• #Montpellier : des bidonvilles et des logements indignes abritent environ 900 familles
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-bidonvilles-logements-indignes-abritent-env

    Les bidonvilles, habitations de fortune, sont autant de refuges pour des familles en situation de survie. De véritables villages rejetés en périphérie des villes, le long d’une autoroute ou cachés derrière la végétation.

    Dans l’Hérault, ils se concentrent principalement autour de Montpellier. La métropole en compte 12, près de 900 personnes y vivent, la plupart sont résidents européens.

  • Dans les trains régionaux, la sécurité des voyageurs sacrifiée au profit de la lutte contre la fraude ? - Basta !
    https://www.bastamag.net/Controleurs-a-bord-des-trains-regionaux-un-metier-en-voie-de-disparition

    « Le métier d’ASCT ne change pas, c’est l’organisation qui change », rétorque la direction. Sur les lignes concernées par le dispositif, toute personne montant à bord du train sans billet est désormais régularisée au tarif contrôle, et pas au tarif de bord. Un usager n’ayant pas eu le temps de prendre un billet et se présentant au contrôleur devra désormais régler la somme de 50 euros [4]. « Quelle différence entre la personne qui se présente au contrôleur et celle qui veut frauder ? Il n’y a plus de distinction », regrette Michel. Quid de l’usager se trouvant face à un guichet fermé dans une gare ? « Il a la possibilité d’acheter les billets TER à distance via le service TER mobile », répond la direction de la SNCF. « Il faut avoir un smartphone pour être en règle maintenant !, s’étouffe-t-on au syndicat Sud Rail. On est encore un service public mais l’entreprise ne donne pas les moyens aux gens d’être en règle. »

  • Je continue à penser qu’à chaque fois qu’un politicien ou un commentateur se lance dans un commentaire sur l’islam, il suffit de mettre « juif » à la place de « musulman » pour se rendre compte, immédiatement, que toutes les digues morales ont déjà sauté depuis longtemps, et que ces discours sont rigoureusement indéfendables.

    Prenez Yves Thréard et son bus… Dans le débat « Kippa : le gouvernement est-il ambigu ? » (80e débat télévisé sur la place du judaïsme dans la République de la semaine), le gars te balancerait « Il m’est arrivé, en France, de prendre le bus ou un bateau où il y avait quelqu’un avec une kippa, et je suis descendu. » Le journaliste demande à préciser le vocabulaire : « une simple kipa, pas le grand chapeau ? ». L’autre explique : « Oui, mais avec tout l’habillement, la chemise blanche et les tsitsit qui allaient avec. »

    Et de poursuivre (parce que sinon on n’a plus le droit de rien dire) : « Ces problèmes-là on va les traîner combien de temps ? », hein, parce qu’« On se fait grignoter » avec tous ces « Ghettos enjuivés ». Parce que tous ces juifs et tous ces idiots-utiles du complot juif, qui se prennent pour des victimes, là, ça va bien : « L’antijudaïsme, ça n’existe pas. » Et Yves de se lancer dans cette magnifique thèse : « Je déteste la religion juive […] On a le droit de détester une religion, on a tout à fait le droit de le dire. »

    Je te le mets une des nombreuses sources des citations de l’islamophobe décomplexé :
    https://www.lesinrocks.com/2019/10/15/actualite/medias-actualite/je-deteste-la-religion-musulmane-yves-threard-du-figaro-en-roue-libre-su

    Et comme tu le sais : ça a été à l’avenant sur toutes les chaînes, au parlement, dans les instances régionales, pendant deux semaines. Juste parce que le Monde a décidé que désormais Macron, il fallait qu’il assure sur les « sujets régaliens ».

    • Je lis Maus avec mon gamin. Et il découvre combien toutes ces brimades d’alors faisaient système (brimades et au-delà évidemment). Et encore, finalement, Maus, c’est un point de vue très particulier, singulier. Mais quand même. Un point de vue large. Il me demandait « pourquoi le choix des souris » ? Et une citation odieuse d’un idéologue abject de l’époque a répondu a sa question.

      On se rapproche en terme d’abjection de ce qui nous faisait doucement sourire quand on était jeune, en pensant que c’était tellement caricaturale, qu’on ne pourrait plus jamais atteindre un tel niveau... Et finalement. On n’en est pas encore à dire que les musulmans sont des rats puants. Mais. Pour le reste... :-/

    • Communiqué de l’UJFP
      « À y regarder de plus près, nos concitoyen.ne.s de religion ou de culture musulmane ne sont pas les seul.e.s que Zemmour insulte. Ce genre de comparaison vulgaire et haineuse participe d’une relativisation de la violence antisémite constitutive de l’idéologie nazie, et par là même des soubassements de la destruction des JuifVEs d’Europe, ce qui relève sans équivoque du négationnisme le plus crasse. Cette phrase, et plus encore son acceptation enthousiaste, est l’illustration manifeste que l’islamophobie et l’antisémitisme sont les revers d’une même pièce, et que toutes les formes de racisme font système, rendant illusoire la prétention de lutter contre l’une sans s’attaquer à toutes les autres. »

    • A l’heure où on devrait trouver des solutions ensemble pour arrêter la natalité, pour stopper net les émissions de gaz à effet de serre, pour supprimer les inégalités... à l’heure ou chaque être humain devrait passer son temps libre à planter des arbres pour tenter d’absorber les excès de CO2 produits depuis 2 siècles… à l’heure ou tout notre génie devrait être consacré au cycle de l’hydrogène… A l’heure où nous devons choisir entre appuyer sur la pédale de frein ou se prendre un mur en pleine poire, ces débats sur l’islamophobie me paraissent un peu ridicules et déplacés…

    • Ces débats « sur l’islam », voulais-tu dire ?

      Parce que ces débats « sur l’islamophobie », on voit mal ce qu’il y a de déplacer à en parler sachant que les victimes se font agresser, ne trouve pas de boulot, de logement, se font humilier partout… (ce qui serait déplacé, ça serait de trouver déplacer de parler de cette incroyable violence sans retenue - comme le montre parfaitement Arno* en remplaçant par « juif » - en étant soi-même blanc, bien nourri, avec un travail, un logement…)

    • Non, je confirme, ilslamophobie (vs provoc). Il y a tellement plus d’autres sujets plus importants à traiter. Même si c’est important de parler des souffrances des minorités maltraitées (ou vues comme telles), quand on aura plus d’eau à boire ni d’air à respirer on sera bien TOUS dans la merde. Les femmes, les gays, les arabes, les français, les mongols... on doit tous plancher sur des solutions ENSEMBLE sans se préoccuper individuellement de nos petites gueules.

    • Les femmes, les gays, les arabes, les français, les mongols... on doit tous plancher sur des solutions ENSEMBLE

      Merci pour elles et eux, mais... toutes celles et ceux que tu énumères sont déjà en première ligne des catastrophes que tu vois poindre à l’horizon et qu’elles et ils se prennent déjà, majoritairement, dans la gueule. Elles et ils n’attendent pas que ça déboule sur le dernier pré carré pour se mobiliser.

      Le « débat » dont les islamophobes saturent l’espace public, c’est, comme déjà évoqué par ailleurs, un moyen de désigner ici et maintenant les surnuméraires dont ils souhaitent se débarrasser à terme pour, justement, ne pas avoir à assumer les conséquences de cette catastrophe.

      quand [...] on sera bien TOUS dans la merde

      Ça me fait bien marrer. Ce n’est que lorsque la perspective devient totale qu’il faut trouver des raisons de se mobiliser ? L’universalisme abstrait, c’est toujours un point de vue particulier (et privilégié)...

    • La maison brûle... on fait quoi ? On éteint l’incendie ? Ou on discute pour savoir qui sera brûlé en premier, ou si ça fait plus mal se de faire brûler le mollet ou la cuisse. Je sais pas vous, mais pour moi la cause des minorités passe après la cause de la globalité.

    • Oui, mais concrètement là, imagine, tu vois des musulmans se faire bruler vifs. Tu fais quoi ? Tu regardes ailleurs et tu fais un sit-in sur le périph’ pour réclamer qu’on fabrique des éoliennes ?

      C’est comme les nanas dans les partis d’extrême-gauche... elles râlent parce qu’elles se font traiter comme des objets, et t’as le militant à qui on ne la fait pas qui leur explique que bon, elles font chier avec leur point de vue bourgeois, la priorité c’est la lutte contre le capitalisme.

      #troll

    • En fait, le même raisonnement va s’appliquer assez immédiatement contre lui-même : si on considère qu’il est impossible de survivre à la crise climatique dans le cadre du capitalisme, alors on peut tout aussi bien prétendre que la lutte pour le climat est subordonnée à la sortie du capitalisme, et c’est à cela que Cym devrait se consacrer exclusivement, au lieu de perdre son temps a planter des arbres. Et houla-hup, Barbatruc.

      Rions un peu : on peut légitimement soutenir que le capitalisme ne survit que par l’exploitation des mains d’œuvres racisées et par la prédation de ressources de pays habités par des populations commodément racisées elles aussi. Et que donc le racisme est indispensable à la survie du système capitaliste. Et donc pour sauver le climat il faut d’abord faire s’effondrer la capitalisme, lequel repose sur un racisme systémiques. Ergo, l’antiracisme est la priorité qui devrait nous occuper prioritairement.

      Je te fais pas le topo sur le patriarcat, le virilisme, l’exploitation du travail des femmes, comme fondement du capitalisme (avant même que ce capitalisme exige le racisme pour sa survie), sinon tu risquerais de considérer que le féminisme est la lutte prioritaire et exclusive...

    • Je reviens avec ma citation. Le capitalisme est bien mal en point pour une nouvelle fois n’avoir comme derniers gardiens les mêmes dégueulasses que la fois précédente. Et s’en est inquiétant. Donc. Et on se pince. Et on se demande quand on va se rendre compte de la filiation. Quand on va les virer de leurs tribunes.

      Mickey Mouse est l’idéal le plus lamentable qui ait jamais vu le jour... De saines intuitions incitent tous les jeunes gens indépendants et toute la jeunesse respectable à penser que cette vermine dégoutante et couverte de saletés, le plus grand porteur de bactéries du monde animal, ne peut être le type animal idéal... Finissons en avec la tyrannie que les Juifs exercent sur le peuple ! A bas Mickey Mouse ! Portez la croix gammée !

      Article de journal allemand du milieu des années 30

      J’évoquais les bus, que certains journalistes quittent désormais, quand ils sont mal fréquentés. Et j’ai pensé à Rosa Parks. De quelques côtés qu’on prenne leurs éructations, les références sont nauséabondes et il est déconcertant que certains milliardaires mettent publiquement toute leur influence pour les soutenir.

  • Sorj Chalandon.
    le 17 octobre 1961

    Histoire coloniale et postcoloniale
    https://histoirecoloniale.net/le-17-octobre-1961-par-Sorj.html

    Les quartiers chics se défendent. « Là, Monsieur l’agent », crie un jeune homme posté place de l’Etoile, « il y en a deux derrière l’arbre ». Les cafés n’ont pas même été désertés.

    Boulevard St-Michel, des guéridons en fonte sont jetés sur des Algériens. Là, un policier brise son bâton à force de coups. Haine pure, brutale. Des agents qui débouchent en courant frappent des hommes immobiles, couchés dans leur sang depuis de longues minutes. Matraquages méthodiques, silencieux. « On vous impose une guerre subversive, vous devez être subversif aussi dans la guerre qui vous oppose aux autres. Vous serez couverts, je vous en donne ma parole », avait lancé, le 2 octobre à Montrouge, Maurice Papon qui visitait des policiers.

  • Plus rien ne devrait plus nous étonner : en 2014 Le Figaro trouve les arguments justes pour défendre l’antisémitisme crasse de l’Étoile mystérieuse : Hervé aurait pu être encore plus antisémite que ça, alors on va qualifier ça de « aspects politiquement incorrects » et hop, next question please.

    Raciste, antisémite, sexiste : Tintin sur le banc des accusés
    https://www.lefigaro.fr/bd/2014/12/09/03014-20141209ARTFIG00360-raciste-antisemite-sexiste-tintin-sur-le-banc-des

    L’année suivante arrive L’Étoile mystérieuse, où dans un décor apocalyptique, Tintin rejoint une expédition de savants de pays occupés par l’Allemagne ou neutres, contre une expédition américaine. Le méchant de l’histoire est alors un financier juif américain du nom de Blumenstein. « Il y a de nombreux traits antisémites réels dans L’Étoile mystérieuse, mêlé à du collaborationnisme, explique Didier Pasamonik. Mais finalement, dans le contexte de l’époque et quand on connaît son entourage, on se demande surtout comment Hergé ne peut pas être plus antisémite que cela : tout son milieu était catholique et conservateur et certains de ses collaborateurs comme Léon Degrelle ou Raymond de Becker étaient liés aux mouvances fascistes. »

    Comme avec Tintin Au Congo, Hergé va atténuer certains des aspects politiquement incorrects de la BD après la guerre. Dans une nouvelle version de l’épisode, toute allusion à une rivalité entre États-Unis et Europe va disparaître, et transforme le nom du méchant financier en Bolhwinkel, plus bruxellois.

    (C’est un chef-d’œuvre du genre, cet article.)

  • À la fois incroyablement admiratif du courage des Libanais, et très inquiet pour la suite des événements…

    Quelques remarques et questions :

    – À quel point la crise économique actuelle touche-t-elle la classe moyenne libanaise (plus que d’habitude) ? Depuis les toutes dernières années, j’entends qu’il est devenu très difficile d’emprunter auprès des banques pour se loger, ou pour monter une entreprise. Que beaucoup d’entreprises ne paient plus leurs employés. Puis ferment après avoir arnaqué leurs employés pendant des mois. Et ces dernières semaines, les tensions sur la livre libanaise (dans certaines entreprises, décision arbitraire de payer les salaires en livres libanaises et non plus en dollars). Bref, divers éléments qui suggèrent que ce ne sont plus seulement les plus pauvres qui trinquent, mais que désormais c’est la classe moyenne – déjà lourdement impactée et usuellement condamnée à l’émigration – qui est cette fois touchée par l’économie en berne.

    – Est-ce que, comme je le lis à divers endroits, on a bien des manifestations qui réunissent à la fois les classes populaires et moyennes ? Si c’est le cas, c’est un mouvement puissant qui démarre : jusque là le système avait assez habilement joué la division entre les revendications de classe (par exemple : les manifs des classes moyennes présentées comme illégitimes, celles des populaires comme manipulées…).

    – Ici, la présence de la classe moyenne dans les rues donne une visibilité à des analyses politico-économiques parfaitement formulées (on voit déjà des articles dans les médias français donnant la parole à des manifestants, qui ont l’avantage ici d’être, par exemple, enseignants à l’université…).

    – Si le déclencheur a été la taxe WhatsApp, en réalité depuis des semaines c’est l’annonce d’un prochain « train » de mesures extrêmement violentes de privatisations (toujours réalisées dans des conditions farfelues de corruption), de taxes non proportionnelles (donc frappant essentiellement les classes populaires et moyennes), qui mobilise les Libanais. La mise en pratique d’une première « petite » taxe a mis le feu au poudre, mais derrière c’est l’ensemble des « réformes » qui est bloqué.

    – Or ces « réformes » austéritaires sont, bien évidemment, déjà décidées, et décrétées comme totalement indispensables. Si le gouvernement saute, il est déjà annoncé que le suivant devra mener les mêmes réformes…

    – Le fait que la situation économique est déjà difficile, avec un ralentissement sensible de l’économie, rend évidemment les réformes austéritaires insupportables. Mais ce qui s’ajoute à cela, évidemment, c’est que toute la population sait que sa classe dominante est à la fois incompétente et corrompue, à la fois responsable du fiasco économique et premier profiteur de la crise. Et que ces mesures austéritaires vont, bien évidemment, totalement épargner cette classe (au contraire, via la corruption et les diverses prédations via les privatisations, elle va certainement encore en profiter pour s’enrichir). Anecdote significative : le Akhbar souligne que la surtaxe prévue pour les cigarettes ne concernait pas… les cigares.

    – La situation me semble très dangereuse, parce qu’ici, en dehors d’une véritable révolution populaire qui renverserait le système politique, oligarchique et corrompu libanais, il n’y a pas d’alternative au train de réformes « imposées » par la situation d’endettement du pays (« il n’y a pas d’alternative », dans le sens de l’escroquerie néolibérale – TINA : There is no alternative). Ce que je veux dire, c’est qu’il n’est pas envisageable de simplement renoncer aux réformes avec le système actuel, et pas non plus possible de faire passer « en force » ces réformes vue les manifestations qui se développent. La seule « sortie » de crise, c’est le renversement du système politico-mafieux lui-même, ce qui n’est tout de même pas une mince affaire.

    – Et la classe dominante et ses puissants soutiens étrangers a certainement les moyens (et pas l’ombre d’une hésitation) pour faire sombrer le pays dans le chaos, plutôt que de renoncer au moindre de ses avantages. Al Akhbar estime que cette classe a peur. Mais est-elle dénuée de pouvoir de nuisance ? Et si le pays échappe à l’agitation sectaire destinée à noyer les revendications dans un flot de violences, pourra-t-il éviter une mise sous tutelle « à la Tsipras » imposée par les détenteurs de la dette ?

    – Sans oublier (jamais) que de puissants voisins du Liban ont toujours intérêt à la destablisation violente du pays. Ce qui devient plus dangereux à partir du moment où la classe dominante intérieure elle-même a intérêt à la destabilisation.

    – Un aspect fondamental à ne pas perdre de vue, c’est que la corruption et la dette ne sont pas une conséquence du système : elles sont le fondement et le but du système mis en place à la fin de la guerre civile pour perpétuer la destruction et la prédation sous une forme plus « civilisée » et, surtout, économiquement efficace. C’est ce qui fait le danger de la situation : les Libanais ont face à eux un système conçu pour perpétuer la guerre civile, grâce à l’entente, à Taëf, des chefs miliciens (et, désormais, de leurs enfants, neveux, beaux-fils…). La corruption n’est pas un effet pervers du système qu’on pourrait « corriger » : la corruption est le système lui-même. C’était le sujet de l’un de mes premiers articles en 2006, Au Liban, une mafiocratie contre son peuple :
    http://tokborni.blogspot.com/2006/07/au-liban-une-mafiocratie-contre-son.html
    Je concluais ainsi à l’époque :

    La guerre civile a instauré un système de prédation orienté contre la population, au moyen de la violence et de la terreur physique permanente. La IIe République libanaise, intégrant presque uniquement les profiteurs de cette guerre civile, a transformé la forme de la prédation, sous la forme plus pacifique d’un « néo-libanisme » (néo-libéralisme, corruption, dette odieuse, alibi confessionnel), mais n’a pas épargné ses victimes.

    L’agression actuelle bénéficie de ce mélange, ô combien fertile, de confessionnalisme et de corruption. Il faut espérer que tout ce petit monde n’a pas ainsi enclenché une machine de destruction qui deviendra totalement incontrôlable. Évidemment, la logique reste la même : nous assistons une fois encore à une guerre menée contre la société libanaise elle-même.

  • Caen. Huit intermittents du spectacle au tribunal le 21 octobre
    https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-huit-intermittents-du-spectacle-au-tribunal-le-21-octobre-6568187

    Dans un communiqué, la Koordination des #intermittents_du_spectacle du Calvados s’insurge contre Pôle emploi qui assigne au tribunal huit intermittents du spectacle.

    #Pôle_emploi a, à nouveau convoqué huit artistes le 21 octobre au tribunal de grande instance pour allocations indûment perçues. Dans un communiqué, la Kic, Koordination des intermittents du spectacle du Calvados s’insurge contre Pôle emploi qui assimile les artistes et techniciens du spectacle « à ce qu’ils ne sont pas, c’est-à-dire des éducateurs, formateurs, animateurs et enseignants ».

    Les intermittents du spectacle ont déjà été confrontés à cette situation. La Kic rappelle qu’en 2015, Pôle emploi avait perdu son procès « contre huit intermittents du spectacle auxquels étaient réclamés au total près de 160 000 € pour des indemnités chômage ». La justice avait jugé illégales les retenues effectuées sur les allocations par Pôle Emploi « pour rembourser la soi-disant #dette ». Et Pôle emploi avait été condamné à rétablir les artistes dans leurs droits.

    « Pôle emploi recommence et attaque ces mêmes artistes pour leur réclamer les mêmes sommes sur les mêmes contrats en qualifiant ces contrats et déclarations de fraude. C’est une manœuvre de plus pour exclure un maximum de personnes de l’assurance chômage ! Nous ne l’acceptons pas, notre mobilisation se poursuivra ! ».
    La Koordination des intermittents du spectacle du Calvados conclut en évoquant les nouvelles règles d’assurance chômage décrétées par le gouvernement : « Elles accroissent les sanctions envers les chômeurs, rendent plus difficile l’accès aux #allocations et en réduisent le montant et la durée ».

    #droit_au_chômage

  • La terre des ronds-points
    Lena Balaud
    https://www.terrestres.org/2019/10/13/la-terre-des-ronds-points

    13 octobre 2019

    Un des tours de force du mouvement des Gilets Jaunes aura été d’habiter collectivement les ronds-points, péages, zones commerciales - espaces voués à être inhabitables. “Généalogie du déracinement” de Dalie Giroux nous raconte cette guerre entre l’habitation du monde et la valorisation de tout ce qui, sur terre, peut être vendu.

  • The Anti-Cairo
    https://placesjournal.org/article/the-anti-cairo

    The new capital of Egypt has no residents. It doesn’t have a local source of water. It just lost a major developer, the Chinese state company that had agreed to build the first phase. You might say the planned city in the desert 45 kilometers east of Cairo doesn’t have a reason to exist. Urban planner David Sims told the Wall Street Journal, “Egypt needs a new capital like a hole in the head.” 1

    #Egypte #sisi #villes_nouvelles #villes_du_desert #urban_matter

  • Seine-Saint-Denis : les précaires démunis face aux trop-perçus de Pôle emploi - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/seine-saint-denis-les-precaires-demunis-face-aux-trop-percus-de-pole-empl


    Noisy-le-Sec, jeudi 26 septembre. Sébastien, accompagné par plusieurs membres de la CGT, a provoqué un rendez-vous avec la direction de son agence #Pôle_emploi. LP/C-E.AK

    « Par la lettre du 28 septembre 2017, nous vous avons informé que, durant la période du 30 mars 2015 au 30 novembre 2015, 826,16 euros (€) vous ont été versés à tort […] En conséquence, nous vous mettons en demeure de rembourser cette somme. » Voici un extrait de la lettre envoyée par la direction de l’agence Pôle emploi de Noisy-le-Sec à Sébastien H., un aide ménager, en octobre 2018.

    Cet habitant de Romainville, dont les revenus mensuels de l’époque étaient compris entre 500 et 800 €, ne peut pas payer la somme demandée. Et ne comprend pas pourquoi Pôle emploi lui réclame autant. Alors fin septembre, il a forcé un rendez-vous au sein de l’agence de Noisy-le-Sec, avec plusieurs syndicalistes de la CGT.

    « C’est fou de devoir faire tout ça pour être reçu, mais je n’ai pas de réponse », déplore-t-il. Celle-ci a fini par arriver, ces derniers jours, et c’est une bonne nouvelle : sa dette, liée à une erreur de saisie, doit être annulée.

    Multiplication des employeurs et des bulletins de salaire

    Mais la situation de Sébastien H. illustre les difficultés de Pôle emploi à calculer les indemnisations des travailleurs précaires. En multipliant les employeurs au cours d’un même mois, ceux-ci cumulent également les bulletins de salaires et les attestations employeur destinées à l’organisme. Ce qui complique la déclaration pour le demandeur, et rend également difficile la lecture de leur situation pour Pôle emploi. Autant de facteurs d’erreurs.

    Sur les 34 milliards d’euros (Mds €) annuels d’indemnités versées par l’établissement public, environ 3% sont considérés comme des « trop-perçus », autrement dit des indus réclamés aux allocataires.

    « Deux tiers de ces trop-perçus sont adressés à des travailleurs précaires en catégorie B et C, qui sont passés de 500 000 à 1,4 million en France en dix ans, souligne Denis Gravouil, négociateur pour la CGT auprès de l’Unédic pour la réforme de l’assurance-chômage. Qui ajoute : « Pôle emploi doit calculer l’indemnité sur les jours de chômage, et non les jours travaillés. Or on tombe rarement sur des gens qui connaissent bien les dossiers d’indemnisations. »

    « Je ne sais pas comment je vais faire pour payer »

    Comme Sébastien, des milliers d’habitants de la Seine-Saint-Denis reçoivent des courriers concernant un trop-perçu. Et se retrouvent parfois dans l’impossibilité de rembourser. C’est le cas de Sonia*, une femme de ménage qui habite La Courneuve. Originaire du Mali, elle a commencé à travailler en 2009 pour des revenus qui oscillaient entre 800 et 900 €.

    Atteinte d’une maladie aux mains, elle ne peut plus être en contact avec des produits de nettoyage. « J’ai alterné arrêts maladies et périodes de travail. A chaque fois, j’avais trop mal pour pouvoir travailler et mon médecin me mettait en arrêt », décrit-elle.

    Il y a quelques mois, Pôle emploi lui a réclamé 1 113 € de trop-perçus. « J’ai eu un rendez-vous avec mon conseiller et il m’a proposé de payer 40 € par mois pendant un an pour régler une partie de ma dette. Mais je n’ai plus aucun revenu pour le moment, je ne sais pas comment je vais faire pour payer… J’ai accepté parce que j’ai envie que ça s’arrête. »

    Des mesures test pour réduire les trop-perçus

    Pour éviter ces situations, Pôle emploi annonce la mise en place de deux mesures test à partir du mois de novembre dans quelques agences régionales. « On va permettre aux demandeurs d’emploi de détailler employeur par employeur l’ensemble des activités professionnelles du mois. Aujourd’hui, c’est fait de façon globale », indique l’organisme.

    Une déclaration préalable d’emploi, fournie par l’employeur, va aussi être mise en place. « Quand le demandeur d’emploi va s’actualiser, il pourra ainsi confirmer qu’il a bien travaillé avec un employeur », détaille Pôle emploi.

    L’objectif étant à la fois de réduire les erreurs de saisie du côté du demandeur d’emploi et aussi du côté du prestataire de Pôle emploi, qui entre les bulletins de salaire et les attestations d’employeur au sein d’un logiciel de calcul.

    #travailleurs_précaires #droit_au_chômage #trop-perçus #dette

  • La drôle de fiche envoyée par l’#Université_de_Cergy pour détecter la #radicalisation

    Ce lundi 14 octobre, les profs de l’Université de Cergy-Pontoise ont reçu une « fiche de remontée de signaux faibles » de radicalisation et de terrorisme. Le personnel encadrant dénonce le caractère islamophobe de ce mail.

    « Absentéisme récurrent : aux heures de prière/le vendredi », « port d’une djellaba/port de pantalon dont les jambes s’arrêtent à mi-mollets », « port de la barbe sans moustache », « apparition du port du voile », une drôle de fiche a été envoyée aux professeurs de l’université de Cergy-Pontoise, ce lundi 14 octobre. Son objet : « Appel à vigilance ». Communiqué par la Direction Hygiène, Sécurité et Environnement (DHSE) de la fac, le mail porte sur les menaces terroristes qui peuvent peser sur l’institution. Il est accompagné d’une « fiche de remontée de signaux faibles », en vue de la « détection de personnes susceptibles d’être en cours de radicalisation ».

    Mais cette fiche qui cible la religion musulmane et aux contours flous a ému plusieurs professeurs. « Selon ce document, un acte terroriste ne peut être que le fait de musulmans ! Ce genre de tableau ne peut que faire plaisir aux racistes et renforcer le racisme anti-musulman. Ça crée une ambiance de délation au travail », commente une professeure jointe par StreetPress. « J’ai honte », écrit sur Twitter Clément Carbonnier, actuellement en recherche à l’université de Sherbrooke et issu de la fac de Cergy. Renaud Epstein, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain (relié à l’université de Cergy), tweete : « La liste des “signaux faibles” qui y figure est sidérante. Si je devais l’utiliser pour une auto-analyse, j’aurais de bonnes chances de gagner un voyage gratuit à Guantanamo ». Il ajoute une sélection de ces signaux, qu’il juge « affligeante ».


    https://twitter.com/Carbonnier_Eco/status/1183750945706008576?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    Une réaction au discours de Macron ?

    Cette fiche liste une soixantaine de critères, dont encore : « arrêt de consommations de boissons alcoolisées », « arrêt de consommations de nourritures à base de porc », « consommations récente de produits halals », etc… À chaque critère, il est possible de répondre par oui et par non. Il faut ensuite la faire remonter, avec le nom de l’élève ou du professeur « signalé », à la DHSE de l’université.

    Embêtée, la DHSE botte en touche. « L’intention de l’université est simplement d’alerter et de se dire : “Faites attention à ce qu’il peut y avoir”, sans pour autant stigmatiser les choses. Pas du tout. »

    Cette initiative, propre à l’université de Cergy, fait écho au discours d’Emmanuel Macron prononcé le 8 octobre, pendant l’hommage aux victimes de l’attaque de la préfecture de police de Paris. Le président Emmanuel Macron a demandé aux Français de « faire bloc » contre « l’hydre islamiste ». Il a également appelé à construire une « société de vigilance » contre la radicalisation, y compris dans le milieu scolaire. Un discours relayé par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer qui décomptait récemment une dizaine de signalements de personnels de l’Éducation nationale pour l’année scolaire passée.

    Le prof Renaud Epstein pointe cyniquement l’absurdité de la fiche :

    « Et le top du top, la cerise sur le gâteau, cette “fiche de remontée de signaux faibles” se conclut par une entrée : “Signaux inquiétants liés au comportement d’une personne connue” qui comprend cet item, “#Dissimulation des #signaux_faibles” »


    https://twitter.com/renaud_epstein/status/1183760076122836993?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    En interne, par mail envoyé au personnel encadrant, et sur Twitter, la DHSE s’excuse et explique que « la démarche de l’établissement consistait à apporter une assistance aux personnes qui peuvent être touchées par ces phénomènes et en aucun cas à organiser un système d’alerte. Cependant, l’Université regrette vivement d’avoir pu heurter ou choquer certaines personnes au sein de l’université et à l’extérieur par une formulation inappropriée et source d’incompréhension et leur présente ses excuses. En particulier et en conséquence, le document joint au message est retiré ».

    https://www.streetpress.com/sujet/1571073503-drole-fiche-universite-cergy-detecter-la-radicalisation
    #université #France #fiche #islamophobie #délation

    ping @karine4 @cede

    • Rions un peu...

      Donc un musulman pratiquant sa religion ostensiblement serait signalé
      ET
      Un musulman pratiquant sa religion de la façon la plus discrète possible serait lui aussi signalé pour « Dissimulation des signaux faibles »

      « L’individu se rase visiblement tous les jours. Il semble évident qu’il s’agit là d’une manœuvre grossière dans l’espoir de dissimuler le port d’une barbe islamique »

    • Ce que j’aimerais savoir plus précisément : comment ça a été fabriqué une telle liste ? Parce que ce n’est pas une initiative individuelle, il y a un « workflow » avant que ce soit expédié aux gens.

      Est-ce qu’il y a quelqu’un à la tête de l’université qui donne l’ordre à quelqu’un d’autre de « travailler là-dessus », de « me préparer un truc »… ? Ensuite c’est quelqu’un qui a pondu un truc tout seul, ou bien c’est un groupe de travail ? C’est payé sur les heures de travail habituelles, ou on a dégagé des heures sups pour financer un groupe de réflexion ? Comme ça se passe pour inclure « djellaba », « heures de prière » et cinq considérations sur le rapport aux femmes : c’est un truc qu’on trouve déjà tout fait sur l’interwebz, ou bien des gens ont brainstormé dans un bureau ? Selon quel processus décisionnel ils se sont dit que les « signaux faibles » liés à la non-consommation de saucisson, ce serait un peu too much ?

      Une fois que c’est terminé, cette petite liste de signaux faibles islamophobes, comment c’est validé ? Il y a un comité de prise de décision islamophobe qui se réunit pour valider, ou bien c’est une personne dans un bureau qui se dit : c’est vachement bien, ça, je vais l’expédier à tout le monde ?

      Mais aussi : comment on fait dans une université pour pondre,
      valider, mettre en forme et expédier un document aussi long en aussi peu de temps ? On est tombés sur l’administration la plus efficace du pays, ou bien ce genre de document existe déjà par ailleurs, circule déjà, est disponible sur le Webz, ou bien est discuté discrètement dans les services de l’État ?

      Bref : c’est quoi le processus de création de cette saloperie, et c’est quoi la hiérarchie qui a validé et qui a pris la décision de l’expédier ?

      Et donc : est-ce qu’il va y avoir des conséquences pour qui que ce soit ? Est-ce qu’il va y avoir des sanctions, ou bien est-ce qu’on en est déjà au stade où tout ce processus de fabrication d’un document officiel islamophobe va être simplement considéré comme une « erreur de communication » ?

    • Ben pourquoi, il y aurait une erreur ? Tout ce matériel est banalisé et déjà relativement ancien (mars 2016 #je_suis_charlie, toussa…) et issu du SG-CIPD devenu SG-CIPDR (Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) au ministère de l’intérieur. Son dernier bébé (il y a 6 jours) un Kit pédagogique de formation des entreprises à propos de la radicalisation en entreprise.
      https://www.cipdr.gouv.fr/kit-pedagogique-de-formation-des-entreprises-a-propos-de-la-radicalisatio

      Tout cela issu du Guide interministériel de prévention de la radicalisation (mars2016) (p. ex. ici https://static1.1.sqspcdn.com/static/f/1307504/27032789/1463641554463/guide-prevention-radicalisation2016.pdf mais on le trouve un peu partout. Et notamment le tableau de synthèse en annexe, lui aussi pas mal repris. Il n’y a qu’à piocher dedans.

      Tableau de synthèse des indicateurs de basculement
      http://www.seine-maritime.gouv.fr/content/download/21653/159919/file/synthese-indicateurs-basculement.pdf
      qui met en forme le Référentiel des indicateurs de basculement dans la radicalisation issu du guide ci-dessus (ce sont dans les annexes, les pages 105 à 108)

    • Hé hé Simplicissimus, merci ! C’est exactement où je voulais en venir. Maintenant faudrait prévenir les indignés de Twitter que ce n’est pas une erreur de communication, mais bien une politique officielle.

    • Signaler et détecter - Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation
      https://www.cipdr.gouv.fr/prevenir-la-radicalisation/reperer

      La définition de la radicalisation du sociologue Fahrad Kosrokhavar correspond à cet angle : « processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d’action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel. »

      La définition me semble large.

      #ordre_établi

  • La reconnaissance faciale progresse, sous la pression des industriels et des forces de l’ordre
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/10/14/sous-la-pression-des-industriels-et-des-forces-de-l-ordre-la-reconnaissance-

    Le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, souhaite susciter davantage d’expérimentations. Mais plus d’une dizaine de projets de recherche ont déjà été menés ces dix dernières années. « N’ayons pas de pudeurs de gazelle ! » Le 2 septembre, devant des sénateurs, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a la ferme intention de lancer le débat sur la reconnaissance faciale. « Lors de l’attentat à Lyon [en mai], nous avons identifié l’auteur par le biais de la vidéoprotection. L’événement a eu lieu à 16 (...)

    #Thalès #algorithme #CCTV #biométrie #facial #sécuritaire #surveillance #CNIL #travailleurs

  • JANIK & ARNAUT : La danse du serpent - wallonica.org
    https://wallonica.org/blog/2019/08/29/janik-arnaut-la-danse-du-serpent-annees-50

    Les danseurs français Janik & Arnaut ont eu un succès fort mérité, dans les années 1950, avec cette troublante Danse du serpent où Janine JANIK (1931-1985) et Christian ARNAUT (1912-2003) forment un ensemble rare, érotique et sinueux : contrairement aux numéros de Music-Hall du genre, Arnaut soulève rarement sa partenaire avec l’aide des bras, il semble plutôt la guider et influencer ses contorsions reptiliennes. Voyez plutôt…

    https://www.youtube.com/watch?v=tL4417-33Q0


    #sérendipité

  • Comment le « New York Times » prouve que l’aviation russe a visé des hôpitaux syriens en mai
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/14/comment-le-new-york-times-prouve-que-l-aviation-russe-a-vise-des-hopitaux-en


    Un Soukhoï-24 aterrit sur une base située près de Lattaquié, en Syrie, en novembre 2015.
    HANDOUT / REUTERS

    Le journal américain a publié une vaste enquête prouvant pour la première fois l’implication du Kremlin dans les attaques menées le 5 mai contre quatre établissements de santé syriens.

    • Les preuvent sont constituées par des chaînes de conclusions les unes se basant sur les autres. Il faut faire confiance à toutes les sources et à toutes les instances et personnes qui ont élaborés les résultats. Est-ce qu’on peut faire confiance à chaque maillon de la chaîne ?

      Autrement c’est un fait établi depuis la guerre du vietnam que dans les conflits armés modernes les médecins et hôpitaux constituent des ressources importantes pour chaque parti engagé. Ses adversaires attaquent alors systématiquement ces ressources pour affaiblir leur ennemi.

      Je me demande plutôt à qui sert la publication du NYT.

  • Nucléaire : comment le gouvernement travaille en catimini à la construction de six nouveaux EPR
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/nucleaire-comment-le-gouvernement-travaille-en-catimini-a-la-construction-de

    Dans une lettre adressée au président d’EDF, le gouvernement donne une feuille de route précise conduisant à la construction de six réacteurs EPR sur les quinze prochaines années.

    Officiellement, rien n’est décidé : la France n’a pas décidé de construire – ou non – de nouveaux réacteurs EPR, et le débat est toujours ouvert. Le président de la République, Emmanuel Macron, a simplement demandé à EDF de présenter, mi-2021, un dossier complet, pour pouvoir prendre une décision sur ce sujet épineux.

    Pourtant, en coulisses, les choses avancent, et le gouvernement défend une option très claire. Dans une lettre envoyée au président d’EDF, le 12 septembre, que Le Monde a pu consulter, la ministre de la transition écologique et le ministre de l’économie, Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, donnent une feuille de route précise à Jean-Bernard Lévy pour « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts ». Et le courrier de détailler que la construction de chaque paire sera « espacée de quatre ans et les tranches au sein d’une même paire de dix-huit mois ».

    « Un état des lieux »

    Le courrier précise le calendrier imaginé par le gouvernement pour dessiner ce nouveau départ pour le nucléaire français : d’abord, mi-novembre 2019, « un état des lieux intégrant le retour d’expérience de la construction des premiers EPR ». Face aux difficultés du réacteur de troisième génération en cours de construction à Flamanville (Manche), le gouvernement stipule :

    Puis, dès la mi-décembre 2019, EDF devra fournir au gouvernement « une analyse des capacités de la filière », pour accomplir les nouveaux réacteurs. Ce travail devra être basé « sur une liste de conditions à réunir pour que la filière puisse garantir la tenue d’un tel programme dans les délais et les coûts impartis ». Le document doit être assez détaillé, puisqu’il devra regrouper « l’ensemble des besoins de la filière en contrats, investissements, recrutements, formations ou autres ».

    Enfin, en mars 2020, l’électricien devra communiquer « la liste des plans d’action de la filière lui permettant, pour chacune des compétences ciblées, d’atteindre le niveau requis ». Ils devront, « dans la mesure du possible, atteindre leur plein effet pour la mi-2021 ».
    Pourquoi se lancer dans une vague de constructions de six réacteurs alors que celui de Flamanville n’est toujours pas en mesure d’être connecté au réseau – et ne le sera pas avant 2023 ? La filière nucléaire estime qu’une construction en série est le seul moyen de faire baisser les coûts et de donner de la visibilité aux sous-traitants.

    « Aucune mise en doute »

    Contacté par Le Monde, le ministère de la transition écologique et solidaire déclare que « cette lettre de mission ne présage en rien les décisions qui pourraient être prises après mi-2021 » et assure que le fait de mentionner la construction de six réacteurs EPR est uniquement « une hypothèse de travail » – c’est pourtant la seule mentionnée dans le courrier adressé à M. Lévy. Chez EDF, on rappelle que ce courrier fait suite à une réunion qui s’est tenue à Matignon avant l’été, et que cette lettre « formalise ce qui y a été discuté ».

    Une démarche qui a de quoi indigner les opposants au nucléaire. « Le gouvernement a déjà pris sa décision : appuyer les projets de fuite en avant d’EDF, au mépris de la démocratie et de la majorité des citoyens, opposés à la construction de nouveaux réacteurs », estime Charlotte Mijeon du Réseau Sortir du nucléaire, qui interroge :

    Le courrier n’aborde pas de front la question, pourtant essentielle, du financement de ces nouveaux réacteurs.
    « Ce courrier est inquiétant : il donne le sentiment que des décisions ont déjà été prises », déplore la députée LRM Barbara Pompili, présidente de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, qui se dit « très surprise ».

    « C’est un quasi-engagement à faire trois paires d’EPR, s’étonne un très bon connaisseur du sujet. Cela n’était jamais allé aussi loin. Aucune mise en doute n’existe dans la rédaction. »
    Ce planning prévisionnel tranche avec les discours officiels chez EDF ou au gouvernement. En faisant l’annonce de la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années, en novembre 2018, Emmanuel Macron s’était bien gardé d’annoncer la construction de nouveaux réacteurs. Il avait remis cette décision à plus tard, en fixant une borne à la mi-2021, date à laquelle EDF devra présenter un dossier complet pour convaincre de sa capacité à construire des réacteurs dans les délais et dans le budget impartis.

    Une filière totalement déboussolée

    Cette date avait été choisie opportunément : le réacteur EPR de Flamanville 3 était censé avoir démarré quelques mois auparavant, ce qui aurait permis de s’appuyer sur cette expérience. Mais le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu : des défauts sur des soudures situées à des endroits cruciaux ont obligé EDF, sous pression de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), à décaler le démarrage de Flamanville à 2023 et à revoir son coût à 12,4 milliards d’euros – contre 3,5 milliards à l’origine.

    La loi relative à l’énergie et au climat, votée en septembre, a repoussé à 2035 le moment où la France devra avoir un mix électrique composé à 50 % de nucléaire et à 50 % d’énergies renouvelables. D’ici là, l’Hexagone devra avoir fermé quatorze réacteurs nucléaires, et développé fortement l’éolien et le solaire – et l’ASN devra avoir autorisé la prolongation de la durée de vie des réacteurs actuels pour au moins dix ans.

    « Mais atteindre 50 % de nucléaire ne veut pas dire atteindre 0 % », souligne un conseiller ministériel. Autrement dit : pour tenir cet équilibre, il va falloir construire de nouveaux réacteurs, argumentent les dirigeants d’EDF. Le parc actuel a été construit dans les années 1980 et 1990 et ne sera pas éternel. Il fait face au risque de l’« effet falaise » : devoir fermer rapidement un grand nombre de réacteurs qui ne pourront plus être prolongés. Pour faire face à ces arrêts en cascade, la France devrait reprendre la construction de réacteurs dès 2021, selon une étude de la Société française d’énergie nucléaire.
    Un impératif pour une filière totalement déboussolée par les graves difficultés rencontrées sur le chantier de Flamanville ou dans les usines de Framatome, filiale d’EDF qui construit les principaux composants des réacteurs. Le président de l’ASN a déjà mis en garde à plusieurs reprises la filière, en soulignant les risques de la perte d’expérience et de l’affaiblissement des compétences. Cette difficulté est un enjeu majeur pour une filière qui emploie plus de 200 000 personnes et mène une intense campagne de lobbying auprès des pouvoirs publics pour reprendre la construction de réacteurs.

  • Hier, sur Arte, vu la série « Mytho ».
    Le casting est plutôt bon grâce notamment aux enfants et il y a une façon de filmer et de mettre en scène assez inventive. Bon, ce téléfilm aborde la question du cancer (du sein), sujet d’ordinaire tabou, et je n’ai vu que les 3 premiers épisodes, mais quand même, où ont-ils été se faire conseiller ? Chez Mickey ?

    Tout tourne autour de la comédienne principale qui invente un faux cancer pour qu’on s’occupe d’elle (si si, c’est le pitch spoiler). Et en gros ça marche, son compagnon redevient amoureux et veut l’épouser, il en quitte même sa maitresse, ses enfants refont leur devoir et s’inquiètent de comment elle va, son père lui dit qu’il l’aime… etc
    Comme le cancer ça à l’air vraiment très cool et la vie des cancéreux nettement plus douce que le traintrain du boulot, ça risque de faire des jaloux et des jalouses.

    Le cancer ce grand inconnu (avec la mort) est en fait un super moyen d’être aimé, hop, tout le monde redevient gentil avec toi. Hein oui.

    Bon, désolée, hein mais c’est plutôt l’inverse ce qui se passe en réalité et ce téléfilm fausse complètement la donne sur la vie de milliers de femmes atteintes d’un cancer. Je trouve même que c’est insultant.

    Pour ma part les potesses ou les potos que je connais ou connu, ils ont pas trouvé grand monde pour être là et les soutenir. Vu que cette saloperie plonge tout le monde dans le désarroi. Et qui dit désarroi dit courage fuyons, beaucoup perdent ton numéro de téléphone, tu as plus de taf, plus de contact, même quand tu commences à sortir la tête du gouffre. La grande indifférence s’installe vite, personne n’a envie d’entendre du malheur, tombe vite alors la solitude, le manque de fric, la banque qui refuse les crédits. Et je pleure pas sur mon compte, je viens de poster une étude sur la qualité de vie des femmes atteintes d’un cancer du sein.

    … In addition, endocrine therapy negatively impacted role and social function, pain, insomnia, systemic therapy side-effects, breast symptoms and further limited emotional function and future perspective recovery.

    Tu trouves toujours des personnes pour te dire que c’est une opportunité, elles n’ont jamais eu de cancer mais bon, quand même, elles sont prêtes à te remonter le moral, même à l’envers. Le film s’est un peu ça, ah super un cancer, ma vie de merde va devenir joyeuse.
    Et concernant la réaction des enfants, n’allez pas imaginer que d’un coup ils vont ravaler leur crise d’ado pour vous faire un peu de place. Si vous avez déjà eu une grippe vous pouvez imaginer comment les gamins poussent un peu plus la barrique histoire de savoir si elle casse et quelles sont ses limites. C’est pas vraiment bisounours land d’avoir un cancer.

    Bref, gros malaise devant les mensonges du film sur la vie en général, zéro notion de psychologie, aucun recul sur la réalité que cela induit pour les malades. Et devant cette façon de faire croire qu’un cancer ça arrange la vie, cette forme ce #validisme qui avance masqué sous les traits d’une comédie, ça m’a pas fait rire. J’ai supporté le film en espérant qu’il se sorte de ce fiasco mais ça n’a fait que plonger plus loin.

    Ah oui, parce qu’au deuxième épisode, la comédienne principale annonce qu’elle va finalement bien. Sauf que les problèmes du quotidien refont surface et elle n’a qu’une solution c’est d’inventer une rechute ,(

    #scénario_pourri

  • ZinTV : Les combattantes du Rojava ne se reconnaissent pas dans le film de Caroline Fourest
    https://www.zintv.org/Les-combattantes-du-Rojava-ne-se-reconnaissent-pas-dans-le-film-Soeur-d-arme-

    Malgré l’actualité brûlante au Rojava ces derniers jours, il nous fallait mettre au clair les utilisations médiatiques du Rojava par les médias occidentaux, en particulier avec la sortie de Sœurs d’armes cette semaine.

    Le film de Caroline Fourest et Patrice Franceschi sort aujourd’hui au cinéma. La réalisatrice, dont c’est le premier film, traite par la fiction du génocide des Yézidis commis par Daech en 2014. Il n’est pas difficile de reconnaître que le scénario souligne bien le rôle des femmes dans cette guerre et illustre efficacement la barbarie des djihadistes. Ce sont bien là ses deux seules qualités.

    
Caroline Fourest présente les forces kurdes comme une entité unique, aux contours politiques flous. Peshmergas et combattants du PKK sont présentés comme luttant côte à côte contre les djihadistes. Pourtant, ce sont bien les combattants du YPG et du PKK qui ont ouvert un corridor humanitaire permettant de sauver les Yézidis, alors que les Peshmergas s’enfuyaient face à l’avancée des djihadistes. Fourest, ayant réalisé son film au Kurdistan irakien, a choisi de faire plaisir à ses hôtes, quitte à travestir la réalité historique dans son film. De discrètes allusions, que seuls les fins connaisseurs de la cause kurde peuvent comprendre, viennent nuancer cette grossière tentative de réécriture de l’Histoire. La fiction n’est pas un passe-droit permettant de s’affranchir de la réalité d’un conflit en cours.
 Les scènes de combat, qui font la fierté de la réalisatrice et de son consultant militaire Patrice Franceschi, n’ont absolument aucune crédibilité. Elles sont médiocrement inspirées d’une vision hollywoodienne de la guerre (le budget en moins) à laquelle même un enfant ne pourrait croire. La réalisatrice et son actrice Camélia Jordana, ont répété sur le plateau de Quotidien cette semaine combien elles s’étaient « éclatées » à faire un film de guerre. La guerre n’est pas un divertissement. La montrer sous son vrai visage, même dans une fiction, a toujours une fonction éducative.

    Cette guerre, nous l’avons faite et nous ne nous sommes pas « éclatés ». Les deux héroïnes du film sont des volontaires françaises rejoignant les rangs des kurdes, pourtant Caroline Fourest n’a pas interrogé un seul d’entre nous. La réalisatrice n’est manifestement pas intéressée par la réalité de notre expérience. Ce qui lui tient à cœur c’est de défendre sa propre vision de cette lutte pour lui faire dire ce qui sert son propre combat politique et sa propre vision du féminisme, quitte à gravement caricaturer la cause qu’elle prétend défendre. Pour preuve, des combattantes kurdes sont représentées en train de consommer de l’alcool, ou de flirter avec leurs homologues masculins. La consommation d’alcool ou les rapports intimes sont deux tabous absolus au sein YPG-J.

    L’organisation met un point d’honneur à être irréprochable sur ces points, afin de garantir sa moralité aux yeux des sociétés kurdes et arabes extrêmement conservatrices. Dans son film, Caroline Fourest fait dire à une combattante kurde embrassant un camarade : « On ne s’est pas battu contre les soldats de Daech pour vivre comme eux ». Comme nous venons de l’expliquer, cette tirade n’illustre en rien la mentalité des combattantes kurdes, bien au contraire. En tentant de faire rentrer ces combattantes dans le moule de son féminisme occidental et institutionnel, Caroline Fourest commet une faute grave, qui va compromettre la réputation du YPJ à l’étranger, notamment dans le monde arabe où son film est diffusé.
 Nous appelons d’une façon générale une méfiance face aux représentants autoproclamés du Rojava et garder un esprit critique sur la vision impérialiste que peut avoir l’Occident à l’égard d’une révolution du Moyen-Orient.

    Pour les raisons que nous venons d’énoncer, le CCFR prend clairement position contre ce film, qui ne représente ni les combattantes et combattants français du YPG-J, ni la cause kurde qu’il prétend pourtant défendre, et appelons à ne pas aller le voir.

    #Kurdistan #guerre #Daesh #féminisme #occidentalisme

  • Services publics : « La dématérialisation a accentué la fracture territoriale »
    https://www.banquedesterritoires.fr/services-publics-la-dematerialisation-accentue-la-fracture-terr

    S’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes de mars, les deux députés parviennent à une conclusion moins optimiste du retrait des services publics. La question du numérique est « un enjeu vital », il permet de compenser « l’enclavement » des territoires isolés, de développer le télétravail... Seulement la couverture est loin d’être achevée : 7 millions de Français n’ont « pas accès à la qualité minimale de connexion ». Bien plus, « menée à la hussarde » - avec pour principal souci de faire des économies -, « la dématérialisation a accentué la fracture territoriale ». En 2018, 93% des réclamations adressées aux délégués du Défenseur des droits avaient trait aux difficultés rencontrées dans la relation avec les services publics, contre 84 % en 2017, constatent-ils. Les députés préconisent donc de « remettre les bœufs avant la charrue ». Les administrations doivent par exemple revenir aux fondamentaux : proposer des modalités d’accès multicanal (en ligne, avec possibilité d’accès téléphonique et physique). Le rapport met aussi l’accent sur l’accompagnement des usagers. Une « cartographie » référençant les dispositifs d’accompagnement sur les territoires est en cours d’élaboration, précise-t-il.

    #territoire