• Cette #vidéo, cette #vidéo...
    Ces #mensonges de la #ministre de l’#ESR, #Frédérique_Vidal...
    C’est tellement gros, mais tellement gros...
    C’est carrément #hallucinant...

    « Les équipes pédagogiques y ont travaillé tout l’été »... euh... je ne sais pas ailleurs, mais chez nous, à Grenoble, tous les bureaux administratifs ont fermé la 3e semaine du mois de juillet. Les services centraux ont réouvert le 24 août et les services de l’institut où je travaille ont recommencé à travailler le... 31 août !!!!


    https://twitter.com/publicsenat/status/1310636667338919941

    Nous vivons dans des mondes parallèles, avec d’un côté la ministre qui raconte son dernier trip sous LSD sur les plateaux tv, et d’un autre côté les personnels de l’ESR qui hallucinent sans avoir besoin d’aucune substance devant tant de mensonges assénés avec aisance.

    https://twitter.com/SonnetteMarie/status/1310644065592111106

    #Vidal

  • Un roman graphique sur l’œuvre de #Frantz_Fanon - Histoire coloniale et postcoloniale
    https://histoirecoloniale.net/Un-roman-graphique-sur-l-oeuvre-de-Frantz-Fanon.html

    L’écrivain Frédéric Ciriez et le dessinateur Romain Lamy ont publié à La Découverte une évocation documentée de l’itinéraire de Frantz Fanon (1925-1961) sous la forme d’un roman graphique. Ils y imaginent en particulier le contenu de la rencontre qui eut lieu à Rome en août 1961, durant trois jours, du penseur martiniquais avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Claude Lanzmann. Fanon est indissociable de la réflexion sur le racisme, la guerre d’indépendance algérienne et les luttes anticoloniales du XXe siècle. Au moment où les négociations d’Evian avaient commencé et où se dessinait l’indépendance prochaine de l’Algérie, Fanon, gravement malade, raconte sa vie et ses combats et échange avec Sartre en lui portant parfois la contradiction. Ce livre est à la fois une biographie intellectuelle et politique de Frantz Fanon et une introduction à son œuvre dont l’importance ne cesse d’être davantage reconnue au XXIème siècle.

  • #Marche nationale des #sans-papiers : on marche vers l’Élysée !

    A l’appel de 15 collectifs de Sans-Papiers, de la Marche des Solidarités, des Etats Généraux des Migrations et de plus de 120 organisations, des Sans-Papiers marcheront à partir du 19 septembre des quatre coins du pays pour atteindre Paris en une grande manifestation le samedi 17 octobre.

    Acte 1 : Le 30 mai des milliers de Sans-Papiers et de soutiens ont bravé l’interdiction de manifester à Paris et dans plusieurs autres villes.

    Dans les jours et les semaines qui ont suivi des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre le racisme et les violences policières.

    Acte 2 : Le 20 juin des dizaines de milliers de Sans-Papiers et soutiens ont manifesté à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Rennes, Montpellier, Strasbourg et dans de nombreuses autres villes.

    Mais Macron n’a eu aucun mot pour les « premierEs de corvée », aucun mot pour les Sans-Papiers, exploitéEs dans les pires des conditions ou perdant leur emploi sans chômage partiel, retenuEs dans les CRA, vivant à la rue ou dans des hébergements souvent précaires et insalubres. Aucun mot pour les jeunes migrantEs isoléEs. Il n’a eu aucun mot contre le racisme, aucun mot pour les victimes des violences policières.

    Nous disons qu’une société qui refuse l’égalité des droits aux prétextes de la nationalité, l’origine, la couleur de peau sera de plus en plus gangrénée par le racisme et les violences d’Etat.

    Nous disons qu’une société qui accepte l’inégalité des droits, la surexploitation, la répression, l’enfermement, l’expulsion des Sans-Papiers au nom de la crise, sera désarmée face à toutes les attaques sociales.

    Alors nous organisons l’Acte 3 des Sans-Papiers.

    En septembre des Sans-Papiers et des soutiens partiront de Marseille, de Rennes, de Toulouse, de Lille, de Strasbourg, Montpellier, Bayonne, Grenoble, Le Havre… de tous nos quartiers, de toutes nos communes et traverseront le pays.

    Ces marches convergeront le 17 octobre à Paris pour aller vers l’Elysée.

    Parce qu’il s’agit de liberté et de solidarité, nous manifesterons le 17 octobre en hommage à toutes les victimes du colonialisme, du racisme et des violences de la police, en hommage à toutes les victimes des politiques anti-migratoires et des contrôles au faciès.

    Parce qu’il s’agit tout simplement d’égalité nous manifesterons pour imposer enfin la régularisation de touTes les Sans-Papiers, la fermeture des centres de rétention et le logement pour touTEs.

    Premiers signataires :

    ASP
    CISPM
    CSP 13
    CSP 59
    CSP 75
    CSP 92
    CSP 93
    CSP 95
    CSP Alsace
    CSP Kabyle
    CSP Montreuil
    CSP Paris 20
    CSP Rouen
    Collectif des Immigrants en France
    Collectif Pour l’Avenir des Foyers
    Collectif Schaeffer d’Aubervilliers
    CTSP Vitry
    Droits Devant !!
    Ensemble Pour Notre Régularisation Sans Exceptions
    La Marche des Solidarités et les Etats Généraux des Migrations
    20ème Solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s
    2MSG
    Accueil Réfugiés Vals du Dauphiné
    ACORT
    ADTF
    AEResP28
    Ah Bienvenue Clandestins !
    Allamma internationale
    Alternatiba ANV Rhône
    Alternatiba Rouen
    AMDH Paris-IDF
    AMF
    Amicale CNL de Hautepierre à Strasbourg
    Amoureux au Ban Public Lyon
    ARDHIS
    Assemblée antiraciste du 20ème
    Assemblée locale des EGM de Cahors
    ASIAD
    ASIL Accueil 88
    ASMA
    ASMIE – Solidarité mineurs isolés
    ASTI d’Elbeuf
    ASTI de Montélimar
    ASTI de Petit-Quevilly
    ASTI de Romans sur Isère
    ASTI de Valence
    Association Talawassi
    ATMF
    ATTAC France
    ATTAC 45
    ATTAC Moselle
    ATTAC Rennes
    ATTAC Romans
    ATTAC Strasbourg
    Autremonde
    Ballon Rouge (Aubagne)
    Bangladesh Community in France
    BDS France Marseille
    BDS France Montpellier
    CADM 70
    CDDLE de Besançon
    Cercle 49
    CGT
    CGT AHS Franche-Comté
    Chemins Pluriels
    CISEM
    CIVCR
    CNT
    CNT-FTE
    CNT SO
    CSRA
    Collectif 343 racis.ée.s
    Collectif Casse-rôles
    Collectif Chabatz d’entrar de la Haute-Vienne
    Collectif des écoles de Marseille
    Collectif des Sorins de Montreuil
    Collectif de soutien aux réfugiés en Ariège
    Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es
    Collectif du 5 novembre – Noailles en colère
    Collectif Intersquats Exilé.e.s Lyon et Environs
    Collectif Justice et Libertés du Bas-Rhin
    Collectif Loire « Pour que personne ne dorme à la rue »
    Collectif Migrants 83
    Collectif Migrants Comminges (31)
    Collectif Réfugiés du Vaucluse
    Collectif Sénonais de Soutien aux Migrants
    Collectif Solmiré (Solidarité Migrants-Réfugiés) de Besançon
    Collectif Solidarité Migrants 01
    Collectif Solidarité Migrants Pays Basque et Sud Landes ETORKINEKIN
    Collectif Toulouse Anti CRA
    Collège sans Frontières Maurice Sève
    Comité de Soutien aux Sans-papiers Haïtiens
    Comité de Vigilance sur le Droit des Etrangers de Montbéliard
    Comité Génération.s Immigration
    Confluences
    CRI
    CRLDHT
    DAL
    Décoloniser les arts
    DIEL
    DNSI 67
    DNSI 86
    EELV Paris 18
    Emancipation Lyon-69
    Emancipation tendance intersyndicale
    Ensemble !
    ETM 31.46
    EVTC
    Extinction Rébellion Ardèche
    Extinction Rébellion Montreuil
    Extinction Rébellion PEPPS
    FASTI
    Faux-Solidaires
    FETAF
    Femmes solidaires
    FI Krutenau- Esplanade Insoumise (Strasbourg)
    Filles et Fils de la République
    FSU
    FTCR
    FUIQP
    Genepi
    GISTI
    Habitat&Citoyenneté
    ICARE 05
    Identité Plurielle
    INDECOSA-CGT 67
    Jarez Solidarités
    J’En Suis J’Y Reste
    KOLONE
    La Boîte Sans Projet
    La Cimade
    La Cimade Figeac
    La Cimade Yonne
    La Mule Du Pape
    La Révolution Est En Marche
    LDH Amiens
    LDH Istres Ouest-Provence
    LDH Mâcon
    LDH Montpellier
    LDH PACA
    L’Effet Papillon
    Le paria
    Les Voisins Solidaires de Versailles
    LFI 35
    Mama Road
    MAN
    MAN 71
    MAN IdF
    MDP
    Modus Operandi (Grenoble)
    Montreuil Rebelle
    Mouvement Utopia
    MRAP
    MRAP Centre Ardèche
    MRAP Limoges-Haute-Vienne
    MRAP Montpellier
    MRAP Strasbourg
    Nayan France Association of Child éducation Bangladesh
    Nogozon
    Nouvelle Jungle Lille
    NPA
    OCML-VP
    Organisation de Femmes Egalité
    Paris d’Exil
    PCOF
    Parti des travailleurs (Tunisie) section France
    Pas Sans Nous
    PEPS
    PIR
    Planning Familial 33
    Queer Education
    RASH Tolosa
    Ras L’Front Strasbourg
    Réfugiés Bienvenue Nîmes
    REMCC
    RESF 13
    RESF 36
    RESF 51
    RESF 61
    RESF 69
    RESF 82
    RESF Bassin minier 71
    RESF Castres
    RESF Somme
    RESF Tournon 07
    Réseau Féministe « Ruptures »
    RSM 89
    RUSF 51
    Sang pour Sans
    Section CGT de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
    Section syndicale CGT Société de Restauration du Musée du Louvre
    SNPES-PJJ/FSU
    Solidaires 13
    Solidaires 35
    Solidaires Alsace
    Solidaires en Beaujolais
    Solidarité et Langage (Valence)
    Solidarité Migrants Collectif 06
    Solidarité Migrants du Haut Nivernais
    Sous le même ciel
    SUD Culture Solidaires
    SUD Education 91
    SUD Education 92
    SUD Education 93
    Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille
    Terre d’Ancrages
    Tous Migrants
    UCL
    UD CGT 67
    UJFP
    UJFP Lyon
    Union syndicale Solidaires
    United Migrants
    Un Toit C’est Tout
    Un Toit c’est Un Droit
    UTAC
    VISA
    Voies Libres Drôme
    ZSP18

    https://www.gisti.org/spip.php?article6478
    #France #2020 #17_octobre_2020 #marche_nationale

    • « Nous avons besoin d’établissements universitaires à taille humaine, structurés en petites entités autonomes »

      Pour répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants et à la crise sanitaire, un collectif d’universitaires propose, dans une tribune au « Monde », un plan d’urgence pour 2021. Et recommande notamment l’ouverture de trois nouvelles universités dans des villes moyennes.

      A l’université, la rentrée prend des airs de cauchemar. Nous payons le fait qu’en dix ans, l’ensemble des instances locales de délibération et de décision, qui auraient été les plus à même d’anticiper les problèmes, ont été privées de leurs capacités d’action au profit de strates bureaucratiques.

      Le pouvoir centralisé de celles-ci n’a d’égal que leur incapacité à gérer même les choses les plus simples, comme l’approvisionnement en gel hydroalcoolique et en lingettes. Le succès instantané du concept de « démerdentiel » est un désaveu cinglant pour ces manageurs qui ne savent que produire des communiqués erratiques jonglant entre rentrée en « présentiel » et en « distanciel ».

      On sait pourtant à quelles conditions les universités, au lieu de devenir des foyers de contagion, auraient pu contribuer à endiguer la circulation du virus : des tests salivaires collectifs pour chaque groupe de travaux dirigés (TD), à l’instar de ce qui est mis en place à Urbana-Champaign, aux Etats-Unis ; la mise à disposition de thermomètres frontaux ; une amélioration des systèmes de ventilation de chaque salle et de chaque amphi, avec adjonction de filtres à air HEPA et de flashs UV [des rayons désinfectants] si nécessaire ; l’installation de capteurs de qualité de l’air dans chaque pièce, avec un seuil d’alerte ; la réquisition de locaux vacants et le recrutement de personnel pour dédoubler cours et TD, partout où cela est requis.

      Un budget insuffisant

      Les grandes villes ne manquent pas d’immeubles sous-exploités, souvent issus du patrimoine de l’Etat, qui auraient pu être très vite transformés en annexes universitaires. De brillants titulaires d’un doctorat capables d’enseigner immédiatement à temps plein attendent, par milliers, un poste depuis des années. Tout était possible en l’espace de ces huit derniers mois, rien n’a été fait.

      De prime abord, on serait tenté d’attribuer ce bilan au fait que la crise sanitaire, inédite, a pris de court les bureaucraties universitaires, très semblables à celles qui, depuis vingt ans, entendent piloter les hôpitaux avec le succès que l’on a vu.

      Mais une autre donnée vient éclairer cette rentrée : les universités accueillent 57 700 nouveaux étudiants, sans amphithéâtre ni salle supplémentaire, sans le moindre matériel, sans le plus petit recrutement d’universitaires et de personnel administratif et technique. Ces trois dernières années, le budget des universités a crû de 1,3 % par an, ce qui est inférieur à l’effet cumulé de l’inflation et de l’accroissement mécanique de la masse salariale.

      Certains se prévaudront sans doute de l’« effort sans commune mesure depuis 1945 » qu’est censée manifester la loi de programmation de la recherche en discussion au Parlement. Las : le projet de budget du gouvernement ne prévoit qu’un accroissement, pour les universités, de 1,1 % en 2021… Du reste, les 8,2 milliards d’euros d’abondement sur dix ans du budget de l’université proviennent des 11,6 milliards d’euros qui seront prélevés dans les salaires bruts des universitaires, en application de la réforme des retraites.

      Réquisitions et réaménagements

      Il y a quinze ans, les statistiques prévisionnelles de l’Etat annonçaient que la population étudiante allait croître de 30 % entre 2010 et 2025 (soit 400 000 étudiants en plus), pour des raisons démographiques et grâce à l’allongement de la durée des études. On aurait donc largement pu anticiper ces 57 700 nouveaux étudiants. Mais rien n’a été fait là non plus, hormis annoncer des « créations de places » jamais converties en moyens.

      Le pic démographique n’est pas derrière nous ; nos étudiants sont là pour plusieurs années, et les gestes barrières pourraient devoir être maintenus durablement. Le ministère ne peut pas persévérer comme si de rien n’était, voire arguer qu’il est déjà trop tard.

      Face à cette situation désastreuse, nous demandons une vaste campagne de recrutement de personnels titulaires dans tous les corps de métiers, tout en amorçant les réquisitions et réaménagements de locaux, afin d’aborder la rentrée 2021 dans des conditions acceptables.

      Parallèlement, si nous ne voulons pas être en permanence en retard d’une crise, un saut qualitatif est nécessaire. Nous demandons donc, outre un plan d’urgence pour 2021, la création rapide de trois universités expérimentales de taille moyenne (20 000 étudiants), correspondant à ce qui aurait dû être fait pour accueillir 57 700 étudiants dans de bonnes conditions. Cela requiert le recrutement sous statut de 4 200 universitaires et 3 400 personnels d’appui et de soutien supplémentaires, soit un budget de 500 millions d’euros par an.

      S’extraire du cauchemar

      Nous avons besoin d’établissements à taille humaine, structurés en petites entités autonomes, mises en réseau confédéral, si besoin grâce au numérique ; d’établissements qui offrent à notre jeunesse maltraitée des perspectives d’émancipation vis-à-vis du milieu d’origine et de la sclérose intellectuelle qui frappe le pays ; d’établissements qui permettent une recherche autonome, collégiale et favorisant le temps long, ce qui nous a manqué dans l’anticipation et la prévention de la pandémie.

      Pour cela, nous préconisons l’installation de ces trois universités dans des villes moyennes, hors des métropoles, en prenant appui sur le patrimoine bâti abandonné par l’Etat et sur les biens sous-utilisés des collectivités. En effet, celles-ci possèdent d’anciens tribunaux, des garnisons, voire des bâtiments ecclésiastiques qui tombent aujourd’hui en déshérence.

      Réinvesti par l’université, ce patrimoine retrouverait une utilité sociale. Sur la base des dépenses de l’« opération Campus » [un plan lancé en 2008 en faveur de l’immobilier universitaire], la construction de ces pôles dotés de résidences étudiantes en nombre suffisant nécessiterait un milliard d’euros d’investissement, à quoi il faudrait ajouter cent millions d’euros de frais de maintenance et d’entretien. C’est le prix pour s’extraire du cauchemar. Le virus se nourrit de nos renoncements. Pour sortir les campus de l’ornière, nous devons retrouver l’ambition d’une université forte, exigeante, libre et ouverte.

      Stéphane André, professeur en ingénierie à l’université de Lorraine ; Bruno Andreotti, professeur en physique à l’université de Paris ; Pascale Dubus, maîtresse de conférences en histoire de l’art à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; Julien Gossa, maître de conférences en informatique à l’université de Strasbourg ; Jacques Haiech, professeur honoraire de biotechnologie à l’université de Strasbourg ; Pérola Milman, directrice de recherche en physique quantique au CNRS ; Pierre-Yves Modicom, maître de conférences en linguistique allemande à l’université Bordeaux-Montaigne ; Johanna Siméant-Germanos, professeure en sciences politiques à l’Ecole normale supérieure.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/28/nous-avons-besoin-d-etablissements-universitaires-a-taille-humaine-structure

  • Schools in England told not to use anti-capitalist material in teaching
    https://www.theguardian.com/education/2020/sep/27/uk-schools-told-not-to-use-anti-capitalist-material-in-teaching

    The government has ordered schools in England not to use resources from organisations which have expressed a desire to end capitalism.

    Department for Education (DfE) guidance issued on Thursday for school leaders and teachers involved in setting the relationship, sex and health curriculum categorised anti-capitalism as an “extreme political stance” and equated it with opposition to freedom of speech, antisemitism and endorsement of illegal activity.

  • Greece says first migrant dies of COVID-19 since the pandemic

    A male migrant died of COVID-19 on Sunday, the first reported death of an asylum seeker since the pandemic broke out in Greece in late February, a government official told Reuters.

    The 61-year-old Afghan, a father of two children, who lived at the migrant camp of #Malakasa north of Athens, was treated and died at a hospital in Athens, the official said, adding that authorities were tracing his contacts.

    It was not immediately clear how long he had been at the hospital.

    The Malakasa camp, which hosts about 3,000 migrants, has been quarantined since Sept. 7 after positive tests for the new coronavirus.

    Many other migrant facilities in Greece have been sealed off or movement has been restricted to stem the spread of the virus.

    Greece has been the main gateway into the European Union for people fleeing conflict in the Middle East and beyond. More than a million people reached its shores from Turkey in 2015-16.

    At least 110,000 people currently live in migrant facilities - 40,000 of them in overcrowded camps on five islands.

    A fire burnt to the ground a migrant camp on Greece’s biggest, on island of Lesbos this month, leaving about 12,000 people stranded. Most of them have now moved to a temporary tent camp on the island.

    Greece reported 218 COVID-19 cases on Sunday and three deaths, bringing the total number of infections to 17,444 since the first case surfaced late February.

    https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-greece-migrants/greece-says-first-migrant-dies-of-covid-19-since-the-pandemic-idUSKBN26I0YM
    #décès #mort #covid-19 #coronavirus #grèce #asile #migrations #réfugiés #Athènes #camps_de_réfugiés

    –---

    Sur les cas de covid dans les camps de réfugiés :
    https://seenthis.net/messages/874186
    #contaminations #contamination

    ping @veronique_petit @luciebacon @karine4 @isskein

  • A #Volvic, #Danone puise et épuise l’eau

    À Volvic, Danone assure « ne pas prendre à la nature plus que ce qu’elle est capable de nous donner ». En réalité, la multinationale augmente ses prélèvements pendant les mois les plus chauds, portant atteinte aux riverains et aux eaux de surface. En toute connaissance de cause et sous le regard bienveillant des autorités.

    Tapie derrière l’image verte de son « eau des volcans », la #Société_des_eaux_de_Volvic (#SEV) se targue d’« encourager des pratiques d’hydratation plus saines et durables dans le respect de notre écosystème ». Cette communication cache pourtant une vérité dérangeante : la SEV a augmenté le débit de ses forages en pleine période de sécheresse, en 2015, 2017 et 2018, comme le montrent des documents confidentiels que Mediapart a pu obtenir. Loin de porter le fer contre la multinationale, les services de l’État ont fermé les yeux sur ces pratiques et permis à l’entreprise de doubler ses prélèvements en vingt ans. L’entreprise consomme aujourd’hui dix fois plus d’eau que la population locale.

    En plein mois de juillet 2015, alors que la sécheresse ravage le Puy-de-Dôme, obligeant la préfecture à constituer une mission d’enquête sur l’étendue des dégâts, le minéralier français appuie sur l’accélérateur. Plus de 250 millions de litres d’eau sont extraits de la nappe en quatre semaines, soit 15 % de plus que la moyenne annuelle. De quoi continuer à remplir plusieurs millions de bouteilles par jour, exportées ensuite vers des dizaines de pays à travers le monde.

    Ce comportement, en contradiction totale avec toutes les affirmations de la multinationale, se reproduit en juillet et en août 2017. Dans un compte-rendu du comité de suivi de « l’aquifère de Volvic », qui réunit services de l’État, syndicat des eaux et représentants de la multinationale, il est question de « légère augmentation » des prélèvements pendant ces deux mois. Sans que les représentants de l’État présents n’y trouvent à redire. L’été 2017 est pourtant une période particulièrement chaude qui pousse la préfecture à prendre des mesures drastiques de réduction de la consommation d’eau pour tous les usagers du département… à l’exception notable de la SEV*.

    Interrogé sur cette pratique, Danone nie en bloc. « Dans le contexte de sécheresse, depuis 2017, nous réduisons chaque année nos prélèvements lors des mois d’été », affirme une agence spécialisée dans la communication de crise, au nom du géant de l’agroalimentaire, avançant même le chiffre invérifiable de « 500 millions de litres d’eau économisés entre 2017 et 2020 ». Une affirmation contredite par les chiffres en possession de Mediapart.

    En 2018, c’est bien en janvier, puis de juin à août, que les forages de Danone ont été les plus performants, comme le montre un document confidentiel de la Direction départementale des territoires du Puy-de-Dôme. Encore une fois, cette augmentation des prélèvements intervient pendant un été particulièrement aride, au point que la préfecture du Puy-de-Dôme reconnaît l’état de catastrophe naturelle sécheresse pour 75 communes du département. Et, encore une fois, les services de l’État en sont informés et ne réagissent pas, ces prélèvements respectant de justesse les limites autorisées par la préfecture. « Les prélèvements sont plafonnés mensuellement, dans l’arrêté d’autorisation. Chaque année le service police de l’eau s’assure du respect de l’intégralité de l’arrêté, notamment des prélèvements réalisés en été », se contente de préciser la préfecture.

    Pour Jacky Massy, de l’association environnementale Preva*, l’appétit du géant français de l’eau met directement en danger les cours d’eau qui dépendent de la nappe exploitée, dont le Gargouilloux. « Tout type de prélèvements opérés sur la nappe impacte l’aval (et les cours d’eau) », explique-t-il. Pour réduire son empreinte écologique, l’activiste aimerait que Danone se limite « au marché national » et ne produise plus que des bouteilles en verre. « Aujourd’hui, avec cinq forages, il est clair qu’ils [Danone] ajoutent aux ennuis qu’on rencontre », conclut-il.

    Massy n’est pas le seul à s’inquiéter des méthodes de la multinationale et de l’attitude de l’État. Le ruisseau du Gargouilloux passe sur le domaine d’Édouard de Féligonde, situé à quelques encablures en aval de l’usine de Volvic. En cette mi-septembre, il n’est plus qu’un mince filet d’eau et les dizaines de bassins de pisciculture du propriétaire des lieux sont quasiment tous à sec. Pour Édouard de Féligonde, qui a d’abord pris la parole dans les colonnes du Monde, c’est bien l’activité de la multinationale qui est à l’origine de la pénurie. « Le comité de suivi de l’aquifère ne suit que les intérêts de Danone », cingle-t-il à propos de l’organe réunissant, depuis 2016, des représentants publics et de Danone afin de surveiller les prélèvements en eau. S’estimant lésé, Féligonde réclame plusieurs millions d’euros à la SEV, dont huit millions d’euros pour la seule remise en état de la partie de sa pisciculture classée monument historique.

    Des accusations confirmées par un document confidentiel de la Société des eaux de Volvic datant de 2017, que Mediapart a pu consulter. Il y est écrit que « l’impact des prélèvements au captage du Gargouilloux » a pu être mis « en évidence » en 2015. Sur le plus long terme, et avec l’aval des autorités, l’embouteilleur a quasiment doublé ses prélèvements depuis 1998, passant de 1,5 million de m3 à 2,7 millions en 2018 (page 29 sur 89 du document). Soit dix fois plus que la consommation annuelle d’eau potable des quelque 4 500 habitants de Volvic (page 5 sur 6 du rapport 2018 de la commune de Volvic). Parallèlement à cette explosion des prélèvements, le débit du Gargouilloux, situé à proximité immédiate du site industriel, a été divisé par sept entre 2013 et 2019, selon les chiffres de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) d’Auvergne.

    Danone continue pourtant de relativiser : « Nos analyses mettent en évidence le fait que la modification du débit s’explique essentiellement par des facteurs naturels », fait savoir l’entreprise. Sur son site, elle se veut encore plus rassurante : « L’Auvergne subit depuis plusieurs années un phénomène de sécheresse. Cela renforce les interrogations des citoyens, que nous comprenons aisément, sur la pérennité des ressources en eau. » Afin de préserver cette « ressource essentielle », Danone explique faire toute confiance à ses « experts [qui] veillent à sa gestion raisonnée ». Concernant l’eau pompée par ses soins, Danone se contente de renvoyer aux autorisations préfectorales en vigueur, sans évoquer les variations estivales : « Les quantités prélevées sont toujours en deçà des quantités autorisées par notre arrêté préfectoral. »

    Hasard malheureux du calendrier, c’est en plein bras de fer autour de la gestion de l’eau, et alors que la préfecture a annoncé pour la première fois dans la presse envisager une « baisse » des autorisations accordées à Danone, que l’État vient de valider en catimini, par un arrêté du 26 août 2020, « l’augmentation temporaire des débits » de forage de l’entreprise. Une autorisation qui intervient en pleine période de « vigilance sécheresse » et qui reste valable six mois, renouvelable une fois. « Les eaux du forage pompées durant les phases d’essai seront réinjectées dans l’aquifère en aval », précise l’arrêté, laissant à Danone le soin de réaliser lui-même le « bilan global » de cette opération, sans en préciser les modalités.

    Le but de cette dérogation ? Permettre à la firme de mener à bien la phase test de son tout nouveau forage, supposé remplacer un autre ouvrage, datant de 1968. Une opération qui ne devrait donc pas modifier les quantités globales prélevées par la SEV au cours de l’année, mais qui pourrait bien raviver les tensions, à quelques semaines d’une réunion entre les associations environnementales et le préfet. Malgré ce couac, la préfecture assure être consciente des enjeux. « Une approche globale est nécessaire et nous examinons depuis plusieurs mois, suite notamment à la sécheresse exceptionnelle de 2019, comment l’eau est consommée pour dégager des solutions à différents niveaux, expliquent les services préfectoraux du Puy-de-Dôme. L’approche doit concerner l’ensemble des prélèvements. »

    Si Danone continue de mettre en doute le lien direct entre ses prélèvements et la baisse des nappes souterraines, la corrélation a été confirmée en 2012 par une thèse de l’Institut de sciences et technologie de Paris. Mediapart a pu consulter ce document scientifique, classé confidentiel jusqu’au 31 décembre 2022. Une confidentialité à la demande du commanditaire des travaux, la Société des eaux de Volvic. L’auteur, Simon Rouquet, est formel : « On peut donc penser que le débit pompé au niveau du forage de Clairval [appartenant à Danone – ndlr] a une incidence sur le débit de la galerie du Goulet sur une durée de quelques jours. »

    Cette « galerie du Goulet » alimente plusieurs cours d’eau ainsi qu’une source utilisés pour alimenter les communes alentour en eau potable. Des données que Jean-François Béraud, expert hydrogéologue mandaté par les avocats de Féligonde, résume ainsi : « Quand on pompe davantage en haut, il y a moins d’eau en bas. »

    Une analyse que Danone réfute, préférant voir le verre à moitié plein. « Il ressort de nos études auprès des plus grands scientifiques hydrogéologues que la cause essentielle de la réduction du débit en aval consiste en des facteurs naturels (climat principalement, couvert forestier, etc.) », avance la firme. Avant de conclure : « Nos prélèvements en amont n’ont pas d’impacts significatifs sur le débit des sources de front de coulée en aval et permettent à l’aquifère de se renouveler. »

    Depuis la parution de la thèse de Simon Rouquet, il y a près de huit années, et en dépit de la communication récurrente du minéralier français, le lien entre les prélèvements de Danone et les ressources en eau de la région est clairement prouvé. Et bien connu des services de l’État, qui ont accordé une nouvelle autorisation de pomper à Danone, valable jusqu’en 2032, seulement deux ans après la publication doctorale.

    C’est un fonctionnaire d’une agence environnementale publique qui fut, à l’époque, rapporteur de la thèse de Simon Rouquet. Ce haut fonctionnaire est, entre-temps, passé avec armes et bagages chez… #Danone_Waters.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/250920/volvic-danone-puise-et-epuise-l-eau
    #eau #eau_potable #France #multinationales #extractivisme #forages #sécheresse #Puy-de-Dôme #eau_minérale #Gargouilloux #pisciculture #pénurie_d'eau #dérogation #Clairval #galerie_du_Goulet

    Une enquête signée @wereport

  • The Morals of the Market. Human Rights and the Rise of Neoliberalism

    IN THE MID-1980s, Rony Brauman, who, at the time, was the president of the leading humanitarian organization Médecins sans Frontières, established a new human rights group called Liberté sans Frontières. For the inaugural colloquium, Brauman invited a number of speakers, among them Peter Bauer, a recently retired professor from the London School of Economics. Bauer was an odd choice given that he was a staunch defender of European colonialism; he had once responded to a student pamphlet that accused the British of taking “the rubber from Malaya, the tea from India, [and] raw materials from all over the world,” by arguing that actually “the British took the rubber to Malaya and the tea to India.” Far from the West causing Third World poverty, Bauer maintained that “contacts with the West” had been the primary agents of the colonies’ material progress.

    Bauer hammered on this point at the colloquium, claiming that indigenous Amazonians were among the poorest people in the world precisely because they enjoyed the fewest “external contacts.” Taiwan, Hong Kong, Malaysia, and Singapore, he continued, showed proof of the economic benefits such contacts brought. “Whatever one thinks of colonialism it can’t be held responsible for Third World poverty,” he argued.

    In her illuminating new book, The Morals of the Market: Human Rights and the Rise of Neoliberalism, Jessica Whyte recounts this story only to ask why Brauman, a leading humanitarian activist, invited Bauer — whom the Economist had described as being as hostile to foreign aid as Friedrich Hayek had been to socialism — to deliver a talk during the opening event for a new human rights organization. Her response is multifaceted, but, as she traces the parallel histories of neoliberalism and human rights, it becomes clear that the two projects are not necessarily antithetical, and actually have more in common than one might think.

    Indeed, Liberté sans Frontières went on to play a central role in delegitimizing Third World accounts of economic exploitation. The organization incessantly challenged the accusations that Europe’s opulence was based on colonial plunder and that the world economic system made the rich richer and the poor poorer. And while it may have been more outspoken in its critique of Third Worldism than more prominent rights groups, it was in no way an outlier. Whyte reveals that in the eyes of organizations such as Amnesty International and Human Rights Watch, for instance, the major culprit for the woes of postcolonial states was neither Europe nor the international economic order but rather corrupt and ruthless Third World dictators who violated the rights of their populations as they undermined the development of a free economy. This approach coincides neatly with neoliberal thought.

    Whyte contends that we cannot understand why human rights and neoliberalism flourished together if we view neoliberalism as an exclusively economic doctrine that favors privatization, deregulation, and unfettered free markets over public institutions and government. Although she strives to distinguish herself from thinkers like Wendy Brown and Michel Foucault, she ends up following their footsteps by emphasizing the moral dimension of neoliberal thought: the idea that a competitive market was not “simply a more efficient means of distributing resources; it was the basic institution of a moral and ‘civilised’ society, and a necessary support for individual rights.”

    She exposes how neoliberal ideas informed the intense struggle over the meaning of “human rights,” and chronicles how Western rights groups and neoliberals ultimately adopted a similar interpretation, one that emphasizes individual freedoms at the expense of collective and economic rights. This interpretation was, moreover, in direct opposition to many newly independent postcolonial leaders.

    Whyte describes, for instance, how just prior to the adoption of the two 1966 human rights covenants — the International Covenant on Civil and Political Rights and the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights — Kwame Nkrumah, the first president of independent Ghana, coined the term “neo-colonialism” to refer to a series of mechanisms that perpetuate colonial patterns of exploitation in the wake of formal independence. Nkrumah “argued that the achievement of formal sovereignty had neither freed former colonies from the unequal economic relations of the colonial period nor given them political control over their own territories,” thus preventing these states from securing the basic rights of their inhabitants. A “state in the grip of neo-colonialism,” he wrote, “is not master of its own destiny.”

    Nkrumah thought that only when postcolonial states fully controlled their natural resources would they be able to invest in the population’s well-being. In the meantime, neo-colonial economic arrangements were denying African states the ability to provide adequate education and health care as well as other economic and social rights to their populations, thus revealing how these economic arrangements were welded in a Gordian knot with international politics. Any attempt to understand one without the other provided a distorted picture of reality.

    Such combining of the economy with the political, however, was anathema to neoliberal thought. In 1927, exactly three decades before Ghana’s new leader led his country to independence, Hayek’s mentor, economist Ludwig von Mises, had already argued that colonialism took advantage of the superior weaponry of the “white race” to subjugate, rob, and enslave weaker peoples. But Mises was careful to distinguish colonial oppression from the economic goals of a competitive market, noting that Britain was different since its form of colonialism pursued “grand commercial objectives.” Similarly, the British economist Lionel Robbins separated the benign economic sphere from the merciless political one, writing in the 1930s that “[n]ot capitalism, but the anarchic political organization of the world is the root disease of our civilization.”

    These thinkers set the tone for many neoliberal economists who have since defined colonial imperialism as a phenomenon of politics, not capitalism, while casting the market as a realm of mutually beneficial, free, peaceful exchange. In this view, it is the political realm that engenders violence and coercion, not the economic sphere. Yet, during the period of decolonization neoliberals also understood that they needed to introduce moral justifications for the ongoing economic exploitation of former colonies. Realizing that human rights were rapidly becoming the new lingua franca of global moral speak, Whyte suggests that they, like Nkrumah, began mobilizing rights talk — except that neoliberals deployed it as a weapon against states who tried to gain control over their country’s natural resources as well as a shield from any kind of criticism directed toward their vision of a capitalist market.

    Their relation to the state was complicated, but was not really different from the one espoused by their liberal predecessors. Neoliberal thinkers understood that states are necessary to enforce labor discipline and to protect corporate interests, embracing states that served as handmaidens to competitive markets. If, however, a state undermined the separation of political sovereignty from economic ownership or became attuned to the demands of its people to nationalize resources, that state would inevitably be perceived as a foe. The solution was to set limits on the state’s exercise of sovereignty. As Friedrich Hayek, the author of The Road to Serfdom, put it, the “taming of the savage” must be followed by the “taming of the state.”

    Shaping the state so that it advances a neoliberal economic model can, however, be a brutal undertaking, and the consequences are likely to generate considerable suffering for large segments of the population. Freed from any commitment to popular sovereignty and economic self-determination, the language of liberal human rights offered neoliberals a means to legitimize transformative interventions that would subject states to the dictates of international markets. This is why a conception of human rights, one very different from the notion of rights advanced by Nkrumah, was needed.

    In Whyte’s historical analysis the free-market ideologues accordingly adopted a lexicon of rights that buttressed the neoliberal state, while simultaneously pathologizing mass politics as a threat to individual freedoms. In a nutshell, neoliberal economists realized that human rights could play a vital role in the dissemination of their ideology, providing, in Whyte’s words, “competitive markets with a moral and legal foundation.”

    At about the same time that neoliberalism became hegemonic, human rights organizations began sprouting in the international arena. By the early 1970s, Amnesty International and the International Commission of Jurists were already active in numerous countries around the globe, and Americas Watch (a precursor to Human Rights Watch) had just been established. According to Samuel Moyn, a professor of history at Yale and author of the best seller The Last Utopia, it was precisely during this period that human rights first achieved global prominence. That Western human rights organizations gained influence during the period of neoliberal entrenchment is, Whyte argues, not coincidental.

    Although Whyte emphasizes the writings of leading neoliberal thinkers, a slightly more nuanced approach would have framed these developments as the reflection of a conjunctural moment, whereby the rise of neoliberalism and of human rights NGOs was itself part of numerous economic, social, and cultural shifts. Chile serves as a good example of this conjuncture, revealing how a combination of historical circumstances led neoliberal economics and a certain conception of human rights to merge.

    Notwithstanding the bloody takeover, the extrajudicial executions, the disappearances and wholesale torture of thousands of dissidents, Hayek’s response to Pinochet’s 1973 coup was that “the world shall come to regard the recovery of Chile as one of the great economic miracles of our time.” Milton Friedman, a key figure in the Chicago School, later echoed this assessment, describing Chile as an economic and political “miracle.” The two Nobel Prize winners were not detached observers, having provided advice to Pinochet on how to privatize state services such as education, health care, and social security, and it was Friedman’s former students, the “Chicago Boys,” who occupied central positions within the authoritarian regime, ensuring that these ideas became policy.

    What is arguably even more surprising is the reaction of human rights organizations to the bloody coup in Chile. Whyte acknowledges that Naomi Klein covered much of this ground in The Shock Doctrine, where she details how Amnesty International obscured the relationship between neoliberal “shock therapy” and political violence. Characterizing the Southern Cone as a “laboratory” for both neoliberalism and grassroots human rights activism, Klein argued that, in its commitment to impartiality, Amnesty occluded the reasons for the torture and killing, and thereby “helped the Chicago School ideology to escape from its first bloody laboratory virtually unscathed.” While Whyte concurs with Klein’s assessment, she has a slightly different point to make.

    To do so, she shows how Samuel Moyn contested Klein’s claim that the human rights movement was complicit in the rise of neoliberalism; he argued that the “chronological coincidence of human rights and neoliberalism” is “unsubstantiated” and that the so-called “Chilean miracle” is just as much due to the country’s “left’s own failures.” Moyn’s comment, Whyte cogently observes, “raises the question of why, in the period of neoliberal ascendancy, international human rights organisations flourished, largely escaping the repression that was pursued so furiously against leftists, trade unionists, rural organizers and indigenous people in countries such as Chile.”

    She points out that the CIA-trained National Intelligence Directorate had instructions to carry out the “total extermination of Marxism,” but in an effort to present Chile as a modern civilized nation, the junta did not disavow the language of human rights, and at the height of the repression allowed overseas human rights organizations such as Amnesty International and the International Commission of Jurists to enter the country, giving them extensive freedom of movement.

    Whyte explains that in focusing their attention on state violence while upholding the market as a realm of freedom and voluntary cooperation, human rights NGOs strengthened the great neoliberal dichotomy between coercive politics and free and peaceful markets. Allende’s government had challenged the myth of the market as a realm of voluntary, non-coercive, and mutually beneficial relations, and the Chilean leader paid for it with his life. By contrast, the junta with the Chicago Boys’ aid sought to uphold this myth, while using the state both to enhance a neoliberal economic order and to decimate collective political resistance. Whyte acknowledges that in challenging the junta’s torturous means, human rights NGOs arguably helped restrain the worst of its violence, but they did so at the cost of abandoning the economy as a site of political contestation.

    Whyte’s claim is not simply that the human rights NGOs dealt with political violence in isolation from the country’s economic transformations, as Klein had argued. Rather, she shows that the gap between Amnesty’s version of human rights and the version espoused by postcolonial leaders, like Nkrumah, was wide. Indeed, Amnesty International invoked human rights in a way that had little in common with Nkrumah’s program of economic self-determination, and the organization was even hostile to the violent anti-colonial struggles promoted by UN diplomats from postcolonial societies during the same period. The story of human rights and neoliberalism in Chile is not, as Whyte convincingly shows, simply a story of the massive human rights violations carried out in order to allow for market reforms, or of the new human rights NGOs that contested the junta’s violence. It is also the story of the institutionalization of a conservative and market-driven vision of neoliberal human rights, one that highlights individual rights while preserving the inequalities of capitalism by protecting the market from the intrusions of “the masses.”

    Expanding Whyte’s analysis to the present moment (the book focuses on the years between 1947 and 1987) while thinking of the relation between neoliberalism and human rights as part of a historical conjuncture, it becomes manifest that many if not most human rights NGOs operating today have been shaped by this legacy. One of its expressions is that rights groups rarely represent “the masses” in any formal or informal capacity. Consider Human Rights Watch, whose longstanding executive director Kenneth Roth oversees an annual budget of over $75 million and a staff of roughly 400 people. In four years’ time, Roth will outstrip Robert Mugabe’s 30-year tenure in office; while Roth has dedicated most of his adult life struggling against social wrongs, he has never had to compete in elections to secure his post. Indeed, due to the corporate structure of his organization the only constituency to which he is accountable are Human Rights Watch’s board members and donors — those who benefit from neoliberal economic arrangements — rather than the people whose rights the NGO defends or, needless to say, the “masses.” Moreover, Human Rights Watch is not exceptional within the rights-world, and even though rights organizations across the globe say they are interested in what the “people want,” sovereignty of the people in any meaningful sense, wherein the people can control the decisions that affect their lives most, is not really on the agenda.

    Undoubtedly, Human Rights Watch has shed light on some of the most horrendous state crimes carried out across the globe over the past several decades. Exposing egregious violations is not an easy task and is a particularly important endeavor in our post-truth era. However, truth-telling, in and of itself, is not a political strategy. Even if exposing violations is conceived of as a component of a broader political mobilization, the truths that NGOs like Human Rights Watch have been revealing are blinkered. Given that they interpret human rights in an extremely narrow way, one that aligns quite neatly with neoliberal thought, their strategy therefore fails to provide tools for those invested in introducing profound and truly transformative social change.

    From the get-go, most Western human rights NGOs had been attuned to Cold War politics and refrained from advocating for economic and social rights for decades, inventing numerous reasons to justify this stance: from the claim that the right to education and health care were not basic human rights like freedom of speech and freedom from torture, to the assertion that economic and social rights lacked a precise definition, thus rendering them difficult to campaign for. It took close to a decade after the fall of the Berlin Wall and the ongoing campaigning of Third World activists for the leading human rights organizations to acknowledge that economic and social rights, such as the right to health care, education, and social security, were indeed human rights, rights that they should dedicate at least some of its resources to fight for. But even today, almost 20 years after their integration within Human Rights Watch’s agenda, the resources allocated to the protection of these rights is relatively small, and the way that the organization strives to secure them is deeply skewed by the neoliberal view that politics and markets are separate realms and that human rights work should avoid interference with the capitalist structure of competitive markets. Wittingly or not, organizations like Human Rights Watch have not only bolstered the neoliberal imagination, but have produced a specific arsenal of human rights that shapes social struggles in a way that weakens those who aim to advance a more egalitarian political horizon.

    Several years ago, Roth tried to justify Human Rights Watch’s approach, claiming that the issues it deals with are determined by its “methodology,” and that the “essence of that methodology […] is not the ability to mobilize people in the streets, to engage in litigation, to press for broad national plans, or to provide technical assistance. Rather, the core of our methodology is our ability to investigate, expose, and shame.” The hallmark of human rights work, in his view, is uncovering discrimination, while the unequal arrangement of the local and international economy leading to discrimination are beyond the organization’s purview. Not unlike the neoliberal thinkers discussed in Whyte’s book, Human Rights Watch limits its activism to formal equality, adopting a form of inquiry that ignores and ultimately disavows the structural context, which effectively undercuts forms of collective struggle.

    Returning to Rony Brauman and the creation of Liberté sans Frontières, toward the end of the book Whyte recounts how in a 2015 interview he understood things differently than he had in the mid-1980s. “I see myself and the small group that I brought together as a kind of symptom of the rise of neoliberalism […] We had the conviction that we were a kind of intellectual vanguard, but no,” he laughed, “we were just following the rising tendency.”

    Whyte suggests that this assessment is, if anything, too modest: rather than being a symptom, the humanitarians who founded Liberté sans Frontières explicitly mobilized the language of human rights in order to contest the vision of substantive equality that defined the Third Worldist project. Brauman and his organization benefited from the neo-colonial economic arrangements and, she notes,

    were not powerless companions of the rising neoliberals, but active, enthusiastic and influential fellow travellers. Their distinctive contribution was to pioneer a distinctly neoliberal human rights discourse, for which a competitive market order accompanied by a liberal institutional structure was truly the last utopia.

    The destructive legacy that Whyte so eloquently describes suggests that the convergence between neoliberals and rights practitioners has defanged human rights from any truly emancipatory potential. Formal rights without the redistribution of wealth and the democratization of economic power, as we have learned not only from the ongoing struggles of postcolonial states but also from the growing inequality in the Global North, simply do not lead to justice. So if the objectives of a utopian imagination include equitable distribution of resources and actual sovereignty of the people, we urgently need a new vocabulary of resistance and novel methods of struggle.

    https://lareviewofbooks.org/article/how-human-rights-were-defanged-from-any-truly-emancipatory-potentia
    #droits_humains #droits_fondamentaux #néolibéralisme #néo-libéralisme

  • "#Moria. Chroniques des limbes de l’Europe" de #Marie_Doutrepont

    Un témoignage-choc dans un camp de migrants interdit aux journalistes !
    Le camp de Moria se situe sur Lesbos, une île grecque paradisiaque. Environ six mille réfugiés s’y entassent, échoués là après un voyage effroyable, entrepris avec ce qu’il leur restait d’espoir. Mais là-bas, c’est nulle part, c’est l’attente interminable.
    Les enfants jouent parmi les déchets. Les malades ne sont soignés qu’avec du paracétamol. Les familles s’entassent dans des containers ou des tentes de fortune. Le grillage est leur seul horizon. Certains d’entre eux refusent de croire qu’ils sont en Europe.
    Marie Doutrepont, avocate bénévole au sein d’une ONG, s’est rendue à Moria pour apporter une assistance juridique de première ligne aux demandeurs d’asile. De ce quotidien bouleversant, elle en écrira des lettres poignantes à ses proches. Ces échanges seront son paracétamol à elle, son exutoire, son « absolue nécessité ».
    Moria. Chroniques des limbes de l’Europe est un témoignage essentiel pour comprendre la douleur de l’exil et l’absurdité de la politique migratoire européenne, en plongeant dans les coulisses interdites de Moria. Un récit simple, humain, à la fois désespéré et pourtant empli d’espoir, car sur une même île, enfer et paradis se côtoient. Et la vie s’accroche malgré tout.

    https://www.facebook.com/180editions/posts/10157872981034199
    #livre #Lesbos #asile #migrations #réfugiés #droit_d'asile #procédure_d'asile #vulnérabilité #hotspot #hotspots #camps_de_réfugiés

    ping @isskein @karine4

    • #Interview Marie Doutrepont

      Η Marie Doutrepont είναι δικηγόρος, από το Βέλγιο, συγγραφέας του βιβλίου « Μόρια : μετέωροι στο πουθενά της Ευρώπης », που κυκλοφόρησε το 2020 από τις Εκδόσεις Ποταμός. Η συνέντευξη δημοσιεύεται μία μέρα πριν την ανακοίνωση του νέου Ευρωπαϊκού Συμβολαίου (PACT) για τη Μετανάστευση 2020 και στη σκιά της πυρκαγιάς που έλαβε χώρα στην « ντροπή της Ευρώπης », στο Κέντρου Υποδοχής και Ταυτοποίησης / καταυλισμού της Μόρια. Η Doutrepont μιλά με ακρίβεια και καρδιά για την εμπειρία της στη Μόρια, όπου παρείχε εθελοντικά νομική υποστήριξη σε δεκάδες αιτούντες/ούσες άσυλο, που βρέθηκαν παγιδευμένοι/ες μεταξύ των περιοριστικών ευρωπαϊκών νόμων και της αδυναμίας επιστροφής στις χώρες τους.

      Η συνέντευξη είναι συμπαραγωγή του ελληνικού και του βελγικού γραφείου του πρακτορείου ειδήσεων για την ειρήνη, τη μηβία και τα ανθρώπινα δικαιώματα, PRESSENZA.

      https://www.youtube.com/watch?time_continue=52&v=7_1wnHyL6Iw&feature=emb_logo

  • En #Bulgarie, le calvaire des #réfugiés_turcs

    L’administration renvoie systématiquement les citoyens turcs qui tentent de déposer une demande d’asile en Bulgarie, malgré les risques d’emprisonnement auxquels ils font face. Une violation des conventions internationales qui préserve les bonnes relations entretenues par le Premier ministre bulgare avec Recep Tayyip Erdogan.

    Ces derniers temps, un chiffre est souvent revenu dans les discours à Bruxelles. Brandi comme un mantra et comme un problème : un tiers des demandeurs d’asile déboutés quittent l’Union européenne. Trop peu pour la Commission, dont le nouveau Pacte pour l’asile et la migration prévoit d’accélérer les expulsions. Il est pourtant un pays de l’Union où les retours sont expéditifs, pour une nationalité en particulier. En Bulgarie, les autorités ne traînent jamais à ramener à la frontière les citoyens turcs. Le plus souvent en toute illégalité.

    Le dernier cas en date remonte au 18 septembre. Ce matin-là, #Selahattin_Urün, Turc d’origine kurde de 39 ans, s’apprête à quitter le centre de détention de #Kazichene, dans la banlieue de Sofia. Sa peine de neuf mois d’emprisonnement pour franchissement illégal de la frontière vient de prendre fin, et il a rendez-vous le 29 septembre devant la cour administrative pour contester le rejet de sa demande d’asile. Un militant des droits de l’homme sensible à la cause kurde l’attend devant la prison. Mais Selahattin Urün ne montera jamais dans sa voiture. A la place, c’est un véhicule de la police des frontières qui l’embarque, vers midi. Quatre heures plus tard, le demandeur d’asile est remis aux autorités turques. Il a depuis fait son retour en cellule, dans la prison d’Edirne cette fois.

    Rejet systématique des dossiers

    « Selahattin a déjà été emprisonné trois fois en Turquie depuis 2011. Au printemps 2019, il s’est malgré tout présenté aux élections municipales dans sa petite ville de Uludere, au nom du Parti démocratique des peuples [HDP, gauche pro-kurde, ndlr]. Les pressions politiques ont augmenté. Il a été poursuivi pour "propagande terroriste", et il a fini par prendre la fuite », explique Gueorgui Zelengora, historien et militant engagé pour la cause kurde, qui a rendu visite à Selahattin Urün une semaine avant son expulsion. Pour lui, comme pour l’avocate de Selahattin Urün, cette reconduite à la frontière est illégale, puisqu’elle intervient avant la fin de la procédure de demande d’asile. Ils nourrissaient toutefois très peu d’espoir vis-à-vis de cette demande. L’an passé, comme en 2018, 100% des dossiers déposés par des citoyens turcs ont été rejetés en Bulgarie, contre 37% seulement en Allemagne et 9% aux Pays-Bas, par exemple.

    Pour le ministère de l’Intérieur bulgare, qui nie avoir enfreint les conventions internationales, cette expulsion n’est qu’une opération de routine. Plus précisément une parmi 431 autres effectuées depuis 2016. Toutes au nom de l’accord de réadmission conclu entre l’UE et la Turquie, qui est censé porter essentiellement sur le renvoi en Turquie des migrants syriens. Les retours à la frontière les plus marquants ont eu lieu en 2016. En août, moins d’un mois après la tentative de coup d’Etat en Turquie, attribué par le président Recep Tayyip Erdogan à la confrérie güléniste, Abdullah Büyük est expulsé vers la Turquie, puis emprisonné dans la foulée. L’entrepreneur, qui est accusé par les autorités turques d’être le financier de la confrérie, était pourtant protégé par une double décision judiciaire estimant son extradition impossible. Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui a eu accès à des câbles diplomatiques envoyés par l’ambassade turque à Sofia, son expulsion a été personnellement validée par le procureur général et par le Premier ministre, Boïko Borissov lui-même, à la demande d’Ankara. Cette même année 2016, sept autres personnes accusées de conspiration güléniste sont arrêtées en octobre alors qu’elles tentent de se rendre en Roumanie. Elles seront renvoyées en Turquie le jour même, malgré un contexte judiciaire délétère.
    Coopération implicite

    « Il existe une coopération implicite sur les questions de migration entre les deux pays, estime Birgul Demirtas, professeure de relations internationales à l’université turco-allemande d’Istanbul. Ces dernières années, Boïko Borissov a essayé de faciliter les relations entre la Turquie et l’UE, en essayant notamment d’organiser un sommet réunissant les leaders turcs, grecs et bulgares en mars 2020, quand Ankara a décidé de laisser passer les réfugiés vers l’Europe. » Les frontières de la Bulgarie avaient alors été évitées par les bus venus de toute la Turquie pour amener les migrants au plus près de la Grèce, probablement en raison de la relation qui s’est construite au fil des ans entre Borissov et Erdogan. « Les deux hommes ont des personnalités proches et leurs pays souffrent de problèmes assez semblables, liés à une tendance à la dé-européanisation. Tout cela a créé des liens personnels entre eux », relève Birgul Demirtas.

    L’Union européenne semble prête à fermer les yeux sur les entorses aux conventions internationales qui découlent de cette relation, du moins tant que la frontière bulgare reste solidement fermée. Le 18 septembre, jour de l’expulsion de Selahattin Urün, la Commission a approuvé une rallonge budgétaire de 12,8 millions d’euros réclamée par Sofia pour augmenter le nombre de gardes-frontières en patrouille.

    https://www.liberation.fr/planete/2020/09/25/en-bulgarie-le-calvaire-des-refugies-turcs_1800500
    #asile #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #rétention #détention_administrative

  • Los #CIE de Canarias reabrirán para expulsar migrantes de las Islas

    El delegado del Gobierno de Canarias, Anselmo Pestana, considera que volver a habilitar estos espacios «es una buena noticia porque es parte también de la gestión migratoria»

    El delegado del Gobierno de Canarias, Anselmo Pestana, ha explicado los Centros de Internamientos de Extranjeros de Hoya Fría (Tenerife) y Barranco Seco (Gran Canaria) tendrán la misma función que antes de que se cerraran por la pandemia, dos semanas después de la declaración del estado de alarma: retener y repatriar a países con los que España tenga acuerdos, como Marruecos, Mauritania (donde el ministerio del Interior ha viajado recientemente) y Senegal.

    «En estos días se está organizando la reapertura de los CIE como instalaciones que permitirían la retención y posterior repatriación con los que España tenga acuerdos y que hasta ahora han estado suspendidos», ha afirmado en declaraciones periodistas.

    Estas palabras se producen un día después de una reunión del Centro de Coordinación Regional de Canarias (CCRC) celebrado en Las Palmas de Gran Canaria, a la que acudieron Pestana, del director General de Inclusión y Atención Humanitaria, Francisco Miguel Dorado y del general de División Autoridad de Coordinación para la Inmigración en Canarias (ACIC), Juan Luis Pérez.

    Entre los demás asistentes, el jefe Superior de Policía, José María Moreno, el general de Brigada Jefe de la Zona de Canarias, Juan Miguel Arribas, el Capitán Marítimo de Santa Cruz de Tenerife, José Antonio Conde y el Capitán Marítimo de Las Palmas, Francisco García, representantes de las Fuerzas Armadas, la Dirección Adjunta de Vigilancia Aduanera de la Agencia Tributaria, Cruz roja, Sasemar, CCOES-112 y Protección Civil.

    Pestana dice que las repatriaciones se realizarán en la medida en que los países con los que España mantiene acuerdos vayan abriendo sus fronteras en función de la evolución de la pandemia y considera «una buena noticia» contar con dos CIE con capacidad para 238 personas en Tenerife y 112 en Gran Canaria, porque la posibilidad de efectuar repatriaciones «también forma parte de la política migratoria».

    Sin embargo, aún no ha establecido una fecha concreta para su reapertura: «Se están organizando los turnos de trabajo» y será «estos días». Tampoco conoce cuando se reactivarán las repatriaciones, «se irá concretando» en próximas fechas, «lo anunciará el Ministerio del Interior, pero si se abren los CIE es porque hay perspectiva de que eso se produzca», ha señalado.

    Las repatriaciones han sido criticadas por ONG como la Comisión Española de Ayuda al Refugiado o el Servicio Jesuita a Migrantes y también del propio Defensor del Pueblo, en particular cuando afectaban a nacionales de Mali, país sobre el que existe una recomendación de la Naciones Unidas de no aplicar devoluciones, dada su inestabilidad.
    La acogida en Canarias

    Según los últimos datos publicados por el Ministerio del Interior, correspondientes al 15 septiembre, hasta esa fecha habían llegado a Canarias 5.121 inmigrantes en 190 embarcaciones, seis veces más que en el mismo período de 2019 (836). La cifra real en estos momentos, tras las llegadas de los últimos días (128 solo esta madrugada), probablemente estará ya más próxima al listón de los 6.000.

    Estas llegadas, junto a la imposibilidad de derivar a península o a otros territorios europeos, ha generado que más de 300 personas hayan tenido que pasar noches al raso en el muelle de Arguineguín. Con la decisión de reabrir los CIE con el fin de retomar las devoluciones se cierra la vía de utilizar estas instalaciones como espacios de acogida y se mantienen como unas instalaciones destinadas a servir como medida “preventiva y cautelar, salvaguardando los derechos y libertades reconocidos en el ordenamiento jurídico” (Ley Orgánica 4/2000) de las personas internadas, con el objetivo de ser repatriados.

    Sin embargo, incluso esta función se cumple de forma muy limitada, como en el año 2016, cuando solamente cuatro personas de las 633 internas en Barranco Seco fueron enviadas a sus países de origen, es decir, el 0,63% de los ciudadanos extranjeros que pisaron ese CIE. En el caso del CIE de Hoya Fría, un 12% de los internos fueron repatriados.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/365-dias-de-migraciones/cie-canarias-reabriran-expulsar-migrantes-islas_132_6243550.html
    #Canaries #îles_Canaries #migrations #asile #réfugiés #CRA #détention_administrative #rétention

  • #Kamena_Vourla : Locals rally against refugee children, close schools in protest

    Residents and local authorities of seaside resort of Kamena Vourla in Central Greece marched and blocked the highway lane to Athens on Wednesday to protest the presence of minor unaccompanied refugee children in their area.

    It was the second protest rally on Wednesday, while they plan a new one on Thursday.

    According to local media, Mayor of Kamena Vourla, Ioannis Sykiotis, announced that as of tomorrow, schools of all levels in the municipality will remain closed in protest.

    He said that that they were not informed by the central government about the arrival of 39 refugee children who are accommodated in a spa hotel.

    “Even the refugee children themselves do not want to stay in this area, this place is not good even for mice,” Sykiotis said adding that the closed hotel was hastily renovated in the last couple of days.

    “It is not possible that others decide for us without us. So far we have no official information from the competent authorities, but information has begun to circulate that 4-5 hotels are ready to receive refugees. This will not pass. Today’s mobilizations were just the beginning…,” the Mayor said.

    The 39 unaccompanied refugee children arrived today in Kamena Vourla are accommodated in the hotel in the town.

    According to information another 32 unaccompanied minors are expected to arrive on Thursday and stay in the spa town until they are relocated to European countries.

    Other local authorities said the arrival of the refugee children was sudden and provoked the reaction of the municipality residents and professional especially because the tourist season continues.

    KTG understands that the unaccompanied minors belong to the group of 400 refugee children that were trasnferred to the mainland right after the fires in the Moria hotspot mid-September.

    It is not the first time and will probably not be the last one that local communities on the mainland oppose government’s actions regarding the settlement of refugees, whether children, families or adults.

    https://www.keeptalkinggreece.com/2020/09/23/kamena-vourla-refugee-children-protests-local-community

    #Grèce #asile #migrations #réfugiés #anti-réfugiés #protestation

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    Ajouté à la métaliste sur migrations et tourisme :
    https://seenthis.net/messages/770799

  • Le bateau d’une ONG avec 125 migrants à bord fait route vers Marseille

    La mairie de Marseille a fait savoir de son côté que le « Alan Kurdi » sera accueilli « sans condition ».

    Le bateau « Alan Kurdi » de l’ONG allemande #Sea-Eye, qui a sauvé 133 migrants en mer samedi, fait route vers le port de Marseille en France après avoir vu ses tentatives de rejoindre les côtes italiennes échouer, a annoncé l’ONG mercredi. « L’inaction des autorités italiennes et allemandes nous contraint à cette mesure », a assuré le dirigeant de l’ONG, Gorden Isler, dans un communiqué.

    Depuis mardi soir, l’ « Alan Kurdi » fait donc route vers le port du sud de la France où il devait « comme prévu se rendre pour procéder à un changement d’équipage et se préparer à une nouvelle intervention » en Méditerranée orientale, a précisé Sea-Eye, une ONG basée à Ratisbonne, en Allemagne.

    De son côté, la Ville de Marseille a fait savoir à la mi-journée que « si le Alan Kurdi émet la volonté de venir à Marseille, nous réitérons la position selon laquelle nous ne laisserons personne se noyer en Méditerranée ». #Benoît_Payan, qui assure actuellement l’intérim de la maire de Marseille, Michèle Rubirola, éloignée pour raisons de santé, a par ailleurs précisé avoir appris l’arrivée éventuelle du navire par la presse et a insisté sur le fait que la ville était prête à accueillir ce navire « sans condition ».

    Aucune réponse des Etats

    Mardi matin, les gardes-côtes italiens avaient évacué deux femmes, un homme et cinq enfants, dont un bébé de 5 mois, a indiqué Sea-Eye, qui ajoute sur Twitter que 125 personnes se trouvent encore à l’heure actuelle à bord.

    Sea-Eye explique que jusqu’à mardi soir, « aucun poste de commandement des opérations de sauvetage européen n’a pris en charge la coordination pour les gens sauvés qui se trouvent sur l’ Alan Kurdi », les Italiens renvoyant notamment sur l’Allemagne, pays d’origine de l’ONG.

    Celle-ci a renouvelé mardi soir ses appels aux postes de commandement d’Italie, de Malte, d’Allemagne et de France ainsi qu’au ministère allemand des Affaires étrangères, « mais aucun n’a répondu », souligne Sea-Eye.
    Au moins 300 morts cette année

    L’année 2020 est marquée par une recrudescence d’embarcations en Méditerranée centrale, route migratoire la plus meurtrière du monde pour les candidats à l’exil vers l’Europe, venus pour l’essentiel de Libye et de la Tunisie voisine.

    Entre début janvier et fin juillet, les tentatives de traversée au départ de la Libye ont augmenté de 91 %, comparé à la même période l’an dernier, représentant 14 481 personnes ayant pris la mer. Celles au départ de la Tunisie ont flambé, avec 10 174 personnes concernées, en augmentation de 462 %.

    https://www.leparisien.fr/societe/le-bateau-d-une-ong-avec-125-migrants-a-bord-fait-route-vers-marseille-23.
    #villes-refuge #France #Marseille #sauvetage #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #port #sans-condition

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    ajouté à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • The Frontier Within: The European Border Regime in the Balkans

    In the summer of 2015, the migratory route across the Balkans »entered into the European spotlight, and indeed onto the screen of the global public« (Kasparek 2016: 2), triggering different interpretations and responses. Contrary to the widespread framing of the mass movement of people seeking refuge in Europe as ›crisis‹ and ›emergency‹ of unseen proportions, we opt for the perspective of »the long Summer of Migration« (Kasparek/Speer 2015) and an interpretation that regards it as »a historic and monumental year of migration for Europe precisely because disobedient mass mobilities have disrupted the European regime of border control« (Stierl/Heller/de Genova 2016: 23). In reaction to the disobedient mass mobilities of people, a state-tolerated and even state-organized transit of people, a »formalized corridor« (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016), was gradually established. To avoid the concentration of unwanted migrants on their territory, countries along the route—sometimes in consultation with their neighboring countries and EU member states, sometimes simply by creating facts—strived to regain control over the movements by channeling and isolating them by means of the corridor (see e.g. Hameršak/Pleše 2018; Speer 2017; Tošić 2017). »Migrants didn’t travel the route any more: they were hurriedly channeled along, no longer having the power to either determine their own movement or their own speed« (Kasparek 2016). The corridor, at the same time, facilitated and tamed the movement of people. In comparison to the situation in Serbia, where migrants were loosely directed to follow the path of the corridor (see e.g. Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Greenberg/Spasić 2017; Kasparek 2016: 6), migrants in other states like North Macedonia, Croatia, and Slovenia were literally in the corridor’s power, i.e. forced to follow the corridor (see Hameršak/Pleše 2018; Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Chudoska Blazhevska/Flores Juberías 2016: 231–232; Kogovšek Šalamon 2016: 44–47; Petrović 2018). The corridor was operative in different and constantly changing modalities until March 2016. Since then, migration through the Balkan region still takes place, with migrants struggling on a daily basis with the diverse means of tightened border controls that all states along the Balkan route have been practicing since.

    This movements issue wants to look back on these events in an attempt to analytically make sense of them and to reflect on the historical rupture of the months of 2015 and 2016. At the same time, it tries to analyze the ongoing developments of bordering policies and the struggles of migration. It assembles a broad range of articles reaching from analytical or research based papers shedding light on various regional settings and topics, such as the massive involvement of humanitarian actors or the role of camp infrastructures, to more activist-led articles reflecting on the different phases and settings of pro-migrant struggles and transnational solidarity practices. In an attempt to better understand the post-2015 border regime, the issue furthermore presents analyses of varying political technologies of bordering that evolved along the route in response to the mass mobilities of 2015/2016. It especially focuses on the excessive use of different dimensions of violence that seem to characterize the new modalities of the border regime, such as the omnipresent practice of push-backs. Moreover, the articles shed light on the ongoing struggles of transit mobility and (transnational) solidarity that are specifically shaped by the more than eventful history of the region molded both by centuries of violent interventions and a history of connectivity.

    Our transnational editorial group came together in the course of a summer school on the border regime in the Balkans held in Belgrade, Serbia, in 2018. It was organized by the Network for Critical Migration and Border Regime Studies (kritnet), University of Göttingen, Department of Cultural Anthropology/European Ethnology (Germany), the Research Centre of the Academy of Sciences and Arts (Slovenia), the Institute of Ethnology and Folklore Research (Croatia), and the Institute of Ethnography SASA (Serbia). The summer school assembled engaged academics from all over the region that were involved, in one form or another, in migration struggles along the route in recent years.1 The few days of exchange proved to be an exciting and fruitful gathering of critical migration and border regime scholars and activists from different regional and disciplinary backgrounds of the wider Balkans. Therefore, we decided to produce this movements issue by inviting scholars and activists from the region or with a deep knowledge on, and experience with, regional histories and politics in order to share their analyses of the Balkan route, the formalized corridor, and the developments thereafter. These developments have left a deep imprint on the societies and regional politics of migration, but they are very rarely taken into consideration and studied in the West as the centuries long entanglements that connect the Balkan with the rest of Europe.

    In this editorial, we will outline the transnational mobility practices in the Balkans in a historical perspective that includes the framework of EU-Balkan relations. With this exercise we try to historize the events of 2015 which are portrayed in many academic as well as public accounts as ›unexpected‹ and ›new‹. We also intend to write against the emergency and escalation narrative underlying most public discourses on the Balkans and migration routes today, which is often embedded in old cultural stereotypes about the region. We, furthermore, write against the emergency narrative because it erodes the agency of migration that has not only connected the region with the rest of the globe but is also constantly reinventing new paths for reaching better lives. Not only the history of mobilities, migrations, and flight connecting the region with the rest of Europe and the Middle East can be traced back into the past, but also the history of political interventions and attempts to control these migrations and mobilities by western European states. Especially the EU accession processes produce contexts that made it possible to gradually integrate the (Western) Balkan states into the rationale of EU migration management, thus, setting the ground for today’s border and migration regime. However, as we will show in the following sections, we also argue against simplified understandings of the EU border regime that regard its externalization policy as an imperial top-down act. Rather, with a postcolonial perspective that calls for decentering western knowledge, we will also shed light on the agency of the national governments of the region and their own national(ist) agendas.
    The Formalized Corridor

    As outlined above, the formalized corridor of 2015 reached from Greece to Northern and Central Europe, leading across the states established in the 1990s during the violent breakdown of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia and, today, are additionally stratified vis-à-vis the EU. Slovenia and Croatia are EU member states, while the others are still in the accession process. The candidate states Serbia, North Macedonia and Montenegro have opened the negotiation process. Bosnia and Herzegovina and Kosovo—still not recognized as a sovereign state by Serbia and some EU member states—have the status of potential candidates. However, in 2015 and 2016, the states along the corridor efficiently collaborated for months on a daily basis, while, at the same time, fostering separate, sometimes conflicting, migration politics. Slovenia, for example, raised a razor-wire fence along the border to Croatia, while Croatia externalized its border to Serbia with a bilateral agreement (Protokol) in 2015 which stated that the »Croatian Party« may send a »train composition with its crew to the railway station in Šid [in Serbia], with a sufficient number of police officers of the Republic of Croatia as escort« (Article 3 Paragraph 2).

    Despite ruptures and disputes, states nevertheless organized transit in the form of corridor consisting of trains, buses, and masses of walking people that were guarded and directed by the police who forced people on the move to follow the corridor’s direction and speed. The way the movements were speedily channeled in some countries came at the cost of depriving people of their liberty and freedom of movement, which calls for an understanding of the corridor as a specific form of detention: a mobile detention, ineligible to national or EU legislation (see Hameršak/Pleše 2018; Kogovšek Šalamon 2016: 44–47). In the context of the corridor, camps became convergence points for the heterogeneous pathways of movements. Nevertheless, having in mind both the proclaimed humanitarian purpose of the corridor, and the monumental numbers of people to whom the corridor enabled and facilitated movement, the corridor can be designated as an unprecedented formation in recent EU history. In other words: »The corridor – with all its restrictions – remains a historical event initiated by the movement of people, which enabled thousands to reach central Europe in a relatively quick and safe manner. […] But at the same time it remained inscribed within a violent migration management system« (Santer/Wriedt 2017: 148).

    For some time, a broad consensus can be observed within migration and border studies and among policy makers that understands migration control as much more than simply protecting a concrete borderline. Instead, concepts such as migration management (Oelgemoller 2017; Geiger/Pécoud 2010) and border externalization (as specifically spelled out in the EU document Global Approach to Migration of 2005) have become increasingly important. In a spatial sense, what many of them have in common is, first, that they assume an involvement of neighboring states to govern migration in line with EU migration policies. Second, it is often stated that this leads to the creation of different zones encircling the European Union (Andreas/Snyder 2000). Maribel Casas-Cortes and Sebastian Cobarrubias, for instance, speak of four such zones: the first zone is »formed by EU member states, capable of fulfilling Schengen standards«, the second zone »consists of transit countries« (Casas-Cortes/Cobarrubias 2019), the third zone is characterized by countries such as Turkey, which are depicted by emigration as well as transit, and the fourth zone are countries of origin. While Casas-Cortes and Cobarrubias rightly criticize the static and eurocentric perspective of such conceptualizations, they nevertheless point to the unique nature of the formalized corridor because it crisscrossed the above mentioned zones of mobility control in an unprecedented way.

    Furthermore, the corridor through the Balkans can be conceived as a special type of transnational, internalized border. The internalized European borders manifest themselves to a great extent in a punctiform (see Rahola 2011: 96–97). They are not only activated in formal settings of border-crossings, police stations, or detention centers both at state borders and deep within state territories, but also in informal settings of hospitals, hostels, in the streets, or when someone’s legal status is taken as a basis for denying access to rights and services (i.e. to obtain medical aid, accommodation, ride) (Guild 2001; Stojić Mitrović/Meh 2015). With the Balkan corridor, this punctiform of movement control was, for a short period, fused into a linear one (Hameršak/Pleše 2018).

    The rules of the corridor and its pathways were established by formal and informal agreements between the police and other state authorities, and the corridor itself was facilitated by governmental, humanitarian, and other institutions and agencies. Cooperation between the countries along the route was fostered by representatives of EU institutions and EU member states. It would be too simple, though, to describe their involvement of the countries along the route as merely reactive, as an almost mechanical response to EU and broader global policies. Some countries, in particular Serbia, regarded the increasing numbers of migrants entering their territory during the year 2015 as a window of opportunity for showing their ›good face‹ to the European Union by adopting ›European values‹ and, by doing so, for enhancing their accession process to the European Union (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Greenberg/Spasić 2017). As Tošić points out, »this image was very convenient for Serbian politicians in framing their country as ›truly European‹, since it was keeping its borders open unlike some EU states (such as Hungary)« (2017: 160). Other states along the corridor also played by their own rules from time to time: Croatia, for example, contrary to the Eurodac Regulation (Regulation EU No 603/2013), avoided sharing registration data on people in transit and, thus, hampered the Dublin system that is dependent on Eurodac registration. Irregular bureaucracies and nonrecording, as Katerina Rozakou (2017) calls such practices in her analysis of bordering practices in the Greek context, became a place of dispute, negotiations, and frustrations, but also a clear sign of the complex relationships and different responses to migration within the European Union migration management politics itself.

    Within EU-member states, however, the longer the corridor lasted, and the more people passed through it, the stronger the ›Hungarian position‹ became. Finally, Austria became the driving force behind a process of gradually closing the corridor, which began in November 2015 and was fully implemented in March 2016. In parallel, Angela Merkel and the European Commission preferred another strategy that cut access to the formalized corridor and that was achieved by adopting a treaty with Turkey known as the »EU-Turkey deal« signed on 18 March 2016 (see Speer 2017: 49–68; Weber 2017: 30–40).

    The humanitarian aspect for the people on the move who were supposed to reach a safe place through the corridor was the guiding principle of public discourses in most of the countries along the corridor. In Serbia, »Prime Minister Aleksandar Vučić officially welcomed refugees, spoke of tolerance, and compared the experience of refugees fleeing war-torn countries to those of refugees during the wars of Yugoslav Succession« (Greenberg/Spasić 2017: 315). Similar narratives could also be observed in other countries along the corridor, at least for some period of time (see, for Slovenia, Sardelić 2017: 11; for Croatia, Jakešević 2017: 184; Bužinkić 2018: 153–154). Of course, critical readings could easily detect the discriminatory, dehumanizing, securitarizing, and criminalizing acts, practices, tropes, and aspects in many of these superficially caring narratives. The profiling or selection of people, ad hoc detentions, and militarization—which were integral parts of the corridor—were, at the time, only denounced by a few NGOs and independent activists. They were mostly ignored, or only temporarily acknowledged, by the media and, consequently, by the general public.

    Before May 2015, ›irregular‹ migration was not framed by a discourse of ›crisis‹ in the countries along the route, rather, the discourse was led by a focus on ›separate incidents‹ or ›situations‹. The discursive framing of ›crisis‹ and ›emergency‹, accompanied by reports of UN agencies about ›unprecedented refugee flows in history‹, has been globally adopted both by policy makers and the wider public. »In the wake of the Summer of Migration, all involved states along the Balkan route were quick to stage the events as an ›emergency‹ (Calhoun 2004) and, in best humanitarian fashion, as a major humanitarian ›crisis‹, thus legitimizing a ›politics of exception‹« (Hess/Kasparek 2017: 66). Following the logic that extraordinary situations call for, and justify, the use of extraordinary measures, the emergency framework, through the construction of existential threats, resulted, on the one hand, in a loosely controlled allocation of resources, and, on the other hand, in silencing many critical interpretations, thus allowing various ›risk management activities‹ to happen on the edge of the law (Campesi 2014). For the states along the route, the crisis label especially meant a rapid infusion of money and other resources for establishing infrastructures for the urgent reception of people on the move, mainly deriving from EU funds. Politically and practically, these humanitarian-control activities also fastened the operational inclusion of non-EU countries into the European border regime.

    As Sabine Hess and Bernd Kasparek have pointed out, the politics of proclaiming a ›crisis‹ is at the heart of re-stabilizing the European border regime, »making it possible to systematically undermine and lever the standards of international and European law without serious challenges to date« (Hess/Kasparek 2017: 66). The authors:

    »have observed carefully designed policy elements, which can be labelled as anti-litigation devices. The design of the Hungarian transit zones is a striking case in point. They are an elementary part of the border fence towards Serbia and allow for the fiction that the border has not been closed for those seeking international protection, but rather that their admission numbers are merely limited due to administrative reasons: each of the two transit zones allows for 14 asylum seekers to enter Hungary every day« (Hess/Kasparek 2017: 66; on the administrative rationale in Slovenia see e.g. Gombač 2016: 79–81).

    The establishment of transit zones was accompanied by a series of legislative tightenings, passed under a proclaimed ›crisis situation caused by mass immigration‹, which, from a legal point of view, lasts until today. Two aspects are worth mentioning in particular: First, the mandatory deportation of all unwanted migrants that were detected on Hungarian territory to the other side of the fence, without any possibility to claim for asylum or even to lodge any appeal against the return. Second, the automatic rejection of all asylum applications as inadmissible, even of those who managed to enter the transit zones, because Serbia had been declared a safe third country (Nagy/Pál 2018). This led to a completely securitized border regime in Hungary, which might become a ›role model‹, not only for the countries in the region but also for the European border regime as a whole (ECtHR – Ilias and Ahmed v. Hungary Application No. 47287/15).
    The Long Genealogy of the Balkan Route and its Governance

    The history of the Balkan region is a multiply layered history of transborder mobilities, migration, and flight reaching back as far as the times of the Habsburg and Ottoman empires connecting the region with the East and Western Europe in many ways. Central transportation and communication infrastructures partially also used by today’s migratory projects had already been established at the heydays of Western imperialism, as the Orient Express, the luxury train service connecting Paris with Istanbul (1883), or the Berlin-Baghdad railway (built between 1903 and 1940) indicate. During World War II, a different and reversed refugee route existed, which brought European refugees not just to Turkey but even further to refugee camps in Syria, Egypt, and Palestine and was operated by the Middle East Relief and Refugee Administration (MERRA).

    The Yugoslav highway, the Highway of Brotherhood and Unity (Autoput bratstva i jedinstva) often simply referred to as the ›autoput‹ and built in phases after the 1950s, came to stretch over more than 1,000 km from the Austrian to the Greek borders and was one of the central infrastructures enabling transnational mobilities, life projects, and exile. In the 1960s, direct trains departing from Istanbul and Athens carried thousands of prospective labor migrants to foreign places in Germany and Austria in the context of the fordist labor migration regime of the two countries. At the end of that decade, Germany signed a labor recruitment agreement with Yugoslavia, fostering and formalizing decades long labor migrations from Croatia, Serbia, and other countries to Germany (Gatrell 2019, see e.g. Lukić Krstanović 2019: 54–55).

    The wars in the 1990s that accompanied the dissolution of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia, and the consequent establishment of several new nation states, created the first large refugee movement after the Second World War within Europe and was followed by increasing numbers of people fleeing Albania after the fall of its self-isolationist regime and the (civil) wars in the Middle East, Iraq, Turkey, Iran, and Afghanistan since the mid-1990s. As the migratory route did not go north through the Balkan Peninsula, but mainly proceeded to Italy at the time, the label Balkan route was mostly used as a name for a drugs and arms smuggling route well known in the West. Although there was migration within and to Europe, the Balkan migratory route, with the exception of refugee movements from ex-Yugoslavia, was yet predominantly invisible to the broader European public.

    Sparse ethnographic insights from the beginning of the 2000s point this out. Academic papers on migrant crossings from Turkey to the island of Lesbos mention as follows: »When the transport service began in the late 1980s it was very small and personal; then, in the middle of the 1990s, the Kurds began to show up – and now people arrive from just about everywhere« (Tsianos/Hess/Karakayali 2009: 3; see Tsianos/Karakayali 2010: 379). A document of the Council of the European Union from 1997 formulates this as following:

    »This migration appears to be routed essentially either through Turkey, and hence through Greece and Italy, or via the ›Balkans route‹, with the final countries of destination being in particular Germany, the Netherlands and Sweden. Several suggestions were put forward for dealing with this worrying problem, including the strengthening of checks at external borders, the stepping up of the campaign against illegal immigration networks, and pre-frontier assistance and training assignments in airports and ports in certain transit third countries, in full cooperation with the authorities in those countries« (ibid. quoted in Hess/Kasparek 2020).

    During this time, the EU migration management policies defined two main objectives: to prevent similar arrivals in the future, and to initiate a system of control over migration movements toward the EU that would be established outside the territories of the EU member states. This would later be formalized, first in the 2002 EU Action Plan on Illegal Immigration (see Hayes/Vermeulen 2012: 13–14) and later re-confirmed in the Global Approach to Migration (2005) framework concerning the cooperation of the EU with third states (Hess/Kasparek 2020). In this process, the so-called migratory routes-approach and accompanying strategies of controlling, containing, and taming the movement »through epistemology of the route« (Hess/Kasparek 2020) became a main rationale of the European border control regime. Thus, one can resume that the route was not only produced by movements of people but also by the logic, legislation, investment etc. of EU migration governance. Consequently, the clandestine pathways across the Balkans to Central and Western Europe were frequently addressed by security bodies and services of the EU (see e.g. Frontex 2011; Frontex 2014), resulting in the conceptual and practical production of the Balkan as an external border zone of the EU.

    Parallel to the creation of ›Schengenland‹, the birth of the ›Area of Freedom, Security and Justice‹ inter alia as an inner-EU-free-mobility-zone and EU-based European border and migration regime in the late 1990s, the EU created the Western Balkans as an imaginary political entity, an object of its neighborhood and enlargement policy, which lies just outside the EU with a potential ›European future‹. For the purpose of the Stabilization and Association Process (SAP) initiated in 1999, the term Western Balkan was launched in the EU political context in order to include, at that moment, ›ex-Yugoslav states minus Slovenia plus Albania‹ and to presumably avoid potential politically sensitive notions. The Western Balkans as a concept represents a combination of a political compromise and colonial imagery (see Petrović 2012: 21–36). Its aim was to stabilize the region through a radical redefinition that would restrain from ethno-national toponyms and to establish a free-trade area and growing partnership with the EU. The SAP set out common political and economic goals for the Western Balkan as a region and conducted political and economic progress evaluations ›on a countries’ own merits‹. The Thessaloniki Summit in 2003 strengthened the main objectives of the SAP and formally took over elements of the accession process—institutional domains and regulations that were to be harmonized with those existing in the EU. Harmonization is a wide concept, and it basically means adopting institutional measures following specific demands of the EU. It is a highly hierarchized process in which states asked to ›harmonize‹ do not have a say in things but have to conform to the measures set forth by the EU. As such, the adoption of the EU migration and border regime became a central part of the ongoing EU-accession process that emerged as the main platform and governmental technology of the early externalization and integration of transit and source countries into the EU border regime. This was the context of early bilateral and multilateral cooperation on this topic (concerning involved states, see Lipovec Čebron 2003; Stojić Mitrović 2014; Župarić-Iljić 2013; Bojadžijev 2007).

    The decisive inclusion of the Western Balkan states in the EU design of border control happened at the Thessaloniki European Summit in 2003, where concrete provisions concerning border management, security, and combating illegal migration were set according to European standards. These provisions have not been directly displayed, but were concealed as part of the package of institutional transformations that respective states had to conduct. The states were promised to become members of the EU if the conditions were met. In order to fulfill this goal, prospective EU member states had to maintain good mutual relations, build statehoods based on ›the rule of law‹, and, after a positive evaluation by the EU, begin with the implementation of concrete legislative and institutional changes on their territories (Stojić Mitrović/Vilenica 2019). The control of unwanted movements toward the EU was a priority of the EU accession process of the Western Balkan states from the very beginning (Kacarska 2012). It started with controlling the movement of their own nationals (to allow the states to be removed from the so-called Black Schengen list) during the visa facilitation process. If they managed to control the movement of their own nationals, especially those who applied for asylum in the EU via biometric passports and readmission obligations (asylum seekers from these states comprise a large portion of asylum seekers in the EU even today), they were promised easier access to the EU as an economic area. Gradually, the focus of movement control shifted to third-country nationals. In effect, the Western Balkan states introduced migration-related legislative and institutional transformations corresponding to the ones already existing in the EU, yet persistent ›non-doing‹ (especially regarding enabling access to rights and services for migrants) remained a main practice of deterrence (Valenta/Zuparic-Iljic/Vidovic 2015; Stojić Mitrović 2019).

    From the very beginning, becoming an active part of the European border regime and implementing EU-centric migration policies, or, to put it simply, conducting control policies over the movements of people, has not been the goal of the states along the Balkan route per se but a means to obtain political and economic benefits from the EU. They are included into the EU border regime as operational partners without formal power to influence migration policies. These states do have a voice, though, not only by creating the image of being able to manage the ›European problem‹, and accordingly receive further access to EU funds, but also by influencing EU migration policy through disobedience and actively avoiding conformity to ›prescribed‹ measures. A striking example of creative state disobedience are the so-called 72-hour-papers, which are legal provisions set by the Serbian 2007 Law on Asylum, later also introduced as law in North Macedonia in June 2015: Their initial function was to give asylum seekers who declared their ›intention to seek asylum‹ to the police the possibility to legally proceed to one of the asylum reception centers located within Serbia, where, in a second step, their asylum requests were to be examined in line with the idea of implementing a functioning asylum system according to EU standards. However, in practice, these papers were used as short-term visas for transiting through North Macedonia and Serbia that were handed out to hundreds of thousands of migrants (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016: 17–19, 36).

    Furthermore, the introduction of migration control practices is often a means for achieving other political and economic goals. In the accessing states, migration management is seen as services they provide for the EU. In addition, demands created by migration management goals open new possibilities for employment, which are essential to societies with high unemployment rates.

    Besides direct economic benefits, migration has been confirmed to be a politically potent instrument. States and their institutions were more firmly integrated into existing EU structures, especially those related to the prevention of unwanted migration, such as increased police cooperation and Frontex agreements. On a local level, political leaders have increasingly been using migration-related narratives in everyday political life in order to confront the state or other political competitors, often through the use of Ethno-nationalist and related discourses. In recent times, as citizens of the states along the Balkan route themselves migrate in search for jobs and less precarious lives, migration from third states has been discursively linked to the fear of foreigners permanently settling in places at the expense of natives.
    Contemporary Context

    According to a growing body of literature (e.g. Hess/Kasparek 2020; Lunaček Brumen/Meh 2016; Speer 2017), the Balkan route of the year 2015 and the first months of 2016 can be conceptualized in phases, beginning with a clandestine phase, evolving to an open route and formalized corridor and back to an invisible route again. It is necessary to point to the fact that these different phases were not merely the result of state or EU-led top-down approaches, but the consequence of a »dynamic process which resulted from the interplay of state practices, practices of mobility, activities of activists, volunteers, and NGOs, media coverage, etc. The same applies for its closure« (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016: 6).

    The closure of the corridor and stricter border controls resulted in a large transformation of the Balkan route and mobility practices in the recent years, when push-backs from deep within the EU-territory to neighboring non-EU states, erratic movements across borders and territories of the (Western) Balkan states, or desperate journeys back to Greece and then back to the north became everyday realities. In the same period, the route proliferated into more branches, especially a new one via Bosnia and Herzegovina. This proliferation lead to a heightened circulation of practices, people, and knowledge along these paths: a mushrooming of so-called ›jungle camps‹ in Bosnia and Herzegovina, an escalation of border violence in Croatia, chain push-backs from Slovenia, significant EU financial investments into border control in Croatia and camp infrastructures in neighboring countries, the deployment of Frontex in Albania, etc. As the actual itineraries of people on the move multiplied, people started to reach previously indiscernible spots, resulting in blurring of the differences between entering and exiting borders. Circular transit with many loops, involving moving forward and backwards, became the dominant form of migration movements in the region. It transformed the Balkan route into a »Balkan Circuit« (Stojić Mitrović/Vilenica 2019: 540; see also Stojić Mitrović/Ahmetašević/Beznec/Kurnik 2020). The topography changed from a unidirectional line to a network of hubs, accommodation, and socializing spots. In this landscape, some movements still remain invisible—undetected by actors aiming to support, contain, and even prevent migration. »We have no information about persons who have money to pay for the whole package, transfer, accommodation, food, medical assistance when needed, we have no idea how many of them just went further«, a former MSF employee stressed, »we only see those who reach for aid, who are poor or injured and therefore cannot immediately continue their journey.« Some movements are intentionally invisibilized by support groups in order to avoid unwanted attention, and, consequently, repressive measures have also become a common development in border areas where people on the move are waiting for their chance to cross. However, it seems that circular transnational migration of human beings, resulting directly from the securitarian practices of the European border regime, have also become a usual form of mobility in the region.

    The Balkan route as a whole has been increasingly made invisible to spectators from the EU in the last years. There were no mass media coverage, except for reports on deplorable conditions in certain hubs, such as Belgrade barracks (Serbia), Vučjak camp (Bosnia and Herzegovina), or violent push-backs from Croatia that received global and EU-wide attention. However, this spectacularization was rarely directly attributed to the externalization of border control but rather more readily linked to an presumed inability of the Balkan states to manage migration, or to manage it without the blatant use of violence.

    As Marta Stojić Mitrović and Ana Vilenica (2019) point out, practices, discourses, knowledge, concepts, technologies, even particular narratives, organizations, and individual professionals are following the changed topography. This is evident both in the securitarian and in the humanitarian sector: Frontex is signing or initiating cooperation agreements with non-EU member Balkan states, border guards learn from each other how to prevent movements or how to use new equipment, obscure Orbanist legislative changes and institutionalized practices are becoming mainstream, regional coordinators of humanitarian organizations transplant the same ›best practices‹ how to work with migrants, how to organize their accommodation, what aid to bring and when, and how to ›deal‹ with the local communities in different nation-states, while the emergency framework travels from one space to another. Solidarity groups are networking, exchanging knowledge and practices but simultaneously face an increased criminalization of their activities. The public opinion in different nation states is shaped by the same dominant discourses on migration, far-right groups are building international cooperations and exploit the same narratives that frame migrants and migration as dangerous.
    About the Issue

    This issue of movements highlights the current situation of migration struggles along this fragmented, circular, and precarious route and examines the diverse attempts by the EU, transnational institutions, countries in the region, local and interregional structures, and multiple humanitarian actors to regain control over the movements of migration after the official closure of the humanitarian-securitarian corridor in 2016. It reflects on the highly dynamic and conflicting developments since 2015 and their historical entanglements, the ambiguities of humanitarian interventions and strategies of containment, migratory tactics of survival, local struggles, artistic interventions, regional and transnational activism, and recent initiatives to curb the extensive practices of border violence and push-backs. In doing so, the issue brings back the region on the European agenda and sheds light on the multiple historical disruptions, bordering practices, and connectivities that have been forming its presence.

    EU migration policy is reaffirming old and producing new material borders: from border fences to document checks—conducted both by state authorities and increasingly the general population, like taxi drivers or hostel owners—free movement is put in question for all, and unwanted movements of migrants are openly violently prevented. Violence and repression toward migrants are not only normalized but also further legalized through transformations of national legislation, while migrant solidarity initiatives and even unintentional facilitations of movement or stay (performed by carriers, accommodation providers, and ordinary citizens) are increasingly at risk of being criminalized.

    In line with this present state, only briefly tackled here, a number of contributions gathered in this issue challenge normative perceptions of the restrictive European border regime and engage in the critical analysis of its key mechanisms, symbolic pillars, and infrastructures by framing them as complex and depending on context. Furthermore, some of them strive to find creative ways to circumvent the dominance of linear or even verbal explication and indulge in narrative fragments, interviews, maps, and graphs. All contributions are focused and space- or even person-specific. They are based on extensive research, activist, volunteer or other involvement, and they are reflexive and critical towards predominant perspectives and views.

    Artist and activist Selma Banich, in her contribution entitled »Shining«, named after one of her artistic intervention performed in a Zagreb neighborhood, assembles notes and reflections on her ongoing series of site-specific interventions in Zagreb made of heat sheet (hallmarks of migrants’ rescue boats and the shores of Europe) and her personal notes in which she engages with her encounters with three persons on the move or, rather, on the run from the European border control regime. Her contribution, formulated as a series of fragments of two parallel lines, which on the surface seem loosely, but in fact deeply, connected, speaks of the power of ambivalence and of the complexities of struggles that take place everyday on the fringes of the EU. Andrea Contenta visualizes and analyzes camps that have been mushrooming in Serbia in the recent years with a series of maps and graphs. The author’s detailed analysis—based on a critical use of available, often conflicting, data—shows how Serbia has kept thousands of people outside of the western EU territory following a European strategy of containment. Contenta concludes his contribution with a clear call, stating: »It is not only a theoretical issue anymore; containment camps are all around us, and we cannot just continue to write about it.« Serbia, and Belgrade in particular, is of central importance for transmigration through the Balkans. On a micro-level, the maps of Paul Knopf, Miriam Neßler and Cosima Zita Seichter visualize the so-called Refugee District in Belgrade and shed light on the transformation of urban space by transit migration. On a macro-level, their contribution illustrates the importance of Serbia as a central hub for migrant mobility in the Balkans as well as for the externalization of the European border regime in the region. The collective efforts to support the struggle of the people on the move—by witnessing, documenting, and denouncing push-backs—are presented by the Push-Back Map Collective’s self-reflection. In their contribution to this issue, the Push-Back Map Collective ask themselves questions or start a dialogue among themselves in order to reflect and evaluate the Push-Back map (www.pushbackmap.org) they launched and maintain. They also investigate the potentials of political organizing that is based on making an invisible structure visible. The activist collective Info Kolpa from Ljubljana gives an account of push-backs conducted by the Slovenian police and describes initiatives to oppose what they deem as systemic violence of police against people on the move and violent attempts to close the borders. The text contributes to understanding the role of extralegal police practices in restoring the European border regime and highlights the ingenuity of collectives that oppose it. Patricia Artimova’s contribution entitled »A Volunteer’s Diary« could be described as a collage of diverse personal notes of the author and others in order to present the complexity of the Serbian and Bosnian context. The genre of diary notes allows the author to demonstrate the diachronic line presented in the volunteers’ personal engagements and in the gradual developments occurring in different sites and states along the route within a four-year period. She also traces the effects of her support for people on the move on her social relations at home. Emina Bužinkić focuses on the arrest, detention, and deportation of a non-EU national done by Croatia to show the implications of current securitization practices on the everyday lives and life projects of migrants and refugees. Based on different sources (oral histories, official documentation, personal history, etc.), her intervention calls for direct political action and affirms a new genre one could provisionally call ›a biography of a deportation‹. In her »Notes from the Field« Azra Hromadžić focuses on multiple encounters between the locals of Bihać, a city located in the northwestern corner of Bosnia and Herzegovina, and people on the move who stop there while trying to cross into Croatia and the EU. Some of the sections and vignettes of her field notes are written as entries describing a particular day, while others are more anthropological and analytical reflections. Her focus lies on the local people’s perspectives, the dynamics of their daily encounters with migrants and alleged contradictions, philigram distinctions, as well as experiences of refugeeness that create unique relationships between people and histories in Bihać. Karolína Augustová and Jack Sapoch, activists of the grassroots organization No Name Kitchen and members of the Border Violence Monitoring Network, offer a systematized account of violence towards people on the move with their research report. The condensed analysis of violent practices, places, victims, and perpetrators of the increasingly securitized EU border apparatus is based on interviews conducted with people on the move in border areas with Croatia, Šid (Serbia) and Velika Kladuša (BiH). They identify a whole range of violence that people on the move are facing, which often remains ignored or underestimated, and thus condoned, in local national settings as well as on the EU and global level. They conclude that border violence against people on the move cannot be interpreted as mere aggression emanating from individuals or groups of the police but is embedded in the states’ structures.

    We also gathered scientific papers discussing and analyzing different aspects of the corridor and the years thereafter. In their article, Andrej Kurnik and Barbara Beznec focus on assemblages of mobility, which are composed of practices of migrants and local agencies that strive to escape what the authors call ›the sovereign imperative‹. In their analysis of different events and practices since 2015, they demonstrate how migratory movements reveal the hidden subalternized local forms of escape and invigorate the dormant critique of coloniality in the geopolitical locations along the Balkan route. In their concluding remarks, the authors ask to confront the decades-long investments into repressive and exclusionary EU migration policies and point to the political potential of migration as an agent of decolonization. The authors stress that post-Yugoslav European borderland that has been a laboratory of Europeanization for the last thirty years, a site of a ›civilizing‹ mission that systematically diminishes forms of being in common based on diversity and alterity is placed under scrutiny again. Romana Pozniak explores the ethnography of aid work, giving special attention to dynamics between emotional and rational dimensions. Based primarily on interviews conducted with humanitarians employed during the mass refugee transit through the Balkan corridor, she analyzes, historizes, and contextualizes their experiences in terms of affective labor. The author defines affective labor as efforts invested in reflecting on morally, emotionally, and mentally unsettling affects. She deals with local employment measures and how they had an impact on employed workers. Pozniak discusses the figure of the compassionate aid professional by it in a specific historical context of the Balkan corridor and by including personal narrations about it. The article of Robert Rydzewski focuses on the situation in Serbia after the final closure of the formalized corridor in March 2016. Rydzewski argues that extensive and multidirectional migrant movements on the doorstep of the EU are an expression of hope to bring a ›stuckedness‹ to an end. In his analysis, he juxtaposes the representations of migrant movements as linear with migrant narratives and their persistent unilinear movement despite militarized external European Union borders, push-backs, and violence of border guards. Rydzewsky approaches the structural and institutional imposition of waiting with the following questions: What does interstate movement mean for migrants? Why do migrants reject state protection offered by government facilities in favor of traveling around the country? In her article, Céline Cantat focuses on the Serbian capital Belgrade and how ›solidarities in transit‹ or the heterogeneous community of actors supporting people on the move emerged and dissolved in the country in 2015/2016. She analyzes the gradual marginalization of migrant presence and migration solidarity in Belgrade as an outcome of imposing of an institutionalized, official, camp-based, and heavily regulated refugee aid field. This field regulates the access not only to camps per se, but also to fundings for activities by independent groups or civil sector organizations. Teodora Jovanović, by using something she calls ›autoethnography of participation‹, offers a meticulous case study of Miksalište, a distribution hub in Belgrade established in 2015, which she joined as a volunteer in 2016. The transformation of this single institution is examined by elaborating on the transformation within the political and social contexts in Serbia and its capital, Belgrade, regarding migration policies and humanitarian assistance. She identifies three, at times intertwined, modes of response to migration that have shaped the development of the Miksalište center in corresponding stages: voluntarism, professionalization, and re-statization. She connects the beginning and end of each stage of organizing work in Miksalište by investigating the actors, roles, activities, and manners in which these activities are conducted in relation to broader changes within migration management and funding.

    Finishing this editorial in the aftermath of brutal clashes at the borders of Turkey and Greece and in the wake of the global pandemic of COVID-19—isolated in our homes, some of us even under curfew—we experience an escalation and normalization of restrictions, not only of movement but also of almost every aspect of social and political life. We perceive a militarization, which pervades public spaces and discourses, the introduction of new and the reinforcement of old borders, in particular along the line of EU external borders, a heightened immobilization of people on the move, their intentional neglect in squats and ›jungles‹ or their forceful encampment in deplorable, often unsanitary, conditions, where they are faced with food reductions, violence of every kind, and harrowing isolation. At the same time, we witness an increase of anti-migrant narratives not only spreading across obscure social networks but also among high ranked officials. Nonetheless, we get glimpses of resistance and struggles happening every day inside and outside the camps. Videos of protests and photos of violence that manage to reach us from the strictly closed camps, together with testimonies and outcries, are fragments of migrant agency that exist despite overwhelming repression.

    https://movements-journal.org/issues/08.balkanroute
    #Balkans #route_des_Balkans #asile #migrations #réfugiés #revue #humanitarisme #espoir #attente #mobilité #Belgrade #Serbie #solidarité #Miksaliste #Bihac #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #encampement #corridor #cartographie #visualisation

  • UN official: Bosnia authorities expose migrants to suffering

    With harsh weather fast approaching, the number of migrants and refugees who are sleeping rough in Bosnia keeps rising because of the persistent refusal by authorities at different levels of government in the country to coordinate their work and embrace “rational” solutions, a U.N. migration official said Thursday.

    Peter Van der Auweraert, the Western Balkans coordinator and Bosnia representative of the International Organization for Migration, told The Associated Press that instead of helping the U.N. agency to expand accommodation for migrants, some local authorities in the country are now even restricting access to housing that is already available.

    Of around 8,500 migrants stuck in Bosnia, 2,500 are forced to sleep outside “in squats, forests, streets (and) abandoned buildings,” mostly in the northwestern Krajina region, which shares a highly porous 1,000-kilometer (620-mile) border with European Union member Croatia.

    “What is the sad part of this is that this is absolutely unnecessary in the sense that we have financial resources, provided mostly by the European Union, to provide (for) and take care of all those people,” Van der Auweraert told the AP in an interview.

    “I have a center (in Krajina) for 1,500 people. Local authorities only allow me to have 500. I could get 1,000 people tomorrow from the street, inside this center, but I am not allowed to do so,” he added.

    Bosnian authorities weren’t immediately available for comment.

    In 2017, Bosnia became a bottleneck for thousands of migrants from the Middle East, Asia and North Africa seeking better lives in Europe when other nations closed off their borders.

    The EU has so far provided Bosnia with 60 million euros ($70 million) in emergency funding, most notably for seven migrant centers, including six in Krajina, which can house more than 7,000 people.

    For its part, Bosnia has repeatedly promised, and failed, to identify additional suitable public properties for temporary accommodation of migrants. Instead, decrying an alleged failure by other parts of the country to share the load of the lingering crisis, Krajina authorities recently begun emptying some of the existing reception centers there. They pushed people on the move out of urban areas and abandoned them in forests to fend for themselves. In response, police forces of adjacent regions started blocking migrants from walking back to their areas.

    The sight of thousands of homeless people, with no access to medical care or sometimes even food, increases a sense of insecurity among the local population and has apparently led to a proliferation of vigilante groups that are threatening the migrants with violence.

    Van der Auweraert said Bosnia had “a few weeks to come together” to decide “in a rational manner” to deal with the migration situation at hand.

    “If we do not do that, we will have a humanitarian crisis in a month’s time ... we will have people sleeping in the snow, including this time families and children,” he said.

    Forced to stay in a makeshift camp set up by some 300 migrants and refugees in a forest not far from the northwestern town of Velika Kladusa, where they had been dropped off and abandoned by local police, Amin Hasan Han, a migrant from Bangladesh, echoed those concerns.

    “Winter is coming, people are living under tents,” Han said, adding: “Also, we are starving … people cannot get food.”

    https://apnews.com/article/europe-united-nations-d60adc0b6742c3c1299cee4308312adb
    #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #route_des_Balkans #Balkans #asile #migrations #réfugiés #logement #hébergement #SDF #sans-abri #Krajina #aide_financière

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  • Calais : maintien de l’interdiction de distribuer de la nourriture aux migrants

    Le tribunal administratif de Lille a rejeté mardi la demande de 13 associations et ONG de suspendre l’arrêté préfectoral leur interdisant de distribuer de la nourriture et des boissons aux migrants dans le centre de Calais. Leur avocat a annoncé vouloir faire appel.

    Les associations d’aide aux migrants de Calais essuient un nouveau revers. Dans une ordonnance rendue mardi 22 septembre, le tribunal administratif de Lille a rejeté une demande - faite par treize ONG et associations - de suspension d’un arrêté interdisant la distribution gratuite de nourriture et de boissons aux migrants dans certains endroits de Calais.

    La situation des migrants dans cette ville « ne [caractérise] pas des conditions de vie indignes de nature à justifier la suspension en urgence de la mesure prise par le préfet du Pas-de-Calais », peut-on lire dans le résumé de l’ordonnance.

    Selon ladite mesure, toute distribution gratuite par des associations non-mandatées par l’État est interdite jusqu’à fin septembre dans une vingtaine de rues, quais et places du centre-ville. Les autorités ont justifié cette interdiction par les « nuisances » causées par les distributions, les risques sanitaires liés au Covid-19 et le souci de salubrité publique.

    Une semaine après l’entrée en vigueur de cet arrêté, un groupement d’organisations, dont Médecins du Monde, l’Auberge des migrants, le Secours catholique et Emmaüs France, ont saisi le tribunal administratif de Lille le 16 septembre pour demander sa suspension. Selon elles, ce texte est « attentatoire au droit à la dignité, au principe de fraternité, à la possibilité d’aider autrui ».
    « Seul effet de l’interdiction : déplacer les lieux des distributions de quelques centaines de mètres »

    Pour le tribunal toutefois, les arguments des associations ne sont pas suffisamment solides, et la situation n’est d’ailleurs pas si problématique. ’"Le tribunal a constaté qu’une association mandatée par l’État [La Vie Active, NDLR] mettait à disposition d’une population de migrants estimée aujourd’hui à environ mille personnes (...) de l’eau sur la base d’une moyenne de 5,14 litres par personne et par jour et des repas au nombre de 2 402 par jour", est-il écrit dans le résumé de l’ordonnance de ce mardi.

    La Vie Active est en effet présente à Calais, à proximité d’un camp situé près du rond-point de Virval, surnommé l’’’Hospital’’. Mais les associations pointent non seulement le fait que ce lieu se trouve à une heure de marche du centre-ville - où sont contraints de dormir des migrants chassés par les démantèlements - mais aussi que cette association n’est pas, à elle seule, en mesure de s’occuper de tous les migrants de la ville - au nombre de 1 500, selon les militants.

    https://twitter.com/caritasfrance/status/1306878006153994240

    Le tribunal a également minimisé l’impact de cette interdiction sur le travail des humanitaires, estimant que « les associations requérantes continuaient à distribuer des repas et des boissons à proximité du centre-ville ». « L’interdiction édictée [a] eu pour seul effet de déplacer les lieux des distributions qu’elles assurent de quelques centaines de mètres seulement », peut-on lire dans le résumé de l’ordonnance.
    « Une limitation insupportable du droit des associations »

    À la suite de l’interdiction, les associations avaient de leur côté expliqué en être réduites à devoir se cacher pour apporter des vivres à cette population vulnérable. Pire, au moins deux associations, l’Auberge des migrants et Salam, ont assuré avoir été l’objet de ’’harcèlement policier’’ et même de contraventions alors qu’elles menaient des distributions en dehors du périmètre interdit par les autorités.

    Conséquence : ces nouvelles règles assorties à ces ’’entraves aux distributions’’ ont ’’un effet de dissuasion immense sur la solidarité’’, estime Juliette Delaplace, chargée de mission auprès des personnes exilées sur le littoral nord auprès du Secours Catholique, contactée par InfoMigrants. ’’Plein de personnes et de bénévoles ne sont pas à l’aise avec l’idée de se faire contrôler de manière répétée par les forces de l’ordre, cela se comprend’’, explique-t-elle, assurant que le collectif ’’va évidemment faire appel’’ de cette décision.

    « C’est une occasion manquée », a de son côté déploré à l’AFP l’avocat des ONG et associations d’aide aux migrants, Me Patrice Spinosi. Cet arrêté représente « une limitation insupportable du droit des associations à aider les personnes les plus vulnérables », a-t-il fustigé, quelques jours après avoir invoqué le principe de fraternité à l’audience.

    Selon l’avocat, un appel devrait être déposé devant le Conseil d’État pour obtenir un vrai débat sur le fond.

    Dans des observations présentées au tribunal, que l’AFP s’est procurées, la défenseure des Droits Claire Hédon a quant à elle estimé qu’"en privant les exilés de l’accès à un bien - la distribution de repas -, la mesure de police contestée est constitutive d’une discrimination fondée sur la nationalité". Une pratique prohibée par la loi.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/27466/calais-maintien-de-l-interdiction-de-distribuer-de-la-nourriture-aux-m

    #Darmanin #Calais #repas #solidarité #distribution #nourriture #migrations #asile #réfugiés

    –—

    voir fil de discussion ici, commencé par @loutre :
    https://seenthis.net/messages/875665

  • #Libye : « Entre la vie et la mort ». Les personnes refugiées et migrantes prises dans la tourmente des #violences en Libye

    En Libye, les personnes réfugiées et migrantes sont piégées dans un cycle de violences caractérisé par de graves atteintes aux #droits_humains, telles que la #détention_arbitraire pendant de longues périodes et d’autres formes de privation illégale de liberté, la #torture et d’autres #mauvais_traitements, les #homicides illégaux, le #viol et d’autres formes de #violences_sexuelles, le #travail_forcé et l’#exploitation aux mains d’agents gouvernementaux et non gouvernementaux, dans un climat d’#impunité quasi totale.

    https://www.amnesty.org/en/documents/mde19/3084/2020/fr
    #migrations #asile #réfugiés #violence #rapport #Amnesty_international #privation_de_liberté #droits_fondamentaux

    ping @karine4 @isskein

  • ’We pick your food’ : migrant workers speak out from Spain’s ’Plastic Sea’

    In #Almería’s vast farms, migrants pick food destined for UK supermarkets. But these ‘essential workers’ live in shantytowns and lack PPE as Covid cases soar.

    It is the end of another day for Hassan, a migrant worker from Morocco who has spent the past 12 hours under a sweltering late summer sun harvesting vegetables in one of the vast greenhouses of Almería, southern Spain.

    The vegetables he has dug from the red dirt are destined for dinner plates all over Europe. UK supermarkets including Tesco, Sainsbury’s, Asda, Lidl and Aldi all source fruit and vegetables from Almería. The tens of thousands of migrant workers working in the province are vital to the Spanish economy and pan-European food supply chains. Throughout the pandemic, they have held essential worker status, labouring in the fields while millions across the world sheltered inside.

    Yet tonight, Hassan will return to the squalor and rubbish piles of El Barranquete, one of the poorest of 92 informal worker slums that have sprung up around the vast farms of Almería and which are now home to an estimated 7,000-10,000 people.

    Here, in the middle of Spain’s Mar del Plastico (Plastic Sea), the 31,000 hectares (76,600 acres) of farms and greenhouses in the region of Andalucía known as “Europe’s garden”, many of El Barranquete’s inhabitants don’t have electricity, running water or sanitation.

    Hassan’s house, like all the others in El Barranquete, is constructed from whatever he could find on rubbish dumps or the side of the road; pieces of plastic foraged from the greenhouses, flaps of cardboard and old hosing tied around lumps of wood. Under Spain’s blazing sun, the temperature can reach 50C – at night the plastic sheeting releases toxic carcinogenic fumes while he sleeps.

    When he first arrived in Spain, Hassan was stunned by how the workers were treated on the farms. Like other workers in El Barranquete, Hassan says he earns only about €5 (£4.50) an hour, well under the legal minimum wage. “The working conditions are terrible,” he says. “Sometimes we work from sunup to sundown in extreme heat, with only a 30-minute break in the whole day.”

    Now, as Almería faces a wave of Covid-19 infections, workers say they have been left completely unprotected. “We pick your food,” says Hassan. “But our health doesn’t matter to anyone.”

    In August, the Observer interviewed more than 45 migrants employed as farm workers in Almería. A joint supply chain investigation by Ethical Consumer magazine has linked many of these workers to the supply chains of UK supermarkets including Tesco, Sainsbury’s, Asda, Lidl and Aldi.

    All claimed to be facing systemic labour exploitation before and throughout the pandemic such as non-payment of wages and being kept on illegal temporary contracts. Many described being forced to work in a culture of fear and intimidation. Some of those who complained about conditions said they had been sacked or blacklisted.

    Workers employed by Spanish food companies linked to UK supermarkets also claimed that throughout the pandemic they have been denied access to adequate personal protective equipment (PPE) that under Spanish law they are entitled to as essential workers. Many said they were not given enough face masks, gloves or hand sanitiser and have been unable to socially distance at work.

    One man employed at a big food company supplying the UK says that he has only been given two face masks in six months.

    In response to the investigation, the British Retail Consortium – members of which include Sainsbury’s, Asda, Lidl and Aldi – released a statement calling on the Spanish government to launch an inquiry.

    Commenting on the Observer’s findings, Olivier De Schutter, the United Nations special rapporteur on extreme poverty, says the situation facing migrant workers in southern Spain is a human tragedy.

    “The pandemic has exacerbated the unacceptable conditions facing migrant workers and the Spanish government must urgently act. But two-thirds of all fruit and vegetables consumed across Europe and the UK come from these greenhouses and all the companies and retailers up these supply chains have a responsibility to these workers as well,” he says.

    Spain is experiencing the highest numbers of new Covid-19 infections in Europe, with the province of Almería recording more than 100 new cases a day.

    Despite the local government in Almería claiming that the virus has not reached the plastic settlements, there have been multiple outbreaks on farms across the province and in the cortijos, the dilapidated housing blocks near the farms in which workers live.

    As Covid-19 infections rise, medical charities such as as Médicos del Mundo are supplying masks, gloves and temperature checks in the settlements in scenes more reminiscent of a disaster zone than one of the richest countries in the world.

    “People want to protect themselves, but they cannot”, says Almudena Puertas from the NGO Cáritas. “They are here because there is work and we need them.”

    In the past month, the local government in Andalucía has allocated €1.1m to create better health and safety conditions, but critics say they have yet to see any significant improvements.

    “I do not understand why these people are not being rehoused in better accommodation. Do we have to wait for them to get Covid instead of looking for a much more dignified place, with adequate hygienic conditions?” says, Diego Crespo, a Forward Andalucía party MP.

    Hassan knows that his work and living conditions make him vulnerable to becoming infected with Covid-19. When asked whether he is supplied with PPE at work, Hassan laughs. “Gloves and face masks in the greenhouse? Temperature checks?” he says. “They don’t give you anything.”

    Like many of the people living in the settlements, he say he is more scared of not being able to work than they of becoming ill. If he can’t send money home, his children don’t eat.

    One groups of workers say that they lost their jobs after testing positive for Covid-19 and quarantining at home. Muhammad, a farm worker from Morocco, said that when he and others had recovered and returned to work, some of them were told there was no work for them.

    “When I contracted Covid-19, I’d already spent two years working for this company without papers and two years on a temporary contract, but when I came back they said there is nothing for me here,” he says. He says he and the other workers who did not get their jobs back also did not receive the sick pay they were entitled to as essential workers.

    The Soc-Sat union, which represents agricultural workers across Almería, says the failure to provide farm workers with basic PPE speaks to the culture of impunity that surrounds the mistreatment of Spain’s migrant workforce.

    “Around 80% of fruit companies in Almería are breaking the law,” says José García Cuevas, a Soc-Sat union leader. The union says that across the region, widespread fraud is being perpetrated on the farm workers. “People will work 25 days but their employers will only count 10,” he says. “Or when you look at the payslips, it says €58 a day, which is minimum wage but that’s not what the worker is receiving.” He says that according to figures from the General Union of Workers, workers lose out on up to €50m of wages every year.

    For decades, the exploitation and abuse of migrant workers in Spain has been widely condemned by UN officials and human rights campaigners, but to little effect.

    Soc-Sat says that in 2019 it dealt with more than 1,000 complaints from migrant workers about exploitation and working conditions. This year it also says it has helped workers file legal complaints against food companies in Almería for breaching labour laws and not providing adequate PPE.

    “If, under normal conditions, health and safety regulations are not followed, you can imagine what’s happening in the current situation with a pandemic,” says García Cuevas.

    In its statement, the British Retail Consortium (BRC) says its members have zero tolerance for labour exploitation: “Many grocery members have funded and supported the Spain Ethical Trade Supplier Forums ... We call on the Spanish government to launch an investigation into labour conditions in the Almería region to help our members stamp out any exploitative practices.”

    In a separate statement, Tesco says it was aware of the issues surrounding migrant workers in Southern Spain and that the company worked closely with growers, suppliers and Spanish ethical trade forums to ensure good standards.

    The Andalucían Ministry for Labour, Training and Self-Employment in Andalucía said that it had delivered training for businesses on how to protect workers against Covid-19. In a statement it says, “You cannot criminalise an entire sector that is subject to all kinds of controls by the labour, health and other authorities and that must also abide by strict regulations regarding the protection of workers’ rights and prevention and occupational health.”

    In two weeks, the greenhouses of Almería will be at their busiest as the high season for tomatoes, peppers and salad begins. Ali, a farm worker who has been in Spain for more than 15 years, doesn’t expect his situation to improve.

    “If you complain, they will say: ‘If you don’t want to work here then go home,’” he says. “Every worker here has a family, a wife and children, but the only thing that matters is that we work to get the vegetables to Germany or the UK. It’s like they have forgotten we are also human beings.”

    https://www.theguardian.com/global-development/2020/sep/20/we-pick-your-food-migrant-workers-speak-out-from-spains-plastic-sea
    #Espagne #agriculture #exploitation #asile #migrations #travail #alimentation #plastique #supermarchés #grande_distribution #migrants_marocains #serres #légumes #Tesco #Sainsbury’s #Asda #Lidl #Aldi #El_Barranquete #Mar_del_Plastico #Andalucía #Andalucia #travail #conditions_de_travail #esclavage_moderne #covid-19 #coronavirus #logement #hébergement #Soc-Sat #British_Retail_Consortium (#BRC) #Spain_Ethical_Trade_Supplier_Forums

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  • Recherche : la majorité adopte une loi rejetée par le monde universitaire

    Les députés ont adopté jeudi la loi de programmation de la recherche voulue par le gouvernement. Le monde universitaire, qui doit organiser une rentrée en pleine pandémie, est très hostile à un projet qui ne répond en rien aux besoins pressants.

    « Scandaleux, difficile, déprimant. » Voilà comment Marie Sonnette, sociologue à l’université d’Angers et membre active du collectif « Facs et labos en lutte », a vécu le vote par les députés de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, dite LPPR.

    Présenté en juillet devant le conseil des ministres après plusieurs reports, le texte a en effet été adopté jeudi à l’Assemblée nationale en première lecture. Depuis son annonce jusqu’au début de l’actuelle navette parlementaire, il a suscité de vives oppositions, dont l’expression a notamment été favorisée par la mobilisation plus vaste contre la réforme des retraites.

    Cette dernière semaine, un avis quasi unanime et « au vitriol » du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a conforté l’hostilité au texte d’une large majorité de l’enseignement supérieur et de la recherche, dont avaient déjà témoigné les prises de position de centaines de directeurs de laboratoires, ou les grèves ayant affecté des dizaines d’universités ainsi que de nombreuses revues académiques. Par contraste, il ne s’est récemment trouvé que cinq professeurs au Collège de France – une des institutions les plus privilégiées – pour défendre explicitement la loi dans une tribune au Monde.

    Pour la maîtresse de conférences contactée par Mediapart, le spectacle est logiquement pénible de voir le même projet adopté « par 68 personnes dans une salle [les députés qui siégeaient – ndlr], en prétendant que la recherche sera géniale sur les dix prochaines années, alors qu’on sait que les financements restent sous-dimensionnés et la précarité toujours aussi massive. Ce dont on a besoin, on le crie depuis longtemps et rien dans la loi n’apporte de réponse. »

    Du côté de la majorité, on reconnaît d’ailleurs la portée limitée du texte. « On ne va pas faire la révolution, mais nous allons quand même lever des blocages », concédait Danièle Hérin, députée LREM et rapporteuse générale du texte cette semaine à l’Assemblée. Une posture sobre en comparaison de l’emphase de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui a évoqué dans l’hémicycle des « moyens massifs », censés rattraper une « décennie perdue ».

    À première vue, les chiffres peuvent effectivement impressionner. Il s’agit d’engager 25 milliards d’euros de crédits supplémentaires au cours des dix prochaines années. Une perspective cependant très incertaine, ce que n’a pas manqué de relever le Conseil d’État dans son examen préalable. « Avec un tel horizon, la portée de la programmation des crédits budgétaires ne peut être que limitée, spécialement en fin de période », écrit le Conseil, avant de souligner le risque d’insincérité d’un tel engagement.

    « Pourquoi 10 ans ?, renchérit la députée communiste Elsa Faucillon. On ne voit pas la couleur de l’investissement à court terme. Les députés de la majorité entretiennent ce leurre entre engagements pérennes et engagements lointains. » Car pour 2021, seuls 400 millions d’euros supplémentaires sont prévus, et 800 millions en 2022, soit 5 % de l’enveloppe globale.

    « J’étais favorable à mettre davantage d’argent dès la première année, répond Danièle Hérin, mais comme le plan de relance va permettre d’investir 2 milliards par an supplémentaires, et que des sources de financement régionales et européennes vont arriver, je pense que cela reste raisonnable. » Mais là encore, l’addition est brouillonne puisque les six milliards sur trois ans du plan de relance ne sont pas uniquement dédiés à la recherche mais aussi à l’innovation, en sachant qu’au sein même de la recherche, le privé est concerné autant que le public.

    « On pilote à vue », s’inquiètent également les parlementaires socialistes, qui regrettent l’absence de « trajectoire budgétaire » dans celui adopté jeudi. L’objectif officiel d’investir 1 % du PIB dans la recherche publique ne serait selon eux pas tenu, en raison de simulations budgétaires trop faibles et calculés hors inflation. « On veut construire une belle maison, mais on prend le risque de se retrouver avec un appartement un peu minable à la fin », résume la présidente du groupe des députés PS, Valérie Rabault.

    La majorité n’en démord pas et vante les augmentations salariales concrètes à venir, pour des professions notoirement sous-payées au regard de leur niveau de diplôme. « Plus aucun chercheur ne pourra démarrer sa carrière à moins de deux fois le Smic, contre 1,4 fois le Smic aujourd’hui, soutient la députée LREM Valérie Gomez-Bassac, également rapporteuse du texte. Nous allons aussi verser des primes, entre 1000 et 1300 euros par an pour les titulaires en poste. Les doctorants verront leur allocation de recherche augmenter de 30 % d’ici 2023. Et nous financerons 20 % de thèses en plus. »

    Des salaires légèrement améliorés, par la voie de primes majoritairement, contre un statut encore un peu plus détricoté ? La méthode n’est pas nouvelle, elle guide la transformation de la fonction publique depuis plusieurs décennies, créant des formes nouvelles d’emploi public à tour de bras. « Ces dispositifs sont facultatifs, précise Danièle Hérin. Chacun des établissements sera libre de choisir les outils qui lui conviennent pour remplir ses objectifs. » Libre, mais dans un cadre budgétaire qui restera contraint...

    De nouvelles voies sont donc au programme pour retenir les talents en France, selon le gouvernement. D’une part les « chaires juniors », sur lesquelles pourront postuler les jeunes chercheurs, sur le modèle des « tenure track » du système anglo-américain. Soit un contrat de six ans maximum, parallèle au processus d’intégration comme maître de conférences, et qui pourra, sans obligation, déboucher sur une titularisation comme professeur d’université. « Une procédure de titularisation dérogatoire au droit de la fonction publique », a estimé le CESE, qui risque de mettre encore plus les chercheurs en concurrence.

    D’autre part, les CDI de mission, qui permettront de recruter un chercheur sur la durée d’un projet de recherche. L’exemple souvent brandi par la majorité est celui des études spatiales, où une équipe pourrait recruter quelqu’un sur les vingt années que pourrait durer la mission… si celle-ci est bien financée. Joli tour de passe-passe rhétorique, ce CDI pouvant s’arrêter à tout moment, a glosé l’opposition. « Vous pouvez continuer à nous expliquer qu’il est sécurisant et qu’il n’est pas précaire, a remarqué la députée France insoumise Muriel Ressiguier lors de l’examen de ce point en commission. Ça ne change pas le sens de ce qu’il est réellement : un contrat précaire dont personne ne veut. »

    Sans bouleverser totalement les équilibres, la loi entérine surtout le principe d’une recherche « par projet », où il faut constamment se saisir de son bâton de pèlerin afin de trouver des ressources financières, auprès de l’Agence nationale de la recherche (ANR), de l’Europe, des régions, ou des contributeurs privés. « Nous augmentons aussi la part du soutien de base aux structures de 10 % », plaident les défenseurs du texte au Parlement, sans démentir le fait que l’ANR ne devienne le principal opérateur de financement de la recherche.
    La difficile résistance au rouleau compresseur managérial

    Cette « logique de mise en concurrence des formations et des chercheurs », explique à Mediapart la sociologue Séverine Chauvel, s’inscrit dans « la grande course aux classements » internationaux qui sert de guide à la politique de recherche française. « Il y a de l’argent annoncé dans le LPPR mais on ne souhaite pas qu’il soit injecté de cette façon, et en négligeant autant la question d’enseignement. Le vrai problème, poursuit la maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est-Créteil, c’est que nous sommes déjà sous-dotés alors qu’on anticipe une ascension démographique des étudiants. Ce qui manque, ce sont des postes et des financements pérennes. »

    Or, ces dernières années, les crédits pérennes sont déjà passés de 65 à 61 % des sommes totales allouées. « Dans ce texte, on peut tout à faire imaginer que ce ratio s’inverse, prévient la socialiste Valérie Rabault. C’est très grave quand on veut faire de la recherche de long terme. » À cet égard, le PS a d’ailleurs beaucoup à se faire pardonner.

    Pendant sa campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait en effet relayé les nombreuses critiques contre une gestion managériale de la recherche, débouchant sur une mise en concurrence généralisée au détriment de la stabilité et des libertés académiques. Loin de contrecarrer la tendance, son quinquennat a pourtant été marqué par une forte continuité avec les années Sarkozy déjà mal vécues par les enseignants-chercheurs.

    Physicien et professeur à l’université Paris-Diderot, Bruno Andreotti confirme que le PS a accumulé un « passif énorme » avec ce mandat présidentiel. Dans les années précédentes, rappelle-t-il, la recherche par projets avait pu paraître séduisante à certains proches du milieu socialiste, et être légitimée dans le contexte d’une réaction contre le mandarinat universitaire, cherchant à émanciper les jeunes chercheurs de titulaires au pouvoir excessif. Depuis, la logique managériale (et la précarisation l’accompagnant) s’est étendue à l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche.

    À l’occasion du vote de la loi LPPR, le groupe socialiste animé par Valérie Rabault s’est donc efforcé d’accomplir un travail de fond, consistant non seulement à porter la critique contre la LPPR mais aussi à formuler « 25 propositions pour la recherche, les chercheurs et les universités », dessinant un contre-projet de loi alternatif à celui de la Macronie. Une démarche facilitée par la présence d’Isabelle This Saint-Jean au secrétariat national des études du PS : elle-même universitaire, elle est une ancienne présidente du collectif « Sauvons la recherche » et fut très mobilisée en 2009 contre la politique de la droite en la matière.

    Les collectifs en lutte contre la LPPR ont par ailleurs vu leurs combats relayés par les députés de la France insoumise et du parti communiste, dénonciateurs d’une loi « mortifère ». La discussion du texte a aussi été l’occasion pour eux de formuler des contre-propositions, Muriel Ressiguier ayant par exemple déposé des amendements en faveur d’« un plan d’investissement dans l’enseignement supérieur », du « recrutement de nouveaux enseignants-chercheurs » et d’« une politique de reconnaissance renforcée du doctorat ».

    Les équilibres à l’Assemblée ne laissaient cependant aucun doute sur l’issue du vote et les marges de négociation du texte. « Il n’y avait aucun moyen de passer quoi que ce soit et on le savait, d’où le faible travail de lobbying des universitaires », constate Bruno Andreotti, qui souligne la différence avec les années Hollande, lorsque les élus écologistes, notamment Isabelle Attard, constituaient des relais possible pour corriger la politique socialiste.

    De façon plus générale, souligne-t-il à Mediapart, les parlementaires ayant une véritable connaissance technique du système et du dossier se compteraient sur les doigts d’une seule main. « Le spectacle de la discussion à l’Assemblée était en dessous de tout, notamment lorsque des rapporteurs lisent des notes préparées par le cabinet de la ministre, dont on s’aperçoit qu’ils ne comprennent rien. »

    La critique d’une ignorance de leur métier revient d’ailleurs souvent dans la bouche des universitaires interrogés par Mediapart. Séverine Chauvel estime ainsi que la LPPR a été l’occasion, de la part de la majorité au pouvoir, de « mensonges » mais aussi de « propos attestant une méconnaissance totale de l’enseignement supérieur ». La pilule passe d’autant plus mal dans le contexte chaotique à l’université, en pleine rentrée marquée par la pandémie (lire notre article sur « la grande débrouille »).

    « On bosse comme des fous pour faire fonctionner nos universités dans des conditions catastrophiques, confirme Marie Sonnette. Et dans cette rentrée que nous avons l’impression de vivre un peu comme sur le Titanic, tout continue comme si de rien n’était, sans consultation des enseignants-chercheurs, hormis des responsables d’instance. » Concentrée sur la recherche plutôt que sur les conditions de travail et d’apprentissage des étudiants, la LPPR apparaît ainsi en décalage profond avec le vécu des premiers concernés, sans dessiner le moins du monde un horizon qui les rassure.

    Outre le découragement de celles et ceux qui auraient pu envisager une carrière dans le milieu (lire ce témoignage), les titulaires en viennent à parler entre eux de « démission », chose impensable il y a quelques années à peine, tant les postes d’enseignement et de recherche sont convoités et exigent de sacrifices avant d’être obtenus. Avant qu’une éventuelle vague d’« exit » se matérialise, les mobilisations devraient se poursuivre, en particulier si un répit s’annonce après les errements de la rentrée. Les réflexions sur les modalités d’action se poursuivent et des résistances sont à attendre, veut croire Séverine Chauvel. En dépit des échecs essuyés, Marie Sonnette relève que sans mobilisation, la LPPR aurait été « encore plus violente » et la réforme des retraites serait déjà passée.

    Il reste que l’enseignement supérieur et la recherche sont des secteurs tellement fragmentés et divisés par ses multiples tutelles et formes de contrats, que le rouleau compresseur managérial peut y faire son œuvre avec d’autant plus de facilité.

    « La mobilisation de 2009 avait été la plus importante depuis Mai-68, et elle n’a débouché sur rien, cela a laissé des traces », ajoute Bruno Andreotti, qui estime par ailleurs qu’« on ne se défend ni plus, ni mieux, ni moins mal que les réseaux ferrés, les journalistes du service public, les hôpitaux, qui se font démolir leurs métiers comme nous. Sans innovation politique, il ne peut pas se passer grand-chose. »

    En attendant les futures échéances politiques nationales, la loi de programmation de la recherche doit être discutée à la fin du mois prochain au Sénat.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/260920/recherche-la-majorite-adopte-une-loi-rejetee-par-le-monde-universitaire?on

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    Ajouté à la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/820330

    • L’Assemblée en marche derrière Vidal : préparons la riposte !

      Aujourd’hui 24 septembre 2020, 48 député·es ont voté en faveur de la « loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 » (LPPR) après trois séances mêlant l’incompétence, le cynisme et la suffisance. Cette loi, dont l’examen se fait en procédure accélérée conformément au souhait du gouvernement, a donc été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. Prochaine étape : le Sénat vers la mi-octobre.

      Au fil des prises de parole et des amendements, adoptés ou rejetés par des député·es LREM réduit·es au rôle de pousse-bouton, nous avons vu se clarifier encore l’objectif de destruction de l’université et de la recherche publiques, de casse de notre service public.

      Pour connaître le détail de ces « discussions », vous pouvez notamment vous replonger dans les fils Twitter du Groupe Jean-Pierre Vernant – le 1er jour, le 2ème jour et le 3ème jour – ou lire les publications d’Academia à ce sujet.

      Dans l’ensemble, le texte a peu changé lors de l’examen et les rares modifications ont été pour le pire. Ainsi, un amendement adopté facilite la marchandisation du titre de docteur, au détriment des chercheur·ses qui conduisent réellement des recherches doctorales – il a finalement été neutralisé in extremis. Dans le même temps a été rejeté un amendement qui visait à graver dans le marbre les libertés académiques, afin d’offrir des garanties minimales pour la liberté de recherche des chercheur·ses précaires.
      L’article 13, intégré à la section IV intitulée « renforcer les interactions de la recherche avec l’économie et de la société », permet non seulement de privatiser les fruits de la recherche publique, mais il autorise même les chercheur·ses et enseignant·es-chercheur·ses à devenir associé·es ou dirigeant·es d’une société valorisant les travaux… d’un·e collègue.
      Bref : c’est bien un projet de loi de précarisation et de privatisation de la recherche.

      Ce projet de LPPR (nous ne voyons aucune raison de changer la dénomination de ce projet de loi dont le contenu ne fait qu’empirer) s’inscrit également dans la lignée xénophobe de « Bienvenue en France ». L’article 7 met ainsi en place des dérogations au droit du travail pour les chercheur·ses étrangèr·es accueilli·es dans le cadre d’un séjour de recherche, que les universités peuvent désormais faire travailler sans leur fournir de contrat de travail, ni payer leurs cotisations sociales. Le projet de loi en fait donc officiellement des travailleur·ses de seconde classe. Dans le même esprit l’amendement 609, adopté, prévoit que des « formules de financement à la carte, telles que des coupons, pourront être définies pour soutenir le développement des missions d’expertise de doctorants auprès de petites et moyennes entreprise ». Par chance, c’est un amendement au rapport annexé, sans grande valeur légale, mais son adoption, conformément aux désirs de la Ministre, est éloquente.

      Pour en savoir plus sur les amendements adoptés, voici une très bonne analyse d’Academia.

      En ce jeudi 24 septembre, nous avons donc des raisons d’être inquièt·es et en colère. Le cœur de ce projet demeure extrêmement dangereux : il promet d’accroître les inégalités dans l’enseignement supérieur, d’aggraver la précarité, de renforcer les inégalités de genre et les autres dominations structurelles, de mettre l’existence même de notre service public en péril et de détruire les conditions dont nous avons besoin pour produire de la science. Tous ces éléments sont notamment documentés dans cette note des économistes atterré·es.

      Toutefois, il nous faut être lucides. Nos combats ont déjà porté des fruits : la LPPR n’est pas aujourd’hui ce qu’elle aurait été sans notre mobilisation. Bien des éléments que nous dénoncions (comme les modulations de service pour les enseignant·es-chercheur·ses) ont été sortis du projet de loi. Les mobilisations des précaires ont imposé l’inscription de la mensualisation des vacataires dans la loi. Certes, ce n’est pas assez : nous voulons la fin des vacations, des créations massives de postes et des moyens pérennes.
      Retenons tout de même cet enseignement : l’organisation collective et la lutte paient !

      Or, les collectifs se reforment partout et les avis très défavorables à la LPPR arrivent de toutes parts. Mardi 22 septembre, le Conseil économique social et environnemental (CESE) a adopté à l’unanimité (de la CGT au Medef !) un avis très défavorable au projet de loi, dont les préconisations principales se rapprochent des nôtres : des postes et des financements pérennes. Le même jour, plus de 800 directions de laboratoires, réunies au sein de l’Assemblée des directions de laboratoires, publiaient une tribune dans Le Monde, défendant un « l’ouverture de postes permanents et une meilleure dotation des laboratoires en moyens stables ».

      Où que nous soyons, quel que soit notre statut ou notre fonction : nous ne sommes pas seul·es !

      Cette rentrée 2020 se déroule dans des conditions catastrophiques, mettant cruellement en lumière la précarité et la pauvreté des étudiant·es, mais aussi le manque de moyens et de titulaires – enseignant·es-chercheur·ses comme BIATSS – dans les universités. Nos collègues, camarades et ami·es sont de plus en plus nombreux·ses à n’en plus pouvoir, à être submergé·es par l’écœurement, à quitter l’ESR.

      Mais lundi 21, malgré ce contexte, nous étions plusieurs centaines devant l’Assemblée !

      Ce vote de l’Assemblée est pour nous tou·tes le signal de la remobilisation. Dans les facs et les labos, des réunions et des assemblées générales s’organisent. Pour les nourrir, vous pouvez retrouver ici une sélection d’informations, d’analyses et d’outils militants autour de la LPPR et des autres attaques que subissent l’université et la recherche.

      Nous allons continuer d’interpeler les parlementaires, de dénoncer les conditions indécentes dans lesquelles nous devons accueillir les étudiant·es, de refuser la généralisation de la compétition de tou·tes contre tou·tes et la précarisation de la majorité au profit de quelques privilégié·es tou·tes puissant·es. Nous nous le devons à nous-mêmes, nous le devons à nos collègues et camarades les plus précaires. Nous le devons à l’ensemble de la société.

      Nous nous organisons, nous renforçons nos liens, nos solidarités. Nous construisons patiemment, minutieusement, le rapport de force qui, seul, pour sauver notre service public.

      Pour organiser la suite de la mobilisation, une rencontre nationale dématérialisée pour l’université et la recherche publiques aura lieu le 1er octobre 2020, de 18h à 20h, ici sur Discord. Ouverte à tou·tes, elle nous permettra de construire la prochaine grande mobilisation, au moment du passage de la loi au Sénat (mi-octobre).

      https://universiteouverte.org/2020/09/24/une-bataille-perdue-a-lassemblee-preparons-les-victoires-contre-l

  • Exilia Film | Koffi – Récit depuis le Centre fédéral de Giffers (FR)
    https://asile.ch/2020/09/22/exilia-film-koffi-recit-depuis-le-centre-federal-de-giffers-fr

    Koffi témoigne des nombreux actes de violences physiques et verbales dont il a été témoin au nouveau centre de Giffers. Il a également été lui-même victime de violence. En effet, après avoir passé plus de 6 mois dans ce centre de renvoi, alors que le maximum légal est de 140 jours, il est violenté physiquement, […]

  • Observatoire des #non-recours aux droits et services

    Objectifs

    Dans les domaines des #prestations_sociales, de la #santé, de l’insertion sociale et professionnelle, de l’#autonomie, de la #médiation_sociale, des déplacements, de la lutte contre les #discriminations

    - Observer des situations de non-recours, mesurer leur importance, caractériser les populations concernées, enquêter sur les causes.
    – Analyser les limites de l’#intégration_sociale par les politiques publiques au regard des phénomènes de non-recours.
    – Diffuser les connaissances, les données et les méthodes d’identification et d’évaluation du non-recours.
    – Accueillir la réalisation de stages, de mémoires de Master et de recherches doctorales ; servir de support à des séjours scientifiques dans le cadre de collaborations internationales.

    Une observation productrice d’#outils utiles pour la #recherche et l’#action

    – Requêtes #statistiques sur des bases de données constituées.
    - Dispositifs ad hoc de suivi/évaluation au sein de structures administratives ou associatives.
    - Enquêtes qualitatives suivant plusieurs techniques : entretien individuel ou collectif, focus group, groupe de qualification mutuelle.
    – Ateliers de #témoignages.

    Une #observation articulée à des recherches pour de nombreux organismes

    le CNRS, l’ANR, la CNAMTS, la CNSA, la DGCS, la DREES-MIRe/ONPES, le PUCA, l’INPES, le PREDIT, l’INCA, …

    Axes de questionnement

    Pourquoi des individus ou des populations ne recourent pas, volontairement ou non, à l’#offre_publique.
    Que ce soit dans des rapports directs aux services prestataires (services publics, associations, entreprises), à des acteurs intermédiaires (organisés ou non organisés) ou dans la participation à des actions collectives soutenant l’accès aux droits.

    Pourquoi et comment les institutions se saisissent des phénomènes de non recours à l’offre publique. Renouvellement du contenu de l’offre publique et organisation spatiale des pratiques sociales (autour de logiques de contrat, d’incitation et de responsabilisation, de proximité, d’accessibilité et de mobilité) ; développement d’outils de connaissance des phénomènes de non-recours ; mise en œuvre de dispositifs d’information, d’expression de la demande sociale, de (re)mise en capacité des individus, de lutte contre les discriminations, de construction d’intérêts collectifs.

    Une démarche scientifique fondée sur l’observation

    L’#invisibilité des phénomènes de non-recours demande d’articuler trois types de recherche dans une démarche scientifique interdisciplinaire.


    https://odenore.msh-alpes.fr
    #précarité #recherche-action #droits #accès_aux_droits

    • Collectif SOIF de connaissances

      Renforcer les liens entre la recherche, la formation des professionnels et les #pratiques de terrain dans le champ sanitaire et social

      Le secteur de l’#action_sociale connaît actuellement de profondes évolutions et remises en question, illustrées notamment par les débats menés dans le cadre des Etats Généraux du #Travail_Social. L’une des questions centrales concerne l’articulation, au niveau des territoires, entre les pratiques de terrain, la formation – continue ou initiale – des professionnels, et la recherche scientifique dans les différents domaines d’intervention. Le cloisonnement trop souvent observé des divers acteurs concernés mène en effet à une certaine incohérence entre les besoins identifiés, les réponses apportées par les structures, et les contenus de formation.

      Le Plan d’action en faveur du travail social et de l’#intervention_sociale présenté en conseil des ministres le 21 octobre 2015 prend en compte ces enjeux, en fixant notamment les objectifs suivants :

      – Inscrire progressivement le travail social dans un parcours conduisant à des grades universitaires.
      - Reconnaître l’intervention sociale comme un champ de recherche.
      - Garantir la qualité des formations et des diplômes d’Etat, via notamment un cahier des charges partagé Etat-Régions.

      http://www.collectif-soif.fr/le-collectif

  • #Rohingya refugees allege sexual assault on Bangladeshi island | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2020/sep/22/rohingya-refugees-allege-sexual-assault-on-bangladeshi-island

    Rohingya refugees allege they are being held against their will in jail-like conditions and subjected to rape and sexual assault on a Bangladeshi island in the Bay of the Bengal.

    A group of more than 300 refugees were taken to the uninhabited, silt island of Bhasan Char in April, when a boat they were travelling on was intercepted by Bangladeshi authorities.

    The refugees were attempting to sail from the sprawling camps of Cox’s Bazar on the Bangladeshi mainland to Malaysia. Like hundreds of thousands of others, they originally fled to Bangladesh from neighbouring Myanmar, where they faced violence and ethnic cleansing.