• Perso, je ne vois pas bien le rouge…

      Onfray, un « rouge-brun » surtout très « brun »

      Les raisons pour lesquelles Michel Ofray est accusé de tendre vers le « brun » ces dernières années sont nombreuses et documentées, et ne méritent peut-être pas d’être davantages commentées : adhésion aux thèses de Renaud Camus sur le « grand remplacement », à celles d’Huttington et des néoconservateurs américains sur le « choc des civilisation », assimilation de l’Islam à « une barbarie », croyance dans l’existence de races biologiques, défense de Génération identitaire, éloge de la police et condamnation répétée des mouvements contre les violences policières,, accointances avec Eric Zemmour et désir d’une « révolution réactionnaire », diffamation envers Rokhaya Diallo, insultes sexistes envers Greta Thunberg, propos homophobes, lecture contre-révolutionnaire de la Révolution française, nietzschéisme grossier, vitalisme quasi-mystique…
      On ne peut plus rien dire sur LCI, mais aussi sur CNews, Valeurs Actuelles, BFM, RMC, Le Figaro…

      Bref, la vision du monde que défend Michel Onfray est celle, très classique, d’un autoritaire de droite, celle d’une France perçue comme une civilisation millénaire, blanche et chrétienne, en plein effondrement en raison de l’Islam et de l’immigration … et c’est bien ce qui lui permet d’avoir pignon sur rue chez CNEWS, Marianne, Valeurs Actuelles, Le Figaro, là où les syndicalistes, les acteurs du mouvement social ou encore les marxistes ne sont pas vraiment les bienvenus.

  • Bon bah ... puisque le PR Machin n’en n’a pas tenu compte ce soir, je vous rapatrie un super (encore) tweet-fil-conseils du Pr Logos, parce que nous sachons que c’était possible...
    source : https://twitter.com/Pr_Logos/status/1377141926026047496

    1/ Ca tape tellement sur le ciboulot, cette épidémie, que j’ai rêvé d’un allocution d’Epidemiolok 1er. Mais son melon avait disparu.

    Il commençait par présenter ses excuses et ses condoléances pour les 100 000 morts en ayant conscience de ses choix désastreux.

    2/ Puis il annonçait un investissement de 3 milliards €, pour partie en salaires, pour partie en matériel, pour s’engager dans une stratégie Zéro-Covid définitive. Et il égrenait, sans zozoter, une liste des choses mises en place en donnant à chaque fois un argument rationnel.

    3/ Bizarrement, il commençait par la mise à disposition d’une appli à QR code pour éviter les files statiques devant les commerçants : on arrive, on s’inscrit pour la file délocalisée et on va faire un tour au soleil. Le téléphone prévient de l’état de la file.
    Du Cédric O.

    4/ Ensuite il expliquait en termes simples ce que signifie une transmission par voie d’aérosols, le rôle primordial de la ventilation, les effets de sillage, même en extérieur, et comment monitorer le CO2 et en faire l’affiche dans les espaces publics.

    5/ Il trouvait un accent de vérité jusqu’ici inconnu et annonçait la réquisition par l’état d’une chaîne de fabrication de capteurs de CO2 NDIR par absorption infrarouge à 23€ de coût de revient, pour en produire 1000/jour. Il mobilisait des étudiants rémunérés pour les déployer

    6/ Il annonçait qu’il avait enfin compris que le risque variait quadratiquement avec le niveau de filtration des masques et que des masques chirugicaux bien mis, cela divisait par 100 le risque, et annonçait la commande à une PME bretonne de 10 millions de masques FFP2 par jour.

    7/ Il pensait que d’ici la fin de la semaine, des décontaminateurs de masque à UV-C sous vapeur de peroxyde d’hydrogène, avec des petits casiers numérotés permettant de les laisser 30’ heure et de retrouver ses masques propres seraient installés dans les écoles et lieux publics.

    8/ En effet, il trouvait insupportable la charge pour la planète de masques qu’on jette et entendait pleinement profiter qu’on puisse décontaminer 4 fois les masques, par un service public.

    9/ Il faisait appel au monde de la recherche, en présentant ses excuses d’avoir cru par des lectures diagonales, sans payer le coût d’entrée dans des disciplines auxquelles il n’entend rien, suppléer à ceux dont le métier vise à dire le vrai sur le monde, et aux ingénieurs.

    10/ Il leur demandait de travailler à la sécurisation des lieux publics, à commencer par les cantines scolaires et les restaurations collectives d’entreprise, mais aussi les terrasses de café, les cinoches, les salles de concert, etc, pour ajouter ventilation/aspirateurs à Covid.

    11/ Surtout, il annonçait que quand ça irait mieux, quand on ferait printemps (il ne se refait pas) plutôt qu’être pris dans cette pluie de cendres et de morts, il faudrait éviter des résurgences en étant capables d’endiguer très rapidement toute reprise épidémique.

    12/ Il n’y allait pas de main morte, le petit père Macron : il disait clairement que l’appli « Stop Covid » était inepte dans le fait même qu’elle niait les voies de transmission épidémique et que le résultat était inutilisable, et que l’investissement de l’Etat irait au bon endroit

    13/ Il annonçait 60 000 recrutements d’épidémiologistes de terrain qui feraient un travail local d’information populaire, de détection quartier par quartier des voies de propagation épidémique, d’aide à l’isolement, de prêt de purificateurs d’air, de décontamination, de tests.

    14/ Il disait qu’il avait conscience du danger que l’on puisse se servir de ces « ilotiers » à des fins répressives et que leurs droits et devoirs, et le fait qu’ils soient tenus strictement au secret médical, serait strictement encadré.

    15/ Il donnait le coût pour la société, modeste, pour déployer cette médecine préventive qui s’adapte à la manière de vivre des citoyens, qui s’appuie sur eux, plutôt que par des injonctions paternalistes venues du sommet de l’Etat.

    16/ Enfin, il passait au long terme et analysait la part de son échec due à la désindustrialisation du pays, empêchant l’Etat de produire pour répondre aux besoins, il analysait l’échec de Sanofi et celui de l’Institut Pasteur, pour le vaccins.

    17/ Il s’engageait à changer de paradigme pour l’organisation de la recherche, après 20 ans d’erreurs, et il annon…

    Brebrebrebrebre.

    « Vous écoutez France Culture, il est 7h15 et notre invité matin est Stanislas Dehaene. Alors, faut-il fermer les écoles ? »

    18/ Tic-tac-tic-tac-tic-tac-tic-tac.
    Driiiiiiiing.
    Baaaaah.

    #covid #covid19 #macron #confinement #finementcon

  • « Sommes-nous vraiment prêts à “trier” les enfants et adolescents suicidaires ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/24/sommes-nous-vraiment-prets-a-trier-les-enfants-et-adolescents-suicidaires_60

    Avec la crise sanitaire due au Covid-19, chez les plus jeunes, les actes ou idées suicidaires déferlent depuis l’automne, alerte un collectif emmené par Lisa Ouss, pédopsychiatre à l’hôpital Necker, et les membres du Conseil Scientifique de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des disciplines associées »

    Auteure : Lisa Ouss, Professeure Associée en pédopsychiatrie, Hôpital Necker, Paris, Membre du Conseil Scientifique de la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, et des disciplines associées.

    Comment répondre à ce dilemme impossible : trier les enfants et adolescents que l’on va hospitaliser après un geste ou une intentionnalité suicidaire forte ? Si les actes ou idées suicidaires des jeunes ont diminué pendant le premier confinement, ils déferlent depuis l’automne, peut être à la faveur d’un discours fataliste sur une jeunesse sacrifiée. La seconde vague psychiatrique nous submerge, et nous les pédopsychiatres, psychiatres, psychologues, acteurs du soin psychique, avec l’aide précieuse des pédiatres, malgré les alertes lancées depuis longtemps, la mer qui se retire en alerte ultime avant le tsunami, écopons la catastrophe annoncée mais désormais quotidienne. Or, un geste ou une intention suicidaire, chez un enfant ou un adolescent, marque une détresse qui doit être immédiatement entendue, accompagnée, dans toute la complexité d’un environnement scolaire, familial, sociétal que le contexte actuel fragilise. Pour ce faire, il faut du temps, une écoute, un espace, et celui de l’hôpital est un nécessaire refuge, à l’abri des turbulences. Or, il devient extrêmement difficile, voire impossible d’hospitaliser rapidement un enfant ou un adolescent qui présente de telles pensées ou est passé à l’acte. Faut-il raconter la quête interminable et infructueuse d’un lit ? Faut-il raconter comment nous renvoyons chez eux ces adolescents et les revoyons tous les jours jusqu’à l’obtention du Graal, un lit en pédiatrie ou en pédopsychiatrie ? Faut-il détailler la réaction de leur environnement à l’annonce de leur retour à domicile ? Faut-il souligner le risque de transformer ce retour à domicile en un premier palier d’une escalade face à un acte qui n’est pas entendu dans toute sa gravité ? Faut- il raconter notre inconfort, notre inquiétude, et notre manquement à les laisser partir ? Faut- il rapporter les discussions pour savoir quelle « pire » situation nous allons choisir d’hospitaliser car nous n’avons qu’un lit et plusieurs patients ? Faut-il raconter que nous déprogrammons chaque semaine nos activités, depuis plusieurs mois, pour répondre à ces besoins urgents ? Faut-il rappeler que nous ne pouvons pas transférer en TGV vers des territoires meilleurs des adolescents qui doivent être, paradoxalement, éloignés de l’environnement qui a précipité leur geste, tout en en restant proches ? Faut-il attendre un inéluctable accident à venir, un autre fait divers, pour dire la souffrance et la détresse pourtant déjà si visibles qui étreignent notre jeunesse ? Nous ne voulons plus rentrer chez nous en nous disant que nous n’avons pas pu faire correctement notre travail.

    Koltes savait ouvrir ces horizons : « Je voudrais aller voir la neige en Afrique. Je voudrais faire du patin à glace sur les lacs gelés », dit la gamine. Une société qui ne laisse pas à ses adolescents le territoire du possible, à défaut de celui du rêve, est une société qui court à sa perte. Et nous, acteurs du soin psychique, qui sommes convoqués sans arrêt, pour soutenir les équipes médicales pendant la tempête déchaînée de la Covid, à chaque événement traumatique, face aux questions sociétales de la jeunesse, sans nous donner les moyens d’y répondre, refusons d’être les spectateurs muets d’une catastrophe que nous pouvons prévenir.

    • Interview faite au départ par Le Partage :
      https://www.partage-le.com/2021/02/28/dysphorique-fuir-la-feminite-comme-une-maison-en-feu-par-vaishnavi-sunda

      Et une de plus :

      Le mois dernier, j’ai découvert la raison pour laquelle j’étais désormais malaimée dans l’enceinte du féminisme libéral. Je me trouvais aux États-Unis, dans le cadre d’un programme d’échange, et je voulais profiter de cette occasion pour projeter mon film dans différents endroits, au cours de ma tournée dans le pays. Une projection était prévue à New York, organisée par le Projet Polis. Tout avait été soigneusement arrangé, des affiches avaient été conçues et j’avais même été présentée à une modératrice indienne. Mais une semaine avant la projection, l’organisatrice (également une femme d’origine indienne) m’a envoyé un email. Elle me disait que l’événement était annulé à cause de mes convictions « transphobes ».

      Il y a un certain temps, j’avais participé à une discussion sur Twitter à propos des « femmes trans » n’ayant pas (encore) été opérés, et se rendant dans des foyers pour femmes, des prisons, des salles de bain et des salles de sport réservées aux femmes. Quelqu’un a porté les tweets en question à l’attention des organisateurs. Le Projet Polis a donc jugé pertinent d’annuler la projection d’un film sur un sujet urgent touchant les femmes de toutes les couches sociales de la société, au motif que sa réalisatrice estime que le sexe biologique n’est pas une construction sociale, que l’oppression des femmes est réellement fondée sur le sexe, que d’incarcérer des personnes dotées d’organes génitaux masculins dans des espaces où se trouvent des victimes de la violence sexuelle masculine peut être éprouvant pour les détenues, que les maladies mentales comme l’autogynéphilie et autres dysphories peuvent causer des dommages dangereux et irréversibles, et que les théoriciens du genre effacent les femmes, assez à la manière du patriarcat.

      J’ai grandi à Avadi, dans le sud de l’Inde. J’ai passé la plus grande partie de ma vie à travailler avec des femmes marginalisées. Mais je ne suis pas suffisamment « woke » pour les membres de la diaspora indienne de Manhattan qui embrassent allègrement la théorie queer postmoderne.

      Depuis, j’ai confronté les éditeurs des médias m’ayant mise sur liste noire. Apparemment, des militants indiens pour les droits des trans ont cherché mon nom sur Google et ont écrit à tous les médias où j’avais été publiée afin de leur parler de mes tweets de « TERF » (TERF est un acronyme pour Trans Exclusionary Radical Feminist, soit « féministe radicale excluant les trans »).

      Cet ostracisme signifie essentiellement que le féminisme dont je me réclame – le féminisme de Mary Wollstonecraft, Emmeline Pankhurst et Andrea Dworkin – serait excluant parce qu’il s’oppose à la présence d’hommes dans les espaces réservés aux femmes. Que mon intersectionnalité n’est apparemment pas assez étendue au goût des hommes. Que mon féminisme n’encourage pas le « choix » de servir le patriarcat. Que défendre la sécurité des femmes serait « anti-trans » – ce que j’ai toujours du mal à comprendre : je m’oppose uniquement à ces infinies variations sur le thème de la misogynie.

      Interview :
      https://www.youtube.com/watch?v=sjNNkzhx01k

      Première partie du documentaire :
      https://www.youtube.com/watch?v=w8taOdnXD6o

      #femmes #féminisme #dysphorie #genre #identité_de_genre #queer #Vaishnavi_Sundar #transactivisme

  • La notion d’islamo-gauchisme ne se débat pas scientifiquement, elle se combat politiquement
    Éric Sealgair chez La Rotative : https://larotative.info/la-notion-d-islamo-gauchisme-ne-se-4009.html

    Combattre le concept d’islamo-gauchisme, comme cela a été le cas quand il fallait combattre son cousin des années 30 le judéo-bolchévisme, ne peut pas se limiter à des condamnations morales. Cela implique de se battre contre celles et ceux qui emploient ce terme et par un soutien total envers les véritables victimes du racisme et de l’islamophobie, qui ne sont pas les universitaires. Et ce combat doit se situer conjointement sur le plan matériel et sur celui de l’imaginaire. Pour rendre des notions complotistes inopérantes, il ne sert à rien de démontrer qu’elles ne tiennent pas debout. Il nous faut agir là où elles fonctionnent, là où elles font exister ce qu’elles prétendent combattre. Il nous faut comprendre pourquoi elles parlent à des gens, et faire en sorte de les rendre fausses pratiquement, qu’elles ne fassent plus sens pour personne. Et on ne va pas se mentir, pour combattre ce mal à la racine, il y a du pain sur la planche.

    #islamogauchisme #islamo-gauchisme #gauchisme #islam #religion #politique #immigration #extrêmes-droites #islamophobie #enfumage #ennemi-intérieur

  • Alors on m’a bien informé qu’il y avait une plainte pour homophobie contre des policiers. Mais on ne m’avait pas dit que la jeune victime était noire (je viens de le découvrir). Si j’avais mieux suivi, j’aurais fait le lien avec le 18e et le tournage d’un clip de rap. Mais bêtement, comme tout le monde semblait se contenter de l’accusation d’homophobie, j’ai pas percuté.

    Et donc fuck l’intersectionnalité (que c’est mal), soyons aveugles à la couleur, c’est juste une histoire d’homophobie. (T’imagines, si des fois qu’on irait raconter que des flics fachos peuvent être à la fois racistes et homophobes…)

  • « On a beaucoup parlé ces derniers jours de la prestation de #Gabriel_Attal, le porte-parole du gouvernement sur #Twitch dans "#SansFiltre" C’est encore un exemple intéressant à regarder dans le détail sur la confusion des genres entre #compol et #compublique à l’œuvre en ce moment. »

    Cette émission, qui a réuni des influenceurs a été tournée à l’Elysée. Réalisation soignée, au moins trois caméras dont une en travelling, régie vidéo et son en direct, décor lumineux, outils de streaming. Avec salaires, prestas, c’est probablement une opération à 5 chiffres.

    Que le gouvernement choisisse de développer son audience et la visibilité de ses actions sur différents médias et réseaux, ça peut se discuter dans la forme, mais sur le fond, c’est une stratégie qui a beaucoup de sens, même si cela a un coût pour la collectivité.

    Mais là j’ai un problème. Regardez bien.
    Vous ne voyez rien ? C’est normal. L’émission n’est accessible ni sur le site du gouvernement, ni sur celui de l’Elysée, ni sur leur compte Youtube ou sur le compte Twitch des institutions qui ont produit ce programme avec des fonds publics.

    On la trouve en revanche sur les comptes personnels de Gabriel Attal sur Youtube et Twitch, où elles lui permettront de développer son audience avec ces contenus.

    Ces comptes personnels ne seront soumis à aucune restriction en période électorale, alors que l’usage des comptes des institutions sera évidemment restreint. La stratégie de l’exécutif est d’utiliser les moyens des institutions pour développer l’audience des comptes personnels.

    On ne mesure pas à quel point, dans la dernière ligne droite avant l’élection, au moment où la communication institutionnelle est encadrée, où les temps de parole dans les médias sont soumis à l’équité, avoir capitalisé sur des outils et des audiences propres est déterminant.

    On assiste en ce moment à un déploiement de buzz, d’#opérations_d'influences à tous les niveaux de l’exécutif, payés sur les #fonds_publics, qui vise à construire cette audience avant les prochaines élections.

    Et ce n’est pas le premier épisode de cette confusion des genres, qui est trop régulière pour ne pas traduire une stratégie :

    LREM poursuit sa démarche partisane d’appropriation propagandiste de la #compublique en utilisant sa charte graphique #compol de parti pour la com’ du gouvernement... https://twitter.com/valeriomotta/status/969507347537252352

    https://twitter.com/valeriomotta/status/1365257336990932992

  • artf/grapesjs : Free and Open source Web Builder Framework. Next generation tool for building templates without coding
    https://github.com/artf/grapesjs

    Un framework de templating par interface, mais autonome, pas propre à un CMS (comme Gutemberg ou autre). Ça peut servir à faire un CMS complet. Mais ça pourrait servir à faire aussi juste un logiciel de maquettage rapide aussi, mais… qui produit du HTML/CSS responsive du coup. Comme Bootstrap Studio, sauf que c’est en web et libre là… (vraiment ça fait tout pareil que bootstrap studio quasiment).

    Peu aussi être inspirant pour les systèmes de blocs configurables, d’interface pour construire une page par blocs.

    GrapesJS is a free and open source Web Builder Framework which helps building HTML templates, faster and easily, to be delivered in sites, newsletters or mobile apps. Mainly, GrapesJS was designed to be used inside a CMS to speed up the creation of dynamic templates.

    #template #maquette #interface #blocs #HTML #CSS #responsive
    ping @drbouvierleduc @smellup

    • Super outil, complètement personnalisable et qu’on peut utiliser pour plein de situations. On est en train de le mettre en place dans une appli web pour la partie éditoriale/marketing, comme ça on va contenter nos collègues qui sont habitués au confort de Wordpress (Gutemberg donc), qui est super bien foutu à ce niveau.

    • merci pour le retour :)

      bon ça reste que pour enregistrer du HTML directement… il me semble que dans son genre Gutemberg fait mieux (même si très lié à WP donc difficile d’utiliser ailleurs) : ça sérialise des paramètres, qu’eux mettent à plat avec leur format (des commentaires HTML avec du JSON) mais qu’on pourrait parfaitement décider d’enregistrer comme on veut + des styles CSS générés (avec un id unique pour chaque bloc). Et du coup ça peut possiblement générer autre chose que du HTML ou ça peut être personnaliser (si jamais pour un bloc ayant tel sens, on voudrait que ce soit pas « div » mais « section » ou « blockquote » un autre jour ou dans tel autre contexte qu’une page web).

      Enfin bon c’est très intéressant à creuser quand même. Ne serait-ce que pour faire du maquettage rapide (mais est-ce qu’il existe un vrai logiciel qui utilise déjà cette lib pour faire ça ? ou même pour éditer des pages en général tout court, que ce soit maquette ou vraie page… un frontpage moderne en webapp quoi)

    • Oui le souci de Gutemberg c’est qu’il faut sortir de wordpress. On a cherché plusieurs outils pour faire le même taf (sans tout redévelopper) et GrapesJS est ce qu’on a trouvé de mieux, même si c’est pas tout à fait ce pour quoi il est prévu à la base. On a adapté ça avec notre CSS custom et donc en quelques instants on peut construire une page assez librement tout en étant contraint par notre design system.

      Pour le maquettage pur sinon, il y a Penpot qui vient de sortir : https://penpot.app

  • Aux sources de QAnon, un collectif italien d’extrême gauche qui aurait malgré lui inspiré la théorie complotiste
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/19/aux-racines-du-mouvement-qanon-les-ecrivains-italiens-de-wu-ming-gourous-com

    Un roman, écrit par le collectif anticomplotiste Wu Ming, pourrait être la source des thèses conspirationnistes qui sont apparues dans l’Amérique de Donald Trump.

    Enquête du Monde (sous #paywall)

    pour mémoire : première mention de #Wu_Ming et #QAnon ici, dès août 2018, pointé par @rezo : https://seenthis.net/messages/715032
    plus récemment, octobre 2020, enquête de #lundi_matin sur le même thème pointée par @monolecte https://seenthis.net/messages/880607

    • Jeudi 21 janvier 2021, le Président Macron est venu célébrer le lancement du « plan quantique » sur le tout nouveau campus d’excellence Paris-Saclay. À l’occasion de cette visite, avait été prévue une rencontre avec quelques étudiants dans la maison des étudiants, à Bures sur Yvette.

      Cet événement, et surtout l’échange avec les étudiants, a bénéficié d’une vaste couverture pour relayer les nouvelles annonces du Président au sujet des conditions de retour des étudiants à l’Université.

      La SMF souhaite alerter sur les événements survenus lors de cette visite sur le campus, et restée entièrement ignorés par les médias :

      Une visite tenue secrète jusqu’à son annonce par les médias, la veille après-midi, à l’ensemble du personnel de l’université et de ses usagers.

      Un cortège présidentiel d’une ampleur inégalée comportant de nombreuses rues et axes fermés à la circulation sur tout le campus, et un dispositif policier semblable aux encadrements des manifestations parisiennes : plus d’une centaine de cars garés autour des bâtiments d’enseignement, des policiers en casques et tenues de combat, un cordon sécuritaire à plusieurs centaines de mètres du lieu de présence du Président.

      Des contrôles d’identités, photos et films des quelques collègues venus protester avec des banderoles, se déplaçant à pieds sur le campus et retenus par la police à plusieurs centaines de mètres du lieu sécurisé, sans motif.

      Des menaces de garde à vue de collègues en cas de refus de confiscation des banderoles repliés qu’ils avaient avec eux.

      Des ordres d’expulsion du campus envers des collègues assortis de menaces de garde à vue.

      Des contrôles et fouilles d’étudiants et destruction de pancartes et banderoles.

      Encerclement et retenue, pendant plus de 2h d’un groupe d’une trentaine de collègues du campus venus manifester leur désaccord sur les politiques concernant l’ERSI.

      Accompagnement sous escorte policière des manifestants à travers le campus et jusqu’à sa sortie après le départ du Président.

      Il nous faut réfléchir aux conséquences des actes de la police sur un campus universitaire face à des collègues et étudiants venus pacifiquement avec des banderoles ainsi qu’au traitement de l’information choisie par les médias.

      Alors que l’amendement ajouté au Sénat sur l’intention de nuire vient d’être censuré par le Conseil Constitutionnel, les agissements de la police envers les collègues sur le campus universitaires sont graves, et doivent être connus.

    • Sur cette visite, voir aussi :
      https://academia.hypotheses.org/30291
      https://academia.hypotheses.org/30277

      Et plus précisément sur la ministre #Vidal :
      https://seenthis.net/messages/894951#message897615
      https://seenthis.net/messages/894951#message898096

      ... #Frédérique_Vidal, celle qui justifie les mesures d’isolement par le « #brassage » qu’impliquerait la vie étudiante avec ses pauses cafés et les « #bonbons partagés avec les copains » :
      https://academia.hypotheses.org/30215

      #Paris-Saclay #ESR #enseignement_supérieur #université #facs

  • Cyberstructure. L’Internet, un espace politique | emi.enssib.fr
    https://emi.enssib.fr/ressource/cyberstructure-linternet-un-espace-politique

    Stéphane Bortzmeyer est l’auteur de Cyberstructure : L’Internet : un espace politique, C & F Éditions, décembre 2018, prix du livre Cyber 2019 catégorie cybersécurité dans le cadre du Forum international de la cybersécurité. Dans cet ouvrage, Stéphane Bortzmeyer s’intéresse aux usages actuels de l’Internet, et aux problèmes tels qu’ils sont perçus par les utilisateurs. Il explique également comment l’Internet fonctionne d’un point de vue technique, mais aussi sous l’angle de sa gouvernance, du financement et des actions humaines. Il parle enfin et surtout de politique, en détaillant les débats autour de l’utilisation d’Internet.

    Découvrez la vidéo de la conférence :
    https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/visionner/69781-cyberstructure-l-internet-un-espace-politique

    #Cyberstructure #Stéphane_Bortzmeyer #Vidéoconférence

  • Musiktips - ’Un président normal ?’
    http://newsletters.artips.fr/Musiktips/Gillespie_President

    Au programme : rebaptiser la Maison-Blanche en « Maison du Blues », et nommer tous ses copains jazzmen à des postes clés. C’est ainsi qu’il imagine le trompettiste Miles Davis à la tête de la CIA, le pianiste Duke Ellington au ministère des Affaires étrangères ou encore la chanteuse Ella Fitzgerald aux Affaires sociales… Un gouvernement qui a du swing !

    Malgré ses mesures farfelues, Gillespie est on ne peut plus sérieux. L’artiste est profondément révolté par les meurtres racistes qui secouent l’Amérique.
    Son programme défend les droits civiques des afro-américains, que ce soit en faisant des propositions pour davantage d’égalité ou en exigeant l’interdiction du Ku Klux Klan.

  • J’aimerais comprendre : est-ce que le floutage et l’interdiction de diffuser s’applique aussi aux robocops qui cachent déjà leur visage sous des cagoules et qui collent des sparadraps sur leur numéro d’identification (RIO) quand ils s’en vont dézinguer du manifestant ?

    (Avez-vous jamais entendu parler de la moindre sanction contre ces innombrables flics qui ont masqué leur numéro d’identification avec du scotch noir pendant les manifs ?)

  • Fatima Ouassak : “Depuis les gilets jaunes, je passe mon temps à dire “mais si, il y a moyen de lutter ensemble !”, et je vois que ça marche”
    https://www.frustrationmagazine.fr/fatima-ouassak-depuis-les-gilets-jaunes-je-passe-mon-temps-a-dir

    Pour Fatima Ouassak, la cofondatrice du “Front des mères” (premier syndicat de parents d’élèves des quartiers populaires), le lieu de notre rencontre pour réaliser cet entretien semble être une évidence. Il s’agit de la petite ville de Bagnolet où elle réside dans le 93 en région parisienne, un territoire de luttes historiques et d’immigration composé d’avenues et de places au noms de révolutionnaires passés : Marx, Angela Davis… La place Nelson Mandela, où nous nous retrouvons dans un café, se révèle être le lieu de rencontre des bagnoletais pour “refaire le monde” et le “bilan d’une grève”, sans oublier de déjouer les “traquenards de périodes électorales”… Le premier ouvrage de Fatima, La Puissance des mères : Pour un nouveau sujet révolutionnaire, l’un des livres les plus enthousiasmants et percutants de (...)

    • C’est le problème de ces opérations « clean challenge » dans les quartiers : il n’y a pas de remise en question des inégalités en termes de service public, avec aussi un propos extrêmement hygiéniste, sur la nécessité d’être propre, et ce préjugé selon lequel les noirs et les arabes ne sont pas propres, qu’il faut leur apprendre à l’être. Une conception de l’écologie pour le moins bas de plafond. Ce qu’on a envie de leur demander surtout, c’est « comment vous osez demander à nos enfants d’aller nettoyer ? Vos enfants à vous, ils n’ont pas à nettoyer leur quartier ! ». En plus c’est conditionné : souvent ces projets sont gérés par des centres sociaux, et parce que tu vas nettoyer tu vas pouvoir partir à la plage, à Deauville, etc. Alors que les autres enfants n’ont pas besoin de nettoyer pour partir en vacances ! Il faut travailler pour mériter – aux yeux de la collectivité – de partir en vacances.

      Ceci n’est pas nouveau. Dans les quartiers populaires, on conditionne la citoyenneté à l’effort d’intégration. Dès les années 1980-90, il y avait les projets ski, où on conditionnait le fait de partir à plein d’activités : tu devais vendre des trucs, faire du porte à porte, alors que tu as 12 ans, tu n’es pas sensé travailler ..! C’est pourquoi je trouve que ces projets clean-challenge participent d’une écologie coloniale, de gentrificateurs qui viennent dans les quartiers avec des représentations racistes et hygiénistes. Une écologie de classe qui ne pose pas la question de l’égalité. On pourrait avoir un programme écologiste qui porte sur la ségrégation socio-spatiale et les inégalités d’accès aux services publics, mais ces questions ne sont jamais abordées.

      #écologie_coloniale

  • La justice européenne consacre « la neutralité du Net » dans l’UE
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/09/15/la-justice-europeenne-consacre-la-neutralite-du-net-dans-l-ue_6052269_440899

    L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne consacre mardi le principe d’égalité de traitement et d’accès des contenus en ligne. La Cour de justice de l’Union européenne a consacré dans un arrêt, mardi 15 septembre, le principe d’égalité de traitement et d’accès des contenus en ligne, dit de « neutralité du Net ». La cour considère dans sa décision qu’un fournisseur d’accès ne peut pas privilégier certaines applications ou certains services en leur accordant un accès illimité, quand les services (...)

    #Telenor #neutralité #AccessNow #CJUE

    ##neutralité

  • Mort de Dominique Kalifa, historien et fidèle contributeur de « Libération » - Culture / Next
    https://next.liberation.fr/livres/2020/09/13/mort-de-dominique-kalifa-historien-et-fidele-contributeur-de-liberat


    Dominique Kalifa à Paris, en juin 2015. Photo Didier Goupy. Signatures

    Le spécialiste de l’histoire du crime et de ses représentations, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne et collaborateur régulier depuis plus de trente ans des pages Livres de « Libération », s’est éteint samedi à l’âge de 63 ans.


    Dominique Kalifa, bas-fonds et débats de fond

    Certains, sur Twitter, lisant le dernier message de Dominique Kalifa, ont cru qu’il s’éloignait pour un temps de ce réseau où il communiquait volontiers, sur un mode souvent lucide, parfois simplement informatif  : ­ « Au revoir. » Mais c’est à nous tous que l’historien faisait ses adieux. Dominique Kalifa s’est donné la mort samedi, le jour de ses 63 ans. Spécialiste du XIXe siècle – ce « long XIXe » qui s’achève dans les tranchées de la Grande Guerre –, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, où il a succédé à Alain Corbin, il a publié plus d’une dizaine d’ouvrages sur l’histoire du crime, de la justice et de la culture de masse. Il était aussi un collaborateur régulier, depuis trente ans, des pages Livres de Libération.

    L’historien Dominique Kalifa, spécialiste des imaginaires sociaux, est mort à l’âge de 63 ans
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/09/13/l-historien-dominique-kalifa-specialiste-des-imaginaires-sociaux-est-mort-a-

    Professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, où il dirigeait le Centre d’histoire du XIXe siècle, il était également un collaborateur régulier du quotidien « Libération ».

    C’était un des historiens les plus attachants et les plus originaux de sa génération. Dominique Kalifa, spécialiste des imaginaires sociaux, qui s’intéressa aussi bien aux faits divers de la Belle Epoque ou aux bagnes coloniaux qu’au mythe des bas-fonds ou à la figure de Fantômas, s’est suicidé samedi 12 septembre, le jour de son soixante-troisième anniversaire. Professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, où il dirigeait le Centre d’histoire du XIXe siècle, membre du Comité d’histoire de la Ville de Paris, il était également, depuis plus de trente ans, un collaborateur régulier des pages « Livres » du quotidien Libération.
    Il naît le 12 septembre 1957 à Vichy. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d’histoire, il soutient en 1994, sous la direction de Michelle Perrot, une thèse de doctorat sur les récits de crimes dans les années 1900. Elle devient, l’année suivante, son premier ouvrage, L’Encre et le Sang (Fayard), dont « Le Monde des livres » écrit : « L’inventivité et l’érudition se mêlent ici pour faire de ce livre un modèle d’étude culturelle. » L’œuvre qui vient de s’ouvrir sera marquée jusqu’au bout par un mélange d’insatiable curiosité et de rigueur, d’éclectisme et de recherche tenace d’une image exacte des manières de vivre et de se représenter la vie.

    Suivront une dizaine de livres, auxquels s’ajoutent des directions d’ouvrages collectifs et quelques collaborations avec d’autres historiens, comme le marquant Vidal le tueur de femmes. Une biographie sociale (Perrin, 2001, rééd. Verdier, 2017), coécrit avec Philippe Artières, où, à travers un montage d’archives, sont reconstitués la trajectoire du tueur en série Henri Vidal et, plus encore, l’impact que cette affaire eut sur la société française. De La Culture de masse en France (La Découverte, 2001) à Biribi : les bagnes coloniaux de l’armée française (Perrin, 2009), en passant par Imaginaire et sensibilités au XIXe siècle (avec Anne-Emmanuelle Demartini, Creaphis, 2005), il impose ses sujets et ses méthodes. Ce disciple d’Alain Corbin ajoute à l’histoire des sensibilités des pistes nouvelles, avec lesquelles il faut désormais compter.

    « Immense tristesse »

    Un livre comme Les Bas-Fonds : histoire d’un imaginaire (Seuil, 2013, prix Mauvais Genres) en offre une illustration éclatante. Passant des récits de crimes aux milieux censés en être les théâtres, il dresse, entre anthropologie et histoire, un inventaire des usages sociaux d’une catégorie infamante, par laquelle une partie de la société est expulsée hors du champ de la civilisation. Mais des œuvres en apparence plus mineures, comme Tu entreras dans le siècle en lisant « Fantômas » (Vendémiaire, 2017) ou Paris : une histoire érotique, d’Offenbach aux Sixties (Payot, 2018), continueront, par des chemins buissonniers, le même voyage à travers les époques et les mondes sociaux.

    Au début de l’année, l’ouvrage collectif Les Noms d’époque : de « Restauration » à « années de plomb » (Gallimard), qu’il avait dirigé, apportait un nouveau signe de la vitalité et de la créativité propres à cette œuvre réjouissante. Le choc, pour ses lecteurs, pour ses confrères, pour ses anciens étudiants, dont les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux, est d’autant plus grand. Sur Twitter, l’historien Nicolas Offenstadt, qui fait part de son « immense tristesse », évoque tout ce que Dominique Kalifa « a fait avancer » à l’université, « dans la discrétion et la robustesse ». Il ajoute : « Salut et merci, de très profond, Dominique, on n’oubliera rien de rien. »

    • Dominique Kalifa, la fascination de l’envers
      Par Quentin Deluermoz , Historien des ordres et désordres au XIXe siècle en France et en Europe et Hervé Mazurel, Historien du corps, des sensibilités et des imaginaires
      https://www.liberation.fr/debats/2020/09/17/dominique-kalifa-la-fascination-de-l-envers_1799768

      Une vision novatrice
      On le pressent, cette plongée dans l’histoire du crime, des bas-fonds, de la transgression, est portée par une vision novatrice de l’histoire. Car il faut prendre ici la pleine mesure de ce que Dominique Kalifa lègue non aux seuls historiens des marginalités ou de l’industrie culturelle, mais à l’ensemble de la communauté historienne. Prolongeant les impulsions de ses maîtres, Michelle Perrot et Alain Corbin, et d’autres comme Bernard Lepetit ou Roger Chartier, il contribua au passage de l’étude historique des grandes structures, économiques, sociales ou mentales, vers une histoire attentive à l’entrelacement des représentations et des pratiques, toujours écrite à hauteur d’individus, de leurs expériences et émotions, sensible aussi aux ressources de la narration. Il fut en cela un acteur majeur du débat opiniâtre qui opposa dans les années 90 les tenants de cette jeune histoire culturelle en plein développement et les praticiens aguerris de l’histoire sociale et économique à la française. Mais loin d’opposer le social et le culturel, cet historien les savait indissociablement liés. Jamais il n’a voulu destituer le social comme horizon premier de l’histoire. Simplement, changer les manières de le viser. Non plus donner primat au tout économique, ni partir de groupes sociaux prédéterminés, mais privilégier une lecture ethno-anthropologique, donc culturelle, des sociétés. Au bout du compte, explique-t-il, « ce social qui reste en ligne de mire tend à changer de visage. C’est un social plus complexe, plus fluide et plus mobile, fait de contradictions et d’écarts plus que de rationalités, d’une texture plus éparse et d’un grain plus infime, résistant aux simplifications ou aux catégories abusives ». Un social, en somme, devenu le produit dynamique des interactions quotidiennes des individus. Un social, d’ailleurs, volontiers saisi sous l’angle des sensibilités, au plus près des corps, tels ceux de ces bagnards, dépeints dans Biribi, « anémiés, meurtris », « maquillés », « bousillés » [qui] « disent dans leur propre langage la douleur et la souffrance que constitue l’expérience africaine ».

      L’infinitude du monde

      On lui doit aussi la précieuse notion d’« imaginaire social », dont il fut en France, avec Anne-Emmanuelle Demartini, le plus ardent défenseur. Il la définit « comme un système cohérent, dynamique, de représentations du monde social, une sorte de répertoire de figures et des identités collectives (groupes, classes, catégories) dont se dote chaque société à un moment de son histoire ». Comme l’avait vu Cornelius Castoriadis, référence majeure pour lui, ces imaginaires sociaux produisent et instituent le social plus qu’ils ne le reflètent. Toujours d’ailleurs, ils s’incarnent dans des histoires, des intrigues, des fictions latentes. Plus récemment, l’historien a donné une contribution décisive à l’histoire des imaginaires temporels, en invitant à se saisir des chrononymes, les « noms du temps ». Loin d’être naturelles ces désignations courantes du passé (la « Belle Epoque », les « Trente Glorieuses », les « années de plomb ») sont des constructions, des « faits d’histoire », charriant des scènes et des imaginaires qui changent ou se rechargent au cours du temps. Ces balises, faussement évidentes, transportent alors en elles un entremêlement des temps qui vient constamment ébranler le « présent ». « Ne faut-il pas admettre qu’ils restituent aussi quelque chose des "réalités" de 1900, note-t-il à propos de la « Belle Epoque », qu’ils en expriment une part de "vérité" ? » Et de conclure : « Décrypter les chrononymes […] nous aide à considérer le passé pour ce qu’il est : une réalité mobile, changeante, "historique", travaillée par les hommes et les femmes qui l’ont habité, mais aussi par les regards, les lectures, les déplacements que les époques ultérieures lui ont fait subir. »

      Le monde social dévoilé par Dominique Kalifa, façonné par ses hiérarchies et ses exclusions, reste in fine un monde en mouvement, toujours en travail, habité, remodelé. Un monde plein de terreur et d’effroi, de portes dérobées et de chausse-trappes, de routines et de sensualités. Il était en un sens l’historien de l’infinitude du monde. Cet univers, il n’a cessé de le partager, avec ferveur, auprès de ses collègues, de ses nombreux étudiants, auxquels il consacrait une part essentielle de son activité. Il l’a transporté aussi hors de la maison historienne grâce à ses articles dans Libération, ses documentaires, ses expositions… Il l’a aussi mis au travail dans l’écriture elle-même, dont il savait la puissance créatrice, comme en témoignent les explorations pataphysiques de son Fantômas ou l’audacieux montage proposé avec son compagnon de route Philippe Artières dans Vidal, le tueur de femmes. Il le portait aussi en lui, dans son élégance, son allure de dandy, volontiers blagueur et festif, parfois fragile, plein de fulgurances, à l’insatiable curiosité.

      #imaginaire_social

    • Dominique kalifa...
      https://criminocorpus.hypotheses.org/132941

      Criminocorpus déplore la disparition brutale de Dominique Kalifa, survenue hier. Notre collègue était membre du comité scientifique de #Criminocorpus depuis sa création. Les mots commencent à nous manquer pour exprimer la peine que nous inflige la perte de collègues dont les œuvres ont contribué à éclairer de manière si lumineuse l’histoire de la justice, ses marges et ses objets obscurs. Professeur d’Histoire contemporaine à la Sorbonne depuis 2002, #Dominique_Kalifa laisse derrière lui nombre d’étudiants et de collègues orphelins d’une présence qui avait valeur de repère dans l’exigence de la recherche historique.

      Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille ainsi qu’à ses proches.

    • Henri La Barthe, l’inventeur de Détective
      https://journals.openedition.org/criminocorpus/4822

      Le fameux Détective de Gallimard et des frères Kessel fut d’abord une feuille professionnelle créée par le détective privé Henri La Barthe en 1925, qui la vendit à Gaston Gallimard trois ans plus tard. Cet article revient sur le parcours obscur du détective Ashelbé (HLB), qui acquit une éphémère notoriété quand le cinéaste Julien Duvivier adapta son roman Pépé le Moko. Il éclaire le fonctionnement d’une feuille corporative dans le milieu souvent médiocre de la police privée française des années 1920 et s’attache à cerner les relations qui existèrent ensuite entre Ashelbé et Gallimard.

      #histoire_du_crime

  • Comment l’industrie agroalimentaire a intoxiqué mon enfance #3 : les légumes de la cantine
    https://www.frustrationmagazine.fr/comment-lindustrie-agroalimentaire-a-intoxique-mon-enfance-2-les

    L’industrie agroalimentaire n’est pas dirigée par des enfants de coeur, on le sait désormais tous. Ultra-polluante, modifiant nos habitudes alimentaires pour y incorporer toujours plus de sucre de façon sournoise, ce secteur régit nos vies plus qu’on le croit, et pas seulement par le Coca, le Mac Do et les pots de crème glacée. Pour sortir des généralités, nous avons choisi d’illustrer cette réalité pas si bien connue par le biais de quatre produits qui ont eu une place centrale dans l’alimentation d’un jeune ayant grandi dans les années 1990 et la première décennie des années 2000 : l’auteur lui-même. Après avoir évoqué, dans des épisodes précédents, les céréales et les jus de fruits, il est temps de parler des plats de cantines scolaires. Source : (...)

    • Du jour où ma fille est restée à la maternelle pour déjeuner, elle ne voulait plus manger de courgettes, d’épinards, de sardines crues ou de roquefort.
      Il y avait 3 services entre 11h et 13h, c’était la course et les parents qui le souhaitaient ont été invités à tester le fiasco, et venir manger avec les petits. Je crois avoir déjà raconté sur seenthis comment je me suis retrouvée à table avec eux devant une assiette de sauce sucrée où baignaient différents objets également sucrés aux formes et couleurs censées rappeler carottes, pommes de terre, petits pois mais sans le goût.
      J’ai été surprise que personne ne soit là pour leur expliquer ce qu’ils avaient dans leur assiette, vu qu’ils ne lisaient pas encore le menu, je leur ai donc demandé de me citer ce qu’illes voyaient. Malheureusement, aucun d’eux n’a été capable de me dire (pas plus que moi) ce qu’était le machin blanc sucré caoutchouteux qui flottait, peut-être du poulet du veau ou de la dinde, voire de la pâte à pizza cuite dans de l’eau, impossible à deviner.
      Sauf que je n’étais pas là pour juger de ce qui était servi mais du rush des employé·es surbooké·es qui empêchait la sérénité d’un repas.
      A l’époque je travaillais dans la zone à Vélizy, le seul endroit pour manger était en face des bureaux, chez #Sodexo, on voyait arriver de nos fenêtres les denrées, comme les poches d’eau ou baignaient les pommes de terre épluchées et déjà cuites imprégnées de conservateurs. On devait prendre nos voitures pour se trouver un autre lieu et personne n’avait envie de bouffer là. N’empêche, c’était aussi Sodexo à la cantine de la maternelle et c’était bien pire, parce que les petits ne peuvent pas critiquer ce qu’ils mangent ni aller ailleurs donc c’est vraiment sans aucun scrupule que l’#agro-industrie leur refile sa merde avec une couche de #sucre dessus.

  • Liberté pour Salah
    @LiberezSalah
    https://twitter.com/LiberezSalah/status/1277945206327959553
    ⚠Arrestation de Salah Hamouri ce mardi 30 juin, à Jérusalem ⚠

    Ce mardi 30 juin, alors qu’il se rendait à Jérusalem pour effectuer un test coronavirus (obligatoire) pour prendre l’avion samedi 4 juillet, pour se rendre en France, Salah Hamouri a été arrêté dans ce centre médical par les autorités israéliennes.
    Il a été conduit au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Le motif de son arrestation ne lui a pas été communiqué.

    Son comité de soutien, sa famille, ses amis et collègues en appellent solennellement à @francediplo
    pour qu’elle agisse immédiatement et fortement pour obtenir la libération immédiate et sans condition de notre concitoyen qui a droit à la liberté de circulation. #LiberezSalah

    • Alerte et appel à action : Salah Hamouri de nouveau arrêté par Israël !
      Par le Comité de soutien à Salah Hamouri, le 30 juin 2020
      https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/06/30/liberte-pour-salah-hamouri-avocat-franco-palestinien

      Copiez le message ci-dessous pour demander la libération immédiate de Salah Hamouri :

      Monsieur le Consul,
      ou Monsieur le Ministre des affaires étrangères,
      ou Monsieur le Président de la République,

      Le 30 juin 2020, notre compatriote, l’avocat franco-palestinien, défenseur des droits de l’homme, Salah Hamouri, a été arrêté à Jérusalem-Est par l’armée d’occupation dans un centre de santé. Les autorités militaires n’ont donné aucun motif à cette arrestation.

      L’arrestation de notre concitoyen est inadmissible et insupportable. Les autorités françaises ne doivent pas laisser passer une telle infamie. Cette situation doit cesser sans délai. La France doit exiger la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l’arbitraire israélien.

      Je vous demande d’œuvrer au nom de la France, pour la libération immédiate de Salah Hamouri.

      Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

      Consulat de France à Jérusalem :
      cg-informations.jerusalem-fslt@diplomatie.gouv.fr

      Ministère des affaires étrangères à l’adresse suivante :
      http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales-infos-pratiques/nous-ecrire

      Présidence de la République :
      http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique

      Il faut le faire sortir de là ! Soyons nombreux à agir et à relayer cet appel !

      Source : Facebook

    • Soldiers Abduct A Lawyer, Who Previously Spent 9 Years In Prison, While His French Wife, Child, Were Deported
      July 2, 2020 10:25 AM IMEMC News
      https://imemc.org/article/soldiers-abduct-a-lawyer-who-previously-spent-9-years-in-prison-while-his-fre

      Israeli soldiers abducted, two days ago, a Palestinian lawyer with French citizenship, from occupied Jerusalem, a former political prisoner who was previously imprisoned for more than nine years, and moved him to the al-Maskobiyya interrogation facility.

      The Palestinian Prisoners’ Society (PPS) has reported that the soldiers abducted Salah Hammouri while receiving treatment at a medical center in occupied Jerusalem, and was ordered under interrogation for one week.

      The PPS added that Salah was frequently abducted by the army, was subject to various forms of torture, and spent more than nine years in Israeli prisons, detention, and interrogation centers.

    • Extension of Detention Period Against Addameer’s lawyer Salah Hamouri
      01 July 2020
      http://www.addameer.org/news/extension-detention-period-against-addameers-lawyer-salah-hamouri

      Today, 1 July 2020, lawyer Salah Hamouri has a court session at the Israeli Court of First Instance in Jerusalem which extended the detention period for the purposes of interrogations at al-Mascobiyya interrogation center for another seven days. Addameer’s lawyers filed an appeal against the extention of detention against Salah.

      Salah was arrested yesterday, 30 June 2020, from Shaikh Jarah in occupied Jerusalem. Salah is a lawyer and he is part of Addameer’s lawyers team, this is his fourth arrest as he already spent several years in detention, some where based on sentences and others were based on the arbitrary administrative detention.

    • Salah Hamouri : Détention prolongée pour l’avocat franco-palestinien
      Nadir Dendoune 1 juillet 2020
      https://www.lecourrierdelatlas.com/salah-hamouri-detention-prolongee-pour-lavocat-franco-palestinie

      Malheureusement, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 35 ans, ne pourra pas se rendre comme prévu à Paris ce 4 juillet. Arrêté par les autorités israéliennes ce mardi 30 juin dans un centre médical de Jérusalem (il était venu passer le test du Covid obligatoire pour tous les futurs passagers), un juge israélien a décidé ce mercredi 1er juillet de le maintenir en détention au moins jusqu’au 7 juillet, date à laquelle une nouvelle audience aura lieu.

    • Israel/OPT: Arbitrary detention and judicial harassment of Mr. Salah Hamouri
      July 2, 2020
      https://www.fidh.org/en/issues/human-rights-defenders/israel-opt-arbitrary-detention-and-judicial-harassment-of-mr-salah

      The Observatory for the Protection of Human Rights Defenders, a partnership of FIDH and the World Organisation Against Torture (OMCT), requests your intervention in the following situation in Israel and the Occupied Palestinian Territory.

      Brief description of the situation:

      The Observatory has been informed by reliable sources about the arbitrary detention and the judicial harassment of Mr. Salah Hamouri, a Franco-Palestinian lawyer who works with Addameer Prisoner Support and Human Rights Association (Addameer)[1] in the Occupied Palestinian Territory.

      According to the information received, Mr. Salah Hamouri was arrested on June 30, 2020 around 10 a.m. by the Israeli authorities at a medical centre in Jerusalem where he was going to be tested for coronavirus before leaving for France where his wife and son live. He was then taken to the Moskobiyeh interrogation centre in Jerusalem, without being told the reasons for his arrest.

      On July 1, 2020, a judge at the Israeli Court of First Instance ordered the extension of his detention until July 7, 2020, for the purposes of further interrogations. Addameer’s lawyer filed an appeal against the extension of M. Salah Hamouri’s detention and the appeal session is scheduled for July 5, 2020.

  • « Et je remets le masque… » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/06/23/et-je-remets-le-masque_1792097

    Aux Etats-Unis, début mars, les soixante membres d’une chorale qui avaient respecté les distances de sécurité mais avaient répété tous ensemble pendant deux heures et demie dans une salle fermée en ont été victimes. L’un des leurs, patient asymptomatique, a infecté 45 personnes, dont deux sont mortes. On considère ainsi que 90% des contaminations se produisent de manière aéroportée dans des lieux clos et mal ventilés.

    Portez des masques quand c’est nécessaire. Exercez votre droit de retrait si votre entreprise ne prend pas les mesures nécessaires. Portez des masques dans les magasins, dans les transports en commun, dans les endroits où vous ne pouvez respecter les mesures de sécurité parce qu’il y a trop de monde. Certes, vous n’aurez pas l’air aussi cool et rebelle que Bernard-Henri Lévy. Je vous souhaite d’y survivre.

  • La Commission Culture du Sénat rend son rapport sur le système de recherche face à la pandémie

    Le sénateur Pierre Ouzoulias nous fait l’honneur de nous transmettre le résumé du rapport de la commission de la Culture, de l’éducation et de la communication du Sénat.
    Le groupe de travail de la commission de la culture du Sénat a rendu son rapport sur le système de recherche face à la pandémie.
    Il dit son admiration et sa reconnaissance pour la mobilisation exceptionnelle de toute la communauté scientifique.
    Néanmoins, il regrette le manque de #stratégie_nationale de recherche sur la Covid-19 et l’absence de structure de #pilotage_unique. Il demande la mise en place d’une stratégie nationale pilotée par une structure unique.
    Il regrette que l’absence d’organisation et de coordination entre les institutions a eu pour conséquence la diffusion de messages au mieux désordonnés, au pire contradictoires.
    Il note une dispersion des #financements sur un grand nombre de projets, alors qu’il aurait été plus pertinent de consacrer des montants plus élevés sur des projets bien ciblés.

    Il estime que la pandémie a mis en lumière les #carences_structurelles du #système_de_recherche français et plus particulièrement le décrochage de la #recherche_biomédicale.

    Ainsi, il regrette que les travaux de recherche sur les coronavirus ont considérablement été réduits il y a une quinzaine d’années en France, faute de financements et de programmation stratégique.

    Il estime que l’érosion continue des #dotations_de_base depuis plusieurs années oblige les opérateurs de recherche à se tourner de plus en plus vers les #financements_sur_projets.
    Or, ce mode de #financement est peu compatible avec la prise de risques et ne permet pas de mener des #projets_exploratoires.

    « Aussi, [il] estime indispensable de mettre un terme à la diminution constante des dotations de base des laboratoires de recherche et de rééquilibrer leur structure de financement entre ces dotations et les financements sur projets ».

    Il considère que l’épidémie de Covid-19 confirme la nécessité d’une #réforme globale de la recherche, qui tirerait les leçons de cette crise. Pour cela, il estime nécessaire :

    - d’amorcer une trajectoire financière ambitieuse qui permette d’atteindre l’objectif de 1 % du PIB consacré à la #recherche_publique ;
    - de rééquilibrer la structure de financement des #laboratoires_de_recherche entre dotations de base et financements sur projets ;
    – de revaloriser très nettement la #rémunération et le #statut des chercheurs.

    À très court terme, il rappelle la nécessité d’un indispensable soutien aux doctorants et post-doctorants pénalisés par la crise.

    Enfin, il déplore les excès médiatiques qui vont à l’encontre de la démarche et de l’#intégrité_scientifiques, lesquelles exigent de la méthode, de la rigueur, de l’esprit critique et de la discrétion professionnelle.

    https://academia.hypotheses.org/24538

    Le lien vers la synthèse du rapport :
    http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/affaires_culturelles/documents/GT_Recherche.pdf

    #rapport #recherche #pandémie #covid-19 #coronavirus #ESR

  • Eric Fassin : “Le président de la République attise l’anti-intellectualisme”
    https://abonnes.lesinrocks.com/2020/06/12/idees/idees/eric-fassin-le-president-de-la-republique-attise-lanti-intellect

    Le président a eu des mots très durs vis-à-vis des chercheurs en sciences sociales, qu’il juge “coupables” d’une “menace sécessionniste” en France. Le sociologue Eric Fassin, professeur à l’Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, réagit pour Les Inrockuptibles.

    Dans un article du Monde portant sur les craintes de l’Elysée face à une “menace sécessionniste” de la jeunesse dans le cadre des mobilisations contre le racisme, Emmanuel Macron déclare : “Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux”. Que vous inspirent ces mots ?

    Eric Fassin - Quel est le problème qui se pose aujourd’hui avec urgence ? Quand on voit les mobilisations dans le monde entier, il est clair qu’il s’agit du racisme. Et le catalyseur, ce sont les violences policières. Autrement dit, la responsabilité des pouvoirs publics est engagée. Or le président retourne le problème : pour lui, le problème urgent, ce ne sont pas les pratiques racistes, jusqu’au cœur des institutions de la République ; ce sont celles et ceux qui les dénoncent. Au fond, c’est toujours la même démarche : s’en prendre aux lanceurs d’alerte pour s’aveugler à la réalité du problème.

    Il y a plus. Le président de la République attise l’anti-intellectualisme. Car dans le même article, il fait la leçon aux historiens : “la guerre d’Algérie reste un impensé” ; et il prétend “se heurter à l’absence d’interlocuteurs.” Les collègues qui travaillent depuis des décennies sur cette histoire et cette mémoire, pour lutter contre “la gangrène et l’oubli”, apprécieront. D’un côté, les universitaires parlent trop ; de l’autre, pas assez. Être responsable, pour le président, c’est sermonner les autres, pour ne jamais assumer sa propre responsabilité.

    Enfin, Emmanuel Macron est condescendant : pour lui, si les jeunes “trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal”, c’est qu’“ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi.” C’est dire que leur antiracisme n’est qu’un symptôme, un exutoire, ou une forme de sublimation. Autant de manières de ne pas prendre au sérieux ce qui se passe.

    Qu’en est-il du côté de l’antiracisme ? À l’université d’automne de la LDH, en 2015, j’avais parlé des “couleurs des antiracismes” ; et j’avais repris cette mise en garde dans L’Humanité, en janvier 2016 : “Aujourd’hui, la racialisation de la société n’épargne plus même l’antiracisme.” Le danger, c’est en effet que s’opposent un antiracisme établi, porté par des associations historiques qui revendiquent l’universalisme, mais auxquelles on reproche parfois de faire peu de place aux personnes racisées, et un antiracisme nouveau, qui se veut politique, et qu’on accuse souvent de communautarisme, parce que les personnes blanches y sont sous-représentées.

    Or que se passe-t-il aujourd’hui, avec les manifestations en France et ailleurs ? Nous avons une occasion historique de dépasser ce clivage entre un antiracisme blanc et un antiracisme racisé : on le voit bien autour du comité Adama Traoré. Au lieu de s’inquiéter que la jeunesse, en particulier, se mobilise au-delà des lignes de couleur, il faut donc s’en réjouir. Toutes les générations peuvent se retrouver dans ce combat. Et s’il y a surtout des jeunes, c’est donc aux anciens de les rejoindre.

    Au fond, l’extrême droite n’a-t-elle pas gagné la bataille pour l’hégémonie idéologique ? En effet, le président, qui prétend s’ériger en rempart, en reprend les termes. Emmanuel Macron choisit de manifester sa sympathie à Éric Zemmour, il consulte Philippe de Villiers, il donne un entretien à Valeurs actuelles, mais il prétend s’inquiéter du sécessionnisme d’universitaires qui dénoncent la racialisation de la société, comme si elles et ils en étaient “coupables”. Bref, il a choisi son camp. Reste à savoir si les électeurs ne risquent pas, une fois encore, de préférer l’original à la copie.

    #Racisme #Extrême_droite #Macron #Recherche #Sociologie

  • Vous connaissez l’Histoire de #MOVE, ou comment une lutte antiraciste initialement pacifiste a fini bombardée par la police à #Philadelphie, le 13 mai 1985, tuant 11 personnes dont 5 enfants et laissant volontairement bruler tout un morceau de quartie ? Non ? Moi non plus, je l’ai découverte il y a peu grâce à ce fil twitter de @hegurgurk : https://twitter.com/hegurgurk/status/1266521204099186688


    Ce qu’en explique un peu trop succinctement wikipedia est déjà terrible. Au commencement étaient des humains qui ont voulu se réapproprier leurs racines & leurs choix : retour à la simplicité, faire sécession avec un monde consumériste forcément esclavagiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/MOVE_(organisation)
    Je ne vais pas faire mine d’avoir tout compris, alors je vais poser ci-dessous des liens qui ont été cités comme des ressources solides pour comprendre comment une communauté pacifiste, harcelée, a fini par craquer et comment la répression absolument raciste s’est déchainée
    « Le jour où la police a bombardé une rue de la ville : les cicatrices des atrocités de Move en 1985 peuvent-elles être guéries ? »
    Dû au mandat pour menaces terroristes, émeute et conduite désordonnée, le flic n’a pas hésité à bombarder, comme il l’explique sereinement.
    Ça vous rappelle quelque chose ?
    The day police bombed a city street : can scars of 1985 Move atrocity be healed ? | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2020/may/10/move-1985-bombing-reconciliation-philadelphia
    https://i.guim.co.uk/img/media/a5eb407b5e1801cdd9274d064131f2fd5b0a362d/0_38_1962_1177/master/1962.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali
    Ici, un documentaire très complet, avec des extraits du procès, des documents d’époque, où on prend toute la mesure du fossé entre les jugeants, majoritairement blancs, et les espérants en une autre société, auto-déterminée, autour de John Africa : https://www.youtube.com/watch?v=vpbGgysqE4c

    Sur la libération de Delbert Orr Africa, une des « 9 de MOVE » arrêtés lors d’un raid policier ultra-violent contre leur communauté, et lors duquel un policier a été tué dans des circonstances jamais élucidées, ainsi qu’un des bébés de la communauté : https://www.theguardian.com/us-news/2020/jan/18/move-9-delbert-orr-africa-released-prison
    Le dernier des prisonnier, Chuck Africa, a été libéré il y a ... 4 MOIS, le 7 février dernier, après 42 ans de détention !
    Voici sa page sur le site de la communauté :
    http://onamove.com/move-9/chuck-africa
    Liens après liens, je fini par tomber sur ce site consacré entièrement à l’histoire de #MOVE, avec une version en français : http://move-thestory.com/accueil.html
    Un quartier incendié par la police, 11 morts dont 5 enfants, 9 membres emprisonnés à la peine maximum, dont 2 meurent en prison.

    Voyons maintenant ce que disent les personnes ulcérées de la chanson commémorative de Camelia Jordana, reprenant les paroles des #Black_Panters, "Revolution has come, time to pick up the gun" : devant le même type de communication, mais venant d’un groupe de Blancs, prêts à tout pour défendre ses membres, dans un pays où les armes sont un droit constitutionnel :

    « Revolution has come, time to pick up the gun »
    https://youtube.com/watch?v=g45WYJn9Fdg


    #BlackPanther,1968
    #BlackLivesMatter

    (reprise d’un fil twitter initialement publié ici : https://twitter.com/ValKphotos/status/1268165470601052161 et auquel @colporteur m’a fait penser là https://seenthis.net/messages/737030#message858280 avec la complicité involontaire de @sinehebdo ...)

    • Tout le monde écoute la police

      Il fallait donc un #podcast pour convaincre la France qu’il y a un gros problème de racisme dans sa police ? En acceptant de témoigner, et de confier à Ilham Maad 6 heures d’enregistrements vomitifs de ses collègues, le policier Alex apporte des preuves glaçantes. Ces preuves ont été citées de LCI à France Inter, nous sommes déjà des centaines de milliers à les avoir entendues. Les mots d’Alex, posés, ceux de son avocate, judicieux. Et les mots d’une dizaine de fascistes assumés, remplis de haine et de frustration, de vulgarité et de violence. Ces mots racistes, sexistes, antisémites, homophobes, suprémacistes, il faut les entendre : ce sont ceux de policiers qui s’arment en tant qu’Aryens en prévision d’une guerre civile. Et aussi, contre les chansons de Daniel Balavoine. C’est à ce moment-là, je crois, que l’opinion a basculé. Insulter Balavoine et Jean-Jacques Goldman ? La République ne tolére pas ça chez les forces de l’ordre. Des têtes vont tomber, des médailles suivront. Pour Alex et son courage, pour Ilham et son montage, pour Charlie qui a mixé, pour Zaven qui a illustré, pour Chloé et Stella qui ont sorti ce podcast. Qui propose au-delà des ordures une écoute exigeante, mais nourrissante. Hier le plus jeune policier du groupe a appelé Alex pour s’excuser, et lui dire : « J’avais envie de vomir en m’écoutant ». C’est une petite victoire. Les grandes vous appartiennent.

      https://www.arteradio.com
      #police_française #arte_radio

      https://www.youtube.com/watch?v=qZuxPKUVGiw


      N.W.A. - Fuk Da Police