• La valeur d’une vie

    Bientôt les pauvres n’auront plus le droit de parler, les vieux de vivre et les jeunes de chanter. Une alliance inédite entre la science, la rationalité économique et le néolibéralisme autoritaire prépare des monstres que nous ne soupçonnons pas. Cette alliance nous accommode au pire, dont le renoncement aux valeurs et principes qui fondent le vivre ensemble et notre humanité.

    La gestion politique de la #crise_sanitaire est une machine à discriminer. Elle élève au carré les #inégalités sociales et économiques, de classe et de genre, et aujourd’hui les inégalités devant le #droit_à_la_santé et à la vie. Ces inégalités étaient insupportables avant la pandémie. Elles sont aujourd’hui la cause d’un effondrement social, économique et tout simplement moral. Si des études sérieuses (voir celle de l’INSEE ici) montrent que le virus « creuse les inégalités », ce sont avant tout les politiques néolibérales qui causent en priorité la mort des personnes âgées et des plus pauvres, l’exposition et la fragilisation des ouvriers, quand les classes sociales les plus favorisées traversent la pandémie avec infiniment moins de risque.

    Les choix politiques du gouvernement en matière de gestion de la crise sont passés successivement du mensonge d’Etat aux errements criminels, des errements à la bureaucratisation inefficace, de la bureaucratisation à la rationalisation impuissante, et désormais de la rationalisation au contrôle des corps. Cette dernière étape nous fait entrer dans la plus vertigineuse des dystopies. Des hommes politiques et des médecins ont pu concevoir d’interdire la parole dans les transports en commun. Alors que l’impératif sanitaire de la distance (physique et sociale) crée des pathologies de masse, il faudrait encore que les pauvres et le jeunes s’imposent le silence dans les transports en commun. Pourquoi donc l’Etat n’a-t-il pas pris depuis mars 2020 les dispositions qui auraient permis à chaque personne qui prend un bus, un tram ou un métro de bénéficier gratuitement d’un masque FFP2 ? Au lieu de cela on interdit aux plus défavorisés et aux jeunes de porter leur masque artisanal, sans prévoir une campagne et des moyens de protection pour quelques millions de personnes. Le problème n’est pas que l’Etat néolibéral de Macron et Castex serait maladroit, commettrait des erreurs à répétition, improviserait et jonglerait dans les difficultés de gestion d’une crise effroyable – même si ce peut être le cas -, le problème est qu’ils assomment systématiquement les pauvres, les jeunes et les vieux. Ce qui est effroyable, ce n’est pas le virus en lui-même, c’est le capitalisme qui le gère et en développe les conséquences. Parmi celles-ci, il en est une qui doit nous alarmer. La remise en cause du droit à la vie.

    Depuis le début de cette pandémie chaque jour qui passe accroît notre tolérance à l’insupportable. L’insupportable m’a été donné à entendre dans la bouche d’un Chef de service de l’Hôpital Bichat qui s’exprimait au journal de 13h de France-Inter ce dimanche 24 janvier 2021. On peut l’entendre ici, à 12mn et 40 secondes. Les propos de ce médecin ont créé en moi un choc. Un choc d’une grande violence. Ce choc a été provoqué par la rencontre entre la mémoire, l’historicité et la culture d’un côté, et de l’autre une parole médicale, autorisée et publique appelant à choisir la mort de nos aîné.es - et associant ce choix à un « courage » politique. Voici la transcription exacte des propos tenus par ce médecin, qui évoque des alternatives à un reconfinement général :

    « Soit faire des confinements sur des populations extrêmement à risque, soit admettre que ce qu’on vit après 80 ans c’est du bonus.

    Est-ce qu’aujourd’hui est-ce qu’on peut encore s’autoriser ces bonus ?

    Je pense qu’il faut prioriser les jeunes générations, les forces actives de la société, les PME.
    Je pense qu’il faut qu’on fasse des choix qui sont difficiles. » Il parle d’une « vision globale du courage. »

    Il convient de bien comprendre la portée de ces propos. Une portée incalculable et qui échappe certainement, du moins en partie, à celui qui les tient.

    Tout d’abord le médecin use d’un lexique de gestionnaire et fait entrer la question de la valeur d’une vie dans une rationalité comptable : le « bonus », les « forces actives », « s’autoriser » et « les PME ». C’est ici le point de vue d’un gestionnaire du vivant, à savoir très exactement ce qu’ont produit vingt années de massacre managérial et de rationalisation comptable dans les hôpitaux publics.

    Ensuite le médecin, qui est un très bon communiquant – comme tout excellent gestionnaire –, prend soin de surfer sur l’opposition au confinement, le soutien à la jeunesse et à l’économie pour nous arracher un consentement (« admettre ») au moyen d’une question rhétorique (« est-ce qu’on peut encore s’autoriser »), mais jamais au moyen d’un raisonnement ou une démonstration. Car il faudrait demander à ce Chef de service comment il explique que la fin du bonus des plus de 80 ans aiderait en quoi que ce soit à sauver la jeunesse. Quel est son raisonnement ? Pourquoi prioriser les jeunes générations devrait-il conduire à sacrifier nos aîné.es ? Le souci de tous n’exige-t-il pas de travailler au bien de la jeunesse comme à celui des aîné.es ? L’imposition d’un choix, soumis à un impératif totalement subjectif et irrationnel (« il faut », « il faut ») ne serait-il pas ici un moyen de résoudre la situation proprement tragique des personnels hospitaliers et des médecins en première ligne : diminuer la charge sur les hôpitaux par un consentement à laisser mourir les aîné.es dans les Ehpad ou à leur domicile, ce qui s’est produit massivement lors deux premiers confinements ? Le discours est ici celui d’un accommodement avec le pire. La banalisation de la transgression de tous les codes de déontologie et des éthiques médicales est en route. J’invite qui n’aurait pas en mémoire le Serment d’Hippocrate à le relire où à en prendre connaissance : https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate . Vous pourrez aisément lister les principes sur lesquels le médecins’assoit. Et les articles du Code de déontologiequ’il appelle à transgresser.

    Enfin il faut vraiment être attentif à ceci que le médecin ne parle pas ici de la question très sensible du choix que font collectivement des équipes médicales confrontées à l’impossibilité de prendre en charge tous les patients. Choix codifié par des règles précises. Il nous parle de tout autre chose : d’un choix à faire pour la société, un choix politique et social, « difficile » et « courageux », une « vision globale ». On se dit alors que cet homme est prêt à entrer en politique ou bien au CA de SANOFI. Car, le médecin, comme bien de ses collègues arpentant les radios et les plateaux de télévision, sort non seulement de la morale, de l’éthique médicale, de la déontologie, mais il sort aussi tout simplement de sa profession (ce qui est une faute), pour s’instituer en manager du politique. C’est ce à quoi on assiste massivement depuis bientôt un an : la fabrique de l’opinion et l’administration politique de la crise sanitaire par les nouveaux managers de la science et une classe très particulière de médecins-experts qui ne font pas honneur à une profession, laquelle est, avec tous les soignants, dans les plus grandes difficultés et qui paye un tribut considérable à cette pandémie.

    Ce déportement de la parole médicale vers le politique, au nom d’une expertise et de l’autorité scientifique, concerne directement la communauté de recherche et d’enseignement.. Allons-nous laisser les nouveaux managers de la science, au demeurant rigoureusement incultes, avilir toutes les règles de l’éthique médicale et de l’intégrité scientifique en les laissant proférer à longueur de journée, énormités, mensonges, contre-vérités, sophismes, paradoxes et dans le cas qui nous occupe une monstruosité absolue, laquelle parvient à rencontrer du crédit chez un nombre significatif de collègues et de citoyens, dont la raison aura certainement été mise à mal par les temps très durs que nous traversons ?

    Bien sûr ce médecin n’est pas le tout de l’Hôpital. Il ne le représente pas. Il n’est pas la vie vivante des soignants qui se battent pour sauver autrui, quel qu’il soit, sans aucune discrimination. Il n’est pas l’infirmière qui se prend le Covid parce qu’elle n’a pas de FFP2. Qui est donc ce médecin, qui est cet homme pour appeler à supprimer les « Èves octogénaires » de Baudelaire ? À en finir avec le bonus, la chance et le bonheur d’être vivant à 80 ans ? Et pourquoi pas 75 ? ou 85 ? ou 90 ? J’aimerais inviter ce médecin, non pas à lire « Les petites vieilles » de Baudelaire, mais simplement à ouvrir une histoire de l’art ou de la littérature (ou même de la science), et à rechercher les œuvres qui ont été créées par des artistes qui avaient plus de 80 ans. Je pourrais l’inviter à considérer les « bonus » de Pierre Soulages ou Bernard Noël. Et ce « bonus » incroyable du sourire de sa propre grand-mère.

    La question qu’il nous revient de nous poser aujourd’hui est double : accepte-t-on de laisser passer, une fois, deux fois, trois fois, le discours de ce médecin jusqu’à la banalisation du Mal, jusqu’à se complaire dans le plus abject des cynismes, au risque de sortir de l’humanité ? Et plus fondamentalement : quelle est la valeur d’une vie ? Quelle valeur accordons-nous à une vie humaine ? Spinoza exposait cette conception de la vie humaine dans son Traité politique : « … une vie humaine, qui n’est pas définie par la seule circulation du sang, et d’autres choses qui sont communes à tous les animaux, mais surtout par la raison, la vraie vertu et la vie de l’Esprit »*.

    Pascal Maillard

    *La traduction est de Henri Meschonnic dans Langage, histoire une même théorie, Verdier, 2012, p.78, chapitre 5. "L’humanité, c’est de penser libre". Ce chapitre est la reprise d’une communication faite au colloque Qu’est-ce que l’humanité organisé à Toulouse les 8-17 mars 2004.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie
    #droit_à_la_vie #coronavirus #covid-19 #pandémie #néolibéralisme #néo-libéralisme #contrôle_des_corps #discriminations #capitalisme #vieux #jeunes #choix #médecine #politique #éthique

  • À propos des émeutes en Hollande, par Felix Sassmannshausen @f_argonaut sur touiteur
    https://twitter.com/f_argonaut/status/1354013328071405569

    Die Proteste gegen die Coronamaßnahmen, die am Wochenende in Ausschreitungen umgeschlagen sind, zeichnen sich durch eine unüberschaubare Gemengelage an Akteur:innen und politischen Interessen ab.

    Als zentrale Akteurin spielt die verschwörungsideologische Bewegung Viruswaarheid eine große Rolle. Diese wurde im Frühjahr letzten Jahres von Willem Engel (einem hippieesken Tanzlehrer) und Jeroen Pols (einem dubiösen Rechtsanwalt, spezialisiert auf Eigentumsrecht) gegründet.

    An der Mobilisierung zu ihren Demonstrationen hatten sich bereits im Sommer auch extrem rechte Hooligangruppen, etwa von ADO Den Haag, Feyenoord Rotterdam und PSV Eindhoven beteiligt. Aber auch das gesamte Splitterwerk der extremen Rechten hatte mobilisiert (PEGIDANL, NVU usw.).

    Zugleich spielt die parteiförmige niederländische extreme Rechte rund um die Partij voor de Vrijheid von Geert Wilders und Forum voor Democratie um Thierry Baudet bei den gewalttätigen Protesten gegen die Ausgangssperre einen wichtigen Part.

    Sie machten bereits seit Wochen Front gegen die Regierungspolitik, u.a. als es noch um die gesetzliche Einhegung der Notverodnungspolitik (Tijdelijke Wet Coronamaatregelen) ging. Die Rhetorik der beiden Parteien hatte sich zuletzt mit Blick auf die Ausganssperre zugespitzt.

    Am Wochenende nahmen die gewaltsamen Proteste ihren Ausgang in der religiösen, rechten Hochburg Urk, wo die evangelikale SGP besonders stark ist. Hier handelt es sich um einen Ausläufer des antietatistischen Bible Belts. Auf Urk brannte das erste Corona Testzentrum.

    Diesen extrem rechten Mobilisierung schließen sich - unabhängig von ihnen aber doch in ihrem Sog - vermehrt junge Männer aus den Großstädten an. Den jugendlichen scheint es weniger um politische Macht zu gehen. Die extreme Rechte verliert in dieser Dynamik an Bedeutung.

    Stattdessen wendet sie sich nun gegen die Ausschreitungen, die sie zuvor noch selber beschworen hat. Mit rassistischer Rhetorik inszeniert sich Wilders als Law and Order Mann, der mit dem Militär gegen den „Bürgerkrieg“ vorgehen will.

    Hierin drückt sich erneut die Strategie des Ausnahmezustandes an, die die extreme Rechte seit Beginn der Pandemie verfolgt. Im breiteren Diskurs wird Wilders belohnt. So ist die Rede davon, dass die Ausschreitungen „unniederländisch“ seien.

    Das rassistische Framing funktioniert, weil viele der jugendlichen, die sich an den Ausschreitungen beteiligen, vermeintlich oder tatsächlich einen Migrationshintergrund haben. In den wenigen Statements, die es gibt, etwa aus

    der Schilderswijk in Den Haag, geht hervor, dass ihre Rassismuserfahrung & Perspektivlosigkeit sehr präsent sind. Ihre proletarisierte Lage hat sich durch die Pandemie verschärft. Mit der Sperrstunde & den extrem rechten Mobilisierungen am Wochenende gab es einen Anlass.

    Mit der extremen Rechten teilen die überwiegend jungen Männer den Antietatismus, einige teilen auch die antisemitischen Verschwörungsideologien über das Virus und die Maßnahmen der Regierung, die von der extremen Rechten befeuert wurden und werden.

    In dem Zusammenhang geht es bei der Autonomie, die sie gegen den Staat verteidigen wollen, um eine ausgesprochen männliche Vorstellung von Freiheit: Es geht um die Abwehr der Ahnung emotionaler und gesundheitlicher Eingebundenheit und Abhängigkeit.

    In diesen (affektiven und ideologischen) Schnittmengen liegt auch der Grund, warum die Dynamiken sich derart überschneiden können. Darüber hinaus gibt es das starke Bewusstsein über die jahrzehntelange Rassismuserfahhrung und klassenbedingte Perspektivlosigkeit.

    Das erklärt in Teilen auch die Vehemenz und vor allem die Kontinuität der aktuellen Ausschreitungen.

    Die Ausschreitungen wenden sich zudem konkret gegen eine Maßnahme, die bestehende Rassismuserfahrungen noch weiter zuspitzt. Eine Sperrstunde trifft nicht alle gleichermaßen.

    #crise_sanitaire #couvre-feu #émeutes

  • Enquête pour viol : Gérald Darmanin face à ses contradictions | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260121/enquete-pour-viol-gerald-darmanin-face-ses-contradictions

    Mediapart a eu accès à de nouveaux éléments de l’enquête pour viol visant Gérald Darmanin. Des documents contredisent plusieurs aspects de sa défense. Lors de son audition chez les juges, mi-décembre, le ministre de l’intérieur a changé de version concernant un échange de SMS clé de l’affaire, dans lequel la plaignante l’accuse d’avoir « abusé de sa position ». Il a aussi avancé de nouvelles explications pour justifier des éléments embarrassants. Révélations.

    Ah la vache, comment c’est possible que ce mec n’a pas encore démissionné ?

  • Thread by carolinedehaas on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1353813233354878976.html

    Alors voilà.
    Je ne suis pas favorable à l’imprescriptibilité des crimes sexuels.
    Je ne suis pas non plus favorable à un durcissement des peines.
    Je ne suis pas d’accord avec ces revendications (sur le fond) et je pense que c’est une mauvaise stratégie de les mettre en avant.

    J’exprime ici une opinion personnelle. Nous ne sommes pas toutes d’accord à @NousToutesOrg là-dessus.

    Avis à tous les fachos et trolls : vous êtes déjà bloqués, ne vous fatiguez pas.

    Ce débat politique et stratégique qui traverse les mouvements féministes ne change RIEN à nos très nombreux points d’accords.

    (Et au fait qu’on aimerait savoir comme faire pour que les hommes arrêtent de violer)

    L’objectif prioritaire des politiques publiques devrait être de faire cesser les violences sexuelles.

    Pour rappel, 6,7 millions de personnes ont subi l’inceste en France.
    94 000 viols sont commis chaque année par des hommes sur des femmes.

    Je suis convaincue que l’imprescriptibilité n’est pas une solution pour en finir avec les violences sexuelles.
    Que ce n’est pas en disant aux personnes qui violent qu’elles pourront être poursuivies plus longtemps qu’elles arrêteront de violer.
    Qui peut penser qu’un homme qui commet un viol ignore que c’est un crime très sévèrement puni ?
    Qu’en le rendant encore plus durement puni, on va convaincre des gens d’arrêter de violer ?
    Je pense aussi que la prescription est juste.

    Je pense qu’on ne doit pas pouvoir être poursuivi.e jusqu’à sa mort, même pour des crimes.

    (Je pense aussi qu’il faut abolir la prison - totalement - mais un débat à la fois)

    « Et les victimes alors ? »
    Il me semble que justice ne se construit pas pour les victimes ou à partir de leurs besoins, souhaits (Sinon, on finirait par rétablir la peine de mort je pense ?)

    La justice dit l’interdit pénal, la règle.

    50 ans après les faits, rappeler une règle (si tant est qu’on peut sanctionner des années après, vu la difficulté de rassembler les éléments matériels), est-ce que cela permet de rétablir l’ordre public et de faire reculer les violences, je ne suis pas sûre.
    Penser dans notre société la reconstruction des victimes par le biais de la sanction n’est pas satisfaisant.

    Quand les éléments matériels ne sont pas suffisants pour sanctionner.
    Quand l’auteur est mort.
    La société devrait accompagner les victimes au-delà de la décision pénale.
    Au-delà du fond, je pense que porter cette revendication est une erreur stratégique.
    Cela fait sortir du champ du débat les deux enjeux principaux de la lutte contre les violences : la prévention et les moyens qui lui sont dédiés. Ces deux éléments sont des angles morts absolus des politiques publiques menées aujourd’hui en matière de lutte contre les violences.
    Autre élément : cela place le débat de la lutte contre les violences sur le terrain des réactionnaires et conservateurs.
    Qui va s’engouffrer dans la brèche ? La droite et l’extrême-droite.
    « On s’en fiche, ce débat dépasse les clivages »

    Faux. La lutte contre les violences est clivante. Politiques publiques, politique pénale, rôle de l’école, moyens financiers mis sur la table : ces débats sont clivants.
    Enfin, un processus législatif pour voter cette mesure prendrait du temps. Nous n’avons pas le temps.
    Chaque jour, en France, des enfants sont victimes de violences sexuelles dans leur famille. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle loi.

    Nous avons surtout besoin de politiques de prévention et de moyens.
    Si nous voulons en finir avec les violences, nous avons des moyens beaucoup plus efficaces que durcir les politiques pénales.

  • Assez littéralement, le gars explique qu’il vaut mieux laisser crever les vieux (qui sont déjà trop vieux), plutôt que s’imposer toutes ces choses épouvantables :

    – les gamins masqués à l’école (ah là lààààà, c’est horrrriiiiiible),
    – les voyageurs testés (ah là làààà),
    – on ne peut pas prendre un verre sans se munir d’une dérogation (c’est affreuuuuuux, vite, tuons un vieux pour que je puisse boire un verre avec un jeune),
    – on ne peut plus serrer les mains (il a oublié aussi qu’on ne peut plus faire la bise, et là on comprend bien que c’est 1984).

    Ce qu’il appelle « sacrifier nos existences quotidiennes ».

    Et donc : « on ne sauve jamais des vies, on ne fait que les prolonger […]. Quelles vies prolonge-t-on, et de combien d’années ? »

    Et donc :

    • Gaspard Koening, un philosophe de chez Dassault qui ne fait la bise que lorsqu’il vend une convention obsèque
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaspard_Koenig

      [ H-IV, ENS Lyon] ... travaille deux ans comme plume au cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie. En 2009, il rejoint la Banque européenne de restructuration et de développement (BERD) à Londres, où il s’occupe d’affaires institutionnelles (notamment l’expansion de la BERD aux pays du pourtour méditerranéen suite aux Printemps arabes).

      ... tient une chronique hebdomadaire dans Les Échos, a entrepris une série de reportages sur « les Aventuriers de la liberté » pour Le Point, (...) des hackers berlinois, des dissidents chinois, des libertariens américains ou des entrepreneurs rwandais.

      Il défend notamment une certaine forme de revenu universel de 500 euros par mois

      Avec le procédé qui va bien sur la « minorité » (privilégiée !) de ceux qui atteignent les 85 ans, dont il se garde de citer l’espérance de vie.

      #jeunisme_carnassier

    • Et comme tu l’as fait remarqué dans un message précédent, à nouveau ce tarissement volontaire des alternatives : c’est soit on condamne les étudiants de l’université, soit on laisse mourrir les vieux. Soit on condamne complètement l’économie, soit on euthanasie papi et mami.

  • La « vie d’avant » | Didier Lestrade
    https://didierlestrade.blogspot.com/2021/01/la-vie-davant.html

    La pandémie de Covid marque son premier anniversaire. Et 2021 sera encore une année très difficile, il n’y aura pas de sortie de crise au moins avant deux ans - et nous n’avons pas encore subi les pleines conséquences de l’effondrement du marché du travail. La campagne de vaccination en France ne fait que commencer. Source : Relevé sur le Net...

    • On prédit que le variant anglais sera majoritaire dans le pays d’ici la fin du mois de février. D’autres virus mutants sont apparus au Brésil, Afrique du Sud, Californie. Un autre confinement se prépare. Hier, on comptabilisait 70.000 décès dans l’hexagone et 2,12 millions dans le monde.

      Et pourtant, régulièrement, on entend discuter dans les médias de l’espoir de retrouver « la vie d’avant », ou le besoin de « vivre normalement ». La nostalgie de 2019 se diffuse, alors que tant de familles sont affectées par ces décès, alors que tant de malades Covid ne se remettent pas. Les scandales sanitaires s’accumulent, celui des masques, du dépistage, de la vaccination, des magouilles de l’industrie pharmaceutique. Décidément, la société fait tout pour oublier l’expérience acquise dans le sida.

      Parce que dans le VIH, nous avons passé plus de 20 ans à voir notre vie d’avant s’écrouler. (...)

      [...]
      Admettons-le, nous vivons déjà sur un mode survival. Les étudiants bloqués dans leurs chambres qui ont l’impression de vivre en Ehpad, les gens qui économisent au lieu de dépenser, et ceux qui n’ont plus rien alors que les aides se réduisent. On ne voyage plus, des amis me disent qu’ils n’ont pas eu de relations sexuelles depuis un an, l’incertitude d’un nouveau confinement, il faut tenir chaque jour, chaque semaine, chaque mois. (...)

      de nouveau, à l’échelle d’une vie, le #covid-19 est très probablement là pour durer

  • Covid-19 dans le monde : Moderna affirme que son vaccin est efficace contre les variants, les masques FFP2 obligatoires en Autriche
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/25/covid-19-dans-le-monde-le-president-mexicain-teste-positif_6067461_3244.html

    Le président américain, Joe Biden, a estimé lundi que les Etats-Unis se rapprocheraient de l’immunité collective d’ici l’été. Interrogé sur la date à laquelle tous les Américains souhaitant bénéficier du vaccin le pourront, il a répondu : « le printemps ». « Je pense que cela représente un défi logistique sans précédent dans l’histoire de notre pays mais je pense que nous pouvons le faire », a-t-il affirmé.En parallèle, il a décidé de réimposer une interdiction d’entrer aux Etats-Unis à la plupart des citoyens non américains qui se sont rendus en Grande-Bretagne, au Brésil et en Afrique du Sud, où sont apparus des variants du coronavirus plus contagieux, et pour ceux venant d’une grande partie de l’Europe. Il doit également étendre cette interdiction aux voyageurs qui se sont récemment rendus en Afrique du Sud, en raison des informations selon lesquelles de nouveaux variants du coronavirus plus transmissibles apparaissent aux Etats-Unis.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#sante#retsrictionsanitaire#variant#afriquedusud#grandebretagne#bresil#propagation

  • Pr. Logos sur Twitter

    1/ Avant tout, l’annonce absurde de Macron à Saclay visait à obtenir ce type d’article, le présentant comme ayant débloqué la situation, et mettant la responsabilité de la non-reprise de l’#Université sur les universitaires.
    Et ça marche...

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/26/on-n-est-pas-loin-du-theatre-de-l-absurde-une-rentree-fantome-a-l-universite

    2/ La petite musique de la responsabilité des profs prend et la colère montante contre les décisions aberrantes et l’absence de moyens de sécurisation sanitaire se répend.
    Or, quelle est la réalité ?

    3/ Depuis juin, les moyens de sécuriser sanitairement les universités sont connus et ont été envoyé dans tous les cabinets ministériels, à Matignon, à l’Elysée. AUCUN MOYEN n’a été débloqué à ce jour.
    ZERO.
    NADA.

    4/ L’annonce de Macron, relayé aussitôt par une « circulaire », est contredit par le décret sur lequel il devrait s’appuyer. Cette circulaire, si on la prenait au sérieux bien que sans portée, annulerait la circulaire de la semaine précédente, sur le retour des L1 et le soutien...

    5/ Personne au ministère même n’était au courant avant l’annonce de Macron de ce qu’elle serait, pas même la ministre qui a dû improviser laborieusement cette annonce inouïe de mépris pour les étudiants et les universitaires.
    Car au fond, elle EMPECHE tout travail réel.

    6/ Alors de voir que cette communication hors sol, sans la plus petite réalité, est relayée sans analyse, sans critique par la presse nationale puis reprise par des représentants étudiants qui entonnent la petite musique de la responsabilité des universitaires, ça fout la rage.

    7/ Rien ne va. Il faut reprendre dans l’ordre : l’accueil de petits groupes en journées banalisées le temps d’acheter les FFP2, les capteurs CO2, les tests salivaires, la calibration des jauges des salles, les tentes pour repas collectifs, dès que l’argent sera débloqué.

    8/ Et ensuite s’y tenir le reste du trimestre sans avoir des instructions contradictoires, absurdes, débiles, sans la plus petite réalité tangible, et aucun moyen de sécurisation sanitaire. Avec une soupape dès qu’il fera >15°C : les cours en extérieur (filmés le cas échéant).

    9/ Ca commence à bien faire.
    Avoir droit, pendant la pandémie, à une loi démolissant le système de recherche et l’Université, puis avoir les oukases les plus débiles de la part du tocard élyséen. STOP.
    Ça suffit.

    https://twitter.com/Pr_Logos/status/1354032749624094720

    #covid-19 #Education_Nationale

  • Pauline Londeix / Observatoire pour la Transparence des politiques des Médicaments (OTMeds) :

    « On sait déjà en grande partie ce qui explique cette réticence [au vaccin] des Français : le manque de transparence, et l’absence totale de pédagogie nécessaire pour créer les conditions de l’adhésion. Tout cela est doublée par l’impression justifiée d’une impréparation du gouvernement depuis le début de la crise dans tous les domaines : pénuries de gel hydroalcoolique, de masques, de dépistage et de médicaments. A cela s’ajoutent les débuts catastrophiques de la mise en place de la campagne vaccinale, avec seulement quelques centaines de personnes vaccinées jusqu’ici, et une mise en scène ridicule de la colère présidentielle à l’égard de son ministre de la santé, alors qu’on sait que les pouvoirs ont rarement été autant concentrées dans les mêmes mains d’une même personne que sous la présidence d’Emmanuel Macron ».

    Y-a-t-il une contribution utile que les médias puissent apporter dans une telle situation ?

    « Exiger la transparence de la part de nos gouvernements et des groupes pharmaceutiques. Eviter les effets d’annonce et recourir à plus de nuances, à plus de pédagogie. C’est un chemin difficile mais essentiel pour la communauté scientifique, politique, les médias et tous les acteurs de la société ».

    [...]

    « Il faut considérer [les vaccins] comme faisant partie d’une palette plus vaste d’instruments nécessaires à enrayer le virus.

    Le vaccin seul n’est pas la solution, il faudrait expliquer de manière plus approfondie, plus pédagogique, à la société, que toute une série de dispositifs doit être maintenue pour freiner la pandémie, on doit continuer à expérimenter des traitements efficaces pour les malades, développer des vaccins pour les différentes exigences sanitaires…Il faut un plan cohérent qui puisse sortir de la dynamique de l’effet d’annonce ».

    https://www.lemondemoderne.media/vaccin-la-transparence-des-labos-et-du-gouvernement-est-essentiell

  • Inceste : le frère de Camille Kouchner a porté plainte pour la première fois contre son beau-père Olivier Duhamel
    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/affaire-olivier-duhamel/inceste-le-frere-de-camille-kouchner-a-porte-plainte-pour-la-premiere-f

    Le frère de l’auteure de « La Familia grande » avait été entendu par les enquêteurs jeudi 21 janvier.

    « Victor », le frère jumeau de Camille Kouchner, qui selon elle a été agressé sexuellement à l’adolescence par leur beau-père, le politologue Olivier Duhamel, a pour la première fois porté plainte contre ce dernier. C’est ce qu’a annoncé mardi 26 janvier à l’AFP son avocate, Jacqueline Laffont, dans un communiqué. Une décision prise "suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire diligentée par le parquet de Paris".

    Cet homme aujourd’hui âgé de 45 ans avait été entendu par le 21 janviers par les policiers de la Brigade de protection des mineurs (BPM) chargés de l’enquête ouverte pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ». Pendant cette audition, il est revenu longuement sur les faits révélés par sa sœur dans La Familia grande, paru le 7 janvier.

    #viol #violences_incestueuses #livre #name_and_shame

  • Dimanche on va tous mourir.
    Lundi on a tous mourir.
    Mardi : on n’est pas aux pièces.

    Fuites, contre-fuites, contre-contre-fuites. Éléments de langage diffusés le dimanche, discutés le lundi, réfutés le mardi, et le mercredi on décide sous Secret défense.

    Troisième confinement : Macron ne parlera pas avant le 30 janvier, cacophonie au sommet de l’Etat - midilibre.fr
    https://www.midilibre.fr/2021/01/26/troisieme-confinement-cacophonie-au-sommet-9333276.php

    Certains conseillers de Jean Castex assuraient, en off, à quelques journalistes que le confinement était imminent et que les écoles seraient vraisemblablement fermées. Alors que le lendemain, à l’Élysée, les conseillers d’Emmanuel Macron invitaient la presse à la prudence : « Rien n’est décidé, Emmanuel Macron peut aussi prendre la parole pour annoncer un statu quo », nous assurait un conseiller.

    […]

    « Tout dépendra des données que nous recevrons mardi, nous verrons alors qu’elle sera la part du variant britannique dans les nouveaux tests », assure l’entourage du chef de l’État, qui nous assurait, lundi soir, qu’aucune prise de parole n’était prévue avant le 30 janvier, car Emmanuel Macron souhaite laisser passer quinze jours après la mise en place du couvre-feu afin d’en mesurer les effets.

  • ETUDIE, MARCHE ET CRÈVE, Les étudiant-es sont en mode survie - Primitivi - télé//vision locale de rue
    http://www.primitivi.org/Etudie-marche-et-cre%CC%80ve

    https://vimeo.com/503193753

    Chronique réalisée avec ClapClap Cinoeil : jour de distribution à la faculté Saint Jérome. Plus de cours en présentiel, plus de stages ou de voyages à l’étranger, pas de sortie possible après 18 heures et surtout… plus de boulot étudiant.

    Depuis le début du premier confinement des milliers de témoignages d’étudiant-e-s en détresse ont alerté les différentes associations , fédérations et autres syndicats étudiants. Ces témoignages ont permis de constater que malheureusement énormément d’étudiant-e-s rencontrent des difficultés pour se nourrir. Cette situation s’explique d’une part par la hausse des prix suite au confinement et au re-confinement, mais également dû à la perte de leurs emplois souvent précaires.
    La #précarité des étudiants ne date pas du coronavirus, mais en les privant de leurs petits boulots et des restos universitaires, cette crise inédite les a enfoncés un peu plus et a grossi leurs rangs.
    A Marseille, plusieurs associations, fédérations et syndicats #étudiants se mobilisent. Ils ont mis en place des dispositifs d’aide alimentaire gratuit sur les campus à destination de l’ensemble des étudiants.

    #automedia #vidéo

    • à lille :

      Mardi, le CROUS a expulsé d’une résidence universitaire à Villeneuve d’Ascq une jeune femme de 21 ans, qui n’a ni famille ni ami pour l’héberger, et qui dort depuis cette expulsion dans sa voiture. L’huissier l’a forcée à quitter son logement malgré la saisine du JEX et surtout malgré l’opposition de l’intéressée (il n’y avait pas de concours de la force publique et la police a refusé d’intervenir, une assistante sociale a attesté par écrit avoir suivi cela par téléphone), j’envisage même une plainte contre l’huissier, ce qui est rarissime, même de ma part.

      Nous sommes en plein hiver, en pleine crise COVID, il y a un couvre-feu très tôt, les étudiants sont en décrochage, et le CROUS envoie un huissier (et pas le plus tendre, vous l’aurez compris) pour expulser une femme de 21 ans livrée à elle-même. C’est un scandale.

  • Des expulsions en Amérique
    https://metropolitiques.eu/Des-expulsions-en-Amerique.html

    Malgré leur nombre, les expulsions ne frappent pas les quartiers et les ménages au hasard. Matthew Desmond montre que le taux d’expulsion est sensiblement plus élevé dans les quartiers à majorité africaine-américaine et hispanique, dont respectivement 7,5 % et 4 % des ménages locataires sont en moyenne expulsés chaque année (contre 1,5 % dans les quartiers à majorité blanche). L’auteur met notamment en lumière la très forte surreprésentation d’une catégorie de ménages parmi les locataires en proie à l’expulsion : les femmes africaines-américaines. Ces femmes vivant dans les quartiers noirs représentent seulement 9,6 % de la population de Milwaukee mais près de 30 % des locataires expulsés. Sur ce point, Matthew Desmond avance une thèse aussi forte qu’intéressante : dans le cadre du gouvernement néolibéral des quartiers pauvres et hyper-ségrégés, marqué par la substitution de l’État pénal à l’État social (Wacquant 2007), les expulsions locatives sont pour les femmes africaines-américaines l’équivalent structural de ce que représente l’incarcération de masse pour les jeunes hommes africains-américains, à savoir le mécanisme principal de leur entrée durable dans la pauvreté. Ces deux processus sont aussi liés en pratique, au sens où, comme le rappelle Desmond après d’autres travaux (Goffman 2014), la condamnation pénale des hommes noirs les empêche bien souvent de devenir titulaires d’un contrat de location et fait peser un risque accru d’expulsion sur les femmes les hébergeant.

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-francois4.pdf

  • « On surveille l’individu non plus pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il est »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/25/fichiers-de-renseignement-on-surveille-l-individu-non-plus-pour-ce-qu-il-fai

    L’extension de la collecte des données relatives à « des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale » a été conçue avec la volonté d’écarter toute opposition ou contradiction, estime l’avocat pénaliste David Curiel.

    Tribune. Le 4 janvier, le Conseil d’Etat a rejeté les demandes en référé de plusieurs associations et syndicats, qui entendaient faire suspendre l’exécution de trois décrets du 4 décembre 2020 modifiant le traitement de données à caractère personnel. Ces trois décrets ont élargi les données pouvant être collectées dans les fichiers de renseignements suivants : le PASP (prévention des atteintes à la sécurité publique) destiné aux policiers, le Gipasp (gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique), destiné aux gendarmes, et le EASP (enquêtes administratives liées à la sécurité publique), relatif aux enquêtes administratives.

    Les requérants soutenaient que les décrets étaient entachés d’illégalité, du fait notamment de l’atteinte considérable aux libertés fondamentales. Toutefois, le Conseil d’Etat a soutenu que les arguments avancés par les associations et les syndicats n’étaient pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de ces dispositions. Il a en effet considéré que les trois décrets ne portaient pas une atteinte disproportionnée à la liberté d’opinion, de conscience et de religion, ou à la liberté syndicale.

    L’apport majeur de ces décrets réside dans les nouveaux articles R. 236-13 et R. 236-23 du code de la sécurité intérieure. Avant ces décrets, il était uniquement possible de ficher des données relatives à « des activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales ». Cependant, depuis le 2 décembre 2020, et confirmé depuis le rejet des référés du 4 janvier, il est désormais possible de ficher des données relatives à « des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale » et également « des données de santé révélant une dangerosité particulière ». Cette évolution a été qualifiée de « terminologique » par le ministre de l’intérieur.

    Un boulevard pour l’Etat

    En réalité, elle est beaucoup plus profonde et lourde de sens. Sur la forme, tout d’abord, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) déclare qu’elle ne s’est pas prononcée sur cette modification, qui ne figurait pas dans le projet qui lui avait été soumis. Il est, dès lors, surprenant que le gouvernement n’ait pas présenté cette modification substantielle à la CNIL, dont l’essence même est de veiller à la protection des données personnelles contenues dans les fichiers et traitements informatiques. Sur la forme, toujours, ce texte a fait l’objet d’un décret, échappant de facto au débat contradictoire du Parlement, dont l’une des missions est de contrôler l’activité gouvernementale. Il s’en est retrouvé privé.

    Ces deux modalités d’élaboration du texte ne sont pas hasardeuses : elles démontrent une réelle volonté d’écarter toute opposition ou contradiction. De plus, la CNIL a un pouvoir de contrôle, consistant à vérifier sur place la mise en œuvre concrète de la loi. Pourtant, la nouvelle rédaction de l’article R. 236-9 prévoit désormais que ce contrôle peut être restreint afin « d’éviter de gêner des enquêtes, des recherches ou des procédures administratives ou judiciaires ou d’éviter de nuire à la prévention ou à la détection d’infractions pénales, aux enquêtes ou aux poursuites en la matière ou à l’exécution de sanctions pénales ».

    Disons-le clairement, c’est un boulevard pour l’Etat. La CNIL a été écartée a priori, elle l’est également a posteriori. Sur le fond, force est de constater que ces nouveaux décrets visent la collecte de données afin de lutter, notamment, contre la menace terroriste. A propos des lois scélérates, ces lois de 1893 et 1894 visant à réprimer le mouvement anarchiste, Léon Blum écrivait en 1898 : « Dirigées contre les anarchistes, elles ont eu pour résultat de mettre en péril les libertés élémentaires de tous les citoyens. »

    Changement de paradigme

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui, si ce n’est que le terrorisme a remplacé l’anarchisme. Ces nouveaux décrets opèrent un changement de paradigme : la prise en compte de l’individu non plus pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il est. L’individu est appréhendé comme suspect et comme celui qui risque de passer à l’acte. Car, gardons cela en tête, on ne fiche plus une activité avérée et incontestable mais une opinion politique, une conviction philosophique ou religieuse, une simple appartenance syndicale.

    De nombreuses questions doivent se poser sur ce nouveau fichage : la plus évidente, pourquoi collecter ces données ? Si un individu est interpellé pour avoir commis un délit, ce fichage peut-il être un argument supplémentaire pour le renvoyer devant un tribunal correctionnel ? Comment détermine-t-on si telle opinion politique ou telle conviction religieuse doit être fichée ? Comment ces fichiers vont être alimentés ? A ces questions, pourtant essentielles, nous n’avons aucune réponse.

    Cela interroge sur ce que l’on considère comme une information vraie, une source fiable, un renseignement utile, sur ce que l’on peut coder comme un danger potentiel, ce que l’on peut dire de son imminence alors même que celui-ci n’a pas encore eu lieu. Michel Foucault écrivait en 1975, dans Surveiller et Punir, que le simple fait de se savoir surveillé entraîne une forme d’obéissance. Les opinions, dès lors qu’elles sont examinées, recensées, fichées, servent une visée utilitariste, le contrôle de la population pour l’amener vers une forme de docilité. C’est en ce sens qu’il serait possible de penser un nouveau monopole conféré à l’Etat : celui de la surveillance légitime.

    David Curiel est avocat pénaliste au barreau de Paris

    #données #religion #EASP #Gipasp #Pasp #profiling #surveillance #syndicat #CNIL

  • Paris : un boxeur thaï jugé [et pas "un squatteur à Cachan où il anime une association qui vient en aide aux plus démunis et aux migrants", comme le précise l’article].pour avoir lynché des policiers affirme s’être « laissé gagner par la colère » - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-un-boxeur-thai-juge-pour-avoir-lynche-des-policiers-affirme-s-etre-

    Sur les images diffusées ce lundi après-midi dans une des salles du tribunal correctionnel de Paris, Akram Boukhers, 31 ans, engoncé dans sa chemise blanche, se reconnaît en tant qu’agresseur. « C’est moi », avoue-t-il. Il est sur de nombreuses vidéos. Tantôt avec une pancarte en train de courir après une colonne. Tantôt en train de jeter un projectile. Tantôt au milieu de ceux qui lynchent des policiers [de la BRAV] sur la place de la Bastille. « S’il y avait le son, on l’entendrait dire laissez-le ouech », tempère Me Juan Branco, son avocat.

    Le trentenaire, avant d’être identifié, était « X 5 » pour les enquêteurs de la sûreté territoriale de Paris qui cherchaient six suspects de ces violences commises contre les policiers le 28 novembre dernier lors de la marche des libertés, une manifestation contre la loi sécurité globale qui avait réuni 45 000 personnes entre République et Bastille.

    Akram est le seul à être identifié. Est-il un « black bloc » ou un élément solitaire violent ? Son action militante, ce jeune homme sans emploi qui a travaillé dans la restauration et plus récemment en faisant des récoltes l’a débutée avec les Gilets jaunes.

    Avec une "défense" conseillée par Branco
    https://twitter.com/noemieschulz/status/1353722389746642945

    « Je me rends compte que j’ai blessé des agents qui sont sûrement intègres, mais j’ai aussi fait du mal à leur famille, à la france, à notre démocratie, à la société... je sais très bien que c’est pas ce dont on a besoin. »

  • Santé Publique France, 25/01/2021 :
    • décès covid à l’hôpital : 445 (cvh : 318)
    • hospitalisations covid : 26 688 (+531)

    décès : la cvh sur 7 jours (telle que sur le graphique en vert) est à +1,7%/j de taux de croissance ; sur les 5 derniers jours seulement, le taux passe à +0,2%/j. On aurait donc un plafonnement des décès depuis le 21 janvier autour de 310 par jour.
    les hospitalisations, elles continuent à progresser, autour de +1%/j depuis ce même 21 janvier


    sur la même période (depuis le 21 janvier) les entrées en réanimation (en cvh) sont également sur une pente de +1%/j.

  • Main mise sur les villes, Claire Laborey (2013)
    https://www.youtube.com/watch?v=g_i_Ti1unOs

    Ces dernières années, partout en Europe, des milliers d’habitants sont descendus dans la rue pour remettre en cause la représentation politique, mais aussi défendre le droit à l’espace urbain. L’hyperurbanisation à coup de bulldozer et les expropriations massives imposées par les autorités publiques stambouliotes expliquent en partie la révolte de la place Taksim. Plus près de nous, l’installation d’un Ikea dans le centre-ville de Hambourg ou la construction d’un gigantesque centre commercial, portée par Auchan pour le projet du Grand Paris, arrangent les pouvoirs publics, qui n’ont plus les moyens d’investir dans l’espace urbain. Ces exemples charrient leur lot d’interrogations sur l’état de la démocratie urbaine aujourd’hui : comment la ville se transforme-t-elle et quelle place y occupent les citoyens ? Les habitants ont-ils leur mot à dire face aux technocrates, politiques, urbanistes et promoteurs qui façonnent les métropoles ? Les pouvoirs publics sont-ils toujours garants d’une ville ouverte et accessible ?

    Contre-pouvoir
    De Berlin à Copenhague en passant par Londres ou Toulouse, un voyage émaillé de rencontres avec des experts (la chercheuse Anna Minton, les architectes-urbanistes Jan Gehl et Frédéric Bonnet, le philosophe Thierry Paquot…). Ils décryptent les rapports de force à l’œuvre et s’interrogent sur la constitution de contre-pouvoirs.

    Avec une messe d’inauguration du premier Ikéa de centre ville à Hambourg.

    #droit_à_la_ville #PPP #ville

  • La Start-up Nation insoumise, itinéraire rouge-brun d’un patron de lui même - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/la-start-up-nation-insoumise-itineraire-rouge-brun-dun-patron-de-l

    Nous allons vous raconter une fable. Celle d’Alexis Poulin, un entrepreneur de lui-même, lobbyiste de la startup nation qui a fini par découvrir grâce à la télé insoumise, son reflet rouge-brun et par en tomber amoureux et finir tout ensemble chroniqueur sur Boulevard Voltaire et vendeur de chatbot à l’INPI.

    #alexis_poulin

  • Virologist Christian Drosten: “I Am Quite Apprehensive about What Might Otherwise Happen in Spring and Summer” - DER SPIEGEL
    https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

    DER SPIEGEL: The issue of school closures was the subject of hours of debate on Tuesday during the meeting between Merkel and the state governors. Why has it been so difficult for scientists to convince people on this issue?

    Drosten : To be honest, even without our study on viral loads in children, I would not have considered it likely that children would be spared by #SARS-CoV-2. From a purely biological perspective, the mucous membrane doesn’t change all that much during puberty. Which means that children can also get infected – and be contagious. That so many doubts about that fact have arisen was always, and still is, confusing to me.

    #enfants #écoles

    • À propos du taux de reproduction et du fait qu’il faut le diminuer de manière plus agressive :

      Currently, that number is at 0.9. It is great that we have finally managed to push it back down below 1, so that the number of cases can begin to drop. But 0.9 isn’t enough if we want to quickly loosen the brakes. With an R of 0.9, it takes about a month to reduce the number of infections by half. That is too long. We should try, through an intensification of the shutdown, to get the number down to 0.7. Then, the case numbers will drop by half in just a week, and we can get to a point where we can stop the spread of B.1.1.7 or at least give ourselves a head start.

    • La stratégie d’éradication (viser zéro infections) devrait être le but :

      DER SPIEGEL: Do you think that the so-called Zero-COVID strategy, the goal of sinking the number of new infections to zero, is the right way forward?

      Drosten: I do think it would be possible with a significant effort. The virus, of course, would continue to flare up, just as we have seen in China and Australia. But it would absolutely be worthwhile to at least identify zero new infections as a target. Primarily because I am quite apprehensive about what might otherwise happen in the spring and summer.

      puis de préciser : ce qu’il craint, c’est qu’une fois les personnes les plus fragiles vaccinées, il y ait une grosse pression sociale et politique pour lever les restrictions, et ainsi laisser circuler très très largement le virus si on n’a pas, d’ici là, réduit considérablement le nombre de contaminations (et ce sera alors un massacre, cette fois chez les jeunes). Question abordée ici :
      https://seenthis.net/messages/898188

  • Avraham Burg, ancien président du Parlement israélien : « Pourquoi je ne veux plus être juif » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/250121/avraham-burg-ancien-president-du-parlement-israelien-pourquoi-je-ne-veux-p

    Mais depuis l’adoption, en juillet 2018, de la loi sur l’État-nation du peuple juif (voir l’onglet Prolonger), tout est changé. Ce qui définit Israël, désormais, c’est le seul monopole juif. Sans l’équilibre constitutionnel des droits et libertés. En vertu de cette loi, un citoyen d’Israël qui n’est pas juif est assigné à un statut inférieur. Comparable à celui qui a été assigné aux juifs pendant des générations. Ce qui fut odieux pour nous, nous l’infligeons maintenant à nos citoyens non juifs.

    Cette législation est en fait une nouvelle définition des relations entre majorité et minorité en Israël. Elle constitue aussi un changement dans ma définition existentielle. Dans mon identité. Dans ces conditions, ma conscience m’interdit désormais d’appartenir à la nationalité juive, d’être classé comme membre de cette nation, ce qui impliquerait pour moi d’appartenir au groupe des maîtres, statut que je refuse. Je ne veux pas appartenir à un collectif défini par les promoteurs de cette loi.

    Vous voulez quitter le peuple juif ?

    Qu’est-ce qu’être juif ? Il est très difficile de répondre à cette question. Est-ce une religion ? Est-ce une culture ? Est-ce une civilisation ? Je peux dire ce qu’a été le judaïsme de mes parents, le judaïsme de la diaspora. Le mien. Être juif, pour nous, c’était appartenir à un groupe de gens définis historiquement par leur volonté d’être égaux mais différents. Nous étions égaux dans notre citoyenneté. Et nous demandions à ceux parmi lesquels nous vivions de préserver ce droit d’être différents, mais égaux. Égaux, mais différents. J’ajouterai que lorsque j’ai commencé ma vie politique, dans les années 1980, j’ai adopté deux principes auxquels je reste attaché : la séparation de la religion et de l’État, et la fin de l’occupation.

    La loi sur l’État-nation remet tout cela en question. Tout à coup, dans l’État des juifs au sein duquel nous sommes une majorité, la définition du collectif juif telle qu’elle existe dans la Déclaration de 1948 disparaît. Nous voulons être une majorité mais nous refusons aux autres d’être différents et égaux. Ils peuvent être différents mais pas égaux. C’est une façon de redéfinir le collectif juif que je refuse. Au nom de mon héritage philosophique et moral.

    Je dis aujourd’hui à l’État : je n’appartiens pas à votre nouveau peuple juif. Je demande donc au tribunal que mon nom soit retiré du registre national du peuple juif. Je suis un juif historique. Je crois à l’égalité, à l’universalisme, à l’humanisme, aux droits des minorités. Ce nouveau judaïsme, je n’en fais pas partie.

    #Israel #Apartheid #Avraham_Burg

    • Un élément est toutefois négligé par l’Insee [dans les explications de tels chiffres] : l’état de la voirie. Dans de nombreuses communes, les trottoirs sont inexistants, les trajets à vélo anxiogènes, les transports publics peu fréquents ou peu fiables, tandis que le système routier est, cela semble une évidence à tout le monde, parfaitement équipé, entretenu, signalé. La « force de l’habitude » n’est pas tant celle des usagers que celle des aménageurs, incapables d’imaginer autre chose qu’un environnement routier.

    • Dans ma boîte je dirais qu’il y a les collègues qui ont la flemme et d’autres qui vont plus vite en voiture qu’en transports en commun (le vélo n’étant même pas une option étudiée et envisagée). Je suis d’accord que les infrastructures sont vraiment dédiées à la voiture mais il ne faut pas oublier que la bagnole c’est aussi extrêmement confortable, que d’aucuns préfèrent être coincés au chaud dans un embouteillage que d’être avec d’autres inconnus dans un bus ou bien au froid ou sous la pluie sur un vélo ou à pied.

    • Ce n’est pas un biais correct pour critiquer le problème du tout bagnole. Il y a 30 millions d’actifs et on ne regarde que le 1,2 million d’actifs qui ont un travail à moins d’un kilomètre de chez eux ? et on se permet analyses et critiques des 494000 qui prennent leurs voitures ?

      Ne peut-on voir que le travail est éloigné du domicile pour près de 29 millions d’actifs et que c’est là que réside le principal problème, qu’il n’est plus de l’ordre individuel mais politique ?

      [EDIT] je reprends les chiffres de l’INSEE publiés en fin d’article.