• luc_lemonnier, Maire du Havre, assurant l’intérim d’#edouard_philippe aimait montrer sa bite #en_marche . Tout le monde était au courant. Sophie, victime, rappelée à la loi.

    Sophie* (son prénom a été modifié), une mère de famille havraise engagée en politique, reçoit sur son téléphone une photo de l’actuel maire.

    Un « selfie » où l’on voit Luc Lemonnier, le sexe en érection. « Pour moi, ça a été un viol !, explique Sophie. Je suis mariée depuis plus de 20 ans, j’ai des enfants, je suis épanouie dans ma vie de couple, on se connaissait depuis longtemps (avec Luc Lemonnier, NDLR), j’ai été choquée. » La Havraise prétend qu’elle a demandé à l’élu, à plusieurs reprises, d’arrêter de lui envoyer de telles photos. Elle aurait tout de même reçu une dizaines de clichés. 
    . . . . . .
    En 2018, Sophie décide à son tour d’envoyer ces clichés à des élus de la majorité municipale. Cette fois, c’est le maire, Luc Lemonnier, qui dépose plainte le 31 mai pour avoir diffusé ces clichés intimes sans autorisation. A l’issue d’une enquête préliminaire menée par le SRPJ de Rouen, Sophie a écopé, le 18 mars 2019, d’un rappel à la loi par le procureur du Havre. 
    . . . . .

    Edouard Philippe était-il au courant ?
    Sous couvert d’anonymat, de nombreux élus normands nous ont confié qu’ils savaient depuis longtemps que ces clichés pornographiques avait été envoyés à des femmes par le maire du Havre. « C’était un secret de polichinelle » , nous dit un élu de premier plan à la Région Normandie. Une ancienne élue de la mairie raconte : « j’ai coupé nos relations pourtant très fortes il y a plusieurs mois, quand j’ai été informée du phénomène. Je n’ai pas été destinataire des photos mais je me suis rendue compte qu’elles avaient été envoyées à plusieurs dizaines de femmes. » En revanche, tous les actuels adjoints ou conseillers de la majorité que nous avons contactés nous ont adressé une fin de non-recevoir, parfois en termes assez brutaux. « Certaines élues ont reçu les photos mais ont préféré se taire, explique sous couvert d’anonymat une employée de la mairie. Certaines par peur de perdre leur fonction, d’autres parce qu’elles l’avaient caché à leurs proches... D’autres encore par peur de représailles et parce que dans des situations fragiles. » Une ancienne salariée nous a expliqué avoir quitté son emploi notamment en raison « de l’ambiance hyper-sexualisée » qui régnait à l’hôtel de ville.

    Extraits de : Accusé d’avoir envoyé des photos pornographiques à plusieurs femmes, le maire du Havre démissionne Par Coralie Moreau, Christine Wurtz, Delphine Garnault, Bertrand Queneutte, Sylvain Tronchet et Elodie Guéguen, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu et France Bleu Normandie (Calvados - Orne) - 21 Mars 2019 - France bleu
    https://www.francebleu.fr/infos/politique/exclusif-accuse-d-avoir-envoye-des-photos-pornographiques-a-plusieurs-fem

     #en_vedette #psychiatrie #santé_mentale #femmes #exhibitionisme #maire


  • Dérive autoritaire - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2019/03/21/derive-autoritaire

    Enfermé dans ses certitudes et son mépris de classe, le gouvernement n’entend pas dialoguer. Sa seule réponse consiste à traiter le mouvement social par la répression. Nicolas Sarkozy avait ouvert la voie pour mater les banlieues. Une politique poursuivie par Manuel Valls lors des manifestations contre la Loi travail et Nuit debout. Rien sur le fond. Certes, il y a eu des débats. Un grand show, même. Mais d’inflexion de la politique menée, point. Des revendications des gilets jaunes (pouvoir d’achat, rétablissement de l’ISF, démocratisation de la vie politique, etc.), il ne restera rien, ou alors l’indexation des retraites. Et encore.

    Comme il paraît lointain le temps des rassemblements paisibles sur les ronds-points. Le mouvement était trop populaire. Il fallait le casser, le morceler, le discréditer, le pousser à la radicalisation. Instiller la peur. Réduire le mouvement social à une bande de casseurs. Les chaînes d’info en continu ont contribué à alimenter un climat de guerre civile. Histoire d’obliger tout le monde à rentrer chez soi. Reposer le couvercle sur la marmite. Jusqu’aux prochaines élections. Ça pourrait marcher. Espérons que non.

    Et aussi, dans la même édition :


  • Macron, l’État terroriste
    https://reporterre.net/Macron-l-Etat-terroriste

    Il importe de qualifier le régime politique dans lequel nous sommes, et qui n’est plus une démocratie, malgré ce que serinent jour après jour les chiens de garde. « Quelque chose glisse », observe Daniel Schneidermann, « que les médias peinent à nommer ». Il s’agit bien d’une oligarchie, mais la violence qu’elle exerce pour maintenir sa domination exprime une qualité particulière que le terme de « dérive autoritaire » ne suffit plus à qualifier. Régime autoritaire, sans doute. Mais ce qui se joue en ce moment est plus dangereux encore. Le mot d’État terroriste m’est venu. Il s’agit bien de terroriser la révolte sociale qui s’est levée depuis quatre mois. Dans une émission de radio en mars 2018, le philosophe Geoffroy de Lagasnerie disait que « Macron essaye d’instaurer un gouvernement de la terreur » : en affaiblissant les dispositifs de protection des personnes (ce que fait la politique néolibérale), expliquait M.de Lagasnerie, Emmanuel Macron rend les travailleurs soumis aux patrons, par terreur du licenciement, les chômeurs soumis aux contrôleurs, les migrants à la police, etc. Une observation comparable a été faite par l’avocate Judith Krivine : « Les gouvernements qui se succèdent privent les salariés de leurs droits et leur rendent l’accès au juge plus difficile, ce qui rend les recours de plus en plus décourageants. »

    Ainsi, la violence blessante voire meurtrière des forces d’État est le volet le plus apparent d’une politique généralisée de la peur dans tous les rapports sociaux au profit des puissants. L’État terroriste de M. Macron et de la classe dont il est l’instrument n’annonce pas seulement qu’il est prêt à tuer les Gilets jaunes. Il leur refuse toute concession, et entend poursuivre sans fléchir sa politique nous entraînant dans le chaos climatique et social.

    Mais quand on règne par la peur, on n’a plus d’autorité, on ne suscite plus aucune adhésion. Il ne reste que le pouvoir, dans la froide férocité du rapport de force. La bêtise criminelle des possédants dont la macronie est aujourd’hui l’expression ne doit cependant pas générer la peur par laquelle ils veulent nous paralyser, mais le simple et âpre sentiment qu’aujourd’hui, il n’est d’autre attitude digne que la résistance.


  • La police israélienne fait irruption dans un centre français de Jérusalem-Est Thierry Oberlé - 22 Mars 2019 Le figaro _
    http://www.lefigaro.fr/international/2019/03/21/01003-20190321ARTFIG00184-la-police-israelienne-fait-irruption-dans-un-cent

    . . . . .
    La police israélienne a surgi jeudi matin dans les locaux de l’Institut Français Chateaubriand à Jérusalem-Est pour empêcher la tenue dans l’après-midi d’une exposition-vente d’objets artisanaux confectionnés par des femmes de la ville. Le centre culturel qui dépend du réseau diplomatique français a été évacué et fermé. Un avis placardé sur la porte d’entrée indiquait que le lieu était clos « jusqu’à nouvel ordre ».

    L’Institut Chateaubriand avait prévu d’inviter, à l’occasion de la fête des Mères qui est célébrée en Palestine le 21 mars, l’association « Jeunes filles de Jérusalem » pour un rendez-vous caritatif. Une initiative jugée intempestive par les autorités israéliennes qui surveillent de près les activités des ONG et des organismes internationaux dans cette partie de la ville occupée depuis 1967 et annexée par l’État hébreu. La police israélienne reproche aux « jeunes filles de Jérusalem » d’être liées à l’Autorité palestinienne (AP). Selon l’association citée par l’AFP, sa directrice et une bénévole venues sur place préparer l’événement ont été brièvement interpellées. Des femmes palestiniennes ont qualifié de « mensonges » les accusations de financement par l’AP jugées illégale par les autorités israéliennes.

    Le consul français, Pierre Cochard, s’est immédiatement rendu à l’Institut. Le consulat de France a élevé une protestation contre ce qu’il considère comme une « intrusion dans une enceinte appartenant au réseau diplomatique et culturel de la France ». Le centre a pu reprendre ses activités dans l’après-midi et il est à nouveau ouvert au public.
    . . . . . .

    #Palestiniennes #Femmes #violences_policieres #police_militaire #police_israélienne #génocide en cours


  • Suisse Le canton de Vaud refuse les cours développés par les mormons Martine Clerc/Hannah Schlaepfer/lan - 22 Mars 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/vaud/10309397-le-canton-de-vaud-ref

    use-les-cours-developpes-par-les-mormons.html

    Le Département vaudois de la formation ne programmera plus une méthode de formation continue fondée et développée par l’Eglise mormone, a-t-il indiqué jeudi. Il a pris cette décision après avoir reçu un courrier des syndicats.
    Le Centre professionnel du Nord Vaudois proposait à ses enseignants des cours de gestion des conflits développés par les mormons et diffusés en Suisse par une entreprise privée.

    Le syndicat Sud a alerté les autorités le mois dernier pour signaler une situation « inacceptable », comme l’a expliqué Aristides Pedraza, secrétaire syndical, dans La Matinale de vendredi : « Nous dénonçons l’intrusion dans le cadre d’une école publique d’une mouvance religieuse qui prétend apprendre aux enseignants comment se comporter entre eux et éventuellement avec les élèves. Ceci est intolérable ».

    Pour le syndicat, ces cours tiennent du pur formatage idéologique et n’ont rien à faire dans une école laïque.

    Principe de précaution
    Contacté par la RTS, le Département de la formation de Cesla Amarelle indique qu’il ignorait tout de cette affaire, avant d’être mis au courant par les syndicats. Il précise également que la formation de 2 jours a été donnée à 5 reprises entre décembre 2017 et décembre 2018.

    « Même s’il n’y a pas de lien évident entre les formateurs qui se trouvent en Suisse et l’église mormone et même si la méthode ne véhicule aucun précepte religieux, le Centre professionnel du Nord vaudois ne programmera plus cette formation suivant le principe de précaution », écrit le Département.

    Ce dernier recommande aussi aux établissements de favoriser les offres de formations continues (gestion des conflits ou autres) proposées à la HEP. Un courrier en ce sens leur sera adressé prochainement à titre de rappel.

    #Sectes #mormons #religion #école #formations_bidon


  • Pour l’emploi de l’armée en maintien de l’ordre, M. Macron va bientôt pouvoir disposer des futurs volontaires du SNU. Brassage social garanti…

    Qu’est-ce que le Service National Universel ? | Gouvernement.fr
    https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-le-service-national-universel

    Dans un second temps, chaque jeune sera encouragé, notamment par des mesures d’attractivité variées et ciblées, à poursuivre volontairement une période d’engagement d’une durée d’au moins trois mois, liée à la défense et la sécurité (engagement volontaire dans les armées, la police, la gendarmerie, les pompiers, la sécurité́ civile), à l’accompagnement des personnes, à la préservation du patrimoine ou de l’environnement ou encore au tutorat, sans que cette liste soit limitative. L’offre des différentes opportunités d’engagements, civils ou militaires, intégrera les volontariats existants et des propositions nouvelles, y compris celles qui émaneront des jeunes eux-mêmes. À titre d’exemple, l’actuel service civique sera l’un des moyens d’accomplir cette seconde phase du SNU.

    (initialement, c’était un commentaire à un billet éphémère de @zorba, d’où le triangle plein qui ne débouche que… sur une seule occurrence du lien)


  • Mathilde Larrère : « Les féministes actuelles devraient se revendiquer de la Commune »
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/22/mathilde-larrere-les-feministes-actuelles-devraient-se-revendiquer-de-la-

    L’enseignante-chercheuse à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée déplore un manque d’intérêt, de la part des militantes d’aujourd’hui, pour les révolutions du XIXe siècle. Elle rappelle en quoi l’insurrection de 1871 a été un moment majeur de l’histoire des femmes. Source : Libération

    • Parce que semi #paywall :

      Mathilde Larrère : « Les féministes actuelles devraient se revendiquer de la Commune »
      Gabriel Pornet, Libération, le 22 mars 2019

      Pour l’historienne Mathilde Larrère (1), limiter le féminisme et la citoyenneté à la question du droit de vote est une erreur, conduisant à effacer des mémoires une partie essentielle de notre passé politique. Elle souligne l’importance des communardes et l’implication constante des femmes dans les révoltes populaires.

      Quelle est la différence entre le rôle joué par les femmes durant la Commune et durant les autres révolutions ?

      Ce qui progresse, avec la Commune, c’est qu’on les accepte plus comme combattantes. En 1830, il y avait quelques femmes sur les barricades, pas beaucoup, et certaines y allaient déguisées en hommes. C’était pareil en 1848 : elles préparaient les cartouches, jouaient un rôle à l’arrière. En 1871, elles réussissent à faire des bataillons de femmes et tiennent même quelques barricades. La plus célèbre est celle de la place Blanche, même si son existence est discutée.

      Certaines femmes portent un uniforme pendant la Commune ?

      Oui. Durant les procès, on leur reproche par exemple d’avoir été arrêtées avec un pantalon… Elles ne font pas partie de la garde nationale, mais le réclament, et certaines mettent un semblant d’uniforme, un pantalon, comme une revendication – sans compter que c’était effectivement plus pratique pour combattre.

      Selon Jacques Rougerie, sous la Commune, les préoccupations ne sont pas à proprement parler « féministes »… (2)

      Jacques Rougerie a fait l’erreur classique, à savoir réduire le féminisme à la question du droit de vote. Au XIXe siècle, le fait qu’on le leur refuse n’est pas le premier problème des femmes. La revendication n’est pas absente, mais elle n’est pas prioritaire. Elles se battent beaucoup plus pour le droit au travail, pour la suppression des dispositions inégalitaires du code civil et surtout pour la fin de l’incapacité civile des femmes mariées, mais aussi pour le droit à l’instruction, pour le droit d’avoir des armes… Si on prend ça en compte, alors on peut considérer qu’il y a des demandes féministes clairement formulées au cœur de la Commune. Simplement, elles ne réduisent pas le citoyen et le pouvoir politique au seul bulletin et demandent bien plus que l’accès aux urnes.

      Qu’obtiennent-elles concrètement ?

      Elles obtiennent une forme d’engagement, de la part de la Commune, à établir l’égalité salariale (difficile de savoir si ça a été mis en place ; cela semble avoir été le cas dans quelques ateliers associatifs). Elles acquièrent aussi, ce qui est très important dans leur esprit, la reconnaissance des concubines et des enfants illégitimes : les pensions pour les femmes de gardes nationaux tués doivent désormais être également versées aux femmes non mariées. C’est fondamental, surtout que dans le milieu ouvrier, on se marie très peu. Elles obtiennent aussi l’interdiction de la prostitution, un combat important contre la domination masculine : il y a de beaux textes de Louise Michel à ce sujet. Les femmes sont aussi très mobilisées dans le domaine de l’instruction. Elles créent notamment des écoles de filles et envisagent également une éducation beaucoup plus mixte.

      On connaît bien Louise Michel, mais qui sont les autres militantes sous la Commune ?

      Nathalie Le Mel, Elisabeth Dmitrieff, André Léo, Blanche Lefebvre, Victorine Brocher, Marguerite Tinayre, Aglaé Jarry… et toutes les militantes de l’Union pour la défense de Paris et les soins aux blessés, qui pour beaucoup n’ont laissé que leur nom au bas de deux affiches et dont on sait peu de choses. Sociologiquement, Dmitrieff, aristocrate russe immigrée, est une exception : s’il y a quelques institutrices, comme Louise Michel, la plupart sont des femmes du peuple, exercent des petits métiers, souvent dans le textile ou les « métiers de bouche » : blanchisseuses, couturières, chapelières, chocolatières, confiseuses…

      Les communardes ont-elles conscience d’être dominées, à l’intérieur même du mouvement, par les hommes ?

      Oui, en tout cas pour certaines, c’est clair. André Léo, par exemple, en a parfaitement conscience (3). Les hommes communards sont les produits d’une époque où l’on envisage difficilement, depuis un siècle, de donner la parole aux femmes.

      Le socialisme, sous la Commune, est moins tourné vers les femmes que ne l’étaient le saint-simonisme et le fouriérisme au début du siècle ?

      Pierre-Joseph Proudhon est passé par là… Même si c’est compliqué : on retient une phrase atroce de lui alors qu’avant, il a eu des propos beaucoup plus favorables à l’égalité. De toute façon, le mouvement ouvrier, en tout cas à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, est objectivement machiste. Au lieu de demander l’égalité, ils considèrent que les femmes sont responsables de la baisse des salaires, que ce sont des travailleuses concurrentielles, des briseuses de grève.

      Comment les communardes sont-elles traitées par les versaillais lors de la répression ?

      Dans les combats, elles sont tuées comme les hommes. Mais durant les procès, on commence par leur poser des questions différentes. On leur demande toujours, par exemple, si elles ont combattu parce qu’elles étaient amoureuses d’un homme. Impossible d’imaginer qu’elles aient pu se battre parce qu’elles en avaient envie. « Quelle était votre relation » sous-entendue sexuelle, « avec tel ou tel communard ? » etc. S’agissant des punitions prononcées par les conseils de guerre, la peine de mort reste une exception pour les femmes, et les rares peines capitales prononcées à leur encontre ont été commuées en travaux forcés. D’autre part, ce qui n’apparaît pas dans les archives des procès et qui est pourtant très présent dans la manière dont la population les voit, c’est la légende des « pétroleuses » : elles auraient provoqué les incendies à Paris, alors qu’aucune n’est inculpée pour ça.

      D’où vient cette image des « pétroleuses » ?

      Ça vient de la presse, beaucoup. Je pense qu’il y a un tel refus de la femme en politique, et pire, de la femme révolutionnaire, qu’on la rend responsable de tout. C’est une façon de leur refuser à nouveau le statut de combattante. Dans l’esprit des versaillais, ce sont les lâches qui allument les incendies. Pourtant, même Maxime Du Camp, qui est un anticommunard de première, ne reprend pas le mythe des « pétroleuses ». En revanche, c’est très présent dans l’iconographie. Ça fait aussi penser au vieux symbole de la « sorcière », d’une certaine manière. Ça fait longtemps qu’il y a cette association entre les « mauvaises femmes » et le « feu ». Surtout, les communardes sont considérées par les versaillais comme des prostituées, des femmes aux mœurs légères.

      Les féministes actuelles se revendiquent-elles de la Commune ?

      Non, mais elles devraient. Dans les milieux féministes, et même parmi les chercheuses en histoire de femmes, on s’intéresse plus à ce qui se passe après, à partir d’Hubertine Auclert : un féminisme plus bourgeois, tourné vers le droit de vote. Parmi les militantes d’aujourd’hui, pour schématiser, on garde Olympe de Gouges, et on oublie tout ce qu’il y a au milieu, toutes les femmes populaires et socialistes de 1830, de 1848 et de la Commune. Bon, il y a Louise Michel, mais enfin, c’est la seule, et encore… Pourtant, chaque révolution ouvre des possibles pour les femmes et elles s’en sont toujours saisi, notamment en s’organisant de manière non mixte, en écrivant, en prenant la parole… Les grandes revendications sociales du XIXe siècle ont été portées par les femmes autant que par les hommes, et on ne le dit pas assez. Quand les révolutions meurent, elles sont les premières victimes : il y a toujours un double retour à l’ordre, politique et sexiste.

      (1) Auteure de l’Histoire comme émancipation (avec Laurence De Cock et Guillaume Mazeau, Agone, 2019) et Des intrus en politique – Femmes et minorités : dominations et résistances (avec Aude Lorriaux, Editions du Détour, 2017).

      (2) Jacques Rougerie, Paris insurgé, la Commune de 1871, 1995, dans la Commune et les Communards, Gallimard, 2018, p.73.

      (3) André Léo dans la Sociale du 8 mai (via Jacques Rougerie, op.cit.) : « Beaucoup de républicains n’ont détrôné l’Empereur et le bon Dieu que pour se mettre à leur place. La femme […] doit demeurer neutre et passive sous la direction de l’homme : elle n’aura fait que changer de confesseur. »

    • C’est fatiguant ces « les féministes devraient faire comme ci ou comme ca ». Les féministes ne sont pas un troupeau d’ignorantes de l’histoire et les féministes font le travail d’historicisation. C’est aux non féministes de se mettre au boulot, chercheur·euses, enseignant·es, bibliothécaires.... En particulier aux spécialistes de la Commune qui en efface la portée féministe et méprise cet aspect de la période. C’est à ses collègues qu’elles devraient prodigué ses bons conseils, pas au féministes. C’est pas comme si les historiennes féministes n’avaient pas été l’objet de décrédibilisation, comme si c’était les féministes qui caricaturaient les luttes pour en évincé les femmes et en faire une réduction au suffragisme vis à vis de la Commune. D’ailleurs la période de la commune est bien connue aussi pour sa lutte sur l’éducation des filles et j’ai pas l’impression qu’on réduise cette période au suffragisme. Au XIXeme il y a aussi la lutte des pionnières dans les professions interdites aux femmes, médecines, avocates, jugesses, peintureuses... Celleux qui s’en tape et qui effacent l’histoire des femmes, est-ce vraiment les féministes ?

    • Les Louises - Femmes de la Commune
      https://macommunedeparis.com/2019/03/08/louises-les-femmes-de-la-commune-par-eloi-valat
      https://www.eloivalat.com

      Alphonsine, Rosine, Louise, Rosalie, Séraphine, Eulalie, Paule... couturière, ouvrière mécani­cienne, institutrice, lavandière, giletière, écrivaine... et ambulancière, cantinière, pointeuse d’artillerie, combattante... fusillée, emprisonnée, déportée... et salie, humiliée, oubliée...

      Les femmes de la Commune ont élevé le cœur de l’idéal des hommes de la Commune. Dès le 18 mars, premier jour de la révolution parisienne, au son du tocsin, les femmes et les enfants de Montmartre s’opposent vivement à l’enlèvement des canons de la butte par la troupe, obtiennent des soldats (“vous ne tirerez pas sur le peuple !”) la fraternisation avec la foule, entourent les soldats, arrêtent les chevaux, coupent les harnais…
      Privées du droit de vote et de représentation, elles ne participeront pas aux délibérations de la Commune. Organisées dans les comités d’arrondissement, les clubs, l’Union des femmes pour la dé­fense de Paris et les soins aux blessés, elles vont bousculer le paternalisme gouailleur de leurs compagnons révolutionnaires en réclamant la fin de l’exploitation, la part égale à travail égal, l’affranchissement de tous...

      Ce livre, chronique poétique en images, rend hommage aux Louises, citoyennes de la Commune qui ont voulu « considérer les douleurs générales de l’humanité comme rentrant dans la cause commune des déshérités » (Louise Michel)


  • Loire-Atlantique. À bout, des aides-soignants partent usiner ailleurs
    Marylise COURAUD. Modifié le 21/03/2019 à 21h56
    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/loire-atlantique-bout-des-aides-soignants-partent-usiner-ailleurs-62737

    Yoann Courgeault n’est plus aide-soignant. Il est devenu chauffeur routier pour un transporteur de volailles vivantes. | OUEST-FRANCE

    Ils étaient aides-soignants. Aujourd’hui, ils bossent à l’usine, conduisent des poids lourds, s’occupent d’enfants… De nombreux professionnels de la santé craquent et claquent la porte.

    Il a troqué sa blouse blanche contre une tenue qui ne craint pas la saleté, quitté les couloirs de cet hôpital du Nord Loire et les brancards pour conduire un camion rempli de poulets. Yoann Courgeault n’est plus aide-soignant et s’en porte bien.

    Il vient de décrocher

    un CDI à Avilog, un transporteur de volailles vivantes. Comme il dit, ce sont « des soucis en moins dans la tête » et une paye un peu plus dodue à la fin du mois.

    Fini donc, les maisons de retraite où il avait travaillé pendant quelques années. Fini les urgences à l’hôpital, où il était en CDD depuis sept ans. « Je ne veux plus en entendre parler. Ma femme est pourtant encore aide-soignante. Moi, j’ai fait une croix. »

    Ce professionnel, comme beaucoup d’autres qui ont laissé leur métier derrière eux, était un agent très investi. Yoann s’est beaucoup formé et nourrissait même le projet de devenir infirmier. « Je n’ai jamais rechigné à bosser, à venir quand on m’appelait au dernier moment. »

    Manque de reconnaissance, conditions de travail dégradées, mauvaises relations avec la nouvelle direction, Yoan Courgeault n’a pas tenu le coup. Son dernier contrat n’a pas été renouvelé alors qu’il était en arrêt de travail. Il a réfléchi, décliné deux autres postes d’aide-soignant.

    Devenu routier, il ne regrette rien. « Vous savez, aujourd’hui, j’ai davantage de temps pour discuter avec les éleveurs de poulets qu’avec les malades à l’hôpital. » (...)


  • « M » : documentaire choc sur la pédophilie dans le milieu juif ultra-orthodoxe
    Par Jacky Bornet @Culturebox | Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox | Mis à jour le 20/03/2019
    https://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/critiques/m-documentaire-choc-sur-la-pedophilie-dans-le-milieu-juif-ul

    « Grâce à Dieu », de François Ozon, sur le scandale pédophile dans le diocèse de Lyon vient de sortir, ainsi que « Les Chatouilles », sur la même perversion dans un milieu familial. Dans les salles, le 20 mars, « M » enquête sur un sujet semblable, dans le quartier ultra-orthodoxe de Bnei Brak, ville de la banlieue de Tel-Aviv : un terrible témoignage, doublé d’une rédemption.

    Documentariste (« Paradise Now ») autant que réalisatrice de fictions (« Moi Ivan, toi Abraham »), Yolande Zauberman a suivi pendant deux ans Menahem (M) dans sa ville natale de Bnei Brak, en Israël, à la recherche des prédateurs qui ont abusé de lui de 4 à 12 ans. (...)


  • Dans un signalement de @le_bougnoulosophe, cette photo de Renaud Camus à #Montpellier avec la Ligue du Midi en octobre 2016 :
    http://www.slate.fr/story/174768/nouvelle-zelande-christchurch-idees-terroriste-france-grand-remplacement-renau

    Alors certes ce n’est pas un massacre au fusil automatique, mais du coup l’idée que Camus n’aurait aucun lien avec la violence…

    Violences à la fac de Montpellier : la Ligue du Midi impliquée ?
    https://www.liberation.fr/france/2018/09/13/violences-a-la-fac-de-montpellier-la-ligue-du-midi-impliquee_1678593

    Six personnes ont été déférées jeudi matin au TGI de Montpellier. Cinq hommes et une femme, tous soupçonnés d’être liés aux violences commises le 22 mars sur les étudiants qui occupaient un amphi de la fac de droit et de sciences politiques. Et toutes semblent être proches de la Ligue du Midi, le groupuscule régionaliste et identitaire constitué autour de la famille Roudier.

    Pour mémoire, cette nuit de mars, un commando d’une dizaine de personnes, la plupart cagoulées, certaines armées de planches, avait violemment expulsé des étudiants et militants. L’enquête a établi que le doyen de la fac, Philippe Pétel, et Jean-Luc Coronel de Boissezon, codirecteur du master en histoire du droit, n’ignoraient rien de ce qui se préparait. Tous deux ont été mis en examen et suspendus. Selon les informations livrées jeudi par Christophe Barret, procureur de Montpellier, c’est la compagne de Coronel de Boissezon qui aurait organisé cette opération en demandant à des connaissances d’« évacuer l’amphi ». Après avoir passé quelques coups de fil (sur lesquels les enquêteurs se sont appuyés), la petite bande s’était ainsi retrouvée aux abords de la fac. Dans le groupe : un colonel à la retraite, qui reconnaît avoir été dans l’amphi mais nie avoir violenté les étudiants. Et Martial Roudier, 38 ans, le fils de Richard Roudier, figure de proue de la Ligue du Midi. Lui affirme qu’il n’était pas sur les lieux.

    Quant à l’organisatrice de l’opération, âgée de 47 ans, elle dirige une société de conseil en relations publiques et évolue, selon nos informations, dans différents milieux de l’ultra-droite. En 2012, elle se serait présentée aux législatives, dans le Rhône, sous la bannière « Alliance royale », un groupuscule royaliste et pro-vie. Elle pige à l’occasion pour Lengadoc Info, le site identitaire de Martial Roudier, et intervient dans des événements de la Ligue du Midi.


  • Des jeunes et des jaunes Celui qui se sent vieux dans les manifs - Olivier Minot - 19 mars 2019 - Dépêche ! - ArteRadio
    https://www.arteradio.com/son/61661185/des_jeunes_et_des_jaunes

    Cette semaine Livo est à Paris entre les manifs des jeunes pour le climat et celles des gilets jaunes. Il rencontre des royalistes écolos, garde le chat de la tête de liste LREM Nathalie Loiseau et fait danser Christophe « Magic » Castaner au son des pillages sur les Champs-Elysées.

Dépêche !, le podcast qui arrose les kiosques à journaux. 

    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/download.www.arte.tv/permanent/arteradio/sites/default/files/sons//19desjeunesetdesjaunes_hq_fr.mp3

    • Enregistrements : 15, 16, 18, 19 mars
    • Mix : Charlie Marcelet
    • Réalisation : Olivier Minot
    • Illustration (ciseaux) : Robin Renard

    #Radio #audio #Humour #manifestations


  • Jusqu’où ira l’acceptation du capitalisme numérique et du transhumanisme ? Robin Delobel - 3 décembre 2018 - CATDM
    http://www.cadtm.org/Jusqu-ou-ira-l-acceptation-du-capitalisme-numerique-et-du-transhumanisme

    Après le #TINA (There is no alternative) de l’#idéologie_néolibérale, on assiste à l’apparition ces dernières années d’un TINA qui couvre une partie encore plus large du spectre politique. Il s’agit d’un TINA qui classe comme réactionnaire toute personne qui émet des doutes quant aux bienfaits du #tout_numérique, de la #robotisation, de l’#intelligence_artificielle, du #transhumanisme. Face à des questionnements ou des arguments qui contredisent le caractère bénéfique et souhaitable de cette dynamique, la réplique habituelle tient à présenter cette fuite en avant technologique comme une évolution naturelle de l’histoire, auquel on ne pourrait s’opposer sous peine d’être classé de dangereux passéiste, contre le « #Progrès ».

    Comment se positionnent #médias généralistes et courants politiques dits de gauche face à ce phénomène dont l’évocation dans les médias suit une courbe parallèle aux financements, c’est-à-dire exponentielle ?

    Vendredi 23 février 2018, la Foire du livre de Bruxelles nous offre le plaisir de venir écouter #Laurent_Alexandre. 13h Grand place du Livre, la salle est comble. L’intitulé de la rencontre organisée par la Foire du Livre de Bruxelles et La Libre Belgique : « Faut-il avoir peur de l’Intelligence Artificielle ? »

    Chirurgien et neurobiologiste, Laurent Alexandre se penche sur les mutations considérables que l’IA risque de provoquer dans nos modes de vie et dans notre conception de l’éducation. Tout au long de l’exposé, très peu de nuances ou d’arguments construits, la réponse au titre de la rencontre est non bien entendu.

    L’animateur Pierre-François Lovens lui tend le micro et le laisse énoncer des énormités l’une après l’autre. A la fin de son exposé, alors que nous lui posons quelques questions impertinentes, il nous répond avec orgueil des #poncifs ultralibéraux démontrant son idéologie hors-sol. Notamment sur l’impossibilité physique de généraliser la #robotisation (demandeuse de quantités énormes de ressources et de métaux, promis à la raréfaction et donc un enchérissement), il répondait « pas de problème on ira les chercher sur Mars » !

    Pourquoi s’attarder sur Laurent Alexandre ? Cet ambassadeur du transhumanisme réel est un invité régulier des médias dominants. Il y a quelques années son discours sur les plateaux télé consistait à affirmer haut et fort « l’homme qui vivra 1000 ans est déjà né ». Ayant sûrement remarqué qu’il passait pour un rigolo, même si les médias qui l’invitent le présentent uniquement sous son angle le plus sérieux, médecin urologue alors qu’on pourrait le présenter également comme entrepreneur et ardent défenseur (il faudrait peut être dire attaquant vu son zèle et son activisme) du transhumanisme, Laurent Alexandre a adapté quelque peu son discours de communicant. Actionnaire à La Tribune et président de la société #DNAVision, une société spécialisée dans le séquençage génétique domiciliée tout comme lui à Bruxelles, il aime à se présenter, selon son auditoire, comme un régulateur, voire même un lanceur d’alerter « car on est déjà à la traîne face aux asiatiques ».

    Laurent Alexandre, dont les conférences sont tarifées entre 5000 et 12 000 euros, affirme que l’espérance de vie va doubler au moins au cours du 21e siècle. Pourtant, l’EVSIn, l’espérance de vie sans incapacité régresse en France, l’espérance de vie tout court diminue aux États-Unis, pays d’origine du mouvement transhumaniste. En cause, les pollutions chimiques dispersées dans l’air et les aliments par les industries et le système alimentaire conventionnel. Chroniqueur au Huffington Post, au Monde et à l’Express, ce personnage sûr de lui est un bon client pour des médias dont les journalistes ne demandent pas mieux que d’avoir un grand bavard, annonciateur de « bonnes nouvelles » et qui peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En Belgique, la RTBF, la Libre et Le Soir l’ont invité plus d’une fois pour livrer ses prédictions.

    Libération et France Inter Voyagent au cœur de l’IA

    Au-delà de l’activisme forcené de Laurent Alexandre, les médias généralistes font rarement preuve d’analyse critique quand il s’agit de traiter de tout ce qui touche au numérique, à la robotisation et au transhumanisme, phénomène que Bruno Poncelet nomme #capitalisme_numérique. « La révolution numérique, une expression à mettre en doute, c’est plein d’outils différents qui se combinent les uns aux autres : la robotisation, l’internet des objets (objets connectés qui communiquent entre eux), l’IA (programmes de logiciels ou des robots qui s’auto-contrôlent, se gouvernent de plus en plus de manière autonome), c’est le #Big Data (des logiciels qui sont capables d’exploiter toutes les données récoltées sur les gens à chaque fois qu’ils sont connectés, appelé l’or noir du 21e siècle). Enfin la révolution numérique c’est aussi le mélange entre la biologie et le silicium : mélanger des contenus informatiques avec des contenus biologiques, corps d’animaux et d’être humains » [3].

    Ce recul critique amené par Bruno Poncelet est rarement perçu dans les médias. La pluralité des opinions et des analyses est généralement réduite à un cadre restreint aux côtés positifs, voire aux avantages hypothétiques de cette « révolution numérique ».

    En novembre 2015, Libération organisait à Grenoble un forum « Mon corps connecté – Comment la technologie révolutionne la santé ». Sans dire le mot, la #propagande transhumaniste était déjà bien présente. Après avoir préparé le terrain depuis plusieurs années à coups d’articles et d’interviews a-critiques, Libération et France Inter, deux médias dits de gauche, organisaient ce 24 janvier 2018 un grand forum intitulé « Voyage au cœur de l’#IA, Travail, santé, éthique, comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ? » Même pas besoin de se poser la question si on aura le choix mais plutôt, « accrochez-vous, écoutez comment ça va se passer ». Un événement sponsorisé par la #Maif, #Malakof_Mederic et #Total. « Depuis quelques mois, plus un jour sans que ces deux lettres « IA » ne s’invitent dans les médias » annoncent-ils très justement. « Le grand public commence à se familiariser peu à peu avec cette notion d’intelligence artificielle qui s’est développée bien avant que nous ayons pris conscience de son ampleur, de ses applications et de ses enjeux. » En effet, au lieu de nous fournir une information équilibrée, proposant des arguments sérieux quant à l’impact démocratique, social, écologique, philosophique de la numérisation massive des données ces mêmes médias ont préféré faire souvent office de support publicitaire en préconisant le haut débit partout, les #smarts_cities (villes connectées) et s’extasiant quotidiennement pour chaque nouvel objet high-tech sorti sur le marché.

    Libération et France Inter dans le numéro spécial qui servait de plaquette publicitaire à ce grand forum annonçaient offrir la parole à un panorama d’acteurs. On ne trouve pourtant pas une trace du moindre #technocritique. Parmi les invités figurait #Cédric_Villani, la caution scientifique du président Macron. Le mathématicien, devenu député il y a un an, estime que les gens comme « Kurzweil sont plus crédibles dans leur approche, car ils ont travaillé dans la technologie ». Villani remettait le 29 mars 2018 son rapport avec un plan d’action national pour le développement de l’intelligence artificielle en France, avec à la clé un petit pactole de 1,5 milliards d’euros d’argent public promis.

    Parmi les autres VIP du jour on pouvait écouter #Yann_Le Cunn_directeur du laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Facebook. PMO écrivait dans une note sur le festival organisé par le journal Le Monde en septembre 2017, où Le Cunn était également invité : « Pendant que certains réactionnaires s’échinent à développer l’intelligence humaine, Le Cunn, lui, se consacre à périmer nos cerveaux avec ses machines surpuissantes. C’est grâce à lui que vos smartphones et autres prothèses électroniques sont capables de reconnaître et de nommer des visages dans des images – c’est-à-dire de nous traquer partout. Les rêves des technocrates se réalisent pour notre cauchemar » [4].

    Une philosophe aurait peut-être le courage d’émettre quelques réserves lors de ce forum ? Catherine Malabou, qui a publié en 2017 Métamorphose de l’intelligence : que faire de leur cerveau bleu ?, aime plutôt à imaginer une vie en harmonie avec les robots : « Je pense que l’ère de l’intelligence artificielle qui s’annonce aujourd’hui peut ouvrir la possibilité d’une plasticité nouvelle. (...) Pour l’instant on n’en est qu’à la cartographie de cerveaux de rongeurs mais avec les progrès de la cybernétique on peut formuler l’hypothèse que le cerveau humain pourra être cartographié ». Ou comment des philosophes de salon peuvent servir de caution intellectuelle lors des grandes messes à la gloire du progrès technologique.

    Le merveilleux univers numérique du journal Le Soir
    Le journal Le Soir regorge également d’articles technophiles faisant fi de tout travail journalistique sérieux, avec prise de recul et réflexion sur les enjeux sociaux, économiques, écologiques, démocratiques... Chaque jour au moins un article peut surprendre par le manque de distance quant aux nouvelles applications technologiques qui illustrent ce capitalisme numérique décrit par Bruno Poncelet. Des injonctions à passer au haut débit dans les vols low-cost à l’exigence de numériser l’enseignement sans plus attendre, tout y passe.

    Prenons-en juste un, au moment de boucler cet article, le 5 juin 2018, Le Soir annonce en Une, « Au supermarché, faire ses courses par smartphone de A à Z ». Les premières pages du journal sont consacrées à cette nouvelle primordiale. Plusieurs magasins du groupe Colruyt lancent ce jour-même le mouvement avant de l’appliquer dans les autres enseignes du groupe.

    Dans l’introduction, le journaliste évoque de « graves problèmes de société » même si ce « nouvel outil numérique semble épatant ». Trois colonnes pour aborder sous différents angles l’info du jour : l’humain, l’emploi, la vie privée. A la question De la conso complètement désincarnée, un psychologue de la consommation à l’UCL nous fait remarquer que les « personnes au #profil_prosocial peuvent effectivement percevoir ce nouvel outil numérique comme source de déshumanisation ». Il faudrait avoir un profil « prosocial » pour apprécier le contact humain, tout est question, de choix et de droits individuels tant pis pour l’impact sociétal. De toute façon, le journaliste nous rassure, à travers les propos de l’universitaire, ce changement n’entrave pas fondamentalement les contacts que l’on peut avoir dans un magasin : « il ne faudrait pas non plus réduire l’expérience sociale dans un magasin aux interactions directes que l’on a avec le personnel de caisse. Dans un magasin, on est en contact avec d’autres clients avec lesquels on n’interagit pas spécifiquement. Mais rien qu’être présent et échanger des regards permet de nourrir du #lien_social ».

    Concernant la question de l’emploi, Plus de machines, moins de Personnel ? Le gérant d’un magasin Spar assure qu’à choisir entre le personnel et le #self-scan par smartphone, il sauverait bien sûr le personnel. Du côté de Colruyt, on assure que cette innovation est là pour le bien-être des clients et non pour diminuer le personnel. Ce qui est contredit chiffres à l’appui par un représentant CNE mais qui conclut que « ce mouvement est hélas inéluctable » en argumentant en faveur d’une proposition du type de celle de Benoit Hamon « on peut diminuer le temps de travail en taxant les machines ».

    Chez écolo, on rêve d’une société de loisirs où le travail serait laissé aux robots
    #Etopia, bureau d’étude du parti Ecolo, organisait un week-end consacré à l’intelligence artificielle du 16 au 18 mars 2018. Curieux d’entendre leurs positionnements, je m’y suis rendu à cette rencontre de 3 jours intitulée « Aie Robots ».

    L’invitation à ces « Rencontres des Nouveaux Mondes » se présentait comme telle : Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Faut-il la craindre ? Faut-il s’en réjouir ? Peut-elle seconder l’humanité dans la résolution de ses grands problèmes ? Ou au contraire constitue-t-elle l’un d’entre eux ? L’humanité pourrait-elle être tentée de se confier à la perfection des machines qui pourraient choisir, décider et agir à notre place ?

    Le samedi après-midi, nous pouvions participer à deux ateliers parmi les 8 proposés :
    – L’IA permettra-t-elle de vaincre la maladie ?
    – Les guerres de demain : l’essor des robots-tueurs et des cyberattaques ?
    – Capteurs, géolocalisation, IA et big-data : quels impacts sur notre mobilité ?
    – La digitalisation est-elle la prochaine révolution de l’agriculture ?
    – Le gouvernement des algorithmes est-il démocratique ?
    – Intelligence artificielle et enseignants : la grande alliance éducative ?
    – Intelligence artificielle : le grand remplacement des travailleurs ?
    – Les robots deviendront-ils nos compagnons de vie ?

    J’avais choisi de me rendre à celui sur la mobilité et celui sur l’agriculture, qui me semblaient parmi ceux où Ecolo et #Etopia pouvaient avoir la réflexion la plus aboutie.

    Comment l’évolution fulgurante des capteurs, de la géolocalisation, de l’intelligence artificiel et du big-data vont-ils impacter notre mobilité ? Cette vague technologique est-elle la clé de voûte d’une mobilité plus durable, moins émettrice de GES (gaz à effet de serre) et moins polluante ? Ou, à l’inverse, nous mène-t-elle plus rapidement vers le mur des limites environnementales ? Un atelier animé par Pierre Tacheron, de #Transitec, bureau d’étude indépendant spécialisé dans les problématiques de mobilité.

    Lors de cet atelier, l’intervenant, qui ne s’était pas vraiment présenté (on ne sait pas à quel point il est lié au parti Ecolo) ... expose de nombreux chiffres et de multiples informations à faire tourner la tête, utilisant sans cesse des expressions du jargon high-tech pas forcément compréhensibles.

    Le message d’introduction était le suivant : la logique de robotisation se développe, les big datas se renforcent quotidiennement à travers l’accaparement de données quotidien qu’ils effectuent, les pouvoirs publics ne peuvent pas rivaliser. Quelle option choisir pour une meilleure mobilité ?

    Selon l’intervenant invité par Etopia il faut se tourner vers les calculateurs multimodaux (city maper), citant Waze, une application mobile de navigation GPS s’appuyant sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, racheté par Google en 2013. « Il y a un risque avec le côté Big Brother, mais il y a aussi un côté intéressant » insiste-t-il. Il allait jusqu’à nous expliquer que la future application magique qu’il promeut permettra de donner tous les choix possibles à une personne qui doit se rendre à une réunion à Bruxelles, « Tu as un ami dans ce train, si tu prends Blablacar telle personne connaît ton fils », il concluait : « par les réseaux sociaux on te propose des relations ». Tellement convivial ce monde numérique.

    Venait ensuite la partie de son exposé sur les véhicules autonomes. Pour l’intervenant du jour cela coule de source, c’est une réponse écologique au trafic trop dense à Bruxelles et ailleurs. En Europe, 80 % des déplacements se font en voiture individuelle. Les voitures autonomes sont une solution pour organiser du covoiturage et désengorger les routes. Nos amis de la Silicon Valley, qui sont des écologistes convaincus, ont déjà pensé à tout : Audi et Tesla intègrent des applications qui permettent le partage des voitures individuelles. L’idée est que chaque personne puisse commander une course à la voiture autonome grâce à son smartphone et la voiture, organise tous ses trajets pour ne jamais être à l’arrêt. Ce qui selon lui, diminue énormément le nombre de voitures stationnées. Et en bonus, le temps passé dans le véhicule autonome n’est pas du temps perdu, on peut lire, travailler, organiser sa journée ... Mais bien sûr, « ce qui va freiner c’est le politique » tellement ancré dans ses habitudes et la peur du « progrès ». Et la population ? En février 2018, un article du journal Sud-Ouest indiquait que, malgré le matraquage plutôt favorable à ces #véhicules_autonomes, 59 % des français n’en veulent pas.

    L’autre atelier se présentait ainsi : Après la mécanisation, la robotisation et l’intelligence artificielle constituent-elles la prochaine révolution de l’agriculture ? Quelles sont ces promesses ? Quel impact sur les agriculteurs et sur notre système alimentaire ? Peut-elle contribuer au développement des filières locales, au développement de l’agriculture urbaine ? Ou va-t-elle, à l’inverse, renforcer les conglomérats de l’agro-industrie ? Avec Guillaume Defays (CRA-W, Centre wallon de Recherches agronomiques)

    L’exposé se consacrait ici à la robotisation et l’intelligence artificielle dans l’agriculture. On pouvait découvrir les nouveaux outils tels que les robots de traite (toujours fiable, plus de risque pour l’agriculteur de recevoir un coup de pied), les robots d’élevage (qui poussent la nourriture vers le mangeoire, nettoient, ...), ou encore les robots de désherbage. Ces machines peuvent faire gagner en moyenne 4 heures par jour à l’agriculteur selon l’intervenant. Mais d’autres innovations encore plus précises peuvent accompagner les agriculteurs, par exemple, des drones qui mesurent la biomasse et vont ainsi permettre de doser les semences et la pulvérisation au millimètre près. La partie critique de l’intitulé de l’atelier (renforcer les conglomérats de l’agro-industrie) est étonnement passée à la trappe. Ces propositions mènent pourtant à une hausse continue des dettes pour les agriculteurs déjà surendettés, des faillites garanties et des rachats par des entités financières. Ou comment transformer les agriculteurs indépendants en ouvriers agricoles.

    Le dimanche matin, un temps était prévu pour un retour en plénière avec toutes les personnes présentes pendant le week-end. Parmi les réflexions entendues, « la technologie personne n’a rien contre parce qu’elle offre des opportunités », « pour plusieurs d’entre nous c’est l’espoir d’utiliser ces technologies pour un monde meilleur », « attention tout de même aux conflits entre États et entreprises privées », et enfin « comment la technologie peut nous rapprocher de la nature ». Enfin, une idée qui accueillait un enthousiasme certain, celle portée par le candidat du PS, Benoit Hamon lors des présidentielles françaises en 2017 : « Peut-on profiter de cette révolution pour libérer du temps de travail ? »

    J’ai pu remarquer une fois de plus lors de ce week-end que le système technicien comme l’a analysé #Jacques_Ellul est un impensé. L’idée diffuse lors de ces rencontres des Nouveaux mondes tenait dans l’amélioration et la gestion de ce capitalisme numérique : aménageons un capitalisme tranquille ou le vivre ensemble avec les robots.

    Rarement son évoquées des questions qui me semblent fondamentales comme :
    – Est-ce possible en termes de ressources métalliques, d’énergie disponible, de conditions de travail [5] ? ;
    – Est-ce souhaitable (en termes de creusement des inégalités, d’impact sanitaire du à la prolifération de pollutions chimiques, perte de repères, rationalisation poussée à l’extrême, fuite en avant de la marchandisation de tout, système hors-sol, perte du sensible, de l’imprévisible, en un mot de l’humain) [6]

    De plus, en période d’austérité généralisée et de multiplications des dettes illégitimes en Europe et ailleurs d’énormes financements vont dans le tout technologique. Alors que les choix de financements dans la recherche pourraient être dirigées par exemple vers l’agriculture biologique, les low-tech, ...

    Dans la recherche de perspectives alternatives dans les mouvements soucieux de justice sociale et écologique, il me semble urgent de déconstruire les discours #technocapitalistes, arrêter de s’aligner sur les modèles imposés par les capitalistes de tout poil qu’ils soient #libertariens, « écolos » ou conservateurs. Ceci nécessite aussi une réflexion philosophique sur quel type de société nous voulons vraiment.

    Notes

    [1] Département de philosophie, de logique et de méthodologie scientifique, École d’économie de Londres, trad. Richard Gauthier
    Enseignant à Oxford, il y dirige le Future of Humanity Institute et le Strategic Artificial Intelligence Research Centre, cofondateur de la World Transhumanist Association en 1998

    [2] Citations tirées de l’excellent livre de Pièces et main d’œuvre (PMO), Manifeste des chimpanzés du futur, contre le transhumanisme, Service compris, 2017

    [3] Formateur au CEPAG, vidéo « Révolution numérique et contrôle social », novembre 2017

    [4] http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=968

    [5] Lire La machine est ton seigneur et ton maître, sur l’univers d’exploitation extrême que constituent les usines chinoises de Foxconn, plus grand groupe mondial de production de composants électroniques et fournisseur de la plupart des grandes entreprises informatiques, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Traduit de l’anglais et préfacé par Celia Izoard, Agone, 2015

    [6] Un film à voir, Un monde sans humains, diffusé en 2012 sur Arte, réalisé par Philippe Borrel ❞



  • Les nouvelles fontaines des Champs-Élysées, 6,5 millions d’euros, 3 822 Led . . . Caroline Mangez 2 Mars 2019 - paris match
    https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Decouvrez-les-nouvelles-fontaines-des-Champs-Elysees-1609780

    Dans le studio-atelier, anciennes écuries au fond d’une cour de Belleville, qu’il partage avec Erwan, son frère cadet, son complice, il aimerait nous montrer à quoi ressembleront, une fois illuminées par 43 822 Led, les six nouvelles fontaines qu’ils ont imaginées, toutes identiques. Impossible ! Ce seront bientôt tout les Champs-Elysées qui s’y refléteront, s’y diffracteront : les centaines de milliers de piétons qui y déambulent chaque année, les phares d’autant de voitures, le ciel qui les surplombe, les saisons qui défilent.
    . . . . . . .

    Les fontaines Bouroullec s’élèveront au milieu des six bassins rénovés dessinés par Alphand, au XIXe siècle, en remplacement d’un jet d’eau central.

    Elles viendront aussi succéder à celles, en verre, très belles mais trop fragiles, conçues par René Lalique en 1932, démontées en 1958 pour leur en substituer d’autres, signées par le décorateur Max Ingrand, dont les corolles de verre furent vite remplacées par des copies en plastique jaunies par le temps
    . . . . . .
    Pas de concours au départ, mais un cahier des charges de plus de deux cents pages établi par Eau de Paris. Il fallait respecter l’histoire du lieu autant que le débit, imaginer des monuments délicats capables de cracher de l’eau mais aussi de résister à des vents extraordinaires, et éventuellement des hordes de gilets jaunes… Les Bouroullec ont avancé en marchant. Etablissant leur budget, obtenant l’approbation de toutes les instances officielles, en même temps qu’ils créaient.

    Budget final : 6,3 millions d’euros, pris en charge par des mécènes, parmi lesquels la famille Dassault, dont le rond-point porte le nom, les Houzé, qui installeront cette année leurs Galeries Lafayette sur la plus belle avenue du monde, et le Qatar, qui y a pignon sur rue via le PSG. « Dans cette aventure, tous les intervenants ont fait des efforts extraordinaires en bouclant en trois ans un projet qui aurait dû en prendre dix », dit Anne-Sylvie Schneider, directrice du Fonds pour Paris. La réfection des anciens bassins et du système hydraulique pèse pour moitié dans les dépenses, chaque fontaine revenant à 500 000 euros, « le prix d’un rond-point en rase campagne, moins que 100 mètres de route »,
    . . . .
    Prévue fin novembre, l’installation des fontaines Bouroullec a failli tomber à l’heure des premières manifestations de gilets jaunes. Les six jours nécessaires à leur mise en place ont, depuis, été réduits à trois pour éviter le défilé du samedi. Entrer dans l’histoire de ces anciens marécages, qui ont vu passer Louis XVI et Marie-Antoinette mains liées dans le dos, mais aussi de Gaulle précédé par quatre chars de la 2e DB à la Libération, se mérite. Si tout va bien, l’inauguration aura lieu le 21 mars, premier jour du printemps dont il est plus facile de prévoir la météo que l’ambiance.

    le prix d’un #rond_point #Champs-Elysées #art_contemporien #beurk #mécénat (déductible de leurs impôts, pas des notres)


  • TRIBUNE. Tous complices des casseurs ?
    https://www.nouvelobs.com/politique/20190320.OBS2129/tribune-tous-complices-des-casseurs.html


    –Aux abords du « Fouquet’s » incendié, samedi 16 mars.
    ZAKARIA ABDELKAFI / AFP_

    Une multitude de principes juridiques sont battus en brèche par la loi anticasseurs sans que cela n’émeuve personne, s’indigne l’avocate Laura Heinich.
    […]
    Contrairement à ce qui est allégué, de nouvelles réformes apparaissent d’autant moins nécessaires qu’il est demandé aux magistrats de dévoyer les lois existantes. A croire que les lois sont aussi tenues pour complices des violences commises sur l’avenue parisienne. Le nouveau Procureur de Paris ne s’est en effet pas gêné pour adresser une note aux magistrats du Parquet de Paris par laquelle il leur recommande de ne « lever les gardes à vue (…) que le samedi soir ou le dimanche matin afin d’éviter que les intéressés grossissent à nouveau les rangs des fauteurs de troubles » et de privilégier l’inscription de ces gardés à vue au fichier Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ) même « lorsque les faits ne sont pas constitués » ou que la procédure est classée sans suite (note du 12 janvier 2019 dévoilée par le "Canard enchaîné").

    Une telle pratique, qui demande aux magistrats de détourner les procédures dont ils sont les garants, met au jour le fossé existant entre la loi et son application et rend plus dérisoire encore l’idée que d’autres lois – qui demeurent des textes d’affichage s’effaçant devant les nécessités du terrain – puissent être nécessaires. Nombre de magistrats se sont offusqués de cette note quand elle a été révélée. A défaut, il aurait cette fois bien été question de complicité.


  • Facebook : des centaines de millions de mots de passe étaient visibles par les employés
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/facebook-des-centaines-de-millions-de-mots-de-passe-etaient-visibles-par-l

    Le géant américain a confirmé ce jeudi dans un communiqué que des centaines de millions de mots de passe #Facebook et Instagram étaient accessibles par certains employés, perdus dans des jeux de données. Le réseau social ne sait pas lesquels ont été compromis.
    Nouvelle fuite de données chez Facebook... Cette fois, le réseau social a laissé traîner sur ses serveurs internes, sans cryptage, les mots de passe Facebook et Instagram de plusieurs centaines de millions d’utilisateurs. Le journaliste spécialisé Brian Krebs a révélé l’affaire sur son site, et forcé le groupe californien à réagir. Facebook avait pourtant connaissance de la fuite depuis janvier.

    Le long communiqué officiel de Facebook se cache derrière un rappel de toutes les procédures qu’il a mis en place pour protéger les données. Mais le début est accablant :

    « Lors d’un examen de sécurité routinier en janvier, nous avons découvert que certains mots de passe des utilisateurs étaient stockés dans un format lisible sur nos serveurs internes », concède Facebook.
    Les mots de passe sont normalement cryptés, et donc illisibles pour les quelques 20.000 ingénieurs qui ont accès aux serveurs. D’après les sources de Brian Krebs, la faille existait déjà en 2012. Pire, sur la période, plus de 2.000 ingénieurs et développeurs ont réalisé environ 9 millions de requêtes pour des données qui contiennent ces mots de passe. Facebook affirme que la faille est désormais réparée.

    Mais que va devenir cette grosse bubulle ?


  • Accord sur les autoroutes : le Conseil d’Etat désavoue l’ex-ministre Emmanuel Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/21/accord-sur-les-autoroutes-le-conseil-d-etat-desavoue-l-ex-ministre-emmanuel-

    Le Conseil d’Etat a rejeté les recours formulés par Bercy au sujet de cet accord de 2015 destiné à rester secret. On pourra donc officiellement prendre connaissance du contenu de la transaction entre l’Etat et les sociétés autoroutières.

    Le ministère de l’économie aurait dû fournir au citoyen qui en avait fait la demande les détails de l’accord signé en 2015 entre Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, et les sociétés autoroutières. Ainsi en a décidé le Conseil d’Etat.

    En rendant cette décision, lundi 18 mars, la plus haute juridiction administrative a désavoué celui qui est devenu président de la République et donné raison à Raymond Avrillier – grâce à qui est née également l’affaire dite des sondages de l’Elysée. Cet ultime recours avait été formulé par le ministère de l’économie dans l’espoir de garder secret l’accord, malgré l’avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) et le jugement du tribunal administratif.
    […]
    La décision du Conseil d’Etat crée ainsi une jurisprudence. En rendant public un accord transactionnel, le Conseil d’Etat envoie un signal fort au pouvoir. Selon Djamila Mrad, docteure en droit public et membre du collectif les Surligneurs, « cette solution a une forme de double effet vertueux. Pour les citoyens, l’accès à l’information à travers la communication de ce type de document participe du souci de la transparence de la vie publique. Ensuite, effet vertueux pour les pouvoirs publics, car rendu public ce document invite politiquement les pouvoirs publics à signer une bonne transaction, car elle sera potentiellement lue par les citoyens qui en auront demandé l’accès ».


  • Exposition : Joseph Staline, commissaire des arts
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/03/21/joseph-staline-commissaire-des-arts_5439038_3246.html


    « Donbass, la pause déjeuner » (1935), d’Alexandre #Deïneka, huile sur toile.
    COLLECTION DU MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DE LETTONIE / ADAGP, PARIS, 2019

    Pourquoi nous cache-t-on la peinture russe ­contem­poraine ? La question était posée le 11 janvier 1952 par André Breton dans l’hebdomadaire Arts. A l’époque, les seuls à la connaître un peu étaient ceux qui avaient fait le voyage en Union soviétique, ou ceux qui se souvenaient du pavillon de l’URSS à l’exposition ­universelle de Paris, en 1937. Le Centre Pompidou évacuait prudemment le sujet en 1979 avec l’exposition « Paris-Moscou » : elle s’interrompait à l’année 1930, avant que ne s’imposent les théories du réalisme socialiste.

    L’exposition « Rouge » au Grand Palais ose enfin dévoiler ce que Breton entendait dénoncer : les œuvres produites durant le stalinisme, pour beaucoup jamais montrées, qui succédèrent aux avant-gardes accompagnant la révolution de 1917, elles désormais bien connues. Le parcours conçu par Nicolas Liucci-Goutnikov, conservateur au Centre Pompidou et commissaire de l’exposition avec Natalia Milovzorova, couvre toute la période, jusqu’à la mort de Staline, en 1953, en présentant 400 pièces.

    Les avant-gardes, donc, ouvrent la visite. Pas toutes : n’ont été retenus que les travaux des artistes engagés avec la révolution dans la recherche d’un art productif, productiviste même. Foin de paysages pastoraux, dessinons des casseroles, des vraies. Pas de peinture « bourgeoise », et en ce sens, les tableaux de Chagall, même si celui-ci soutint la révolution, n’ont pas leur place, mais un art conçu dans une logique industrielle, répondant aux besoins de la société nouvelle.

    Dès 1918, le poète Vladimir Maïakovski, s’appuyant sur les artistes futuristes russes, publie un manifeste, le Décret n° 1 sur la démocratisation des arts, qui veut abolir « le séjour de l’art » dans les galeries ou les musées pour le transplanter dans la rue ou les usines. On est là très proche du Bauhaus allemand. Alexandre Rodtchenko […]

    #paywall

    • Rouge – Exposition au Grand Palais du 20 mars au 1er juillet 2019
      ROUGE
      Art et utopie au pays des Soviets
      Grand Palais, Galeries nationales
      20 mars 2019 - 1 juillet 2019

      https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rouge

      • Plus de 400 œuvres exposées
      • Peinture, sculpture, architecture, photographie, cinéma, design…des œuvres pour la plupart jamais montrées en France !
      • Alexandre Rodtchenko, Kazimir Malevitch, Gustav Klutsis, Alexandre Deïneka, Sergueï Eisenstein, Varvara Stepanova…
       L’exposition_ Rouge. Art et utopie au pays des Soviets_ présente un ensemble de plus de 400 œuvres conçues dans un contexte social et politique particulier. Son parcours chronologique commence en 1917 avec la révolution d’Octobre et se termine en 1953, année de la mort de Staline.

      Elle interroge la manière dont le projet de société communiste a engendré des formes d’art spécifiques. Des années 1920, marquées par un grand nombre de propositions d’avant-garde, aux années 1930 qui voient l’affirmation d’un dogme esthétique, le parcours aborde tous les domaines des arts visuels : peinture, sculpture, architecture, photographie, cinéma, design, arts graphiques avec des œuvres, pour la plupart jamais montrées en France.

      Les artistes tels que Rodtchenko, Malevitch, Klutsis … ont voulu accompagner par leurs œuvres l’édification du socialisme et contribuer à la transformation du mode de vie des masses. C’est cette histoire, ses tensions, ses élans comme ses revirements que relate l’exposition en posant la question d’une possible politisation des arts.

      Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le Centre Pompidou Musée national d’art moderne.

    • Rouge : l’exposition - YouTube
      https://www.youtube.com/watch?v=jgock_xNmQA

      Entre utopie artistique et utopie politique, l’exposition « Rouge, art et utopie au pays des Soviets » s’intéresse à la façon dont le projet communiste a produit une forme d’art spécifique, participant à la révolution du mode de vie. Le commissaire Nicolas Liucci-Goutnikov retrace le parcours de cette exposition qui court de la révolution d’Octobre jusqu’à la mort de Staline. Mêlant le design, la peinture, l’architecture, le cinéma, ou encore le photomontage, partez à la (re)découverte de l’art soviétique.




  • Domestik
    https://www.nova-cinema.org/prog/2019/171-offscreen-12th-edition/offscreenings/article/domestik

    Adam Sedlák, 2018, HU-CZ, dcp, VO ST EN, 117’

    Roman s’entraîne pour intégrer une équipe de vélo sur piste. Charlotte, sa femme, veut un enfant. Elle vérifie son mucus cervical, il mesure ses kilomètres/heure et son rythme cardiaque. Ils ne mangent ni viande, ni gluten. Pendant qu’ils dorment dans la tente à oxygène, le robot aspirateur nettoie le sol en béton ciré de leur intérieur clinique. Tout va bien. En fait, tout va mal. Adam Sedlák met en scène de façon minimaliste des corps médicalisés, rationalisés, qui poursuivent chacun leur idéal au détriment de l’autre. Le quasi huis clos tourne progressivement à l’horreur, les corps deviennent meurtris, sont violentés. C’est un couple qui se détruit lentement à grands coups de dispositifs médicaux. Un film gore en chambre stérile.

    jeudi 28 mars 2019 à 19h (...)



  • Aux alentours de Calais, c’est #en_marche ce jeudi 21 Mars 2019

    Comme tous les jours en pareil cas, les poids lourds attendent sur la voie de gauche de l’A26, dans une zone délimitée par des plots entre le péage de Setques et Nordausques.

    Sur l’A26, la zone de stockage a été réactivée entre Setques et Nordausques par la préfecture du Pas-de-Calais. Un dispositif enclenché de nouveau mercredi 20 mars pour faire face au mouvement des douaniers qui dure depuis trois semaines à Calais. Un corridor de poids lourds s’est formé sur l’A26. Une centaine de routiers prennent leur mal en patience entre Nort-Leulinghem et Nordausques.

    Source : http://www.lavoixdunord.fr/555564/article/2019-03-21/pourquoi-encore-une-situation-cauchemardesque-sur-l-a16-et-la-rocade-po


  • Christophe Castaner : le progressisme pour les nuls Christophe Penaguin - 17 Mars 2019 - Un bruit blanc
    https://www.unbruitblanc.com/politique/christophe-castaner-le-progressisme-pour-les-nuls

    Christophe Castaner est ministre de l’intérieur. On dit qu’il en rêvait…ce qui en dit long sur ses rêves. Il est aussi, paraît-il, socialiste. En tout cas, il fut longtemps membre du Parti Socialiste avant de devenir un fervent partisan d’ Emmanuel Macron et de rejoindre La République en Marche (un nom de parti politique en forme de gag). Monsieur Castaner n’a pas grand intérêt, sauf un : il incarne et résume le naufrage du socialisme français.

    Le Parti Socialiste s’est appelé SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) avant 1969 mais il ne s’est jamais nommé Parti Progressiste. Le progressisme, mantra de M. Macron, est une notion très pratique puisqu’elle ne veut politiquement rien dire. Tout le monde est pour le progrès. Imagine-t-on une organisation politique qui choisirait de s’appeler le Parti de la Décadence ou Les Amis de la Régression ? En tout cas, Christophe Castaner adore le progrès. N’étant pas, c’est peu de le dire, un intellectuel, il ne définit jamais ce qu’il entend par là mais il proclame crânement que le progrès c’est mieux.

    Le Bien est bon, le Mal est mauvais
    Si on examine les déclarations de M. Castaner depuis l’élection de son « boss », Emmanuel Macron, à la présidence de la république, on peut se faire une idée plus précise de ce qu’il entend par progrès. Avant d’être nommé ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a écumé les plateaux de télévision pour affirmer que avant de redistribuer, il faut produire de la richesse (c’est ce qu’on appelle s’y connaître en Économie) et qu’une société ouverte c’est beaucoup mieux qu’une société fermée (c’est ce qu’on appelle s’y connaître en…rien du tout).

    Ensuite, à peine nommé ministre de l’Intérieur, il se prit instantanément pour le commissaire Maigret (ou plutôt pour une créature hybride entre Maigret, James Bond et Louis de Funès). Il n’est pas le premier, malheureusement, mais M. Castaner a pris au pied de la lettre la très mauvaise expression « premier flic de France » couramment utilisée pour désigner le ministre de l’Intérieur. Or, il se trouve que, précisément, le ministre de l’Intérieur n’est pas policier et ne doit surtout pas se prendre pour un policier. Les prédécesseurs de Christophe Castaner ont tous, peu ou prou, commis cette erreur, politiquement très grave, consistant à s’imaginer que le ministre de l’Intérieur est le porte-parole des policiers (ils ont pourtant des syndicats). Mais M. Castaner a poussé cette identification jusqu’au ridicule, à tel point que ses interventions en tant que ministre ressemblent souvent à des sketchs. On l’a vu ainsi expliquer très sérieusement à des enfants de dix ans l’utilisation du LBD (lanceur de balles de défense) ou mettre en scène son dialogue avec un préfet d’une manière digne du plus grotesque polar de série B pendant une journée de mobilisation des Gilets Jaunes.

    La droite n’est ni de droite ni de gauche
    Le 13 mars, M. Castaner a déclaré : « La sécurité publique, pour moi, elle n’est pas de droite ou de gauche ». Tony Blair, un autre socialiste adorateur du « progrès », nous avait déjà expliqué que l’Économie n’est pas de droite ou de gauche afin de justifier sa politique économique de droite. M. Castaner partage totalement les vues de son camarade progressiste Tony Blair puisque « avant de redistribuer il faut produire de la richesse ». Mais voilà donc qu’il nous apprend que la Sécurité, elle non plus, n’est pas de droite ou de gauche, alors même qu’il défend une loi dite « anti-casseurs » proposée par le sénateur de droite Bruno Retailleau. Cette loi vise à limiter le droit de manifester et augmente les pouvoirs de police administrative des préfets mais, qu’on se le dise, elle n’est absolument pas de droite. Elle ne peut d’ailleurs pas être de droite puisque Christophe Castaner est progressiste. Elle est donc tout simplement ni de gauche ni de droite. 

    Qu’on ne s’y trompe pas, nous ne reprochons pas à Christophe Castaner d’adhérer aux idées de la droite libérale-conservatrice. Une politique économique libérale mâtinée d’un filet de sécurité sociale, des mesures de fermeté concernant le maintien de l’ordre, un ajustement législatif prudent à l’évolution des mœurs (PMA pour toutes mais pas de GPA), tout cela n’a rien d’infamant. Mais cela n’a rien non plus de socialiste, ni même de « gauche » (terme qu’il faut toujours mettre entre guillemets puisqu’il est généralement utilisé par des centristes honteux). En revanche, on peut reprocher à M. Castaner (et à tous les anciens socialistes reconvertis en macronistes) une profonde malhonnêteté intellectuelle ou, au choix, un incroyable manque de lucidité. Ils devraient commencer par admettre qu’ils se sont trompés toute leur vie en se déclarant socialistes et qu’ils ont changé de convictions politiques. Or, ils ne l’admettent pas et préfèrent divaguer autour de concepts dénués de sens comme l’Ancien et le Nouveau monde.

    Marine Le pen, l’adversaire idéal
    Les macronistes ne cessent de répéter que le clivage gauche-droite est obsolète et qu’il faut lui substituer le clivage progressisme-conservatisme ou progressisme-nationalisme (le conservatisme et le nationalisme, ce n’est pas du tout la même chose mais passons, les progressistes peuvent se dispenser de toute rigueur, ils sont progressistes). C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, ils sont objectivement les plus ardents soutiens du Rassemblement national de Marine Le Pen qui fait figure d’épouvantail nationaliste-populiste-conservateur idéal. Mais le clivage gauche-droite n’a absolument pas disparu, il s’est simplement recomposé, comme ce fut déjà le cas à de nombreuses reprises dans le passé. 

    Le Parti Socialiste, depuis 1983, s’est peu à peu transformé en parti centriste. L’évolution a été longue et jamais assumée. Pendant la même période la droite « gaulliste » est devenue elle aussi centriste. Il n’est en rien surprenant de constater que Manuel Valls, Alain Juppé et Emmanuel Macron sont d’accord sur à peu près tous les sujets. Ils partagent la même vision fondamentale : préserver le système économique et social en l’adaptant aux évolutions (notamment technologiques). Encore une fois, c’est une position parfaitement défendable mais elle n’a rien de particulièrement progressiste, c’est une simple stratégie d’adaptation. 

    Les anciens (ou actuels) socialistes qui ont accompagné la métamorphose de leur parti en organisation gestionnaire pourraient théoriser cette évolution, la justifier intellectuellement et politiquement. Mais ils ne le font pas et, de ce point de vue,Christophe Castaner est particulièrement représentatif. Dans sa médiocrité même, il incarne tout l’impensé du socialisme français : un interminable reniement déguisé en opportunisme bravache.

    #PS