• L’humain-l’inhumain : l’impensé des nouveaux matérialismes | by École Urbaine de Lyon | Anthropocene 2050 | Medium
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    L’humain-l’inhumain : l’impensé des nouveaux matérialismes
    Par Christine Chivallon, directrice de recherche au CNRS, Laboratoire Caribéen de Sciences Sociales, LC2S- UMR 8053
    École Urbaine de Lyon
    École Urbaine de Lyon
    Jun 4 · 51 min read
    Jean-François Boclé, The Tears of Bananaman, 2009–2012, installation, 300 kilos de bananes, écrits de l’artiste scarifiés sur les bananes, socle en bois (330 x 130 x 25 cm), Première Biennale Encuentro Bienal di Caribe, Happy islands, Aruba, Caraïbes, 2012. ©Jean-François Boclé /Adagp.

    Résumé

    Ce texte propose une traversée critique des nouveaux matérialismes en se concentrant sur le « tournant ontologique » qui en constitue la principale composante. Après avoir dressé une généalogie de l’arrivée de ces nouveaux matérialismes et défini en quoi consistait « la nouveauté », le propos envisage les contradictions sur lesquelles bute « l’ontologisme ». Préoccupé à rendre compte de la pluralité des mondes sur la base du rejet du « constructivisme » et du partage « nature/culture » qu’il serait censé reconduire, ce nouveau discours produit néanmoins des notions qui peuvent apparaître comme des substituts à celles rejetées, telle celle de « culture ». Dans le paysage théorique proposé, en lien avec la menace de « l’effondrement », les ontologies « indigènes » reçoivent une attention démultipliée, en tant qu’exemplaire de l’hybridité des mondes humains et non-humains, tandis que ce nouvel engouement pose la question du maintien d’un savoir anthropologique hégémonique et colonial. En faisant intervenir « l’inhumain », comme pratique au cœur de la modernité occidentale dès l’établissement de l’esclavage, l’article propose une autre approche où l’humain est réinvesti pour dépasser le binôme humain-non-humain qu’ont créé ces nouveaux matérialismes et pour revenir aux rapports de pouvoir que semble perdre de vue le tournant ontologique. C’est avec la notion de « plantationocène », outil critique de l’anthropocène, que se termine cette exploration, notion estimée comme la plus heuristique parmi ces nouveaux matérialismes dans la mesure où elle ramène le politique dans les analyses par la prise en compte résolue de l’esclavage dans la formation de la modernité et dans la définition de subjectivités dissidentes qui en a résulté.

    #écologie_décoloniale #banane #Caraïbes #anthropocène #écologie #plantation #matérialisme

  • Six thérapeutes transculturelles pour p(e)anser les plaies du trauma colonial
    https://desoriental.fr/therapie-transculturelle-decoloniale

    mis à jour le 01/12/2021

    "Comme nous le rappelle tristement l’actualité en Guadeloupe, le passé esclavagiste et colonial de la France a encore des conséquences aujourd’hui, économiques et politiques, mais aussi dans les âmes et dans les corps.

    Cette semaine, on t’emmène faire un tour du côté des thérapies transculturelles (car non, la psychologie et la psychiatrie ne sont pas universelles mais bien ancrées culturellement.), un champ d’étude et d’action en santé mentale encore peu connu, et qui pourtant pourrait nous aider, collectivement et individuellement, à penser et à panser les plaies du trauma colonial.

    On parle d’approches thérapeutiques transculturelles, décoloniales ou encore d’ethnopsychiatrie. L’occasion de rappeler que n’importe qui peut aller consulter un.e psychiatre. Il s’agit juste d’un.e professionnel.le qui allie psychologie et médecine et offre une modalité (remboursée par la sécu’) de prendre soin de sa santé mentale. Et comme dirait l’autre, les 20% qui vont en thérapie y vont à cause des 80% qui n’y vont pas. A bon entendeur !

    Cette semaine donc, on te présente six thérapeutes transculturelles et/ou décoloniales à suivre ou à consulter. Ces six femmes, de générations et de cultures différentes, ont toutes pour point commun d’avoir à un moment de leur vie, ressenti le besoin viscéral d’apporter une solution à cet angle mort de la santé mentale française. Elles offrent à leurs patient.e.s des espaces sécurisés qui prennent en compte leurs spécificités culturelles mais aussi l’impact des oppressions systémiques sur leurs vécus, sans jugement.
    En introduction, aux origines des approches thérapeutiques transculturelles

    Impossible de citer toutes les contributions majeures au champ des thérapies transculturelles, aussi nous te présentons très subjectivement deux personnalités dont la pensée est un repère toujours pertinent pour comprendre la réalité psychologique des Français.e.s transculturel.le.s post-coloniaux.ales :

    L’incontournable Frantz Fanon, psychanalyste français afro-caribéen fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance algérienne et enterré en Algérie, est l’un des premiers à envisager la part psychologique du processus et du système de colonisation et à décrire les séquelles et aliénations de la colonisation sur la psyché des sujets colonisés.

    Alice Cherki, psychanalyste judéo-algéroise indépendantiste et disciple de Fanon est, elle, toujours vivante et sa réflexion n’a fait que suivre l’évolution des générations de déraciné.e.s, comme en témoigne son livre de 2007 La Frontière invisible, violence de l’immigration. Le trauma n’est plus vécu mais hérité des générations précédentes, souvent dans le silence, souvent par le corps.
    Six praticiennes transculturelles et/ou décoloniales

    1. Marie-Ève Hoffet-Gachelin, pédopsychiatre franco-vietnamienne

    Elle exerce au centre médico-psycho-pédagogique de Colombes et a fait de la recherche sur la pédopsychiatrie post-coloniale en partant de sa connaissance des parcours post-coloniaux franco-vietnamiens.
    2. Hagere Mogaadi, psychanalyste inclusive à Paris

    Elle se présente comme décolonialiste, queer friendly, musulmane, féministe et transculturelle.

    Au-delà des consultations, elle propose du contenu autour des questions identitaires et de santé mentale sur son compte instagram : @la_psy_qui_cause.
    3. Selma Sardouk, coach décoloniale et féministe

    Selma n’est pas thérapeute mais coach formée en hypnose et en thérapies brèves, créatrice de contenu autour des questions décoloniales et féministes.

    Elle vulgarise des sujets très précis en formats très synthétiques. Mais on adore les Reels de son compte Instagram @selmasardouk qui mettent le doigt sur ces micro-moments où on peut se sentir incompris.e ou en colère face au racisme ordinaire voire bienveillant, en tant que Français.e transculturel.le. Rire libérateur assuré !
    4. Amalani Simon, psychologue clinicienne franco-indienne

    Elle exerce à l’hôpital Avicenne de Bobigny et est fortement impliquée dans la psychanalyse transculturelle et a notamment produit des travaux de recherche autour des liens entre psychologie et langage des enfants français d’ascendance tamoule.
    5. Soumaëla Boutant, psychologue interculturelle française afro-caribéenne

    L’intérêt de Soumaëla pour la psychologie interculturelle naît pendant ses études, où elle sent une sorte de dissonnance “entre [son] vécu de jeune femme française et afrocaribéenne et certaines théories qui [lui] étaient enseignées à l’université”.

    Basée en Guadeloupe, Soumaëla propose des consultations de psychologie interculturelle en visio spécifiquement pour les caribéen.ne.s francophones expatrié.e.s.
    6. Karima Lazali, psychologue franco-algérienne

    Elle exerce à Levallois-Perret en libéral et a écrit Le trauma colonial, une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie.❞

    #colonial #France #psychologie #trauma

  • The miner and the neon fish: decolonizing Alpine ecologies
    https://denk-mal-denken.ch/wettbewerb-publikumspreis/denkmal/the-miner-and-the-neon-fish-decolonizing-alpine-ecologies

    This is the proposal that won the third price in the Competition (Wettbewerb) that was created in the aftermath of the contestation of monuments worldwide that had some link to colonialism, slavery and racism https://denk-mal-denken.ch.

    Rony Emmenegger und Stephan Hochleithner, who are both political geographers at the university of Basel won the third price in this competition for their proposals that calls attention to the non-human aspects of the guilding of the hydropower stations Oberhasli and its ecological costs. See: https://denk-mal-denken.ch/wettbewerb-publikumspreis/denkmal/the-miner-and-the-neon-fish-decolonizing-alpine-ecologies.

    #Suisse #hydro-power #décolonial #decolonial #monument

    • Next to a serpentine road, halfway up to Grimsel pass when approaching from the North, stands the miner (Der Mineur), silently splitting rock with his pneumatic hammer. The statue was erected to honor the construction workers of the hydropower stations Oberhasli, whose work has been shaping an Alpine landscape since the early twentieth century. At the top of Grimsel, catchment lakes, water dams, power stations, and power poles morph into a hydroelectric infrastructure, producing energy and carrying it down towards the lowland valleys. Honoring the work of those who brought that infrastructure into being appears indeed justified in light of their sacrifices on the altar of a capitalist mode of production. Throughout the last century, construction work at almost 2000 meters altitude has been particularly challenging for both humans and machines – a challenge «mastered» through a continuous advance of engineering and technology with success increasing over time.

      The sole focus on human achievements, however, obscures the ecological costs and consequences that the extraction of hydropower involves, especially for fish, aquatic organisms, rivers, but also Alpine ecologies more broadly. With our graphic installation – the miner and the neon fish – we aim at problematizing a human-centric historiography of progress that obscures the ecological consequences of hydropower production. We do so by evocatively placing a neon fish under the miner’s pneumatic hammer. It serves as a visual metaphor for the electro-optical connection between humans and the fish, and the latter’s electrostatic discharge in contact with the miner and his machine. And yet, the relation between humans and their environments is not that clear-cut when it comes to commemoration, as we will elaborate in the following.

      The use of hydropower, as a renewable energy source, has a long tradition in Switzerland. In the Grimsel region, the development of hydropower infrastructure intensified at large scale with a first mega dam project in 1925 – the Spitallamm dam. Construction work went on from 1925 to 1932 and resulted in the 114-meter-high dam – the world’s largest at the time. Since then, hydropower infrastructure has been gradually extended. Today, it connects 13 hydropower plants and eight storage lakes, producing between 2100 and 2300 gigawatt hours of electric energy annually.1 A further extension is currently in progress with the construction of a new dam replacing the existing Sptiallamm dam – because it cracked. The finalization of this new dam is scheduled for 2025 and it will then not only secure, but further increase the capacity of the hydroelectric infrastructure – in line with Switzerland’s Energy Strategy 2050 and the envisioned transition towards renewable energy sources after the nuclear phase-out.

      Currently, an exhibition at the UNESCO/KWO Visitors Center2 close to the dam provides visual and acoustic insights into the construction works back in the late 1920s and those ongoing at the new dam today.3 The exhibition includes an outline of the ongoing dam replacement project, compiles a series of engineering schemes, and posts statements of workers involved in the ongoing construction. These exhibition elements are placed in a broader historical context of construction work at the site: a number of selected historical photographs and a short 5-minutes video provide lively insights into the construction work back in the late 1920s. They show laborers at work and demonstrate the logistical network of technology and expertise that coordinated their doing. The exhibition can thus be read as an extension of the miner: it is constituted as a site for the glorification of a human history of progress that made the development of the hydroelectric infrastructure possible.

      However, the ongoing energy transition and the according «boom» (Zarfl et al. 2015) of hydropower raises questions about the potential ecological consequences of engineering, technology, and infrastructural extension (see also Ansar et al. 2014). The power plant operator in the Grimsel region highlights the «connectivity between humans, technology and nature»4, acknowledges the potential «tensions between electricity production and water protection»5 and calls for a responsible engagement with nature in its ongoing and planned projects. And yet, recent plans for the further extension of the hydroelectric infrastructure have still provoked controversies, with various associations still highlighting the negative ecological consequences of these plans.6

      So, who might best speak for fish and aquatic microorganisms in ongoing and planned construction projects? By placing the dying neon fish under the miner’s pneumatic hammer, we aim at problematizing the ecological costs, which infrastructural extension and energy production have been generating for almost a century. We do so by moving beyond a narrow focus on humans and by bringing into consideration an Alpine ecology as a «socialnature» (Braun & Castree 2001), which the extension of hydroelectric infrastructure has profoundly reassembled and turned into a «commodity frontier» (Moore 2000). Such a perspective reveals the extension of hydroelectric infrastructure as an integral part of capitalist expansion into an Alpine frontier, through which «nature» has been «tamed» and «commodified».

      The figure of the miner plays a key role in this colonializing process, as his stone-bare masculine appearance embodies the very believe of human, patriarchal control over nature, glorifying man/kind’s appropriation of water for energy production and legitimizing the future extension of the hydroelectric infrastructure. As such, it sets a metaphysical zero point for a human history of progress, through which the building and extension of hydroelectric infrastructure has been normalized.

      To disfigure the statue of the miner – by putting the neon fish under his hammer – appears justified and fruitful in light of the endeavor to decolonize Alpine ecologies from human domination. And yet, decolonizing ecologies along these lines must not distract from the laborers’ themselves, who had to invest whole parts of their lives into these construction works. In other words, calling for environmental justice must not come at costs of those who have themselves been instrumentalized within that very same narratives and processes of progress and capitalist production.

      However, the statue of the steeled male miner can hardly account for the workers’ bodies and lives: It rather does, in its humble working-class pose, facing down to focus on its work with the drill, embody the hierarchy of class relations. Despite or maybe because the miner embodies these ambiguities, it appears worthwhile to maintain its presence for having a debate. In our installation, we aim at doing so by keeping the fish unlit during the day and thus hardly visible to passers-by, to allow the statue of the miner to remind of the workers. Only by night will the fish then appear in neon light and turn into a dazzling reminder of the colonization of nature – and also of the multitude of meanings which the monument entangles.

      #écologie #écologie_politique #énergie #électricité #Oberhasli #barrages_hydro-électrique #Alpes #montagne #décolonisation #Grimsel #travailleurs #mémoire #poissons #Spitallamm #technologie #nature #eau #protection_de_l'eau #coût_écologique #justice_environnementale #progrès #mineur #statue

  • Extractive Zones
    /en/theme/amazonia-2021/extractive-zones

    An exhibition at the Museum der Kulturen in Basel during the Culturescapes festival 2021. Curated by Alexander Brust and Liliana Gómez

    Human-environment relations are radically changing through the interventions of extractive industries and knowledge technologies. Against this background, the exhibition tests the critical dialogue between contemporary art and museum artifacts.

    Ecocides are shaping our current world and the end of the Anthropocene way of thinking in which humans were central. The exhibited works bring together both local and embodied knowledge of human and non-human relationships. The aim is to make the multi-layered knowledge history of the objects visible in order to encourage reflection—guided by a de-colonial understanding – and to uncover a vast area of alternative historiography.

    “Extractive Zones” is about social ecologies and the—often Indigenous—spaces that are characterized on the one hand, by a high degree of biodiversity, and on the other, by a long history of the extraction of resources, (neo)colonial relationships, and extractivism. The exhibited works highlight the importance of ignored knowledge practices and systems, as well as alternative designs of the world that reach beyond simply thinking about progress. Contemporary art and ethnographic objects reflect extractive practices and the potential for regeneration in very different ways. In dialogue with one another, they reveal alternative perspectives of agency and possible forms of coexistence in a new way.

    Abel Rodriguez’s sensitive work is a powerful voice for the preservation of the Colombian rainforest. Claudia Salamanca traces the ethnobotanical knowledge production about the Amazon and documents knowledge gaps and politics of resource transfer. Maria Thereza Alves examines the contaminated landscape in Minas Gerais, Brazil and gives testimony to the mining disaster in Mariana through the medium of colonial cartography. The documents of ethnologists Felix Speiser and Manfred Rauschert invite a critical review of the actors and conflicts over landscapes associated with the surveying of the world. As a community-based work in southern Africa, Uriel Orlow highlights alternative cultivation techniques and healing practices, as well as addresses the inequality of global and (neo)colonial pharmacological production. Ritual figures of the Ocaina and Witoto point to the consequences of the ongoing extraction in Amazonia which began with the rubber boom. They also address the demands of Indigenous societies to process and re-write their history. Carolina Caycedo portrays water as an agent of its own. As a form of self-healing, she lets the Cauca River in Colombia tell its own story, threatened by the mega-project of the Hidroituango Dam.

    With numerous special tours, artist talks, and events: Museum der Kulturen.
    Credits

    Curated by Alexander Brust and Liliana Gómez.

    Project management: Liliana Gómez, in cooperation with the University of Zurich, University of Kassel and the Documenta Institute, supported by the Swiss National Science Foundation (SNSF).

    With Maria Thereza Alves, Carolina Caycedo, Uriel Orlow, Abel Rodríguez, Claudia Salamanca.

    #Bâle #Amazonie #Basel #extraction #décolonial #colonialism

  • « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - VivreIci
    http://www.vivreici.be/article/detail_la-colonisation-c-est-aussi-l-histoire-de-la-belgique-deux-activites

    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale

    La colonisation belge du Congo constitue l’une des pages les plus sombres de notre histoire. Elle fait toujours l’objectif d’un très vif débat au sein de notre société. Que faire de ces traces (noms de rue, parcs, statues) qui glorifient la colonisation ? Vivre ici vous propose deux activités – l’une plus militante, l’autre plus institutionnelle – pour nourrir votre réflexion.
    Date de publication samedi 18 septembre 2021 à 08h00
    Source : Vivre Ici

    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - © Tous droits réservés

    Pour découvrir et questionner notre patrimoine colonial, le collectif « Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations » organise des visites guidées depuis plusieurs années. Le collectif citoyen, panafricain et décolonial s’inscrit avant tout dans une démarche pédagogique. « Pour nous, il faut conscientiser les citoyens et leur montrer en quoi la colonisation est directement en lien avec le racisme que vivent encore aujourd’hui les communautés afro-descendantes de Belgique. » explique Aliou Baldé, guide pour le collectif depuis 5 ans.

    Ce travail de conscientisation passe notamment par l’espace public où des traces de cette propagande coloniale sont toujours bien visibles aujourd’hui. « Cet espace n’a rien de neutre ! Il a été mis en place par des décisions politiques. Cet espace n’est donc pas le reflet de l’histoire, mais est un espace de mémoire. Et une mémoire biaisée de ce qu’a été réellement la colonisation. » complète le jeune homme.

    Pour Aliou Baldé, l’enjeu est donc fondamental : il s’agit bien de reconstruire l’identité nationale belge. « On a malheureusement inscrit dans le conscient et l’inconscient collectif que la colonisation ne concernait que les Congolais. Or, l’histoire de la colonisation constitue aussi l’histoire de la Belgique. On doit construire nos identités d’une autre manière que ce que la propagande coloniale a fait jusqu’à présent. »
    Adopter une approche systémique
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - © Tous droits réservés

    Ces dernières années, notre actualité a été marquée par des statues déboulonnées : des figures fortes comme Léopold II ou le Général Storms ont concentré toute l’attention et la colère citoyenne. De son côté, le collectif a décidé de mettre l’accent sur une approche systémique : ses membres ne cherchent pas à condamner les actions d’un homme en particulier, mais plutôt de critiquer et de déconstruire le système colonial dans sa globalité. « Il ne s’agit pas de défendre le passé de ses grands-parents et leurs bonnes intentions au Congo, et d’en tirer comme conclusion que la colonisation a bien eu des effets positifs. Il faut se décentrer de sa position personnelle. » explique Aliou Baldé.

    Pour comprendre cette approche systématique, le guide utilise une métaphore imagée, celle de l’éléphant. « Quand on est trop proche de l’éléphant, on ne le voit pas. Il faut alors prendre du recul pour voir l’animal dans son entièreté. Dans le cadre de la colonisation, on doit d’abord interroger le système en tant que système et puis seulement entrer dans ses particularités. »
    Une quinzaine de visites thématiques
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - © Tous droits réservés

    Au total, une quinzaine de visites sont proposées - principalement à Bruxelles - et développent des thématiques propres : les centres de décision et Léopold II, le rôle des militaires belges dans la conquête du Congo, la question de la restitution et des zoos humains, les vagues migratoires africaines dans le quartier Matongé, la place des femmes dans la colonisation, la problématique de « Tintin au Congo » ou encore les rapports entre l’Union européenne et l’Afrique aujourd’hui.

    L’une de ces visites nous emmène autour de l’Université Libre de Bruxelles et aborde le rôle central des universités et des institutions scientifiques dans la production du savoir colonial qui a permis de légitimer un système de domination et des théories racistes. « L’un des héritages visibles, ce sont les 14 crânes que l’université possède toujours officiellement. Ces êtres humains n’ont pas du tout donné leur corps à la science. Ils ont servi à des théories racistes comme la craniométrie*, » explique Aliou Baldé. « Ici, l’un des enjeux, c’est la réparation qui passe par la restitution : donner une sépulture digne à ces personnes, retrouver leur famille, faire un véritable travail d’archives, etc. Tout n’est pas réparable, mais on peut réparer certaines choses. »

    Cet été, le collectif en collaboration avec ULB-Coopération a d’ailleurs lancé un podcast gratuit et immersif sur cette visite guidée. Durant 1h30, les auditeurs et auditrices explorent neuf lieux emblématiques du campus du Solbosch et leurs liens avec l’histoire coloniale belge au Congo.

    Quant aux autres visites guidées, plusieurs sont organisées chaque mois. Pour connaître les dates exactes de ces visites, rendez-vous sur memoirecoloniale.be.

    La craniométrie est une pratique scientifique du XIXème siècle consistant à mesurer le crâne des différentes « races humaines ».
    L’Africa Museum de Tervuren
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - © Tous droits réservés

    Deuxième étape de cette balade décoloniale : l’Africa Museum ou le Musée Royal de l’Afrique centrale. Créé en 1897, sous l’impulsion du roi Léopold II, ce musée a d’abord été conçu comme une ode à la colonisation.

    Depuis le début de sa rénovation en 2013 jusqu’à sa réouverture en décembre 2018, le musée a entrepris un véritable changement de cap. « Je pense que les gens ne se rendent pas compte des changements internes au musée. Le musée reconnait aujourd’hui le caractère oppressif, autoritaire, raciste de la colonisation. Il s’en distancie tout en apportant une relecture du passé accessible au grand public à travers des ateliers et des visites guidées. » explique Marie-Reine Iyumva, collaboratrice du musée.

    Ce changement se manifeste aussi à travers un renouvellement de l’équipe qui est désormais plus jeune et plus diversifiée. « J’en suis la preuve ! Au sein du musée, nous avons maintenant des travailleurs afro-descendants qui ont une autre sensibilité et qui peuvent discuter de la politique interne, éducative avec un autre œil. » complète Marie-Reine.

    Outre le retrait d’œuvres racistes, le musée expose désormais des artistes africains contemporains dans des expositions temporaires. Cet été, une nouvelle salle a également vu le jour : l’AfricaTube où les visiteurs peuvent visualiser des vidéos produites par la jeunesse congolaise. Ces jeunes utilisent les nouvelles technologies pour parler de leur culture, de leur histoire et de leur identité.
    Le petit bijou marbré du musée
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale
    « La colonisation, c’est aussi l’histoire de la Belgique » : deux activités pour découvrir Bruxelles d’une manière décoloniale - © Tous droits réservés

    La Grande Rotonde – pièce maîtresse du musée – constitue l’un des symboles les plus frappants de cette transformation.

    Au départ, elle était décorée pour rendre hommage à Léopold II et à la colonisation : on y trouvait le buste du roi, son monogramme – le double L – un peu partout, l’étoile du drapeau de la colonie sur le sol. « Cet endroit devait faire rentrer la Belgique dans la perspective d’une puissance coloniale. » explique François Makanga, guide-conférencier depuis la réouverture du musée.

    Le long des murs, dans des corniches, on peut toujours voir 14 statues au service de la propagande coloniale. Les Africains y sont globalement représentés comme des êtres inférieurs à civiliser : les hommes noirs sont réduits à une taille d’enfant, les femmes noires sont fortement sexualisées, les personnages sont toujours occupés à des activités physiques primaires, et non intellectuelles. « Toutes ces statues étaient là pour travailler les imaginaires à une certaine perspective de ce qu’étaient censés être l’Afrique et les Africains. »

    Sous les feux des critiques, le musée a alors décidé de laisser la place à un artiste congolais, Aimé Mpané avec deux énormes statues pour contrecarrer la portée politique et propagandiste. « L’une – Crâne du chef Lusinga - représente le passé et les exactions commises par le régime léopoldien. La seconde – Nouveau souffle ou le Congo bourgeonnant - incarne l’avenir radieux et la valeur refuge du Congo, à savoir les gens. » détaille le guide-conférencier. « Le visiteur est ainsi invité à circuler dans cette rotonde et à regarder le passé et l’avenir des relations entre la Belgique et le Congo. »

    Le projet RE/STORE – issu de la collaboration entre Aimé Mpane et de l’artiste belge Jean-Pierre Müller - a complété l’aménagement de la salle. Des voiles semi-transparents sont disposés devant les statues colonialistes. La superposition de ces œuvres anciennes et contemporaines permet ainsi une relecture de ce lourd héritage colonial.

    L’Africa Museum est ouvert en semaine de 10h à 17h, les week-ends et les congés scolaires de 10h à 18h. Plus d’informations sur le site internet du musée.

    Maxime Maillet

    *Ce titre fait référence au raid de l’officier belge Émile Storms sur le village de Lusinga en 1884, expédition au cours de laquelle la tête du chef fut tranchée avant d’être emportée en Belgique.

    #Bruxelles #Balade_décoloniale #Congo #RDC #Roi_Léopold #Tervuren #Musée

  • Basel Kolonial. City Tour: The Role of Global Basel in South America and the Colonized World - CULTURESCAPES

    /en/theme/amazonia-2021/stadtrundgang-verstrickungen-des-globalen-basels-mit-suedamerika-und-der-kolonialisierten-welt

    ❝ In recent years, the active role played by the “neutral nation without colonies” in the colonization of the Global South has been increasingly in the spotlight in Switzerland. In particular, the country’s direct joint responsibility through private initiatives and businesses as well as participation in the cultural production of colonial images came to attention. Yet another important question that needs to be explored is the influence of colonial knowledge and wealth on Switzerland and especially major Swiss cities like Basel.

    CULTURESCAPES along with the “Basel Kolonial” network came up with a two-part tour uncovering traces of the city’s role in past and current colonial practices involving, but not limited to, Amazonia. Part one traces the evidence of the cultural and economic histories of old Basel families and missionary societies in the old town of Grossbasel. The second part predominantly offers an insight into both the past and present of Basel-based chemical and pharmaceutical industries, their sites in the north of the city, and their role in global economic systems.

    Online tour at www.culturescapes.ch

    Colonial Grossbasel 03.10.2021
    Colonial Kleinbasel 31.10.2021

    #balade_décoloniale #colonialism #Basel #colonialité #Amazonie

  • From Form‑Trans‑Inform to Atelier d’Architecture Autogérée. A Discussion with Doina Petrescu and Constantin Petcou
    Zeppelin
    https://e-zeppelin.ro/en/from-form%e2%80%91trans%e2%80%91inform-to-atelier-darchitecture-autogeree

    Summer 2021

    Interview: Alex Axinte

    Co-founded by Constan­tin Petcou and Doina Petrescu, atelier d’architecture autogérée (aaa) is “a collective platform of research and action around urban change and emerging cultural, social and political practices in the contemporary city. aaa initiates and supports strategies of ecological transition involving citizen locally and internationally. aaa acts against global crisis (ecological, economic, political, social, etc) by creating the conditions for citizen to participate in the ecological transition and adopting resilient ways of living. aaa functions within an open interdisciplinary network, where different viewpoints cross each other: architects, artists, students, researchers, pensioners, politicians, activists, residents, etc.

    aaa is an international reference in the field of participative architecture and urban resilience, aaa’s projects have been exhibited at Venise Biennale 2012 and 2016, MoMA New York, Berlin Biennale, Pavilion d’Arsenal Paris, Untied Nation Pavilion Geneva, etc. For its activity, aaa has received international recogni­tion and numerous awards across the years including the International Resilient Award Building for Humanity (2018), The Innovation in Politics Award for Ecology (2017) being one of the “100 projects for the climate” selected by the public at COP21 (2015). (Alex Axinte)

    The passages bellow are extracted from a series of conversations I had during several days with Doina Petrescu and Constantin Petcou. At their studio, at home, in cafes and metros or visiting their projects located in different Paris suburbs, we spoke about their beginnings in Romania, about their current practice atelier d’architecture autogérée (aaa) and about future plans. While still in school, within the social and political context of 1980’s Romania, they were involved in initiating groups and networks, they engaged in experiment and innovation, building after graduation an alternative practice through a critically approach of architecture.

    Visiting aaa. Drawing by Alex Axinte

    Alex Axinte: Let’s start from the time when you were professionally and humanly trained in Romania within the socialist education system of that time. Has this contributed to what your practice became?

    Doina Petrescu: Certainly it was a seed there, which wasn’t enough by itself, but it was important because this prepared us to face practical situations, knowing everything that a traditional architect should know. And this thing was a solid base, for knowing how to build, knowing about materials, knowing about structure, knowing history, you can see now that this is not taught in schools anymore, that these became specializations, you specialize in such things. We learned them all. And somehow this general formation counted a solid base, as a foundation. On top of this you can add other more sophisticated things, you may try to position yourself, you can take a stand, and you can develop certain interests. So this was one of the good things. Other good thing from the school, not necessarily different from the school, but one that we took or created in the school, was some sort of parallel school, of which Constantin can say more because he initiated it, adding the fact that the school allowed us the freedom to do other things.

    Constantin Petcou: I did two interesting things in school: first is that I walked a lot through Bucharest and I took the street as a teacher. I had also good teachers, but I studied a lot vernacular architecture. And second is that I initiated a group, a sort of school in school, which was called Form-Trans-Inform and which was based on knowledge theory, and other theories as well. [Stratford H, Petrescu D & Petcou C (2008) Form-Trans-Inform: the ‘poetic’ resistance in architecture. arq: Architectural Research Quarterly, 12(02)] Basically it was a transdisciplinary group: there were students from scenography, we had interactions with others too, we also organized some events in Club A, we invited philosophes, art critiques, until they spotted me and wanted me to enrol in the party…

    “Inner Gesture“ – happening, Baneasa 1982, team: Constantin Petcou, Constantin Gorcea, Florin Neagoe, Lavinia Marșu, Doru Deacu, Sorin Vatamaniuc, Constantin Fagețean ©Form-Trans-Inform

    AA: What vernacular Bucharest meant?

    CP: It meant some fabulous neighbourhoods, because many they were self-constructed, this being usual in mahalas (ie. popular neighbourhoods). The inhabitants were partly self-sufficient: they were already controlling the household climate, having a lot of courtyards covered with vine, they were trying to produce energy, and there were quite a lot of wind mills, they were trying to produce food by raising pigeons in big cages , which were flying all around… It was like in Garcia Marquez. If you were really sensitive to space and wind and light, you were blown away by how much you could see and feel…

    AA: Is this something that you were looking for also in Paris, or you rather came with this type of looking from Bucharest?

    CP: In Paris you don’t have such a thing. I think it was a root that we came from there.

    DP: Yes, and we applied this later in projects like R-Urban and other projects which we developed later. It was a lesson we have learned, we have understood from those conditions. Also, we still kept having this sensibility to “read” spaces’ potentiality. For example you see a square and some trees: you realise that there is a place there with a certain urban quality and in Bucharest there were many such places with very special qualities due to the urban typologies and ways of living. This mahala type of living was actually a sensitive urban typology.

    Constantin rises on his tops and waters the plants hanging from the studio’s ceiling. We flip through black and white magazines in which there were published some of their projects receiving prizes in paper architecture competitions. They tell me about how they became involved in organizing exhibitions, about working with clothing, about publications which didn’t make it past the 1st issue and where many articles finished with ‘to be continued’. Than, they continued with their architect’s life in Romania before ’89: Doina working in sistematizare (state planning) and Constantin as ‘mister Design’ in a factory of clothing and shoes. Here, with found materials, they worked together for redesigning an office space as a sort of ‘participative deconstructivist’ manifesto, quite provocative at the time. Doina goes out in the courtyard and ransacks bended over some compost containers. Here are their pets, some big earthworms which just received banana peels as their favourite meal. After ’90 they left for Paris guided by the idea to continue their postgraduate studies and than to come back.

    “Catarg towards Ithaca“ –“Honorable mention“ at Shinkenchiku Residential Competition, Japan, 1986. Echipa de proiect/Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Mircea Stefan, Victor Badea

    *The Design section atelier – Valceana Leather Factory, 1988. Project team : Constantin Petcou, Doina Petrescu ©ConstantinPetcou

    AA: It is a fairly quite spread perception, that architecture is architecture and politics is politics. We are doing our job, we design, we build. If this supports an ideology or not, this is not architecture’s business. How architecture became for you a political acting?

    DP: I think that in a way it was the context that forced us when we started. We started from scratch. And we had to invent ways of negotiating to gain access to space, to gain access to ways of practicing architecture, and we quickly realized that such a negotiation is political and that actually you need to learn to speak with people caring political responsibilities. But at the same time, we realized that the very fact of asking, of doing the practice differently is a political act. There were some things we refused to do, such as the conventional capitalist practice. We wanted to facilitate the inhabitants’ access to space, for any city inhabitant, we wanted to open urban spaces that are closed and that are controlled either by the municipalities or other institutions, and this is already a political act. We managed to ensure access to space, and afterwards, slowly, the self-management of the space, which was also a process, by persuading people that they have to become responsible if they want to use the space, that they need to learn how to manage it, to get along, to organize. This is in fact what Deleuze and Guatarri are calling micro-politics, meaning politics at the level of the subject, transformations at the subjective level. [Deleuze, G. and F. Guattari (2004), Anti-Oedipus, London: Continuum] We always worked with people. Our architecture always included this subjective and social architecture into the project. The fact that we formed a social group around the project, that people have changed, that they changed their interest, all these are for us part of architecture.

    AA: Do you tend towards consensus in your projects?

    CP: We don’t really use the word consensus. It is about temporary equilibrium. In any such a project, as there are many people involved, and here we speak about governance, co-management and self-management, there are various interests, there are people with different cultural backgrounds – some are employed, others not -­ and people with more or less time. So they cannot have the same vision over the use of space, over the type of activities, and then you need to reach some agreements, some temporary, partial deals, which should not suffocate the others and allow others to emerge. What we do is to give the inhabitants the opportunity to appropriate a space, an equipment, a way of organising time together, of organising the neighbourhood’s life, which are ecological, solidary, all this obviously with some guidance. Because the majority of inhabitants of the banlieue are very much excluded. And we are offering them an emancipatory space, or, in Guatarri’s language, a re-subjectivation capacity, very useful in today’s society which excludes many. [F. Guattari (1977), La révolution Moléculaire, Paris: ed. Recherches] In such spaces they gain new qualities; someone is a gardener, someone else takes care of the chickens, somebody else of the compost, one of the kitchen…

    DP: This is actualy the micro-politics.

    CP: Including until the kids’ level. I remember when we were at the Ecobox I had a lot of keys and a kid asked me, mais Constantin, you have keys from every space in the neighbourhood?! Can you open any space? And obviously that I answered yes, because, for his imaginary it was very important to know that you can open spaces, that you can make this urban space to evolve, which has become now more and more expensive, inaccessible and segregated. Such imaginary is fundamental for the “right to the city”, it is to know that, even for a kid, space could be negotiable, accessible and welcoming, that there are no barriers and walls. Actually, we don’t make walls: we make doors, windows, bridges… this is the kind of things we are building.

    Steering to the passers-by, Doina recollects her diploma project for which she collaborated with an ethnologist to design something which today could be called an ethnological cultural hub. Once arrived in Paris, after a master, they began teaching, being among others the co-founders of Paris-Malaquais architecture school. Step by step, they began to act as citizens, teachers and architects in the neighbourhood where they were living: La Chapelle. This is how aaa started. In the same time, they kept on teaching and initiating projects also in Romania, in Brezoi, but which got stuck. Constantin starts the fire in a small godin in the Agrocite, located in southern Paris, at Bagneux, which is a sort of ecological prototype spatializing aaa’s concepts: short circuits, popular ecology, urban resilience.

    Mobile modules – EcoBox project, 2003. Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Denis Favret, Giovanni Piovene ©aaa

    *Eco interstice “Passage 56“ – street view, 2007, Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Raimund Binder, Sandra Pauquet, Nolwenn Marchand ©aaa

    AA: 100 years after Bauhaus, 50 years after the May ’68 revolt and 30 years after the fall of the Berlin wall, within the current global capitalism crisis, all Bauhaus’ principles of how to live and work together are becoming again relevant. In this context, how legitimate is still Bauhaus’s questions if design can change society, and what it means to be modern today?

    DP: So all these ideas are reaching some sort of anniversary and one needs to take them together, one cannot take only Bauhaus ideas, but also other ideas which came after in order to understand what can design do today: participation, global democracy, ecology. Design need to remain open, as Ezio Manzini was saying: ‘design when everybody designs’. There is an acknowledgement of the fact that we are all designing, in our own way, we design our life, we design our decisions. How can you put all those things together in a strategic way, at a moment when the society and the humanity need to take some decisions, need to be prepared for a civilizational change, otherwise we become extinct? I think design has a role in this, by helping, by mediating, by formulating questions, decisions, or solutions together. And how to do design together is the big question, and there is not only one way of doing it, there are many ways. We also need to imagine what are these places where ways of designing together are possible. Which are the new institutions, the new mediating agents? – all these seem to me to be the questions of our times.

    Constantin confesses that Bauhaus changed his life, when, after an exhibition, improbable for that time, where 1:1 modernist furniture was exhibited, he quits the arts high school in Iași and joined the architecture school.

    CP: I am sure that design has an immense capacity to change society until even distorting it (see the tablet, the iPhone…). As architects, we are working a lot in a broader sense of design, and that’s why we are trying to launch not just projects, but also movements like One Planet Site or R-Urban which can be adopted also by others, because we have the capacity and the responsibility, so you have the capacity, but you have also the responsibility to act. It’s like a doctor. If you are in a plane and someone is sick, you have the capacity and responsibility to act. This is the case for us architects: we acted here in the neighbourhood we are living because there were many difficulties. The planet is now in great difficulty and you need to act. We know how to design, to project into the future, to find money, to create a horizon of hope, a model which becomes interesting for others too, so we have this capacity to design, in a broader sense, complex, temporal and functional. All these including re-balancing how much technology, how many resources, how much mutualisation, how much governance, all these are in fact design.

    DP: For example, with R-Urban we proposed a resilience strategy as designers. We have used design and the organization and shaping of space, of making visible specific practices, as a catalyst. We succeed in a way to organize a social group around the project, by giving it also a political dimension, again, by using architecture’s capacity to make visible, to make real the idea of short circuits for example. People could finally see what happens if you collect rain water, where it goes, that you have to think differently about space to make passive heating, and that you need to think differently about the heating system if you want to reduce the fuel consumption. That by using space in a certain way, in 1 year time you will have this amount of reduction of carbon emissions, which is much better than the national rate. So, all these things can be made visible through the way you design their experience. We didn’t just design a building, or a site, but we designed a usage and a way of creating an activity there.

    “ R-Urban “ – Diagrams on the ecological transition principles 2008. Echipa de proiect/Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu cu Nolwenn Marchand, Sara Carlini, Clémence Kempnich ©aaa

    ““Agrocité”—micro-farm for urban agriculture and ecological training, Colombes, 2013-2014

    “Recyclab”—social economy hub, urban waste recycling and eco-design, Colombes, 2013. Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Clémence Kempnich

    “Agrocité”—micro-farm for urban agriculture and ecological training, Bagneux, 2019. Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Anna Laura Bourguignon, Alex Gaiser, Rémi Buscot, Juliette Hennequin

    AA: So you could say that this means modernity now?

    DP: The concept of modernity is very much contested in fact, but in a way you could say that this means a hope for the future.

    CP: Modernity I think it had the quality of promoting progress, a democratic progress for all, through small prices, standardization, through in fact what they knew back then. And I think that these ideals remain somehow valid. Such as fablabs are in a way a continuity of this progressive modernist ideal of making accessible and democratic the use to technology. And it’s good. But the problem is the excess. When standardization becomes excessive and exploitative. I think modernity needs to be revisited, keeping what is good, like democracy, ethics, progress and others, and readapting it. Because modernity couldn’t address at that time the problems of limited resources issues, climate change, extractive capitalism, or extinction of species; those problems weren’t visible back than.

    AA: What is the relation with technology in your projects?

    DP: We document and present all our technological devices with an interface accessible to the users and we make them with means that makes them transferable and reproducible. I think we need to take into account the democratization of technology and the fact that the reproduction is not made by the industry, but by the masses, everyone being able to take part. What is important is to keep a degree of creativity, of appropriateness, of participative innovation possible at all levels. All these technological devices were conceived together with experts. The grey water filtration system was made together with a specialist in phyto-remediation. What we brought new is that we designed the first prototype used in urban contexts. This approach is also situated, is specific for a certain situation, you work with the specialist to find the solution there, and afterwards you integrate also local and traditional knowledge. For example, for the phyto-remediation device it was very cool that we built it with a team of Romanians having a construction company in France. Due to the fact we were in a flooding area, we needed to raise the device above the ground by 1 meter and we didn’t know how to build it. And then, the team of Romanians which knew how to make… barrels, manage with what we had, with found boards that were boarded like for barrels… and this is how we made the phyto-remediation device. This shows that all skills and ways of knowledge are useful in a certain situation.

    They choose together the tomatoes, than Doina the aubergines and Constantin the potatoes from a temporary market installed in the Paris former mortuary house. This is now a cultural centre, open to everyone and full of life. Recently they participated in the biggest architectural competition organized by the city of Paris which offered some difficult sites for development – “Reinventer Pars”. The brief was very close to the R-Urban model. They haven’t officially won, but their proposal was very good and this is how they were able to develop it in a different location. The project is called Wiki Village Factory (VWF) and is a cluster of technological and social innovation of 7000 sqm which aims to become a sort of central node in the R-Urban network towards developing the city 2.0 (ecological and collaborative).

    “Wiki-Village-Factory” – cluster of social and ecological innovation, Paris, 2016. Project team: Constantin Petcou, Doina Petrescu, Benjamin Poignon, Pierre Marie Cornin, Grégoire Beaumont © aaa-REI-Deswarte

    AA: With WVF for example, how important is for you the materiality and the aesthetics? Or is the program more important?

    CP: Aesthetics for as is a result. You need to take care for the building to be well integrated in the context, you need to express well what’s going on. For example, the coop spaces are trying to make you to wish to collaborate with others; it’s not just like any other office. The ground floor, we try to have it open towards the neighbourhood, despite it is a difficult neighbourhood.

    DP: I would say that aesthetics are trying to express not necessary the programme, but what is important in the program and beyond the program. We are using architecture tactically if you want, as a way of exposing and communicating principles of functioning, of governance, of construction and the ethics of using a building today.

    CP: We are exposing the ecology of the building in fact, and this is beyond function. In order to become more ecologic. This is to make you use fewer materials, less insulation, but count on the passive insulation of the building’ skin. We also succeeded in convincing them to have dry toilets. This will be the largest building with dry toilets in Europe. We will build a special device, like a large scale prototype, which doesn’t exist right now. In fact, although they are on a tight budget, they will put more money into this than into usual toilets, because also the developer and everybody want this aspect to be exemplary. And it will be quite vegetal, with urban agriculture; we will try to remediate the grey waters. All the principles that we are using in R-Urban hubs will be implementing as much as we can also here.

    AA: So, the city 2.0 should look differently because it values and creates hierarchies in a different way?

    DP: Yes, it is important to create a new discourse, but also governance is important, social and ecological governance, that is what we try to express through architecture. There are many layers which add up to the modernist functional layer. And there is also the idea of being reversible, the fact that a building needs to evolve, to adapt, to disappear if necessary after a while, so it is not built to last hundreds of years. Because we need to leave room for future generations to build the architecture they need, don’t we?

    #ville #écologie #participation #auto_gestion #urban_planning

  • Critical Urban Walk – Towards a more egalitarian Basel – depatriarchise design
    https://depatriarchisedesign.com/2020/10/24/critical-urban-walk-towards-a-more-egalitarian-basel

    Critical Urban Walk – Towards a more egalitarian Basel
    with Ornella Galvani

    10–17h

    Participation is free of charge. Please sign up until 21 October 2020 via depatriarchisedesign@gmail.com

    The Garage
    Klingelbergstrasse 11
    4056 Basel

    Public spaces – that surround us – often disadvantage populations that do not fit the able-bodied, young, wealthy white male standard. During this workshop, we will go for an exploratory walk around Basel, using a set of tools to observe, collect data, analyse and critically reflect upon public spaces. Afterwards, we will engage in a collective map-production imagining new spatial futures for a more egalitarian Basel.

    Design of the visual identity: Corin Gisel and Nina Paim (common-interest)
    Typeface: Gabriella Heavy by Fernanda Cozzi

    depatriarchise design !Labs! is generously supported by the Culture Department of Basel-City

    #Basel #balade #espace_public #racisme

  • Balade décoloniale à Charleroi - VertPop
    https://vertpop.etopia.be/evenement/balade-decoloniale-a-charleroi

    Balade décoloniale à Charleroi
    Samedi 4 septembre - 10:00 Matin | Charleroi Inscription

    La ville de Charleroi comme de nombreuses villes belges possèdent un patrimoine colonial dans son espace public.

    Connu historiquement pour ses industries, ce parcours reviendra sur les liens entre le monde ouvrier et la colonisation belge, les liens entre lutte des classes et la colonisation.

    Deux visites sont prévues : vendredi 3 septembre et samedi 4 septembre de 10h à 12h

    En pratique

    Date : Samedi 4 septembre
    Heure de début : 10:00 - Matin
    Heure de fin : 12:00
    Adresse : Avenue Albert 1er 63 - 6032 Charleroi

    #Balade_décoloniale #Charleroi #décoloniser

  • Politics of Urbanism: Seeing Like a City
    Warren Magnusson 2011
    https://www.routledge.com/Politics-of-Urbanism-Seeing-Like-a-City/Magnusson/p/book/9780415831260

    Book Description

    To see like a city, rather than seeing like a state, is the key to understanding modern politics. In this book, Magnusson draws from theorists such as Weber, Wirth, Hayek, Jacobs, Sennett, and Foucault to articulate some of the ideas that we need to make sense of the city as a form of political order.

    Locally and globally, the city exists by virtue of complicated patterns of government and self-government, prompted by proximate diversity. A multiplicity of authorities in different registers is typical. Sovereignty, although often claimed, is infinitely deferred. What emerges by virtue of self-organization is not susceptible to control by any central authority, and so we are impelled to engage politically in a world that does not match our expectations of sovereignty. How then are we are to engage realistically and creatively? We have to begin from where we are if we are to understand the possibilities.

    Building on traditions of political and urban theory in order to advance a new interpretation of the role of cities/urbanism in contemporary political life, this work will be of great interest to scholars of political theory and urban theory, international relations theory and international relations.

    Table of Contents

    Introduction: Re-Imagining the Political 1. Urbanism as Governmentality 2. Ontologies of the Political 3. The Politics of Urbanism as a Way of Life 4. The Art of Government 5. Seeing Like a State, Seeing Like a City 6. Oikos, Nomos, Logos 7. The Politics of Scale 8. The Principle of Local Self-Government Conclusion: Otherwise than Sovereign

    Author(s)
    Biography

    Warren Magnusson is Professor in the Department of Political Science, University of Victoria, Canada

    #ville #urbanisme #local #gouvernance

  • DECOLONIZE MÜNCHEN. Dokumentation und Debatte.

    Zara S. Pfeiffer and Eva Bahl - Academia.edu

    https://www.academia.edu/26987693/DECOLONIZE_M%C3%9CNCHEN_Dokumentation_und_Debatte

    Wie haben sich Kolonialismus und Rassismus in Münchens Stadtbild eingeschrieben? Wie wird mit den Spuren der kolonialen Vergangenheit in der Stadt umgegangen? An welchen Orten verdichten sich postkoloniale Auseinandersetzungen? Was wird debattiert, was verdrängt und verschwiegen? Wer darf sprechen über die Globalgeschichte der Stadt? Wessen Geschichten werden gehört, wessen Lebensspuren wahrgenommen? Was bedeutet Dekolonisieren heute? Mit Fragestellungen wie diesen beschäftigte sich die Ausstellung DECOLONIZE MÜNCHEN im Münchner Stadtmuseum (25.10.2013 – 23.02.2014).

    Der Katalog dokumentiert die bislang in dieser Form in Deutschland einzigartige Ausstellung und das umfangreiche rassismuskritische Begleitprogramm mit Veranstaltungen und Workshops – ergänzt durch Reaktionen, Kritik, Kontroversen und Visionen. Erweiternd wurden in den Band aktuelle Beiträge aufgenommen, die Themen der Ausstellung und Debatten zur post/kolonialen Geschichte und Gegenwart Deutschlands aufgreifen und weiterführen. Der Katalog wurde in Kooperation mit dem Münchner Stadtmuseum und dem Kulturreferat der Landeshauptstadt München realisiert. Die Autor*innen: Mit Beiträgen von Joshua Kwesi Aikins, Manuela Bauche, Eva Bahl, Sarah Bergh, Tahir Della, Isabella Fehle, HMJokinen, Stephan Köhler, Christian Kopp, Modupe Laja, Sharon Dodua Otoo, Zara S. Pfeiffer, Martin W. Rühlemann u.v.m.❞

    #décoloniser #decolonial #ville #München #histoire_colonial #colonialisme

  • “Green colonialism”: the background behind a Western outlook https://ideas4development.org/en/green-colonialism-western-outlook


    07 January 2021
    Visuel “Green colonialism”: the background behind a Western outlook on African nature
    A group of tourists observe a lion in a natural park in South Africa. Photo by Adrega / Pixabay

    In his book L’Invention du colonialisme vert – Pour en finir avec le mythe de l’Éden africain (“The Invention of Green Colonialism – Putting an end to the myth of the African Eden,” Flammarion, 2020), the environmental historian Guillaume Blanc analyzes the undercurrents and consequences of an idealized vision of African nature inherited from the colonial period.

    What is this “African Eden” myth invented by Westerners and linked to the notion of “green colonialism” that you talk about in your book?
    The African Eden is the myth, created in the colonial period, of a wild and virgin-nature Africa. When European settlers went to try their chance in Africa in the 1860s and 1870s, they left behind a continent whose landscapes were being radically transformed by urbanization and industrialization. In Africa, they were convinced that they had rediscovered the nature that, back home, was in the process of being lost.

    Then, from the end of the 19th century, the popular press took up this narrative and made it fashionable. These are the stories of Stanley and Livingstone, hunting expeditions by Roosevelt and Churchill, and literature such as Ernest Hemingway’s The Snows of Kilimanjaro and Karen Blixen’s Out of Africa. These cultural products describe an Africa untouched by human presence, where nature and animals rule. But this Africa doesn’t exist. It never did. Like Europe, Africa is inhabited and farmed. The concept of a virgin-nature Africa is as absurd as the one according to which the African has not fully entered into history. But this myth is so deeply ingrained in people’s minds that it persists to this day.
    From a scientific point of view, this idea of a primeval Africa of virgin nature has never existed.

    Another myth that won’t go away is that of primeval forests. At the end of the 19th century and the beginning of the 20th, botanists, especially from France, studied the forest cover of West Africa. They noted that most villages were surrounded by a forest belt and that there was savanna between the village and the forest. The “climax community” theory led them to believe that, prior to human settlement, Africa was covered with a huge, virgin and primeval tropical forest. They hypothesized that the savanna was the result of the destruction caused by the local populations. But these scientists read ecosystem history backwards! In most semi-arid environments, the presence of trees in fact came about through that of humans, thanks to gradual fertilization of the soil. Nonetheless, the myth of primeval forests is a stubborn one. Even today, belief in it sometimes prevails over fact. UN experts say, for example, that 90% of primeval forests have disappeared in Sierra Leone and Guinea, while in reality forest cover has been increasing there for two centuries.
    But weren’t ecosystems, and especially certain species, ever threatened with extinction?

    Of course, and that’s why it’s essential to carry out conservation policies. The colonial era is synonymous with particularly strong destruction of ecosystems. Colonization led to intensified hunting, especially for the ivory trade. About 65,000 elephants were killed each year in Africa at the end of the 19th century. The forest also suffered damage because of conversion to farmland. Between 1850 and 1920, 95 million hectares of forest in Africa and Asia were cleared, four times more than in the previous 150 years. But the European settlers didn’t realize that the ecological damage they were witnessing was actually their doing. They put the blame on the colonized people and decided to create hunting reserves. And the people living on those reserves were strictly controlled, if not expropriated. These same hunting reserves were converted into national parks in the 1930s.

    What is behind your assertion that Africa’s nature parks are perpetuating a tradition of “green colonialism”?

    In the 1950s, the organizations and imperial institutions promoting nature conservation changed their names. For example, at the same time as they created hunting reserves and then parks, colonial administrators and hunters founded the Office International de Documentation et de Corrélation pour la Protection de la Nature in 1928. In 1934 this organization became the International Office for the Protection of Nature (OIPN), in 1948 the International Union for the Protection of Nature, and in 1956 the International Union for Conservation of Nature—the IUCN as we know it today. In fact, many conservation institutions and NGOs were created during the colonial period.

    During its seventh General Assembly in 1960, IUCN, with support from FAO and UNESCO, launched the “African Special Project.” A conference was then held in 1961 in Arusha, Tanzania, with heads of state of around 20 newly independent countries. Its organizers explained that it was necessary to continue the work achieved in the parks, especially faced with the “Africanization of nature programs.” It was at that conference that the World Wide Fund for Nature (known in some regions as the World Wildlife Fund), or WWF, was created. This organization went on to finance the sending of Western conservation experts all over Africa. However, these experts were mostly reconverted colonial administrators who, throughout the continent, perpetuated the notion that nature had to be emptied of its inhabitants in order to be protected.

    That’s why I speak of “the invention of green colonialism.” It’s not a question of neo-colonialism, but of post-colonialism, because heads of state have found it to be to their advantage. They have been programmed to believe in the international system of heritage conservation and have utilized international standards to promote their own interests. It’s this alliance between Western experts and African leaders that is responsible for perpetuating this colonial tradition.
    What are the consequences of this “naturalization” process for the local populations in Africa?

    The process of “naturalizing” Africa’s parks involves “dehumanizing” them, often by force. Today, we no longer speak of evictions, but of “voluntary departures.” But when these population displacements take place in an authoritarian State, like Ethiopia, these departures become not voluntary but forced. International organizations are aware of this but prefer to look the other way. When people living in those parks are not evicted, they are criminalized. Millions of farmers and shepherds are fined for cultivating the land or for grazing their herds in the mountains, or they face prison sentences for poaching small game. Sometimes the local people are subject to violence by eco-guards equipped with weapons and high-tech equipment financed by international institutions or NGOs. For the past thirty years, we’ve been witnessing a militarization of parks in Africa, encouraged by the international community. Sometimes there have been tragic consequences.
    The background to the conception of nature parks in Europe is different. Why?

    The nature parks there were not created in the same way as in Africa. If local populations were quickly integrated into European parks, it’s because the nation-states there were built with the notion of heritage in which the peasantry generally played an integral part. In France, for example, the parks created in the 1960s are a means of preserving “traditional” peasant farming. This process has not always been exempt of violence: the creation of parks also helped in the forced republicanization of mountain villages. But the difference is that, in Africa, not only was park-related violence much more intense, but it has never come to an end.

    A comparison between two parks is enlightening. In 2011, UNESCO classified the Cévennes region in France as a World Heritage Site, citing the cultural landscape of agropastoralism that has existed there for 3,000 years and that shapes the landscape. In contrast, in 2016, the people living in the Simien Park in Ethiopia were evicted because UNESCO felt that agropastoralism was threatening the natural value of the land. In other words, while Europeans shape their environment, Africans are thought to degrade it…

    Interview conducted by Flora Trouilloud (ID4D Editorial Team)

    #colonialisme #colonialisme_vert #parcs_naturels #Ethiopie #IUCN #decolonising_landscape #écologie_décoloniale

  • White “working-class” boys aren’t failing because they’re White - Make It Plain
    https://make-it-plain.org/2021/06/22/white-working-class-boys-arent-failing-because-theyre-white


    Author: Kehinde Andrews
    22nd June 2021

    The UK government continued its culture war with the latest so-called ‘report’, The Forgotten: How White Working-class Pupils Have Been Let Down, and How to Change It; complaining about those poor so-called White working-class boys being left behind by multicultural Britain. We are warned that terminology like ‘White privilege’ is alienating the poor souls and that the usage of such terminology may even be breaking equality law. Sadly, yet not surprisingly there is nothing new about any of these backwards ideas. The spectre of the failing “White working-class” has become the new racial science, misrepresenting statistical evidence to support deeply racist agendas.

    In what has become the new normal, the latest report has abused the data to present its twisted conclusions. I have a PhD in sociology but must have misread Marx’s division of society into two classes. I thought it was the owners and the workers, not those who qualify for free school meals and those who don’t. Let us be clear, there is no measure of class in the school system and anyone who tells you otherwise is lying. The other stat often contorted in this literature is neighbourhood data, where we are told that it is poor White people from deprived areas who are doing worse, particularly in terms of university access. The only flaw with this is that it is completely useless because it does not work for London. Considering that half of the minoritised groups live in the capital it seems pretty impossible to draw any conclusions. Not to mention that residential segregation in the inner city means that minoritised groups are more likely to live in deprived areas even if they have greater levels of income The actual data that we can use, that on free school meals, is in fact a lesson in White privilege.

    “The irony is that one of the most expensive class-related interventions, free school meals, is being used to make the argument that the White poor are being excluded”

    Even the Sewage Sewell report recognises that White students are the least likely to qualify for free school meals, with African Caribbean students being twice as likely to be eligible for food assistance. It should hopefully be obvious that you cannot compare the bottom 14% of White students with 28% of Black students. One of the key factors is school success is parental level of of education, or what is called ‘educational capital’. Due to racism in employment, it is likely that the Black Caribbean families includes a proportion who have high levels of educational attainment but cannot secure a decent well paying job. So comparing the 14% of White students to the 28% of Black Caribbean is a misuse of the evidence and defintiely the term ‘class’. If we had a measure for the bottom 14% of Black Caribbean students I am certain the differences in GCSE attainment would dissolve, but we don’t have this data so it not a claim I can make (my first lesson in responsible uses of data).

    But if we look at the overall picture (which shows a range of performances for minoritised groups) the GCSE figure is a mirage. So much attention and focus have been put on it that communities have rallied resources to address it. The so-called ‘industry’ that has produced the illusory gains is actually communities mobilising to improve their conditions. The state’s only response has been to try to get us to “aim higher” and imagine ourselves out of educational racism. I say illusory gains because the table in the Sewage Sewell Report that praises all the progress in GCSE attainment for some minoritised groups also contains the results for A-Levels where almost all of the gains magically disappear.

    “Let’s make it plain: the truth is the Tories have cut taxes, cut provision and made off with the money, and are now looking to shift the blame onto the Darkies”

    Progress into university is another one of the mirages, where we celebrate the overrepresentation of Black students in higher education. In doing so we fail to recognise our concentration in less prestigious universities, or the yawning achievement gap between those who are White and those who are not. This is not even to mention that a Black graduate is significantly less likely to get any job, let alone a graduate career. In fact, if we look honestly then, the school system (I won’t dignify any part of it by calling it education) remains one of the central sites of racist exclusion (and actual exclusions).

    Except, for those pedalling the myth of the disposed White working-class–an honest assessment of the evidence is not the goal. The data will be distorted to suit their delirious political agenda and this government has drawn its popularity by playing the race card (they invented). There is no doubt that poor White people are suffering, inequality has always been the basis of capitalism (this is a correct use of Marx and class analysis). However, most meaningful attempts to deal with inequality have always been class-related (and yes Black and Brown people are in the working-class).

    “Dubois argued, one of the ways White privilege works is the ‘psychological wage’ of Whiteness that maintains the feeling of superiority, of being truly British and belonging, even when you are being exploited”

    The irony is that one of the most expensive class-related interventions, free school meals, is being used to make the argument that the White poor are being excluded. Universal schooling is one of the best examples of a programme meant to support all those who are disadvantaged. In addition, we have seen things like Educational Maintenance Allowance (axed by the Tories) and the Pupil Premium (made redundant by Tory cuts). Let’s make it plain: the truth is the Tories have cut taxes, cut provision and made off with the money, and are now looking to shift the blame onto the Darkies. We are not the problem, the elite is. Yet as Dubois argued, one of the ways White privilege works is the ‘psychological wage’ of Whiteness that maintains the feeling of superiority, of being truly British and belonging, even when you are being exploited.

    So don’t believe the hype or the snake-oil salesmen posing as academics who are selling you the new racial science. There is no crisis of the White working-class in the school system separate from the issues facing all children from a deprived background. The only difference is that White children are neither poor nor struggling in schools because of the colour of their skin, and in a racist society that is a privilege.❞

    #white_privilege #privilège_blanc #école #school #racisme #discrimination

  • Progressing planning – On trends impacting planning practice, research and education
    https://blogs.lse.ac.uk/progressingplanning


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    #ressources_pédagogiques #podcast #planning #villes

  • Research: Transforming Cities - Pathways to Sustainability
    University of Utrecht
    https://www.uu.nl/en/research/transforming-cities/research/inclusive-cities-and-global-urban-transformation

    Inclusive cities and global urban transformation

    In the face of current events such as the pandemic, climate crises, Black Lives Matter, and continually widespread urban evictions, how to envision cities to become more inclusive is increasingly an urgent question. International agendas such as the United Nations’ New Urban Agenda and 2030 Agenda for Sustainable Development push forward the ideal of ‘making cities inclusive, safe, resilient, and sustainable (SDG11)’. However, they tend to result in more top-down physical infrastructural development, which create new dynamics of inclusion and exclusion. We need a set of alternative global urban strategies that address various forms of urban exclusion and survival and bottom-up experiences of sustainable development in order to establish how sustainable cities that prioritize social inclusion of vulnerable and excluded groups will look like. We propose here that the kind of sustainable urban development towards social inclusions is conceptually underpinned by agencies of urban dwellers in various urban settlements and neighborhoods, which scholars and activists are increasingly observing and analysing as everyday urban forms of socio-cultural practices and heterogeneous infrastructural constellations.
    Andheri West, Mumbai, Maharashtra, India
    Andheri West, Mumbai, Maharashtra, India, photo by Alfarnas Solkar on Unsplash

    With this platform of Global Urban Transformation and Inclusive Cities, where the critical urban scholarship and activities unpack the relationship between urban and social transformations and address questions of power relationships and political equality that underlie existing vulnerability, exclusion and marginalization of urban dwellers. The platform hopefully becomes a network where we can discuss urban social justice and inclusion, not just within the academic circles, but more specifically in city planning, policy development and public debates that shape our common urban futures.

    Planned activities:

    Call for chapter proposals for a book: Inclusive cities in times of global urban transformations: Intersectionalities, infrastructures and sustainable development.

    Workshop for sharing case studies of global urban transformation and inclusive cities for an edited book (August 2021)

    Book launch (November 2021)

    #Trust #critical_urbanism

  • Why We Need a Decolonial Ecology
    https://www.greeneuropeanjournal.eu/why-we-need-a-decolonial-ecology

    Environmental destruction is inseparable from relationships of racial and colonial domination. It stems from the way we inhabit Earth, from our entitlement in appropriating the planet. All of which means we must recast the past. A conversation with Malcom Ferdinand, whose book, Une écologie décoloniale (A Decolonial Ecology), won the Foundation for Political Ecology literature prize in 2019.

    #decolonial_ecology

  • Le fonctionnement écologique des villes : et si on pensait aux sols ? - Métropolitiques
    https://metropolitiques.eu/Le-fonctionnement-ecologique-des-villes-et-si-on-pensait-aux-sols.ht

    Sophie Joimel & Baptiste Grard & Laure Vieublé Gonod & Claire Chenu - 13 mai 2021
    Connaît-on la diversité des sols urbains ? Écologues et pédologues montrent que l’étude détaillée de leurs propriétés est nécessaire pour un aménagement plus écologique de nos villes.
    biodiversité / écologie urbaine / nature
    Télécharger au format PDF
    La forte diversité des sols urbains

    Êtes-vous aménageur du territoire ou chercheur ? Urbaniste, architecte, jardinier ou pédologue ? De la réponse à cette question dépendent la définition et la perception que vous aurez du terme « sol urbain ». Pour certains, il s’agit de tout sol situé dans une aire urbaine (Blanchart et al. 2017). D’autres s’intéressent à l’occupation du sol bâti ou industriel. Les pédologues, quant à eux, les classent selon leur genèse, d’après leur degré de « perturbation anthropique » : c’est-à-dire en fonction du degré jusqu’auquel ces sols sont transformés ou construits par les activités humaines (Lehmann et Stahr 2007). La plupart ont des propriétés fortement influencées par ces activités – ce sont des sols dits anthropisés – en raison de leur utilisation et perturbation intense (Béchet et al. 2009). Il existe donc une diversité de sols urbains : des sols scellés
    (support des infrastructures), des sols remaniés avec des histoires très hétérogènes (de la friche industrielle au jardin, par exemple) ; des sols construits à partir de matériaux divers et, en faible proportion, des sols que l’on dit pseudo-naturels, c’est-à-dire peu remaniés par les activités humaines. Les sols construits, parfois uniquement constitués de résidus urbains, peuvent être nommés Anthroposols ou Technosols selon le référentiel pédologique choisi (Baize et Girard 2009 ; IUSS Working Group WRB 2014). Combinée avec les différents usages qui y prennent place, cette diversité de sols crée une hétérogénéité spatiale qui s’observe aussi bien au niveau horizontal que vertical (Béchet et al. 2009 ; Morel et al. 2005) (figure 1).

    #écologie #ville

  • Loi SRU : quand l’implication citoyenne permet une loi audacieuse - Métropolitiques
    https://metropolitiques.eu/Loi-SRU-quand-l-implication-citoyenne-permet-une-loi-audacieuse.html

    Loi SRU : quand l’implication citoyenne permet une loi audacieuse
    Francis Rol-Tanguy & Laurent Sablic - 10 mai 2021
    La loi SRU de 2000 a fêté ses 20 ans il y a peu. Francis Rol-Tanguy et Laurent Sablic reviennent sur l’élaboration de ce texte emblématique du gouvernement de Lionel Jospin né d’une concertation inédite associant habitants, élus et hauts fonctionnaires.

    #participation #rénovation_urbaine #participation_politique

  • CFP: Queer(ing) urban planning and municipal governance

    "Despite a decade of research, LGBTQ+ urban planning issues have yet to be ‘mainstreamed’ and evenly integrated into the everyday work of municipal governance. Through theoretical reflection and methodological innovation, this special issue critically scales up the existing LGBTQ+ urban planning scholarship from neighbourhoods to city-regions and empirically extends research frameworks to surface the messy materialities of municipal governance for sexual and gender non-normative subjects. This collection builds on a legacy of queer planning scholarship that both questions the heteronormative assumptions foundational within urban planning texts and practices (Forsyth, 2001; Frisch, 2002) and addresses the need for inclusive queer spaces (Doan, 2011; 2015). Beyond the empirical particularities of gayborhoods and their institutions, this special issue engages with municipal governance by focusing on plans and policies that address LGBTQ+ needs for infrastructure provision, social services and community facilities access, housing and economic development, community-event financing, public safety, social inclusion, and civic participation.

    This special issue invites critical interdisciplinary engagement with the following questions within three thematic areas:

    1) Socio-spatial regulation
    > How have bylaws, licenses, zoning, and plans regulated LGBTQ+ lives in cities and suburbs within and beyond gayborhoods?
    > How have families, gender, and sexuality been normatively constructed in community development plans and housing policies?
    > How have urban redevelopment priorities and/or policing strategies (re)produced LGBTQ+ exclusions in public spaces?
    2) Queering plans and policies
    > Where does LGBTQ+ knowledge, networks, and less commodifiable lived experiences fit into social inclusion policies or community plans or municipal agendas for creative, livable, digital, and sustainable cities?
    > To what extent do queer and transgender competencies inform muncipal urban planning and policymaking?
    > What conflicts, impediments, and contradictions are found in municipal urban planning and policymaking responses to queering planning?
    3) Governance coalitions and activisms
    > How do LGBTQ+ activists rework and resist municipal logics to build community resilience?
    > When does LGBTQ+-inclusivity exceed social planning to engage with an (in)visibility politics that may impact upon the tangible materialities of infrastructure?
    > What tensions, disconnects, and misrecognitions are generated through the integration of LGBTQ+ and QTBIPOC activists into local participatory urban planning processes and planning discourses?
    The special issue guest editors Alison Bain and Julie Podmore welcome titles and abstracts (approximately 300 words) for papers based on original research results that have not been published elsewhere of a maximum length of 6,000 words (including title, abstract, tables, figures, and references list). Please note that during the revisions stage, authors may extend the article length to a maximum of 8,000 words to address the reviewers and editors’ comments (Instructions for Authors). The deadline for submitting abstracts is May 31, 2021, with confirmation of participation by the end of June 2021. Authors will be required to submit manuscripts for preliminary review by the guest editors by December 1, 2021, with submission to the journal for peer-review by January 31, 2022.

    Urban Planning is an open-source peer-reviewed journal indexed in the Web of Science-ESCI and Scopus (CiteScore: 2.9), that ensures permanent and universal free readership access to articles worldwide. The cost of production and full access are offset by a research article processing charge of €900 (plus VAT if applicable) except in the case of scholars working at an institution that has joined Cogitatio’s Institutional Membership Program (Institutional Members). Authors who demonstrate financial need and cannot afford the article processing charge can apply for a waiver during the initial article submission process (Publication Fees).

    For all inquiries and submissions please contact the guest editors Alison Bain (abain@yorku.ca) and Julie Podmore (jpodmore@johnabbott.qc.ca).

    Julie Podmore, PhD
    College Professor & Chair, Geosciences, John Abbott College
    Affiliate Assistant Professor, Geography, Planning and Environment, Concordia University

    John Abbott College
    21275 Lakeshore Road
    Ste-Anne-de-Bellevue, QC Canada
    H9X 3L9
    (514) 457-6610 x5496
    jpodmore@johnabbott.qc.ca❞

    #CfP #queer #urban_planning #ville #LGBTQ

  • Retour au « village de Bamboula » : en 1994, un « zoo humain » à prétention touristique - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090521/retour-au-village-de-bamboula-en-1994-un-zoo-humain-pretention-touristique

    Retour au « village de Bamboula » : en 1994, un « zoo humain » à prétention touristique
    9 mai 2021 Par Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez

    Le 10 mai 2001, la loi Taubira reconnaissait la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Mediapart revient sur l’organisation du dernier « zoo humain » français, près de Nantes. Un épisode entouré de silences.

    Port-Saint-Père (Loire-Atlantique).– « À toute chose, malheur est bon. Dans la vie, c’est l’expérience qui te fait grandir. » Lassina Coulibaly n’est pas du genre à se morfondre. Toute sa vie, il a pu vivre de ce qu’il aimait le plus : la musique. Encore aujourd’hui, à 52 ans, on le retrouve avec son groupe d’afro-rock dans une ferme de Loire-Atlantique, loin de sa Côte d’Ivoire natale.

    Son vieil ami Benoît, ancien professeur de percussions, raconte comment il a rencontré Lassina en 1994, au parc Safari Africain de Port-Saint-Père, pas loin de Nantes, qui venait d’ouvrir son « village de Côte d’Ivoire » : « On m’avait dit qu’il y avait des musiciens ivoiriens qui jouaient super bien. Ces jeunes qui avaient l’air d’être des enfants jouaient avec une telle qualité de son. Tout le monde au parc était époustouflé. » Mais « quand on est arrivés, se souvient aussi Benoît, un petit enfant a montré du doigt mon fils qui est métis et a dit : “Oh ! regarde, maman, un Bamboula !” J’ai vu la pancarte au loin, j’ai vite compris. »

    L’entrée du parc Safari Africain de Port-Saint-Père, en avril 1994, exhibition rappelant les « zoos humains » de l’époque coloniale. © Yves Forestier / Sygma via Getty Images L’entrée du parc Safari Africain de Port-Saint-Père, en avril 1994, exhibition rappelant les « zoos humains » de l’époque coloniale. © Yves Forestier / Sygma via Getty Images

    Haute de plusieurs mètres, flanquée d’une statue géante à l’effigie d’un petit garçon noir habillé d’un pagne au motif léopard, l’entrée du parc affiche « Le village de Bamboula ». La pancarte est affublée d’un logo de la biscuiterie St Michel, qui commercialise alors les gâteaux du même nom. Face à la caméra de la télévision locale, en novembre 1993, Dany Laurent, le directeur du Safari Africain, principal parc touristique de la région où sont exposés plus d’un millier d’animaux, semble convaincu de sa dernière attraction : « Ce village, c’est une première sur le sol français et même sur le sol européen. Je me suis inspiré d’un village authentique qui s’appelle Fégéré en Côte d’Ivoire. J’ai voulu que ce soit une vraie reconstitution. [...] Le but ici est de promouvoir le tourisme en Côte d’Ivoire. En contrepartie, le ministère du tourisme nous offre [sic] des artisans et un groupe [d’artistes] pour assurer l’animation toute la saison. »

    Sur un prospectus publicitaire du parc, la visite du village « protégé par les fétiches » qui « transporte au cœur de l’Afrique Noire » est présentée comme une « aventure sereine, colorée et inoubliable ». « Ici, le folklore a le goût de l’authentique, les jeunes chantent et dansent au rythme des coutumes ancestrales. » Une « authenticité » poussée jusque dans la construction du village, réalisée par des ouvriers venus de Côte d’Ivoire pendant l’hiver 1993, et saluée par le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, présent le jour de l’inauguration.

    Parmi « les jeunes [qui] chantent », on retrouve Lassina, qui a alors 25 ans et joue du djembé. Il y a aussi les treize autres membres du DJOLEM, la troupe de musiciens et de danseurs choisie par le ministère du tourisme ivoirien. « Comme tout groupe en Afrique, quand on nous a dit qu’on allait venir en France, on était tous contents », raconte Lassina. « Le mot “bamboula”, je ne savais même pas ce qu’il voulait dire. »

    Certains d’entre eux sont très jeunes : derrière leurs djembés, Harouna Dembélé et son petit frère Issouf ont respectivement 15 et 10 ans. « On était contents de jouer, et puis c’était notre travail, affirme sans détour Harouna, retrouvé par Mediapart. On savait qu’on pourrait gagner un peu d’argent pour nourrir notre famille en Afrique. »

    Les cases du village factice accueillent aussi des artisans qui « pratiquent leur art traditionnel » devant les touristes : un forgeron, une potière, un tisserand, un peintre et un sculpteur, Kolo, qui pose pour la photo devant l’entrée du parc. Mediapart l’a retrouvé, au bout du fil, à Korhogo, une ville du nord de la Côte d’Ivoire célèbre pour son artisanat. « Nous, les artisans, on venait tous de Korhogo. J’étais le seul à être déjà venu en France. Pour les autres, c’était la première fois. On nous avait demandé de venir avec notre femme, certains ont accepté, moi j’ai refusé », raconte le sculpteur. « Le forgeron est reparti au bout de trois mois car sa femme était enceinte. Dany Laurent était d’accord pour la renvoyer au pays, mais il voulait que le forgeron reste. Le forgeron a refusé que sa femme rentre seule. »

    Pour Sandrine Lemaire, professeure agrégée en histoire, qui a coécrit avec Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch et Nicolas Bancel l’ouvrage Zoos humains et exhibitions coloniales (La Découverte), le concept du « faux » village résonne fortement avec les attractions de l’époque coloniale. « En plus du processus d’exhibition, on leur demande de rejouer une vie quotidienne supposée. Tout cela est très similaire au zoo humain. »

    Que la visite du parc animalier se finisse par celle du village est aussi très significatif : « En mêlant des humains à des animaux, on les présente, si l’on puit dire, plus proches de l’animal que de la civilisation, comme des sauvages. On est encore dans des stéréotypes très coloniaux. »

    Tous les jours de la semaine, les artistes et artisans animent le village en habits traditionnels dans des températures qui, parfois, ne dépassent pas 15 °C. Les femmes dansent souvent seins nus, en extérieur, devant les touristes. Les performances s’enchaînent toutes les 30 minutes, jusqu’à la fermeture du parc à 19 heures. « Dans le ballet, en Afrique, on répète tous les jours, mais ce ne sont pas les mêmes conditions, détaille Harouna. Dans une répétition, tu as une énergie différente du spectacle où tu donnes tout. Un spectacle de 30 minutes peut te prendre l’énergie d’une répétition de 4 heures. À un moment, c’est vrai qu’il y avait de la fatigue, et on a gardé ce même rythme pendant 6 mois. »

    Lassina se souvient de ses mains douloureuses à force de jouer : « Certains jours, c’était dur. Parfois, quand on finissait, on passait les mains sous l’eau tiède et on frottait avec du beurre de karité. Et puis au tout début, il faisait froid. On avait tellement mal qu’il nous est arrivé de prendre des baguettes pour jouer. »

    Vivant sur place, dans une maison située dans l’enceinte du parc, les déplacements des artistes et artisans sont aussi limités car soumis aux horaires d’ouverture. « Le soir, quand le parc fermait, ils barraient la grande porte, on était comme des animaux », se rappelle Kolo.

    « Il y avait des enfants qui travaillaient sept jours sur sept »

    Au Safari, les plaintes sont pourtant passées sous silence. Souleymane*, le chef de la troupe du DJOLEM, répond à toutes les questions des touristes et demandes d’interviews de la presse locale et nationale. « Si je n’étais pas venu ici, je l’aurais regretté à mort. Aucun de nous ici n’est malheureux, ni exploité », assure-t-il devant la caméra de TF1 en avril 1994. Aucun autre membre du village ne souhaite s’exprimer, et pour cause : « Souleymane et Dany Laurent nous avaient prévenus que si l’on ne disait pas que tout allait bien, si on se plaignait, on nous renverrait au pays », confie Lassina. Les interrogations de la presse, des syndicats et des associations, pourtant, s’accumulent peu à peu.

    La section locale du SNAM-CGT (Union nationale des syndicats d’artistes-musiciens de France) a pris connaissance du village avant même son ouverture. Philippe Gauthier, son représentant, devenu aujourd’hui secrétaire général national, débutait dans le syndicalisme lorsqu’il a entendu parler du « village de Côte d’Ivoire ». « Tout était écrit dans le journal local avant même que ça commence : qu’ils n’allaient pas être salariés français mais payés au tarif de la Côte d’Ivoire. Il y avait des enfants qui travaillaient sept jours sur sept, personne n’a pensé qu’il y avait une obligation scolaire en France. »

    Un constat auquel Dany Laurent, le directeur – décédé en 2014 – opposera toujours le même argument : « Tout le monde est sous l’autorité de l’Organisation internationale du tourisme et de l’hôtellerie (OITH) et de la législation ivoirienne par le biais d’une convention. Ici, c’est le droit ivoirien qui s’applique. » Les salaires sont alors déterminés en francs CFA, entre 50 000 à 120 000 pour les artistes (équivalent à 76 et 182 euros), et 300 000 (457 euros) pour les artisans. Aucune scolarisation des enfants n’est prévue, le directeur compare leur situation à celle « des enfants de cirque ».

    Mais les associations locales n’entendent pas en rester là. La section nantaise de la Ligue des droits de l’Homme, le SNAM-CGT, le GASPROM (branche nantaise de l’Association de soutien aux travailleurs immigrés) et SOS Racisme créent le collectif « Non à la réserve humaine », qui entame ses premières actions contre l’imaginaire colonialiste du village et ses entorses au droit du travail.

    Plusieurs militants se rendent régulièrement au parc, et distribuent à l’entrée des tracts qui comparent le village à l’exposition coloniale de Lyon de 1894, où les « villages nègres » apparaissaient en tête d’affiche comme l’attraction phare.

    Certains membres du collectif découvrent la maison qu’occupent les artistes et les artisans. Les 14 membres du DJOLEM se répartissent dans deux chambres, femmes et hommes séparés : six femmes se partagent 12 m2 et huit hommes 14 m2, alors que le droit du travail prescrit au minimum 6 m2 par personne. Adultes et enfants dorment ensemble sur des matelas posés à même le sol. Les artisans, moins nombreux, manquent aussi d’espace. La direction départementale du travail et de l’emploi jugera étonnamment leurs conditions de vie « correctes ».

    Les militants interpellent alors les pouvoirs publics et élus locaux sur la situation au village, sans grand succès. Le département, qui louait les terres au parc et siégeait à son conseil de surveillance, n’a jamais répondu aux interrogations du collectif. Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes depuis 1989, n’a jamais réagi à la polémique.

    Aujourd’hui président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, l’ex-premier ministre n’a pas souhaité répondre aux questions de Mediapart. Ni son épouse, Brigitte Ayrault, conseillère générale de Loire-Atlantique à l’époque. Joseph Thomas, maire de Port-Saint-Père en 1994, proche de Dany Laurent et soutien du parc depuis sa création, n’a pas non plus donné suite à nos demandes d’interview.

    Après avoir multiplié les réclamations, le collectif « Non à la réserve humaine » décide d’assigner le parc en référé. « Peu de temps après, le préfet nous convoque en réunion, nous informant que le Safari voudrait nous faire des propositions », se souvient Philippe Gautier de la CGT. « Ils étaient d’accord pour augmenter tous les artistes et leur assurer une couverture sociale si l’on retirait notre référé. »

    Le collectif accepte, mais peu de choses changent. Les sorties hors du parc sont toujours contrôlées, Philippe Gautier raconte même avoir vu l’ensemble des passeports ivoiriens dans le coffre-fort de Dany Laurent. Les enfants continueront de travailler un jour sur deux. De l’école, ils ne verront qu’une institutrice détachée sur le parc quelques heures le matin, pendant seulement un mois.

    Enfin, les artistes et artisans ne percevront jamais le Smic : « [Après cette réunion], on nous a dit qu’il n’y aurait plus de cadeau. Que la nourriture, le logement et les charges seraient désormais à nos frais, raconte Kolo, le sculpteur. On devait toucher 600 000 francs CFA par mois [l’équivalent du Smic français en 1994 – ndlr], mais à la fin, il n’en restait que 400 000. »

    Chez les musiciens, c’est Souleymane qui se charge depuis le début de redistribuer l’argent. Mais « un mois avant de partir, on a voulu un peu d’argent pour acheter des cadeaux, les ramener au pays, se souvient Lassina. Souleymane nous a dit qu’il avait transféré notre argent sur son compte ivoirien, et qu’il nous paierait en rentrant à Abidjan. » De retour en Côte d’Ivoire, le percussionniste se souvient n’avoir touché en tout que 100 000 francs CFA (152 euros) pour 6 mois. « On ne savait pas comment le système marchait, quels étaient nos droits ou même le montant des salaires français », constate aujourd’hui Lassina Coulibaly.

    Pour Kolo, l’ensemble du groupe a été « trompé » par un directeur qui les a « baladés ». « Aujourd’hui, si l’on me demandait de faire un travail dans ces conditions, je n’accepterais pas », admet Harouna Dembélé, devenu musicien professionnel.

    Mis au courant des agissements de la direction, le collectif entame en juillet 1994 une seconde action en justice, qui, cette fois, ne se soldera pas par un arrangement à l’amiable. Un rapport d’expert est alors exigé par le juge. Alors que les griefs se multiplient et que la gronde se répand peu à peu au sein du groupe ivoirien, le « village » ferme ses portes en septembre et ne rouvrira pas au printemps d’après, comme prévu. C’est dans un parc vide que l’expert mène donc son enquête. Elle confirmera de nombreux points soulevés par le collectif et permettra d’autres découvertes : un employé du Safari racontera qu’en cas de maladie, les Ivoiriens étaient parfois soignés par le vétérinaire du parc.

    Trois ans plus tard, en 1997, le tribunal de grande instance de Nantes condamne le Safari Africain pour des violations du droit du travail et de droits aussi fondamentaux que celui « d’aller et venir », au préjudice des « contractants ivoiriens ». Le parc versera un franc symbolique aux cinq associations qui l’ont attaqué, et déboursera 4 000 francs de dommages et intérêts pour les frais de justice.

    « Le travail illégal est, au final, l’unique raison pour laquelle le village a fermé », s’étonne Sandrine Lemaire, coauteure de l’ouvrage sur les zoos humains. « Ce n’est pas tant la morale qui a choqué, mais plutôt l’aspect financier et légaliste de la chose. » L’image réductrice et colonialiste de l’Afrique perpétuée en 1994 par le directeur Dany Laurent persiste même de nos jours selon l’historienne : « Cette vision de hiérarchie des civilisations reste encore très présente dans les esprits. Ça reste inconcevable qu’on puisse montrer une Afrique très urbanisée, très développée, parce qu’on continue à les présenter comme symptômes du sous-développement. »

    Un sentiment partagé par Mathilde Bouclé-Bossard, présidente de l’association Les Anneaux de la Mémoire qui travaille sur le passé esclavagiste de Nantes : « Il y a des images de l’Afrique qui restent encore, comme celles qui ont été véhiculées au village africain. » Pour la militante, les circonstances de la création du « village » interpellent : « Depuis 1992, une exposition au château des ducs de Bretagne retraçait les thématiques de la traite à travers le passé négrier de Nantes. » Exposition à laquelle certains Ivoiriens ont d’ailleurs été invités. « Ça montrait bien qu’il y avait encore besoin de remettre des choses en place... »

    Depuis 1994, le Safari Africain a été revendu et s’est trouvé, comme parc animalier, un nouveau nom : Planète Sauvage. Le « village de Côte d’Ivoire » est, lui, devenu le « village de Kirikou », où le petit personnage du film de Michel Ocelot guide le visiteur. Des outils, des instruments de musique et des fétiches inspirés du film sont disposés dans ce qu’il reste des habitations artificielles. Le touriste est désormais invité à s’essayer au pilage du mil, à jouer du djembé, ou encore à « palabrer », comme le propose un des panneaux explicatifs. On peut y lire aussi que la musique est un « moyen d’expression » auquel les « Africains s’initient dès le plus jeune âge ». Un peu plus loin, un dessin montre Kirikou accroupi, laissant ses empreintes à côté de celles d’animaux. Aujourd’hui encore, à Port-Saint-Père, se visite une certaine idée de l’Afrique.

    #zoo_humain #racisme #tourisme

  • Zapatistas set sail for Spain on mission of solidarity and rebellion | Mexico | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/may/04/zapatistas-set-sail-for-spain-on-mission-of-solidarity-and-rebellion

    David Agren in Mexico City and Sam Jones in Madrid
    Tue 4 May 2021

    Zapatistas set sail for Spain on mission of solidarity and rebellion

    https://imgur.com/a/WvvX7gy

    Small band of mariners embark upon peaceful ‘invasion’ of Europe 500 years after the conquistadores
    Members of the Zapatista Army of National Liberation (EZLN) wave goodbye as they set sail for Europe from Isla Mujeres, Mexico
    Photograph: Lourdes Cruz/EPA

    Five hundred years after Hernán Cortés and his men conquered Mexico, a small boatload of indigenous Zapatistas are making the return journey across the Atlantic to “invade” Spain, rail against capitalist oppression, and perhaps throw the odd cumbia party.

    The two men and five women set out on Sunday evening from Isla Mujeres, Mexico’s most eastern point. Although Subcomandante Galeano – the pipe-smoking former Zapatista spokesman once known as Subcomandante Marcos – said they were travelling with the message that “the invasion has started”, their mission is one of solidarity and rebellion rather than belated conquest.

    “We’re following the route that they came from 500 years ago,” Subcomandante Moisés, another Zapatista leader, told Mexican media at the departure ceremony. “In this case, we’re following the route to sow life, not like 500 years ago. It’s completely the opposite.”

    The group explained that their rusty vessel, named La Montaña, would carry them to Europe on “an odyssey that has everything to do with defiance and nothing to do with a rebuke”.
    Friends and loved ones as they set sail for Europe from Isla Mujeres
    Friends and loved ones as the group set sail for Europe from Isla Mujeres. Photograph: Lourdes Cruz/EPA

    The mariners hope to arrive in the north-western Spanish coastal city of Vigo some time before 13 August, which will be the 500th anniversary of the Spanish sacking of the Aztec capital of Tenochtitlán, which became Mexico City. This year Mexico is also celebrating the 200th anniversary of its independence from Spain.

    If they are unable to enter the country, they plan to unfurl a banner reading “Wake up!”, according to a Zapatista statement. “But if we are able to disembark and embrace with words those who fight, resist and rebel there,” the statement said, “then there will be parties, dancing, songs and cumbias … shaking the floors and distant skies.”

    The Zapatistas will then embark on a tour across Europe to meet NGOs and other groups in order to share their thoughts on how best to tackle “the inequality that comes from the capitalist socio-economic system”.

    The Zapatista National Liberation Army became famous as representatives of the anti-globalisation movement after briefly leading an uprising in the southern Chiapas state on New Year’s Day 1994, which coincided with the enactment of the North American Free Trade Agreement.

    Known for wearing balaclavas and traditional Mayan dress, the Zapatistas live in autonomous municipalities, which are self-sufficient and do not participate in government assistance programmes.
    After 500 years, Cortés still looms large on both sides of Atlantic
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    Mexico’s president, Andrés Manuel López Obrador, has promoted 2021 as a year of remembrance. On Monday he travelled to the Maya community of Tihosuco to ask forgiveness for the 18th-century war of the castes, in which the Maya people of the Yucatán peninsula rose up against the slave-like conditions they worked under harvesting henequin, which was used to make rope.

    “We offer the most sincere apologies to the Maya people for the terrible abuses committed by private individuals and Mexican and foreign authorities during the three centuries of colonial dominion and two centuries of the independent Mexico,” said López Obrador, commonly known as Amlo.

    Amlo has had a complicated relationship with indigenous peoples, however. He promised to put the poor and excluded – including indigenous people – first in his government and received a consecrated staff representing governance from indigenous leaders at his inauguration.
    The mariners hope to arrive in Vigo some time before 13 August, the 500th anniversary of the Spanish sacking of the Aztec capital of Tenochtitlán, which became Mexico City
    The mariners hope to arrive in Vigo some time before 13 August, the 500th anniversary of the Spanish sacking of the Aztec capital of Tenochtitlán, which became Mexico City. Photograph: Lourdes Cruz/EPA

    But he has pushed forward with mega-projects such as a train line around the Yucatán peninsula, which Maya communities say they have not been properly consulted about.

    “You can’t support the exploited and the people doing the exploiting,” Subcomandante Moisés said in a 2019 message directed at Amlo. “You have to pick one.”

    López Obrador has previously asked the Spanish crown and the Vatican to apologise for the conquest. Spain dismissed the request, saying it “profoundly regretted” the publication of a letter from the Mexican president to King Felipe.

    “The arrival of the Spanish on Mexican soil 500 years ago cannot be judged in the light of contemporary considerations,” it said in a statement at the time. “Our closely related peoples have always known how to view our shared history without anger and from a shared perspective, as free peoples with a common heritage and an extraordinary future.” The Vatican said it had already addressed the issue.

    The Zapatistas, however, have a rather different agenda. “We are going to tell the people of Spain two simple things,” they said in a statement. “One, they did not conquer us, we are still here resisting, in rebellion. Second, they do not have to ask that we forgive them for anything.”

    A spokeswoman for Vigo city hall said there were currently no plans to formally receive the Zapatistas as the visitors had not requested a meeting.

    #colonisation #Spain #EZLN #résistance

  • Tour de Lorraine 21 - Tour décolonial - decolonizing minds and hearts.

    Organized in resistance against the WEF, a major political event in Bern. Each year has a different theme and in 2021 this theme is Tour décolonial - looking at the role of Switzerland in colonial and slave history and in what way they are still responsible for ongoing structural inequality.

    See program here: https://www.tourdelorraine.ch/tdl-21/programm/podium-workshops-lesung/#c1438

    Racism and the aftermath of Switzerland’s colonial entanglements are issues that have been acute not only since the killing of George Floyd. With the 21st edition of the Tour de Lorraine, we want to contribute to highlighting these continuities, and to shed light on their consequences until today. From April 30 - May 13, there will be various workshops, lectures, films and artistic performances. You can find the whole program, registration and current information below.

    (Presentation in French and German on website https://www.tourdelorraine.ch/tdl-21)

    The opening event: Auftaktveranstaltung der Tour décolonial
    https://www.youtube.com/watch?v=1ytoEeHSljE

    Jonas Van Holanda. Jonas Van Holanda ist queerer antikolonialer Künstler aus dem Nordosten Brasiliens.
    Vanessa Thompson. Internationale Unabhängige Kommission zur Aufklärung der Wahrheit über den Tod des Oury Jalloh // Copwatch FFM
    Noor Alamery.
    Izabel Barros (Moderation). Berner Rassismus Stammtisch; cfd

    Das Unsichtbarmachen von Schwarzen Menschen, People of Color und von Menschen mit Migrationsgeschichte, das Verleugnen ihrer Realitäten, ihres Wissens und ihres Widerstands in der Schweizer Geschichtsschreibung und Gegenwart, die Dehumanisierung geflüchteter Menschen durch das europäische Grenzregime, die Militarisierung der Sicherheitspolitik, Racial Profiling und das schweizerische Migrationsregime – alle diese Gewaltformen sind ineinander verschränkt. Durch sie setzt sich das koloniale Projekt fort, das sich als Vorherrschaft eines weissen, kapitalistischen, ableistischen, cisheteronormativen und rassistischen Patriarchats bis heute global auswirkt und in dem wir uns alle verorten müssen.

    Der Begriff des «kolonialen Projekts» verdeutlicht, dass Gewalt kein zufälliger Kollateralschaden war, sondern untrennbar mit der europäischen Expansion einherging. Die Betroffenen haben dafür ihre eigenen Bezeichnungen geprägt: Menschen des afrikanischen Kontinents und seiner Diaspora den Begriff der Maafa für Genozid, Versklavung, Kolonialismus und den Widerstand dagegen, jüdische Menschen den der Shoa für den millionenfachen systematischen Völkermord durch Nazis, Palästinenser*innen den Begriff der Nakba für ihre Vertreibung im Jahr 1948 und den Beginn von Kolonisierung und Apartheid. Sinti*ze und Rom*nja wählten die Bezeichnung Samudaripen für den an ihnen verübten Völkermord unter dem Nazi-Regime.

    Mit dem Netz der kolonialen Kontinuitäten und ihren gewaltvollen Ausprägungen gehen jedoch immer auch verschiedene Formen des Widerstands einher. Die Funktionsweise dieses kolonialen Projekts darf demnach nicht ohne die Geschichten jener Menschen verstanden werden, die sich dagegen organisiert, gekämpft und Widerstand geleistet haben und dies bis heute tun. Menschen, die trotz aller Widrigkeiten lieben, leben und überleben. Sie schaffen antikoloniale Perspektiven und entwickeln Alternativen, welche die kolonialen Machtverhältnisse aufbrechen und neu verhandeln sollen.

    Die Auftaktveranstaltung der Tour décolonial will diesem Widerstand Räume schaffen. Aus Widerstand werden Widerstände, da möglichst viele Perspektiven und Ebenen betrachtet, diskutiert und verbunden werden. Dabei wollen wir die Geschichte(n) und Realität(en) des Widerstands ins Zentrum stellen, Machtstrukturen sichtbar machen und in einem globalen Kontext von Gerechtigkeit verstehen. Die damit verbundene Sichtbarmachung der unzähligen Akte des Widerstands ermöglichen einen verändernden Blick auf Geschichte, Gegenwart und Zukunft. Dieser neue Blick soll eine kritische und nachhaltige Auseinandersetzung der zuhörenden Personen mit eigenen Privilegien ermöglichen und sie dazu inspirieren, Auseinandersetzung wirksam in kollektive Handlungen umzusetzen.

    Dazu gehört, sich der Kontinuitäten des kolonialen Projekts und der eigenen Position darin bewusst zu werden und die daraus folgenden Machtdynamiken auch innerhalb von Widerstandsbewegungen zu erkennen, anzusprechen und Prozesse zum Aufbrechen dieser Dynamiken zu initiieren. Dadurch wird die Vereinigung von verschiedenen emanzipatorischen Bewegungen und Allianzen miteinander denk- und fühlbar: Aus Widerständen soll Widerstand werden, der verschiedene emanzipatorische Kämpfe und Perspektiven vereint und die Transformation der Gesellschaft vorantreibt.

    Das genaue Ziel und die Form des gemeinsamen Widerstands können wir, wie Angela Davis hervorhebt, noch gar nicht kennen, uns fehlen einige Begriffe, Denk- und Handlungsweisen, um diese kommende konkrete Realität fassen und beschreiben zu können. Wir benötigen neue, gemeinsame Sprachen dafür. Wir kennen die Richtung des Ziels, wir kennen seine Konturen, die sich durch ständige kritische Selbstreflexion, durch jeden Akt des Widerstands verwandeln, um die koloniale Realität zu irritieren und eine dekoloniale Realität zu formen. Für diesen Weg ist antikoloniale Arbeit in all ihren Formen essenziell. Als zentrale Kraft des Widerstands schenkt sie uns Bilder, Worte, Bewegungen, Formen, welche uns die Kraft geben, das Gegenwärtige zu verändern und das Kommende zu erträumen und neu zu gestalten.

    Diese Auftaktveranstaltung soll zu einem Akt des gemeinsamen Widerstands beitragen, der es uns allen ermöglicht, Konturen antikolonialer Utopie neu zu denken und sie klarer zu sehen.

    Text: AG Inhalt der Tour de Lorraine 2021

    Another event that can be followed online: «I will be different every time – Schwarze Frauen in Biel»

    Fork Burke, Myriam Diarra und Perpétue Kabengele.
    Moderation: Franziska Schutzbach

    «I will be different every time – Schwarze Frauen in Biel» erzählt ein Stück «Black History» in der Schweiz. Es macht Frauen mit ihren Stimmen, Biographien, Denkweisen, Perspektiven und Lebenswelten sichtbar, die in der Schweiz selten zur Kenntnis genommen werden.

    https://www.youtube.com/watch?v=8TaFS2EEOeE

    Online event: How much do we know about People - Poet Reading

    Mbene Mwambene

    Change refuses to inch,
    good music has been composed already
    We have learned too much
    and yet understand nothing
    What is left to be known?
    We read words and street names
    Which heroes are you talking

    There is an epicenter
    There is an edge, a line drawn between
    Yet the survival depends on the porosity of this space
    One day, we might open the doors to the center with boots
    It’s alright to be angry, It’s alright
    Oh! don´t we just intellectualize too much?

    https://www.youtube.com/watch?v=BacWY-gkKNM

    #décolonial #Bern #colonialisme #féminisme #poetry #résistance #racisme

  • États d’Urgence, Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert | Premiers Matins de Novembre Éditions
    https://www.pmneditions.com/product/etats-d-urgence-une-histoire-spatiale-du-continuum-colonial-francais-le

    Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert
    €18.00

    États d’Urgence, Une histoire spatiale du continuum colonial français - Léopold Lambert

    Préfaces de Nacira Guénif-Souilamas et de Anthony Tutugoro

    Loi contre-révolutionnaire par excellence, l’état d’urgence lie les trois espaces-temps de la Révolution algérienne de 1954-1962, l’insurrection kanak de 1984-1988 et le soulèvement des quartiers populaires en France de 2005.
    Cet ouvrage revient en détails sur chacune de ces trois applications ainsi que celle, plus récente de 2015 à nos jours, en tentant de construire des ponts entre chacune. Dans cette étude, l’auteur utilise le concept de continuum colonial tant dans sa dimension temporelle que géographique. En son sein circulent notamment un certain nombre d’officiers militaires et hauts fonctionnaires coloniaux, mais aussi des populations immigrées et des révolutionnaires.

    Architecte de formation, l’auteur ancre sa lecture dans la dimension spatiale de l’état d’urgence en liant aussi bien les camps de regroupement en Algérie, la ville blanche de Nouméa, les commissariats de banlieues françaises, que la Casbah d’Alger, les tribus kanak ou encore les bidonvilles de Nanterre.

    336 pages
    Sortie nationale 30 avril 2021
    Précommandes ouvertes !

    #colonialisme #Algérie #Kanaky #histoire_coloniale

  • Islamophobie : deux Insoumis répondent à Émilie Chalas | Place Gre’net
    https://www.placegrenet.fr/2021/03/20/tribune-oui-il-y-a-une-haine-ou-une-peur-irrationnelle-des-musulmans-en-france/464663

    Tribune : « Oui, il y a une haine ou une peur irrationnelle des musulmans en France »
    sep article

    TRIBUNE LIBRE – Deux Insoumis de la région grenobloise ont réagi à la tribune de la députée de l’Isère Émilie Chalas consacrée aux termes “islamo-gauchisme” et “islamophobie”. Julien Ailloud, co-animateur d’Eaux-Claires Mistral Insoumis Grenoble, et Amin Ben Ali, co-animateur de Tullins insoumise, tous deux signataires de l’appel du Printemps Isérois, livrent une réplique au vitriol au point de vue de la parlementaire LREM. En novembre 2019, ils avaient déjà signé une tribune pour exprimer leur fierté concernant l’appel de la France insoumise de participer à la marche contre l’islamophobie.

    Nombreux sont les intel­lec­tuels qui ont, depuis les élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives de 2017, ana­lysé le dis­cours des “mar­cheurs”. Au-delà des angli­cismes, du voca­bu­laire type « start-up » et de la tra­di­tion­nelle langue de bois, les macro­nistes ont une spé­ci­fi­cité com­mune : celle de déstruc­tu­rer la langue et le lan­gage. La récente tri­bune d’Émilie Chalas ne déroge pas à cette mau­vaise habi­tude, à la fois médiocre et cynique.

    Les noms de deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’"islamophobie" avaient été affichés sur un mur de l’école.

    Les noms de deux pro­fes­seurs de Sciences Po Grenoble accu­sés d” »isla­mo­pho­bie » avaient été affi­chés sur un mur de l’é­cole.

    Prenant pour pré­texte l’actualité à l’IEP de Grenoble, Émilie Chalas n’analyse en rien ces évè­ne­ments. Elle s’appuie sur ce fait divers pour faire le pro­cès des tenants de l’« islamo-gau­chisme », qu’elle dit mino­ri­taires, alors que la ministre Frédérique Vidal nous par­lait « d’une société gan­gre­née » par ce mal. La réa­lité, c’est que la dis­tance entre l’extrême droite et la majo­rité par­le­men­taire s’est encore réduite, cette ana­lyse de la ministre inter­ve­nant quelques jours après que Gérald Darmanin ait trouvé Marine Le Pen insuf­fi­sam­ment pré­oc­cu­pée par l’islam, trop « molle » selon lui.

    Alors, dans le débat public, nous avons d’abord eu droit à l’utilisation du mot « isla­misme » dans son uti­li­sa­tion poli­tique, mais sans savoir qui la ministre visait. En effet, à entendre les débats par­le­men­taires sur la loi contre les sépa­ra­tismes, une femme voi­lée est une isla­miste en puis­sance mais, « en même temps », d’après le pré­sident de la République lui-même, mani­fes­ter contre les vio­lences poli­cières comme en juin 2020 est une mani­fes­ta­tion du sépa­ra­tisme… De là à pen­ser que, dans la tête de la majo­rité, tous les isla­mistes sont sépa­ra­tistes et tous les sépa­ra­tistes sont isla­mistes, il n’y a qu’un pas.

    « Un flagrant délit de contradiction » concernant le terme islamophobie

    Nous avons ici un fla­grant délit de contra­dic­tion : alors que LREM et ses alliés passent leur temps à se dire « prag­ma­tiques », ils ont en réa­lité les deux pieds dans l’idéologie, faute de prendre en compte le tra­vail sérieux des cher­cheurs et enquê­teurs, repous­sant (ou ne s’intéressant pas) aux tra­vaux uni­ver­si­taires et aux rap­ports minis­té­riels. Ces der­niers démontrent pour­tant que le pro­ces­sus de radi­ca­li­sa­tion n’est que très peu influencé par « l’islamisme poli­tique ». Il ne s’agit pas d’un déni que de le dire.

    Les recherches d’Olivier Roy, spé­cia­liste renommé de l’islam, et les rap­ports de Dounia Bouzar, res­pon­sable de la déra­di­ca­li­sa­tion sous le man­dat de François Hollande, expliquent très clai­re­ment qu’il n’existe pas de conti­nuum entre « isla­misme » et « ter­ro­risme ». Le ter­ro­risme se nour­rit de para­mètres variés et com­plexes : pen­ser que com­battre l’islamisme poli­tique suf­fi­rait à com­battre le ter­ro­risme relève soit de la naï­veté, soit de l’incompétence.

    Islamophobie : deux Insoumis répondent à Émilie Chalas. Manifestation contre l’islamophobie à Grenoble © Joël Kermabon - Place Gre’net

    Manifestation contre l’is­la­mo­pho­bie à Grenoble © Joël Kermabon – Place Gre’net

    Concernant plus pré­ci­sé­ment la tri­bune de Mme Chalas, il est ter­rible d’observer qu’une dépu­tée soit aussi légère dans l’utilisation des mots et dans le manie­ment des concepts. Nous expli­quant sans sour­ciller que le terme isla­mo­pho­bie vient de l’islam radi­cal, elle change de ver­sion dans le même texte en disant que ce terme « a été créé en 1910 par des admi­nis­tra­teurs-eth­no­logues fran­çais pour dési­gner “un pré­jugé contre l’islam” »… mais qu’il serait ins­tru­men­ta­lisé pas les isla­mistes ; et notam­ment « les frères musul­mans » qui sont, comme tout le monde sait, si influents en France.

    Il convient ici de noter que de toute sa tri­bune, Mme la dépu­tée ne men­tion­nera pas les nom­breuses orga­ni­sa­tions natio­nales et inter­na­tio­nales qui prennent au sérieux le terme et le concept d’islamophobie : Commission natio­nale consul­ta­tive des droits de l’Homme en France, Conseil de l’Europe, Conseil des droits de Homme de l’Onu, etc.

    « Face aux dominants, soutien aux dominés »

    Dans le même temps, Mme Chalas nous explique que le terme d’« islamo-gau­chiste » ne souffre d’aucune récu­pé­ra­tion poli­tique de l’extrême droite, en jus­ti­fiant qu’il fut créé par un cher­cheur du CNRS au début des années 2000 pour dési­gner le sou­tien des orga­ni­sa­tions de gauche à la lutte pales­ti­nienne. À cet ins­tant, la rigueur de notre dépu­tée ne l’interroge pas sur le fait qu’un terme inventé pour une défi­ni­tion pré­cise soit uti­li­sée pour dénon­cer tout autre chose, ou encore que cette expres­sion ait été en som­meil pen­dant des années, absente du débat public jusqu’à ce que les poli­ti­ciens et médias d’extrême droite ne la remettent en cir­cu­la­tion. C’est au mieux un manque de pré­ci­sion et, au pire, une mani­pu­la­tion poli­tique gros­sière…

    Pour les signataires de la tribune, Émilie Chalas "manque de rigueur scientifique et méthodologique" © Corentin Bemol - Place Gre’net

    Pour les signa­taires de la tri­bune, Émilie Chalas « manque de rigueur scien­ti­fique et métho­do­lo­gique ». © Corentin Bemol – Place Gre’net

    Bien entendu, il ne sera fait aucune men­tion du fait que la Conférence des pré­si­dents d’université (CPU) a refusé l’emploi de ce terme, tout comme le CNRS lui-même dans un com­mu­ni­qué inti­tulé « L”“islamo-gauchisme”n’est pas une réa­lité scien­ti­fique ».

    Il n’est pas néces­saire d’être dépu­tée pour sai­sir que la prise de posi­tion d’une ins­ti­tu­tion pèse plus lourd qu’un seul de ses cher­cheurs dont le terme a été gal­vaudé depuis sa créa­tion.

    Cette tri­bune d’Émilie Chalas aura au moins per­mis quelques avan­cées. Nous savons main­te­nant qu’en plus de per­ver­tir les mots, les macro­nistes souffrent d’un défaut consé­quent de rigueur scien­ti­fique et métho­do­lo­gique, dévoi­lant au grand jour leur absence de colonne ver­té­brale intel­lec­tuelle. Et alors que le monde entier com­mé­more les deux ans de l’attentat de Christchurch contre deux mos­quées, Mme Chalas choi­sit cette séquence pour nier l’islamophobie, mal­gré 51 vic­times cau­sées par Brenton Tarrant, par ailleurs dona­teur et « membre bien­fai­teur » de l’association récem­ment dis­soute Génération iden­ti­taire.

    En ce qui nous concerne, une chose est cer­taine : oui, il y a une haine et/ou une peur irra­tion­nelle des musul­mans et des musul­manes en France, quel que soit le terme pour l’exprimer. Le fait que plu­sieurs médias et membres du per­son­nel poli­tique les pointent régu­liè­re­ment pour cible n’y est pas étran­ger. Il ne s’agit pas d’« islamo-gau­chisme » que de le dire, mais sim­ple­ment de rendre compte des ten­sions qui tra­versent notre société, comme l’a récem­ment rap­pelé un son­dage dont 43 % des répon­dants trouvent qu’il y a trop de musul­mans en France. Et face à ce constat, nous nous tenons à la ligne que notre famille poli­tique à tou­jours tenue : face aux domi­nants, sou­tien aux domi­nés !

    Julien Ailloud & Amin Ben Ali

    #Islamophobie #Grenoble