• Exposition de Winshluss : « Interférence retroactive » | Les Requins Marteaux
    https://www.lesrequinsmarteaux.com/evenement/exposition-de-winshluss-interf%C3%A9rence-retroactive
    Extrait de l’intention de #Winshluss à propos de l’exposition Interférence rétroactive :

    "J’ai un projet, Interférence rétroactive, né de ce sentiment étrange, partagé par nombre d’entre nous, d’être dans un film. Ce moment unique que nous vivons a transformé notre vision du monde, ou plutôt, l’a brouillée. La fiction et la réalité semblent fusionner jusqu’à devenir ce que l’on pourrait nommer de la « réaliction ». Je vais donc remonter aux sources de mes premiers grands traumas artistiques. Je veux parler des films qui m’ont marqué enfant et adolescent. Il ne s’agit pas uniquement de chefs-d’œuvres, certains sont même des séries Z avérées. Mais ces films sont à l’origine de mon univers, de ma psyché. Leur dénominateur commun ? Ce sont des films de genre. Horreur, violence, action, science-fiction, apocalypse...
    (...)
    Je vais réaliser, à « ma manière », les affiches des films qui m’ont marqué, mais aussi de films inventés ou rêvés. Je veux jeter le trouble entre la réalité et la fiction. Notre quotidien a basculé dans l’extraordinaire et ceci bien avant cette pandémie mondiale. Que l’on prenne les attentats du 11 septembre, Fukushima, l’exode massif de migrants... Tout est matière à souligner l’ambiguïté d’un monde qui scénarise sa propre chute dans un mélange de stupeur et d’effroi."

    http://www.galerie-vallois.com/exposition/interference-retroactive

    la mort, père & fils
    https://www.youtube.com/watch?v=bLSMjx1JayE


    The dead, dad & son by Denis Walgenwitz and Winshluss
    Awarded in Annecy Festival 2018 : Prix du jury junior pour un court métrage
    #bandes_dessinées #film_d'animation #les_requins_marteaux

  • « La bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le travail » - Entretien avec Bernard Friot
    https://lvsl.fr/bourgeoisie-hegemonie-travail-friot

    La crise du Covid-19 a révélé pour beaucoup les impasses du capitalisme. Alors qu’il met en péril le rapport au vivant, les services publics et les productions locales de base, il s’est aussi révélé incapable de faire face à une pandémie autrement que par des injonctions venues d’en-haut sous surveillance policière. Dans "Désir de communisme" (Textuel, septembre 2020), Judith Bernard et Bernard Friot explorent les voies ouvertes par de nouveaux droits s’appuyant sur le « déjà-là » communiste conquis par les luttes sociales. Le salaire des fonctionnaires, attaché à la personne et non au poste de travail, peut être généralisé à tous les plus de 18 ans. La Sécurité sociale peut être étendue par exemple à l’alimentation, au logement, aux transports, à la culture ou à l’énergie. Pour toutes les entreprises, les (...)

    • Certes, à court terme la crise sanitaire réduit la production et les ressources et porte donc des risques politiques pour le pouvoir, mais je ne mettrais pas les crises dans l’ordre que vous proposez car la crise sanitaire est une résultante des deux autres.

      Cela fait plusieurs années que nous sommes dans une crise politique de grande ampleur. En témoigne le fait que le débat politique, si l’on ose l’appeler ainsi, est dominé depuis 2017 par la confrontation entre LREM et RN, deux frères jumeaux nés de la crise d’hégémonie de la bourgeoisie capitaliste. Frères jumeaux avec le même culte du chef, la même détermination à en finir avec les droits conquis par les travailleurs organisés, le même usage fasciste de la police comme point dur d’une attaque en règle contre les libertés individuelles et publiques au nom de la protection contre un ennemi aussi insaisissable qu’imprévisible : terrorisme, virus ou n’importe quelle entité instrumentalisée pour imposer un État autoritaire.

      En effet, l’État républicain construit sous la Troisième République, et réaffirmé après l’échec de Vichy, comme écran protecteur, outil politique de la bourgeoisie capitaliste et instrument d’intégration des organisations populaires, est en échec. Les milieux d’affaires sont contraints de sortir du bois, d’acheter tous les grands médias et de bricoler directement un exécutif et une majorité parlementaire sans autonomie ni épaisseur, en mettant leurs commis au pouvoir.

      Rappelons qu’en un peu plus de trois ans, dans une banque à faire de la fusac (fusion-acquisition), une de ces activités notoirement parasitaires des premiers de cordée dont le confinement a montré l’inutilité pour le bien commun, Emmanuel Macron a gagné plus de trois millions d’euros, entre autres au service de l’agrobusiness international en accompagnant Nestlé dans l’acquisition des laits maternisés Pfizer (contre Danone). La prétendue « société civile » qu’il a regroupée autour de lui au gouvernement et au Parlement est du même tonneau.

  • Du bon usage des masques - Communiqué de l’Académie nationale de médecine 7 septembre 2020http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/09/20.9.7-Du-bon-usage-masques.pdf

    dans l’espace public, les masques en tissu, lavables, doivent être préférés aux masques jetables pour d’évidentes raisons économiques et écologiques :
    • ils peuvent être lavés à la main ou en machine, avec un détergent, comme le linge de corps, la température de 60°C n’étant pas plus justifiée pour le lavage des masques que pour le lavage des mains ;
    • ils doivent être changés lorsqu’ils deviennent humides et ne jamais être portés plus d’une journée ;
    • ils sont réutilisables après chaque cycle de lavage - séchage tant que leurs qualités (maillage du tissu et intégrité des brides) ne sont pas altérées.
    De plus, l’Académie de médecine recommande :
    – que l’obligation du port du masque, systématiquement associée aux mesures de distanciation, soit instaurée dans tous les lieux publics, clos et ouverts, selon des règles faciles à comprendre, à appliquer et à contrôler ;
    – qu’une information claire et simplifiée sur l’usage des masques soit largement diffusée.

    On s’en doutait : le savon suffit à détruire l’enveloppe lipidique du virus, la température de lavage importe peu. Il n’est pas nécessaire d’accélérer l’usure des #masques par des lavages à 60°. Il aura fallu des mois pour que ce soit dit. Encore un exemple de la raréfaction du raisonnement logique que la pandémie révèle (et accroit). C’est un des aspects terrorisant de cette pandémie (post-vérité partout).

    • Je ne vois pas à quel moment ni comment « on s’en doutait ». Que de manière pratique, quasiment tout le monde finissait par mettre les masques avec le reste à la machine, parce que personne n’a de quoi faire 4 machines à 60° par semaine, ça oui, mais c’est juste une conséquence matérielle. Mais au niveau scientifique, logique, à un instant T, les chercheureuses pouvaient parfaitement avoir suffisamment de preuves pour dire que la chaleur niquait bien le truc, mais sans pour autant avoir assez de preuves pour le savon/les détergents. Et c’est pas chacun dans son coin qui pourrait faire ce « raisonnement logique » dans son coin, ça dépend des virus, faut faire des tests sérieux.

      Mais tant mieux, c’est super, si désormais il y a un consensus, qu’il y a assez de preuves, pour affirmer ça, et qu’effectivement ce que faisaient les gens par pure obligation matérielle, bah ça suffit réellement au niveau santé.

    • Le savon dissout les graisses. Sans l’enveloppe lipidique qui le protège le brin d’arn du coronavirus est fichu. Pour ma part, depuis longtemps, je fais mariner dans de l’eau très savonneuse un bon moment, puis je rince. Si je lave avec d’autre tissus en machine, je surdose le savon (pour calmer l’anxiété).
      Les recommandations sur le séchage m’ont toujours paru débiles. Il faudrait que le masque sèche dans un endroit très infecté (une chambre de covidé ?) pour qu’il soit contaminé.
      Voir par exemple
      https://stop-postillons.fr/#en-vie-reelle
      Dont les données sont issues d’une étude Lancet d’avril dernier
      https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S2666524720300033-mmc1.pdf

      Que l’académie de médecine gauloise finisse par le dire des mois après n’est qu’un indice de plus que tout est fait pour que l’on n’y comprenne rien, pour déposséder les premiers concernés. La liberté est pour la police. La logique, pour personne.

    • Je vois aussi un autre point en contradiction avec les recommandations précédentes, celui de favoriser désormais l’usage du masque en tissu (sur les affiches en mai on voyait encore « utilisez un masque jetable »). Est-ce que d’un point de vue scientifique ça se tient ? Beaucoup de masques en tissu fait-maison m’ont l’air d’être des vraies passoires sans compter que la plupart du temps ils sont bien moins confortables que leurs homologues jetables, surtout par forte chaleur, ce qui n’incite pas à leur usage.

    • Concrètement, avec un virus qui contamine essentiellement par aérosolisation, c’est une recommandation de merde.

      Pour respecter les arrêtés stupides de port du masque dans la rue, oui, le masque en tissu fait parfaitement l’affaire  : il te protège bien du seul risque, celui de la prune à 135€.

      À la limite, pour les courses dans un magasin pas trop peuplé où tu peux éviter les autres… mais bon, sachant que beaucoup de gens continuent à faire les rebelles en sortant le pif ou en baissant le masque à tout bout de champ, dès que c’est fermé, c’est au moins le chirurgical.

      Mais pour les lieux où les gens macèrent ensembles pendant des plombes comme au boulot, dans les bureaux en open space, les réunions, les salles de classes, même le chirurgical est un peu léger. En gros, le protocole aurait dû interdire ce genre de situations. Surtout que beaucoup de gens ont des masques insuffisants et/ou mal ajustés (tissu trop fin ou à maillage trop lâche, mauvaise forme, coutures mal placées, etc.). Dès qu’il est humide, le chirurgical est à benner. Pour un orateur — qui doit un peu pousser sa voix pour se faire entendre — ça peut aller assez vite. Donc en population dense en milieu confiné (ce qui ne devrait pas être autorisé, je le répète), ce serait plutôt FFP2 ou équivalent, sachant que sur les visages fins ou maigres, les masques ne s’adaptent pas bien…

    • Aerosol Filtration Efficiency of Common Fabrics Used in Respiratory Cloth Masks
      https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acsnano.0c03252

      The emergence of a pandemic affecting the respiratory system can result in a significant demand for face masks. This includes the use of cloth masks by large sections of the public, as can be seen during the current global spread of COVID-19. However, there is limited knowledge available on the performance of various commonly available fabrics used in cloth masks. Importantly, there is a need to evaluate filtration efficiencies as a function of aerosol particulate sizes in the 10 nm to 10 μm range, which is particularly relevant for respiratory virus transmission. We have carried out these studies for several common fabrics including cotton, silk, chiffon, flannel, various synthetics, and their combinations. Although the filtration efficiencies for various fabrics when a single layer was used ranged from 5 to 80% and 5 to 95% for particle sizes of <300 nm and >300 nm, respectively, the efficiencies improved when multiple layers were used and when using a specific combination of different fabrics. Filtration efficiencies of the hybrids (such as cotton–silk, cotton–chiffon, cotton–flannel) was >80% (for particles <300 nm) and >90% (for particles >300 nm). We speculate that the enhanced performance of the hybrids is likely due to the combined effect of mechanical and electrostatic-based filtration. Cotton, the most widely used material for cloth masks performs better at higher weave densities (i.e., thread count) and can make a significant difference in filtration efficiencies. Our studies also imply that gaps (as caused by an improper fit of the mask) can result in over a 60% decrease in the filtration efficiency, implying the need for future cloth mask design studies to take into account issues of “fit” and leakage, while allowing the exhaled air to vent efficiently. Overall, we find that combinations of various commonly available fabrics used in cloth masks can potentially provide significant protection against the transmission of aerosol particles.

      Encore ne s’agit-il dans cet article que de masques deux couches. D’autres préconisent 3 couches, avec des caractéristiques complémentaires.

      Le mot masque recouvre une gamme plus qu’hétéroclite d’objets, dont de nombreux ersatzs.
      Que le gouvernement se contre foute de la santé publique en édictant aucune recommandation étayée, aucune norme, en ne contribuant pas à la création de chaines de production de masques ad hoc, de là à croire que « les » masques en tissu ne protègent pas....
      Ce qui est une fois de plus sidérant - par delà l’irresponsabilité nuisible du gvt, les profit des boites - c’est que tout se passe comme si le nombre de scientifiques, de techniciens, d’ingénieurs, de fabricants, de soignants en tous genres, de journalistes scientifiques susceptibles de compiler des données, d’expérimenter pour contribuer à la définition et à la fabrication de bons équipements de protection personnelle ne servait à rien. Pourquoi a-t-on financé la formation de ces professionnels ? Pourquoi les paye-t-on ? Qu’est-ce qui interdit que l’intelligence collective, les savoirs répondent à des besoins ? Faut il en conclure à une expansion illimitée de la sphère des bullshit jobs ? Insondables mystères de l’anti-production capitaliste.

  • Faut-il brûler Hocquenghem ? | Antoine Idier
    https://blogs.mediapart.fr/antoineidier/blog/060920/faut-il-bruler-hocquenghem

    La Mairie de Paris avait fait poser une plaque au nom de Guy Hocquenghem (1946-1988), militant homosexuel, auteur de nombreux ouvrages dont Le Désir homosexuel (1972), journaliste à Libération, romancier, mort du sida. Celle-ci ayant été vandalisée par un groupe qui se proclame féministe, la mairie l’a fait enlever il y a quelques jours. [...]

    Le féminisme, l’enfance, la sexualité

    Un point me semble fondamental : le rapport d’Hocquenghem, des discussions sur l’enfance, avec le féminisme. Car c’est au nom du féminisme que le militant et théoricien est aujourd’hui attaqué : il en serait un corps étranger, pire, un ennemi. Mais c’est une instrumentalisation du féminisme, et une falsification historique : bien de ses interventions, même critiquées, avaient leur place dans l’espace des mouvements féministes des années 1970.

    Il faut le rappeler : le féminisme est un mouvement, pas un dogme ou un évangile ; c’est un champ traversé par des tensions, des contradictions, des oppositions. Des féministes peuvent avoir des désaccords entre elles, il n’y pas une et une seule position féministe (de même qu’il n’y a pas une position LGBT, une position décoloniale, une position marxiste, etc.).

    Hocquenghem a eu à la fois une grande proximité avec des militantes féministes, et de grands désaccords. Le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), avant qu’il n’en devienne la figure de proue, a été créé en 1971 par des femmes, notamment venues du Mouvement de libération des femmes (MLF). Très tôt, des clivages apparaissent : les femmes, devenues inférieures numériquement, reprochent d’une part une reproduction de la domination masculine dans l’organisation et la vie du groupe, contestent d’autre part la manière de penser la politisation de la sexualité. Dès 1971, il y a des affrontements et des ruptures. Des propos d’Hocquenghem ont fortement choqué des militantes ; certaines n’ont plus jamais voulu entendre parler de lui, il a conservé des liens étroits avec d’autres. Il n’empêche : il n’a cessé de reconnaître la dette des militants homosexuels à l’égard des militantes féministes, et il a même essayé de penser leurs désaccords (par exemple dans un texte de 1972, « Aux pédérastes incompréhensibles »). (Au sujet de ces tensions qui ont traversé mouvements féministes et LGBT, rappelons aussi que la présence de lesbiennes à l’intérieur du MLF n’allait pas du tout de soi : bien des militantes lesbiennes se sont plaintes de la lesbophobie de leurs camarades militantes, ainsi que d’un féminisme pensé du point de vue de la femme hétérosexuelle et mère ; des militantes ont fui le MLF pour rejoindre le FHAR, avant de le quitter à son tour.)

    C’est une banalité, mais qu’il faut apparemment rappeler : les mouvements politiques sont traversés de tensions, parfois indépassables, parfois dépassées. En 1988, au moment de sa mort, l’écrivaine féministe Françoise d’Eaubonne, une des fondatrices du FHAR, écrivait dans Gai Pied que le militant « fut souvent un élément modérateur, tentant d’apaiser les frictions entre les deux clans », à savoir les militantes venues du MLF et ceux qui les avaient rejointes plus tard. Elle poursuit : « Lui et moi citions souvent, avec une jubilation ironique, la déclaration d’un abbé homophobe : “Homosexuels et femmes émancipées se donnent la main !”. » Il faut que cette féministe soit bien aveugle pour considérer comme un allié celui qui serait un des pires ennemis du féminisme…

    Qui plus est, la présente campagne ignore tout ce que la critique féministe a produit sur l’enfance. Tenez, une phrase par exemple : « La relation adulte-enfant […] est l’une des plus riches lorsqu’elle est vraiment réciproque. » (p. 88) De qui est-elle ? D’Hocquenghem ? Est-elle une de ces phrases douteuses qui justifie de le clouer au pilori ? Non. Elle est de Christiane Rochefort, une militante et écrivaine féministe, dans Les enfants d’abord, publié en 1976 chez Grasset dans la collection de Bernard-Henri Lévy. Une phrase qui, à bien des égards, pourrait avoir été écrite par Hocquenghem, en tout cas qui en évoque d’autres. Mais elle ne l’est pas : elle a été écrite par une des fondatrices du MLF, présente à l’Arc de triomphe le 26 août 1970. Et elle l’écrit dans des pages consacrées à l’inceste. C’est-à-dire qu’au moment même où Rochefort s’intéresse à des relations sexuelles abusives, elle reconnaît la possibilité d’une relation sentimentale ou sexuelle consentie entre un adulte et un enfant (elle ne précise pas davantage ce qu’elle entend par enfant en termes d’âge – c’est, plus généralement, une vraie difficulté à la lecture de nombreux textes : ils parlent indifféremment d’enfants, d’adolescents, sans préciser davantage). Une possibilité, à condition de la réciprocité. Une relation qu’elle juge supérieure à d’autres, sans se justifier sur ce point (on pourrait bien évidemment en discuter).

    Le livre de Rochefort est emblématique de tout ce qui s’écrit dans les années 1970 sur l’enfance. La couverture annonce : « De tous les opprimés doués de parole, les enfants sont les plus muets. » Le livre est notamment une forte charge contre l’autorité parentale, et la manière dont la société a dépossédé les enfants de toute autonomie : « Rien ne leur appartient en propre. Ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes : ils sont à leurs parents. » (p. 102). Selon Rochefort :

    « On usera le temps où il [l’enfant] est réduit à l’impuissance pour lier ses énergies et des désirs, et on lui imposera un statut de dépendance légale, économique, institutionnelle, de sorte qu’il ne quitte le berceau que pour la laisse, qu’il chérisse sa laisse, et ne la quitte par la suite que pour le “libre” consentement à l’exploitation. » (p. 16)

    Ce « on », on l’aura compris, ce sont les parents, et la manière dont ils intériorisent leur rôle : « Ils éduquent, forment, contrôlent leurs enfants, par amour et pour leur bien, et leur protection. » Toutefois, « ils ne savent pas que l’éducation est politique. Ils croient que c’est une affaire privée. » À tel point que « si on leur disait qu’ils sont des outils inconscients qui exécutent une commande sociale, ce serait un massacre. » (p. 18)

    Le matérialisme rencontre le féminisme : les enfants forment une « classe opprimée », une « classe inférieure. » (p. 52) Il y a même naturalisation de la domination : pour Rochefort, les enfants, comme les femmes, sont maintenus dans un état inférieur, dans un état de moindre pouvoir, au motif qu’ils seraient naturellement plus faibles ; cette naturalisation, loin d’être la cause, est la conséquence, et l’arme utilisée par la domination pour se légitimer. Ainsi,

    « La plupart [des adultes] d’ailleurs ne pensent nullement qu’ils “maintiennent” les enfants en dépendance, ils pensent simplement que les enfants “sont” dépendants. Comme ça, par “nature”. L’enfance est d’une “nature” différente. Ces histoires de nature, on commence à le savoir, sont bien sûr purement sociales – comme toutes les autres affaires de classe. » (p. 148)

    #enfance #féminisme #histoire #Guy_Hocquenghem #Christiane_Rochefort

    • Et donc je répondrai bien point par point, paragraphe après paragraphe à ce qu’il énonce. Notamment en entretenant la confusion avec Rochefort et certaines féministes. Peut-être, si j’ai le courage de m’y replonger, parce que j’ai lu les textes dont il parle, je m’y essayerai.
      Et puis, il glisse cette petite phrase finale qui me parait bien curieuse pour un historien : « En ne jugeant pas le passé avec le regard du présent. » et qui est pourtant le fait même de l’Histoire, bien évidemment le passé s’écrit toujours au présent. Et j’ai envie de parler de ce présent et de ces femmes qui admettent si tardivement les séquelles d’avoir été violées enfants, entrainées dans la tourmente de ce passé d’adultes maintenant vieillards boomers qui n’envisageaient pas, contrairement à ce qui est dit, la nécessité d’un consentement. Parce que la notion de liberté est si complexe qu’elle est autant affectée par la morale sociale que par son contraire, que la force de conviction d’une époque, sa culture, contraint les corps et que jamais il n’est question des conséquences psychiques sur les personnes devenues adultes aujourd’hui. Un peu comme si toujours les lionceaux n’avaient pas d’historiens.

      #prédation_sexuelle

    • Un autre point de vue sur France Culture par Frédéric Martel
      Pourquoi la mairie de Paris n’aurait jamais dû rendre hommage au militant homosexuel Guy Hocquenghem
      https://www.franceculture.fr/histoire/pourquoi-la-mairie-de-paris-naurait-jamais-du-rendre-hommage-au-milita

      Voilà pourquoi le retrait de la plaque de Guy Hocquenghem pose problème. Il ne fallait pas déboulonner sa statue ; il ne fallait pas enlever discrètement et hypocritement sa plaque de commémoration ; il n’aurait juste jamais fallu la poser.

      Frédéric Martel est producteur et animateur de l’émission « Soft Power », le magazine des industries culturelles et du numérique de France Culture. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du mouvement homosexuel, dont Le Rose et le Noir, les homosexuels en France depuis 1968 (Le Seuil, 1996), largement consacré au parcours de Guy Hocquenghem.

  • Effect of hydroxychloroquine with or without azithromycin on the mortality of COVID-19 patients: a systematic review and meta-analysis - Clinical Microbiology and Infection
    https://www.clinicalmicrobiologyandinfection.com/article/S1198-743X(20)30505-X/abstract

    Hydroxychloroquine alone was not associated with reduced mortality in hospitalized COVID-19 patients but the combination of hydroxychloroquine and azithromycin significantly increased mortality.

    • Je suppose que ce serait malvenu de faire remarquer que c’était la fameuse étude rétractée du Lancet (source du « Lancetgate ») qui avait suggéré que non seulement le protocole Raoult n’avait pas d’effet positif, mais qu’il augmentait la mortalité (+45% alors, contre +27% ici). Et qu’à cause du refus de l’entreprise détenant les données de laisser libre accès pour vérification, l’étude avait été annihilée et plus personne n’avait osé aller dans ce sens depuis.

    • Il est très probable que ladite étude ne racontait pas totalement n’importe quoi, mais à partir du moment pù le seul auteur qui savait d’où sortaient les données a choisi de ne rien dire sur leur origine ni de fournir le moindre détail, les co-auteurs ne pouvaient que se rétracter et le truc en question était absorbé dans un trou noir et rien ne peut en être utilisé, cité ou avoir ne serait-ce qu’un début d’existence dans le débat.

      Note que la très grande majorité des études (méta-)analysées sont des études observationnelles et pas des études randomisées contrôlées. Ce qui était également le cas des données de Surgisphere.

    • Oui, pour l’étude de Lancet, c’est aussi ce que j’ai compris. Pas de fraude ni erreurs mathématiques rapportées, mais fermeture totale des sources qui interdit donc toute vérification et donc invalide la publication (les études pro-HCQ sont elles généralement critiquées directement sur l’amateurisme et la fraude).

      De ce que je comprends, il y a des essais randomisés contrôlés ici, et le travail statistique de la présente méta-étude a consisté à pondérer selon la crédibilité des différentes sources.

      C’est explicité pour HCQ seul ici (au effet dans un sens ou dans l’autre) :

      Résultats, en ne considérant que les essais randomisés contrôlés, les chercheurs trouvent un risque de décès supérieur de 9% pour les patients recevant de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, par rapport aux soins standards. A l’inverse, en prenant en compte les études observationnelles, le risque est cette fois inférieur de 17%. Mais après intégration et pondération de tous les résultats, la méta-analyse pointe au final vers une absence d’effet significatif de l’hydroxychloroquine sur la mortalité.

      Ce n’est pas précisé dans l’article référencé ici pour HCQ+AZI (surmortalité importante).

      Et dans la copie d’écran de Kassem ci-dessus, si je comprends bien, ça indique comment sont pondérées les études RCT et non-randomised.

    • La figure ci-dessus fait la synthèse pour les 17 études portant sur HCQ (14 non randomisées, 3 randomisées). Les pondérations sont déterminées à partir de la « précision » des résultats des études : plus l’intervalle de confiance est grand, plus le poids attribué est faible.

      Ci-dessous, la même figure pour les 7 études HCQ + AZT (dont 6 non randomisées, 1 randomisée) :


      Figure 3 : Forest plot of the association between hydroxychloroquine with azithromycin and COVID-19 mortality.

      (note que l’échelle des rapports de risque de cette figure (de 1 à 5) n’est pas la même que sur la première figure (de 1 à 10))

    • C’est loin d’être ma spécialité, les stats. Est-ce que je dois comprendre que, sur HCQ+AZT, ce sont les études observationnelles qui l’emportent et provoquent l’estimation de la surmortalité importante ? Là où la seule étude RCT donnerait plutôt un résultat inverse (bien que très incertain).

      Est-ce que je dois aussi considérer que le résultat le plus spectaculaire de l’étude (HCQ+AZT = grosse surmortalité) est aussi le moins solide ?

      Sinon, que signifie le « Prediction interval » final (0,79 à 2,05) ? Est-ce que ça aussi c’est pondéré (vers le centre), ou bien est-ce que ça signifie que le résultat pourrait tout aussi bien être une amélioration de 20% ou une multiplication par deux des décès ?

    • Je découvre les méthodes et outils de méta-analyse…

      L’outil logiciel utilisé est le package meta de R. Une présentation rapide ici (pdf) http://cybertim.timone.univ-mrs.fr/infos-divers/atelierR/metanalyseSousR

      Pour le Prediction interval, voici l’explication relativement claire qu’on peut trouver pour leur signification et interprétation :

      Chapter 10 : Analysing data and undertaking meta-analyses | Cochrane Training
      https://training.cochrane.org/handbook/current/chapter-10

      The term ‘prediction interval’ relates to the use of this interval to predict the possible underlying effect in a new study that is similar to the studies in the meta-analysis. A more useful interpretation of the interval is as a summary of the spread of underlying effects in the studies included in the random-effects meta-analysis.

      Prediction intervals have proved a popular way of expressing the amount of heterogeneity in a meta-analysis (Riley et al 2011). They are, however, strongly based on the assumption of a normal distribution for the effects across studies, and can be very problematic when the number of studies is small, in which case they can appear spuriously wide or spuriously narrow. Nevertheless, we encourage their use when the number of studies is reasonable (e.g. more than ten) and there is no clear funnel plot asymmetry.

      … et c’est compatible avec l’interprétation que tu en fais. Bravo !

      Visuellement, le truc à retenir, c’est que sur la première figure (HCQ seule) le graphique est plus ou moins symétrique par rapport à l’axe plein vertical -> pas d’effet, alors que dans la deuxième (HCQ + AZT), il y a une asymétrie très nette (un peu atténuée par la seule étude aléatoire qui va dans l’autre sens mais avec une très forte incertitude (échantillon de 504 malades dont 172 sous HCQ + AZT dont 1 décédé…)

    • en fait, le problème des méta-analyses ce sont les données ! j’avais servi de petite main pour une étude justement, et en gros, tu ouvres le pdf de l’article, et tu notes les infos avec les moyens du bord, genre le nombre d’observation, les contraintes, la valeur de la statistique qui t’intéresse, etc. Le gros soucis est que les articles ne sont pas tous calibrés pareils, c’est dur de noter toutes les infos ! certains articles que tu vois passés sont pas clairs, mais tu les gardes quand même... C’est un peu comme l’expérience que j’ai pu avoir à faire passer des questionnaires dans la rue, pour voir que souvent, la collecte des données (même avec toute la bonne volonté du monde) peut être douteuse...

  • RSS, or why lack of developer imagination will be the end of the open web
    http://decafbad.net/2020/08/11/rss-or-why-lack-of-developer-imagination-will-be-the-end-of-the-open-web

    I’m tired of company indifference dictating the developer mindset. Lack of RSS feeds means one less avenue for me to poll for new items. It also prevents other creative and unintended uses of those items. RSS wasn’t just about allowing folks to read news items in a RSS reader; it also allowed devices to update content based on new items, side-bar widgets, crossposting to various social media outlets, and many more. It meant that someone could take a standard protocol and repurpose it in new ways. This is the very essence of the open web, and I fear that losing this spirit of remixing and repurposing means we’ll be locked into dull, purpose-built technologies again. I’m a creative person but I’m not nearly as creative as some of you, and I’m definitely not as creative as the rest of the world. Who knows what you might do with the RSS feed for this blog, or with the RSS feed of my podcasts, or my Mastodon RSS feeds. Frankly I don’t have to care; being an open protocol you can do whatever you want with them. That’s powerful.

  • Pour Mosquito, j’ai développé un grand puzzle pour une belle table tactile, pour l’exposition Pompéi au Grand Palais. C’était le gros événement du printemps, et figure-toi qu’on venait de livrer l’outil la semaine même où le confinement a été décrété et que tout a été arrêté. Oui, c’est ballot.

    Finalement l’exposition va avoir lieu du 1er juillet au 27 septembre. Mais dans un premier temps, par précaution, les tables tactiles ne seront pas… tactiles.

    Du coup, on vient de livrer une adaptation Web de notre application :
    https://puzzlepompei.grandpalais.fr

    C’est donc relativement responsive, mais idéalement c’était conçu pour un grand écran format 1920x1080. Avec de très bons yeux et des doigts fins, ça doit être faisable sur smartphone, mais c’est limite…

    Bref, c’est un grand puzzle en trois parties. Ce n’est pas évident, mais ce n’est pas très difficile (mes petits y arrivent très bien), c’est juste une question de patience. Noter que, par rapport à la version de la table tactile, les pièces sont directement dans la bonne orientation, parce que c’était avec deux doigts qu’on pouvait les faire tourner (sur la table, donc, les pièces sont présentées dans n’importe quelle orientation, ce qui rend le jeu nettement plus coton – mais très jouable). De plus, le multitouch est devenu mono-utilisateur, alors que la grande table pouvait être manipulée par plusieurs usagers (tu verrais nos jumeaux…).

    Et figure-toi que tout ça est géré… sous #SPIP. Si.

    Pour définir les trois grandes zones, j’utilise mon plugin de « hotspots », qui me permet de définir des rectangles sur une grande image, par drag and drop.

    Mais le plus original, c’est que j’utilise mon plugin destiné à fabriquer des « scènes animées » pour positionner les pièces. Normalement c’est utilisé pour fabriquer des bandes dessinées en ligne, mais là, comme vous voyez, ça devient un puzzle…

    Une autre astuce vraiment originale, c’est d’avoir des pièces qui ne sont pas rectangulaires, et de pouvoir les manipuler précisément. Normalement, un PNG, même avec une couche alpha, intercepte les événements tactiles sur toute sa surface rectangulaire. Ce qui fait que, dans un tel puzzle, si tu cliques dans la partie transparente d’un PNG situé au-dessus en espérant attraper une pièce en dessous, ça intercepte et ça sélectionne la mauvaise pièce. La solution, c’est de placer au-dessus du PNG un SVG qui a exactement la même forme que la pièce détourée, et d’intercepter les interactions uniquement sur la zone remplie. Voici (enfin) une utilité au CSS suivant :

    pointer-events: fill;

    Et il y a par ailleurs le même SVG, sous le PNG, pour fabriquer une légère ombre portée sous les pièces, et un petit effet de halo blanc quand on manipule une pièce.

    (Je me rends compte que, je n’ai pas besoin du SVG du dessus, mais bon, j’ai compris le fait que pointer-events:none laissait totalement passer les événements aux pièces situées en dessous après ce développement.)

    Et donc une autre astuce (assez typiquement SPIP) : fabriquer les SVG pour chacune des pièces… Ça se fait très bien en développant deux filtres d’images :
    – un premier filtre va fabriquer une image noire et blanc de la couche alpha du fichier PNG de la pièce ; de cette façon j’obtient un PNG de même dimensions que l’image, mais qui a en blanc la zone visible de la pièce et en noir la zone invisible ;
    – un second filtre qui fabrique un fichier SVG de cette image noir et blanc, en utilisant Potracio.php. Ainsi j’obtiens un fichier SVG qui épouse parfaitement les contours du détourage du fichier PNG de chaque pièce.

    Et donc, voilà une interface qui ne ressemble particulièrement pas à un site SPIP, mais pour lequel l’outil nous a fait gagner un temps énorme. Parce qu’on se retrouve avec un back-office avec des interfaces graphiques déjà prêtes simplement en utilisant de manière détournée mes plugins conçus pour un autre usage (comme Raoult : du repurposing, et les résultats viennent de tomber : ça marche !).

    Et lorsqu’il s’est agit d’adapter une version Web (pas prévue à l’origine), a minima mon plugin image_responsive m’a permis en deux coups de cuillère-à-pot de balancer des images plus petites sur smartphone, ou adaptées aux écrans haute définition, ainsi que leurs équivalents WebP pour Android et Chrome.

    #shameless_autopromo (j’en ai pas mal en ce moment, le confinement a retardé 3 beaux développements terminés à la fin de l’hiver)

  • Inclusively Hiding & Styling Checkboxes and Radio Buttons — Sara Soueidan – Freelance-Front-End UI/UX Developer
    https://www.sarasoueidan.com/blog/inclusively-hiding-and-styling-checkboxes-and-radio-buttons

    Checkboxes and radio buttons are two common examples of interactive form elements that we desperately want to have full control over styling but we don’t. So we’ve been hacking our way around styling them by hiding said elements with CSS and visually replacing them with pseudo-elements or an SVG image — SVG, of course, being the more flexible, powerful, and accessible replacement. But an SVG image is, at the end of the day, just an image, so while it can visually replace a checkbox, it doesn’t really substitute for it — the user still needs a checkbox to interact with. So, when we attempt to hide the checkbox we want to style, we need to make sure that the checkbox remains accessible and interactive.

    #web_design #webdesign

  • C’est la semaine des livraisons #shameless_autopromo… on vient donc de mettre en ligne, avec Emmanuel, le site du Frac Paca :
    https://www.fracpaca.org

    Évidemment c’est du #SPIP. Graphiquement c’est lié à la charte de l’institution, que nous avons évidemment adaptée à un site Web.

    Dans les trucs originaux :

    1. Le bandeau supérieur prend différentes formes selon la taille de l’écran :

    Ça se fait entièrement en CSS évidemment.

    2. Le menu hamburger est plus classique, mais à nouveau tout se gère en CSS (animations, accordéons…) ?

    3. Mes longforms, pour les expositions. Mais évidemment avec un traitement graphique beaucoup plus minimaliste que pour Fabre :
    https://www.fracpaca.org/Des-marches-demarches-remarche

    4. Un mini-agenda en page d’accueil, avec les prochains événements. L’aspect original, c’est que c’est responsive de façon un peu rigolote, puisque c’est un slider avec un nombre variable de cases, et que c’est réglé entièrement en CSS (si je te le dis : c’est plutôt astucieux…)

    5. Une carte des déplacements de la collection en région. Pour l’affichage, c’est du classique : Leaflet avec des clusters. L’intérêt ici c’est que ça va chercher les œuvres dans une base de donnée spécialisée (Navigart), pour les afficher sur le site. Aspect SPIP-c’est-bon-mangez-en : l’interrogation et le traitement de l’API distante se fait directement dans une boucle DATA dans le squelette, sans rien faire en PHP.

    6. Afficher automatiquement un portfolio des œuvres d’une exposition :

    Même principe, interrogation et affichage d’infos tirées de Navigart directement dans un boucle DATA. Et pour l’affichage des lignes façon Google Image, c’est mon bon vieux script tel que tu peux le récupérer dans mon plugin medias_responsive_mod… (modèle ligne.html et script portfolio_ligne.js).

    7. Une page d’agenda par semaine :
    https://www.fracpaca.org/?page=tout_agenda&id_rubrique=1&date_p=2020-07-23

    Pour le mini-calendrier en javascript, j’ai joué avec Pignose Calendar :
    https://www.pigno.se/barn/PIGNOSE-Calendar

    8. Pour les plugins importants ici :
    – plugin agenda
    – sélections éditoriales
    – plugin GIS (mais l’affichage des cartes côté public, je le refais moi-même, comme ça je vois directement ce que je fais).
    Et sinon, ma trousse à outil habituelle :
    – image_reponsive
    – centre image
    – css imbriqués
    – insertion avancée d’images

    • Pour info, nos échanges (oct 18) :

      > https://github.com/CliffCloud/Leaflet.Sleep

      – sur ordi : le déclenchement au hover est sensible et peut donc se faire même si on est en train de scroller et qu’on s’arrête juste pour regarder la carte.
      – sur tel (Android + FF et Chrome) : Ne fonctionne pas sur mon tel : j’ai bien le bouton « Clic or hover... » mais il ne disparait pas au clic et la carte se déplace dessous.

      > https://github.com/elmarquis/Leaflet.GestureHandling

      J’ai retrouvé mon retour de l’époque : https://www.mail-archive.com/spip-zone@rezo.net/msg45809.html

      C’est mieux aujourd’hui :
      – sur ordi : le 1er ctrl+scroll ne déclenche plus le zoom de FF mais ne zoome pas la carte pour autant (c’est mieux qu’avant). Le 2e ctrl+scroll déclenche le zoom carte.
      – sur tel (Android + FF et Chrome) : c’est ok sauf que le zoom à 2 doigts déclenche parfois (pas souvent mais je n’arrive tjs pas à reproduire) le zoom du navigateur

      Donc je dirais que le 2nd (Leaflet.GestureHandling ) est mieux...

    • La carte est activée dans tous les cas, mais elle est sous un <label > qui recouvre toute sa surface, et qui est semi-transparent histoire de renforcer l’impression que la carte est inactive. Toucher ce label déclenche un <input checkbox> qui est positionné immédiatement avant. Et une fois cet input décoché par le label, le label lui-même disparait, par un simple CSS.

      Sinon, la carte est en fin de page, à la fois parce que c’est logique dans la hiérarchie de l’information, mais aussi parce que ça évite que l’usager soit bloqué dans son scroll. Et aussi : la hauteur de la carte est proportionnelle à la hauteur de l’écran (60vh), ce qui fait que dans tous les cas (même sur smartphone), l’usager pourra toujours trouver moyen de scroller en attrapant une zone de l’écran en dehors de la carte.

  • On vient de livrer, avec Diala, le site Fabre dans mon canapé :
    https://fabre.montpellier3m.fr

    On est particulièrement enthousiastes, parce que c’est un beau bébé, un concept qu’on trouve intéressant (une plateforme de musée hors-les-murs), et on espère que ça va marquer notre installation professionnelle dans la région, puisque c’est un site pour le musée de Montpellier (et qu’on a fondé notre boîte, https://23forward.com, à Montpellier… #shameless_autopromo)

    L’idée est née, évidemment, pendant le confinement, quand les musées ont tenté de continuer à faire vivre leurs collections sur le Web, mais avec des solutions très décevantes : soit des trucs balancés sur Facebook, soit en refilant leurs collections à Google Arts & Culture.

    Comme l’a fait remarquer Diala, le British Museum a un énorme site sous Drupal, parce que Drupal-c’est-bon-mangez-en, mais pour valoriser leurs collections, ils t’envoient sur Google Arts & Culture. De « notre » côté (#SPIP), notre client du Musées des Arts décoratifs (désormais nommé MAD Paris) a pu valoriser des visites virtuelles, beaucoup de contenus, pendant le confinement, – et vous savez pourquoi ? – parce que tout est sous SPIP et que depuis des années ils ont énormément de choses sympas pour présenter leurs collections dans leur site.

    Alors j’ai eu l’idée de monter une démonstration d’une plateforme, sous SPIP, qui permettrait de valoriser des contenus en ligne, rapide à déployer, et qui évidemment constituerait toujours un excellent support à la fin du confinement.

    J’ai donc monté une démonstration, que j’ai fait circuler, basée essentiellement sur trois formats :

    1. des « accrochages virtuels », qui respectent les dimensions relatives des œuvres, et même leurs emplacements dans les salles :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Galerie-des-Colonnes-103

    Notez le petit personnage (qui change à chaque chargement) qui permet d’indiquer l’échelle des tableaux dans la salle. (Il y a quelques easter eggs cachés, là…)

    C’est un outil très pratique, parce qu’il permet de créer un « accrochage » rapidement, sans nécessiter des outils lourds à mettre en place. Il suffit d’avoir les cartels des œuvres, idéalement avec leurs dimensions, pour que ça se fabrique automatiquement.

    2. mes fameux “longforms”, qui permettent de créer des présentations évoquant les magazines papier, qui donnent vraiment envie de lire des textes longs, et qui s’adaptent à plein de types de contenus différents, et mêmes à des ambiances graphiques différentes :

    https://fabre.montpellier3m.fr/L-histoire-de-la-collection-italienne
    https://fabre.montpellier3m.fr/Art-et-anatomie
    https://fabre.montpellier3m.fr/Soulages-a-Montpellier
    https://fabre.montpellier3m.fr/Le-Realisme

    Ça permet même de reproduire des fiches pédagogiques autour des paysages et des émotions, avec des maquettes assez particulières :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Paysage-etat-d-ame

    3. des vidéos, présentées en plein écran pour que ce soit un peu spectaculaire :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Vincent-Bioules

    Le dernier concept de l’outil étant de tout rendre accessible sur une unique longue page d’accueil, parce qu’on ne prévoyait pas de faire un monstre en une ou deux semaines…

    –----

    Avec cette démo, j’ai commencé à montrer ça à différents contacts. Tout le monde très enthousiaste, mais tout le monde avait trop d’incertitudes (est-ce que le confinement va durer ? est-ce que la priorité c’est de mettre des sous dans l’internet alors qu’on n’a même pas de masques…). Vous voyez l’idée…

    Et finalement c’est le Musée Fabre, avec qui on a déjà un excellent contact (tu penses bien, mes enfants sont les vedettes des lieux, ils squattent l’endroit dès qu’il pleut), qui a décidé de monter un site sur ce modèle. Et entretemps, le musée a rouvert.

    Du coup, j’ai encore enrichi la plateforme par rapport à ce qu’on fait prévu initialement.

    1. des audioguides. Comme j’ai réussi à aspirer l’intégralité de la base de données du musée, j’ai récupéré les fichiers MP3 des audioguides associés aux œuvres. On a donc décidé de faciliter l’utilisation du nouveau site comme support alternatif aux audioguides prêtés par le musée. Les gens qui craindraient d’emprunter du matériel pour raison sanitaire peuvent ainsi utiliser leur smartphone pour visiter le musée. On a du coup monté une page dédiée, qui ne présente que les éléments qui servent de support de visite en salle :
    https://fabre.montpellier3m.fr/audioguide

    2. tout… Comme j’ai tout aspiré, du coup ça n’était pas (tellement) plus compliqué de proposer l’intégralité des salles du musée. Une cinquantaine de salles, plus de 800 œuvres…

    Et voilà, finalement, c’est un peu un monstre quand même…

    3. une frise chronologique. Puisqu’on a toutes les œuvres, et qu’elles sont datées, pourquoi ne pas faire une belle frise chronologique ?

    Et donc c’est du SPIP, et ce qui est marrant, c’est que la maquette est en pur CSS. Le scroll horizontal passe par Javascript, mais la maquette compliquée des petites cases est calculée côté serveur, et l’affichage se fait sans une ligne de JS.

    4. automatiser les scrolls infinis. J’en ai profité pour me développer un javascript personnel qui fabrique et gère tout automatiquement les scrolls horizontaux infinis, éventuellement avec des flèches de navigation gauche/droite, et une barre de scroll en dessous, que j’utilise à de nombreux endroits du site (dont les accrochages virtuels et la frise chronologique). Dans mon code, il suffit que j’attribue la classe .loop_auto à un élément pour qu’il se transforme en scroll infini.

    5. Et cerise sur le gâteau : des visites virtuelles avec des panoramiques 360, avec des cartels interactifs, une navigation de salle en salle, directement dans SPIP :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Salle-1-2

    qui se gère dans l’espace privé de SPIP (avec des glisser-déposer pour définir les zones) :

    6. Vignette automatiques pour les PDF. Les fichiers PDF insérés dans les articles ont leur vignette calculée automatiquement par le serveur (et c’est bien pratique…).

    7. Easter egg en page d’accueil. L’image du haut de page, qui illustre « Fabre dans mon canapé », ce n’est pas qu’une image : les tableaux sont choisis aléatoirement toutes les cinq minutes, ils sont cliquables, et c’est même un scroll horizontal infini…

    8. Easter egg : la page d’erreur 404. Jarnicoton ! Elle est trop cool… Le fond est un tableau différent à chaque fois, choisi aléatoirement dans les collections du musée. Et à chaque rechargement de page, tu auras droit à un juron différent… (Du coup je me demande si ce n’est pas ma page préférée du site…)
    https://fabre.montpellier3m.fr/dfgdfg

    • Non, pas que amour de l’art : certes initialement la démo était déjà très complète, mais ensuite ce qu’on livre à Fabre c’est devenu un vrai boulot. Mais de manière assez amusante, ce que je détaille dans la seconde partie, ajouté après qu’on a signé avec Fabre (audioguides, aspiration de la base complète, panoramiques 360°…), c’est plus ou moins en bonus, parce que je me suis rendu compte que je pouvais le faire, et que dans la logique « PoC », c’est aussi bien de faire un peu étalage de ce que la plateforme peut produire en très peu de temps.

    • @vazy : Proof of Concept. C’est une démo, normalement très préliminaire, pour tester le fait que ton idée est réalisable et que ça vaut le coup de continuer à la développer. Là on était déjà nettement plus avancé que pour un « PoC », j’avais en fait un outil complet et fonctionnel.

      C’est largement la difficulté de mon boulot : comme je fais du « sur mesure », on répond à des demandes des clients, et c’est dans ces demandes qu’il faut qu’on arrive à proposer des choses originales et rigolotes, mais en réponse à une demande déjà écrite noir sur blanc par le client (avec parfois quelqu’un qui a déjà totalement délimité ce que le client attend dans la rédaction du cahier des charges). Tu ne peux jamais pousser tes propres concepts au bout dans ces conditions.

      Et donc, de temps en temps, j’ai besoin (ou envie) de monter une démonstration complète d’un nouvel outil, ou d’une nouvelle manière d’assembler mes outils, pour en faire une démonstration complète. Parce qu’il n’y a en gros que comme ça que je peux tenter de convaincre quelqu’un de me l’acheter (avec ses variantes et adaptations, mais sur la base de ce concept).

      Par exemple il y a quelques années, je me suis développé plusieurs outils pour réaliser des « longforms » dans SPIP. Et quand j’expliquais, personne ne voyait l’intérêt, ni à quoi ça ressemblerait. Surtout que je ne voulais pas faire les trucs à la mode du moment, avec plein de parallaxes, parce que je n’aimais pas ça du tout (ça fait vomir). Bref une semaine je me suis pris un article de Wikipedia sur la NASA, et j’en ai fait un {très long} longform avec d’énormes images. Le côté PoC : l’outil fonctionne, on voit que l’usage est pertinent (on a envie de lire un truc très long, parce que c’est beau et rythmé), je teste les aspects techniques (les images responsive recadrées différemment selon les écrans par exemple). Et quand tu montres au client, il se dit « ah oui, j’ai très envie de ça ».

  • Coronavirus : une partie de la population pourrait être déjà protégée par une immunité croisée

    L’existence d’une immunité croisée, acquise en combattant d’autres infections, semble probable, mais les études pour le démontrer sont encore préliminaires.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/04/coronavirus-et-si-une-partie-de-la-population-etait-deja-protegee_6041689_32

    Certaines personnes seraient en partie protégées contre le SARS-CoV-2 par des défenses acquises en combattant d’autres infections. Ces défenses reposent sur deux piliers : les lymphocytes B (qui produisent les anticorps) et les lymphocytes T, dont les CD4 (les « chefs de guerre ») et les CD8 (les « soldats tueurs »). Après chaque infection, le corps « stocke » pour une durée plus ou moins longue une partie de cet arsenal : elle sera réactivée en cas de nouvelle attaque par le même agent infectieux, ou par un autre présentant certaines similitudes.

    « Le plus bel exemple d’immunité croisée, c’est la vaccine et la variole », remarque Hervé Fleury, professeur émérite à l’université de Bordeaux (CNRS UMR5234). La vaccine est la variole des vaches et, contrairement à la variole humaine, c’est une maladie bénigne. « Au XVIIIe siècle, un médecin anglais, Edward Jenner, contamine volontairement un homme avec la vaccine. Exposé ensuite au virus de la variole, l’homme “vacciné” ne développe pas la maladie. L’immunité acquise vis-à-vis d’un virus proche de celui de la variole protège efficacement contre cette dernière », raconte le virologue.

    (...)

    C’est aussi l’explication avancée au fait que les jeunes enfants font généralement des formes beaucoup moins graves de Covid-19, alors qu’ils peuvent autant être infectés que les adultes. Cette protection croisée serait héritée des fréquentes infections par l’un des quatre coronavirus saisonniers. Dans une étude britannique, les trois quarts des enfants de 3 ans avaient déjà été infectés par deux des coronavirus saisonniers, notamment CoV-NL63, qui utilise le même récepteur que le SARS-CoV-2 pour infecter les cellules.

    « Il y a eu peu d’études sur les coronavirus saisonniers. Il faut étudier le type de protection croisée qui pourrait en résulter, mais elle pourrait ne pas avoir un fort impact, car la réponse immunitaire est souvent proportionnelle à l’intensité des manifestations clinique », tempère M. Di Santo.

    #covid-19

    • Grâce à un phénomène appelé « immunité croisée », certaines personnes seraient en partie protégées contre le SARS-CoV-2 par des défenses acquises en combattant d’autres infections. Ces défenses reposent sur deux piliers : les lymphocytes B (qui produisent les anticorps) et les lymphocytes T, dont les CD4 (les « chefs de guerre ») et les CD8 (les « soldats tueurs »). Après chaque infection, le corps « stocke » pour une durée plus ou moins longue une partie de cet arsenal : elle sera réactivée en cas de nouvelle attaque par le même agent infectieux, ou par un autre présentant certaines similitudes.

      « Le plus bel exemple d’immunité croisée, c’est la vaccine et la variole » , remarque Hervé Fleury, professeur émérite à l’université de Bordeaux (CNRS UMR5234). La vaccine est la variole des vaches et, contrairement à la variole humaine, c’est une maladie bénigne. « Au XVIIIe siècle, un médecin anglais, Edward Jenner, contamine volontairement un homme avec la vaccine. Exposé ensuite au virus de la variole, l’homme “vacciné” ne développe pas la maladie. L’immunité acquise vis-à-vis d’un virus proche de celui de la variole protège efficacement contre cette dernière » , raconte le virologue.

      Lors de la pandémie de grippe A(H1N1) en 2009-2010, les personnes âgées étaient moins sujettes à une forme grave de la maladie, à l’inverse des jeunes. On suppose qu’elles avaient conservé une réponse cytotoxique CD8 acquise contre d’autres souches de virus grippal de type H1N1 ayant circulé quelques décennies plus tôt.

      Une partie de la population pourrait de même bénéficier d’une certaine protection contre le SARS-CoV-2. En l’absence d’un vaccin, celle-ci compenserait en partie le faible niveau d’immunité dans la population, même s’il est trop tôt pour en connaître l’impact.

      « Distance génétique »

      Ainsi, une étude, publiée dans la prestigieuse revue Cell https://www.cell.com/cell/pdf/S0092-8674(20)30610-3.pdf
      par une équipe californienne, montre que 100 % des patients infectés par le SARS-CoV-2 possèdent des CD4 réagissant au virus, mais c’est aussi le cas de 50 % des personnes qui ne l’ont jamais rencontré. Ces chiffres sont de 70 % et 20 % respectivement pour les CD8.

      « Cette immunité croisée pourrait jouer un rôle chez les personnes peu ou pas symptomatiques, notamment les enfants » , souligne le virologue Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, en rappelant qu’ « au début de l’épidémie on pensait que la distance génétique entre le SARS-CoV-2 et les autres coronavirus était trop lointaine pour que cela marche » . Depuis, les connaissances ont évolué.

      « Plusieurs publications ont montré l’existence d’une protection croisée contre le SARS-CoV-2 chez des personnes qui ont été infectées par le SARS-CoV en 2003. Le problème est qu’il y avait eu peu de cas d’infection lors de l’épidémie de SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère]. Rien à voir avec la pandémie actuelle » , souligne James Di Santo, directeur du laboratoire Immunité innée à l’Institut Pasteur (Inserm U1223). Peu de gens bénéficieraient donc de cette protection liée au SRAS.

      La réponse humorale est facilement mise en évidence en plaçant la souche virale en présence du sérum à analyser et en regardant si les anticorps qu’il contient bloquent la réplication du virus. « La réponse cytotoxique par les CD8 est plus difficile à mesurer. il faut stimuler in vitro les cellules et voir si elles fabriquent de l’interféron gamma » , détaille le professeur Fleury. Les deux réponses sont présentes face au SARS-CoV-2. Une équipe australienne décrit dans Nature Medicine
      https://www.nature.com/articles/s41591-020-0819-2
      le cas d’une femme de 47 ans, hospitalisée pour un Covid-19. A partir du septième jour après l’apparition des symptômes, elle a développé une réponse immunitaire aussi bien sous forme d’anticorps neutralisants que de lymphocytes T CD8 cytotoxiques.

      « Ligne de défense »

      Dans une étude, publiée le 18 mai sur le site de la revue Nature ,
      https://www.nature.com/articles/s41586-020-2349-ydes chercheurs d’une biotech suisse et de plusieurs universités ont passé au crible les anticorps monoclonaux produits par les lymphocytes B à mémoire d’un individu infecté par le SARS-CoV en 2003. L’un d’entre eux, appelé S309, possède une forte capacité de neutraliser le SARS-CoV-2.

      Encore mal connue, l’#immunité_cellulaire serait déterminante pour combattre le SARS-CoV-2. « La défaillance de cette ligne de défense favoriserait la réplication virale, ce qui entraînerait la production d’un grand nombre d’anticorps, peut-être pas suffisamment efficaces ou arrivant trop tard dans la bataille » , indique M. Decroly.

      Pour leur part, des chercheurs de l’hôpital universitaire de la Charité,
      https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.17.20061440v1
      à Berlin, ont retrouvé des lymphocytes T CD4 chez 83 % de dix-huit malades du Covid-19, mais aussi chez un tiers d’un groupe de 68 donneurs de sang en bonne santé et séronégatifs. Chez ces derniers, ces cellules pourraient être porteuses d’une mémoire acquise lors de rhumes dus à des coronavirus saisonniers.

      C’est aussi l’explication avancée au fait que les jeunes enfants font généralement des formes beaucoup moins graves de Covid-19, alors qu’ils peuvent autant être infectés que les adultes. Cette protection croisée serait héritée des fréquentes infections par l’un des quatre coronavirus saisonniers. Dans une étude britannique, les trois quarts des enfants de 3 ans avaient déjà été infectés par deux des coronavirus saisonniers, notamment CoV-NL63, qui utilise le même récepteur que le SARS-CoV-2 pour infecter les cellules.

      « Il y a eu peu d’études sur les coronavirus saisonniers. Il faut étudier le type de protection croisée qui pourrait en résulter, mais elle pourrait ne pas avoir un fort impact, car la réponse immunitaire est souvent proportionnelle à l’intensité des manifestations clinique » , tempère M. Di Santo.

      Différents scénarios

      En modifiant la circulation du virus et la population susceptible d’être infectée, l’existence d’une immunité croisée change l’allure des modèles utilisés pour « prédire » l’évolution de l’épidémie. Dans un article publié dans la revue Science ,
      https://science.sciencemag.org/content/368/6493/860.long
      une équipe de l’école de santé publique Harvard T. H. Chan (Boston) explore différents scénarios en faisant varier le degré d’immunité croisée avec deux autres coronavirus saisonniers − HCoV-OC43 et HCoV-HKU1 −, la durée de l’immunité contre le SARS-CoV-2 et la valeur selon les saisons du R0, le nombre moyen de personnes contaminées par chaque individu infecté.

      A une exception près, tous les scénarios prédisent une réémergence de l’épidémie avec des vagues espacées de plusieurs mois ou années. « Même si l’immunité contre le SARS-CoV-2 ne dure que deux ans, une légère (30 %) immunité croisée modérée contre le HCoV-OC43 et le HCoV-HKU1 pourrait efficacement empêcher la transmission du SARS-CoV-2 pendant trois ans, avant une résurgence en 2024 », estiment les auteurs de l’article. Si la protection conférée par une première infection se révèle inférieure à un an, le SARS-CoV-2 pourrait réapparaître chaque hiver, avec des « vaguelettes » semblables à celles des autres coronavirus. Rien de comparable avec la vague qui s’achève.

      L’état des connaissances scientifiques ne permet pas de privilégier un scénario plutôt que l’autre : les mécanismes d’immunité croisée sont encore mal cernés, et la durée de l’immunité acquise par les personnes infectées par le SARS-CoV-2 ne sera pas connue avant plusieurs années. Il a fallu attendre 2006 pour déterminer que les anticorps présents chez les personnes touchées par le SRAS de 2003 diminuaient beaucoup après deux ans.
      https://academic.oup.com/jid/article/193/6/792/1031353

      Des études sérologiques seront aussi nécessaires pour estimer avec précision la part de la population contaminée par le SARS-CoV-2 après la première vague épidémique, et le nombre de personnes déjà immunisées contre d’autres coronavirus, susceptibles, donc, d’être protégées. Enfin, l’impact des mesures de distanciation physique n’est pas pris en compte par les épidémiologistes dans ces scénarios.

      Paul Benkimoun, Chloé Hecketsweiler

      #immunité #immunité_croisée

    • L’URL de l’article du Monde révèle que le titre d’origine n’était pas bien glorieux (genre titre qui buzz) : « coronavirus-et-si-une-partie-de-la-population-etait-deja-protegee ».

  • TransPédé.eGouines cependant – Un manifeste #queer
    https://transpedeegouines.wordpress.com

    En tant que queers, les mots que nous posons sur nos identités de #genre, sexuelles et politiques appartiennent-ils aux un.es plutôt qu’aux autres ? Non.
    Les personnes transmasculines possèdent-elles le “privilège masculin” ? Non.
    De quoi est-ce qu’on parle quand on parle de “classe”, s’agit uniquement d’une question de #privilèges ? Non.
    Est-ce pertinent de réfléchir en terme de « #classe des #hommes » et de « classe des #femmes » ? Non.
    Les personnes transmasculines appartiennent-elles à la “classe des hommes” ? Non.
    Est-ce qu’alors ça signifie que les personnes transmasculines sont des femmes ? Non.
    Est-ce qu’alors ça veut dire qu’en miroir les personnes transféminines appartiendraient à la classe des hommes, qu’elles ne sont pas des femmes ? Non.
    Une personne transmasculine qui se dit transgouine retire-t-il ce mot aux personnes transféminines, retire-t-il ce mot aux gouines en général ? Non.
    Gouine ou pédé est-ce que ça veut seulement dire fille + fille, garçon + garçon ? Non.
    Le genre existe-t-il par essence, naturellement, en dehors des mythes créés autour de l’hétéronorme et la différenciation des sexes ? Non.
    Pour autant les personnes transmasculines peuvent-elles se dire homme, au même titre qu’un mec cis se dit homme ? Oui.
    Pour autant les personnes transféminines peuvent-elles se dire femme, au même titre qu’une meuf cis se dit femme ? Oui.
    Nous, transmasculins, transféminines et/ou pédés et/ou gouines et/ou bi.es, et/ou intersexes, etc.. sommes-nous, de fait, des anomalies dans l’#hétéropatriarcat ? Oui.
    Cela nous rend-il cible potentielle de violence, d’exploitation, d’aliénation ? Oui mais…
    Cela nous donne-t-il un pouvoir subversif puissant qui peut gripper la machine hétéropatriarcale ? OUI.
    C’est « pas logique » ? accroche-toi et lis-nous.

    Plein de débats ici comme ailleurs autour de ces questions, une pièce au dossier.

    • Parler de classes ne se résume aucunement à la seule notion de « privilèges », qui semble être pourtant devenue centrale aux yeux des mêmes qui se réfèrent constamment à la notion de « classes de genres ».
      Mais aux dernières nouvelles, les classes n’existent que parce que l’une d’elle exploite l’autre.

      Le concept de classes, avant de causer privilèges, parle d’exploitation.

      […]

      En ce sens, les personnes transmasculines non plus, ne sont PAS des femmes. Et pour certain.es d’entre nous, personnes transféminines comme transmasculines, transitionner a pu être le souhait non pas tant d’arriver dans un genre opposé que de quitter un genre assigné.

      Lien avec https://seenthis.net/messages/846298 où c’est assez clairement le cas pour la première personne interrogée Héloïse

  • Éliminer les animaux pour leur bien : promenade chez les réducteurs de la souffrance dans la nature - Résumé - Les Cahiers antispécistes
    https://www.cahiers-antispecistes.org/resume

    Ce livre porte sur le mouvement #RWAS (Reducing Wild-Animal Suffering) : un courant de pensée qui s’emploie à mettre en évidence l’importance des maux qui affectent les bêtes dans la #nature, et qui appelle à chercher les moyens de réduire la souffrance des #animaux sauvages.

    Passionant.

    #antispécisme

  • Marseille en guerre
    entre effondrements et coquilles vides

    Par Bruno Le Dantec
    https://vacarme.org/article3298.html

    Si le bazar de Belsunce n’a pas bénéficié des réseaux du clientélisme municipal, la place qu’il a occupée en ville est inestimable. Ce qu’on réduisait un peu vite à un « commerce arabe » était ni plus ni moins que la réinvention d’échanges transméditerranéens par des ex-colonisés s’appuyant sur des liens familiers avec l’autre rive. Cela au moment où, avec les indépendances, Marseille cessait d’être « la porte du Sud et de l’Orient ». Ce bazar avait donc une signification politique forte, en cheville avec l’histoire et les affaires de la cité. Mais on n’a pas voulu le laisser prospérer. À droite parce que racisme et « nostalgérie » étaient trop prégnants. À gauche, parce que ni la doxa marxiste, ni le clientélisme du PS ne permettaient d’apprécier la puissance culturelle, économique et sociale du bazar — comparable, à son apogée dans les années 1980, à celui d’Istanbul. Le commerce d’échoppes et l’artisanat qui gravitait autour (comme le cuir travaillé dans les ateliers arméniens de la porte d’Aix) étaient vus comme des archaïsmes. Pourtant, la dimension universelle de cette constellation trabendiste crevait les yeux : le commerce des voitures d’occasion, par exemple, couvrait une géographie mondiale, depuis l’Europe du Nord jusqu’aux ports du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, en passant par les ateliers mécaniques qui turbinaient en guirlande de l’avenue Salengro jusqu’à la montée de la Viste.

    #Marseille #Bruno_Le_Dantec

  • Children and COVID-19 | RIVM
    https://www.rivm.nl/en/novel-coronavirus-covid-19/children-and-covid-19

    Worldwide, relatively few children have been reported with COVID-19. Data from the Netherlands also confirms the current understanding: that children play a small role in the spread of the novel coronavirus. The virus is mainly spread between adults and from adult family members to children. Cases of children infecting each other or children infecting adults are less common.

    ce n’est qu’une étude, je n’en tirerais pas de conclusions définitives mais c’est un peu rassurant du point de vue de @baroug ; la matrice des âges transmetteur / infecté ci-dessous est bien foutue :

    • Une nouvelle définition politique du soin (ici pour une trad viteuf)

      For many of us, the last few weeks have marked a new phase of our corona-lives—a dark and lonely corridor that stretches before us, no end in sight. Earlier, we counted this crisis in days and weeks. Now we are coming to see that this virus will in all likelihood be with us for months and years. We can’t stand social distancing any longer, but we also can’t stop, because there is no infrastructure in place to safely allow us to go back to school and work.

      A Community Health Corps is one place to start to build a new movement that heals us and our body politic, and that will allow us—all of us—to survive a pandemic, and then, to thrive.
      Our federal leadership remains ruinous. President Trump, obsessed with ratings, still cannot seem to think beyond the twenty-four-hour news cycle. In the last week he first insisted he would reopen things in May, then abandoned the idea, perhaps having learned that he lacked the necessary power. He then cast around for others to blame, taking to Twitter to cheer on tiny and malevolent groups of protesters calling for a reopening the economy, damn the consequences. Tragically, in the wake of the president’s remarks, Governor Brian Kemp of Georgia announced he would let many businesses resume operations, though the state is flush with new cases, and there is no viable plan for containment going forward. Trump tried to walk back his remarks, saying he disagreed with Kemp, but the damage was done, and Georgia is proceeding full-steam ahead. The press to return to school and work will only intensify, for all of us—while Georgia, and other states that are making similar rumblings, have nothing to offer their citizens but decimation.

      What other way forward is there, over these coming months? As in the early phase, leadership and vision is going to come from elsewhere. It’ll come from reality-based local leaders, perhaps from Congress, and from us. As the timescale of our response to COVID-19 shifts to months and years, it’s time to ask: The day after all this is over, what do we want the world we share to look like? What are we willing to fight for? And how do we connect a long-term vision of that world worth fighting for with the things we need to do to mitigate the damage now?

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      Any response to the moment has to address two, twinned crises: the threat of a virus run out of control, and the carnage being visited on working people and families by the measures we need to undertake to contain the virus. While COVID-19 cuts its deadly swath from coast to coast, the disease follows the same patterns of inequality we’ve always seen embedded in the U.S. landscape, where the death rate for predominantly African American counties is six-fold higher than in predominantly white counties across the country, and where this crisis is just heaped upon others, which have been plaguing these communities for generations.

      Meanwhile, as millions of Americans stay at home in solidarity with their neighbors to protect them from infection, the economic contraction has come at great cost to families and individuals, dragging them to the brink in the most spectacular economic collapse since the 1930s. We are in the middle of a disaster scene today, aided and abetted by a political culture that has rushed to give corporations billions in bailouts but has largely hung ordinary people out to dry. Food pantries are running empty as farmers—themselves facing bankruptcy—plow their crops into the soil. Last week, the number of people who filed for unemployment benefits surged to more than twenty-six million. Poorer families and school districts don’t have the resources for online learning, meaning that we are leaving millions of kids behind. Rent strikes are popping up from coast to coast.

      We must build for a better future, not just climb out of the rubble of this pandemic, brush ourselves off, and start up in the same place we found ourselves in January 2020.
      With a disruption looming that may be as severe as the Great Depression, our ambition to confront it should be at the same scale. But our answer to these twin immediate crises must connect to a broader politics and vision that addresses the deep structural roots of the problems we face in America. We must build for a better future, not just climb out of the rubble of this pandemic, brush ourselves off, and start up in the same place we found ourselves in January 2020. In our earlier pieces in these pages, we’ve argued for a new politics of care, one organized around a commitment to universal provision for human needs; countervailing power for workers, people of color, and the vulnerable; and a rejection of carceral approaches to social problems. The question now is how to connect that vision to programmatic responses that address the needs of the moment and beyond. We need to aim at “non-reformist reforms”—reforms that embody a vision of the different world we want, and that work from a theory of power-building that recognizes that real change requires changing who has a say in our political process.

      Here’s one such reform: a massive new jobs program. Call it the Community Health Corps. Funded federally and organized locally, it would put millions of Americans to work caring for one another, and with far more sweeping goals than just turning around the sky-rocketing unemployment figures we see today. It would serve our needs for a vast force that can track and trace the virus, but add to it workers who can support those in need, all while securing our health and building real solidarity among us. Such a program, operating all around the country, in rural and urban areas alike, could help us get through this pandemic and mitigate the cataclysmic employment dislocation of the coming months and years.

      In truth, this is just a new form of an old idea—a Works Progress Administration (WPA) for an age of pandemics. But the aim is larger, to bring us through the crisis by calling into being government as we wish it to be—caring for us, bringing us together, while also enabling us to live our different lives. It would go beyond providing care to communities by stitching back together the personal connections among us torn asunder by our self-enforced isolation and by building power together, as workers and patients are tied to each other through the act of caregiving. It wouldn’t just create jobs to fill a hole during the crisis—it would develop skills and foster solidarity that will form the basis of the post-crisis economy, too.

      What jobs are needed? Start with contact tracing. The need here is straightforward and urgent. We cannot shelter in place forever, but reopening without measures to track the virus and sequester those exposed runs the same risk of swamping the health care system—infections and deaths will just come roaring back. Beyond the medical tragedy, such an outcome would also make a mockery of the sacrifices that millions of Americans have made over the past few months. That’s why every serious plan for reopening requires a massive scale-up in testing and contact tracing. The better we are at catching cases, notifying contacts, and supporting people who are sick or sequestered, the better control we will have over the virus, and the more “normal” life can be for those unexposed.

      Think of the people hired for contact tracing as virus detectives, who also have the under-appreciated skill of being able to talk to others with ease and empathy. They will engage people infected with SARS-CoV-2 (the virus that causes COVID19) in a process of recalling everyone they’ve seen and everywhere they’ve been for days, while recording all this information in detail. They will then reach out to these contacts, advise them on testing and quarantine, refer them for testing, and link them to necessary resources to help them through their quarantine, from start to finish. Despite all the talk about technological shortcuts, this old-fashioned shoe-leather epidemiology is going to be the mainstay of our next phase of attempts to control COVID-19. Contact tracing in its most basic form has been around since the smallpox outbreaks in Leicester in the United Kingdom in the 1870s. We know how to do it, and it can be scaled up locally.

      Shoring up the foundations of U.S. health care by valuing care itself isn’t just the first step towards a more rapid, effective response to health threats in the future. It will also move us toward a new politics of care, that starts from the ground up.
      Technology can help supplement these human tasks but cannot replace them. The idea that apps alone will solve the problem of contact tracing is the product of the technological “solutionism” that writers such as Evgeny Morozov have rightly argued is endemic to our culture today: the notion that no matter the problem, an app can efficiently solve it. Why won’t apps be a silver bullet? For one thing, they raise serious privacy issues, especially if they are not voluntary. There are technical issues too. It will be difficult for some technologies, like those that rely on GPS, to distinguish true contacts from false ones in crowded, dense urban environments. The myriad apps under development now have not been beta-tested, let alone rolled out in the midst of a pandemic at such a scale. It also isn’t clear that app developers have spent time talking to the potential end-users of their products, building their tools to meet the needs of, and benefit from the expertise and experience of, local health departments. Finally, technological solutions almost always leave out many of those who lack full participation rights in a digitally enabled society. For example, in the rush to move our financial transactions online and replace paper money with electronic payments with apps from banks and start-ups such as Venmo, we’ve left out many from low-income communities, particularly from communities of color. Apps can help make contact tracing more effective, but we need to act now, hiring people to do this work that no app can do.

      Spend a moment imagining a day in the life of a contact tracer working in Queens or Sioux Falls and you quickly see why an app alone cannot address the rippling crises that SARS-CoV-2 unleashes in every family. You also see the insufficiency, even, of contact tracing alone. Imagine you reach out to your first contact, who has tested positive and been sent home because they do not require hospitalization. Someone who has just learned that they have been exposed will have a myriad of important questions and needs. A father may wonder how, if he cannot leave his room, he will get food to his kids who are home from school. A shift worker who is wrongly fired for being sick will need help accessing unemployment insurance and legal support. A daughter may need help finding someone to provide essential daily care for a mother with dementia. Someone living alone will need help to walk the dog. We will need another group of workers to help them navigate these kinds of problems, which will require a mix of social work, advocacy, and even perhaps basic legal skills or the ability to make referrals to those who have them real-time.

      Those going out to trace contacts are going to find more than just SARS-CoV-2 in the places they visit. There will be some homes they call where no one has been exposed to the virus, but where families are struggling to make ends meet, having trouble with their landlords or their utility companies, or struggling with lost or unhelpful health insurance. Recent data has shown that during this pandemic domestic abuse has become “more frequent, more severe and more dangerous” and that mental health and substance issue on the rise. We can’t just walk away from these people, our neighbors in crisis. In the narrowest sense, ignoring these needs will make it harder for people to keep social distancing. In a broader sense, if we use our politics at a time of existential need to impose an unlivable life on our fellow citizens—if we fail those for whom staying at home might be more dangerous than the virus—we will tear away at the fabric of solidarity and trust that we need to maintain the shared project that is democracy.

      Right now we’re leaving help with all of this largely to individuals, families, and voluntary support. Most of us know people who are cutting corners with social distancing because they just can’t meet their daily needs any other way. In the next phase of the pandemic, we will need a much more precise and effective system of sequestering people if we are to get and keep the virus under control. While the mutual aid networks springing up around the country can handle a few requests for support, as we scale-up testing, the need of these kinds of social services and economic aid will explode. This can’t be handled simply as a matter of volunteerism even if “conservatives dream of returning to a world where private charity fulfilled all public needs.”

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      What is the alternative to genuine, public support for those who must remain isolated? Doctors Jim Yong Kim and Harvey Fineberg made the case in the New York Times recently that the ill, and their exposed families, should all be moved to facilities where they could be isolated from each other and the wider community, but they didn’t provide much guidance on how to do this humanely. Nor did they grapple with what it might mean to propose this sort of measure in a country with our history of state violence, especially as visited on families of color, who are vastly overrepresented among the sick today. We need to protect families from their sick loved ones, but forcibly warehousing families or the mildly symptomatic is not the way. We need a politics of support and care, not separation and deprivation. It’s clear that following public health advice isn’t as easy as it sounds—and its costs do not fall evenly. So we need support people to undertake this act of solidarity.

      We need a politics of support and care, not separation and deprivation.
      Alongside the test-and-trace brigade, then, we need other brigades too. We need a cadre of social workers who can provide specific help to individuals infected and affected by COVID, to enable them to follow public health and medical advice. We need a vastly scaled up testing workforce. Some will be dressed up in personal protective equipment (PPE), working at drive-through testing sites, visiting apartment buildings and nursing homes, and stationed outside of grocery stores and other businesses that remained highly trafficked even in the midst of the pandemic.

      Others will be working in labs or transporting samples, helping to process the millions of tests we will need each week, possibly each day. If evidence mounts that early intervention and close monitoring is essential to saving lives, we will also need a new brigade of health workers who can make virtual or home visits. We can additionally train local workers to help us gather evidence—for example mapping local health and services needs through surveys, building on successful models of community-based research, and working to better guide local programs. These programs will not only help us understand and respond to the spread of the virus but help us build better health programs when it recedes.

      We also need to address the explosion of infections in the workplace. We’ve seen outbreaks, large and small in meat processing plants across the country, in Amazon warehouses and Walmarts, leading to walkouts and lawsuits. As more and more businesses re-open, employees and employers need help to keep themselves and their customers and clients safe. Areas for employees and customers must be re-configured to maximize social distancing, and new workplace protocols need to be developed. Employers should be held responsible for taking the steps needed to protect their workers and the public, and some of this will likely not come without a stronger role for labor—via labor-management commissions, for example. An infection control brigade could work in cooperation with employees and employers, advising them on best practices in infection control, and assuring that supplies of PPE, from masks to gloves to physical barriers like plexiglass shields for cashiers are available. They can also ensure that early signs of failures in infection control are discovered and addressed immediately.

      We are already seeing small steps in this direction. In Massachusetts, Partners in Health (PiH), which has experience building community health workforces in places hit by disease and disaster around the globe, has been asked by the state to spearhead their new contact-tracing program. In a matter of weeks, they have hired and trained close to a thousand people for these important and complex jobs. Aware of the importance of the work and the demands of the job, PiH is paying them the same rate as U.S. Census takers, $27 an hour, providing them with health insurance and making an emphasis on hiring the unemployed and building a diverse workforce. About 17,000 people have applied for these jobs, showing that there is clearly a deep pool of people willing and able to do this work. That should come as no surprise, given the staggering loss of work in recent weeks and the inadequacy of the current government supports, and the outpouring of support we’ve seen in communities and mutual aid networks. People want to help. We just need to organize them.

      The problem is, while these efforts are admirable, state-level programs are vastly underpowered and underfunded. Before the crisis public health departments employed fewer than 2,000 contact tracers in the country. The best estimate we have projects that we will need to hire as many as 300,000 of them to address this outbreak. We have cohorts to build on for caseworkers and legal support too. One such pool derives from so-called community health worker (CHW) programs, which have a long history both in the United States and around the world.

      The United States is sicker now with COVID-19, but we’ve been sick for long while in many other ways.
      Today, we have about 120,000 community health care workers in cities and towns around the country doing health education and prevention work, collecting data, making links between local residents and the services they need. They are most often from the communities they serve and which have been underserved historically by the patchwork of a health system we have in the United States. In the context of need for testing-tracing-isolating in the age of COVID-19, local CHWs will go a long way to establishing trust and comfort in these troubling times. Contact tracers too should be recruited from local communities. Having a neighbor show up at your door (or on your screen) asking about your health and your personal contacts is more likely to be successful than a phone vibrating in your pocket telling you that you make have come in contact with someone with COVID-19.

      There are also models for the caseworker and legal support component in the medical-legal partnerships (MLPs) that have emerged all around the U.S. in recent years. Driven by the recognition that illness—and healthcare costs—are shaped by factors that doctors alone cannot control (like access to safe housing and benefits), hospitals and non-profits around the country have hired legal professionals to assist clinicians, social workers, and case managers address larger structural issues affecting patients’ health and well-being. As of early 2019 there were MLPs active in about 330 hospitals and health centers in 46 states with evidence that MLPs can improve patient health outcomes and well-being, improve mental health, remove barriers to health care for low-income families, increase access to stable housing and other social support.

      The idea is to build on these successes, which operate in small and disjointed ways, by integrating them into a federally funded Works Progress Administration for the age of COVID-19 and its aftermath. It will require significant federal funding, especially as states are forced into austerity by plummeting tax revenues and balanced budget requirements. But the cost will be small compared to the recent $2 trillion stimulus. Reports show that we can scale up contact tracing for just a few billion dollars—a fraction of the bailout we’ve handed over to big businesses. Some in Congress have already seen the need, and a federal bill awaiting the president’s signature provides some funds that could go towards such jobs, along with the massive scale up in testing that we need—though not nearly enough. Even a vastly larger program, hiring five million Americans for the duration of the crisis, would still cost less than the corporate bailout. This is a deal, if we consider what it can do to help not only save lives but also help employ people and buffer us against economic depression.

      We could also mold the program to help shore up the present and future of those who are at grave risk, but not of dying from COVID-19. Many young people today are facing down a terrifying future. With more than twenty-six million unemployed and more to come, who will hire someone just out of high school? How will students get that first job to pay off their college loans?

      By whatever accident of grace, young people are least at risk of developing serious complications of COVID-19, making them an obvious priority for a jobs program. The staggering health disparities of the pandemic make another priority clear. We need care workers who are from, and trusted, in local communities, both to reach those most in need, and to help build resources and power in those same communities. We also should demand a program that can hire those who are hardest hit by this downturn, and who we’ve cast aside for too long.

      This means not focusing only on workers who are already highly skilled (much less volunteers, who will always skew toward those who need not worry about their daily bread). Some of these new recruits will need significant training, but we should not think of that as a problem—these are the same jobs we will need after COVID-19, and we have chronic shortages of exactly those skills nursing care and home health care workers that we will need to address this pandemic. And many of these jobs will use skills that come far more quickly: contact tracers can be trained in days, as can those who they will deliver food, masks, and hand sanitizer to families.

      We know from the work of those who study the impact of jobs guarantees—including programs that have been running for many years in other countries—that such programs can be scaled up quickly, and provide essential counter-cyclical stability, as well discipline the private labor market. Especially now, creating alternatives to exploitative jobs is urgent, the only right thing to do. Many “essential jobs”—in janitorial positions, as cashiers in grocery stores, delivery workers—look a lot like forced labor today. With few exceptions, if you quit, you aren’t eligible for unemployment, and other forms of support like those elusive $1200 checks are too small, and not available to many. A Community Health Corps could provide better jobs, driving up the pay of those workers that we call essential, but do not pay that way. If these Corps jobs stick around (folded in, perhaps, to a Medicare for All program), they can help not only address our needs for care, but also our needs for decent work—and our needs to benefit collectively from the talents of so many who are now relegated to the margins, locked up or tossed away. We can also build the Corps as a springboard for further training, where those who have served their country can be funneled into higher education, in a new GI Bill for the age of COVID-19.

      Getting back to normal was never going to be a solace for many in our country. Business as usual is precisely what has made us all more vulnerable to disasters like the one we are currently experiencing.
      The United States may have the most technologically advanced health care system in the world, but we’re leading the number of worldwide coronavirus cases because we’ve badly trailed other industrialized nations in health outcomes for years. Many of the hardest-hit communities in the COVID-19 pandemic have been reeling from long-term health crises, from the opioid epidemic and deaths of despair in Appalachia to the burden of maternal deaths and the ongoing HIV epidemic in the South, to an explosion of obesity across the country with its downstream effects: type 2 diabetes, hyperlipidemia, high blood pressure, cardiovascular disease, and cancer. The United States is sicker now with COVID-19, but we’ve been sick for long while in many other ways.

      Beyond helping to manage the current crisis, then, a Community Health Corps would help to improve the health of people historically left out of the circle of care. For too long we’ve focused at the top, spending on expensive, technologically advanced specialty care, while neglecting primary and community care and underpaying caregivers themselves. Even in the midst of the pandemic, community health centers, which should be the core of our health approach, have teetered on financial ruin. Meanwhile, the domestic workers and home health aides who perform the essential act of care have been underpaid and left out of federal labor protections. Not to mention that much of the work of caring is still done at home, falling disproportionately on women and people of color.

      Shoring up the foundations of U.S. health care by valuing care itself isn’t just the first step towards a more rapid, effective response to health threats in the future. It will also move us toward a new politics of care, that starts from the ground up, in the places, we live, work and socialize. A politics that builds power among the caregivers, as the act of caring becomes publicly recognized and compensated for the productive work it is. Done right—and without the racialized and gendered exclusions that characterized the WPA—these new jobs can be a source of power for those who have never been fully allowed a voice in our democracy.

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      To scale this up quickly, we will need to bring together organizations like Partners in Health, who are experienced at mobilizing in a community though largely in the global South, and who are trusted and effective in their work on health, with local organizations, working on civil, social and economic rights such as national groups like the Center for Popular Democracy and Community Change, and their diverse roster of local community organizations.

      Will it be easy to get our creaking, divided democracy to funnel resources into these programs? Probably not. But COVID-19 is conspiring to show us, all at once and in a way that no one can ignore, how central care is to a healthy society.
      Over the past four decades we’ve seen the erosion of government as a force for good in people’s lives, most often by design as conservatives have looked to shrink the state, weaken its effectiveness, and privatize its functions. Liberals have gone along and lost their faith in the kind of government that built their political base while helping millions in the modern era, starting with the New Deal, and the civil rights, social and economic programs that were the hallmark of the Great Society period in the 1960s. The U.S. state is so weak and untrusted right now that banks have had to take over as the vehicle for the provision of many of the billions just released under the emergency appropriations by Congress, as many Americans cursed the IRS because of delays in the small checks they were promised in COVID-19 relief.

      A Community Health Corps could be part of the remedy—in terms of the direct services and employment it could offer millions of Americans, in the ways in which this effort could lift up the health and well-being of so many, and also in terms of renewing faith in the power of government to help. The Corps would also be a prophylaxis—a first line in the response to the next challenges we face, whether it’s a seasonal return of COVID-19 or another pandemic, or the monumental troubles that climate change will rain down on our communities.

      It would also serve as a model, a test of one essential component of a Green New Deal: the creation of millions of good green jobs. Green jobs, after all, are not just in construction, and many directly benefit health. That is why the most compelling versions of such a proposal prioritize new care work jobs, as well as jobs restoring our trails and parks, and even making a place for the artists and writers whose work is some of the greatest legacy of the WPA. Some of these jobs might even be initiated as part of the Community Health Corps. With so little traffic on the roads, there is no better time to build bike lanes—and green housing too, if the safety of workers can be assured. Greening our cities and improving housing for low-income communities are an essential component of a healthier society, as well as a healthier planet. Climate change is the largest foreseeable threat to our health; we can start to address this looming crisis right now, as we combat this pandemic.

      We need more than a jobs program at this moment of national crisis, to be sure. We also need more SARS-COV-2 tests, more basic income, and better data about the pandemic, to name just a few. But rising up from under the cruel weight of this pandemic, we should also aim for something lasting and better. Getting back to normal was never going to be a solace for many in our country. Business as usual is precisely what has made us all more vulnerable to disasters like the one we are currently experiencing.

      Will it be easy to get our creaking, divided democracy to funnel resources into these programs? Probably not. But COVID-19 is conspiring to show us, all at once and in a way that no one can ignore, how central care—writ large, broadly conceived—is to a healthy society. Rudolf Virchow, the father of social medicine, once said: “Medicine is a social science and politics is nothing else but medicine on a large scale. Medicine as a social science, as the science of human beings, has the obligation to point out problems and to attempt their theoretical solution; the politician . . . must find the means for their actual solution.” A Community Health Corps is one actual solution, one place to start to build a new movement that heals us and our body politic, and that will allow us—all of us—to survive a pandemic, and then, to thrive.

      GREGG GONSALVES, AMY KAPCZYNSKI

      #soin #santé #politique_du_soin #santé_communautaire #pandémie #recherche_des_contacts #emploi #agents_de_santé_communautaire #aptitude_à_parler #médecine_sociale vs #solutionnisme_technologique #green_new_deal

    • « La maladie COVID-19 peut toucher les vaisseaux sanguins de tous les organes », résume Frank Ruschitzka, directeur de la clinique de cardiologie de l’USZ, qui suggère désormais de baptiser ce tableau clinique « COVID-endothélite ».

      Il s’agit d’une inflammation systémique des vaisseaux sanguins pouvant toucher le coeur, le cerveau, les poumons, les reins ou encore le tube digestif. Elle entraîne de graves micro-perturbations de la circulation sanguine qui peuvent endommager le coeur ou provoquer des embolies pulmonaires, voire obstruer des vaisseaux sanguins dans le cerveau ou le système gastro-intestinal, souligne l’USZ.

      D’autres recherches publiées dans la revue Science vont dans le même sens, évoquant une maladie systémique et un virus qui agit d’une manière différente de tous les autres pathogènes vus jusqu’ici.

      Des dommages aux reins, au cerveau et au système nerveux central ont été signalés, de même que encéphalites, crises épileptiques et AVC chez des patients ayant récupéré. Les intestins, riches en récepteurs ACE2, sont un autre front d’attaque : la moitié des patients souffre de diarrhée. Les yeux et le foie sont également touchés.

      #coronavirus #covid-19

    • Bien plus qu’une pneumonie, la maladie COVID-19 est une inflammation vasculaire systémique, selon une étude de chercheurs zurichois. Cela explique pourquoi elle provoque autant de problèmes cardiovasculaires et de défaillances d’organes vitaux.

      Les premiers patients présentaient surtout des pneumonies difficiles à traiter, a indiqué l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) dans un communiqué. Par la suite, les médecins ont constaté de plus en plus de cas de troubles cardiovasculaires et de défaillances multiples d’organes sans lien apparent avec la pneumonie.

      L’équipe de Zsuzsanna Varga, à l’USZ, a donc examiné au miscroscope des échantillons de tissus de patients décédés et constaté que l’inflammation touchait l’endothélium - la paroi interne des vaisseaux sanguins - de différents organes.

      Le virus SARS-CoV-2 a pu être détecté dans l’endothélium lui-même, où il provoque la mort des cellules, puis des tissus et organes touchés. Les chercheurs en déduisent que le virus attaque le système immunitaire non pas par les poumons, mais directement par les récepteurs ACE2 présents dans l’endothélium, qui perd ainsi sa fonction protectrice.

      Tous les organes touchés

      « La maladie Covid-19 peut toucher les vaisseaux sanguins de tous les organes », résume Frank Ruschitzka, directeur de la clinique de cardiologie de l’USZ, qui suggère désormais de baptiser ce tableau clinique « Covid-endothélite ».

      Il s’agit d’une inflammation systémique des vaisseaux sanguins pouvant toucher le cœur, le cerveau, les poumons, les reins ou encore le tube digestif. Elle entraîne de graves microperturbations de la circulation sanguine qui peuvent endommager le cœur ou provoquer des embolies pulmonaires, voire obstruer des vaisseaux sanguins dans le cerveau ou le système gastro-intestinal, souligne l’USZ.

      Si l’endothélium des jeunes patients se défend bien, ce n’est pas le cas de celui des groupes à risque souffrant d’hypertension, de diabète ou de maladies cardiovasculaires, dont la caractéristique commune est une fonction endothéliale réduite.

      Au niveau thérapeutique, cela signifie qu’il faut combattre la multiplication du virus et en même temps protéger et stabiliser le système vasculaire des patients, conclut le Pr Ruschitzka, cité dans le communiqué. Ces travaux sont publiés dans la revue médicale britannique « The Lancet ».

      Un virus à nul autre pareil

      D’autres recherches publiées dans la revue « Science » vont dans le même sens, évoquant une maladie systémique et un virus qui agit d’une manière différente de tous les autres pathogènes vus jusqu’ici.

      Des dommages aux reins, au cerveau et au système nerveux central ont été signalés, de même que crises épileptiques, encéphalites et AVC chez des patients ayant récupéré. Les intestins, riches en récepteurs ACE2, sont un autre front d’attaque : la moitié des patients souffre de diarrhée. Les yeux et le foie sont également touchés.

      source : ats

  • Walking Dead, par Christian Lehmann - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/04/20/walking-dead_1785782

    « J’ai regardé les conservateurs exhorter à la réouverture du pays pour le bien de l’économie. Ils ont dit que les vieux devaient mourir pour notre mode de vie, et que perdre 3% des écoliers n’était pas si mal si nous pouvions ramener les gens au travail. J’ai vu des manifestants armés bloquer le trafic et empêcher les ambulances de pénétrer dans les hôpitaux tandis que les médecins épuisés les suppliaient de se disperser. J’ai vu des églises refuser de cesser d’avoir des services de Pâques, disant que Dieu les protégerait, et pleurer pour la liberté, puis j’ai vu tant de ces personnes tomber malades et mourir. J’ai regardé les jeunes dire : "Ce n’est dangereux que si vous êtes vieux", puis ils ont commencé à tomber malades et à mourir aussi. Moi qui ai travaillé un temps dans les pompes funèbres, j’ai vu des drones à distance capturer des images de fosses communes creusées au bulldozer sur Hart Island.