• Les bandits et la révolution. Extrait du livre d’Eric J. Hobsbawn – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/bandits-hobsbawn

    Quels sont donc les rapports entre les bandits sociaux et les mouvements révolutionnaires modernes, qui sont tellement éloignés du vieux monde moral dans lequel ils vivent ? Il n’y a pas vraiment problème quand ces mouvements sont des mouvements d’indépendance nationale, dont les aspirations s’expriment facilement en des termes que peut comprendre un monde politique archaïque, même s’il n’existe en réalité que très peu de points communs. C’est pourquoi le banditisme s’intègre sans mal à ce genre de mouvements. Giuliano mit ses armes au service des massacreurs de communistes athées aussi facilement qu’il se fit le champion du séparatisme sicilien. Les mouvements primitifs de résistance à la conquête, résistance tribale ou nationale, montrent parfois des liens caractéristiques entre bandits-guérilleros et sectes populistes ou millénaristes. Dans le Caucase, où la résistance du grand Shamyl à la conquête russe avait pour base le développement du muridisme chez les musulmans d’origine, le muridisme et d’autres sectes analogues avaient la réputation, même au début du XXe siècle, de fournir aide, protection et idéologie au célèbre bandit-patriote Zelim Khan. Celui-ci portait toujours sur lui un portrait de Shamyl. En contrepartie, deux nouvelles sectes nées chez les montagnards Ingush à cette époque, l’une prêchant la guerre sainte, l’autre formée de quiétistes non violents, les deux étant aussi portées à l’extase l’une que l’autre et tirant peut-être leur origine de Bektashi, considéraient Zelim Khan comme un saint[8].

    Point n’est besoin d’être très subtil pour voir le conflit entre « notre peuple » et « les étrangers », entre colonisés et colonisateurs. Il se peut que les paysans des plaines hongroises qui devinrent les bandits-guérilleros du célèbre Rosza Sandor après la défaite de la révolution de 1848-1849 aient été amenés à se rebeller en raison d’un certain nombre de décisions prises par le régime autrichien victorieux, par exemple la conscription. (Les hors-la-loi sont souvent des gens qui répugnent à devenir soldats ou à le demeurer.) Mais ce n’en étaient pas moins des « bandits nationaux », bien que leur interprétation du nationalisme fût peut-être très différente de celle des hommes politiques. Le célèbre Manuel Garcia, « roi de la campagne cubaine », qui avait la réputation de pouvoir à lui tout seul tenir tête à dix mille soldats, envoya tout naturellement de l’argent à Marti, père de l’indépendance cubaine. La plupart des révolutionnaires n’aiment pas beaucoup les criminels, et l’apôtre refusa l’argent. À la suite d’une trahison, Garcia fut tué en 1895 parce que – c’est tout au moins ce que l’on dit encore à Cuba – il était sur le point de lier son sort à celui de la révolution.


  • GLI-F4, LBD 40 : derrière les sigles, une réalité sanglante - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/17/gli-f4-lbd-40-derriere-les-sigles-une-realite-sanglante_1703699

    La GLI-F4, grenade au souffle puissant

    Petite bombe dotée de 25 grammes de TNT (tolite), la grenade GLI-F4 produit, en plus d’un effet lacrymogène, une forte explosion (165 décibels à 5 mètres) provoquant un effet de souffle particulièrement effrayant pour les manifestants. Depuis l’interdiction de la grenade OF-F1 suite au décès de Rémi Fraisse à Sivens en 2014, c’est la grenade la plus puissante de l’arsenal des forces de l’ordre. « Même pour […] les plus agressifs, il est difficile de se prémunir », notait un rapport commun de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de la police nationale (IGPN), publié le 13 novembre 2014. C’est aussi, et de loin, la plus dangereuse. Ce même rapport reconnaissait ainsi que ces « dispositifs à effet de souffle […] sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu ». Et « quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue ». Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, elle est suspectée d’avoir conduit à quatre mains arrachées, un œil endommagé (perte de la vue) et un pied blessé. Cette arme particulièrement mutilante - et que la France est la seule à utiliser en Europe en opérations de maintien de l’ordre - devrait néanmoins appartenir au passé. Les commandes ont cessé, le ministère ayant choisi de la remplacer par la GM2L. Cette dernière produit un effet lacrymogène et assourdissant, mais pas déflagrant comme la GLI-F4, selon le ministère de l’Intérieur. Reste que les stocks actuels seront bien utilisés jusqu’à épuisement.
    Le LBD 40, fusil précis et disproportionné

    En forme de fusil terminé par un gros canon, le LBD 40 (lanceur de balles de défense de 40 millimètres de diamètre) fait florès dans les rangs policiers. Fin décembre, le ministère de l’Intérieur a passé commande de 1 280 nouveaux LBD sur quatre ans. Apparus en maintien de l’ordre en France au début des années 2000, et notamment après les émeutes de 2005, les premiers LBD étaient de type Flash-Ball Super-Pro. De fabrication française, ils ont été progressivement remplacés depuis 2009 par le LBD 40, de fabrication helvétique, plus puissant et plus précis. Une caractéristique qui rend d’autant plus inexplicable le nombre important de blessés graves liés à cette arme - 71 depuis le début du mouvement des gilets jaunes, selon le recensement de Libération. Car sur le papier, l’usage du LBD est très encadré. Le tireur, explique une instruction du ministère de l’Intérieur de septembre 2014, doit viser « de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs », mais en aucun cas la tête. Chaque tir doit également faire l’objet d’un rapport détaillé. Des recommandations sans grand effet sur le nombre de bavures constatées sur le terrain. Et pour cause : « Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, le lanceur de balles de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir ni de prévenir les dommages collatéraux […] Au cours d’une manifestation où, par définition, les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte », expliquait le Défenseur des droits dans un rapport de décembre 2017.

    Bref, cette arme détient « un degré de dangerosité disproportionné au regard des objectifs du maintien de l’ordre ». Sensible à ce rapport, le préfet de police de Paris avait fini par renoncer au LBD en maintien de l’ordre… avant de faire machine arrière lors du mouvement des gilets jaunes, continuant ainsi à faire de la France un des rares pays en Europe (avec la Grèce, l’Espagne et la Pologne) à l’utiliser. « Le Royaume-Uni avec ses hooligans ou l’Allemagne avec ses néonazis ont aussi des vraies problématiques de maintien de l’ordre. Et pourtant, ils réussissent très bien à s’en passer », relève David Dufresne. Pour ce journaliste spécialisé, les dérives dans l’usage du LBD en France sont aussi et surtout le fait de policiers non formés au maintien de l’ordre, comme les membres des brigades anticriminalité. Un phénomène qui rejaillit avec les gilets jaunes, et qui a au moins le mérite de mettre en lumière ce « qu’il se passe depuis quinze ans dans les banlieues, sans que personne n’en parle », selon Dufresne.

    #maintien_de_l'ordre


  • Ultra-droite. Plongée au cœur de l’extrémisme [Vidéo] - France - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/ultra-droite-nous-sommes-entres-en-periode-revolutionnaire-03-01-2019-1

    À quoi ressemble l’ultra-droite ? Le Télégramme s’est invité à l’un des rares grands rassemblements d’une partie de cette mouvance, le 8 décembre dernier. Il y a beaucoup été question du mouvement des gilets jaunes.

    Il y a le rock against communism (RAC). Et il y a la petite musique des Brigandes. Les deux ont leur public au sein de la mouvance de l’extrême droite radicale. Robe rouge et dorée au-dessus du genou pour les choristes, bandeau noir sur les yeux, elles sont quatre à subjuguer quelque 400 à 500 militants et sympathisants réunis aux « tables rondes » de la mouvance identitaire, à Rungis, au sud de Paris. Sous l’œil vigilant de leur escorte de gros bras, les Soldiers of Odin, une milice suprémaciste blanche anti-migrants fondée en Finlande, les Brigandes célèbrent Jeanne d’Arc, Jean-Marie Le Pen, « la femme blonde celtique, notre modèle », et chantent l’obsession de l’ultra-droite : la menace du « grand remplacement ». Le public, éclectique (du jeune nazillon à la famille bon...

    #paywall


  • « Grand débat » : ce qu’expriment les cahiers de doléances | Mediapart

    le plus frappant, c’est l’absence de toute référence à l’islam

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140119/grand-debat-ce-qu-expriment-les-cahiers-de-doleances

    Meuse et Meurthe-et-Moselle, envoyé spécial.– Évidemment, il peut y avoir un petit côté « foire à la Farfouille », l’idée du savant Cosinus qui, d’un coup d’un seul, va régler (presque) tous les problèmes. Ainsi, en mairie de Bar-le-Duc, préfecture de la Meuse, est présentée comme une « évidence » cette proposition inscrite dans le cahier de doléances : « Taxer les propriétaires de chien. » Après tout, ces animaux ne profitent-ils pas gratuitement de nos infrastructures ? À Nancy, Lætitia estime que si « toutes les décorations de Noël fonctionnaient à l’énergie solaire, ce serait déjà un progrès ». Ronaldo assure qu’il est grand temps « d’investir dans des lieux de bonheur ».

    Et puis il y a cette surprise, constatée dans la demi-douzaine de cahiers de doléances ouverts dans plusieurs mairies depuis la fin du mois de décembre et que nous avons consultés à Nancy, à Toul, à Commercy (là, les « revendications » étaient collectées par le groupe de gilets jaunes de la ville), à Bar-le-Duc, soit près de deux cents contributions en tout : c’est l’absence de toute référence à l’islam. Dur camouflet pour tous ceux qui, à l’instar de Manuel Valls, de l’extrême droite et d’une large partie de la droite, ont voulu en faire le problème central du pays.

    De même, l’immigration, les générosités supposées de l’État envers l’étranger, le trop-plein ou la « submersion » ne sont que très marginalement évoqués : dans une dizaine de contributions seulement. Et l’on y retrouve alors quelques-uns des slogans classiques de l’extrême droite lepéniste.


  • 1000 milliards d’euros de profits en vingt ans : comment les labos sont devenus des monstres financiers
    https://www.bastamag.net/1000-milliards-d-euros-de-profits-en-vingt-ans-comment-les-labos-sont-deve

    Les laboratoires pharmaceutiques n’ont plus grand chose à voir avec ce qu’ils étaient il y a vingt ans. De plus en plus gros et de plus en plus financiarisés, ils sont devenus des machines à siphonner des milliards d’euros ou de dollars pour les redistribuer aux actionnaires, notamment les grands fonds de Wall Street. Une prospérité privée financée en grande partie par l’argent public : les systèmes d’assurance maladie et le soutien gouvernemental à la recherche En 1955, Jonas Salk, père du premier (...)

    #Décrypter

    / #Enquêtes, #Multinationales, Santé , #Finance

    #Santé_


  • Deux mois après le début du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai terminé une revue de presse sur la question (dans le but d’écrire un article à l’attention de mes ami.e.s anglophones du Canada, mais je ne sais pas si ça arrivera un jour). Je sais que d’autres se sont déjà essayés à une telle revue de presse, mais tant pis, voici la mienne qui n’essaye pas du tout d’être exhaustive :

    (1) Prémices :

    Cette guerre de basse intensité contre toute forme de révolte
    Gaspard d’Allens, Reporterre, le 13 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/735614

    (2) Effets sur le commerce :
    https://seenthis.net/messages/737657
    https://seenthis.net/messages/737900
    https://seenthis.net/messages/739837
    https://seenthis.net/messages/743897
    https://seenthis.net/messages/757890
    https://seenthis.net/messages/760177
    https://youtube.com/watch?v=Jy7dWH_lpEo

    (3) Répression policière et judiciaire :
    https://seenthis.net/messages/740633
    https://seenthis.net/messages/741161
    https://seenthis.net/messages/742416
    https://seenthis.net/messages/744081
    https://seenthis.net/messages/744104
    https://seenthis.net/messages/745931
    https://seenthis.net/messages/745953
    https://seenthis.net/messages/747535
    https://seenthis.net/messages/748646
    https://seenthis.net/messages/748751
    https://seenthis.net/messages/749045
    https://seenthis.net/messages/749187
    https://seenthis.net/messages/749847
    https://seenthis.net/messages/750174
    https://seenthis.net/messages/750538
    https://seenthis.net/messages/751050
    https://seenthis.net/messages/753445
    https://seenthis.net/messages/754296
    https://seenthis.net/messages/754760
    https://seenthis.net/messages/755068
    https://seenthis.net/messages/757535
    https://seenthis.net/messages/757893
    https://seenthis.net/messages/760228

    (4) Soutien et répression des lycéen.ne.s et étudiant.e.s :
    https://seenthis.net/messages/737434
    https://seenthis.net/messages/741687
    https://seenthis.net/messages/741773
    https://seenthis.net/messages/741813
    https://seenthis.net/messages/741924
    https://seenthis.net/messages/741959
    https://seenthis.net/messages/744912
    https://seenthis.net/messages/746449

    (5) Évolution du traitement syndical et médiatique :

    Gilets jaunes : ça bouge chez les syndicats
    Arthur Brault-Moreau, Regards, le 30 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740147

    Les directions syndicales répondent à l’appel de Macron pour maintenir l’ordre contre les gilets jaunes
    Damien Bernard, Révolution Permanente, le 6 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    Le traitement médiatique des Gilets Jaunes : un mois de propagande pro-Macron
    Marion Beauvalet, Le Vent se Lève, le 29 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/748043

    (6) Tentatives d’enquêtes sociologiques :

    « Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    Collectif, Le Monde, le 11 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743069

    Enquête. Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique  ?
    Collectif "Quantité critique", L’Humanité, le 19 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746021

    « Le mouvement des “gilets jaunes” n’est pas un rassemblement aux revendications hétéroclites »
    Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion, Le Monde, le 27 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/747411

    Qui sont vraiment les « gilets jaunes » ? Les résultats d’une étude sociologique
    Tristan Guerra, Frédéric Gonthier, Chloé Alexandre, Florent Gougou et Simon Persico, Le Monde, le 26 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/755484

    Voir aussi :
    http://www.enquetegiletsjaunes.fr

    Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    Elise Vincent et Nicolas Chapuis, Le Monde, le 26 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/755960

    Le fond de l’air est jaune : comprendre une révolte inédite
    Jean-Claude Monod, Etienne Balibar, Ludivine Bantigny, Louis Chauvel, Isabelle Coutant, Aurélien Delpirou, Olivier Ertzscheid, Michaël Foessel, David Graeber, Samuel Hayat, Thomas Piketty, Pierre Rosanvallon, Alexis Spire, Sophie Wahnich et Michelle Zancarini-Fournel
    Seuil, 2019
    https://seenthis.net/messages/757816

    Gilets jaunes : hypothèses sur un mouvement
    La Découverte, 2019
    https://seenthis.net/messages/757816

    Les gilets jaunes ou le retour de la lutte des classes
    Luc ROUBAN, Sciences Po CEVIPOF, janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/757831

    (7) Analyses (pas le plus intéressant, mais c’est pour savoir ce que pensent les "intellectuel.le.s") :

    La couleur des gilets jaunes
    Aurélien Delpirou, La vie des idées, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    Qui sont et que veulent les « gilets jaunes » ?
    Benoît Coquard, Contretemps, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    De quelle couleur sont les gilets jaunes ?
    Rafik Chekkat, Etat d’exception, le 24 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    Omar Slaouti : « Nous organiser »
    Ballast, le 28 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/739537

    Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »
    Laurent Mucchielli, The Conversation, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741173

    QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES, SUR SON IMPORTANCE, ET SUR LE MÉPRIS ET L’EXTRÊME VIOLENCE À LAQUELLE ON ASSISTE AUJOURD’HUI A L’ÉGARD DES CLASSES POPULAIRES
    Edouard Louis, Facebook, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741160

    Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir
    Samuel Hayat, le 5 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741622

    Au sujet des « gilets jaunes », je ne sais sur quel pied danser
    Titiou Lecoq, Slate, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741978

    Gilets jaunes : le sens du face à face
    Etienne Balibar, Médiapart, le 13 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743887

    Les Gilets jaunes et la question démocratique
    Samuel Hayat, le 24 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746854

    « Les “gilets jaunes” veulent rompre avec le sentiment de dépossession »
    Ivan Bruneau et Julian Mischi, Le Monde, le 2 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/748665

    Des « gilets jaunes » composites et des gauches embrumées
    Philippe Corcuff, Médiapart, le 3 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752160

    Les vertus de l’inexplicable – à propos des « gilets jaunes »
    Jacques Rancière, AOC, le 8 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/749921

    Eric Fassin : « Quand on rejette l’opposition gauche/droite et la représentation politique, ça finit rarement à gauche »
    Pierre JacquemainRegard, le 14 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752279

    Gilets Jaunes, l’urgence de l’acte
    Stathis Kouvélakis, Contretemps, le 21 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/756848

    Toni Negri : « Les gilets jaunes sont à la mesure de l’écroulement de la politique »
    Amélie Poinssot, Médiapart, le 29 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/756272

    Bruno Latour : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leur pays »
    Hervé Kempf, Reporterre, le 16 février 2019
    https://seenthis.net/messages/761008

    (8) En anglais :

    The mass protests in France : A new stage in the international class struggle
    Le Comité de rédaction du World Socialist Web Site, le 3 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740828

    The undead centre meets the shitstorm
    Richard Seymour, Patreon, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    To Understand France’s Crisis, You Must First Understand Its Cheese
    Karl Sharro, BuzzFeed, le 20 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746836

    Popular Uprising in Paris and Left’s Fear of Populism (et compilation d’articles en #anglais)
    Ranabir Samaddar, Alternatives international, le 14 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/752711

    Use of Force in France’s ‘Yellow Vest’ Protests Fuels Anger
    Elian Peltier, The New-York Times, le 28 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/756085

    10 reasons the Gilets Jaunes are the real deal
    David Studdert, Off Guardian, le 10 février 2019
    https://seenthis.net/messages/759573

    France’s class wars
    Serge Halimi & Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, février 2019
    https://seenthis.net/messages/760780

    (9) Audio-visuel :

    ELO#351 - Gilets Jaunes et Musique
    Dror, Entre Les Oreilles, le 12 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743558

    Des images du Siné Mensuel de décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741364

    #Gilets_Jaunes #France #Violence_policière #Violences_policières #brutalité_policière #répression #universités #lycées #syndicats #média #sociologues #intellectuels #enquêtes #analyses #droite #gauche #recension


  • Le Défenseur des droits s’inquiète de l’effet de la dématérialisation sur l’accès aux services publics
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/17/le-defenseur-des-droits-s-inquiete-de-l-effet-de-la-dematerialisation-sur-l-

    Alors que fin octobre, le premier ministre a redit son ambition « que 100 % des services publics soient accessibles en ligne à l’horizon 2022 », le Défenseur des droits a publié, jeudi 17 janvier, son premier rapport entièrement consacré à la #dématérialisation, dans lequel il alerte sur le risque que cette mutation crée de nouvelles #inégalités d’accès aux #services_publics. « Aucune organisation administrative, aucune évolution technologique ne peut être défendue si elle ne va pas dans le sens de l’amélioration des #droits, pour tous et pour toutes », prévient le Défenseur des droits en introduction.

    Or, c’est justement ce que souligne le rapport par des exemples concrets : l’amélioration des droits d’une majorité de Français – grâce à la simplification des démarches administratives, accessibles en ligne – ne rime pas avec l’amélioration des droits de tous. Comment font ceux qui vivent dans une zone blanche, dépourvue de toute connexion Internet et mobile ? Certes seuls 0,7 % des Français sont concernés, mais c’est tout de même 500 000 personnes. Sans compter les zones grises, où le débit de la connexion est trop faible pour réaliser de longues procédures correctement : l’inscription sur le site de #Pôle_emploi prend entre vingt et quarante-cinq minutes avec téléchargement de pièces jointes.

    Outre cette fracture territoriale, il y a aussi une fracture sociale : le rapport souligne que 19 % des Français n’ont pas d’ordinateur à domicile et 27 % pas de smartphone. Sans compter ceux qui n’ont pas non plus de scanner, équipement incontournable pour l’envoi de pièces justificatives. Il y a, en outre, une fracture culturelle : si une majorité de Français sont très à l’aise dans l’univers numérique, un tiers s’estiment peu ou pas compétent pour utiliser un ordinateur. Or, parmi eux, se trouvent ceux qui en sont les plus tributaires pour toucher les allocations auxquelles ils ont droit : personnes âgées, personnes handicapées, #allocataires de minima sociaux.

    Pannes, blocages, dérives
    Les entraves viennent aussi de problèmes techniques, défauts de conception ou manque d’ergonomie des sites hébergeant les procédures. En cela, la catastrophique mise en œuvre du Plan préfectures nouvelle génération qui, depuis novembre 2017, oblige à faire les demandes de carte grise ou de permis de conduire uniquement en ligne, semble l’exemple à ne pas suivre. Pannes, blocages, lenteurs, erreurs, ont occasionné parfois des situations préjudiciables : faute de permis, certaines personnes ont saisi le Défenseur des droits après avoir perdu leur emploi.

    Un autre exemple concerne les #droits_des_étrangers. Le dépôt des demandes de titre de séjour occasionnant d’interminables files d’attente, trente préfectures ont rendu obligatoire la prise de rendez-vous en ligne. Mais le nombre de rendez-vous étant limité, les sites bloquent toute demande dès que le quota est atteint, rendant parfois leur prise impossible.
    S’ajoutent d’autres dérives : s’engouffrant dans ces failles, des prestataires privés proposent désormais moyennant finances d’effectuer certaines démarches de carte grise comme de titres de séjour, à la place des demandeurs. Avec même parfois, dénonce le Défenseur des droits, un accès privilégié à des procédures accélérées.
    Face à ces fractures, ces loupés, ces dérives, la première recommandation du Défenseur des droits est simple : « Qu’aucune démarche administrative ne soit accessible uniquement par voie dématérialisée. »

    • #Dématérialisation des #services_publics : le #Défenseur_des_droits contre le « tout numérique » | Banque des Territoires
      https://www.banquedesterritoires.fr/dematerialisation-des-services-publics-le-defenseur-des-droits-

      Si la dématérialisation des services publics permet d’améliorer l’accès aux services publics pour une majorité d’usagers, elle conduit à en exclure d’autres. Bien souvent les plus en difficulté, les moins équipés, les plus précaires, regrette le Défenseur des droits dans son rapport présenté ce 17 janvier. Maintenir une voie #papier et téléphonique, identifier et accompagner les publics en difficulté figurent parmi les principales recommandations du Défenseur des droit qui s’oppose donc au principe du « tout #numérique ».

    • Ah oui, le défenseur des droits est merveilleux, gloire à lui, cessons de lutter contre l’informatisation, sûr que les institutions vont nous rendre plus libres.

    • Péripétie toute fraîche, peu connue et pas vraiment commentée, me semble-t-il.

      –-----------------
      dans un souci d’amélioration de la qualité du service rendu aux contribuables (j’imagine…) et de suppression de pas mal de postes de fonctionnaires (ça, c’est sûr !)

      Les autres moyens de paiement | impots.gouv.fr
      https://www.impots.gouv.fr/portail/particulier/les-autres-moyens-de-paiement

      Vous pouvez payer par chèque dans la limite de 1 000 €.
      En 2018, les montants supérieurs à 1 000 € doivent obligatoirement être payés par prélèvement mensuel ou à l’échéance ou par paiement direct en ligne sur le site impots.gouv.fr ou par smartphone ou tablette.

      Ce montant sera abaissé à 300 € en 2019.
      Votre chèque doit être libellé à l’ordre du TRESOR PUBLIC et envoyé au centre d’encaissement accompagné du TIPSEPA (pour servir de référence à votre paiement) sans le signer, ni le coller, ni l’agrafer. Le TIPSEPA ne doit être accompagné d’aucun autre document.

      Les chèques sont encaissés au fur et à mesure de leur réception.

      (au passage, on appréciera la clarté des instructions pour le paiement par chèque…)

      Le non respect du paiement direct par internet est (était ?) sanctionné d’une pénalité de 0,2% du montant avec un montant minimum de 15 €

      –-------------

      Devant le triomphe de cette obligation et l’énorme afflux « d’incidents fiscaux » en découlant, il a bien fallu se résoudre :

      Gérald Darmanin annonce la suppression des pénalités de 15 euros minimum en cas de paiement des impôts par chèque
      https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=E60720DB-31A2-4808-BE93-73FDF1C296C0&filename=511

      GERALD DARMANIN
      MINISTRE DE L’ACTION ET DES COMPTES PUBLICS
      Communiqué de presse

      Paris, le 7 décembre 2018 – N°511

      Lorsqu’un contribuable ne paye pas ses impôts par un moyen prévu par la loi (par exemple un paiement par chèque pour un montant supérieur à 1 000 €), il est prévu, en application d’une disposition adoptée dans la loi de finances pour 2016, qu’il reçoive une lettre de relance comportant une pénalité de 0,2 % avec un minimum de 15 €.

      Le Ministre de l’Action et des Comptes publics a demandé à l’administration fiscale de ne pas poursuivre les contribuables récemment concernés, à l’occasion du paiement de la taxe foncière. Ils n’auront pas à payer cette pénalité qui sera remise sans démarche de leur part.
      « Nous encourageons au paiement dématérialisé des impôts mais aucune pénalité ne sera appliquée à ceux qui paient par chèque, et j’ai demandé à l’administration fiscale de rembourser tous ceux à qui une pénalité a été appliquée récemment lors du paiement de la taxe foncière. Le rôle de l’administration est d’abord d’accompagner les usagers, pas de les sanctionner », a déclaré Gérald Darmanin.

    • Quand tu regardes les pratiques culturelles des Français et leurs usages d’Internet (voir l’enquête annuelle du ministère par Olivier Donnat), tu vois bien que les 20 % de gens qui n’ont pas d’ordi, pas de scanner, de savent pas envoyer des pièces par mail ou formulaire, ce ne sont pas les plus riches (litote).

      Je tiens donc beaucoup, pour raisons perso et politiques, à la possibilité de faire des démarches matérielles et je m’en sers autant que possible. Sauf que... même en y passant une demi-heure, même en allant en mairie, je n’ai pas trouvé l’adresse à laquelle envoyer le Cerfa pour une demande de logement social dans le 94. Je crois que le défenseur des droits s’était déjà exprimé dans ce sens.

      @touti, pas que ce soit la parole la plus intéressante qui soit produite en France aujourd’hui mais c’est une mauvaise conscience de l’intérieur et je trouve qu’il fait bien le boulot. Il s’était exprimé très vite sur les mineurs étrangers, par exemple. Dans un dîner de famille, montrer que même Jacques Toubon est catastrophé par le proto-fascisme des autorités, c’est un bon argument pour secouer ses interlocuteurs et interlocutrices.

    • Dématérialisation et atomisation des pauvres : hier je n’ai pas pu payer ma facture #EDF : ma carte « de pauvre » #Crédit_Agricole ne passe pas. Entendre par là que la carte faite pour que tu ne sois jamais à découvert (donc safe) est refusée par de + en + de transactions
      Évidemment les 2 parties se renvoient la balle de responsabilité mais là où tu vas rire, c’est qu’il n’y a plus de boutique EDF à côté de chez moi et qu’il est désormais impossible de payer directement à #la_poste, ne reste que le TIP pour lequel je dois... payer un timbre ! Et pendant ce temps là, les bureaux de poste près de chez moi ferment, eux aussi,les uns après les autres... http://lacgt44.fr/spip.php?article2044
      #ouroboros
      Du coup quand je lis les craintes du #Defenseur_des_droits sur la dématérialisation, je ne peux que comprendre parfaitement ce dont il parle... et le remercier, tout en sachant que comme pour le reste le #gouvernement ne l’écoutera pas.


  • Gravement blessés, des manifestants appellent à un « acte XII » pour l’interdiction des grenades et flashballs
    https://www.bastamag.net/Gravements-blesses-des-manifestants-appellent-a-un-acte-XII-pour-l-interdi

    Ils ont perdu une main ou un pied à cause d’une grenade. D’autres ont perdu un œil, suite à un tir de LBD40. Ils garderont un handicap, des cicatrices ou des gênes à vie pour avoir simplement manifesté, en France. Ils se disent « mutilés pour l’exemple » et témoignent dans une vidéo commune. Antoine, Robin, Axelle, Antonio, Thomas... appellent à un Acte XII le 2 février pour demander l’interdiction des grenades et flashballs : « On doit réapprendre à vivre avec nos handicaps, avec tout ce que nos (...)

    #Témoignages

    / #Luttes_sociales, #Justice, #Atteintes_aux_libertés, A la une


  • Utilisés par la police françaises, les #flash-balls suisses dans le viseur

    La majorité des policiers français sont équipés de #LBD_40, fabriqués par l’entreprise #Brügger_&_Thomet, basée à Thoune. Mais l’utilisation de ces #lanceurs_de_balle, qui ont fait des dizaines de blessés, est très controversée.
    Dans la nuit du 5 au 6 janvier dernier, la police intervient au domicile d’un homme en pleine crise de démence dans son appartement d’Auxerre, en France. Afin de l’immobiliser, un agent lui tire dessus avec un LBD 40 de fabrication suisse. Ce lanceur de balles en caoutchouc est plus communément appelé flash-ball. Quelques heures plus tard, le trentenaire décède. L’autopsie a relevé « des contusions pulmonaires et cardiaques liées à l’onde de choc du projectile ».

    Discrète entreprise suisse alémanique

    La France a commencé à utiliser des flash-balls au milieu des années 90, afin d’aider les forces de l’ordre à réagir en cas d’échauffourées. Elle équipe d’abord ses policiers du modèle français, fabriqué par #Verney-Carron. Mais suite à plusieurs accidents, le ministère de l’Intérieur change son fusil d’épaule et opte pour des lanceurs suisses, réputés plus précis. C’est la très discrète entreprise suisse alémanique Brügger & Thomet, créée en 1991 à Thoune, qui remporte le marché en 2007 avec ses LBD puissants, au canon de 40 millimètres.

    Pour la société de Thoune, l’affaire est intéressante, car elle porte sur des milliers de flash-balls, vendus environ 1800 francs pièce. Son chiffre d’affaires a doublé depuis les deux dernières années, expliquait en février au Schweiz am Sonntag son fondateur, #Karl_Brügger. Cette entreprise familiale, qui indique sur son site internet occuper moins de 50 collaborateurs, a su se faire un nom.

    Matériel militaire

    En décembre dernier, à la Bourse internationale aux armes de Lausanne, elle disposait d’un stand impeccable, où pistolets et carabines rutilants étaient présentés. Les flash-balls #GL_06, surnommés LBD 40 par les policiers français, ne s’y trouvaient pas. Sur place, l’employé nous a précisé qu’il s’agit de #matériel_militaire, impossible à exposer dans une foire publique. Car si le flash-ball envoie des balles en caoutchouc, il n’a rien d’un jouet. Ce petit fusil, d’un noir mat, pèse 2,1 kilos et mesure 60 cm. Selon l’entreprise, il s’agit du flash-ball le plus « léger, le plus ergonomique et le plus rapide à tirer ».

    Le plus rapide, mais pas le moins dangereux. Depuis 2004, les flash-balls ont fait au moins deux morts et 39 blessés graves en France, dont 21 éborgnés, selon un rapport de l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) publié en mai 2016. Parmi les victimes, on compte un tiers de mineurs, dont deux enfants de neuf ans. L’arme, considérée comme « non-létale », est classée dans la catégorie A, à usage militaire. Le LBD 40 comprend un canon rayé ainsi qu’un viseur électronique de la marque #EOTech, utilisé par l’armée américaine, qui a une portée de tir de 50 mètres. Pour ces raisons, l’ACAT considère que sa #dangerosité est « disproportionnée » et préconise son interdiction.

    Victime indemnisée

    #Pierre_Douillard en sait quelque chose : le 27 novembre 2007, il a perdu son œil droit sous les balles d’un LBD 40. L’adolescent français, alors âgé de 16 ans, manifestait devant la préfecture de Nantes avec d’autres lycéens, quand un agent lui tire au visage avec son flash-ball. Le choc provoque plusieurs fractures crâniennes et abîme son œil droit, dont il perd définitivement la vue. Depuis, le jeune homme milite contre les flash-balls. « C’est une arme qui se situe à la frontière entre le maintien de l’ordre et la guerre : on retrouve ce type de munitions tirées à Jérusalem Est, à Baltimore ou en Seine-Saint-Denis », explique-t-il. La justice vient de lui donner raison : l’Etat français a été condamné en novembre dernier par le tribunal et devra indemniser Pierre Douillard.

    Dans l’hexagone, les policiers ont l’interdiction formelle de viser avec leur flash-ball la tête d’un manifestant. Mais face à une foule agitée, il est souvent difficile pour les forces de l’ordre de respecter ces consignes… Qu’en pense Brügger & Thomet ? A Thoune, le directeur de l’entreprise, Karl Brügger, a refusé notre demande d’interview en invoquant l’accord de confidentialité signé avec ses clients. Il regrette toutefois qu’en France, les manifestants soient souvent présentés comme « gentils, alors qu’ils jettent parfois des pierres ou des cocktails Molotov aux policiers », qui peuvent également causer des blessures. « Si les manifestants se comportaient de manière pacifique, l’utilisation du LBD 40 ne serait pas nécessaire… », ajoute-t-il par e-mail.
    La police de Lausanne l’utilise

    La multiplication des accidents causés par le LBD 40 en France n’empêche pas l’entreprise de remporter des marchés, comme en Catalogne, où elle complète désormais l’attirail des forces de l’ordre. Plus près de chez nous, la police de Lausanne en possède depuis 2012. L’arme remplissait le cahier des charges et présentait l’avantage de venir du marché local.

    « Seuls les opérateurs du Groupe d’Intervention les utilisent dans des situations bien particulières avec comme principe de repousser le plus possible, si la situation le permet, le recours aux armes létales », précise son porte-parole Sébastien Jost. Celui-ci a eu connaissance des incidents causés par le flash-ball en France. Mais cela ne l’inquiète pas, car selon lui, l’utilisation faite par les agents lausannois n’est pas la même. Avant de conclure : « Toute arme est dangereuse ».

    https://www.letemps.ch/suisse/utilises-police-francaises-flashballs-suisses-viseur
    #armes #armement #flashball #France #Suisse #police #violences_policières

    ping @reka @fil @davduf


  • Je dépose mon cv dans la base de ce que je pense être une agence de recrutement « work in Berlin », je suis contacté dans les 24h avec une proposition d’entretien.
    Je me présente à ce que je pense être un entretien général, ma vie mon œuvre.
    La boite est crée et gérée par trois français, celui qui me reçoit à moins de trente ans et me propose un rdv de recrutement chez X pour un poste service client, tel, email,... Une merde quoi, payée 1600,00 à temps plein plus 300,00 de bonus qualité+volumes.
    Il me parle du poste, du déroulé de l’entretien et de comment je dois répondre pour être sélectionné

    Les 3 premiers mois l’employeur est work in Berlin et c’est une période ou les primes ne sont pas perçues.

    Business plan :
    L’agence drague toutes les boites « web » ou apparentées et va centraliser toutes les offres demandant une qualification minimale et qui bénéficient d’un turn over important.
    L’agence n’est pas mandatée et ne touche pas de rémunération de la part du client final.
    Les entretiens de pré-sélection durent 10 mn maximum et vont servir à identifier les candidats aptes à toucher la fameuse prime, prime qui sera versée en intégralité à work in Berlin pendant les 3 premiers mois.

    C’est pas beau ???

    • Beau je sais pas, mais ça à l’air d’une sacré #crapulerie.

      ici Toulouse, le coworking sert à faire du rabattage pour fournir de la main d’œuvre ubérisé (soit disant indépendante).
      La boite se prend un local, rénove en installant des tables et des chaises puis passe des annonces de coworking, ça leur permet de faire des entretiens de recrutement masqué, et en plus tu payes pour être là :/


  • Sans l’action de la France, l’Europe aurait subi une gigantesque panne électrique
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/sans-l-action-de-la-france-l-europe-aurait-subi-une-gigantesque-panne-elec

    C’est un scénario catastrophe qui a été évité jeudi dernier. A cause d’une production d’électricité insuffisante par rapport à une forte demande, le système d’approvisionnement européen s’est trouvé au bord de la rupture. Et la France a dû demander en urgence à de grands groupes industriels énergivores de réduire leur consommation d’électricité pour préserver l’Europe d’un blackout général. Et l’origine du déséquilibre européen n’étant toujours pas connue, EDF continue d’enquêter.

    Le système électrique européen est passé tout près de la rupture jeudi dernier en raison d’une production insuffisante qui a contraint la France à réduire la consommation de certains clients industriels, a annoncé la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

    « Le 10 janvier vers 21h00, la fréquence du système électrique français et européen est passée très en-dessous de 50 Hertz. Or, quand la fréquence s’écarte trop de ce niveau, le système électrique pourrait connaître des coupures importantes, voire un ’black-out’ », a fait savoir le régulateur dans un communiqué diffusé samedi.
    RTE, filiale de transport d’électricité détenue par EDF, la Caisse des dépôts et CNP Assurances, a en conséquence demandé immédiatement à de grands groupes industriels énergivores, dans l’acier par exemple, de réduire leur consommation d’électricité de plus de 1.500 mégawatts (MW) pour faire remonter la fréquence, ce qui a permis d’éviter une rupture.

    Les six clients industriels ayant conclu avec RTE des contrats dits « _d’interruptibilité » ont baissé leur consommation pendant des périodes de 20 à 45 minutes, a indiqué lundi le gestionnaire de réseau, qui a eu ainsi recours pour la première fois à ce dispositif mis en place en 2014.

    L’origine du déséquilibre européen n’est toujours pas connu
    L’équilibre entre offre et demande d’électricité était assuré au niveau français, a cependant fait savoir une porte-parole de RTE, sans toutefois pouvoir à ce stade préciser l’origine du déséquilibre constaté à l’échelle européenne.

    « Le système a très bien fonctionné et a permis de sécuriser l’ensemble de la zone Europe », a-t-elle également souligné.
    A la suite de cet incident, la CRE a demandé à RTE « de travailler avec ses homologues européens pour identifier les causes de cet événement et proposer des mesures correctives ».

    Les réseaux d’électricité européens sont interdépendants et un manque de production dans un pays, même temporaire, peut se traduire par une coupure chez ses voisins.

    Le risque est logiquement plus élevé en période hivernale où le réseau électrique est très sollicité et les marges de manoeuvre en matière de production supplémentaire sont moins importantes.

    • La production, l’acheminement et les transactions liées à l’énergie : un nouveau domaine des #sciences_occultes :

      C’est un « bug » resté très discret. Jeudi soir 10 janvier, à 21 h 02, une baisse de la fréquence sur le réseau d’électricité européen a déclenché l’activation, en France, d’une coupure de courant chez 22 grands industriels, pendant vingt à quarante-cinq minutes.

      .../...

      « Le cumul de l’écart sur l’interconnexion entre l’Allemagne et l’Autriche et celui des mouvements de production a fait baisser la fréquence de 190 millihertz », poursuit-il. Or, en France, quand la fréquence baisse de 180 millihertz (c’est-à-dire quand elle atteint 49,82 Hertz), un dispositif d’« interruptibilité » se déclenche automatiquement. Cumulant une puissance de 1.541 mégawatts (à comparer à environ 78.000 MW de consommation au moment de la mise en oeuvre du dispositif), 22 industriels ayant conclu un contrat avec RTE doivent s’arrêter dans les 5 secondes ou les 30 secondes.

      Une flexibilité qui se rémunère : « entre 80 et 100 millions d’euros par an », rappelle Jean-Paul Roubin. Pour 2019, 96,5 millions d’euros sont budgétés, que les industriels aient à se déconnecter du réseau ou non.

      (Quand tu déclenches ton disjoncteur et que ça te rapporte un max mais il faut bien compenser la perte de productivité, hein !)

      (lu ici-même) : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600511555138-electricite-pourquoi-le-reseau-europeen-a-connu-une-faiblesse

      (Et, du coup, les Échos répondent aux interrogations de La tribune : une erreur d’appareils de mesure de charge sur l’interconnexion du réseau entre l’Allemagne et l’Autriche. On est bien peu de choses.)

    • Sciences occultes ? non, c’est assez simple physiquement : quand les alternateurs n’arrivent plus à fournir la puissance demandée, ils perdent de la vitesse en rotation d’où, mécaniquement, baisse de la fréquence.
      Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Stabilité_des_réseaux_électriques

      sinon, je reprends l’explication un peu plus détaillée de la panne par Les Échos, apparemment le seul journal à avoir suivi un peu l’affaire.

      Electricité : pourquoi le réseau européen a connu une faiblesse - Les Echos
      https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600511555138-electricite-pourquoi-le-reseau-europeen-a-connu-une-faiblesse

      Une erreur de mesure sur des lignes hautes tension entre l’Allemagne et l’Autriche a déclenché une coupure de courant chez des grands industriels en France, selon l’association qui fédère les réseaux en Europe.
      […]
      Ce lundi, les gestionnaires des réseaux de transport d’électricité en Europe semblent avoir trouvé l’origine du problème. « Selon nos informations, un problème de mesure électronique de la charge sur les lignes connectant l’Allemagne et l’Autriche est à l’origine d’une baisse de la fréquence moyenne dans le réseau européen interconnecté », indique aux « Echos » une porte-parole d’Entso-e, l’association européenne qui regroupe les gestionnaires de réseau.

      « La ligne indiquait une charge erronée. Il y avait moins d’énergie sur le système que ce que les capteurs rapportaient, ce qui a entraîné une baisse de la fréquence moyenne », poursuit-elle. Selon l’opérateur de réseau allemand TenneT, cette erreur de mesure « avait débuté dans la journée du 9 janvier » et elle était « mineure », indique un porte-parole. Mais elle s’est ajoutée à un à-coup sur la consommation, lié à la mise en route, à 21 heures, d’une station de pompage hydraulique allemande, Goldistahl.

      Sur la « plaque » électrique continentale, où tous les pays sont reliés par des lignes à haute tension, la fréquence doit être de 50 Hertz. Si elle baisse ou monte trop fortement, le risque ultime est celui d’un black-out. « A 21 heures, la fréquence est souvent chahutée parce que la baisse de consommation donne lieu à des arrêts de production et des mouvements dans les importations et exportations », explique Jean-Paul Roubin, directeur de l’exploitation à RTE.

      Le système électrique français sous tension jusqu’en 2020
      « Le cumul de l’écart sur l’interconnexion entre l’Allemagne et l’Autriche et celui des mouvements de production a fait baisser la fréquence de 190 millihertz », poursuit-il. Or, en France, quand la fréquence baisse de 180 millihertz (c’est-à-dire quand elle atteint 49,82 Hertz), un dispositif d’« interruptibilité » se déclenche automatiquement. Cumulant une puissance de 1.541 mégawatts (à comparer à environ 78.000 MW de consommation au moment de la mise en oeuvre du dispositif), 22 industriels ayant conclu un contrat avec RTE doivent s’arrêter dans les 5 secondes ou les 30 secondes.

      Une flexibilité qui se rémunère : « entre 80 et 100 millions d’euros par an », rappelle Jean-Paul Roubin. Pour 2019, 96,5 millions d’euros sont budgétés, que les industriels aient à se déconnecter du réseau ou non. Des effacements de consommation et des réserves de production (appelés réserves primaires et secondaires) avaient déjà été sollicités, précise RTE.

      Pour autant, le niveau de fréquence atteint jeudi soir n’était pas encore critique pour le réseau, indique Jean-Paul Roubin. Un premier délestage des clients résidentiels n’aurait été lancé que si la fréquence était tombée à 49 Hertz. « On n’était pas au black-out, et loin de là », assure-t-il. « Et on était dans une phase de baisse de la consommation donc on aurait peut-être eu un retour à la normale naturel », ajoute-t-il.

    • Ce qui relève de l’occultisme ou plutôt de l’occultation, c’est la non-transparence des dispositifs techniques mais aussi financiers qui sous-tendent la production, l’acheminement ainsi que les transactions marchandes dans le secteur de l’énergie électrique. C’était juste le sens que je donnais à ce mot :-)
      #black_out


  • Évacuation de la Zad. Des gendarmes et civils recevront une médaille
    https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/nddl/evacuation-de-la-zad-des-gendarmes-et-civils-recevront-une-medaille-617

    Le 25 janvier, à Matignon, Édouard Philippe doit remettre la médaille de la sécurité intérieure, mention spéciale «  Notre-Dame-des-Landes  » à une centaine de gendarmes, civils et autorités administratives.

    Une centaine de personnes, d’après nos informations, seront médaillées le 25 janvier, à Matignon. Ces gendarmes, civils et autorités administratives ont participé, sur le terrain, ou d’un peu plus loin, aux opérations de maintien de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes et à l’évacuation partielle de la Zad, au printemps 2018.

    Le Premier ministre, Édouard Philippe, leur remettra à chacun la médaille de la sécurité intérieure portant la mention «  Notre-Dame-des-Landes  ». On ne connaît pas encore les profils et fonctions précises des récompensés. On sait, en revanche, que la préfète Nicole Klein en fera partie. Depuis, elle a rejoint le cabinet de François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

    Cette agrafe «  Notre-Dame-des-Landes  » est toute nouvelle. Elle a été créée au Journal officiel du 1er décembre, pour distinguer les personnels des forces de sécurité qui ont été déployés sur le site de Loire-Atlantique où devait être construit un aéroport international et qui avait été investi par des opposants au projet.


  • Aux #États-Unis, la déconnexion est réservée aux #enfants #riches | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/article/aux-etats-unis-la-deconnexion-est-reservee-aux-enfants-riches

    Il n’y a pas si longtemps, on craignait qu’en ayant accès plus tôt à #Internet, les jeunes des classes aisées n’acquièrent davantage de compétences techniques et qu’il n’en résulte un fossé #numérique. De plus en plus d’établissements scolaires demandent aux élèves de faire leurs devoirs en ligne, alors que seulement deux tiers des Américains ont accès au haut débit.

    Mais aujourd’hui, alors que les parents de la #Silicon\Valley craignent de plus en plus les effets des #écrans sur leurs enfants et cherchent à les en éloigner, on redoute l’apparition d’un nouveau fossé numérique. Il est possible, en effet, que les enfants des classes moyennes et modestes grandissent au contact des écrans et que ceux de l’#élite de la Silicon Valley reviennent aux jouets en bois et au luxe des relations humaines.

    Ce mouvement est déjà amorcé. Les #écoles maternelles à l’ancienne, qui proposent un apprentissage par le jeu, sont en vogue dans les quartiers huppés, alors que l’Utah finance une école maternelle entièrement en ligne, à laquelle sont inscrits quelque 10 000 enfants. Les autorités ont annoncé que les écoles maternelles en ligne se multiplieraient en 2019 grâce à des subventions fédérales versées aux États du Wyoming, du Dakota du Nord et du Sud, de l’Idaho et du Montana.

    Selon une étude de Common Sense Media, une organisation à but non lucratif qui surveille l’exposition aux réseaux sociaux, les jeunes issus de familles modestes passent une moyenne de huit heures et sept minutes par jour devant des écrans à des fins récréatives, alors que la durée est de cinq heures et quarante-deux minutes chez des jeunes plus aisés. (Cette étude a pris en compte chaque écran séparément, si bien qu’un enfant qui chatte une heure sur son téléphone tout en regardant la télévision est considéré comme ayant passé deux heures devant des écrans.) Deux autres études montrent que les enfants blancs sont beaucoup moins exposés aux écrans que les enfants africains-américains et latino-américains.

    Et, selon les parents, il existe un fossé numérique croissant entre les établissements publics et privés d’un même quartier. Alors que la Waldorf School of the Peninsula, une école privée pratiquant la #pédagogie Waldorf très cotée chez les cadres de la Silicon Valley, interdit la plupart des écrans, l’établissement voisin, le collège public Hillview Middle School, met en avant son programme d’#enseignement sur #tablettes.


  • Les données personnelles de 40 000 intérimaires exposées sur Internet
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/01/15/les-donnees-personnelles-de-40-000-interimaires-exposees-sur-internet_540944

    A la suite d’une « erreur humaine », les profils de milliers d’utilisateurs de Mistertemp, une agence d’intérim en ligne, ont été accessibles en ligne sans protection. Plusieurs dizaines de milliers de profils d’intérimaires gérés par l’entreprise d’intérim Mistertemp ont été librement accessibles pendant au moins trois semaines sur Internet, selon un chercheur en sécurité informatique. Parmi les données personnelles exposées figurent leur identité, leur adresse physique, leur adresse e-mail et leurs (...)

    #données #BigData #hacking


  • Essonne : vie et mort d’un « soldat de #Dassault » - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/enquete/essonne-vie-et-mort-d-un-soldat-de-dassault_2056732.html
    #TARTERETS #ESSONNE

    Dans son livre, il précise avoir été contacté “par une adjointe à la mairie”. Un matin, il se lève aux aurores, enfile “une chemise blanche achetée pour l’occasion” et rencontre le premier cercle de l’#avionneur. Kébé est désormais reçu au Clos des Pinsons, la résidence de Dassault. “On nous a contacté [Kébé et ses acolytes, NDLR] parce que nous faisions partie de familles nombreuses, que nous pouvions rapporter des voix, que nous avions une influence”, expose l’homme au juge en 2017. 

    Il va pousser des familles à voter pour Serge Dassault ou pour son successeur à la mairie en 2009. A la clef, une promesse d’embauche, une inscription gratuite au permis de conduire, un appui pour un logement social... Pour les récalcitrants, des menaces et intimidations. Son équipe empoche 60 000 euros remis par une intermédiaire dans des enveloppes kraft, écrit-il. Des propos identiques au témoignage qu’il avait auparavant livré à la justice. Plus tard, il négocie un pactole avec Dassault. “Combien faut-il pour calmer les habitants ?”, aurait demandé l’industriel. “J’ai souri, assure Kébé, et avant même que je ne réponde, le vieux a dit ’450 000 euros, ça vous suffira ?’” 

    Dassault promet une enveloppe colossale : 1,7 million d’euros
    L’histoire ne s’arrête pas là. Les élections de 2009 sont également invalidées et les mêmes personnages repartent en campagne en 2010. De petit caporal, voilà Kébé propulsé lieutenant de cette armée particulière. Les enchères montent en même temps que le grade. Cette fois, Serge Dassault lui promet une enveloppe colossale : 1,7 million d’euros. La victoire à nouveau arrachée coûte que coûte, Kébé n’a plus qu’à se rendre au Liban pour récupérer l’argent, en suivant un protocole alambiqué dicté par le “Vieux” qui ne semble avoir peur de rien : “Moi on ne peut pas m’écouter, mon téléphone on ne le met pas sous surveillance, vous savez j’ai des amis”, aurait confié Dassault à Kébé avant que leur relation ne dégénère, le premier accusant le second de harcèlement et de racket. 

    Le manuscrit résume le fameux “système Dassault” : « Dans le quartier, tout le monde [le] connaît mais n’y entre pas qui le souhaite. Dans cette mafia le mot d’ordre est l’organisation. Le “Vieux” voulait que tout soit sous contrôle. Serge Dassault est d’une extrême intelligence, il s’est servi de ses qualités de businessman pour mettre en place un système infaillible à #Corbeil et assurer sa longévité municipale. » 

    Philippe Poutou qualifie Dassault de “délinquant”
    Olivier Dassault promet “aucune querelle d’héritiers”
    L’industriel de l’armement Serge Dassault est mort
    Le document s’achève dans le luxe du Four Seasons de Beyrouth sur un non-dit. Qu’est-il advenu de l’argent ? A-t-il été redistribué comme convenu, aux complices, aux habitants ? A-t-il été accaparé par le seul Kébé, ce qui aurait éventuellement pu lui coûter la vie ? Mystère. Un signalement Tracfin va lancer cette affaire qui débouchera sur l’instruction des magistrats. Un dossier désormais orphelin de deux de ses protagonistes : Serge Dassault et Mamadou Kébé, passés de vie à trépas à six mois d’intervalle, ne risquent plus de parler.


  • « Cela va vraiment être très violent » : des agents de Pôle emploi réagissent aux sanctions contre les chômeurs
    https://www.bastamag.net/Cela-va-vraiment-etre-tres-violent-des-agents-de-Pole-emploi-reagissent-au

    La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, (...)

    #Résister

    / #Transformer_le_travail, #Protections_sociales, #Inégalités, #Ma_vie_au_travail, Quel avenir pour nos protections sociales ?, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?


  • Gilets jaunes à Bordeaux : un homme placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN
    Sud Ouest.fr - Publié le 14/01/2019 à 14h27. Mis à jour à 17h10 par Arnaud Dejeans et Aude Courtin.
    https://www.sudouest.fr/2019/01/14/gilets-jaunes-a-bordeaux-un-homme-place-en-coma-artificiel-les-medecins-son

    Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants, a été blessé samedi lors de la manifestation à Bordeaux à l’angle de l’Apple Store rue Saint-Catherine. Sa femme témoigne. Le préfet a saisi ce lundi la police des polices

    Samedi, c’était la deuxième fois qu’il venait manifester à Bordeaux. Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants et sapeur-pompier volontaire à Bazas (sud-Gironde) depuis 20 ans, a été blessé lors de l’acte IX des gilets jaunes.

    #maintien_de_l'ordre #violencespolicières #Bordeaux


  • Des enfants emprisonnés à vie | Métro

    http://journalmetro.com/opinions/trajectoires/2048810/des-enfants-emprisonnes-a-vie

    Bravo à Andréane pour l’article.

    Cyntoia Brown avait 16 ans lorsque, en 2004, sans domicile ni argent, elle a été forcée à la prostitution par un proxénète surnommé Kut-Throat. Le soir du 5 août 2004, craignant pour sa vie, elle tire sur Johnny Allen, un homme de 43 ans à qui elle avait été vendue. Deux ans plus tard, sa sentence tombe : coupable de meurtre au premier degré et de vol. Elle devra purger une peine à vie, avec libération conditionnelle possible après 51 ans.

    La réalisation d’un documentaire sur Brown par PBS (2011), l’intérêt de certains législateurs et la médiatisation du cas ont permis une modification de la loi du Tennessee afin d’éviter qu’une personne de moins de 18 ans puisse être reconnue coupable de prostitution. Et pourtant, malgré ce changement législatif, la Cour suprême de l’État a jugé, en décembre 2018, que Brown devait servir 51 ans de prison avant d’être éligible à une libération conditionnelle.


  • À #Massy, la #police #cible les proches de #Curtis | #StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1547467385-massy-police-cible-proches-curtis

    Depuis la mort de Curtis , « les policiers lancent des piques constamment, surtout lorsqu’ils nous contrôlent », raconte Samir. « Fais pas le malin ou tu vas rejoindre ton pote », a-t-il déjà entendu, ou encore « nous, on pleure pas quand l’un de nos collègues meurt ». Les phrases chocs s’enchaînent au fil des contrôles.

    « Curtis, je le connaissais depuis le collège. » Alors quand il est mort, Julie* a décidé de porter le t-shirt Vérité pour Curtis. « Pour montrer mon soutien à la famille, normal quoi. » Cela lui a valu, à peine un mois après le décès, un contrôle inopiné de la police nationale. « Ça m’arrive vraiment pas souvent de me faire contrôler, surtout toute seule. Dès le début, j’ai su que le contrôle n’était pas comme d’hab. Leur ton était différent, ils étaient agressifs. Les policiers m’ont dit que je n’avais pas le droit de mettre ce genre de t-shirt. Ils ne m’ont pas dit pourquoi, ils ne m’ont rien expliqué. » Julie ré-affirme son droit de porter le vêtement. « Ça les a énervés, alors ils m’ont embarquée. J’ai rien dit tout le long du trajet jusqu’au commissariat. Dans la voiture, ils me mettaient des coups de coude insistants pour que je réponde à leurs questions : “Pourquoi tu portes le t-shirt”, etc… Je ne voulais pas leur parler. » Une fois au commissariat, les policiers ont continué d’intimider Julie :
    « Ils m’ont dit : “Il va falloir arrêter avec ce t-shirt…” Mais je ne me suis pas laissée faire ! Je leur ai dit : “Mon ami est mort, et c’est en partie à cause de vous. Moi, j’ai envie de porter ce t-shirt et c’est tout. La prochaine fois, peut-être que je le porterai, peut-être pas, vous pouvez m’embarquer une cinquantaine de fois, ça changera rien.” »
    Julie est finalement ressortie quelques heures plus tard, sans contravention ni rappel à la loi. Juste un après-midi de perdu.

    #baqueux #anthony


  • Homo domesticus. Une histoire profonde des premiers États

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Homo-domesticus-Une-histoire-profonde-des-premiers-Etats

    À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands récits civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du nomadisme ni engendré l’agriculture sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».

    La première domestication, celle du feu, est responsable de la première concentration de population. La construction de niche de biodiversité par le biais d’une horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirables à l’intérieur d’un cercle restreint autour des campements. La cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des céréales et des légumineuses, à domestiquer des chèvres, des moutons, des porcs, des bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. (...)

    #James_C._Scott #histoire #anthropologie #Homo_sapiens #chasseurs-cueilleurs #agriculture #Mésopotamie #esclavage #État #empires_fantômes

    • Contre le blé, contre l’Etat, Joseph Confavreux

      L’anthropologue anarchiste James C. Scott publie un ouvrage détonnant qui, à l’appui des récentes découvertes de l’archéologie, remet en cause le grand récit civilisationnel fondé sur l’agriculture céréalière, la sédentarité et l’État.

      James C. Scott est éleveur de moutons et dit se sentir « personnellement offensé chaque fois qu’on cite les moutons comme synonyme de comportement conformiste de masse, de pusillanimité et d’absence d’individualité », alors que cela fait 8 000 ans que l’homme a sélectionné les moutons précisément pour les domestiquer et les rendre toujours plus dociles.

      James C. Scott est aussi un des anthropologues les plus singuliers du monde, auteur d’un travail au long cours sur les comportements infrapolitiques (Petit éloge de l’anarchisme), les logiques du pouvoir de l’État moderne (Seeing like a State) ou les peuples sans État, notamment ceux d’Asie du Sud (Zomia ou l’art de ne pas être gouverné).

      homo-domesticusSon dernier livre, que viennent de traduire les éditions La Découverte, s’intitule Homo Domestiscus. Une histoire profonde des premiers États, et combine ce qu’il a pu personnellement observer en matière de domestication des animaux ou des hommes avec des décennies de travail sur les rapports entre les marges et les centres, les nomades et les États, les gouvernés et les gouvernants, les prétendus barbares et les soi-disant civilisés.
      Il se nourrit, aussi et surtout, des récentes avancées de l’archéologie qui, grâce notamment à de nouvelles techniques de recherche, viennent de plus en plus souvent bousculer les savoirs solidifiés dans les livres scolaires et appris par des générations d’écoliers. La récente et impressionnante Histoire des civilisations, sous-titrée Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances, également publiée par les éditions La Découverte et codirigée par l’archéologue Jean-Paul Demoule, s’inscrivait aussi dans ce moment singulier où l’archéologie change notre regard sur le passé, et peut-être ainsi sur le présent.

      Homo domesticus assume d’être une synthèse, voire parfois une forme de braconnage sur des territoires qui ne sont pas ceux de l’anthropologue. Scott définit d’ailleurs lui-même son ouvrage comme le « rapport d’exploration d’un intrus ». Mais son sens du récit et son érudition tout-terrain rendent sa thèse principale très convaincante, tout en permettant au lecteur d’apprendre, au passage, pourquoi les chimpanzés ont un intestin trois fois plus grand que le nôtre, quel est le métabolisme du blé sauvage ou comment lire l’épopée de Gilgamesh…

      Cette thèse consiste à démonter le grand récit civilisationnel de la révolution néolithique et de l’essor de l’humanité, selon lequel « l’agriculture venait se substituer au monde barbare, sauvage, primitif, brutal et sans loi des chasseurs-cueilleurs et des nomades ». Pour l’anthropologue, même si l’on a longtemps supposé que « l’agriculture avait été un grand pas en avant pour l’humanité en termes de bien-être, de nutrition et de temps libre », initialement, « c’est plutôt le contraire qui est vrai ».

      L’hypothèse implicite que la récolte d’une culture plantée serait plus fiable que le rendement des espèces sauvages serait ainsi fausse, « dans la mesure où les espèces sauvages, par définition, ne sont présentes que sur des sites où elles peuvent prospérer ». Celles et ceux qui voient dans l’agriculture sédentaire un pas majeur dans l’avancée de la civilisation négligent en plus les « risques de crise de subsistance impliqués par un mode de vie sédentaire et par la nécessité concomitante de planter, de soigner et de protéger des espèces cultivées ».

      Les avancées récentes de l’archéologie révèlent que les chasseurs-cueilleurs n’avaient rien « de ces populations désemparées, mal nourries, toujours au bord de la famine, qu’imagine l’ethnologie populaire ». Et permettent de mieux comprendre que la « sécurité alimentaire des chasseurs-cueilleurs reposait précisément sur la mobilité et sur la diversité des ressources auxquelles ils avaient accès ».

      À partir du moment où l’on remet en question l’hypothèse fondamentale de la supériorité et de la plus grande attractivité de l’agriculture sédentaire par rapport à toutes les formes de subsistance antérieures, il devient clair, pour le chercheur, « que ladite hypothèse repose elle-même sur un présupposé plus profond et plus enraciné qui n’est, lui, pratiquement jamais remis en cause : à savoir que l’existence sédentaire serait elle-même supérieure et plus attrayante que les formes de subsistance fondées sur la mobilité ».

      51bn3kwdvel-sx329-bo1-204-203-200Dans ce livre, dont le titre original est Against the Grain : A Deep History of the Earliest States, Scott avance donc l’hypothèse du lien étroit entre les céréales et la constitution d’États jugés coercitifs par l’anarchiste qu’il est depuis des décennies. Pour lui, « seules les céréales sont vraiment adaptées à la concentration de la production, au prélèvement fiscal, à l’appropriation, aux registres cadastraux, au stockage et au rationnement ». Ce qui explique pourquoi l’économie de tous les États antiques reposait sur les céréales et pourquoi « l’histoire n’a pas gardé trace de l’existence d’États du manioc, du sagou, de l’igname, du taro, du plantain, de l’arbre à pain ou de la patate douce ».
      Il s’ensuit pour Scott que « l’émergence de l’État ne devient possible que lorsqu’il n’existe guère d’autres options qu’un régime alimentaire dominé par les céréales domestiquées ». La « clé du lien » entre l’État et les céréales serait donc le fait que « seules ces dernières peuvent servir de base à l’impôt, de par leur visibilité, leur divisibilité, leur “évaluabilité”, leur “stockabilité”, leur transportabilité. »

      « Myopie historique »

      À partir de là, James C. Scott juge donc qu’on surestime très largement la révolution néolithique qui « a entraîné un appauvrissement de la sensibilité et du savoir pratique de notre espèce face au monde naturel, un appauvrissement de son régime alimentaire, une contraction de son espace vital et aussi, sans doute, de la richesse de son existence rituelle ».

      arton2238-a8443Une surévaluation intimement liée à la manière dont les progrès de la civilisation ont été « codifiés par les premiers grands royaumes agraires ». Comme dans Zomia, l’anthropologue juge nécessaire de se départir de la « téléologie de l’État » et d’une « histoire stato-centrée ». Une histoire « impartiale » supposerait, selon lui, qu’on accorde à l’État « un rôle beaucoup plus modeste que celui qu’on lui attribue normalement », même s’il n’est pas étonnant que l’État ait fini par dominer les grands récits archéologiques et historiques.
      En effet, outre l’hégémonie de la forme État dans le monde actuel, « la majeure partie des recherches archéologiques et historiques dans le monde sont parrainées par l’État, ce qui en fait souvent une sorte d’autoportrait narcissique », écrit Scott, en notant qu’on a toujours privilégié l’excavation des grandes ruines historiques sur des indices plus faibles d’installation humaine, que les dernières techniques archéologiques permettent de mieux repérer.

      De plus, les « documents écrits sont invariablement produits par et pour l’État ». Même si bon nombre de peuples nomades connaissaient l’écriture, « ils écrivaient généralement sur des matériaux périssables (écorce, feuille, bambou, roseau) et pour des raisons étrangères aux préoccupations d’un État (comme mémoriser des sortilèges ou des poèmes d’amour) ».

      Décentrer ainsi l’Histoire pour éclairer les zones oubliées par les récits officiels permet notamment de montrer que l’émergence de l’État apparaît en réalité très longtemps après la naissance de l’agriculture sédentaire et ne lui est pas liée, même si cette forme d’organisation sociale demeure, en général, réticente aux zones humides, désertiques ou montagneuses.

      Scott rappelle à ce sujet que les premiers établissements sédentaires de l’histoire de l’humanité sont apparus dans des zones humides, dont le rôle a été largement sous-estimé, pour au moins trois raisons. D’abord en raison de « l’association presque irrésistible entre l’idée de civilisation et les principales céréales : blé, orge, riz et maïs ». Ensuite, parce qu’il s’agissait de cultures largement orales n’ayant laissé derrière elles aucun témoignage écrit. Enfin, parce que cette myopie historique vis-à-vis des sociétés des zones humides pourrait être liée à leur « incompatibilité écologique avec la centralisation administrative et le contrôle par le haut. Ces sociétés reposaient en effet sur ce qu’on appelle aujourd’hui des biens collectifs ou des communs – plantes, animaux et espèces aquatiques sauvages auxquelles toute la communauté avait accès. Il n’existait aucune ressource dominante unique susceptible d’être monopolisée ou contrôlée et encore moins taxée par un centre politique ».

      Décentrer l’histoire permet aussi de comprendre que les premiers États étaient, en réalité, non seulement très fragiles, mais éphémères et réversibles. « Dans la plupart des cas, les périodes d’interrègne, de fragmentation et de décadence étaient plus fréquentes que les phases de domination efficace et stable. » En outre, explique Scott, « dans une grande partie du monde, l’État, même lorsqu’il était robuste, n’était qu’une institution saisonnière. Récemment encore, en Asie du Sud-Est, pendant les averses annuelles de la mousson, il n’était guère capable de projeter sa puissance au-delà des murs du palais royal ».

      Pour l’anthropologue, il a existé plusieurs lignes de faille, « sous-produits de l’émergence de l’État lui-même », liées aux conséquences épidémiologiques de la concentration sans précédent des espaces cultivés, des humains et du bétail, ainsi que des parasites et agents pathogènes, liées également aux effets écologiques plus insidieux de l’urbanisme ou encore aux répercussions d’une agriculture reposant sur l’irrigation intensive et entraînant une déforestation et une salinisation des sols.

      Rompre ainsi l’hypnose provoquée par les récits « narrant la fondation d’une dynastie ou exaltant sa période classique, alors que les périodes de désintégration et de désordre ne laissent que peu ou pas de trace », permet notamment de saisir les nombreux « mouvements de fuite des territoires contrôlés par les premiers États en direction de leur périphérie ». Mouvements dont les traces, « dans la mesure où ils contredisent le récit qui met en scène l’État en tant que porteur de civilisation et bienfaiteur de ses sujets », sont « confinées dans d’obscurs documents juridiques ».

      La Grande Muraille sur le site de Mutianyu
      La Grande Muraille sur le site de Mutianyu
      Le lecteur apprend ainsi que la Grande Muraille de Chine servait tout autant à retenir les paysans Han et les contribuables qu’à faire obstacle aux incursions barbares. Ce fait que les premiers États n’aient pas réussi à retenir leur population est, pour Scott, le signe que « c’est seulement par le biais de diverses formes de servitude que les premiers États ont réussi à capturer et à fixer une bonne partie de leurs populations ».
      « Homo sapiens n’a-t-il pas lui-même été domestiqué ? »

      La mise en cause du récit traditionnel de la civilisation par James Scott n’est pas seulement, pour lui, un moyen de rendre justice à un passé moins linéaire que la vision que nous en avons d’habitude. Elle est aussi une façon de repenser le présent, et notamment le fait que nous acceptons comme quelque chose d’inévitable, voire de normal, de vivre dans des États inégalitaires et dont les premières fondations reposent sur la coercition et l’exploitation de leurs populations.

      41wndayie2l-sx303-bo1-204-203-200L’anthropologue réexamine ainsi « la conception de l’État chère à des théoriciens du contrat social tels que Hobbes et Locke, celle d’un pôle d’attraction irrésistible reposant sur la paix civile, l’ordre social et la sécurité personnelle ». Alors que, pour lui, la « formation des premiers États est pour une bonne part une entreprise coercitive », appuyée sur l’usage « extensif d’une main-d’œuvre servile » : prisonniers de guerre, semi-servage, esclaves, même si celui-ci était présent dans nombre de sociétés pré-étatiques.
      James C. Scott tient à réhabiliter des modes de vie classés comme « barbares » simplement parce qu’il refusaient les rets de l’État, et en particulier l’impôt, que le chercheur n’hésite pas à qualifier de « fléau » pour les populations intégrées aux premiers États, en évoquant les collectes en nature prélevées par l’État sous forme de céréales, de main-d’œuvre et de conscription.

      Il fait ainsi voler en éclats la ligne de démarcation censée passer entre les mondes dits barbares et les mondes prétendument civilisés, c’est-à-dire étatisés, notamment parce que les populations assujetties à l’État et les peuples sans État étaient en réalité des partenaires commerciaux naturels et fréquents, dont le négoce des peaux de castor des Amérindiens a été l’un des plus emblématiques. « Une telle symbiose engendrait une hybridité culturelle beaucoup plus intense que ce que la typique dichotomie “barbare-civilisé” pourrait laisser croire », écrit Scott.

      Pour lui, les « barbares » doivent davantage être compris comme les « jumeaux cachés de la civilisation », comme l’atteste notamment le fait qu’il est arrivé que ces derniers conquièrent l’État, comme ce fut le cas deux fois dans l’histoire de la Chine, avec la dynastie mongole des Yuan et la dynastie mandchoue des Qing, ainsi que dans celui d’Osman, le fondateur de l’Empire ottoman. Pour Scott, l’existence dite barbare a donc « été souvent plus facile, plus libre et plus saine que celle des membres des sociétés civilisées – du moins de ceux qui ne faisaient pas partie de l’élite ».

      À lire l’anthropologue, on peut même aller jusqu’à désigner « la longue période historique qui vit se côtoyer des États agraires relativement faibles et de nombreux peuples sans État, généralement équestres », comme un « âge d’or » des barbares, comparable à un moment où « le mouvement d’enclosure politique représenté par l’État-nation n’existait pas encore ». Pour lui, ces « barbares » étaient « presque à tous égards plus libres que les petits fermiers anglais de la fin du Moyen Âge et du début de l’ère moderne, dont on a tant vanté l’indépendance ».

      Ce détour par la proto-histoire est aussi, pour Scott, un moyen de réfléchir à la notion de domestication, et à la façon dont elle résonne aujourd’hui. Il rappelle en effet que le terme domestiquer est normalement considéré comme un verbe actif impliquant un complément d’objet direct. Mais, interroge-t-il, Homo sapiens n’a-t-il « pas lui-même été domestiqué, attelé au cycle interminable du labourage, du plantage, du désherbage, de la récolte, du battage, du broyage » ? Pour Scott, l’homme est quasiment devenu esclave des céréales, et a été domestiqué par son confinement, une plus forte densité démographique et de nouveaux modèles d’activité physique et d’organisation sociale…

      Ce qui interroge quand on sait que, par rapport à leurs ancêtres sauvages, les moutons ont connu une réduction de 24 % de la taille de leur cerveau au cours des 10 000 ans d’histoire de leur domestication ou que les furets ont des cerveaux 30 % plus petits que ceux des putois… « La réduction de la taille du cerveau et ses conséquences possibles semblent décisives pour rendre compte de la docilité des animaux domestiques en général », écrit James Scott, en se plaisant sans doute à imaginer ce que serait le cerveau d’un homme sauvage, en liberté et sans État.

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      PAR JOSEPH CONFAVREUX
      Cette plongée dans la profondeur de l’histoire est, enfin, un moyen pour Scott de reprendre à nouveaux frais une notion à la mode, qui a pu être féconde pour alerter sur notre destinée civilisationnelle, mais s’avère également sidérante, voire paralysante : celle d’effondrement. Pour Scott, « dans son usage non réfléchi, la notion d’effondrement désigne une tragédie civilisationnelle affectant un grand royaume antique et ses réalisations culturelles ». Elle pourrait pourtant signifier « simplement un retour à la fragmentation de leurs parties constitutives, quitte à ce qu’elles se fédèrent de nouveau ultérieurement ».
      À lire l’anthropologue, une bonne partie de ce qui, dans l’histoire, est passé pour un effondrement n’était en réalité qu’une désagrégation au sens propre du terme : la réduction d’entités politiques de grande taille mais fragiles, à leurs composantes plus modestes et souvent plus stables, mais aussi souvent plus justes politiquement et socialement.

      Scott va jusqu’à effectuer alors un curieux, mais osé, « plaidoyer pour l’effondrement », en faisant l’hypothèse que ce qu’on désigne encore comme des siècles obscurs, des périodes intermédiaires ou des âges sombres a « en fait suscité un net gain de liberté pour de nombreux sujets des États antiques et une amélioration général du bien-être humain ». Une histoire à méditer pour les collapsologues ou les déclinistes contemporains…

    • Super compte rendu. C’est vrai que l’observation des peuples sans États (aujourd’hui administrés avec d’autant plus de violence) laisse entrevoir tous les autres possibles. Clastres et Sahlins l’ont montré il y a plus de quarante ans. Mais la cuisine des peuples de la forêt ne fait pas rêver, les ingrédients sont variés mais leur agencement inexistant.

    • Je connais mal cette littérature, mais je suppose que ces théories ont été confrontées et confirmées par les récits qu’on a des sociétés de #chasseurs-cueilleurs plus récentes, comme par exemple les sociétés #autochtones nord-américaines ? On a des témoignages du 17ème siècle de colons européens, par exemple :

      Un Français au « Royaume des bestes sauvages »
      #Paul_Lejeune, Lux, le 8 janvier 2009
      https://www.luxediteur.com/catalogue/un-francais-au-royaume-bestes-sauvages

      #Canada #Lux @lux_editeur


  • Saône-et-Loire. Un SDF condamné à du sursis pour s’être servi dans les poubelles d’un magasin Atac
    https://www.ouest-france.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire-un-sdf-condamne-du-sursis-pour-s-etre-servi-dans-les-pou

    Un #SDF de 24 ans était jugé ce jeudi 4 janvier par le tribunal de Chalon-sur-Saône pour avoir volé de la nourriture dans les poubelles d’Atac, à Buxy, à deux reprises, les 28 décembre et 1er janvier, rapporte le Journal de Saône-et-Loire.

    #langage #insane #France


  • #Pologne : le maire de #Gdansk meurt après une agression au couteau - Europe - RFI
    http://www.rfi.fr/europe/20190114-pologne-pawel-adamowicz-maire-gdansk-deces-agression-couteau

    #Pawel_Adamowicz participe à la Gay Pride, défend l’indépendance de la justice du pays. Il fait aussi de Gdansk une ville très ouverte aux migrants, crée un centre qui leur vient en aide. Il fait voter un ensemble de principes pour les accueillir au mieux. Tout cela lui vaut de multiples critiques du gouvernement et de la télévision publique qu’il contrôle, voire des menaces.

    En 2017, la Jeunesse polonaise, un mouvement d’extrême droite, publie un « certificat de décès » symbolique du maire de Gdansk. Dimanche soir, juste avant d’être attaqué sur la scène de l’événement de charité, Pawel Adamowicz a rendu hommage à sa ville, qu’il voulait pleine de bonté et de tolérance.

    HCR - En Pologne, une ville exemplaire en matière de solidarité pour les réfugiés
    https://www.unhcr.org/fr-fr/news/stories/2018/2/5a8a9d95a/pologne-ville-exemplaire-matiere-solidarite-refugies.html

    Le modèle de Gdansk est un programme inclusif qui aide les #réfugiés et les #migrants dans leur insertion. L’idée générale est que tous les individus et l’ensemble des secteurs de la société — de l’éducation à la culture en passant par le monde du travail ou le secteur de la santé — doivent activement inclure les réfugiés. Un conseil consultatif, composé de 13 personnes migrantes (dont deux réfugiés), tient le maire régulièrement informé des préoccupations de cette tranche de la population. 

    Gdansk est une ville portuaire de 460 000 habitants, qui accueille environ 25 000 réfugiés et migrants. Ils sont pour la plupart originaires de territoires de l’ancienne Union soviétique, comme l’Ukraine ou la Tchétchénie, mais aussi du Rwanda ou de la Syrie.

    • Pologne : les commémorations de l’assassinat du maire de Gdansk prennent une tournure politique
      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/20/pologne-les-commemorations-de-l-assassinat-du-maire-de-gdansk-prennent-une-t

      Outre les dizaines de milliers d’habitants de la ville réunis pour un dernier hommage à leur maire, l’église comptait la plupart des hauts responsables politiques du pays, dont le président de la République, Andrzej Duda, et le premier ministre, Mateusz Morawiecki, issus du parti ultraconservateur Droit et justice (PiS).

      Etait-ce d’abord à eux que s’adressait la veuve de l’édile assassiné ? L’oraison suivante prononcée par Aleksander Hall, ami de longue date du défunt et ancien député conservateur, n’a pas laissé place au doute. Après avoir rappelé le rôle des parents de Pawel Adamowicz dans la formation de sa « foi profonde », son « patriotisme » et sa « connaissance de la véritable histoire de la Pologne » – des valeurs dont le PiS revendique le monopole –, il a affirmé que « la haine qui a tué Pawel a été générée en le disqualifiant moralement. J’appelle ceux qui ont une influence sur notre vie publique, donc avant tout les gouvernants, à abandonner ces pratiques. »

      Assassinat du maire de Gdansk : en Pologne, la « #haine » sur petit écran
      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/24/assassinat-du-maire-de-gdansk-en-pologne-la-haine-sur-petit-ecran_5413658_32

      La télévision publique [TVP] est mise en cause par les opposants au gouvernement pour son rôle dans la mort de Pawel Adamowicz, le 13 janvier. La démission de son patron est réclamée.

      Qu’ont donc montré les émissions de TVP à propos de Pawel Adamowicz avant sa mort ? Au pouvoir depuis 1998, le défunt maire de Gdansk, membre du parti d’opposition libéral-conservateur Plateforme civique (PO) jusqu’en 2015, assumait de conduire une politique opposée sur bien des sujets aux positions du gouvernement central.

      En matière de migration, Gdansk avait ainsi été la première ville en Pologne à se doter d’une assemblée consultative composée d’habitants étrangers pour intégrer leur perspective dans les politiques municipales.

      Prise en 2016, cette décision avait alors été présentée au journal du soir de TVP1 comme un exemple de la « volonté de Pawel Adamowicz de faire venir à Gdansk le plus d’immigrés possible ». Les témoignages d’habitants retenus pour le sujet étaient tous négatifs, invoquant un lien avec les attentats terroristes, « la situation dans d’autres pays » et des « raisons de sécurité ». Sur la base de commentaires de journalistes conservateurs, le reste du reportage suggérait que l’initiative du maire n’était pas motivée par sa « grandeur d’âme, mais par son intérêt politique privé », notamment pour faire oublier une affaire de déclaration de patrimoine mal remplie.



  • En formation avec les « street medic » (de Nantes)

    Bénévoles, et pas tous des professionnels de santé, ils viennent en aide aux manifestants blessés. Ces derniers temps, on les a beaucoup vus dans les grandes villes à l’occasion des différentes mobilisations des « gilets jaunes ».
    https://www.vice.com/fr/article/7xynpy/en-formation-avec-les-street-medic

    Ils sont une centaine de participants à être entassés dans l’établissement. La séance débute et Fabien, « street medic » depuis 2016 et la loi Travail, rappelle la raison d’être des « street medic » : « Un collectif antiraciste, antisexiste, présent dans toutes les grandes manifestations sociales, contre les répressions policières ». Dans la salle d’à côté, d’autres « medic » complètent le résumé : « Nous sommes des secouristes bénévoles autogérés, organisés collectivement ».

    Les « street medic » n’ont aucun statut juridique. Certains sont secouristes ou urgentistes de formation, d’autres titulaires du PSC1 (certificat prévention et secours de niveau 1) ou du SST (certificat de sauveteur secouriste du travail), mais tous sont bénévoles et partagent « une volonté humaniste de s’investir », récapitule Fabien. Une volonté teintée de militantisme, car les « street medic » tiennent à dénoncer au passage « les violences policières » et comptabilisent le nombre de blessés à chaque manifestation. Aujourd’hui, au vu du nombre de manifestants blessés qui ne se rendent pas aux urgences et ne bénéficient pas de soins de secouristes professionnels, les chiffres des « street medic », qui comprennent les « petites » blessures, sont, sans doute, les plus proches de la réalité.

    #street_medics #streetmedics #autonomie #autogestion


  • Quelle est la véritable portée du LBD 40 ?
    12 janv. 2019 Par Les invités de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/120119/quelle-est-la-veritable-portee-du-lbd-40

    Le réalisateur de documentaires Florent Marcie, habitué des zones de guerres (Tchétchénie, Bosnie, Afghanistan, Libye, Tchad, Irak, Syrie...), a été touché de retour de Raqqa au visage par un flashball tandis qu’il filmait les gilets jaunes devant le Musée d’Orsay, se faisant blesser pour la première fois de sa carrière. Il nous a confié ce texte sur la dangerosité du LBD 40, et le sens de son usage en démocratie. (...)

    #LBD40

    • Un tireur assermenté qui, voulant viser la jambe, tire dans la tête ou dans l’œil, ou bien qui, sous l’effet du stress ou d’un sentiment de toute puissance, se met à tirer à tort et à travers, n’est pas un garant de l’ordre, c’est un danger public.
      […]
      Encourager l’utilisation d’une arme capable d’éborgner, voire de tuer ses concitoyens, tout en profitant du flou de la légalité et de la balistique pour évacuer toute responsabilité des tireurs, n’est pas anodin. C’est une rhétorique de la violence qui nous entraîne tous sur une pente habituellement située dans d’autres contrées.