• Pour une gilet-jaunisation du mouvement social – ACTA
    https://acta.zone/pour-une-gilet-jaunisation-du-mouvement-social

    Depuis le 5 décembre, le mouvement social contre la réforme des retraites mobilise de nombreux secteurs professionnels, portant en lui l’espoir de freiner la broyeuse néo-libérale. Ce mouvement de masse a été l’occasion de l’amorce d’une rencontre entre le monde syndical et celui des gilets jaunes – rencontre à la fois productrice de contradictions et prometteuse pour les luttes à venir.

    L’hypothèse d’une grève générale en mesure d’accentuer les pertes pour les capitalistes et de faire plier le bloc au pouvoir s’éloigne alors que la grève totale reconduite à la SNCF et à la RATP depuis maintenant un mois et demi est sur le déclin. Les grévistes constatent avec amertume, et nous avec eux, que la majorité des secteurs professionnels ne les a pas rejoints. Il est pourtant nécessaire d’analyser de manière pragmatique la situation et d’en tirer un premier bilan pour en souligner les effets positifs.

    De nombreux liens se sont tissés, au sein des secteurs en lutte, entre différents secteurs, ainsi qu’avec les Gilets Jaunes, notamment lors des blocages de dépôts de bus et par l’opposition conjointe aux intrusions et aux agressions policières dans le cortège de tête. Ils ne sont sans doute pas encore suffisants. Une base de gilets jaunes était en effet présente en tête des manifestations intersyndicales du mardi et du jeudi, mais on ne peut plus en compter que quelques centaines, quand ils étaient des dizaines de milliers au cours des multiples Actes qui ont chamboulé le pays l’année dernière. Dans l’autre sens, on a aussi pu observer une timide jonction avec les syndicats lors des samedis de mobilisation gilet-jaune, que l’intersyndicale a appelé à rejoindre à trois reprises et qui ont été, à chaque fois, le théâtre d’une conflictualité et d’un débordement retrouvés.

    S’il faut se réjouir de ces liaisons, il est toutefois nécessaire de formuler des propositions tactiques quant à leur devenir. Arrivés à ce point du mouvement, l’enjeu est d’enraciner la lutte contre la réforme des retraites dans la durée. Les gilets jaunes ont démontré qu’un conflit ne peut se gagner qu’en s’attaquant à l’ensemble de la reproduction sociale et qu’il est essentiel de s’en prendre en même temps à la nature politique du régime.

  • Airbnb veut surveiller votre moralité | korii.
    https://korii.slate.fr/biz/airbnb-surveiller-moralite-reseaux-sociaux-surveillance-algorithme

    Et vous en faire payer les conséquences. Certaines plateformes n’ont désormais rien à envier aux pires techno-dystopies. Selon le quotidien britannique The Evening Standard, Airbnb a récemment déposé le brevet d’un algorithme permettant de détecter les individus « à risque », afin de les priver d’accès à ses services pour éviter des problèmes... qui n’ont pas encore eu lieu. En 2017, après deux ans de collaboration, Airnnb a racheté une partie de la start-up Trooly. C’est de son savoir-faire que serait issu (...)

    #Airbnb #algorithme #comportement #data #profiling #SocialNetwork #surveillance

  • « La difficulté de se faire entendre est absolue » : l’hôpital public, laboratoire de nouvelles formes de protestation
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/22/la-difficulte-de-se-faire-entendre-est-absolue-l-hopital-public-laboratoire-

    Les soignants tentent de maintenir l’attention sur leur long mouvement social, pour exister face à celui contre les retraites. [dans l’article il est écrit tout autre chose : "creusant leur propre sillon en marge du mouvement contre la réforme des retraites.", ndc]

    Arrêts de travail simultanés, « grève du codage », démissions administratives coordonnées… Faute de pouvoir interrompre la prise en charge de leurs patients, les soignants en lutte multiplient depuis plusieurs mois les actions médiatiques originales, faisant de l’hôpital public un laboratoire des nouvelles formes de protestation, et creusant leur propre sillon en marge du mouvement contre la réforme des retraites.
    « La difficulté de se faire entendre est absolue, il faut être imaginatif, explique le docteur Anne Gervais, l’une des représentantes du Collectif inter-hôpitaux, le groupe de médecins qui vient d’orchestrer la démission de près de 1 200 chefs de service de leurs fonctions d’encadrement. Avec nos faibles forces, on a eu une percée médiatique qui n’est pas mal. »

    L’opération, qui a obtenu un large écho dans les médias, sera de nouveau mise en scène le 27 janvier, lorsque les lettres de démission seront adressées aux directions des établissements. Quelques jours plus tard, le 2 février, médecins et personnels paramédicaux seront invités à réaliser des chaînes humaines autour de leurs hôpitaux.
    Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, sera l’occasion d’une « déclaration d’amour à l’hôpital », avec la tenue de la troisième manifestation parisienne depuis septembre. Celle-ci devrait être couplée avec un concert, à même de susciter l’intérêt des chaînes de télévision. Les jets de blouses blanches au sol, notamment lors de cérémonies de vœux, devraient quant à eux se poursuivre.

    « Tous les codes sont brisés »
    En plein conflit sur la réforme des retraites, il s’agit pour les organisateurs du mouvement de ne pas disparaître. « Cela fait dix mois qu’on a commencé et rien n’a bougé. Comment faire avec un gouvernement qui ne discute pas et qui n’a aucune culture du compromis ? », demande, dépité, Hugo Huon, le président du Collectif inter-urgences. Ces derniers mois, le groupe – qui représente quelque 260 services d’urgences en grève – a multiplié les « coups », quitte parfois à dérouter ses partenaires syndicaux.

    Le 3 juin 2019, plusieurs soignants de l’équipe de nuit des urgences de l’hôpital parisien Lariboisière se sont retrouvés simultanément en arrêt de travail, relançant l’intérêt pour un mouvement menacé d’enlisement. « Alors que les syndicats sont restés sur des modes de gestion des conflits très anciens, l’approche du collectif est nouvelle. Avec eux, tous les codes sont brisés », commente, enthousiaste, Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Ce n’est pas un conflit qui s’essouffle mais qui reprend son souffle » : contre la réforme des retraites, de nouvelles formes d’action se multiplient
    Certaines actions n’ont cependant pas fait l’unanimité. Lorsque le 2 juillet 2019, sous les fenêtres du ministère de la santé, à l’issue d’une manifestation, plusieurs soignants disent s’injecter de l’insuline (de l’eau en réalité), une substance qui peut faire baisser drastiquement le taux de sucre dans le sang et être mortelle à forte dose, des responsables syndicaux, CGT notamment, crient à « l’irresponsabilité ».
    « On n’avait pas contrôlé la communication, personne n’a su comment réagir, regrette aujourd’hui Hugo Huon, tout en relativisant l’échec de l’épisode. Il y a des gens qui récupèrent nos actions, ça veut dire que certaines ont bien marché. »

    « On va faire du bashing »
    Certaines actions locales reçoivent une audience inespérée. A Valence, au tout début du mouvement, les infirmières des urgences ont par exemple tourné un clip musical (« Y’a colère dans le cathéter ») pour dénoncer les suppressions de postes et le manque de moyens. La vidéo, devenue l’hymne des manifestations des hospitaliers, affiche aujourd’hui près de 16 millions de vues sur YouTube. « Je ne suis pas sûr que ça ait changé grand-chose, reconnaît cependant Virginie Turrel, une infirmière du service. On a fait TF1, France 2, M6 mais le directeur ne nous a pas rencontré pour autant. Il n’a vu que les médecins. » Le service est aujourd’hui toujours en grève.

    Pour peser sans arrêter de soigner, les médecins de plusieurs hôpitaux ont choisi à l’automne de ne plus transmettre les informations permettant à leur établissement de facturer à l’Assurance-maladie les actes réalisés. Une rétention du codage qui a fait débat au sein du corps médical et qui suscite le mécontentement des directions.
    Dans une lettre adressée le 20 décembre 2019 aux directeurs des départements médico-universitaires de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, le directeur général du groupe, a évalué l’impact de cette action « entre 285 et 300 millions d’euros » à la mi-décembre, pour les trois mois précédents.

    Pour se faire entendre, les organisateurs du mouvement ont aujourd’hui dans le viseur la campagne pour les élections municipales. « L’hôpital va être le sujet important des municipales », prédit Patrick Pelloux. « On va attaquer fort, on va faire du bashing », promet Hugo Huon, qui annonce également la sortie le 12 février d’un livre de témoignages sur les conditions de travail à l’hôpital.

    #grève_du_codage #santé #hôpital

  • Bientôt dans presque tous les commissariats, un logiciel pour fouiller dans vos portables | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1579520319-police-gendarmerie-un-logiciel-pour-fouiller-portables

    L’utilisation de ces systèmes pose tout de même « un certain nombre de problèmes d’un point de vue éthique, parce que ce genre de matériel utilise des failles de sécurité pour fonctionner », prévient le policier anonyme. « C’est pour ça que la machine reste régulièrement mise à jour, pour pouvoir aller récupérer les failles de sécurité des constructeurs de téléphones identifiées par Cellebrite ». Les forces de l’ordre pourront donc exploiter les portables même si une personne refuse de donner son mot de passe ou son code PIN. Ce droit à ne pas s’auto-incriminer avait déjà été battu en brèche par la Cour de cassation en décembre dernier.

    L’autre problème éthique soulevé par l’utilisation des Ufed relève de l’extraction des données : lesquelles seront jugées pertinentes ? « Il faut voir comment se fait le tri des données. Quand un téléphone est “craqué”, il y a toute une tonne d’informations qui sort, qui relèvent de la vie privée parfois et ne sont pas en lien avec l’enquête », note la chercheuse Florence Sèdes. « Il y a très certainement des questions de vie privée qui vont se poser », concède le fonctionnaire de police. Le logiciel permet pourtant « de sélectionner précisément ce qu’on cherche sur le téléphone, par des mots-clés ou sur des périodes précises, comme les messages échangés dans les trois derniers jours, par exemple ». Mais cela ne règle pas les questions de protection des données personnelles, selon ce policier :

  • La révolte à l’ère du numérique : nouvelle efficacité, nouvelles faiblesses
    https://reporterre.net/La-revolte-a-l-ere-du-numerique-nouvelle-efficacite-nouvelles-faiblesses

    par Gustave Massiah

    Dans « Twitter et les gaz lacrymogènes », Zeynep Tufekci analyse de manière remarquable la nouvelle génération de mouvements sociaux marqués par l’ère numérique. Si les réseaux sociaux accélèrent les mobilisations, l’espace public numérique dépend des monopoles de l’économie du web.

    Pour Zeynep Tufekci, l’espace public connecté modifie la sociabilité des mouvements sociaux et leurs formes de mobilisation. La connectivité numérique permet de partager des liens faibles contrairement à la culture politique qui organisait des liens forts, souvent exclusifs — ce qui est nouveau et considérable. Internet connecte presque toutes les régions de la planète, des ordinateurs sont dans toutes les poches, les algorithmes influencent les décisions dans toutes les sphères de la vie.

    L’idée de fonctionner sans organisation formelle, sans leader, sans infrastructures importantes, remonte aux années 1960. Les mouvements sans leader n’ont pas de porte-parole désigné, pas de leader élu ou institutionnel. Ils courent moins le risque d’être décapités par l’arrestation, la cooptation ou la corruption d’une poignée de chefs. L’absence de structures décisionnelles conduit cependant à ce que Zeynep Tufekci nomme « une paralysie tactique ». Elle cite ainsi « La tyrannie de l’absence de structure », un article de la militante féministe Jo Freeman, écrit en 1970. Cette absence rend difficile le règlement des désaccords et la capacité de négocier.

    #Zeynep_Tufekci #Gustave_Massiah #Mouvements_sociaux #C&F_éditions

    • Le livre a l’air bien. Sur le même sujet, j’en profite pour reposter cet article qui était déjà mauvais il y a dix ans, avec Lincoln et Obama présentés comme des modèles démocratiques.

      Démocratie & Internet à l’ère du numérique - Revue Critique d’Ecologie Politique
      http://ecorev.org/spip.php?article854

      De même, alors que dans son roman 1984
      Orwell critique le communisme de 1948 qui
      n’a nul besoin de l’internet pour contrôler la
      population, il est étonnant de voir revenir sans
      cesse l’argument selon lequel l’informatique
      permettrait « l’Orwellisation » de la société [2] ;
      d’autant que les technologies de surveillance
      peuvent au contraire alléger la surveillance
      effective et les forces de répression en étant
      détournées [3].

      Dans la ligne de la conclusion de L’immatériel,
      nous postulons avec André Gorz que l’informatique
      est une « technique ouverte », un « outil
      convivial » (Illich), profitable à une écologie
      définie comme « homéotechnique » (Sloterdijk).
      A nous de nous focaliser sur l’essentiel : défendre notre liberté. En permanence à
      reconquérir, elle est le fruit de l’aptitude des
      humains à redéfinir l’autonomie et à mettre en
      œuvre la démocratie dans un contexte social
      et technologique donné. De ce point de vue,
      l’internet renferme un extraordinaire potentiel
      d’expression des droits civiques et de communication
      des valeurs humaines (Manuel
      Castells).

      Internet c’est en effet la parole donnée à
      chacun sans exclusive et quel que soit son
      handicap, y compris celui d’appartenir à
      une classe sociale défavorisée. Wikipédia en
      est un exemple édifiant. La diffusion du
      savoir et des connaissances n’est pas conditionnée
      par le statut social de l’individu mais
      par le contenu même de sa production.
      L’évaluation des diplômes ne vient pas court-circuiter
      sa participation. Pour autant il n’y
      est pas produit n’importe quoi, grâce au
      développement d’une vigilance critique qui
      en régule le contenu.

      « Face aux questions et métriques que
      produisent les pratiques sur l’internet,
      l’autorégulation et la critique constructive
      des internautes eux-mêmes sont peut-être les
      réponses les plus intéressantes au défi qui est
      lancé en terme de démocratie. » (Hubert
      Guillaud)

      Internet c’est ainsi l’intelligence collective au
      bénéficie de tou-te-s et la possibilité d’un
      travail collaboratif qui permet à des
      individus isolés d’entrer en contact, de se
      mobiliser et de participer à des actions
      collectives, comme ce fut le cas à Seattle
      avec la coordination internationale des altermondialistes
      via la toile, ou encore pour la
      mobilisation des malades du Sida à l’échelle
      mondiale.

      Les outils de diffusion de cette intelligence
      collective sont d’ores et déjà opérationnels.

      Toujours dans cette idée de diffusion
      démocratique, la télémédecine et le téléenseignement,
      pratiques encore trop peu
      développées principalement par manque de
      volonté politique, pourraient dès aujourd’hui
      améliorer grandement la qualité de l’accès
      aux soins et aux savoirs.

      L’Internet est une agora planétaire qui met à
      mal les hiérarchies des ordres anciens distinguant
      auteurs et lecteurs, experts et profanes.
      la mise en lien via ce réseau permet la
      construction d’une intelligence collective de
      manière horizontale : une construction qui
      parie sur la confiance et l’expertise des
      individus et se fonde sur l’interactivité entre
      citoyens et citoyennes responsables.
      Le partage, maître mot du réseau comme de
      la démocratie, est inscrit dans l’histoire de la
      toile.

      C’est à ces usages que peut s’adosser l’écologie-
      politique, et permettre enfin une façon
      plus écologique de faire de la politique,
      grâce à une démocratie des minorités ancrée
      dans le local, et le face à face, à l’opposé de
      toute dictature majoritaire, pouvant constituer
      à terme une véritable démocratie cognitive
      en interaction entre agir local et pensée
      globale (Jean Zin).

      Je sais pas comment ils ont fait pour faire du retour-chariot dans tout le texte...

  • Nos mots
    https://lundi.am/Nos-mots

    ils maquillent la violence de leur monde comme on maquille un crime

    Ils ont volé nos imaginaires, ils ont pris nos contes et nos légendes, ces histoires racontées dans les veillées par les grands-mères de nos grands-mères quand le froid est à nos portes et que tout le monde craint le loup [1]. Ils ont fait de nos mythologies leurs étendards. Ils ont changé de sens les mots de notre enfance :

    Les Amazones sont des boites en carton répétées à l’infini sous le toit noir des entrepôts ; la caverne d’Alibaba est un immense hangar et les quarante voleurs ont troqué leur liberté contre la misère du salarié, plié en deux sur son chariot. Ils ont brisé nos corps par leur vocabulaire, au nom de leurs projets, ils ont tué le sens de notre travail : « plan social » « développement durable » « capitalisme vert » « système universel », ils maquillent la violence de leur monde comme on maquille un crime. Et nous œuvrons, inconscients, pour leurs mauvais génies : nos billets doux, nos mots d’amour et nos désirs nourrissent en secret leurs algorithmes. Aladdin [2] ne court plus les rues pour un morceau de pain, il ne fait plus la cour à la fille du sultan, prisonnier des murs obscurs il aligne nuit et jour les chiffres et les calculs pour servir leur puissance. BlackRock… un nom si bien trouvé, les complotistes n’en auraient pas rêvé, le mot sent bon l’architecture gothique, les falaises imprenables où le corbeau de Poe, les fantômes et les spectres se sont venus loger : ils nous ont pris nos monstres ! ils ont pris les démons tapis dans nos névroses.

    Alors quoi ? Il faudrait que devant la forteresse le BlackBlock balbutie, le WitchBlock trébuche ? Détruisons-la !

  • Le CLAQ dénonce l’instrumentalisation de l’homophobie contre la grève ~ Friction Magazine
    https://friction-magazine.fr/le-claq-apporte-son-soutien-aux-trois-grevistes-de-la-ratp-de-vitr

    Suite à des injures homophobes envers un chauffeur de bus non-gréviste, 3 grévistes RATP ont été convoqués par leur direction puis poursuivis par des associations LGBT. Choqué par la décision des assos, le CLAQ publie une tribune de soutien.

    « Macron, on t’encule ! » : quand l’homophobie ordinaire s’invite en manif - TÊTU
    https://tetu.com/2019/12/17/macron-on-tencule-quand-lhomophobie-ordinaire-sinvite-en-manif

    La semaine dernière, une vidéo montrait des grévistes lancer des insultes homophobes à un chauffeur de bus. Mais malheureusement, l’homophobie ordinaire n’est pas nouvelle dans les mouvements sociaux… Pourtant, les choses commencent à changer.

    derrière #paywall

    • Le système pénal, la criminalisation ne sont pas seulement inefficaces pour protéger, donner des ressources et rendre justice aux victimes, ils sont également délétères quand ils frappent nos alliéEs dans les luttes d’émancipation. C’est ce dont il s’agit ici : désigner et punir des individus et les mettre hors d’état de nuire au système, celui-là même qui produit l’homophobie structurelle de notre société, autrement plus ravageuse. (...)

      Nous, suceurs de bites et enculés – et même bouffeuses de chattes – exigeons donc des associations SOS Homophobie, Stop Homophobie et Mousse, qu’elles retirent leur plainte injustifiée et disproportionnée. Si elles veulent vraiment lutter contre l’homophobie dans les mouvements sociaux, comme partout ailleurs dans notre société, nous les invitons à s’investir dans ces mouvements, à descendre dans la rue et à soutenir activement les grèves et les grévistes.

      #Claq Comité de Libération et d’Autonomie Queer, contre la prise de position (et/ou les dépôts de plainte) de Association Mousse, Familles LGBT, le FLAG, FranceTV pour tou.te.s, Le Refuge, Rouge Direct, SOS Homophobie, Stop Homophobie et Urgence Homophobie

      Je signale, au cas où cela n’ai été fait ici, le slogan « Macron, on t’encule pas, la sodomie c’est entre amis » qui réponde régulièrement, et ce samedi 18 janvier encore, au « Macron, on t’encule » entendu dans les manif #GiletsJaunes et d’autres.

      #luttes_collectives #sexisme #homophobie #code_pénal

  • Le « problème des Blancs avec les Noirs », à propos de W.E.B. Du Bois
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/la-suite-dans-les-idees-emission-du-samedi-14-decembre-2019

    La traduction en français, 120 ans après sa publication aux Etats-Unis, des « Noirs de Philadelphie » offre l’occasion de revenir sur son auteur désormais considéré comme l’un des fondateurs de la sociologie, W. E. B. Du Bois.

    #états-unis #racisme #cartographie #webdubois #web_du_bois

  • La valeur d’Alphabet dépasse les 1000 Mds$ pour la première fois - Business Insider France
    https://www.businessinsider.fr/la-valeur-dalphabet-depasse-les-1000-mds-pour-la-premiere-fois

    Pour la première fois de son histoire, Alphabet, la société mère de Google, a dépassé les 1 000 milliards de valeur à Wall Street à New York, devenant ainsi la quatrième société américaine à atteindre ce cap. L’action d’Alphabet a gagné jusqu’à 0,8% jeudi 16 janvier finissant la séance à 1451 dollars. La progression est de 8,3 % depuis le début de l’année. Alphabet a rejoint un cercle restreint : Apple avait été la première entreprise américaine à avoir franchi ce seuil en 2018. Depuis, Microsoft et Amazon ont (...)

    #Alphabet #Google #bénéfices #Amazon #Microsoft #GoogleCloud #CloudComputing #AWS

  • « Je suis la grève face à vous, la colère partout, ruinée mais déchaînée »
    https://lundi.am/Je-suis-la-greve-face-a-vous-la-colere-partout-ruinee-mais-dechainee

    Je suis Cléone et on ne me rattrapera jamais… [1]
    Je suis marronne, je suis le chœur du Bloc.
    Je suis le cortège qui bille en tête vous a renversé et vous renversera encore.

    Je suis la grève, celle que j’ai foulé il y a des siècles, le corps hagard, rompu et enchaîné, mais vivante. Je suis la fuite, l’échappée. Je suis la rapine, la ruse, l’incendie, le poison, la machette retournée contre vos gorges. Je suis la rumeur des soulèvements du passé parvenue jusqu’à vous. Les mornes, les oasis, les communes, les landes, les friches, les squats sont ma terre. Le monde qui vous survivra est un Quilombo.

    Je suis le spectre de la révolution.

    Mon esclavage, mon labeur, ma vie vous a nourri, soigné, blanchit et élevé, lavé, éduqué, transporté et diverti. Ma sueur, mon sang, mon sexe vous ont assez enrichis. A mon tour, je veux vous affamer.

    Je suis la grève face à vous, la colère partout, ruinée mais déchaînée. Je suis désespoir, joie et fureur. Je suis la pénurie, le blocage, le sabot dans le rouage de la machine, je suis le train arrêté en pleine voie, le piquet de grève, le bateau à quai, l’occupation, l’amoncellement de palettes, de pneus, la barricades de chaises, le fumigène, le bris de verre… je suis l’obscurité du courant coupé.

    Je suis lucidité.

    Je suis nue ; sans robe noire, sans blouse blanche, sans cartable et sans livre, sans outils et sans arme… Je vous les jette à la gueule. Je suis combattante : danseuse, chanteuse et musicienne aux marches de vos palais, je suis solidarité.

    Je suis celle qui t’aide à te relever en pleine embuscade, à t’échapper de la nasse, à revenir ensemble à la charge. Je suis Street Medic.

    Je suis réalité.

    Je suis le butin, la caisse de grève, le nerf de la guerre. Je suis condition d’existence.

    Je reprends corps. Vous allez battre en retraite.

    Je suis sans boulot. Exploitée, dépouillée, endettée, édentée, je suis celle qui dort dans sa voiture, qui roupille dans la rue, qui vole dans vos poubelles ; celle qui crève en EPHAD. Je suis votre bilan politique.

    Des lustres à ingurgiter vos éléments de langage, vos flux d’images, vos insultes, vos imaginaires, vos dénis, vos trahisons, vos comptages, vos indignations, vos mépris, vos manipulations, vos compassions. Vous êtes nauséabonds.

    #greve

  • « Si je suis aux Restos du coeur, c’est parce que j’ai été mutilé par la police » | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1579018259-restos-coeur-mutile-par-police-violences-blesses-gilets-jaun

    Mutilés par la police, ces Gilets jaunes ont perdu un oeil, une main ou des dents. S’ajoute le traumatisme psychologique mais aussi souvent l’extrême précarité financière. Ils racontent leur quotidien entre arrêt-maladie, chômage et restos du coeur.

  • Retraites : on sait enfin comment sera fixée la valeur du point - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/projet-de-loi-de-retraites-on-sait-enfin-comment-sera-fixee-la-v

    Un seul Conseil Central décidera de tout, les travailleurs perdent la main

    Comment sera fixée la valeur du fameux « point » ? Le projet de loi est très clair là dessus : c’est le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites qui le fera. Ni les députés, ni les citoyens n’auront leur mot à dire là dessus. Qui décidera de « l’âge d’équilibre » en dessous duquel partir implique de gagner beaucoup moins ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites. Qui décidera du niveau de valorisation des pensions ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites. Et enfin, qui décidera du montant des cotisations et de leur répartition ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites.

    Autrement dit, si vous avez une question sur votre avenir, c’est à cet organisme omnipotent qu’il faudra demander, ce qui change tout, fondamentalement.

    Retour en arrière : actuellement, notre système de retraites est composé de plusieurs caisses, selon les secteurs et les métiers, qui sont gérées par les représentants de ces secteurs et métiers. Les salariés du privé gèrent, par le biais de leurs représentants syndicaux élus, le régime général. Les agents du public le leur, les agents de la SNCF le leur, les avocats le leur, et ainsi de suite. Les règles y sont définis en fonction des particularités des métiers et de l’Histoire de leur lutte. Ce système loin d’être parfait fut tout de même un des meilleurs du monde.

  • Nelson Getten sur Twitter : « Le discours poignant du professeur Hartemann, chef du service diabétologie de la Pitié-Salpêtrière. Comme elle 1 200 #médecins hospitaliers ont démissionné de leur fonction d’encadrement hier. » / Twitter
    https://twitter.com/NelsonGetten/status/1217393621177114626

    https://video.twimg.com/amplify_video/1217392034086105088/vid/640x360/qJbNRdFnD_xbSygx.mp4?tag=13

    #hôpitaux #hôpital #public #gâchis #néolibéralisme #criminel #France

  • Une question qui fâche ? Pourquoi les #universitaires qui disposent des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister, acceptent-ils de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’#Université ?

    http://sms.hypotheses.org/8471

    Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la productivité et la rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent comme de simples accompagnateurs du changement social ? (...)

  • « On nous appelait les #prisonniers politiques » : des #gilets_jaunes #incarcérés racontent - Basta !
    https://www.bastamag.net/gilets-jaunes-prisonniers-politique-colere-sociale-detention-justice

    Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la #prison_ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’#univers_carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

    En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement. À #Montpellier, Perpignan, #Narbonne, #Le_Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

    [...]

    Malgré ces conditions très difficiles, de nombreux gilets jaunes interrogés témoignent du respect exprimé par les autres détenus. « Mon nom c’était le "gilet jaune du B2 rez-de-chaussée", se souvient Victor. Pendant les promenades, certains prisonniers me posaient des questions sur le mouvement. Certains disaient "Quand on sort, si ça continue on sera avec vous !" »

    L’ambiance est similaire à #Perpignan. « On nous appelait les "#prisonniers_politiques". La majorité des détenus soutenaient les gilets jaunes. Ils savaient qu’on avait manifesté pour la justice et la dignité, témoigne Abdelaziz. Les prisonniers, majoritairement issus des quartiers populaires, y aspirent aussi. Ils sont souvent incarcérés parce qu’ils ont fait des actions illicites pour obtenir de l’argent et améliorer leur quotidien. »

    Parfois, les #manifestations de #soutien sont allées jusqu’au personnel de la #prison. « Une des surveillantes m’appelait "#camarade" », se souvient Victor. Abdelaziz est encore plus affirmatif : « Les trois-quarts des gardiens nous soutenaient, et le reste ce sont des fachos. L’un d’entre eux participait même au mouvement au début. » Sourire aux lèvres, Victor évoque même des encouragements, à mots couverts, de la psychologue chargée de son suivi. « Elle a fini par me dire que j’avais raison d’aller aux manifestations. »

  • Les agents immobiliers envisagent la création d’un fichier des locataires mauvais payeurs
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/16/les-agents-immobiliers-envisagent-la-creation-d-un-fichier-des-locataires-ma

    La proposition est critiquée par les propriétaires, qui craignent de voir les administrateurs de biens devenir indispensables, et l’association de lutte contre le surendettement Cresus.

    A l’occasion de la conférence de presse de début d’année de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), mercredi 15 janvier, son président, Jean-Marc Torrollion, a annoncé que son syndicat allait « créer un fichier des incidents de paiement locatifs ».
    Il « devrait être opérationnel en 2021, lorsque la future loi Nogal prendra effet et instaurera notamment, pour les administrateurs de biens, un nouveau type de mandat de gestion avec obligation de résultat », c’est-à-dire garantissant le paiement des loyers au bailleur. « Pour offrir une telle garantie, nous aurons besoin d’un fichier de ce type », assure-t-il.
    La banque de données sera alimentée par l’ensemble des professionnels et sa consultation leur sera réservée. Ils y inscriront tous les locataires en retard de plus de trois mois du paiement de leur loyer, qui y resteront mentionnés au plus trois ans mais en seront rayés dès qu’ils régulariseront leur dette.

    La Commission nationale informatique et libertés (CNIL), consultée, dit « accorder une attention très particulière à ces fichiers de mauvais payeurs et à ces listes noires, au regard des risques qui pèsent sur les droits et libertés des personnes concernées ». Ainsi, l’accès au fichier devra être réservé aux professionnels et les locataires devront être complètement informés de son fonctionnement au moment de la signature de leur contrat mais aussi lors de la survenance de l’incident de paiement, de l’inscription et de la suppression des données. La CNIL exige, en outre, des mesures de sécurité informatique régulièrement mises à jour pour garantir la confidentialité des données.
    « Prévention et dissuasion »
    « C’est au moins la quatrième tentative de création de ce fichier mais, cette fois, le projet est sérieux, transparent, juge Henry Buzy-Cazaux, consultant en immobilier, et je pense qu’il aura des vertus de prévention et de dissuasion des incidents locatifs. »

    M. Torrollion est de cet avis : « Le fichier des incidents de paiement locatifs diminuera considérablement le risque d’impayés, d’ailleurs très bas puisqu’on l’évalue à 1 % des loyers, et devrait faire baisser les coûts de l’assurance et de la garantie financière, ce qui permettra de proposer notre mandat sécurisé à un coût compétitif. »

    L’initiative en revient non pas à la Fnaim elle-même mais à l’un de ses adhérents, Yan Jouanno, créateur de la société Artel qui gérera ledit fichier. Joint par Le Monde, il ne souhaite pas communiquer sur son projet encore en gestation. L’opération nécessite un investissement de 1 million à 2 millions d’euros et Artel associe donc la profession à son tour de table – la Fnaim mais aussi l’Union des syndicats de l’immobilier (UNIS), qui fédère de nombreux administrateurs de biens, et de grands groupes comme Foncia ou Nexity.
    L’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) ne cache cependant pas son irritation : « Ce projet est une des conséquences du calamiteux rapport Nogal qui fait la part belle aux administrateurs de biens en les rendant indispensables », s’insurge Christian Demerson, son président.

    Dépôt de garantie
    Ce rapport de Mickaël Nogal, député (La République en marche) de Haute-Garonne, déjà partiellement traduit en proposition de loi (PPL), suggère en effet que les locataires versent le dépôt de garantie à ces professionnels et non plus aux bailleurs ; 70 % d’entre eux gèrent pourtant leurs biens en direct, sans recours à un intermédiaire. « Puisqu’un tel fichier sera réservé aux professionnels, c’est vers le parc privé non intermédié que les mauvais payeurs se tourneront », craint M. Demerson.
    Lire aussi Comment résoudre un litige entre un propriétaire et son locataire
    L’association de lutte contre le surendettement Cresus se montre aussi réservée : « Il existe beaucoup de fichiers privés de mauvais payeurs, par exemple pour les opérateurs de téléphonie (Preventel), les découverts et les impayés de crédit (Banque de France), cela est très stigmatisant, estime Jean-Louis Kiehl, son fondateur et président, et risque de compliquer plus encore l’accès des ménages modestes à une location. Nous préférerions un registre des crédits, comme il en existe dans de nombreux pays européens, qui permette de se faire une idée de la solvabilité du locataire. »

    #logement

  • L’entreprise Zalando accusée de jouer à Big Brother avec le logiciel Zonar - Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/120120/l-entreprise-zalando-accusee-de-jouer-big-brother-avec-le-logiciel-zonar

    La numérisation du monde du travail va-t-elle renforcer l’exploitation de l’homme par l’homme, via la machine ? Et comment l’éviter ? Ce sont les questions que pose la découverte de l’utilisation du trop curieux logiciel Zonar par l’entreprise berlinoise Zalando, leader européen de la vente de vêtements en ligne avec 14 000 salariés dans dix-sept pays. Berlin (Allemagne), de notre correspondant.– L’existence du logiciel Zonar a été révélée au grand public en novembre dernier grâce à une étude réalisée (...)

    #algorithme #conditions #data #surveillance #travail #travailleurs #Verdi #zonar

  • Sortir des clous et des nasses...

    POURQUOI MACRON NE CÉDERA PAS
    Par Ian Manook, écrivain

    Macron ne cédera rien parce qu’il n’est pas là pour gouverner. Il n’est même pas là pour être réélu et encore moins pour faire une carrière politique. Il se fout de tout ça, et donc il se fout de ce qu’on pense ou dit de lui, de sa cote de popularité, de son avenir politique, il se fout de tout ça. Macron est un condottiere mandaté par des commanditaires pour détricoter et privatiser tout ce qui est collectif et solidaire en France. Et sa récompense ne sera pas d’être réélu ou de prendre place dans le paysage politique français, sa récompense sera d’aller siéger dans tous les conseils d’administration des sociétés qu’il aura privatisées pour ses commanditaires. Ce n’est rien d’autre qu’un homme de main qui obéit à des ordres et qui a agi en deux temps : en pourrissant l’État français de l’intérieur sous un Hollande complètement manipulé, et en prenant ensuite prétexte de ce pourrissement pour mener à bien son pillage en règle de l’état. Voilà pourquoi il se moque de tous ces scandales à répétition le concernant et concernant son gouvernement. Voilà pourquoi nous avons un gouvernement « de crise » composé sans vergogne à moitié de millionnaires, voilà pourquoi il garde un Président de l’Assemblée mis en examen, pourquoi sa ministre de la justice peut dire en rigolant qu’elle a juste oublié de déclarer trois appartements au fisc. Voilà pourquoi il met sans honte un voyou à la tête de la police et autorise à cette police des comportements de voyous. Voilà surtout pourquoi il ne cède et ne cédera devant aucune grève. Parce qu’il s’en fout. Il se fout de vous, il se fout du pays, il se fout de la misère et de la pauvreté, il se fout des éborgnés et des amputés par sa police. Il s’en fout. Il détricotera tout jusqu’au bout sans écouter personne, sans état d’âme, et ne pense qu’à la fortune personnelle que chaque action contre le bien public lui garantit. Et il partira en laissant un pays épuisé et exsangue, trop sonné pour se défendre contre le plus violent des systèmes de finance ultralibérale qu’on puisse imaginer. Il laissera tomber tout le monde. Le pays comme ceux qu’il aura manipulés pour en faire ses pires factotums et qui, seuls, devront affronter la vengeance populaire. Voilà pourquoi il ne cède et ne cédera pas, et voilà pourquoi la seule façon de le faire céder est de nous montrer plus obstinés, plus jusqu’au-boutistes, plus tenaces et plus violents que lui. Nous ne pouvons plus rester sur le terrain politique. Le seul mouvement qui l’ait ébranlé, c’est celui des Gilets Jaunes, parce qu’il l’a désarçonné là , politiquement et sur le terrain, où il ne s’y attendait pas. En un an, il a neutralisé ce danger en le ramenant dans les mains de ceux qui défilent dans les clous, dans des couloirs et dans des nasses où ils acceptent pratiquement de se faire tabasser. Il faut sortir des clous. Disperser le mouvement, redéfinir les manifestations. Sortir des clous et des nasses. Il faut qu’enfin se bougent ceux pour qui nous nous battons vraiment, étudiants et lycéens. Il faut reprendre les ronds-points, les ponts, les périphériques, éclater les défilés dans les villes et dans le pays. Le forcer à disperser et affaiblir ses milices. C’est une question de survie du pays. Il a déjà entrepris la privatisation des hôpitaux, de la SNCF, des gares, des aéroports, des barrages, de la Sécu. Il s’attaque à celle des routes, de la police, des universités, de la culture, de la justice. Cet homme ne veut plus d’état, sinon pour l’armée et la police, et nous savons tous qu’un tel état s’appelle une dictature.

    source : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1038898769802056&set=a.188909871467621&type=3&theater
    archive : https://web.archive.org/web/20200114062710/https://m.facebook.com/photo.php?fbid=1038898769802056&set=a.188909871467621&type=3&theater

    #envolée_littéraire #lucidité_éphémère

  • « La fracture numérique constitue une bombe à retardement dans la mesure où 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022 »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/12/la-fracture-numerique-constitue-une-bombe-a-retardement-dans-la-mesure-ou-10

    Rappelant dans une tribune au « Monde » que 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022, les experts de l’accès au numérique Jean-Philippe Mengual et Corentin Voiseux prônent un changement de méthode pour les publics en difficulté. Tribune. Quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, le président de la République avait proclamé le 29 septembre 2017 cet objectif : « il faut réduire la fracture numérique en Europe. » L’action du gouvernement se matérialisait en mars 2019 par un plan (...)

    #technologisme

  • Retraites : théorisation idéologique d’une contre réforme

    Le cri du coeur de Ian Nanook est sympathique, moins les pamphlets à la hâche façon Branco. Les critiques de fond façon Gadrey bien utiles. Idem pour Cohen, Piketty, etc.

    Nonobstant on aurait tort de négliger la lecture de l’adversaire.

    Ainsi un certain Olivier Galland, sociologue néo-libéral patenté,
    vomissant tout ce qui peut être assimilé à une pensée “de gauche”,
    vient de livrer sur Telos un nouvel exemple de l’activité de ces
    centaines de “petites mains” qui produisent en permanence le substrat théorique de la “start up nation”.

    Je suis régulièrement marri que l’on n’y prenne pas davantage garde
    tant cette nouvelle trahison des clercs est consubstantielle à la
    geste macronienne.

    Au cas d’espèce nous avons ici un huluberlu qui assimile
    tranquillement les acquis du CNR à un prurit réactionnaire tout droit
    issu des pulsions obscurantistes des guildes de marchands du Moyen
    Age ! Et de citer Alain Peyrefitte à l’appui de sa thèse...

    Inversion réthorique qui est au fondement de la croisade de nos
    nouveaux maîtres et constitue en quelque sorte le bréviaire du
    REMouleur de base.

    A ce titre, à rapprocher de la récente alerte du camarade Reka sur la
    novlangue macronienne…

    “La face cachée de la réforme des retraites : la fin de la société de défiance

    L’objectif explicite de la réforme du système de retraite en masque un autre, bien plus large, et peut-être plus important encore :
    transformer profondément le modèle social français pour sortir de la
    « société de défiance ». Cette expression a été popularisée à la suite
    du magistral petit ouvrage de Yann Algan et Pierre Cahuc paru en 2007 qui portait ce titre (après l’ouvrage tout aussi important et
    visionnaire d’Alain Peyrefitte en 1995, La Société de confiance). On
    trouve dans leur livre tout l’arrière-plan socioéconomique qui donne
    sa justification politique à la réforme en cours, tout en soulignant
    les grandes difficultés de mise en œuvre. Quel était leur argument ?

    La thèse principale du livre est que la France est une société de
    défiance – défiance entre les citoyens, défiance des citoyens à
    l’égard des institutions, de leurs gouvernants, de leurs représentants
    et également des syndicats censés défendre les intérêts des
    travailleurs – et que cette défiance est entretenue par un modèle
    social fondé à la fois sur le corporatisme et l’étatisme. La preuve
    empirique de la défiance française est bien établie par les résultats
    de nombreuses enquêtes dont les World values surveys sur lesquelles
    s’appuient les auteurs.

    Yann Algan et Pierre Cahuc reprennent la célèbre typologie
    d’Esping-Andersen qui caractérise le modèle français comme relevant du type « conservateur » dans lequel des dépenses sociales élevées sont octroyées en fonction de différents statuts afin de les préserver et de « renforcer un ordre social traditionnel » (p. 44). Le modèle corporatiste est donc organisé autour de « groupements de métiers qui cherchent à faire respecter des distinctions de statuts » en conditionnant « les différents types de solidarité à l’adhésion à ces
    groupes ». Et nos deux auteurs citent bien sûr la multiplication des
    régimes de retraite et d’assurance maladie comme l’un des signes
    patents de ce modèle corporatiste. Sa caractéristique est également
    d’être relativement inégalitaire puisque les prestations sont liées
    d’abord au statut professionnel.

    Pourquoi ce modèle entretient-il la défiance ? C’est assez facile à
    comprendre : chacun veut défendre ses intérêts statutaires au besoin
    contre les autres et sans se soucier de l’intérêt général. Cette
    société corporatiste est donc une « société propice à la lutte des
    classes, au mal vivre national et international, à la jalousie
    sociale, à l’enfermement, à l’agressivité de la surveillance mutuelle
     » comme l’écrivait Alain Peyrefitte dans son ouvrage de 1995. Le
    soutien majoritaire des Français au mouvement de contestation actuel de la réforme des retraites, malgré la gêne occasionnée à beaucoup d’usagers, a surpris certains observateurs. Mais il est l’expression même de cette société corporatiste dans laquelle beaucoup de citoyens jugent qu’il est légitime de défendre ses intérêts statutaires quelle que soit leur légitimité sur le fond. La cohabitation baroque des avocats avec les grévistes de la CGT dans les manifestations et l’opposition farouche au projet en est une autre illustration. »

    (…)

    « Au total cependant les intellectuels libéraux, s’ils sont cohérents
    avec eux-mêmes, devraient soutenir fermement cette réforme et ne pas mégoter leur soutien car, si elle aboutit, elle peut faire franchir à
    la société française un saut qualitatif majeur en brisant un des
    ressorts principaux du modèle corporatiste qui entretient la défiance
    et mine le sens civique. C’est un enjeu majeur. »

    Lire la suite :

    https://www.telos-eu.com/fr/la-face-cachee-de-la-reforme-des-retraites-la-fin-.html

  • « Comprendre les logiques à l’œuvre dans le succès d’Airbnb »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/comprendre-les-logiques-a-l-uvre-dans-le-succes-d-airbnb_6025423_3232.html

    L’économiste Mehdi Farajallah détaille, dans une tribune au « Monde », les constantes du moteur de recherche de la plate-forme, mais aussi ses biais de discrimination, qui expliquent la réussite des uns et les difficultés des autres. Bien sûr, celui qui dispose d’un appartement à deux pas de la Tour Eiffel trouvera plus facilement des locataires sur Airbnb – et à un tarif bien plus élevé – que celui dont le logement se situe sans une zone sans attrait touristique. Mais les déterminants du succès des (...)

    #Airbnb #Blablacar #eBay #Leboncoin.fr #algorithme #discrimination #marketing #profiling #racisme (...)

    ##sexisme

  • #Total fait son trou à #Polytechnique - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/01/14/total-fait-son-trou-a-polytechnique_1772820

    Le bâtiment Total de 10 000 mètres carrés sera situé à la place du parking, tout près de la cantine et des équipements sportifs. « Autant dire qu’il sera impossible de l’éviter, le bâtiment sera au cœur du campus. Cela pose tout de même question ! On ne parle pas d’une #entreprise lambda, mais de Total, qui a un #lobbying très offensif », dénoncent une partie des élèves et des anciens élèves.

    Libération réserve cet article à ses abonnés

    #X #pantouflage #conflits_d_interets #recherche #enseignement

  • Romain Goupil, mollir à 60 ans - Par Laura Raim | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/romain-goupil-mollir-a-60-ans

    #expert_de_plateau #revolution_&_retraite

    MOLLIR À 60 ANS

    "Dans la vie, #Romain_Goupil est #cinéaste. Son film le plus célèbre, Mourir à trente ans (1982), raconte les désillusions du militantisme en retraçant le parcours de son ancien camarade Michel Recanati, responsable du service d’ordre de la Ligue communiste révolutionnaire, qui s’est suicidé en 1978. Depuis, il a réalisé une vingtaine de films de tous genres, parmi lesquels La traversée, un road-trip tourné avec son ami Daniel Cohn-Bendit, 50 ans après Mai 68, pour aller voir si la France « est #moisie ». Une scène cocasse dans un café avec leur ami « Emmanuel », accessoirement président de la République, marquera les esprits.

    [...]

    Le réalisateur n’est évidemment pas le seul à être passé « du Col Mao au #Rotary », pour reprendre le titre de la « Lettre ouverte » de Guy Hocquenghem, qui dénonçait dès 1986 la trajectoire de ses amis contestataires #maoïstes ou #trotskistes - de Serge July à Alain Finkielkraut en passant par BHL et Jack Lang - lesquels abandonnèrent rapidement la révolution pour faire carrière dans les médias ou la politique. Mais Goupil va plus loin. Il est l’un des rares supporters français de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Même Bernard Henri Lévy prend alors la peine de se distinguer de la ferveur va-t-en-guerre de son ami, avec qui il partageait pourtant une passion commune pour la résistance bosniaque.

    [...]

    Sa plus-value, c’est que sur certains sujets dit « sociétaux », celui qui aime à se définir comme « libéral libertaire » est resté fidèle aux valeurs de sa jeunesse, et il lui revient souvent de camper le rôle de « gauchiste » sur le plateau de 24 H Pujadas. Ainsi explique-t-il en novembre qu’il faut « régulariser la consommation de #drogue », face à une Julie Graziani consternée.

    [...]

    « Je ne supporte plus de voir un militant politique. C’est comme les anciens alcooliques, je suis devenu intolérant »

    #ben_couillon !

  • « Un très beau métier, un salaire de misère » : une accompagnatrice d’élèves en situation de handicap raconte
    https://www.bastamag.net/Une-accompagnante-d-eleves-en-situation-de-handicap-C-est-un-tres-beau-met

    Sophie est payée 750 euros par mois pour accompagner un ou plusieurs élèves en situation de handicap à l’école. Elle ne dispose d’aucun statut au sein de l’Éducation nationale. « D’un point de vue légal, je ne suis rien », dit-elle. Basta ! a recueilli son témoignage. Sophie (le prénom a été changé à sa demande) travaille depuis trois ans comme accompagnatrice d’élèves en situation de handicap dans des écoles (AESH). Elle n’a eu depuis lors que des CDD à temps partiel. Les AESH sont pourtant un pilier essentiel (...) #Témoignages

    / #Services_publics, #Education, #Conditions_de_travail, #Ma_vie_au_travail, #Discriminations, A la (...)