• #Loi_Blanquer : Ce que la #confiance veut dire...

    « L’#école_de_la_confiance » c’est le slogan préféré de JM Blanquer , celui qui a été utilisé pour justifier sa politique tout au long de ses 18 mois de présence au ministère de l’éducation nationale. C’est encore le nom de son projet de loi sur l’école qui devrait bientôt arriver devant le Parlement. La confiance c’est, selon le Larousse, « le sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose ». Mais le projet de loi de JM Blanquer redéfinit le terme et sa portée. Il éclaire du coup le véritable projet du ministre. L’école de la confiance c’est celle de la mise au pas des enseignants.

    L’article 1 de la loi Blanquer

    L’école de la confiance a déjà pris de sérieux coups depuis le phénomène #pasdevagues. Les enseignants ont largement témoigné de l’absence de confiance de l’institution à leur égard. Un sentiment bien rendu en retour. On croyait d’ailleurs le slogan enterré mais le ministre n’a pas hésité à l’utiliser à nouveau, juste avant que les lycéens apportent à leur tour un net démenti...

    Le projet de loi « pour une école de la confiance » commence par un premier article qui porte sur « l’engagement de la communauté éducative ». Comme d’autres articles de ce texte, il cache bien son jeu.

    L’article 1 du projet de loi demande d’insérer un article L. 111-3-1 dans le Code de l’éducation ainsi rédigé : « Art. L. 111-3-1 - Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. »

    Un mot pour révoquer facilement

    Apparemment c’est une simple déclaration philosophique dont on peut se demander ce qu’elle fait dans un projet de loi. Mais l’étude d’impact du projet de loi, un document obligatoire fourni par le ministère aux députés, éclaire singulièrement ce que JM BLanquer appelle la confiance.

    « Le Gouvernement souhaite inscrire, dans la loi, la nécessaire protection de ce lien de confiance qui doit unir les personnels du service public de l’éducation aux élèves et à leurs familles. Compte tenu de son importance, il serait en effet déraisonnable de s’en tenir à une simple consécration jurisprudentielle », explique l’étude d’impact.

    « Les dispositions de la présente mesure pourront ainsi être invoquées, comme dans la décision du Conseil d’Etat du 18 juillet 2018 précédemment mentionnée, dans le cadre d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public ».

    L’arrêt en question avait annulé la décision d’une cour administrative d’appel qui était revenue sur une décision de révocation d’un enseignant. Il s’agissait d’un professeur de Montceau-les -Mines coupable et condamné avec sursis pour agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans. Pour chasser cet enseignant du métier , le Conseil d’Etat a argué de « l’exigence d’exemplarité et d’irréprochabilité qui incombe aux enseignants dans leurs relations avec des mineurs, y compris en dehors du service » et de l’importance de l’atteinte portée « à la réputation du service public de l’éducation nationale ainsi qu’au lien de confiance qui doit unir les enfants et leurs parents aux enseignants du service ».

    Faire taire les profs sur les réseaux sociaux

    Exploitant cette affaire très particulière, le projet de loi Blanquer exploite cet arrêt dans un tout autre domaine. Il ne s’agit plus de délinquant sexuel condamné mais de n’importe quel prof. Il ne s’agit plus de la violation perverse de la relation pédagogique mais du lien d’obéissance au ministre. En s’appuyant sur cet article et cette évocation de la confiance, le ministre veut pouvoir sanctionner ce qu’il n’arrive pas à punir actuellement.

    L’étude d’impact donne des exemples. « Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront à dénigrer auprès du public par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire. Ces dispositions pourront également être utilement invoquées par l’administration dans les cas de violences contre les personnels de la communauté éducative ou d’atteintes au droit au respect de leur vie privée, notamment par le biais de publications sur des réseaux sociaux ».

    La confiance c’est la soumission

    Ainsi toute critique portée par un enseignant sur l’institution pourrait être légalement sanctionnée par une #révocation. Ce que poursuit le ministre c’est la généralisation du #devoir_de_réserve qui concerne aujourd’hui les seuls cadres du système éducatif ou des cas bien particuliers. Les violences tout comme la diffamation sont déjà punis par la loi. Le devoir de réserve peut être invoqué pour des enseignants qui feraient campagne contre l’institution (et non contre un responsable politique). Or la liberté de parole des enseignants est nécessaire à l’exercice du métier. Ils doivent éthiquement privilégier l’intérêt de l’élève avant celui de l’institution. Ils doivent pouvoir exercer librement un droit de critique sur le fonctionnement de l’institution. Celle-ci d’ailleurs le leur demande quand il s’agit des programmes par exemple.

    On mesure le glissement que permettrait le passage de cet article. JM Blanquer inscrit cet article pour permettre une systématisation des #sanctions et faire en sorte que les #enseignants se taisent, notamment sur les réseaux sociaux, dernier espace de #liberté.

    Cet article autoritaire, qui ferait des enseignants une catégorie spéciale de sous-fonctionnaires, montre à quel point le mot confiance est un piège. Si, pour Orwell, « la liberté c’est l’esclavage », pour l’auteur de ce projet de loi, la confiance c’est la #soumission.

    François Jarraud


    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/12122018Article636801966942543096.aspx
    #censure #éducation #France #réseaux_sociaux #école

    • Il y aura donc l’#école_de_la_confiance , autrement dit de la défiance envers les enseignants.

      Pour ce qui est des élèves, il y aura le #SNU, le #service_national_universel pour la soit disant cohésion sociale.
      Le Service National de la main d’oeuvre gratuite, entre autres.
      Expérimentation en 2019 dans la Creuse.

      A terme, seront concernés :

      Pas mal d’informations sur https://www.campuslille.com/index.php/entry/service-national-universel-snu

    • https://dijoncter.info/?un-fonctionnaire-ca-ferme-sa-gueule-ou-ca-demissionne-828

      Imaginons qu’un professeur soit amené avec sa collègue enseignant l’allemand, à encadrer une sortie d’élèves, pour étudier au cinéma le film intitulé" Le jeune Karl Marx" ; très vite, il serait amené à évoquer la liberté d’expression, censée être garantie constitutionnellement : l’œuvre s’ouvre en effet sur cette scène insolite où le philosophe et économiste est interpellé par la police d’État alors qu’il se trouve en plein comité de rédaction, le seul crime qu’il est censé avoir commis étant d’avoir participé à un journal contestataire. Cela provoquait l’ire du roi de Prusse.
      Un an plus tard, en 2019, la réalité rejoint la fiction : ce même enseignant prend connaissance de la convocation de Sophie Carrouge pour crime de lèse-majesté (une tribune somme toute inoffensive à l’encontre du président-mandaté du moment). Il apprend aussi - dans les mêmes jours, d’ailleurs - que son ministère a prévu de nouvelles mesures statutaires lui imposant un bâillon à lui ainsi qu’aux milliers d’autres enseignants, sous couvert de renforcement de leur « devoir de réserve » . Sommes nous dans une république bananière ? Dans la Tunisie de Ben Ali ? Non, en France en 2019, où il apparaît légitime de remettre en cause, en toute décontraction, des droits constitutionnels, au nom d’un contrat de travail avec le meilleur des employeurs : l’État.
      Le voilà, par la force de décrets ministériels, dans une situation de sujétion accrue qu’on déguisera au mieux en loyauté à l’égard de la République, au pire en ce qu’on nommera, ce qui ne manque pas de sel ni d’ironie, une « école de la confiance ». (c’est le nom du projet de loi comportant le bâillon en question).
      Pour peu qu’il se rende au Panthéon avec ses élèves, devra-t-il encore rendre hommage à Voltaire ou à quelque autre incitateur de révoltes, qui se sont illustrés contre des institutions vermoulues à l’autoritarisme grossier ? Devrait-on souhaiter, que l’enseignant, comme n’importe quel militaire ou gendarme soumis à sa hiérarchie, soit coopté et jugés honorable que s’il est un fonctionnaire inféodé à tel ou tel gouvernement de passage ? Celui du moment perd chaque jour davantage en crédibilité et légitimité (pour ne rien dire de sa cote de séduction, en chute libre), se crispant toujours davantage sur ses pouvoirs régaliens ; où en est-il, en cherchant à faire taire le moindre professeur de province rédigeant quelques lignes sur un site à la fréquentation confidentielle ? Se met-il sérieusement en tête de traquer quelque « ennemi intérieur » ? Le porte-parole du gouvernement de passage, affolé - et opportuniste - va même jusqu’à qualifier les mouvements de résistance actuels d’ entreprises « factieuses ».

      La liste des « factieux »

      Sont ainsi stigmatisés tous les opposants à la verticalité problématique de la cinquième république désirée par De Gaulle, s’imposant toujours à nous alors qu’elle n’a de cesse de démontrer les excès de l’exécutif : elle à chaque fois chaque fois instrumentalisée par le roitelet du moment (pour cinq ans), lequel est relayé par le moindre de ses petits clones locaux dans chaque institution, chacun se faisant alors une gloire d’être la courroie de transmission de l’insanité d’en haut.
      Seront alors décrétés « Factieux » tous ceux qui osent prendre la parole ou agir hors de la mise-au -pas de la mise « en marche » : ceux qui viennent au secours des sans-papiers, les citoyens qui s’engagent dans une contestation actives, ceux qui alertent l’opinion publique des démolitions programmées des services publics par les réformes qu’on fait passer à coups de matraques, ceux qui remettent en question la dégradation systématique et organisée des services publics (organisée par ceux qui veulent les démanteler pour mieux les vendre aux copains et coquins du privé), et même désormais ceux qui défendent leurs propres élèves contre les algorithmes aveugles ou les matraques sus-citées.
      « Factieux », ceux qui s’indignent de l’annulation de l’ISF, ou du fait qu’on leur tire dessus à bout-portant avec des flash-balls, sans sommation.
      « Factieux » tous ceux qui méprisent la start-up nation et la considèrent aussi has been que Giscard.
      « Factieux » tous ceux qui défendent le véritable esprit républicain et démocratique, qui ne se limitera certes pas à un malheureux vote de barrage dont certains se sont fendus pour éviter Le Pen. Ceux qui réclament des référendums d’initiative populaire, voire une constituante, pour une sixième République : « Factieux. »
      Cela commence à en faire beaucoup, de factieux, beaucoup de citoyens qui prennent encore la parole. Il va falloir recruter encore davantage au ministère de l’intérieur, à défaut d’augmenter le nombre de professeurs, lesquels auraient l’heur d’enseigner la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression comme un droit imprescriptible, l’article 11 dispose : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi". Les enseignants doivent-ils être traités tels des parias de la République au point qu’ils devraient s’acquitter d’une allégeance absolue à tel chef temporaire de l’exécutif et ses divers valets-exécutants zélés dans tels obscurs bureaux ? Entendu que le devoir de réserve en classe favorise l’auto-détermination de l’élève, sans la biaiser ou la fausser, est-ce à dire que le citoyen qu’est d’abord le professeur, doit désormais s’interdire toute prise de position sociale, éthique, syndicale ou politique hors de ses heures de cours ? Les intimidations feutrées prononcées à l’encontre de Sophie Carrouge doivent alerter tous les citoyens.

      La liberté de la fermer

      Le libéralisme économique cherchant à tout s’assujettir – jusqu’aux institutions de la République, même le temps de mandats – est tout de même bien tenté de s’accommoder , ce qu’il fait du reste de plus en plus, d’une dérive autoritaire, de moins en moins temporaire– l’état d’urgence théorisé par le nazi Carl Schmitt pouvant à l’occasion être fort utile pour faire taire toutes les voix discordantes. Mais bien plus retorses qu’une censure par trop directe, les propensions à susciter de l’auto-censure s’imposent discrètement, par les divers raffinements de l’intimidation, les assignations administratives, le recours à toutes les chaînes de commandement ou à toute autre injonction symbolique ; le tout s’autorisant à peu de frais de grands noms ronflants : on ose évoquer « la démocratie » (même si on l’a rabougrie au seul rite masochiste du vote), tout en évoquant bien entendu la nécessité de l’ « ordre » et de la « sécurité » - - ce qui ne manque pas de s’accorder, sans trop de peine, de fait, avec un discours échevelé sur les libertés civiques, notamment celle d’expression - elle pourra à l’occasion permettre de prendre la défense des « journalistes » de BFM.
      De toute manière, Michel Foucault le relevait déjà dans un texte ironisant à l’encontre de ceux qui ne détectent pas les subtilités prises par les formes de contrôle modernes : « il faut se faire une représentation bien inversée du pouvoir pour croire que nous parlent de liberté toutes ces voix qui, depuis tant de temps, dans notre civilisation, ressassent la formidable injonction d’avoir à dire ce qu’on est, ce qu’on a fait, ce dont on se souvient et ce qu’on a oublié, ce qu’on cache et ce qui se cache, ce à quoi on ne pense pas et ce qu’on pense ne pas penser. Immense ouvrage auquel l’Occident a plié des générations pour produire ‑ pendant que d’au­tres formes de travail assuraient l’accumulation du capi­tal – l’assujettissement des hommes ».
      L’accumulation du capital, lui, en effet, se porte bien. Par contre, la question de savoir si nous pouvons encore nous exprimer librement se pose de nouveau avec acuité, à l’heure où des agents de l’État voient leurs droits constitutionnels mis en danger par leurs tutelles administratives et managériales. Nous sommes bel et bien à l’époque du fichage des manifestants, des arrestations préventives sans fondement juridique, de la violence physique opposée aux lycéens contestataires qui prendraient un peu conscience de ce qui les attend, et de l’utilisation des leviers institutionnels pour procéder à des intimidations à l’encontre de tout citoyen un tant soit peu engagé.
      Il semblerait que la seule liberté d’expression qui soit alors concédée consisterait à laisser des avis sur Tripadvisor ou tel ou tel produit chez Amazon ; et encore, peut-être cela devra-t-il fait sous pseudo ? Que de tristes sires se livrent par ailleurs à des insultes racistes ou à d’autres tombereaux d’immondices fascisantes sur le net - cela semble par contre largement toléré, bien davantage, du moins, que les manifestations citoyennes récentes qui ont le heur de tancer le statu quo néo-libéral. Il sera loisible de les faire passer pour des ennemis internes du pacte républicain- - comme si ceux qui entraient en insurrection contre la véritable république française n’étaient pas tous ceux qui se cachent derrière leurs fonctions administratives ou leurs insignes pour se mettre au service de l’oligarchie démantelant les services publics de ce pays. Qu’une clique arguant de son mandat pour procurer des cadeaux fiscaux trouve en effet dans son sillage tout un ensemble d’opportunistes n’est pas si étonnant ; que ceux-ci profitent à ce point de l’aubaine pour renforcer encore la dérive managériale hiérarchique autrefois constatée chez France Télécom et La Poste, cela suscite d’abord notre étonnement, puis tout simplement notre mépris. Nous retournons enseigner Voltaire, Marx et Beaumarchais à nos élèves, en essayant de ne pas mourir de honte à la place de tous ceux qui n’en éprouvent plus depuis longtemps (de la honte).

    • #Loi_sur_l’école : les débats se déportent un peu plus sur la droite

      L’examen du projet de loi « pour une #école_de_la_confiance », porté par le ministre de l’éducation nationale, a débuté le 11 février. La tonalité conservatrice des débats sur l’#uniforme, le #drapeau ou la restriction de la #liberté_d’expression des enseignants est manifeste.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/loi-sur-l-ecole-les-debats-se-deportent-un-peu-plus-sur-la-droite?onglet=f


  • Loi Blanquer : museler l’expression des enseignants.
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/12122018Article636801966942543096.aspx

    « Les dispositions de la présente mesure pourront ainsi être invoquées, comme dans la décision du Conseil d’Etat du 18 juillet 2018 précédemment mentionnée, dans le cadre d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public ».

    • "La réforme Blanquer ne prend évidemment en compte aucune des revendications portées par les stylos rouges, de la revalorisation du métier d’enseignant à la baisse du nombre d’élèves par classe. Pire : alors que les enseignants utilisent depuis des semaines les réseaux sociaux comme moyen d’expression de leur détresse, le projet de loi s’ouvre par une disposition destinée à les museler. Il s’agit de l’invention d’un « devoir d’exemplarité » de la part du personnel de la communauté éducative envers l’extérieur. La chose peut paraître inoffensive ou même positive mais d’après les mots du ministre même, il s’agit de rappeler le « devoir de réserve » des enseignants et du personnel de l’éducation nationale. Autrement dit, de poser les bases juridiques pour pouvoir leur interdire de critiquer publiquement la politique gouvernementale en matière d’éducation nationale, notamment via les réseaux sociaux. Des entreprises privées ont déjà commencé à exercer ce genre de censure à l’encontre de leurs salariés gilets jaunes. Ainsi, fin janvier, un salarié d’Amazon a été licencié pour faute grave. Laquelle se résumait à avoir soutenu sur Facebook une action de blocage des gilets jaunes visant son entreprise.

      Après le volet autoritaire, le projet de loi contient plusieurs dispositions qui poursuive la précarisation de l’éducation nationale. Notamment, il est prévu de faciliter le recours à des contractuels pour les personnels d’éducation, les psychologues scolaires, les inspecteurs et les personnels de direction. Cela se fait dans le cadre d’une remise en cause générale du statut des fonctionnaires. Car la sécurité de l’emploi était prévue aussi pour que ceux-ci puissent résister aux pressions allant contre leur mission d’intérêt général. Le plus impressionnant est l’article qui va permettre de mettre dans les classes, en qualité de professeurs, des assistants d’éducation, c’est-à-dire des surveillants.

      On voit ici tout un état d’esprit. Pour ce gouvernement le role de l’enseignant n’est pas définit par sa qualification. C’est-à-dire par le niveau qu’il a acquis dans la maitrise de la discipline qu’il enseigne. Professeur, c’est un métier qui s’apprend. Non seulement au plan disciplinaire mais aussi au plan pédagogique. Il ne s’improvise pas. Ce n’est pas le même métier qu’assistant d’éducation. Les victimes de cette invention uniquement destinée à faire des économies seront à la fois les surveillants, livrés à des tâches qu’ils ne savent pas effectuer et les élèves, privés d’un enseignement de qualité dispensé par un professionnel. Enfin, le projet de loi prévoit aussi de pouvoir regrouper entre eux les établissements scolaires de petite taille, y compris écoles primaires et collèges. Concrètement, cela signifie encore plus d’écoles qui fermeront, dans les zones peu denses éloignées des grandes villes.

      Mais l’école au rabais ne peut pas être pour tout le monde. Il faut, pour la macronie, garantir qu’à côté de l’école qu’ils préparent pour le commun des mortels subsistent des établissements d’excellence pour les enfants des classes les plus favorisées. C’est ainsi que le projet de loi comporte un volet qui rompt avec la tradition égalitaire de l’école publique française. Il créé par exemple les « établissements publics locaux d’enseignement international ». Ces établissements à part prépareront à l’option internationale aux diplômes du brevet ou du baccalauréat ou à l’obtention d’un baccalauréat européen. Bien sûr, leur accès sera sélectif. Et, cerise sur le gâteau, bien que publics, ils pourront être financés par des dons de personnes privées. Le premier d’entre eux est censé ouvrir à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine et a été présenté par Édouard Philippe comme faisant partie des arguments pour attirer la finance de la City de Londres à Paris après le Brexit. Une école, donc, pour les enfants de traders qui auront possibilité de donner une partie de leur fortune pour s’assurer des conditions d’enseignements.

      Un autre article ouvre la possibilité pour les collèges et lycées de recourir à l’expérimentation pour aménager comme ils l’entendent les aspects pédagogiques ou horaires. C’est une autre rupture d’égalité. Chaque établissement pourra être dirigé comme une entreprise par son principal et sera en concurrence avec les autres. On sait d’avance que les gagnants d’un tel système seront les enfants issus des familles les plus riches. Mais on connait aussi les perdants. Ce sont ces millions d’enfants dont l’intelligence sera laissée en jachère. C’est le pays qui ne pourra plus compter sur eux comme ressource pour son avenir collectif." Jlm

      https://melenchon.fr/2019/02/10/lautoritarisme-est-avere-le-totalitarisme-pointe


  • L’internationale de la Répression
    http://www.dedefensa.org/article/linternationale-de-la-repression

    L’internationale de la Répression

    Après les trois semaines d’émeutes en octobre et novembre 2005 qui avaient concerné pas moins de 300 communes en France, les pays européens ont pris au sérieux la menace insurrectionnelle urbaine. Le bilan après la mort des deux jeunes adolescents pris en chasse par la police et piégés dans un site EDF, 6000 interpellations et 1300 personnes écrouées, a été lourd. Les violences ont décliné puis cessé après que le gouvernement ait décrété l’état d’urgence. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait fait appel aux conseils techniques du régime de Tel Aviv. Le Ministre de la Sécurité publique et un Haut Commissaire ont été mandés pour passer 4 jours en France et livrer leur expérience accumulée lors de la répression sanglante de l’Intifada de l’an 2000.

    L’ordre néolibéral (...)


  • Choquée par la "lettre" de Luc Le Vaillant parue le 28 dans Libé, j’ai lu avec intéret cet article de Romain Pigenel : Pourquoi il faut défendre « l’anonymat » sur Internet
    https://medium.com/@romain_pigenel/pourquoi-il-faut-d%C3%A9fendre-lanonymat-sur-internet-3d79de93b1d0

    L’article commence par une liste des diverses énormités qui sont proférées sur le sujet ces derniers temps, le papier de Luc Le Vaillant étant une sorte de sur-glaçage écœurant sur un gâteau déjà recouvert de cerises confites.

    « Pour une hygiène démocratique du statut de l’information […] je crois qu’on doit aller vers une levée progressive de toute forme d’#anonymat » (le président de la République, Emmanuel Macron). « Dans une société démocratique où on peut dire ce qu’on veut, il me parait bon de lever l’anonymat sur #Internet […] j’en ai assez de gens qui sont derrière les pseudos, et qui insultent à longueur de temps, qui mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps » (le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger). « Quand vous avez un compte sur Twitter, sur Facebook, pourquoi vous ne l’assumez pas ? » (Yannick Jadot, avant de se rétracter). « Il suffit de créer des réseaux sociaux payant 1€/mois avec une charte éthique et un nom par profil. Sans pub. Sans utilisation des infos… et sortir des réseaux anonymes. » (Mathieu Kassovitz). « Je propose un projet de loi d’initiative citoyenne : que tous les comptes des réseaux sociaux soient nominatifs. Que tout puisse être dit mais que chacun assume ses paroles » (le dessinateur du Monde, Xavier Gorce). « Tout changerait si l’anonymat était interdit sur internet. Et si les Gilets Jaunes radicaux -les seuls qui restent aujourd’hui dans la rue- disaient chacun d’où ils viennent. » (Dominique de Montvalon, ancien rédacteur en chef du Parisien et du JDD) …

    Pour celleux qui ne l’ont pas lue, la lettre de Le Vaillant est par là : Pour qu’Internet tombe le masque : https://www.liberation.fr/chroniques/2019/01/28/pour-qu-internet-tombe-le-masque_1705956 avec un passage particulièrement odieux d’amalgames haineux :

    Et c’est pourquoi, cher anonyme, je veux la peau de ta pleutrerie et de ta défausse. Je n’aime pas la cagoule que tu mets à ta hargne tweeteuse, la burqa qui voile ton but ultime, ni ta blanche face à moustache d’Anonymous qui se la raconte coursé par Big Brother.

    Mais pour en revenir à l’article de Luc Le Vaillant, bien plus intéressant, il démonte pas mal d’idées reçues sur le pseudonymat, et vaut le détour à ce titre

    La pratique de Facebook, réseau où dominent les comptes identifiés, démontre chaque jour combien les sujets polémiques suffisent à faire sortir tout un chacun de ses gonds, même sans la protection d’un pseudonyme : c’est l’écrit qui désinhibe, au moins autant que « l’anonymat ». En outre, et par-delà l’intuition qu’on peut avoir de la question, les données fiables manquent ; une étude de l’université de Zurich, datée de 2016, remet même clairement en cause le lien entre anonymat et agressivité en ligne.

    (lien direct vers l’étude en question : https://qz.com/741933/internet-trolls-are-even-more-hostile-when-theyre-using-their-real-names-a-study

    Il permet non seulement de bien comprendre qu’il y a une confusion générale avec le #pseudonymat, mais aussi de très bien comprendre le danger que représenterai le traçage d’identité par toutes les plateformes comme le fait #Facebook

    ce serait un magnifique cadeau pour les partis ou leaders autoritaires/extrémistes, pour qui l’on préparerait tranquillement un filet garni permettant, dans l’hypothèse d’une accession au pouvoir, de tout savoir de l’activité en ligne (1H30 par jour, en moyenne, pour chaque Français) de tout individu. Même de ceux qui n’enfreignent ni les lois, ni les mœurs. Au contraire, on peut compter sur les internautes qui ont de « bonnes » mauvaises raisons de chercher l’anonymat — criminels en tête — pour trouver et maîtriser les contre-mesures nécessaires à ce type de surveillance généralisée. Un comble.

    J’aurai cependant aimé qu’il développe plus la nécessité de protéger l’anonymat, en faisant référence aux lanceurs d’alertes ou aux opposant-e-s politiques, particulièrement quand des condamnations pleuvent actuellement sur des #giletsjaunes n’ayant pas tenu leur langue sur facebook... et que l’office central de la lutte contre la criminalité informatique
    montre des signes de plus en plus dangereux de censure : https://seenthis.net/messages/755412 et https://seenthis.net/messages/756074

    • Tres bon article aussi de Olivier Ertzscheid qui se base, avec un opportunisme assumé, sur la médiatisation du harcèlement contre Bilal Hassani (source de sa chanson pour l’Eurovision) et démontre de manière implacable la responsabilité des plateformes marchandes (plateformes auxquelles il doit sin succès, les haters participant à la notoriété pour les algorithmes...)
      https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/01/cher-bilal-hassani.html

    • Je rajoute un extrait du billet d’affordance :

      La question, la seule, à poser en toute priorité aux plateformes lorsque vous les rencontrerez, car vous verrez Bilal, elles voudront bientôt j’en suis convaincu vous rencontrer, la seule question à leur poser est celle-ci :

      Etes-vous prêt à réellement lutter contre les discours de haine, contre l’homophobie, en ajoutant dans vos CGU que chaque insulte raciste ou homophobe occasionnera la fermeture définitive du compte qui les a proférées ? Etes-vous prêt à perdre ces « clients » là qui ne sont pas, pour vous, anonymes, et qui ne l’ont jamais été ?

      Posez leur cette question là Bilal. Et dites-leur aussi ceci :

      Si vous étiez les gérants d’un magasin et que certains de vos clients revenaient tous les jours et traitaient de « sale PD » ou de « sale fiotte » d’autres de vos clients, quelle serait votre réaction ? Les accepteriez-vous dans votre magasin ? Ce que vous tolérez est ce que vous êtes vraiment. Dites-leur simplement cela Bilal. « Ce que vous tolérez est ce que vous êtes vraiment ».

      Et si ni Jack Dorsey, ni Mark Zuckerberg, ni Larry Page, ni Serguei Brin ni aucun autre ne regarde le concours de l’Eurovision ni ne vous invite pour parler avec vous de ce que vous traversez, alors j’espère qu’un(e) de nos représentant(e)s politiques, un jour prochain, leur posera très exactement cette simple et seule question là. Etes-vous prêts à perdre ces clients-là ou ne sont-ils pour vous que des clients comme les autres ?

      Ce que nous tolérons est ce que vous nous sommes vraiment. Bon courage pour l’Eurovision cher Bilal.

    • Rappelons simplement, pour finir, quelques évidences. Que le pseudonymat, c’est la liberté d’exprimer son avis sans craindre son voisin, son patron (pour mémoire, les fonctionnaires, par exemple, ont un devoir de réserve en ligne) ou le qu’en-dira-t-on. Que c’est la possibilité d’affirmer sa différence, sans craindre de se faire juger, ses convictions, ou son identité sexuelle, quand c’est dangereux de le faire là où on vit. De parler de ses problèmes de santé, ou personnels, sans avoir honte (merci les forums), de choses difficilement avouables, qui pourraient générer du harcèlement si on le faisait sous son vrai nom. De dénoncer des faits graves (déjà entendu parler des lanceurs d’alerte ?).


  • Élémentaire mon cher Jason — aris
    https://aris.papatheodorou.net/elementaire-mon-cher-jason

    Jason Evangelho, journaliste du magazine Forbes, annonçait le 15 janvier se lancer dans un challenge de deux semaines d’utilisation exclusive de la distribution GNU/Linux elementary OS. Il nous propose de l’accompagner dans cette « expérience communautaire », comme il dit, par un récit circonstancié publié au fur et à mesure sur le le site de Forbes et mais aussi avec la mise en place d’un canal de discussion sur Telegram.

    La méthode mise en place par Jason Evangelho – pour aboutir à une évaluation « sincère » comme il dit – étant de ne faire aucun bidouillage (tweak) du système et d’utiliser exclusivement les applications développées spécifiquement pour l’environnement elementary OS et présentes dans son centre d’applications (AppCenter).

    #gnu_linux #elementary #elementary_OS

    • Je ne suis peut-être pas le public visé, mais ça tourne un peu court à mes yeux.

      1-Trouver l’appli de lecture audio idéale ...
      2-Gasp ! Pas de bouton de minimisation des fenêtres ! (On apprend assez vite que la fonctionnalité existe en fait ...)
      3-Pas de thème sombre proposé par la distrib, cela est laissé à l’appréciation des développeu-r-se-s d’application ...
      4-Peut-être que finalement passer des heures à personnaliser son environnement n’est pas ce qu’il y a de plus utile ...

      Tout cela est enrobé de réflexions pas forcément inintéressantes sur l’UI et l’UX. Rien par contre sur le fonctionnement de LibreOffice, Firefox, Inkscape, GIMP ou d’un éditeur de texte, ou d’un IDE.

    • @biggrizzly @grommeleur
      Le journaliste de Forbes a migré de Windows à GNU/Linux il y a six mois, et il l’a raconté dans sa chronique. Puis il a fait un challenge Ubuntu Budgie (excellente distribution aussi que j’utilisais il y a peu encore), avant de tester elementary OS.

      Le principal intérêt de sa chronique c’est qu’il fait cela d’un point de vue d’utilisateur lambda, et non comme un test de geek pour les geek... A remarquer qu’il parle de Linux et non de GNU/Linux.

      @grommeleur
      Pour les applications le journaliste de Forbes avait annoncer faire son test uniquement avec les applications nativement installées par elementary OS. Donc pas de LibreOffice, de Gimp ou de Firefox.


  • Accusé de harcèlement, le PDG de CBS se tue en tombant d’une grue
    Lyon : une femme reste en poste

    Italie : démission d’un député-skipper sorti du coma
    L’ancien champion du monde de F1 Niki Lauda trop présent sur son bateau

    Giroud : « Dans un avenir proche, mon objectif n’est pas de porter des escarpins taille 44 »
    Pourquoi les stars s’obstinent à rentrer en France ?
    source : Le Figaro
    #de_la_dyslexie_creative


  • Changer le monde (3/4) : Se relier aux animaux
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/changer-le-monde-34-se-relier-aux-animaux-delevage

    Deux histoires mignonnes, celle de navigateur est drôle

    Il est donc possible de produire du lait #sans_abattage

    Jean-Yves Ruelloux est éleveur d’un petit troupeau de chèvres près de Priziac dans le Morbihan. Il a inventé une façon de produire du lait sans souffrance ni mort animale.

    Guirec Soudée, vingt-cinq ans, est parti en voilier autour du monde avec une co-équipière un peu particulière : une poule pondeuse qui est devenue sa confidente. Elle s’appelle Monique, c’est une poule rousse et elle lui a même sauvé la vie.

    #animaux

    • Un élevage sans jamais tuer les chèvres donc, avec une technique de lactation permanente sans les forcer à mettre bas (comme les nourrices des bourgeois…). Et même quand elles ne font plus de lait, il ne les tue pas, il les garde jusqu’à ce qu’elles meurent de vieillesse chez lui. Il n’a presque pas de frais de vétérinaire (puisqu’une bonne partie venant de problème de lactation ou pour les mises bas), et ne demande pas d’aide de la PAC.

      http://rf.proxycast.org/1526786950239887360/10078-18.01.2019-ITEMA_21955065-2.mp3

      #audi #radio #France_Culture #Les_pieds_sur_terre #élevage #fromage #lait

    • Après, il faudrait voir la proportion de RSA dans son revenu... Mais c’est très intéressant. J’ai aussi rencontré un éleveur qui tente de partager le lait avec les chevreaux, de sevrer sans séparer. Je ne sais pas à quel point il s’éloigne de l’idée de vivre de son travail, à quel point ça ressemble aux super expériences de permaculture qui ne produisent même pas assez pour nourrir en légumes et patates les bénévoles ou de maraîchage vegan qui se tape des contraintes et souhaite simplement prouver que c’est possible, de faire mieux que la bio.

      Sur ce sujet, Xavier Noulhianne dit qu’il ne se mettra pas « la rate au court-bouillon » pour faire de beaux reportages stéréotypés dans la presse alter et faire semblant que le monde ne lui impose pas une économie qui est irrespectueuse des humains comme des bêtes. Lire cette presse là, quand tu habites une métropole, que tu viens de saloper ton boulot comme on te dit, que tu ne te révoltes pas, pour rêvasser devant un truc qui serait peut-être possible si et si... Du rôle social des utopies. C’est ce que ça m’évoque mais je me demande aussi si XN n’est pas une flemmasse ;-) ou un désespéré et ça me fait plaisir de voir que des gens continuent à chercher.


  • ‘They were planning on stealing the election’: Explosive new tapes reveal Cambridge Analytica CEO’s boasts of voter suppression, manipulation and bribery | openDemocracy
    https://www.opendemocracy.net/brexitinc/paul-hilder/they-were-planning-on-stealing-election-explosive-new-tapes-reveal-ca

    In explosive recordings that Kaiser made in the summer of 2016, excerpts from which are published exclusively by openDemocracy today, her former boss, Alexander Nix, makes a series of extraordinary claims. The onetime Cambridge Analytica CEO talks of bribing opposition leaders, facilitating election-stealing and suppressing voter turnout.

    When we asked Nix to comment on this new material, he told us that many of our claims had been proven to be false, and others were completely speculative and not grounded in reality. But what we are publishing for the first time are his own words.

    Nix boasts of orchestrating election black ops around the world. He reveals how in Trinidad and Tobago, Strategic Communications Laboratories (the British company behind Cambridge Analytica) engineered a highly successful grassroots campaign to “increase apathy” so that young Afro-Caribbeans would not vote. In Nigeria, evidence was found that SCL used rallies by religious leaders to discourage voting in key districts. Nix also makes a knowing reference to Brexit, although Cambridge Analytica has repeatedly denied involvement in that campaign.

    In the recordings, Nix describes one of his major clients, Republican presidential candidate Ted Cruz, as a “fascist”. And he sheds more light on the nexus of data, money and power that Cambridge Analytica deployed as it backed Donald Trump’s bid for the presidency.


  • Comment le Wi-Fi nous rend vulnérable
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-le-wi-fi-nous-rend-vulnerable

    Le Wi-Fi a mal vieillit, explique la journaliste Ava Kofman (@eyywa) pour Real Life. Si nous sommes de plus en plus conscients de la surveillance dont nous sommes l’objet quand nous naviguons sur le web ou que nous utilisons nos smartphones, nous avons tendance à oublier que c’est également le (...)

    #A_lire_ailleurs #Enjeux #Confiance_et_sécurité #Wi-fi_et_sans_fil


  • « Pourquoi les anti-autoritaires sont diagnostiqué·es malades mental·es

    Au cours de ma carrière de psychologue, je me suis entretenu avec des centaines de personnes ayant été diagnostiqué·es par d’autres professionnels comme souffrant d’un trouble oppositionnel avec provocation, d’un déficit de l’attention avec hyperactivité, d’un trouble anxieux et d’autres maladies psychiatriques, et je suis frappé de voir (1) à quel point les personnes diagnostiquées sont essentiellement des anti-autoritaires, et (2) à quel point ces professionnels qui les ont diagnostiqué·es ne le sont pas.

    Les anti-autoritaires se posent la question de savoir si une autorité est légitime avant de la prendre au sérieux. Évaluer la légitimité des autorités consiste entre autre à déterminer si oui ou non les autorités savent réellement de quoi elles parlent, si elles sont honnêtes, et si elles se préoccupent de celleux qui respectent leur autorité. Et quand des anti-autoritaires estiment qu’une autorité est illégitime, iels contestent et résistent à cette autorité – de façon parfois agressive et parfois passive-agressive, parfois sagement et parfois non.

    Certain·es activistes se lamentent du peu d’anti-autoritaires qui semble exister aux États-Unis. Une des raisons à cela pourrait être que beaucoup de gens naturellement anti-autoritaires sont maintenant psychiatrisé·es et mis·es sous médicaments avant de parvenir à une prise de conscience politique concernant les autorités les plus oppressives de la société. »

    #psy #psychologue #psychiatre #anti_autoritaire #autorité #activiste #politique

    http://www.zinzinzine.net/anti-autoritaires-diagnostique-es-malades-mental-es.html


  • Comment l’Iran est devenu l’ennemi du monde arabe - Antoine AJOURY - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1154851/comment-liran-est-devenu-lennemi-du-monde-arabe.html

    Le quotidien francophone libanais célèbre le 40e anniversaire de la révolution iranienne en battant martialement le rappel contre l’Iran.

    Tel un habile joueur d’échecs, le régime des mollahs a su profiter d’une succession d’événements pour avancer patiemment ses pions afin d’imposer son hégémonie sur le Proche-Orient. L’Iran post-révolutionnaire s’est engouffré dans toutes les brèches des politiques régionales, face à des régimes arabes apathiques et au déclin du nationalisme arabe dans la région, soutenu par la hausse des prix du pétrole et profitant d’une politique américaine chaotique, notamment l’invasion de l’Irak en 2003 et la signature de l’accord nucléaire en 2015.

    Les Iraniens chiites ont surfé avec brio sur la surenchère religieuse pour s’imposer face aux Arabes, à majorité sunnites. En se positionnant en concurrents farouches pour défendre d’abord la cause palestinienne face à Israël, les Iraniens ont transformé et remodelé les combats anticolonialistes et anti-impérialistes en devenant les pionniers des actions terroristes et en radicalisant l’islamisme politique. Leurs politiques ont créé une exacerbation des tensions communautaires entre les deux branches de l’islam, entraînant une déstabilisation presque généralisée des pays du Proche-Orient.

    #iran #grand_jeu

    • Dont la seule illustration est une carte (signée AFP) entièrement basée sur « chiites/sunnites ». Je ne suis pas aller lire plus loin que l’extrait que tu cites, où je relève la saloperie habituelle :

      Les Iraniens chiites ont surfé avec brio sur la surenchère religieuse pour s’imposer face aux Arabes, à majorité sunnites.

      Typique des lubies suicidaires de l’OLJ, qui a pour vocation à suicider un pays comme le Liban, en liant arabité et sunnisme, les chiites étant eux persans (et les chrétiens…).


  • Femmes et agriculture

    Je suis allée samedi au colloque organisé par Femmes d’histoire , je retrace ici les grandes lignes de cette journée belle et passionnante. En commençant par la fin :)

    La journée s’est terminée avec la projection du film Réparer la Terre de Laureline Amanieux dans lequel on suit le parcours d’Éloïse de Beaucourt qui passe de professionnelle de cinéma au maraîchage bio en Sarthe.

    Je n’ai pas envie d’en dire plus pour vous laisser découvrir ce document très touchant, sensible, sobre, juste, philosophique aussi et plein d’une saine énergie. Juste préciser que la réalisatrice (elle même passé de l’enseignement du français au cinéma) et Éloïse se connaissaient ce qui peut expliquer le naturel et la fraîcheur du film.

    Il est disponible ici jusqu’à jeudi, ensuite le site de femmes d’histoire prendra le relai, je mettrai alors ce post à jour.
    https://vialmtv.tv/reparer-la-terre

    Aujourd’hui Éloïse produit depuis deux ans mais ses revenus sont encore ridicules (il faut compter entre trois et cinq ans pour gagner sa vie, modestement). Elle défend l’idée de cultures sur de petites parcelles.

    Éloïse participait à une table ronde l’après-midi avec Mariama Sonko, Stéphanie Pageot et Amandine Fresneau et animé par Nassira El Moaddem.
    Pour elles quatre existe un lien fort avec la terre qu’elles occupent.

    Paysanne ? Agricultrice ?

    Éloïse a répondu à cette question approximativement en ces termes : « Paysan, paysanne, je ne sais pas ce que c’est. Si le mot renvoie à la notion de paysage, si paysanne c’est œuvrer à maintenir le bocage, à avoir des pratique qui respecte l’environnement, la vie du sol où l’on installée, à travailler pour les populations qui vivent là, à participer à la vie locale, alors oui, je suis une paysanne. »

    Stéphanie Pageot est éleveuse bio en Loire-Atlantique depuis vingt ans. Elle est associée à deux hommes, son conjoint et un autre homme de sa famille (j’ai oublié lequel) et ont 5 salarié·es pour un équivalent de 4 temps pleins.
    Aujourd’hui les trois associé·es touchent la même rémunération, 2 000 euros par mois. La ferme produit du fromage et la nourriture des vaches (125 vaches sur 128 hectares). La vente de leurs productions est locale.
    Pour Stéphanie, le mot paysan renvoi au syndicat, ce qui la gêne, mais se considère néanmoins comme une paysanne.

    Stéphanie a été présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Une première donc, dans ce milieu très macho. Sous sa présidente, une enquête auprès de 2 500 agricultrices à été menée « Quelle est la place des femmes dans l’agriculture biologique ? » (que je n’ai pas encore lu)
    http://www.fnab.org/actualites/evenements/1019-quelle-est-la-place-des-femmes-dans-l-agriculture-biologique-colloque
    http://www.fnab.org/images/actions/MEP_FEMMES_EN_AB_PAGE_A_PAGE_VF.pdf
    faisant ressortir une distribution genrée des activités. Et un déni de la part de la profession puisque lorsque l’enquête a été publiée, les résultats ont été remis en cause.

    Stéphanie a aussi participé à des rencontres entre professionnels (du style 40 hommes pour 2 femmes) où le principal sujet de discussion était invariablement axé sur le matériel et la technique. Elle a fini par se lasser et y renoncer. Alors pourquoi pas plus de femmes ? Réponse dans l’enquête : les femmes, accaparées par les tâches administratives, ménagères, les enfants, n’ont pas le temps.

    Maintenant elle aimerait participer à des rencontres entre femmes agricultrices, comme on peut le voir dans ce petit film qui a été projeté en fin de matinée « Je, tu, elles, femmes en agriculture » d’Aurélia Étienne visible là https://www.dailymotion.com/video/x5a28jk

    Douze femmes agricultrices de la Drôme et de l’Ardèche s’autorisent durant l’hiver à faire un pas de côté ; prendre un peu de recul et se poser certaines questions, plus ou moins confortables, parfois bien plus bouleversantes qu’il n’y paraît…
    Elles partent à la rencontre d’autres agricultrices et interrogent leurs parcours, leurs difficultés et parfois leurs combats, pour se réaliser dans ce métier.

    Mariama Sonko est sénégalaise, de Casamance, mais pas agricultrice : « moi je suis cultivatrice, éleveuse, pêcheuse, transformatrice, vendeuse, mère de famille (elle est veuve et a quatre enfants), impliquée dans le mouvement Nous sommes la solution : je suis paysanne. » Et donc, très impliquée puisque leader du mouvement qui regroupe 12 associations d’Afrique de l’Ouest, 175 000 femmes.
    Un mouvement qui prône l’agroécologie, la transmission des savoirs faire, les semences paysannes et défend les droits des paysannes. https://www.thehumansmag.com/blog/nous-sommes-la-solution ou http://senagriculture.com/monde-rural-femmes-vantent-avantages-de-lagro-ecologie ( mais je vais essayer de trouver d’autres ressources dans les prochains jours)

    Elle participait le matin et l’après-midi, du coup je vais mettre un peu en vrac ses remarques et constats :

    Elle accorde beaucoup d’importance aux semences paysannes, dans sa région se sont les femmes qui font la sélection des graines dont le principal critère est la résistance (résistance qui était le maître mot de la journée, soit dit en passant). Résistance au climat, aux pathogènes, aux insectes ravageurs, à l’acidité ou salinité du sol. Et bien-sûr, le mouvement défend le droit des paysan·nes de sélectionner, reproduire, vendre, échanger ses propres semences « un paysan sans semences est un paysan pauvre »… et l’utilisation de produits phytosanitaires naturels. Se sont aussi les femmes qui ont la charge du stockage et conservation des semences dans des pots d’argiles auxquels elles ajoutent des herbes spécifiques pour éviter les ravageurs.

    Je lui ai demandé ce qu’il en était de l’accès à la terre pour les femmes : les hommes rechignent à leur donner des terres, elles héritent de petites parcelles de terres de moindre qualité. Cela confirme donc les infos recueillies pour mon billet.

    Point de vue finances, le microcrédit existe bien et a pu aider. On le sait, les paysannes reversent l’intégralité de leurs revenus dans le ménage alors que les hommes n’en reversent qu’une partie et fait ce qu’il veut du reste. Nous sommes la solution recommande aux femmes de mettre 30 % de leurs revenus de côté pour leur usage personnel, voire de futur projet : cela a un effet sur le comportement des hommes. Dès lors que les femmes gagnent en indépendance, les hommes sont beaucoup plus respectueux des femmes et de leurs droits.

    La parité est entrée dans la loi sénégalaise, même si les hommes y rechignent, ils ont tendance à respecter la loi par peur d’être réprimés.

    Mariama racontait qu’elle tenait son fort tempérament de son grand-père, paysan, très sensible à l’environnement au point de s’offusquer si on tuait un moustique ! Il plantait des arbres dans les bois autour de ses champs : « si les animaux sauvages viennent dévorer tes cultures, c’est qu’ils ne trouvent pas assez à manger dans la nature, alors je plante en dehors des champs pour que les animaux ne dévorent pas mes cultures ».

    Pour Mariama, le plus difficile est la perte de la main d’œuvre valide, les jeunes partent tenter leur chance ailleurs (migrations).

    Pour Stéphanie et Amandine (j’y reviendrai), le plus difficile est la paperasse, une activité qu’elle n’ont pas choisi de faire. Car se sont les femmes qui s’occupent de la paperasse. Amandine, vigneronne, passe 60 % de son temps en tâches administratives.

    Stéphanie délègue depuis quelques années une partie de la gestion de la ferme mais cela a un coût que peu de femmes peuvent s’offrir : un centre de gestion facture 50 euros de l’heure, un tarif bien supérieur au revenus des paysannes.

    Quant à Éloïse, elle a fait le choix de se passer d’aides, cela réduit la paperasse.

    Amandine Fresneau est vigneronne (attaché au travail de la vigne) et non viticultrice (plutôt en rapport au fonctionnement d’une coopérative viticole). Elle est aussi œnologue. Elle a repris avec son frère l’entreprise familiale depuis quatre générations. Pendant ses études, elle est partie en stage à Montpellier (coucou @arno), femme, elle n’avait pas le droit d’entrer dans un chais. Elle est revenue en Sarthe.

    Plus globalement, en France, 30 % des agriculteurices sont des femmes ; 40 % des agriculteurices bio sont des femmes.

    Les institutions en charge des questions agricoles s’attachent aux productions et aux moyens de production sans remettre en cause les inégalités entre hommes et femmes, très importants dans la professions. Cela rejoint le constat que j’avais fait lors de ma recherche : on a des statistiques sur les productions, les quantités, les surfaces, les exportations, les importations, le nombre de tracteurs, les quantités de produits chimiques… et rien sur celles et ceux qui produisent !!!

    Je remets ici mon billet
    https://seenthis.net/messages/559483

    et ce tableau toujours d’actualité

    Et je remets ici le film de Marion Gervais Anaïs s’en va-t-en guerre
    https://rutube.ru/video/96211a3e54a82ce15599c6aca4873f6d
    #femmes #agriculture #inégalité


  • Millions of Americans Flood Into Mexico for Health Care
    https://truthout.org/articles/millions-of-americans-flood-into-mexico-for-health-care

    It’s true that Latin and Central Americans are coming to the US fleeing #violence and poverty, much of it caused by destructive US trade policy over the course of decades. But there’s another massive “border crossing” phenomenon afoot — and Trump has not said a word about it. We’re talking about thousands of US citizens crossing the border each day in search of affordable health care.

    #etats-unis #mexique #santé #frontières #pauvreté



  • Il est allé trop loin, il doit partir, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 28 janvier 2019)
    https://blog.mondediplo.net/il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir

    Dans la série graduée des actes par lesquels un souverain en vient à perdre sa #légitimité, le point maximal est atteint quand il prend le parti de constituer sa population en ennemie, et par conséquent de lui faire la #guerre. Nous en sommes là, littéralement.

    #France


  • Le Drian a demandé à Israël d’attendre un peu avant de raser Beyrouth :
    https://www.lorientlejour.com/article/1154646/la-france-a-demande-a-israel-de-ne-pas-attaquer-le-liban-avant-la-for

    Selon Maariv, M. Le Drian a déclaré que lui et d’autres hauts responsables français avaient « demandé à Israël d’attendre la formation d’un nouveau gouvernement au Liban avant toute action militaire ». Le chef de la diplomatie française a également indiqué que la France avait récemment cessé de fournir son aide à l’armée libanaise. « Nous condamnons fermement les envois d’armes par l’Iran à l’aile militaire du Hezbollah », a-t-il affirmé.


  • La mortalité routière en recul, mais les 80 km/h toujours sur la sellette - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2019/01/28/la-mortalite-routiere-en-recul-mais-les-80-km-h-toujours-sur-la-sellette-57

    Le ministère de l’Intérieur note une baisse de la mortalité sur le réseau secondaire depuis juillet. Des estimations contestées par les anti-80 km/h, engagés depuis des mois dans une guerre de chiffres.

    On anticipait la chose différemment il y a quelques semaines...

    Pour l’exécutif, la dégradation « massive » des radars explique les mauvais chiffres à venir de la sécurité routière
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/12/pour-l-executif-la-degradation-massive-des-radars-explique-les-mauvais-chiff

    L’exécutif doit s’attendre à une nouvelle épreuve, avec la publication des chiffres de la mortalité routière de 2018. Bien que déjà connus, ils ne seront dévoilés que le 25 janvier. Au Parisien, Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, a confié, le 11 janvier, que « les résultats sur les accidents mortels [de décembre 2018] [seraient] décevants ». Il a imputé ce phénomène à la « dégradation massive » des radars fixes, survenue en décembre 2018, dans le contexte de révolte des « gilets jaunes » : ceux qui les vandalisent les considèrent comme des instruments de racket de l’Etat, et non comme des outils permettant de sauver des vies.



  • https://desarmons.net/index.php/2019/01/27/philippe-de-veulle-qui-defend-plusieurs-blesse-es-gilets-jaunes-nest-pas-
    Philippe de Veulle, qui défend plusieurs blessé-es “gilets jaunes”, n’est pas de notre goût

    Un avocat qui vous promet monts et merveilles, avant de vous imposer une défense de mauvaise qualité, reposant sur la culpabilisation et l’infantilisation, vous amenant à regretter votre présence en manifestation ou à vous couper totalement de vos soutiens, et notamment de ceux qui seront encore là dans un, trois ou cinq ans lorsque tous les autres vous auront oublié, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui vous fait passer pour un crétin devant les juges, plaide l’erreur ou l’inconscience, appuie sur vos faiblesses (pauvreté, manque d’éducation, confusion idéologique…) dans le seul but de susciter la pitié des juges, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui parle de « bavure » au lieu de « violences d’État systémiques », qui refuse de politiser le débat sur les violences policières, qui vous conseille de ne pas publiciser votre affaire, de ne pas entrer en contact avec des collectifs ayant une expérience dans le combat contre les violences d’État et d’autres blessé-es, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui ne vous donne pas clairement ses tarifs au début de l’affaire et se fait payer à l’acte tout au long de la procédure, et ne vous associe pas à la défense, prétendant tout contrôler, est un mauvais avocat.


  • Au Conseil de sécurité de l’ONU, à propos du #Venezuela, on « dépoussière les vieilles expressions du temps de la Guerre froide : #pays_satellites ».

    El enfrentamiento entre Rusia y EE UU sobre el tema Venezuela en la ONU
    http://www.el-nacional.com/noticias/bbc-mundo/enfrentamiento-entre-rusia-sobre-tema-venezuela-onu_268304


    Vasily Nebenzya de Rusia y Mike Pompeo de EE UU se enfrentaron en el Consejo de Seguridad de la ONU
    Getty Images

    Hubo llamados a tomar posición por un lado u otro. Acusaciones de intento de golpe de Estado o desestabilización. Y hasta se desempolvaron viejas expresiones, como la de «países satélites».

    El Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas (ONU) reunido en Nueva York pareció volver a los tiempos de la Guerra Fría al abordar la crisis de Venezuela este sábado, con un choque directo entre Estados Unidos y Rusia.

    El encuentro ocurrió días después que el líder opositor venezolano, Juan Guaidó, se juramentara el miércoles "presidente interino" de su país y recibiera el reconocimiento de EE UU, Canadá y las mayores naciones de Sudamérica.

    Sin embargo, Rusia y China mantienen su respaldo a Nicolás Maduro, que acusa a Guaidó de querer dar un «golpe de Estado» dirigido por Washington.

    En este contexto, la reunión en la ONU convocada por EE UU —que estuvo representado por su secretario de Estado, Michael Pompeo— concluyó sin un acuerdo entre las grandes potencias.

    Pero marcó la primera vez que el Consejo de Seguridad discutió formalmente sobre Venezuela, reflejando hasta qué punto el país sudamericano se volvió un asunto de interés internacional y otro escenario del pulso global entre Washington y Moscú.

    Le Venezuela, enjeu de l’affrontement global entre É.-U. et Russie,… perspectives sombres pour les Vénézuélien·ne·s !



  • « Gilets jaunes « : Besancenot se joint à l’appel à une « grève générale illimitée » le 5 février
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/23/gilets-jaunes-besancenot-se-joint-a-l-appel-a-une-greve-generale-illimitee-l

    M. Besancenot propose, en outre, que « l’ensemble des responsables politiques de gauche » se retrouvent « dans une grande rencontre unitaire lundi pour soutenir la grève générale du 5 et lutter ensemble contre la répression ». Il a notamment invité « Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Benoît Hamon, [Fabien] Roussel, Nathalie Arthaud, les Verts, la gauche syndicale ».


  • Venezuela : pourquoi maintenant et pourquoi pas il y a 18 mois ?

    C’est le point aveugle de la campagne actuelle (et des médias). La raison probable est que cette fois-ci, le coup a été soigneusement monté et préparé de longue date, avec le soutien de qui l’on sait. Prévu pour se déclencher à l’occasion de l’entrée en fonction de Nicolás Maduro dans son nouveau mandat (le 10 janvier) alors que le président de l’Assemblée nationale (Juan Guaidó) venait, comme prévu par l’accord interne de l’opposition qui a organisé une rotation entre ses composantes, de prendre ses fonctions.

    Je rappelle, pour la énième fois, la situation institutionnelle :

    • l’Assemblée nationale a été élue le 6 décembre 2015, elle est entrée en fonction le 5 janvier suivant pour un mandat se terminant le 5 janvier 2021. L’opposition y est majoritaire et la présidence est assurée par rotation de un an. Voluntad Popular n’est que le troisième parti dans cette coalition et Juan Guaidó de VP est le quatrième à assurer cette présidence tournante (à la suisse ;-) après AD, PJ et UNT.


    https://es.wikipedia.org/wiki/Asamblea_Nacional_de_Venezuela

    Face au blocage institutionnel, Nicolás Maduro, appuyé par le TSJ – la cour suprême – à sa main, a émis un décret présidentiel le premier mai 2017 annonçant un changement de constitution (de 1999) et convoqué des élections le 30 juillet. Avec les résultats suivants :


    https://es.wikipedia.org/wiki/Asamblea_Nacional_Constituyente_de_Venezuela_de_2017

    La Constituante fixa initialement sa durée à 2 ans, puis l’étendit en tant que de besoin… Le18 août 2017, elle s’auto-attribue les pouvoirs législatifs (« courants ») de l’Assemblée nationale.

    Seuls les pays amis du Venezuela ont reconnu ce « coup d’état institutionnel » (c’est de moi, les juristes s’empoignent autour du (volumineux) texte de la constitution de 1999 pour savoir si le président a effectivement le droit d’appeler à une constituante…)

    Les autres (y compris tous les pays occidentaux) rejettent l’Assemblée constituante, l’excluent des rencontres et organismes interparlementaires etc. mais n’ont rien fait. Leur seul vrai souci, c’est que la Constituante respecte les accords internationaux conclus précédemment par les Assemblées,… Ce dont ils ont obtenu garantie.

    L’Assemblée nationale, dépourvue de tout pouvoir, et dont les membres ont été privés de leur immunité par la Constituante, n’a pas été dissoute (c’est pas prévu…) ni dispersée par la force ce qui acterait un « vrai » coup d’état.

    Ainsi, s’est constitué ce « coup d’état permanent » ( :-) et cette situation de double pouvoir (même si l’AN n’en a de fait aucun) dont on sait depuis quelque temps (… ;-) qu’elle est propice aux révolutions. Et c’est sur cette situation que peut ainsi se bâtir - finalement - le « coup d’état » visant à transférer les pouvoirs effectifs à celle des deux instances qui ne le détient pas.

    Qu’est-ce qui est légal ? qu’est-ce qui est légitime ? On n’en est plus là. Ça fait plus de deux bonnes années que le régime vénézuélien s’éloigne des « normes démocratiques » et transforme ses institutions dans un sens dictatorial avéré (le président de la Constituante, Diosdado Cabello est un ancien militaire, « dur » avéré, qui s’est vu un temps comme successeur de Chávez et joue aussi certainement son jeu personnel) . Dénoncer l’illégitimité de l’élection présidentielle de 2018 (boycottée, comme celle de la Constituante, par l’opposition) ou reconnaitre la légitimité de Juan Guaidó, mise en avant comme une évidence par tout le monde (politiques et médias) fait partie du « jeu ».

    Encore une fois, pourquoi maintenant et pas en août 2017, comme quelques voix l’ont fait dès cette époque.

    • Juan Guaidó a plutôt bien joué son coup (!) Une preuve est que celui-ci dure nettement plus longtemps que les précédents.

      Pour le moment, il offre une amnistie à tout ceux qui le rejoindraient, incluant y compris Nicolas Maduró et les membres des forces armées et de répression.

      Qu’en est-il des autres membres de la MUD ? la plate-forme UNIE (?) démocratique. Acción Democrática et Primero Justicia n’ont pas brillé par un soutien appuyé. C’est l’éclatement de l’opposition et le tiraillement entre les ambitions personnelles qui est depuis longtemps le point fort de l’officialisme

      Que va faire Leopoldo López, fondateur de VP, doublé par un p’tit jeune ?

    • Enfin, mais à ce compte-là, je finis par devenir paranoïaque, mais comme tout arrive en même temps,… on ne peut pas exclure une intervention armée de la Colombie (et plus, si affinités) dans les llanos, au choix ou simultanément,
      • pour venir en aide au régime légitime (on n’en est pas encore au soulèvement populaire contre la dictature)
      • pour faire le ménage dans la guérilla qui y a de solides implantations, ménage que ne fait pas le gouvernement Maduro, et venger l’attentat (ne pas oublier monstrueux d’autant plus qu’il y a des rumeurs appuyées de false flag) de l’école de police de Bogotá
      • pour une opération d’aide humanitaire au peuple vénézuélien,
      • pour récupérer quelques bouts de territoire (dans le Golfe du Venezuela, la Commission permanente de conciliation colombo-vénézuélienne est au congélateur (WP) depuis 1990, et, pourquoi pas, remettre la main, sur un bout de l’état d’Apure (Vén.), qui viendrait compléter le département d’Arauca (Col.) où l’on vient de confirmer la découverte de pétrole léger…
      https://es.wikipedia.org/wiki/Frontera_entre_Colombia_y_Venezuela

      Le principal problème est qu’une telle action entrainerait rapidement une union nationale contre l’ennemi colombien. Et qu’un gouvernement né dans de telles conditions ne pourrait sans doute pas survivre à des abandons territoriaux.

      La guerra del petróleo, Alí Primera, 1977
      (bruits d’armes sur la Guajira et le Golfe du Venezuela)
      https://www.youtube.com/watch?v=T_roTFQvKe8

    • Une chose que j’ajoute, c’est qu’en définitive, il est très difficile de gouverner contre les élites économiques, surtout quand celles-ci sont soutenues et encouragées de l’extérieur. Le marasme économique n’est pas issu que de la mauvaise (?) gestion du régime en place... Il est aussi issu des sanctions extérieures et d’une forme de sabotage intérieur de la part des élites économiques. Et il me semble qu’on retrouve le même type de sabotage au Brésil, au Mexique, et en Argentine... Cf. les compagnies nationales pétrolières et minières.
      Enfin, pourquoi maintenant particulièrement ? Sans doute parce qu’en 2017, il y avait la Syrie et la digestion de l’élection de Trump... et il n’y avait pas encore la décision du Vénézuela de commercer son pétrole en autre monnaie que le dollar (cf. le dernier billet du Grand Jeu).

    • Oui, je n’ai pas parlé des sanctions,… Note que les infrastructures du pays sont profondément détériorées, pas seulement par éventuel sabotage (c’est la réponse du régime) mais aussi par insuffisance de maintenance et sous-investissement : les raffineries sont utilisées à une très faible fraction de leur capacité - le pays est devenu importateur de carburants…, les réseaux sont dans un état désastreux ( on ne compte plus les coupures de courant (apagón), d’eau, etc., les étals sont vides, vidés aussi par l’hyperinflation,…

      Agite, par surcroît, sous le nez des Trump, Bolton et consorts des « provocations » comme la visite d’un navire hôpital chinois, le bref séjour de bombardiers stratégiques russes, les propositions de fournitures de frégates iraniennes (tout ça en moins de 6 mois,…)

      Enfin, que le pétrole de la frange de l’Orénoque soit confié à des sociétés russes ou chinoises (d’ailleurs, la production n’arrive même plus à couvrir le remboursement des dettes,…) passe encore, c’est du lourd (je veux dire du pétrole lourd – pas tout à fait autant que l’asphalte des premières exploitations orientales du pays (1885) mais pas loin – donc difficile à exploiter et peu rémunérateur). Mais les toutes récentes confirmations de découvertes à la frontière colombo-vénézuélienne portent sur du pétrole léger, bien plus rentables, situées de plus dans une région très proche d’une zone d’exploitation d’hydrocarbures sur le déclin (le lac de Maracaïbo). Bon, il y a les Andes entre les deux, mais il y a de grandes chances que San-Cristobal–del–Táchira deviennent un lieu stratégique, plus seulement comme centre économique de l’espace frontalier avec la Colombie (avec Cúcuta, de l’autre côté de la frontière) mais aussi sur un axe nord-sud de transport transandin pour les oléoducs… avec un débouché direct sur les raffineries vénézuéliennes) (le débouché fluvial par l’Arauca et l’Apure (navigables tous les deux), via l’Orénoque est aussi envisageable, mais je ne sais quelles sont les véritables capacités d’emport).

      Et pour l’instant le petro, éventuelle cryptomonnaie pour (aussi) s’affranchir du dollar et de la pression extérieure, développé avec des experts russes a plus l’air d’un serpent de mer…


  • #Santé. #Médicaments : une #pénurie en bande organisée | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/sante-medicaments-une-penurie-en-bande-organisee-666799

    «  Près de 40 % des médicaments finis commercialisés dans l’UE proviennent de pays tiers  », pointe ainsi l’Agence européenne du médicament. De même, 35 % des matières premières utilisées dans la fabrication des médicaments en France dépendent de seulement trois pays  : l’Inde, la Chine et les États-Unis. Une situation de «  perte d’indépendance sanitaire préoccupante  » pour la France et l’Europe, a convenu, en octobre dernier, un rapport du Sénat consacré au sujet.«  La cause numéro 1, c’est la financiarisation de la production de médicaments, appuie Alain-Michel Ceretti. Pour la Bourse, le médicament est une industrie comme les autres, qui doit dégager du profit, et donc rationaliser au maximum. Ce qui veut dire deux choses  : délocaliser la production dans des pays à bas coûts et travailler avec le minimum de stocks.  » Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’à la moindre difficulté, la pénurie s’installe. Parfois, pour longtemps. En 2017, la durée moyenne des ruptures constatées pour les médicaments considérés comme essentiels était de quatorze semaines, vingt-cinq pour les vaccins. Pour le Sinemet, du laboratoire MSD (Merck), les malades de Parkinson devaient se préparer à… sept mois (!) sans leurs cachets, à compter de septembre dernier, pour cause de mise en conformité de l’usine de production, aux États-Unis.


  • Traversées des Alpes : « Les #migrants sont victimes d’une chasse à l’homme qui se répète chaque nuit » - InfoMigrants
    http://www.infomigrants.net/fr/post/14734/traversees-des-alpes-les-migrants-sont-victimes-d-une-chasse-a-l-homme

    Plus que le froid, c’est surtout la pression policière qui inquiète les militants. « La présence de la #police est devenue insupportable. Tous les soirs, là haut, c’est la chasse à l’homme », confie Thomas*. « Il y a des courses-poursuites en montagne entre les policiers et les migrants, il y a des chiens qui effraient les migrants. On nous raconte des choses invraisemblables. »

    Pour les militants, c’est à cause de ce « harcèlement » policier, que les migrants « finissent en haut des sommets sous des télésièges ». « La police pousse les migrants à se mettre en danger… Même ceux qui sont équipés pour faire face au froid risquent le pire. Quand vous fuyez la police, que vous creusez un trou dans la neige, la nuit, pour vous cacher, les risques de mourir sont grands ».