• Marcher pour la forêt
    http://www.zinzine.domainepublic.net/?ref=3823

    Nous avons accompagné la première étape de la marche pour la défense des forêts qui est partie de Valence le 2 octobre 2018 et qui arrivera le 24 octobre à la forêt de Tronçais. Entretiens avec deux forestiers de l’Office Nationale des Forêts, membres de l’intersyndicale qui a organisé la marche, avec des marcheurs, avec un occupant de la forêt de Roybon qui conteste un mégaprojet touristique et avec Anne Berthet du Réseau pour les Alternatives Forestières. Durée : 49 min. Source : Radio Zinzine

    http://www.zinzine.domainepublic.net/emissions/SPX/2018/SPX20181014-MarcherPourLaForet.mp3



  • « Petite histoire de la prise de son naturaliste. Épisode 1 : récitals d’oiseaux et d’oiselles (années 1880 – 1920). »
    http://syntone.fr/petite-histoire-de-la-prise-de-son-naturaliste-episode-1-recitals-doiseaux-e

    En écoutant – voire en réalisant – des enregistrements animaliers et paysagers, l’on espère peut-être trouver une échappatoire, même momentanée, à la société technicienne. Ce serait oublier, néanmoins, que ces sons eux-mêmes ont une histoire, extrêmement brève comparée à celle de leurs objets, et qu’ils dépendent étroitement de l’évolution des technologies aussi bien que des sociétés. Retour sur 130 ans de prises de sons naturels, depuis les concerts de volatiles captifs jusqu’aux tentatives de préserver le vivant dans toute sa diversité biologique et sonore.


    #écologie_sonore #audionaturalisme #création_sonore #histoire


  • Kenyans Say Chinese Investment Brings Racism and Discrimination - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/10/15/world/africa/kenya-china-racism.html?smid=fb-nytimes&smtyp=cur

    Before last year, Richard Ochieng’, 26, could not recall experiencing racism firsthand.

    Not while growing up as an orphan in his village near Lake Victoria where everybody was, like him, black. Not while studying at a university in another part of Kenya. Not until his job search led him to Ruiru, a fast-growing settlement at the edge of the capital, Nairobi, where Mr. Ochieng’ found work at a Chinese motorcycle company that had just expanded to Kenya.

    But then his new boss, a Chinese man his own age, started calling him a monkey.

    It happened when the two were on a sales trip and spotted a troop of baboons on the roadside, he said.

    “‘Your brothers,’” he said his boss exclaimed, urging Mr. Ochieng’ to share some bananas with the primates.

    And it happened again, he said, with his boss referring to all Kenyans as primates.

    Humiliated and outraged, Mr. Ochieng’ decided to record one of his boss’s rants, catching him declaring that Kenyans were “like a monkey people.”

    Kenya may have been a British colony, where white supremacy reigned and black people were forced to wear identification documents around their necks. But it has been an independent nation since 1963, with a sense of pride that it is among the region’s most stable democracies.

    Today, many younger Kenyans say that racism is a phenomenon they largely know indirectly, through history lessons and foreign news. But episodes involving discriminatory behavior by the region’s growing Chinese work force have unsettled many Kenyans, particularly at a time when their government seeks closer ties with China.

    #Chinafrique #racisme
    Le bon goût du #colonialisme d’antan...


  • #Miners_Shot_Down

    In August 2012, mineworkers in one of South Africa’s biggest platinum mines began a wildcat strike for better wages. Six days into the strike, the police used live ammunition to brutally suppress the strike, killing 34 and injuring many more.The police insisted that they shot in self- defense. Miners Shot Down tells a different story, one that unfolds in real time over seven days, like a ticking time bomb.

    The film weaves together the central point-of-view of three strike leaders, Mambush, Tholakele and Mzoxolo, with compelling police footage, TV archive and interviews with lawyers representing the miners in the ensuing commission of inquiry into the massacre. What emerges is a tragedy that arises out of the deep fault lines in South Africa’s nascent democracy, of enduring poverty and a twenty year old, unfulfilled promise of a better life for all. A campaigning film, beautifully shot, sensitively told, with a haunting soundtrack, Miners Shot Down reveals how far the African National Congress has strayed from its progressive liberationist roots and leaves audiences with an uncomfortable view of those that profit from minerals in the global South.


    http://www.minersshotdown.co.za
    #Afrique_du_sud #film #documentaire #mines #extractivisme #violences_policières #histoire #massacre #Marikana_commission_for_inquiry #grève #Lonmin #travail #pauvreté #platine #massacre_de_Marikan #syndicat #Cyril_Ramaphosa #National_union_of_mine_workers (#NUM) #AMCU #matières_premières #violence #Lonmin_mining_company #Greg_Marinovich #police #impunité


  • Je découvre un #podcast complètement barré sur la #littérature et la #philosophie, Comme en passant. Par exemple dans cet épisode, qui clôt une série autour des #monstres, Gilles Deleuze, Michel Foucault et d’autres participent au podcast et dialoguent avec son producteur.
    https://commeenpassant.fr/monstrueux-phenomene-de-bordure

    - Et d’abord, pourquoi vous rappliquez tous là aujourd’hui ? (...) Michel, pourquoi t’es là ?
    – J’aimerais vous interroger un peu sur le mot pourquoi.
    – Bon, joue pas au plus con, parce que tu sais très bien que tu vas perdre.

    https://audio.ausha.co/brQGF5KpG1vy.mp3

    #audio



  • Avez-vous déjà entendu parler du CLODO ? | Et vous n’avez encore rien vu...
    https://sniadecki.wordpress.com/2018/10/04/rmu-clodo

    Avec Célia Izoard en 2011. À Toulouse, entre 1980 et 1983, ce mystérieux Comité pour la Liquidation ou le Détournement des Ordinateurs faisait la une des journaux en incendiant des usines d’informatique. C’est avant, bien sûr. Avant que nous ayons (presque) tous un iPod dans la poche et un portable à la main. À une époque où les gens étaient tellement sceptiques sur l’utilité d’un ordinateur à la maison que le gouvernement s’était mis à distribuer des Minitel à tour de bras… Durée : 48 min. Source : Radio Zinzine

    https://ia801502.us.archive.org/13/items/RMU048IzoardCLODO_201810/RMU_048-IzoardCLODO.mp3

    • Contester l’informatisation, même dans ses effets les plus patents comme les licenciements massifs qu’elle permet, revient nécessairement à critiquer la production capitaliste et la croissance. Chose que, dans les années 1980 comme aujourd’hui, la classe politique ne peut pas se permettre. La confusion savamment entretenue entre prouesse technologique et progrès social est également un verrou idéologique puissant, qui fait de toute remise en cause des gadgets que nous utilisons, à la maison ou au travail, de gré ou de force, une atteinte aux bonnes mœurs politiques – comme si la liberté et la démocratie étaient indissociablement attelées au TGV et à l’ordinateur personnel…

      C’est ce qui explique que la critique de l’informatisation se soit vite retranchée dans une dénonciation plus convenue de la surveillance et du fichage, au point même de s’enfermer – c’est le cas aujourd’hui – dans des contradictions indépassables, puisqu’elle va de pair avec un plébiscite d’internet et des nouvelles technologies, dont tous les usages, même les plus « démocratiques », concourent directement à cette collecte d’informations.

      #Célia_Izoard


  • Repenser la #mondialisation avec #Serge_Gruzinski

    « L’avenir est un miroir où se reflète le passé », écrit Serge Gruzinski*, Grand prix international d’Histoire 2015.

    Car, depuis des années, Serge Gruzinski s’intéresse à l’#histoire longue, globale et connectée, il cherche l’expérience fondatrice de la mondialisation, et il la trouve dans la conquête de l’Amérique par les Espagnols à la renaissance.

    L’historien nous parle avec une grande clarté de l’#occidentalisation et du #métissage, mais aussi du regard de la #chrétienté et de l’#islam sur la conquête du nouveau monde. Pour Serge Gruzinski, on ne peut comprendre l’occidentalisation de l’Amérique latine sans revenir à l’histoire de l’Afrique et au commerce des esclaves.


    http://www.rfi.fr/emission/20180722-gruzinski-mondialisation-repenser-histoire-iheal
    #globalisation


  • FIP consacre son émission à la légende du rock-punk anglais à l’occasion de la sortie du coffret « Joe Strummer 001 ».


    spéciale #Joe_Strummer mardi 9/10 à 20h00

    https://www.fip.fr/emissions/speciales/2018/speciale-joe-strummer-10-09-2018-20-00

    Le 28 septembre sortait la première anthologie de Joe Strummer. Joe Strummer 001 retrace toute sa carrière, en dehors du groupe The Clash, sur le label Ignition Records. Il s’agit de sa période solo, de ses concerts avec les 101’ers, de ceux avec les Mescaleros, des musiques de film et des chansons totalement inédites comme des morceaux travaillés avec Johnny Cash ou Jimmy Cliff. Un coffret de ses expérimentations en 32 titres dont 20 raretés et 12 inédits restaurés et remastérisés accompagnés de notes personnelles de l’artiste. Le tout supervisé par sa veuve Luce et Robert Gordon McHarg III, initiateur par le passé, de plusieurs expositions autour de l’artiste.

    #Fip_radio

    • 1) punk rock warlord
      2) keys to your heart (joe strummer & the 101ers)
      3) fulero (zuco 103)
      4) trash city
      5) the guns of brixton (the clash)
      6) holidays in the sun (the sex pistols)
      7) i m gonna move right in (the velvet underground)
      8) rose of erin
      9) tennessee rain
      10) sandpaper blues
      11) theme from lawrence of arabia (teisco del rey)
      12) yalla yalla (joe strummer & the mescaleros)
      13) police and thieves (the clash)
      14) bbc world service
      15) london calling (the clash)
      16) junco partner
      17) rebel waltz (the clash)
      18) ride your donkey
      19) train in vain (the clash)
      20) armagideon time (the clash)
      21) reboot the mission (the wallflowers)
      22) filibustero
      23) afro cuban be bop
      24) techno d day
      25) julie s been working for the drug squad (the clash)
      26) let s go crazy (the clash)
      27) the magnificent dance (the clash)
      28) the magnificent seven (the clash)
      29) sandpaper blues
      30) rock el casbah (rachid taha)
      31) london is burning
      33) night scene (the rumblers)
      33) london’s burning (the clash)
      34) czechoslovak song / where is england (joe strummer & paul simonon )
      35) u.s. north (joe strummer & mick jones )
      36) over the border (jimmy cliff & joe strummer)
      37) viperland
      38) armagideon time (the clash)
      39) letsagetabitarockin
      40) pouring rain (joe strummer & paul simonon )
      41) garageland (the clash)
      42) get down moses
      43) below the bassline (ernest ranglin)
      44) long shadow (joe strummer and the mescaleros)
      45) it’s a rockin world
      46) wrong em boyo (the clash)
      47) mick and paul were different
      48) johnny appleseed
      49) the cool impossible
      50) redemption song (johnny cash & joe strummer)
      51) redemption song (manu codjia trio)
      52) blues on the river
      53) burnin streets
      54) silver and gold
      55) nica libre


  • Un épisode étonnant de l’histoire de la #radio aux États-Unis, raconté dans #99_percent_invisible. Une petite antenne commerciale, pour faire sa promotion à l’occasion d’un changement de projet éditorial, lance un concours : celui qui réussit à rester le plus longtemps possible perché sur la plateforme d’accès à un grand panneau publicitaire gagnera une maison préfabriquée. Sauf qu’on est en 1982, que c’est la crise, et que certains sont prêts à rester beaucoup plus de temps que prévu pour avoir un logement à eux. Le concours, de petit évènement local, finit au bout de quelques mois par faire la Une de la presse nationale : il contredit singulièrement les belles paroles du président Reagan sur le #rêve_américain.


    C’est à écouter ici : « Billboard Boys : The Greatest Radio Contest of All Time »
    https://99percentinvisible.org/episode/billboard-boys-the-greatest-radio-contest-of-all-time

    The year was 1982, and in the small city of #Allentown on the eastern edge of Pennsylvania sat an AM radio station called #WSAN. For years, it had broadcast country music to the surrounding Lehigh Valley — an area known for malls, manufacturing and Mack Trucks.

    WSAN was about to undergo a complete identity change, from a country station and to a “nostalgia” station — meaning Big Band, and soft hits from the 1950s. They wanted a gimmick to hook new listeners, so WSAN decided to launch a good old-fashioned endurance contest, reminiscent of the pole sitting stunts or dance marathons popular in the 1920s. They secured a local sponsor, Love Homes, to donate a prize: a single-wide modular home worth $18,000.

    For the contest, three people would ascend 30 feet up a ladder to a platform running under a WSAN billboard. Whoever stayed up the longest would walk away with the new home. They called it the “You’ll Love To Live With Us” contest. It seemed like a simple marketing strategy, but WSAN had grossly underestimated just how much people would endure for a little economic security.

    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/media.blubrry.com/99percentinvisible/dovetail.prxu.org/96/944599f3-e77f-4a37-9272-c9974a948964/324_Billboard_Boys_The_Greatest_Radio_Contest_of_All_Time_pt01.mp3

    #audio #podcast #histoire #pauvreté #États-Unis #logement



  • Sur la touche | Antoine Richard
    http://www.antoinerichard.fr/creation-radiophonique/sur-la-touche

    J’ai décidé il y a quelques mois lorsque mon père, contrebassiste classique professionnel, m’a annoncé arrêter son métier, de commencer à l’enregistrer. Je m’étais promis l’année précédente, lorsque les médecins ont diagnostiqué sa maladie de Charcot, de tout faire pour l’aider à garder un lien avec la musique, le plus longtemps possible. Depuis, il a vendu tous ses instruments, donné toutes ses partitions, fait disparaître tout ce qui à mes yeux était constitutif de l’homme qu’il est. Source : Relevé sur le Net...

    https://soundcloud.com/malentendu/sur-la-touche



  • In Britain, Even Children Are Feeling the Effects of Austerity
    https://www.nytimes.com/2018/09/26/world/europe/uk-austerity-child-poverty.html?partner=msft_msn

    The Conservative Party leaders who pushed through the austerity program dispute that it is the cause of rising child poverty, or that child poverty is increasing. They argue that a new system that bundles most payments into one, known as universal credit, is an improvement.

    The new system is “infinitely better than what it replaced,” said Iain Duncan Smith, the Conservative former cabinet minister who oversaw the changes. “The process of stepping into work is easier.”

    That rationale is being questioned. Though unemployment has been more than halved under the Conservatives, the overall child poverty rate has risen. And roughly two-thirds of poor children have at least one parent who works, the Institute for Fiscal Studies said.

    “We tell ourselves completely the wrong story about poverty in the U.K.,” Ms. Garnham said. “The government likes to focus attention on workless families, but there’s hardly any left. That’s a problem of the past.”

    #austérité #pauvreté #travailleurs #pauvres #Grande_Bretagne


  • 15 personnes poursuivies pour avoir tenté d’empêcher le décollage d’un charter de 57 expulsés (Ghana et Nigeria) en se couchant sur le tarmac (voir End Deportation latest newsletter : https://us16.campaign-archive.com/?u=ae35278d38818677379a2546a&id=6be6b043c3)
    –-> reçu via la mailing-list Migreurop par Claire Rodier.

    #Stansted_15 : Amnesty to observe trial amid concerns for anti-deportation activists

    Amnesty considers the 15 to be human rights defenders

    ‘We’re concerned the authorities are using a sledgehammer to crack a nut with this case’ - Kate Allen

    Amnesty International will be observing the trial of 15 human rights defenders set to go on trial at Chelmsford Crown Court next week (Monday 1 October) relating to their attempt to prevent what they believed was the unlawful deportation of a group of people at Stansted airport.

    The protesters - known as the “#Stansted 15” - are facing lengthy jail sentences for their non-violent intervention in March last year.

    Amnesty is concerned that the serious charge of “endangering safety at aerodromes” may have been brought to discourage other activists from taking non-violent direct action in defence of human rights. The organisation has written to the Director of the Crown Prosecution Service and the Attorney General calling for this disproportionate charge to be dropped.

    The trial is currently expected to last for approximately six weeks.

    Kate Allen, Amnesty International UK’s Director, said:

    “We’re concerned the authorities are using a sledgehammer to crack a nut with this case.

    “Public protest and non-violent direct action can often be a key means of defending human rights, particularly when victims have no way to make their voices heard and have been denied access to justice.

    “Human rights defenders are currently coming under attack in many countries around the world, with those in power doing all they can to discourage people from taking injustice personally. The UK must not go down that path.”

    https://www.amnesty.org.uk/press-releases/stansted-15-amnesty-observe-trial-amid-concerns-anti-deportation-activis

    #avion #déportation #renvois #expulsions #UK #Angleterre #résistance #procès #migrations #asile #réfugiés #frontières

    • The Stansted protesters saved me from wrongful deportation. They are heroes

      The ‘Stansted 15’ face jail for stopping my flight from taking off. They helped me see justice – and the birth of my daughter

      I’ll never forget the moment I found out that a group of people had blocked a charter deportation flight leaving Stansted airport on 28 March 2017, because I was one of the people that had a seat on the plane and was about to be removed from Britain against my will. While most of those sitting with me were whooping with joy when they heard the news, I was angry. After months in detention, the thought of facing even just one more day in that purgatory filled me with terror. And, crucially, I had no idea then of what I know now: that the actions of those activists, who became known as the Stansted 15, would help me see justice, and save my life in Britain.
      Stansted 15 convictions a ‘crushing blow for human rights in UK’
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      I first arrived in Britain in 2004 and, like so many people who come here from abroad, built a life here. As I sat in that plane in Stansted last year I was set to be taken “back” to a country that I had no links to. Indeed there is no doubt in my mind that had I been deported I would have been destitute and homeless in Nigeria – I was terrified.

      Imagine it. You’ve lived somewhere for 13 years. Your mum, suffering with mobility issues, lives there. Your partner lives there. Two of your children already live there, and the memory of your first-born, who died at just seven years old, resides there too. Your next child is about to be born there. That was my situation as we waited on the asphalt – imagining my daughter being born in a country where I’d built a life, while I was exiled to Nigeria and destined to meeting my newborn for the first time through a screen on a phone.

      My story was harsh, but it’s no anomaly. Like many people facing deportation from the United Kingdom, my experience with the immigration authorities had lasted many years – and for the last seven years of living here I had been in a constant state of mental detention. A cycle of Home Office appeals and its refusal to accept my claims or make a fair decision based on the facts of my case saw me in and out of detention and permanently waiting for my status to be settled. Though the threat of deportation haunted me, it was the utter instability and racial discrimination that made me feel like I was going mad. That’s why the actions of the Stansted 15 first caused me to be angry. I simply didn’t believe that their actions would be anything more than a postponement of further pain.

      My view isn’t just shaped by my own experience. My life in Britain has seen me rub along with countless people who find themselves the victims of the government’s “hostile environment” for migrants and families who aren’t white. Migration and deportation targets suck humanity from a system whose currency is the lives of people who happen to be born outside the UK. Such is the determination to look “tough” on the issue that people are rounded up in the night and put on to brutal, secretive and barely legal charter flights. Most take off away from the public eye – 60 human beings shackled and violently restrained on each flight, with barely a thought about the life they are dragged away from, nor the one they face upon arrival.
      Stansted 15 activists vow to overcome ‘dark, dark day for the right to protest’
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      I was one of the lucky few. My removal from the plane gave me two life-changing gifts. The first was a chance to appeal to the authorities over my deportation – a case that I won on two separate occasions, following a Home Office counter-appeal. But more importantly the brave actions of the Stansted 15 gave me something even more special: the chance to be by my partner’s side as she gave birth to our daughter, and to be there for them as they both needed extensive treatment after a complicated and premature birth. Without the Stansted 15 I wouldn’t have been playing football with my three-year-old in the park this week. It’s that simple. We now have a chance to live together as a family in Britain – and that is thanks to the people who lay down in front of the plane.

      On Monday the Stansted 15 were found guilty of breaching a barely used terror law. Though the jury were convinced that their actions breached this legislation, there’s no doubt in my mind that these 15 brave people are heroes, not criminals. For me a crime is doing something that is evil, shameful or just wrong – and it’s clear that it is the actions of the Home Office that tick all of these boxes; the Stansted 15 were trying to stop the real crime being committed. As the Stansted 15 face their own purgatory – awaiting sentences in the following weeks – I will be praying that they are shown leniency. Without their actions I would have missed my daughter’s birth, and faced the utter injustice of being deported from this country without having my (now successful) appeal heard. My message to them today is to fight on. Your cause is just, and history will absolve you of the guilt that the system has marked you with.

      https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/dec/10/stansted-15-protesters-deportation

    • Regno Unito, quindici attivisti rischiano l’ergastolo per aver bloccato la deportazione di migranti

      La criminalizzazione della solidarietà non riguarda solo l’Italia, con la martellante campagna contro le Ong che salvano vite nel Mediterraneo. In Francia sette attivisti rischiano 10 anni di carcere e 750mila euro di multa per “associazione a delinquere finalizzata all’immigrazione clandestina”. Nel Regno Unito altri quindici rischiano addirittura l’ergastolo per aver bloccato nella notte del 28 marzo 2017 nell’aeroporto di Stansted la deportazione di un gruppo di migranti caricati in segreto su un aereo diretto in Nigeria.

      Attivisti appartenenti ai gruppi End Deportations, Plane Stupid e Lesbian and Gays Support the Migrants hanno circondato l’aereo, impedendone il decollo. Come risultato della loro azione undici persone sono rimaste nel Regno Unito mentre la loro domanda di asilo veniva esaminata e due hanno potuto restare nel paese. Nonostante il carattere nonviolento dell’azione, il gruppo che ha bloccato l’aereo è finito sotto processo con accuse basate sulla legge anti-terrorismo e se giudicato colpevole rischia addirittura l’ergastolo. Il verdetto è atteso la settimana prossima.

      Membri dei movimenti pacifisti, antirazzisti e ambientalisti si sono uniti per protestare contro l’iniquità delle accuse. Amnesty International ha espresso la preoccupazione che siano state formulate per scoraggiare altri attivisti dall’intraprendere azioni dirette nonviolente in difesa dei diritti umani. Il vescovo di Chelmsford, la cittadina dove si tiene il processo, si è presentato in tribunale per esprimere il suo appoggio agli imputati. La primavera scorsa oltre 50 personalità, tra cui la leader dei Verdi Caroline Lucas, la scrittrice e giornalista Naomi Klein, il regista Ken Loach e l’attrice Emma Thompson hanno firmato una lettera in cui chiedono il ritiro delle accuse contro i “Quindici di Stansted” e la fine dei voli segreti di deportazione.

      Nel Regno Unito questa pratica è iniziata nel 2001. Molte delle persone deportate hanno vissuto per anni nel paese; vengono portate via dai posti di lavoro, in strada o dalle loro case, rinchiuse in centri di detenzione, caricate in segreto su voli charter notturni e inviate in paesi che spesso non conoscono e dove rischiano persecuzioni e morte. Alcuni non vengono preavvisati in tempo per ricorrere in appello contro la deportazione. “Il nostro è stato un atto di solidarietà umana, di difesa e resistenza contro un regime sempre più brutale” ha dichiarato un’attivista.


      https://www.pressenza.com/it/2018/12/regno-unito-quindici-attivisti-rischiano-lergastolo-per-aver-bloccato-la-
      #UK #Angleterre #solidarité #délit_de_solidarité #criminalisation #asile #migrations #réfugiés #expulsions

    • Activists convicted of terrorism offence for blocking Stansted deportation flight

      Fifteen activists who blocked the takeoff of an immigration removal charter flight have been convicted of endangering the safety of Stansted airport, a terrorism offence for which they could be jailed for life.

      After nearly three days of deliberations, following a nine-week trial, a jury at Chelmsford crown court found the defendants guilty of intentional disruption of services at an aerodrome under the 1990 Aviation and Maritime Security Act, a law passed in response to the 1988 Lockerbie bombing.

      The court had heard how members of the campaign group End Deportations used lock-on devices to secure themselves around a Titan Airways Boeing 767 chartered by the Home Office, as the aircraft waited on the asphalt at the airport in Essex to remove undocumented immigrants to Nigeria, Ghana and Sierra Leone.

      The prosecution argued that their actions, which led to a temporary shutdown of Stansted, had posed a grave risk to the safety of the airport and its passengers.

      The verdict came after the judge Christopher Morgan told the jury to disregard all evidence put forward by the defendants to support the defence that they acted to stop human rights abuses, instructing jurors to only consider whether there was a “real and material” risk to the airport.

      In legal arguments made without the jury present, which can now be reported, defence barristers had called for the jury to be discharged after Morgan gave a summing up which they said amounted to a direction to convict. The judge had suggested the defendants’ entry to a restricted area could be considered inherently risky.

      Human rights organisations and observers had already expressed concerns over the choice of charge, which Kate Allen, the UK director of Amnesty International, likened to “using a sledgehammer to crack a nut”. Responding to the verdict on Monday, Gracie Bradley, policy and campaigns manager at Liberty, called the verdict a “grave injustice” and a “malicious attack” on the right to peaceful protest.

      Dr Graeme Hayes, reader in political sociology at Aston University, was one of a team of academics who observed the trial throughout. The only previous use of the 1990 law he and colleagues were able to find was in 2002 when a pilot was jailed for three years after flying his helicopter straight at a control tower.

      “This is a law that’s been brought in concerning international terrorism,” he said. “But for the last 10 weeks [of the trial], we’ve heard what amounts to an extended discussion of health and safety, in which the prosecution has not said at any point what the consequences of their actions might have been.”

      In a statement released by End Deportations after the verdict, the defendants said: “We are guilty of nothing more than intervening to prevent harm. The real crime is the government’s cowardly, inhumane and barely legal deportation flights and the unprecedented use of terror law to crack down on peaceful protest.

      The protest took place on the night of 28 March 2017. The activists cut a hole in the airport’s perimeter fence, the court heard. Jurors were shown footage from CCTV cameras and a police helicopter of four protesters arranging themselves around the front landing gear of the aircraft and locking their arms together inside double-layered pipes filled with expanding foam.

      Further back, a second group of protesters erected a two-metre tripod from scaffolding poles behind the engine on the left wing on which one of them perched while others locked themselves to the base to prevent it from being moved, the videos showed. In the moments before police arrived, they were able to display their banners, one of which said: “No one is illegal.”

      Helen Brewer, Lyndsay Burtonshaw, Nathan Clack, Laura Clayson, Mel Evans, Joseph McGahan, Benjamin Smoke, Jyotsna Ram, Nicholas Sigsworth, Alistair Temlit, Edward Thacker, Emma Hughes, May McKeith, Ruth Potts and Melanie Stickland, aged 27 to 44, had all pleaded not guilty.

      They will be sentenced at a later date.


      https://www.theguardian.com/uk-news/2018/dec/10/activists-convicted-of-terror-offence-for-blocking-stansted-deportation


  • The Culture War Comes to Linux - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/en_us/article/yw43kj/what-happens-if-linux-developers-remove-their-code

    After #Linux adopted a new Code of Conduct, a small group of programmers threatened to rescind their code from the project. Lead Linux developers say the threat is “hollow.”

    A small group of programmers are calling for the rescission of code contributed to Linux, the most popular open source operating system in the world, following changes made to the group’s code of conduct. These programmers, many of whom don’t contribute to the Linux kernel, see the new Code of Conduct as an attack on meritocracy—the belief that people should mainly be judged by their abilities rather than their beliefs—which is one of the core pillars of open source software development. Other developers describe these attacks on the Code of Conduct as thinly veiled misogyny.

    It’s a familiar aspect of the culture war that many online and IRL communities are already dealing with, but it has been simmering in the Linux community for years. The controversy came to the surface less than two weeks after Linus Torvalds, the creator of Linux, announced he would temporarily be stepping away from the project to work on “understanding emotions.” Torvalds was heavily involved with day to day decisions about Linux development, so his departure effectively left the community as a body without a head. In Torvalds’ absence, certain developers seem committed to tearing the limbs from this body for what they perceive as an attack on the core values of Linux development.

    So far, these threats haven’t actually resulted in developers pulling code from the Linux kernel, but some Linux contributors fear that this controversy could snowball to the point where significant chunks of the Linux kernel are revoked from use. This would have huge ramifications for anyone online, given that most internet services used on a day to day basis run on Linux. I spoke with a number of Linux developers about the source of the controversy, what could be done to improve the Code of Conduct, and why they think these threats to implement a Linux “killswitch” are totally overblown.

    Voir aussi : https://seenthis.net/messages/723091 et https://seenthis.net/messages/724176

    #sexisme #code #développement #domination #Torvalds #méritocratie


  • Récit de 21 heures de garde à vue pour collage d’autocollants sur la Société générale
    https://www.bastamag.net/Recit-de-21-heures-de-garde-a-vue-pour-collage-d-autocollants-sur-la-Socie

    Ils voulaient dénoncer que quasiment rien n’a été fait, dix ans après la crise financière, pour encadrer le pouvoir nocif de la #Finance. Dans la nuit du 13 au 14 septembre, huit militants de l’association Attac sont arrêtés alors qu’ils collent des stickers sur les vitrines de banques. Interpellés, ils sont placés en garde pendant plus de 15 heures dans des cellules surpeuplées. Alors que plus de 30 fonctionnaires de police et deux magistrats ont été mobilisés, Alexis Chaussalet revient sur sa garde à (...)

    #Témoignages

    / #Multinationales, Finance, #Spéculation_financière, #Paradis_fiscaux, #Altermondialisme, A la (...)


  • Europe 1 invente la « fausse pub » pour mieux faire avaler la vraie - Par Manuel Vicuña | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/europe-1-invente-la-fausse-pub-pour-mieux-fait-avaler-la-vraie

    Saurez vous reconnaître les fausses #pubs qui se cachent parmi les vraies ? Sur une idée originale de Karl Zéro, c’est le défi lancé depuis la semaine dernière par #Europe_1 à ses auditeurs. Sur fond de jeu concours, cette opération vise à inciter les #auditeurs à ne pas zapper durant les tunnels de pub. De quoi ravir les #annonceurs.

    #radio #radio_privée


  • Du Maroc à Paris, les vies brisées des enfants de la Goutte-d’Or - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/09/19/du-maroc-a-paris-les-vies-brisees-des-enfants-de-la-goutte-d-or_1679911

    Hors de contrôle, violents et polytoxicomanes, des dizaines de mineurs sans parents vagabondent dans le nord de la capitale. Le Conseil de Paris devrait voter une rallonge pour l’association missionnée, dépassée par la situation.

    Deux gamins d’une douzaine d’années marchent dans la rue, tout en se roulant un joint. Ils croisent une vieille dame voilée, qui les interpelle en arabe. Le plus petit, Malik (1), 1,50 mètre sous la toise, se retourne illico, prêt à en découdre. Une main se pose sur son épaule et l’invite à poursuivre son chemin. Fin de l’altercation. « Voilà, c’est emblématique de ces gosses. Normalement, tu ne touches pas aux mamans. Pas eux. Ils n’ont aucune limite. » Chansia Euphrosine est directrice du pôle La Clairière du #Casp (Centre d’action sociale protestant), une association missionnée pour intervenir auprès des enfants marocains de la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Cela fait « quinze jours » qu’elle s’efforce de convaincre Malik de venir prendre une douche dans le local voisin. « Trop défoncé », l’adolescent avait jusqu’alors refusé. Ce lundi après-midi, il s’est enfin décidé.

    Depuis l’hiver 2016-2017, ils sont plusieurs centaines, comme Malik, à être passés dans ce quartier populaire du nord de Paris. Parfois très jeunes (10 ans), sans attaches familiales en France, polytoxicomanes, sans-abri et ultra violents, ils ont bouleversé le quotidien des habitants. Les vols à l’arraché sont devenus monnaie courante, les agressions également.

    « L’écume aux lèvres »

    « La #drogue, les trafics, il y en a toujours eu ici, remarque un commerçant. Mais aujourd’hui, tu peux te prendre un coup de couteau à tout moment. » Un habitant : « Rien ne les arrête. Ils volent les petites vieilles. Un jour, ils ont essayé de piquer le téléphone de ma nana, qui était pourtant avec sa poussette et notre môme d’1 an. » Chansia Euphrosine ne peut que partager le diagnostic. Ses équipes interviennent auprès des mineurs marocains depuis décembre 2017 : « C’est le boulot le plus intense, le plus dur que j’ai pu faire. On pense à l’horizon d’une journée, d’une semaine, guère plus. » Des scènes marquent davantage que d’autres. Notamment cette fois où trois jeunes, « complètement défoncés, titubant dans la rue, l’écume aux lèvres », ont glacé d’effroi une classe de maternelle en sortie, ainsi que leurs deux institutrices. « On a dû faire une chaîne humaine pour permettre à la classe de continuer son chemin, se souvient la directrice. Soudain, un des mineurs marocains s’est mis à hurler qu’il allait se tuer. Il a foncé vers un bus, mais il était tellement en mauvais état qu’il n’a pas réussi à se coucher sous les roues. » La scène devient encore plus surréaliste quand les vendeurs à la sauvette de Barbès, excédés par ces intrus qui menacent leur business, se ruent vers lui pour le lyncher. Le gosse est exfiltré in extremis.

    « Quand on travaille dans la rue, la mort fait partie de notre univers, souffle Chansia Euphrosine. Mais là, elle est présente tout le temps dans nos têtes. » Le pire a jusqu’à présent été évité, sans que personne ne comprenne comment. Mais la prise en charge des enfants perdus de Barbès reste en chantier. Hypermobiles et refusant toute aide des autorités, ils bénéficient également de la désorganisation des multiples acteurs impliqués dans le dossier. Leur profil est pourtant mieux connu qu’il y a quelques mois. Missionnée par la mairie de Paris, l’association Trajectoires a rendu un rapport en avril sur le profil de ces ados. Majoritairement originaires de quartiers périphériques des villes de Fès, Casablanca et Tanger, ils ne sont pas des « enfants des rues ». « Mais ces mineurs ont souvent été négligés ou délaissés par leurs familles », écrivent les auteurs. Les perspectives économiques médiocres ont fini de les persuader de « tenter le riski », comme ils disent. Comprendre : rejoindre l’Europe, planqués dans un camion, voire entassés sur une patera, la barque qui sert à franchir le détroit de Gibraltar. Certains meurent en route. Les autres, arrivés en Espagne, s’y installent parfois. Mais le plus souvent, ils continuent à circuler : France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne… Au gré des législations locales et de leurs failles, des liens qu’ils tissent ici et là, ils se déplacent, compliquant d’autant leur suivi.

    A Barbès, ils veulent « faire de l’argent », selon des témoignages recueillis par l’association Trajectoires. Vols à l’arraché, cambriolages, puis revente du butin au sein de l’économie parallèle de la Goutte-d’Or : les plus « doués » peuvent se faire plusieurs milliers d’euros par mois. Mais l’argent s’évapore vite. A la rue, les vols sont quotidiens. Faute d’hygiène suffisante, les jeunes doivent souvent se racheter une garde-robe complète. Pochettes Armani, fringues de marque, chaussures siglées, ils mettent le paquet sur les signes extérieurs de richesse, se photographient dans les rues de Paris avant de poster les images sur les réseaux sociaux. « Ils ne font que montrer à leurs potes restés au Maroc qu’ils ont eu raison de partir, relève Chansia Euphrosine. Même s’ils connaissent leur réalité, ils ne peuvent pas revenir en arrière. Ça serait la honte. »

    La réalité, derrière les coupes de cheveux dernier cri et les selfies crâneurs, c’est une vie de misère et de violence. « On est face à des tox en voie de clochardisation », dit Julien, un habitant. Les maux sont multiples. Ils ont souvent commencé par sniffer de la colle au Maroc. A Paris, ils enchaînent avec le #Rivotril, un anxiolytique « qu’ils avalent par plaquettes entières, comme des Smarties », selon Chansia Euphrosine. Insensibilisés, ils se scarifient et se lacèrent lors de bagarres à coups de tessons de bouteille. Certains basculent vers l’ecstasy, voire la cocaïne. La gale est courante, et rares sont les gamins qui n’arborent pas plusieurs cicatrices, voire balafres. Cet été, ils se sont repliés vers l’église Saint-Bernard. Entre eux, ils parlent en darija, l’arabe marocain, se débrouillent aussi en espagnol.

    Autorités impuissantes

    Après neuf mois de terrain, les éducateurs du Casp sont parvenus à tisser des liens. Ténus, mais qui ont le « mérite d’exister », dit Chansia Euphrosine. Elle poursuit : « Ces gamins sont attachants. Ils méritent d’avoir des adultes bienveillants dans leurs vies. On tente de répondre à leurs besoins primaires. » Un pansement à refaire, un médicament contre une infection dentaire, du collyre pour cet œil rouge à pleurer…

    Ils seraient actuellement entre 30 et 45 mineurs isolés marocains dans le nord de Paris, et autant de jeunes adultes. Autant dire trop pour la quinzaine d’éducateurs du Casp, qui n’ont que 10 lits à leur proposer chaque nuit. Ces quelques heures de répit sont en général réservées aux plus cassés. Qui restent des enfants. Abdel, surnommé « le Président » par Chansia Euphrosine, a récemment porté la revendication du groupe : dormir plus tard le matin et échapper au réveil à 8 heures. Refusé.

    Dans la rue, tout est sur un fil. Un regard, une parole peuvent déclencher une bagarre au sein de la bande. Quelques minutes plus tard, sous l’effet de la drogue, l’incident peut être oublié. Selon un récent article de Mediapart, les jeunes Marocains de Barbès ont déclenché 813 gardes à vue l’an passé. Cet été, quatre policiers du royaume chérifien sont même venus assister leurs collègues du XVIIIe arrondissement, aidant ainsi à identifier 52 personnes, dont 40 majeurs, lesquels peuvent entrer dans les « circuits classiques » (pénalement ou en matière d’éloignement), selon le ministère de l’Intérieur. Mais de manière générale, les autorités restent impuissantes. Les placements sous contrainte sont impossibles pour les mineurs. Quant à l’enfermement en établissement pénitentiaire ou en centre éducatif fermé, il n’est possible qu’à partir de 13 ans. La multiplication des alias complexifie encore la tâche. Enfin, quand un jeune est placé, il fugue très rapidement. Deux des gamins de la Goutte-d’Or ont même réussi à s’échapper du palais de justice de Paris, en plein milieu de leur audience. Quant à la coopération entre la mairie de Paris et l’Etat, elle est médiocre.

    « Parole raciste »

    Le 17 juillet, Anne Hidalgo a écrit au Premier ministre pour lui demander une plus grande implication. Deux mois plus tard, la réponse de Matignon est toujours « en cours de rédaction ». Le Conseil de Paris doit annoncer, ce jeudi, le vote la semaine prochaine d’une rallonge à la subvention accordée au Casp : 473 000 euros pour maintenir une présence de septembre à décembre.

    « C’est ramer tout seul au milieu de l’Atlantique », soupire un restaurateur de la Goutte-d’Or. Qui redoute l’arrivée prochaine de l’hiver. « Il va faire nuit à 17 heures et les gamins vont chercher des endroits où s’abriter. Des porches, des halls d’immeubles… » L’an passé, ils fracturaient les Autolib pour y dormir la nuit. D’autres s’installaient dans les tambours de machines à laver des laveries du secteur. « Certains vont passer leur troisième hiver ici… L’autre truc inquiétant, c’est qu’on voit de nouveaux visages : ça veut dire que le circuit fonctionne encore. » Il ajoute : « L’éponge a absorbé, absorbé, mais elle ne peut plus. Une parole raciste commence à se libérer. »

    C’est ce qu’a aussi constaté Chansia Euphrosine : « La Goutte-d’Or a une tradition d’accueil. Mais un jour, un monsieur d’origine marocaine m’a dit qu’il fallait les disperser à l’acide. Il était très sérieux. » Julien a récemment vu une cinquantaine de jeunes du quartier voisin de Château-Rouge « descendre » dans la Goutte-d’Or : « Ils ont massacré les ados marocains, sûrement après un vol. » Lan Anh, habitante du quartier, confirme que les réponses se musclent : « Les mineurs marocains me font un peu penser à des chiens errants. Certains habitants ont établi un rapport de force. Ils les frappent. Eux se laissent faire, ne répondent pas, comme des poupées de chiffon. Et on commence à s’habituer à ça. C’est terrible. »

    (1) Les prénoms ont été modifiés.
    Sylvain Mouillard

    Ça fait plus d’un an qu’une amie originaire du Rif qui vit en banlieue parisienne me parle de ce groupe de jeunes, en se désespérant que rien ne soit fait pour eux.

    #Maroc #goutte_d_or #immigration #Barbès #enfants


  • After Years of Abusive E-mails, the Creator of Linux Steps Aside | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/science/elements/after-years-of-abusive-e-mails-the-creator-of-linux-steps-aside

    Valerie Aurora, a former Linux-kernel contributor, told me that a decade of working in the Linux community convinced her that she could not rise in its hierarchy as a woman. Aurora said that the concept of Torvalds and other powerful tech figures being “equal-opportunity assholes” was false and sexist:

    Vu l’exemple opposé donné sur Python, ça donne envie de se mettre à ce langage en tant que femme.

    #sexisme #code #développement #domination #Torvalds #linux


  • Les miraculés d’Azerailles, unis par la foudre qui ne les a pas tués
    https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/09/21/les-miracules-d-azerailles-unis-par-la-foudre-qui-ne-les-a-pas-tues-fascinen

    La vingtaine de personnes frappées simultanément par la foudre le 2 septembre 2017 en Meurthe-et-Moselle sont un groupe uni et un échantillon précieux pour la recherche.

    Ce samedi-là, rien n’annonce le drame. L’air est léger et le soleil brille sur Azerailles, village de huit cents habitants en Meurthe-et-Moselle. C’est le week-end du festival de musique Le Vieux Canal. Dans l’après-midi, des amoureux de la nature se sont donné rendez-vous sur un « espace naturel sensible ».

    Au choix, atelier sur les plantes sauvages comestibles sous un petit chapiteau, ou balade contée le long de la Meurthe. Ce 2 septembre 2017, chacun découvre donc cette zone marécageuse avec tritons et azurés des paluds, un papillon dont la chenille se fait passer pour une fourmi afin de mieux squatter les fourmilières. La nature est étonnante. Personne n’imagine encore à quel point.

    « S’IL N’Y A PAS EU DE MACCHABÉE, C’EST PARCE QUE NOUS NOUS SOMMES PARTAGÉ LA DÉCHARGE. » HERBERT ERNST, JOURNALISTE FULGURÉ EN PLEIN REPORTAGE

    Il est un peu moins de 16 heures quand la pluie se met à tomber dru. Tout le monde fonce sous la tente. Un énorme bruit retentit. Un responsable pense à un attentat. Un enfant crie, un autre pleure. Plusieurs personnes tombent à terre, inanimées.

    Au pied d’un aulne, la broussaille prend feu. La foudre vient de tomber. « Francis, c’est la guerre, on a plusieurs blessés », téléphone un pompier du village à son supérieur. Une soixantaine de ses collègues débarquent, ainsi qu’une trentaine de gendarmes. Une zone d’atterrissage pour hélicoptère est même improvisée en cas de besoin.

    Au total, quatorze blessés, dont deux graves, sont évacués vers les hôpitaux de Lunéville, Saint-Dié et Nancy. Les concerts du soir sont annulés. Par un miracle que nul n’explique, la mort, qui faisait ce jour-là plusieurs millions de volts, n’a emporté personne.

    Liés à jamais

    Un an plus tard, les rescapés du 2 septembre forment un groupe unique, fascinant et mystérieux. Ils sont une vingtaine, en comptant ceux qui n’ont pas été hospitalisés. On les appelle des fulgurés. Les foudroyés meurent, les fulgurés survivent.

    Certains souffrent encore de séquelles importantes. D’autres se portent bien. Beaucoup expliquent devoir leur vie à leur nombre. C’est la thèse d’Herbert Ernst, correspondant local de L’Est républicain, fulguré en plein reportage.

    « S’il n’y a pas eu de macchabée, pense-t-il, c’est parce que nous nous sommes partagé la décharge. Cette explication n’est peut-être pas vraie, mais je m’en fiche, c’est notre ciment. Quand on se retrouve, c’est difficile à expliquer, c’est comme faire un plein d’émotion. »

    « JE FAISAIS DES MULTIPLICATIONS DE TROIS CHIFFRES PAR TROIS CHIFFRES, EN MÊME TEMPS JE FREDONNAIS DES AIRS ET PENSAIS À L’ORGANISATION DU QUOTIDIEN. » RAPHAËLLE MANCEAU, FULGURÉE

    En un an, ils se sont réunis trois fois. Liés à jamais, les fulgurés d’Azerailles suscitent aussi un fort intérêt scientifique. Pour la première fois en France, un médecin peut observer sur un large groupe les effets de l’électricité naturelle, mal connus. Dans un contexte de changement climatique et de multiplication des orages, l’enjeu est particulièrement intéressant.

    Solidaires lors de l’impact, plusieurs victimes le sont restées ensuite, comme les deux plus atteintes : Raphaëlle Manceau, 46 ans, et Jocelyne Chapelle, 66 ans, qui ne se connaissaient pas avant l’accident.

    Passionnée de randonnées, Jocelyne Chapelle a cru que la foudre lui avait fait perdre l’usage de ses jambes. Sur le coup, elle a éprouvé une vive douleur dans le dos, s’est figée, puis a perdu connaissance. Elle aurait même été en arrêt cardiaque : un organisateur du festival ne trouvait pas son pouls et lui a fait un rapide massage. Quand elle a repris ses esprits, la sexagénaire ne sentait plus ses jambes.

    En sortant de l’hôpital deux jours plus tard, elle les bougeait mais sans pouvoir les plier. Des mois durant, elle a souffert de crises exténuantes pendant lesquelles son corps était comme secoué par d’intenses décharges électriques.

    Pendant plusieurs semaines après l’accident, Jocelyne Chapelle a cru avoir perdu l’usage de ses jambes. Passionnée de randonnée, elle récupère peu à peu ses capacités.
    Cette retraitée des pompes funèbres de Baccarat s’est alors fixé un défi : marcher coûte que coûte. A force d’entraînements quotidiens, elle y est parvenue en février. Puis en mai, victoire, elle a réalisé sa première randonnée de huit kilomètres.

    Désormais, elle atteint les douze et en vise vingt. « Raphaëlle est venue me voir un mois après le coup de foudre et on s’est beaucoup téléphoné, raconte-t-elle. On s’aidait à supporter les moments difficiles. »

    Capacités cérébrales augmentées

    Un besoin de soutien d’autant plus fort que le manque de reconnaissance est total. Beaucoup de médecins semblent perdus. Son assurance, elle, a refusé de financer une aide à domicile, quand elle ne pouvait plus se déplacer : avoir été fulguré n’est pas un motif valable.

    De son côté, Raphaëlle Manceau n’était guère mieux lotie. Dans sa grande maison de rondins, au milieu des épicéas et des bouleaux, à Saint-Dié, dans les Vosges, elle explique avoir dû changer son rythme de femme suractive.

    Professeure des écoles, elle est en arrêt longue maladie. Elle, ce ne sont pas ses jambes mais son cerveau qui a été touché. Lors du coup de foudre, elle a perdu connaissance. Les semaines suivantes, elle a souffert de forte fatigue et de maux « insupportables » à la tête et aux pieds, zones de passage de la décharge.

    « La foudre est sortie par cinq points sur un pied, et sept sur l’autre, témoigne-t-elle devant un sirop de menthe maison. Ça faisait des taches noires, comme des verrues. » Chose étonnante, elle a bénéficié de capacités augmentées.

    « Je faisais des multiplications de trois chiffres par trois chiffres, en même temps je fredonnais des airs et pensais à l’organisation du quotidien », se souvient-elle. Mais ses « superpouvoirs » ont duré à peine plus d’un mois.

    Elle a également changé de comportement. Déjà très sociable et enjouée, elle abordait des inconnus dans la rue pour un brin de causette, « attirée comme un aimant ». Puis, au bout d’un mois et d’un jour, elle a perdu la parole. Elle ne trouvait plus ses mots, s’exprimait de façon très lente.

    Spécialiste des enfants en difficulté, elle a découvert qu’elle aussi était devenue dysgraphique, dysorthographique, dyspraxique (soucis de coordination)… Elle a alors multiplié les séances de kiné et d’orthophonie puis, au bout de trois mois, a commencé à mieux parler.

    Aujourd’hui, c’est quasiment parfait. Mais, surprise, elle a attrapé l’accent alsacien. Elle a certes habité quelques années de l’autre côté des Vosges, mais certifie que jamais elle ne s’est exprimée ainsi. « Selon l’orthophoniste, ça me permet de faire traîner certaines syllabes et de réfléchir aux mots que je dois utiliser. »

    Elle a beaucoup de mal à apprendre par cœur. En revanche, elle retrouve des souvenirs d’enfance oubliés. Enfin, elle souffre d’acouphènes et de fatigue intense. Parfois, en revenant de courses, elle doit se garer en urgence sur le bord de la route et dort… trois heures. « J’ai fini par accepter de ne plus être tout à fait moi », glisse-t-elle.

    30 000 degrés sur le crâne

    Pendant un an, Raphaëlle Manceau a échangé avec deux autre fulgurés habitant également Saint-Dié, Lilian Gérard et Anne Chrisment. Tous trois étaient déjà amis lors de l’ère pré-électricité. Grand barbu aux yeux verts, Lilian Gérard, 47 ans, est conteur et chanteur.

    C’est lui qui organisait la balade au bord de la Meurthe. Il est aussi un peu le patient zéro, le premier à avoir été touché. Lors du choc, il a senti une pression sur ses épaules, qui l’a poussé à terre. Dans sa jolie ferme vosgienne rénovée, il nous montre le chapeau de cuir pointu qu’il portait ce jour-là.

    Tombée sur la cime de l’arbre, puis sur une barre en aluminium du barnum, la foudre a ensuite percé son couvre-chef humide. La trace est petite comme un trou d’aiguille. Mais sur son crâne, la brûlure était grosse comme une pièce de 2 euros.

    « J’AI DES PEURS, MAIS PAS QUE DE L’ORAGE, DE TOUTES LES SITUATIONS OÙ JE PEUX MOURIR. COMME LE SOLEIL QUI S’ÉCRASE SUR LA TERRE. OU QUELQU’UN QUI RENTRE DANS LA MAISON, CROIT QUE J’AI APPELÉ LA POLICE ET ME TUE. J’Y PENSE TOUS LES SOIRS, AVANT DE DORMIR. » QUENTIN, 9 ANS

    Un coup de foudre, c’est 30 000 degrés. « Ça sentait le cochon grillé, paraît-il », raconte Lilian Gérard. Il poursuit au présent, comme s’il y était encore : « Je ne sais plus qui je suis. Je ne retrouve plus le nom de mes enfants ni de ma compagne, je ne me souviens pas de leur visage, juste de celui de ma mère. Je me dis que si je suis amnésique, j’ai perdu mon métier. Je suis vraiment en panique, mais je ne le montre pas. »

    La mémoire lui est revenue à la caserne des pompiers. Il sentait un courant continu dans sa joue, a souffert de maux de tête et, deux jours durant, d’une arythmie cardiaque. Longtemps, il a été essoufflé et très fatigué : « Je travaillais deux heures et dormais le reste de la journée. »

    Aujourd’hui, surtout par temps chaud, il souffre encore de forts maux de tête et de nausées qui le font dormir trois jours d’affilée, ainsi que de problèmes de concentration. Mais il ne s’attarde pas sur ses symptômes, préfère en rire. Lors des premières retrouvailles des fulgurés en octobre 2017, il a même concocté un spectacle humoristique : Paratonnerre. Sa façon d’exorciser l’accident.

    Stress post-traumatique

    Raphaëlle Manceau a souvent pris des nouvelles de ce voisin troubadour, et réciproquement. Mais c’est avec son amie Anne, plus réservée, qu’elle a partagé « ses hauts et ses bas ». Elles ont même instauré les « mardis papotes ». Anne Chrisment, 47 ans, a juste souffert de fourmillements dans le bras gauche. Pourtant, elle aussi a eu besoin de cette bouée hebdomadaire.

    Car même les moins atteints physiquement n’en sont pas sortis indemnes. Anne Chrisment a tout vu, tout entendu : la détonation, « la boule transparente qui grossissait », son amie à terre… Depuis, elle craint les orages et réfléchit au sens de la vie plus que jamais.

    Cette scientifique venait de suivre une formation en expertise comptable. Le choc l’a poussée à réaliser que ce n’était pas pour elle : « Pas assez humain. » Depuis un an, « pour relativiser », elle fait tous les jours du yoga et de la sophrologie, parfois de la méditation.

    Bien que légèrement blessée, ce « coup de foudre » a déclenché chez Anne Chrisment une prise de conscience : « J’ai arrêté d’être en pilotage automatique. Je me dis : “T’es en vie, profite.” »
    « J’ai arrêté d’être en pilotage automatique, explique-t-elle dans son salon, en resservant du thé vert. Je me dis : “T’es en vie, profite, demain, tu seras peut-être dans une moins bonne posture.” Je peux avoir déclenché des problèmes de santé, sans qu’ils apparaissent encore. » Et voilà, cachée sous le tapis de yoga, l’angoisse malgré tout.

    Elle n’est pas la seule. Dans sa maison d’Azerailles, Jean-Luc Mellé, artisan serrurier, raconte souffrir de problèmes de vue. Mais on le sent nerveux. Il finit par avouer ne plus dormir que cinq heures par nuit.

    Quentin, 9 ans, fait, lui, partie des quatre enfants présents le 2 septembre. Touché à la main et au bras, mais sans séquelles physiques, il confie : « J’ai des peurs, mais pas que de l’orage, de toutes les situations où je peux mourir. Comme le soleil qui s’écrase sur la terre. Ou quelqu’un qui rentre dans la maison, croit que j’ai appelé la police et me tue. J’y pense tous les soirs, avant de dormir. »

    Plusieurs fulgurés souffrent de stress post-traumatique. Sans oublier ceux qui cherchent un sens à l’histoire : pourquoi moi, pourquoi ce sursis, quel est le message ? Consciemment ou non, personne n’échappe à la mythologie de la foudre.

    Cobayes rares

    Angoissés ou sereins, avec ou sans séquelles, toutes les victimes ont accepté de devenir des cobayes, au nom du progrès de la science. Interne en médecine aux urgences d’Aurillac, Rémi Foussat lancera un protocole de recherche d’ici à la fin de l’année. Juste après avoir passé sa thèse sur les troubles neurologiques chez les fulgurés.

    En France, la foudre touche une petite centaine de personnes par an, recensées par le SAMU, et « de 200 à 500 personnes en tout, selon des estimations floues », dit-il. Parmi elles, de 10 % à 15 % décèdent. Avec le chef des urgences d’Aurillac, Laurent Caumon, il compte d’ailleurs créer un réseau régional de recensement des victimes de la foudre.

    Mais les fulgurations collectives, qui permettent de comprendre les variantes entre individus, sont rarissimes. « Les troubles du groupe d’Azerailles sont assez représentatifs, constate l’interne. Ils sont de trois types : transitoires, prolongés et retardés. Ces derniers se déclenchent trois semaines à six mois après l’accident. Au bout d’un an, il y a donc peu de risque que de nouveaux troubles apparaissent. » Anne Chrisment devrait être rassurée.

    « NOUS AVONS UNE CONNAISSANCE NULLE DE LA FAÇON DONT PASSE LE COURANT SUR UN ORGANISME VIVANT. » MARIE-AGNÈS COURTY, GÉOLOGUE AU CNRS

    Il a été bien plus étonné par l’hyperactivité cérébrale de deux victimes, « symptôme très rarement décrit ». Quant à la thèse du partage de la décharge qui aurait sauvé tout le monde, il ne la retient pas : « Trop simpliste, juge-t-il. Le coup de foudre est si puissant que le diviser ne change pas grand-chose. » Mais il n’a pas d’explication.

    Rémi Foussat va traquer chez ces survivants des marqueurs invisibles de la foudre. Il va tenter de déceler dans leur corps des nanocomposites, soit un assemblage de nanoparticules métalliques, végétales ou cristallines. Grâce à cette mise en évidence, il espère mieux comprendre les lésions d’un courant électrique sur les nerfs, afin d’expliquer, entre autres, les troubles retardés.

    En France, la spécialiste du sujet s’appelle Marie-Agnès Courty. Géologue au CNRS à Perpignan, elle a découvert que les nanocomposites permettent de tracer les effets du passage d’un courant électrique sur un organisme vivant, un sol ou tous types de surfaces.

    « Une fulguration entraîne la production considérable de nanocomposites sur le moment et dans les mois qui suivent, expose-t-elle. L’étude de Rémi Foussat représente un enjeu important car nous avons une connaissance nulle de la façon dont passe le courant sur un organisme vivant. »

    Ces recherches en entraîneront d’autres plus larges, espère-t-elle : « Montrer le fort impact de la foudre sur la santé incitera à explorer le lien entre les nanoparticules produites par les décharges électriques dans l’atmosphère et le climat. » Les fulgurés œuvrent donc pour la planète.

    « CELA FAIT TRENTE ANS QUE J’HABITE ICI, J’AI VU LA FOUDRE TOMBER À CET ENDROIT AU MOINS UNE TRENTAINE DE FOIS. » FRANCIS MUNIER, LIEUTENANT POMPIER

    Samedi 8 septembre. Ils sont tous venus à Azerailles, hormis les enfants. Petit discours, déjeuner… La maire, Rose-Marie Falque, dont la voix se casse encore quand elle raconte l’événement, a marqué le coup pour l’anniversaire du drame. Elle sait que les fulgurés n’attendent que ça, pouvoir échanger encore une fois.

    Le ciel est tout bleu. « Comme il y a un an », note Raphaëlle Manceau. De retour pour la première fois au pied de l’arbre, elle avoue ne pas se sentir très à l’aise. A côté d’elle, un couple craque. Carole Gérard et Christian Jeandel se sont vus mourir l’un l’autre, il y a un an.

    « Un petit miracle »

    Nathalie Obrecht, l’animatrice de l’atelier de plantes sauvages comestibles, est présente aussi. « C’est la joubarbe qui protège de la foudre », lance-t-elle. Ça fait un flop. Elle seule a été épargnée par la décharge. A cause de ses pieds plus secs ? Mystère.

    Certains blaguent, l’appellent « la sorcière ». C’est elle qui a décidé de l’emplacement du barnum, « à l’ombre ». Mauvais choix, selon le lieutenant pompier Francis Munier, dont la maison fait face au lieu où se dressait la tente : « Cela fait trente ans que j’habite ici, j’ai vu la foudre tomber à cet endroit au moins une trentaine de fois. »

    Nathalie Obrecht s’est sentie responsable : « Mais personne ne m’en a voulu. C’est la nature, il faut l’accepter, on ne maîtrise pas tout. » L’aventure, elle l’a vécue comme les autres : « Je me sens solidaire du groupe. Ce qui nous lie, c’est un petit miracle. On est comme soudés. » Soudés à vie par quelques millisecondes d’électricité tombée du ciel.

    #fulguré


  • Petits coups de tonnerre dans le #podcast étatsunien ces derniers jours. D’abord, un gros fournisseur de podcasts, lié à Slate, annonce qu’il abandonne le podcast pour devenir exclusivement... un fournisseur de #publicités pour podcasts. Les managers préfèrent le « contenu marketing » au « contenu éditorial » :
    https://hotpodnews.com/breaking-shake-ups-at-panoply-and-slate

    #Panoply appears to be out of the content business. Several sources in the company inform me that, earlier this afternoon, the company internally announced that it will no longer be developing new podcasts and that it will be letting go of its entire editorial staff. I’m told that the layoffs are effective starting the end of the month.

    The company also announced that it will now shift its operational focus to the #Megaphone targeted #marketing platform — that is, Panoply’s podcast hosting, analytics, and monetization technology, which it acquired in the summer of 2015 and, more recently, forged a partnership with Nielsen to build a marketplace for targeted podcast ads.

    Du coup les productrices et producteurs de Panoply ancienne version sont dans l’incertitude totale, leurs vivres (publicitaires) coupées du jour au lendemain. Les réactions d’auditrices et auditeurs sont édifiantes :
    https://twitter.com/hpsacredtext/status/1040002097423560704

    I am truly sorry to hear this! It’s so freaky that this is happening to 120 podcasts at the same time. I recently made a donation but will seriously consider a second one! For now, sending love and gratitude.

    –-

    You should definitely start a patreon page.

    –-

    Any chance another network will pick you up?

    –-

    OMG I can’t live without hp sacred text anymore it’s literally my will to live I wish i could help financially but I’ll try anyways, lots of love ❤️😭, also panoply is one of the best podcast networks, this is sad :(

    Et par ailleurs, comme le résume un journaliste du Wall Street Journal (https://twitter.com/BenMullin/status/1040224009831567360), le 2e plus gros producteur de podcasts aux États-Unis (en nombre d’écoutes) a cette semaine racheté le 5e plus gros producteur de podcasts. La sympathique décentralisation des débuts a vécu son heure de gloire, place à la concentration.
    http://www.niemanlab.org/2018/09/podcast-shakeup-panoply-iheartmedia-stuff-and-malcolm-gladwell-are-all-ma

    With barely enough time to digest all that news, here comes more news! The Wall Street Journal reports that radio giant #iHeartMedia — f.k.a. Clear Channel — is buying Stuff Media, producer of popular podcasts like How Stuff Works and Atlanta Monster , for $55 million.

    “Podcast is to talk what streaming is to music,” said [iHeartMedia CEO Bob] Pittman in an interview. “It’s very critical to us and very strategic.”

    As part of the agreement, Stuff Media CEO Conal Byrne will join iHeart and lead its entire podcast division…

    Last month, public-radio companies PRX and PRI agreed to merge in a bid to capitalize on podcasts.

    Réaction du collectif Bello, qui assure une veille sur le podcast US depuis 2 ans :
    https://bellocollective.com/bello-69-rumblings-a5ac86b7be02

    For us, the members and writers of the Collective, the news felt like a tough break because we liked the content Panoply made — a lot. They had proven to have a good eye for talent by acquiring and distributing shows like Switched on Pop , Imaginary Worlds , and Flash Forward , and were making some pretty exciting strides with original content too (see: LifeAfter and the upcoming Passenger List ). Now they’re leaving all of that behind to be come an ad tech company — to create veritable banner ads for podcasts? It just feels wrong.

    There was a time when podcasting was deeply associated with public radio (where stories are created and distributed as an act of public service). The sting of Panoply’s demise — at least as a creator of content — is a reminder that podcasting is more a business than ever before. We don’t believe there is a podcast “bubble,” but we do foresee that the changes needed to make this content sustainable in a large-scale way are likely going to make us very uncomfortable.

    Not to be ignored here: Many of the people who made these great shows at Panpoly are left wondering what is next. If you are in a position to hire, seek them out. If you’re a listener and a fan, go discover how you can support their work moving forward.

    Voilà pourquoi considérer le podcast comme "une fête" qu’il ne faut pas critiquer (https://seenthis.net/messages/721978#message722569) risque de virer très vite à la sale déconvenue : un beau matin, on découvrira le paysage entièrement recomposé à la sauce libérale. Ça ressemblera à tout ce qu’on critiquait dans les médias de masse à l’ancienne, ceux-là mêmes qu’on prétendait « disrupter », et on ouvrira de grands yeux étonnés. C’est maintenant, en plein dans la « fête », qu’il s’agit de dissocier la démocratisation de la production et de la diffusion sonores (éminemment souhaitable) et leur libéralisation (nocive) : ce sont deux choses très distinctes, et à maintenir très distinctes. Maintenant, c’est-à-dire avant que les outils collectifs, indépendants ou de service public aient été dépecés au nom de la « créativité » et de l’"innovation".

    #création_sonore


  • Amour, Gloire Et Forêt
    http://radiovassiviere.com/category/emissions/amour-gloire-et-foret

    « Nous avons mené une enquête “située”, sur le territoire du Plateau de Millevaches autour des différents usages et des imaginaires qu’empruntent et possèdent les forêts du Limousin. Avec les complicités de quelque 90 acteurs attachés à ce territoire, des artistes, les ami.e.s et des musicien.ne.s, nous avons exploré les possibles qu’offre la radio et nous avons réalisé onze émissions d’une vingtaine de minutes. Ces émissions sont, les témoins d’un lieu chargé en controverses et en contradictions passionnante, les réceptacles d’un laboratoire d’expérimentations d’autres modes d’existences » Anne-Sophie Milon. Durée : 26 min. Source : Radio (...)

    http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2018/09/AMOUR-GLOIRE-ET-FORET-1.mp3


  • Être pauvre (2/4) : Pauvres des champs, les oubliés | La série documentaire
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-24-pauvres-des-champs-les-oublies

    Nous nous rendons en Limousin, une zone particulièrement concernée par cette pauvreté hors des radars. Au fil des témoignages recueillis, nous abordons les questions cruciales de l’isolement géographique, de la dévitalisation des territoires, du repli social et des spécificités de la pauvreté dans un village ou en campagne. Durée : 55 min. Source : France Culture

    http://rf.proxycast.org/1481506433081024512/10177-18.09.2018-ITEMA_21814321-0.mp3

    • Autres émissions de cette série sur la #pauvreté :

      – « Pauvreté : comment sortir de la honte ? »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-14-pauvrete-comment-sortir-de-la-honte

      Avec 800 euros et deux enfants qu’elle élève seule, Grace estime qu’il faut entrer dans les détails de sa vie de pauvre : l’absence de frigo, les privations quotidiennes, le sentiment de honte.

      (...) A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.

      "La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi", nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. "Il y a l’idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"

      Nous donnerons à entendre ce constat, grâce à des récits de vie. Nous nous rendons également dans un centre d’accueil pour femmes situé à Paris, où les bénéficiaires participent régulièrement à des ateliers « beauté », quand le superficiel devient essentiel.

      http://rf.proxycast.org/1481137535789834240/10177-17.09.2018-ITEMA_21812838-0.mp3

      – « Quand les ouvriers s’appauvrissent »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-34-quand-les-ouvriers-sappauvrissent

      En 1992, l’usine textile De Fursac, installée à La Souterraine, dans la Creuse, délocalisait sa production en Pologne.

      "Il y a eu des centaines de licenciements, alors que les carnets de commande étaient pleins." Maryse Mathivet, ancienne salariée des ressources humaines de De Fursac

      25 ans plus tard, l’histoire se répète avec le plan social visant GM&S, l’un des fleurons industriels de la ville. Dans cet épisode, les témoignages des protagonistes de cette histoire collective se répondent. Souvent, des familles ont été touchées par les deux plans sociaux.

      "On a aidé Renault à se sortir de la Mouise, parce qu’à une époque ils étaient très mal, donc on a demandé aux français de les soutenir, avec de l’argent public et aujourd’hui ils délocalisent." Alain, ex-salarié de GM&S

      C’est l’histoire d’une ville qui s’appauvrit et expérimente, comme le décrit le maire de la Souterraine, « une catastrophe économique » : l’apparition du chômage, le surgissement de la précarité, l’affaiblissement du mouvement ouvrier et le déclin d’une ville.

      http://rf.proxycast.org/1481872184161869824/10177-19.09.2018-ITEMA_21815822-0.mp3

      – « Vivre à l’écart des pauvres »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-44-vivre-a-lecart-des-pauvres

      La France est le pays d’un étonnant paradoxe : les prélèvements obligatoires y sont les plus élevés d’Europe, ce qui limite plus qu’ailleurs les inégalités de revenu. Mais la ségrégation socio-spatiale y est particulièrement dynamique. En d’autres termes, le modèle social Français préserve (un peu) des inégalités, mais on ne se mélange pas. Cet épisode raconte comment #riches et pauvres vivent de plus en plus éloignés.

      « Dans les Yvelines, il y a une quarantaine de kilomètres de communes contigues très riches (plus riches que le 7ème, 8ème et 16ème arrondissement), c’est une population qui vit en vase clos et ne rencontre jamais de pauvre. » Jérôme Fourquet, sociologue

      Guidé notamment par le géographe et politologue Jérôme Fourquet, cet épisode raconte la géographie d’un territoire champion de la ségrégation socio-spatiale, le département des Yvelines.

      « Il y a une solidarité locale, au niveau de la ville, entre des pauvres et des très pauvres. » Catherine Arenou, maire de Chantelou-les-vignes

      Nous passons par Saint-Germain en Laye ou Fourqueux, où les habitants déclarent un revenu moyen supérieur à 90 000 euros par an, pour finir à Trappes ou Chanteloup les Vignes, où l’on gagne en moyenne cinq fois moins bien sa vie.

      #ruralité #France_Culture #audio #radio