bituur esztreym

promeneur _ finno-magyar filolog _ perplex propaganda expert _ ποιειν _ ¨W;7[) _ copyleft _ achttp: v.n.a.t.r.c.? mimile= bituur(underscore)esztreym(arobase)no(tirait)log(point)org ::¬ image : Palézieux

  • calderisé  _

    je passe des heures sous le Calder
    dans le Calder à regarder la nuit
    caldérisée ce sont de lents mouvements
    rondibondants à mesure agités d’air
    de pales lentes énumérant le vent
    diversement harnachées au mât horizontal
    la pale noire est la plus lente la plus dense
    on dit d’elle qu’elle réagit peu s’efface
    un oiseau passe au-dessus en ligne droite et
    démentit la légende il n’est pas vrai
    que ce ne soit que de l’art l’art c’est nous
    les pales jaune bleue rouges noire sans qui
    l’horizon serait mort et tout ben perdu
    reste que les pales barattant la nuit


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • Ivain|van  _

    IL FAUT DESCENDRE L’HAMAZONE hurlait
    qui donc hurlait ça on ne s’en souvenait plus
    le silence se déguisait en étang croupi
    cerné d’élémentaux tout rabougris
    l’espace est mort de fatigue la fin approche
    à distance derrière le mou qu’un tison
    convainc ses mémoires nuls et non avenus
    rien ne marche plus un loup distribue ses poils
    il faut pourtant s’époumonait l’excécrable
    des rallyes étaient organisés pour en faire
    le tour surtout ne plus sans mais ni terre
    la règle trace dans les poussières
    et leurs bas-fonds des superpositions
    dont l’assise insue n’effraiera jamais personne


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • gambade tousjours  _

    cinq & deux quatre fois treize et toute autre
    combinaison ne seront jamais que des « figures
    jamais totalement définitives » et tu sais
    tu l’as appris que le temps passe n’existe
    pas on fait semblant aucun ne tient sa parole
    la peinture y parvient parfois mais le poème
    ment toujours et ne saura jamais en dire plus
    nul dit là-dessus juste le temps qui passe
    rien de ce qui existe ne saurait consommer
    ce qui n’existe pas jamais le toujours
    ne se pose ni donnera même si l’on gambade
    insouciants quelques plus grands et les gamins
    tous ceux pour qui le temps n’existe pas
    ne fêtent jamais que le passage tousjours


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 11 -12- mai 2018, LAL1.3.


  • Gérard Genette saute et gambade
    http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2014/03/26/gerard-genette-saute-et-gambade_4390247_3260.html

    Bardadrac surprit tout le monde et valut à Genette un nouveau public. Composé de fragments de longueurs variables et classés par ordre alphabétique, le volume brassait souvenirs intimes, digressions théoriques, portraits d’amis plus ou moins célèbres ou encore dictionnaire des idées reçues. Le tout rehaussé par un humour corrosif dont les critiques s’étonnèrent, mais où les habitués reconnurent le propre de Gérard Genette, celui qui n’hésite pas à juxtaposer aux propos les plus sérieux une liste de « mots-chimères », en digne héritier de Lewis Carroll et de Joyce – « Anarchiviste : bibliothécaire bordélique », « Burlesconi : politique italien », « Crucifiction : sans commentaire », « Phallacieux : se dit d’un sophisme sexiste »…

    #Littérature #Gérard_Genette



  • l’identité de l’eau  _

    la vision du ciel ajouré entre les poutres
    métalliques au loin cent huit noutra banda
    derrière les arbres en fleurs ou plutôt un
    surtout qui trône pourtant l’un des plus bas
    son occupation de l’espace est un régal
    entre ses branches aussi le ciel ajouré
    au dessus des poutres laisse entrevoir sa verve
    armée de gris de blancs et de jaunes changeants
    et démentirait presque Larbaud mais ce n’est
    pas la mer de paille ce sont les bords de Seine
    cernés de quais refaits et d’entrepôts itou
    l’identité de l’eau ce sont ses abords
    ni son aval ni son amont ni mer ou ciel
    pendant que paressent au-dessus d’elle les nuages


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • la vie insatiable  _

    l’hiver a des envies commence à remuer
    ses doigts le premier vers est un jeudi
    sans queue ni bête on passe de jour en jour
    de nuit en heure nue de sombre en froid lucide
    de petites créatures partout s’évadent
    des gangues et retraits qui les confinaient
    leur méditation à peine interrompue
    encore pensives s’ébattent trébuchant
    la plus chanceuse rencontre un bloc très dur
    où s’établir aride mais d’où contempler
    les franges du jour où se décident par gestes
    quelles bribes de saison laisseront leur trace
    on y lira gravés dans un gel intangible
    les signaux incessants de la vie insatiable


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • exquis contre vers tout  _

    parfois on s’accompagne c’est exquis
    simplement main dans la main tous on crapahute
    mais l’on sait certes sans savoir mais l’on sait
    on s’accompagne les heures ont passé
    elles n’ont pas de réponse pas plus qu’un autre
    chacun dort-veille dans son coin œcuménique
    va au hasard il faut dire on ne sait bien
    on va même en traînant ni à rebrousse-poil
    parfois nuit règne non l’amie mais la messagère
    dont dure est la parole vous serez tentés
    je vous le dis ruminera en vous la nuit
    parfois sera lumière exquise vous verrez
    parfois dans la pénombre insensible entendrez
    contre vers tout qu’il est exquis qu’on s’accompagne


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • entendait que ce  _

    « alors introduit sur-le-champ à la nature
    de l’esprit » la fumée ayant pris soudain
    un goût de thym sous les arbres immobiles
    il entendait que ce n’est qu’à l’improviste
    le cirque des passages s’alentissant
    vu par les lunettes dispersées du jour
    occupées à découvrir la jeune lumière
    son cuir caressé par le soleil s’exposait
    il contemplait les mèches plus une du lieu
    s’épanouissant à gré sous les caractères
    drapés dans le gras porcelainé du ciel
    toute volonté fondait et tout orgueil
    le son sur les pavés du pas fendait l’esprit
    soudain copain de tout redevenant gamin


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • ce serait  _

    ce serait se réveiller après un long songe
    après un long sommeil se retrouver tout nu
    se lever dépouillé de tous affutiaux
    hésiter à marcher ou rester assis
    une fois pour de bon désossé comment faire
    une fois dégagé de tous artifices
    ne plus rien celer non pas tout dire mais dire
    d’un coup chaque fois comme Li Bai ou Khayyam
    non pas tant dire mais dire écouter-voir
    posé dans le bruit comme en silence profond
    mâcher l’instant quelqu’il soit pour ce qu’il est
    sucer le suc de l’éveil dans chaque brin d’être
    le taiseux ou le jacteur du même mouvement
    faut-il que parle qui embrasse ou se taise embrasse


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • manteau de poésie  _

    c’est ici qu’a chu le manteau de la poésie
    et vous voudriez que nous nous démerdassions
    pour le relever mais pauvre ! poï poï poï
    sous lui de même sommes ensevelis
    à peine respirons-nous pan tâche étouffante ?
    fi vous dis-je laissez-nous crapoter sous les cloches
    de nuit tombante bientôt suis-je au bercail
    et vos affres universelles me touchent peu
    la lutte pour inscrire n’est pas comme croyez
    ça gicle de partout avant que de donner
    croyez-moi retapissez vous-même votre âme
    avant que de la fier cuira sinon
    à qui de droit à qui ne pas et qui le dit
    manteau de poésie a bien chu ici


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • victoire  _

    la victoire est certaine le jour est neuf
    l’an s’essaie trébuchant sur ses jeunes pattes
    même les aciers mats brillent sous les gouttes
    les murs s’alignent en parade exultante
    on marche entre les claies des récoltes du ciel
    rien n’est que promesse de rayon en rayon
    on s’aventure au fond des plus touffus
    ça pègue c’est délicieux on y retourne tout de suite
    on s’étale enfin dans des tourmentes fleuries
    quand on se relève on bade au début puis trace
    on est rin trinquille et le cosmos aussi
    on devine à certaines brisures dorées
    le précieux de l’objet rehaussé d’icelles
    toute félicité déborde son écrin


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • invictus  _

    le soleil de décembre ignorant encore
    qu’il est invictus poursuit la lutte de plus loin
    la nature enserrée dans les cours affleurant
    à ras la lumière suce chaque rayon
    janus réapparaîtra quelques jours après
    surchargé à crouler d’augures à titaner
    écoutant voir le ph des éléments du monde
    vautré dans la rigole la plus scintillante
    au soir après un jour sous le gris plombé
    des gouttes tombées l’air même alluvionne
    des milliers d’étourneaux comme sédentarisés
    vrombissent séchant les étages du jour
    ils fondent en vagues sur les recoins du monde
    et le triomphe des choses est dès lors assuré


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2018, LAL1.3.


  • bouger 1611  _

    comme si nous étions en 1611
    dans un vieil antre illuminé de cris et rire
    car coule à flots la consolation et s’échange
    entre perdus ou bouts de meute épars
    mots voeux confidences exultation récit
    les lieux ont peu changé faut dire nous non plus
    la nuit dehors s’étend la même les cris les gens
    sans souvenir fussent-ils le reproduisent
    blond et salpêtre beige et suie taches de rouge
    mouvantes la respiration soudain déplacée
    une clairière au mitan du lieu se dessine
    ça a bougé ce n’est pas si fou depuis des siècles
    c’est la même notre société est casanière
    au fond et de tout temps coûte bouger les lignes


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • petite galette  _

    au fur des gouttes et mesurent cordes limbes
    s’en va le son et tapent sur flaques de toit
    moments quand sort tunnel gargan un train
    long pesant lui fait place nuit dans son alcôve
    et lors la brume épaisse s’épaissit encore
    on ne voit même plus st-ouen ni rien le monde
    disparaît au-delà du pâté de maison
    le monde est une petite galette flottant
    à grand peine dans la tasse à café pleine
    il va couler il ne sait pas naviguer
    tout au moins le croit-on seul ignoré
    il saura(it) évidemment se débrouiller
    nous dériver(i)ons sans rescousse ni pardon
    continuant jusqu’à la fin sans savoir


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • oncques ratapeau  _

    ce « ratapeau, ratapeau » qu’il entendait
    petit à Paris en mai n’est-il pas le mot
    d’ordre qui gouvernerait de là sa vie
    delà mots re : choses en leur plus dur contact
    essorés dessossent dans l’air au coeur de l’ombre
    ces lames de fond marcottant depuis sous terre
    une pousse innocente de sarments sanglants
    grillant embaument les couleurs en petite mort
    s’extériorisent sans effort à Croatan
    en culotte de zouave quatre ans après
    près Cornimont dévorant des brimbelles
    tout bien entendu depuis dès lors lançant
    cette opération désespérée par où
    ni peuple ni poème oncques n’aura sa peau


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • téguments éparpillés  _

    à quoi remettre ce qui passe effarouchant
    terrifiée enlisée dans la glèbe soue
    la loi gerbe à même le sol sans précaution
    les engeances s’écartent même tout recule
    il n’y a plus de mesure que disloquée
    on en retrouvera les téguments éparpillés
    et la mer à Berck en allée sous les rayons
    les rus du coin tous affairés pouls de la terre
    molle épandue en marais et pantennes
    il n’est aucun lieu où poser le pied
    partout on enfonce au-dessus de la cheville
    par suite pour se dépêtrer c’est l’ennui
    ces recoins recrus illimités ont quand même
    pour vertu qu’en se dépatouillant ça va..


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • oh feulait  _

    tu n’es que ça disait-il en se pensant
    ou ne pensant et la distance fascinait
    tout était pâle d’un vert givré dans l’air loin
    le feu du gris marquerait son territoire
    se disait-on à part soi par la plaine lasse
    les seilles s’étalaient dans les sillons vautrés
    à même la roche tendre le son implacable
    de l’hiver doucement réverbéré
    les feux cloisonnés d’un site par ci par là
    et la veule graine du penser battue
    par tous moyens et tous côtés oh feulait
    la terre que ne me laissez-vous m’endormir
    non tu ne saurais hurle le feu sous elle
    à travers elle s’efforçant les marches douces


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • dels goût ed’ l’ autr e  _

    « et si je suis désespéré, .. » ne sachant plus
    si rin ou rien ni ne pouvant plus calfater
    me délitant sous les reflets de la bâche
    adoucis ne laissant voir que formes mouvantes
    les taches de blanc semées devant obscurcissent
    comme un éblouissement mourant sur soi
    une coiffe blanche une coiffe bleu pétrole
    un instant viennent argumenter la passe
    on reste grosjean tant que lumière s’affaisse
    encore s’en faut-il de quelques temps
    peu est laissé à la décision du jour
    deux vers cinq pieds dessous un mur effondre
    s’attachant à rien d’autre que tout n’est que vide
    ma vie m’en détache « que voulez-vous que j’y fasse ? »


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • hésychasme haletant  _

    et je n’ai pas l’appareil et dois me débrouiller
    ce sera la prairie les vols au-dessus vont
    tout embrouiller c’est dur s’en tirer ça fera
    de plus d’un sentier où se perdre et trouver
    l’origine oubliée se rappelle à nos voeux
    la touche est subtile sous le ciel noircissant
    un groupe de feuilles dégringole sur la place
    les meutes absentes d’étourneaux nous mettent
    en dedans de là mirant ne voyons rien
    l’horrible se présente congédions-le
    no pasaran etcetera non refrain
    c’est l’hésychasme haletant côte cassée
    rompant brisés nous bérurlerons dansant
    attendant la vague qui nous enlèvera


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • jusqu’ici de l’antre de nuit  _

    respiration hachée par la côte enfoncée
    presqu’immobile étant parvenu jusqu’ici
    comme un grand blessé que tout le monde ignore
    c’est comme à Gravelotte ça chie dans tous les sens
    il venait la veille d’examiner la situation
    ça n’était pas horrible mais ça y ressemblait
    de là tombé invisiblement sortant
    de l’antre où se fourbissait entre les corails
    le verbe mais c’était de nuit c’était de nuit
    les nues blanchissant n’entendaient rien du tout
    la totalité s’éclaircissant c’est tout
    personne dans les bords du jour n’y pourra mais
    c’était dans le haut pays dont les gens se gaussaient


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • avant de disparaître  _

    c’est l’âcre lutte les caniveaux ruissellent
    tout tremblotte c’est fou nous calanchons presque
    nous tout est atteint dans l’être c’est fragile
    mais ça tient on lutte on bute pied à pied
    le rouge et l’ocre défoncent le gris
    avant de disparaître non sans avoir donné
    on sent l’accalmie ce n’est pas ordalie
    ça goutte dit le petit sous le parapluie
    perché lui sait lui voit lui décide et oriente
    personne d’autre les grands sont perdus
    moi-même j’expire presque mais avant
    voudrais avant que cent-vingt ans transmettre
    sinon sagesse et connaissance au moins
    quelques bribes d’expérience de la texture


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • den in the snow  _

    tombée dans la ravine faillie balafre
    tombée on l’imagine elle s’en fut chut
    ravine peu profonde elle est à nos pieds
    faillie comme étant hors de toute justesse
    balafre gravée comme un dessin barbare
    ce sera dans l’obscurité chercher refuge
    but what for a den ? perdu dans la neige
    you’re a blow na cara de todos los demas
    balafre jaillie ravine plombée allons
    et vous verrez vous chasserez observerez
    la stupéfaction sera vôtre et notre lieu
    sera l’exemple du coin plus que perdu
    un croisement en forêt entre cistels
    au soleil et voie pierreuse allant nulle part


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • repart dès que  _

    les arrondissements de la vie parfois vous
    pressent il ne dépend que de vous de décider
    ou dévier de là vues ouvrantes dans les champs
    et ou charmer ou marcher sans but autre
    que parfois demeurer paisible mais la route
    indique ce qui doit être et du coup on suit
    on ne sait quoi mais on sait bien on y va
    sans relâche autre que l’abandon des forces
    une fois reconstituées on se dit que plus
    mais on repart dès que et l’on sait comment
    improvisant de nuit de jour on va
    ça gicle de partout on ne sait pas voir
    entendre est le plus dur il faut s’armer pour
    enfin vidé se mettre en route tracer


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.


  • noires soit griffures  _

    je ne sais ce que je serais sans ces accroches
    sur le papier soit traces noires soit griffures
    elles me retiennent et déchirent ma vie
    mais me sauvèrent et quand surviennent je m’y dois
    l’alcool même n’est pas plus puissant que ces marques
    que j’aime noires sur le vergé et bien seules
    parfois au creux fond de nuits plus Doré que noires
    se profilent sur les nuages nocturnes les tours
    de l’abbatiale plantagenette elle est belle
    ainsi détourée de fuligineuses teintes
    je les regarde des heures d’affilée et vois
    plus loin quand brumes nuages résument le monde
    et en font disparaître l’essentiel cosmos
    réduit à une esquisse qu’oublieront vos yeux


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2017, LAL1.3.