• L’immigration, angle mort du grand débat, Julia Pascual
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/15/l-immigration-angle-mort-du-grand-debat_5436504_823448.html

    A Laon, où les « #gilets_jaunes » se sont mobilisés, l’immigration n’a pas été au cœur des discussions, pas plus que dans le grand débat national lancé par le gouvernement.

    Il était venu mettre en avant un dispositif innovant : le recrutement d’un jeune réfugié afghan pour un service civique dans un club de foot, à Laon. Mais ce jour de janvier, le délégué interministériel chargé de l’accueil et de l’intégration des réfugiés, Alain Régnier, tombe sur une délégation de « gilets jaunes », venus l’apostropher, comme ils le font dès qu’un politique se rend dans leur ville. M. Régnier se souvient d’un échange cordial. « La plupart étaient des retraités qui gagnent entre 800 et 1 000 euros, rapporte-t-il. Il y avait l’idée qu’eux n’y arrivent pas et que l’Etat dépense beaucoup pour les migrants. » M. Régnier a l’habitude d’être interpellé à travers ce prisme. Récemment, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a d’ailleurs affirmé qu’un « migrant fraîchement débarqué peut toucher plus qu’un retraité ayant travaillé toute sa vie ». Une assertion fausse mais qui ravive le spectre de la concurrence entre « pauvres ».

    A Laon, les « gilets jaunes » se défendent toutefois d’y avoir puisé un levier d’action. Ici comme ailleurs, le mouvement n’a pas fait de l’immigration un enjeu central, alors même que le président de la République a choisi d’en faire un point d’entrée du grand débat national qui s’est achevé vendredi 15 mars. « Ce n’est pas que les gens se moquent du sujet, mais ils ont d’autres priorités » , résume Alexandre, attaché commercial à la retraite et « gilet jaune » actif à Laon. Son point de vue ne relève pas d’un simple ressenti. « On a recueilli des revendications en allant sur les ronds-points et devant deux centres commerciaux et sur quelque 280 remontées, il y a une personne qui se plaint qu’il y a trop de migrants » , fait valoir Didier, consultant en fiscalité de 49 ans, lui aussi mobilisé à Laon. Lors de la « réunion citoyenne » organisée le 6 février à la Maison des arts et loisirs de Laon, qui a mobilisé environ 250 personnes, « il n’y a eu aucune question sur l’immigration », ajoute-t-il.

    Le cahier de doléances de la mairie de Laon laisse apparaître une seule réclamation sur le sujet alors que les pages sont noircies de multiples demandes sur les transports, le train de vie des élus et des hauts fonctionnaires, ou encore la fraude fiscale et les retraites. Y compris dans les paroisses du diocèse, où quelques débats ont eu lieu à l’appel de la Conférence des évêques de France, « le sujet des migrants n’a pas été abordé », assure Louis, un retraité qui y a participé.

    « Ça se passe bien »

    Pour les « gilets jaunes » de Laon, inclure le thème de l’immigration dans le grand débat national relève de la sournoiserie. « C’est une manière de canaliser l’extrême droite », veut croire Simon, chef pâtissier au chômage et « gilet jaune ». « C’est pour noyer le poisson, assure Alexandre. Mais la priorité, c’est le panier de la ménagère. » « Ce sujet n’a pas sa place dans le grand débat », tranche Cédric, 42 ans, artisan. Antonio, cadre commercial de 53 ans, va plus loin. Il est persuadé que parler d’immigration permet de faire monter le RN dans les sondages. « Comme ça, aux européennes, on devra mettra Macron en face », démontre-t-il, convaincu.

    Le désintérêt manifeste des « gilets jaunes » de Laon pour la question migratoire ne s’explique pas par une distance vis-à-vis du sujet. A l’image de nombreuses villes moyennes, Laon n’est pas restée étrangère à la crise des #migrants ces dernières années. Tous dispositifs confondus, le département propose plus de 900 places d’accueil, trois fois plus qu’en 2015. Laon dispose d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, d’un hébergement d’urgence des demandeurs d’asile et d’un centre d’accueil et d’orientation, ouvert au moment du démantèlement de la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais). La ville a également logé quelque 120 personnes, anciens collaborateurs de l’armée française en Afghanistan et leurs familles, mais aussi œuvré à la réinstallation de huit familles syriennes en 2018. « Ça se passe bien, assure le maire UDI Eric Delhaye. Personne ne vient me voir pour me dire qu’il y a un problème. »

    Certains décèlent toutefois dans ce tableau un soupçon de paradoxe. En 2017, le Front national est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle avec 28,84 % des voix. Mais ce vote ne puise pas que dans la rhétorique antimigrant. « Il y a ici un sentiment fort d’être dans une France périphérique, un peu oubliée, analyse le maire. On cumule les handicaps. Nous avons un taux d’illettrisme et de chômage élevé ; nous avons souffert de la désindustrialisation et des réformes de l’Etat en particulier du départ de nombreux militaires et de leurs familles. Or, dans une ville-préfecture, l’administration joue le rôle d’amortisseur social. » « La crainte des agents, c’est de voir tout disparaître. Et eux avec », observe à son tour Sandrine Beltran, du syndicat Solidaires finances publiques, mobilisé contre les fermetures des trésoreries publiques dans le département.

    « Un thème qui revient »

    C’est dans ce contexte fragile que parfois, l’immigration s’invite dans les esprits. A l’accueil de jour du Secours catholique de Laon, les bénévoles savent que le sujet affleure dans les conversations. « C’est un thème qui revient, constate Nicole Salaün, ouvrière retraitée de 68 ans. Les gens sont contre l’immigration parce qu’ils n’ont pas de travail ou cherchent un logement et pensent qu’on les donne aux étrangers. » Anne Khoury, bénévole de 66 ans, voudrait qu’on dise plus souvent qu’une fois hébergés, « il reste 200 euros aux demandeurs d’asile pour se vêtir et faire quelques achats ».

    Un Laonnois reconnaît avoir vu circuler « des trucs » sur les réseaux sociaux. Il précise : « On sait pas si c’est vrai, mais certains toucheraient des aides alors qu’on n’a pas les moyens et ça se répercute sur les classes moyennes et pas sur les plus riches. » Dans cet entrelacs d’idées, de rumeurs et de craintes, l’immigration apparaît parfois aussi comme un indicible, plus qu’un thème négligeable.

    « Nous n’avons pas la compétence pour parler de ce sujet », justifie le « gilet jaune » Alexandre. « Et dès qu’on l’aborde, on est forcément catalogué », ajoute Cédric. Didier s’est récemment senti mal à l’aise, alors qu’il pensait à sa mère. Elle touche le minimum vieillesse. « J’ai voulu faire la parallèle avec ce que peut toucher une personne migrante. Ça m’a turlupiné. » Et puis il s’est interdit d’y penser davantage, « choqué » qu’une telle idée lui ait traversé l’esprit. Il l’a chassée. Il s’interroge encore. « Je ne sais pas si c’est un dérapage. »

    #droits_sociaux



  • La Chronique Éco – Les retraites en péril
    https://lemediapresse.fr/economie/la-chronique-eco-les-retraites-en-peril

    Emmanuel Macron a prévu de présenter sa réforme des retraites en juin prochain. Le président veut créer un régime universel qui remplacera les régimes existants. En somme, une retraite à points. Quelles en seront les conséquences pour l’économie, les travailleurs et les retraités ? Éléments de réponse avec l’économiste atterré Henri Sterdyniak, dans ce nouvel […]

    #Économie


  • Des policiers témoignent: «On est obligé d’accepter des #instructions_illégales»

    Les officiers de police judiciaire d’un commissariat parisien dénoncent les « instructions illégales » de leur hiérarchie, en particulier lors des manifestations des « gilets jaunes ». Dans un mail que Mediapart a pu consulter, il est écrit que, sur ordre de la préfecture de police de #Paris, les personnes interpellées doivent être systématiquement placées en #garde_à_vue.


    https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales?
    #témoignage #police #policiers #gilets_jaunes


  • Des policiers témoignent : « On est obligé d’accepter des instructions illégales » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales

    Les officiers de police judiciaire d’un commissariat parisien dénoncent les « instructions illégales » de leur hiérarchie, en particulier lors des manifestations des « gilets jaunes ». Dans un mail que Mediapart a pu consulter, il est écrit que, sur ordre de la préfecture de police de Paris, les personnes interpellées doivent être systématiquement placées en garde à vue.

    #paywall

    • Six officiers de police judiciaire (OPJ), soit la totalité du service de leur commissariat parisien, ont, en février et pendant plus d’un mois, interrompu leur activité pour protester contre les instructions « liberticides » que leur imposait leur hiérarchie, notamment lors des manifestations des « gilets jaunes ». Ils se sont mis, en alternance et parfois à tour de rôle, en arrêt de travail – certains le sont encore aujourd’hui.

      Jusqu’à présent, les consignes étaient données oralement. Mais un mail daté du samedi 9 mars 2019 émanant de l’état-major du district de l’est parisien, le plus important de la capitale, stipule, suivant les indications de la préfecture de police de Paris, qu’après « les éventuelles interpellations “GJ” qui [leur] seront attribuées par l’EM [l’état-major], […] [les personnes] devront être systématiquement placées en GAV [garde à vue] ».

      Sylvain* (voir notre Boîte noire), 38 ans, OPJ dans l’est parisien, explique : « Nous sommes réquisitionnés comme commissariat de délestage pendant les week-ends afin de traiter les interpellations des gilets jaunes. »

      Son service, la brigade de traitement judiciaire en temps réel (BTJTR), est dédié aux affaires de flagrant délit. « Dans le jargon, le ramassage, c’est le tout-venant, précise-t-il. Ensuite, en fonction des faits, nous dispatchons, si besoin dans des services spécialisés, et nous gardons les affaires de flagrant délit. Lorsqu’une personne est arrêtée et ramenée à notre commissariat, nous devons décider de la placer ou pas en garde à vue. »

      La garde à vue est en théorie prévue lorsqu’il y a des raisons de penser qu’une personne « a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit ». Elle doit être justifiée par l’un des six motifs prévus par la loi.

      Or, depuis le début des manifestations des gilets jaunes, s’insurge l’officier, « les consignes sont les suivantes : placer systématiquement les gilets jaunes arrêtés en garde à vue. Il s’agit souvent d’arrestations préventives. C’est-à-dire qu’en termes de droit, rien n’est respecté. Dans le mail que nous avons reçu, il est écrit noir sur blanc que l’état-major ordonne que la garde à vue doit être systématique. C’est complètement illégal ».

      Contactée par Mediapart, la préfecture de police de Paris a refusé de répondre à nos questions concernant ces instructions.

      Sylvain* rapporte le cas d’un manifestant venu de province et interpellé à la sortie du train, avec un simple masque en papier blanc, ou d’un autre muni d’une pancarte. « Ils ont été arrêtés pour port d’armes prohibées ! Alors qu’il s’agit d’un masque de bricolage en papier ou d’une pancarte. C’est très inquiétant pour les libertés publiques. L’autre motif d’arrestation fourre-tout est de “participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens”. »

      Introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, pour arrêter de manière préventive les « casseurs », cette infraction est passible d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

      « Lorsqu’on interpelle la personne, elle n’a donc commis aucune infraction, tout est potentiel, “préventif”. Pour moi, c’est, de ce fait, abusif, déplore Sylvain*. Nous sommes devenus une machine à “boîter”, à enfermer en cellule. »

      Il a tenu à informer sa hiérarchie qu’il ne placerait pas systématiquement en garde à vue des personnes qui n’avaient pas à l’être. « La réponse qui m’a été faite, à l’oral bien sûr : “Je vous ai donné les instructions. Même s’il n’y a pas d’infraction, vous placez en garde à vue.” Ces instructions viennent de la préfecture de police de Paris et au-dessus, du ministère de l’intérieur. »

      La révélation de ces « abus » intervient après la diffusion de la note du 12 janvier de Rémy Heitz, procureur de la République de Paris. Sous l’intitulé « Permanence gilets jaunes », des directives aux procureurs visaient à réprimer le mouvement. Il y était demandé de maintenir en garde à vue des personnes dont le cas avait pourtant fait l’objet d’un classement sans suite, et cela jusqu’au samedi soir, voire au dimanche matin, afin d’empêcher les interpellés de manifester. « Une atteinte très grave à une liberté fondamentale », commentait Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France, dans un article à lire ici.

      Les consignes de la préfecture de police de Paris demandant de placer systématiquement en garde à vue relèvent de la même logique et la complètent : on interpelle, on place en garde à vue dans tous les cas et l’on maintient en détention les personnes interpellées, même quand on n’a définitivement rien à leur reprocher.

      En choisissant de devenir policier, Sylvain* espérait « rendre justice, un rêve d’enfant », ironise-t-il, sans savoir s’il va désormais continuer dans cette voie. « Je n’ai pas envie d’être utilisé comme un outil par le gouvernement pour servir une politique qui va à l’encontre des libertés fondamentales, en particulier celle de manifester. »

      Il n’est pas le seul à avoir refusé d’appliquer ces directives. Faute d’être entendu par ses supérieurs, Thomas*, 34 ans, a dû s’arrêter pour épuisement professionnel, ne supportant plus d’« enfreindre la loi, alors qu[’il est] là pour la faire respecter ».

      Selon lui, sur des « sujets sensibles » comme les gilets jaunes, « le judiciaire est devenu la boîte à outils du politique. Si on refuse d’obéir, en tant qu’OPJ, on est le fusible qui saute pour faute lourde. Du coup, on est obligé d’accepter des instructions illégales jusqu’au burn out ou à la dépression ».
      « Vous n’êtes pas là pour faire de la qualité, mais vous êtes là pour faire de l’abattage »

      Thomas* se souvient des premiers week-ends de manifestation des gilets jaunes. « C’étaient les plus tendus. Les personnes qu’on nous ramenait au commissariat, c’était de pauvres gens, des pères de familles qui, comme 90 % des gilets jaunes, étaient juste à Paris pour manifester. Ils ne connaissaient pas leurs droits et ne pouvaient même pas se rendre compte que leur garde à vue était abusive. À l’issue, la majorité n’ont rien eu. »

      Le 8 décembre, par exemple, plus de la moitié des 820 personnes mises en garde à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite. Et sur les 264 personnes présentées à un magistrat, 160 ont reçu un simple rappel à la loi, acte qui n’est pas inscrit sur le casier. « Ce jour-là, précise Thomas*, on a dû entasser les gens. Alors que notre commissariat a 16 places en cellules, on y a placé plus de 30 personnes. Et sur ces 30, 25 ont fait l’objet d’un classement sans suite. »

      « C’est une entrave aux droits fondamentaux : les arrestations préventives se poursuivent par des gardes à vue abusives. On pourrait dire que les gilets jaunes, c’est un peu la goutte d’eau… », poursuit Thomas*. Depuis un an et demi, les effectifs se réduisent. Sur les 17 OPJ initiaux du service, il n’en reste plus que 6.

      « Il y a une désaffection pour ce que l’on fait. On doit répondre sans cesse à une politique du chiffre, d’affichage, qui vient servir les intérêts des commissaires. Ils peuvent éventuellement finir dans le corps préfectoral. Ils ont des primes qui peuvent être majorées à la fin du mois en fonction des résultats. »

      Tous les policiers ont une part indemnitaire dans leur salaire. Pour les commissaires, il s’agit de l’IRP, l’indemnité de responsabilité et de performance, qui a une part variable, pouvant être majorée de 20 à 40 %, en fonction notamment de la charge de travail, de la mise en œuvre de projets ou d’objectifs annuels à atteindre.

      La politique du chiffre n’a rien de nouveau. Seules ses cibles varient. « Par exemple, on a des “opérations cigarettes”, dans certains quartiers de Paris, pour arrêter les vendeurs à la sauvette. Quel intérêt ? On ne s’en prend pas aux organisateurs du trafic. Autant dire que ça ne sert à rien, si ce n’est à gonfler les statistiques. Le commissaire peut s’enorgueillir d’avoir fait 1 000 GAV dans le mois. »

      Pour Thomas*, ces opérations ne contribuent pas à renforcer le maintien de l’ordre public mais l’affaiblissent. Il décrit le jour où « un fou, armé d’un couteau, avait blessé une passante. Nous avions besoin d’envoyer des renforts sur place pour le maîtriser. Or, les effectifs étaient mobilisés pour interpeler des vendeurs à la sauvette. L’état-major du district nous a fait savoir qu’ils n’en bougeraient pas, puisque c’était une priorité. »

      Cette utilisation des forces de l’ordre soulève non seulement la question de la sécurité publique mais là encore celle de la légalité des procédures. Les OPJ n’étant pas assez nombreux, « il est devenu régulier, aujourd’hui, que des assistants de police judiciaire [APJ] écrivent des actes à notre place, alors qu’ils n’en ont pas le droit, notamment en matière de garde à vue. Je n’ai plus qu’à signer la procédure, mais, faute de temps, je ne vérifie que la forme et pas le fond. Je deviens un prête-nom, avec les risques que cela représente. Ça s’apparente à un faux en écriture. »

      Thomas* précise qu’en cas de prolongement de la garde à vue, si l’APJ « s’est pris la tête avec la personne arrêtée, et s[’il] est mal intentionné, il peut prolonger sous un prétexte fallacieux la garde à vue. De mon côté, je vais signer, dans ce cas, une procédure abusive. »

      « Ce qui est le plus dur, confie l’officier, c’est la perte de sens de notre travail. Nous sommes commandés par des incompétents qui ne connaissent pas le métier et gèrent les gens comme des pions. Dans notre service, un collègue est en arrêt pour dépression, ne se retrouvant plus dans les ordres donnés, un autre s’écroule en larmes, chaque matin, en venant au travail. »

      Ce jeudi 14 mars, le médecin du travail de la préfecture de police de Paris s’est opposé à ce que deux officiers (sur six) de ce service reprennent leur activité, leur état étant jugé trop fragile.

      Les syndicats Alliance et Unité SGP-FO ont réagi dans des tracts, dénonçant le « burn out » des OPJ. Ils demandent le recrutement d’officiers supplémentaires et la diminution de la capacité d’accueil des gardes à vue. « Des tracts, c’est tout ce qu’ils savent faire, estime Thomas*. Ils n’ont pas compris que ce sont les ordres, la politique en matière de maintien de l’ordre qu’il faut changer pour que l’OPJ puisse retrouver sa mission initiale. Mais le syndicalisme policier, c’est un syndicalisme de jaunes. Ils sont dans un consensus perpétuel avec la hiérarchie, en échange d’avancements de carrières. À mon sens, c’est de la corruption. »

      Sylvain* et Thomas*, qui ont préféré parler sous couvert d’anonymat, savent que leurs témoignages déclencheront une enquête en interne pour retrouver ceux qui ont « osé contester la hiérarchie ». Ils rappellent le sort réservé à Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi, syndicat de police minoritaire, passé en conseil de discipline, le 20 février dernier, pour avoir notamment dénoncé la « dérive autoritaire » du gouvernement lors des manifestations des gilets jaunes.

      « Mais, après en avoir parlé avec l’ensemble de nos collègues, explique Sylvain*, nous avons décidé de le faire pour que la vérité soit entendue. Le devoir de réserve a bon dos et permet de couvrir des ordres et des actes illégaux de la police. » Il y a eu des précédents. Afin de protester contre la surcharge de travail, induite notamment par la politique du chiffre, des services d’officiers de police judiciaire ont déjà, il y a un an, cessé leur activité dans deux autres commissariats parisiens. « Mais cela n’a rien changé », regrette Sylvain*.


    • heureusement qu’il y a le Figaro pour nous informer !

      Le journaliste et écrivain, qui a notamment travaillé à la radio, à Libération et à Mediapart, effectue depuis plusieurs mois un travail de fourmi pour recenser, via son compte Twitter, les personnes blessées par les forces de l’ordre dans les manifestations de « gilets jaunes ». Son travail a contribué à faire éclater au grand jour la question des violences policières dans ces manifestations, dont les médias traditionnels ont tardé à s’emparer.


  • Raphaël Glucksmann, ancien candidat déclaré d’Alternative Libérale
    https://www.les-crises.fr/raphael-glucksmann-ancien-candidat-declare-d-alternative-liberale

    J’apprends Raphaël Glucksmann prendait la tête d’une liste à la place du Parti socialiste : http://www.leparisien.fr/politique/europeennes-le-parti-socialiste-s-effacerait-devant-raphael-glucksman-14- Je reste très étonné que depuis des mois, aucun média ne le mette face à ses contradictions. En effet, fin 2006, il avait rejoint le parti politique Alternative Libérale, hyper libéral donc, mais surtout, il avait annoncé qu’il en […]


  • Pour le président du Parlement européen, Mussolini a eu du « positif » Eric Jozef/ebz 14 Mars 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10289725-pour-le-president-du-parlement-europeen-mussolini-a-eu-du-positif-.html

    Le président du Parlement européen, l’Italien #Antonio_Tajani, est au centre d’une vive polémique. Au cours d’un entretien à la radio, l’élu de Forza Italia a évoqué les aspects « positifs » du bilan de Benito #Mussolini.
    Antonio Tajani a assuré que ses propos ont été sortis de leur contexte et instrumentalisés. Restent que ses déclarations continuent à susciter l’indignation en Italie et à Strasbourg.

    Le président du Parlement européen a en effet estimé mercredi sur une radio italienne qu’"on peut ne pas partager sa méthode. (...) Mais il faut être honnête, Mussolini a fait des routes, des ponts, des bâtiments, des installations sportives, il a réaménagé tant de zones de notre Italie".

    Démission demandée
    Au cours de l’entretien, Antonio Tajani a ainsi semblé reprendre à son compte la vielle théorie selon laquelle il y aurait un bon Mussolini pendant les premières années du régime et puis le dictateur d’après l’adoption des lois raciales en 1938 et en 1940 l’entrée en guerre de l’Italie.

    Les associations antifascistes sont montées au créneau, elles ont rappelé les violences du fascisme dès ses origines. Et à Rome comme à Strasbourg, des parlementaires ont demandé la démission d’Antonio Tajani, lequel a finalement présenté ses excuses, affirmant qu’il était « un antifasciste convaincu ».

    #ue #union_européenne #facisme



  • Facebook a temporairement supprimé les publications d’Elizabeth Warren appelant à la dissolution des grandes entreprises technologiques
    http://www.fredzone.org/facebook-a-temporairement-supprime-les-publications-delizabeth-warren-appe

    Un porte-parole de Facebook a effectivement expliqué le même jour que les annonces de Warren avaient enfreint la politique de Facebook en utilisant son logo d’entreprise.

    [...] Selon le porte-parole, Facebook a remis les annonces en ligne pour assurer un débat plus solide.

    [...]

    Les publicités de Warren soulignaient le fait qu’#Amazon, #Google et #Facebook détiennent une #influence considérable sur la #démocratie, la #concurrence, les #consommateurs et l’#économie. Outre le fait que la plupart des personnes utilisent ces trois services, la sénatrice déclare que le problème, c’est que « dans leur ascension au #pouvoir, ils ont détruit la concurrence (…) et ont fait pencher la balance en leur faveur ».

    Warren took tech’s money while ripping its biggest players - POLITICO
    https://www.politico.com/story/2019/03/12/elizabeth-warren-tech-amazon-google-facebook-donations-1216417

    While Sen. Elizabeth Warren was railing against big tech companies, she was taking their money — plenty of it.

    The Massachusetts Democrat, who is powering her presidential campaign with a bold proposal to break up the likes of Amazon, Google and Facebook, in September accepted a $2,700 contribution from Sheryl Sandberg, Facebook’s chief operating officer. But Sandberg, whose donation went unnoticed at the time, was just the biggest name from Silicon Valley to give to the senator: Warren took at least $90,000 from employees of Amazon, Google and Facebook alone between 2011 and 2018.

    #incohérence #états-unis


  • #MDR #Luxembourg : Le chanteur Enrico Macias débouté par la justice 14 Mars 2019 - L’essentiel
    http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/le-chanteur-enrico-macias-deboute-par-la-justice-18855208

    La Cour de cassation a rejeté, jeudi, le pourvoi en cassation du chanteur contre la banque Landsbanki, dont le liquidateur lui réclame 30 millions d’euros.


    Enrico Macias estimait avoir été mal informé sur les risques encourus par le montage proposé par Landsbanki. (photo : AFP/Ludovic Marin)

    #Enrico_Macias vient de perdre une bataille judiciaire. La Cour de cassation du Luxembourg a rejeté jeudi le pourvoi qu’il avait introduit contre Landsbanki Luxembourg, pour une affaire de prêt immobilier consenti en 2007. Le chanteur doit désormais rembourser 30 millions d’euros au liquidateur de la banque islandaise.

    L’affaire a débuté en 2007, lorsque Gaston Ghrenassia (le vrai nom de l’artiste) a emprunté 35 millions d’euros pour rénover sa villa de #Saint-Tropez, en France. Il avait reçu neuf millions en liquide, le solde étant placé essentiellement en contrats d’assurance-vie. En échange, il avait gagé sa propriété, pensant que les intérêts du prêt seraient couverts par le rendement des fonds placés par la banque.

    Mais tout a basculé en 2008, avec la crise financière, lorsque les banques islandaises ont été nationalisées. La filiale Landsbanki Luxembourg a fait faillite et sa liquidatrice a entrepris de recouvrer les créances, quitte à vendre ou menacer de vendre les biens hypothéqués en France. Enrico Macias, qui plaidait la nullité du prêt, estime ne pas avoir été bien informé sur les risques. Les recours judiciaires au Luxembourg sont épuisés, mais l’artiste peut toujours porter le dossier devant la Cour de justice de l’Union européenne. L’affaire est parallèlement en cours devant la justice française. http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/24018717

    #banques #spéculation


  • What is Za’atar, the Israeli Spice You Will Want to Sprinkle on Everything | The Nosher
    https://www.myjewishlearning.com/the-nosher/what-is-zaatar-the-israeli-spice-you-will-want-to-sprinkle-on-ever

    a’atar is everywhere these days in America. Just do a quick Pinterest search for za’atar and you will come up with dozens and dozens of mouth-watering recipes using the spice.

    But what exactly is it?

    L’auteure qui ose écrire cette m... est la petite-fille du type qui a inventé le Tang... C’est dire si elle s’y connaît en goût !


  • Déguisés en abeille, des militants repeignent le siège de Bayer-Monsanto Attac France - 14 mars 2019 - Reporterre
    https://reporterre.net/Deguises-en-abeille-des-militants-peignent-le-siege-de-Bayer-Monsanto

    Ce jeudi 14 mars 2019, à l’aube, des militants d’Attac ont repeint le siège de Bayer-Monsanto à La Garenne-Colombes. Déguisés en abeille, ils ont répandu du faux miel sur la façade, craqué des fumigènes et chanté « On veut des abeilles pas des produits chimiques ! »

    Des banderoles « La biodiversité stocke le CO2 » et « Bayer Monsanto tue la biodiversité » ont été collées sur la façade. Les activistes ont ainsi dénoncé la responsabilité de Bayer-Monsanto dans l’aggravation des dérèglements climatiques.

    « Mélasse, peinture, fumigènes.. Les militant·e·s d’Attac sont venus denoncer la responsabilité de @Bayer_FR et Monsanto dans l’aggravation des dérèglements climatiques. » 

    "On veut des abeilles pas des produits chimiques !"

    #climat #justiceclimatique pic.twitter.com/3pMCLLhSgq

    #bayer monsanto #Abeilles #Attac


  • Le photographe Yann Arthus-Bertrand va entrer au conseil d’administration de LVMH 14 Mars 2019 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-photographe-yann-arthus-bertrand-va-entrer-au-conseil-d-administration-d

    Le géant du luxe LVMH va proposer à ses actionnaires d’entériner la nomination à son conseil d’administration du photographe Yann Arthus-Bertrand en tant que « censeur », a-t-il annoncé jeudi.

    Dans le cadre de ses fonctions de « censeur » - un rôle consultatif, qui ne lui permet pas de prendre part aux votes du conseil d’administration - Yann Arthus-Bertrand « a d’ores et déjà indiqué souhaiter affecter » à sa fondation Good Planet, engagée en faveur de l’environnement, « les jetons de présence qu’il recevra au titre de son mandat », précise le communiqué.

    Par ailleurs, lors de son assemblée générale qui se tiendra le 18 avril, le groupe de Bernard Arnault proposera également à ses actionnaires de donner son feu vert à l’arrivée d’une nouvelle administratrice, Iris Knobloch, présidente de Warner Bros France. Elle remplacera Bernadette Chirac qui, après avoir siégé neuf ans, « a fait part de son intention de mettre un terme à ses fonctions d’administrateur ».

    #yann_arthus-bertrand #LVMH #good_planet #iris_knobloch #bernadette_chirac #panier_de_crabes A la #soupe ! #assiette_au_beure


  • Faute de logement, les sans-abris de Californie investissent les parkings AFP - 14 Mars 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_faute-de-logement-les-sans-abris-de-californie-investissent-les-parkings

    Comme toutes les nuits depuis dix jours, Cameron Jones, 26 ans, vient garer sa berline allemande sur un parking à ciel ouvert de Los Angeles, incline son siège et s’apprête à y dormir jusqu’au lendemain matin.


    Cameron Jones, 26 ans, un ancien Marine, s’apprête à passer la nuit dans sa voiture sur un parking sécurisé de Los Angeles, le 11 février 2019 - © Kyle Grillot

    Il fait froid, le bourdonnement de l’autoroute voisine est envahissant mais l’ancien militaire ne se plaint pas. « J’ai perdu mon appartement parce que je ne pouvais plus payer le loyer de 2.200 dollars, et on m’a dit que c’était un endroit sûr où passer la nuit jusqu’à ce que je retombe sur mes pieds », explique le jeune homme, qui travaille désormais pour une société vendant des panneaux solaires.

    Son costume est soigneusement suspendu à l’arrière de sa voiture et, en attendant mieux, il s’est inscrit à un club de sport pour pouvoir y prendre sa douche tous les matins. Dans un coin du parking, Cameron a accès à des toilettes portatives et à des lavabos.

    En moins d’une heure, une quinzaine de voitures, certaines avec des enfants à bord, le rejoignent sur l’un des nombreux « parkings sécurisés » mis gratuitement à la disposition des milliers de sans-abris californiens réduits à vivre dans leur véhicule.

    Rien qu’à Los Angeles, leur nombre est estimé à au moins 15.000. Une demi-douzaine de ces parkings surveillés par des vigiles ont vu le jour en ville depuis l’année dernière, l’un devant une église, l’autre près d’une synagogue et un troisième dépendant du bureau des anciens combattants.

    C’est là que Carlos Gonzalez, un ancien militaire âgé de 60 ans, a choisi d’installer le camping-car où il vit depuis deux ans. « Il y a des gens mauvais dehors, et ici je me sens en sécurité », déclare-t-il à l’AFP. « Ici, je peux dormir tranquille, sans craindre que quelqu’un ne s’introduise dans mon véhicule. »

    Loyers inabordables
    Des programmes similaires sont mis en oeuvre à travers toute la Californie – en particulier dans la région de San Francisco –, où le coût du logement explose depuis plusieurs années (plus de 5% par an en moyenne pour les loyers dans certaines villes), poussant les plus vulnérables vers la rue.

    « Nous avons une institutrice qui vient sur l’un de nos parkings. Elle dit que son loyer a tellement augmenté qu’elle ne peut plus y arriver et qu’elle a fini dans sa voiture », raconte Ira Cohen, co-fondateur du programme « Safe Parking LA » avec son épouse Pat.

    En 2017, près de 554.000 personnes étaient recensées par le département américain du Logement et du développement urbain comme n’ayant pas d’adresse fixe. Elles ne sont pour autant pas toutes à la rue car elles peuvent être hébergées chez des proches, des amis, dans un refuge et même dans une caravane, si celle-ci est installée à un emplacement décent doté de l’accès à l’eau et à l’électricité. Environ 25% d’entre elles, soit 134.000, vivaient en Californie, un record dans le pays.

    Cet Etat de l’ouest américain, qui est pourtant l’équivalent de la cinquième puissance économique mondiale devant le Royaume-Uni ou la France, compte aussi le plus grand nombre de #sans-abris, c’est-à-dire de personnes n’ayant pas de toit sous lequel dormir, et vivant dans des véhicules, des bâtiments abandonnés, des parcs publics, dans la rue.

    Pour le seul comté de Los Angeles (10 millions d’habitants), le nombre de personnes sans domicile fixe est passé de 38.700 en 2010 à 53.000 en 2017, d’après les statistiques officielles.

    « Point de rupture »
    Selon les experts, la pénurie de logements abordables et l’explosion des prix de l’immobilier sont les principaux facteurs de cette progression en flèche. Et la faute en reviendrait aux responsables fédéraux, californiens et locaux qui n’ont pas su enrayer cette crise en gestation depuis des années.

    « Ça n’est pas arrivé du jour au lendemain », assure Gary Painter, qui dirige l’Institut de recherche sur les sans-abris de l’Université de Californie du Sud (USC).

    « Cela fait déjà quelques décennies que les loyers à Los Angeles progressent plus vite que les revenus des gens... On peut dire que le point de rupture a été atteint au cours des trois dernières années quand on voit le nombre de gens qui ont fini dans la rue », déplore-t-il.

    D’après M. Painter, malgré les centaines de millions de dollars de subventions débloquées ces dernières années pour la construction de nouveaux logements, refuges et programmes d’aide aux SDF, l’ampleur de la crise est telle qu’il faudra des années pour y remédier.

    « Si vous m’aviez dit voici deux ans que je me retrouverais dans cette situation, je vous aurais probablement ri au nez », reconnaît Cameron Jones. « Je pensais vivre le rêve américain ».

     

    #gafa #réalité du rêve_américain #déglingue #logement #immobilier #spéculation #SDF


  • Repression des gilets jaunes : un polytechnicien dangereux | Régis de Castelnau
    http://www.vududroit.com/2019/03/repression-des-gilets-jaunes-un-polytechnicien-dangereux

    Régis Portalez est un homme dangereux. Heureusement, la Garde des Sceaux et le procureur du tribunal de grande instance de Paris, son relais répressif zélé, veillent et sont décidés à le mettre hors d’état de nuire.

    Pensez donc, voilà quelqu’un qui a passé le concours de l’École Polytechnique et qui l’a réussi. Il a étudié quatre ans dans cette école pour en sortir muni de son prestigieux diplôme. Pendant sa scolarité, et comme tous ses condisciples il portait dans les cérémonies, officielles ou non, le fameux uniforme bleu foncé assorti du bicorne à cocarde avec l’épée au côté. Ce n’est pas un uniforme militaire, simplement une tenue civile que la tradition autorise à porter une fois l’école quittée, dans les occasions qui le méritent : cérémonies familiales, mariages, réunions d’anciens élèves etc. etc. Il se trouve que Régis Portalez a été touché par le surgissement du mouvement des gilets jaunes, et qu’il a souhaité faire part à cette France d’en bas de sa solidarité et de sa gratitude. Parce que ce diplôme prestigieux, il le doit évidemment à son talent, mais aussi aux citoyens de ce pays qui l’ont financé. Il a trouvé logique de saluer leur combat pour la dignité et de leur dire merci et quel meilleur moyen que de se rendre dans une de leurs manifestations, revêtu de cet uniforme si reconnaissable. On imagine aisément que sentimental, il a aussi pensé au précédent dont rend compte le célébrissime tableau de Delacroix « la liberté guidant le peuple » ou apparaît sur la barricade le bicorne d’un de ses condisciples de 1830. Un peu tendu au départ il se demandait ce que serait l’accueil. Ce fut chaleureux, fraternel et reconnaissant pour ce message de si belle allure qui disait beaucoup...


  • Une nappe d’hydrocarbures se dirige vers les côtes françaises afp/alp - 14 Mars 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10288116-une-nappe-d-hydrocarbures-se-dirige-vers-les-cotes-francaises.html

    Une nappe d’hydrocarbures se dirige jeudi vers les côtes françaises après le naufrage du « Grande America ». Le navire italien a sombré au large de La Rochelle avec des milliers de tonnes de fioul lourd, ont annoncé les autorités.
    Des observations aériennes ont permis de localiser la zone et d’indiquer que la nappe s’étendait sur une dizaine de kilomètres de long et un kilomètre de large, « à plus de 200 km des côtes ».

    Le préfet maritime de l’Atlantique, le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, a ordonné l’appareillage depuis Brest du navire spécialisé dans la lutte anti-pollution BSAA Argonaute.

    Quatre autres navires dédiés aux opérations de lutte anti-pollution seront déployés en mer. Le ministère de l’Ecologie a également indiqué qu’un plan de « dépollution sur terre » est prévu.

    Fioul lourd et matières dangereuses
    Le navire « Grande America » transportait notamment des véhicules et « 365 conteneurs avec des matières dangereuses dont une centaine de tonnes d’acide chlorhydrique et quelque 70 tonnes d’acide sulfurique », a expliqué la préfecture maritime.

    Quant aux soutes du bateau, elles contenaient quelque 2200 tonnes de fioul lourd . Pour la préfecture maritime, c’est la principale source de préoccupation, estimant que la façade entre la #Charente-Maritime et la #Gironde risquait d’être touchée par une pollution « dans plusieurs jours ».

    #pollution #naufrage




  • 69% des bénéficiaires de l’aide alimentaire en France sont des femmes
    http://www.lefigaro.fr/social/2019/03/13/20011-20190313ARTFIG00239-69-des-beneficiaires-de-l-aide-alimentaire-en-fra

    Selon les Banques alimentaires, 2 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire en France. 71% des foyers bénéficiaires de l’aide alimentaire vivent sous le seuil de pauvreté, et disposent de ressources mensuelles estimées à 821 euros.

    Dans l’Hexagone, 8,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, et ce sont près de 4,7 millions de citoyens qui ont eu recours en 2018 aux aides alimentaires distribuées par Les Restos du cœur, la Croix-Rouge ou bien l’une des 5400 associations et CCAS qui s’approvisionnent auprès des Banques Alimentaires. A l’occasion de leur 35 ans, les banques alimentaires, premier réseau au niveau national, ont dévoilé mercredi une étude sur les profils de leurs bénéficiaires.

    En 2018, plus de 226 millions de repas ont été servis à 2 millions de personnes, par les associations partenaires des banques alimentaires. Les grandes surfaces représentent près de la moitié des sources d’approvisionnement. Selon l’étude des banques alimentaires réalisée par l’institut CSA, 71% des foyers bénéficiaires de l’aide alimentaire vivent sous le seuil de pauvreté, et disposent de ressources mensuelles estimées à 821 euros. Ces foyers fragiles estiment réaliser une économie de 96 euros par mois grâce à l’aide alimentaire. La majorité des bénéficiaires expliquent que leur situation financière s’est dégradée progressivement, souvent à la suite d’une perte d’emploi ou d’une séparation. Majoritairement, ils vivent grâce à un minima social, tel que le RSA, et aux allocations familiales. Mais cette population précarisée n’est néanmoins pas marginalisée en matière de logement, puisque 84% des bénéficiaires sont locataires d’un logement stable .
    Les femmes restent les principales bénéficiaires de l’aide alimentaire

    L’âge moyen des bénéficiaires est de 47 ans, et la majorité sont des personnes isolées. Dans le détail, 5 % ont moins de 25 ans, 55 % entre 26 et 50 ans et 40 % ont plus de 50 ans. Les femmes demeurent les plus touchées par la précarité alimentaire et représentent ainsi 69% des bénéficiaires. Autres figures de la pauvreté en France, les familles monoparentales, à 85% menées par des femmes, représentent un tiers des bénéficiaires. La précarité n’épargne également pas les personnes âgées, notamment chez les femmes en milieu rural qui perçoivent de petites retraites. En 2018, la catégorie des retraités gagne trois points par rapport à la précédente enquête.

     » LIRE AUSSI - Grand débat : coup de projecteur sur les mères isolées

    Pour 53 % des bénéficiaires, l’aide alimentaire représente une aide dont ils ne pourraient se passer. « Même en France, où on ne meurt pas de faim, conclut Jacques Bailet, le président des Banques alimentaires, l’aide alimentaire est essentielle car elle permet aux foyers modestes d’équilibrer un peu leur budget. C’est autant d’argent qu’ils peuvent consacrer au logement ou à des dépenses pour les enfants. »
    83% des bénéficiaires sont sans emploi

    Pour la première fois depuis quatre ans, la part des bénéficiaires ayant un emploi a diminué et celle des inactifs a pour sa part progressé. Il y a deux ans, le phénomène des travailleurs pauvres sollicitant une aide alimentaire concernait 23% des bénéficiares, contre 14% en 2018 selon l’étude. L’étude souligne ainsi que 83 % des bénéficiaires sont sans emploi, un tiers sont au chômage, 15 % sont retraités, 13 % sont en situation de handicap ou malades, et 6 % sont sans papiers ou bien demandeurs d’asile.

    Par ailleurs, le recours à l’aide des banques alimentaires est de plus en plus fréquent, et la période s’étend sur la longueur avec 52% des bénéficiaires qui viennent depuis plus d’un an. Jacques Bailet, président de la Fédération française des banques alimentaires, « plus de la moitié des bénéficiaires interrogés (52 %) témoignent d’un recours durable à l’aide alimentaire, d’un an et plus, ce qui n’est pas bon signe ». Pour plus de la moitié d’entre eux, ce recours est également hebdomadaire.


  • Bloom Association - Vote désastreux pour l’océan au Parlement européen - Bloom Association
    https://www.bloomassociation.org/vote-desastreux-feamp

    La Commission de la pêche du Parlement européen choisit la destruction de l’océan plutôt que sa protection

    Cataclysme pour l’océan.

    Aujourd’hui, 24 des 27 députés membres de la Commission de la pêche du Parlement européen votaient le Règlement qui déterminera l’allocation de plus de 6 milliards d’euros de subventions publiques au secteur de la pêche, à l’aquaculture et à la protection de l’environnement marin pour la période 2021 à 2027. Alors que les nations membres de l’Organisation mondiale du commerce cherchent à interdire multilatéralement les subventions qui favorisent la surcapacité des flottes et la surpêche, les parlementaires, eux, viennent de désavouer l’engagement de l’Union européenne auprès de la communauté internationale en proposant au contraire de réintroduire ces aides néfastes. Une série d’amendements rétrogrades,[1] adoptée à 12 votes contre 9, permet de financer la construction, le renouvellement et la modernisation des flottes de pêche européennes et donc d’accroître la pression sur les populations de poissons et les milieux marins.

    « Les aides à la construction étaient interdites en Europe depuis 2005. Les eurodéputés ont donc agi en parfaite connaissance de cause et à dessein » déplore Mathieu Colléter, chargé des relations institutionnelles chez BLOOM. « Ils viennent de décider, en leur âme et conscience, de balayer d’un revers de main tous les objectifs que s’est fixés l’Union européenne pour mettre un terme à la surpêche et à la surcapacité alors que 69 % des stocks de poissons sont encore surexploités en Europe. C’est un désastre. »


  • Quand un syndicat de gynécologues menace le droit à l’IVG
    https://www.francetvinfo.fr/sante/grossesse/quand-un-syndicat-de-gynecologues-menace-le-droit-a-livg_3231505.html

    Jean Mart : « Nous voulons manipuler la menace d’une grève à l’IVG pour être entendus »
    avatar

    « Préparez-vous à ce que le syndicat vous donne l’ordre d’arrêter les IVG si la ministre de la Santé refuse de nous recevoir », a déclaré le Syndicat des gynécologues et obstétriciens français (Syngof) dans un mail envoyé à ses 1.600 adhérents le 12 mars. Pourquoi cet avertissement ? Pour des raisons purement financières. Depuis des années, le syndicat demande à ce que le fonds de garantie de la profession couvre les sinistres déclarés entre 2002 et 2012. Actuellement, ce ne serait pas le cas. Le Syngof souhaite donc être reçu par Agnès Buzyn, et a même proposé un amendement au projet de loi Santé. En attendant, le syndicat entend créer le scandale pour faire parler de lui.
    « Nous voulons manipuler la menace d’une grève à l’IVG pour être entendus »

    C’est Jean Marty, ancien président du Syngof, qui a eu l’idée de ce chantage. « Notre société a un problème avec l’IVG. […] La profession, dans son écrasante majorité, trouve normal de pratiquer des IVG, mais c’est un sujet ultra sensible, donc nous voulons manipuler la menace d’une grève à l’IVG pour être entendus » a expliqué le praticien au journal Causette.

    Ces propos ont aussitôt déclenché la colère des défenseurs des droits des femmes et de plusieurs professionnels de santé. La ministre de la Santé a « condamné » une menace « inadmissible », tandis qu le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a « condamné fermement, au nom de la déontologie, l’expression d’une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l’indépendance des professionnels, qu’aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier » dans un communiqué publié le 13 mars. Le Cnom juge qualifie ainsi l’arrêt des IVG « d’acte inexplicable et injustifiable, aux conséquences potentiellement dramatiques ». Osez le féminisme et France Assos Santé, entre autres, ont également réagi.

    J’espère que ce syndicat ne sera pas reçu et que leurs demandes serons rejetés. Les gynecos et obstericien·nes qui appliquent ces menaces devraient êtres radiés de l’ordre des médecins pour mise en danger de la vie des femmes. Ce syndicat devrait être dissout et ses membres enregistrés comme personnes dangereuses car utilisé le chantage sur la vie de ses patientes pour racketter les assurances pour couvrir leurs erreurs médicales ca mérite d’être surveillé de très près.
    #misogynie #IVG #chantage #racket #violence_gynecologique #sexisme #culture_du_viol (car imposer une grossesse c’est du viol) #cupidité #violence_médicale

    • Mise à jour

      L’Ordre des médecins a fermement rappelé à l’ordre le Syngof dans un communiqué dénonçant une « contravention claire aux obligations déontologiques » des gyncologues.

      https://www.causette.fr/le-mag/lire-article/article-2309/le-syngof-prend-en-otage-les-femmes-qui-ont-besoin-da-une-ivga.html

      Si « la contravention est claire aux obligations déontologiques », je ne comprend pas que l’ordre ne prenne pas des mesures plus strictes. Les gynecos et obstertricien·nes qui suivent le mot d’ordre du Syngof devraient être prevenus qu’illes serons radié·es. Il serait juste aussi d’augmenter les frais d’assurance vu le nombre d’erreurs commises par cette corportation et de réduire les indemnités en cas d’erreur médicale pour les adhérent·es de ce syndicat. Pas de seconde Tesla ni de vacances prolongées à Courchevel pour les membres du syndicat des erreurs médicales.


  • Assurance-chômage : la Cour des comptes s’attaque à certaines règles d’indemnisation, Manon Malhère
    http://www.lefigaro.fr/social/2019/03/13/20011-20190313ARTFIG00084-assurance-chomage-la-cour-des-comptes-s-attaque-a

    Voilà un document que l’exécutif ne manquera pas de brandir pour défendre sa réforme controversée de l’#assurance-chômage face aux plus sceptiques, à commencer par les syndicats. Dans un référé publié ce mercredi, la Cour des comptes a en effet fustigé certaines règles d’indemnisation qui « s’avèrent inefficientes, voire inéquitables, et complexes pour les #allocataires ». Et c’est rare lorsqu’elle donne du grain à moudre au gouvernement !

    Le sujet est sensible car ces règles s’appliquent bien souvent aux travailleurs précaires

    Les magistrats de la rue Cambon s’attaquent en particulier aux règles permettant de cumuler un #salaire et une allocation qui sont dans le collimateur de l’exécutif. Car si leur but est de favoriser la reprise d’emploi, le gouvernement estime qu’elles peuvent également enfermer les individus dans la précarité en alternant des contrats très courts et une indemnisation, voire ne pas les inciter à retrouver un #emploi durable.

    Dans son référé, la Cour estime que dans un certain nombre de cas limités, ces règles peuvent donner lieu à des « stratégies d’optimisation » et traitements inéquitables entre les individus. Les magistrats ciblent plus précisément « l’#activité_conservée » qui permet à un salarié exerçant plusieurs activités et qui en perd une, de percevoir une allocation en plus de ses revenus. Le sujet est sensible car ces règles s’appliquent bien souvent aux #travailleurs_précaires comme, par exemple, les #assistantes_maternelles. Le problème pointé du doigt ? Le salarié peut parfois cumuler l’intégralité de l’allocation à laquelle il a droit avec ses autres revenus d’activité. Le montant total des revenus d’activité n’est pas pris en compte et aucun plafond n’est prévu pour cette indemnisation. Résultat : cela peut conduire ces salariés « à bénéficier d’un #revenu global très proche d’une activité à temps plein en cumulant revenu d’activité et revenu du chômage », affirmait déjà le gouvernement en septembre dernier, dans sa lettre de cadrage adressée aux syndicats et au patronat pour mener leur négociation sur cette réforme et qui a échoué fin février.

    « Les règles d’indemnisation demeurent trop favorables aux contrats de moins d’un mois »

    Les magistrats examinent également l’impact des règles encadrant les « #droits_rechargeables », qui permettent d’allonger la période d’indemnisation des chômeurs qui multiplient les petits « jobs », ainsi que les modalités de calcul du montant de l’indemnisation. Et leur conclusion est très claire : « les règles d’indemnisation demeurent trop favorables aux contrats de moins d’un mois ».

    Pour rectifier le tir, la Cour recommande d’harmoniser les modalités d’indemnisation des #chômeurs_en_activité_réduite. Enfin, elle préconise de revoir les dispositions relatives à l’accompagnement des chômeurs par Pôle emploi pour éviter l’enfermement de bon nombre d’entre eux dans l’activité réduite.

    #chômeurs #droit au chômage et aussi #prime_d'activité #travail #femmes

    • [Remarques glanées de ci de là] Lorsqu’on doit occuper de tels emplois, il est effectivement plus avantageux, lorsqu’on travaille par exemple uniquement les week-end, de se déclarer sur un contrat de 2 jours chaque semaine et de ne pas ouvrir de droits au chômage tout en restant au RSA plutôt que signer un contrat de 4 mois et se retrouver avec une allocation à 5 euros / jour ! Encore faut-il le savoir. La Cour des comptes pointe l’#optimisation en disant par ailleurs que les règles sont trop complexes pour que les précaires en activité réduite les optimisent.
      Cf. La Cour des comptes s’invite dans le débat sur l’assurance-chômage
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/13/la-cour-des-comptes-s-invite-dans-le-debat-sur-l-assurance-chomage_5435629_8
      Qui optimise, alors ? Les employeurs ? Personne ?

      L’optimisation fiscale qui porte sur des milliards chaque année, on s’en fiche pas mal, mais « l’optimisation » des pauvres qui cherchent à survivre avec quelques centaines d’euros par mois, là, c’est grave, faut sévir ! Laisser entendre qu’il s’agirait d’une fraude, alors qu’il s’agit des règles officielles de cumul emploi (sous-payé) + indemnité (misérable) imposées par Pôle emploi rajoute de la dégueulasserie à la dégueulasserie et ne sert qu’à essayer de faire passer dans l’opinion l’imminente réforme gouvernementale. La manœuvre est grossière, ces gens infects - ne nous laissons pas faire !

    • Un chômeur sur cinq touche plus que son ex-salaire
      https://www.lepoint.fr/societe/un-chomeur-sur-cinq-touche-plus-que-son-ex-salaire-16-03-2019-2301650_23.php

      Cette affirmation contestée de Muriel Pénicaud est statistiquement fondée, mais concerne des chômeurs qui, à 90 %, touchent moins de 1 300 euros par mois.

      Seules les personnes qui ne travaillent pas tout le mois peuvent espérer gagner plus d’argent en étant au chômage.

      Selon la ministre du Travail, un chômeur sur cinq perçoit une allocation supérieure à son salaire moyen antérieur. C’est en tout cas ce qu’elle a déclaré le 26 février dernier lors d’une conférence de presse destinée à présenter les intentions du gouvernement sur la réforme de l’assurance chômage, après l’échec des négociations entre partenaires sociaux. Cette statistique, qui n’est mentionnée dans aucune étude de l’Unédic, a suscité de vives protestations. Ainsi, Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a dénoncé un chiffre « caricatural » qui permet à l’exécutif de dire que « les chômeurs profitent du système alors que la plupart ne choisissent pas quand ils travaillent ».

      Mais le chiffre existe bien et vient de Pôle emploi. L’organisme a comparé, à partir des ouvertures de droit, le montant des salaires moyens nets perçus pendant la période de référence au cours de laquelle le demandeur travaillait et le montant de son allocation nette au chômage. Résultat : 600 000 personnes, soit 20 % des chômeurs, touchent une allocation supérieure à ce qu’elles gagnaient en moyenne quand elles travaillaient.

      Le mode de calcul mis en cause

      Un quart d’entre elles bénéficient d’un taux de remplacement (rapport entre le montant de l’allocation et l’ancien salaire) compris entre 100 et 109 %, un quart entre 109 % et 123 %, un autre entre 123 % et 147 % et enfin le dernier quart perçoit un taux supérieur à 147 %.

      Comment cela est-il possible  ? En cause, le mode complexe et spécifique à la France de calcul de l’allocation, basé sur « le nombre de jours travaillés ». C’est en divisant la somme des revenus perçus sur les 12 derniers mois par ce nombre de jours travaillés que l’on obtient « le salaire journalier de référence » qui sert de base pour le calcul de l’allocation mensuelle. Ce mode de calcul est plus favorable aux personnes qui ont des contrats fractionnés, et donc moins de jours travaillés, comme le montre la comparaison de deux personnes qui ont travaillé au smic pendant un an.

      Lire aussi Le chômage atteint son niveau le plus bas depuis 2009 [ce qui n’est p-ê pas sans rapport avec la relance de la chasse, ndc]

      L’une a eu un seul CDD à environ 1 200 euros net. Elle a le droit à un an de chômage, suivant le principe « un jour travaillé = un jour indemnisé », et touchera environ 900 euros par mois. L’autre a fait sur un an douze CDD, de quinze jours par mois, et gagnait donc environ un demi-smic mensuellement, soit 600 euros. N’ayant travaillé que 180 jours sur l’année, elle n’aura le droit qu’à six mois de chômage. Mais elle touchera aussi 900 euros (soit 150 % de son ex-salaire), car ses revenus n’ont été divisés que par 180 et non 365 jours.

      Seules des personnes qui ne travaillent pas des mois complets
      Certains demandeurs d’emploi peuvent donc effectivement gagner plus mensuellement que leur précédent salaire. Mais, mettent en garde les syndicats, cela ne concerne que des gens qui ne travaillent pas des mois complets et donc aux revenus très modestes. Confirmation par Pôle emploi : sur ces 600 000 chômeurs, 16 % touchent une allocation de moins de 750 euros, 33 % entre 750 et 1 000 euros, 41 % entre 1 000 et 1 300 euros.

      Et ils n’ont droit en moyenne à une durée d’indemnisation que de sept mois, deux fois plus courte que celle de l’ensemble des demandeurs. Néanmoins, pour le gouvernement, ce système favorise l’explosion des contrats courts et pose « un problème d’équité » entre demandeurs d’emploi au détriment par exemple de ceux qui travaillent en continu à temps partiel. Pour éviter ces situations, l’une des pistes mises sur la table par le patronat pendant la négociation, et dont pourrait s’inspirer le gouvernement, serait de lier le versement des indemnités au rythme d’acquisition des droits.

      Par exemple, la personne qui a cumulé six mois de travail sur douze mois pourrait voir le versement de ses six mois d’indemnisation étalé sur une période plus longue, avec donc un revenu mensuel plus faible. Les économies seraient potentiellement substantielles, car deux tiers des allocataires sortent de l’indemnisation avant la fin de leur droit.


  • Pour la première fois, un général reconnaît la « faute » de la France au Rwanda - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140319/pour-la-premiere-fois-un-general-reconnait-la-faute-de-la-france-au-rwanda

    Aussi le colonel Pierre-Célestin Rwagafilita, chef d’état-major de la gendarmerie, demande-t-il le maximum au général Varret : des mitrailleuses et des mortiers pour faire du maintien de l’ordre. Pas question, répond l’officier français : « Devant mon refus catégorique, se souvient-il, le chef de la gendarmerie dit : “Messieurs, vous pouvez partir, je reste avec le général.” Et là il me dit : “On est en tête à tête, entre militaires, on va parler clairement… Je vous demande ces armes, car je vais participer avec l’armée à la liquidation du problème. Le problème, il est très simple : les Tutsis ne sont pas très nombreux, on va les liquider”. »

    Quatre ans avant le génocide, un officier rwandais dévoile explicitement les intentions meurtrières du régime à son homologue français. Un message à prendre au sérieux, car Pierre-Célestin Rwagafilita est un homme du premier cercle du président rwandais en exercice Juvénal Habyarimana.

    [...]

    Dans une note au président datée du 26 février 1993, il met en garde l’Élysée : « Le seul moyen de pression un peu fort qui nous reste – l’intervention directe étant exclue – me semble l’éventualité de notre désengagement. » Son directeur de cabinet adjoint, Louis Gauthier, était plus précis lorsque nous l’avions interrogé en 2014 : « Pierre Joxe avait une réserve assez marquée à l’égard de la cellule africaine de l’Élysée et du général Quesnot. Il y avait une cellule parallèle avec laquelle Joxe entendait rompre. » Il ne sera pas suivi.

    https://youtu.be/BgKcnat2b1c

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    Pour le général Varret, l’ancien haut fonctionnaire devrait s’expliquer sur les « erreurs politiques et les erreurs militaires » commises. Hubert Védrine n’a pas répondu à la sollicitation de Mediapart.

    Jean Varret ne verra pas la fin de l’histoire. Débarqué de son poste au printemps 1993, il refuse le placard doré que lui propose l’Élysée et quitte l’armée.

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    En toute logique, il estime donc que « certains » ont bien « une responsabilité » liée à cette « faute » : « Il y a eu quand même un aveuglement. C’est-à-dire qu’aucun civil ou militaire n’aurait souhaité le génocide. Aucun. Par contre, certains n’ont pas pris le risque au sérieux. »