• Cyberattaques : alerte au rançongiciel sur les secteurs de la santé américain et canadien
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/10/30/cyberattaques-alerte-au-rancongiciel-sur-les-secteurs-de-la-sante-americain-

    (...) « Les attaques par rançongiciels sur les hôpitaux américains, pendant une pandémie, sont probablement les cyberattaques les plus dangereuses ayant jamais visé les Etats-Unis. Ce problème est hors de contrôle, et des gens vont en souffrir » a alerté sur son compte Twitter John Hultquist, responsable du renseignement au sein de l’entreprise américaine spécialisée FireEye.

    [...]

    Des conseils arrivés trop tardivement pour certains hôpitaux. Plusieurs établissements de santé américains ont vu au cours des dernières heures leur fonctionnement perturbé par des attaques informatiques. C’est notamment le cas du Sky Lakes Medical Center, dans l’Oregon, où les « communications [sont] compliquées » selon un communiqué publié par l’établissement.

    Les hôpitaux de Canton-Potsdam, de Massena et de Gouverneur, des villes de l’Etat de New-York, ont dû déconnecter une partie de leurs systèmes informatiques, et certaines ambulances ont dû être déroutées vers d’autres établissements. Un réseau d’hôpitaux du Vermont a aussi vu son fonctionnement informatique être affecté, sans qu’il soit question officiellement d’un rançongiciel. Le Ridgeview Medical Center, dans le Minnesota, a lui aussi été attaqué, tout comme le Sonoma Valley Hospital, en Californie.
    [...]

    Un médecin travaillant dans un hôpital touché par une attaque et interrogé par l’agence de presse Reuters a raconté que certaines fonctions vitales, comme la transmission numérique des résultats d’examen, étaient impossibles. « Les événements en cours peuvent causer des morts, peut-être dans plusieurs hôpitaux » (...)

    #hôpital #médecine #rançongiciel

  • « Tout ce que nous avons appris du sida est effacé, on gère cette épidémie comme si c’était la première » - Christian Lehmann donne la parole à un militant d’Act up
    https://www.liberation.fr/france/2020/10/30/il-est-temps-d-envoyer-chier-ces-mandarins-egocentriques_1803948

    J’ai rencontré Fred Bladou dans une autre vie, en 2007, quand je militais au côté d’Act Up contre les franchises qu’imposait Nicolas Sarkozy pour défaire la prise en charge solidaire des soins. Jeune médecin en loden, bon client pour les journaux télévisés, j’ai été adopté par cette troupe courageuse. Ces « usual suspects » n’hésitaient pas à zapper les meetings de Sarkozy, à asperger de faux sang l’entrée du ministère de la Santé. Ils poursuivaient dans les allées de Solidays Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, qui réformait l’hôpital public et mettait en place la tarification à l’activité et des économies drastiques qui ont fait le lit de la situation actuelle. Nous avons perdu. Les malades ont payé dans leur chair. Parce qu’il n’y avait déjà pas d’argent magique, et que piquer de la petite monnaie dans la poche des cancéreux et des séropos était mieux vu que de taxer les stock-options, comme l’avait alors proposé Philippe Seguin, qui n’était pourtant pas exactement le sous-commandant Marcos. Toujours militant, toujours en colère, toujours activiste du sida, Fred Bladou aborde le Covid avec en mémoire la lutte contre cette autre pandémie :

    [...]

    « Françoise Barré-Sinoussi et Jean-François Delfraissy ont demandé à de nombreuses reprises la création d’une instance citoyenne composée d’acteurs de la santé, de citoyens, d’associatifs. Ces demandes sont restées vaines. La santé de toute la population ne dépend que de la décision politique sur fond de luttes fratricides entre médecins médiatiques et experts choisis prompts à soutenir un Etat défaillant. L’expérience du sida nous a enseigné que les politiques publiques, la prévention et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH se construisent entre médecins, décideurs politiques et représentants associatifs des groupes les plus exposés. Pour qu’une stratégie de santé fonctionne, il faut susciter l’adhésion du plus grand nombre. On construit avec les gens et pas pour les gens.

    « Les erreurs du gouvernement ont lâché sur la Toile des milliers de conspirationnistes. Il faut changer de braquet et coconstruire avec le peuple, une stratégie adaptée. Il est temps d’envoyer chier ces quelques mandarins égocentriques qui monopolisent le débat public et les chaînes d’infos pour vendre un traitement inefficace. Il est temps de prendre la place des associations plus préoccupées par leur train de vie et les cocktails ministériels que par notre survie, notre bien-être et notre qualité de vie.

    #réduction_des_risques

  • The Overwhelming Racism Of COVID Coverage | by Indi Samarajiva | indica | Sep, 2020 | Medium
    https://medium.com/indica/the-overwhelming-racism-of-covid-coverage-78e37e4ce6e8

    Thailand worked hard and fought back COVID-19 with public health. Instead of seeing that, however, the NYTimes asked if it was something in their blood. We’re talking about oriental blood magic, in 2020. I’m serious:
    Is there a genetic component in which the immune systems of Thais and others in the Mekong River region are more resistant to the coronavirus? Or is it some alchemy of all these factors that has insulated this country of 70 million people? (NYT)
    This is literal racism. Instead of looking what Thai people did, they’re asking if it’s something in their veins. Because Thai people couldn’t possibly just be competent, it must be alchemy.

  • En Pologne, une #grève générale très suivie pour le droit à l’#avortement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/28/en-pologne-une-greve-generale-tres-suivie-pour-le-droit-a-l-avortement_60577

    La mobilisation des femmes polonaises pour le droit à l’avortement gagne chaque jour en ampleur. Après des blocages massifs dans les villes lundi, l’heure était, mercredi 28 octobre, à la grève générale du travail, suivie de manifestations à travers tout le pays.

    #paywall

  • Je vais te dire pourquoi dans deux semaines on aura un confinement total : parce que Darmanin et Lallement sont déjà en train de se rendre compte qu’il va être rigoureusement impossible de fliquer efficacement la population. Les raisons qui autorisent à sortir sont tellement nombreuses désormais (travail, école, vieux, courses…) qu’il va y avoir en permanence une foule en ville, sans qu’il soit possible de repérer rapidement le contrevenant.

    Et côté population (et « acceptabilité »), les réseaux sociaux seront entièrement consacrés à deux choses :
    – des photos du métro bondé le matin et le soir ; des photos des cantines en mode portwanak, etc. ; et sentiment général de « à quoi ça sert, alors, de nous faire chier nous ? »
    – échanges de trucs et astuces pour se rédiger des attestations permettant de se promener à peu près n’importe comment, aller visiter les amis et se faire des apéros à l’heure de la sortie des classes.

    Ce qui ressort (évidemment !) du rapport sur le premier confinement, c’est que le macronisme gère la crise sanitaire à partir du ministère de l’Intérieur. Là il est très évident que le ministère de l’Intérieur ne va rien pouvoir fliquer, avec une foule de gens dehors en permanence, « légalement » ou avec des attestations farfelues mais invérifiables, et donc impossible d’avoir des contrôles à 135 euros efficaces.

    Double-effet kiss-cool : quand flic dépassé, flic devient autoritaire. Donc on va rapidement avoir un troisième genre de message sur les réseaux sociaux :
    – je me suis pris 135€ alors que je revenais de déposer mes enfants à l’école, alors que je ne suis pas arabe et que je suis pigiste pour Elle-Décoration.

  • Des graphiques pour mesurer l’#impéritie et l’#incurie.

    Dans le discours de Macron de mercredi 28 octobre, on pouvait entendre : « Nous sommes surpris » et quelques phrases plus loin, « Nous nous y attendions ». En fait si on les comprend bien, ils s’attendaient à être surpris.

    Thread by Panda31808732 on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1321935155041361921.html

    Félicitations au gouvernement pour son grand chelem ! Par sa nullité stupéfiante, l’exécutif est parvenu à noircir toute la France métropolitaine en 15 semaines. Nous pouvons à présent lui décerner le label IOC (Incompétence d’Origine Contrôlée).

  • Données de santé : « La plate-forme “Health Data Hub” pose des questions de sécurité majeures », Marcel Goldberg, Marie Zins, épidémiologistes
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/29/donnees-de-sante-la-plate-forme-health-data-hub-pose-des-questions-de-securi

    Le gouvernement a lancé un très ambitieux projet de « Health Data Hub » (HDH) visant à réunir l’ensemble des données disponibles sur la santé des Français, pour développer l’intelligence artificielle (IA) en santé. En effet, la situation actuelle est largement insatisfaisante en raison de la dispersion en de multiples systèmes d’information gérés sans coordination par de nombreux acteurs : hôpitaux, Sécurité sociale, organismes de recherche, universités, registres et enquêtes épidémiologiques, cohortes… On ne peut que souscrire aux objectifs de partage de données et de développement de l’IA en santé et se féliciter de la volonté politique de fournir des moyens conséquents.
    Mais si l’intention est louable, réunir toutes les données dans une infrastructure informatique unique est extrêmement dangereux et largement inutile. Le fait de confier sa gestion à Microsoft a suscité de nombreux débats, mais on n’a pratiquement pas évoqué les très graves problèmes que pose le dispositif prévu, même s’il était géré sur une infrastructure nationale.

    Exposition aux attaques

    En effet, le HDH entend centraliser toute donnée collectée dans le cadre d’un acte remboursé par l’Assurance-maladie dans les hôpitaux, en médecine de ville, médecine du travail, pharmacies, services de protection maternelle et infantile, dépistage, enquêtes de santé… La centralisation des données concernant les aspects les plus intimes de la vie des 67 millions d’assurés sociaux chez un hébergeur unique pose des questions majeures de sécurité, car il suffit de croiser quelques données simples pour identifier une personne, avec des conséquences potentiellement très lourdes.

    La centralisation des données dans une seule infrastructure informatique peut permettre des mesures de sécurité accrues, mais les rend plus exposées aux attaques venant de l’extérieur comme de l’intérieur, avec des impacts plus grands en cas de rupture de confidentialité. Faire courir un tel danger aux personnes ne peut se justifier que si cela est indispensable. Or ce n’est pas le cas : non seulement un système centralisé est dangereux, mais il est largement inutile pour deux raisons essentielles.

    La première tient à la qualité des différentes bases de données concernées. Construites dans des buts, des circonstances et avec des méthodes qui, pour la plupart, n’ont rien à voir entre elles, leur qualité et leur validité sont extrêmement variables : « big data » n’est pas synonyme de « good data ». Or les algorithmes d’intelligence artificielle ont besoin de données valides. Avant d’utiliser une base de données, un examen minutieux de ses caractéristiques et de sa qualité, impliquant ceux qui l’ont construite, est indispensable, sans quoi son intégration dans le HDH est inutile.

    Aberration scientifique et technique

    La seconde raison est l’hétérogénéité de ces bases de données. Il ne suffit pas de regrouper des données de droite et de gauche pour les « faire parler ». Encore faut-il que les données soient interopérables, c’est-à-dire homogènes sur le plan sémantique. Par exemple, si on s’intéresse à l’insuffisance cardiaque, on peut trouver des données dans diverses sources : dossier de service de cardiologie, diagnostic de généraliste ou de cardiologue en ville, déclaration d’un sujet dans une enquête, réseaux sociaux… Mais, selon la source, ce terme n’a pas la même signification, ni la même validité.

    Il faut connaître le contexte et les méthodes du recueil des données, la population dont elles sont issues, etc., le cas échéant le type d’appareil utilisé car on rencontre, par exemple, des électrocardiogrammes ou des images IRM provenant d’appareils différents. Et dans de nombreux cas, cette harmonisation s’avère impossible. C’est pourquoi les algorithmes d’IA sont le plus souvent développés sur une base de données unique.

    Il arrive cependant que plusieurs bases de données puissent être rassemblées. Il faut alors les harmoniser. Mais ceci n’a de sens que pour des objectifs spécifiques de recherche et ne peut donc être réalisé qu’au cas par cas ; et implique un travail de comparaison et de définition des données, qui ne peut être réalisé que par les responsables des données concernées, qui disposent de l’expertise et de la connaissance approfondie des données, des conditions de leur recueil, des modalités de validation… Imaginer qu’il sera possible de développer des algorithmes d’IA à partir des données extrêmement hétérogènes uniquement parce qu’elles sont stockées dans un système informatique centralisé est donc une aberration scientifique et technique.

    Et même si toutes ces difficultés sont résolues et qu’on dispose de plusieurs bases de données véritablement interopérables, il n’est pas indispensable de les réunir dans la même infrastructure informatique. Il existe des méthodes d’analyse « distribuée » où des données gérées dans des systèmes informatiques différents sont exploitées en commun ; ces méthodes sont largement utilisées dans les cas où, pour des raisons de sécurité ou des raisons légales, les données ne doivent pas être transférées hors de leur propre environnement.

    Développer le HDH en réunissant les données de 67 millions de Français dans une infrastructure informatique unique est donc une erreur fondamentale qui fait inutilement courir de graves dangers. Si les objectifs de partage de données et de développement de l’IA sont pleinement justifiés, plutôt que d’empiler aveuglément des bases de données hétéroclites, le HDH devrait se concentrer sur des activités réellement utiles, comme par exemple une cartographie analytique des bases de données disponibles, leur mise en réseau, la promotion de règles harmonisées de partage de données, etc.

    En gardant à l’esprit que les véritables difficultés se situent à la source même des données de santé, comme la crise sanitaire du Covid-19 l’a cruellement mis en évidence : absence de données provenant des EHPAD, insuffisance du nombre de spécialistes du codage des causes de décès, pour ne citer que les manques les plus voyants.

    #données_de_santé #IA #santé

  • Cognitive deficits in people who have recovered from COVID-19 relative to controls: An N=84,285 online study | medRxiv
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.10.20.20215863v1

    This article is a preprint and has not been peer-reviewed [what does this mean?]. It reports new medical research that has yet to be evaluated and so should not be used to guide clinical practice.

    Case studies have revealed neurological problems in severely affected COVID-19 patients. However, there is little information regarding the nature and broader prevalence of cognitive problems post-infection or across the full spread of severity. We analysed cognitive test data from 84,285 Great British Intelligence Test participants who completed a questionnaire regarding suspected and biologically confirmed COVID-19 infection. People who had recovered, including those no longer reporting symptoms, exhibited significant cognitive deficits when controlling for age, gender, education level, income, racial-ethnic group and pre-existing medical disorders. They were of substantial effect size for people who had been hospitalised, but also for mild but biologically confirmed cases who reported no breathing difficulty. Finer grained analyses of performance support the hypothesis that COVID-19 has a multi-system impact on human cognition.

    Significance statement There is evidence that COVID-19 may cause long term health changes past acute symptoms, termed ‘long COVID’. Our analyses of detailed cognitive assessment and questionnaire data from tens thousands of datasets, collected in collaboration with BBC2 Horizon, align with the view that there are chronic cognitive consequences of having COVID-19. Individuals who recovered from suspected or confirmed COVID-19 perform worse on cognitive tests in multiple domains than would be expected given their detailed age and demographic profiles. This deficit scales with symptom severity and is evident amongst those without hospital treatment. These results should act as a clarion call for more detailed research investigating the basis of cognitive deficits in people who have survived SARS-COV-2 infection.

    #covid-19 #neurologie #covid_long

  • Le groupe SOS prêt à prendre La Clef - Culture / Next
    https://next.liberation.fr/culture/2020/10/29/le-groupe-sos-pret-a-prendre-la-clef_1803882


    Photo Philippe Lopez. AFP

    Le dernier cinéma associatif de la capitale est courtisé par « la Rolls-Royce de l’économie sociale et solidaire », dirigée par un pilier de la macronie. De son côté, la mairie de Paris n’a toujours pas traduit son soutien en acte.

    L’accalmie aura été de courte durée pour La Clef, dernier cinéma associatif de Paris occupé illégalement depuis près d’un an. Hier encore, les cinéphiles engagés dans cette « guerre culturelle » contre le propriétaire des murs, le conseil social et économique de la Caisse d’épargne Ile-de-France (CSECE-IDF) pouvaient se réjouir (un peu) du délibéré du procès en appel. Délai de six mois avant expulsion et suppression de l’astreinte de 70 000 euros visant les assignés. Une petite victoire pour les cinéastes précaires, producteurs émergents, spectateurs et étudiants qui ont su rallumer la flamme de cette salle poussiéreuse du Quartier Latin, née de l’ébullition de Mai 68 et fermée cinquante ans plus tard par le CSECE-IDF.

    Un public jeune et diversifié

    Mais depuis quelque temps, l’association Home Cinéma qui a à cœur de projeter chaque jour et à prix libre œuvres hors circuit, classiques oubliés, courts métrages et docus militants est courtisée par un puissant acquéreur : le groupe SOS. « La Rolls-Royce de l’économie sociale et solidaire » avec près de 500 lieux (ou services) au compteur, 17 000 salariés, 910 millions d’euros de chiffre d’affaires et un dirigeant, pilier de la macronie : Jean-Marc Borello. Un gros poisson attiré, semble-t-il, par le succès et l’image glamourisable de l’occupation.

    #cinéma_associatif #occupation #Jean-Marc_Borello #Ville_de_Paris

    • #Borello est un homme dangereux, il a trempé dans des affaires de drogues (condamné avec Le Palace) et de pédophilie, lié à Pierre Bergé et la clique de ses salopards, il est considéré comme le mentor de machin président et défini comme le vrai patron de LREM
      Et SOS est une gigantesque arnaque.
      Qu’il veuille mettre la main sur ce lieu est une pourriture de plus pour tenter de détruire toute pensée indépendante de ce pouvoir verreux.
      #LREM_mafia

    • @touti tu as raison d’insister ! je m’étais contenté par erreur d’un # sur son nom mais autant pointer le palmarès du type en détail
      https://seenthis.net/messages/741504

      Sur les entourages du Mac, il y aurait de quoi ouvrir une rubrique qui se limite ni à Benalla, ni à Malinowski

      De Moscou à Paris, le mystère Malinowski
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/10/30/de-moscou-a-paris-le-mystere-malinowski_6057831_823448.html

      ENQUÊTE Cet ancien parachutiste au profil sulfureux, ami de Jean-Marie Le Pen et de Marion Maréchal, a retrouvé à Smolensk les restes d’un général napoléonien et réussi à « vendre » à Emmanuel Macron l’idée de l’inhumer aux Invalides, en présence de Vladimir Poutine.
      Le vieux monsieur s’est assis dans son fauteuil. A 92 ans, ses jambes flanchent un peu, mais dans sa villa de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), Jean-Marie Le Pen garde des enthousiasmes. Pour son arrière-petite-fille, Olympe, la fille de Marion Maréchal. Et pour un copain de cette même Marion, un gaillard de 33 ans, Pierre Malinowski, un type sympa, hâbleur et beau gosse, au bagout incroyable et qui sent vaguement le soufre.

      A Moscou, où il passe le plus clair de son temps, Malinowski serre la main de Vladimir Poutine ; il est aussi au mieux avec la fille du porte-parole du Kremlin. A Paris, il peut poster le même jour sur les réseaux sociaux une photo de lui sur un sofa avec Le Pen, et une vidéo où il parade sur le perron de l’Elysée. Depuis 2019, il a ses entrées au Palais et s’y promène parfois en tee-shirt, avec le sentiment de faire partie des meubles.

      [...]
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi
      Vladimir Poutine, parrain de l’extrême droite européenne
      Survient un épisode « malheureusement médiatisé » : l’exfiltration de République dominicaine, en 2015, des deux pilotes « d’Air cocaïne », qui transportaient dans un avion d’affaires 26 valises de drogue. Pierre Malinowski expédie discrètement l’affaire en deux lignes dans son livre A la recherche du tombeau perdu, qui vient de paraître au Cherche Midi (304 pages, 18,50 euros). L’opération a été organisée par Chauprade, qui n’a pu s’empêcher de s’en vanter et de laisser publier des photos, dont une de Malinowski en compagnie des fuyards. (...)

      avec du Bruno Roger-Petit ("conseiller mémoire" du Mac) et (encore) du Valeurs actuelles dedans.

  • Epidémie de #Covid-19 : « Nous allons être face à des situations humaines impossibles »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/29/epidemie-de-covid-19-nous-allons-etre-face-a-des-situations-humaines-impossi

    Xavier Lescure, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, redoute une saturation des services de réanimation et critique le manque de lien entre le terrain et la prise de décision.
    Propos recueillis par Chloé Hecketsweiler

    Xavier Lescure, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, estime que les hospitaliers ont « multiplié les mises en garde », mais qu’ils n’ont pas été entendus.

    Dans son allocution mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé près de 9 000 personnes en réanimation au 15 novembre. N’est-ce pas trop tard pour sauver l’hôpital ?

    Depuis plusieurs semaines, nous avons perdu le contrôle de l’épidémie. Ce nouveau confinement est un coup de frein à main, qui ne nous empêchera pas de partir dans le décor. Les politiques et les citoyens considèrent que les hôpitaux sont solides, mais ils ne peuvent pas absorber de tels à-coups.

    Quand les « réas » seront débordées, il faudra bien choisir entre tel ou tel malade. On n’ose pas le dire mais c’est une réalité. Si on est complètement sous l’eau, nous allons être face à des situations humaines impossibles.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Dès la mi-août, j’ai alerté sur la dégradation des indicateurs. Il y avait bien trop de clusters, signe que le virus circulait déjà beaucoup. Les CPAM [Caisses primaires d’assurance maladie] étaient à la peine pour tracer les cas. Du jour au lendemain, on a demandé à leurs agents de faire quelque chose qui n’a rien à voir avec leur métier : cela ne pouvait pas marcher. Il ne suffit pas de passer un coup de fil aux gens en leur expliquant qu’il faut s’isoler. Il faut aller sur le terrain, faire de la pédagogie, de l’accompagnement.

    Pourquoi avoir attendu que les réas soient à moitié pleines pour agir ? Il faut maintenant prendre des mesures qui auront un impact social et économique majeur. Cela fait neuf mois que nous sommes sur le pont, en première ligne pour voir ce qui se passe. Nous avons multiplié les mises en garde, mais nous ne sommes pas entendus. Il n’y a pas assez de lien entre le terrain et la prise de décision.

    Les politiques se sont-ils montrés trop optimistes ?

    Je comprends qu’il ne faille pas crier au loup trop tôt, qu’il faille que les mesures soient acceptées, mais entre « tout va bien » et « il faut confiner tous les Français », des mesures proportionnées auraient pu être prises avant. Les politiques réagissent quand le dernier rempart – la réanimation – est menacé. Dans certains hôpitaux la quasi-totalité des lits sont déjà occupés par des malades du Covid-19. Pour faire face à cette envolée, le ministre de la santé [Olivier Véran] affirme qu’il va armer 12 000 lits : c’est illusoire ! On peut toujours faire des effets d’annonce, nous dire qu’on est extraordinaire, mais où va-t-on trouver les soignants pour s’occuper de tous ces malades ?

    La pénurie de soignants est le « talon d’Achille » de la France…

    A la suite de la première vague, le salaire des infirmières a été revalorisé de 180 euros. Sur un petit salaire, c’est une revalorisation importante, mais cela ne permet pas de rattraper notre retard : nous sommes toujours bien au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. Il faut donner aux gens l’envie de travailler dans le public ! Le risque, sinon, est de créer un système de santé à deux vitesses, avec d’un côté des dispensaires, de l’autre des cliniques de luxe. La tâche qu’on nous demande d’accomplir est trop épuisante, les gens vont partir. Nous n’alertons pas pour sauver « notre » hôpital mais l’hôpital de tout le monde.

    Comment l’hôpital fait-il face à cette deuxième vague ?

    Certains services d’urgence ne savent déjà plus où mettre les malades. Les urgentistes doivent les faire dormir sur des brancards. Dans mon service, un étage entier – soit la moitié des lits – est occupé par des patients atteints du Covid-19, tous des cas graves. Nous avons tout fait pour faciliter le retour à domicile et renforcer les structures de soins de suite. Et, malgré cela, la réanimation prend de nouveau l’eau, et nous sommes proches d’un point de rupture.

    Quels sont les scénarios auxquels il faut s’attendre ?

    Il faut s’attendre à une succession de vagues plus ou moins rapprochées, au moins pendant quelques mois. Tout l’enjeu est qu’elles montent le moins haut possible. Et l’on ne pourra pas y arriver sans une implication de tous les citoyens.

    Le Covid-19 n’est pas une maladie grave – moins de 1 % de létalité – mais il est très transmissible, et peu visible. Environ la moitié des contaminations sont le fait de personnes « asymptomatiques », ou « présymptomatiques ». La seule solution est que nous agissions tous comme si nous étions porteurs du virus : il ne faut pas attendre d’être contact avéré ou symptomatique pour respecter partout et tout le temps les mesures barrières.

    Comment susciter un tel changement ?

    Toute la question est de savoir où mettre la contrainte pour qu’elle soit acceptée dans la durée. Faut-il imposer le port du masque dans la rue toute la journée, quand on sait que cela a une efficacité, certes, mais limitée ? Face à des informations un peu contradictoires, les gens sont perdus. Il faudrait davantage mettre l’accent sur les changements de comportements en simplifiant les mesures, en les expliquant.

    Il faudrait aussi tenir plus compte du terrain sur lequel nous menons ce combat. Cette épidémie débarque sur un terrain social fragile. Nous avons une recrudescence de personnes blessées grièvement à l’arme blanche. C’est un signe. Cette épidémie révèle les fragilités de notre société, attise les tensions. Nous sommes arrivés à un point de bascule, mais j’ai peur que les politiques soient un peu dans le déni.

    #crise_sanitaire #hôpital #soignants

  • jeudi 29 octobre : 235 décès
    toujours en légère augmentation +6,1% / jour
    (en tendance depuis le 30 septembre)

    Notez que depuis un peu plus de deux semaines, hospitalisations et décès (hospitaliers) croissent exactement au même rythme et, donc, que, depuis la mi-octobre, les décès représentent 1% des hospitalisations.

  • « La #pénurie de #soignants, un problème de fond qui n’a pas été réglé »
    https://www.mediscoop.net/algologie/index.php?pageID=17fe834819ac26e0b104d24cea1f6b52&id_newsletter=13949&lis

    Cécile Thibert note dans Le Figaro : « Des masques, des blouses, des médicaments… et des #soignants. Voilà qui a manqué lors de la première vague épidémique. Plus de 6 mois plus tard, les hôpitaux ont-ils massivement recruté ? « Nous avons formé 7000 infirmiers et médecins » pour ouvrir des lits de réanimation supplémentaires, a affirmé #Emmanuel_Macron mercredi soir, sans préciser ce que recouvrait ce chiffre ».

    « Concernant les embauches, la Direction générale de la santé (#DGS) indiquait […] n’avoir aucune idée du nombre de personnels hospitaliers recrutés depuis la première vague. « Le ministère ne dispose pas encore de remontées sur les embauches dans les établissements », répondait la DGS, en précisant qu’un objectif de 15.000 recrutements à l’#hôpital était d’ores et déjà fixé, sans échéance précise », observe la journaliste.
    Elle constate que « si les directions hospitalières assurent faire le maximum, sur le terrain les professionnels sont amers ».
    Christian Lemaire, secrétaire du syndicat SUD-santé au CHU d’Angers, remarque ainsi : « Nous abordons cette deuxième vague avec moins de personnel que lors de la première . Aujourd’hui, nous avons des effectifs minimums d’#infirmiers et d’#aides-soignants, ce qui ne permet aucune souplesse ».

    Le Dr Renaud Chouquer, réanimateur au centre hospitalier d’Annecy, indique quant à lui que « des gens sont partis, des postes ne sont pas pourvus, l’absentéisme n’est pas remplacé. Les problèmes habituels, quoi. Hier après-midi, il manquait deux infirmiers dans le service pour le soir. Les cadres ont travaillé toute la journée pour essayer d’en trouver ».
    Cécile Thibert relève ainsi que « la plupart des hôpitaux veulent du renfort, en témoignent les annonces de contrats courts qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Mais les infirmiers ayant une expérience en réanimation ne sont pas légion . […]

    En outre, les ratios infirmiers/malades sont plus importants en service Covid : un infirmier pour 6 patients (contre un pour 10 à 12 en temps normal) et 2 pour 4 en réanimation (2 pour 5 en temps normal) ».

    Amélie Roux, responsable du pôle ressources humaines à la Fédération hospitalière de France, déclare que « les établissements sont en grande majorité en train d’essayer de renforcer leurs effectifs [infirmiers] et ils sont en difficulté pour le faire. Ces difficultés ne sont pas nouvelles, mais elles sont accentuées par la crise sanitaire parce que les besoins sont accrus ».

    Cécile Thibert rappelle qu’« en temps normal, entre 2% et 3% des postes infirmiers ne seraient pas pourvus », et s’interroge : « La faute à un désenchantement de l’hôpital ? ».

    Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des infirmiers, observe qu’« il y a 26.000 infirmiers formés chaque année, et 180.000 infirmiers qui pourraient travailler mais ont cessé d’exercer. Si on rendait l’hôpital attractif avec de bonnes conditions de travail et des salaires corrects, on pourrait rapidement pourvoir les postes ».

    La journaliste relève ainsi que « l’augmentation de salaire de 183 euros dans le cadre du « Ségur de la santé » semble #dérisoire… ». Le Dr Chouquer déclare que « le problème de l’hôpital est préexistant à l’épidémie. Depuis des années, il y a une volonté délibérée de réduction des coûts , ce qui passe en premier lieu par une réduction des ressources humaines ».

    Cécile Thibert continue : « Lors de la première vague, 16.200soignants étaient venus aider les services submergés. Cette fois, ils ne viendront pas en nombre. […] Reste une solution : les faire venir d’autres services de l’hôpital, ce qui suppose de diminuer les prises en charge des autres malades, en particulier de reporter les opérations chirurgicales ».

    Le Pr Jean-Michel Constantin, réanimateur à la Pitié-Salpêtrière (Paris), souligne qu’« il n’y a pas de marge , l’hôpital fonctionne en flux tendu. Nous sommes inquiets de ce qu’il va se passer dans les semaines à venir ».

    Dans Le Monde, François Béguin note quant à lui que « dans les hôpitaux débordés par l’afflux de patients Covid-19, « il n’y a pas de réserve » ».

    Le journaliste observe qu’« un peu partout sur le territoire, les hôpitaux ont commencé à encaisser le choc ou se préparent à le faire. Mercredi, le « plan blanc » a été activé dans tous les hôpitaux de Bretagne, deux jours après ceux du Grand-Est. Mardi, Pierre Ricordeau, le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) #Occitanie, avait jugé la situation « extrêmement grave » dans sa région, se disant « très étonné par la rapidité et le caractère général de la poussée que nous connaissons depuis le début du mois d’octobre », avec près de 440 hospitalisations supplémentaires en une semaine ».

    François Béguin note qu’« avant la prise de parole du chef de l’Etat, plusieurs responsables hospitaliers avaient appelé à des mesures fortes pour éviter la catastrophe. [...] « On n’est pas du tout large, il n’y a pas de réserve », avait reconnu en début de semaine Aurélien Rousseau, le directeur de l’ARS Ile-de-France après avoir appelé à une déprogrammation massive des opérations dans la région ».

    Le journaliste observe que « le chef de l’Etat a expliqué que les hôpitaux ne pourraient pas compter sur des transferts massifs d’une région à l’autre comme au printemps, « parce que le virus est partout ». Pour parvenir à presque doubler le nombre de lits de réanimation, il a assuré mercredi soir que « près de 7000 infirmiers et médecins » avaient été formés ces derniers mois « pour pouvoir travailler en réanimation » ».
    « Des formations jugées insuffisantes par les professionnels travaillant dans ces services », remarque François Béguin. Bérengère Araujo, porte-parole de la Fédération nationale des infirmiers en réanimation (FNIR), déclare ainsi que « ces infirmiers ont seulement reçu 14 heures de formation théorique, c’est-à-dire une initiation. Ils vont permettre de pallier l’urgence d’une situation catastrophique mais vont rester démunis face à la complexité des prises en charge de ces patients extrêmement fragiles ».

    #covid-19 #france #catastrophe

  • [Video] Katastrophale Zustände: So verbreitet sich Corona in der Geflüchtetenunterkunft in Sankt Augustin

    https://www.youtube.com/watch?v=f_es5bJHcfQ

    Auch in bundesweiten Medien machte es Schlagzeilen: In der Zentralen Unterbringungseinrichtung (ZUE) des Landes NRW gab es einen rasanten Anstieg an Coronafällen, die gesamte Unterkunft wurde unter Quarantäne gestellt. Perspektive Online hat nun exklusives Bildmaterial und Berichte von BewohnerInnen der Unterkunft erhalten.
    – Ein Bericht von Leon Hamacher.

    Es sind schockierende Szenen, die Perspektive Online aus dem Leben in Corona-Quarantäne erhalten hat: Dutzende Bilder, Videos und Schilderungen von Geflüchteten, die derzeit in der „Zentralen Unterbringungseinrichtung“ in Sankt Augustin bei Bonn untergebracht sind.

    Sie zeigen, warum sich in einer Massenunterkunft Covid-19 so schnell ausbreiten kann: wegen mangelnder Hygiene und Leben auf engstem Raum. Bisher sind schon 165 Menschen infiziert.

    Die Bilder und Videos wurden uns von Meher Faani weitergeleitet. Bis vor kurzem war er in der landesweiten Sammelunterkunft, wurde nach seiner negativen Prüfung auf Covid-19 jedoch zusammen mit einigen anderen in eine Geflüchtetenunterkunft in Schleiden in der Eifel verlegt.

    Meher ist Wissenschaftler, aus dem Iran geflohen und wartet gerade auf das Ergebnis seines Asylverfahrens in Deutschland.

    „Social Distancing“ war unmöglich

    Auf den Bildern, die uns zugesandt wurden, sieht man Zimmer, in denen mehrere Stockbetten auf engem Raum aneinandergereiht sind. Auf einem Bild lassen sich zehn Schlafplätze zählen, es ist nur ein Teil des Raumes zu sehen und unklar, ob es nicht noch mehr sind. Mehrere Familien sollen in einem Zimmer untergebracht sein.

    Schon die Schlafsituation allein hat das „Social Distancing“ für die Geflüchteten unmöglich gemacht. Zudem soll es vor dem Ausbruch des Virus nur jeweils ein Badezimmer für Frauen und Männer gegeben haben. Da in der ZUE fast 500 Menschen untergebracht waren, mussten also mehrere hundert Menschen dieselben sanitären Einrichtungen nutzen.

    Ein weiterer Grund für die Ansammlung von Menschen lag darin, dass es für Frauen und Männer auch nur jeweils einen Raum mit Internet-Zugang gibt. Zudem gibt es nur wenige Möglichkeiten, um Handys und andere Geräte aufzuladen.

    Dies ist für die Geflüchteten jedoch unabdingbar, um beispielsweise Kontakt zu ihren Familien aufzunehmen oder ihr Asylverfahren vorzubereiten.

    Auch nach Beginn der Quarantäne hat sich an der Möglichkeit zum „Social Distancing“ anscheinend nicht viel geändert: Filmmaterial belegt, wie die Geflüchteten in einer Schlange stehen, um – alle am selben Tisch – ihr Taschengeld zu erhalten.

    Unhygienische Zustände

    Eines der uns zugesandten Videos – wie angegeben nach dem Beginn der Quarantäne aufgenommen – zeigt, wie ein Geflüchteter alle Seifenspender in einem der Badezimmer betätigt, die jedoch entweder leer sind oder in die noch nicht einmal ein Behälter eingesetzt ist. nach unseren Informationen sei das keine Momentaufnahme, sondern über einen längeren Zeitraum der Fall gewesen.

    Ein weiteres Bild zeigt, wie Bluttropfen auf dem Boden des Badezimmers verteilt sind.

    Es soll wohl nur sehr sporadisch gereinigt werden. Dieser Eindruck wird auch durch Bilder von Abfallbergen neben den ungeleerten Mülleimern in der Unterkunft bestätigt. Auch vor den hoffnungslos überfüllten Müllcontainern auf dem Hof sammeln sich Berge an Abfallsäcken.

    Ebenso sollen MitbewohnerInnen, die sich extrem unhygienisch verhalten oder in Gemeinschaftsräumen Drogen genommen hätten, nicht vom Rest getrennt worden sein, obwohl es laut Meher Faani sehr viele Beschwerden von den BewohnerInnen gab und sich in einem Fall wohl sogar die Sicherheitsleute der Unterkunft mehrfach an das Bundesamt für Migration und Flüchtlinge (BAMF) gewendet haben.

    Inkonsequente Quarantänemaßnahmen

    Bilder vom Außenbereich der Einrichtung sollen zeigen, dass dort infizierte und Menschen mit negativem oder noch ausstehendem Testergebnis nur durch Bauzäune getrennt sind.

    Eine infizierte Person soll außerdem heimlich das Gelände der Unterbringungseinrichtung verlassen haben, da die Sicherheitsleute anscheinend nicht den ganzen Bereich überblicken könnten. Masken seien erst nach dem ersten Corona-Fall bereitgestellt worden.

    Auf einem Bild ist auch Sicherheitspersonal zu erkennen: Es trägt bis auf die Masken keine Schutzausrüstung, die eigentlich notwendig wäre, um mit Infizierten in Kontakt zu treten. Das Sicherheitspersonal darf das Gelände nämlich jederzeit verlassen und ist somit potentieller Überträger.

    Auch der Umgang mit Geflüchteten in Quarantäne stößt auf Unmut. So wurde das Gepäck einer Familie, die isoliert wurde, angeblich unbeaufsichtigt in einem anderem Raum zurückgelassen.

    Unklare Zahl der Infizierten

    Am Sonntag informierte der WDR noch auf Twitter: „Der Rhein-Sieg-Kreis hat klar gestellt, dass es aktuell 70 Infektionen in der Flüchtlingsunterkunft in Sankt Augustin gibt. Die Gesamtzahl der bisher registrierten Infektionen in der Stadt liegt bei 263.“

    Bei den Geflüchteten stieß dies schon da auf Unglauben: „Die Zahl der Infizierten ist mehr als diese Nummer. Sie können die Fotos sehen. Wenn der Rest der Asylsuchenden noch nicht infiziert ist, werden sie es (bald) sein“, sagt uns unser Informant.

    Mittlerweile sind es bereits mindestens 165 Personen (Stand 20.5).

    Psychische Belastung

    In der Sankt Augustiner ZUE werden sogenannte „Dublin-Fälle“ konzentriert, also Fälle, in denen Geflüchtete meist in ein anderes EU-Land abgeschoben werden, damit dort ihr Asylverfahren stattfindet.

    Auch Meher Faani ist von einem Dublin-Verfahren betroffen. Er erzählt uns, dass er seit Monaten auf Information vom BAMF wartet, er habe in dieser Zeit Albträume über seine Abschiebung.

    Er berichtet, dass viele seiner Freunde ähnliche Probleme hätten. Sie würden teilweise seit 15 Monaten auf Ergebnisse warten und fühlen, dass sie ihre Zeit verschwenden. Das allein sei eine massive psychische Belastung für die BewohnerInnen.

    Die Quarantäne würde das Ganze verstärken. Uns wird berichtet, dass manche Gefüchtete langsam ihre Verstand verlieren würden. Psychische Probleme wirken sich bekanntermaßen auch auf die körperliche Gesundheit aus und dürften die Verbreitung des Virus somit vereinfacht haben.

    Die Verantwortlichen

    Wie bereits erwähnt gab es schon vor der Quarantäne viele Beschwerden der BewohnerInnen hinsichtlich der Infektionsschutzmaßnahmen.

    Die ZUE wird durch die „ORS Deutschland GmbH“ betrieben, ein Unternehmen, das sich auf Geflüchtetenunterkünfte spezialisiert hat und noch sechs weitere Unterkünfte in Deutschland betreut. Der auf der Webseite des Unternehmens formulierte Anspruch „neutral, flexibel und achtsam“ lässt sich allerdings nicht mit den gravierenden Vorwürfen vereinbaren.

    Ebenso muss auch das BAMF sich kritische Fragen gefallen lassen: es wurde zumindest über einen Teil der in der ZUE St. Augustin herrschenden Zustände informiert.

    Besonders pikant in dieser Angelegenheit ist, dass der Sankt Augustiner Bürgermeister (CDU) einem Einsatz des Ordnungsamts in der Unterkunft anlässlich einer Test-Aktion des Kreisgesundheitsamtes persönlich beiwohnte. Bei dieser medienwirksamen Inszenierung verlor er kein Wort über die uns beschriebene Situation.

    Ruf nach Solidarität

    Viele der BewohnerInnen sind verzweifelt, sie haben Angst und bekommen kaum Informationen zu ihrer Situation. Meher Faani wendet sich deshalb mit folgenden Worten an uns: „Bitte verfolgt diese Katastrophe dort drin und helft uns, unsere Rechte zu bekommen“.

    #Sankt_Augustin #ORS #covid-19 #video #photo #interview #Meher_Faani

    https://perspektive-online.net/2020/05/video-katastrophale-zustaende-so-verbreitete-sich-corona-in-der-

  • #États-Unis | Pas de #masque, plus d’hospitalisations
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2020-10-29/etats-unis/pas-de-masque-plus-d-hospitalisations.php

    Si l’imposition très variable du port du couvre-visage au Tennessee est un casse-tête pour les autorités sanitaires de cet État, elle a au moins l’avantage de fournir des données frappantes sur ses effets sur la courbe d’hospitalisations. Dans une étude publiée le 27 octobre, des chercheurs de l’Université Vanderbilt démontrent que les hospitalisations dans les comtés où le port du masque n’est pas obligatoire ont augmenté de 200 % depuis juillet, soit une hausse beaucoup plus draconienne que dans les autres hôpitaux.

    #covid-19

  • https://multinationales.org/La-demesure-des-remunerations-patronales-et-ce-qu-il-y-a-derriere

    La rémunération moyenne d’un patron du CAC40 aura été de presque 5 millions et demi d’euros en 2019. Comme l’année dernière, les deux premières marches du podium sont occupées par Bernard Charlès de Dassault Systèmes (24,7 millions d’euros) et François-Henri Pinault de Kering (16,6 millions). Ils sont suivi du PDG de Teleperformance Daniel Julien, nouveau venu dans le CAC40 avec 13,2 millions d’euros. Il faut environ trois années et huit mois pour qu’un smicard gagne autant que Bernard Charlès en une journée.

    #cac40 #capitalisme #oligarchie #ploutocratie #inégalités

  • On a vraiment un gouvernement de bisounours qui découvrent l’existence (et nuls en mathématiques avec ça, je sais pas : ils font pas de maths à l’ENA ?).

    Alors le calcul, certes grossier, il est assez vite calculé… Avec 50 000 contaminations officialisées par les tests chaque jour, le conseil scientifique estime que ça représente en réalité 100 000 contaminations (le double). Beaucoup considèrent que c’est encore optimiste, surtout qu’avec l’aggravation, on teste désormais de plus en plus prioritairement les personnes ayant des symptômes.

    Bref, estimons à la grosse louche : entre 100 000 et 150 000 contaminations par jour.

    Et si l’on considère qu’on est contagieux en moyenne pendant une semaine, ça fait entre 700 000 et 1 million d’individus contagieux, à un moment donné, en France.

  • « Je n’en peux plus d’expliquer aux malades qu’il n’y a plus de lits disponibles » : l’hôpital au bord de la rupture - Elsa Fayner, Basta !
    https://www.bastamag.net/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-r

    Alors que le pic de la seconde vague du Covid-19 n’est pas encore atteint, les signaux en provenance de l’#hôpital public sont alarmants : épuisés, découragés, meurtris, les personnels hospitaliers sont à la limite de la rupture. Du manque chronique de moyens en remise en question des motivations, leurs témoignages laissent augurer l’effondrement de tout un système.

    Avec le temps, le récit du « pic Covid », lors de la première vague de contaminations, prend des allures d’épisode cathartique. « Les médecins et les soignants avaient pris le pouvoir. Nous avons pu gérer les choses comme nous l’entendions », se souvient Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC. Plus de réunions ni de projets « abscons », retient Guillaume [1], cadre aux urgences psychiatriques dans le Sud-Est. Matthieu a été marqué par « tous ces renforts » : « Il n’y a jamais eu autant de personnel dans le service », témoigne ce pneumologue, appelé pour l’épidémie dans un hôpital parisien. « J’ai eu un contrat en deux jours ! On nous a prêté un échographe cardiaque flambant neuf ! Du jamais vu... »

    Tous parlent d’une grande solidarité. Quand bien même ils peuvent dire aussi qu’ils étaient « soulagés » que « les personnels administratifs ne soient pas dans [leurs] pattes puisqu’ils télétravaillaient ». Et que des soignants qui ont fait tourner les autres services s’estiment oubliés malgré leur participation à l’effort commun. Enfin, le printemps n’a pas été que galvanisant. L’effet « nez-dans-le-guidon-sans-toucher-le-sol » a duré un moment. Et, finalement, la catharsis n’a pas eu lieu. La parenthèse s’est refermée, avant un hiver qui s’annonce très compliqué.

    Fin septembre, quand Paule Bourret, sociologue et coordinatrice d’un master destiné aux cadres de soin à l’Université de Montpellier, a revu la vingtaine de professionnels qui suivent cette formation continue, elle les a sentis « las, découragés ». En juin encore elle les trouvait seulement « fatigués mais satisfaits d’avoir repris la main, au plus près du terrain ». Infirmière à Belfort et secrétaire nationale de la Coordination nationale infirmière (CNI), Céline Durosay parle de « contre-coup » : « On se demande comment on a pu travailler dans ces conditions, avec toutes ces injonctions contradictoires, sans les protections nécessaires parce qu’elles n’existaient pas. Certaines expériences laissent d’importants traumatismes », raconte-t-elle, marquée par des récits glaçants.

    #soignants #santé_publique

    • « En septembre, 100 000 postes étaient vacants dans les établissements de santé ».

      Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation : la carte des hôpitaux concernés - Bastamag
      https://www.bastamag.net/carte-des-suppressions-de-lits-hopital-covid-reanimation-ARS-CHU

      Gouvernement et autorités sanitaires continuent de fermer des centaines de #lits dans les hôpitaux, malgré la pandémie. Voici la carte des suppressions de lits à venir que nous publions en exclusivité.

      On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (#ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.

      Accessoirement, une fois de plus une politique criminelle implique au premier chef un renégat (Véran, ex jeune porte parole de luttes pour l’hôpital). Eux-aussi ont continûment fait grappe depuis 68.

      #organisation_de_la_rareté #soin

  • L’Etat condamné pour « faute lourde » après des violences policières et des contrôles d’identité discriminatoires à Paris
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/10/28/l-etat-condamne-pour-faute-lourde-apres-des-violences-policieres-et-des-cont

    Dix-sept adolescents ou jeunes adultes demandaient la condamnation de l’Etat au civil pour des violences et des discriminations commises par onze policiers d’une brigade du 12e arrondissement en 2015.

    C’est une victoire pour ceux qui dénoncent les dérives discriminatoires pouvant découler des contrôles d’identité. La justice a condamné, mercredi 28 octobre, l’Etat pour « faute lourde », eu égard à des faits de violences policières, de contrôles d’identité injustifiés et d’arrestations irrégulières de mineurs ayant eu lieu entre 2014 et 2016 à Paris.

    La procédure avait été portée au civil par dix-sept adolescents et jeunes adultes. Elle concerne des violences et discriminations commises par onze policiers d’une brigade du 12e arrondissement.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dix-sept adolescents assignent l’Etat pour des contrôles d’identité discriminatoires
    Les requérants, âgés de 11 à 18 ans au moment des faits, avaient d’abord déposé une plainte collective au pénal le 17 décembre 2015, dénonçant – entre autres – agressions verbales, physiques et sexuelles lors de contrôles d’identité, ainsi que discriminations et interpellations arbitraires.

    Dans ce volet, trois policiers avaient ainsi, en avril 2018, été condamnés à cinq mois de prison avec sursis pour des violences. Toutefois, ils ont été relaxés en appel le 23 octobre dernier, le reste des faits ayant été classé sans suite. L’an dernier, les jeunes Parisiens avaient alors engagé une action civile, sur laquelle le tribunal a tranché mercredi.

    Ce dernier, sur les 44 faits dénoncés, a estimé qu’« aucune présomption de discrimination » n’avait été « démontrée par les demandeurs » (ainsi que fait état le jugement, consulté par l’Agence France-Presse). En revanche, « les contrôles sont intervenus sans motif régulier » dans cinq cas, stipule-t-il.

    Est notamment citée une opération du 6 janvier 2016, au cours de laquelle « l’intéressé a été contrôlé parce qu’il a pris la fuite à la vue des policiers, circonstance insuffisante pour soupçonner qu’il avait commis ou tenté une infraction, ou qu’il préparait un crime ou un délit ».

    La « discrimination systémique » non retenue

    Le tribunal a aussi jugé que les policiers avaient fait usage de la violence de manière illégitime ou disproportionnée à cinq reprises, lesquelles faisaient notamment état de « coups au visage et sur le corps », de « gifles » et d’un « étranglement ».

    Enfin, en neuf occasions, « des transports et rétentions au local de police sont intervenus en dehors du cadre prévu par la loi », notamment pour des vérifications d’identité « injustifiées », attendu que cette dernière était « déjà connue ».

    Le tribunal a condamné l’Etat à verser à onze des demandeurs un total de 40 500 euros à titre de dommages et intérêts – en tant que victimes d’un dysfonctionnement du service public de la justice – ainsi que 18 000 euros en frais de justice. Ces derniers réclamaient respectivement 50 000 et 10 000 euros pour chacun d’entre eux.
    « On est très, très contents de cette condamnation. C’est important, c’est essentiel », a réagi leur avocat, Me Slim Ben Achour. « Malheureusement, la discrimination systémique n’a pas été retenue », mais « on aura d’autres occasions », a-t-il assuré.
    En 2016, l’Etat avait été condamné pour des contrôles d’identité « au faciès ». La Cour de cassation avait estimé qu’un contrôle d’identité discriminatoire constituait une « faute lourde », qui engageait sa responsabilité. (...)

    #police #contrôles_d'identité #violences_policières
    https://seenthis.net/messages/882621

  • Dès le printemps, la guerre sur un paddle : Crise sanitaire : un rapport pointe de sévères dysfonctionnements au sommet de l’Etat | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/281020/crise-sanitaire-un-rapport-pointe-de-severes-dysfonctionnements-au-sommet-

    Commandé par le gouvernement, un rapport confidentiel pointe les dysfonctionnements au plus haut sommet de l’État dans la gestion de la crise sanitaire. Mediapart en publie de larges extraits, alors que les leçons ne semblent pas avoir été tirées de ce bilan.

    Fruit de dizaines d’entretiens avec les ministres et hauts fonctionnaires impliqués dans la gestion de la crise, ce document de 67 pages, « confidentiel » à « diffusion restreinte », souligne les dysfonctionnements institutionnels dans la gestion de la première vague de l’épidémie du Covid-19, au printemps dernier.

    La mission – conduite à la demande de l’ex-premier ministre Édouard Philippe par le général Lizurey, ancien directeur général de la Gendarmerie nationale, avec l’appui d’Amélie Puccinelli, inspectrice de l’administration – a relevé que l’action de l’État ne reposait que sur quelques personnes, bien en peine pour animer une vraie stratégie interministérielle, ainsi que pour répercuter leurs décisions sur le terrain et faire appel à des compétences précises (comme pour l’achat de masques, par exemple).

    Autant de problèmes qui ne semblent pas résolus à l’heure d’affronter la seconde vague : le rapport estime en effet qu’un autre « aspect crucial pour permettre une organisation efficace de la gestion de crise en cas de rebond réside dans la conservation de l’expertise acquise lors de la première vague épidémique » . Or, en juin 2020, le général Lizurey écrit : « Des renforts ont d’ores et déjà été démobilisés sans que ne soit prévue ni organisée la possibilité d’un retour en cas de deuxième vague. »

    Les conclusions du rapport ont été révélées par Le Canard enchaîné ce mercredi 28 octobre. Mediapart en publie ici de larges extraits. Invité à réagir sur son contenu, et au fait que les recommandations n’ont visiblement pas été suivies d’effet, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré, ce mercredi, qu’il n’avait « pas vu » l’article du Canard enchaîné et s’est engagé à « apporter une réponse dans les plus brefs délais ».

    Sollicité par Mediapart, Matignon n’avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication de cet article. Au sein du gouvernement, le document semble n’avoir guère circulé, puisqu’un conseiller qui aurait dû en être destinataire a été informé de son contenu par voie de presse. Ce qui ne rassure pas quant au manque d’information au sein des ministères – un des griefs justement formulés par la mission d’enquête.

    Dans son rapport, le général Lizurey rappelle que « la gestion de la crise a reposé sur un nombre réduit de responsables nationaux » dont « l’engagement a été marqué par une exceptionnelle intensité » pendant plusieurs mois.

    Ce mode d’organisation a posé plusieurs problèmes. À commencer par la capacité de ces hauts fonctionnaires et membres de cabinets à tenir dans le temps et « à garder du recul sur une gestion dans laquelle ils ont été totalement engagés dans la durée ».

    Ce mode d’organisation, reposant sur peu de personnes, a aussi contribué à installer un véritable bazar institutionnel à la tête du pays. « Certains acteurs ont pu exercer indistinctement plusieurs niveaux de responsabilité, mélangeant notamment rôle stratégique et conduite opérationnelle » , note ainsi le rapport, en estimant que cette situation « soulève le risque que la conduite ait parfois pris le pas sur la stratégie pour les acteurs en charge de cette dernière, et que le niveau responsable de la conduite se soit trouvé en partie déresponsabilisé ».

    Dans les faits, la gestion de crise a donné lieu à de « très nombreuses réunions, souvent longues et ne traitant pas toujours des sujets du bon niveau » , relève le général Lizurey. Ce dernier souligne à titre d’exemple la « mobilisation permanente du directeur de cabinet du premier ministre » , qui a lui seul « a présidé 34 réunions de synthèse de la cellule interministérielle de crise (CIC) en deux mois et demi, entre mi-mars et mi-juin, certaines ayant duré jusqu’à 3 heures » .

    La confusion des rôles a aussi imprégné certaines instances stratégiques, comme le conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) que réunit Emmanuel Macron toutes les semaines et qui occupe une place déterminante dans le dispositif actuel (lire ici). Le conseil a parfois « privilégié l’information au détriment de son rôle de décision stratégique ».

    La forte centralisation des décisions a aussi « laissé une plus faible place aux initiatives locales, dans un contexte où l’épidémie connaissait pourtant une forte hétérogénéité territoriale » et a « pu également allonger les circuits de circulation de l’information » , déplore aussi le général Lizurey.
    En théorie, la stratégie gouvernementale face au Covid-19 aurait dû prendre racine dans la cellule interministérielle de crise (CIC). Mais la cellule n’a en réalité jamais endossé la responsabilité de coordonner l’action de tous les ministères.

    Plusieurs éléments expliquent ce dysfonctionnement. « Du fait de sa localisation à Beauvau et de son armature principalement par des hauts fonctionnaires du ministère de l’intérieur », la CIC a dans un premier temps été perçue « par beaucoup d’agents d’autres ministères comme une cellule majoritairement intérieure » , indique le général Lizurey. Ce dernier est bien placé pour identifier le problème, puisqu’il était à Beauvau jusqu’en 2019.

    Ce sentiment d’une cellule rattachée à un seul ministère a été, selon le général, « amplifié par l’existence » d’autres cellules qui ont continué à fonctionner « dans leurs domaines de compétences » en parallèle de la CIC. C’est notamment le cas du centre de crise santé (CSS) au ministère des solidarités et de la santé, ou celui du ministère de l’économie et des finances. Conséquence : les autres ministères n’ont pas participé à la CIC ou n’ont envoyé en réunion que des profils « junior » sans réel pouvoir décisionnel. À titre d’exemple : le ministère de la santé, pourtant au cœur de la crise, était en dehors de la cellule interministérielle jusqu’au 20 mai 2020, indique le rapport.

    À ce moment-là, la coordination entre les deux ministères (intérieur et santé), pas optimale, a souffert de plusieurs insuffisances au sein des deux cellules : des organigrammes globaux trop complexes, un circuit de validation interne des documents pas toujours formalisés, une absence de fiches de poste, etc. 


    Des risques de contamination au sein de la cellule de crise

    Cette situation a inévitablement « créé des doublons, des incompréhensions et des conflits de compétence » entre les ministères. Un problème accru par « la faiblesse des moyens techniques de visioconférence du ministère de l’intérieur », selon le rapport. « Faute de bande passante ou de ponts suffisants, plusieurs préfets ont vu leur visioconférence annulée et ont dû se reporter vers des outils de visioconférence civils ou d’audioconférence », y append-on par exemple.


    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    En raison de « circuits de partage de l’information et de décision flous », « plusieurs membres » du cabinet du premier ministre, la CIC, le CCS puis la mission de déconfinement menée par Jean Castex (avant qu’il devienne premier ministre en juillet), ont « parfois déploré une information insuffisante » , relève le rapport. Des membres de ces structures ont par exemple « découvert des textes législatifs ou réglementaires trop tardivement pour pouvoir y intégrer leur expertise et le résultat des travaux produits ».

    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    L’incapacité du ministère de l’intérieur à adapter son fonctionnement à la crise a aussi accru les risques de contamination au sein même de la cellule interministérielle de crise. Ainsi que l’avait révélé Mediapart (lire ici), « plusieurs personnes travaillant au sein de la CIC ou de cabinets ministériels ont été arrêtées car elles avaient développé des symptômes d’une infection au coronavirus entre mars et mai 2020 » , rappelle le rapport Lizurey, en pointant clairement des risques de contamination au sein même du ministère.

    « Les salles de gestion de crise utilisées à Beauvau se sont révélées peu adaptées : situées en majorité en sous-sol, elles ne peuvent être aérées avec de l’air extérieur et leur exiguïté rend difficile le maintien d’une distance d’un mètre entre les agents. Le transfert des cellules situation et anticipation de la CIC à la salle des fêtes de Beauvau (située au rez-de-chaussée et dotée de fenêtres) a amélioré la situation, sans la rendre optimale compte-tenu des dimensions de la salle, petite au regard des effectifs engagés. »

    Le ministère de l’intérieur ne disposait pas non plus, dans un premier temps, d’équipements en Plexiglas pour isoler les postes de travail les uns des autres : ils ont « finalement pu être installés le 27 mars » , soit deux semaines après l’annonce du confinement, note le rapport. De plus, « si du gel hydroalcoolique et des masques étaient à la disposition des équipes, le respect des gestes barrières n’a été qu’imparfait et s’est révélé difficile à maintenir dans la durée – par manque d’habitude et pour des questions pratiques et de confort » , écrit le général Lizurey.

    Au-delà de la coordination interministérielle défaillante, la mission de contrôle établit que « nombre d’acteurs publics et privés n’ont pas été associés à la définition de la stratégie globale de gestion de crise », quand bien même ils auraient joué un rôle déterminant sur le terrain. Ainsi, « les grands groupes gérant des Ehpad ont par exemple reçu des informations tardives et ont été peu associés aux décisions prises, alors que leurs fédérations et syndicats auraient pu constituer un relais », explique le rapport.

    D’autres acteurs privés ont souligné la difficulté à identifier les décisionnaires et les voies d’accès et d’échange avec ces responsables, rendant difficile la remontée de problèmes en dehors de contacts personnels informels. Ce fut notamment le cas sur les importations de masques. Dans ce cas précis, le cloisonnement est d’autant plus préjudiciable que « la manœuvre logistique a été complexifiée par la difficulté à mobiliser des ressources humaines qualifiées », relève le rapport. Tandis que le CCS, au ministère de la santé, a « éprouvé des difficultés à faire appel à des acheteurs qualifiés sur le champ de la santé » , Santé publique France, chargée de la gestion de la réserve sanitaire et des stocks stratégiques nécessaires à la protection des populations, a rencontré des difficultés « faute notamment de compétences et de moyens suffisants (seules 7 personnes étaient avant la crise dédiées à la manutention logistique) » , note le général Lizurey. Au même moment, de nombreux importateurs qualifiés qui proposaient leur aide à l’État pour éviter une pénurie n’ont jamais reçu de réponse (lire ici).

    En ce qui concerne les collectivités territoriales, leur information et association à la gestion de la crise « semblent avoir été inégales selon les régions et départements » , estime la mission. Ce « manque de fluidité dans les relations entre acteurs locaux a pu être source d’inefficience, en ne mobilisant pas tous les moyens disponibles », estime le général Lizurey. Certaines préfectures ont aussi fait part de leur frustration par un processus de « décision des ARS perçu comme trop bureaucratique et lent et trop centralisé » , selon le rapport. Pour essayer de corriger le tir, le rapport sollicite la constitution d’une réserve de hauts fonctionnaires mobilisables pour des missions d’appui territorial.


    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    Cette proposition fait partie des 21 préconisations formulées par le général Lizurey. Les autres propositions sont principalement axées sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les ministères. « Il apparaît d’emblée indispensable de conduire un retour d’expérience (RETEX) interministériel objectivé et partagé, accompagné le cas échéant d’un ou plusieurs RETEX spécifiques, afin de préparer dans les meilleures conditions possibles une nouvelle crise de nature similaire », écrit le général. Cela lui semble, à l’époque, d’autant plus urgent que, relève-t-il alors, « certains experts, dont le président du conseil scientifique, prévoyant une possible reprise de l’épidémie à l’automne, il est indispensable de se préparer au plus tôt » .

    Interrogé par Mediapart, Matignon ne nous a pas indiqué si le premier ministre Jean Castex avait suivi la recommandation du général Lizurey et lancé un Retex pendant l’été.

  • Des mesures sanitaires, sociales et écologiques plutôt que la restriction des libertés - Un collectif d’organisations syndicales et d’associations
    https://www.liberation.fr/debats/2020/10/28/des-mesures-sanitaires-sociales-et-ecologiques-plutot-que-la-restriction-

    La crise a des conséquences désastreuses pour les plus précaires. Un dispositif d’urgence devrait être mis en place, estime un collectif de syndicats et d’associations : de la gratuité des masques à la réquisition des logements habitables pour les sans-abris et les mal-logés.

    Tribune. L’urgence sanitaire et la nécessité de freiner autant que possible les contagions sont des enjeux majeurs. Les hôpitaux publics, les soignant·es, sont déjà sous une grande pression. Nous dénonçons les défaillances graves du gouvernement, qui nous ont menés à une telle situation. L’instauration d’un couvre-feu depuis le 17 octobre dans certaines villes de France, et étendu ensuite, pose grandement la question quant à la capacité du gouvernement à gérer la crise sanitaire.

    En outre, celle-ci a des conséquences particulièrement nocives pour les plus précaires, a engendré une explosion de la pauvreté, creusé les inégalités. C’est pourquoi nous lançons un appel pour des mesures d’urgence sur les plans sanitaire et social.

    Pour une baisse des loyers, une hausse des APL

    Nous réclamons en premier lieu : la gratuité des masques, l’ouverture de nombreux lits en réanimation dans les hôpitaux publics, la création des 400 000 emplois pérennes supplémentaires nécessaires y compris dans le médico-social et l’action sociale, et une hausse bien plus conséquente des salaires des soignant·e·s et de ces personnels, une revalorisation massive de l’ensemble des minimas sociaux et des aides sociales pour sortir de la pauvreté les millions de personnes qui sont par ailleurs les plus touchées par le virus, la multiplication des moyens de transport permettant une réelle distanciation physique, l’allocation des moyens nécessaires aux écoles et universités pour qu’elles puissent assurer la protection sanitaire et l’accès de tou·te·s les élèves aux connaissances, la revalorisation salariale pour toutes et tous, et des moyens pour renforcer et étendre les services publics de manière pérenne au-delà des situations de crises, l’abandon définitif de la réforme de l’assurance chômage, pour les sans-abri et les mal-logés la réquisition des logements habitables à la place des hébergements et logements surpeuplés et parfois contaminés par le Covid-19, le retrait des amendements anti-squat de logements vacants, et pour les locataires la baisse des loyers, la hausse des APL, un moratoire sur les impayés et les expulsions.

    Le choix de ce gouvernement, relayé par le Medef et qui est imposé, c’est celui d’une primauté à faire « tourner » l’économie : l’ensemble de la population doit donc travailler, consommer, aller dans les transports communs… sans que soient réellement interrogés les impacts sur la santé des millions de travailleur·euses et de leurs familles.

  • J’ai bien entendu qu’il a une fois de plus donné un objectif chiffré pour la fin du « confinement » : il faudrait redescendre à moins de 5000 contaminations par jour.

    On a passé les 5000 tests positifs quotidiens dans la deuxième quinzaine d’août. Pendant les vacances. Écoles et universités fermées, activité des entreprises au ralenti, vie en extérieur, fenêtre grandes ouvertes partout.

    Comment il espère faire ça avec son confinement « light » ?

  • De « faits divers » à fait de société, comment le viol est peu à peu devenu un sujet politique
    https://theconversation.com/de-faits-divers-a-fait-de-societe-comment-le-viol-est-peu-a-peu-dev

    « Glauques », « intimes », « aléatoires » : les récits de viol dérangent, importunent dans leur ensemble les journalistes chargé·e·s du suivi régulier des faits divers, majoritairement réticent·e·s à les couvrir exhaustivement. Les entretiens réalisés auprès d’une quarantaine de rédacteur·ices français·e·s dans le cadre de mes recherches doctorales mettent en évidence des résistances d’ordres divers. Jugées « journalistiquement risquées » par anticipation de la critique du défaut de preuve, ces narrations sont par ailleurs le plus souvent perçues comme « sensibles », potentiellement « impudiques » en ce qu’elles renvoient à l’intime.

    L’analyse des Unes de quatre quotidiens nationaux (Le Figaro, Le Monde, Libération) et régionaux (Le Parisien) menée dans le cadre du projet « Cultures pénales continentales » l’illustre : sur l’ensemble des 1903 titres relevés au cours du dernier trimestre des années 2007, 2012 et 2017, moins de 2 % (32 titres) traitent des atteintes sexuelles corporelles, quand 16,6 % des titres portent plus largement sur des enjeux de sécurité et/ou de criminalité. Plus encore, Le Parisien produit à lui seul près des 2/5 des 305 articles relatifs à un dossier de #viol relevés en 2005, 2010, 2015 et 2017 dans ces quatre mêmes journaux. Autrement dit, les dossiers de viol figurent parmi les sujets criminels les moins fréquemment couverts par la presse imprimée généraliste.

    #journalisme #analyse

  • Face à la haine en ligne, « l’État a confié la gestion de la liberté d’expression aux plateformes capitalistes »
    https://www.bastamag.net/Haine-en-ligne-plateforme-Pharos-loi-Avia-attentat-Conflans-moderation-Gaf

    Le gouvernement ressort les dispositions de la loi Avia censés renforcer la lutte contre les contenus haineux sur internet. Ces mesures ont pourtant été censurées par le Conseil constitutionnel en juin, car elles portent atteinte à la liberté d’expression. Explications avec Arthur Messaud, juriste à La Quadrature du Net. Depuis l’attentat de Conflans, le gouvernement cherche à relancer la loi « Avia » (du nom de la députée LREM auteure du projet de loi, Lætitia Avia), contre les contenus haineux et (...)

    #bot #algorithme #manipulation #technologisme #modération #LoiAvia #LaQuadratureduNet #ConseilConstitutionnel-FR #Facebook #Twitter (...)

    ##YouTube

  • Revenu minimum pour les jeunes : les raisons d’un refus
    https://www.inegalites.fr/Revenu-minimum-pour-les-jeunes-les-raisons-d-un-refus

    Un minimum social conduirait-il les jeunes à ne pas rechercher un travail et s’enfermer dans la pauvreté ? Différentes études sur le sujet montrent que l’effet de « désincitation » comme disent les économistes est faible [4], pour deux types de raisons. D’une part, occuper un emploi, que l’on soit jeune ou pas, ce n’est pas seulement bénéficier d’un revenu, mais de bien d’autres choses : un mode de socialisation (des collègues, un groupe de travail collectif, etc.), parfois certains avantages sociaux, une forme d’autonomie et un projet d’avenir. Les calculs comparant le gain salarial et la prestation sociale ne prennent pas en compte ces paramètres, particulièrement importants pour cette classe d’âge. D’autre part, à la sortie du système éducatif, l’immense majorité des jeunes entre naturellement dans la vie active et se projette grâce au travail vers l’indépendance, le logement, ou le projet de fonder une famille. C’est pour cette raison que le ressentiment est grand parmi les « déclassés », dont le métier est sans rapport avec le parcours scolaire ainsi que chez ceux qui n’ont pas réussi à décrocher de diplôme. Au fond, le refus d’allouer un minimum aux jeunes témoigne de cette double incompréhension : d’abord, de ce que représente le travail dans la société, ensuite, de ce qu’est être « jeune ».