• Comment la technologie d’espionnage israélienne pénètre au plus profond de nos vies
    Jonathan Cook | Mardi 26 novembre 2019 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/comment-la-technologie-despionnage-israelienne-penetre-au-plus-profon

    Les armes de l’ère numérique développées par Israël pour opprimer les Palestiniens sont rapidement réutilisées dans le cadre d’applications beaucoup plus larges, et ce contre les populations occidentales qui considèrent pourtant leurs libertés comme acquises.

    Si le statut de « start-up nation » a été octroyé à Israël il y a plusieurs dizaines d’années, sa réputation dans le domaine de l’innovation de haute technologie a toujours reposé sur un côté obscur, qu’il est de plus en plus difficile d’occulter.

    Il y a quelques années, l’analyste israélien Jeff Halper avertissait qu’Israël avait joué un rôle central sur la scène internationale dans la fusion des nouvelles technologies numériques et de l’industrie de la sécurité intérieure. Le danger était selon lui que nous allions tous devenir progressivement des Palestiniens.

    Israël, notait-il, a effectivement traité les millions de Palestiniens soumis à son régime militaire comme des cobayes dans des laboratoires à ciel ouvert – et ce, sans rendre de comptes. Les territoires palestiniens occupés ont servi de banc d’essai en vue de mettre au point non seulement de nouveaux systèmes d’armes conventionnelles, mais également de nouveaux outils de surveillance et de contrôle de masse.

    Comme l’a récemment observé un journaliste de Haaretz, l’opération de surveillance menée par Israël contre les Palestiniens compte « parmi les plus vastes de ce type au monde. Elle inclut la surveillance des médias, des réseaux sociaux et de la population dans son ensemble ». (...)

  • Maja Hoffmann (Arles) World Resort - DOCUMENTATIONS
    https://documentations.art/Maja-Hoffmann-Arles-World-Resort


    Où l’on voit le #projet en cours se concrétiser

    Depuis près de 5 ans, le projet « Luma Arles » a profondément modifié les formes et les modes d’exercice du pouvoir sur le territoire arlésien. En venant notamment concéder les pleins pouvoirs à Maja Hoffmann, héritière milliardaire de l’entreprise pharmaceutique Roche, acteurs publics et privés terraforment peu à peu la ville avec pour objectif de faire d’Arles une ville habitable presque exclusivement au 1 %. Ci-dessous le récit de l’implantation de la suprématie Luma Arles par certaines personnes concernées.

    #richesse #oppression #dépossession #ville #exclusion #surnuméraires #démocratie

  • VIDEO. Génération oubliée : le « CDI intérimaire » qui fait dégringoler les revenus
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/video-generation-oubliee-le-cdi-interimaire-qui-fait-degringoler-les-re

    A Auxonne, en Bourgogne, Nicolas est titulaire d’un BTS et d’un bac pro de technicien de maintenance industrielle. Considéré comme l’un des intérimaires les plus performants de sa région, il gagnait jusqu’à 2 500 euros par mois. Jusqu’à ce qu’un jour de 2015, la directrice de son agence d’intérim lui propose le fameux « CDI-i », ou « CDI intérimaire ». C’est un nouveau dispositif, lancé en 2014. Pour le jeune homme de 26 ans, il va surtout rimer avec plus de précarité.

    Pour pouvoir le signer, Nicolas a dû faire plusieurs concessions : renoncer à ses indemnités de précarité (près de 10% de son salaire), élargir son champ de compétence, accepter des missions payées seulement 70% de son dernier salaire… Au fil des mois, il a vu ses revenus dégringoler. En trois ans, ils sont passés de 1 700 euros mensuels à 1 280 euros, comme en attestent les fiches de paie qu’il montre aux journalistes de « Pièces à conviction ».

  • La précarité tue : droit de retrait à l’Université Lyon 2
    https://blogs.mediapart.fr/enseignant-vacataire-en-greve-lyon-2/blog/281119/la-precarite-tue-droit-de-retrait-luniversite-lyon-2

    La précarité tue ! Face à ce danger grave et imminent, nous, enseignant.e.s à l’Université Lyon 2, exerçons notre droit de retrait. Nous exigeons la fin des politiques policières répressives et le déblocage urgent de moyens humains et matériels.

    Nous sommes des enseignant.e.s, titulaires et non-titulaires, de l’université Lyon 2. Nous avons décidé d’exercer notre droit de retrait, pour une durée encore indéterminée. Les conditions actuelles de travail dans notre université présentent, en effet, un nombre suffisant de facteurs indiquant un risque de danger grave et imminent.

    Le 8 novembre dernier, un étudiant de notre université a tenté de se donner la mort de manière brutale, en s’immolant devant le bâtiment du Crous, à Lyon, pour protester contre ses conditions de vie précaires. Son pronostic vital est engagé.

    Cet acte nous a tou.te.s profondément affecté.e.s. Il est, depuis, devenu impossible pour nous de continuer à exercer notre métier d’enseignant.e. La précarité, qui découle des politiques publiques mises en oeuvre depuis quarante ans, nous était, certes, déjà connue. Cet acte ne nous a pas moins obligé.e.s à prendre conscience de l’exacerbation du problème chez les étudiant.e.s pendant ces dernières années. Les dernières réformes engagées (loi Travail de 2016, baisse du montant des allocations pour le logement, loi asile et immigration de 2018, remise en cause de l’assurance chômage en 2019, etc.) ou programmées (comme la réforme des retraites) ne peuvent qu’aggraver la précarité et réduire encore davantage les perspectives de vie digne. Le risque qu’un tel acte ne soit amené à se répéter n’est, dès lors, pas du tout écarté dans notre université, où la précarité touche une proportion croissante de nos étudiant.e.s. La présidence de l’université a elle-même pointé, dans ses instructions, le risque d’une reproduction de tentatives de suicide, puisqu’elle nous demande « de prêter une attention toute particulière [aux absences] qui se prolongeraient dans le courant de la semaine ou aux manifestations de mal-être ou de détresse ». Sur d’autres lieux, des actes similaires se sont d’ores et déjà produits depuis le 8 novembre  : à Villecombe, une lycéenne s’est immolée par le feu dans les locaux de son établissement devant ses camarades, et à Clermont-Ferrand, un étudiant a été trouvé mort dans sa chambre universitaire du Crous. La réitération de tels actes demeure probable tant que les politiques publiques continuent à produire de la précarité. Il est donc urgent d’y mettre un terme. Il est urgent d’allouer immédiatement les moyens nécessaires aux étudiant.e.s et aux universités. 

    Notre mal-être psychologique a été aggravé par les instructions que l’équipe présidentielle nous a adressées au lendemain de l’immolation de l’étudiant de notre université. Nous avons, en effet, été enjoint.e.s d’être à l’écoute des difficultés matérielles des étudiant.e.s et d’être attentifs.ves à leur détresse psychologique, alors même que nombre d’entre nous sommes directement touché.e.s par la précarité, en tant qu’enseignant.e.s contractuel.le.s et vacataires. 

    Ces injonctions nous placent aussi, quels que soient nos statuts, dans une posture intenable et génèrent des conflits éthiques insurmontables. Que pouvons-nous répondre à des étudiant.e.s dont les préoccupations matérielles sont quotidiennes et immédiates : se nourrir, se loger, se soigner, alors que nous ne disposons pas des moyens nécessaires ?

  • Enquête ouvrière et composition de classe - Plate forme d’enquêtes militantes
    http://www.platenqmil.com/blog/2019/11/27/enquete-ouvriere-et-composition-de-classe

    Cet article a été rédigé par le collectif londonien Notes from Below pour thématiser leur approche concernant la pratique de l’enquête ouvrière [worker’s inquiry]. En s’appuyant sur les analyses du concept de « composition sociale » de Seth Wheeler et Jessica Thorne, l’article vise à mettre à jour et à rafraîchir l’attirail opéraiste classique basé autour du couple conceptuel « composition technique »/« composition politique ». Par-delà l’intérêt intrinsèque d’une telle démarche, nous traduisons aujourd’hui ce texte car il nous paraît fournir des outils théoriques importants pour lire les luttes actuellement en cours en France, lesquelles - dans leur pluralité et diversité - sont en train de mettre sur le devant de la scène la question de la reproduction sociale : des GJ à la grève contre la réforme des retraites, en passant par la mobilisation lycéenne et étudiante ou par les marches pour le climat et contre les violences sexuelles et sexistes.

    #Enquête_ouvrière #composition-de-classe

  • Quand la #Suisse internait les pauvres et les marginaux

    Jusqu’en 1981, aux quatre coins du pays, les autorités ont fait interner des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sans procédure judiciaire. Une commission d’experts a récemment effectué des recherches sur ces « internements administratifs ». Les résultats écornent l’image que la Suisse se fait d’elle-même.

    La « justice administrative » fait partie « des choses les plus révoltantes qu’on puisse imaginer ». Ces mots ont été écrits en 1939 par l’écrivain bernois réformiste Carl Albert Loosli, cité 80 ans plus tard par la Commission indépendante d’experts (CIE). Tandis que les criminels ont droit à un procès, les personnes mises à l’écart par les autorités d’assistance et autres instances administratives en sont privées, se révoltait Loosli. Les institutions suisses abritent entre leurs murs des « esclaves de l’État, livrés corps et âme à l’arbitraire des autorités ». Et le plus étonnant, souligne-t-il, c’est que « personne ne s’en offusque ».

    Carl Albert Loosli, fils illégitime d’une fille de paysan, avait lui-même été placé dans une maison de rééducation durant son adolescence. Les voix critiques comme la sienne ont longtemps rebondi sur le système. Ce n’est qu’en 1981 que les cantons ont abrogé leurs lois sur l’internement et que la Confédération a révisé le code civil. Entre-temps, le domaine social s’était professionnalisé et la société était devenue plus libérale après 1968. Mais l’avancée fut surtout due à la pression internationale : la pratique suisse consistant à priver de leur liberté des adultes jeunes et moins jeunes d’un simple trait de plume n’était pas compatible avec la Convention européenne des droits de l’homme que la Confédération avait ratifiée.

    La « Maison d’une autre Suisse »

    Les personnes concernées, qui avaient été incarcérées alors qu’elles étaient innocentes, n’ont pas été réhabilitées à cette époque. La honte les rendaient muettes, elles aussi. « Nous portions les stigmates du temps passé en « taule » alors que nous n’avions commis aucun crime », relate Ursula Biondi. Aujourd’hui âgée de 69 ans, elle a dans sa jeunesse été « internée administrativement » – selon le langage bureaucratique (voir p. 14) – au pénitencier de #Hindelbank à des fins de #rééducation. Au début du XXIe siècle, des personnes courageuses comme elle ont commencé à raconter leur histoire. Relayé par les médias, le sujet a fini par entrer dans l’agenda politique. Entre 2011 et 2016, le Conseil fédéral a présenté deux fois ses excuses, une loi sur la réhabilitation a été adoptée et le Parlement a décidé de verser une contribution de solidarité à toutes les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance. À côté des internés administratifs, d’autres personnes ont également exigé qu’on reconnaisse leur souffrance et qu’on les réhabilite : les anciens enfants placés et les personnes stérilisées de force (« Revue Suisse » 5/2018).

    Le Conseil fédéral a mis sur pied la CIE pour étudier en particulier les internements administratifs. Plus de 30 chercheurs se sont mis au travail. Après quatre ans d’activité, la CIE a publié dix volumes ces derniers mois, avec notamment des portraits de victimes. Elle a présenté son rapport final cet automne et recommandé de nouvelles mesures de réhabilitation allant du versement de prestations financières supplémentaires aux victimes à la fondation d’une « Maison de l’autre Suisse » comme lieu d’information sur ces événements. La ministre suisse de la justice, Karin Keller-Sutter, a reçu ces recommandations. Il s’agit aussi de décider si l’on prolongera le délai expiré de dépôt des demandes pour la contribution de solidarité, qui s’élève à 25 000 francs par personne. Dans ce cas, d’autres victimes pourraient se manifester. Y compris des personnes vivant à l’étranger qui n’ont pas pu déposer une demande dans les délais.

    #Répression dans un État de droit

    Le rapport de la CIE comporte 400 pages d’histoire et tend un miroir à la Suisse. On ne peut le dire autrement : pour les personnes en marge de la société, pauvres ou ne répondant pas à l’idée qu’on se faisait de la conformité, la Suisse était, jusqu’à il y a peu, un lieu inhospitalier, voire répressif. Il existait un droit de seconde classe, et peu nombreux sont ceux qui s’en sont émus. Voici un bref résumé des principaux résultats de la CIE :

    Au XXe siècle, au moins 60 000 personnes ont fait l’objet d’un internement administratif dans 650 institutions. Ce chiffre est plus important que prévu. L’internement en dehors du cadre pénal ne constituait pas simplement une bizarrerie du droit suisse, il faisait partie du système.
    La justice administrative visait surtout les couches sociales inférieures : les pauvres et les marginaux sans emploi fixe ni liens sociaux ou familiaux. Mais des membres de minorités comme les #Yéniches ont aussi été arrêtés et, après la Seconde Guerre mondiale, de plus en plus de jeunes « rebelles ».
    Ce sont des autorités de milice qui décidaient de l’internement : conseils communaux, commissions d’assistance communales, autorités tutélaires. Le soir, après leur travail, le commerçant, la femme au foyer et le comptable scellaient le sort de leurs concitoyens. Des conseillers d’État et des membres du gouvernement le faisaient aussi, sous prétexte de porter assistance, d’éduquer ou de protéger la société. Jugements moraux et clichés sexistes teintaient les avis : on reprochait aux hommes – qui constituaient 80 % des personnes internées – leur « fainéantise » ou leur alcoolisme, aux femmes leur « inconduite ».
    Quelques-unes des nombreuses institutions suisses servaient plusieurs objectifs à la fois. Il arrivait ainsi que des internés administratifs soient incarcérés avec des criminels condamnés. Ils étaient aussi placés dans des établissements de travail forcé, des colonies de travail, des foyers d’éducation, des asiles pour buveurs et des hospices de pauvres. Dans les institutions mal pourvues et peu surveillées, les hommes devaient fournir un travail physique en plein air, et les femmes, des tâches ménagères. Le travail forcé n’était pas ou peu rémunéré.
    L’expérience dramatique de l’internement poursuivait les victimes même après leur libération, souvent pour la vie. Certaines ont été brisées, d’autres ont choisi d’émigrer. Beaucoup vivent aujourd’hui encore dans la précarité. Les autorités ont échoué dans leur objectif de réinsérer dans la société des « personnes en danger ». Dans les faits, les internements ont aggravé les problèmes et l’#exclusion.

    Déjà une #injustice à l’époque

    Aujourd’hui, ces atteintes à la liberté individuelle paraissent clairement disproportionnées et ces méthodes d’assistance, brutales. Mais l’époque était différente, et les internements s’appuyaient sur des lois. Sont-ils devenus injustes a posteriori ? Non, répond la CIE, pour qui les lois d’internement enfreignaient les droits fondamentaux et les principes de l’État de droit. Les personnes internées l’étaient souvent pour une durée indéterminée, sans décision juridique valable, et n’étaient pas auditionnées. En maints endroits, elles n’avaient pas la possibilité de faire recours auprès d’un tribunal indépendant. En outre, les lois étaient floues, et les autorités pouvaient les interpréter à leur guise. Au début, les internements représentaient pour l’État un moyen de gérer les pauvres à peu de frais. Au cours du XXe siècle, ils sont devenus des instruments de contrôle social. Dans tout le pays, on savait que quitter « le droit chemin », c’était s’exposer à « être bouclé ». Et les autorités n’étaient pas les seules à s’activer. Il n’était pas rare que la mesure fût appliquée en s’appuyant sur les dires de la famille, du voisinage, du pasteur ou de l’enseignant, notent les auteurs du rapport, qui parlent de « pratiques de marginalisation bien ancrées dans la société suisse ».

    Il s’agit probablement d’une des raisons pour lesquelles les lois d’internement se sont maintenues aussi longtemps. Le retard de la Suisse en matière de politique sociale a aussi joué un rôle : les piliers de la protection sociale y ont été plantés plus tard que dans d’autres pays européens. Quoiqu’il en soit, les faits sont à présent avérés, et l’image que la Suisse a d’elle-même, avec ses géraniums, sa prospérité, sa liberté et sa démocratie directe, doit désormais être complétée par une facette moins reluisante. D’après l’historien Thomas Huonker, membre de la CIE et pionnier dans l’étude des mesures de coercition, le travail de mémoire sera capital : « Tout comme on raconte sans cesse la belle histoire de Guillaume Tell, il faudra raconter aussi sans cesse le chapitre sombre des mesures de coercition à des fins d’assistance. »

    Un combat pour la justice

    Ursula Biondi a 17 ans lorsqu’elle arrive au pénitencier de Hindelbank. Elle n’a rien commis de répréhensible, mais l’office des tutelles zurichois l’a envoyée dans un « foyer d’éducation fermé » pour être tombée enceinte alors qu’elle était mineure. Avant, la joyeuse adolescente avait été placée provisoirement dans un foyer de jeunes filles dont elle s’était échappée plusieurs fois. À la maison, elle se dispute avec ses parents au sujet des sorties, de la mode, de la musique. Son père, un Italien en phase de naturalisation, ne veut pas faire mauvaise impression. Les parents donnent donc leur accord pour un nouveau placement de leur fille. Ils ignorent que le « foyer d’éducation » est une prison pour femmes qui accueille aussi des criminelles. Ursula ne peut pas y suivre de formation. Après son accouchement, les autorités lui enlèvent son bébé et la contraignent à le donner en adoption. Elle s’y oppose, et récupère son fils trois mois plus tard. Après une année à Hindelbank, où elle effectue du travail forcé à la blanchisserie, elle est libérée en 1968. Elle déménage à Genève, fonde une famille, fait une carrière d’informaticienne dans une organisation de l’ONU, s’engage dans le social. « J’ai eu de la chance, dit-elle, et j’ai travaillé dur. » Car le traumatisme subi est lourd. La crainte qu’on découvre qu’elle a fait de la prison la poursuit longtemps. L’injustice endurée la tourmente. En 2002, Ursula Biondi publie l’histoire de sa vie. La revue « Beobachter » s’en fait l’écho. Elle se bat ensuite pendant des années pour qu’on étudie les « internements administratifs » – une expression qui, d’après elle, banalise la gravité des choses et cache le terrible arbitraire des autorités – et pour que les victimes obtiennent réparation. Elle trouve le rapport de la CIE réussi. Mais une chose dérange toujours cette femme engagée à qui l’Université de Fribourg a remis en 2013 le titre de docteur honoris causa : à cause de la réhabilitation bien trop tardive des anciens « internés », la nouvelle génération n’a jamais pris conscience des libertés qu’il a fallu conquérir. « Nous avons été sanctionnés et enfermés pour des manières de vivre qui, aujourd’hui, sont largement acceptées. » Pour que les jeunes restent vigilants contre l’arbitraire de la justice, Ursula donne des conférences dans les écoles.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/quand-la-suisse-internait-les-pauvres-et-les-marginaux-1
    #internement_administratif #Suisse #histoire #détention_administrative #justice_administrative #pauvres #marginaux

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    v. aussi cet article publié dans La Cité en 2017 :
    Les heures sombres de l’internement administratif helvétique
    https://seenthis.net/messages/575589

  • Violences conjugales : pourquoi la levée du secret médical est « dangereuse » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/societe/violences-conjugales-pourquoi-la-levee-du-secret-medical-est-dangereuse-27-1

    Bruno Py rappelle qu’« il n’y a pas de médecine possible sans confiance, pas de confiance sans confidence et pas de confidence sans secret », selon la formule du Pr Louis Portes, président du Conseil national de l’ordre des médecins sous Vichy – il le demeurera jusqu’en 1950. « Si Hippocrate et les siens ont inventé le secret il y a près de 2 500 ans, ce n’est ni pour embêter leurs confrères ni pour leur donner un quelconque pouvoir. Le secret médical a régulièrement été attaqué, au nom de la sûreté et de l’ordre public, mais, sans lui, il n’y a pas de médecine possible », insiste le professeur.

    #secret_médical

    Parce que la défense des plus faibles masque bien souvent une destruction des #droits_fondamentaux. Et parce que tant qu’une prise en charge digne de ce nom des femmes violentées ne sera pas mise en place, faire des médecins des auxiliaires de police est démagogique, liberticide et criminel.

    • Je me doute que Macron-schiappa ont fait de la merde, mais pour les signalements de maltraitances sur mineurs les medecins ne respectent pas la loi et cela depuis longtemps :

      Signalement des maltraitances sur mineurs en France
      Que dit la loi ?

      Pour les professionnels, assistantes sociales, éducateurs, médecins, instituteurs, le principe du secret professionnel est défini par les articles 226-13 et 226-14 du code pénal pour les assistantes sociales, les autres travailleurs sociaux sont tenus a une discrétion professionnelle. Cependant les personnes astreintes au secret professionnel doivent toujours faire part des mauvais traitements à l’égard des mineurs1. La révélation du secret dans ce cas est possible (article 226-14 du code pénal).
      Dans tous les cas, toute personne ayant connaissance de l’existence d’un enfant en danger ou en risque de l’être doit aviser les autorités médicales, judiciaires ou administratives. Ne pas le faire serait tomber sous la coupe de la non-dénonciation de mauvais traitements infligés à un mineur (article 434-3 du code pénal).

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Signalement_des_maltraitances_sur_mineurs_en_France

      Les medecins ne font que 2 à 5% des signalements de violences sur mineurs selon les stats de l’ordre des medecins.

      La place et le rôle des médecins face au danger et à la maltraitance Maria Montessori, Janusz Korczak, John Bowlby, cités plus haut, étaient médecins, de même que C. Henry Kempe, auteur en 1962 de l’article médical fondateur sur la clinique de la maltraitance18 et Ambroise Tardieu qui, cent ans plus tôt, avait publié un article tout à fait comparable (Étude médico-légale sur les sévices et mauvais traitements exercés sur des enfants19) mais n’avait été écouté d’aucun membre de la communauté médicale française, notamment parce qu’il osait affirmer que les auteurs de ces terribles forfaits étaient les parents. Ce déni perdure dans la communauté médicale française si on en juge par le fait que seulement 5 % des signalements émanent des médecins20. Pourtant, si l’école accueille tous les enfants à partir de l’âge de 2 ans ½ - 3 ans, avant cet âge, hors du cercle familial et des amis, seuls les médecins sont amenés à les voir. En effet, le système de santé les prend en charge dès la naissance, au titre de la prévention (vaccinations, surveillance du développement psychomoteur et de la croissance) et de nombreux médecins sont concernés (médecins de Protection maternelle et infantile [PMI], hospitaliers, pédiatres et généralistes libéraux). Par ailleurs tous les enfants maltraités passent un jour ou l’autre par le système de santé (notamment le cabinet du généraliste ou du pédiatre et les urgences hospitalières) ou peuvent être repérés dans le cadre de consultations de prévention (PMI, Santé scolaire). De nombreuses disciplines sont concernées à des degrés divers (médecine générale, pédiatrie, urgences, pédopsychiatrie, psychiatrie, gynéco-obstétrique, chirurgie, médecine légale, voir d’autres telles que l’ORL, la stomatologie ou l’ophtalmologie) et pour des tâches diverses à tout les stades du processus du danger et de la maltraitance, depuis le dépistage des facteurs de risque jusqu’au suivi des enfants placés et à l’expertise des enfants décédés. Il existe de nombreux écrits concernant l’attitude du corps médical face au danger et à la maltraitance, notant notamment leur insuffisante formation sur le développement normal et pathologique du petit enfant et sur la clinique de la violence ainsi que leur réticence à collaborer avec les autres secteurs professionnels (social, judiciaire, éducatif) et à signaler, surtout dans leur propre classe sociale. La véritable hantise d’engager sa responsabilité personnelle ressort particulièrement bien du rapport remis à Marie Derain, défenseure des enfants, sur « l’affaire Marina »21. La formation Tous les professionnels concernés par la santé, l’éducation et la protection des jeunes enfants reçoivent une formation spécialisée sur l’abord du danger et de la maltraitance. Toutefois cette formation est souvent insuffisante et en tout cas ne favorise pas le décloisonnement entre secteurs, ce qui ressort massivement du rapport Marina. Il faut donc envisager des formations pluri professionnelles. Et il faut mener en parallèle des activités d’information pour le public mais aussi pour les professionnels. En effet, trop souvent, parents, professionnels, pouvoirs publics ignorent ou méconnaissent les droits de l’enfant. Parfois même, ils considèrent ces droits comme anecdotiques ou excessifs (« les enfants ont trop de droits »). Pourtant les droits de l’enfant actés dans la CIDE constituent un socle que tout un chacun devrait connaître, autant que les droits de l’homme. Cette réflexion est menée dans un contexte de sérieuse ignorance de l’ampleur du problème.

      https://www.inserm.fr/sites/default/files/2017-11/Inserm_RapportThematique_MaltraitanceEnfants_RapportComplet_2014.pdf
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      L’association ALMA a constaté que très peu de signalements sont effectués par les médecins. Sur 10 000 dossiers traités ces dernières années, il n’y en a pas 10 qui proviennent du signalement d’un médecin . Ce reproche d’indifférence adressé aux médecins concerne toutes les maltraitances, qu’elles visent les enfants, les personnes âgées, les handicapés mentaux ou les femmes victimes de violences conjugales. Certains d’entre eux se retrouvent pourtant accusés pour avoir voulu aider l’une de ces victimes sans respecter les formes légales prévues. Entre le devoir de porter secours et le respect de la confidentialité, la voie est étroite.

      https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/044000405.pdf

      Quand les medecin·es font des signalements illes semblent avoir des problèmes :
      https://www.lemonde.fr/archives/article/2000/10/05/l-ordre-des-medecins-saisi-apres-un-signalement-d-eventuels-sevices-sexuels_

      #omerta #déni #complicité

    • On retrouve le même raisonnement sur l’idée de retirer l’exercice de l’autorité parentale : le droit existe ; appliquons-le et interrogeons-nous déjà sur les blocages à son application.

      On restituera intégralement l’article 223-6 durcit en 2018 s’agissant de victimes mineures :

      « Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

      Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.

      Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende lorsque le crime ou le délit contre l’intégrité corporelle de la personne mentionnée au premier alinéa est commis sur un mineur de quinze ans ou lorsque la personne en péril mentionnée au deuxième alinéa est un mineur de quinze ans. »

      Le mot essentiel est ici quiconque , sous-entendu tenu ou non au secret professionnel. On est hors la question du secret prpfessipnnel

      Ce texte n’oblige pas à parler, mais à agir : il oblige à faire la preuve qu’ayant conscience du péril dans lequel se trouvait la personne, on n’aura pas fait le nécessaire à son niveau pour tenter d’éviter que cette situation se cristallise ou la faire cesser. A noter qu’on est sur obligation de moyens, pas de résultat : la démarche peut échouer. La loi consacre un devoir d’ingérence. A l’intéressé de faire le choix des moyens retenus selon les circonstances et l’analyse qu’il en fait : parler ou agir ; en tout cas, ayant posé un diagnostic inquiet, il ne peut rester indifférent. La sanction de l’inaction sera d’autant plus sévère pour le professionnel dont on pouvait penser qu’il savait comment agir ou qui prévenir.

      On observera que pour le législateur l’intégrité de la personne est une valeur plus importante que le respect de sa vie privée : il en vaut 5 ans – 7 pour un enfant victime – de ne pas avoir fait le nécessaire pour protéger une personne quand la violation du secret « vaut » 1 an ! L’orientation donnée par le législateur est claire.

      Faut-il aller jusqu’à leur imposer une obligation parler comme celle de l’article 434-1 CP dont ils sont dispensés ?

      « Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

      En l’état sont exceptés des dispositions qui précèdent, sauf en ce qui concerne les crimes commis sur les mineurs :

      1° Les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et sœurs et leurs conjoints, de l’auteur ou du complice du crime ;

      2° Le conjoint de l’auteur ou du complice du crime, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.

      Mais également (dernier alinéa) les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13 quitte (conf. supra) , et la remarque est essentielle, tout médecin qu’ils soient à agir s’il y a risque de reitération.

      La question est posée régulièrement pour les enfants victimes. Le législateur – proposition de la sénatrice Giudicelli de 2016 – a fini par y renoncer en 2018 avec la crainte que les médecins n’aient plus à se poser la question dès lors qu’ils ne seraient plus mobilisés pour apporter des secours à l’enfant victime. On a fini par affirmer que les médecins qui signaleraient ne risqueraient pas de poursuite pour dénonciation calomnieuse. Cela était déjà évident, mais en l’écrivant on entendait rassérénés les médecins et les travailleurs sociaux. Ce tour de passe-passe a camouflé le fait qu’on ne changeait pas la loi come inégalement souhaité.

      En vérité c’est moins la loi qu’il faut modifier que les mentalités et déjà la connaissance de la loi chez les professionnels et leurs formateurs. Il faut avoir confiance dans la capacité des professionnels de la médecine à gérer les situations de danger quitte à les mieux sensibiliser et former pour évaluer et mobiliser les compétences locales. Plus ils auront une culture générale du dispositif de protection des femmes violentées – ou des enfants en danger- , mieux ils connaitront les termes du dispositif territorial dans lesquels ils interviendront , mieux ils pourront apprécier s’il faut parler ou dérouler leur action. Etant observé, c’est le fruit de l’histoire, que personne seul ne peut prétendre résoudre à elle-même ces situations aussi délicates sur le plan psychologique et douloureuses. Et que les violences infligées par un homme sur sa compagne sont quasiment appelées à se renouveler si rien n’interfère : le respect a disparu et autorise tout chez l’auteur.

      On peut être plus précis sur les violences notamment psychologiques et morales visées mais on n’ira guère plus loin. On devrait privilégier un module de formation initiale ou complémentaire qu’une nouvelle loi.

      On retiendra que rien n’empêche légalement le médecin confronté à une situation de femme maltraitée d’alerter que celle-ci le veuille ou pas notamment si elle est en état de sidération ou d’emprise et incapable d’assurer sa survie.

      https://www.lemonde.fr/blog/jprosen/2019/11/24/violences-faites-aux-femmes-et-aux-enfants-interrogations-sur-les-innovation

    • Autre situation qui me semble se téléscopé avec cette prétendu levé du secret médical :

      Faute de places disponibles en psychiatrie infanto-juvénile, la CGLPL pointe également la gravité de l’hospitalisation des mineurs en service adultes, malgré la prise en charge de qualité par l’unité mobile pour adolescents hospitalisés. Des mineurs de plus de seize ans, mais parfois des enfants dès douze ans, sont hospitalisés au milieu de patients adultes, ce qui accroît leur vulnérabilité. « Des incidents graves sont rapportés au sein des unités d’hospitalisation pour adultes, dont des adolescents seraient victimes, constitués de propos et gestes violents de la part de patients adultes, parfois de nature sexuelle, parfois relatifs à la consommation de produits stupéfiants, sans traçabilité ni suivi satisfaisants. »

      https://www.mediapart.fr/journal/france/251119/psychiatrie-adeline-hazan-etrille-le-centre-hospitalier-du-rouvray

      –---
      Centre hospitalier du Rouvray : la triste routine des violences sexuelles sur mineurs

      Alors que la colère gronde de nouveau au centre hospitalier du Rouvray, la problématique de l’hospitalisation des mineurs reste en souffrance. Elle figure (toujours) en bonne place dans les revendications syndicales qui réclament, sans succès, un service dédié aux adolescents. Mélangés aux adultes, plusieurs mineurs hospitalisés ont subi, ces dernières années, des agressions sexuelles et même un viol. En partenariat avec le CHU, la direction annonce la création d’un nouveau dispositif. L’agence régionale de santé, qui tient les cordons de la bourse, n’a pas encore pris d’engagement ferme.

      Par Manuel SANSON | 24 Sep 2019

      https://www.lepoulpe.info/centre-hospitalier-du-rouvray-la-triste-routine-des-violences-sexuelles-s
      #paywall #violences_médicales

      –---

    • Merci @mad_meg pour ces retours. Assurer le bien être des enfants est vraiment un sujet important qui n’intéresse pas grand monde malgré la situation absolument catastrophique, tant au niveau des violences subies que des conditions de prise en charge et de protection.

      Pourtant, en France, un enfant est tué tous les 5 jours par ses parents ou ses proches. Quid des survivant·es et dans quelles conditions ?

      Les mécanismes de déni sont à l’œuvre et restent soutenus par cette politique démagogique qui médiatiquement fait croire qu’elle agit alors qu’elle retire tous moyens financiers aux centres de soins, aux associations comme aux observatoires. Mais aussi par une politique génératrice de violence qui accroit la misère et la stigmatisation des plus faibles.

      J’ai aussi des questions en suspens sur le fait d’appliquer aux femmes qui ont été violentées une sorte de statut de mineur·es. Il y a urgence à agir pour les plus fragiles. Est-ce que ce biais régalien et de nouveau légaliste, alors que les lois existent déjà comme tu le relèves, n’est pas une façon de masquer le manque d’ambition des changements nécessaires comme la réduction drastique des financements cités plus haut ?
      #mousse_politique

    • C’est pire que ca, le gouv instrumentalise les violences faites aux enfants et aux femmes pour faire passer ses pires biteries. Ce qui l’interesse c’est de se servir de ces violences faites aux femmes et aux enfants pour faire passer des mesures d’économie, des mesures de renforcement du pouvoir patriarcale.
      Ainsi le grenelle du foutage de gueule fait aux femmes fera qu’on inscrit dans la loi que l’autorité parentale est déchue pour les pères auteurs de féminicides. Mais la loi le permettait déjà et même avant que le féminicide sois commis ! maintenant tu pourra déchoir l’autorité des pères seulement en cas d’homicide réussi (car en cas de tentative je présume que ca ne sera plus assez et qu’on laissera la chance de recommencé)

      Par exemple la réforme de l’age de la majorité sexuelle n’as pas permis de protégé les enfants du tout.
      ca à permis
      – de faire baisser l’age du consentement sexuel à 4 ans -
      – de crée une correctionnalisation des viols à travers un tribunal spécial au rabais pour sous citoyennes.

      Pour l’instant leur grenelle pro violences faites aux femmes ca permet :
      – de flatter les racistes, en ressortant la double peine
      – de prétendre coller un flic dans chaque rame de métro pour prévenir les agressions sexistes - projet débile et irréalisable du candidat marcheur blanc pour les municipales parisiennes.
      – de détruire le secret médicale car ca sera l’occasion de vendre des infos et on sais que chez les marcheurs tout est à vendre https://seenthis.net/messages/813090
      – de faire diversion pendant que les réformes qui précipitent encor plus les enfants et les femmes dans la misère - réforme retraites, santé, éducation, administration ciblent avant tout les femmes.

  • La sidération, ou pourquoi on ne se débat pas (toujours) lors d’un viol - Cosmopolitan.fr
    https://www.cosmopolitan.fr/la-sideration-ou-pourquoi-on-ne-se-debat-pas-toujours-lors-d-un-viol,20

    Elles n’ont pas réagi. Ou ont arrêté de réagir à un moment donné. Pourtant, elles n’avaient pas envie. Elles donneraient tout pour avoir réussi à crier non, à se débattre pour échapper à cet agresseur. Elles n’ont pas réussi. Elles, ce sont en réalité 70% des femmes (d’après une étude suédoise datant de 2017) victimes de violences sexuelles (agression ou viol). Elles ont toutes fait face au mécanisme de sidération.

    La sidération est « une impossibilité à contrôler le stress et y répondre », explique Muriel Salmona, psychiatre et psychotraumatologue, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, spécialiste du sujet.
    Le processus de sidération : un court-circuitage pour la survie

    Concrètement, que se passe-t-il dans le cerveau ? Face à un danger, le cerveau nous prépare à la fuite. Une partie du cerveau précisément : l’amygdale cérébrale ordonne la production « d’hormones du stress » comme l’adrénaline ou le cortisol. Les symptômes apparaissent, tels que l’accélération du pouls ou la contraction des muscles.

    Seulement, quand il n’est pas possible de prendre la fuite (ce qui est largement le cas dans ce genre de situation, face à la menace de l’agresseur), le corps est saturé de cet excès d’hormones. Et parce qu’on peut mourir de stress (avec un arrêt cardiaque par exemple), l’organisme se court-circuite.

    La dissociation traumatique, ou l’impression de se détacher de soi

    Muriel Salmona insiste : « la sidération n’est pas liée à la personne mais au danger auquel elle fait face ». Elle n’existe pas seulement dans le cas des agressions sexuelles ou viols, mais pour tous événements traumatisants. Les victimes d’attentats peuvent être frappées par la sidération par exemple.

    « Elle dépend de l’attitude de l’agresseur, de son comportement, de la menace mise en place », liste-t-elle. L’agresseur va observer la victime et en fonction de comment elle réagit, il va mettre en place une stratégie pour sidérer, ce n’est jamais une pulsion, il a pensé les choses ». Un regard, une parole, un geste, et la victime bascule.

    Lors de ce court-circuitage, le cerveau a en réalité libéré des molécules, équivalentes de la morphine (oui, celle qui anesthésie les patients à l’hôpital) et de la kétamine. Il a permis au corps d’accepter l’inacceptable. Un état non sans conséquences : la victime entre dans une seconde phase, celle de la dissociation.

    Récits de #viol au passage...
    #sidération #dissociation #psychologie #victimes

  • La région Île-de-France utilise une partie du budget handicap pour financer une étude sur l’avenir des autoroutes
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/travail-et-handicap/la-region-ile-de-france-utilise-une-partie-du-budget-handicap-pour-fina

    730 000 euros du budget dédié au transport des personnes en situation de handicap vont être utilisés pour financer une consultation internationale sur le devenir des autoroutes, lancée par le Forum métropolitain du Grand Paris, rapporte France Bleu Paris dimanche 8 juillet.
    Le conseil régional se justifie

    « C’est un signal négatif envoyé aux personnes en situation de handicap dans notre région. L’isolement et le manque de mobilité des personnes handicapés est un sujet trop sérieux pour qu’on réduise les budgets », dénonce ainsi Mounir Satouri, qui a découvert cette décision au début du mois de juillet en commission permanente.

    Le conseiller régional de la majorité, Pierre Deniziot, chargé du handicap, explique avoir « budgété 14 millions d’euros alors que les dépenses prévues cette année seront [de] 12 millions d’euros. » "Il n’y a donc pas de réduction de service, c’est de l’argent qui ne va pas être utilisé", dit-il, en défendant la décision de la présidente de la région, Valérie Pécresse, et de son vice-président chargé des transports, Stéphane Baudet.

    Alors que beaucoup de personnes sont encore exclues du programme « Pour aider à la mobilité » (Pam) financé en partie par la région, il déplore cette situation : « Lorsque nous l’avons appris en commission permanente, début juillet, alors que beaucoup de gens sont déjà partis en vacances, (…) nous avons été tout simplement stupéfaits », explique Claude Boulanger, qui est aussi membre du conseil économique, social et environnemental régional.

    #handicap #Île-de-France

  • Accenture consacre 1 milliard de dollars par an à la reconversion de ses salariés
    https://www.lemonde.fr/emploi/article/2019/11/27/accenture-consacre-1-milliard-de-dollars-par-an-a-la-reconversion-de-ses-sal

    Pour anticiper l’automatisation des tâches et les suppressions de postes, le cabinet de conseil américain a fait le choix de former massivement. Tout commence par un bilan. Dorian Twiggs, 36 ans, venait tout juste de déménager de Detroit à Charlotte, en Caroline du Nord. Son nouvel employeur, le cabinet de conseil Accenture, l’avait placée dans une banque, afin de vérifier si tous les documents nécessaires pour décrocher des prêts immobiliers étaient réunis. Cela faisait onze ans qu’elle travaillait (...)

    #Accenture #algorithme #conditions #InternetOfThings #travail #travailleurs

  • #Dijon : pour les #Lentillères, « la victoire ne fait que commencer »
    https://fr.squat.net/2019/11/28/dijon-pour-les-lentilleres-la-victoire-ne-fait-que-commencer

    Communiqué des Lentillères LA VICTOIRE NE FAIT QUE COMMENCER ! Le maire de Dijon a annoncé lundi 25 novembre que les Lentillères allaient être interdites à l’urbanisation. Le projet d’éco-quartier contre lequel nous luttons depuis 10 ans ne verra donc jamais le jour ! C’est une première victoire contre l’urbanisation mortifère de Dijon, et nous […]

    #potager

  • What Are Borders For ?

    For most of history, they marked sovereignty or self-determination. Now their purpose seems to have changed.

    In northern Vermont in the nineteen-eighties and nineties, where I grew up in a town whose name was French but where everyone spoke English, the nearby Canadian border was not imposing. Dirt roads crossed the line where New England’s maples become Quebec’s, with no signs to warn passing hikers when they were under foreign trees. On the main highway north to Montreal were a pair of what looked like tollbooths, adorned with flags stitched with a big red leaf or stars and stripes. And when bored customs officers asked you to halt your vehicle, the inquisition to which you were subjected—at least if your Saab or pickup truck bore Vermont plates—was perfunctory. Documents often weren’t required. You could expect to be asked two questions: where you were headed and if you had any liquor.

    There were benefits, in high school, to living near a province more libertine than our wholesome state. On Monday mornings, louche upperclassmen sometimes turned up in the cafeteria with tales of having dashed north, over the weekend, to where the drinking age was eighteen, for a case of Molson Ice. But the pull of difference was matched with a sense, at least as strong, that the border didn’t so much divide two nations as amble over a contiguous region. Sure, people on our side of the line pronounced Gallic place names in mountain English. (Calais sounded like “callous.”) But our shared climate and past helped feed a sense, among humans who also shared the complexion of February snow (this no doubt helped), that we had more in common with one another than with citizens of our vast nations who lived in far-off Vancouver or Phoenix.

    Such cross-border ties are extremely common, of course, among the many millions of people who live near one of the hundreds of boundaries on earth. Most of the oldest borders date from a couple of centuries ago; many count their age in decades. And the ease with which many people straddled them was until very recently exemplified along the now notorious gran linea to our south, which before the nineteen-nineties neither the United States nor Mexico saw fit to mark with anything more forbidding, along most of its length, than an occasional rock pile in the desert. In a part of the continent once thought too dry to cultivate, that porosity was no less vital for Hispanic ranchers and Native Americans than for the builders of what became an agricultural juggernaut, in California and across the U.S. West, which has long depended on willing workers from the south.

    Now Donald Trump’s dream of “sealing” that border has pulled it into the center of our national life. But as the scholar Matthew Longo underscores in “The Politics of Borders: Sovereignty, Security and the Citizen after 9/11,” although the policies that Trump is pursuing may stand out for their cruelty, they aren’t nearly so much of a departure as we may like to think—either from aims held by his predecessors, or from larger trends in how borders have been changing. In fact, Trump has revealed a new consensus among our political classes—and among hundreds of nations on earth—about what borders are, and what they’re for.

    For most of the twentieth century, the “hard boundaries” that did exist were militarized for actually military reasons. These included contested frontiers like Kashmir and a few Cold War hot spots, like the D.M.Z. crossing the Korean peninsula, where opposing armies and world views stared each other down through rolls of concertina wire. Now such scenes are replicated along borders dividing countries whose shared system of government is democracy and whose armies are at peace. This is seen in the more than two thousand miles of heavily guarded barbed wire that India has erected between itself and Bangladesh; or the electrified fence with which South Africa confronts Zimbabwe; or the potato fields that Hungary has laced with menacing barriers to keep out refugees. Since the start of this century, dozens of borders have been transformed from mere lines on a map into actual, deadly features of the landscape. These are places where, as the geographer Reece Jones notes in his book “Violent Borders,” thousands of people each year are now “losing their lives simply trying to go from one place to another.”

    The once obscure field of “border studies” has won new impetus from the global refugee crisis. But a surge of recent scholarship, of which Longo’s book is perhaps the standout, makes clear that there’s much to be gained from zooming out to examine the history and present of borders everywhere. The ways that borders are evolving in the twenty-first century, in step with changing technology, have profound implications for the future of human rights and international relations—and for the vision of sovereignty that’s shaped both since the first governments embraced the principle of jurisdiction over a strictly defined area of earth.

    Many ancient cultures espoused ties to particular landscapes and the resources or fishing holes they contained. But for several millennia after our species’s first city-states flourished along the Tigris, few such seats of political power presumed to identify precisely where, in the no man’s lands between their cities’ walls, one’s realm ended and another’s began. This continued as certain of those city-states, later on, became empires. When, in the second century A.D., Rome’s legionaries lodged a ribbon of limestone across Britannia’s north, they cared little if Scottish shepherds ambled south with their sheep or hopped Hadrian’s Wall. That boundary, like the famous Ming-dynasty battlements outside Beijing that we call the Great Wall of China, was a military installation—erected to slow invaders from adjoining lands, yes, but also to project power outward.

    The builders of these walls never presumed their domains’ edges to be anything more than provisional; they were less concerned about preventing people from crossing or inhabiting their realms than with maintaining access, when they did, to their taxes and toil. The Mayans may have walked the fields and forests, in Meso-America, to mark where one of their ahawlels’ lands ended. But Malaysia’s negeri city-states—in which rulers maintained firm control over the river systems but made little effort to control the hinterlands beyond their banks—were more indicative of a planet whereon, until several hundred years ago, few people conceived of political territory as exclusive real estate. As medieval fiefs evolved into early states in Europe, their edge-lands were still comprised of what their minders called “marches,” and what we came to call frontiers—contested zones where who was in charge, and whether laws obtained at all, was often in doubt.

    The key moment in the transition to what scholars call the modern state system arrived in the middle of the seventeenth century, with the famous treaty that ended the Thirty Years’ War. The Peace of Westphalia was signed by a hundred and nine principalities and duchies and imperial kingdoms, all of which agreed, in 1648, that states were now the only institutions allowed to engage in diplomacy and war, and that they would also now be accorded the right to “absolute sovereignty” over their territory. There’s a reason that the great majority of political maps we’d recognize as such date from this era: Westphalia gave states a vested interest in laying claim, with the help of the mapmakers they employed, to jurisdiction over a defined patch of sod. This led to some beautiful maps—and implanted in people’s minds, for the first time, shapes like the one we now associate with France. But few efforts were made to make those maps’ borders clear to inhabitants. The question of whose sovereignty certain shepherds lived under, in notoriously liminal zones like the Pyrenees or Alsace, would remain murky well into the era when sovereignty began to be transferred from kings to laws.

    As the Harvard historian Charles S. Maier recounts in “Once Within Borders,” a factor that helped change this, in the nineteenth century, was the spread of new technologies—the telegraph, the railroad—that enabled central governments, even in countries as vast as the United States, to think that they might actually be able to govern all of their territory. Another was a series of increasingly bloody wars in Europe and elsewhere that culminated, between 1914 and 1918, in a conflict that saw humankind kill off some sixteen million of its members. Near the end of the First World War, Woodrow Wilson proposed that the international community might prevent such horrors if it followed his Fourteen Points, which became central, in January, 1919, to the Paris Peace Conference. Key among them was the principle that some of the globe’s borders be redrawn “along clearly recognizable lines of nationality.”

    This vision was born from a war fuelled by the desire of Bosnians and others for self-rule. It also reflected an idea—that any national group should aspire to and defend a sovereign bit of land—that’s animated countless struggles since, for “self-determination” or its opposite. But this idea also had its drawbacks. One was the danger, as another world war soon made clear, of imagining a map of Europe that furnished for each of its language groups what the German geographer Friedrich Ratzel termed a Lebensraum, or “living space.” Another was that Wilson’s dictum pointedly did not extend beyond Europe—and especially not to Africa, whose vast acreage had only recently been carved into territories. Those territories were anything but “clearly recognizable” to the colonial owners who tacked a big map of the continent to the wall of a Berlin ballroom, in 1884, and drew their borders with scant regard for the language groups and ancestral homelands they crossed.

    Such are the tortured roots of our current international system. The United Nations’ expectation that each of its member states respect the territorial sovereignty of its neighbors has formed, since 1948, the core of its efforts to maintain world peace. That most of the U.N.’s members have bought into this notion is why, in the late twentieth century, many of the world’s borders came to resemble the United States and Canada’s. In the nineties, there was a brief turn from this project, as celebrants of globalization hailed a borderless world augured by, for example, the European Union’s opening of internal frontiers. Now that vision has collapsed, eroded by mass migration and anxiety. For scholars like Longo, we have entered an era of “bordering” without precedent.

    What changed? For Longo, the answer, in large part, is 9/11. Since the attacks in New York, he argues, there has been a profound shift in how borders are conceived, installed, and sustained. The most obvious change has been a physical escalation. Over the past eighteen years, for example, the U.S Border Patrol grew to employ twenty thousand agents, becoming the nation’s largest enforcement agency. Throughout the world, anxiety about terrorism has helped drive a trend toward states erecting boundaries to deny entry to potential bad actors. It has seen one prominent U.N. member state, Israel, build some four hundred and seventy miles of barriers, through the territory of its Palestinian neighbors, whose purpose is “security” but which in effect seizes land not regarded by the U.N. as its own. These developments have occurred at a time when the number of people worldwide who’ve been displaced by violence is at an all-time high—some seventy million, according to the U.N. High Commissioner for Refugees.

    Many of those refugees hail from a region destabilized by the United States’ invasion of Iraq, in 2003, and its War on Terror. In the early two-thousands, Mumbai, Madrid, Bali, and London experienced their own terrorist attacks, and, as Longo details in his book—which is distinguished by his efforts to actually speak with the officials responsible for executing the ideas that he’s interested in—those countries gladly followed the United States’s lead. Dozens if not hundreds of states around the world turned questions of customs and immigration enforcement, once left to anonymous bureaucrats, into pressing matters of national defense.

    Not a few scholars of politics and law, in those years, began to try to understand what was happening to the world’s borders. Perhaps the most prescient was Wendy Brown, whose book “Walled States, Waning Sovereignty,” was published in 2010. Brown noted the burgeoning popularity of walled borders, years before Trump’s rise, and predicted that nativist politicians would continue to build boundaries that, she argued in a preface to the 2016 edition, would “not merely index, but accelerate waning state sovereignty.” What she meant was that nation-states were reacting to their dwindling ability to control the movement of information, money, and humans over their territory by building “visual emblem[s] of power and protection that states increasingly cannot provide.” But by doing so, they only highlighted their lack of control, enriching the traffickers and syndicates that have profited from having to find new ways to get their desperate clients and wares, obstacles be damned, where they want to go.

    About the latter point, Longo can’t disagree. But he has a different argument to make about what “bordering” tells us about the future of states. Sovereignty, to his mind, hasn’t so much waned as transformed. Governments today have never known so much about the people they govern, or been more determined to know more about those entering their territory. For these same reasons, they’ve come to share the once indivisible responsibility for policing their edges. This is the second plank of the post-9/11 shift: with the hardening of physical barriers came the rise, unprecedented in history, of cross-border collaboration in the name of surveillance. This obtained even in the most neutral of boundaries. In the summer of 2003, I returned home from a visit to Canada and was asked for the first time, by an officer dressed in the stiff new duds of the Department of Homeland Security, to hand over my passport. I can still recall being struck, as he scanned its barcode into a computer, by a thought that now seems quaint: the government was endeavoring to track and store data, accessible in real time, about every time any person left or entered the U.S.

    Borders were once where sovereignty ended, or began. Now they’re places where states partner with their neighbors to manage and monitor who and what moves between them. This trend toward “co-bordering”—the joint management of overlapping jurisdictions—is a momentous change, Longo writes. It’s also a product of our era, in which national defense has become a matter less of confronting rival states than of working out more efficient ways to, in the words of one Pentagon official, “magnify our focus down to the individual person level.” At the U.S.-Mexico border, one U.S. official says, this means working with his Mexican counterparts to build a “layered detection system that focuses on risk-based screening, enhanced targeting and information sharing.” Another puts it this way: “The wider we make our borders, the more effective we’ll be.” The quote neatly summates what Longo calls the trend to “thick” borders, witnessed around the world.

    In the U.S., these trends have been formalized in treaties to which we’re now party with both Mexico (the 21st Century Border Initiative, signed in 2010) and Canada (the Beyond the Border agreement, from 2011), which allow for joint surveillance and policing hundreds of miles to either side of where the respective countries meet. The agreements also foster more electronic forms of coöperation: the building of “inter-operable” databases that contain biometric and biographical data for the hundreds of millions of people who call the continent home or have visited its shores. In a 2012 report, D.H.S. put it tersely: “Our vision for the northern border cannot be accomplished unilaterally.” The fact that Canadian Mounties are now empowered, with cause, to board an American vessel off the coast of Maine suggests a rather different vision of sovereignty than the one conjured by “America First.”

    Europe is even further ahead. The E.U.’s member states haven’t merely banded together to head off migrants—whose fingerprints whatever E.U. state they land in is rule-bound to collect. They’ve also made data on the inhabitants of the Schengen Area, which lacks border checks, available to one another. Across the sea in North Africa, Tunisia and Egypt have been pushing for regional border-security arrangements to confront continued instability in Libya. The member nations of the East African Community—Tanzania, Kenya, Uganda, Rwanda, Burundi, and South Sudan—now maintain shared patrols around Lake Victoria. Even India and China, never models of trusting bonhomie, have since 2013 had an accord in place “to improve security along their 4,056-kilometer border . . . [and increase] cooperation on a military-to-military basis.”

    As in the nineteenth century, technology is what has enabled the state to maintain—or aspire to—control. In recent months, a few U.S. cities banned the use of facial recognition on their streets. But an arguably bigger story about the same technology—by which F.B.I. and ICE agents have been making extensive use of millions of driver’s-license photos culled from state D.M.V.s—highlights how our laws will struggle to keep pace with overreach. (Another example can be glimpsed in the D.H.S.’s push to legalize and expand its officers’ practice, recently revealed, of collecting DNA from detained migrants.) In China, facial recognition is already being used on a mass scale. And in Xinjiang, the home region of the oppressed Uyghur minority, the state has even taken to installing an app on the smartphones of everyone who resides in or enters the region. The app transmits to Communist Party police users’ private habits, as well as their daily travels around the Internet.

    Data has already made tech companies rich, and its strategic import to modern governments is plain. “Data is the new oil,” one Brazilian researcher explains. “Every government has become dataholic.” This emerges, in Longo’s account, as the reason that borders, quite apart from their use for the staging of populist or authoritarian dramas, have become so important: they’re where it’s legal for the government to capture the information that its bureaucracies covet. There was a time when you had to commit a crime, or be suspected of committing one, to have your fingerprints and photograph taken by an officer of the state. Now all you need to do is take a trip.

    For many scholars, the solution to all this lies in addressing the violent inequality that’s pushed a quarter billion people to leave their countries for a better life. This, for anti-capitalist academics like Reece Jones, would entail some familiar-sounding steps. The most prominent is open borders—one of those odd issues where, less for moral than for macroeconomic reasons, libertarian and left-wing positions congrue. Lifting limits on migration has been espoused by writers as divergent in outlook as the Wall Street Journal columnist Jason Riley, the author of the 2008 book “Let Them In: The Case for Open Borders,” and Suketu Mehta, whose important new book “This Land Is Our Land: An Immigrant’s Manifesto” cites the same strong evidence: more immigrants means more jobs. In rich countries where productivity is declining as fast as the birth rate, Mehta insists, “the immigrant armada that is coming to your shores is actually a rescue fleet.”

    But even if we begin to understand this, the main reason that hard borders aren’t going anywhere, Longo argues, has nothing to do with either economics or populism. It has to do with technology’s still-growing role in what nation-states do. In 1975, Michel Foucault famously identified what he called the “oldest dream of the oldest sovereign,” the panopticon: that circular prison whose sight lines were such that a warden at its center could keep tabs—or pretend to—on every subject in his realm. Now even the world’s most liberal governments have tools for gathering information that would have made the Stasi blush. Governments controlled by data, rather than vice versa, begin to process people as “readable texts” rather than as citizens. Borders, in turn, become the places in which those bureaucracies can most easily produce the “data double” that we’ve all become. Longo underscores what this means. “A central aim of this book,” he writes, “has been to identify the grand strategic shift away from nation-states and toward individuals. But what if this foretells the end of the individual too, now at the expense of the sub-individual, a subject composed of data points?”

    It’s a troubling suggestion, not least because of the stark divide that’s already emerged between countries willing to share those data points and those that aren’t. This digital “firewall,” invoked by several of Longo’s sources, excludes anyone whose government doesn’t have the capacity or will to issue passports whose chips and barcodes possess their holders’ vital information. It threatens to turn humans without data, in a word, into humans without rights. With rich countries now admitting foreign nationals based on how much they “trust” the data attached to their passport, such divides will only further inflame the perceived split between nations that have joined modernity and those outside it.

    To explain what this all portends, Longo turns to another hazy episode from history that Foucault used to illuminate his theories of modern society. It involves the moment when many medieval towns were spurred by rapid growth, in the eighteenth century, to do away with their walls—losing their ability to down their gates at night and to monitor, during the day, entries and exits. This change, in Foucault’s account, introduced to those towns a new anxiety about vagrants and outsiders. The shift gave birth to modern policing; armed guards turned their gaze from the horizon to the streets below them. The question for the sovereign state, then as now, wasn’t whether or not to have walls—it was where to put them. The answer, in the centuries since, has evolved with shifts in ideology and geopolitics and technology alike. But the conclusion reached by our republic and most nation-states today, whether spurred by populist strongmen or their own bureaucracies’ needs, about whether to wall their territories’ edges or more aggressively surveil what they contain, is plain: do both. In our new age of “bordering,” the border is drawing nearer, all the time, to the edge of the body itself.

    https://www.newyorker.com/books/under-review/what-are-borders-for
    #frontières #souveraineté #droits_humains

    ping @mobileborders

  • via Terres Communes

    ‼️ 😡😡 Sus aux précaires, aux roms, aux gens du voyage, aux immigrés, aux zadistes, aux plus pauvres, aux personnes ayant choisi ou non d’habiter dans des habitats légers hors PLU, c’est en somme ce que l’assemblée nationale a votée le Jeudi 21 Novembre 2019 via l’article 14 dans le cadre de la Loi Engagement et Proximité !

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/11/22/loi-engagement-et-proximite-les-maires-pourront-mettre-des-amendes-pour-cons

    200 euros par jour d’amende jusqu’à 25 000 euros possible au total pour les personnes occupant des logements non inscrits dans les schémas d’urbanisme, c’est à dire que lorsque le décret d’application sortira, les personnes habitant dans des caravanes, yourtes, cabanes, camions et bus aménagés, tentes, etc... pourront être soumis à des amendes exorbitantes et impossibles à payer par simple décision du Maire qui acquiert ainsi un pouvoir de police et de justice à la fois !

    Quasiment aucune mobilisation à ce jour en France contre cet article de loi (excepté à Paris via l’appel de plusieurs associations le jour du vote de la loi), tandis que les médias ne l’ont quasiment pas relayé.
    Lors de la loi LOPPSI 2 qui prévoyait l’expulsion des habitats légers, une forte mobilisation nationale avait permis l’annulation de l’article de loi visant les habitats légers.
    Il est peut-être temps de s’y mettre à nouveau ?... 🤔

    Le gouvernement précarise à tout va et montre également sa volonté de supprimer toute possibilité de vivre de manière alternative !

    A partir du 5 Décembre, ce n’est pas seulement contre la réforme des retraites que nous nous battrons, c’est également contre le rouleau compresseur de lois liberticides, répressives, discriminantes, anti-pauvres, anti-écologiques, etc... que nous devons nous soulever !

    Et nous espérons également que comme pour la LOPPSI2, les associations HALEM et DAL appelleront à des occupations de centre-ville pour stopper cette marche en avant vers la mise au pas de toute la société et la précarisation des déjà précarisés ! ✊

    Il est temps d’en finir avec cet imaginaire du petit colibri qui peut changer le monde de manière individuelle ou en communautés retranchées « hors du système », cette loi et tant d’autres nous montrent que même si créer des alternatives est nécessaire, la lutte collective contre ce système mortifère est vitale pour préserver notre avenir commun !
    Nous n’en sommes plus à simplement nous battre pour un autre futur désirable, nous en sommes à nous battre tout simplement pour notre liberté et notre survie !

  • Les personnes en situation de handicap suspectées à leur tour d’être des « fraudeurs »
    https://www.bastamag.net/Fraude-fraudeurs-handicap-AAH-Cour-des-comptes-revenu-social-universel

    La Cour des comptes s’attaque dans un rapport à l’allocation adulte handicapé. Elle réclame une « détection des demandes frauduleuses » et accuse même les médecins de produire des « certificats de complaisance ». Après les chômeurs, après les allocataires du RSA, les personnes en situation de handicap sont-elles la nouvelle catégorie de pauvres que le gouvernement va soumettre à des contrôles « renforcés » ? C’est ce que donne à penser un rapport de la Cour des comptes publié le 25 novembre. Celui-ci se (...) En bref

    / #Luttes_sociales, Quel avenir pour nos #Protections_sociales ?, #Inégalités, Protections sociales

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

    • Au Royaume-Uni aussi, il y a une dizaine d’années, le gouvernement avait mis en œuvre des sanctions contre les personnes handicapées et en longue maladie, considérant que beaucoup n’étaient pas vraiment en incapacité de travailler. Puis ces sanctions avaient été étendues à l’ensemble des demandeurs d’emplois et des travailleurs pauvres qui perçoivent une allocation. Puis, toutes les allocations sociales (handicap, RSA, aide au logement…) ont été fusionnées dans un système dit de « crédit universel ». Macron a le même projet avec son « revenu social universel ». Une fois toutes les allocations fusionnées, tous les allocataires seront-ils de même soupçonnés de frauder ?

      C’est une très classique migration de population allocataire d’un droit au chômage de plus en plus restreint vers les prestations destinées aux handicapées qui est ainsi anticipée. Y compris en exploitant/renversant des exigences d’intégration sociale par l’emploi.
      Ce phénomène, massif et transitoire (on se charge d’y mettre bon ordre a postériori, ici c’est anticipé), a été observé aux Pays-Bas (avec 10 ans de reconnaissance de nombreux "handicapés sociaux pour lesquels on constatait le manque de revenu issu de l’emploi comme du droit au chômage) puis au R.U. où les prestations handicapées ont été utilisées comme refuge, dernier support social, lorsque le #droit_au_chômage a été raboté, avant de se voir elles aussi contingentées. Comme dans le cas des migrants sans papiers, y a pas de surnuméraires, juste une gestion de la population qui la stratifie et la balkanise.

      NB : divers articles connexes sont indiqués en pied de page de l’article cité de bastamag cité ici.
      #employabilité #AAH #MDPH #Caf

    • Ce matin je me rends compte que j’ai fini par oublier la phrase du psy qui m’a filé l’AAH et choisi de ne pas m’aiguiller vers des dispositifs d’insertion par l’emploi, décidant que ma vie serait une vie à part, aussi éclatante ou misérable que je le mériterais. Et plus de seize ans après, je suis en train de choisir de ne pas faire ma demande de renouvellement, genre ça passe ou je casse.

  • Gilets jaunes : les interdictions de manifestation, l’autre face de la répression - Rapports de Force
    https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/gilets-jaunes-les-interdictions-de-manifestation-lautre-face-de-la-r

    Du coup, les amendes et les peines de prison pleuvent sur le mouvement des gilets jaunes, souvent assorties de peines complémentaires d’interdictions de séjour ou de manifester. « Nous avons vu une gradation. Nous sommes passés d’interdictions localisées à une ville pendant trois mois à des limitations touchant l’ensemble du territoire national pouvant atteindre deux ans », s’alarme Jean-Jacques Gandini. Inquiet à l’approche du mouvement de grève potentiellement reconductible du 5 décembre, l’ancien avocat observe que « l’État se concentre de plus en plus sur sa fonction régalienne de maintien de l’ordre pour protéger les intérêts du système capitaliste ». Pour lui, « il y a un glissement d’un État de droit vers un État autoritaire qui pourrait, si cela continue, aller vers un État policier ».

  • « Une allocation d’autonomie pour les étudiants n’aurait rien d’une utopie budgétaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/27/une-allocation-d-autonomie-pour-les-etudiants-n-aurait-rien-d-une-utopie-bud

    Dans une tribune au « Monde », Tom Chevalier, politiste et chercheur au CNRS, souligne que le « salaire étudiant », également appelé allocation d’autonomie, est un dispositif déjà présent dans les pays nordiques, où il joue un grand rôle au service de l’égalité des chances.

    « Au Danemark, chaque étudiant peut bénéficier d’une allocation mensuelle d’environ 700 euros pendant six ans » (Illustration : trouver un logement est une étape difficile pour un étudiant sur trois, selon une étude de l’Observatoire de la vie étudiante). Tribes of the city (CC BY-NC-SA 2.0)

    Tribune. La tentative de suicide d’un étudiant qui s’est immolé par le feu à Lyon (Rhône) le 8 novembre a mis à l’agenda l’enjeu de la précarité étudiante. Selon l’Observatoire national de la vie étudiante, 22,70 % des étudiants déclarent en effet avoir été confrontés à d’importantes difficultés financières durant l’année 2016, et moins de la moitié (45 %) déclare avoir assez d’argent pour couvrir ses besoins mensuels. L’événement dramatique de Lyon a réactivé, pour lutter contre cette précarité, la revendication d’un « salaire étudiant ».
    Lire aussi Quand l’UNEF se dotait d’une charte
    Cette question est ancienne puisqu’elle provient de la charte de Grenoble de 1946, fondatrice du syndicalisme étudiant et qui reconnaissait l’étudiant comme un « jeune travailleur intellectuel ». L’idée de « salaire étudiant » s’est ensuite progressivement confondue avec celle d’« allocation d’autonomie », même si les appellations diffèrent. Cette idée s’est largement diffusée hors des cercles syndicaux, notamment dans les années 2000, avec la publication de nombreux rapports sur le sujet.

    Mesure réalisable
    A cet égard, on peut notamment citer les rapports du Commissariat général du plan « Jeunesse, le devoir d’avenir », issu en 2001 d’une commission présidée par Dominique Charvet, et « Pour une autonomie responsable et solidaire », de Jean-Baptiste de Foucauld et Nicole Roth, en 2002. Il y eut aussi, en 2007, le rapport sur « Les dotations en capital pour les jeunes », du Centre d’analyse stratégique ; en 2009, le « Livre vert de la Commission sur la politique de la jeunesse », présidée par Martin Hirsch ; en 2017, « Arrêtons de les mettre dans des cases ! », rapport au premier ministre de Célia Vérot et Antoine Dulin.
    Plusieurs chercheurs ont aussi souligné l’effet positif de la mise en place d’un tel dispositif, qu’il s’agisse de sociologues, comme Camille Peugny, dans Le Destin au berceau (Seuil, 2013), ou d’économistes, comme Thomas Piketty, dans Capital et Idéologie (Seuil, 2019). Cette mesure est réalisable puisqu’elle existe déjà dans les pays nordiques, où elle accompagne le droit à la formation tout au long de la vie ainsi que l’individualisation de la citoyenneté sociale.

    Ces rapports et travaux proposent la mise en place d’une allocation d’autonomie sous la forme d’un « droit de tirage pour la formation » : chaque étudiant aurait le droit de bénéficier d’une allocation mensuelle lui permettant de poursuivre des études. Certains considèrent qu’une telle allocation relève de l’impossible, notamment en raison de son coût. Il n’en est rien : tous les pays nordiques l’ont mise en place, alors même que la poursuite d’études supérieures y est gratuite, afin de promouvoir l’égalité des chances. Au Danemark, chaque étudiant peut bénéficier d’une allocation mensuelle d’environ 700 euros pendant six ans.
    Le Haut Conseil de la famille (HCF) a publié en 2016 un rapport sur les jeunes de 18 à 24 ans où il présentait les enjeux de la mise en place d’une telle allocation d’autonomie en France. Pour une allocation d’un montant du revenu minimum (environ 462 euros mensuels en 2016), qui est aussi environ le montant de la bourse la plus élevée, lissé sur douze mois, le HCF nous dit que la mesure coûterait environ 12 milliards d’euros.

    En rien une utopie budgétaire
    Il faut toutefois également prendre en compte tous les autres dispositifs d’aides aux étudiants dont les budgets seraient réalloués à cette nouvelle allocation, comme les bourses, les exonérations actuelles qui leur sont liées, les dépenses fiscales aux familles, et les prestations familiales allouées aux parents des étudiants de 18 à 20-21 ans – ce qui revient à environ 7,7 milliards d’euros. Le besoin de financement s’élève donc en fin de compte à 5,3 milliards d’euros.
    A titre de comparaison, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, dont l’efficacité en termes de créations d’emplois a été fortement critiquée, a coûté 21 milliards d’euros en 2018, tandis que la suppression de la taxe d’habitation coûterait environ 17,6 milliards : la mise en place d’une allocation d’autonomie n’a donc rien d’une utopie budgétaire.

    Si la mise en place d’une allocation d’autonomie est possible pour lutter contre la précarité étudiante et promouvoir l’égalité des chances, elle s’insère dans un contexte spécifique. D’abord, elle accompagne le droit à la formation tout au long de la vie promu dans les pays nordiques, se traduisant par deux caractéristiques de leur enseignement supérieur.
    D’un côté, le système éducatif en général y est faiblement inégalitaire, tandis que le système éducatif français, très élitiste, produit au contraire de fortes inégalités, avec un enseignement supérieur très segmenté, notamment en raison de la dualité historique entre universités et grandes écoles.

    Des étudiants vus comme des adultes
    D’un autre côté, les études supérieures n’y sont pas considérées comme un seul prolongement du secondaire. Autrement dit, non seulement le cumul emploi-études y est plus aisé, mais les allers-retours entre emploi et études sont possibles et encouragés tout au long de la vie : le destin scolaire et professionnel n’est ainsi pas fixé à 23 ans sans possibilité de réflexion ou de seconde chance pour les jeunes, comme c’est le cas en France.
    Une allocation d’autonomie suppose par ailleurs de reconnaître le statut d’adulte des jeunes, et en l’occurrence des jeunes adultes scolarisés, en individualisant la citoyenneté sociale. En France, la citoyenneté sociale est familialisée dans la mesure où les jeunes adultes sont considéré·es comme de « grands enfants » : il revient aux parents de s’occuper de leurs enfants, même majeurs, a fortiori lorsqu’ils ou elles sont scolarisé·es, comme l’a bien montré le film d’Etienne Chatiliez Tanguy (2001).

    D’où l’importance de la politique familiale dans les aides aux étudiants et le fait que les bourses dépendent du revenu des parents. Or, dans les pays nordiques, les jeunes peuvent bénéficier en leur nom propre des prestations sociales en général, et de l’allocation d’autonomie en particulier, puisqu’ils sont vus comme des adultes qui ne dépendent plus nécessairement de leurs parents sur le plan financier.
    Cette reconnaissance du statut d’adulte des jeunes que permet une telle individualisation renforce en retour leur niveau de confiance dans les institutions. A l’opposé, ces niveaux sont particulièrement bas dans le cas français, la familialisation étant perçue comme une infantilisation, et donc comme une forme de défiance de la part de l’Etat vis-à-vis de sa jeunesse.

    #étudiants #allocation-d’autonomie #revenu

    • Je mets en exergue cet extrait qui montre bien qu’on saurait où trouver de l’argent.

      Il faut toutefois également prendre en compte tous les autres dispositifs d’aides aux étudiants dont les budgets seraient réalloués à cette nouvelle allocation, comme les bourses, les exonérations actuelles qui leur sont liées, les dépenses fiscales aux familles, et les prestations familiales allouées aux parents des étudiants de 18 à 20-21 ans – ce qui revient à environ 7,7 milliards d’euros. Le besoin de financement s’élève donc en fin de compte à 5,3 milliards d’euros.
      A titre de comparaison, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, dont l’efficacité en termes de créations d’emplois a été fortement critiquée, a coûté 21 milliards d’euros en 2018, tandis que la suppression de la taxe d’habitation coûterait environ 17,6 milliards : la mise en place d’une allocation d’autonomie n’a donc rien d’une utopie budgétaire.

  • Quand un prof démissionne (BALLAST)
    https://www.revue-ballast.fr/quand-un-prof-demissionne

    Un chiffre : entre la ses­sion 2019 et 2020 du concours d’en­sei­gnant en lycée pro­fes­sion­nel, le nombre de can­di­dats a dimi­nué de 20 %. Une décla­ra­tion : en visite la semaine der­nière dans un lycée pro­fes­sion­nel d’Indre-et-Loire, le ministre de l’Éducation natio­nale, Jean-Michel Blanquer, a loué « les res­sources humaines, l’é­pa­nouis­se­ment des per­son­nels, le bon­heur au tra­vail ». Entre les deux : un fos­sé. Celui d’un quo­ti­dien réel­le­ment vécu, que la com­mu­ni­ca­tion du pou­voir enjambe toute honte bue. Hugues Fardao, pro­fes­seur de lettres dans un lycée poly­va­lent nor­mand jus­qu’à cette année, a choi­si de démis­sion­ner pour pro­tes­ter contre ce qu’il appelle la « fran­ce­té­lé­com­mi­sa­tion de l’Éducation natio­nale » et « la casse du ser­vice public ». Si cer­tains ensei­gnants conti­nuent de miser sur la lutte syn­di­cale ou poli­tique, il estime, lui, n’être plus en mesure de sur­mon­ter les contra­dic­tions éthiques et pro­fes­sion­nelles impo­sées par le minis­tère. Une déci­sion dif­fi­cile qu’il nous raconte.
    […]
    « Mais là, la goutte d’eau, c’est la perte de sens de mon métier. D’ordinaire, à chaque réforme, on prend ce qui marche et on laisse le reste, selon les classes, les niveaux ou notre pédagogie. On amortit le choc, on protège les élèves en faisant ce qui nous semble bon, avec l’expérience de ce qui fonctionne ou non. Mais la réforme pour une « École de la confiance », c’est un rouleau compresseur qui nous tombe dessus : ça verrouille tout, c’est imposé dans l’urgence et sans concertation. C’est une réforme profondément inégalitaire.
    […]
    C’est un mur incroyablement épais dont chaque brique de non-sens est soudé par le ciment du mépris — en bonus, l’ignorance du public, au mieux ; sa haine anti-profs, au pire. C’est à pleurer de rage, quand on croit dur comme fer à l’instruction, de se rendre compte que les pauvres vont morfler comme pas possible, encore plus qu’avant, avec en plus le sourire de façade du ministre et l’appui béat et hypocrite des inspecteurs. »

    #éducation #réforme_du_lycée #conditions_de_travail #perte_de_sens

  • Dons de corps à la science : un charnier au coeur de Paris
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/dons-de-corps-a-la-science-un-charnier-au-coeur-de-paris-20191127

    Des milliers de corps étaient livrés à la pourriture et aux rongeurs en raison de la vétusté des lieux, ou vendus à des entreprises privées, selon L’Express.

    Les révélations font froid dans le dos : en plein coeur de Paris, à la prestigieuse faculté de médecine Paris-Descartes, le Centre du don des corps (CDC) s’est transformé en véritable charnier pendant « des décennies », et ce au moins jusqu’en 2018, révèle une enquête de L’Express mardi 26 novembre.

    #médecine

    • Outre les graves problèmes éthiques liés au respect dus aux morts, la vétusté des lieux a ainsi posé la question des conditions de travail déplorables des médecins .

      Pas d’inspection du travail ni de l’hygiène depuis plusieurs décennies.
      #travail #santé

      Un corps entier pouvait ainsi être vendu 900 euros, un membre 400 euros. Une tarification votée en 2011 par le conseil d’administration de l’université. Frédéric Dardel*, interrogé par L’Express, défend cette vente de dépouilles votée sous sa présidence : « Les corps représentent un coût marginal, il est normal que ceux qui les utilisent payent ». Selon un audit de KPMG, les organismes privés auraient ainsi contribué à 75% du chiffre d’affaire du CDC en 2013.

      Celleux qui les utilisent ce sont pas les étudiant·es en médecine ? Je croyait aussi que le corps humain ne pouvait pas faire l’objet de commerce en France

      En France, la philosophie du droit des contrats s’oppose au concept de vente d’organes, puisque le corps humain est légalement placé hors du commerce.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_d%27organes

      « Élaboré par la doctrine jusnaturaliste, le principe d’indisponibilité du corps humain trouve, entre autres, sa consécration jurisprudentielle avec la prohibition de la maternité de substitution en 1991. »

      -- Borrillo 2011, p. 93-94

      Le principe d’indisponibilité du corps humain serait une règle non écrite mais dont l’existence est affirmée depuis 19754 par la Cour de cassation.

      En France, ce principe se rattacherait à la notion de dignité, inscrite dans le Code civil (art. 16 sq.5) depuis les lois de bioéthique de 19946 (alors que cette notion existe peu, par exemple, dans le droit américain7). Toutefois, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait formulé cette notion dès le début des années 19808.

      Le corps est ainsi affirmé par certains auteurs res extra commercium9. Le Code civil, antérieurement à la réforme de l’ordonnance du 10 février 201610, disposait ainsi :

      « Il n’y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l’objet des conventions. »

      -- Article 1128 ancien du Code civil11

      Les problèmes posés par la conception du corps comme chose, même comme une chose hors commerce, ont été soulignés par d’autres auteurs12,13. Cette prohibition a été remplacée par celle, plus générale, des contrats dont les stipulations dérogent à l’ordre public (formulation qui ne fait plus référence « aux choses ») :

      « Le contrat ne peut déroger à l’ordre public ni par ses stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou non par toutes les parties. »

      -- Article 1162 du Code civil14

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Indisponibilit%C3%A9_du_corps_humain

      *Frédéric Dardel, président de Paris Descartes et aujourd’hui conseiller de la ministre de la recherche, Frédérique Vidal. Un marcheur blanc récompensé pour sa capacité alchimique à transformer les cadavres humains en or.

    • Frederic Dardel - responsable de ce scandale et couvert par la ministre de la dégradation des universités et de la recherche.

      extrait de sa fiche wikipédia

      Le 26 novembre 2019, la journaliste Anne Jouan, journaliste chevronnée,6,7 publie un article dans le journal l’Express intitulé : Don de corps à la science : un charnier au coeur de Paris8. L’Express évoque des photos datant de fin 2016, issues d’un rapport rédigé par le directeur du CDC et remis au président de l’université Paris-Descartes. Elles montrent « des cadavres par dizaines, au milieu d’un fatras indescriptible », des corps « démembrés », une tête qui « gît sur le sol ». Ce même rapport fait état « d’installations vétustes, inadaptées, ne respectant pas les obligations légales », de « chambres froides non hermétiques, avec des pannes à répétition » ou encore de « prolifération des souris, des mouches, avec ponte ». L’hebdomadaire assure que ce qu’il qualifie de « charnier » a existé « pendant plusieurs dizaines d’années », avec une « aggravation à partir de 2013 ».9

      Rapidement repris par d’autres journaux comme Le Point10, ou le Huffington Post11, le Figaro12 ou encore Le Monde13, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. L’hôpital René Descartes décide de fermer en urgences son centre de don de corps resté ouvert jusqu’au lendemain de la parution de l’article14. L’administratrice provisoire de l’Université est Mme Maria Pereira da Costa15. En poste depuis deux mois seulement après l’éclatement du scandale, elle a pris la direction de l’Université par interim à la suite de la promotion de Monsieur Frédéric Dardel auprès du cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation16.

      Selon la journaliste Monsieur Frédéric Dardel ne pouvait ignorer l’état dans lequel était le service de don des corps. Dans un article du 27 novembre 2019, le journaliste Idriss Aberkane accuse directement l’ancien président d’avoir orchestré ce centre en ayant pleine conscience de la situation. Le journaliste écrit alors : " On se croirait au Moyen Âge, par quelque commerce immonde du cimetière des Innocents, et Dardel de poursuivre, quand son service vend les morts, « comme je n’avais pas de moyens pour des travaux, j’étais embarrassé ». On ne peut que comprendre l’indignation de la Pr. Brigitte Mauroy, urologue et présidente démissionnaire, en 2017, du comité d’éthique du Centre du don des corps (CDC) de Paris-Descartes : « L’histoire se souviendra que vous avez fossoyé la plus grande structure anatomique de France. » Pour des faits aussi graves, et durables, ce n’est pas une mauvaise journée, ni une mauvaise année, mais une mauvaise présidence entre 2011 et 2019, pour le biologiste Frédéric Dardel, ancien polytechnicien, devenu depuis conseiller de la ministre Frédérique Vidal. L’homme a même été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2015, quand il blanchissait déjà sous le harnais quatre ans dans le commerce des morts…"17.

      Au 28 novembre 2019, Monsieur Frédéric Dardel n’a pour l’heure par répondu aux accusations du journaliste.

      –-

      Le 30 juillet 2013, il est chargé avec Denise Pumain de réfléchir à l’institution qui prendra la succession de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) et de rendre un rapport sur le sujet pour les premiers jours de décembre 201324. Mais le rapport Dardel-Pumain, finalement publié le 24 janvier 2014, suscite l’étonnement car il s’appuie sur une version périmée de la loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche - sur l’application de laquelle il est censé fournir des préconisations - et paraît en retrait par rapport aux recommandations des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche.
      –-
      En mai 2017, il se distingue en envoyant un courriel signé appelant ses étudiants à ne pas voter pour le Front national et à voter pour Emmanuel Macron, franchissant ainsi comme il le précise « une limite que je m’étais fixée en accédant à la fonction de chef d’établissement ».

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Dardel#Scandale_du_charnier_de_Paris

      Je relève au passage qu’en mai 2017 un directeur d’université donne des recommandation de vote à ses étudiant·es alors qu’on expulse les femmes sous prétexte d’un couvre chef mais pas un directeur d’université.

      Je relève aussi que le directeur précédent de ce charnier était Axel Kahn (2007-2011).

      En 2015 Frederic Dardel à reçu la légion d’honneur (probablement pour sa bonne gestion de l’université, qui part en sucette de manière exponentielle à partir de 2013).

      Le plus rigolo c’est qu’en 2013 il préfaçait un ouvrage collectif sur « La générosité ».

      Ce marcheur blanc n’est pas intéressé uniquement par les bénéfices financiers qu’on peu tiré des cadavres, il semble militer pour vendre aussi les données génétiques des personnes encore vivantes :


      http://fr.1001mags.com/parution/svm/numero-294-jui-aou-2010/page-26-27-texte-integral

    • Sur le don de son corps à la science en France -

      Dans le communiqué de l’université :

      Le don du corps est gratuit ; le fonctionnement du centre génère des coûts (préparation, sérologie, conservation, mise à disposition et obsèques) qui sont demandés aux professionnels utilisateurs du centre.

      https://www.parisdescartes.fr/communique-centre-du-don-des-corps

      C’est un gros mensonge car c’est pas gratuit du tout :

      Depuis 1887, la loi française autorise tout adulte à faire don de son corps à la science après son décès. C’est le principe de la liberté des funérailles. Toutefois, sachez qu’il ne s’agit en aucun cas d’échapper aux dépenses à engager en matière d’obsèques. En effet, cette démarche n’est pas gratuite !

      Ainsi, la plupart des structures acceptant ce type de don – Centre Hospitalier Universitaire, centre de formation ou centre de recherche à la faculté de médecine – n’ont pas les moyens de prendre en charge le fonctionnement du service, le transport du corps et sa crémation ou son inhumation. Les frais s’échelonnent donc de 200 euros à 900 euros en moyenne, payables d’avance par le donateur, par son contrat obsèques ou encore par ses proches.
      ...
      Comment se passe le don en lui-même, une fois le décès survenu ? Vos proches doivent prévenir le plus rapidement possible le centre de don qui fera transporter votre corps avant toute mise en bière (48 heures maximum). Au laboratoire, il sera traité pour être conservé soit par congélation, soit par injection de produits chimiques. Il pourra ensuite être disséqué, servir pour la répétition d’interventions chirurgicales ou encore de sujets d’expérimentations pour des recherches fondamentales ou cliniques. Mais quel que soit son devenir, les professionnels de santé veillent toujours à son strict respect.

      https://www.ladepeche.fr/article/2016/02/12/2275958-faire-don-corps-science-cout.html

      –---
      Du coup le « don » qui n’est pas gratuit contrairement à ce que dit le communiqué de l’université coute de 200 à 900€ et Frédéric Dardel promu conseillé de la ministre revendait ces corps à 900€ pièce.

      Sur le site du gouvernement il est bien question d’un cout :

      COUT :
      L’établissement de santé, de formation ou de recherche assure à ses frais l’inhumation ou la crémation du corps.

      Par contre, aucun texte ne précise qui est responsable du coût du transport du corps. Selon les centres de don, vous pouvez être amené à prendre en charge ce coût.

      Avant tout engagement, renseignez-vous sur les différents frais qui seront à votre charge ou à la charge de vos proches.

      https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F180

      Le site du gouvernement renvoie vers un lien du réseau CHU qui qui parle aux gens comme si c’etait des déficients mentaux et affirme aussi que le don n’est pas gratuit du tout :

      Troisième démarche : je me renseigne pour connaître les procédures et, en particulier, celle du coût du don de mon corps à la science. Tout a un prix et en même temps qu’un formulaire officiel, la plupart des centres vont vous adresser soit une facture ou soit vous recommander de prendre une assurance obsèques pour couvrir les frais entraînés par votre don. En effet, la plupart de ces structures n’ont pas les moyens de prendre en charge le fonctionnement du service, le transport du corps et sa crémation ou son inhumation. Il n’y a pas de cadrage national sur le montant de ces frais qui s’échelonnent de 200 à 900 € en moyenne car chaque établissement a ses propres règlements et ses propres critères de fonctionnement. Seule certitude : ils sont payables d’avance par mes soins, ou par mon contrat obsèques ou encore par mes proches.

      Autre choses étonnante, le « don » peut être refusé pour faute de personnel dans les centres

      Cependant, le don de mon corps peut être refusé par le Centre de Don et ce pour diverses raisons fixées par la loi :

      – Le dépassement du délai de transport du corps 48 heures maximum après le décès

      – L’absence de carte de donneur

      – Le refus du maire de la commune d’accorder le transport avant la mise en bière

      – Le décès à l’étranger

      – La présence d’une pathologie contagieuse

      – L’existence d’une intervention chirurgicale récente

      – Le décès lié à un accident de la circulation, à un suicide ou à toute autre raison susceptible de poser un problème médico-légal

      – Ou, également, la pénurie de personnel dans le centre de don.

      Alors pourquoi l’université Descartes n’as pas refusé ces « dons » si elle n’avais pas les moyens de les accueillir ni d’assuré des conditions correcte pour le personnel ?
      Car perso je m’en fiche un peu que des cadavres soient manger par des vers et des rats, le problème c’est l’état du personnel qui a travailler plusieurs décennies dans des conditions abominables et qui a du chopper une belle collections de maladies horribles car les cadavres qui trainent c’est ultra toxique. Il faudrait enquêté sur l’état de santé des travailleuses et travailleurs de ce charnier et veillé à les indemnisés sérieusement.

    • Fermeture du Centre du don des corps de l’université Paris-Descartes

      La plus grande structure anatomique de France va subir une inspection après la révélation par « L’Express » de conditions indignes de conservation des défunts et de vente de cadavres.
      Le scandale a été révélé par une enquête d’Anne Jouan dans L’Express du 27 novembre : jusqu’en 2018, et peut-être au-delà, le Centre du don des corps (CDC) de l’université Paris-Descartes a accueilli pendant des années, dans des conditions indignes, des défunts ayant fait don de leur corps à la science. Non seulement les règles d’éthique sur le respect dû aux corps étaient bafouées, mais les locaux, situés au 5e étage de la faculté de médecine de la rue des Saints-Pères, se sont enfoncés dans le délabrement et l’insalubrité. Des « pièces anatomiques » (membres, organes) étaient vendues, pour une bonne part à des organismes privés, pour servir à des tests divers.

      Par un Tweet publié à la suite de la parution de l’article, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, annonce avoir « ordonné la fermeture du centre et lancé, en accord avec [la ministre de la santé] Agnès Buzyn, une inspection afin d’établir la réalité des faits et de proposer des moyens d’action plus efficaces ». Déclaration qui a suscité quelques sarcasmes, Frédéric Dardel, conseiller spécial dans le cabinet de Mme Vidal depuis un arrêté du 28 juin 2019, ayant été président de l’université Paris-Descartes de 2011 à 2019.

      #pay_wall
      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/12/05/fermeture-du-centre-du-don-des-corps-de-l-universite-paris-descartes_6021740

    • Scandale du don de corps : alertées, les autorités ont laissé faire au moins jusqu’en 2018

      La suite de notre enquête montre que les responsables ne pouvaient pas ignorer l’horreur de la situation.

      Depuis les révélations de L’Express dans le numéro du 27 novembre sur le scandale du don des corps à la science, la poursuite de notre enquête montre que, contrairement aux déclarations des responsables de l’université Paris-Descartes, la gestion catastrophique du centre (CDC) ne s’est pas arrêtée en 2016. « Elle perdure en réalité depuis de vingt à trente ans », selon deux anciens dirigeants du CDC. Entraînant l’incinération directe de nombreuses dépouilles non disséquées, au moins un quart en 2017 ! Ainsi, en juin de cette année-là, le Pr Richard Douard, chirurgien à l’hôpital européen Georges-Pompidou et ancien directeur du CDC, écrivait une note au président de l’université de l’époque, Frédéric Dardel - aujourd’hui conseiller de la ministre de la Recherche : « Les pertes liées aux défauts de conservation (rongeurs, moisissures, absence d’équipements) sont estimées à 160 corps par an. »

      Selon de nouvelles photos que nous nous sommes procurées, les conditions d’hygiène et de traitement des corps rue des Saints-Pères, déjà inacceptables, n’ont cessé de se détériorer. Une première série remonte à l’année 2011, quand Axel Kahn était président de l’université. On y voit une dizaine de têtes décapitées, très abîmées, numéro d’identification au front. On n’ose dire posées tant elles semblent avoir été jetées à même un chariot dans le couloir, cheveux hirsutes, bouches béantes. Sur l’un de ces clichés, plus de 30 têtes sont alignées au-dessus d’une rigole de sang, au mépris de toute règle de conservation et de respect des morts.

      https://www.lexpress.fr/actualite/societe/scandale-du-don-de-corps-alertees-les-autorites-ont-laisse-faire-au-moins-j

  • À hauteur de taudis
    https://www.en-attendant-nadeau.fr/2019/11/13/hauteur-taudis-desmond

    C’est qu’aux États-Unis les loyers ne sont pas plus accessibles dans les ghettos et ce n’est pas nouveau. « Quand les taudis ont commencé à apparaître à New York au milieu du XIXe siècle, le loyer des pires taudis était de 30 % supérieur à celui que l’on payait dans les beaux quartiers. Dans les années 1920-1930, les loyers des logements délabrés dans les ghettos noirs de Milwaukee et de Philadelphie dépassaient ceux des meilleurs logements dans les quartiers blancs. » Peu à peu, sans que cela soit au centre de l’enquête, s’établit une compréhension des conséquences de la politique américaine du logement : la dérégulation totale du marché locatif par le lobby immobilier, jamais démentie depuis Reagan ; la destruction méthodique des aides sociales par des coupes budgétaires ou par des « contreparties » de travail forcé pour les bénéficiaires ; l’indigence des systèmes d’inspection sanitaire, de justice, de police, d’éducation, de santé, qui place chaque acteur dans une impuissance totale, etc. Les personnes rencontrées par Matthew Desmond lui fournissent la matière (sur)vivante d’un tableau atroce, qui donne chair aux réformes néolibérales des dernières décennies – malgré la prudence de l’auteur qui se refuse à conclure formellement sur la possibilité de généraliser les résultats de l’enquête.

  • « La réforme de l’assurance-chômage est extraordinairement punitive », Dominique Méda
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/23/dominique-meda-la-reforme-de-l-assurance-chomage-est-extraordinairement-puni

    Dans sa chronique au « Monde », la sociologue dénonce des justifications douteuses à l’origine de la réforme entrée en vigueur le 1er novembre.

    Chronique. Une partie de la vaste réforme de l’assurance-chômage prévue en juillet 2018 est entrée en vigueur le 1er novembre. L’ensemble comprend une série de mesures réduisant considérablement l’indemnisation des demandeurs d’emploi, parmi lesquelles l’augmentation de la durée de cotisation de quatre à six mois pour accéder à l’indemnisation, la nécessité de travailler au moins six mois pour recharger ses droits (au lieu d’un mois auparavant), de nouvelles modalités de calcul de l’indemnité et la diminution de 30 % du montant de l’indemnisation au septième mois pour les salaires de plus de 4 500 euros brut. Parallèlement, le fameux bonus-malus destiné à freiner les recrutements en contrats courts dont abusent les entreprises ne concerne que quelques secteurs et n’entrera en vigueur qu’en 2021.

    Dans une note publiée en septembre, l’Unédic (l’organisme paritaire chargé d’assurer la gestion de l’assurance-chômage) a indiqué que ces mesures allaient toucher un chômeur indemnisé sur deux, soit plus de 1,3 million de personnes, permettant des économies sur les dépenses de plus de 6 milliards d’euros entre 2019 et 2022 (« Impact de la réforme de l’assurance-chômage 2019 »). Les deux premières mesures devraient notamment dégrader la situation d’au moins 710 000 personnes et concerner principalement les plus jeunes et ceux dont les salaires sont moins élevés que les autres. La troisième devrait concerner plus de 830 000 personnes et également réduire les droits de la même population. Ces mesures viennent s’ajouter à celles prévues en décembre 2018, destinées à réviser la procédure et l’échelle des sanctions applicables aux demandeurs d’emploi en cas de manquements à leurs obligations.

    Pour justifier ce train de mesures extraordinairement punitives, le gouvernement invoque quatre raisons majeures : le chômage serait en train de beaucoup diminuer, des mesures de soutien seraient donc moins utiles ; le régime d’assurance-chômage serait considérablement endetté et connaîtrait un déficit structurel, il faudrait donc réduire les dépenses ; les règles d’indemnisation existantes, globalement très généreuses, permettraient à certains chômeurs de gagner plus en effectuant des allers et retours entre chômage et activité, il faudrait donc les revoir ; enfin, il faudrait inciter à revenir à l’emploi des demandeurs d’emploi tentés d’arbitrer en faveur du chômage.

    L’influence des économistes néoclassiques

    On dispose, sur chacune de ces questions, d’études qui mettent en évidence le caractère très douteux de ces justifications. D’abord, le chômage ne diminue que très lentement et les chômeurs de longue durée sont encore plus de 2,6 millions. Ensuite, plusieurs études ont mis en évidence que le déficit du régime n’était pas attribuable aux règles de droit commun mais venait de la prise en charge d’autres politiques par l’Unédic (« Dette de l’assurance-chômage : quel est le problème ? », Bruno Coquet, Note de l’OFCE n° 60, 2016). La générosité du régime est, quant à elle, toute relative : 41 % seulement des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi sont indemnisés par le régime d’assurance-chômage, dont 50 % touchent moins de 860 euros par mois, pour un taux de remplacement moyen de 72 %.

    Mais c’est l’idée que les chercheurs d’emploi arbitreraient entre retour à l’emploi et chômage et qu’il faudrait renforcer les incitations qui est la plus critiquable. Elle est directement issue du changement de paradigme sur les causes du chômage qui s’est diffusé dans les années 1980 et 1990 sous l’influence des économistes néoclassiques. Selon ces derniers, les chômeurs compareraient le montant de leur allocation et le salaire proposé pour décider ou non de reprendre un emploi. Une manière d’augmenter l’incitation serait donc de diminuer les allocations et d’augmenter les sanctions.

    Mais tant les expériences allemandes que britanniques – visant notamment à pousser les chômeurs de longue durée à prendre un emploi dans les secteurs à bas salaires – que les nombreuses études sur les effets d’un renforcement du contrôle de la recherche d’emploi ont mis en évidence le caractère contre-productif de telles mesures. En Allemagne et en Grande-Bretagne, elles se sont traduites par l’augmentation des taux de pauvreté et de travailleurs à bas salaires, et par un retour de la pauvreté des seniors (« The Long-Term Effects Of Job Search Requirements : Evidence From The UK JSA Reform », Barbara Petrongolo, Journal of Public Economics n° 93/11-12, 2009, et « Les nouvelles politiques de l’emploi au Royaume-Uni et en Allemagne », Jochen Clasen, Critique internationale n° 43, 2009).

    D’autres études sur les effets des incitations à retourner à l’emploi ont mis en évidence toute une série de conséquences désastreuses : poussés à reprendre un emploi au plus vite, les chômeurs peuvent soit accepter un emploi de très mauvaise qualité, qui accroîtra la pauvreté dans l’emploi tout en donnant l’illusion que le taux de chômage diminue, soit se décourager et disparaître complètement des radars (« The General Equilibrium Impacts Of Unemployment Insurance », Ioana Marinescu, Journal of Public Economics n° 150, 2017).

    Tout se passe comme si le gouvernement n’avait pas compris les racines de la colère et du malaise social français et se révélait incapable de modifier en cours de route un programme profondément marqué par l’empreinte néolibérale et l’influence des économistes néoclassiques qui ont accompagné l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Faudra-t-il une nouvelle mobilisation pour que l’on comprenne enfin que ce sont les emplois qui manquent et qu’une autre voie est possible : celle qui consisterait à créer des emplois à plein-temps payés décemment grâce à une relance de l’activité ciblée sur la transition écologique.

    #chômeurs #droit_au_chômage #société_punitive

  • Espace public : Google a les moyens de tout gâcher - par Vraiment Vraiment - Visionscarto
    https://visionscarto.net/espace-public-vs-google

    ❝Signe d’une urbanité souhaitable, favorable aux mixités en tous genres, à la découverte et à l’impromptu, flâner en ville requiert un subtil équilibre entre familiarité et étrangeté, entre sentiment de sécurité et frisson de l’inconnu. Le caractère propice à la flânerie d’une rue ne se décrète pas — pas plus par l’architecte que par le maire, l’urbaniste, le commerçant ou le promoteur. Il relève d’une alchimie complexe, dont les seules à pénétrer le secret pourraient être les entreprises capables d’acquérir et d’analyser de grands volumes de données, et au premier chef Google. Les collectivités locales ont-elles l’ambition et les moyens de résister à l’omnipotence cartographique de la firme de Mountain View ? Car celle-ci pourrait annihiler les efforts de revitalisation et de réappropriation de l’espace public par les collectivités locales.


    Bruxelles la Polycentrique // l’indétrônable axe historique de Saint Etienne // l’archipel parisien, les bouches de métros du nord est parisien // le vieux centre d’Alès vs. le nouveau centre commercial // La Charité-sur-Loire et ce qui reste de son commerce… Google choisit et montre ce qui mérite flânerie.

    #plan #ville #espaces_public #commerces #Google #urban_matter

  • Prendre soin, un village pour élever un enfant | Les pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/prendre-soin-un-village-pour-elever-un-enfant

    A Thorenc, petit village dans les Alpes Maritimes, Nicolas a 12 ans et est autiste. Depuis deux ans, une équipe de volontaires -venus du village et alentours- se relaie pour jouer et s’occuper de lui à son domicile. Une histoire de voisinage et solidarité. Durée : 28 min. Source : France Culture

    http://rf.proxycast.org/1639908106257309696/10078-19.11.2019-ITEMA_22207072-0.mp3

  • Du Bois, l’œuvre au noir - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/20/du-bois-l-oeuvre-au-noir_1764563

    Près de 120 ans après sa parution aux Etats-Unis, le classique de l’enquête sociologique « les Noirs de Philadelphie » est enfin traduit par Nicolas Martin-Breteau. Fondateur oublié de la sociologie aux côtés de Durkheim et Weber, Du Bois est un précurseur des « black studies » ou de l’intersectionnalité.

    #WEB_Du_Bois #livre #sociologie

  • « Avec les gilets jaunes, nous sommes sorties de notre impuissance » : des #Femmes de Saint-Nazaire racontent leur année de révolte
    https://archive.org/details/femmes-gilets-jaunes-maison-du-peuple-mouvement-social-mobilisation-greve-5

    Comment sort-on d’un an d’engagement dans le mouvement des gilets jaunes ? Transformées et pleine d’énergie, répondent des femmes engagées au sein de la « Maison du peuple » de Saint Nazaire....This item has files of the following types : Archive BitTorrent, Item Tile, JPEG, Metadata, Windows Media Audio

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