• Au Huffington Post, la dérive de la « Radio bière foot » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/au-huffington-post-la-derive-de-la-radio-biere-foot?onglet=full

    La grande majorité des journalistes hommes du site étaient inscrits sur une boucle de messages où s’échangeaient des remarques à caractère sexiste, raciste ou homophobe. La direction a aussitôt décidé d’importantes sanctions disciplinaires.

    • C’est la dérive d’un entre-soi masculin, sûr de lui et finalement toxique. Avant même les dernières révélations sur la Ligue du Lol, plusieurs rédactions parisiennes ont été secouées par des affaires de boucles de mails entretenues par des hommes et polluées par des messages racistes, sexistes et/ou homophobes. C’est le cas de la rédaction de Vice, ainsi que l’a révélé L’Express, et de celle du Huffington Post.

      La déclinaison française du célèbre site américain, filiale du groupe Le Monde, a procédé en fin d’année dernière à trois licenciements et à de nombreuses mesures disciplinaires. En cause, selon des documents et des témoignages recueillis par Mediapart et déjà évoqués par CheckNews, une boucle Slack alimentée par la quasi-totalité des hommes de la rédaction, sur laquelle plusieurs d’entre eux ont publié des injures, des remarques sexistes, homophobes et racistes, et des informations personnelles sur certaines de leurs collègues.

      Une boucle Slack ou chan (une « chaîne ») est une messagerie interne qui peut se décliner en un nombre infini de groupes et de sous-groupes. En principe, ces boucles de messages servent à l’organisation du travail. Mais elles sont aussi utilisées à des fins récréatives, avec des groupes affinitaires (centres d’intérêt en commun, amitiés, etc.), aboutissant à un mélange entre les rapports professionnels et personnels et à un brouillage des frontières qui a mis le “HuffPost” dans une situation périlleuse.

      Plusieurs journalistes femmes ont en effet découvert au cours de l’été dernier que la « RBF », dont toutes connaissaient l’existence de longue date, avait violemment dérapé. La « RBF » (pour « Radio bière foot », en hommage aux Robins des Bois) a été créée il y a plusieurs années pour parler foot, s’envoyer des vidéos de but ou organiser des apéros devant des matchs.

      Mais la « RBF » a grossi au fil du temps, jusqu’à compter la quasi-totalité des hommes de la rédaction – à l’exception des principaux chefs, le directeur de la rédaction Paul Ackermann et le rédacteur en chef de l’époque Alexandre Phalippou, d’un chef de service perçu comme « vieille école », Geoffroy Clavel, et de deux rédacteurs identifiés comme homosexuels (et donc perçus comme peu sensibles au virilisme hétérosexuel).

      Selon les messages capturés au hasard par plusieurs personnes de la rédaction du HuffPost il y a quelques mois, les membres les plus actifs de la « RBF » lancent une conversation en disant : « je suis dispo pour bitcher sur quelqu’un si vous voulez » ; évoquent les motifs d’absence de leurs collègues femmes qu’ils encadrent parfois en tant que chefs de service ; parlent de collègues en utilisant les termes « bitch » (salope), « tasspé » (pétasse) et « putes », un mot qui vire parfois à l’obsession :

      capture-huff-02

      Cette conversation aboutira à la diffusion d’un émoji du Nord-Coréen Kim Jong-un avec du maquillage. Il vise l’une des journalistes métisses asiatiques, aujourd’hui partie du HuffPost. Dans un message raciste, la joueuse de tennis Serena Williams est traitée de « vigile trav » dont l’odeur doit « fouetter ».

      capture-d-e-cran-2019-02-12-a-13-24-56

      Les discussions sexualisées sont fréquentes. Exemples :

      capture-huff-01

      capture-huff-03

      « T’as 5 minutes pour une sodomie accidentelle ? », lance un chef de service dans une conversation portant sur un pot organisé par des stagiaires. Les remarques homophobes polluent le fil, notamment sur les lesbiennes – deux femmes journalistes sont surnommées « bouche à fesses » dans un message ; un gif porno de deux filles était parfois utilisé, se souvient un journaliste.

      Quand elles découvrent les messages, les femmes de la rédaction sont sous le choc. « Je crois que j’aurais préféré être insultée de “pute”, de “pupute”, de “casse-couilles”, de “pétasse”, de “bitch” en vrai, dans les yeux, plutôt que d’avoir des sourires hypocrites et d’être humiliée quotidiennement dans mon dos, dans le même open space que moi », explique l’une d’elles, sous le couvert de l’anonymat.

      Elle ajoute : « Je ne souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi, de vivre cela. » Et : « On n’aime pas les “faibles”, c’est bien connu. Certains ont senti une “fragilité” chez moi, qui a ensuite été détournée à mon encontre pour m’enfoncer, me décrédibiliser. »

      Même plusieurs mois plus tard, toutes les personnes que nous avons interrogées, hormis la direction, ont requis l’anonymat. La peur, disent-elles, d’être jugées, critiquées, y compris en interne.

      Encore aujourd’hui, « c’est un peu dur à la rédaction », dit une autre journaliste. « C’est un enfer », dit une troisième. Ces derniers mois, plusieurs d’entre elles ont été en arrêt maladie ; d’autres, même parties, sont encore traumatisées. D’autant plus que la trentaine de journalistes se voyaient (globalement et à grands traits) comme progressistes, voire féministes, antiracistes, « ouverts », selon une expression entendue à plusieurs reprises.

      « Pour moi, on était une rédaction progressiste, confie le directeur de la rédaction Paul Ackermann. J’en ai eu le souffle coupé [en découvrant les messages – ndlr]. J’étais éberlué, et choqué sur le fond. »

      Avant que les femmes de la rédaction ne s’adressent à lui, Ackermann affirme n’avoir rien soupçonné. « Il y avait des rumeurs sur des slacks où les gens disaient du mal des autres… Mais à dire vrai, je croyais qu’ils ciblaient surtout les chefs… »

      La direction a tout découvert le 16 octobre 2018 quand, après plusieurs semaines, un collectif de femmes journalistes a décidé de s’ouvrir à elle. « Elles croyaient qu’on ne réagirait pas, raconte encore Ackermann. Ça aussi, ça a été un choc. D’autant qu’on voyait bien qu’elles avaient souffert gravement. »

      Aussitôt, la direction prend des mesures aussi sévères qu’exceptionnelles. Le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, écrit dès le 17 octobre aux équipes du Huff’ : « De tels propos, dont la qualification pourrait confirmer qu’ils sont contraires à la loi, sont en tout état de cause contraires à l’ensemble des valeurs que nous portons et ne seront ni admis ni même tolérés. Je vous rappelle par ailleurs que depuis cet été, la loi condamne fermement les comportements ou propos sexistes, racistes, homophobes et plus largement discriminatoires. »

      Il y annonce l’ouverture d’une enquête interne. Et ajoute : « Sans attendre ou préjuger d’éventuelles sanctions, il est important collectivement que chacun prenne la mesure des faits et s’applique à modifier immédiatement son comportement. »

      Le 3 décembre, Dreyfus s’adresse de nouveau à l’équipe : il a décidé de licencier trois journalistes particulièrement actifs sur la « RBF », dont deux chefs de service. Un quatrième a été suspendu pendant une semaine et tous les autres seront avertis formellement. Dernier point, le président du directoire annonce qu’il a demandé au cabinet de conseil spécialisé Egae « d’accompagner l’équipe dans les prochaines semaines ».

      Jamais des sanctions aussi lourdes n’avaient été prononcées dans le groupe, explique Louis Dreyfus. « Les faits sont graves. Ils le sont d’autant plus par le nombre de salariés sur cette boucle », indique le patron du groupe à Mediapart.
      « Les effets sont désastreux pour les salariées »

      Depuis, le groupe Egae, dirigé par Caroline De Haas, a entendu les femmes et les hommes de la rédaction et prépare une présentation aux salarié.e.s de ses conclusions d’ici à dix jours. « Reconstruire la confiance est très difficile », explique Paul Ackermann, qui jure vouloir faire de sa rédaction une « safe place » (une place sûre) pour les femmes.

      Le travail sera lent et difficile. Ces messages sur les “chans” sont des « violences », explique Caroline De Haas. « Les effets sont désastreux pour les salariées, à la fois en termes de santé physique et mentale, de conditions de travail, de confiance en soi et de carrière, indique-t-elle. Il faut rappeler que les propos à connotation sexiste et/ou sexuelle répétés peuvent pousser des personnes très loin dans la dépréciation de soi, y compris dans la dépression. »

      Les hommes aussi, du moins ceux qui mesurent la gravité des faits, semblent parfois hébétés. « Encore aujourd’hui, je ne comprends pas comment j’ai pu ne pas réagir à certains propos », souligne un journaliste, sous le couvert de l’anonymat. Il évoque « sans doute un effet de groupe », « intimidant », conduisant au silence. Et puis, dit-il, « les personnes qui étaient sur la RBF étaient aussi des personnes valorisées par la hiérarchie dans leur travail », explique ce trentenaire.

      « C’est assez insidieux comme phénomène, dit un de ses collègues, lui aussi en plein exercice d’introspection. On était une petite boîte qui a grandi très vite. L’ambiance était familiale, puis des tensions sont apparues petit à petit. Et des groupes se sont créés. » Une description très classique pour les TPE en forte croissance.

      « Chez nous, dit encore ce journaliste, la polarisation au sein de la rédaction s’est focalisée sur le genre, sans même qu’on le comprenne… Comme dans un boy’s club [un club de garçons — ndlr]. »

      Au HuffPost, les femmes aussi avaient créé leur boucle – « Geneviève » – mais, selon de nombreux témoignages, elles s’échangeaient surtout des articles sur les thématiques féministes et se demandaient des tampons…

      « Le boy’s club désigne pour moi simplement la socialisation masculine, du vestiaire à la salle à café, des comités de direction aux pages privées Facebook où l’on construit et entretient sa masculinité sur le dos des minorités », explique sur son blog la militante féministe Valérie Rey-Robert, qui publie Une culture du viol à la française, du “troussage de domestique” à la “liberté d’importuner” (Libertalia, 2019).

      En face, les femmes de la rédaction n’ont pas non plus toujours perçu le sexisme qu’elles disent avoir subi. Ce sont aussi les révélations de ces derniers mois qui leur ont ouvert les yeux ou qui leur ont permis de verbaliser un malaise diffus que plusieurs d’entre elles ressentaient parfois, selon les nombreux témoignages recueillis.

      « Je me disais que c’était peut-être moi qui découvrais que le monde professionnel était sexiste », explique une journaliste, partie depuis. Et puis, ajoute-t-elle, « il y avait une ambiance de cour de récré, on ne savait pas si c’était du sexisme ou du copinage… En fait, les deux se croisaient ».

      « Jamais je n’aurais imaginé ces messages sur la RBF, dit une de ses anciennes collègues, toujours au HuffPost. Sur le coup, j’étais hyper choquée. Et en même temps, je me suis dit : “Je comprends mieux.” »

      En cause, des soirées de la rédaction où filles et garçons ne se mélangent plus du tout – notamment depuis la soirée de Noël d’il y a un an –, des non-dits, l’impression que les sujets les plus « sérieux » étaient plus facilement confiés à des hommes qu’à des femmes, de jeunes femmes qui ont refusé des CDI malgré la précarité régnant dans la profession…

      Plusieurs journalistes se plaignent aussi de « blagues sexistes » au vu et au su de tout le monde. En cause, notamment, l’ancien rédacteur en chef Alexandre Phalippou, parti depuis à L’Obs (également propriété du groupe Le Monde). Mais c’était un « sexisme insidieux », dit une autre ex du site. « On se disait qu’on n’arriverait jamais à le prouver. Finalement, le machisme à la papa, on est mieux armées pour le contrer. Là, c’était limite. »

      Selon plusieurs sources, l’ancien numéro 2 du site, qui n’était pas dans la « RBF » et dont le départ n’a rien à voir avec cette boucle, aurait ainsi multiplié les blagues à connotation plus ou moins sexiste, ou sexuelle. Selon plusieurs journalistes, « il a donné, même inconsciemment, le signal aux autres », une sorte de « permission », il a « installé un climat ».

      Contacté par Mediapart, le journaliste raconte qu’il a tout découvert en même temps que le reste de la direction. « Un miroir s’est brisé. Ça a été un choc, même s’il est sans commune mesure avec ce qu’ont pu ressentir les victimes », dit-il, alors qu’il faisait partie de l’équipe du départ du HuffPost, leur « bébé ». « Voir que ça pouvait arriver chez nous, ça a été un cataclysme. Depuis, je refais le film de ces derniers mois, de ces dernières années… Si on avait su que des choses étaient mal vécues, on y aurait mis fin immédiatement. »

      Lui aussi rappelle l’atmosphère au sein d’une rédaction passée de « 7 à 35 journalistes en quelques années ». Interrogé sur les blagues jugées sexistes : « On se disait entre nous la même chose qu’au bistro, entre potes. D’ailleurs c’était le cas : on travaillait énormément, on buvait des coups après. On n’a pas vu qu’on devenait une vraie entreprise… »

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      L’ancien rédacteur en chef peut d’ailleurs compter sur le soutien de sa hiérarchie. « Je n’ai jamais entendu dans la rédaction autre chose que des blagues comme chez Canteloup le matin [sur Europe 1 – ndlr], estime Paul Ackermann. Cela n’a rien à voir avec le fait d’insulter des gens qu’on connaît et avec qui on travaille au quotidien. »

      Cibler l’ex-numéro 2, « c’est trop simple », juge aussi Louis Dreyfus, le président du directoire du Monde. « Il ne figurait pas dans cette boucle Slack et ne peut être associé à cette affaire qu’il a découverte avec la direction de la rédaction du HuffPost quelques jours avant son départ. »

      Au sein du groupe, notamment à la demande des élus du personnel, une série de formations des cadres, consacrées à la prévention des violences sexuelles et sexistes, a été mise en place il y a plus d’un an. Une première au sein du groupe Le Monde, explique Sylvia Zappi, déléguée syndicale CFDT.



  • La bonne blague de la nuit
    (nop !)
    Une info signalée par Sylvain Ernault sur twitter : "Deux policiers nantais n’ont pas pu se constituer parties civiles car ils voulaient rester anonymes. Pour leur avocate, il s’agissait d’éviter que leur nom apparaisse sur « des sites très engagés dans la lutte armée » comme @Nantes_Revoltee ou Indymedia."
    https://twitter.com/SylvainErnault/status/1095807777660915712

    L’info provient d’un article du Télégramme : Nantes. Le jeune de Plounérin avait jeté des bouteilles sur les policiers depuis son balcon : https://www.letelegramme.fr/bretagne/nantes-le-jeune-de-plounerin-avait-jete-des-bouteilles-sur-les-policier

    Le procès a d’ailleurs fait l’objet d’une nouvelle passe d’armes entre les deux parties sur les constitutions de partie civile des policiers : deux d’entre eux, sur les trois, l’ont fait sous couvert d’anonymat. Cette disposition légale, imaginée pour les policiers infiltrés dans les réseaux terroristes, permet aux fonctionnaires de se prémunir de potentielles « représailles ».

    « C’est la première fois en France que des fonctionnaires sont amenés à faire des dépositions sous couvert d’anonymat dans de telles circonstances », a redit mercredi à l’audience leur avocate, Me Annie Hupé. « Depuis 2016, on voit en effet toujours les mêmes personnes dans la salle d’audience : elles relatent les condamnations, mais aussi les noms et prénoms des policiers, sur des sites très engagés dans la lutte armée comme Nantes Révoltée ou Indymedia. »

    « Chasse aux sorcieres »

    L’avocate s’était donc opposée à la levée de leur anonymat pour protéger ces fonctionnaires qui font l’objet d’une « véritable chasse aux sorcières ». Elle a rappelé qu’un couple de policiers avait été assassiné par un djihadiste sous les yeux de son fils de 3 ans à Magnanville (Yvelines) en 2016.

    Vendredi dernier, une demande de dommages et intérêts avait toutefois été jugée irrecevable par le même tribunal correctionnel pour « défaut d’identification » de fonctionnaires qui avaient déposé sous leur seul numéro de matricule.

    Bon sur le moment ça m’a fait marrer : https://twitter.com/ValKphotos/status/1095826082702544896 et https://nantes.indymedia.org/articles/44517#comment-299661 mais en fait, comme le dit une personne qui me répond, "C’est révélateur de leur état d’esprit quand même. Ils sont en guerre les gus."
    J’veux dire, outre le fait de présenter "indymedia" et "nantes revoltée" comme sites "de lutte armée" (du coup pour les seconds, c’est facebook et twitter les sites en question, ce qui rejoint ce dont parlait @arno https://seenthis.net/messages/759955 ) y’a une attitude complètement puérile à ne pas assumer un secret de polichinelle : toute personne qui assiste ne serait-ce qu’à deux aprèms (c’est mon cas) de procès liés aux manifs à Nantes peut faire le même constat : ce sont souvent les mêmes qui reviennent.... (comme le dit un dicton local : "ça crève les yeux") Entre la #zad, la #loi_travail et les dizaines d’autres mouvements sociaux, y’en a pourtant eut des centaines de procès... C’est tellement flagrant qu’un tableau avait été fait lors d’un des rassemblements estivaux de l’ACIPA (sans doute par la legal team)
    Donc les flics en sont au stade de réclamer de pouvoir toucher de l’argent anonymement ... et craignent que ça se sache ! Et le dénoncer serait participer à la lutte armée djihadiste ?!
    Il va falloir qu’ils fassent un stage auprès de la #CNIL qui leur expliquera le rendu du procès gagné contre l’#OCLCTIC sur le sujet : https://seenthis.net/messages/757648 et le communiqué de @indymedianantes : https://seenthis.net/messages/759682 :

    "l’existence d’une entreprise terroriste ne peut être déduite de la seule expression d’idées radicales au moyen de « communication au public par voie électronique »"

    #internet et #liberté #repression #terrorisme #1984


  • [Ré-édition]
    Pour une géographie du pouvoir de Claude Raffestin
    Anne-Laure Amilhat Szary et Yann Calbérac (éd.)

    "Rééditer Pour une géographie du pouvoir près de quarante ans après sa publication initiale en 1980 constitue une forme de manifeste, tant la réception de ce livre a été contrastée : décrié par ses pairs au moment de sa sortie, reconnu aujourd’hui par Claude Raffestin lui-même comme « hétérodoxe », il s’agit d’un ouvrage qui continue de marquer durablement ses lecteurs. S’il reste d’une actualité si vive aujourd’hui, c’est parce qu’il aurait pu s’intituler Pour une géographie du territoire, notion centrale dans la géographie contemporaine. Il définit en effet la territorialité comme..."

    Lire la suite :
    Open access : https://books.openedition.org/enseditions/7627

    ht : @yann_c

    #geographie #pouvoir #politique #territoire #concepts #Raffestin


  • Gilets jaunes : la parole déclassée de Christophe Dettinger - Claire Cossée et Gaëlla Loiseau, sociologues
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/13/gilets-jaunes-la-parole-declassee-de-christophe-dettinger_1708945

    Alors que le procès de l’ancien boxeur professionnel s’ouvre ce mercredi à Paris, deux sociologues reviennent sur les propos du chef de l’Etat commentant sa vidéo d’excuses et dénoncent un racisme et un mépris de classe.

    Tribune. Christophe Dettinger, ancien boxeur professionnel, est actuellement en détention provisoire pour avoir frappé des représentants des forces de l’ordre lors de l’acte VIII du mouvement des gilets jaunes. Au moment de se rendre à la police, Dettinger a diffusé une vidéo dans laquelle il s’explique sur son geste commis en réponse, selon lui et de nombreux témoignages, à des abus de violences exercés par les policiers sur des manifestant·e·s.

    Le 1er février, le journal le Point rapporte des propos tenus auprès de journalistes par Emmanuel Macron : « Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. »

    Nous ne sommes évidemment pas en mesure de nous positionner sur le chef d’accusation émis à l’encontre de Christophe Dettinger. Cependant, en tant que chercheuses, il nous semble important de prendre la mesure de ce qui se joue dans cette affaire. Dans les propos du chef de l’Etat semble s’exprimer un mépris de classe à l’encontre d’un homme qui, par son ancienne profession mais surtout son origine ethnique supposée (dont Macron ne sait absolument rien) et son appartenance populaire, est censé incarner une masculinité brutale et subalterne.

    Ici se joue alors une autre violence (symbolique certes mais très opérante), celle du racisme cumulé à la domination de classe, quand le chef de l’Etat dénigre à Christophe Dettinger la possibilité d’une parole publique, à la fois authentique et construite. Pourtant, les dirigeants sont les plus grands utilisateurs des discours stratégiques construits par d’autres, leurs collaborateurs. Et l’utilisation de ces « éléments de langage », comme ils disent, ne choque pourtant personne dans leur milieu ! C’est ainsi qu’il faudrait que Christophe Dettinger se présente comme une brute inculte, qu’il n’ait pas le droit, lui, de construire et poser ses propres mots qui sont pourtant allés droit au cœur de nombreux gilets jaunes et de leurs sympathisants.

    Mais ne soyons pas aveugles face aux basses manœuvres du discrédit. L’assignation à des positions subalternes (à partir d’appartenances culturelles, sociales ou de classes) jugées par l’élite comme « indépassables » a incontestablement une visée politique. Si la parole de Christophe Dettinger est ainsi stigmatisée et déclassée, c’est parce qu’elle est détectée à partir du « franchissement » ou du décloisonnement dont des auteurs comme Frantz Fanon ont souligné la portée subversive. C’est donc à la liberté d’expression que le Président s’attaque en ramenant l’auteur d’une parole publique à sa supposée position mineure (celle du gitan).

    La vidéo s’adresse aux gilets jaunes
    Sur quel registre de langage se situe le Président quand il désigne « le type », à travers « les mots d’un gitan » ? Au nom de quel principe républicain s’octroie-t-il le droit d’activer une telle appartenance – non avérée par l’auteur lors de son allocution publique – pour argumenter des faits qualifiés de « violents » ? Christophe Dettinger lui-même s’est explicitement situé dans le registre de la parole publique et non pas communautaire ou privée. Ce serait à lui-même de répondre (ou pas !) sur son identité culturelle. Certes, Dettinger est un nom de famille yéniche, une communauté historiquement nomade et européenne. Mais il se définit comme citoyen français et s’adresse dans cette vidéo au « peuple français » et non pas à la communauté des « gitans ». Il se définit avant tout comme militant et s’adresse aux gilets jaunes, en les appelant à la fois à continuer la lutte, et à l’apaisement, enjoignant ses compagnons de lutte à ne pas céder à la violence.

    N’est-il pas là l’enjeu ? Toucher le mouvement par le discrédit d’un de ceux qui sont devenus symboliquement une forme d’icône de ces mobilisations ? Non seulement en cherchant à rabaisser cette figure, mais aussi par un coup tiré contre son avocat, le désignant au détour d’une phrase comme étant « d’extrême gauche », autre façon de déposséder cette figure des gilets jaunes d’une parole populaire autonome (qui serait forcément manipulée par les extrêmes) ? L’enjeu n’est-il pas aussi de détourner les regards du public au moment où des voix s’élèvent contre la violence inouïe exercée par les forces de l’ordre, sur commande de l’Etat, à l’encontre du mouvement ?

    Si, d’un côté, Christophe Dettinger reconnaît son tort dans le fait d’avoir boxé hors du ring pour aider une femme à s’extirper de la violence policière, de l’autre, le président Macron poursuit sa stratégie des « petites phrases » dont il pense pouvoir tirer profit par une mise en scène populiste, faisant fi des condamnations récentes d’élus locaux ayant outrepassé les règles de la liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions politiques.

    Il est évident que notre président ne parle plus de Christophe Dettinger mais active clairement un racisme exprimé au plus haut sommet de l’Etat et c’est ce qu’il nous semble important de dénoncer. Alors, si tel est le but, pourquoi Emmanuel Macron cible-t-il tout particulièrement la manière de « parler » des « gitans » ? Les langues, les accents régionaux ou argots ont toujours été des cibles privilégiées par les classes dominantes pour porter le discrédit sur des formes d’expression populaires, particulièrement lorsqu’elles sont subversives. Or, les mots des langues romanes qu’emploient entre eux les gens du voyage sont aussi des mots qui circulent en dehors de la communauté. Ils participent de l’inventivité de l’argot qui n’est autre qu’un outil de résistance dans des contextes d’oppression et de domination diffuses.

    C’est à cette langue-là que M. Macron s’attaque, pensant peut-être pouvoir subtiliser quelques ingrédients de la révolte populaire tout en réactivant un antitsiganisme inscrit dans l’histoire institutionnelle française (et dont les voyageurs parviennent progressivement à s’affranchir (1)). Mais la manœuvre semble vouée à l’échec car des gilets jaunes avaient, dès le 16 janvier, appelé publiquement, lors d’un rassemblement à Clermont-Ferrand, à manifester leur soutien aux communautés manouche et gitane de France. La vidéo qui comptabilise aujourd’hui plus de 125 000 vues sur la page Facebook « Les infos des gens du voyage », n’a cessé depuis de circuler sur les réseaux sociaux.

    Cet événement pour les gens du voyage, qui n’ont que trop souffert des propos calomnieux et actes de dénégation de leur citoyenneté française, vient conforter leur présence massive dans le mouvement des gilets jaunes dès ses prémisses. Cette mobilisation visible des voyageurs au sein d’un mouvement social d’ampleur nationale est un signe fort du potentiel d’union citoyenne et, plus largement, des capacités de contestation populaires. Car les gens du voyage sont aussi, de par leur mode de vie qui les expose à diverses formes de répression, des sentinelles de la démocratie.

    Plainte pour injure raciale
    En effet, contrairement à ce que sous-entend la « petite phrase » du Président, des militants associatifs du monde du voyage sont très investis contre les discriminations et pour la défense de leurs modes de vie. Nous rendons d’ailleurs hommage à Nicolas Lorier, décédé le 4 février, qui s’est battu toute sa vie pour défendre la cause des manouches et, plus largement, des gens du voyage, et contribuer à des justes combats, depuis ses débuts dans la résistance, lui dont le père avait été déporté et assassiné à Dachau en tant que Zigeuner.

    Christophe Dettinger va porter plainte pour « injure raciale », a déclaré son avocat. Espérons que lui soit rendu justice sur ce point, en dépit de l’immunité dont dispose à ce jour Emmanuel Macron. Nous estimons qu’il n’est pas vain de considérer à leur juste valeur ces paroles prononcées par le chef de l’Etat, chargé en tant que tel de veiller au respect de la Constitution. Les nombreuses réactions qu’elles ont suscitées appellent une réponse, au risque sinon de pouvoir évoquer un « racisme d’Etat ». En attendant, le mouvement des gilets jaunes perdure et la violence d’Etat est de plus en plus dénoncée par les instances internationales.

    (1) Cf. la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, qui abroge les éléments discriminants du statut des gens du voyage initialement prévus par la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe.

    Est-ce ainsi que les gitans nous parlent ? Jacques Debot, écrivain tsigane
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/04/est-ce-ainsi-que-les-gitans-nous-parlent_1707304

    #Gilets_jaunes


  • Je ne vois pas comment ça pourrait mal tourner : #Montpellier : la CCI déploiera 130 agents de sécurité devant les commerces, samedi
    https://www.midilibre.fr/2019/02/12/gilets-jaunes-la-cci-deploiera-130-agents-de-securite-devant-les-commerces

    Action, réaction. Il annonce dans la foulée le déploiement de 130 agents de sécurité devant les commerces du centre-ville de Montpellier, samedi 16 février, de 12h30 à 19h30, créneau qui voit depuis plusieurs semaines les « gilets jaunes » manifester dans l’Ecusson, mouvement qui vire très souvent à la confrontation avec les forces de l’ordre, paralysant l’activité du centre-ville.

    « Il ne s’agit en aucune manière de compléter ou de suppléer les forces de l’ordre qui font un travail remarquable depuis le 17 novembre, mais d’apporter une réponse complémentaire à ce que vivent les commerçants et leur personnel samedi après samedi ».

    • Ah ah, comme tout les samedis, pour une raison encore obscure la flicaille enferme les clients dans les magasins (ceux qui n’ont pas fermés).

    • En fait, ici ça fait suite à la pétition-à-la-con des commerçants du centre-ville organisée par le même patron de la CCI exactement la semaine dernière, pour dénoncer les GJ comme leur faisant perdre de l’argent. (Oublieux, évidemment, du fait qu’essentiellement, c’est les gaz lacrymogènes des flics q’on se prend quand on se promène avec les enfants dans le centre ville.)

      Marrant, d’ailleurs, on a aussi maintenant des articles qui chouinent sur le fait que les commerces en périphérie du centre-ville auraient un gros ralentissement de leurs ventes. Alors que, selon la logique « c’est les manifs qui nous tuent », ces commerces ne devraient pas être impactés, voire même profiter de récupérer les gens qui ont peur d’aller dans le centre. L’explication tentée dans le journal, c’était : « l’incertitude économique à cause du mouvement des GJ ».

    • Effectivement, la tentative de retournement de situation est assez comique, vu l’augmentation des prix et les salaires de merde, y’a plus de fric. Mais on t’explique que ce n’est pas pour cette raison que les commerces ne marchent pas, ni parce que y’en a marre d’acheter des pulls en plastique moches et des jeans faits dans des camps de concentration en Chine. En fait, c’est juste la faute aux salauds de pauvres et aux gilets jaunes qui manifestent pour leur pouvoir d’achat (entre autres). La soupe servie par les médias comme la dépêche à Toulouse, est de pleurer pour les commerçants dont certains sont allés jusqu’à coller de fausses affiches « A vendre » sur leurs vitrines pour protester contre les manifs. Ça permet de participer à faire des GJ des mangeurs d’enfants et les responsables de la destruction des petits commerces (pas du tout parce que Toulouse est cernée d’hypermarchés gigantesques) , et hop, oublié les violences policières subies commanditées par le gvt.


  • Gilets jaunes : un boulanger placé en garde à vue - Le Point
    https://www.lepoint.fr/faits-divers/gilets-jaunes-un-boulanger-place-en-garde-a-vue-12-02-2019-2292769_2627.php

    VIDÉO. Un policier en civil portant un brassard s’était vu refusé l’accès à une boulangerie à cause de son arme. La scène avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

    La vidéo avait créé la polémique durant la douzième semaine de manifestation des Gilets jaunes à Paris près de la place de la République, le 2 février dernier. La séquence montrait un policier en civil porteur d’un brassard empêché de rentrer dans une boulangerie à cause de son arme. « Tu vois une arme là  ? demande au boulanger l’agent de la brigade anti-criminalité (BAC), c’est bon, on peut passer  ? » « Si vous n’avez pas d’arme, oui », répond le boulanger. « Je crois que je vais aller ailleurs, et à un autre moment de la journée, je vais aussi regarder ailleurs », s’indigne le fonctionnaire de police semblant signifier que si des casseurs s’en prennent à la boulangerie, il n’interviendra pas. Le boulanger a été placé en garde à vue ce mardi pour refus de vente et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Sur l’extrait, les charges retenues contre Emmanuel G., 32 ans, originaire de Montpellier n’apparaissent pas évidentes.

    Selon un témoin contacté par Le Parisien à l’époque des faits, la vidéo diffusée a été tournée quelques minutes après le début de l’altercation. « Nous étions en plein mouvement de foule (...) Une street-medic (des manifestants-secouristes, NDLR) blessée se trouvait à l’intérieur du magasin. Deux policiers ont débarqué, sans rien dire, armés et cagoulés. Le responsable du magasin a accepté de leur servir un café mais seulement s’ils enlevaient cagoules et armes. Et ils n’ont pas apprécié », a-t-il raconté au quotidien.


  • Le combat d’une lanceuse d’alerte contre les dérives de la défiscalisation locative, Isabelle Rey-Lefebvre
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/02/12/le-combat-d-une-lanceuse-d-alerte-contre-les-derives-de-la-defiscalisation-l

    Après une longue guérilla judiciaire, Claudy Giroz, ruinée, risque de perdre sa maison. Une décision attendue mercredi.

    Critiquer les méthodes des promoteurs de la #défiscalisation_locative est risqué. Claudy Giroz le vit au quotidien. Elle en a fait son combat depuis plus de dix ans. Mais cette femme, âgée de 67 ans, qui a aidé des dizaines de milliers d’investisseurs d’un bien locatif à se sortir de situations financières ruineuses, affronte à son tour une épreuve difficile.

    Mercredi 13 février, le président du tribunal de grande instance de Bonneville (Haute-Savoie) pourrait ordonner la #saisie de sa maison, faute d’avoir réglé une échéance de 30 000 euros à sa banque. A la suite de la longue guérilla judiciaire que lui livre le promoteur toulousain Omnium Finances, devenu Stellium, spécialiste de la défiscalisation locative, elle a accumulé les dettes.

    Après avoir été, quelques mois, démarcheuse commerciale pour cette société et réalisant qu’elle avait floué des proches, Claudy Giroz a, dès 2007, fondé l’Association de défense des investisseurs et mandataires (ADIM) et dénoncé les méthodes des promoteurs spécialistes de la défiscalisation.

    Leurs techniques de vente sont efficaces : recruter des néophytes comme elle, les former en deux jours et les inciter à contacter leur entourage familial, amical, professionnel, pour convaincre des proches, à l’aide d’un argumentaire type, d’acheter à crédit un logement neuf. Les vendeurs sont aussi encouragés à recruter de nouveaux commerciaux, un parrainage leur permettant d’empocher de juteuses commissions sur les ventes de leurs filleuls.

    « Prison financière »
    Le réseau Omniun a compté, en 2011, jusqu’à 5 000 #commerciaux capables d’écouler en quelques jours des #programmes_immobiliers entiers. Les appartements, achetés à #crédit, devaient être loués six ou neuf ans, dans le cadre des dispositifs Robien puis Scellier, à des loyers censés couvrir les mensualités. L’affaire était présentée comme un investissement pour zéro euro, avec, à la clé, des économies d’impôts et, à terme, un patrimoine pour la retraite.

    Particulièrement ciblés, des ingénieurs, des militaires, des gendarmes ou des chefs d’établissement scolaire bénéficiant, souvent, de logements de fonction qu’ils devront quitter en fin de carrière, donc soucieux de devenir #propriétaires avant cette échéance. Ce public est, en outre, peu familier des techniques financières, encore moins des règles fiscales, mais se montrait confiant dans les avantages fiscaux accordés par l’Etat, tels que présentés dans les simulations des démarcheurs.

    En réalité, de nombreux appartements ne trouvaient pas de locataire et étaient bien loin de rapporter les loyers prévus, rarement compensés par les assurances contre les impayés. L’édifice financier étant compromis, l’avantage fiscal s’évanouit et les investisseurs sont, en plus, contraints de remettre de l’argent chaque mois pour honorer leur crédit, payer les charges, tout en ayant sur les bras un bien dont la valeur est divisée par deux, quand il ne devient pas tout simplement invendable. « C’est une prison financière, je survis et ne veux surtout pas transmettre cela à mes enfants », témoigne un directeur d’école d’Annecy.

    Procès en diffamation
    « Nous, les militaires, on est souvent mutés – j’ai déménagé vingt-trois fois dans ma carrière – et on n’a pas l’occasion de s’acheter un logement pour nos vieux jours. On s’est fait manipuler », raconte une gradée qui, par l’intermédiaire d’une amie, épouse d’un membre de l’état-major, a acquis, en 2005, un petit appartement à Limoges. « On l’a revendu en 2017, douze ans plus tard, à la moitié du prix d’achat, et on doit encore 10 000 euros à la banque. Claudy Giroz nous a soutenus, son combat est juste, c’est une juste ! », juge-t-elle.
    Le système Ommium se révèle diabolique, puisque l’acheteur piégé n’ose pas se retourner contre son vendeur qui est un proche, un parent, un collègue, voire un supérieur hiérarchique – a fortiori un militaire, tenu au devoir de réserve. Souvent, cela a créé des brouilles définitives entre amis et semé du désespoir jusqu’au cœur des familles.

    Les séquelles sont loin de n’être que financières.
    Depuis la cave de sa maison transformée en bureau tapissé de milliers de dossiers, Claudy Giroz conseille les plaignants, les écoute, les soutient, sans oublier de répondre aux sollicitations des journalistes, parvenant à elle seule à donner un réel écho médiatique à son combat. Mais cela lui a valu, de la part d’Omnium, de nombreux procès en diffamation ou en dénigrement, relancés à l’occasion de chaque émission de télévision (dix-huit en tout), de radio, d’article de journaux ou de blogs sur Internet.

    « En dix ans, j’ai été convoquée plus de 90 fois devant des tribunaux, raconte-t-elle, au pénal, au civil, en première instance, en appel et jusqu’en Cassation, à Nanterre, plusieurs fois à Paris, Versailles, Toulouse, Montpellier, Bonneville, Chambéry, sans compter la valse des huissiers qui venaient frapper chez moi. »

    « Maladresse »
    Elle a toujours été relaxée au pénal et n’a été condamnée qu’à deux reprises au civil, une fois à 1 euro symbolique, et une autre à verser 3 000 euros de dommages et intérêts au promoteur pour l’avoir menacé de dénonciation à la presse s’il n’indemnisait pas ses clients. « Une maladresse », déclarait, lors d’une audience à Paris, Me Yves Baudelot, l’avocat, à partir de 2010, de Claudy Giroz. « Ce ne sont pas tant les frais de justice que les déplacements et frais d’hôtels et l’impossibilité de travailler pour gagner ma vie qui ont plombé mes finances », explique-t-elle aujourd’hui, épuisée par ces années de tribulations stressantes.

    « Claudy Giroz ne sait pas refuser d’aider quelqu’un qui appelle au secours – près de 40 000 personnes en douze ans –, elle nous écoute, nous conseille, nous adresse des documents, nous communique des noms d’avocats… », raconte Jacky Lépinay, ingénieur, lui aussi pris, en 2007, dans la nasse d’un investissement locatif déficitaire et aujourd’hui à l’initiative d’une cagnotte en ligne – qui totalisait déjà, le 12 février, plus de 9 000 euros – pour aider la lanceuse d’alerte à sortir de cette mauvaise passe.

    Grâce à l’action de l’ADIM, la loi a déjà évolué puisque, depuis 2014, les nouveaux avantages fiscaux Duflot puis Pinel sont circonscrits aux villes où existe une demande locative avérée.
    Mais l’énorme contentieux de la défiscalisation immobilière, bien décrit dans deux ouvrages, Défiscalisation ou défricalisation de Claudy Giroz (Porte Voix Editions, 2012) et Robien, Sellier… Ruinés ! Le plus grand scandale de l’après-guerre, d’Erwan Seznec (Le Seuil, 2013), qui évoque, lui, 50 000 dossiers, n’en finit pas d’encombrer nombre de tribunaux de grande instance de France.

    #dette

    Omnium Finance ou les dérives de la défiscalisation , Isabelle Rey-Lefebvre, 20 septembre 2010

    Basé à Toulouse, ce spécialiste de l’#immobilier locatif fait l’objet d’une enquête judiciaire pour escroquerie, faux en écriture et usage de faux

    Une véritable industrie de la défiscalisation immobilière s’est développée grâce aux avantages fiscaux accordés aux investisseurs dans un logement neuf destiné à la location. Le dispositif Robien a suscité, entre 2003 et 2008, l’édification de près de 350 000 logements ; le dispositif Scellier, qui a pris sa suite, a permis d’en construire 65 000, en 2009. Des promoteurs se sont spécialisés dans ce créneau, proposant des packages où l’investisseur achète un logement, sa gestion locative et les assurances pour loyers impayés ou vacance. Avec cet argument décisif : « On s’occupe de tout ! »

    Basée à Toulouse, la société Omnium Finance a été créée par Xavier Chausson en 1992. C’est l’un de ces défiscalisateurs en série, qui dit avoir commercialisé à ce jour 25 000 logements. Elle fait l’objet d’une enquête judiciaire pour escroquerie, faux en écriture et usage de faux, confiée au juge d’instruction toulousain Philippe Guichard. Deux de ses collaborateurs, Jérôme Dumort, directeur général d’Omnium Courtage, filiale plaçant des assurances-vie, et Pascal Berthomieu, directeur commercial aujourd’hui parti s’occuper d’une antenne canadienne, ont été mis en examen en juin 2010.

    La justice soupçonne une #escroquerie à l’assurance sur certains contrats d’assurances loyers impayés souscrits auprès du GAN, qui s’est porté partie civile. Dans nombre de résidences, les appartements, une fois livrés, ne trouvaient pas de locataire. Or, pour faire jouer l’avantage fiscal, le logement doit être loué douze mois au plus tard après l’achèvement de l’immeuble (une règle assouplie en octobre 2009). Les propriétaires qui n’ont pu bénéficier de la réduction d’impôt se retournaient alors vers Omnium Finance qui a, selon son site Internet, indemnisé 650 d’entre eux, soit 2,5 % des clients, pour 7 millions d’euros.

    Mais l’enquête judiciaire a permis de découvrir qu’Omnium Gestion (la filiale administration de biens) avait, dans certains cas, tenté de faire indûment jouer l’assurance loyers impayés en produisant des baux antidatés, afin de respecter le délai de douze mois. La gendarmerie a épluché 500 baux dans 42 résidences gérées par Omnium et révélé qu’une centaine étaient faux ou antidatés, avec des taux d’anomalies pouvant atteindre 50 % dans certaines résidences.

    Sont aussi visés les procédés de commercialisation et de recrutement des vendeurs d’Omnium Finance. Le groupe a mis au point une redoutable mécanique pour recruter des milliers de vendeurs par cooptation. La méthode est de solliciter collègues, amis, famille, même sans expérience dans l’immobilier. Ce recrutement « sur un territoire relationnel » est revendiqué par la société, qui forme elle-même ses conseillers qui ne sont pas salariés mais vendeurs #indépendants. Jean-Pierre Astruc a témoigné, le 4 mai 2010, devant le tribunal de grande instance de Paris, lors d’un procès en diffamation lancé par Omnium : « On est convoqué dans un grand hôtel pour deux jours de formation. On nous inculque une méthode de vente avec des phrases-clés pour contrer les objections des futurs acquéreurs, puis le formateur nous invite à lister toutes les personnes de notre entourage à qui l’on peut proposer un logement et à démarrer notre activité sans attendre la carte professionnelle d’agent immobilier. »

    Omnium propose aussi des #assurances-vie, ce qui suppose que ses vendeurs aient le statut de conseiller en investissement financier, qui s’obtient après cent cinquante heures de formation."A l’issue d’un stage succinct, le formateur nous remet un questionnaire à choix multiples, mais nous souffle les bonnes réponses. Pas étonnant que tous les stagiaires aient réussi l’examen, et se soient vu remettre une attestation", poursuit M. Astruc. Ce document vise à remplir les exigences de la réglementation du statut de conseiller en investissements financiers (CIF).

    La vente des logements se fait en général par démarchage auprès des proches du conseiller, qui touche une commission de 3 % à 6 %. La plupart des conseillers ne vendront qu’un ou deux lots, mais celui qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 480 000 euros, un seuil qui peut être atteint avec deux ou trois opérations, accède au statut de « manager ». Il peut alors recruter d’autres vendeurs, les parrainer et percevoir des commissions sur les transactions conclues par ses filleuls. Les meilleurs grimpent dans la hiérarchie et deviennent manager « étoile », « planète », puis « constellation » et enfin « galaxie » ! Ils peuvent alors percevoir plus de 400 000 euros par an.

    Au plus fort de l’activité, en 2007, Omnium a compté jusqu’à 3 500 conseillers vendeurs coiffés par 115 managers « galaxie », dont beaucoup sont d’ailleurs d’anciens du « Groupement », la société Groupement des professionnels du marketing (GPCM), un réseau qui a mis au point ces méthodes de vente et a déposé le bilan en 1999 à la suite d’une plainte pour escroquerie.

    Il n’est pas étonnant qu’avec une telle force commerciale, le groupe ait pu écouler des milliers de logements à des prix bien au-dessus du marché, car il faut rémunérer les multiples niveaux de vendeurs.
    Le groupe est, en outre, assigné au civil par des milliers de clients s’estimant lésés. Beaucoup des plaignants sont membres de l’Association de défense des investisseurs et mandataires (ADIM), qui regroupe les représentants d’une centaine de résidences Omnium fédérant chacune entre 12 et 230 copropriétaires.

    Quant à M. Chausson, PDG d’Omnium, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, il cherche à se désengager et à se recentrer sur la promotion. La filiale d’administration de biens, Omnium Gestion, aujourd’hui rebaptisée Jyloge, a été cédée en 2009 au groupe Urbania, visé, lui, par une information judiciaire.

    Omnium combat pied à pied ses détracteurs , I. R.-L., 20 septembre 2010

    UNE INTENSE guerre d’influence dans les médias et les prétoires oppose la direction du groupe Omnium et son président, Xavier Chausson, à Claudy Giroz, qui fut conseillère dans le groupe, d’août 2005 à décembre 2007, avant de réaliser qu’elle avait entraîné des investisseurs dans de mauvaises affaires, en raison de la qualité des résidences, de leur prix et de leur implantation.

    Le 13 décembre 2007, Omnium Finance met fin à la collaboration de Mme Giroz, qui réclamait l’indemnisation de ses clients et 500 000 euros de préjudice, en menaçant de porter plainte et de déclencher « un tsunami médiatique en France et en Allemagne pour révéler les agissements du groupe ».

    Cela lui a valu d’être condamnée pour chantage, le 30 mars 2009, par le tribunal correctionnel de Toulouse, jugement cassé en appel le 29 juin 2010. Mme Giroz a aussi été condamnée pour dénigrement, le 19 septembre 2008, par le tribunal de Bonneville, décision confirmée par la cour d’appel de Chambéry et faisant l’objet d’un pourvoi en cassation. S’estimant victime d’une entreprise de déstabilisation, Omnium a intenté sept procédures contre Mme Giroz, dont les ressources sont limitées : « Avec l’ensemble des procès liés à cette affaire, j’en suis à 56 audiences, civiles et pénales, à Paris, Toulouse, Bonneville, Chambéry, 72 visites d’huissiers... Récemment encore, Omnium m’a attaquée pour diffamation mais a été débouté, le 8 juin 2010, une décision aujourd’hui en appel. »

    La bataille se joue aussi sur Internet, où le défiscalisateur traque sites, blogs, forums le mettant en cause. Il a réclamé par voie de justice à Google, Free et JFG Networks de livrer l’identité de ses détracteurs et de bloquer leurs contributions. Cette procédure a pour le moment échoué en première instance, mais Omnium poursuit en appel. La bataille continue.


  • Des dizaines de Gilets jaunes mis sur « écoute téléphonique » par les renseignements
    http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/des-dizaines-de-gilets-jaunes-mis-sur-ecoute-telephonique-par-les-renseig

    Un total de 150 Gilets jaunes, dont un tiers pour la seule région parisienne, seraient placés sur écoute par les renseignements, affirme dans son édition de ce jeudi Le Point. Depuis les premiers jours, et même avant, les renseignements suivent de très près les Gilets jaune. Que ce soit en ligne sur les différentes pages où ils communiquent ou jusque sur les ronds points, les agents français pistent les contestataires, a déjà révélé notamment Le Canard enchaîné. Mais c’est cette fois une étape (...)

    #écoutes #activisme #CNCTR #surveillance


  • Emmanuel Macron remanie sa garde rapprochée à l’Elysée, Cédric Pietralunga
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/12/a-l-elysee-macron-remanie-sa-garde-rapprochee_5422437_823448.html

    Après le départ de Sylvain Fort, le stratège du président Ismaël Emelien va partir. Comme un remaniement qui ne dirait pas son nom.

    Des soutiens le réclamaient depuis des mois, Emmanuel Macron s’y est résolu. Alors que le « grand débat » est présenté comme le « coup d’envoi » de l’an II du quinquennat, le chef de l’Etat a décidé de se séparer de sa garde prétorienne, cette poignée de conseillers de l’ombre, presque tous trentenaires, qui l’accompagne depuis Bercy et qui a conquis l’Elysée avec lui mais que ses détracteurs accusent d’isoler le président.

    Alors que les rumeurs se faisaient de plus en plus insistantes, le conseiller spécial Ismaël Emelien a confirmé, lundi 11 février, son prochain départ de l’Elysée. « Je vais partir », a-t-il confié au Point. Considéré comme l’un des plus proches du chef de l’Etat, qui voit en lui « le meilleur stratège politique de Paris », le trentenaire s’en va officiellement parce qu’il va publier un livre « fin mars début avril », comme l’a révélé le JDD le 10 février. Une exposition incompatible avec sa fonction de conseiller de l’ombre, un statut qui convenait idéalement à sa nature de taiseux.

    « Mon départ correspond à une nouvelle étape de mon engagement. Après Bercy, la campagne présidentielle puis l’Elysée, je veux retrouver la confrontation en première ligne », explique M. Emelien, qui a écrit ce livre, sorte de plaidoyer pour la social-démocratie, avec David Amiel, un autre jeune conseiller de M. Macron, lui aussi sur le départ. « On est bien seuls aujourd’hui à défendre le progressisme, on a besoin de relais dans la société et au-delà de nos frontières, et je pense que c’est dans cette position que je serai le plus utile », ajoute l’ancien consultant de chez Havas, assurant qu’il « continuera à aider » le président.

    Quatrième départ en quelques semaines

    Cette annonce intervient alors que le nom d’Ismaël Emelien est régulièrement cité dans l’affaire Benalla, du nom de cet ancien collaborateur élyséen impliqué dans des violences policières lors de manifestations à Paris le 1er mai 2018. Réputés proches, les deux hommes ont gardé le contact après la révélation, en juillet par Le Monde, des agissements de l’ancien garde du corps. Les enquêteurs s’interrogent notamment sur le rôle joué par M. Emelien dans la diffusion sur les réseaux sociaux d’images provenant de caméras de surveillance, donc supposées confidentielles, et tendant à justifier les actes de M. Benalla. A ce jour, le stratège du président n’aurait été entendu ni par la justice, ni par les enquêteurs.

    Selon l’Elysée, il n’y a pourtant aucun rapport entre les deux événements. « Le départ d’Ismaël est convenu de longue date avec le président. Avec ce livre (…), qui se veut à la fois un précis de méthode et de doctrine sur le progressisme, il retrouve les racines de son engagement en politique : manier les idées, les rendre accessibles et les défendre », explique-t-on au Château. « Ce départ ne correspond pas à une volonté de nettoyage de l’entourage, abonde un conseiller. Il résulte d’une logique d’usure normale au bout de vingt mois d’exercice du pouvoir et après une crise aussi violente que celle des “gilets jaunes”. »

    N’empêche, ce départ est le quatrième intervenu en quelques semaines au sein du groupe des « Mormons », comme s’étaient eux-mêmes qualifiés ces très proches du chef de l’Etat. Outre Ismaël Emelien, le conseiller politique Stéphane Séjourné a quitté la présidence le 15 janvier, afin de diriger la campagne de La République en marche (LRM) pour les européennes. De même, le directeur de la communication Sylvain Fort est parti le 25 janvier, officiellement pour « raisons familiales », tandis que Barbara Frugier, la conseillère presse internationale, a été exfiltrée dès la fin 2018. Tous accompagnaient M. Macron depuis son passage au ministère de l’économie, entre 2014 et 2016, et avaient participé à sa campagne.

    Depuis des mois, plusieurs soutiens alertaient le chef de l’Etat sur les dégâts soi-disant provoqués par cet entourage de trentenaires. « Cela dysfonctionne », s’énervait en privé François Bayrou, l’un des rares à s’entretenir toutes les semaines avec M. Macron. « Il n’est pas possible de gouverner l’Etat à quatre ou cinq à l’Elysée, a fortiori quand on n’a pas d’expérience », abondait un ancien membre de l’équipe de campagne, qui continue d’échanger avec le président. « On donne tous les jours des leçons de management mais s’il y a bien un endroit qui n’est pas géré, c’est l’Elysée », ajoutait un habitué du pouvoir. Pour certains, M. Macron doit accepter de se débarrasser enfin des oripeaux de sa campagne s’il veut se couler dans le costume de chef d’Etat.

    L’Elysée sonde nombre de communicants

    « Il ne faut pas donner de signification politique à ces changements », assure Philippe Grangeon, qui a rejoint l’Elysée comme conseiller spécial le 4 février. Ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn et de Nicole Notat à la CFDT, le sexagénaire fait figure de nouvel homme fort au sein de l’organigramme, même s’il n’est présent que trois jours par semaine à l’Elysée. « Le président était entouré de la même équipe depuis quatre ou cinq ans (…). La respiration, c’est une très bonne chose. La diversité des profils est nécessaire. C’est un gage de bon fonctionnement », plaide-t-il aujourd’hui.

    Ces départs pourraient d’ailleurs être suivis par d’autres. Antoine Peillon, actuel conseiller énergie, environnement et transports, va rejoindre Stanislas Guérini à LRM comme directeur de cabinet. Sonya Djemni-Wagner, conseillère justice, serait aussi sur le départ. Surtout, Sibeth Ndiaye, l’emblématique conseillère presse et communication, régulièrement critiquée par les médias qui la rendent pour partie responsable de leurs mauvaises relations avec le chef de l’Etat, pourrait elle aussi évoluer.

    « Le président a proposé à Sibeth de prendre la tête du pôle parlementaire du cabinet, qui était dirigé par Stéphane Séjourné, mais elle a refusé, arguant qu’elle dirigeait aujourd’hui un pôle d’une centaine de personnes », assure un membre du premier cercle du chef de l’Etat. D’autres évoquent sa possible arrivée au service d’information du gouvernement (SIG), l’organisme chargé de gérer la communication de l’exécutif. « Mais elle peut tout aussi bien rester et s’occuper de la réorganisation de la communication de l’Elysée, un chantier qui n’est pas achevé, en se déchargeant des relations quotidiennes avec la presse », assure une proche.

    Seule certitude : l’Elysée a sondé nombre de communicants pour rejoindre l’Elysée. Les noms de Pierre-Henry Brandet, ex-porte-parole du ministère de l’intérieur, de Laurent Glépin, ex-conseiller de Jacques Chirac, ou de Marie-Emmanuelle Assidon, qui a travaillé avec Bernard Cazeneuve à Beauvau puis à Matignon, ont circulé. Franck Louvrier, l’ancien communicant de Nicolas Sarkozy, a même été reçu par M. Macron à l’Elysée.

    Selon nos informations, c’est une femme qui tiendrait aujourd’hui la corde pour reprendre le rôle d’« agent traitant » des journalistes : Mayada Boulos, qui fut la conseillère presse de Marisol Touraine au ministère de la santé lors du précédent quinquennat et qui travaille aujourd’hui au pôle « influences » de l’agence Havas. « C’est une excellente professionnelle », reconnaît-on à l’Elysée, où l’on se refuse néanmoins à confirmer son arrivée, assurant que le président n’a pas pris sa décision.

    Reste le cas d’Alexis Kohler. Ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, le secrétaire général de l’Elysée est considéré comme le « frère jumeau » du chef de l’Etat. Mais l’énarque alsacien serait épuisé par les vingt premiers mois du quinquennat et chercherait une porte de sortie. Selon nos informations, il aurait un temps envisagé de rejoindre Renault avant de finalement y renoncer, par crainte du conflit d’intérêt mais aussi face aux réticences du constructeur automobile. Contacté par Le Monde, l’Elysée assure qu’il n’en a jamais été question mais reconnaît que M. Kohler ne restera sans doute pas cinq ans au secrétariat général. « La difficulté, c’est qu’il faut lui trouver une sortie par le haut et ce n’est pas évident », décrypte un membre influent de la Macronie.

    Alexis Kohler, le bras droit de Macron critiqué dans la majorité, Sarah Belouezzane, Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié, 19 décembre 2018
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/19/alexis-kohler-bras-droit-du-president-critique-dans-la-majorite_5399763_8234

    Le secrétaire général de l’Elysée est de ceux qui ont milité pour ne pas céder aux « #gilets_jaunes ».

    Il y a encore quelques mois, tout le monde louait son « intelligence », sa « force de travail », sa « maîtrise » des dossiers les plus techniques. Secrétaire général de l’Elysée et très proche d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler est désormais dans le viseur d’une partie de la majorité, qui l’accuse d’isoler le chef de l’Etat et de trop incarner cette technocratie honnie par les « gilets jaunes ».

    Alors que de nombreux parlementaires alertaient ces dernières semaines sur l’état d’exaspération du pays, le haut fonctionnaire est de ceux qui ont milité pour ne pas céder à la rue. « Il était inflexible, disait qu’on devait rester cohérents, ne pas reculer », assure un parlementaire de La République en marche (LRM). « Si le président a mis des semaines à réagir, il n’y est pas pour rien », abonde un conseiller de l’exécutif.

    D’autres s’agacent de la supposée réticence de l’ ancien directeur adjoint du cabinet de Pierre Moscovici à Bercy à s’affranchir de la contrainte des 3 % de déficit public, qui aurait empêché l’exécutif de répondre plus vite aux revendications des « gilets jaunes ». « Kohler est comme Edouard Philippe ou Ribadeau-Dumas [le directeur de cabinet du premier ministre], c’est un orthodoxe budgétaire », assure un ministre venu de la gauche. « Il a les yeux rivés sur les chiffres et ne peut donc pas évaluer les effets d’une mesure dans la vie réelle et ses conséquences politiques. C’est un problème », observe un député LRM.

    « Il est d’une loyauté totale au président »

    S’il est diplômé de l’ENA, le numéro deux de l’Elysée ne fait pourtant pas partie des « grands corps ». A sa sortie de l’école strasbourgeoise, l’Alsacien a intégré le corps des administrateurs civils du ministère des finances, alors qu’Emmanuel Macron a rejoint l’inspection des finances et Edouard Philippe le Conseil d’Etat. Mais il a fait toute sa carrière à Bercy, au Trésor ou à l’Agence des participations de l’Etat. Il fut aussi le directeur de cabinet de M. Macron au ministère de l’économie.
    Alexis Kohler, 46 ans, ferraille d’ailleurs régulièrement avec le chef de l’Etat. « Il passe la moitié de son temps à faire décider le président, ou à l’empêcher de revenir sur une décision prise », assure un familier du château, pour qui le haut fonctionnaire « se crève à cet exercice » alors qu’Emmanuel Macron serait gagné par la procrastination. « Kohler et Macron ne sont pas jumeaux, le président peut lui imposer des choses », estime un poids lourd du gouvernement.

    D’autres réfutent l’idée même d’un président sous influence. « Macron n’aime pas l’idée de premier cercle, de se mettre dans la main de quelqu’un. Il aime diversifier ses interlocuteurs, prendre la température un peu partout », assure un ministre familier des deux hommes. De fait, si le secrétaire général est informé de tous les rendez-vous pris à l’Elysée par le président, il n’a pas la maîtrise de sa messagerie Telegram, que M. Macron utilise pour se forger une opinion, au même titre que les notes techniques de ses conseillers.

    Dans les cabinets, certains voient d’ailleurs en Alexis Kohler un fusible facile pour qui n’ose pas attaquer le chef de l’Etat lui-même : « Il est d’une loyauté totale au président. Ceux qui le critiquent sont ceux qui n’osent pas critiquer Macron », tranche, sévère, un conseiller. Après avoir quitté le gouvernement en 2016, Emmanuel Macron avait lui-même théorisé son rôle de secrétaire général adjoint de l’Elysée auprès de François Hollande : « J’assume tout en n’étant politiquement responsable de rien, puisque je n’étais que conseiller. »


  • La Ligue du LOL racontée par ses victimes : « Ruiner des carrières et des vies, c’était leur quotidien » | Marie Turcan et Perrine Signoret
    https://www.numerama.com/politique/463220-la-ligue-du-lol-racontee-par-ses-victimes-ruiner-des-carrieres-et-d

    [Enquête Numerama] Pendant des années, un groupe d’hommes surnommé « La ligue du LOL » a harcelé des internautes sur Twitter. Insultes sexistes, homophobes, racistes, photomontages et usurpation d’identité : de nombreux faits et témoignages ont récemment refait surface, dont certains que nous révélons ici. Source : Numérama


  • Dans la prison des frontières
    https://visionscarto.net/dans-la-prison-des-frontieres

    Breil sur Roya, Alpes maritimes, fin décembre 2018. Le nombre de personnes exilées passant la frontière franco-italienne a diminué, et le calme est revenu dans la vallée. Depuis l’automne, en raison de la crise sociale française révélée par le mouvement des gilets jaunes, les forces de l’ordre ont été redéployées sur la côte d’Azur. La Noël a pourtant apporté, une nuit, de nouvelles personnes en migrance, qui, dans l’urgence, ont trouvé de l’aide auprès des habitant·es... par Nepthys Zwer chercheuse en (...)

    #Billets


  • Mega-thread sur « La ligue du lol »
    du réseau Feminisme de reddit :

    Pour celleux qui n’ont pas suivi : la « Ligue du lol » était, il y a une dizaine d’années, un groupe composé d’hommes, principalement des journalistes, très en vu sur twitter et qui faisait subir un harcèlement immonde aux femmes, féministes, personnes racisées et LGBT. L’affaire a été ressuscitée il y a quelques jours par un article (au demeurant très critiquable) de Libé, et depuis une discussion émerge sur le sujet sur twitter. Il s’avère que certains des journalistes/rédac chef les plus en vue, dirigeant des journaux « de gauche » soit-disant féministes, font partie d’une clique de harceleurs qui avait entre autre pour habitude de poster des photo-montage porno des femmes harcelées. Soulignons d’ailleurs que cette ascension sociale a probablement été aidée par cette pratique du harcèlement qui 1) permettait de marginaliser ou d’écarter de la profession les femmes victimes et 2) construisait un réseau de connivence et solidarité masculine. Les femmes témoignent de ce qu’elles ont subi et de l’impact dévastateur que ce harcèlement a eu sur leurs parcours pro et leurs vies. Les agresseurs font pour certains de pseudo excuses. On attend toujours les réparations et les licenciements : Mélusine compare très justement ça à l’affaire Meklat, qui s’est fait ostraciser par toute la presse pour bien moins pire.

    https://www.reddit.com/r/Feminisme/comments/ap2icr/megathread_sur_la_ligue_du_lol
    #harcèlement #cyber_harcèlement ##ligueduLOL #Ligue_du_LoL #metaliste

    • Ligue du LOL : « Au début, on échange sur les réseaux sociaux, au fur et à mesure, ça se gâte »
      http://www.slate.fr/story/173364/ligue-du-lol-temoignage-journaliste-harcelement-raids

      Entre 2011 et 2013, j’ai subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. C’était souvent des blagounettes en 140 caractères, puis des commentaires injurieux, d’autres sur ma sexualité ou encore des commentaires sur le blog féministe que je tenais à l’époque, « Les diablogues du vagin ». Ensuite, il y a eu des « raids » organisés autour de certains tweets féministes ou d’articles que je publiais en ligne, une critique ciblée mais récurrente. À l’époque, nous évoquions des concepts féministes qui commençaient à peine à émerger dans le débat public français : le patriarcat, la culture du viol et le manspreading.

      Souvent des membres de la Ligue du LOL faisaient des blagues, d’autres critiquaient mes capacités professionnelles, j’avais encore des choses à apprendre. Plusieurs fois, ils ont suggéré que j’avais eu des relations sexuelles avec mon chef de service d’alors pour avoir mon poste en CDD à Libération.

      Lors des quatre ou cinq « raids » que j’ai subis, ils ramenaient dans leur sillage des internautes vulgaires et injurieux. Cela faisait cinquante, soixante-dix ou cent tweets dans la journée. C’est par ces anonymes, trop soucieux de plaire aux influenceurs et de se défouler sur des féministes, que j’ai été insultée (« pute », « salope ») et que j’ai reçu deux appels au viol. C’est rien par rapport aux vagues de cyber-harcèlement qui ont lieu aujourd’hui, comme celles visant Nadia Daam, mais c’est dur à gérer.

      [...]

      Pourquoi c’est politique ? Quand certains affirment qu’ils ne visaient pas les féministes, je refuse de le cautionner. Les insultes et diffamations que je cite ci-dessus ont un caractère sexiste évident. Se référer à mon genre ou à ma sexualité pour m’épingler publiquement, c’est sexiste. Critiquer les articles et expressions féministes, cela relève du sexisme, autant que de la tête de mule qui ne veut pas comprendre.

      Avec certaines victimes, nous sommes entrées en contact pour nous serrer les coudes. Pourquoi n’avons-nous pas parlé pendant toutes ces années ? Parce que ces gens-là avaient des postes importants, étaient amis avec des rédacteurs en chef influents ou des personnes à des postes de direction à Slate, à Libération, aux Inrocks, dans la presse people ou magazine –ceux qui sont cités parmi les membres de la Ligue du LOL. Précaires, nous avions peur de perdre des opportunités de travailler. Surtout, à l’époque, le cyber-harcèlement n’était pas encore puni par la loi en France. Il y a un aspect systémique dans le harcèlement pratiqué par des journalistes hommes, blancs, en poste ou en responsabilités, qui s’en prennent à des consœurs plus jeunes et dans la précarité. Parmi leurs autres victimes, il y avait aussi beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées.

      Nous n’avons pas parlé car nous n’avions plus beaucoup de preuves : la quasi-totalité de ces messages a été effacée, de nombreux comptes ont été supprimés. Il y a un problème dans cette impunité. À quel titre un canard de gauche et progressiste peut-il permettre à des journalistes en poste d’écrire des tweets de blagues sexistes, homophobes ou racistes ? Même s’il ne s’agit plus de harcèlement ciblé...

    • Dans le billet du blog Mediapart :

      Un muselage qui s’opérait alors même que s’exprimer publiquement pouvait déjà être un défi pour les personnes visées.

      Car mon féminisme, mes études, et mon travail me l’ont appris : la prise de parole des femmes est une affaire éminemment politique.

      Nous sommes socialisées pour douter systématiquement de notre propre parole. Quand on est une femme, et c’est d’autant plus vrai pour les femmes racisées, queers et non valides, on apprend à préférer le silence. On apprend à se faire petite, discrète, à ne pas attirer l’attention. On apprend à questionner ses compétences et la validité de ses opinions. Je ne compte plus les occasions de parler où j’ai choisi de me taire. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, mais parce que j’étais fondamentalement persuadée de n’avoir aucune légitimité à m’exprimer.

      Mes études en école de sciences politiques n’ont fait que renforcer ce sentiment. Durant les cours, il était fréquent que des types s’expriment avec aisance sur des sujets qu’ils ne maîtrisaient pas forcément pendant que beaucoup de filles restaient silencieuses. Les concours d’éloquence étaient quasi désertés par ces dernières tandis qu’on se moquait des compétences oratoires des rares femmes professeures d’amphi.

      A cette autocensure, s’ajoute la peur du harcèlement. Une étude d’ Amnesty International,
      https://decoders.amnesty.org/projects/troll-patrol/findings
      sortie en décembre 2018 et qui a analysé plus de 288 000 tweets souligne que “nous avons les données qui permettant de corroborer ce que les femmes nous disent depuis longtemps – Twitter est un espace où le racisme, la misogynie et l’homophobie prospèrent sans entrave.” En particulier, ce sont les femmes noires qui sont les plus touchées par le cyberharcèlement : elles ont 84% de risque de plus que les femmes blanches d’être visées par des tweets abusifs ou problématiques.

      Une des conséquences directes du harcèlement en ligne, c’est que beaucoup préfèrent se taire plutôt que de risquer d’être prises pour cible. Une étude de l’Institut danois des droits humains sur les discours de haine sur internet
      https://www.humanrights.dk/sites/humanrights.dk/files/media/dokumenter/udgivelser/equal_treatment_2017/hate_speech_in_the_public_online_debate_eng_2017.pdf
      montre que les femmes s’abstiennent plus que les hommes de participer au débat public en ligne, à cause de la violence des propos qui y sont exprimés.

      #invisibilisation #silencisation #femmes #inégalités #parole #réduction_au_silence


  • #Gilets_jaunes : au moins 20 à 25 millions d’euros de dégâts pour les grandes municipalités | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/gilets-jaunes-au-moins-20-a-25-millions-d-euros-de-degats-pour-les-grand

    Pour plusieurs grandes villes, le total de la note à régler par les municipalités avoisine ou dépasse le million d’euros, pour chacune d’entre elles : c’est le cas de Saint-Étienne, de Rennes, de Dijon, ou encore de Rouen. À Toulouse, les chiffres sont encore plus importants : 5 millions d’euros de destructions, sans tenir compte du dernier samedi. La capitale, où les cortèges ont été souvent les plus fournis, est de loin la ville où la note flambe le plus : « de 13 à 18 millions d’euros »

    #finances_publiques_locales

    • +----------+---------------------------+------------------------------------------------+
      | Commune  | Dégâts (milliers d'euros) | Part des dépenses d'investissement de 2017 (%) |
      +----------+---------------------------+------------------------------------------------+
      | Toulouse | 5 000                     | 3,72                                           |
      | Paris    | 18 000                    | 0,90                                           |
      | Rouen    | 1 000                     | 2,02                                           |
      +----------+---------------------------+------------------------------------------------+

  • Cnam - Le blog - Les armes non létales sont-elles létales… et vice versa ?
    http://blog.cnam.fr/sante/les-armes-non-letales-sont-elles-letales-et-vice-versa--1051225.kjsp

    Mais on peut parfois être surpris de la proximité de certaines armes létales avec des armes dites non létales. Ainsi, la grenade lacrymogène à effet de souffle GLI F4 (grenade lacrymogène instantanée), actuellement utilisée pour le maintien de l’ordre en France, contient 24 grammes d’explosif là où une mine antipersonnel n’en contient que 30.

    Si l’armée américaine continue à utiliser le terme de non létalité, la plupart des auteurs parlent désormais d’#armes_à_létalité_réduite (Less Letal Weapons), reconnaissant implicitement leur capacité à provoquer des blessures graves.

    […] D’abord réticentes à l’utilisation de ce type d’armes en France, les forces de l’ordre se convertissent, lentement mais sûrement, à leur usage sous l’impulsion des #hommes politiques. En 1995, #Claud_ Guéant les introduit au sein de la #police_nationale. Deux ans plus tard les Cahiers de la sécurité intérieure font part de l’opposition des officiels de police et de #gendarmerie quant à leur utilisation. Cela n’a pas empêché #Nicolas_Sarkozy de prôner leur usage en 2002 pour « impressionner les voyous ». A partir des émeutes de 2005, leur utilisation se répand.

    En augmentant leur diamètre, en les arrondissant, en réduisant leur poids et leur vitesse initiale, les fabricants ont certes réduit la létalité de l’arme, mais en augmentant leur résistance à l’air, donc leur imprécision. C’est ainsi que le Flash Ball Superpro, avec une munition de 29 grammes pour un calibre de 44 mm a été progressivement relégué depuis 2010.

    Son remplaçant le LBD 40x46 dispose d’une munition plus lourde (41,8 grammes), d’un diamètre réduit à 40 mm et d’une vitesse initiale doublée qui atteint près de 331 km/heure. Il est donc plus précis mais – évidemment – plus dangereux.

    Ainsi, et jusqu’en 2014, les diverses réglementations françaises imposaient de respecter une distance minimale de 10 mètres pour le #LBD 40 x 46 là où elle n’était que de 7 mètres pour le Flash Ball Superpro. Ces restrictions ont été supprimées depuis.

    #maintien_de_l'ordre


  • #Petites_lignes_ferroviaires : les premières pistes d’optimisation | Banque des Territoires
    https://www.banquedesterritoires.fr/petites-lignes-ferroviaires-les-premieres-pistes-doptimisation

    Apporter de la « consistance », de la cohérence, de la lisibilité à ce maillage de 12.000 kilomètres de lignes - dont 9.000 km sur lesquels circulent des voyageurs - tel est le leitmotiv du préfet Philizot. Le 8 février, il rencontrera Carole Delga, présidente de la région Occitanie. « Au-delà des flux et du trafic, c’est d’#aménagement_du_territoire dont il est question : en Occitanie, ces petites lignes représentent la moitié du réseau. Il s’agit aussi d’agir dans un court terme. Notre dernier état des lieux de 2016 recense des travaux urgents à réaliser d’ici deux ans. Faute de quoi la vitesse de circulation y sera abaissée voire la ligne fermée », s’inquiète Jean-Luc Gibelin, vice-président de cette région et chargé des #mobilités et #infrastructures de #transport.

    #sncf #chemin_de_fer #ferroviaire


  • ACTE XIII : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! »
    https://la-bas.org/5432

    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant (...)

    #Radio #Luttes #France #Paris_et_banlieue
    https://la-bas.org/audio.api/free/aW5sYnM6Ly9mb2xkZXItNDI0MTkvbXAzLTQ3Ni80NTMwNS1yZXBvcnRhZ2VfZ2lsZXRzX2phdW5lc19hY3RlX3hpaWlfLV9leHRyYWl0Lm1wMw==/45305-reportage_gilets_jaunes_acte_xiii_-_extrait.mp3


  • Produire des médicaments « équitables », efficaces et au juste prix : les Pays-Bas l’ont fait
    https://www.bastamag.net/Produire-des-medicaments-equitables-efficaces-et-au-juste-prix-les-Pays-Ba

    Après le commerce équitable, des médicaments « équitables » ? Quand l’industrie pharmaceutique augmente trop le prix d’un médicament, il existe un pays pas si lointain où hôpitaux, médecins, pharmaciens et organisations non gouvernementales s’unissent pour produire eux-mêmes son équivalent, bien meilleur marché. Ce pays, ce sont les Pays-Bas. L’Etat hollandais cherche aussi des alliances avec ses voisins pour peser davantage face aux laboratoires et les décourager d’exiger des prix excessifs. Enquête à (...)

    #Décrypter

    / Santé , #Enquêtes, A la une, #Services_publics, #Sciences_citoyennes

    #Santé_


  • Roses d’acier

    Depuis la naissance de notre fille, Rose, d’improbables bonnes fées veillent sur elle. Elles sont chinoises, travailleuses du sexe et font partie de notre vie. Car mon homme, Tim, bosse depuis dix ans avec elles à Médecins du Monde. Il y a quatre ans, j’étais enceinte quand elles ont créé leur propre association, #Les_Roses_d'acier. Quelques mois plus tard, notre fille est née et on a décidé de l’appeler Rose. Notre Rose et les #Roses_d'acier ont en commun une chanson de pop chinoise, un goût prononcé pour les gâteaux d’anniversaire gonflés à la chantilly, et des histoires de résistance. Entre soirées de karaoké endiablées et manifs de travailleur.se.s du sexe, c’est le récit de cette rencontre miraculeuse et de combats communs. « Nous sommes les Roses d’acier, aux quatre coins du monde, notre sourire s’étend sans jamais rien céder. »

    https://www.arteradio.com/son/61660901/rose_d_acier
    #prostitution #femmes #migrations #France #Chine #audio

    • 21 juin 2015 - Les Roses d’Acier sortent de l’ombre - 铿锵玫瑰

      Extraits de l’intervention d’Aying, présidente des Roses d’Acier, lors de l’Assemblée Générale unitaire qui s’est tenue ce jeudi 18 mai : Je m’appelle Aying, je suis une travailleuse du sexe à Belleville, je suis la présidente de l’association « Roses d’acier », et je suis également sans papier. Aujourd’hui, je représente plus de 300 travailleuses du sexe à Belleville, nous vous remercions d’être là. Le 20 mai au matin, beaucoup de policiers sont arrivés à Belleville, et ont commencé à faire partir des femmes qui travaillaient sur le trottoir. Ils contrôlaient systématiquement les papiers, ils ont pris des photos avec leurs portables privés, certains ont déchiré la copie des papiers pour que les femmes ne puissent plus rester sur le trottoir. Ils ont dit à certaines femmes qu’elles ne pourraient plus travailler ici désormais. Jusqu’à aujourd’hui, tous les jours de 9 heures à 23 heures, les policiers viennent pour empêcher les femmes de travailler. [...] Les policiers ont appris le mot « Pute » en chinois, et ils disent : « Pute ! Dégage ! » Ils contrôlent les femmes même quand elles ne travaillent pas. Les femmes sans papiers ont peur de sortir pour faire leurs courses ou même aller à la pharmacie. Jusqu’à aujourd’hui, 6 femmes parmi nous ont été conduites au centre de rétention. Nous sommes à peu près 300 femmes à travailler à Belleville. Certaines sont là depuis plus de 10 ans. Nous sommes pour la plupart des mères, et même des mères célibataires. Les femmes sont responsables et elles assument cette responsabilité pour leurs familles, leurs enfants. Nous ne voulons simplement pas que nos enfants connaissent les mêmes difficultés. [...] Quelques semaines auparavant, avec quelques femmes travailleuses du sexe nous avons participé à un conseil de quartier du 19e arrondissement, Les élus présents ont énoncé leur engagement à éradiquer les travailleuses du sexe du quartier. Nous y avons été présentées comme des victimes de réseaux de proxénètes et comme une menace pour la sécurité du quartier. Nous aurions aimé dialoguer avec les élus en tant que représentantes des femmes travailleuses du sexe, mais malheureusement, on ne nous a pas offert cette opportunité. Certains partis politiques ont formulé des vœux pour un travail plus social et inter-associatif pour résoudre ces problèmes, mais tout cela a été refusé. Comme si nous éliminer devenait la seule solution. Certains élus ne veulent pas prendre une seconde pour écouter ce que nous avons à dire. Est-ce parce que nous sommes des travailleuses du sexe ? J’aimerais demander de prendre un instant pour nous écouter, même si nous sommes travailleuses du sexe, pour expliquer qu’actuellement les femmes ont plus peur de la police que des agresseurs éventuels. Nous sommes des travailleuses du sexe, mais nous sommes également des mères, des femmes, des chinoises migrantes, et des êtres humains avant tout. Le désir de certains de nous réduire à une seule identité totalisante, nous faire porter toutes ces idées négatives, nous considérer comme une menace et inciter d’autres associations à ne pas travailler avec nous est de la discrimination. Nous sommes également des habitantes du quartier, notre voix doit être considérée, même si c’est une voix de femme, de prostituée, de migrante, refuser de dialoguer avec nous, de prendre en compte notre difficulté, c’est aussi de la discrimination. Nous n’avons jamais demandé de l’aide, et nous sommes responsables de nous-mêmes, de ce que nous faisons de nous-mêmes, pourquoi nous faire subir ce traitement ? La discrétion est primordiale pour les chinoises qui exercent ce métier. Mais maintenant les femmes prennent le risque de sortir de l’ombre, nous avons créé un collectif pour justement dialoguer, avec une dimension sociopolitique, nous allons dans la rue pour manifester et répondre aux médias, tout ça pour dire que nous sommes là, et nous sommes prêtes à regarder les problèmes ensemble. Nous, les femmes chinoises, avons la capacité de réfléchir à la situation et à nos comportements. [...] Mais nous ne pouvons pas réaliser tout cela sans vous ni sans votre soutien. Ce dont nous avons besoin actuellement, ce n’est pas d’argent, d’un bureau, ni d’un regard de pitié, ni de leçons morales, ni d’une curiosité sur nos vies privées, ni du sauvetage de nos âmes mais d’un espace social, sécurisé, non-discriminant, et tolérant ! Un espace social qui nous permette de regarder les problèmes ensemble, de les résoudre ensemble, et de reconstruire ensemble.

      https://www.youtube.com/watch?v=1ji1Cu9zErw


  • « Prendre » : Wilfried Lignier est allé là où les tout-petits font société
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/07/prendre-wilfried-lignier-est-alle-la-ou-les-tout-petits-font-societe_5420328

    Quel parent n’a pas éprouvé, en refermant la porte de la crèche dans laquelle il venait de déposer son enfant, ce petit malaise passager qui tient au caractère irréel du lieu ? Hors de la société, pourrait-on dire, et doublement. La crèche ressemble d’une part à une bulle protégée des vicissitudes de la vie ordinaire. Elle paraît d’autre part tout occupée à pacifier des ­conflits qui, vus à hauteur d’adulte, semblent parfois naître de pulsions naturelles erratiques plutôt que de motifs explicables.

    Fuck #paywall, est-ce qu’à tout hasard, quelqu’un ne l’aurait-il pas vu traîné somewhere dans les tréfondeurs du l’internet ?

    • « Prendre » : Wilfried Lignier est allé là où les tout-petits font société

      Pour son nouvel essai, le sociologue a longuement observé, en crèche, comment les enfants saisissent, prêtent, donnent… et reproduisent les inégalités.

      Par Gilles Bastin Publié le 07 février 2019 à 09h00 - Mis à jour le 07 février 2019 à 09h00

      Prendre. Naissance d’une pratique sociale élémentaire, de Wilfried Lignier, Seuil, « Liber », 328 p., 24 €.

      Quel parent n’a pas éprouvé, en refermant la porte de la crèche dans laquelle il venait de déposer son enfant, ce petit malaise passager qui tient au caractère irréel du lieu ? Hors de la société, pourrait-on dire, et doublement. La crèche ressemble d’une part à une bulle protégée des vicissitudes de la vie ordinaire. Elle paraît d’autre part tout occupée à pacifier des ­conflits qui, vus à hauteur d’adulte, semblent parfois naître de pulsions naturelles erratiques plutôt que de motifs explicables.

      Cette étrangeté fait obstacle au regard de la sociologie. Elle force à observer les faits et gestes des plus petits, à écouter des histoires que les adultes qualifient d’enfantillages. Tout le contraire des grandes questions de société à propos desquelles débattent les sociologues. De plus, ce qui se passe dans ce lieu où tout semble être réduit à sa fonction (tapis plastifiés, chaises et tables minuscules, cubes de couleur et livres en carton…) est de l’ordre de la pratique la plus élémentaire et répétitive, de l’acte à l’état brut. Encore une raison de s’en éloigner si l’on aspire à écrire des choses profondes sur la société ?
      Un apprentissage capital

      C’est tout le contraire pour Wilfried Lignier. Après des travaux consacrés à la désignation par la société d’enfants dits « surdoués » (La Petite Noblesse de l’intelligence. Une sociologie des enfants surdoués, La Découverte, 2012) et aux représentations enfantines de la société et de la politique (L’Enfance de l’ordre. Comment les enfants perçoivent le monde social, Seuil, 2017), le sociologue a consacré pour ce livre une année de recherches aux crèches dans lesquelles sont accueillis les enfants de 2 à 3 ans. Plus précisément, à un geste particulier que les enfants accomplissent en ­permanence dans ce type de lieux : celui de prendre (des objets ­principalement) et par la suite de donner ce que l’on a pris, de le garder ou de l’échanger.
      Lire aussi Les tout-petits ont le sens de la justice

      Pour le sociologue, la crèche est un « domaine du prenable » : on y apprend avant tout à prendre. Et cet apprentissage, qui demande un effort considérable, est aussi d’une importance capitale pour la société. En apprenant d’abord à désirer ce qui est désirable (voiture ou compote), à s’éloigner de ce qui n’est pas prenable (le doudou d’autrui), à demander avant de prendre ou à donner afin de se faire des alliés (« Tiens », dit-on, un objet à la main, pour entrer en relation), les enfants apprennent en effet tout à la fois les règles des institutions (comme la propriété), l’inégalité (parce que tous ne disposent pas à la maison d’autant de choses prenables qu’il y en a à la crèche) et la hiérarchie des biens culturels (ainsi du livre dont la crèche apprend très vite aux enfants que l’on ne peut le manipuler qu’en présence d’un adulte et lors d’une cérémonie de lecture).
      « L’énergie sociale »

      Wilfried Lignier excelle, dans ce livre fondé sur de fines observations, à faire sentir « l’énergie sociale » qui émane de la crèche et préexiste aux pratiques des enfants qu’elle guide. Cette énergie est le plus souvent canalisée par la crèche elle-même : on y apprend de façon très codifiée qu’il faut partager et comment on doit prendre les choses sans agresser autrui. Mais il s’y joue également d’autres processus sociaux tout aussi formateurs pour les enfants.

      La reproduction des inégalités est de ceux-là. Dans la crèche qu’a étudiée le sociologue cohabitent des enfants de milieu social privilégié, qui disposent à la maison de nombreux objets pour jouer, et d’autres de milieu social défavorisé, qui n’en disposent pas. Leur rapport à la prise est profondément différent. Les premiers semblent moins « inquiets » lorsqu’ils se voient privés temporairement d’un objet qu’ils avaient pris, alors que les seconds manifestent fréquemment une « impatience distinctive » à l’égard des objets, impatience qui les gêne dans ce lâcher-prise qu’est le don, ferment pourtant des alliances et du pouvoir en société : « L’appropriation des choses, note en effet le sociologue, passe pour eux par un volontarisme de tous les instants. »

      La sociologie a encore beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre tout ce qui se joue dans ces premières prises enfantines et le documenter avec plus de matériaux que ceux qui sont fournis dans ce livre. Mais en redonnant de la grandeur aux actes quotidiens et banals des plus petits, en montrant comment, dès la prime enfance, « le geste qui nous porte vers les choses est un geste social », Wilfried Lignier accomplit un pas ­notable dans cette direction.

      Extrait

      « Ce que nous tenons sans aucun doute de la nature, ce qui est irrémédiablement en nous depuis la naissance, c’est un désir générique d’appropriation de ce qui nous entoure. Mais l’intensité de notre tendance à prendre lors de nos premières années d’existence (…), ainsi que la manière dont nous avons ­tendance à procéder au moment même de l’acte, tout cela est forcément ­particulier, c’est-à-dire particularisé par des conditions locales singulières : une époque, un milieu, un moment, une interaction. Les premières prises ne sont dès lors plus envisageables comme une confrontation nature/culture. Elles doivent être analysées comme un processus forcément social de formation de pratiques distinctives à partir d’une tendance générique à s’approprier le monde. » Pages 17-18

      Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)
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  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.


    • En réalité, ce n’est pas l’historien mais le citoyen Patrick Boucheron, qui s’est exprimé ce matin-là à propos des gilets jaunes. Son point de vue est celui que partage aujourd’hui une grande partie des élites intellectuelles. Pas un mot de compassion pour la misère sociale que ce mouvement a révélée ; pas un mot pour condamner les violences policières qui ont profondément choqué l’opinion (et qui ont été dénoncées par Amnesty International). En revanche, Patrick Boucheron – qui a voté en 2017, au premier et au deuxième tour pour l’actuel président de la République – déplore l’obsession des gilets jaunes qui haïssent Macron. Il relativise leur révolte en disant que « la France n’est pas le pays le plus malheureux du monde », que les inégalités y sont moins fortes qu’ailleurs, etc. Dans le même élan, il apporte tout son soutien au « grand débat » qu’a lancé Emmanuel Macron.

    • Depuis hier, je lis ou j’entends des critiques acides sur des « gens en vue » : juste ces quatre là de tête, mais il y en a d’autres : Branco (voir la bio signalée par @monolecte), Badiou, Foucher, Boucheron...

      Difficile de se fier à des penseurs fréquentable ces temps-ci... Alors, amies et amis, qui est - dans le débat public - absolument irréprochable, généreux, progressistes ? :)

    • Les gens en vue, on leur renifle le calbut, on trouve que ça sent pas bon. Peu importe lesquels.
      C’est d’ailleurs pour ça qu’il faut se méfier des gens qui reniflent les calbuts...

      C’est bien de ne pas avoir de gens en vue chez les GJ... On n’a plus que la masse des gens qui veulent la démission de la Vème...

    • #Kill_Your_Idols, @reka, tu verras, ça ira beaucoup mieux ensuite !
      Et, @biggrizzly, je suis désolée, mais il y a des gens en vues chez les GJ, c’est juste pas les mêmes lunettes !
      En vrai le problème n’est pas qui n’a jamais fauté, mais bien, plutôt, comment chacun-e évolue avec ses nombreuses erreurs et comment chacun-e fait avec les critiques. Et, aussi, comment on évite de faire passer du harcèlement pour des critiques et, concernant des cas comme Branco, inversement...


  • Si des psychanalystes s’allongeaient sur notre divan pour nous parler de leur vision de la sexualité et des rapports hommes femmes, que nous diraient-ils ?

    Sophie ROBERT a interrogé 18 psychanalystes freudiens et lacaniens orthodoxes pour décortiquer avec eux la théorie sexuelle, en leur demandant d’assumer la dimension politiquement très incorrecte de leurs théories. Ils se sont prêtés au jeu avec une gourmandise visible. Le résultat est stupéfiant :

    La femme n’existe pas / la femme c’est un trou / il n’y a que du masculin dans l’inconscient / il n’y a pas de rapport sexuel possible entre un homme et une femme / les homosexuels sont des psychotiques qui s’ignorent / les enfants ont des pulsions sexuelles /seule la perversion permet le rapport sexuel / l’inceste ça ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles.

    Ces hommes et ces femmes sont tous des références dans leur domaine. Ces psychanalystes sont également enseignants formateurs dans les UFR de psychologie et les cursus de psychiatrie. La plupart interviennent dans des instituts accueillant des enfants autistes.

    Quelles sont les conséquences de ces théories sur les patients(e)s victimes d’abus sexuels ?

    https://www.lephallusetleneant.com

    Un film de Sophie Robert
    #documentaire #psychanalyse #autisme #inceste #misogynie #culture_du_viol



  • Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg
    Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale
    https://reporterre.net/Le-capitalisme-vert-utilise-Greta-Thunberg

    Une chronique pour Reporterre de Isabelle Attard qui ajoute sur twitter : "Que les choses soient claires : le combat de cette adolescente et de tous les jeunes qui lui emboitent le pas, partout dans le monde, est sain et une formidable source d’espoir pour la prise de conscience écologiste. Par contre, je pense qu’il ne faut pas être dupe du rôle de certains adultes autour d’elle, spindoctor, mentor, spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme. Pour lutter efficacement, ne pas être dupe est une nécessité."
    https://twitter.com/TeamIsaAttard/status/1094326668389466117

    La belle histoire de Greta Thunberg commence le 20 août 2018. Ingmar Rentzhog cofondateur de la start-up We Don’t Have Time (Nous n’avons pas le temps) croise Greta Thunberg devant le Parlement suédois et publie un post émouvant sur sa page Facebook. Nous sommes le 1er jour de la grève commencée par Greta. Le 24 août, sort en librairie une autobiographie mêlant crise familiale et crise climatique, Scener ur hjärtat, corédigée par Malena Ernman la mère de Greta, Svante Thunberg son père, Beata, sa sœur, et Greta. Les parents artistes - chanteuse lyrique et acteur - sont très connus en Suède ; Greta, pas encore. En fait Ingmar Rentzhog et la famille de Greta se connaissent déjà et on participé ensemble à une conférence sur le climat le 4 mai 2018.

    #capitalisme_vert #greenwashing #ecoblanchiment #ecologie