de misère particulièrement en photo. 15€ en PQR, 150€ en presse nationale... Ça ne permet que rarement de vivre et d’avoir les moyens de continuer. Et, à quelques exceptions près, l’esprit de concurrence prime sur tout. Écouter les interviews croisées de #NnoMan_Cadoret, #Adèle_Löffler, #Martin_Noda et #Maxime_Reynié qui n’ont pas tou-te-s de carte de presse délivrée par la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels. Et qui, pourtant, font vraiment le métier de journalistes...
    https://radioparleur.net/2019/04/30/photojournalistes-independants-violences-policieres

    J’en viens à la raison qui m’a empêchée de signer cette tribune.
    D’une part je ne me considère pas comme journaliste, mais comme photographe-illustratrice , ou photographe #auteure, comme on dit. Pour ça, je ne dois pas viser le fait de vendre, mais de faire, d’œuvrer. Être oeuvrière comme le dit justement Lubat. Faire sens. Et donc de ne pas quitter le chemin de ce qui m’inspire, de refuser beaucoup de compromis et n’accepter que ce qui va dans le sens de ce que je fais. Évidemment, être payée pour illustrer articles et livres est une joie et j’espère le faire de plus en plus ... et pour être franche, mon matériel photo en a grave besoin ! Même si franchement, la méconnaissance de ce travail et les contrôles incessants de la CAF ne motivent pas... Mais le #bénévolat est logique pour illustrer les #médias_libres et les luttes auxquelles je participe ; à contrario la recherche de vente à tout prix tait / tue mon travail. Être considéré-e comme professionnel-le est certes beaucoup trop inféodé à l’argent et pas suffisamment à la pratique mais cette tribune ne parle hélas pas des autres professions de l’information, de l’illustration, ni du bénévolat. J’ai donc posé la question de l’exclusion des autres photographes, craignant que nous nous retrouvions à définir une nouvelle norme qui allait de toute façon en laisser beaucoup sur le carreau.

    Je sais pas trop comment exprimer ça mais s’engouffrer dans ce truc de carte de presse je le perçois comme le même piège que la signature des conventions pour la zad : c’est déléguer sur [nous] la norme et le tri alors que le problème n’est pas là. Quid des hors-normes ?
    Le véritable problème c’est la répression, les violences policières et judiciaires, le mépris d’un Castaner accompagné d’une « christalisation » dangereuse autour de Gaspard Glanz dont lui-même ne veut pas, qui tendrait à faire croire qu’il existe un modèle de « bavure » inacceptable
    Macron base toute sa politique sur une communication orwellienne. Tout le monde le sait, même, et surtout, son fan club mediatique, qui se mord les lèvres entre hilarité face à l’insolence et désir de lui ressembler. Refuser et contrer cette stratégie est un devoir.
    Je me garderai bien d’évoquer une solution car pour moi seule la diversité des réponses ALLIÉES peut faire effet. Et on est loin du compte, surtout si face à chaque attaque nous choisissons ce qui nous trie et nous affaibli...
    https://twitter.com/ValKphotos/status/1121714579350929408

    Autre questionnement, encore plus important à mes yeux : quid de tou-te-s les autres témoins ? De toutes les personnes qui, enfin, légitimement, et souvent en tremblant, lèvent leurs smartphones face aux violences policières ? N’exiger le respect de l’acte de « reporter » que pour les « professionnel-le-s » et pas pour tout-e-s, n’est-ce pas la brèche qu’attendent les censeurs pour revenir sur le décret qui permet à toute personne de témoigner et l’usage qui permet à bien des personnes d’être journalistes bénévoles ou à temps choisi ?

    Et quid des témoins des #violences_policières dans les quartiers et cités ? Il y a deux ans l’arrestation de #Amal_Bentounsi avait d’ailleurs relancé pour la énième fois le sujet de l’autorisation de filmer les forces de l’ordre : https://www.bondyblog.fr/reportages/au-poste/amal-bentounsi-arretee-et-placee-en-garde-a-vue-pour-diffusion-dimages-de- D’ailleurs un policier avait fait une note assez complète sur le sujet : https://blog.francetvinfo.fr/police/2017/06/19/le-policier-et-le-droit-a-son-image.html
    En proie régulièrement aux mêmes problèmes, #Taranis avait fait un dossier très complet dont le 1er chapitre revient sur ce droit que j’espère inaliénable avec un pdf vers la circulaire de police rappelant la loi, ainsi qu’un mémo :

    « Les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l’image, hormis lorsqu’ils sont affectés dans les services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage spécifiquement énumérés dans un arrêté ministériel [comme le GIGN, le GIPN, la BRI …] et hormis les cas de publications d’une diffamation ou d’une injure à raison de leurs fonction ou de leur qualité. ».

    http://taranis.news/2017/04/classic-manuel-de-survie-du-journaliste-reporter

    Lorsque j’ai posé ces deux questions il était, m’a-t-on dit, trop tard pour modifier le texte : il y avait effectivement déjà une centaine de signataires. L’initiateur ne m’a pas répondu mais d’autres ont tenté d’apporter le débat de l’intérieur. Hélas dans le même temps ils ont dû faire face à une levée de boucliers de professionnels inquiets pour leurs privilèges et refusant l’idée d’un plus grand accès à la carte de presse... La question a été posée sur twitter, je vous laisse vous délecter des réponses : https://twitter.com/gchampeau/status/1123485761842626562

    Je sais qu’une partie des signataires sera attentive à ne pas faire de cette tribune la brèche qui permettra de trier qui a le droit ou non de témoigner en image de la répression et plus généralement des dérives actuelles. Mais j’avoue ne pas être optimiste du tout...

    • Je suis assez d’accord : protection des journalistes et photographes en manif, oui, mais aussi protection des témoins mais aussi protection des manifestant·es non violent·es mais aussi protection des manifestant·es violent·es et si l’État a un truc à leur reprocher, il les envoie devant un tribunal, il ne laisse pas ses pandores taper dessus, même de manière ciblée. Tu déplies et tu remets en cause tout un monde, le fascisme qui vient.

    • Je n’avais pas vu ton mot, @aude_v : nous sommes d’accord. Après, pour avoir pas mal discuté avec une des personnes qui ont fait cette tribune, iels n’ont absolument pas anticipé les risques que ça induisait pour les autres. Je crois que ce qui s’est passé avec l’arrestation de Gaspard a été le signal déclencheur d’un trop plein et de la nécessité de se rassembler pour être plus fort-e-s. Et c’est ce qui a fait que j’ai réellement hésité à la signer, moi aussi, jusqu’au dernier moment, car je comprends vraiment le fond.

      L’autre truc ballot c’est de l’avoir sortie au matin du 1er mai alors qu’on savait que d’une manière ou d’une autre ça allait être une grosse journée. Du coup elle a été noyée sous la lacrymo et le reste. En fait c’est aujourd’hui, « _Journée De La #Liberté De La #Presse_ » qu’il aurait fallu sortir cette tribune. Mais quand je vois comment l’intox #Pitié_Salpetrière a été démontée, je suis encore plus convaincue par les raisons que j’ai privilégiées pour ne pas l’avoir signée : ce sont clairement les anonymes qui ont fait le « reportage » et les journalistes sans cartes (comme @davduf ) qui ont fait le job d’alerter tout le monde.

      Je continue à ne pas savoir comment me définir, où me situer là dedans... mais je ne peux appeler ce que je fais comme ici https://seenthis.net/messages/778352, là https://seenthis.net/messages/653494 / https://seenthis.net/messages/744712 ou ce 1er mai ici https://seenthis.net/messages/778352 , ou encore avec @karacole ici ou comme transmission de flux ailleurs, ou pour #demosphere aussi, comme du journalisme. Même si, pourtant, c’est ma motivation journalière, clairement. Faire passer l’info depuis les sources, et parfois mettre en perspective, décrypter, pour que le plus grand nombre ait la possibilité d’un accès direct et se fasse sa propre opinion...
      Vivement qu’on foute les riches dans des camps de redressements et qu’on puise, mondialement, avoir le choix du toit et du couvert, et ne se consacrer qu’à ce qui nous fait vibrer, pour le bien du plus grand nombre !
      :D



  • « L’automobile “propre”, stade ultime d’une fuite en avant » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/L-automobile-propre-stade-ultime-d

    Sous le capot des voitures « zéro émission »
    « L’automobile “propre”, stade ultime d’une fuite en avant »

    paru dans CQFD n°173 (février 2019)
    par Aude Vidal, illustré par Caroline Sury

    Pour écrire Airvore, vous êtes allé chercher du côté des humanités et d’auteurs radicaux comme Ivan Illich, André Gorz ou Bernard Charbonneau pour qui l’organisation de la société autour de l’automobile, au-delà de ses nuisances écologiques et sanitaires, accentue en outre les inégalités de classe, avec l’accès à la voiture individuelle, au TGV ou à l’avion. Voire dégrade les conditions de vie de ceux et celles qui n’y ont pas accès. C’est ce qui arrive aux Gilets jaunes aujourd’hui, pris.es dans le piège périphérique et dépendant.es de la bagnole. La réponse politique qui leur est faite en ce moment vous satisfait-elle ?

    #automobile #atomobile #voiture_propre #greenwashing #transports #pollution (éloignement de la) #écologie #technique


  • Défendre le capitalisme - Ébauche d’une histoire populaire de la démocratie directe suisse (3/3) - Renversé
    https://renverse.co/Defendre-le-capitalisme-Ebauche-d-une-histoire-populaire-de-la-democratie-2

    Troisième (et dernier) épisode de la série sur la démocratie semi directe en Suisse.

    L’historien suisse Hans-Ulrich Jost remarque que

    La mauvaise humeur de vastes couches de la population, au lieu de déboucher sur une crise, peut se décharger sur des objets isolés. Des groupes d’opposition qui auraient tendance à s’opposer fondamentalement au système politique se sont vu rappeler à l’ordre en matière de droits populaires. […] Des mouvements oppositionnels porteurs de conflits se sont ruinés dans des campagnes référendaires coûteuses en termes d’organisation et de propagande.

    #RIC #Suisse #démocratie

    • C’est bien dans cette vertu pacificatrice des outils de la démocratie directe – et non pas dans un mystérieux esprit de concorde – qu’il faut chercher les causes du maintien et de l’absence de contestation, en Suisse, d’un système d’accès aux soins et d’assurance maladie extrêmement injuste socialement ; d’un système de financement des transports publics qui rend ceux-ci inaccessibles à une large fraction de la population ; d’un système de financement du logement incroyablement favorable à la rente foncière et immobilière. Par la grâce de la démocratie directe, les mouvements sociaux ont été dépouillés de tous leurs moyens d’action (grèves, manifestations, blocages, etc.) jusqu’à n’avoir plus que des existences fantomatiques dans le sillage des partis politiques.

      Redisons-le. Nous pensons que cette pacification sociale est le rêve néolibéral. Elle a été obtenue par Margaret Thatcher en Grande-Bretagne au prix d’une action répressive décidée contre les mineurs et les émeutes contre la Poll Tax. Elle a été obtenue en Suisse dans la durée par la légitimation et l’intégration à un système politique injuste et autoritaire. Elle est en marche en France sous la houlette d’Emmanuel Macron pour qui, sans doute, la Suisse constitue une sorte d’idéal social et politique.


  • Une histoire d’espionnage et d’animaux.
    #baleine #Russie #Norvège

    Whale with harness could be Russian weapon, say Norwegian experts | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2019/apr/29/whale-with-harness-could-be-russian-weapon-say-norwegian-experts

    The strange behaviour of the whale, which was actively seeking out the vessels and trying to pull straps and ropes from the sides of the boats, as well as the fact it was wearing a tight harness which seemed to be for a camera or weapon, raised suspicions among marine experts that the animal had been given military-grade training by neighbouring Russia. Inside the harness, which has now been removed from the whale, were the words “Equipment of St. Petersburg”.

    The fisherman said the whale was very tame and seemed used to human beings.

    “If this whale comes from Russia – and there is great reason to believe it – then it is not Russian scientists, but rather the navy that has done this,” said Martin Biuw of the Institute of Marine Research in Norway.